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Pour la cinquième et dernière fois du mandat, nous aurons la main sur l’ordre du jour de l’Assemblée nationale dans le cadre d’une journée d’initiative réservée, le 2 décembre prochain.
Nous avons souhaité mettre en débat des sujets qui sont au cœur des préoccupations de nos concitoyens. Sur le terrain, à leur écoute, nous savons à quel point l’avenir les inquiète. L’avenir de notre système de soins, l’avenir de notre planète, l’avenir de leurs enfants, telles sont leurs préoccupations premières, contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire.
C’est donc à l’aune de besoins criants de notre société que nous avons choisi d’organiser l’ordre du jour de l’Assemblée nationale le 2 décembre.
La journée débutera par l’examen d’une proposition de loi pour l’accès à la santé et la lutte contre les déserts médicaux. Nous défendrons des mesures concrètes pour permettre, au plus vite, de remédier aux difficultés d’accès aux soins rencontrées par des milliers d’entre nous.
Nous avons aussi choisi d’inscrire à l’ordre du jour une proposition de loi qui, si elle était adoptée, permettrait enfin de déconjugaliser l’allocation aux adultes handicapés dont le versement aux bénéficiaires reste aujourd’hui conditionné aux revenus du conjoint. Il s’agit d’une mesure d’humanité et de justice que nous défendons ardemment depuis 2018.
Cette journée sera également l’occasion d’ouvrir d’autres débats sur l’inéligibilité des personnes condamnées pour incitation à la haine, sur les inégalités scolaires et le manque de transparence du dispositif Parcoursup, sur le financement de la transition écologique, sur les problématiques de gestion de l’eau par les communes ou encore sur les manières de protéger nos biens communs.
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Le candidat communiste à l’Élysée a tenu sa dernière rencontre des jours heureux à Vénissieux, vendredi, sur le thème de l’éducation et de la formation professionnelle. Il dévoilera son programme complet en janvier 2022.
Vénissieux (Rhône), envoyé spécial.
Regardez le titre : “Profs absents, Leboncoin à la rescousse”. Voilà la réalité de notre école ! » s’inquiète Fabien Roussel, une du Parisien daté du 3 décembre à la main. Depuis Vénissieux (Rhône), pour sa sixième et dernière rencontre des jours heureux, le candidat du PCF à la présidence affiche son ambition : « reconstruire une école de la République qu’Emmanuel Macron a totalement cassée ». Le député du Nord ironise : « Parcoursup, c’est le Koh-Lanta de l’orientation, sans totem d’immunité et avec 90 000 jeunes bacheliers sans affectation. » Devant les quelque 500 participants, le dirigeant communiste a dévoilé ses pistes pour l’éducation nationale et la formation, issues d’un travail conjoint entre parlementaires PCF et syndicats. Une augmentation du budget de 45 %, pour atteindre 80 milliards d’euros, permettra notamment la mise en place d’une mesure phare : l’allongement du temps d’enseignement à l’école.
Un allongement qui passerait par le retour à la semaine de cinq jours en élémentaire, avec 27 heures d’enseignement hebdomadaire contre 24 aujourd’hui, et à 32 heures « en moyenne » dans les collèges et les lycées. « Dans les conditions actuelles, l’école est une course pour réaliser le programme », déplore le candidat. L’enjeu de cette mesure est donc de « faire l’école à l’école », sans devoirs à la maison, tout en « permettant d’élever les niveaux de connaissance de toute une classe d’âge, sans exception ». « On ne peut plus se satisfaire de la réussite, de temps en temps, d’un élève issu des catégories populaires », abonde Paul Devin, président de l’Institut de recherches de la Fédération syndicale unitaire (FSU).
Afin de « doter l’école primaire de plus de maîtres que de classes », tout en n’augmentant pas le temps de travail des enseignants, Fabien Roussel table sur le prérecrutement de 90 000 professeurs, avec un revenu au-dessus du Smic dès la sortie des études. « Avec cette mesure, nous voulons conserver la formation des enseignants à bac + 5 », assure Sébastien Laborde, membre de la direction du PCF. Ce prérecrutement serait conditionné à une obligation d’exercer au moins dix ans au sein de l’éducation nationale et viendrait concrétiser l’objectif de limiter le nombre d’élèves par classe à 15 en petite section, 20 en maternelle et primaire, et 25 en collège et lycée.
Interpellé sur la formation professionnelle par Séverine Brelot, cosecrétaire nationale du Snuep-FSU, le candidat plaide pour un « bac pro » en quatre ans, contre trois aujourd’hui, tout en rétablissant des enseignements culturels tels que la philosophie et la littérature. En outre, et répondant à une accompagnante des élèves en situation de handicap (AESH) présente dans la salle sur les conditions de travail, le candidat a assuré souhaiter leur « garantir un salaire digne, une formation et un statut ». Le député du Nord table également sur le recrutement de 90 000 AESH, mais aussi l’embauche « d’une agente territoriale spécialisée des écoles maternelles (Atsem) par classe », dans l’ensemble du pays « sans que les mairies aient à en assumer le coût ».
En développant ce programme pour l’école, Fabien Roussel clôturait vendredi le cycle de rencontres des jours heureux. Une page se tourne donc dans la campagne du communiste, qui prévoit de dévoiler son programme complet après les fêtes de fin d’année.
Par Ismaël Dupont, le 5 décembre 2021
Nous avons vécu de très beaux moments ce samedi après-midi, 4 décembre à Treverien et à Combourg pour fêter les 100 ans de Tintin, Célestin Perrigault, au côté des camarades du PCF d'Ille-et-Vilaine, Yannick Nadesan, Daniel Collet, Françoise Collet, Marc, Jeannie, Michel, etc, et une vingtaine de camarades du secteur de Combourg. En présence du maire de Treverien et du Conseiller départemental du canton qui s'est lui aussi exprimé.
J'étais venu apporter l'hommage et l'amitié des camarades du Finistère à Tintin qui s'est engagé au PCF et dans la Résistance dans le centre-Finistère, et qui a été élu à Plouyé avant de devenir journaliste.
Ce centenaire toujours jeune en esprit, plein d'intelligence, d'humour, de malice qu'est Célestin, peignait et exposait encore ses tableaux de paysage vibrants d'émotion il y a quelques mois et participe sans difficulté aux discussions, y apportant son expérience et son analyse politique aiguë. Yannick Nadesan, responsable du groupe communiste à Rennes et à Rennes-Métropole, l'a exprimé dans son discours.
On ne peut qu'être admiratif devant ce militant d'exception qui s'est engagé au parti communiste a Huelgoat en 1942, sous l'influence de Guillaume Lozac'h, menuisier, ami du docteur Jacq, revenu de l'internement à Châteaubriant quand le docteur Jacq, lui, a été fusillé à l'étang de la Blisière le 14 décembre 1941.
1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)
Célestin Perrigault s'est engagé ensuite d'abord comme instituteur de Locmaria Berrien dans le réseau de résistance FTP de Berrien, participant à des parachutages, des échanges d'information, des transmissions d'ordres de la résistance communiste, d'armes, et échappant à une rafle a Morlaix (suite à l'exécution de la maîtresse du commandant allemand de la place, un SS furieux et violent, Keller).
En 40, le jeune normalien originaire du nord de l'Ille et Vilaine (Monfort-sur-Meu, où il fut orphelin de mère et de père très tôt), exclu de l'école normale de Rennes pour indiscipline (il préférait les dessins satiriques et les blagues aux études: il se fait remarquer d'ailleurs pour ses caricatures de Hitler et Göring avant-guerre), s'est rendu dans le Finistère pour rejoindre l'Angleterre et continuer le combat, mais les bateaux étaient déjà bloqués a Plouescat quand il est arrivé, depuis Quimper, avec sa bicyclette.
Repassant par Huelgoat en vélo, il décide de s'y installer, une amie rennaise lui ayant dit le plus grand bien de la région.
Il est amoureux de Huelgoat dont il devient le populaire gardien de but de l'équipe de foot et se fiance et marie avec une jeune de Huelgoat, Yvonne Dual, avant de s'engager au PCF et en résistance chez les FTP.
Il obtient la croix de guerre à la liberation et devient élu communiste a Plouyé avant de revenir à Rennes pour y devenir journaliste pour le journal communiste breton Ouest-Matin où il écrit sous son nom et plusieurs pseudonymes, puis de nouveau instituteur et militant, puis dirigeant départemental du syndicat des instituteurs.
C'est une grande chance d'avoir pu connaître et honorer à l'occasion d'une chaleureuse fête d'anniversaire avec les camarades d'Ille-et-Vilaine que nous remercions de leur invitation ce grand témoin des combats de la résistance et des jours heureux.
Daniel Collet lui a d'ailleurs lu une très belle lettre d'amitié de Fabien Roussel, le candidat des Jours Heureux.
La victoire dès le premier tour de Xiomara Castro de Zelaya à l'élection présidentielle hondurienne, avec plus de vingt points d'avance sur son concurrent de droite et une participation record de 68 %, constitue une grande avancée pour le peuple hondurien.
Ce triomphe sans appel démontre la volonté claire du peuple hondurien de mettre un terme au règne de la corruption, du narcotrafic et du néolibéralisme, instauré par le coup d’État de 2009, qui avait conduit au renversement du président Manuel Zelaya et inauguré une série d'attaques du même type contre plusieurs dirigeants progressistes en Amérique latine.
Xiomara Castro, qui sera la première femme à occuper la présidence de la République, a mené depuis 2009 une lutte sans relâche, dans la rue et dans les institutions, pour combattre les auteurs et héritiers du coup d’État et leurs mesures anti-populaires. Lors de sa campagne, elle a annoncé vouloir mettre en place un nouveau modèle, socialiste et démocratique, qui mette fin à la pauvreté, réduise les inégalités et la violence, fasse avancer les droits des femmes et lance un processus constituant.
C'est donc un grand espoir qui s'ouvre au Honduras. Dans ce pays confronté à une grave situation sociale, économique et environnementale, cet espoir aura besoin d'un soutien résolu de la communauté internationale et des peuples solidaires pour se réaliser.
Le Parti communiste français (PCF) félicite Xiomara Castro pour sa victoire, ainsi que l'ensemble des militants du parti Libre à travers le pays, et assure le peuple hondurien de son soutien dans cette nouvelle phase de sa vie démocratique.
Parti communiste français,
Paris, le 30 novembre 2021
Ce mercredi 24 novembre, 27 personnes sont mortes dans la Manche, après le naufrage de leur embarcation de fortune. Majoritairement Kurdes d’Irak et d’Iran, ils et elles fuyaient la misère et le danger, bien souvent à la recherche de membres de leur famille résidant au Royaume-Uni.
Par son ampleur, ce naufrage a réveillé la mauvaise conscience des dirigeants européens, qui depuis des mois, voire des années, laissent pourrir la situation à la frontière franco-britannique, alimentent dans le débat public la surenchère anti-migrants, et construisent une Europe forteresse.
Oui, les larmes de crocodile de nombreux responsables politiques sont insupportables. Les mêmes qui proposaient la semaine dernière de construire un mur à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, déplorent aujourd’hui de la mort de ces 27 migrant·es. La réalité, c’est que depuis bien longtemps nos zones frontalières sont devenues des zones de grand danger pour les migrant·es, à commencer par la Méditerranée dans laquelle des dizaines de milliers se sont noyé·es depuis 2015.
Faire reposer toute la responsabilité sur les « passeurs », comme l’a fait le Ministre de l’Intérieur, n’est pas crédible. Evidemment, n’ayons aucune faiblesse à l’égard de ces trafiquants, qui pratiquent de fait la traite d’êtres humains. Chaque fois que cela est possible, ils doivent être arrêtés et lourdement sanctionnés.
Mais pense-t-on sérieusement que cela suffira pour tarir les flux migratoires clandestins ? En réalité, une seule option crédible est sur la table : agir en même temps pour traiter à la racine les causes des migrations forcées – à commencer par les guerres, les inégalités de développement, le dérèglement climatique – et ouvrir sans attendre des voies légales et sécurisées de migration, organisées et coordonnées au sein de l’Union européenne et avec ses partenaires, dont le Royaume-Uni.
Face au jeu dangereux des populistes britanniques, Johnson en tête, la France devrait hausser le ton et appeler à la renégociation des accords du Touquet et du traité de Sandhurst. Notre pays ne peut être relégué au rôle de vulgaire sous-traitant de la politique de chasse aux migrants de M. Johnson.
Au-delà, la France pourrait être motrice d’une véritable stratégie d’accueil, d’installation et d’accès aux droits en Europe, pour celles et ceux qui le souhaitent. Nous pourrions enfin rompre avec les discours haineux et xénophobes, qui ont pris bien trop de place dans le débat public national et européen.
Les communistes comptent bien aborder toutes ces questions dans le débat de l’élection présidentielle, et avant cela, à l’occasion de la présidence française de l’Union Européenne qui va débuter en janvier.
http://www.pierrelaurent.org/#le-deni-du-gouvernement-francais-doit-cesser
La France, l’un des principaux pourvoyeurs d’armes des monarchies du Golfe, vient de signer un nouveau contrat de 17 milliards prévoyant la livraison de 80 Rafale, 12 hélicoptères de combat et de missiles aux Émirats arabes unis (EAU).
Alors que la région connait des tensions considérables, cette nouvelle vague de militarisation alimente les conflits en cours, légitime les idéologies guerrières et n’assure en rien la sécurité des peuples. Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont déjà utilisé des armes françaises dans la sale guerre sans fin du Yémen qui a fait 377 000 victimes et provoqué un désastre humanitaire.
Cet accord prévoit également une coopération militaire renforcée avec un régime qui bafoue les droits humains (tortures, enlèvements), viole le droit international (crimes de guerre) et finance le terrorisme d’Al Qaïda péninsule arabique (AQPA).
Il faut une certaine dose de cynisme pour affirmer, comme le font le président de la République Emmanuel Macron et son ministre des Affaires étrangères Jean Yves Le Drian, que ces ventes d’armes assurent le rayonnement et la compétitivité de la France alors qu’elles sapent sa crédibilité.
Alors que le monde est plongé dans la tourmente des crises sanitaires et environnementales ainsi que dans une insécurité humaine croissante, nourrir les guerres est une folie.
La paix est un projet global pour l’humanité. Notre monde a besoin de solidarité et de coopération ce qui passe par la démilitarisation et la diminution drastique des dépenses d’armement. Ces exigences sont au cœur du projet porté par le candidat communiste, Fabien Roussel, à l’élection présidentielle.
Parti communiste français,
Paris, le 3 décembre 2021
De retour de Glasgow nous avons tiré les enseignements de la COP 26 lors du 5e Forum européen organisé par le Parti de la gauche européenne les 26 et 27 novembre dernier.
Tous les intervenants au panel climat, à Bruxelles, l’ont confirmé : le bilan de la COP 26 est décevant ! Échec total pour certains, verre à moitié rempli pour d’autres. Cependant toutes et tous conviennent qu’il est important de maintenir l’existence des COP. Outil du multilatéralisme qui permet aux petits et aux ONG de se faire entendre. Toutefois, la place trop importante laissée aux lobbies notamment des énergies fossiles est remise en cause. Selon les études on évalue leur nombre à 500 à Glasgow.
De nombreux sujets ont été abordés lors de notre panel : quel contenu donner à une transition juste, comment accélérer la sortie des énergies fossiles dont le charbon, la responsabilité des pays riches à l’égard des pays vulnérables, les enjeux de la stratégie de l’Union européenne avec le Pacte vert et l’ambition « Fit-for-55 ».
Si le président de la COP 26 a cherché à « maintenir en vie » l’objectif des 1,5°C de réchauffement de la planète pour 2100, à l’issue des débats, nous sommes très loin de réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales de 45 % d’ici 2030 comme préconisé par les scientifiques. Selon les études du Global Carbon Project les émissions pourraient même bondir de 4,3 % en 2021...
100% du réchauffement climatique est dû aux activités humaines. C’est un fait aujourd’hui établi, sans équivoque (GIEC)
Rappelons avant d’aller plus loin que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié le 9 août dernier son 6e rapport. L’appel lancé à cette occasion n’a pas été entendu par les chefs d’États dans l’enceinte du Scottish Event Campus à Glasgow. Pourtant le rapport proclamait l’urgence d’agir. « L’ampleur des changements récents dans l’ensemble du système climatique et l’état actuel de nombreux aspects du système climatique sont sans précédent, sur plusieurs milliers d’années.1»
Cependant le GIEC laissait entr’ouverte la porte de l’espoir :
Ce que nous redoutions est advenu. La COP 26 à Glasgow a réuni 196 pays. Si l’objectif des 1,5°C a été réaffirmé, les résultats sont insuffisants malgré quelques avancées partielles. Le compromis obtenu est le reflet des insuffisances de l’Accord de Paris qui ne comporte aucune contrainte. Le Pacte de Glasgow reflète également l’inaction des chefs d’États puisque très peu d’entre eux ont augmenté leur contribution nationale à la réduction des émissions de GES. C’est pourquoi le texte appelle donc à « réviser et renforcer » dès 2022 à Charm El Cheik, en Égypte, leurs objectifs car pour les scientifiques, après la COP 26, nous sommes sur une pente de 2,7C de réchauffement de la planète.
Ce résultat est frustrant pour toutes les forces progressistes (partis, syndicats, ONG, citoyens...) mais il l’est énormément plus pour les nations et les peuples les plus exposés, situés au Sud.
On peut considérer que l’Union européenne n’a pas assez exprimé sa solidarité en direction des pays en développement afin de les accompagner dans leurs actions d’atténuation ou d’adaptation. En effet c’est au Sud, là où les effets se font le plus durement sentir que les populations souffrent le plus du réchauffement climatique .
Or ces pays sont vraiment très peu responsables de la situation en comparaison des pays riches et industrialisés bien que ces derniers en subissent aussi les conséquences comme on l’a vu cet été (inondations, sécheresses, incendies, dômes de chaleur, montée des océans, pandémies, destruction de puits de carbone…).
Ainsi l’engagement des pays riches et industrialisés de verser 100 milliards de dollars par an décidé à Copenhague (2009), réaffirmé à Paris (2015) n’a pas été atteint à Glasgow. A peine 80 milliards constitués dont beaucoup de prêts ce qui renforcera la dette des pays en développement. Par ailleurs leur affectation ne couvre que 20 % des besoins d’adaptation. Selon un rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (Pnue) les besoins des pays du Sud sont de 5 à 10 fois supérieurs aux financements proposés. Ces besoins sont estimés - selon des fourchettes hautes - à 300 milliards d’ici à 2030 puis de 500 milliards en 2050. Pour le GIEC il faudrait consacrer de 1 à 2 % du PIB mondial pour agir concrètement.
Enfin, précisons qu’aucune compensation du manque à gagner n’est prévue. La demande d’un mécanisme de « pertes et dommages » a été exclue du Pacte.
Pour la première fois de l’histoire des COP, un texte international évoque la nécessaire réduction des énergies fossiles dont le charbon. Aussi curieux que cela puisse paraître les pays pétroliers ont toujours refusé de voir mentionné le terme « fossiles » dans les textes. Pour ces derniers, les COP doivent traiter uniquement les conséquences du réchauffement climatique pas les causes de celui-ci. Or les changements climatiques sont la conséquence de l’action humaine et en particulier de l’utilisation des énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole). L’amendement soumis, à la dernière minute, par l'Inde et la Chine a affaibli brutalement cette partie du texte. Ainsi le vote a consacré la formule « diminution progressive » en lieu et place de « disparition progressive ». Le président de la COP, le britannique Alok Sharma, s’est dit « profondément désolé »…
La COP 26 a eu pour mission de finaliser la boîte à outils de l’Accord de Paris. Il s’agissait d’harmoniser les annonces de réduction des GES par pays, de définir une fréquence commune, de décider les modalités du calcul du bilan de leur action, bref gagner en transparence en particulier pour éviter les doubles comptages liés aux marchés carbone... Il faudra attendre encore 2023 pour que cela soit le cas.
Les règles sur les mécanismes de marché carbone constituent un fort sujet de blocage en raison de leurs modalités techniques complexes, à forts enjeux politiques et économiques. Le recours aux règles du marché carbone, permettent d’échanger entre pays des réductions d’émissions à l’aide de quotas alloués à une entreprise ou un pays.
Nous savons, par expérience, que le marché carbone européen (système communautaire d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre EU-ETS, selon son acronyme anglais) a montré son inefficacité. Sur l’European Energy Exchange (EEX), la bourse européenne du carbone, la tonne de CO² se négocie actuellement aux alentours de 40€ contre 17 € il y a un peu plus d’un an.
En tant que progressistes nous ne sommes pas convaincus que les règles du marché soient de nature à répondre aux problèmes posés car ils privilégient toujours les profits. D’ailleurs, ces véritables droits à polluer que sont ces marchés carbone en Europe sont un échec avéré. La réforme engagée en 2019 est-elle de nature à rendre enfin le système efficace ?
Le 4 novembre dernier, plusieurs chefs d’États et de gouvernement (dont ceux de l’Italie et du Royaume-Uni, co-organisateurs, mais aussi de la France, de la Commission européenne et des États-Unis) ont co-signé une « Déclaration sur la transition internationale juste ».
Il s’agit de placer, au cœur des processus des transformations industrielles rendues nécessaires par de nouvelles modalités de production et de consommation, les enjeux de la préservation de l’emploi, les intérêts sociaux des salariés comme des citoyens. En Europe ce sujet trouve sa réalité avec la Déclaration de Silésie/Katowice en 2018 puis a été intégrée au Pacte vert européen en 2019.
La Confédération européenne des syndicats précise le concept : avancer vers une conciliation de la lutte contre le dérèglement climatique et de la réduction des inégalités sociales autour d’emplois dit « verts » et du slogan « pas d’emplois sur une planète morte ».
Les progressistes doivent impérativement investir ce champ. On peut effectivement douter de la bonne volonté des libéraux européens dans ce domaine. Se rapprocher des salariés et des syndicats des filières concernées (automobiles, mines de charbon etc..) est déterminant pour l’avenir d’une Europe de justice sociale et écologique. Nous sommes au cœur des enjeux de classe.
Lors de la présentation du Pacte vert européen, si le Parlement a contraint la Commission de rehausser l’objectif de réduction des GES de l’UE pour 2030 à -55 % -c’est une bonne chose- ; Ursula Von Der Layen, sa présidente a, pour sa part, déclaré :« ce qui est bon pour le climat est bon pour le business ».
En aucun cas, les principes du marché capitaliste tournés vers la satisfaction des profits ne sont mis en cause. On peut craindre les conséquences des règles du Pacte vert pour l’emploi et le pouvoir d’achat des Européens déjà lourdement pénalisés par les hausses des coûts de l’énergie privatisée et cotée en bourse en lieu et place de services publics.
D’autant que le 14 juillet dernier, la Commission a rendu public un paquet de 12 mesures regroupées sous l’intitulé »Fit-for-55 » qui vont de la révision de directives libérales à la mise en place de nouveaux outils dont des marchés carbone supplémentaires dans le transport et le bâtiment...
Les atteintes au climat et à la biodiversité, leurs conséquences, y compris en Europe, pour la vie du plus grand nombre appellent un changement de civilisation. Car selon le GIEC, aucun écosystème n’est capable de s’adapter à l’évolution actuelle. Notre monde est le résultat de l’action humaine aujourd’hui sous contrainte du capitalisme. On ne pourra bâtir un nouveau monde avec les recettes de l’ancien. Tant que la finance dominera l’économie, tant qu’un réel partage des richesses ne sera pas imposé et que le monde des communs n’émergera pas nous vivrons une époque de grands dangers pour l’humanité et la planète.
L’intervention des peuples est urgente et déterminante. Elle doit devenir massive. Les partis progressistes d’Europe ont rappelé leur indisponibilité lors de leur Forum à Bruxelles. Nous nous sommes donnés rendez-vous au printemps 2022 lors du sommet climat que Emmanuel Macron compte organiser au titre de la présidence de l’Europe qui débutera le 1er janvier. Ensemble mobilisons-nous pour préserver l’humanité et le climat. Il y a urgence !
Hervé Bramy
membre du PCF
responsable du groupe de travail Environnement du PGE
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Fabien Roussel était l'invité de Laurent Ruquier et Léa Salamé sur le plateau d'On Est En Direct, sur France 2, le 27 novembre 2021.
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"Je veux incarner une nouvelle gauche"
"Je veux incarner une nouvelle gauche : il y a besoin que ça change !" Extrait de l'émission du Quotidien du 23 novembre 2021.
https://www.facebook.com/roussel2022/videos/971422680115407/