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Avant l’envoi d’une « lettre aux Français » à 5 millions d’exemplaires et un grand meeting à Marseille, début février, le candidat du PCF à la présidentielle devait inviter, lors de ses vœux lundi soir, à ne rien lâcher « face au mur de l’argent ».
À moins de trois mois du premier tour, le marathon présidentiel commence, doucement mais sûrement, à prendre l’allure d’un sprint. Si, à gauche, tous les candidats ne sont pas encore définitivement sur la ligne de départ, le communiste Fabien Roussel devait, lui, annoncer, lundi soir, une « nouvelle phase » de sa campagne pour amorcer ce tournant. Devant un parterre d’invités réunis – en nombre limité, Covid oblige – place du Colonel-Fabien, le prétendant du PCF à l’Élysée devait lancer un « appel » aux Français, au « monde du travail et de la création », et à la jeunesse, pour « construire la France des jours heureux » et « refonder la gauche ». « Quels qu’aient été vos votes dans le passé, quelles qu’aient été vos préférences à gauche, même si vous n’avez jamais voté communiste, vous avez la possibilité d’ouvrir à la France le chemin d’un autre destin ! » devait-il lancer, invitant chacun à « envahir cette élection, mettre dehors les libéraux, les corrompus et la République des privilèges pour construire une République sociale, démocratique et laïque au service du peuple et de la nation ».
Après avoir, une nouvelle fois face à la pandémie, exigé des actes pour la levée des brevets sur les vaccins ou les salaires des premières lignes, le candidat du PCF embraye sur « le cœur de (sa) campagne » : « Reprendre le pouvoir à la finance » en vue de « réformes heureuses, populaires, garantissant à nos enfants un avenir, dans une France du travail, créatrice, pacifiste, fraternelle, belle, respectueuse du vivant et mettant toutes ses richesses au service du climat et de chaque être humain ». « Déterminé » à « augmenter les salaires », à « investir dans nos services publics en recrutant 500 000 agents », « à sortir des énergies fossiles et à baisser les factures de gaz et d’électricité des ménages comme des entreprises », Fabien Roussel a saisi l’occasion d’affirmer sa méthode : « Faire tomber le mur de l’argent. » « Le gouvernement a distribué 250 milliards d’euros aux entreprises sans aucune contrepartie. Et 57 milliards d’euros de dividendes ont été versés aux actionnaires du CAC 40 », devait ainsi rappeler le parlementaire, plaidant pour « nous réapproprier nos moyens de production afin de décider de ce que nous produisons et comment ». Un message qu’il doit également adresser aux Français dans une « lettre » diffusée dans les prochains jours à 5 millions d’exemplaires.
Alors que le dernier sondage OpinionWay lui prête désormais 3 % des intentions de vote, à égalité avec la candidate socialiste, Anne Hidalgo (derrière Christiane Taubira 4 %, Yannick Jadot 5 %, et Jean-Luc Mélenchon 10 %), Fabien Roussel s’est félicité du chemin déjà parcouru : « Depuis six mois, bien des choses ont changé, bien des regards se sont modifiés à notre égard. Tout le monde reconnaît aujourd’hui notre originalité, notre sincérité, notre singularité et la cohérence de notre projet. »
Au passage, le secrétaire national du PCF ne se prive pas de revenir sur la polémique autour de ses déclarations sur la « gastronomie » pour envoyer un tacle à quelques-uns de ces concurrents : « Pour certains, la priorité est d’interdire la viande, les voitures ou les centrales nucléaires, sans proposer aucune alternative crédible pour répondre aux besoins des Français et sauver le climat. Ceux-là sont coupés du peuple. » Dans la matinée, invité de France 2, le candidat avait déjà assuré que « pour défendre le bifteck des Français, il faut avoir un bon salaire, une bonne retraite ». Tout en engageant à construire « une gauche nouvelle, populaire, sociale, républicaine », il a aussi appelé à serrer les rangs. Tandis que, la veille, le député PCF Sébastien Jumel a officiellement annoncé son soutien à Jean-Luc Mélenchon, les élus communistes ont été invités « à ne pas céder aux tentatives de division, à ne pas jouer personnel mais collectif ».
Pour marquer le plus de points possible, Fabien Roussel entend mobiliser toutes ses troupes. L’agenda est d’ailleurs chargé. Outre la distribution de la « lettre aux Français » par les militants des « comités locaux des jours heureux », le PCF ambitionne la tenue de 500 réunions publiques dans la foulée de la présentation des 180 mesures de son programme, le 24 janvier. Le tout avant le « premier grand meeting national » de l’année, le 6 février, à Marseille.
AG de rentrée 2022 des communistes finistériens à Pont-de-Buis -
Ce samedi 15 janvier 2022 au matin, les représentants des 18 sections finistériennes du Parti communiste et des 865 adhérents du PCF Finistère (40 nouveaux adhérents en 2021 en dehors des mutations) étaient réunis à Pont-de-Buis, salle François Mitterrand, de 9h30 à 12h45, pour échanger sur la situation politique et sociale, s'organiser pour la campagne présidentielle de Fabien Roussel et les élections législatives qui viendront après. Merci à tous les camarades qui vont le déplacement!
Une AG des secrétaires et représentants de fédération avait lieu au même moment à Colonel Fabien à Paris où nous représentait Enzo de Gregorio.
Un bon débat de 3 heures jusqu'à 12h45 avec un peu plus de 40 camarades, suivi par un repas fraternel au restaurant Le Marléa juste à côté de la salle François Mitterrand pour ceux qui le souhaitaient.
Toutes et tous mobilisé.e.s pour la campagne de notre candidat aux présidentielles Fabien Roussel, le succès des nouvelles formules de l'humanité, et la préparation des législatives!
Dans le Finistère, 400 personnes sont d'ores et déjà inscrits sur le Comité de Soutien à Fabien Roussel ce 15 janvier après-midi. Objectif d'étape rempli! Prochaine échéance: 1000 soutiens au 10 avril, 50 supplémentaires par semaine, grâce au porte-à-porte dans les circonscriptions du Finistère avec le programme des Jours Heureux, la lettre aux Françaises et Français de Fabien Roussel, nos documents thématiques présentant les différents volets de notre projet.
Le 24 janvier prochain Fabien Roussel présentera le programme complet de notre candidature, présenté sous la forme d'un livret à 2 euros.
Et le 6 février prochain, au lendemain de notre Conseil national, nous aurons le premier grand meeting national de l’année, au Parc Chanot à Marseille.
Le 17 mars, Léon Déffontaines, le secrétaire de la JC et un des 5 porte-paroles de Fabien Roussel, sera dans le Finistère, à Brest, à la fac Ségalen, pour une réunion publique sur les attentes de la jeunesse dans cette campagne présidentielle.
Au mois de février ou de mars, Ian Brossat, le directeur de campagne de Fabien Roussel, devrait venir dans le Finistère pour un meeting départemental.
Pour s'inscrire sur le comité de soutien finistérien: dupont.ismael@yahoo.fr
Photos de nos camarades Daniel et Eugénie.
Photo de Jean-Paul Lecoq - Maison des Syndicats, Brest, 9 janvier 2022 - Réunion publique pour le désarmement nucléaire, une Europe militarisée et de paix
Photo de Ismaël Dupont - Maison des Syndicats, Brest, 9 janvier 2022 - Réunion publique pour le désarmement nucléaire, une Europe militarisée et de paix
Noëlle Péoc'h a présenté les intervenants et la réunion publique pour le Mouvement de la Paix du Finistère -Début de la journée de mobilisation pour la paix et le désarmement nucléaire à Brest avec une rencontre des délégations étrangères pour la paix à la maison des syndicats. En présence du député PCF Jean-Paul Lecoq
Photo de Jean-Paul Lecoq - Maison des Syndicats, Brest, 9 janvier 2022 - Réunion publique pour le désarmement nucléaire, une Europe militarisée et de paix
Jean-Paul Lecoq, député communiste, membre de la commission Affaires Etrangères de l'Assemblée Nationale et rapporteur sur la question de l'armement nucléaire, était présent à Brest, à la maison des Syndicats et à la manif pour la Paix et le désarmement nucléaire: la France dépense chaque jour 14,5 millions d'euros pour moderniser l'arme atomique. Alors que les États européens considèrent en réalité que les menaces sont plutôt numériques et terroristes. Quel sens ont de telles depenses? Dans la symbolique, l'idée européenne mérite mieux que ça, qu'une première réunion de la présidence française de l'Europe dans le siège de la force de frappe nucléaire européenne, Brest! Quel symbole!
Stéphane Creach (CGT): 92 pour cent de l'industrie d'armement a été livrée aux groupes privés. ça aussi, il faut en parler!
Ce dimanche 9 janvier, de 11h à 13H30, c'était une réunion publique du Mouvement de la Paix qui sonnait le début de la mobilisation pour la paix et le désarmement nucléaire, la sortie de l'OTAN et une autre politique européenne de défense.
100 personnes ont pu participé à cette réunion publique à la maison des syndicats de Brest avant la grande manifestation de 14h place de la liberté a Brest.
Avec à la tribune Roland Nivet, président du Mouvement de la Paix, Alain Rouy, du Bureau International de la Paix, plus vieille organisation pacifiste mondiale et plus large réseau mondial d'organisations pacifistes, des pacifistes portugais et belge (organisation flamande pour la paix).
En présence de Jean-Paul Lecoq député communiste rapporteur de la commission Défense et de l'assemblée nationale sur l'armement nucléaire et de la co-responsable de la commission paix et désarmement d'EELV.
Noëlle Péoc'h pour le Mouvement de la Paix, Roland de Penanros pour le CIAN 29, des militants de la CGT comme Stephane Créach, des militants du PCF, du MLNE, du MRAP, le porte-parole d'ICAN France, Jean-Marie Collin, sont également intervenus.
Une réunion publique très intéressante sur les questions de la militarisation de l'Europe et du monde, avec le doublement des dépenses mondiales d'armement en deux décennies, la politique de l'OTAN et les orientations de la défense européenne:
Jean-Paul Lecoq, député communiste du Havre membre de la commission Défense : " la France dépense chaque jour 14,5 millions d'euros pour moderniser l'arme atomique. Alors que les États européens considèrent en réalité que les menaces sont plutôt d'ordre numérique et terroriste. Quel sens ont de telles dépenses? Dans la symbolique, l'idée européenne mérite mieux que ça, qu'une première réunion de la présidence française de l'Europe dans le siège de la force de frappe nucléaire européenne, Brest! Quel symbole! C'est ça l'ambition européenne de la France?"
Conférence régionale du PCF Bretagne en viséo - une partie de la délégation finistérienne à la fédération du PCF Finistère à Brest, 5 rue Henri Moreau
C'était hier, samedi 8 janvier, avec pour la délégation finistérienne, Gladys Grelaud, conseillère régionale PCF, qui a développé sur les positions du PCF et enjeux sur le logement en Bretagne et sur la mise en place d'un réseau de réflexion et d'intervention sur les transports, mobilités, et le ferroviaire, avec les syndicats et comités d'usagers, Enzo de Gregorio, candidat aux dernières régionales, Gilbert Sinquin, Christian Beaumanoir, Christian Gagou, Marion Frances, Michel Tudo, Yvonne Rainero, Dominique Gontier, Pierre-Yves Thomas, Ismael Dupont qui représentaient la fédération du Finistère.
D'intéressants débats sur le logement et les transports en Bretagne, l'installation de nos 4 élues communistes bretonnes (Delphine Alexandre, Gladys Grelaud, Katja Krüger, Gaby Cadiou) et leurs premiers mois de mandat, les liens entre la réflexion et les initiatives des adhérents, leur expertise d'usage, et les interventions des élues communistes au Conseil Régional, sur le bilan de la campagne des régionales et la manière dont elle a été conduite, sur les thèmes, propositions et batailles a mettre sur la place publique fortement les prochains mois.
Jean-Paul Lecoq, député communiste du Havre, membre de la Commission Défense de l'Assemblée Nationale, sera à Brest le dimanche 9 janvier à 14h pour la manifestation pour la Paix, une autre politique internationale, de défense et vis-à-vis des réfugiés et migrants de l'Europe, et le Désarmement nucléaire.
À quoi sert la diplomatie ? C’est à cette question que souhaitent répondre les députés communistes en organisant un débat au Parlement visant à faire le « bilan des actions de la France pour faire respecter le droit international ». Entretien avec Jean-Paul Lecoq, député PCF de Seine-Maritime.
L’élu PCF Jean-Paul Lecoq appellera, ce jeudi, à ce que la France retrouve une diplomatie axée sur la défense de la paix, plutôt qu’une diplomatie de plus en plus dirigée vers les seuls intérêts économiques de court terme. Entretien.
Pourquoi avoir tenu à organiser ce débat ?
Jean-Paul Lecoq Parce que l’on ne parle quasiment jamais de ces questions. Le rôle que joue la France pour faire respecter ou non le droit international est devenu un sujet tabou à l’Assemblée nationale. Cela fait plus de quatre ans que je pousse pour avoir une discussion. C’était pourtant un véritable sujet de réflexion, il y a vingt ans, sur lequel la France pouvait s’enorgueillir d’avoir une voix propre. Mais nous sommes passés d’une diplomatie des valeurs à une diplomatie des intérêts de la France. Nous avons fait évoluer notre système consulaire vers celui des affaires, des installations d’entreprises, des ventes d’armes… Le développement de la paix, des intérêts des peuples et du respect du droit international est de plus en plus mis de côté, alors que c’est le meilleur service que la France ait à rendre au monde…
La première partie du débat sera consacrée au cas du Sahara occidental. Pourquoi ?
Jean-Paul Lecoq Là encore parce qu’on ne peut jamais en parler ! La France ne respecte pas les résolutions de l’ONU et la Cour de justice européenne a condamné le Maroc. Mais, à entendre le gouvernement, il n’y a aucun problème. L’idée selon laquelle le Sahara occidental appartiendrait au Maroc s’impose de plus en plus, sans aucun débat, comme si c’était naturel. Il faut pourtant reconnaître la volonté d’un peuple. Tant qu’il restera un Sahraoui, il y aura une résistance et un combat à mener pour la dignité humaine. La France a d’ailleurs la clé de cette affaire. Si seulement elle le souhaitait, elle pourrait être à la tête d’un mouvement pour une résolution pacifique du conflit. Mais, depuis des années, elle ignore la représentation du Front Polisario en France. Nous n’avons même pas exploité la période de cessez-le-feu et n’avons pas fait avancer le dossier depuis trente ans ! Si, demain, la France affirme au Maroc qu’il faut trouver une solution, si elle soutient l’organisation d’un référendum d’autodétermination défendu par l’ONU, alors tout peut changer.
Le rôle de la France concernant d’autres territoires et d’autres peuples sera-t-il également interrogé ?
Jean-Paul Lecoq Bien sûr, notamment sur Cuba. Il faut aussi que la France ose enfin élever la voix sur ce qui se passe en Palestine, avec l’instauration par Israël d’un État d’apartheid quasi permanent qui s’installe dans la vie quotidienne. Les exemples sont criants. La France ne doit pas l’accepter, et prendre des mesures fortes. « Si vous êtes très alliées avec le gouvernement israélien, alors dites-leur la vérité, ce n’est pas tenable autrement. » Voilà ce que je dis souvent aux autorités françaises. Un bon allié, comme un bon ami, doit savoir dire stop quand cela va trop loin. D’autant plus que les intérêts de la France ne sauraient être autres que les intérêts de la paix et du respect des peuples en Israël-Palestine comme ailleurs.
Une transformation radicale du rôle diplomatique de la France est-elle possible aujourd’hui ?
Jean-Paul Lecoq Cela doit le devenir. Le monde marche sur la tête et il s’agit, ni plus ni moins, de le remettre sur pied par l’action internationale et diplomatique. Cela ne peut pas être le business d’abord, sinon nous courons à notre perte, mais l’humain d’abord, la démocratie d’abord et la protection de la planète d’abord. Il faut donner à tous les pays les moyens d’un développement durable et écologique. C’est l’urgence. Au lieu de quoi, on dirige des miettes d’aide au développement là où l’on estime que la France doit sauvegarder des intérêts. Pire : on accepte tout et n’importe quoi, dès lors que nous avons des Rafale à vendre. Cela doit cesser. Force est de constater que l’aura internationale de la France s’abîme depuis qu’elle fait seulement du business. Elle est beaucoup moins respectée et écoutée. Au lieu d’inciter le monde à œuvrer pour la paix, nous nous sommes alignés sur la loi du commerce. Alors que nous devrions chercher à renforcer l’ONU, sortir de l’Otan et œuvrer à la dénucléarisation militaire.
Le 5 janvier, dessinateurs, journalistes et humoristes se sont retrouvés place du Colonel-Fabien, à Paris, pour parler liberté d’expression, sept ans après l’attentat.
« N ous avons décidé de construire cette soirée pour pouvoir rendre hommage à celles et ceux qui sont morts dans cet attentat islamiste. Et en même temps, à toutes celles et ceux qui, par leur coup de crayon et leur coup de pinceau, expriment et font vivre des idées. » C’est par ces mots que le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a introduit la soirée d’hommage aux membres de l’équipe de Charlie Hebdo assassinés le 7 janvier 2015. « Ils sont morts pour leurs idées, pour défendre des principes chers à notre République, des principes laïques », a également précisé le dirigeant communiste. Une République « issue de notre Révolution » ou encore de la « loi de 1905 qui ouvre droit au blasphème », mais aussi « de la loi Gayssot qui protège contre le racisme ».
Après avoir cité les noms des victimes, Fabien Roussel a rappelé qu’ils et elles étaient « éperdument attachés aux valeurs de justice, d’égalité, de liberté, de fraternité », qui animaient également « la Commune de Paris et les résistants qui ont risqué et perdu leur vie ». Le candidat à l’Élysée a également souligné que « les fanatiques ont toujours ciblé la culture » et rappelé le rôle émancipateur des artistes dans l’histoire de France, mais aussi dans les luttes ouvrières. « Dans toute notre histoire au PCF, nous avons voulu mettre l’art au cœur de notre combat pour l’émancipation. »
Autour du secrétaire national, des artistes sont présents pour cet hommage : l’humoriste Sophia Aram, le dessinateur Xavier Gorce. Ainsi que la DRH de Charlie Hebdo, Marika Bret. Dans la salle, on compte le dessinateur Plantu et l’essayiste Caroline Fourest. Entre les interventions des invités et le débat qui s’installe avec la salle, le besoin se ressent de se parler entre ceux qui accusent la gauche d’avoir « déserté » le combat pour la défense de la laïcité et le PCF. Sophia Aram insiste ainsi sur « le droit au blasphème, pierre angulaire de la liberté d’expression, n’en déplaise à tous les cons ». Xavier Gorce souligne une « peur insidieuse » contemporaine d’une époque où les réseaux sociaux s’enflamment vite : « celle de passer pour un réac, un raciste, un islamophobe ». Et le dessinateur de pointer la « responsabilité des mouvements de gauche », qui doivent « arrêter de céder du terrain face à ces injonctions ». Marika Bret considère qu’il faut « arrêter d’avoir peur du débat » sur les sujets liés à la laïcité : « Dans les lycées, c’est un peu vif, mais quand on leur explique, ça se passe très bien. »
Caroline Fourest, proche du Printemps républicain, se félicite de cette soirée hommage, jugeant qu’une dizaine d’années auparavant, « elle aurait été évidente ». « Ces anathèmes nous ont divisés, isolés, regrette l’essayiste : La laïcité serait islamophobe ? C’est de la folie, cessons d’utiliser ce mot », lance-t-elle, appelant plutôt à lutter « contre le racisme antimusulman ». Le débat gagnerait aussi en sérénité à arrêter les anathèmes sur l’islamo-gauchisme.
Reconnaissant les différences qui peuvent persister entre tous, le secrétaire national du PCF a lui aussi insisté sur l’importance du « droit au blasphème », le reliant également au droit fondamental de « ne pas être discriminé ». Il s’est néanmoins montré désireux de poursuivre le dialogue en perpétuant l’esprit Charlie. « Continuons à tisser ces liens qui nous font du bien », a-t-il proposé en fin de soirée. Il envisage « peut-être un autre rendez-vous l’année prochaine, peut-être même tous les ans ». Pour Fabien Roussel, il est temps de « défendre plus que jamais ces valeurs universalistes qui sont les nôtres et qui nous sont très chères ».
Quelques heures après la fin des débats à l’Assemblée sur la loi sanitaire, le candidat PCF s’est rendu à Villejuif dans un centre adapté aux besoins locaux.
Il n’est pas encore 14 heures, en ce jeudi ensoleillé, et déjà une quarantaine de personnes attendent leur tour. Bienvenue dans la nouvelle halle des sports Colette-Besson, à Villejuif (Val-de-Marne), transformée depuis le début de l’hiver en centre de vaccination. Quelques heures après l’adoption par l’Assemblée nationale du passe vaccinal et deux jours après l’insulte lancée par le chef de l’État à l’encontre des non-vaccinés, le candidat PCF à l’élection présidentielle, Fabien Roussel, s’y est rendu pour démontrer l’imposture de l’invective. Alors qu’il est situé au cœur d’un quartier populaire, « le succès (du lieu) a été salué par l’ARS », se félicite le maire de la ville, Pierre Garzon (PCF). Ici, nulle envie « d’emmerder » les Français non vaccinés, mais plutôt de convaincre, expliquer, dialoguer. « C’était notre préoccupation depuis le début », explique l’édile, pour qui « l’enjeu est culturel, de proximité et pédagogique ». Toute la question du fameux « aller vers », parfois mis en avant par le gouvernement mais dont l’application réelle laisse à désirer.
Sur place, Fabien Roussel questionne, s’enquiert du travail des personnels municipaux, des infirmières, des agents d’accueil. « Qui est là pour sa première dose ? Ou bien le rappel ? » lance le secrétaire national du PCF à la cantonade. Une main se lève. Un jeune homme attend d’être primo-vacciné. « Je me suis laissé convaincre », lance-t-il. Il habite dans la ville, non loin du centre. À ses côtés, Jean-Pierre, 66 ans et Villejuifois de toujours, raconte : « Mon médecin m’a convaincu, j’étais réticent au début. J’ai quelques pathologies, du diabète, de la tension… J’ai eu le Covid pendant les fêtes. Je n’ai eu aucun symptôme… » Difficile de savoir si c’est entièrement grâce au vaccin, mais Jean-Pierre « ne le regrette pas ».
Ici, on reçoit tout le monde et sans rendez-vous. « Pas besoin de s’inscrire sur Internet, sur Doctolib », précise Pierre Garzon. Face à la dizaine de personnes qui attendent l’injection, le responsable du centre, Nacer Kacimi, estime le rythme à « 400 vaccinés par jour, dont environ 25 de primo-vaccinés, 15 pour la seconde dose, le reste pour le rappel ». Et de détailler la méthode : « On reçoit des personnes qui ne seraient jamais venues sans ce lieu. Ce sont souvent les médecins de la ville, les pharmaciens qui envoient les gens. Et le samedi matin, on va vacciner directement chez ceux qui ne peuvent pas se déplacer, et ça marche super bien. » Une mobilisation de tous les acteurs de la commune à laquelle participe Yasmine, étudiante en pharmacie, qui donne de son temps libre pour venir faire des injections. La discussion avec Fabien Roussel s’engage : elle raconte les réticences, même si « beaucoup viennent car ils voient qu’il n’y a pas d’effets indésirables, de danger ». Pour elle, convaincre passe bien sûr par la proximité : « Il y a beaucoup de jeunes, de personnes que l’on connaît, ça compte », mais également par l’argument, en l’occurrence « éviter les lits d’hôpitaux et la réanimation… ».
Pour le candidat à la présidentielle, l’enjeu est de montrer qu’il est préférable « d’expliquer, de positiver sur ce qui peut convaincre plutôt que de stigmatiser les non-vaccinés ». Tout l’inverse d’un passe vaccinal « qui comme l’a dit le président est là pour emmerder ». Le député du Nord rappelle au passage, comme son groupe l’a fait à l’Assemblée, que la bataille contre le virus passe aussi par « la levée des brevets, et le travail en commun des chercheurs du monde entier ».