CGT France télévisions : Mobilisation du 9 octobre
Ensemble pour un autre avenir !
L’audiovisuel public dans la tourmente
Le gouvernement a lancé un vaste plan de casse des services publics. La réduction du périmètre de France Télévisions a commencé: suppression de France Ô et de France 4, dilution de France 3 Paris Ile de France au Siège, menaces sur les éditions nationales de France 3. Le projet de loi de finances pour 2019 prévoit une amputation de
- 36 M€ pour l’audiovisuel public dont
- 26 M€ pour France Télévision.
Cela s’inscrit dans le plan d’économies de 190 M€ d’ici 2020, auxquels il faut ajouter 150 M€ d’investissement dans le numérique. Si on additionne ces « plus » et ces « moins » et qu’on ajoute le plan d’économies déjà engagé, c’est un total de près de 400 M€ d’économies à réaliser sur la période, principalement sur France Télévision Dans le même temps, les commandes obligatoires au profit des producteurs privés sont sanctuarisées, 560 M€ pour l’audiovisuel public dont 480 M€ pour France Télévisions, l’indexation de la redevance sur l’inflation est abandonnée et la réforme attendue de la redevance renvoyée aux calendres grecques… et les grands groupes privés grandissent et prospèrent. Les conséquences de ces économies sur l’emploi, les conditions de travail et la qualité de notre activité, déjà fortement dégradées pourront devenir dramatiques. Une autre politique de l’audiovisuel public est nécessaire, au-delà de la vision strictement budgétaire. L’importance d’un service public de qualité, accessible à tous et sur tous les supports et pour tous les usages, est un enjeu crucial dans le période que nous traversons.
Déconstruction des retraites et de l’assurance chômage
Le gouvernement prépare une réforme des retraites qui risque d’engendrer une catastrophe pour les jeunes actifs, les femmes du fait notamment des périodes d’arrêt maternité, les intermittents et tous ceux qui ont des carrières discontinues. Concernant l’assurance chômage, le gouvernement a communiqué une lettre de cadrage aux organisations syndicales leur intimant l’obligation de baisser les droits des chômeurs de presque 4 milliards d’euros sur 3 ans, tout en épargnant le patronat abusant de la précarité. Ce sont les travailleurs précaires, cumulant activité réduite et périodes de chômage, qui sont ciblés par le gouvernement. Ils sont accusés de ne pas assez « traverser la rue » pour chercher du travail. Le patronat, Medef en tête, va inévitablement s’attaquer au régime d’assurance chômage des intermittents, nombreux à France Télévisions, soit en exigeant de nouvelles économies, soit en tentant de supprimer le régime. La CGT, avec FO, l’UNEF, l’UNL, Solidaires et la FSU, appelle à faire du mardi 9 octobre une puissante journée de mobilisation interprofessionnelle au service du progrès social. A cette fin, pour obtenir un financement à la hauteur des besoins, pour stopper l’hémorragie sur l’emploi et la réduction du périmètre public, la CGT de FTV appelle le personnel à cesser le travail le mardi 9 octobre à compter de 0H00 et pour une durée de 24H, afin de se joindre aux manifestations organisées sur tout le territoire. Paris, le 2 octobre 2018
Guillaume Pepy entend liquider les cheminot-e-s et leur statut (PCF)
Alors que les négociations sur la future convention collective de la SNCF sont en cours, Guillaume Pepy s’est livré hier dans un interview au journal Les Échos, à une véritable provocation à l’égard des cheminot-e-s. Comme il l’a déjà affirmé la semaine dernière sur BFMTV, le patron de la SNCF a confirmé la suppression de 21.000 postes d’ici 2026. Un vrai plan social s’annonce, sur fond de dumping social et de casse du statut des cheminots. Loin des promesses conjointes faites par le gouvernement et la direction de la SNCF sur le maintien du statut, Guillaume Pepy indique qu’il « ne peut avoir de SNCF à deux vitesses, avec les statutaires d’un côté, et les nouveaux salariés de l’autre ». Une annonce claire qui fixe un unique objectif : la suppression du statut. Le patron de la SNCF assure dans le même temps que la réforme ferroviaire va livrer ses promesses, à savoir permettre « plus de trains, et des transports de meilleure qualité. Avec un focus particulier sur nos fondamentaux, que sont la sécurité, la régularité et l'information voyageurs ». Un discours en total décalage avec la réalité de terrain. Non content de sacrifier et fermer les lignes, la SNCF détruit de nombreuses dessertes de proximité au nom de la sacro-sainte rentabilité, remettant de fait en cause l’égalité d’accès au transport pour tous. Il ne faut pas avoir peur des mots, c’est un plan social que propose aujourd’hui le patron de la SNCF. Les fermeture des guichets, les suppressions des contrôleurs à bord des trains, et des agents d’escale dans les gares entraîne une remise en cause sans précédent des conditions de sécurité de transport des usagers. En tirant les conditions de travail vers le bas, et jouant sur le dumping social entre salarié-e-s, Guillaume Pepy veut faire de la SNCF une entreprise tournée uniquement vers la recherche de résultat financier et non de service rendu aux usagers. Le PCF va continuer à alerter sur les dangers de la mise en œuvre de cette réforme, et soutiendra toutes les initiatives permettant de faire reculer le gouvernement dans son projet mortifère de casse du rail public.
Plus d’une semaine après la mort de Hayat, tuée par des tirs de la marine royale alors qu’elle tentait de rejoindre les côtes espagnoles, l’émotion reste intacte.
L’Europe est toute proche, si proche que, de l’autre côté de la presqu’île de Ceuta, on croirait presque pouvoir toucher de la main les côtes espagnoles. Jamais, pourtant, Hayat n’atteindra l’autre rive : son rêve s’est fracassé en pleine mer, au large de Fnideq. Cette étudiante en droit devait fêter, bientôt, ses 20 ans. Sa jeune vie a été brutalement fauchée, le 25 septembre, par les tirs de la marine royale visant l’embarcation qui la transportait, avec d’autres candidats à l’immigration, vers une autre vie, loin de son existence de misère. Touchée au thorax et à l’abdomen, elle a vite succombé à ses blessures, après son transfert à l’hôpital de M’diq, près de Tétouan. Sur les vingt autres passagers, trois jeunes gens de 20 à 30 ans ont été blessés ; l’un d’entre eux se trouve toujours dans un état critique. Plus d’une semaine après la tragédie, la colère et l’émotion restent intactes, partout au Maroc. Vendredi soir, à la sortie d’un match de football où, fait inédit, l’hymne national a été conspué, les supporters du Moghreb Athlétic Tétouan, vêtus de noir en signe de deuil, ont défilé dans les rues de la ville en scandant des slogans hostiles au makhzen, l’appareil royal, et en promettant de « venger » Hayat. Sur les médias sociaux, les portraits de la « martyre » s’affichent encore, avec ses derniers écrits, ceux du départ, a posteriori poignants : « L’encre de l’espoir a séché. Que le destin écrive ce qu’il veut. » « Tu me vois souffrir, mais tu ne me verras pas tomber, je suis toujours debout. »
Comme après la mort de Mouhcine Fikri, qui a embrasé le Rif, le Palais a aussitôt déclenché la mécanique du fusible et du mensonge. Les officiels se relaient pour justifier les tirs de la marine royale par la nature de l’embarcation visée, un « go fast ». « Ces puissants bateaux à moteur étaient jusque-là utilisés pour le trafic de drogue en Méditerranée », insiste-t-on au ministère de l’Intérieur. Interpellé, le pilote, de nationalité espagnole est sous le coup d’une enquête. Pour l’ONG Human Rights Watch (HRW), pourtant, « rien ne prouve que les passagers du bateau représentaient une menace, ce qui aurait été la seule justification légale pour que le Maroc leur tire dessus ». Faisant écho aux craintes de voir l’affaire enterrée, Amnesty International exhorte de son côté Rabat à mener « une enquête indépendante sur la mort de Hayat ».
Fadila Akkioui, « étranglée avec un drapeau » par un agent des forces auxiliaires
Au lendemain de l’assassinat de Hayat, une autre femme est morte. Fadila Akkioui participait, à Ifrane, dans le Moyen Atlas, à une manifestation de soulaliyates, ces femmes qui revendiquent, dans les zones rurales, la plénitude des droits sur le patrimoine foncier collectif. Réprimé, le rassemblement a tourné à la bousculade. La version officielle conclut, en s’appuyant sur un rapport d’autopsie, à « une mort naturelle suite à une crise cardiaque ». Des témoins affirment au contraire que Fadila a été « étranglée avec un drapeau » par un agent des forces auxiliaires. Quoi qu’il en soit, les fins tragiques de ces deux femmes illustrent aux yeux de nombreux Marocains la « hogra », le mépris que le pouvoir royal voue au peuple. « Des citoyens marocains civils sont tués de sang-froid parce qu’ils veulent juste quitter ce pays de disparités sociales, de pauvreté et de répression », s’indigne l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH). Pour l’écrivain Mohammed Ennaji, la rafale qui a emporté Hayat visait toute une jeunesse : «La balle mortelle est porteuse d’un message, elle tue plus qu’une jeune fille, elle tue l’espoir d’une génération. »
La journée nationale des aidants qui se tient chaque année le 6 octobre, va contribuer à mettre en lumière ces millions de femmes et d’hommes qui au quotidien accompagnent, soutiennent un proche, un parent, un enfant. De nombreuses initiatives et rencontres sont organisés sur le territoire en ce sens. Ces femmes et ces hommes, jeunes, retraités, en activité professionnelle ou non, aident l’autre parce qu’il en a besoin. C’est un engagement noble. Mais cet engagement ne saurait masquer le véritable coût pour les personnes qui l’exercent dès lors qu’elles sacrifient non seulement leur temps libre et leur vie familiale et amicale, mais aussi, bien souvent, leur carrière professionnelle et leur santé. Cette réalité est en train de grandir dans notre société. Les manques d’autonomie ou la perte d’autonomie sont mal pris en charge par la solidarité nationale. Il est de la responsabilité des pouvoirs publics et de l’Etat de prendre en charge par la solidarité nationale les personnes aidées qu’elles soient vieillissantes ou en situation de handicap. Il est de la responsabilité des pouvoirs publics et de l’Etat d’accorder aux aidants des droits pour faire face. C’est en ce sens que le 8 mars dernier j’ai déposé une proposition de loi visant à garantir la reconnaissance sociale des aidants. Il est grand temps d’organiser la solidarité puisque la société la pratique déjà à l’état brut, pour produire face à cet enjeu majeur de l’autonomie, du droit, de l’égalité, de la justice, de la dignité. De la mission flash que j’ai conduite sur cette question, des auditions et des rencontres, j’ai rédigé un rapport qui a été édité aux Éditions de l’Atelier pour que le plus grand nombre puisse avoir les éléments de ce débat. Je reste mobilisé pour que rapidement nous gagnons des droits nouveaux pour les aidés et les aidants.#journeenationaledesaidants
Profitant du Sommet annuel de l’élevage à Clermont Ferrand, Ian Brossat, le chef de file PCF pour les élections européennes, a présenté sa vision de l’agriculture. Il était accompagné d’André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme.
Ian Brossat, adjoint au logement de la Capitale, est plus habitué à rencontrer les locataires d’appartements parisiens que les agriculteurs auvergnats. Mais celui qui a acquis une notoriété certaine en tentant d’imposer l’encadrement du prix des loyers Parisiens et la réquisition sans conditions des appartements des marchands de sommeil, s’est livré, ce vendredi 5 septembre, à un tout autre exercice. Toute la journée, accompagné par le député André Chassaigne (PCF), de la sénatrice Cécile Cukierman (PCF) et de nombreux élus, le chef de file communiste pour les élections européennes, a arpenté les travées du Sommet annuel de l’élevage, deuxième rendez-vous paysans après le salon de l’agriculture de Paris, et rencontré agriculteurs, représentants syndicaux et des entrepreneurs des filières du secteur.
Les prix à la production et le revenu des paysans, les quotas, la politique agricole européenne, l’inquiétude et un certain sentiment d’urgence se sont invités dans toutes les conversations. « Il est temps que l’Europe cesse d’échanger des avions de chasse contre des kilos de viandes », a vivement réagi Jérémy Decerle, président des jeunes agriculteurs, très remonté contre la politique agricole commune et alors que Ian Brossat l’interrogeait sur l’opportunité d’une pétition contre l’importation de bœuf américain. Lui a une idée en tête. Une proposition que le PCF intégrera dans son programme électoral : « exclure l’agriculture et l’alimentation des traités de libre échanges ». « Parce qu’il s’agit de besoins humains », précise-t-il. Onze textes en cours de négociation ou à venir seraient concernés. Le programme communiste comporterait deux autres propositions fortes : le maintien du fond d’aide au plus démunis, de nouveau menacé après avoir failli disparaître il y a plusieurs années. Enfin, la mise en place d’une nouvelle politique commune « Plutôt une PAAC, politique agricole et alimentaire commune », de son point de vue indissociables, et appelant non pas à « moins mais plus d’Europe ». Mais en la matière, domine la crainte « d’une renationalisation de la politique agricole » exprimée en particulier par Yannick Fiallip, président de la FDSEA de Haute-Loire. André Chassaigne s’en inquiète également. Il y voit : « le risque d’une mise en concurrence des agricultures des 27 pays européens en plus de la compétition mondiale qu’organisent les traités de libre échange».
Les conséquences de la sécheresse inquiètent également le monde paysan. Du jamais vu pour tous. La coordination rurale craint qu’elles ne soient fatales à de nombreux agriculteurs. « Nous sommes à un tournant nous devons revenir à des pratiques d’avant l’industrialisation et la performance », confie un éleveur adossé au stand du syndicat. Signe des temps, les stands et les témoignages ne manquent pas de recherche d’alternatives pour produire de la viande et des laits de qualité « D’autant que les consommateurs sont demandeurs», estime un éleveur de Ferrandaises, producteur de viande rosé dans le Puy-de-Dôme. Attentifs, les élus communistes écoutent et questionnent à la recherche d’une agriculture qu'ils veulent "à visage humain".
📺Mon intervention d'hier soir en session plénière au sujet de la situation humanitaire en#Méditerranéeet de l'#Aquarius L'occasion pour de dénoncer la criminalisation des#ONG, des citoyens et des élus (notamment Domenico « Mimmo » Lucano, maire de#Riaceen Italie). Il faut donner à tous ceux qui le souhaitent les moyens d’aider les réfugiés et pour cela, il faut ouvrir directement l’accès aux fonds européens sans bureaucratie inutile.
Marie-Christine Vergiat
Ancienne responsable de la LDH, Marie-Christine Vergiat siège avec les députés européens communistes Patrick Le Hyaric et Marie-Pierre Vieu au Parlement Européen, dans le sein du groupe de la GUE.
Ce vendredi, vers 14 heures, une vingtaine de militants de Génération Identitaire se sont introduits illégalement au siège de SOS Méditerranée à Marseille, afin d’expulser de force les salariés de l’ONG qui affrète l’« Aquarius ».
Face à cette nouvelle phase de violence politique menée par l’ultra-droite, il est désormais temps de faire respecter l’État de droit dans notre pays et de mettre fin au trouble manifeste à l’ordre public.
Compte tenu de ce contexte nouveau, Ian Brossat interpelle le Premier Ministre, Édouard Philippe, qui exerce les fonctions de Ministre de l’Intérieur par intérim, afin de procéder à la dissolution dans les plus brefs délais du groupuscule d’extrême-droite Génération identitaire. Une inaction du gouvernement vis-à-vis de ce groupuscule, qui n’en est pas à sa première opération, serait un laxisme coupable.
Le chef de file du Parti communiste français aux élections européennes appelle l’ensemble des forces citoyennes, associatives et syndicales à se mobiliser, ce samedi, à l’occasion des rassemblements de soutien à SOS Méditerranée et faire barrage à l’extrême-droite.
La liste des coupes claires dans le pouvoir d’achat des retraités est longue comme un jour sans pain.
Gel des pensions alors que l’inflation pointe à la hausse, malus instauré sur les complémentaires, ponction supplémentaire de CSG, baisse historique des aides au logement et menaces sérieuses sur la pension de réversion… Même avec l’exonération de la taxe d’habitation, grand dada d’Emmanuel Macron, le solde est négatif. Le très sérieux Observatoire français des conjonctures économiques chiffre la perte moyenne à 400 euros en 2020. Elle est loin la promesse du candidat d’En marche de « maintenir » le pouvoir d’achat des retraités. Ils avaient massivement contribué à élire le président. Ils l’ont aujourd’hui massivement lâché.
D’ailleurs, après une journée de mobilisation plutôt réussie en mars dernier, les neuf organisations de retraités prévoient un mois d’octobre mouvementé. Ils ne digèrent pas le culot d’un président de la République qui les avait « remerciés » pour les « efforts » qu’il leur impose. « Les pauvres sont aujourd’hui souvent moins les retraités que les jeunes », avait-il osé ce jour-là, dans une parfaite stratégie de division. Victor Hugo disait déjà que « c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches ». Le budget 2019 illustre la maxime. Les retraités y sont devenus une variable d’ajustement au profit des cadeaux aux vrais nantis.
Les petits effets correctifs annoncés pour désamorcer la colère n’inverseront pas une courbe qui plonge depuis vingt ans. Toutes les réformes des retraites ont eu pour ambition de baisser les pensions. Hier, Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, a concédé qu’elles ont été « anxiogènes ». La prochaine ne le sera pas moins. Sous couvert d’un changement de régime, elle va encore tout réviser à la baisse. La retraite est devenue un droit menacé. Pour qu’elle ne soit plus synonyme d’anxiété sociale, elle doit redevenir un horizon de sécurité.
En annonçant un « revenu universel d’activité » pour 2020, Emmanuel Macron positionne clairement la remise au travail comme l’outil principal de la lutte contre la pauvreté. Il annonce également 8 milliards d’euros sur le quinquennat pour venir en aide aux plus fragiles, et notamment les enfants pauvres, sans totalement convaincre.
Emmanuel Macron ne s’en est jamais caché, il veut changer de modèle social. À l’occasion de la présentation de son plan de lutte contre la pauvreté le jeudi 13 septembre au musée de l’Homme à Paris, le président a clarifié sa vision en évoquant la mise en œuvre, dès 2020, d’un « revenu universel d’activité ». Il s’agit d’une fusion des minima sociaux existants (probablement APL, RSA, Allocation adulte handicapé, minimum vieillesse…) qui sera accordée « sous conditions » : ses bénéficiaires devront en effet signer un « contrat d’engagement réciproque », et ne pourront refuser plus de « deux offres raisonnables d’emplois ou d’activité ».
« Aujourd’hui, le maquis des prestations ne permet pas de sortir de la pauvreté, il génère une sophistication administrative qui confine au cauchemar, a déclaré le chef de l'État. Cela crée aussi une situation absurde, parfois choquante, où l’on peut préférer bénéficier d’aides, plutôt que de l’emploi. Cela nourrit aussi les divisions et les discours sur l’assistanat. Il doit y avoir des droits, des devoirs et aussi parfois des sanctions. »
Il s’agit d’une traduction du workfare à l’anglo-saxonne, basé sur le principe que les bénéficiaires des aides sociales doivent travailler. Emmanuel Macron n’a d’ailleurs cessé de le répéter au cours d’un discours de plus d’une heure : hormis l’emploi, point de salut. L’approche présidentielle est « pragmatique » et si l’accompagnement des bénéficiaires des minima sociaux doit être renforcé, l’État attend un retour sur « investissement ». Tout le plan repose sur cette logique, déclinée à travers les mesures concernant les personnes sans emploi, les familles pauvres et les jeunes éloignés du système éducatif, au sens large. Autrement dit, pour être aidé, il faudra y mettre du sien, ou au moins répondre à un certain nombre d'exigences, voire d'obligations, dont le détail est à venir.
Meilleur exemple : les futurs bénéficiaires du nouveau revenu d'activité devront s'engager à ne pas rester inactifs. Travailler, ou avoir une activité, peut-être dans « le travail social », ou dans le bénévolat, à l’instar de programmes déjà mis en œuvre dans un certain nombre de départements ? Emmanuel Macron est resté évasif. La logique concerne aussi les départements, qui gèrent actuellement le RSA. Ils seront jugés sur leurs « résultats » en matière de retour à l'emploi des Français à qui ils versent les aides.
Conditionner l’octroi des minima ou des prestations sociales à l’exercice d’une activité effective n’a jamais fait l'unanimité, ni dans le monde associatif, ni dans le monde syndical qui surveille ce plan pauvreté comme le lait sur le feu. Interrogé par Mediapart quelques heures avant le discours du président, le secrétaire général de FO Pascal Pavageau avait prévenu qu’il regarderait de près cet aspect. « S’attaquer de front aux pauvres, qui sont victimes de leur situation, c’est inadmissible, indique-t-il. Deux tiers des adultes pauvres ont un emploi ou en recherchent un activement. Et les autres ? Ils ont abandonné, baissé les bras, parce qu’ils sont en train de crever ! Notre responsabilité collective est de leur assurer qu’ils ne mourront pas. Pas de leur dire de se lever et de se prendre en main, faute de quoi on leur fermerait un robinet au débit déjà bien faible. »
À l’inverse, Laurent Berger, son homologue à la CFDT, ne semble pas gêné par cette orientation. « La stratégie présentée apporte de premières réponses allant dans le bon sens, a twitté Laurent Berger. Sa mise en œuvre devra être à la hauteur avec des moyens adaptés. La CFDT poursuivra ce combat pour éradiquer la pauvreté. »
Pour déminer, l’Élysée avait cependant bien fait les choses. La plupart des invités ont découvert cet ultime arbitrage sur le revenu universel d’activité, potentiellement clivant, le jour du discours. Et avant l’allocution du président étaient conviées à la tribune des personnes censées incarner les différents visages de la « pauvreté » en France, qui touche près de neuf millions d’adultes et trois millions d’enfants. Une femme, rieuse, déclare au début de son récit sur son parcours de vie accidentée qu’elle a toujours été « prête à travailler, en CDD, en intérim, quel que soit le statut ». Un autre, allocataire du RSA, explique que « le but, ce n’est pas de s’enfermer dans le RSA, c’est le retour à l’emploi »… Des profils calibrés, que le premier rang des officiels conviés au musée de l’Homme applaudit chaleureusement, opinant du chef avec force. Emmanuel Macron lui-même, dans le déroulé des annonces, ne cessera de revenir à ces témoins, ces personnes rencontrées dans « ses voyages à travers la France », et saluera avec emphase leur « dignité » et leur « pudeur ».
Des déceptions sur les 18-25 ans
Emmanuel Macron veut donc un revenu universel d’activité, et ce dernier mot change tout, en dépit d’une porosité sémantique avec un certain nombre de propositions faites pendant la dernière campagne présidentielle, en particulier dans le camp de Benoît Hamon. D’une certaine manière, le président donne raison aux détracteurs du revenu universel, qui mettaient en garde contre l’ouverture d’une boîte de Pandore, collant parfaitement aux politiques libérales : la fusion des minima sociaux, et leur révision à la baisse. L’Élysée avait anticipé : « Parfois, comme en Angleterre, cela a conduit à réduire les droits de certains. Ce revenu universel d’activité doit permettre à chacun de vivre décemment. Tout le travail sera d’évaluer cette part de revenu digne », a assuré Emmanuel Macron. Tout l'enjeu est effectivement là, dans un contexte budgétaire contraint, en France et au niveau européen.
« Nous avons peur qu’une mesure qui n'a pas été pensée avec les personnes les plus pauvres ne les pénalise, met en garde Marie-Aleth Grard, vice-présidente d'ATD Quart Monde, sceptique par ailleurs sur d’éventuelles sanctions. On pourrait mettre les APL, les allocations familiales ensemble et les faire diminuer au passage. Il ne faudrait surtout pas que ceux qui ne remplissent pas tous les critères perdent tout.
Ce n’est pas du tout la « tradition française », rappelle de son côté Florent Gueguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité (FNARS), engagé dans la concertation en amont du plan. D’autant plus que le bénéficiaire du RSA est déjà soumis à un certain nombre d’obligations, dans le cadre du contrat d’insertion qu’il signe avec les départements. Ces obligations sont renforcées s’il est inscrit à Pôle emploi, car il est alors soumis comme les autres à l’obligation de recherche active d'emploi. « Dans les faits, les sanctions sont peu nombreuses et on veille à cela, rappelle Florent Gueguen. Parce que le RSA n’est qu’un minimum vital. Le président oublie souvent qu’une partie des allocataires ont de gros problèmes de santé physique, psychiques, des problèmes d’accès au logement, de mobilité, de garde d’enfants, qui sont des freins réels à l’emploi. »
L’amertume peut être d’autant plus grande que le plan présenté ce jeudi ne prévoit pas d'augmentation des minima sociaux, comme les APL, le RSA ou les allocations familiales, mis à part l’allocation adulte handicapé – même si les associations craignent des coups de rabots sur les seuils pour en bénéficier dans la future loi de finance – et le minimum vieillesse (plus 100 euros mensuels en tout sur le quinquennat). Sans augmentation, les plus pauvres vont inévitablement subir une baisse du pouvoir d’achat, en raison de l'inflation.
Le seul gros coup de pouce du plan pauvreté sur les minima sociaux concerne la prime d’activité, dont l’augmentation est acquise depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron. Elle sera poursuivie en 2019 et jusqu’en 2022. Cette augmentation bénéficiera selon l'exécutif à 3,2 millions de ménages (alors qu'ils n'étaient que 2,6 millions à la toucher fin 2017) et permettra un gain pouvant aller jusqu’à 80 euros par mois au niveau du Smic.
Lancé en janvier 2016 par François Hollande, ce complément de revenu ciblant les travailleurs pauvres et modestes fonctionne plutôt bien : il a réduit de 0,4 point le taux de pauvreté en France, selon l'estimation officielle réalisée par les services du gouvernement. Surtout, sa philosophie est celle défendue aujourd’hui par l’exécutif : il s’agit de récompenser ceux qui travaillent, même un peu.
Le plan de lutte contre la pauvreté d’Emmanuel Macron s’appuie également, dans le discours, sur le développement massif de l’accompagnement et de l’insertion, pensés en contrepoint de la contrainte suggérée par un revenu universel d’activité : mise en place dans le futur d’un service public de l’emploi, qui pilotera l’action des départementaux pour éviter les « inégalités territoriales », réelles ; soutien aux expérimentations comme les « territoires zéro chômeurs » ; 25 % de places en plus pour 100 000 salariés supplémentaires accueillis dans le secteur de l’insertion par l’activité économique. Saluées, ces annonces ont néanmoins une généalogie.
« Nous sommes très favorables à ces financements supplémentaires, nous avons même beaucoup poussé pendant la concertation pour renforcer l’insertion, donc c’est très positif, réagit Florent Guéguen pour la FNARS. L’énorme bémol est que ce “paquet emploi” est financé par la suppression des emplois aidés. On est passé d’environ 400 000 à 200 000 emplois aidés depuis le début du quinquennat et on nous dit aujourd’hui que seuls 70 000 auraient été alloués. » Une sorte donc de « vases communicants budgétaire, qui n’est pas l’argent « frais » en plus promis.
Il y a, sur la question de l’emploi et des minima sociaux, une autre béance, celle des moyens alloués aux travailleurs sociaux eux-mêmes, chargés d’intensifier l’insertion et l’aide aux personnes par le président. Cette mission, prévue dès la création du RMI, se retrouve effectivement aujourd’hui – en partie à cause de la crise économique qui a fait s’envoler le nombre d’allocataires et prolonger leur installation dans la pauvreté – plus ou moins en jachère.
Le plan pauvreté ambitionne de « rénover » les pratiques, pour favoriser « l’aller vers », et rattraper des personnes qui ne sont plus sous aucun radar, à travers un large plan de formation des personnels eux-mêmes, mais qui n’est pas budgété. Pas sûr que cela soit suffisant pour soulager concrètement les éducateurs, travailleurs et assistants sociaux, qui tirent depuis des années la sonnette d’alarme sur le sous-effectif chronique dont ils sont victimes, l’absence de revalorisation monétaires de leurs salaires et la perte de sens de leur métier.
L’autre chantier, ouvert par Emmanuel Macron, concerne les jeunes, décrocheurs, non scolarisés, non qualifiés, les « perdus de vue », selon la terminologie. Le plan n’en dit finalement pas grand-chose de concret, hormis l’extension, prévue elle aussi de longue date, de la garantie jeune, un dispositif plébiscité par les services de l’emploi et piloté par les missions locales, mêlant une petite allocation et un accompagnement renforcé. Muriel Pénicaud en avait déjà fait la réclame lors de l’annonce du PIC, le plan investissement compétence (voir notre analyse ici) pour la formation professionnelle.
« La faille, c’est la partie sur les ressources, souligne François Soulages, du collectif Alerte, très impliqué dans les concertations du plan pauvreté. On considère que le compte n’y est pas, pour les jeunes et les chômeurs de longue durée. Mais on espère que le revenu universel d’activité soit l’occasion d’inclure ces deux populations dans le dispositif. » Le collectif voit également comme un signe positif l’interdiction de « sortie sèche » pour les jeunes issus de l’aide social à l’enfance (ASE), annoncée par Emmanuel Macron. Ces « jeunes majeurs », issus de l’ASE, font partie des populations les plus fragiles, que l’on retrouve en nombre au sein des sans-domicile fixe. Olivier Noblecourt, délégué interministériel chargé de l’élaboration du plan, y tenait dur comme fer et a de fait arraché une contractualisation entre l’État et les départements sur le deal financement contre prise en charge. Le volume de ce financement n’a cependant, pour le moment, pas été annoncé.
Le président de la République avait, initialement, une seule et unique priorité, racontent ceux qui ont suivi les tractations et la genèse de ce plan pauvreté : les enfants pauvres. Les associations de lutte contre la pauvreté ont eu tôt fait de lui rappeler l'évidence : un enfant pauvre vit dans une famille pauvre, il s'agit donc de traiter le problème dans sa globalité. Il n’empêche que le discours et les annonces ont fait la part belle à cette question et le président a longuement insisté sur la nécessité de ne pas enfermer les enfants dans leur destin, trop souvent conditionné par leur milieu de naissance : « Quand on naît dans la pauvreté, c'est le déterminisme de tous les déterminismes. » Un peu plus loin : « Refuser la fatalité sociale, c'est lutter contre ce déterminisme qui, dès l'enfance, détruit des trajectoires de vie. »
Emmanuel Macron convoque même Saint-Exupéry dans le texte qui évoque « Mozart assassiné » dans Terre des hommes : « Tout enfant qui ne devient pas ce qu’il peut être, c’est Mozart qu’on assassine. » Avant d’ajouter que la société les condamne à ne jamais devenir un grand chef d’orchestre, chirurgien ou haut fonctionnaire. « C'est insupportable d'injustice et de gâchis. La pauvreté ne doit plus se transmettre en héritage. Il faut 180 ans à un enfant né pauvre pour qu'un descendant de ses descendants accède à la classe moyenne. C'est dès la petite enfance qu'il faut intervenir. Le cœur des inégalités se construit dans les premières années de la vie. »
Une attention particulière portée à la petite enfance
Les mots sont forts. Concrètement, les mesures annoncées concernant les enfants sont, de fait, décevantes au regard de l’enjeu. Une partie des mesures exposées par le président de la République ont déjà été mises en œuvre ou promises. L’incontournable dédoublement des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire, censé être le gage de la politique sociale de la Macronie, a été évidemment évoqué. L’instruction obligatoire dès 3 ans, au lieu de 6 à l’heure actuelle – dès la rentrée 2019 – a fait partie des annonces tonitruantes issues des Assises de la maternelle à la fin mars. Bien entendu, à l’époque, de nombreuses voix avaient souligné que 97 % des enfants de cet âge-là sont déjà scolarisés et l’extension de l’obligation procède plus de la symbolique qu’autre chose. Faux, selon Emmanuel Macron, il ne faut pas laisser ces 25 000 élèves hors de la maternelle. Il veut surtout contraindre les parents qui y laissent leurs enfants par intermittence, le temps d’une matinée, à les y maintenir toute la journée.
Les spécialistes s’accordent à dire que scolariser les tout-petits permet d’obtenir des résultats visibles sur l’acquisition du langage. C’est dans cette droite ligne que le président a plaidé pour permettre aux familles défavorisées de bénéficier de davantage de places en crèches. 30 000 places supplémentaires vont être créées. Dans les quartiers estampillés politique de la ville, l’État pourra subventionner jusqu’à 90 % l’ouverture de crèches.
Cette idée a été portée dans différents rapports qui expliquent que la fréquentation de structures de petite enfance est délaissée et sous-exploitée. L’OCDE a recommandé dans une étude de juin 2017 de repenser les structures de petite enfance pour en faire un lieu où débuteraient les apprentissages des plus petits et tisser un continuum entre crèche et maternelle. Et de réaliser une transition moins brutale entre crèche et école en formant davantage les personnels des premières pour améliorer la qualité de l’accueil. Emmanuel Macron a entendu cette demande puisqu’il a promis une refonte du CAP petite enfance. 600 000 professionnels de la petite enfance vont bénéficier d’une formation continue et des programmes favorisant l’apprentissage de la langue française par les tout-petits vont être développés. Dans un rapport, en 2017, le think tank Terra Nova avait formulé peu ou prou les mêmes recommandations.
Les familles pourront par ailleurs financer plus facilement des modes de garde individuelle grâce à un tiers payant à la charge des caisses d’allocations familiales. Pour favoriser le travail des parents, en particulier des mères célibataires, 300 crèches à « vocation d’insertion professionnelle » seront créées d’ici à 2020 et 300 nouveaux centres sociaux devraient voir le jour.
L’une des mesures qui fait le plus parler concerne la possibilité pour les collèges en REP +, les plus défavorisés, de proposer des petits déjeuners gratuits « afin de s'assurer que tous les enfants commencent la journée dans les mêmes conditions ». Il ne s’agit pas ici de livrer des collations clés en main mais plutôt de débloquer des fonds au cas par cas pour les communes demandeuses afin de leur permettre de mettre en œuvre des projets autour de l’alimentation. Les directions des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) devront distribuer les enveloppes.
Seulement, cantonner la seule mesure au collège en REP + exclut de facto les établissements scolaires du primaire et tous ceux situés en dehors de ces zones d’éducation prioritaire spécifiques. Seulement un quart des élèves en difficulté bénéficient des avantages liés au classement en éducation prioritaire.
Un « accès universel » à la cantine est créé. L’année dernière, le Conseil national d’évaluation du système scolaire, le Cnesco, avait pointé dans une étude les inégalités face à la restauration scolaire pour les élèves plus défavorisés. En éducation prioritaire, près de 60 % des élèves ne la fréquentent pas, un chiffre qui monte à 75 % en REP.
Le président de la République a annoncé que les tarifs sociaux de la demi-pension seront généralisés, avec un barème où le taux le plus bas permet de bénéficier d’un repas pour 1 euro. 70 % des écoles proposent déjà ce dispositif. L’État s’engage à compenser le manque à gagner, pour les communes.
Marie-Aleth Grard retient la tonalité globale de la prise de parole, positive à ses yeux, tout en soulevant quelques points de vigilance. « Ce sont des paroles fortes, dit-elle, mais nous allons surveiller ce qui va venir derrière. Il ne faut pas oublier que quatre milliards d’euros sont du redéploiement de dispositifs. »
La vice-présidente d’ATD Quart Monde déplore par ailleurs que le président n’ait pas décidé de donner un coup de pouce aux bourses des collégiens. La précédente mandature les avait fait passer de 360 à 450 euros par an pour le plafond le plus haut. Sans compter que les demandes se font toujours sous une forme dématérialisée, ce qui éloigne de fait les plus fragiles qui ne possèdent pas toujours de connexion internet.
Jean-Paul Delahaye, ancien inspecteur général et numéro 2 du ministère de l’éducation nationale de 2012 à 2014, auteur en 2015 d'un rapport intitulé « Grande pauvreté et réussite scolaire », considère pour sa part que le discours présidentiel contient des idées intéressantes, comme la scolarisation obligatoire des tout-petits, la formation étendue de 16 à 18 ans, l’accès facilité à la restauration scolaire ou encore l’attention portée aux élèves décrocheurs. Il regrette néanmoins deux impasses : sur les bourses scolaires et l’absence de toute référence à la mixité scolaire, deux chantiers explorés durant le quinquennat Hollande.
Ce plan n’avait pas vocation à être « de l’argent, des mesures plaquées d’en haut », a reconnu Emmanuel Macron, qui a aussi insisté sur la vision performatrice de son discours pour « changer le regard » sur la pauvreté, en « finir avec l’assignation à résidence », selon une formule qui lui est chère, et avec une forme de « minorité » des citoyens pauvres. Ni l'exécutif, ni le président de la République, ne se sont cependant prononcés lorsqu'un maire LREM, à Besançon, a pris au cœur de l'été un arrêt anti-mendicité très controversé, comme le rappelle cet article de Justine Brabant. Les critiques n’ont pas non plus manqué de fuser sur le « deux poids deux mesures » pratiqué depuis le début du quinquennat quand il s’agit d’arbitrer sur le budget (lire ici l'article de Romaric Godin).
« Nous ne sommes pas mécontents, remarque François Soulages, qui s’est battu avec plusieurs associations pour imposer le thème à l’agenda du président. Et nous allons le prendre au mot quand il dit qu’il n’y aura pas de baisse des minima sociaux en cas de fusion. Mais la concertation va s’engager, et elle va être difficile. » La loi de finance 2019, dévoilée dans quelques jours, sera « le juge de paix de cette affaire », estime Florent Guéguen. « Jeudi, il nous a présenté les plus : huit milliards d’euros sur le quinquennat, c’est beaucoup. Mais on fera les additions et les soustractions sur les arbitrages budgétaires et on verra si le pouvoir d’achat des personnes pauvres augmente ou pas. Aujourd’hui, ce n'est pas sûr. »
La députée de Seine-Saint-Denis a vécu une réunion de groupe houleuse à l’Assemblée. Les autres parlementaires de son parti lui ont reproché d'avoir signé le manifeste rédigé par les rédactions de «Mediapart», «Politis» et «Regards» pour l’accueil des migrants.
La députée de Seine-Saint-Denis a vécu une réunion de groupe houleuse à l’Assemblée. Les autres parlementaires de son parti lui ont reproché d'avoir signé le manifeste rédigé par les rédactions de «Mediapart», «Politis» et «Regards» pour l’accueil des migrants.
Immigration : Clémentine Autain, au ban des Insoumis
Clémentine Autain vient de vivre une semaine étrange. Elle s’est retrouvée au milieu des regards, des débats, seule face au reste des députés de La France insoumise (LFI). La cause : le manifeste rédigé par les rédactions deMediapart, PolitisetRegards pour l’accueil des migrants. Contrairement à la députée de Seine-Saint-Denis,Jean-Luc Mélenchon et les siens ont refusé de le signer. Un désaccord sur le fond qui a laissé place à la polémique. Plusieurs têtes à gauche ont regardé de travers les élus LFI, estimant que Mélenchon«minimise le sujet pour ne pas perdre les classes populaires qui s’opposent à la venue des migrants». Une accusation qui passe mal chez les Insoumis.
«On s’est dit les choses»
Le rendez-vous : mardi matin, les députés LFI se sont retrouvés au Palais-Bourbon pour leur réunion hebdomadaire. Le manifeste s’impose dans les discussions. Clémentine Autain se retrouve seule face aux seize autres députés. Tension. Accusations. «La réunion a été franche, on s’est dit les choses», souffle Ugo Bernalicis sans s’épancher sur les détails. Ils lui reprochent sa signature, sa justification – elle a publié un long texte sur les réseaux sociaux – et sa«naïveté». Un présent :«Nous avons un désaccord sur le fond, ce n’est pas le plus grave, mais elle ne se rend pas compte que les initiateurs du manifeste se servent d’elle pour affaiblir La France insoumise !»
Clémentine Autain compte des soutiens à l’extérieur du groupe. Un élu de gauche :«Elle a un avis, ce n’est pas le même que les députés insoumis, mais il est partagé par beaucoup de militants LFI. Mais comme Mélenchon pense que la terre tourne autour de lui, Clémentine morfle.»Un ami de la députée :«Jean-Luc n’a pas fait les choses à moitié, il lui a montré qu’il savait être méchant, la réunion, elle l’a vue passer.»Contactée parLibération, la députée de Seine-Saint-Denis refuse de«commenter»la situation. Pas envie de vivre une nouvelle réunion de groupe compliquée. Elle dit seulement qu’elle n’est pas«naïve», et qu’elle ne«regrette»pas sa signature. Le«sujet est trop important».
Petite touche de crispation
Résultat : l’ambiance n’est pas au top entre Autain et ses copains insoumis. Vendredi, un petit mail a ajouté une petite touche de crispation. L’équipe de presse de LFI a envoyé aux journalistes les lieux de mobilisation des députés du mouvement présents ce week-end aux rassemblements, un peu partout dans le pays, pour«sauver l’Aquarius et le sauvetage en mer». Et le nom de Clémentine Autain ne figure nulle part. Elle a écrit sur la boucle Telegram des députés, à la recherche d’explications. Une simple«erreur de communication»,selon l’attachée de presse. Tout est rentré dans l’ordre.
Son inquiétude n’est pas fortuite. Ce n’est pas la première fois que Clémentine Autain se retrouve au milieu d’une baston interne. Il y a quelques mois, après une interview àPolitis – elle militait pour la reprise du dialogue entre les familles de gauche –, la députée avait eu droit à une réunion houleuse et son nom et sa photo avaient disparu d’un événement. Un genre de punition.
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Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste.
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