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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 15:37

 

 

François Hollande a tenu sa première conférence de presse 6 mois après son élection. Aucune des inquiétudes des Français n'a trouvé de réponses dans la parole présidentielle. Le président de la République s'est livré à un exercice difficile : tenter de repeindre une politique de rigueur en politique de justice sociale. L'exemple le plus significatif étant le salto arrière accompli sur la TVA sociale. Parler de « restructuration des taux de TVA » ne fera pas disparaître les 7 milliards d'euros prélevés sur le budget des familles par l'impôt le plus injuste qui soit car exonérant les plus riches de payer en fonction de leur revenus. Il y a une grande déception, il confirme de report sine die du droit de vote des résidents étrangers. Ce recul fait mal à la gauche !

La pédagogie du renoncement a fait trop de dégât et donner bien des appétits au patronat qui monte le cran de ses exigences à chaque pas en arrière du Gouvernement. 309 milliards sont versés aux actionnaires et aux banques par les entreprises chaque année. C'est là que ce trouve le financement de la relance sociale dont a besoin notre pays.

 

Pierre Laurent, sénateur, secrétaire national du PCF

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 17:36
Communiqué du Front de Gauche Morlaix:  
 
Partout en Europe, l'austérité et le libéralisme autoritaire des gouvernements et de l'UE font des ravages, entraînant une augmentation du chômage et des inégalités, une baisse du pouvoir d'achat pour le plus grand nombre, un recul des services publics et des droits sociaux.
Pourtant, les richesses produites par les travailleurs n'ont jamais été aussi grandes. Comment n'aurions-nous pas aujourd'hui les moyens de financer des salaires convenables, une protection sociale de qualité, des retraites permettant de bien vieillir et des services publics satisfaisant les besoins sociaux pour tous alors que c'était possible dans les décennies passées avec un PIB moins élevé?  Force est de constater que les reculs dans la satisfaction des besoins sociaux ne viennent que d'un problème de redistribution des richesses, et non un problème de dette ou de déficits.
A l'occasion de la journée européenne d'action et de solidarité décidée par la Confédération européenne des syndicats, le Front de Gauche du pays de Morlaix appelle à participer massivement à la manifestation organisée par les organisations syndicales CGT, CFDT, FSU, Solidaires et UNSA le 14 novembre à Brest, avec un rendez-vous à 11h30 place de la liberté.
Cette manifestation pour l'emploi et la solidarité sera une occasion de montrer l'étendue de notre déception et de notre colère par rapport au reniement de ses engagements de campagne par François Hollande. Le changement, on l'attend toujours, le combat contre l'arrogance du monde de la finance aussi.  
La récente ratification du Traité budgétaire européen dans sa version co-produite par Merkel et Sarkozy et le pacte de compétitivité prévoyant la baisse des dépenses publiques, la hausse de la TVA et 20 milliards de cadeaux aux entreprises, prolongent la politique économique de la droite qui a pourtant été sanctionnée avec la défaite de Sarkozy.
Il ne faut pas nous laisser voler notre victoire. Le peuple doit être dans la rue pour faire pression sur le gouvernement et imposer une rupture avec les politiques de régression sociale. C'est une nécessité pour aller vers plus de justice sociale et sortir notre pays de la crise.
Un covoiturage sera organisé par le Front de Gauche à partir de Morlaix pour ceux qui souhaitent se rendre à Brest pour manifester, avec un rendez-vous à 10h30, place René Cassin.  
front de Gauche Morlaix
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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 10:33

              Assemblée Générale du collectif Front de Gauche du Pays de Morlaix

                         le lundi 12 novembre à 18h
                  local du PCF - 2, petite rue de Callac- à Morlaix  
  
A l'ordre du jour:
- Bilan de l'activité depuis septembre et des Assises du Front de Gauche. Compte-rendu des Assises ou motions à envoyer éventuellement à l'échelon national.
- Modalités du passage en association. Penser les statuts.
- Quelle activité pour les prochains mois, les prochaines semaines? (distributions de tracts ou d'une feuille de chou locale, réunions thématiques, ateliers législatifs, à mener y compris en dehors de Morlaix...).  
 front de Gauche Morlaix
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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 12:20

Après la loi sur les tarifs de l'énergie, le Sénat, grâce au vote de résistance des communistes qui est aussi un vote constructif pour tenter de remettre la gauche et le PS sur de bons rails, a rejeté le 8 novembre (par 189 voix contre 152) la programmation budgétaire qui doit conduire à l'équilibre des finances publiques en 2017.

Le Ouest France d'aujourd'hui, comme la semaine passée, est assez approximatif voire intentionnellement mensonger dans sa présentation des choses parlant d'alliance contre nature UMP-Centristes- Communistes contre le PS et la gauche gouvernementale, d'"alliance de la carpe UMP et du lapin communiste".   

La droite a voté contre évidemment par automatisme oppositionnel et en approuvant l'hyper-austérité (la trajectoire des réformes dictée par le TSCG et la complaisance vis à vis des exigences du patronat) mais non les moyens de celle-ci parce que les revenus des riches et les profits des entreprises étaient selon elle encore trop imposés. 

Le PCF a voté contre pour faire réfléchir le gouvernement sur le respect de ses engagements en faveur du changement faits auprès des électeurs de gauche et sur les impasses de l'austérité et des solutions libérales appliquées désormais. Par-là même, il montre toute l'utilité d'avoir un groupe vraiment de gauche et indépendant du Président, même minoritaire, à l'Assemblée et au Sénat, afin que soient respectés les intérêts des salariés et des classes populaires.

Cela met en cause nettemment la légitimité de "gauche" des projets gouvernementaux alors que chez EELV et chez les parlementaires socialistes, malgré des réserves exprimées plus ou moins discrètement, c'est la solidarité automatique qui prime. EELV, critique vis à vis de la ratification du Pacte budgétaire, de l'ampleur de l'austérité imposée à marche forcée dont le mouvement perçoit les conséquences économiques désastreuses, et vis à vis du Pacte de compétitivité, vote tout de même les yeux fermés le budget et la loi de programmation budgétaire. Avec quel esprit de suite? Quelle cohérence? Quel sens des responsabilités? Tout cela pour garder des ministres au gouvernement qui ne cessent d'être mis en porte-à-faux avec des décisions gouvernementales d'importance.

Contrairement à ce que prétend le journaliste de Ouest-France, Michel Urvoy, que l'on connaît comme un social-libéral proche en idées de Dominique Strauss-Khan, puis de Hollande, "le Front de Gauche ne parie pas sur l'échec des socialistes": le Front de Gauche est certain en revanche que leurs orientations actuelles conduisent à l'échec social, économique et électoral et veut les en détourner pour faire réussir la gauche, c'est à dire améliorer la vie du grand nombre en réduisant les inégalités, la précarité, le chômage.  

A l'inverse de ce qu'affirme encore l'éditorialiste dont nous avons déjà eu l'occasion ici de dénoncer la partialité des points de vue, idéologiquement très orientés, le PCF n'agit pas ainsi comme "une petite formation qui a une capacité de pression bien supérieure à son poids politique réel" grâce au jeu des institutions et à l'absence de majorité absolue PS-EELV-Radicaux au Sénat. Ce sont au contraire ces institutions peu démocratiques qui favorisent l'hégémonie du PS et de l'UMP, disproportionnée par rapport à l'adhésion réelle des gens à leurs projets et à leurs valeurs. Ces mêmes institutions nous condamnent le plus souvent à l'inefficacité - alors que beaucoup de citoyens sont d'accord avec nos propositions, même s'ils peuvent voter pour le PS par réalisme électoral et crainte d'un plus grand mal (la victoire de la droite) - et éloignent les politiques menées par le gouvernement des aspirations de la majorité des Français, qui n'a assurément pas les mêmes intérêts que les banques et le patronat.

Et que penser de la formule purement malhonnête intellectuellement du patron des députés socialistes, Bruno Le Roux: "Les communistes, en faisant ça, n'aident pas la gauche"?

Il est grand temps que le PS, avec avec lui les médias socio-libéraux (Libération, etc...) cessent de croire que le PS peut être identifié à la gauche, toute la gauche.

Au mieux, il n'est qu'une partie de la gauche, celle qui penche vers le centre et les solutions économiques du libéralisme, suivant en cela la tradition démocrate américaine ou la nouveauté social-libérale allemande et anglaise des années 1990 plus que la tradition social-démocrate. La gauche en France a aussi d'autres références, une autre histoire, des électeurs plus exigeants, et si tout le monde ne peut évidemment être absolument d'accord à gauche, il est grand temps que le PS pense à écouter un peu les impatiences des millions d'électeurs qui ont voté pour lui, non pas simplement pour chasser Sarkozy, mais pour tourner le dos aux politiques qu'il a conduites et obtenir des progrès sociaux.

On espère ainsi que, dans l'intérêt de toute la gauche et du peuple, Jean-Marc Ayrault, après avoir reçu Eliane Assassi, présidente communiste du groupe Front de Gauche au Sénat, André Chassaigne, président communiste du groupe du Front de Gauche à l'Assemblée, et Pierre Laurent, co-président de la gauche européenne et secrétaire national du PCF, méprisera un peu moins nos avertissements, nos réclammations, nos exigences et nos propositions.

 

Ismaël Dupont.         

 

PS: voici en pièce jointe un entretien intéressant accordé hier par Marie-George Buffet à l'Express pour restituer le sens du vote des parlementaires communistes contre les lois relatives au budget.

 

Marie-George Buffet, ex-numéro un du PCF, a accusé jeudi le gouvernement Ayrault de multiplier les textes allant "à l'inverse des aspirations populaires", au lendemain du rejet par le Sénat du projet de programmation budgétaire.

Marie-George Buffet, ex-numéro un du PCF, a accusé jeudi le gouvernement Ayrault de multiplier les textes allant "à l'inverse des aspirations populaires", au lendemain du rejet par le Sénat du projet de programmation budgétaire.

Marie-George Buffet, ex-numéro un du PCF, a accusé jeudi le gouvernement Ayrault de multiplier les textes allant "à l'inverse des aspirations populaires", au lendemain du rejet par le Sénat du projet de programmation budgétaire.

"Nous ne sommes pas dans l'opposition, nous sommes à gauche et nous voulons que la gauche réussisse", a argumenté la députée de Seine-Saint-Denis sur LCI, interrogée sur ce vote acquis avec des voix UMP, centristes et communistes.

"Cette loi de programmation nous inscrit dans une politique d'austérité qui va nous mener à la récession, c'est-à-dire à un chômage de masse", a-t-elle affirmé.

L'addition de voix de droite et PCF ? "C'est l'UMP qui n'est pas dans son bon vote, puisqu'elle s'est prononcée pour le traité Merkel-Sarkozy qui, justement, instaure cette politique d'austérité", a-t-elle répondu.

Les sénateurs communistes, reçus dans la soirée par Jean-Marc Ayrault "vont lui demander de prendre des choix politiques qui nous permettent de sortir de la crise", selon l'ex-ministre.

Elle a critiqué la réduction supplémentaire de 10 milliards d'euros prévue par le gouvernement sur les dépenses publiques, car "1% de dépenses publiques, c'est du travail pour les entreprises privées, de l'investissement".

"Il faut revoir le budget de la France", a dit Mme Buffet qui a expliqué: "Ce n'est pas une question d'être dans l'opposition, la question, c'est d'être fidèles aux positions que nous avons défendues pendant la campagne électorale", et qui "visent à ce que la gauche fasse une politique qui répondent aux attentes populaires".

"Or aujourd'hui, le gouvernement multiplie les textes qui vont à l'inverse de ces aspirations populaires", a accusé l'ex-ministre du gouvernement Jospin.

"Nous avons besoin de relance économique, de salaires", a-t-elle plaidé.

Interrogée sur la "révolution copernicienne" pour la gauche mise en avant par le ministre de l'économie, Pierre Moscovici, à propos du pacte gouvernemental de compétitivité, elle a commenté : "c'est un tour à 180 degrés que fait le gouvernement Ayrault, "un tournant négatif, pour moi, de la part de la majorité socialiste, ils reprennent complètement les dogmes du Medef".

Selon la députée communiste "il faut s'attaquer aux charges financières qui asphyxient les entreprises" car "les dividendes mangent tout ce qui permettrait plus de recherche, plus d'innovation".

Quant à la hausse de la TVA, "c'est moins de pouvoir d'achat", selon Mme Buffet.

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 10:42

"Je prendrai des ini­tia­tives pour favo­riser, par de nou­velles négo­cia­tions, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je sou­tiendrai la recon­nais­sance inter­na­tionale de l’État pales­tinien ». C'était le 59ème enga­gement pris par François Hol­lande, can­didat à la Pré­si­dence de la République.

Or, il y a une semaine, le Premier ministre Israélien, Benyamin Neta­nyahou a été invité avec les honneurs et un dispositif de sécurité ébouriffant par le Président Hollande Hol­lande. Or, une semaine avant, on apprenait que le Likoud, le parti de Neta­nyahou, signait un accord électoral pour les législatives de janvier 2013 avec le parti d’extrême-droite d’Avidgor Lie­bermann. Voici l'analyse et la colère très justes d'une militante de l'Association France Palestine Solidarité, Françoise Diehlman, publiée sur le site internet de l'AFPS, un texte qui dénonce à raison les grands pas en arrière de Hollande par rapport à la défense du droit international et des revendications légitimes des Palestiniens:  

 

" C’est pour l’homme fort du Likoud, de la sainte alliance avec l’extrême droite, de l’occupation et de la colo­ni­sation, qui est en pleine cam­pagne élec­torale, que le Pré­sident de la Répu­blique déroule le tapis rouge.

On aurait pu attendre de François Hol­lande, un moment fort, qui aurait pu désta­bi­liser Neta­nyahou, s’il lui avait dit (rêvons un peu !) : « Moi Pré­sident de la Répu­blique, je vous ai invité pour vous dire que je me pro­non­cerai au nom de la France pour l’admission de la Palestine à l’ONU, Moi Pré­sident de la Répu­blique, je reconnais l’État de Palestine dans les fron­tières de 1967avec Jéru­salem Est comme capitale, Moi Pré­sident de la Répu­blique, je demande la sus­pension de l’Article 2 des accords UE-​​Israël, tant que vous et votre Gou­ver­nement ne met­tront pas fin à la colo­ni­sation, Moi Pré­sident de la République…

Seulement voilà, rien de tout cela. Pire ! Le Pré­sident s’aligne sur les posi­tions israé­liennes en appelant à des négo­cia­tions sans condition, sans préa­lable : « La France sou­haite la reprise – sans condition – des négo­cia­tions entre Israé­liens et Pales­ti­niens. Avec le même objectif, celui que nous pour­suivons depuis des années, c’est à dire de deux États : l’État d’Israël avec la sécurité qui doit lui être garantie et l’État pales­tinien qui doit pouvoir vivre ». Il écarte aussi « la ten­tation pour l’Autorité pales­ti­nienne d’aller chercher à l’Assemblée générale des Nations Unies, ce qu’elle n’obtient pas dans la négo­ciation ». S’adresser à l’ONU devient-​​il donc un acte qui dérange ?

Hol­lande est en recul par rapport à Sarkozy (c’est dire..), car ces mots ont été pro­noncés exac­tement un an après l’admission de la Palestine à l’UNESCO et un vote positif de la France. Le « sans condition préa­lable », très cher à Neta­nyahou, signifie que le Pré­sident Hol­lande accepte le refus israélien du droit inter­na­tional comme base de négo­ciation. Quid main­tenant pour la France de l’existence d’un État pales­tinien dans les fron­tières de 1967avec Jéru­salem est comme capitale ? Quid de la recon­nais­sance inter­na­tionale de l’État pales­tinien ? L’engagement 59 de François Hol­lande a fait pschitt ! A explosé en vol !

Le Pré­sident de la Répu­blique vient de marquer la rupture avec les poli­tiques menées par la France sur la question du Proche-​​Orient jusqu’à maintenant".

 

 

Voici maintenant la déclaration du PCF national par rapport à l'intensification de la colonisation décidée à Jérusalem- Est.  

Israël / colonisation : « Pendant combien de temps encore la France officielle restera-t-elle silencieuse et inactive ? »

 

Le gouvernement israélien, par la voix de son Ministère de l'Habitat, vient d'annoncer la construction de 1 285 nouveaux logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, mais dans la quasi-totalité à Jérusalem-Est.

Conforté certainement par l'absence de réactions aux dernières annonces, fin octobre, de la poursuite de la colonisation, Benyamin Netanyahou en profite en pleine impunité. D'autant qu'après son passage en France, et sa rencontre avec le président François Hollande – lequel avait pourtant placé son mandat sous l'égide de la Justice – il se sent à l'abri de toute condamnation puisque les plus hautes autorités françaises lui ont accordé un soutien gratuit et sans limite.

Le Parti communiste français condamne cette escalade coloniale illégale et illégitime. Pendant combien de temps encore la France officielle restera-t-elle silencieuse et inactive devant un tel mépris du droit et de la justice pour le peuple palestinien ?

 

colonisation-a-Jerusalem-Est.jpg

 

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 10:39

 

Obama réelu contre Romney : "Echapper au pire est une chose. Etre capable d'affronter les défis de l'avenir en est une autre"

 

La réélection de Barak Obama aura le mérite d'épargner au monde les dangers et les dérives ultra-conservatrices du Républicain Romney. Echapper au pire est une chose. Etre capable d'affronter les défis de l'avenir en est une autre.

Le bilan d'Obama ne plaide pas vraiment en la faveur de celui qui avait tant promis de changements pour finalement faire bien autre chose. Obama avait annoncé un nouveau départ avec l'Amérique latine, avec le monde musulman, avec la Russie, pour le désarmement nucléaire. On attend encore, sur tous les continents, le début du commencement de ces engagements. Même Guantanamo, ses 170 prisonniers, ses tortures subsiste comme un reniement sur le droit, les valeurs et la dignité de la personne humaine.

Obama a géré l'héritage désastreux de George Bush en quittant l'Irak, en négociant un retrait partiel d'Afghanistan... Mais qu'a-t-il donc fait d'autre que d'assumer des échecs stratégiques majeurs ? Il a péniblement mis en place un système d'assurance sociale insuffisant, mais l'ouragan Sandy, comme d'autres faits d'actualité, jusqu'à l'exploitation du gaz de schiste, ont révélé les carences béantes voire le mépris de la protection sociale, des services publics, de l'environnement, des libertés, des principes d'égalité et de justice sociale... dans la première puissance économique mondiale. Pourtant, c'est bien en fonction des choix qu'on doit effectuer face à la crise, face aux défis sociaux, écologiques, démocratiques qu'on pourra juger l'apport d'une politique et d'un gouvernement.

Aux Etats-Unis aussi la jeunesse a occupé la rue en posant de bonnes questions. Elle n'est certainement pas la seule à vouloir de nouvelles réponses à ses attentes légitimes.

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 09:02

Lionel Jospin remet aujourd'hui ses propositions de rénovation de la vie publique à François Hollande mais une partie du rapport de la commission qu'il préside a déjà été dévoilé par la presse.

Une déception déjà quant à la méthode: comme dans la refonte de la réforme des collectivités territoriales pilotée par Marylise Lebranchu, il n'est prévu aucun débat public, aucune implication des citoyens dans la réflexion sur le devenir de nos institutions et de notre République. Tout se passe entre experts, entre quelques élus, voire entre quelques élus du parti dominant.

Le choix de Lionel Jospin pour animer cette commission de rénovation de la vie publique n'était guère prometteur même si en son temps il passait pour le pape d'une République intègre et qu'il a fait indéniablement un vrai travail pour promouvoir la parité et le non cumul des mandats.

En effet, c'est l'ancien premier ministre socialiste qui, avec le passage au quinquennat et l'inversion du calendrier entre présidentielles et législatives, a aggravé le présidentialisme et la marginalisation du Parlement, réduit le plus souvent, du fait de sa composition majoritairement acquise au parti présidentiel et légitimée par sa victoire, à n'avoir pas d'autonomie comme force de proposition et à n'être qu'une caisse d'enregistrement des volontés gouvernementales.

De fait, les propositions de la "commission de rénovation et de déontologie de la vie publique" que préside Jospin ne cherchent en rien semble t-il à réduire la toute-puissance présidentielle, la marginalisation du Parlement et le bipartisme.

Conforme aux voeux conservateurs de François Hollande qui cherche à renforcer l'hégémonie du PS à gauche, la proposition de l'instauration d'une dose de proportionnelle de 10% (concernant 58 députés sur 577) aux législatives est très insuffisante: ce n'est qu'un amuse-gueule pour calmer les frustrations des partis autres que l'UMP et le PS et de leurs électeurs mais cela sera insuffisant pour restaurer une vraie vie parlementaire et une réprésentativité du Parlement par rapport à la diversité des sensibilités politiques en France.

Avec les résultats des législatives de juin dernier, le FN aurait peut-être 10 députés en plus, le Front de Gauche 5 députés, les centristes 4 députés, et EELV 2 ou 3 députés en plus, tandis que le PS raflerait 30% de ces 58 députés et l'UMP 25%. Qu'est-ce cela changerait fondamentalement au rapport de force au Parlement et à la domination absolue du parti ayant remporté les présidentielles? Rien.

Or, le problème est que les présidentielles se remportent avant tout sur la base d'un clivage droite-gauche aux contours assez flous et au contenu suffisamment ambigü pour ne pas engager trop précisément les vainqueurs, mais aussi sur la base de l'adhésion à une personnalité ou sur le refus d'un candidat ou d'un président sortant, sur des logiques de moindre mal et non sur l'adhésion majoritaire à un projet politique bien défini, et cela est d'autant plus vrai que les logiques publicitaires et l'influence médiatique tendent à dénaturer le sens politique de l'élection.

Dès lors, le pouvoir que confèrent les institutions au groupe politique qui a remporté les présidentielles et surtout à son leader et ses conseillers qui tendent à caporaliser ses parlementaires, est disproportionné. L'élection présidentielle devient un mode de légitimation complètement tronqué et peu démocratique d'une politique construite sans le peuple et de plus en plus souvent contre lui.

L'extension de la proportionnelle dans les propositions de la Commission ne concerne que les législatives semble t-il. C'est très insuffisant.

Quid des conseils communautaires (ce sera peut-être la reforme Lebranchu qui se chargera de définir les modes d'élection mais pour l'instant rien ne filtre ou presque...), du conseil général?

La commission ne paraît pas non plus faire de propositions pour aller dans le sens de permettre davantage d'implication populaire dans la politique et la vie publique, avec une place réelle donnée à la démocratie participative dans les processus de réflexion et de prises de décision, une facilitation du recours au référendum, un statut de l'élu permettant à davantage de personnes jeunes, salariées dans le secteur privé ou issues des classes populaires de s'investir en politique en pouvant bénéficier ensuite de formations pour avoir une reconversion professionnelle réussie. Il ne semble pas que l'on pense un vrai statut de l'élu dans les collectivités (communes, départements, régions...) avec des possibilités réelles de formation, de congés rendant la fonction conciliable avec le travail, des facilités pour la reconversion professionnelle.  

Aucune réforme du Sénat n'est envisagée.

La limitation du cumul des mandats n'est envisagée qu'en nombre et non dans le temps et en fonction de l'âge. C'est déjà une chose positive de vouloir avancer vers une stricte limitation du cumul des mandats interdisant d'être à la fois parlementaire et maire d'une commune ou président d'un conseil général ou régional et réduisant à un mandat exécutif local le cumul avec une fonction de ministre, de sénateur, de député.

Mais c'est encore insuffisant puisqu'on pourra toujours semble t-il, si l'on suit les travaux de cette commission, cumuler quatre mandats de député ou de maire consécutifs, avec les conséquences que cela peut avoir en termes de mainmise, de connivence ou de clientélisme  à l'intérieur de la vie politique, économique et associative locale, ainsi qu'en termes de vieillissement et de non-renouvellement du personnel politique et de ses idées, souvent en décalage avec l'évolution de la société civile et trop lié aux autres groupes dominants de la société (médias, milieux d'affaire...). Une généralisation des scrutins de liste à la proportionnelle avec des contraintes de parité serait sans doute une manière de parvenir à des assemblées d'élus représentant davantage la diversité de la population au niveau du genre, comme au niveau générationnel et social.

Si la commission semble vouloir rééquilibrer la présence dans les médias des représentants des partis politiques candidats aux présidentielles, rien ne semble proposé pour garantir une indépendance politique réelle des médias par rapport aux puissances d'argent.

La fin de l'immunité totale accordée au Président de la République pendant la durée de ses fonctions et la fin du statut d'exception accordé aux ministres, ne relevant actuellement que de la cour de justice de la République et non du droit commun, seraient des avancées réelles. Néanmoins, on peut regretter la restriction importante ajoutée pour que le président ne devienne pas un justiciable comme les autres: ainsi, la commission proposera seulement que le président de la République soit jugé pendant la durée de son mandat pour des actes "détachables" de sa fonction. Et si le Président de la République ordonne ou cautionne des crimes au nom de la raison d'Etat, la justice doit-elle rester impuissante à le poursuivre?  

Autre progrès de mon point de vue: les conditions d'accès à la candidature aux présidentielles se démocratisent, avec la possibilité d'être candidat à condition de récevoir un parrainage citoyen d'au moins 150000 signatures. Les campagnes des petits partis devraient également être mieux remboursées.

 

Globalement, cette commission dont les propositions devraient être examinées à l'Assemblée Nationale dès le début 2013 apporte de petites améliorations au système politique en place mais ne le transforme pas pour le rendre plus démocratique et rémédier vraiment à l'écart grandissant entre les Français et leurs élus et la marginalisation en cours de la souveraineté du peuple.     

 

Ismaël Dupont.

  

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 10:02

Jean-Marc Ayrault a annoncé que le gouvernement reprendrait la « quasi-totalité » des préconisations du rapport Gallois. Tout en ne suivant pas la voix d'une baisse des cotisations sociales, il confirme le choix d'un « choc de compétitivité », dès 2013, qui boostera les profits des entreprises de 20 milliards d'euros. Cela prendrait la forme d'un crédit d'impôt indexé sur la masse salariale jusqu'à 2,5 fois le SMIC, équivalent à une baisse de 6 % du « coût du travail ».

La perte de recettes pour l’État serait compensée, dès 2014, par une nouvelle baisse des dépenses publiques (10 milliards d'euros) et une hausse des impôts indirects (10 milliards d'euros) qui concernera la TVA, frappant aveuglément la consommation populaire.

Simultanément, le gouvernement entend mettre en place  une « nouvelle fiscalité écologique »  avec un prélèvement supplémentaire possible (3 milliards d'euros)  sur la consommation.

Les profits accrus ainsi dégagés iront principalement vers le placements financiers et les délocalisations puisque la demande intérieure s'en trouverait encore plus handicapée. En effet, le manque à gagner pour l’État serait payé cash en rationnement des services publics et en prélèvements accrus sur le pouvoir d'achat et la consommation, laquelle représente 56 % de la demande finale en France.

C'est un véritable coup de massue contre le pouvoir d'achat. Un choc oui, mais un choc avant tout pour celles et ceux qui, 6 mois après la défaite de Nicolas Sarkozy jour pour jour, attendaient autre chose que cette nouvelle cure d'austérité. Au contraire, le PCF préconise la baisse des charges financières d'intérêts et des dividendes qui étouffent le système productif français. Simultanément, il faut soutenir l'emploi, les qualifications et la demande avec la mise en place d'un nouveau crédit pour les investissements matériels et de recherche des entreprises dont le taux d’intérêt serait d'autant plus abaissé que ces investissements programmeraient plus d’emplois et de formation.

Une relance des services publics, soutenant la demande et l'efficacité de l'offre, avec l'exigence que la BCE en finance directement l'expansion en Europe est plus que nécessaire.

  

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 08:20

Souvenez-vous... C'était il y a un an. Sarkozy envisageait pour sa seconde présidence une hausse de la TVA pour baisser le "coût du travail" en réduisant de manière significative les charges sociales afin de "restaurer" les marges de profits des entreprises et de leur permettre d'embaucher. Au PS, hormis Manuel Valls favorable à ce "choc de compétitivité" faisant payer au peuple ces nouveaux cadeaux faits aux entreprises, on criait au loup, on dénonçait cette droite scandaleusement au service des riches.

 

Aujourd'hui, les mesures d'orientation économique qu'annonce le gouvernement s'accordent quasiment totalement avec les exigences du MEDEF et le projet de l'UMP pour la présidentielle 2012.

Ayrault utilise la même rhétorique que tous les gouvernements réactionnaires et libéraux partout en Europe pour justifier la réduction de l'Etat et le transfert de la charge de la solidarité des entreprises vers les classes moyennes et les pauvres. On connaît le refrain:  nous sommes prétendument au bord du gouffre, nous n'avons d'autre choix que les réformes structurelles, notre modèle social financé à coût de déficit et de chômage de masse (lié au coût pour la dynamique du secteur privé des charges sociales et des dépenses de services publics) est dépassé, il faut baisser les dépenses de l'Etat, réduire les coûts sociaux, libérer les entraves qui pèsent sur l'entreprise privée et les profits pour être plus forts dans la concurrence internationale féroce liée à la mondialisation.   

 

Là dedans, ce qu'on oublie: c'est qu'il possible - à condition d'abord de le vouloir - d'harmoniser les systèmes fiscaux et sociaux au niveau européen, de réduire la libre circulation des capitaux et la mise en concurrence des travailleurs, d'imposer du protectionnisme et des coopérations pour conserver des droits sociaux protecteurs et de l'emploi industriel, de réduire les ponctions actionnariales sur la valeur ajoutée des entreprises pour relancer l'embauche, la hausse des salaires, l'investissement dans la modernisation des produits et des modes de production. Ce qu'on oublie aussi: c'est que la réduction des charges sociales des entreprises, justifiée malhonnêtement par l'exigence de réduction du chômage, est utilisée depuis 30 ans sans effet sur celle-ci. C'est que sans augmentation ou maintien de la dépense publique et sociale en période de crise, la demande intérieure baisse et l'économie entre fatalement en récession, entraînant aussi une baisse des recettes fiscales et une augmentation de la dette.

 

Le mardi 6 novembre, Ayrault a donc justifié devant les députés du PS son "pacte de compétitivité". En termes de pacte, on aurait pu faire mieux, car le gouvernement a décidé unilatéralement de ces mesures pro-patronales, en transcrivant les propositions d'un technocrate mis à la tête d'entreprises par la gauche, Louis Gallois, sans engager dessus la moindre discussion avec les syndicats qui représentent les salarié.

Il a soutenu "un plan cohérent" que la droite "n'a jamais eu le courage de faire" Ayrault se vante ainsi de faire avec courage le sale boulot de la droite.

 

L'analyse de Hollande, de Ayrault et du gouvernement est la suivante: si le déficit commercial de la France se creuse, c'est parce que nos entreprises souffrent d'un handicap de compétitivité dans la concurrence internationale et que notre pays a pris du retard sur l'Allemagne dans la réduction du coût du travail par la stagnation des salaires et la baisse des dépenses sociales

"Notre économie a vu ses coûts de production s'écarter de notre principal concurrent... Il est nécessaire de redonner aux entreprises les moyens d'un repositionnement offensif durable dans la concurrence internationale pour celles qui y sont exposées, et pour l'ensemble des entreprises, de concourrir à la modération de leurs coûts" (extrait du document de présentation du Pacte de compétitivité cité par Libération le mercredi 7/11). Pour Jean-Marc Ayrault, ce pacte de compétivité a pris "la mesure de la gravité de la situation" : "la France vient de connaître dix ans de décrochage industriel". "Prolonger cette tendance, ce serait la certitude du déclin". Il faut construire "un nouveau modèle français" qui "consiste à retrouver le chemin de la création d'emplois et à ne plus nous financer par le déficit permanent". L'objectif de ce pacte est "de garantir par la performance économique, et non par les déficits la qualité de notre système de solidarité nationale". "La France n'est pas condamnée à la spirale du déclin mais un sursaut national est indispensable pour reprendre en main notre destin". Reste que ce "sursaut national" exige "la mobilisation de chacun". "Mon gouvernement n'a pas vocation à appliquer quelques rustines de plus à un système à bout de souffle, mais bien  à donner à la France les atouts nécessaires pour qu'elle réussisse dans la compétition nationale". "Nous reformerons pour repenser les modes d'intervention publique et dégager des économies durables et structurelles".

Les marchés financiers, le FMI, la Commission Européenne ne peuvent que se féliciter de cette volonté de baisse globale de la dépense publique alors que les besoins sociaux sont amplifiés par les effets de la crise: à la hauteur de 60 milliards d'ici       

 

Tout est dit: le gouvernement, qui reprend à son compte les thèses déclinistes en général portées par les milieux intellectuels de droite, affirme que la France souffre d'être ce qu'elle est, que sa tradition d'Etat fort, de dépenses sociales et de solidarité financées par l'entreprise la handicape de manière rédhibitoire, qu'il faut changer de système, libérer le monde de l'entreprise du poids de la solidarité, aller vers moins de dépenses publiques, accomplir en d'autres termes les mêmes réformes que Schröder en Allemagne, voire Tony Blair en Grande-Bretagne.

C'est à un parti qui se dit social-démocrate qu'il reviendra d'acculturer notre système social pour prendre en compte les contraintes de la mondialisation libérale et s'aligner sur les standards néo-libéraux qui se mettent en place progressivement depuis 30 ans en Europe.   

 

Libération titre à propos de l'annonce de ce pacte de compétivité voulu par Hollande: "Compétitivité. LE SOCIAL-REALISTE. Le plan présenté hier à la suite de la remise du rapport Gallois marque un tournant radical par rapport aux engagements de campagne de François Hollande".

 

Le quotidien dont les prises de position social-libérales sont anciennes et connues considère que ce plan pour la restauration de la compétitivité est inspiré par une volonté de "réalisme" ("la gauche est rattrapée par la réalité" dit Nicolas Demorand dans son éditorial (je dirai plutôt que la direction du PS nous rappelle la réalité de ses orientations politiques, qui est loin d'être de gauche, en matière économique et sociale du moins) mais ne minimise pas le virage à droite qu'il représente.

Le journaliste Grégoire Biseau commente quant à lui, en soulignant ce virage à droite mais en le jugeant à tort contraint par les circonstances: "ce "Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi"... est un véritable tournant. Qui prend la gauche à contre-pied et beaucoup d'engagements de campagne de François Hollande à rebrousse-poil. En annonçant hier un effort sans précédent de 20 milliards d'euros pour relancer la compétitivité des entreprises, le premier ministre a en tout cas posé "le socle du quinquennat", pour reprendre les mots de Thierry Mandon, le porte-parole du groupe PS à l'Assemblée Nationale. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce "socle" est contre-nature: après la désinflation compétitive du milieu des années 80, la gauche française se voit obligée d'assumer une nouvelle fois une politique de l'offre, généralement chérie par la droite. On comprend que le gouvernement joue-là une très délicate partition politique. Pour François Hollande, il s'agit, à n'en pas douter, d'une volte-face. De diagnostic d'abord, et de politique économique ensuite. Pendant sa campagne, il a toujours refusé d'appréhender la question du déficit de compétitivité sous l'angle du coût du travail. Six mois plus tard, le couple Hollande-Ayrault choisit d'administrer un choc inédit de 20 milliards d'euros, sous la forme d'un crédit d'impôts indexé sur la masse salariale de toutes les entreprises pour leur permettre de retrouver des marges... La droite avait claironné un peu vite que le rapport de Louis Gallois serait enterré sitôt publié. Le gouvernement a fait tout le contraire: à l'exception de la recherche sur les gaz de schiste, il a choisi de reprendre une très grande partie des 22 mesures du rapport de l'ex-patron d'EADS... Alors qu'il recommandait dans son rapport une baisse des cotisations sociales, Gallois reconnaît que le crédit d'impôt du gouvernement est à la fois "simple", et même "plus puissant" que ses recommandations..."

 

Quelles sont précisément les mesures annoncées par le gouvernement pour créer ce choc de compétitivité censé ramener 0,5% de croissance supplémentaire à l'horizon 2017 et créer 300 000 à 400 000 emploi?

 

- Augmenter les profits des entreprises en diminuant leur contribution à la solidarité nationale en espérant qu'elles créent plus d'emplois.

Ce sont les fameux 20 milliards de crédits d'impôt d'ici 2017 pour les entreprises (6% de la masse salariale pour les salaires n'excédant pas 2,5 fois le SMIC). Soit une baisse du coût du travail de 6% qui sera financée par une hausse de la TVA et une baisse de plus grande ampleur des dépenses publiques (pour les services publics, les solidarités, l'investissement dans les infrastructures utiles à tous). Ces 20 milliards d'euros correspondent à l'ensemble des exonérations actuelles sur les bas salaires (compris entre 1 et 1,6 SMIC), dispositif construit depuis une vingtaine d'années qui n'a pas réduit significativement le chômage mais qui a créé des effets d'aubaine pour augmenter les profits des entreprises et de leurs actionnaires et incité davantage encore à rémunérer sur des bas salaires.

Un temps évoquée, l'exigence de contreparties sociales en échange du crédit d'impôt a été abandonnée dans le projet final. Seul "encadrement" sans pouvoir contraignant aucun: les institutions représentatives du personnel (comité d'entreprise, délégués du personnel) donneront un avis sur l'utilisation de cette manne par l'entreprise. Dans les grandes boîtes, l'Etat ne mettra pas plus de conditions au versement de ce crédit d'impôt (par exemple, touchant la réduction de la ponction par les actionnaires au profit de l'emploi, des qualifications, des salaires, de l'investissement productif). Seulement, le regard des CE sera doublé par la présence de représentants des salariés au conseil d'administration (ou de surveillance) pour juger de la stratégie des entreprises.

Certains syndicats et partis politiques peuvent être soulagés que le gouvernement n'ait pas suivi la "piste Gallois" d'une destruction du modèle de financement de la Sécurité Sociale solidaire construit à la Libération par une réduction drastique des cotisations sociales et des entreprises et un transfert des exigences de financement de la protection sociale sur la CSG ou la TVA, mais, rendons-nous à l'évidence, si la Sécu est épargnée pour l'instant, ces mesures sont animées par le même esprit: décharger les profits financiers et des entreprises de la charge de la redistribution sociale et demander aux salariés, retraités de payer plus d'impôts pour accéder à des services publics de moins bonne qualité. En espérant que les conséquences immédiates pour le pouvoir d'achat seront compensées par une hausse de l'activité économique, une baisse du chômage créées par cette politique de l'offre... Or, c'est hautement improbable.

 

L'économiste Henry Sterdyniak, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans un entretien à Libération, affirme que cette stratégie de relance de la croissance par les cadeaux aux entreprises et la baisse des dépenses sociales est inévitablement promise à l'échec, et cela a d'autant plus de force convaincante chez un économiste qui n'est pas a priori classé parmi les critiques du système capitaliste en tant que tel:

 

"Faut-il rappeler que nous sommes dans une zone euro en recession? Depuis 2011, tous les pays qui ont adopté la monnaie unique en mis en place des politiques restrictives. On en connaît les conséquences: une demande atone, des entreprises qui ont des capacités de production inemployées et qui n'ont absolument pas besoin de faire le moindre investissement, et des profits en baisse. Ce sont essentiellement ces enchaînements-là qui expliquent la chute du taux de marge des entreprises en France et ce depuis le début de la crise, en 2007... En choisissant de favoriser l'offre, c'est à dire les entreprises, le gouvernement part du principe que le coût du travail dans l'industrie est trop élevé et que les entreprises paient trop d'impôts. Or, ce n'est pas ça qui explique la situation économique et sociale dans laquelle nous sommes plongés. Nous sommes en train de reproduire les choix faits par l'Allemagne et qui se sont révélés catastrophique pour une partie de l'Europe. En 1999, l'Allemagne s'est lancée dans une politique absurde de stagnation des salaires et de baisse des dépenses sociales. Les pays du Nord, qui ont mimé cette politique, ont certes gagné en compétitivité, mais en provoquant en fort déséquilibre de la zone euro. Des années durant, la hausse des salaires en France a suivi la hausse de la productivité. Rien de plus normal. Le problème de la zone euro, ce n'est pas la France, mais l'Allemagne. La France est en train de caler sa politique économique en voulant faire, comme en Allemagne, des gains de productivité coûte que coûte. L'ennui, c'est qu'elle adopte cette stratégie au moment même où les pays du Sud sont contraints d'être plus compétitifs. En clair, tout le monde fait la même chose au même moment. Le risque, c'est que cette baisse synchrone des coûts salariaux entre pays de la zone euro ne profite à aucun pays... Et qu'en revanche la zone euro s'enfonce encore plus dans la récession... Chacun peut comprendre qu'il faut plus de solidarité entre les pays de la zone euro, qu'il faut plus que jamais tout faire pour coordonner nos politiques économiques. Or, nous sommes dans une stratégie diamétralement opposée puisque chaque pays se lance isolément dans des politiques de compétitivité, le tout sur fond d'austérité".       

 

Cette analyse est frappée au coin du bon sens: la plupart des économistes qui plaident aujourd'hui pour l'austérité, la réduction de l'Etat et des solidarités, le choc de compétitivité par la baisse des salaires et de la contribution sociale des entreprises, travaillent aujourd'hui, travaillaient hier ou travailleront demain pour la finance et ne sont aucunement désintéressés. Un exemple caricatural: les économistes qu'interrogeait Ouest-France  hier pour commenter le pacte de compétitivité du gouvernement, et le juger bon ou pas assez ultra-libéral encore, qui travaillent pour les sociétés financières Natixis ou Coe-Rexecode.  

 

- Une hausse de deux des trois taux de  la TVA à partir de janvier 2012 pour financer ces cadeaux faits aux entreprises.

Le taux de TVA normale sera porté de 19,6% à 20%, celui de la TVA intermédiaire concernant la restauration et les travaux de rénovation passera de 7% à 10% ("gain" attendu pour l'Etat de 3,3 à 3,8 milliards). Augmenter la TVA, c'est augmenter l'impôt le plus inégalitaire et le plus injuste, puisqu'il pèse proportionnellement plus quand on a des faibles revenus. C'est prendre le risque d'entraver la consommation à un moment où le pouvoir d'achat des français a tendance à baisser globalement. C'est un non-sens et la baisse de la TVA (pour un coût attendu de 800000 millions) sur les produits de première nécessité de 5,5% à 5% peinera à cacher l'injustice globale de cette hausse de la TVA qui pourrait s'accompagner en 2013 d'une hausse de la CSG (le gouvernement ne l'exclut pas... donc on peut se douter qu'il le fera). La "TVA sociale" de Sarkozy et Valls est remplacée par la "TVA solidaire" de Ayrault avec la même signification: faire payer tout le monde, et à commencer les classes populaires et la classe moyenne, à la place des entreprises.

 

- Une amplification de la réduction des dépenses publiques au préjudice de la qualité des services publics rendus aux citoyens, de la relance par l'investissement public et de la réduction des inégalités. 

Le secteur public devra économiser 10 milliards d'euros supplémentaires d'ici 2017 (60 milliards en  tout: un plan de rigueur et de réduction de la taille de l'Etat et du secteur public que la droite n'avait jamais osé) et 2,5 milliards sur les dépenses d'assurance maladie: soit, de nouveaux déremboursements en perspective. Les collectivités territoriales seront bien évidemment touchés en même temps que les services publics essentiels tels que la santé, l'emploi, l'éducation, par cette nouvelle cure d'amaigrissement de l'Etat social. La réforme du financement de la protection sociale (dans un sens libéral probablement) sera préparée "psychologiquement" par un rapport du Haut conseil de financement de la protection sociale et fera l'objet d'un projet de loi des finances rectificatif en 2013.

 

Autres mesures discutables de ce "pacte de compétitivité" qui pour l'essentiel prolonge et renforce les orientations choisies par l'équipe Sarkozy les 5 dernières années:

- l'immigration choisie avec un "Passeport Talent" pour "favoriser l'accueil des compétences exceptionnelles venues de l'étranger" (rappelons qu'en dehors des dispositifs de bourse validés par des accords inter-gouvernemaux, des étudiants étrangers voulant venir étudier en France doivent avoir un compte en banque bien garni- environ 7000€ d'avance sur une année- ne peuvent pas toujours accéder à un logement aidé, doivent payer 150€ dans leur pays d'origine, en plus souvent de pots-de-vin pour passer devant une commission sous l'égide du ministère des affaires étrangères qui leur permettra ou non, sur des critères très sélectifs, de venir étudier en France).           

- la généralisation du recours à l'apprentissage au détriment des formations professionnelles plus qualifiantes et généralistes qui permettent une poursuite d'étude et la revendication de salaires corrects indexés sur des qualifications reconnues.

 

Les réactions des dirigeants du Front de Gauche hier étaient très sévères. Je les retranscris telle que je les ai trouvées (mea culpa, je n'ai pas acheté l'Huma hier: on ne le trouve plus toujours en maison de la presse malheureusement) sur le site internet du Figaro:  "«Pourquoi parle-t-on toujours du prix du travail et jamais du prix du capital?», s'est interrogé Jean-Luc Mélenchon. «Comment se fait-il que, dans notre pays, on paye deux fois plus d'argent aux actionnaires qu'on en donne en cotisations sociales aux travailleurs?», a-t-il insisté, jugeant «lamentables» les annonces du premier ministre. Sans surprise également, les réactions sont identiques au PCF où le secrétaire national Pierre Laurent aurait préféré que le gouvernement privilégie «la baisse des charges financières d'intérêt et des dividendes qui étouffent le système productif français». Tous dénoncent «le cadeau» fait aux entreprises, à savoir les 20 milliards d'euros de crédit d'impôt qui leur sera accordé à partir de 2014. Le député communiste André Chassaigne se dit «plutôt négatif» sur le plan gouvernemental. À ses yeux, le crédit d'impôt devrait être soumis à des critères en termes de «créations d'emplois, de recherche, de formation, de maintien sur le territoire».  «Nous avons battu M. Sarkozy... Imaginez la tête que l'on fait maintenant quand on découvre que l'on s'est débarrassé de l'homme, mais que l'on a gardé la politique" (Mélenchon).

 

Oui, décidemment les sénateurs du PCF et du Front de Gauche ont bien fait de voter contre la loi de programmation des finances 2012-2017 au Sénat le 31 octobre, permettant ainsi son rejet: on ne peut se permettre aucune complaisance face à la politique de fragilisation du service public et des solidarités conduite par le gouvernement qui trahit l'attente de changement des électeurs et perpétue une politique néo-libérale qui conduit toute l'Europe dans le mur.

 

Ismaël Dupont.

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 08:16

 

14 novembre : contre l’austérité, pour la solidarité !

 

Le 14 novembre, pour la première fois en Europe, une grève générale internationale est organisée par le mouvement syndical au Portugal, en Espagne, en Grèce, à Chypre et à Malte, et soutenue par les mouvements sociaux et des partis politiques. Dans le même temps, la Confédération européenne des syndicats a lancé un appel à une journée d’action et de solidarité coordonnée en Europe.

 

Cette mobilisation exceptionnelle émerge au moment où, partout en Europe, les politiques d’austérité organisent la baisse des salaires et des pensions, la destruction des droits sociaux, de la négociation collective et des services publics, et provoquent récession, chômage, précarité et misère. Elle témoigne d’une convergence des mobilisations qui se sont construites dans de nombreux pays contre ces politiques imposées sans débat démocratique, et qui mènent l’Europe dans le gouffre.

 

En France, le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique mène depuis des mois une mobilisation unitaire pour dénoncer l’instrumentalisation de la dette publique et l’imposition de politiques d’austérité économiquement stupides, écologiquement irresponsables et socialement injustes – touchant de plein fouet les populations les plus précaires, femmes, jeunes, ouvriers, mal-logés, immigré-es. En septembre, il a organisé des mobilisations contre le Traité budgétaire pour provoquer le débat public que le gouvernement tentait d'esquiver.

 

Aujourd’hui, le gouvernement poursuit sur une voie sans issue, avec un budget d’austérité qui essaye désespérément de tenir l’objectif irréaliste d’un déficit public limité à 3 % du PIB en 2013. En cédant aux sirènes du patronat qui réclame un « choc de compétitivité », il poursuivrait, comme en Grèce en Espagne et au Portugal, sur la voie mortifère du dumping salarial et de la remise en cause des protections collectives.

 

En France comme en Europe, l’austérité doit cesser ! Ce n’est pas de purges budgétaires ou de concurrence exacerbée dont l’Europe a besoin, c’est de solidarité, d’une meilleure répartition des richesses, et de démocratie !


C’est pourquoi le Collectif appelle à participer aux manifestations organisées à l’initiative de l’Intersyndicale le 14 novembre. Au-delà du refus des mesures inacceptables imposées aux peuples d’Europe du Sud, c’est un appel à se battre pour une autre Europe, solidaire, écologique et démocratique !

 

Le 14 novembre et après, le Collectif contribuera à l’émergence de mobilisations à l’échelle européenne. Il participe et soutient le processus de l’Altersummit, qui sera lancé lors de la rencontre européenne à Florence du 8 au 11 novembre.

 

Le 14 novembre montre la voie : les mobilisations contre l’austérité doivent converger pour une Europe sociale et solidaire !

 

Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique

 

Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique (http://www.audit-citoyen.org/) est composé d’une soixantaine d’organisations associatives et syndicales, avec le soutien d’organisations politiques.

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