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12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 15:53
tract distribué lors de la manifestation pour les droits des retraités et contre la politique macron - Jeudi 11 avril 2019 à Morlaix
tract distribué lors de la manifestation pour les droits des retraités et contre la politique macron - Jeudi 11 avril 2019 à Morlaix

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11 avril 2019 4 11 /04 /avril /2019 06:23

10-04-2019

Conclusions du grand débat : la déconnexion avec les revendications de notre peuple est totale

Première séance du mardi 09 avril 2019

Déclaration du Gouvernement relative au grand débat national

M. le président. L’ordre du jour appelle la déclaration du Gouvernement relative au grand débat national, suivie d’un débat.

Voir l’intervention du Premier ministre ici.

M. le président. La parole est à M. le président André Chassaigne.

M. André Chassaigne. Les conclusions de ce que vous appelez le grand débat nous apprennent peu sur l’état de la France et sur les attentes des Français. Pour l’essentiel, ces revendications ont déjà été exprimées ici, à l’Assemblée nationale, par la voix des députés communistes, mais aussi depuis des années par le mouvement social, les syndicats et les associations et, depuis vingt et une semaines dans la rue, par la voix des gilets jaunes, soutenus par une grande part de l’opinion publique.

L’ensemble converge vers trois revendications impératives – écoutez bien, monsieur le Premier ministre : plus de pouvoir d’achat, plus de services publics, plus de démocratie. Tendez l’oreille, monsieur le Premier ministre – l’oreille gauche, naturellement : plus de pouvoir d’achat, plus de services publics, plus de démocratie.

M. Jean-Charles Colas-Roy. Et l’écologie alors ?

M. André Chassaigne. Trois « plus », trois exigences, trois progrès, qui correspondent à trois taches noires de l’action gouvernementale définie par le président Emmanuel Macron, dont la ligne de conduite est guidée par le néolibéralisme et l’hyperprésidentialisme.

C’est précisément cette conjugaison du néolibéralisme et de l’hyperprésidentialisme qui est au cœur de la crise, un hyperprésidentialisme qui rend le pouvoir aveugle, sourd et indifférent.

Aveugle aux conséquences de ses choix politiques, qui aggravent la paupérisation et la précarisation de nos concitoyens.

Sourd à la revendication de nos concitoyens qui en appellent à la justice fiscale et à la solidarité nationale.

Indifférent à la violence sociale subie par les salariés, les personnes privées d’emplois, les retraités, les jeunes.

Dans ces conditions, faut-il s’étonner qu’une profonde et saine colère éclate au grand jour et sonne comme un réquisitoire accablant contre cette politique, votre politique ?

Quelle mouscaille, monsieur le Premier ministre ! (Sourires.) Quelle mouscaille pour vous que ce moteur tombé en panne, qui vous oblige à mettre la main dans un affreux cambouis, à sortir la boîte à outils sur le bord de votre route bien tracée, à dévisser, colmater, revisser, à vous échiner à dérouiller un moteur qui reste grippé ! (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR. – Mme George Pau-Langevin applaudit également.)

Pas drôle, ce grain de sable qu’est le peuple ! Ce peuple que vous ne pouvez supprimer lorsque, dans son droit le plus légitime, il en appelle à la justice et à la dignité, dans une société de plus en plus inégalitaire où les riches sont choyés par le pouvoir politique, pouvoir qui s’est assigné pour mission de défendre les intérêts des contributeurs et des soutiens de la campagne de son président.

M. Jean-Paul Lecoq. Ça, c’est dit.

M. André Chassaigne. Des riches qui sont de plus en plus riches, mais qui n’en finissent pas de se lamenter sur ce trop d’impôts qui leur pourrit la vie, qui n’en finissent pas d’exprimer leur angoisse parce que la somptueuse remise faite sur leur ISF ne suffit pas à éteindre leur panique à la perspective de contribuer mieux, de contribuer plus à la solidarité nationale et donc au financement des services publics et du bien public !

Permettez-moi, monsieur le Premier ministre, de vous tendre mon mouchoir pour sécher les larmes de ces super-privilégiés (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI – M. Christian Hutin applaudit également) qui, au mieux, ignorent tout des conditions de vie de leurs concitoyens, au pire demeurent indifférents à leur sort, dans la droite ligne du Président de la République quand il affirmait qu’il ne sentait pas la colère dans le pays.

Est-ce ce mépris, cette indifférence qui ont conduit votre gouvernement à continuer de présenter des lois rétrogrades en plein cœur de la crise ? La loi sur le droit de manifester, qui vous a valu, faut-il le rappeler, une censure cuisante du Conseil constitutionnel, les projets de loi sur l’éducation, sur la santé ou encore sur la privatisation d’ADP… Ce dernier vous permet de réaliser l’exploit inédit de réunir contre vous et votre volonté de brader les bijoux de famille tous les groupes d’opposition, de gauche et de droite, qui demandent l’organisation d’un référendum sur cette question ! (M. Jean-Paul Dufrègne, M. Christian Hutin, Mme Laurence Dumont et M. Éric Coquerel applaudissent.)

Vous savez pourtant que la situation n’est plus tenable puisque, dans la panique générale suscitée par le mouvement populaire des gilets jaunes, l’exécutif a cru trouver une parade dans l’écriture d’une grande page de notre histoire : l’organisation d’un grand débat. L’événement du siècle s’est avéré être une simple astuce politicienne pour étouffer le mouvement et neutraliser la critique radicale de votre politique.

C’est ainsi que vous avez installé un dispositif constitué de réunions locales, de contributions en ligne, de stands de proximité et autres conférences régionales, d’un collège de personnalités garantissant la prétendue indépendance du débat, dispositif qui s’est éteint par une lecture algorithmique permettant d’en tirer les mots aptes à servir votre idéologie… Vous avez choisi d’instrumentaliser les mots plutôt que de répondre aux maux.

M. Sébastien Jumel. Très juste !

M. Jean-Paul Dufrègne. Bravo !

M. André Chassaigne. Il en ressort finalement un grand exercice de communication politique et de propagande gouvernementale orchestré par le Président de la République, au terme duquel ledit grand débat se métamorphose non seulement en faux débat mais aussi en débat tronqué.

Pour reprendre les propos de Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public, le principe d’un débat public, ce n’est pas de poser des questions aux Français : c’est les Français qui posent des questions, c’est eux qui s’expriment, c’est eux qui disent ce qui leur tient à cœur. La preuve en est que les garants du débat national, qui avaient été désignés par le Gouvernement, ont fustigé les trop nombreuses interférences d’Emmanuel Macron et de son gouvernement.

L’incapacité manifeste du Gouvernement à nouer le dialogue est liée à l’absence de toute volonté politique de s’engager sur la voie du progrès social. Comment, en effet, nouer un vrai dialogue sans contester l’échelle des valeurs inhérentes à l’ordre marchand, le chiffre roi, la part de marché, le rendement, le rentable, le « tout entreprise » et, disons-le, le mépris de l’humain ?

Cette incapacité à nouer un véritable dialogue, le Président de la République l’a incarnée à lui seul. Il n’a pas hésité à se mettre en scène, en s’imposant dans des interventions qui ont révélé un plaisir irrépressible devant sa propre personne et ses propres paroles. Le résultat est là : le grand débat national, qui était officiellement destiné à écouter les Français, s’est métamorphosé en logorrhée présidentielle occultant la prosaïque réalité.

Bref, au lieu d’être un grand moment démocratique, cette séquence s’est résumée au lancement de la campagne des élections européennes par un exécutif qui a pu s’appuyer sur l’ensemble des moyens de l’État et sur le soutien indéfectible des médias. S’écouter parler, plutôt qu’écouter les Français, tel a été le credo. Comment s’étonner dès lors que la colère n’ait pas été entendue et que l’Élysée enjoigne au Gouvernement de ne pas changer de cap ?

Pour la majorité au pouvoir, les règles du marché et de la guerre économique et sociale avaient déjà triomphé avant même les conclusions du faux débat. Pour vous, c’est un fait, c’est du bronze, la mondialisation comme la métropolitisation ont leurs gagnants et leurs perdants, toujours les mêmes. Et votre nouveau monde, méprisant, demande au peuple de s’y résoudre.

Aucune réponse gouvernementale digne de ce nom ne se dessine. La déconnexion avec les revendications de notre peuple est totale. Le peuple dit justice fiscale, vous entendez baisse des impôts.

Mme Laurence Dumont. Exactement !

M. André Chassaigne. Le peuple réclame de la solidarité nationale, vous entendez baisse des dépenses publiques. C’est proprement à désespérer.

Monsieur le Premier ministre, en écoutant votre intervention et en constatant les applaudissements enthousiastes de vos courtisans,…

M. Erwan Balanant. Non, de parlementaires comme vous !

M. Sébastien Jumel. Courtisans dociles !

M. André Chassaigne. …je pensais à l’empereur romain Héliogabale. Associant extravagance et perversité, il servait des mets en carton à ses convives, qui devaient s’extasier et vanter la qualité gustative de ce qui leur était servi. Habitués à digérer la parole jupitérienne, chers collègues députés de la majorité, vous en venez même à applaudir lorsque les assiettes sont vides et qu’il n’y a rien à manger. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et quelques bancs du groupe SOC.)

M. Sébastien Jumel. C’est vrai !

M. André Chassaigne. On l’aura compris, la fin du grand débat n’ouvre pas un nouveau chapitre de l’action gouvernementale. Des mots, des mots… ou plutôt une musique, qui tient davantage du souffleur de mirliton que du soliste de l’orchestre national de France. C’est le maître des horloges qui prépare, en chef d’orchestre, la partition, laquelle sera sans aucun doute synonyme d’accélération de la politique régressive sur le plan social, fiscal, écologique et démocratique, une régression sociale qui sera remise sur l’ouvrage dans quelques semaines seulement, à l’occasion de la réforme de la fonction publique puis des retraites.

Ne vous en déplaise, monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs de la majorité, il est de la responsabilité de l’État républicain de venir en aide aux millions de Français qui subissent le déclassement social, le matraquage fiscal et la mise en danger de la planète. Selon la Constitution, vous êtes censés conduire la politique de la nation, alors qu’en réalité vous menez la politique du capital et de la bourse.

Pour reprendre les propos du président Émile Beaufort, si bien interprété par Jean Gabin, on ne vous demandera plus de soutenir un ministère, mais d’appuyer un gigantesque conseil d’administration. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe GDR.)

Face aux velléités de régression sociale, d’autres solutions existent pourtant. Elles ont été largement soulignées par nos concitoyens, notamment dans le cadre des débats que nous avons organisés pour mieux les écouter, tant leurs idées sont riches. Ce sont des mesures simples et radicales, de nature à ramener la paix civile et sociale.

Ce qu’il faut avant tout, c’est un changement de la donne politique au profit d’une réelle démocratisation de notre République – une République qui est seule à même de répondre à l’urgence économique, sociale et écologique, par des mesures en faveur du pouvoir d’achat, en particulier la revalorisation du SMIC, des salaires, des pensions de retraites et des allocations sociales, et, dans le secteur public, l’indexation des traitements des fonctionnaires, donc le dégel du point d’indice.

L’amélioration du pouvoir d’achat repose aussi sur une fiscalité plus juste, à commencer par le rétablissement immédiat de l’ISF, dont la suppression restera le péché originel du quinquennat. (Mme Laurence Dumont applaudit.) Mais il faut aussi renforcer la progressivité de l’impôt sur le revenu, instaurer une TVA à taux zéro sur les produits de première nécessité et ériger la lutte contre l’évasion fiscale en grande cause nationale pour 2020. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.) Il faut également redéployer les services publics pour réduire la fracture sociale et territoriale, étendre les énergies propres et développer les transports gratuits.

L’heure n’est plus aux atermoiements, aux circonvolutions, ni aux manœuvres politiques pour continuer d’agir dans l’intérêt d’une minorité de privilégiés. Sinon vous devrez, monsieur le Premier ministre, mesdames, messieurs les ministres, mesdames, messieurs de la majorité, assumer toutes les conséquences de votre attitude irresponsable qui, au fil du temps, ne pourra qu’attiser la colère.

N’en doutons pas, ce sera alors, pour reprendre les propos de Victor Hugo dans L’homme qui rit, « le dégel sombre », « la rouge aurore de la catastrophe ».

Si votre responsabilité est immense et marquera l’histoire de notre pays, nous continuerons quant à nous à assumer la nôtre, celle d’une lutte sans merci, depuis les quartiers, villages et entreprises jusque dans l’hémicycle ; une lutte au côté du peuple souverain reprenant son destin en main, ce qui suppose la tenue d’un débat constituant ponctué par un référendum refondateur ouvrant la voie à une VIe République.

C’est seulement par le haut, c’est-à-dire par le peuple, et non par l’Élysée, que la crise pourra être dénouée. Telle est notre conviction profonde. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et SOC. – M. François Ruffin applaudit également.)

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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 12:17
Le PCF, premier parti de France en nombre d'adhérents, manifeste devant CNEWS contre son éviction du débat du 10 avril avec 7 formations, dont certaines groupusculaires (UDI, Debout la France, EELV)...
Le PCF, premier parti de France en nombre d'adhérents, manifeste devant CNEWS contre son éviction du débat du 10 avril avec 7 formations, dont certaines groupusculaires (UDI, Debout la France, EELV)...

La chaîne de Bolloré considère que les groupusculaires EELV (10 fois moins d'adhérents que le PCF, avec une grande partie des cadres qui ont rejoint Macron), Debout la France de Dupont-Aignan, UDI, ont plus de titre à être représentés dans un débat des partis politiques sur les Européennes regroupant 7 formations que le PCF, qui compte un groupe à l'Assemblée nationale (EELV et Debout la France:0), un groupe au Sénat (EELV et Debout la France:0), 3 députés européens, 7500 élus, 80 000 adhérents (dont 45 000 à jour de cotisations environ, ce qui en fait le premier parti de France en nombre d'adhérents devant le PS, Les Républicains et le Rassemblement National).

Cette non invitation de Fabien Roussel ne fait qu'illustrer le scandale démocratique que constitue l'éviction du PCF de la plupart des médias, en réalité un élément significatif dans le cadre de la lutte des classes intense actuelle puisqu'il s'agit de pouvoir dérouler une parodie de débat où à aucun moment la possibilité d'un rassemblement populaire à gauche sur des contenus remettant en cause le pouvoir du capital et de la finance ne puisse apparaître: débat entre différentes nuances de libéraux et de populistes qui ne remettent pas en cause le système capitaliste ni n'ont vraiment l'intention de construire une perspective politique pour les intérêts du peuple.     

Nous demandons à ce que notre parti soit respecté devant chez CNEWS qui manque de chaises, de places pour organiser un seul débat avec l’ensemble des chefs de parti dont Fabien Roussel . Avec Ian Brossat #PasSansNous PCF - Parti Communiste Français

 

 

Huffington Post - 8 avril

POLITIQUE - Le PCF persona non grata sur CNews pour le grand débat en vue des élections européennes? Les militants du parti ont décidé de contre-attaquer en se mobilisant au pied des locaux de la chaîne d’information en continu ce 8 avril, comme le montre notre vidéo en tête d’article.

Des dizaines de manifestants se sont présentés devant les locaux de la chaîne à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), en début de soirée, afin de dénoncer le traitement médiatique réservé à leur parti en vue du débat du 10 avril. Ce soir-là, CNews organise une soirée consacrée à l’Union européenne avec sept grands chefs de partis: David Cormand (EELV), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), Olivier Faure (PS), Stanislas Guérini (LREM), Marine Le Pen (RN), Adrien Quatennens (LFI) et Laurent Wauquiez (LR) feront face à Laurence Ferrari (CNEWS) et Matthieu Belliard (Europe 1).

Le PCF, grand absent du débat CNews/Europe 1

Au pied de la rédaction de CNews, Ian Brossat, tête de liste PCF aux élections européennes du 26 mai dénonce la décision de la chaîne privée. “Notre voix, elle ne peut pas être représentée par d’autres que nous” lâche-t-il dans une vidéo diffusée sur le compte Twitter du PCF. Et de regretter l’absence de Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF dans ce “débat des chefs”. “Nous ne pouvons pas accepter une chose pareille alors que le PCF a une parole particulière sur les enjeux européens: nous sommes la seule force politique à avoir rejeté tous les traités européens ultras libéraux”, martèle-t-il. 

Sur les réseaux sociaux, le PCF avait appelé ses militants à ramener des chaises pour la chaîne: “Si la non-invitation du PCF sur le plateau tient au seul fait du nombre de places disponibles, alors nous amènerons notre chaise”

La France Insoumise (LFI) avait aussi été provisoirement écartée du débat après l’indisponibilité de Jean-Luc Mélenchon, en meeting le même soir à Amiens. Face au tollé, la chaîne avait finalement invité le député LFI du Nord, Adrien Quatennens.

Un autre débat organisé le 4 avril avait déjà tourné à la polémique. D’abord prévu à neuf, le débat diffusé sur France 2 et France Inter s’était élargi sous la pression des candidats initialement non-invités, à coups de procédures judiciaires. Ian Brossat (PCF) et Jean-Christophe Lagarde (UDI) avaient obtenu gain de cause après avoir interpellé France 2, tandis que Benoît Hamon (Génération.s), François Asselineau (UPR) et Florian Philippot (Les Patriotes) avaient gagné leur ticket devant la justice... avant que le Conseil d’État tranche en faveur de France 2.

 

Européennes. #Pas sans nous, chez Cnews aussi
Mardi, 9 Avril, 2019

Après France 2, le PCF se mobilisait hier soir pour être invité au débat de mercredi sur la chaîne d’info en continu.

Devant le siège de Cnews, les communistes avaient rendez-vous hier pour dire à nouveau « Pas sans nous »… avec leur chaise. Après avoir obtenu d’être invité pour le premier débat de la campagne pour les européennes de mai, jeudi sur France 2, le PCF se mobilise en vue de l’émission de mercredi soir sur la chaîne d’info en continu et Europe 1 de laquelle leur secrétaire national, Fabien Roussel, a été évincé. Sur le plateau, Laurent Wauquiez (LR) doit prendre place aux côtés de Stanislas Guerini (LaREM), Marine Le Pen (RN), David Cormand (EELV), Olivier Faure (PS), Nicolas Dupont-Aignan (DLF) et d’Adrien Quatennens, qui, lui aussi, a failli manquer à l’appel, la chaîne refusant dans un premier temps un autre insoumis que Jean-Luc Mélenchon, pris par un meeting à Amiens.

« On s’est renseigné, il paraît que le problème, c’est que vous manquez de chaises. Nous, on en a à vous prêter », lance Ian Brossat, la tête de liste communiste pour les européennes, dont la présence la semaine dernière a été remarquée sur France 2. Si le Conseil d’État avait in fine annulé la décision de justice contraignant cette dernière à inviter 12 candidats jeudi, au nom des règles édictées par le CSA, demeure le problème démocratique, souligne le PCF.

« Nous avons rassemblé un spectre politique assez large, représentatif de la population française (…) Mais si nous accueillons 12, 13, 15 partis politiques, le débat sera parfaitement inaudible », a justifié de son côté Matthieu Belliard, coprésentateur de l’émission de mercredi, estimant que « ces dernières années, le Parti communiste français ne s’est pas mis en situation d’être représentatif ». « Nous avons un groupe à l’Assemblée, un au Sénat, Nicolas Dupont-Aignan en a-t-il ? » , réplique Fabien Roussel. Hier, la chaîne a proposé au PCF l’organisation d’un second débat avec Benoît Hamon (G. s), Jean-Christophe Lagarde (UDI), Florian Philippot (LP) et François Asselineau (UPR). « On peut comprendre qu’il y ait deux débats. Mais leur choix se résume à mettre les 6 premiers des sondages d’un côté et les 6 derniers de l’autre. Ce n’est pas possible. Le débat doit être pluraliste, surtout dans une élection à forte abstention. Il y a un tour à la proportionnelle, chaque voix comptera pour chaque liste. Toutes doivent être à égalité », juge le secrétaire national du PCF. Le message d’hier soir vaut pour les autres chaînes, prévient-il : « Nous demandons à ce qu’on tienne compte des idées, des propositions. Ce ne sont pas les sondages qui doivent faire l’élection. Ce n’est pas démocratique. »

Julia Hamlaoui
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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 12:08
Castaner copie l’extrême droite italienne
Lundi, 8 Avril, 2019

Le ministre de l'Intérieur accuse les ONG qui sauvent les exilés en mer de "collusions" avec les passeurs

« À ma grande satisfaction, je ne suis pas le seul à avoir des doutes sur les ONG en Méditerranée », s’est vanté le chef de fil de l’extrême droite italienne, Matteo Salvini, vendredi, lors du sommet des ministres de l’Intérieur du G7. Le premier à lui donner raison n’est autre que son homologue français, Christophe Castaner. Le chien de garde de la Macronie, expliquant sans détour que « les ONG ont pu se faire complices des passeurs », affirme qu’elles seraient en « contact téléphonique » avec les trafiquants. L’accusation n’est pas nouvelle, mais c’est la première fois qu’elle est reprise par un dirigeant français. L’extrême droite italienne a, pour sa part, basé une grande partie de sa conquête du pouvoir sur ce genre d’allégations.

Les premiers à évoquer des contacts entre sauveteurs et trafiquants sont les rapporteurs de l’agence Frontex, en charge du contrôle des frontières européennes, dans un document datant de février 2017. Mais le texte met en cause « toutes les parties impliquées dans des opérations de sauvetage », gardes-côtes et militaires de l’opération « Sophia » compris, qui aideraient « involontairement les criminels à atteindre leurs objectifs ». L’agence évoque en réalité les pratiques des passeurs contactant par téléphone satellitaire le Centre de coordination des secours de Rome (MRCC), qui, alerté, se trouve dans l’obligation de lancer des opérations de sauvetage. Frontex ne fait aucune mention d’appels téléphoniques directement échangés entre passeurs et acteurs de l’aide humanitaire.

Mais l’extrême droite ne s’est jamais privée de déformer la réalité pour faire grandir la peur, terreau fertile de sa politique haineuse. Comme dans le cas de la livraison par la France aux milices libyennes de six bateaux de guerre pour barrer la route aux exilés, Christophe Castaner confirme ici le choix de l’exécutif macronien de marcher, en matière d’immigration, dans les pas du gouvernement populiste et xénophobe italien.

Émilien Urbach
Castaner copie l'extrême-droite italienne (L'Humanité, Emilien Urbach, 8 avril 2019)
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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 11:29
Parlement: front commun contre la privatisation d'ADP (Aéoport de Paris) et pour l'organisation d'un réféendum d'initiative partagé
Parlement : Front commun contre la privatisation d’APD

Les députés et sénateurs  communistes s'associent à l’ensemble des groupes d'opposition pour lancer une procédure de référendum d’initiative partagée afin de faire obstacle à la privatisation d’Aéroports de Paris. Ils ont annoncé avoir recueilli les signatures nécessaires pour enclencher un référendum d'initiative partagée (RIP) contre la privatisation d'ADP. Alors que 185 signatures sont requises, les parlementaires en ont recueilli 197, contre cette disposition phare du projet de loi Pacte. Cette proposition de loi référendaire doit désormais être validée par le Conseil constitutionnel et signée par 4,5 millions de citoyens pour pouvoir donner lieu à un référendum.  

Cette proposition de loi référendaire doit désormais être validée par le Conseil constitutionnel et signée par 4,5 millions de citoyens pour pouvoir donner lieu à un référendum.

 

A l’Assemblée nationale, elle a été signée par des membres des groupes GDR (communiste), PS et apparentés, LR,  LT, LFI et des Non inscrits. Au Sénat, par des élus des groupes CRCE (communiste), PS, LR,  RDSE, UC

Fabien Roussel, député PCF: L’Aéroport de Paris ne doit pas être privatisé ! 195 parlementaires de tous bords, avec les députés et sénateurs communistes, s'associent pour lancer une procédure de Referendum d'Initiative Partagée. #ADP

Elsa Faucillon, députée PCF: Non à la privatisation d’ADP ! Conférence de presse transpartisane ce midi.
Les députés et sénateurs/trices communistes ont lancé aujourd’hui avec tous les groupes d'opposition de l'Assemblée et du Sénat une procédure de Référendum d'Initiative Partagée pour rendre non privatisable Aéroport de Paris. La prochaine étape est une grande mobilisation populaire pour rassembler plus de quatre millions de signatures afin d'obtenir la tenue d'un référendum.

Parlement: front commun contre la privatisation d'ADP (Aéoport de Paris) et pour l'organisation d'un réféendum d'initiative partagé
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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 08:55
Ian Brossat au printemps des associations LGBT (8 avril 2019)

À l'occasion du printemps des associations LGBT, Ian Brossat est venu accompagné d'Elina Dumont, de Lassana Bathily et d'Amandine Miguel (ex porte parole de l'inter-LGBT) pour discuter avec les différents acteurs et actrices du monde associatif qui sont une fierté pour notre pays.

 Ian Brossat et Amandine Miguel ont pu débattre avec les autres têtes de liste aux élections européennes sur la PMA pour toutes et tous, la lutte contre les mutilations des personnes intersexes ou encore de la question de l'accueil des réfugiés LGBTI.

La veille l'ancienne porte parole de l'inter-LGBT candidate sur la liste et un collectif de signataires LGBTI avait fait paraitre dans Libération une tribune pour faire progresser les droits LGBTI en Europe.

https://www.liberation.fr/debats/2019/04/06/le-26-mai-votons-pour-une-europe-arc-en-ciel_1719384

Ian Brossat au printemps des associations LGBT (8 avril 2019)
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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 08:52
Echirolles (Isère) : Ian Brossat fait le plein ! : 500 personnes à son meeting! (Jeremie Giono)
Echirolles (Isère) : Ian Brossat fait le plein !

Ce sont près de 500 personnes qui sont venues à la salle des fêtes d’Echirolles à l’appel des communistes, ce vendredi 5 avril, dans le cadre de la campagne des européennes.

L’après-midi aura commencé avec une tournée « médias locaux » : Après le passage matinal de Ian Brossat sur la radio France Bleu Isère, c’est Cécile Cukierman qui a enchaîné interview de France 3 Région et plateau de Télé Grenoble. L’occasion de revenir sur la prestation remarquée du candidat communiste lors du débat de la veille sur France 2, et de faire le point sur les propositions du PCF pour l’Europe.

Puis la soirée débute à la salle des fêtes, par un premier temps « Table ronde » autour du thème de la lutte contre l’austérité. Ce temps s’inscrivait comme une étape dans la campagne de long court initiée par la fédération du PCF autour de la défense des services publics. Environ 80 personnes y ont participé, réagissant après les témoignages d’Élisa, syndicaliste à la CPAM, d’Aurélien, syndicaliste au Grand-Lyon, et de Laurent, élu PCF à Fontaine (38). Un constat : la logique globale des politiques de casse du service public. Une perspective : construire une convergence entre agents, usagers et collectivités, pour faire monter le rapport de force et gagner face aux projets libéraux.

Enfin, après un entre-acte qui aura permis d’épuiser le stock de paninis « raclette-jambon cru » et de profiter de la prestation de Ke Onda, groupe engagé de la scène locale, le meeting débute officiellement. La salle s’est remplie, et il a fallu rajouter des chaises. Des têtes connues, militants politiques et syndicaux, des sympathisants, mais aussi beaucoup de curieux, notamment chez les jeunes. Des habitués, et des pour qui c’était la première réunion politique. Sans oublier les représentants des autres partis de la gauche locale, des socialistes à Génération-s, en passant par les écologistes. Bref, la marque d’une campagne qui commence à déborder du cadre, et c’est bon signe !

Les interventions s’enchaînent. Renzo Sulli, maire PCF d’Echirolles, ouvre le bal en dénonçant les politiques d’austérité imposées aux collectivités, et en prenant appui sur les réalisations concrètes du communisme municipal pour défendre l’utilité d’élire des communistes à tous les niveaux. Lucie Martin, la benjamine de l’élection, étudiante en 1re année de science politique, revient sur son engagement et sur sa volonté de porter les aspirations de la jeunesse face aux fachos et aux libéraux qui enterrent l’avenir de toute une génération. Michel Jallamion, candidat « République & socialisme », nous parle du sens de son investissement sur la liste, et aussi du grand combat pour les services publics sur lequel il est tant engagé depuis des années. Cécile Cukierman, présidente du groupe « L’humain d’abord » à la région Auvergne-Rhône-Alpes, motive quant à elle la salle en rappelant le résultat des régionales de 2015 dans notre région, où après avoir plafonnée à 2 % dans les sondages, la liste qu’elle conduisait crée la surprise en dépassant les 5,5 % grâce à une intense campagne de terrain.

Enfin, Ian Brossat conclut la soirée par une intervention claire et percutante, rappelant les grandes valeurs que porte la liste : « que chacune et chacun devrait tout simplement avoir droit à une vie digne » ; ce qu’elle incarne : « la France du monde du travail, avec 50 % d’ouvriers et d’employés, la seule liste qui ambitionne d’envoyer une ouvrière au Parlement européen ! » ; et sa cohérence : « Nous sommes la seule force politique qui a rejeté tous les traités libéraux ». Écologie, social, développement industriel, services publics…, autant de sujets que le candidat aborde avec aisance et fermeté, pour affirmer la singularité de la liste qu’il conduit, suscitant l’enthousiasme du public.

Bref, une belle soirée qui doit maintenant nous permettre de passer à la vitesse supérieure. L’objectif de la fédération est clair : faire foisonner les initiatives au plus près du terrain, pour gagner les voix une à une. La bataille s’annonce serrée, mais qu’on se le dise, « PCF is back ! »

Jérémie Giono, secrétaire fédéral du PCF Isère.

 

Echirolles (Isère) : Ian Brossat fait le plein ! : 500 personnes à son meeting! (Jeremie Giono)
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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 08:03

En apparence anodin, l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans va obliger les mairies à financer à égalité maternelles publiques et privées sous contrat… Une dépense que l’Etat ne prévoit pas toujours de prendre en charge.

Pour « Alternatives Economiques » l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire entraîne une extension aux écoles maternelles de la loi Debré de 1959 qui oblige les municipalités à financer de manière égale les écoles élémentaires publiques et les écoles privées sous contrat. Les communes vont donc devoir verser aux écoles pré-élementaires privées sous contrat un forfait correspondant au coût d’un élève du public.

ci-dessous, un lien vers un article du « CIDEFIL » du jour, qui peut être intéressant de lire et de partager, enfin si c’est jugé utile… Article fort intéressant signalé par notre camarade Philippe Jumeau. 

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Lien avec l'article d'Alternatives Economiques:

 

éducation
L’instruction obligatoire à trois ans va coûter cher aux communes
Eva Mignot

En apparence anodin, l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans va obliger les mairies à financer à égalité maternelles publiques et privées sous contrat… Une dépense que l’Etat ne prévoit pas toujours de prendre en charge.

Jeudi dernier, les syndicats ont appelé les salariés de l’Education nationale à faire grève pour protester contre le projet de loi Blanquer sur « l’école de la confiance ». Les enseignants ne sont pas les seuls à contester la réforme : l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans, prévu par l’article 2 de cette loi, pourrait être lourd de conséquences pour de nombreuses municipalités.

Extension de la loi Debré

Sur l’année scolaire 2016-2017, 97,5 % des enfants de 3 ans étaient scolarisés. Même si d’importantes disparités apparaissent entre territoires – seuls deux tiers des enfants de trois ans le sont en Guyane –, la réforme ne devrait pas susciter de grands bouleversements à l’école, puisque cela représenterait environ 26 000 enfants supplémentaires à scolariser. Seule l’instruction étant rendue obligatoire, et non la scolarisation, une partie de ces enfants pourrait même ne pas rejoindre les bancs de l’école maternelle.

Les communes vont devoir verser aux écoles maternelles privées un forfait correspondant au coût d’un élève dans les écoles maternelles publiques

En revanche, l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire entraîne une extension aux écoles maternelles de la loi Debré de 1959 qui oblige les municipalités à financer de manière égale les écoles élémentaires publiques et les écoles privées sous contrat. Les communes vont donc devoir verser aux écoles préélementaires privées sous contrat un forfait correspondant au coût d’un élève du public. Forfait calculé en tenant compte des dépenses de fonctionnement et incluant les charges (eau, électricité, etc.), des fournitures scolaires et surtout des salaires du personnel hors enseignants, dont notamment les Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles), qui secondent les enseignants dans l’accueil et l’encadrement des enfants. Damien Berthilier, président du Réseau français des villes éducatrices (RFVE) et adjoint au maire de Villeurbanne, estime ce coût supplémentaire à 150 millions d’euros pour l’ensemble des villes de France.

Une compensation partielle

Pour compenser, le gouvernement a promis une enveloppe de 40 à 50 millions d’euros seulement, réservée qui plus est aux communes n’ayant jusqu’à présent versé aucun forfait aux écoles privées. Or, les deux tiers des municipalités ont déjà signé des accords avec ces écoles préélémentaires. Mais elles leur versaient souvent un forfait par élève d’un montant inférieur au coût de la scolarisation d’un enfant dans les écoles publiques. Ces communes, qui pour la plupart vont donc devoir augmenter leur financement, ne recevront aucune aide de l’Etat. Ce qui suscite l’incompréhension des élus locaux.

C’est le cas d’Emilie Kuchel, adjointe au maire de Brest chargée des politiques éducatives. Dans sa municipalité, 33 % des écoles maternelles et élémentaires sont privées. Jusqu’à présent, la mairie de Brest versait aux écoles préélémentaires un forfait de 700 euros par élève. Mais avec la réforme, elle devra s’aligner sur le coût d’un élève du public, qui se monte sur sa commune à 1 600 euros. Un chiffre élevé, que l’élue justifie par le choix fait d’employer une Atsem par classe, au-delà de ce qu’impose la réglementation1. « C’est un montant que nous sommes prêts à investir pour améliorer l’encadrement des élèves et leurs conditions de travail. Mais nous ne savons pas si, avec un montant similaire, les écoles privées vont garantir les mêmes conditions d’encadrement. Nous n’avons aucune visibilité sur leur utilisation du forfait », regrette Emilie Kuchel.

Cette mesure représente pour Brest un coût supplémentaire de 1,6 million d’euros, à ajouter aux 2,5 millions d’euros déjà dédiés au financement du privé. « Cela nous met en difficulté financière. Nous craignons d’être obligés de devoir diminuer la qualité de l’école publique pour que l’impact de la réforme soit moins important », regrette Emilie Kuchel. Au point de supprimer l’Atsem par classe ? « Nous aimerions ne pas en arriver là mais nous pourrions y être contraints. »

La colère gronde aussi à droite. A Toulouse (LR), le surcoût de la réforme pourrait frôler les 3 millions d’euros. Le budget éducation est le premier poste de dépense de la ville (170 millions d’euros par an dont 32 millions de frais de fonctionnement). Pour Marion Lalane de Laubadère, adjointe à la mairie de Toulouse en charge de l’éducation, il est hors de question de baisser la qualité des services. « Je n’ai pas envie de dégrader la qualité des conditions d’accueil des élèves pour des histoires d’Etat qui ne souhaite pas compenser de dépenses nouvelles. »

Si le gouvernement refuse de compenser les communes qui aidaient déjà les écoles maternelles privées c’est, semble-t-il, parce qu’il estime que les accords financiers sur lesquels reposent ces financements sont illégaux. « L’Etat nous a expliqué qu’à partir du moment où l’on avait décidé de financer les frais de fonctionnement du privé, il fallait verser la totalité du forfait communal », explique l’adjointe. Un argument qu’elle conteste vivement : « Nous n’arrivons pas à trouver sur quel texte de loi il s’appuie pour dire cela. Pour nous, il n’y a pas de fondement juridique à cette décision ». Même son de cloche chez Emilie Kuchel : « Nous votons le forfait au privé chaque année au conseil municipal depuis 30 ans. Or, tous les conseils municipaux sont validés par le préfet et ce dernier ne nous a jamais rien dit. »

Par ailleurs, pour conclure un accord, il faut être deux, rappellent ces élues. Et l’enseignement privé n’a jamais remis en cause ces accords. « Certaines écoles n’ont probablement pas osé contester le montant du forfait, craignant sans doute que les municipalités décident de ne plus rien leur verser », estime Yann Diraison, secrétaire général adjoint de l’enseignement catholique.

Injonctions contradictoires

Les municipalités ont en tout cas beau jeu de dénoncer le « deux poids, deux mesures » du gouvernement, qui de plus pénalise les collectivités qui avaient fait un premier pas vers le privé. « C’est une sorte de rupture d’égalité entre communes à partir du moment où l’on prend en compte un précédent alors que l’on veut créer une dépense nouvelle. Car il s’agit là bien d’une dépense nouvelle, contrainte par le cadre réglementaire », explique Rozenn Merrien, directrice de l’enfance dans la ville de Saint-Denis et présidente de l’ANDEV (Association nationale des directeurs et des cadres de l’éducation des villes et des collectivités territoriales).

Une telle mesure inquiète d’autant plus que les contrats de Cahors, signés fin 2017 entre l’Etat et les grandes collectivités locales (plus de 60 millions d’euros de budget), imposent à ces dernières de limiter la croissance de leurs dépenses de fonctionnement. « Nous espérons que ces nouvelles dépenses ne rentreront pas dans le calcul. Il semblerait que ce ne soit pas le cas mais nous attendons la confirmation », complète Marion Lalane de Laubadère. « Dans une période de coupe budgétaire, il est incompréhensible de verser de l’argent supplémentaire aux écoles maternelles privées alors qu’elles n’offrent pas de service nouveau », ajoute Damien Berthilier, président du RFVE.

Un financement sans contreparties

Car les conséquences potentielles de la réforme interrogent, notamment sur le plan de la mixité sociale. « Aujourd’hui un élève de l’école publique a deux fois plus de risque d’être issu d’un milieu défavorisé qu’un élève du privé. Or, normalement, on devrait donner plus à ceux qui ont moins. Ce ne sera plus le cas : le forfait est le même pour tous. Une ville ne peut pas choisir de verser plus aux écoles privées accueillant davantage d’élèves défavorisés et moins à celles qui font du tri social », complète l’adjoint au maire de Villeurbanne. « Des sommes importantes vont être versées au privé sans qu’il y ait de compensation ou de nouvelles exigences, notamment en matière de mixité sociale », abonde la présidente de l’ANDEV, Rozenn Merrien.

Si les collectivités approuvent largement la mesure dans son principe, elle demande donc qu’une vraie réflexion soit menée sur sa mise en œuvre et son financement. « Il serait peut-être bon d’expérimenter pendant un ou deux ans dans les départements Outre-Mer où l’on peut compter 25 % de non scolarisés. Et surtout, nous voulons une vraie enquête de la Cour des comptes sur l’usage que les écoles privées font de l’argent public qui leur est versé ! », réclame Damien Berthilier.

Ruée sur le privé ?

Pour les syndicats enseignants, en revanche, une telle loi n’était pas une priorité. « Il nous semblait davantage nécessaire de travailler sur les conditions de scolarisation. Dans les départements d’Outre-Mer, si les taux de scolarisation sont aussi bas, c’est qu’il n’y a pas assez de structures et d’encadrants pour accueillir les élèves », explique Francette Popineau, secrétaire générale du SNUIPP-FSU. « Nous demandions aussi à améliorer les conditions de formation des enseignants. Et non pas à mettre en concurrence le public et le privé ! » poursuit-elle.

Les syndicats craignent en effet la multiplication des créations de maternelles privées. Mais selon le secrétariat de l’enseignement catholique, rien ne permet de dire que cela sera le cas. « Nous n’allons pas créer des maternelles privées uniquement parce que l’Etat va financer leur coût de fonctionnement ! Nous le ferons que s’il y a une demande. Or, cette dernière n’est pas forcément là. D’autant que nous allons accuser une diminution des effectifs avec la baisse de la natalité », estime Yann Diraison. Selon les récentes projections du ministère de l’Education nationale, on devrait en effet compter 150 000 élèves de moins en maternelle d’ici 2023.

Le projet de loi sur l’école de la confiance doit passer devant le Sénat en mai prochain. L’article 4, qui prévoit les modalités de compensation financière de l’instruction obligatoire à 3 ans, sera-t-il amendé ? Les associations représentant les élus et les collectivités locales sont actuellement en discussion avec le ministère de l’Education nationale et la commission Education du Sénat. « Je veux croire en la parole de l’Etat. Or, le président de la République a assuré au début de son quinquennat que toute nouvelle dépense des collectivités serait compensée. Je suis optimiste, mais pas forcément sereine », conclut Marion Lalane de Laubadère.

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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 10:26
PCF et Die Linke unis et associés pour les élections européennes: Fabien Roussel (PCF) et de Bernd Riexinger (Die Linke)

PCF et Die Linke unis et associés pour les élections européennes: Fabien Roussel (PCF) et de Bernd Riexinger (Die Linke)

Pour l‘Europe des gens, contre l’Europe de l’argent, Für ein solidarisches Europa der Millionen, gegen eine Europäische Union der Millionäre!

Déclaration commune de Fabien Roussel (PCF) et de Bernd Riexinger (Die Linke) sur les élections européennes

Les élections européennes du 26 mai prochain opposeront deux modèles : l’intégration libérale à marche forcée, imposant des politiques d'austérité ou la construction d’une Europe des peuples, basée sur la justice sociale et la paix, à laquelle nous aspirons. 

Pendant que le président français préconise de se soumettre toujours plus à la finance comme à l’OTAN, l’Allemagne, elle, entend maintenir sa toute puissance commerciale, au détriment des pays européens partenaires. Telle est cette Union néolibérale militariste et austéritaire que portent Angela Merkel et Emmanuel Macron, sur le dos de laquelle prospèrent les partis nationalistes et mouvements populistes de droite.

En tant que secrétaire national du Parti communiste français (PCF) et co-président du parti allemand DIE LINKE, en tant que membres du Parti de la gauche européenne, de la GUE-NGL et parties prenantes du forum européen des forces progressistes, écologistes et de gauche, nous nous battons pour une autre Europe, sociale, pacifique et écologique. Pour l‘Europe des gens, contre l’Europe de l’argent, Für ein solidarisches Europa der Millionen, gegen eine Europäische Union der Millionäre! 

Le 8 mai célèbre la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. C’est un jour qui rappelle à tous la fragilité de la paix, particulièrement à l’Allemagne et à la France. Pourtant, le traité signé en janvier par les deux pays à Aix-la-Chapelle marque une dangereuse rupture. Assorti d’avenants additionnels tenus secrets, l’accord promeut en effet la militarisation et la politique d’armement, dans l’affirmation d’une logique marchande au détriment des droits de l’Homme. Le constat est sans appel : où livre-t-on des armes si ce n’est dans les zones de tension et de conflits ? 

C’est une logique de guerre qui s’exprime avec un tel traité, concrétisée par des projets communs de chars et d’avions de combat. Elle prend source aussi avec l’objectif fixé aux Etats membres de l’OTAN de consacrer 2% de leur PIB annuel aux dépenses d’armement. Pour la France, déterminée à atteindre ce seuil dès l’année 2023, cela représente 50 milliards d’euros, contre 36 actuellement, et 60 milliards pour l’Allemagne, elle aussi accrochée à cet objectif, synonyme d’une hausse de 17 milliards. Les dépenses supplémentaires ainsi prévues se feront sur le dos des peuples, de leurs besoins. 

Il est urgent de développer une autre approche de la paix en Europe.  Au lieu de se livrer à la course aux armements, mieux vaut créer un espace de coopération et de sécurité collective européen.

La récession économique menace l’Europe et rien n’a fondamentalement changé depuis la crise de 2008. Et cette course à l’armement entrainera des réductions de crédits budgétaires qui frapperont d’abord les domaines sociaux et culturels. 

Il est plus pertinent à nos yeux d’investir dans l’emploi, la transition écologique, l’industrie, la formation, les services publics, de relever les standards sociaux et de renforcer la prévention des crises dans le champ civil.

Car il est temps de rompre avec cette prétendue nécessité des politiques d’austérité et de régression sociale gravées dans le marbre des traités européens et du pacte budgétaire. Nous nous battons au contraire pour l’augmentation des salaires dans tous les Etats membres. Nous exigeons la mise en œuvre d’un programme d’urgence contre le chômage des jeunes et la mise en place de pensions de retraites garantissant la protection contre la pauvreté.  D’autres coopérations entre les peuples européens sont nécessaires, par exemple pour faire appliquer les conclusions de l’Accord de Paris afin de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés maximum. 

Les multinationales ne doivent plus échapper aux règles communes. C’est pourquoi nous voulons mettre fin aux paradis fiscaux et mettre en œuvre une taxation efficace, inévitable, des bénéfices.

Notre Europe ne servira pas les marchés, les banques ou les lobbyistes. Elle sera aux côtés de ceux qui, aujourd’hui, prennent leur destin en main et réclament un changement de cap. Que ce soient les gilets jaunes en France, les locataires en Allemagne ou les jeunes qui manifestent pour le climat, tous ont de bonnes raisons pour donner vie à une autre Europe. A une Europe des peuples, qui donne la priorité absolue aux besoins du plus grand nombre.

Il y a urgence ! En France, en Allemagne et dans toute l’Europe, les forces d’extrême-droite renforcent leur influence. Les peuples français et allemands ont la tragique expérience des conséquences politiques de la crise des années 1930. 

Le 26 mai se décidera l’avenir de l’UE. Ce n’est qu’avec les forces de progrès, les syndicats, les nombreux hommes et femmes qui s’engagent dans les mobilisations sociales actuelle que nous pourrons exercer le rapport de force nécessaire afin de construire une Europe solidaire, démocratique, respectueuse des peuples. Nous nous engageons pour le renforcement du groupe de la GUE au Parlement européen.

Paris, 8 avril 2019

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

Bernd Riexinger, co-président de DIE LINKE

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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 08:00


 

Génocide des Tutsis au Rwanda
Se souvenir et exiger la vérité !


Le dimanche 07 avril 1994, il y a 25 ans, le génocide des Tutsis au Rwanda était déclenché. En trois mois, plus de 800.000 êtres humains sont assassinés lors du génocide le plus récent de l’histoire humaine. Le MRAP a participé, dès le printemps 1994, aux manifestations qui se tenaient à Paris à ce sujet.
Les victimes appartenaient majoritairement au groupe des Tutsi, environ 15 % de la population du Rwanda, dont la politique coloniale avait fait une prétendue « race ». Des milliers de Hutus opposés au régime génocidaire ont également été assassinés.
La France avait soutenu les autorités du régime planificateur du génocide, par un calcul cynique qui visait au maintien de la zone d’influence française en Afrique. Elle avait une présence militaire massive, elle était intervenue en 1990 pour sauver le régime du président Habyarimana et ses conseillers étaient restés présents auprès des forces armées rwandaises. Le génocide n’a pas été déclenché en un jour. Il était planifié depuis au moins deux ans.
Au niveau de l’État français, un négationnisme a longtemps entouré ce génocide, réfutant toute responsabilité et présentant l’assassinat du président Habyarimana comme la seule cause du génocide. Cet attentat aurait été commis par le FPR, mouvement fondé par des Tutsi, et les Hutus se seraient « vengés ». Or on sait maintenant que ce génocide avait été prémédité et planifié par les courants les plus extrémistes du « Hutu Power ». 
Un « gouvernement intérimaire rwandais », formé dans les jours suivants dans les locaux de l’ambassade de France à Kigali, envoyait en mai des représentants à Paris pour négocier des achats d’armes.
La responsabilité de certains décideurs politiques français est écrasante. Le MRAP déplore que des historiens et des spécialistes français reconnus ait été écartés de la « commission d’enquête sur les archives françaises », annoncée fin mars 2019, et qui devra enquêter sur le rôle de la France au Rwanda.
Le MRAP se félicite que des militaires français, s’estimant instrumentalisés à l’époque, commencent à s’exprimer à ce sujet, comme le général Jean Varret, qui affirme avoir averti en vain les autorités françaises des projets dont il avait été informé.
Aujourd’hui, alors qu’un nationalisme hutu dirigé contre des Tutsis crée des tensions au Burundi, voisin du Rwanda, il est temps que le monde entier connaisse la vérité et tire les leçons du crime commis il y a un quart de siècle.

 

Paris le 7 avril 2019
25 ans après - Génocide des Tutsis au Rwanda Se souvenir et exiger la vérité ! (MRAP, 7 avril 2019)
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