"Je prendrai des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’État palestinien ». C'était le 59ème engagement pris par François Hollande, candidat à la Présidence de la République.
Or, il y a une semaine, le Premier ministre Israélien, Benyamin Netanyahou a été invité avec les honneurs et un dispositif de sécurité ébouriffant par le Président Hollande Hollande. Or, une semaine avant, on apprenait que le Likoud, le parti de Netanyahou, signait un accord électoral pour les législatives de janvier 2013 avec le parti d’extrême-droite d’Avidgor Liebermann. Voici l'analyse et la colère très justes d'une militante de l'Association France Palestine Solidarité, Françoise Diehlman, publiée sur le site internet de l'AFPS, un texte qui dénonce à raison les grands pas en arrière de Hollande par rapport à la défense du droit international et des revendications légitimes des Palestiniens:
" C’est pour l’homme fort du Likoud, de la sainte alliance avec l’extrême droite, de l’occupation et de la colonisation, qui est en pleine campagne électorale, que le Président de la République déroule le tapis rouge.
On aurait pu attendre de François Hollande, un moment fort, qui aurait pu déstabiliser Netanyahou, s’il lui avait dit (rêvons un peu !) : « Moi Président de la République, je vous ai invité pour vous dire que je me prononcerai au nom de la France pour l’admission de la Palestine à l’ONU, Moi Président de la République, je reconnais l’État de Palestine dans les frontières de 1967avec Jérusalem Est comme capitale, Moi Président de la République, je demande la suspension de l’Article 2 des accords UE-Israël, tant que vous et votre Gouvernement ne mettront pas fin à la colonisation, Moi Président de la République…
Seulement voilà, rien de tout cela. Pire ! Le Président s’aligne sur les positions israéliennes en appelant à des négociations sans condition, sans préalable : « La France souhaite la reprise – sans condition – des négociations entre Israéliens et Palestiniens. Avec le même objectif, celui que nous poursuivons depuis des années, c’est à dire de deux États : l’État d’Israël avec la sécurité qui doit lui être garantie et l’État palestinien qui doit pouvoir vivre ». Il écarte aussi « la tentation pour l’Autorité palestinienne d’aller chercher à l’Assemblée générale des Nations Unies, ce qu’elle n’obtient pas dans la négociation ». S’adresser à l’ONU devient-il donc un acte qui dérange ?
Hollande est en recul par rapport à Sarkozy (c’est dire..), car ces mots ont été prononcés exactement un an après l’admission de la Palestine à l’UNESCO et un vote positif de la France. Le « sans condition préalable », très cher à Netanyahou, signifie que le Président Hollande accepte le refus israélien du droit international comme base de négociation. Quid maintenant pour la France de l’existence d’un État palestinien dans les frontières de 1967avec Jérusalem est comme capitale ? Quid de la reconnaissance internationale de l’État palestinien ? L’engagement 59 de François Hollande a fait pschitt ! A explosé en vol !
Le Président de la République vient de marquer la rupture avec les politiques menées par la France sur la question du Proche-Orient jusqu’à maintenant".
Voici maintenant la déclaration du PCF national par rapport à l'intensification de la colonisation décidée à Jérusalem- Est.
Israël / colonisation : « Pendant combien de temps encore la France officielle restera-t-elle silencieuse et inactive ? »
Le gouvernement israélien, par la voix de son Ministère de l'Habitat, vient d'annoncer la construction de 1 285 nouveaux logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, mais dans la quasi-totalité à Jérusalem-Est.
Conforté certainement par l'absence de réactions aux dernières annonces, fin octobre, de la poursuite de la colonisation, Benyamin Netanyahou en profite en pleine impunité. D'autant qu'après son passage en France, et sa rencontre avec le président François Hollande – lequel avait pourtant placé son mandat sous l'égide de la Justice – il se sent à l'abri de toute condamnation puisque les plus hautes autorités françaises lui ont accordé un soutien gratuit et sans limite.
Le Parti communiste français condamne cette escalade coloniale illégale et illégitime. Pendant combien de temps encore la France officielle restera-t-elle silencieuse et inactive devant un tel mépris du droit et de la justice pour le peuple palestinien ?
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