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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 06:51
Coronavirus. Marie-George Buffet :  Il ne faut pas sous-estimer tout ce que les enfants ont vécu - Jeudi 17 Septembre 2020 - L'Humanité, interview avec Aurélien Soucheyre

Coronavirus. Marie-George Buffet : « Il ne faut pas sous-estimer tout ce que les enfants ont vécu »
Jeudi 17 Septembre 2020
Aurélien Soucheyre - L'Humanité

« Mesurer et prévenir les effets de la crise du Covid-19 sur les enfants et les jeunes. » Tel est le but de la commission d’enquête parlementaire qui ouvre ce jeudi ses travaux. Entretien avec sa rapporteure, la députée PCF Marie-George Buffet.
Pourquoi avoir lancé cette commission ?

Marie-George Buffet Dès la fin du confinement, des pédopsychiatres, des enseignants et des médecins généralistes nous ont alertés sur les conséquences psychologiques, sanitaires, scolaires et sociales de la crise du Covid-19 sur les enfants. Or, ces questions ne sont pas particulièrement traitées par la commission d’enquête déjà en place à l’Assemblée. Il y a un angle mort. Notre objectif est donc de poser un diagnostic sur l’ensemble des impacts du coronavirus sur les enfants et les jeunes, et de proposer des mesures d’urgence et des solutions pérennes pour y répondre.
On pense bien sûr aux conséquences pédagogiques et scolaires… Cet enjeu est-il assez pris en compte ?

Marie-George Buffet Absolument pas. L’ancien premier ministre Édouard Philippe a parlé d’un risque de bombe à retardement pédagogique. Mais quel a été le taux de recrutement dans l’éducation nationale pour permettre de rattraper les situations de décrochage ? Il n’y a pas eu d’effort pour renforcer l’encadrement et s’adapter aux besoins. Des élèves arrivent en 6e sans avoir fini le CM2, ou en 2de alors qu’ils n’ont pas terminé la 3e. Les enseignants vont devoir transmettre le programme de l’année en plus de rattraper le précédent. Le défi est énorme et il aurait fallu mettre en place un dispositif exceptionnel en dédoublant des classes. J’ajoute que l’école est obligatoire. Si nous devons de nouveau fermer des classes, par quels moyens s’assure-t-on de l’efficacité de l’enseignement ? Comment garantir l’accès de chaque enfant au matériel informatique indispensable pour suivre les cours ? Avant la crise, on ne pouvait déjà pas laisser l’école dans l’état où elle était. C’est encore plus urgent aujourd’hui.

Marie-George Buffet Il ne faut pas sous-estimer tout ce que les enfants ont vécu, vu et entendu. Il y a ceux qui ont été confrontés à des deuils familiaux, au stress de leurs parents et à un climat anxiogène avec les chaînes d’information parfois branchées en continu. Avez-vous vu ces images de cour de récréation où des enfants restent isolés dans des cercles ? Tout ce qui fait l’enfant, c’est la découverte, la curiosité, le besoin de toucher, d’aller vers l’autre… Nous devons veiller à éviter tout traumatisme et tout repli sur soi, sans laisser personne sur le bas de la route. Or, nous avons un déficit cruel en médecins et psychologues scolaires. Il y en a qui ont plus de 75 ans et qui font des vacations faute d’effectifs ! Nous savons aussi que les violences parentales ont pu augmenter pendant le confinement, et que l’école n’a alors pas pu jouer son rôle d’alerte. Sans parler de toutes les familles, vivant dans des endroits exigus ou non, où des tensions ont pu apparaître. Il faut aider l’enfant à en parler, pour qu’il trouve son équilibre.
La crise a aussi un impact sur l’équilibre alimentaire et l’accès à la nourriture…

Marie-George Buffet Les files devant les Restos du cœur et le Secours populaire français ont augmenté pendant le confinement. Des familles en situation de précarité et des étudiants avec la fermeture des restaurants universitaires ont dû se tourner vers des associations caritatives. On le sait, dans les familles les plus démunies, les repas à la cantine sont non seulement garants d’une alimentation équilibrée mais parfois aussi d’une alimentation tout court. Il y a aussi la question de l’obésité et du diabète, qui touchent les plus précaires et augmentent les surmortalités. Certes, les enfants sont peu menacés par une contamination par le Covid-19, mais des problèmes de santé sont apparus avec le confinement avec un accès plus compliqué au sport, des retards dans le suivi des vaccinations et des aggravations en cas de maladies chroniques. J’ajoute au sujet des activités sportives qu’il n’y a plus de ministère des Sports et que cette question est la grande oubliée du plan de relance. Il faut aider les clubs amateurs, car le sport aide à la santé et à l’épanouissement des enfants. Notre idée est ainsi de marquer tout ce qui n’a pas fonctionné pendant la crise, pour y remédier et prévenir en cas de récidive. Cela vaut aussi pour l’université, où les réponses sont loin d’être suffisantes.

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 05:26

 

ENTRETIEN. La concession des autoroutes aux entreprises privées, depuis 2006, a fait l’objet d’une commission d’enquête sénatoriale, qui a rendu son rapport, ce vendredi 18 septembre. Ses conclusions sont jugées insuffisantes par le groupe Communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE), qui a choisi de ne pas le voter. Explications avec le sénateur communiste Éric Bocquet, vice-président de la commission.

 

Pourquoi ne pas avoir voté le rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur les concessions autoroutières, dont vous étiez le vice-président ?

ÉRIC BOCQUET Le groupe CRCE a décidé de s’abstenir pour une raison essentielle : les propositions de ce rapport sont largement insuffisantes, notamment sur le besoin de renationaliser les autoroutes. Tout le monde, y compris à droite, s’accorde à dire que c’était une erreur de les concéder en 2006, mais l’option de la renationalisation a été rejetée, au nom de la dette. C’était déjà au nom de la dette que la privatisation avait été décidée. Cette solution serait trop chère, Bruno Le Maire évoque un coût entre 40 et 50 milliards d’euros, mais sans qu’on sache d’où sort ce chiffre. Cet argument est farfelu, c’est surtout une question de volonté politique. On est capable d’emprunter 500 milliards d’euros pour un plan de relance inefficace mais pas dix fois moins pour les autoroutes, qui en plus ne seraient pas à la charge de l’État, puisque la somme sera rapidement remboursée par les péages. Le rapport se contente de recommander de « remettre à plat le cadre de gestion des autoroutes ». C’est ce que la commission aurait déjà dû faire, mettre en place une table ronde entre l’État et les concessionnaires, négocier… Tout cela est bien léger, c’est une capitulation de l’État par rapport à l’intérêt général. Ce rapport reste au milieu du gué : j’en partage le constat mais en termes de propositions, le compte n’y est pas puisqu’il fait le choix de se pencher sur la fin des concessions et sur les suivantes, mais sans envisager la solution, qui est la nationalisation. Nous avons le sentiment d’une occasion manquée.

 

Quels constats cette commission d’enquête a tout de même permis de révéler ?

ÉRIC BOCQUET Le premier constat, c’est que la rentabilité des concessions autoroutières ne s’est jamais démentie depuis 2006. Pour les trois concessionnaires, Vinci, Eiffage et Abertis, les chiffres d’affaires, et donc les dividendes, ont toujours augmenté d’année en année, avec une hausse de 43,5 % entre 2006 et 2017. Les bénéfices après impôts également, alors que dans le même temps les masses salariales ont sensiblement diminué, avec des milliers de suppressions d’emplois. L’État s’est privé des moyens d’entretenir ses réseaux, des ressources qui devaient servir à la transition énergétique, au rail, et à l’intérêt général. Imaginez ce qu’on aurait pu faire avec les 23 milliards de dividendes perçues depuis 2006, et les 40 milliards prévus d’ici la fin des concessions, en 2030-2032, alors que celles-ci sont amorties depuis 2013. La commission a aussi permis de confirmer l’opacité qui règne dans les discussions entre l’État et les concessionnaires. Christian Eckert, ministre du Budget sous François Hollande, que nous avons auditionné, explique avoir été tenu à l’écart des négociations. Cela prouve le poids gigantesque de ces entreprises. Les discussions tournent toujours à leur avantage, au détriment des usagers et de l’intérêt général. De la même façon, l’État n’a jamais véritablement assumé son travail de contrôle et de régulation de ces concessions autoroutières. Il laisse totalement faire le privé, donc les autoroutes et leur prix nous échappent complètement.

 

Cette question revêt donc des enjeux économiques, environnementaux, mais aussi sociaux ?

ÉRIC BOCQUET Oui, sur de nombreux points. Je regrette d’ailleurs que la commission d’enquête n’ait pas cherché à auditionner les salariés de ces groupes, concernant la gestion interne, de conditions de travail, et surtout les suppressions massives d’emplois - 16 000 postes supprimés depuis 2006 - qui vont à contre-courant des bénéfices. Pour les usagers également, l’enjeu social est important, puisque les tarifs ont régulièrement augmenté. À chaque fois que l’État demandait aux concessionnaires des travaux ou des investissements, ils ont négocié des augmentations de péages. À la fin de la commission, nous avons reçu un document d’un universitaire qui conteste d’ailleurs la légalité de ces augmentations, qui seraient contraires aux contrats signés. Nous n’avons pas eu le temps de l’analyser suffisamment, mais cela montre qu’il reste de nombreux points à creuser, et que cette commission n’est pas allée au bout de sa mission.

Entretien réalisé par Florent Le Du

 

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 05:25

 

La commission d’enquête du Sénat a livré les conclusions de son rapport, vendredi, sur la gestion des autoroutes, dont les concessions ont été privatisées en 2006. Elle pointe les surprofits de Vinci et Eiffage, et un manque à gagner de 6,5 milliards d’euros pour l’État. L'erreur de cette privatisation semble désormais reconnue à droite comme à gauche. Comment dès lors en sortir ?

« Position de faiblesse de l’État dans les négociations », surrentabilité pour le privé et manque à gagner pour le public. Le rapport sénatorial de la « commission d’enquête sur le contrôle, la régulation et l’évolution des concessions autoroutières » dresse un bilan au vitriol de la gestion des autoroutes, dont les concessions ont été privatisées en 2006.

L’État aurait ainsi perdu environ 6,5 milliards d’euros de recettes potentielles depuis qu’il a ouvert le capital des sociétés d’autoroute au privé (une ouverture commencée en 2002 par l’intermédiaire de Lionel Jospin, puis achevée en 2006, sous Dominique de Villepin).

17,2 milliards de profits potentiels pour Vinci et Eiffage

Côté privé en revanche, l’opération s’avère juteuse. Si l’analyse «  tend à montrer que la rentabilité économique des concessions sur la période 2006-2019 se situe légèrement en deçà des attentes », dixit le rapport, Vinci et Eiffage, principaux acteurs du secteur, devraient en revanche atteindre leur rentabilité attendue dès 2023, soit dix ans avant la fin des concessions (entre 2032 et 2036). « Au-delà de 2022, les dividendes versés atteindraient environ 40 milliards d’euros, dont 32 milliards pour Vinci et Eiffage », explique Vincent Delahaye, sénateur UDI et rapporteur de la commission d’enquête. Le coût d’acquisition en 2006 étant de 14,8 milliards d’euros, l’affaire s’avère plus que profitable.

Le sénateur de l’Essonne est également revenu sur l’épisode des négociations « secrètes » de 2015, « un mauvais raisonnement qui a donné la sensation qu’il y avait quelque chose à cacher ». Ségolène Royal et Emmanuel Macron, ministres compétents à l’époque car titulaires des portefeuilles de l’Environnement et de l’Économie, avaient accepté, pour compenser le gel des tarifs autoroutiers en 2015 voulu par Ségolène Royal, que les hausses de tarifs prévues les 1er février de chaque année soient plus importantes entre 2019 et 2023. L’accord prévoit aussi un allongement des concessions au privé, en échange de travaux à réaliser.

La négociation avait eu lieu de manière opaque, selon le souhait des sociétés d’autoroute de préserver le secret des affaires. La commission d’enquête a aussi pu auditionner ceux qui ont négocié pour leurs ministères : la désormais ministre du Travail Élisabeth Borne, directrice de cabinet de Ségolène Royal en 2015 (c’est elle qui a mené toutes les négociations, l’ex-ministre ayant admis lors de son audition avoir signé sans y avoir participé), et le secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler, « dircab » de Macron à la même époque.

« Le statu quo n’est pas possible »

« Face à ces constats, le statu quo n’est pas possible, juge Vincent Delahaye. Il est impératif de mieux partager les profits des sociétés d’autoroute avec l’État et les usagers pour rééquilibrer les relations entre les concédants et les concessionnaires. » Avec un rachat des concessions par la puissance publique ? « La Commission n’a pas souhaité prendre position, même si mes collègues socialistes et communistes privilégient un retour à la gestion publique », balaie Vincent Delahaye. Le rapport plaide tout de même pour un « arrêt de la prolongation des durées de concessions », le temps de «  tout remettre à plat » lors d’un « sommet des autoroutes » qui réunirait les sociétés autoroutières, l’État, les parlementaires et l’Autorité de régulation des transports. « Tout le monde a intérêt à reprendre le dialogue et à faire des compromis raisonnables », veut croire le sénateur centriste.

Trop timoré pour le groupe CRCE, dont font partie les communistes. Ses sénateurs se sont abstenus de voter le rapport, jugeant « ses propositions insuffisantes ». « Tout le monde, y compris à droite, s’accorde à dire que c’était une erreur de les concéder en 2006, mais l’option de la renationalisation a été rejetée, au nom de la dette, regrette le sénateur PCF Eric Bocquet (voir ici son entretien). Cette solution serait trop chère, Bruno Le Maire évoque un coût entre 40 et 50 milliards d’euros, mais sans qu’on sache d’où sort ce chiffre. Cet argument est farfelu, c’est surtout une question de volonté politique. »

 

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 05:16

 

Après "Allo Place Beauvau", recueil source de vidéos de violences policières, récompensé par le Grand prix du journalisme en 2019, et son roman « Dernière sommation », David Dufresne signe le fascinant documentaire, « Un pays qui se tient sage ». En confrontant des points de vue face à des images filmées par des victimes, il interroge la phrase de Max Weber : « l’État revendique le monopole de la violence physique légitime ». Rencontre.

 

 

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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 16:47

Ce 2 septembre a débuté le procès de l’attentat de janvier 2015 contre Charlie-Hebdo et des assassinats de Montrouge et de l’Hyper-Casher de la Porte de Vincennes.

À la veille des audiences qui viennent de s’ouvrir devant la Cour d’assises de Paris, souvent qualifiées de procès pour l’histoire et qui sont exceptionnellement filmées, la rédaction de Charlie-Hebdo a pris la décision de republier les caricatures qui avaient été le prétexte du massacre commis dans ses locaux il y a cinq ans.

 

 

En réaction, l’organisation jihadiste Al Qaïda, suivie de diverses forces intégristes dans le monde, vient de menacer de nouveau le journal satirique qui voulait, en rendant hommage à l’oeuvre de ses dessinateurs assassinés, rester fidèle à sa liberté de ton envers toutes les religions, tous les fondamentalismes, tous les racismes.

Le Parti communiste français exprime sa totale solidarité avec  l’hebdomadaire.

Il réaffirme que la liberté d’expression, de critique et de caricature n’est pas négociable. Dans notre pays, elle est garantie par la Constitution et encadrée par la loi qui interdit qu’elle ne serve d’alibi à quelque dérive que ce soit.

L’attachement de Charlie-hebdo aux principes de fraternité et de laïcité de notre République doit, par conséquent, être fermement défendu contre toute forme de terreur et d’obscurantisme.

Le droit de chacune et chacun de pratiquer la religion de son choix, dans un État qui n’en reconnaît aucune et se refuse à censurer les journalistes comme les artistes, est le fondement de notre vivre-ensemble. 

Ne pas condamner comme il se doit les attaques dont la rédaction de Charlie-Hebdo fait l’objet constituerait une remise en cause des conquêtes pour lesquelles notre peuple, fort de sa diversité, n’a cessé de se battre depuis la Révolution française. Ce serait encourager d’autres actes criminels, perpétrés au nom d’une idéologie mortifère. N’oublions jamais que ceux qui sont tombés, victimes d'abjects fanatiques, étaient peu soutenus avant ce terrible drame. Aujourd’hui, soyons à leurs cotés, sans ambiguïté.

Le PCF appelle nos concitoyens et concitoyennes rester mobilisés contre la barbarie tout en refusant les amalgames qui les divisent. Comme ils ont su le faire lors des grandes marches du 11 janvier 2015.

 

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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 16:14

 

La fermeture programmée de l'usine Bridgestone de Béthune est un séisme non seulement pour les 863 salarié-es dont l'emploi va être supprimé, pour leurs familles, mais aussi plus largement pour tous les habitant-es d'une ville que je connais bien, où je suis né et où je garde encore de nombreuses attaches. Je me rendrai dès demain sur place, à 10h30, avec la sénatrice Cathy Apourceau-Poly.

 

 

La perte de cette usine, la dernière de la commune, ouverte en 1961 et où travaillaient jusqu'à 1 700 salariés au plus fort de l'activité, souligne une fois de plus l'absence de stratégie industrielle du gouvernement. Alors que les importations en provenance d'Asie du Sud-Est progressent à un rythme vertigineux, au prix d'un bilan carbone désastreux, notre pays, pourtant historiquement bien placé parmi les fabricants de pneus, continue de laisser filer peu à peu ses unités de production et ses savoir-faire, comme tout dernièrement Michelin à la Roche-sur-Yon.

« Produire plus sur le sol national pour réduire la dépendance » : le cap fixé par le président de la République lui-même, le 31 mars dernier à Saint-Barthélémy d'Anjou, était pourtant clair. Cette ambition, nous pouvons la partager, à condition qu'elle soit suivie par des actes. Or c'est l'inverse qui se déroule sous nos yeux, avec une indécente accumulations de plans de licenciements et de fermetures brutales, sous couvert de la crise liée à la pandémie de Covid-19. A Béthune, la direction avait même tenté d'imposer un Accord de performance collective, l'an passé, synonyme de sacrifices pour les salarié-es, mais dépourvu d'engagements sérieux sur la pérénnité de l'usine.

Une exigence doit être posée de toute urgence : les milliards d'argent public du plan de relance doivent être consacrés au maintien de l'emploi et en aucun cas à sa destruction. L'Etat a les moyens de faire respecter une telle règle, en rentrant par exemple au capital d'entreprises stratégiques, pour peser sur les décisions. Plutôt que de laisser Bridgestone réduire ses investissements dans l'usine de Béthune quasiment à néant, voilà ce qu'aurait dû faire un gouvernement en accord avec l'objectif affiché d'une relocalisation de la production.

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17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 06:08

 

Nous vivons un moment aussi grave qu’exceptionnel. La crise sanitaire a révélé celle, globale, du capitalisme mondialisé et financiarisé. Pour la deuxième fois depuis la secousse de 2007-2008, le modèle néolibéral, qui s’est imposé à la planète depuis la fin des années 1970, révèle sa faillite.

 

 

Le capital répondant à ce contexte par la volonté d’en faire payer le coût au monde du travail et au peuple, nous sommes confrontés à la menace d’un véritable tsunami social. Avec des plans de licenciements en série portant le chômage de masse à des niveaux inégalés depuis longtemps, la précarisation accentuée de tout un pan de la société, la montée des inégalités, des discriminations, du racisme, de la répression.

La question posée n’est, par conséquent, pas celle du « monde d’après », mais celle… du système d’après. Se hisser à la hauteur d’un tel enjeu de civilisation, telle est l’ambition du projet de programme, dont s’est doté le PCF et que résume son titre : « Construisons la France en commun, formons une union populaire agissante ».

Ce document n’est pas une plateforme électorale, ni une esquisse de programme de gouvernement. C’est une autre démarche qui l’inspire : partir des objectifs et des besoins immédiats que la crise actuelle fait apparaître — en matière de santé, d’éducation, de salaires, de lutte contre la pauvreté ou de l’exigence de droits nouveaux — pour montrer pratiquement que l’on ne peut aborder ces urgences sans des mesures radicales, qui vont à la racine des problèmes, en l’occurrence la domination du capital, l’utilisation de l’argent, les pouvoirs grâce auxquels la classe possédante impose sa loi à l’immense majorité. À partir de là, il s’emploie à montrer en quoi l’exigence de ruptures immédiates ouvre la voie au projet de rupture avec les logiques dominantes que nous voulons proposer au pays. Dit autrement, il s’agit de mettre en lumière que c’est être tout simplement réaliste que d’affirmer une volonté de changement révolutionnaire.

L’originalité de la démarche consiste donc à mettre en débat un programme de lutte qui est, en même temps, un programme pour la France. Elle veut nourrir d’un contenu porteur d’espoir les mobilisations immédiatement indispensables pour faire face aux désastres, sociaux et écologiques, que génère l’ordre dominant, aidant ainsi à ce que tous ces combats débouchent, de l’échelon territorial jusqu’au plan national, sur des conquêtes changeant concrètement les rapports de force.

Plus précisément, l’objectif est de restituer, auprès de celles et ceux qui liront nos propositions, la cohérence de l’action des communistes. Jusqu’à la solution politique à travers laquelle ils appellent à changer la gauche : cette union populaire agissante qui ne saurait voir le jour à partir seulement de débats de sommet ou d’échanges entre organisations, mais doit résulter, si elle veut enclencher une véritable dynamique transformatrice, de l’intervention directe des acteurs du mouvement social, des citoyens, de la jeunesse.

Le plan choisi découle de l’approche. Il décrit d’abord les enjeux du tournant de situation. Puis il développe les solutions d’urgence exceptionnelles qu’appellent l’état désastreux maintenu de notre système de santé (en dépit des annonces du « Ségur » de la santé), une rentrée scolaire si chaotique qu’elle menace le devenir même de l’école de la République, des inégalités et des violences qui se sont développées au gré de la crise sanitaire, et depuis. Il s’efforce enfin de dessiner à grands traits l’exigence d’un autre modèle de développement.

Notre spécificité, dans ce cadre, concerne d’abord la manière dont notre proposition de sécurité-emploi-formation cherche à répondre aux aspirations à la sécurisation de tous les moments de la vie, telles qu’elles montent de la société et des luttes : elle sera, en cette rentrée, au centre de la bataille que nous initions pour l’emploi, avec les rendez-vous départementaux du 10 octobre comme premiers rendez-vous. Ou la place centrale que nous donnons aux services publics, comme leviers d’un changement global de logique. Ou encore l’articulation que nous nous employons à construire entre l’indispensable transition écologique, le besoin d’un autre mode de production et de consommation, et la reconquête industrielle si déterminante pour l’avenir du pays. Ou encore notre appel à restaurer la souveraineté nationale et populaire, pour favoriser de nouvelles coopérations solidaires, en Europe et dans le monde. Ou les moyens que nous avançons pour prendre le pouvoir sur l’argent, changer les règles de la fiscalité, s’approprier les grands moyens de production et échange à l’aide notamment de nationalisations d’une nouvelle sorte, constituer un pôle financier et bancaire public afin de réorienter le crédit au service du développement humain. Ou, enfin, les nouveaux pouvoirs et institutions démocratiques qui, de l’entreprise à l’État, doivent permettre aux salariés et aux citoyens de décider enfin du destin collectif. Afin de se débarrasser de toutes les dominations, qu’elles soient patronale, patriarcale ou raciste…

Ce programme a vocation à être défendu dans l’ensemble des échéances politiques. Il ne se veut pas toutefois un produit achevé. C’est pourquoi nous le mettons en débat et appelons les communistes, autant que celles et ceux qui souhaiteront y contribuer, à l’enrichir de leurs réflexions et expériences. C’est l’objet de la plateforme participative aujourd’hui mise à disposition. À chacune et chacun de s’en saisir, pour engager le débat avec nos concitoyens et construire, avec eux, une société qui mette l’humain et la planète au cœur de tous les choix.

Christian Picquet, membre du Comité exécutif national, responsable Mouvement des idées, intellectuel·le·s.

 

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17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 06:07

Lundi 14 Septembre 2020

Geoffroy Roux de Bézieux - Philippe Martinez : le président du Medef et le secrétaire général de la CGT réunis pour une confrontation inédite, projet contre projet, sur la sortie de crise et le monde que l’on souhaite pour demain.

Que propose le patronat à la société pour son développement ? ️

Que propose la CGT pour l’émancipation des travailleurs ?

Un débat d’idées et un événement sans précédent.

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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 19:55
Nos priorités: l'emploi, le climat et le pouvoir d'achat (Parti communiste français)
Nos priorités: l'emploi, le climat et le pouvoir d'achat (Parti communiste français)
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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 07:37
Face à la crise, les alternatives de gauche marquent des points. Un Sondage exclusif pour la Fête de l'Humanité (L’HUMANITE - Vendredi 11 Septembre 2020 - Julia Hamlaoui)
Face à la crise, les alternatives de gauche marquent des points. Un Sondage exclusif pour la Fête de l'Humanité (L’HUMANITE - Vendredi 11 Septembre 2020 - Julia Hamlaoui)

Tout le week-end, la Fête de l’Humanité autrement multipliera les débats pour des réponses de progrès à une crise sanitaire, économique et sociale inédite. Dans ce contexte, la 7e vague de notre baromètre annuel Ifop « Être de gauche aujourd’hui » émet une série de propositions qui suscitent une large adhésion. DÉCRYPTAGE.

Les promesses d’un « jour d’après » tournant la page d’un monde qui marche sur la tête n’y ont rien fait. À l’heure du plan de relance « pro business » de l’exécutif, le peuple de gauche est moins dupe que jamais. Et certaines de ses idées marquent même des points. C’est ce que révèle notre baromètre annuel Ifop, publié depuis sept ans à l’occasion de la Fête de l’Humanité.

 

 

 

 

Après une rentrée estampillée « sécurité »

La politique conduite par Emmanuel Macron est ainsi jugée de droite par 80 % des personnes de gauche interrogées, soit 5 points de plus que l’an dernier quand s’amorçait la mobilisation sociale contre la réforme des retraites. La rentrée estampillée « sécurité » et « lutte contre les séparatismes » de l’exécutif, à l’instar du séminaire gouvernemental de mercredi dernier, n’y est pas pour rien. C’est sur ce terrain que les clivages droite-gauche demeurent les plus marqués. Le droit de vote des résidents étrangers, par exemple, est soutenu à 65 % à gauche (+ 3 points par rapport à 2019) contre 33 % à droite.

« Mais en rester là serait réducteur, car le clivage se retrouve aussi sur le plan économique », observe Frédéric Dabi, le directeur général adjoint de l’Ifop. L’idée que l’État doit « donner plus de liberté aux chefs d’entreprise » trouve un écho favorable à gauche à hauteur de 47 % (56 % en 2014), contre 74 % à droite. Un écart de 24 points existe aussi sur la possibilité pour les chômeurs de « trouver du travail s’ils le voulaient vraiment » entre la droite (69 % de sondés d’accord) et la gauche (45 % tout de même, malgré une chute de 8 points depuis l’année dernière). Les sympathisants de droite sont également 62 % à soutenir un retour de la réforme des retraites avant la fin du quinquennat. Au total, le clivage gauche-droite reste bel et bien valide pour 71 % des sondés de gauche (contre 62 % en 2014).

Plusieurs éléments indiquent de surcroît un possible rebond

La gauche n’est, cependant, pas au mieux de sa forme : la part de ceux se positionnant à gauche tombe à 42 % (47 % pour la droite et 11 % pour l’extrême droite). Cette proportion montait à 44 % l’an passé et à 48 %, au plus fort, en 2016. « L’identité de gauche existe bien mais elle est attaquée, clairement “challengée”. C’est le reflet du fond de l’air actuel, avec un traitement médiatique très marqué sur les questions identitaires et sécuritaires », estime le politologue de l’Ifop. « Cela reste un socle très fort, note-t-il cependant. Le total gauche aux européennes, le dernier scrutin à dimension nationale, était de 30 %. » Plusieurs éléments indiquent de surcroît un possible rebond. 79 % des concernés estiment ainsi que « la gauche peut défendre ses idées et principes sans se renier si elle est au pouvoir » (+ 2 points par rapport à 2019). Et 71 % se disent désormais « fiers de se revendiquer de gauche ». Avec 14 points de mieux qu’en 2014, le spectre du quinquennat Hollande et son cortège de déceptions s’éloignent.

Mieux, certaines de ses idées irriguent la société. Sur le plan des valeurs (la liberté, la solidarité, la protection de l’environnement forment le trio de tête à gauche), la crise sanitaire n’y est pas pour rien. « C’est une petite victoire dans le contexte macronien, relève Frédéric Dabi : le Code du travail est salué par tout le monde (76 % d’opinions positives) mais aussi les services publics, avec un écart de perception qui a quasiment disparu entre l’ensemble des Français (68 %) et la gauche (73 %). » En miroir, la perception négative de la mondialisation progresse aussi.

Face aux conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire, l’exécutif, lui, ne fait pas recette. 60 % des Français (63 % à gauche) ne font pas confiance à Emmanuel Macron et au gouvernement de Jean Castex pour y remédier. En revanche, certaines propositions pourraient constituer des points d’appui pour la gauche. Alors que le gouvernement avec son plan de relance a passé sous silence cette question, 89 % des Français (90 % à gauche) estiment que les aides publiques accordées aux entreprises doivent avoir des contreparties environnementales et sociales. La même proportion juge qu’il « faut que les richesses ne soient pas accaparées par une minorité »« Ces idées défendues par la gauche vont bien au-delà de ses rangs », souligne le directeur adjoint de l’Ifop.

Le top trois des « priorités »

Avec la crise sanitaire, à gauche, le top trois des « priorités » porte sur une « meilleure redistribution des richesses » (59 % de citations), la « revalorisation des salaires » (42 %) et « la protection de l’environnement » (42 %). Mais la question sociale revient en force. Sur les sujets sur lesquels il est le plus urgent d’agir, les plus fortes progressions par rapport à l’année dernière reviennent à la lutte contre le chômage (+ 5 points) et la lutte contre la pauvreté (+ 3), au détriment notamment de la lutte contre le dérèglement climatique (– 6). L’idée de prioriser la « réduction de la dette » chute elle aussi, avec 60 % de sondés d’accord, contre 74 % en 2015.

Si 70 % d’entre eux jugent possible de mettre en place une politique correspondant à leurs attentes, reste à en trouver le chemin. À l’instar de l’appel lancé mercredi par des élus de différentes formations (PS, PCF, FI, EELV…) en vue des prochaines régionales dans le Nord, le rassemblement est au cœur des débats pour les échéances de mars prochain mais aussi de 2022. Pour les personnes de gauche interrogées par l’Ifop, les choses sont claires sur ce point : 71 % se prononcent en faveur d’une candidature unique dans ce camp (79 % chez les sympathisants de FI, 77 % de ceux du PCF, 73 % pour ceux d’EELV, et 88 % pour Génération.s et le PS). « On n’a pas été au-delà sur les différents scénarios possibles de candidats et l’incarnation pose problème, reconnaît Frédéric Dabi, mais cela montre l’envie d’une vraie politique de gauche. » Un premier pas, déjà décisif.

 

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