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C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris le décès, à 59 ans, de notre camarade Stéphane Mayer.
Je me souviens encore de cette fête de l’Unité où ce jeune couple de tourtereaux partageait l’hébergement de l’équipe de la section de Morlaix dans la très rustique Auberge de Jeunesse de Brest. Le début d’une longue histoire.
Secrétaire de la section du Pays de Morlaix du PCF, membre du Comité Fédéral puis du secrétariat Fédéral du Finistère et enfin Secrétaire Fédéral, Stéphane n’aura mesuré ni son temps ni son énergie pour combattre cette société si injuste, si dure, si violente qui le révulsait. Que ce soit comme responsable de la jeunesse ou comme premier responsable départemental, il avait à cœur de ne pas se cantonner à la dénonciation de ce système injuste qui broie tant de vie. Il voulait aussi, par le rassemblement de toutes les victimes de l’exploitation capitaliste, trouver le chemin de son dépassement et de l’émergence d’une société ou la primauté serait donnée à la satisfaction des besoins humains sur l’ensemble de la planète comme à la préservation de cette Terre qui est notre bien commun.
Homme de verbe et de débat, le temps n’était jamais trop long lorsque s’engageait avec Stéphane une discussion où les exemples concrets voisinaient avec les envolées lyriques où le temps n’était pas compté. Car Stéphane était un homme de conviction… qui adorait convaincre quels que soient l’heure et le lieu.
Dans le cadre de ses responsabilités politiques comme dans son activité de démarcheur pour la presse Stéphane a rencontré, côtoyé un nombre incalculable de personnes. Dans le cadre privé aussi car il avait le sens de la convivialité et le goût de la vie chevillé au corps. Tous étaient unanimes à reconnaître sa gentillesse, son sens du contact et de l’amitié. Ce qui n’empêchait pas évidemment la fermeté sur ses opinions. Même si sa propension à faire confiance lui a joué quelques tours.
Cet engagement auprès de la population s’est aussi traduit au niveau municipal. A Saint-Martin des Champs comme à Morlaix, où il siégeait dans les deux communes, Stéphane fut un élu de proximité, toujours proche de la population, ouvert à la rencontre, à l’échange et à la discussion… et, ce qui n’est pas toujours si fréquent, tenant compte des avis exprimés.
Un élu de gauche, dévoué à la population et loyal avec ses partenaires. Mais ferme sur ses convictions même si cela devait, comme ce fut parfois le cas, créer quelques problèmes au sein de la majorité.
Avec les difficultés de la vie auxquelles il a été confronté nous voyions moins Stéphane. Mais, à chacune de nos rencontres, et ce fut aussi le cas de nombreux camarades, nous avons longuement échangé sur l’histoire de notre parti bien sûr, mais surtout sur la brutalité de la politique menée par le gouvernement. Sur les dégâts qu’elle fait subir à la population et surtout aux plus faibles. Sur la nécessité de retrouver le chemin du rassemblement pour y faire face et dégager une alternative.
C’est ce combat, qui fut celui de Stéphane, que ses camarades vont continuer avec la population.
Alain DAVID
La 54ème fête organisée le 1er mai par la section du P.C.F. du Pays de Morlaix a connu un grand succès (250 personnes à l’inauguration, 180 repas servis au restaurant sur la fête, au moins 400 personnes au cours de la journée)
POL HUELLOU (chant, flûtes, sanza) et GILLES LE BIGOT (guitare) se sont produit sur la fête devant une nombreuse assistance.
Pol Huellou, originaire du Finistère est connu pour sa participation à de nombreuses aventures musicales, The Roving Laddies, Escale-Dédale, etc.
Gilles Le Bigot, (ex- l’Héritage des Celtes, Barzaz) s’est produit avec des artistes tels que Yann Fanch Kemener, Marthe Vassalo, Denez Prigent, Gilles Servat… Compositeur et arrangeur, il est l’auteur de récentes créations sous le titre « Empreintes »
Ensemble, ce duo s’est régulièrement produit depuis les années 90, en Bretagne, Irlande, Allemagne et se sont également retrouvés sur de nombreux projets tel Elixir, Hommages Vagabonds, etc.
On les retrouvent tout dernièrement sur le nouveau CD de Pol Huellou & Friends : The Lost Agenda, et nous aurons le plaisir de les retrouver sur un certain nombre de titres extraits de ce dernier opus.
Olivier DARTIGOLLES, porte-parole national du PCF, élu communiste d’opposition à PAU, auteur de « Macron, entreprise de démolition. Forces, failles et supercheries » (édition de l’atelier, 10 €) et d’une vie de François Moncla, éphémère capitaine de l’équipe de France de Rugby communiste, a été présent sur notre fête au cours de l’après-midi.
Il y a dédicacé son livre et fait une intervention politique
Morlaix Le mardi 1er mai 2018 s'est tenue la 54ème fête du Viaduc organisée par le Parti Communiste du Pays de Morlaix. Cette fête a été un grand succès : - 200 à 250 personnes à l'inauguration ; - 180 repas servis au restaurant ; - au moins 400 personnes qui y sont passés (à un moment ou à un autre). - Un discours d'Olivier DARTIGOLLES (porte parole national du PCF) qui a été suivi par une foule nombreuse. Ci-dessous deux vidéos de Pierre Yvons BOISNARD |
Yann Le Pollotec: animateur de la commission Industrie- Economie et Révolution numérique du PCF, membre de la direction nationale du PCF
Jean-Luc Le Calvez, Ismaël Dupont, Serge Puil, Daniel Ravasio, Jean-Pierre Beuzit, Glenn Le Saout, Jérémy Lainé (de gauche à droite) ont présenté le programme de cette 54e fête du viaduc.
La section morlaisienne du Parti Communiste Français (PCF) organise le mardi 1er mai, Place Allende, à partir de 12 h, la 54e édition de sa « Fête du viaduc ». Un évènement inscrit depuis 1964 dans le paysage morlaisien.
La section morlaisienne entend, à cette occasion, rappeler le soutien qu’elle a apporté localement ces derniers mois à la lutte des cheminots, des personnels de la Poste, contre la fermeture de l’agence de La Boissière, des Ehpads et de l’Hôpital, et de façon plus générale son opposition à la politique menée par le gouvernement contre les droits des travailleurs et les syndicats. Deux interventions politiques sont programmées à 15 h 30 : celles d’Ismaël Dupont et d’Olivier Dartigolles, porte-parole national du PCF.
Cette fête, ouverte à tous, gratuite, est aussi un moment d’échanges, de convivialité, avec un repas à 12 h 30, des concerts de Pol Huellou et de Gilles Le Bigot (musique d’inspiration irlandaise et écossaise) à partir de 14 h 30, et tout au long de l’après-midi, des jeux, une loterie, des stands de fleurs, de pêche à la ligne.
À l’occasion du centenaire de la fin de la guerre 14-18, le public pourra découvrir une exposition de photos originales, de lettres et de dessins.
Pratique
Repas adultes (13 €) et enfants (6 €) : il est prudent de s’inscrire au 06 62 74 75 27 ou par courriel à pcf-morlaix@wanadoo.fr. Barnums et chapiteaux en cas d’intempéries.
Le Télégramme, 29 avril 2018
Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, élu communiste d'opposition à Pau, auteur de "Macron, entreprise de démolition. Forces, failles et supercheries" (éditions de l'atelier, 10 €), et d'une vie de François Moncla, éphémère capitaine de l'équipe de France de Rugby communiste, sera présent à Morlaix le 1er mai 2018 pour animer le débat politique de l'après-midi à la fête du Viaduc, place Allende à Morlaix.
Olivier Dartigolles est déjà venu en Bretagne à Mars à Mellac, Lorient, Vannes, pour des débats sur les hôpitaux de proximité, l'école, les droits des migrants de plus en plus bafoués. Il est revenu à la mi-mars invité de l'atelier régional santé Bretagne du PCF pour un débat à Saint Brieuc sur les EHPAD, la situation de l'aide à domicile, et plus largement le sort que notre société et nos pouvoirs publics font aux personnes âgées, avec à chaque une grande qualité dans les interventions et les échanges. Il nous fait l'amitié de revenir dans le Finistère pour participer aux deux fêtes des sections PCF de Brest au patronage laïque du Pilier Rouge (présence le midi) et de Morlaix.
En plus d'Olivier Dartigolles, deux autres éléments qui feront de cette édition 2018 de la fête du Viaduc quelque chose de remarquable n'en doutons pas seront:
- A l'occasion de la fin des cérémonies du centenaire de la Grande Guerre, une exposition de trois artistes peintres et photographes de la région de Morlaix sur la guerre 14-18 (regards croisés sur les vestiges dans le paysage du nord et de l'est de la France des champs de bataille, des tranchées, les cimetières militaires, les lettres de poilus, et les gueules cassées): exposition originale présentée pour la première fois à Morlaix pour la fête du Viaduc ce 1er mai 2018 du collectif d'artistes Sylvain Collomb, Jean-Marc Nayet, Philippe Grincourt.
- la présence de l'excellent chanteur et musicien Pol Huellou, qui avait déjà enchanté la soirée de solidarité avec le Sinn Féin représenté par l'ancien prisonnier politique et l'actuel député, négociateur des accords de paix avec les unionistes et Tony Blair, Raymond Mc Cartney.
Dans ces « récits de vie et d'ovalie », François Moncla raconte, pour la première fois, l'itinéraire de l'enfant de la vallée d'Ossau, celui des truites attrapées à la main dans le gave et du rugby des villages, qui va devenir le capitaine héroïque de l'équipe de France. Pour le dernier test-match à Durban face au Springboks, le 16 août 1958, la presse sud africaine annonce la couleur : « Du sang coulera samedi à Ellis Park. » Moncla raconte les regards dans les vestiaires, la peur face à des « joueurs monstrueux » et l'ivresse de la victoire après un Himalaya de rugby. Et les anglais François ? « Avec eux, cela a toujours été rude mais correct, quelques gifles, un pied au cul à Bendon, mais pas de scandales quoi... » Après avoir rappelé quelques vérités sur « les gros pardessus » de la Fédération française de rugby, le béarnais livre portraits et anecdotes d'un temps où le seul salaire était celui de la fraternité. Moncla parle d'ovalie et des autres engagements de sa vie pour la Paix et la justice sociale. « Après tout ce que j'ai vécu, je crois à la solidarité des hommes. S'aider les uns les autres pour accéder à une vie meilleure. »10€, éditions Arcane
Série 14-18, Beaumont-Hamel, oeuvre photographique de Philippe Grincourt - exposition du 1er mai, place Allende à Morlaix
Série 14-18, Contay n°773, oeuvre photographique de Philippe Grincourt - exposition du 1er mai place Allende à Morlaix
Oeuvre photographique de Jean-Marc Nayet - un des derniers poilus photographié dans le nord dans les années 1970
AU PROGRAMME – Mardi 1er Mai 2018
Des chapiteaux permettront d’assister au spectacle, au débat, de voir l’exposition même en cas de temps incertain. |
12 h 15 - Inauguration de la Fête par Daniel Ravasio et Glenn Le Saout
12 h 30 - Restauration
Menus adultes (13 €) : Salade César ; Bœuf Bourguignon – pommes de terre ; gâteau ; café + 1 boisson
Menus enfants (6 €) : Salade César ; Jambon – pommes de terre ; gâteau ; 1 boisson
Tous les ans nous devons refuser du monde à notre restaurant aussi il est préférable de s’inscrire.
On peut s’inscrire en téléphonant au 06 62 74 75 27 ou en envoyant un courriel à pcf-morlaix@wanadoo.fr
14 h 30 : Concert POL HUELLOU – GILLES LE BIGOT
15 h 30 : interventions politiques et sociales
Olivier DARTIGOLLES - Ismaël DUPONT
16 h 30 – 17 h : POL HUELLOU – Gilles le bigot
Toute l’après-midi :
Exposition photos : Mémoire de 14 – 18, 100 ans après
Buvette ; Crêperie (cidre – thé – café)
Jeux : jeux prêtés par le magasin « La Boissellerie » de Plourin les Morlaix (billard hollandais ; …)
Stands : fleurs - loterie – pêche à la ligne
Stands : PCF Morlaix (Presse : L’Humanité / Livres / Signatures Olivier Dartigolles pour "Macron, entreprise de démolition" et son livre sur François Moncla, à partir de 16h45 …)
Stands : AFPS – Morlaix Wavel
Changer de société
C’est désormais clair pour tout le monde, le président Macron est bien le président du capital !
En moins d’un an de pouvoir il a pris, ou annoncé la prise, de décisions toutes aussi idéologiques les unes que les autres pour asseoir la domination du grand capital et créer au profit de celui-ci les conditions d’un renforcement de l’exploitation capitaliste.
Les choix faits ne souffrent d’aucune ambiguïté.
Il s’agit d’abord de diminuer la part de la rémunération du travail dans la valeur ajoutée et augmenter celle du profit.
C’était l’objet de la loi de travail XXL, à savoir flexibiliser, baisser les garanties collectives, diminuer les droits des salariés, et utiliser tous les leviers en vue de faire baisser la masse salariale et augmenter les profits. L’attaque contre les cheminots et leur statut procède exactement de la même logique et si le gouvernement y parvenait cela servirait de justification à appliquer la même méthode et la même logique à d’autres secteurs de la fonction publique. Cela conduirait plus généralement à un alignement vers le bas des garanties professionnelles de tous les travailleurs, qu’ils soient du public ou du privé.
C’est aussi l’objet de la baisse des cotisations sociales avec pour but de mettre fin à un système progressiste, pour lequel les communistes ont joué un rôle central à la libération, et qui consistait à prélever une part des richesses créées pour répondre à des besoins sociaux élémentaires. Par l’utilisation massive de l’arme principale à cet effet, la CSG, le président accentue le glissement progressif du mode de financement depuis les entreprises vers les ménages, dans une débauche d’argumentation aussi démagogique que fallacieuse. Les retraités en paient le prix fort d’emblée, sans que les actifs ne voient véritablement la couleur de l’embellie annoncée de leur sort réel, et globalement c’est tout le système qui se trouve ainsi remis en cause.
Il s’agit ensuite de faire régner toujours plus la loi du profit en étendant sans cesse son champ d’intervention.
C’est le sens des privatisations qu’il poursuit. En annonçant la privatisation prochaine des aéroports de Roissy et d’Orly , véritables machines à cash, le gouvernement va offrir au groupe VINCI un empire en béton construit aux frais de l’État.
C’est la remise en cause du champ des missions du service public, l’ouverture au privé et sa loi du du profit de missions d’ordre public : réduction du périmètre des politiques publiques, regroupements et fermetures de services, réduction de l’emploi public, casse les droits et garanties des personnels...
Macron veut aller vite et fort. Pour ce faire il s’est entouré d’une majorité à l’assemblée nationale, où des députés godillots créés de toutes pièces obéissent servilement en bons soldats du grand monarque.
Mais il veut aussi aller plus loin en diminuant à la fois le nombre de députés et l’étendue de leurs prérogatives . Ce faisant il utilise à fond le régime présidentiel de la 5ème République mis en place en 1958 par le Général de Gaulle, qui avait substitué au système parlementaire de type moniste (le gouvernement rend compte devant le Parlement) un système parlementaire dualiste diminuant la place et le rôle du Parlement (le gouvernement rend compte devant le chef de l’état et devant le Parlement). Macron veut accentuer cette dérive vers la mise en place d’un système personnel en effaçant le plus possible la place et le rôle du Parlement et en assoyant une position plus monarchique encore du chef de l’Etat. C’est de la tyrannie !
Les français sont de plus en plus lassés des effets de cette politique. Pour autant nombre d’entre eux ne voient pas d’issue possible, et les dernières élections présidentielles ont mis ce sentiment en évidence.
Le capitalisme ne peut pas répondre aux besoins des travailleurs et de la population, ni du monde de la création ; de plus en plus de gens le constatent.
Mais la logique du capital n’est pas fatale, inéluctable. En tout cas les communistes ne s’y résolvent pas.
Ce sera le sens des travaux du congrès du PCF en novembre prochain. Il s’agira précisément de rechercher les moyens de créer une perspective révolutionnaire par un changement de société, le dépassement du capitalisme et l’instauration d’une nouvelle société dans laquelle le grand capital ne détiendra plus les leviers essentiels, et où ceux-ci seront la propriété des travailleurs eux-mêmes, avec la démocratie comme boussole et comme moteur.
La bataille s’annonce longue ; chacun et chacune est utile pour réfléchir et construire ces nouvelles perspectives. Un large rassemblement de toutes les intelligences est nécessaire pour engager un vrai changement.
Roger Héré, éditorial du Viaduc – avril 2018
Journée de la déportation ce dimanche 29 avril à Morlaix. Elle a commencé par un hommage très émouvant à nos compatriotes juifs persécutés à Morlaix, et aux deux qui sont morts en déportation (Esther Levy, arrêtée à son domicile rue Gambetta, en octobre 1943, déportée en janvier 1944) et David Sellinger, un autre juif morlaisien envoyé aux camps de la mort, dont l'histoire a été relatée dans deux livres passionnants (Sur les traces d'une famille juive morlaisienne, Les juifs du Finistère sous l'occupation) par la sociologue et historienne Marie-Noëlle Postic, que le PCF Morlaix invitera prochainement avec Lucienne Nayet à faire une conférence-débat dans le cadre des Mardi de l'éducation populaire sur l'histoire des juifs et de l'antisémitisme en France. Les trois personnes qui ont prononcé des discours à l'occasion de l'inauguration de la plaque mémorielle d'hommage à Esther Levy et David Sellinger, le responsable du consistoire de Brest, un rabbin, Sarah Levy, petite-fille d'un survivant de l'holocauste, qui fut aussi le frère d'Esther Levy, et Agnès Le Brun, maire de Morlaix, ont rendu hommage au travail remarquable de Marie-Noëlle Postic, et ont su trouvé des mots très forts pour restituer le sens de cet hommage dans le contexte troublé d'aujourd'hui, où racisme et antisémitisme trouvent encore à s'exprimer malheureusement, où les leçons de l'histoire n'ont pas été retenus par tous. La famille Le Quéré, des protestants de Tremel, juifs parmi les Nations, qui ont protégé la famille Levy, n'ont pas été oubliés dans cet hommage. Agnès Le Brun a aussi apporté avec émotion son soutien à notre amie et camarade Lucienne Nayet, présidente du réseau des musées de la résistance nationale, ancienne enfant cachée, fille de déportée, victime d'une campagne de dégradation antisémite sur internet sur un site neo-nazi toujours ouvert et accessible. Puis nous avons rendu hommage à tous les morts de la seconde guerre mondiale à Morlaix et plus précisément l'ensemble des déportés, résistants ou otages, au square de la résistance, et à Ploujean, sur la stèle des otages morlaisiens, dont plus de la moitié ne sont pas revenus. Nous n'oublierons jamais. Nous ne laisserons jamais la haine raciste et l'extrême-droite reprendre le dessus dans notre pays.
La commune de Plounéour-Menez, dont le maire, Jean-Michel Parcheminal, était présent, avait ouvert la voie à la reconnaissance des persécutions contre les familles d'origine juive bretonnes pendant l'occupation avec une plaque pour la famille du docteur Perper, médecin à Brasparts, puis à Plounéour-Menez, arrêté avec sa femme et ses enfants, et tous tués à Solibor, un camp de concentration de l'occupant allemand et nazi en Pologne.
Ismaël Dupont
A lire ou relire:
Morlaix, octobre 1943. Alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage depuis maintenant quatre ans, l’automne balaye Morlaix. Neuf mois plus tôt, le viaduc n’a pas résisté à l’aviation britannique. En larguant 43 bombes sur la ville, la Royal air force anglaise a, certes, détruit le rail et une voie stratégique empruntée par les convois allemands. Mais elle a aussi fait plus de 80 morts, dont 39 écoliers. Et provoqué pas mal de dégâts dans le voisinage.
C’est ainsi que les Lévy, juifs d’origine turque, se voient contraints de quitter leur appartement du 7, Grande venelle, situé au pied du viaduc, qu’ils occupent depuis leur arrivée à Morlaix en 1936. Pour emménager à quelques centaines de mètres de là, au 95, rue Gambetta, entre le centre-ville et la gare.
Nous sommes en octobre 1943, donc. Le 11, très exactement. « Ce matin-là, la sûreté allemande de Brest se présente au domicile de la famille Lévy où vivent Jacob et sa femme Mazalto, leur fille Esther, leur fils Bohor et sa femme Prossiadi, ainsi que leurs enfants, prénommés Jacques et Mazalto comme sa grand-mère », raconte Marie-Noëlle Postic, 72 ans. Ingénieure en sociologie au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), la septuagénaire aux origines morlaisiennes s’est installée à Plounéour-Ménez une fois à la retraite au milieu des années 2000. Et elle s’est passionnée pour l’histoire des Juifs dans le Finistère.
« Les Lévy étaient des vendeurs de tissus ambulants », explique celle qui a passé des heures aux archives départementales à retracer leur parcours. La suite, c’est elle qui la raconte. « Lorsque les Allemands frappent à la porte, Bohor et sa femme sont en ville. Leur fils, Jacques (15 ans), joue au ping-pong dans un patronage voisin. Le grand-père est alité. Et la jeune Mazalto (18 ans) parvient à fuir par une fenêtre. Elle se précipite à la gare et prend un train pour Paris où elle rejoint sa tante Léa ».
« En dépit de ses difficultés à marcher, une vieille dame, Melle Cueff, locataire de l’immeuble, va avertir Jacques de la descente de police et l’enjoindre à prévenir ses parents. Par l’intermédiaire du docteur Quiniou, le couple et son fils seront conduits par un boulanger de Plourin-lès-Morlaix, François Le Lay, dans une maison protestante de Trémel (22) où ils resteront cachés par le pasteur Guillaume Le Quéré jusqu’à la libération », poursuit Marie-Noëlle Postic.
Esther Lévy, âgée de 32 ans, aura moins de chance. Arrêtée, elle est conduite au commissariat. Où Joseph Le Lourec, secrétaire de police et longtemps voisin de la famille, va chercher à l’aider. « Il avait laissé une porte ouverte le soir pour qu’elle puisse s’enfuir. Mais le lendemain matin, elle était toujours là. Elle dira au policier qu’elle n’avait pas voulu fuir comme une voleuse ».
Internée à Rennes durant un mois et demi, Esther Lévy arrivera à Drancy le 25 novembre. « Comme sa fiche le prouve, elle a déposé 3 462 francs (environ 700 €) au bureau des fouilles, détaille la chercheuse. Dans un premier temps, elle fut considérée non déportable car d’origine turque, nationalité alliée de l’Allemagne nazie. Mais sa protection lui fut déniée quelques semaines plus tard et, le 20 janvier 1944, elle fut déportée à Auschwitz par le convoi 66 ». Elle n’en est jamais revenue.
C’est dans ce même camp de concentration allemand que David Selinger a péri, lui aussi. Ce juif polonais vivait également à Morlaix, où il avait ouvert un magasin-atelier de fourrure, « L’Ours blanc », en 1926. Trois mois après la rafle du vél’d’hiv (le vélodrome d’hiver à Paris) qui a emporté plus de 13 000 juifs vers les camps de la mort en juillet 1942, l’occupant allemand donna l’ordre de procéder à des arrestations complémentaires », indique Marie-Noëlle Postic.
Le commerçant morlaisien fait partie des malheureux. Interpellé par la police française le 9 octobre 1942 à son domicile, il est conduit à Drancy. Et le 4 novembre, il est déporté par le convoi 40 dans lequel sont entassés un millier de juifs. Sans billet retour. Il avait 49 ans.
Une plaque dévoilée ce dimanche matin
La septuagénaire a envoyé un premier courrier à la mairie en septembre 2016. Sans réponse. Jusqu’à la cérémonie du 2 juillet dernier à Trémel, où les époux Le Quéré, qui ont caché la famille Lévy durant la Seconde Guerre mondiale, ont été reconnus Justes parmi les Nations. « Ce jour-là, après avoir échangé avec Marie-Noëlle Postic, je me suis engagée à ce qu’une plaque soit inaugurée », indique Agnès Le Brun, en saluant « le travail exemplaire » effectué par la retraitée de Plounéour-Ménez.
Sous l’occupation, Marie et Guillaume furent leur bonne étoile « Cette plaque est d’une très grande importance pédagogique. Elles sont rares dans le Finistère. À ma connaissance, il y en a une Douarnenez, une à Brest et une autre à Plounéour-Ménez. Elle rappelle que ces gens-là ont existé et que la France a été capable de participer à de tels actes. Et c’est un moyen de ne pas oublier que, ces dernières semaines encore, il y a eu en France de violents actes antisémites », termine la chercheuse, en précisant qu’elle n’a pas d’origines juives.
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018 photo Jean-Luc Le Calvez
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018 photo Jean-Luc Le Calvez
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018 photo Jean-Luc Le Calvez
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018 photo Jean-Luc Le Calvez
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018 photo Jean-Luc Le Calvez
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018 photo Jean-Luc Le Calvez
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018 photo Jean-Luc Le Calvez
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018, photo Pierre-Yvon Boisnard
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018, photo Pierre-Yvon Boisnard
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018, photo Pierre-Yvon Boisnard
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018, photo Pierre-Yvon Boisnard
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018, photo Pierre-Yvon Boisnard
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018, photo Pierre-Yvon Boisnard
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018, photo Pierre-Yvon Boisnard
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018, photo Pierre-Yvon Boisnard
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018, photo Pierre-Yvon Boisnard
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018, photo Pierre-Yvon Boisnard
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018, photo Pierre-Yvon Boisnard
manifestation pour la défense de la cardiologie à l'hôpital de Morlaix, 28 avril 2018, photo Pierre-Yvon Boisnard
2000 personnes et encore une très forte mobilisation à Morlaix pour défendre le service de cardiologie, après celle du 2 décembre dernier qui avait réuni autant de monde.
Les photos de Pierre-Yvon Boisnard et de Jean-Luc Le Calvez en attestent.
Le combat ne fait que commencer!