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4 juillet 2020 6 04 /07 /juillet /2020 06:03
Cisjordanie :  L’occupation c’est la terreur ; l’annexion c’est l’apartheid - Tribune collective publiée dans l'Humanité
Vendredi, 26 Juin, 2020 - L'Humanité
Cisjordanie : « L’occupation c’est la terreur ; l’annexion c’est l’apartheid »

Nos voix pour la paix s’adressent à Emmanuel Macron, président de la République française, et Josep Borrell, haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires extérieures et la politique de sécurité. Texte collectif.

 

L’annonce du plan Trump et la constitution du nouveau gouvernement israélien créent une situation nouvelle. Benyamin Netanyahou s’apprête à divulguer sa feuille de route le 1 er juillet en vue d’annexer la vallée du Jourdain et les colonies implantées, soit la moitié de la Cisjordanie. La terre palestinienne sera alors réduite à des sortes de « bantoustans », démilitarisés, sans continuité territoriale ni maîtrise des frontières. Parler d’État dans ces conditions est d’un cynisme révoltant.

Le pillage colonial légalisé

Le « deal du siècle » imposé par Donald Trump et Benyamin Netanyahou est l’acte de délinquants internationaux. Il entérine l’impunité des autorités d’Israël et le régime d’apartheid issu notamment de la loi État-nation, il enterre la solution à deux États et constitue un coup de force inacceptable contre la légalité internationale, la justice et le respect des droits humains. D. Trump et B. Netanyahou légalisent le pillage colonial et attisent les tensions dans une région déjà meurtrie. Le peuple palestinien est sommé d’accepter que son destin soit scellé sans sa participation.

Ce plan constitue une nouvelle grave violation des droits des Palestiniens, il n’amènera aucune paix mais, au contraire, quoi qu’il advienne, il ne fera qu’aggraver une situation insupportable pour les Palestiniens, mais aussi à terme pour le peuple israélien. Aucun plan n’aboutira s’il ne tient pas compte des intérêts des Palestiniens et des Israéliens, conformément au droit international.

Des décennies de lutte

En Israël et dans le monde, la mobilisation grandit pour empêcher l’annexion et l’application du projet destructeur de D. Trump. Les responsabilités de la France et de l’Union européenne sont dans ce cadre immenses. Il serait inadmissible, comme cela se profile, d’en rester à des déclarations de principe sans adopter des actes forts.

Il a fallu des décennies de lutte des mouvements de libération nationale face au colonialisme pour que la charte des Nations unies s’impose pour tenter de bâtir un monde de paix. Ne pas faire respecter les résolutions de l’ONU sur la Palestine, c’est se rendre complice de la désintégration du droit international et de la justice. En cela, Paris doit prendre l’initiative d’un vote au Conseil de sécurité.

Sans ambiguïté aucune, la France et l’Union européenne doivent condamner toute idée d’annexion et reconnaître immédiatement l’État de Palestine dans ses frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. L’unanimité requise des États de l’Union européenne (UE) n’est qu’un irrecevable prétexte dilatoire.

Une paix juste

Sans attendre, des sanctions doivent être adoptées contre l’État d’Israël comme la suspension de l’accord d’association avec l’UE ou la coopération militaire. Il en va de même pour les entreprises qui maintiennent des relations d’affaires avec les colonies, ainsi que l’interdiction d’importer des produits des colonies. Ces exigences sont désormais portées par des voix de divers horizons.

Suspendre et contrecarrer toute perspective d’annexion par des sanctions immédiates, agir pour le plein respect du droit international et la reconnaissance de l’État de Palestine afin de permettre aux Palestiniens d’exercer leur droit à l’autodétermination contribueront à faire reculer la politique du fait accompli et la violence guerrière que B. Netanyahou et D. Trump exaspèrent. C’est la condition d’une paix juste et durable indispensable aux peuples palestinien et israélien, aux peuples de la région et du monde entier.

La liste complète des signataires

Gilbert ACHCAR professeur, université de Londres

Martine ADDED enseignante retraitée, animatrice PCF à Blagnac

Gadi ALGAZI historien, université de Tel Aviv

Tewfik ALLAL  militant associatif

Paul ALLIES professeur des Universités

Jean-Loup AMSELLE anthropologue à l'EHESS

Evelyne ANDRE citoyenne de Saint-Denis

Eliane ASSASSI sénatrice de Seine Saint-Denis, présidente du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE)

Henri AUSSEIL

Bertrand BADIE professeur émérite des universités à l'IEP-Paris

Myriam BARBERA BOYER députée honoraire, journaliste

Mustapha BARGHOUTI Secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne

Anne BAUDONNE

Cyril BENOIT membre de la coordination nationale du MJCF

Henri BERTHOLET ancien député

Omar BESSAOUD enseignant-chercheur en économie

Danielle BIDARD-REYDET Sénatrice honoraire

Isabelle BLOCH professeure émérite - université de Bordeaux

David BLUMENTAL

Jean-Pierre BOSINO maire de Montataire, conseiller départemental de l'Oise et ancien sénateur

Alain BOUVIER cadre d’entreprise retraité, militant du PCF

Rony BRAUMAN médecin, essayiste

Nadine BRIATTE retraitée

Corinne BRUNN médecin retraitée

Marie-George BUFFET députée de Seine-Saint-Denis, ancienne ministre

Maurice BUTTIN avocat honoraire, président d'honneur du CVPR PO

Mathilde CAROLY maire-adjointe PCF à Saint-Denis

Monique CERISIER BEN GUIGA sénatrice honoraire

Gérard CHAOUAT syndicaliste FSU, membre d'Ensemble

Alain CHOLLON journaliste

Laurence COHEN sénatrice du Val-de-Marne (CRCE)

Max COIFFAIT journaliste honoraire

Marie-José COLLET retraitée

Jean-Louis COMOLLI cinéaste, écrivain

Antoine COMTE avocat à la Cour

Jacqueline COUSTENOBLE retraitée

Janine COUX

Annie CYNGISER retraitée sociologue

Christiane DARDE consultante

Léon DEFFONTAINES secrétaire général du MJCF

Michel DELPACE

Jacqueline DERENS ancienne militante contre l'apartheid

Michel DIARD journaliste, syndicaliste, docteur en sciences de l’information et de la communication

Michel DOLOT pacifiste

Xavier DUBOIS conseiller municipal de Maubeuge

Bernard DUPIN militant associatif

Gérard FILOCHE porte-parole de la Gauche démocratique et sociale (GDS)

Pierre FLAMENT militant du Mouvement de la Paix en Seine-Saint-Denis

Jean-Luc FLAVENOT agent territorial, militant CGT et PCF

Léo GARCIA membre de la coordination nationale du MJCF

Fabien GAY sénateur de Seine-Saint-Denis (CRCE)

Olivier GEBUHRER co-animateur d'Une Autre Voix Juive

Pierre GETZLER

Marcel GHESQUIERE citoyen engagé pour la Palestine, membre de l'UJFP et de EuroPalestine

Marc GICQUEL militant de la solidarité internationale

Gérard GUERIN ingénieur agronome, retraité

Bertrand HEILBRONN président de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS)

Adrien HELARY membre de la coordination nationale du MJCF

Françoise HILY membre de la section PCF de Nangis

Yves JARDIN professeur retraité, militant de la cause palestinienne

Jean-Pierre JOUSSANT cellule Bossel-Riou du PCF, quartier château-rouge Paris 18

Denise KARNAOUCH

Theo KECECIOGLU membre de la coordination nationale du MJCF

Mohammed KHATIB résistance populaire et non violente palestinienne

Jacqueline KISSOUS responsable associative AFPS

Robert KISSOUS économiste

Danielle LAMBERT retraitée de l'assurance

Françoise LAPIERRE ATHON retraitée, compagnon de route du PCF

Pierre LAURENT sénateur de Paris, vice-président de la commission des Affaires étrangères au Sénat

Ivan LAVALLEE docteur d'état es sciences, pupille de la Nation

Clémentine LE DUEY membre de la coordination nationale du MJCF

Méline LE GOURRIEREC membre du collectif Palestine du PCF

Christian LE GOURRIEREC responsable de l'AFPS Montreuil

Patrick LE HYARIC directeur du journal L'Humanité

Aurélie LE MEUR membre du collectif Palestine du PCF

Renée LE MIGNOT co-présidente du MRAP

Patrice LECLERC maire de Gennevilliers

Jean-Paul LECOQ député de Seine-Maritime, membre de la commission des Affaires étrangères

Pascal LEDERER physicien, co-animateur d'Une Autre Voix Juive

Jean-Claude LEFORT député honoraire

Léonard LEMA membre de la coordination nationale du MJCF

Daniel LESAGE

Jacques LEWKOWICZ Union des juifs pour la résistance et l'entraide (UJRE)

Nathalie L'HOPITAULT membre du collectif Palestine du PCF

Mélanie LUCE présidente de l'Unef, syndicat étudiant

Paulina MACIAS GONZALEZ psychanalyste

Patrick MARGATE militant du PCF

Claude et Simone MAZAURIC historien et philosophe, professeurs honoraires des universités

Fabienne MESSICA secrétaire générale adjointe de la LDH

Michel MULLER ancien agent diplomatique, journaliste retraité

Camille NAGET

Roland NIVET porte-parole national du Mouvement de la Paix

Josette PAC

Jeanne PECHON membre de la coordination nationale du MJCF

Gilles PERRAULT écrivain

Pierre PETER retraité

Stéphane PEU député de Seine-Saint-Denis

Ernest PIGNON-ERNEST  artiste plasticien

Boris PLAZZI secrétaire confédéral de la CGT chargé de l'International

Raphaël PORTEILLA enseignant, Université de Bourgogne

Françoise POTEAU retraitée de l'Education nationale et élue

Christine PRUNAUD sénatrice des Côtes-d'Armor

Bernard RAVENEL historien

Michel RIZZI cadre à la RATP

Fabien ROUSSEL député du Nord, secrétaire national du PCF

Alain ROUXEL

Alain RUSCIO historien

Laurent RUSSIER maire de Saint-Denis

Lydia SAMARBAKHSH responsable des relations internationales du PCF

Claude SARCEY

Aurore SARDA retraitée de l'Education national, syndicaliste dans la FSU et le SNUipp

Leila SHAHID ex Déléguée Générale de Palestine en France et auprès de l'Union européenne

Kobi SNITZ militant anticolonialiste israélien

Tauba-Raymonde STAROSWIECKI

Annie STASSE

Taoufiq TAHANI universitaire

Pierre TARTAKOWSKY président honoraire de la LDH

Jacques TESTART biologiste et essayiste

Eric THOUZEAU conseiller régional GDS des Pays de la Loire

Mathilde TRACLET membre de la coordination nationale du MJCF

Marie-Claude TREILHOU cinéaste

Dominique VIDAL journaliste et historien

Francis WURTZ député européen PCF honoraire

Natale ZICCHINA

Henriette ZOUGHEBI collectif 93 pour la libération des enfants palestiniens

Retrouvez l'intégralité des signataires ICI

Pour être signataire de cette lettre, merci d'envoyer un mail à collectif-palestine@pcf.fr en précisant votre qualité. Nous mettons à jour la liste le plus régulièrement possible.

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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 06:00
Seine-Saint-Denis. Abdel Sadi, élu communiste tout-terrain à Bobigny - L'Humanité, Cyprien Caddeo, 2 juillet 2020
Jeudi, 2 Juillet, 2020
Seine-Saint-Denis. Abdel Sadi, élu tout-terrain

Le nouveau maire de Bobigny, « communiste de cœur » bien que jamais encarté, se fixe un objectif : que le port de l’écharpe ne l’éloigne pas des citoyens.

 

« F atigué mais heureux ». Abdel Sadi savoure le calme après la tempête, lorsqu’il nous reçoit dans son bureau de la préfecture de Bobigny. À 58 ans, la tête de liste PCF, soutenue au second tour par la gauche rassemblée, est sortie victorieuse d’une « campagne compliquée, déloyale », face à l’équipe sortante UDI, avec 55,3 % des voix, contre 44,7 % pour son adversaire, Christian Bartholmé. « C’était un long combat. Hier, j’ai voulu m’allonger sur le canapé de mon bureau pour prendre un moment de répit, j’ai fini par m’endormir deux heures », rigole le vice-président du conseil départemental, qui sera investi maire samedi matin.

Une méthode : « Du terrain, encore du terrain »

Abdel Sadi est désormais le visage de la reconquête « rouge » de la ville-préfecture, que le PCF avait gérée sans discontinuer de la Libération à 2014. Une étiquette communiste qu’il porte avec fierté, même s’il n’a jamais été encarté au parti. Sa collègue Pascale Labbé, conseillère départementale de Seine-Saint-Denis, décrit un « communiste de cœur ». « J’ai toujours été sensible à la notion de solidarité, et ce sont les communistes qui en parlent le mieux », observe l’intéressé. En 1995, Georges Valbon, maire PCF de Bobigny depuis trente ans, lui propose de rejoindre sa liste municipale. Abdel Sadi pose un premier pied en politique.

Vingt-cinq ans plus tard, c’est un élu avec de la bouteille : adjoint au maire entre 1995 et 2014, conseiller départemental depuis 2001. Avec une méthode : « Du terrain, encore du terrain ». Et une fierté, « être toujours arrivé en tête à Bobigny ». Même lorsqu’il est largement battu par le député UDI Jean-Christophe Lagarde aux législatives de 2017, Abdel Sadi, alors candidat PCF, revendique d’être arrivé en tête des bureaux de vote balbyniens au premier tour. « Lagarde a gagné sur le reste de la circonscription, analyse-t-il, à Drancy et au Bourget. En réalité, il n’avait même pas besoin de Bobigny pour gagner ! »

« De tous les combats, de toutes les manifestations »

Bobigny, qu’il décrit comme « une ville-monde dans un département-monde, et en même temps un village où tout le monde se reconnaît sur le marché », est devenu sa ville d’adoption. Né le 11 février 1962 dans le 10e arrondissement de Paris de parents immigrés algériens arrivés à la toute fin des années 1950 dans l’espoir de trouver du travail dans la capitale, Abdel Sadi passe l’essentiel de sa scolarité à La Courneuve. Son père gagne sa vie à l’usine métallurgique Mécano, devenue emblématique des grèves ouvrières de la région. Pour soulager sa famille financièrement, le jeune Abdel Sadi commence à travailler dès ses 16 ans en tant qu’animateur, obtenant rapidement son Bafa. En parallèle, il passe une maîtrise en affaires économiques et sociales à l’université de Saint-Denis (Paris-VIII), avant d’atterrir à Bobigny au début des années 1980, où il est embauché au sein du service de jeunesse de la mairie.

« Tout le monde connaît Abdel et tout le monde sait qu’il est accessible. Il sera attendu au tournant durant les six prochaines années, les Balbyniens ­attendent de lui qu’il reste disponible. Le vrai travail commence maintenant. » Jérôme Soissons, collaborateur d'Abdel Sadi

« C’est quelqu’un qui est toujours sur le terrain, de tous les combats, de toutes les manifestations. Il en oublie parfois de se reposer, c’est son défaut. Il est bienveillant, à l’écoute », raconte Pascale Labbé, avec qui il a mis en place plusieurs politiques de lutte contre les violences conjugales (dont la mise à disposition de logements pour les femmes battues). Même certains opposants idéologiques en conviennent : le nouveau maire est « à l’écoute ». Clément Thépot, référent LaREM à Bobigny, salue « un homme avec qui c’est un plaisir d’avoir des discussions. Il n’érige pas de frontière entre lui et vous sous prétexte que vous n’êtes pas dans le même camp politique ». Jérôme Soissons, un de ses plus proches collaborateurs, abonde : « Tout le monde connaît Abdel et tout le monde sait qu’il est accessible. Il sera attendu au tournant durant les six prochaines années, les Balbyniens ­attendent de lui qu’il reste disponible. Le vrai travail commence maintenant. »

Priorité à la concertation

Cela tombe bien, Abdel Sadi demande à être jugé sur son bilan à l’hôtel de ville, « et rien d’autre ». Il reste peu loquace sur ses passions en dehors de sa fonction, tout juste parviendrons-nous à découvrir son péché mignon pour les « Pago à la mangue », qu’il veille à toujours avoir en stock dans son réfrigérateur de la pré­fecture. Retour, donc, aux grands axes de son futur mandat. À commencer par une ­promesse : « Plus aucun projet sans concertation, sans consultation avec les habitants ». Une manière de rompre avec les méthodes de la mairie sortante et « les dossiers réglés en douce à l’ombre d’un bureau ».

Conscient que « les habitants veulent surtout des perspectives d’avenir », le futur maire souhaite également attirer des entreprises à Bobigny, en comptant sur le développement du réseau de métro – la ligne 15 notamment, qui doit relier les banlieues de la petite couronne, en traversant les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne sans transiter par Paris.

Surtout, Abdel Sadi promet d’être « maire de toute la ville » et pas seulement de ceux qui ont voté pour lui. À l’hôtel de ville, il compte laisser des « plages horaires où la porte de son bureau reste ouverte » et veut garder contact avec le terrain. Un vrai défi compte tenu des chantiers qui s’annoncent. Cela mérite bien de décapsuler un dernier Pago à la mangue, avant de se lancer dans cette autre bataille. 

Cyprien Caddeo
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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 04:13
Premier bilan des municipales pour le Parti communiste
Premier bilan des municipales pour le Parti communiste
Publié le 01/07/2020 par PCF
Déclaration de Fabien Roussel – Les Français·es ne veulent pas de la politique du gouvernement, ni dans leur ville, ni dans leur pays

Le second tour des élections municipales s’est déroulé dans un contexte totalement inédit. Un tournant est pris pour plus de justice sociale et plus d’écologie.

Et même si l’abstention atteint un record, le signal envoyé au Président de la République et à sa majorité est claire : les Françaises et les Français ne veulent pas de sa politique dans leur ville ni dans le pays ! C’est un échec lourd pour toutes celles et ceux qui espéraient conquérir de nouvelles villes avec l’étiquette En Marche.

Et ce scrutin montre que là où les forces de gauche et écologistes se sont unies avec des citoyens pour mettre les politiques sociales de solidarité et écologiques au cœur de leur ville, elles ont gagné. Dans toutes ces villes, le Parti communiste français a été un acteur de ces victoires et participera à ces nouvelles majorités, à Marseille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Nancy.

Avec ces 233 maires élus au premier tour, ceux élus au second, le PCF demeure une force incontournable en France. Ils seront des points d’appui pour défendre le climat avec l’accès à des transports collectifs moins chers, voire gratuits, pour l’accès à des logements de qualité, pour encadrer le prix des loyers, pour accéder à des centres municipaux de santé. Ils seront au service de la défense de l’emploi, pour le développement des services publics, pour mettre en place des cantines bio, et favoriser l’accès à la culture et aux sports pour tous.

Cette élection était là aussi pour exprimer les inquiétudes, les colères de nos concitoyens face à cette crise, mais aussi leurs espoirs de changement.

Et nous avons entendu durant cette campagne beaucoup de témoignages de salarié·e·s en colère contre des plans sociaux injustes et purement financiers. Et nous sommes pleinement aux côtés des Renault, des General Electric, des Luxfer, des travailleurs de la propreté, ceux d’ONET, des salariés de l’aéronautique, d’Air France, des enseignants, des soignant·e·s, des aides à domicile, du monde de la culture et des arts en souffrance aujourd’hui.

Nous avons aussi entendu les inquiétudes des familles qui ont du mal à boucler les fins de mois, alors que le gouvernement ne veut ni rétablir l’ISF, ni taxer les dividendes et le capital ; nous participons à la solidarité auprès des plus fragiles face à la pauvreté qui augmente.

Nous avons soutenu les nombreuses PME et petites entreprises abandonnées par leurs banques et les assurances riches comme Crésus.

Oui, c’est le monde du travail qui paye cette crise, ce sont les petits qui restent les plus exposés face à la pandémie. Mais le capital, la finance, les plus riches conservent leur train de vie et leurs privilèges. Cette injustice et ces inégalités ne sont plus acceptables.

C’est pourquoi les très bons résultats des forces de gauche et écologistes comme ceux du PCF sont importants à l’issue de ce scrutin.

Déjà, lors du 1er tour, les candidat·e·s de notre parti, à la tête de listes de gauche, écologistes et citoyennes, avaient enregistré de nombreux succès : 233 communes de plus de 1 000 habitant·e·s choisissaient un maire communiste, dont 100 communes de plus de 3 500 habitants.

Parmi elles, Montreuil, 108 000 habitants, où Patrice Bessac et sa liste ont été largement plébiscités par les électeurs. Avec 5 villes perdues et 10 villes gagnées, le Parti communiste s’est ainsi renforcé dans tout le pays, en nombre de maires et en nombre d’élus locaux lors du premier tour.

Pour ce second tour, les communistes conduisaient des listes de rassemblement dans 109 communes, dont 40 sortants.

Dans les villes de plus de 10 000 habitants, nous enregistrons quelques conquêtes, comme Bobigny, Villejuif, Noisy-le-Sec, Tergnier... Je souhaite aussi saluer la victoire de ma collègue Huguette Bello à Saint-Paul-de-La Réunion, ville de plus de 100 000 habitants. En revanche, pas de victoire au Havre malgré la belle campagne de Jean-Paul Lecoq à la tête d’une liste citoyenne.

Durant cette élection, nous n’avons eu qu’une seule boussole : là où les alliances ont été nombreuses entre la droite et La République en Marche, le PCF s’est largement attaché au rassemblement des forces de gauche et écologistes, pour empêcher la droite de faire main basse sur de nouvelles communes et pour que de nouvelles majorités de progrès soient élues, en particulier dans les grandes villes. Nous étions très actifs dans de nombreuses listes de gauche et écologistes. Le PCF contribue ainsi au succès dans de nombreuses villes, comme à Lyon, Bordeaux, Marseille.

Dès demain, les élu·e·s communistes seront mobilisé·e·s aux côtés de tous les salariés confrontés à la cascade de fermetures d’entreprises ou de plans sociaux, aux côtés de celles et ceux qui travaillent à une reconquête des services publics et d’une industrie adaptée aux besoins de la société et au défi écologique.

Enfin, notre peuple pourra compter sur toutes ces femmes et ces hommes pour s’opposer aux politiques d’Emmanuel Macron et de son Premier ministre, pour promouvoir des politiques répondant aux urgences sociales et climatiques. La réforme des retraites comme celle de l’assurance chômage doivent être abandonnées.

Oui, cette élection constitue un premier coup d’arrêt électoral pour le parti du Président de la République.

De grands combats nous attendent maintenant. Allons gagner d’autres victoires dans les semaines qui viennent, avec les salarié·e·s, les jeunes, les retraité·e·s qui souffrent tant des politiques actuelles.

Plus que jamais, rassemblons-nous pour faire gagner l’être humain et la planète !

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

Paris, le 28 juin

Premier bilan des municipales pour le Parti communiste
Premiers éléments d’analyse d’un second tour singulier

Le deuxième tour de ces municipales, outre les circonstances particulières qui ont présidé à son déroulement et à celui de la campagne d’entre deux tours, a été presque une nouvelle élection à part entière dans un contexte politique et social différent de celui de mars.

Nous sommes passés d’un 1er tour ayant lieu en pleines luttes sociales sur les retraites, à un 2e tour se déroulant dans une période anxiogène d’explosion du chômage et de demande de protection, qu’elle soit sanitaire, environnementale ou sociale.

Contrairement aux autres municipales, les listes arrivées en tête au premier tour n’ont pas toujours pu bénéficier de la force d’entraînement nécessaire à des rassemblements de second tour. C’est pourquoi, par rapport à 2014, les triangulaires, les quadrangulaires, voire les pentagulaires se sont multipliées. Avec certes des inégalités.

L’abstention, comme au premier tour, a explosé, atteignant des nouveaux records tous types d’élections confondus. Certes, il existe des raisons conjoncturelles dues au Covid-19 pour expliquer ce niveau inédit d’abstention, mais ce conjoncturel s’inscrit dans un mouvement de hausse tendancielle et structurelle de l’abstention. La partie la plus populaire de l’électorat, et pas seulement elle, se reconnait de moins en moins dans le système institutionnel, ce qui pose un problème majeur, en particulier aux ambitions de notre parti pour notre pays.

Dans le cadre de cette forte abstention, les Verts, avec des listes de rassemblement large de gauche où généralement notre parti est bien présent, réussissent une percée dans les métropoles et les grandes villes. Ce qui doit inciter le PCF à approfondir notre travail déjà engagé de critique de l’écologie politique.

Pour LREM ces élections sont un échec et un désaveu ; ils ne doivent leurs rares victoires qu’en cas de maires sortants bien implantés et ayant scrupuleusement camouflé leur nouvelle étiquette politique.

Le PS, après l’effondrement de 2014, maintient globalement son influence souvent sous l’étiquette divers gauche, avec quelques conquêtes, en particulier sur les autres forces de gauche, et quelques pertes historiques comme Bondy, Poitiers ou Lorient.

La droite conserve globalement ses gains de 2014 mais connait des défaites sévères dans nombre de grandes villes comme Marseille et Bordeaux.

Le RN et l’extrême droite voient leur nombre de conseillers municipaux se restreindre ; mais à l’exception de Mantes-la-Ville qu’il perd, le RN se renforce dans les villes qu’il avait gagnées en 2014 et il gagne une ville de 100 000 habitants avec Perpignan.

Pour sa part, le PCF, après de bons résultats au premier tour, connait un second tour plus clair-obscur avec la perte cruelle de certaines municipalités communistes importantes et pour certaines historiques. Certaines de ces pertes sont souvent liées à des situations de division à gauche et dans les majorités sortantes. À l’inverse, avec la conquête ou la reconquête de Corbeil, Bobigny, Noisy-le-Sec, Villejuif, il montre sa capacité à prendre des grosses villes tenues par une droite clientéliste. De plus, il gagne de nombreuses villes moyennes dans nombre de départements de province, élargissant ainsi sa base géographique. Et dans le sillage de rassemblements de gauche et écologique, il entre dans la majorité de nombre de conseils municipaux ou de métropoles de grandes villes.

Ces gains comme ces pertes appellent un travail important d’analyse qui prenne en compte les situations particulières comme les questions générales auxquelles nous sommes confrontés. Nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur ce travail nécessaire.

Yann Le Pollotec, adjoint au secteur Élections du Parti communiste français

Télécharger le tableau récapitulatif.

233 maires communistes ou apparentés avaient été élus au 1er tour des élections municipales le 15 mars. Pour le deuxième tour qui portait sur beaucoup moins de villes que le 1er tour, 16 conservées, 20 gagnées ou reconquises, 24 perdues. Le PCF est bien le troisième parti en France en terme d'élus locaux locaux. 

 

Mercredi, 1 Juillet, 2020
Municipales. À propos de l’éventuelle disparition du Parti communiste

Par Serge Regourd, Professeur émérite des universités.

Depuis plusieurs décennies, dès la fin du premier septennat de François Mitterrand, les chroniqueurs politiques des grands médias n’ont cessé d’annoncer la disparition prochaine du Parti communiste. Il serait intéressant de mener une recherche d’envergure, dans le domaine des Sciences de l’information et de la communication, sur cette thématique. Quelques simples clics sur internet permettent, déjà, de recueillir un florilège haut en couleurs : chaque échéance électorale est ainsi rythmée par la scansion des « morts qu’il faut qu’on tue ».

Le sort du « communisme municipal » n’échappe pas à cette présentation crépusculaire. Dés avant le premier tour des dernières municipales, le champ lexical réservé aux candidats communistes était univoque : « Vers la fin du communisme municipal ? », « l’éradication de la ceinture rouge », et autres « tentatives de survie »...

Pourtant, le premier tour de ces municipales, en mars dernier, vint contredire ces funestes prévisions. L’élection immédiate de plusieurs dizaines de municipalités communistes, de Montreuil à Dieppe, de Vierzon à Nanterre, de Gennevilliers à Martigues, déjouait, une fois encore, l’agenda politico-médiatique. Les experts cathodiques revinrent alors, sagement, au droit commun selon lequel ils traitent, pour l’essentiel, le PCF hors période électorale : ignorance et occultation.

Leur verve éditoriale a été ranimée grâce à ce qu’il convient bien de qualifier de mauvais résultats du deuxième tour, au terme duquel une vingtaine de villes ont été perdues, parmi lesquelles plusieurs « bastions » historiques et symboliques. L’information « mainstream » a alors trouvé à s’appuyer sur des faits avérés pour ré-alimenter la litanie de la fin prochaine du communisme municipal.

Pourtant, selon les enseignements du sociologue Gaston Bachelard, « voir sans comprendre n’est rien ». Il s’agit donc de comprendre les causes de ces mauvais résultats et d’interroger leur portée : signifient-ils un retournement de situation par rapport au premier tour ? Traduisent-ils un authentique désaveu à l’égard des élus communistes en place ? Y a-t-il une cohérence globale quant à l’échec enregistré de Saint Denis à Saint Pierre des Corps, ou d’Aubervilliers à Firminy ?

Certes, dans un certain nombre de cas, des villes ont été perdues par le Parti communiste et d’autres ont été gagnées (comme Bobigny ou Villejuif) selon la logique inhérente à toute consultation électorale et frappant tous les partis. Plusieurs défaites relèvent alors des aléas du scrutin et, parfois, du déplacement d’un petit nombre de voix, comme ce fut, par exemple, le cas à Aubiére, où le maire sortant communiste a été devancé de 5 voix dans une ville de plus de 10 000 habitants (ce très faible écart constituant l’un des critères permettant au juge administratif d’annuler éventuellement les résultats de l’élection).

Pourtant, dans un important pourcentage de villes perdues, des éléments spécifiques fournissent une toute autre explication, ayant permis de diagnostiquer l’échec avant même le dépouillement des bulletins de vote.

Selon cet examen critique, les responsabilités peuvent, dans certains cas, être partagées, et aussi imputables à des responsables locaux du PCF, même si dans la majorité des cas, les candidats communistes n’ont fait que subir des alliances contre nature.

Le cas de Saint-Denis est ambivalent de telles hypothèques. L’échec de la fusion avec la liste de la FI avait scellé le sort de la plus importante ville détenue par le PC au terme d’un déplorable imbroglio, mêlant intransigeance politique et improvisation organisationnelle. 

Selon une autre dramaturgie, les échecs de Firminy ou de Gardanne, étaient également programmés par les choix précédant le second tour. A Firminy, le maire communiste sortant avait été exclu du parti à la suite de problèmes judiciaires et une autre candidate investie par le PC lui était opposé. Au premier tour, le candidat de droite précédait légèrement le maire sortant (35 % contre 33 %) cependant que la candidate officielle du PC était distancée à 15 %. 

Le maintien de sa candidature, pourtant vouée à l’échec, au second tour, offrait ainsi sur un plateau, ce « bastion communiste » à la droite. Scénario comparable, bien qu’inversé, à Gardanne, participant de la même logique de cadeau fait à la droite. Au premier tour, le candidat officiel du PC était crédité de 23, 78 %, précédant le candidat soutenu par l’ancien maire communiste (22,84 %). Arithmétiquement, la ville était donc assurée de rester dans son ancrage politique. Mais là encore, alors que de surcroît un candidat RN était également en piste, le candidat arrivé en 2ème position s’est maintenu, permettant à la droite de mettre un terme à la longue tradition communiste.

Ces trois cas de figure ont en commun d’avoir fait prévaloir des questions de personnes, de natures diverses, sur les enjeux électoraux, autorisant ensuite des commentaires politiques en termes d’effondrement de bastions communistes alors que les conditions de leur pérennité étaient réunies. 

Dans nombre d’autres cas - sans que tous puissent être mentionnés - les candidats communistes ont, simplement, été victimes d’arrangements politiciens d’alliés supposés ayant revêtu l’habit d’adversaires.

Le cas qui mériterait la plus longue explicitation est celui d’Aubervilliers. La profusion des listes de gauche au premier tour a permis à la candidate de droite d’arriver en tête (25%). Pour le second tour, le candidat du PS (13%) et le candidat « communiste dissident » (7,43 %) ont choisi de fusionner non avec la maire communiste sortante mais avec la liste dite citoyenne d’un ancien adjoint, dont plusieurs publications et enquêtes (notamment de la revue Marianne) avaient décrypté comment ce caractère citoyen visait à occulter un caractère proprement communautariste. Un socialiste et un prétendu « plus authentique communiste » ont ainsi joué les chevaux de Troie pour offrir les clés de cette ville symbole de la culture ouvrière à la droite.

Situation proche à Seclin, où le maire communiste sortant était à égalité de suffrages avec son concurrent de droite au premier tour (40 %), ayant nettement relégué son ancien adjoint socialiste (10%) avant que ce dernier décide de fusionner avec... la droite pour le second tour. Le scénario mis en œuvre à Choisy-le-Roi ne fut guère différent : c’est cette fois le candidat EELV du premier tour qui fit alliance avec la droite pour entraîner l’échec du maire communiste sortant.

À Saint Pierre des Corps, citadelle cheminote communiste, les résultats du premier tour étaient clairement favorables au candidat communiste : il était certes précédé par le candidat de droite (29% contre 27%) mais il disposait d’importantes réserves à gauche : 15 % côté PS, près de 12 % coté EELV. A ceci près que chacune de ces deux listes, n’ayant pourtant aucune chance de l’emporter, se sont maintenues au second tour, offrant là encore, la mairie à la droite dans une ville symbole de la gauche.

Sans qu’il soit possible de mentionner chacune des villes en cause, l’échec subi à Givors relève de la même grille de lecture : alors que le maire communiste sortant était en tête au premier tour (24,55%), la deuxième liste de gauche (20, 52%) s’est maintenue malgré la présence du RN en deuxième position (22%) dans le cadre d’une quadrangulaire, aboutissant à l’échec du maire sortant pour quelques voix (28, 24 % contre 28, 88 %).

Il apparaît ainsi que si la coagulation de ces différents échecs peut autoriser un commentaire journalistique rituel en forme de longue chronique d’une mort annoncée, l’analyse circonstanciée des résultats ville par ville, conduit à des conclusions sensiblement différentes.

Par-delà l’addition d’un certain nombre de signes négatifs, les dernières municipales ont, à l’inverse, également permis à des candidats communistes de se manifester comme têtes de listes légitimes et offensives de l’ensemble de la gauche dans des grandes villes comme Le Havre ou Nîmes, et grâce à de larges coalitions de gauche, de Bordeaux à Strasbourg, de Marseille à Montpellier, d’élargir le nombre de ses conseillers municipaux et de rester le troisième parti en termes de municipalités dirigées par un maire communiste, avec notamment une vingtaine de villes de plus de 30 000 habitants. Une réalité politique totalement occultée par les représentations médiatiques.

 

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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 15:01
Malgré 7 milliards d’euros de prêts, Air France débarque 7 500 salariés, dont 1072 dans sa filiale Hop! - L'Humanité, Marion dAllard, 1er juillet 2020
Mercredi, 1 Juillet, 2020 - L'Humanité
Malgré 7 milliards d’euros de prêts, Air France débarque 7 500 salariés

Plombé par la crise, le groupe accélère sa restructuration. Sa filiale HOP ! devrait perdre la moitié de ses effectifs.

 

Les annonces devaient être faites aux représentants des salariés vendredi, mais les chiffres ont fuité. Le groupe Air France va supprimer 7 500 postes d’ici à 2022, dont 1 072 dans sa filiale Hop ! et près de 6 500 à Air France. Des chiffres « volontairement minimisés » par la direction, estime Joël Rondel, délégué syndical CGT chez Hop !, qui rappelle qu’il s’agit d’équivalents temps plein.

Ainsi, selon ses calculs, sur les 2 700 salariés de la filiale, plus de 1 400 pourraient perdre leur emploi. « C’est un carnage, si on avait voulu faire mourir Hop !, on ne s’y serait pas pris autrement », déplore le syndicaliste.

Pour les syndicalistes, le Covid-19 a bon dos

L’abandon de la filiale par le groupe était redouté de longue date, la restructuration annoncée confirme les craintes. « En 2016, Hop ! possédait une flotte d’une centaine d’appareils. Il nous en reste 30 aujourd’hui », détaille Joël Rondel. La direction, de son côté, justifie l’ampleur de la casse par « la baisse durable d’activité et le contexte économique lié à la crise du Covid-19 » qui «  imposent d’accélérer la transformation d’Air France ».

Mais, pour Joël Rondel, le Covid à bon dos. « On ne sort pas un plan d’une telle envergure en trois mois ! » s’agace le cégétiste. Quant aux promesses de la direction de ne procéder à aucun licenciement sec et de privilégier les départs naturels, volontaires, et la mobilité des salariés, il n’en croit pas un mot. « La direction va annoncer la fermeture de deux centres de maintenance Hop ! sur trois, à Morlaix et à Lille, qui emploient 350 personnes. En admettant qu’ils soient volontaires pour être transférés sur le dernier centre restant, à Clermont-Ferrand, seuls 50 postes vont y être libérés. » Le calcul est vite fait, « il n’y aura pas de place pour tout le monde ».

7 milliards d’euros de prêts directs ou garantis par l’État

Les premiers départs sont prévus début 2021 et Vincent Salles, cosecrétaire général du syndicat CGT Air France, a pris connaissance du nombre de suppressions de postes « par la presse ». Alors que le groupe vient de bénéficier de 7 milliards d’euros de prêts directs ou garantis par l’État « et donc par les contribuables », le syndicaliste juge « inacceptable que ces aides publiques, qui doivent garantir l’emploi, servent à alimenter les chiffres du chômage ».

Déterminés, les salariés du groupe et de la sous-traitance se sont donné rendez-vous devant le siège d’Air France, à Roissy, vendredi matin. « Ça va être chaud de partir sur une grève dure alors que les salariés, au chômage partiel depuis des semaines, ont perdu entre 400 et 500 euros de revenus par mois », note Joël Rondel. « Mais on va se battre, conclut le syndicaliste, c’est certain. »

Marion d’Allard
Malgré 7 milliards d’euros de prêts, Air France débarque 7 500 salariés, dont 1072 dans sa filiale Hop! - L'Humanité, Marion dAllard, 1er juillet 2020
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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 14:53
La loi Chassaigne sur la révalorisation des retraites agicoles définitivement adoptée
LA LOI CHASSAIGNE DÉFINITIVEMENT ADOPTÉE
« Une avancée qui appelle des prolongements »
Après trois années de combat, la loi Chassaigne visant à revaloriser les retraites agricoles a été définitivement adoptée. Les sénateurs, qui avaient le dernier mot, ont validé le texte lundi. « Je me réjouis de cette victoire. Le minimum de pension pour une carrière complète de chef d’exploitation passe ainsi de 75 % à 85 % du Smic au plus tard au 1er janvier 2022 pour 200 000 retraités », a réagi le député PCF André Chassaigne, qui avait fait adopter ce texte en 2017 à l’Assemblée.
Mercredi, 1 Juillet, 2020 - L'Humanité
Retraites agricoles : la loi Chassaigne définitivement adoptée

Après trois années de combat, la revalorisation des retraites agricoles a été adoptée lundi une bonne fois pour toutes. Elle s’appliquera en 2022.

 

Après trois années de combat, la loi Chassaigne visant à revaloriser les retraites agricoles a été définitivement adoptée. Les sénateurs, qui avaient le dernier mot, ont validé le texte lundi. « Je me réjouis de cette victoire. Le minimum de pension pour une carrière complète de chef d’exploitation passe ainsi de 75 % à 85 % du Smic au plus tard au 1er  janvier 2022 pour 200 000 retraités », a réagi le député PCF André Chassaigne, qui avait fait adopter ce texte en 2017 à l’Assemblée.

« Une avancée qui appelle des prolongements»

Le chemin a pourtant été semé d’embûches. En 2018, le gouvernement impose un vote bloqué au Sénat, afin de freiner l’avancée de la loi et de se perdre dans sa réforme des retraites, depuis gelée. À la mi-juin, André Chassaigne s’est donc représenté avec son texte, regrettant tout le retard pris. Il a fustigé ces « 40 mois pendant lesquels un retraité agricole sur trois ne peut pas prétendre à une retraite supérieure à 350 euros par mois » et rappelé qu’un chef d’exploitation dont la carrière est complète ne peut pas prétendre « à une retraite ­supérieure à l’allocation de solidarité aux personnes âgées ».

Il a été entendu, même si la Macronie a repoussé l’application de la loi à 2022 et mis en place un écrêtement en cas de cumul avec d’autres pensions, baissant ainsi le nombre de bénéficiaires. La balle est alors passée dans le camp du Sénat, où les communistes l’ont saisie au bond, présentant ce texte qui fait aussi passer à 75 % du Smic les retraites agricoles pour l’outre-mer. Il a été voté dans la concorde. « Cette avancée appelle des prolongements en faveur de tous ceux qui ont travaillé sur les exploitations : conjoints, collaborateurs et aides familiaux », prévient André Chassaigne, déterminé à combattre la réforme des retraites du ­gouvernement, si elle revient. 

Aurélien Soucheyre
La loi Chassaigne sur la révalorisation des retraites agicoles définitivement adoptée
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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 05:18
Filière aéronautique/Suppressions d’emplois Airbus : Non au renoncement industriel de la France (Fabien Roussel)

Malgré le plan de soutien de 15 milliards d’euros pour la filière, les grands groupes de l’aéronautique multiplient les annonces de plans sociaux massifs : après Air France et ses 7.500 emplois menacés, c’est au tour d’Airbus de procéder au plus grand plan de suppressions d’emplois de son histoire (15.000 d’emplois dont 5.000 en France).

Avec eux, ce sont des dizaines de milliers d’emplois dans la sous-traitance qui pourraient disparaître.

Pour certains, ces plans de restructuration, aujourd’hui au nom de la baisse d’activité, succèdent à d’autres plans (Transform 2015 puis Perform 2020 chez Air France, avec plus de 7000 emplois déjà supprimés), imposés en leur temps au nom de la compétitivité et de la rentabilité. Pour d’autres, ils étaient déjà envisagés avant la crise sanitaire.

Cette filière est stratégique pour la France. En terme de balance commerciale bien sûr, mais aussi de compétences, de savoir-faire, d’innovation industrielle alors que le transport aérien doit se projeter dans la révolution écologique et participer à une complémentarité des modes de déplacements. Elle l’est également pour le développement des territoires en Europe et en France, particulièrement à Toulouse et dans son agglomération.

Le PCF refuse les logiques de court-termisme et de rentabilité financière, comme le renoncement industriel de la France face à l’Allemagne et aux Etats-Unis. Il veut travailler à un véritable plan de développement de la filière dans son ensemble, à l’appui des aides publiques qu’il faut désormais mettre sous contrôle.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, accompagné de Pierre Lacaze, secrétaire départemental du PCF et de Dominique Satgé, Conseillère régionale, se rendra ce jeudi à Toulouse pour en débattre avec les salariés d’Airbus, Derichebourg et Altran et leurs organisations syndicales.

Filière aéronautique/Suppressions d’emplois Airbus : Non au renoncement industriel de la France (Fabien Roussel)
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1 juillet 2020 3 01 /07 /juillet /2020 07:27
Mardi 30 juin 2020

Communiqué du Comité de soutien à Salah Hamouri / 30 juin 2020

Ce mardi 30 juin, alors qu’il se rendait à Jérusalem pour effectuer un test coronavirus (obligatoire) pour prendre l’avion samedi 4 juillet, pour se rendre en France, Salah Hamouri a été arrêté dans un centre médical par les autorités israéliennes. Il a été conduit au centre d’interrogatoire de la Moskobiyeh, à Jérusalem. Le motif de son arrestation ne lui pas été communiqué. Déjà en août 2017, Salah Hamouri avait été arrêté quelques jours avant un voyage prévu en France pour y retrouver sa femme et son fils et il avait alors purgé treize mois de détention administrative, sans peine ni jugement ni la moindre accusation prouvée. Cela suffit amplement ! Son comité de soutien, sa famille, ses amis et collègues en appellent solennellement aux autorités françaises pour qu’elles agissent immédiatement et fortement pour obtenir la libération immédiate et sans conditions de notre concitoyen qui a droit à la liberté de circulation.

https://www.france-palestine.org/URGENT-Agissez-pour-la-liberation-de-Salah-Hamouri

Pays De Morlaix Afps

Le Homard Enchaîné

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1 juillet 2020 3 01 /07 /juillet /2020 05:34
Plan de licenciement massif chez Air France, volonté de détruire sa filière Hop et le site de Morlaix: un désastre économique et social à empêcher!
⭕️ Plan de licenciement massif chez Air France ⭕️
➡️ Air France pourrait supprimer plus de 7500 postes d'ici fin 2022 dont 1.000 sur sa filière Hop.
Pour rappel, 7 milliards ont été prêté et le PDG, Ben Smith, a reçu un bonus de 800.000 €.
Dans le monde d’après, on continue à licencier avec l’argent public !
C’est inacceptable et il est urgent de légiférer pour conditionner les aides publiques à des critères d’emplois et environnementaux.
Fabien Gay, sénateur communiste
 
***
Après la douche froide de l’annonce de la fermeture de Hop ! Morlaix, les réactions indignées des élus locaux ne se sont pas fait attendre. Ils font front commun pour sauver les emplois sur le territoire.
Hop! Morlaix : Un discours et des actes
« Il faut maintenir des usines partout sur le territoire, ne pas concentrer celles-ci dans les métropoles les mieux desservies ». Les mots d’Emmanuel Macron prononcés lundi 29 juin, à l’Élysée, lors de la Convention citoyenne, sonnent faux à Morlaix, ce mardi. La direction d’Air France a, en effet, décidé de rayer purement et simplement de la carte son site nord-finistérien de Hop ! et de transférer une grande partie de ses activités vers le siège de la compagnie, à… Nantes, l’une des villes les plus attractives de France.
Air France sacrifie au passage 273 emplois dans un bassin morlaisien déjà sinistré, alors que le groupe vient de bénéficier du soutien de l’État à hauteur de sept milliards d’euros pour se relancer.
Après Nokia à Lannion, qui va réduire la moitié de ses effectifs, et en attendant la décision sur l’avenir d’Hutchinson à Saint-Brieuc, les villes moyennes bretonnes paient déjà un lourd tribut face aux grandes métropoles.
Enfin, le choix d’Air France, dont l’État est actionnaire, va creuser encore un peu plus le fossé entre l’est et l’ouest de la Bretagne. Où est la logique d’aménagement du territoire prônée par le président de la République ?

 

***

 
Il faut maintenir des usines partout sur le territoire, ne pas concentrer celles-ci dans les métropoles les mieux desservies ». Les mots d’Emmanuel Macron prononcés lundi 29 juin, à l’Élysée, lors de la Convention citoyenne, sonnent faux à Morlaix, ce mardi. La direction d’Air France a, en effet, décidé de rayer purement et simplement de la carte son site nord-finistérien de Hop ! et de transférer une grande partie de ses activités vers le siège de la compagnie, à… Nantes, l’une des villes les plus attractives de France.
Air France sacrifie au passage 273 emplois dans un bassin morlaisien déjà sinistré, alors que le groupe vient de bénéficier du soutien de l’État à hauteur de sept milliards d’euros pour se relancer.
Après Nokia à Lannion, qui va réduire la moitié de ses effectifs, et en attendant la décision sur l’avenir d’Hutchinson à Saint-Brieuc, les villes moyennes bretonnes paient déjà un lourd tribut face aux grandes métropoles.
Enfin, le choix d’Air France, dont l’État est actionnaire, va creuser encore un peu plus le fossé entre l’est et l’ouest de la Bretagne. Où est la logique d’aménagement du territoire prônée par le président de la République ?
 
 
Le Figaro, avec AFP- 30 juin 2020 
Air France pourrait supprimer plus de 7500 postes d'ici fin 2022

Le groupe compte supprimer 6560 postes au sein de la compagnie tricolore et plus de 1000 au sein de la compagnie régionale Hop!, selon des sources syndicales.

La réduction des effectifs d'Air France semblait inéluctable. Face à la crise sanitaire et à l'arrêt prolongé de ses activités, la compagnie compte effectivement supprimer plus de 7500 postes d'ici à la fin 2022. Dans le détail, il s'agit de 6560 postes (sur environ 41.000) au sein de la compagnie tricolore et plus de 1000 au sein de la compagnie régionale Hop!.

«Les besoins sont en forte baisse sur l'ensemble de la période en lien avec la chute d'activité et la nécessité d'accélérer la transformation de l'entreprise», explique la direction dans un document consulté par l'AFP en amont d'un comité économique et social central (CSEC) prévu vendredi chez Air France. Concernant les suppressions de postes chez Air France, ces informations ont été confirmées au Figaro, de source syndicale.

Les suppressions de postes, exprimées en CDI ETP (équivalents temps plein), passeront par des départs naturels non remplacés (environ 3500 sur 41.000 chez Air France) et par des départs volontaires pour l'essentiel, même si, de mêmes sources, des départs contraints ne sont pas exclus pour le personnel du réseau court-courrier. Hop!, qui compte actuellement quelque 2400 ETP de source syndicale, est particulièrement touchée.

Fermeture du site de Morlaix

Selon plusieurs sources, les sites de maintenance de Hop! à Morlaix et Lille sont menacés de fermeture, tout comme une base de personnel navigant Air France à Toulouse. «Concrètement, il ne restera plus aucune activité Hop ! à Morlaix d'ici trois ans», écrit Le Télégramme .

Chez Air France, les départs doivent passer par des ruptures conventionnelles collectives pour le personnel navigant, tandis qu'un plan de départs volontaires (PDV) est privilégié pour le personnel au sol. La direction souhaite ouvrir des négociations avec les syndicats du personnel au sol début juillet pour de premiers départs en début d'année 2021, le temps de réorganiser ces activités. Côté PNC (personnel navigant commercial) et pilotes en revanche, les premiers départs interviendront plus tôt. Pour cause, la suppression de certains équipages ne nécessite pas de réorganisation particulière, étant donné que la flotte de la compagnie diminue également.

«La baisse durable d'activité et le contexte économique liés à la crise du Covid-19 imposent d'accélérer la transformation d'Air France», affirme la direction d'Air France, en disant étudier «l'ensemble des outils permettant d'ajuster ses effectifs à la baisse d'activité, en privilégiant le volontariat et les mobilités».

 

Un choc sans précédent

Le choc lié à l'épidémie de Covid-19 a été sans précédent pour la compagnie française comme pour ses rivaux internationaux, qui ont enchaîné ces dernières semaines les annonces de coupes claires dans leurs effectifs: 22.000 chez le groupe allemand Lufthansa, 12.000 chez British Airways ou encore 10.000 pour l'américain Delta Air Lines.

L'État français, actionnaire d'Air France-KLM, a apporté un soutien financier de 7 milliards d'euros au groupe franco-néerlandais, dont 4 milliards de prêts bancaires garantis et 3 milliards de prêt direct, en lui demandant d'améliorer sa rentabilité et son impact environnemental. En réponse, le directeur général d'Air France-KLM, Benjamin Smith, a annoncé fin mai la réduction du réseau français de 40% d'ici à la fin 2021.

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26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 11:56

PCF - Commission Economie Sociale et Solidaire

 

Ce texte est paru sur le site de Libération et sur médiapart (blog alicecoop. Cette tribune est co-signée par 22 personnes ( voir en fin de texte) dont Sylvie Mayer , Janine Guespin et Benoît Borrits qui participent aux travaux de la commission ESS du PCF, n’hésitez pas à faire part de vos réflexions, d’autres actions (confinées) vont suivre.

François Bernard

 ___________________________________________________________

 

La pandémie de Covid-19 a mis à l’arrêt de nombreuses entreprises ce qui laisse anticiper une récession significative. Gouvernements et institutions financières internationales n’ont plus qu’un mot d’ordre : sauver l’économie ! Mais de quelle économie parle-t-on ?

La politique d’Emmanuel Macron et des institutions financières internationales vise à sauver le capitalisme

Le gouvernement souhaite-t-il réellement aider les entreprises, qui vont rencontrer de grandes difficultés économiques au cours des mois prochains, ou veut-il simplement sauver le patrimoine des actionnaires ? Pour ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé, il ne s’agit pas de sauver les entreprises ou d’accompagner les entrepreneurs mais de protéger les logiques financières qui ont conduit ces dernières années à dévaloriser le travail en le traitant comme un coût qu’il faut sans cesse réduire. Contrairement à une idée reçue, la référence n’est plus « l’entreprise » dans laquelle les collectifs de travail produisent les biens et/ou les services, mais la « société de capitaux », entité juridique derrière laquelle opèrent les actionnaires et les propriétaires des actions.

Ainsi, c’est le collectif de travail qui constitue l’entreprise. Sa finalité n’est pas de faire du profit mais de produire et vendre des biens et des services, de réaliser une valeur ajoutée. La société de capitaux est l’expression juridique la plus répandue de l’entreprise dans laquelle les actionnaires captent, sous forme de profit, une partie de la valeur ajoutée, ce qui n’est pas le cas chez les artisans et dans les Scop. Salaires et cotisations sociales sont un dû, et lorsque les actionnaires ne peuvent les honorer, le pouvoir doit revenir aux salarié.es pour la sauvegarde de l’entreprise.

C’est ce que l’État veut à tout prix éviter. Or ce n’est pas à l’État, c’est-à-dire aux citoyen.nes et contribuables, de se substituer aux sociétés dans le paiement des salaires et des cotisations sociales. En faisant cela, l’État épargne les sociétés qui, comme Amazon, profitent de la crise du moment. En période de baisse de la production, les salaires et cotisations sociales doivent être assurés collectivement par l’ensemble des entreprises et si elles ne le peuvent pas, les salarié.es doivent prendre le contrôle de celles-ci. L’intervention de l’État n’a pour objectif que de sauver le capitalisme et nullement l’économie réelle.

 

Ce sauvetage est contradictoire avec les aspirations sociales et écologiques des populations

Cette pandémie est aussi l’occasion de découvrir l’évidence. La chute de la production en Chine a provoqué une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 25 % sur les deux premiers mois de l’année. Les Vénitiens sont stupéfaits de revoir des poissons dans des eaux devenues subitement claires. L’air est désormais moins asphyxiant dans nos villes.

Beaucoup se mettent à espérer que la sortie de la pandémie soit l’occasion de repenser nos modes de production et de vie, de conjurer le péril écologique qui menace notre humanité. D’autant que moins de production signifie plus de temps libre, plus de temps pour soi. Et si nous éliminions les productions inutiles ? Et si nous arrêtions les stratégies d’obsolescence programmée des entreprises ? Et si, plutôt que de recycler les emballages, source de nouvelles pollutions, nous nous engagions dans une démarche de zéro-déchets ? Et si, en ayant considérablement baissé le transport des marchandises, nous changions nos modes de transport individuels pour privilégier le rail au détriment de l’avion et de la voiture ? Ceci suppose de revenir sur les plans de privatisation du rail. Et si nous arrêtions de considérer le non-marchand comme une « charge » qui pèse sur la compétitivité des sociétés de capitaux, afin de disposer d’une santé publique à la hauteur d’une société humaine et digne ?

Tout ceci est possible et nécessite des débats citoyens ainsi que des plans massifs de reconversion professionnelle dans une logique qui ne laisse plus personne en situation d’exclusion économique. Ceci implique de reconnaître enfin les qualifications des individus. Mais cette nouvelle manière de voir est contradictoire avec le plan de relance qui est annoncé dont l’unique objectif est de redonner de la valeur aux sociétés de capitaux.

 

Le principe de démocratie doit prévaloir dans toute la société, y compris dans la sphère de l’économie

La sauvegarde de l’économie productive de biens et de services passe par la reprise en mains des entreprises par les salarié.es et le pouvoir donné aux usagers de déterminer ce qu’il faut produire. Nous ne pouvons plus laisser les forces du marché déterminer les investissements et les citoyen.nes doivent pouvoir déterminer les grandes orientations de l’économie par un système financier socialisé géré par elles et eux, comme l’a été le régime général de sécurité sociale de 1947 à 1967. L’exercice commun d’une telle démocratie économique suppose que nos vies soient libérées de l’aléa de marchés sur lesquels nous n’avons guère de prise.

Alors que notre humanité est aujourd’hui à un tournant qui lui permet de sauver son existence, une partie de la gauche et de l’écologie politique reste silencieuse sur cette opportunité qui porte en elle ses aspirations : la sauvegarde de l’environnement et la disparition de l’exploitation du travail et de l’aliénation marchande.

Demander à l’État de payer pour « sauver l’économie », c’est tomber dans un piège. Comme en 2008, l’État va soutenir les sociétés de capitaux engagées dans une course effrénée à la valorisation. Une fois celles-ci renflouées par l’argent public, les affaires reprendront de plus belle selon la logique capitaliste d’austérité pour les travailleur.ses, de casse des services publics et de fuite en avant dans une croissance indifférente aux besoins sociaux et écologiques.

Les mesures décidées par Emmanuel Macron sont destinées à sauver les sociétés de capitaux. Il faut s’y opposer. Nous avons aujourd’hui une occasion unique de changer notre façon de vivre et de réorienter toute l’économie en fonction des impératifs de la transition écologique. Il faut sauver l’économie de la faillite du capitalisme, et non sauver l’économie capitaliste de la faillite.

 

Signataires : 

Tony Andréani philosophe ;  Daniel Bachet sociologue ;  Ludivine Bantigny historienne ; Benoît Borrits essayiste ; Clément Caudron ingénieur ; Thomas Coutrot économiste ; Alexis Cukier philosophe ; Pierre Dardot philosophe ; Nicolas Dessaux archéologue ; Emmanuel Dockès juriste ; Bernard Friot  sociologue et économiste ; Janine Guespin professeure honoraire ; Sylvie Larue enseignante ; Christian Laval sociologue ; Mathilde Larrère historienne ; Gaëlle Maillard syndicaliste ; Sylvie Mayer parlementaire européenne (1979-1994) ; François Morin économiste ; Christine Poupin syndicaliste ; Jacques Richard expert-comptable ; Jean Sève historien, Jean-Michel Toulouse ancien directeur d’hôpital ; Pierre Zarka ancien directeur de l’Humanité.

 

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26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 06:50

 

Le lanceur d’alerte Maxime Renahy vient de publier, ce mercredi, une enquête pour le Média Tv qui met en lumière de nouvelles pratiques d’évasion fiscale. Dans la ligne de mire, des groupes français ayant pignon sur rue, qui s’appuient sur le Luxembourg, Jersey et d’autres paradis fiscaux pour optimiser leurs profits en échappant à l’impôt.

 

 

Sont ici mis en avant le secteur des EHPAD et celui des assurances vie, si douloureusement exposés depuis la crise du Covid-19. Les faits révélés sont édifiants : on apprend ainsi que Domus Vi, troisième groupe d’EHPAD privé en France, a envoyé au moins 105 millions d’euros au Luxembourg entre mars 2017 et mars 2019 tandis qu’une partie des 1800 milliards de l’assurance vie en France est investie, par Axa notamment, via des sociétés offshore dans des placements Incontrôlables. Où va l’argent des Français ?

Au regard de ces nouvelles révélations, et en attendant celles qui vont suivre, je demande solennellement au gouvernement la mise en place d’une commission d’enquête sur les activités de ces entreprises françaises dans des paradis fiscaux notoires.

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