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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 05:58

Pourquoi ne pas voter la confiance au gouvernement? Le discours d'André Chassaigne pour le groupe parlementaire du Front de Gauche.  

 

M. le président.La parole est à M. André Chassaigne, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

M. André Chassaigne. Dois-je attendre M. le Premier ministre ?

M. Nicolas Sansu. Ce serait respectueux qu’il soit là !

M. André Chassaigne. Monsieur le président, messieurs les ministres, chers collègues, lors des scrutins de ce printemps, les Français ont souhaité tourner la page de dix années de politique de droite.

Ils ont sanctionné une méthode de gouvernement brutale et inconséquente. Ils ont aussi exprimé leur défiance à l’égard d’une politique économique incapable de juguler la hausse du chômage et de relancer l’économie, une politique qui a aggravé les effets de la crise par la multiplication de mesures d’austérité. L’échec est patent et le bilan du dernier quinquennat calamiteux. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)

La Cour des comptes soulignait hier que la dette a augmenté ces cinq dernières années de près de 600 milliards d’euros, soit une hausse de plus de 40 %. La crise n’explique pas tout. Elle n’a pesé que pour un peu plus d’un tiers dans le déficit actuel. Le niveau des dépenses publiques n’est pas non plus en cause : leur part dans la richesse nationale n’a cessé de diminuer depuis quinze ans.

Les causes des difficultés sont à chercher ailleurs, dans les choix politiques désastreux opérés en matière budgétaire et fiscale : l’allégement de la fiscalité des plus fortunés, les quelque 172 milliards d’euros de niches fiscales et d’exemptions sociales accordées aux entreprises, notamment les plus grandes d’entre elles, sans la moindre contrepartie en matière d’emplois.

Indépendamment de la détérioration des comptes publics, faut-il rappeler que le chômage touche aujourd’hui près de cinq millions de nos concitoyens ? Faut-il rappeler que le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté de plus de 20 % depuis 2002, parmi lesquelles un nombre croissant de travailleurs pauvres ? Faut-il rappeler aussi que les plans sociaux se multiplient, tandis que notre balance commerciale affiche un déficit de quelque 70 milliards d’euros ?

C’est donc bien d’urgence sociale et économique qu’il faut parler.

Aussi, ce que les Français attendent de nous, ce n’est pas que nous nous engagions dans la spirale de la rigueur, mais que nous œuvrions au contraire à la relance de l’activité, que nous nous émancipions des approches comptables pour bâtir les instruments d’une nouvelle donne économique et sociale. Ce qu’ils attendent, c’est que s’ouvrent des perspectives nouvelles, dans le souci de l’intérêt général et dans le respect des principes d’égalité et de justice.

Nous ne le dirons jamais assez : nous n’avons pas le droit de décevoir cette espérance de changement. Nous avons une obligation de résultat.

M. Marc Dolez. Très bien !

M. André Chassaigne. Nous formulons pour cela des propositions de nature à sortir le pays de la crise et à répondre aux attentes.

Parmi ces propositions figure, bien entendu, la réorientation promise de la politique européenne. À cet égard, les conclusions du sommet européen qui s’est tenu la semaine dernière ne sont guère encourageantes. Ce sommet a certes permis la mise en place du pacte de croissance que le chef de l’État appelait de ses vœux, mais sa portée est trop modeste. Ce paquet de quelque 120 milliards d’euros, niché en annexe des conclusions du Conseil européen, n’aura pas la force juridique du pacte budgétaire.

M. Marc Dolez. Absolument !

M. André Chassaigne. L’enveloppe, constituée pour moitié de fonds déjà votés, ne représente au total que 1 % du PIB européen. Cela ne suffira pas à exercer l’effet de levier attendu sur l’activité.

Cette maigre avancée se paie surtout de contreparties que nous jugeons dangereuses, disons même inacceptables. Le donnant-donnant conclu à Bruxelles laisse en l’état le fameux pacte budgétaire. Destiné avant tout à rassurer les marchés financiers, ce traité ne s’attaque à aucune des causes de la crise actuelle. Il en aggrave au contraire les conséquences en durcissant les politiques d’austérité et en consacrant la mise sous tutelle européenne des politiques économiques et budgétaires nationales.

M. Jean-Jacques Candelier. Il a raison !

M. André Chassaigne. D’ores et déjà, monsieur le Premier ministre, une grande partie de vos annonces d’aujourd’hui subiront le couperet de ce traité européen. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe GDR.)

Nous n’avons, pour notre part, cessé de le dénoncer et continuerons à le faire. François Hollande avait lui-même souligné la nécessité de le renégocier afin de permettre à la Banque centrale européenne de financer directement les États et de mettre en place des instruments de coopération et de solidarité.

Ces propositions allaient dans le bon sens. Il est indispensable en effet que la BCE fasse usage de son pouvoir de création monétaire pour refinancer les besoins d’emprunt des États européens, développer les services publics, favoriser le développement social et la transition écologique.

Il n’est pas moins indispensable d’œuvrer à 1’harmonisation des normes sociales et fiscales, de mettre un terme à la concurrence fiscale et sociale qui détruit des centaines de milliers d’emplois et s’attaque, au nom de la compétitivité, au cœur de notre modèle social.

Vous venez de confirmer, monsieur le Premier ministre, la demande du Président de la République de faire ratifier rapidement par le Parlement le pacte budgétaire. Nous estimons quant à nous qu’il est indispensable que les citoyens soient consultés par référendum. Seul un débat démocratique avec une large participation populaire peut légitimement trancher sur la nécessité de nous conformer à un traité qui bafoue la souveraineté du peuple. La vraie question qu’une majorité de nos concitoyens se posent est de savoir quelle politique mettre en œuvre au plan national et européen pour éviter que les marchés n’imposent leur loi aux États. Le retour à l’équilibre budgétaire qui sert en ce moment à justifier dans l’Europe entière les politiques de réduction des dépenses publiques n’est qu’un leurre. On ne sortira pas de la spirale actuelle en enfonçant les économies dans la récession. Rien n’oblige, à part les exigences drastiques des marchés financiers, à revenir en quelques années à l’équilibre alors que nous vivons dans des situations de déficit depuis des dizaines d’années ! La sagesse commande au contraire de réviser ce calendrier, de se doter d’un plan à court terme pour réduire le déficit public, d’étaler le redressement et de le construire sur des bases saines. L’enjeu est de faire reposer ce redressement sur la croissance, l’investissement et l’emploi.

Vous avez dévoilé, monsieur le Premier ministre, quelques-unes des lignes directrices de votre future politique de rééquilibrage fiscal. Le relèvement de la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, le rétablissement du barème de l’ISF, la disparition du dispositif d’exonération des charges sociales sur les heures supplémentaires pour les entreprises de plus de vingt salariés, l’imposition des revenus du capital au même niveau que ceux du travail, l’instauration d’une taxe de 3 % sur les dividendes distribués aux actionnaires, autant de mesures qui vont dans le bon sens, comme la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale.

Mais il est essentiel d’engager une réforme encore plus profonde et globale de la fiscalité, afin de la rendre plus redistributrice, plus juste et plus efficace économiquement. Nous devons renverser la logique actuelle, rétablir la progressivité de l’impôt sur le revenu par une refonte du barème, réduire l’influence des impôts proportionnels comme la TVA, impôt injuste par excellence, supprimer la TVA sur les produits de première nécessité, faire cesser ce scandale qui veut que 80 % des revenus du capital échappent aujourd’hui à l’impôt sur le revenu.

Nous nous réjouissons de l’annonce de la suppression de la TVA dite sociale, qui n’avait d’autre but que de permettre aux entreprises de se défausser de leur part de la solidarité nationale. Mais en ce domaine aussi, nous devons être porteurs d’une autre ambition. Les allègements de cotisations sociales atteignent aujourd’hui 30 milliards. La Cour des comptes estime que les trois quarts de ces allégements ne bénéficient pas à l’emploi. Nous devons en tirer les conséquences. Ce qui coûte à l’économie, ce qui plombe les comptes sociaux, ce n’est pas le coût du travail, c’est la part croissante de la richesse produite versée en intérêts et dividendes.

M. Jean-Jacques Candelier. Tout à fait !

M. André Chassaigne. En quinze ans, la part des dividendes dans la valeur ajoutée des entreprises est passée de 24 à 36 %. C’est la preuve qu’existe en France non pas un problème de coûts salariaux, mais un problème de coûts financiers. Comme le rappelait récemment l’économiste Jean-Marie Harribey, un sixième de la rémunération du capital suffirait aujourd’hui à couvrir les besoins de financement de la sécurité sociale !

Pour redresser nos comptes publics et sociaux, l’exigence est de mettre un terme à cette confiscation de la richesse nationale. Pourquoi ne pas moduler l’impôt des entreprises selon qu’elles investissent et créent des emplois ou bien versent des dividendes ? Pourquoi ne pas plafonner les salaires des dirigeants d’entreprises comme des opérateurs de marché ? Il ne s’agit pas simplement de moraliser le capitalisme, mais aussi de promouvoir une autre répartition des richesses entre capital et travail.

Nous avons conscience que la mise en œuvre d’une fiscalité plus juste et plus efficace ne suffira pas à résorber le déficit. Mais nous ne croyons pas aux vertus de la baisse des dépenses. Dans votre lettre de cadrage aux ministres, monsieur le Premier ministre, vous recommandez de stabiliser en valeur les dépenses de personnel. La Cour des comptes recommande, quant à elle, de faire reposer cette stabilité sur la réduction de 30 000 postes et sur le gel du point d’indice. Je le dis tranquillement : après l’annonce d’une hausse minimaliste du SMIC, c’est une seconde très mauvaise nouvelle. Comment en effet prétendre relancer la croissance en en éteignant tous les moteurs possibles ? Où sont les perspectives, sans hausse des salaires, sans investissement public, sans mobilisation du crédit bancaire, sans relance de l’emploi industriel ?

À l’instar des économistes Paul Krugman et Richard Layard, qui ont publié dans le Financial Times un manifeste pour le « retour à la raison économique », nous pensons que d’autres choix sont possibles. Renégocier, nous l’avons dit, le pacte budgétaire européen, remettre la main sur les leviers du secteur bancaire par la création d’un pôle public bancaire et financier pour mobiliser l’argent nécessaire, engager une réforme fiscale très profonde.

Face à la multiplication des plans sociaux – ne serait-ce que PSA, 10 000 emplois directs et indirects ! – face à l’érosion continue du pouvoir d’achat des Français, face à la détresse et aux espoirs de millions de nos concitoyens, nous ne pouvons nous satisfaire de demi-mesures. Vous ne pouvez pas prendre le risque de la rigueur, car ce n’est pas en recyclant les politiques conduites par nos adversaires que nous sortirons le pays de l’ornière.

J’évoquais à l’instant le SMIC. Permettez-moi de formuler des vœux à quelques jours de la conférence sociale. Nous souhaitons que le Gouvernement ne ferme pas la porte aux revendications exprimées par les partenaires sociaux. Que cette conférence ne se résume pas à l’élaboration d’un simple agenda social, mais débouche très rapidement sur des engagements concrets, notamment en matière de réduction des inégalités.

La première des exigences, d’ordre constitutionnel, est de rendre effective l’égalité salariale entre hommes et femmes – vous en avez parlé, monsieur le Premier ministre. Une autre porte sur le SMIC, et avec lui l’ensemble des rémunérations – vous êtes un peu plus discret sur ce point. Après plus d’une décennie de stagnation et de recul du pouvoir d’achat, il est temps de nous attaquer au mode de revalorisation des revenus du travail. Il est temps de pénaliser les entreprises qui privilégient l’emploi précaire à l’origine du développement de la pauvreté laborieuse, et d’interdire les licenciements boursiers et la rupture conventionnelle. Il est temps d’augmenter des minima sociaux et de proroger les droits des chômeurs en fin de droits. Et il est temps de revenir à la retraite à 60 ans pour tous !

Sur le terrain social, les chantiers, on le voit, sont nombreux. Il en est de même sur le terrain de la protection sociale. Il nous faut ainsi avancer sur la question, de plus en plus préoccupante, des inégalités d’accès aux soins dans toute sa diversité : désertification médicale, taux de remboursement, suppression des franchises médicales, interdiction des dépassements d’honoraires…

Notre inquiétude porte également sur la mise en concurrence des territoires, qui s’est fortement accrue durant ces dix années de politiques libérales. La RGPP menace les emplois et les budgets de nos collectivités. Le gel des dotations, s’il devait se poursuivre, ne permettrait pas à nos territoires ruraux et quartiers populaires de relever la tête. Dix années de démantèlement des services publics locaux ont accentué les disparités en matière de transport, de logement, d’emploi, d’accès aux soins. Partout a été organisé le recul de la République pour laisser la place au marché et donc aux profits.

Pour faire vivre nos territoires et enclencher une nouvelle dynamique, la suppression du conseiller territorial, si elle est indispensable, ne saurait suffire. C’est la relocalisation de la production et de l’investissement public qui viendra à bout des crises qui touchent nos agriculteurs comme notre industrie, nos quartiers comme nos villages. Sur ce chantier, des convergences sont possibles pour les différentes composantes de la majorité de gauche. Les députés que je représente entendent promouvoir une ligne d’audace et de volontarisme.

Parmi ces combats que nous pouvons mener de front, dans la diversité de nos objectifs et de nos ambitions, d’autres propositions communes sont apparues au cours de ces derniers mois. Je voudrais d’abord citer la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs, promise par la garde des sceaux et très attendue par les magistrats. La suppression du mot « race » de notre Constitution, que nous demandons depuis la XIIe législature, peut être concrétisée rapidement, tout comme l’ouverture du mariage à tous les couples ou encore celle du droit de vote aux étrangers.

En développant nos priorités avec une approche que nous voulons dynamique au cœur de la gauche, nous nous posons en constructeurs du changement tant attendu, en force de proposition. Parce que nous voulons que la gauche réussisse – nous le voulons vraiment ! Avec des résultats concrets qui puissent changer la vie du plus grand nombre.

Mais nous craignons vraiment que vos orientations, monsieur le Premier ministre, ne conduisent à l’opposé du résultat escompté. Nous le craignons d’autant plus que vous ne desserrez pas l’étau de la contrainte extérieure.

Voilà pourquoi les députés Front de gauche s’abstiendront aujourd’hui sur ce vote de confiance. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe GDR.)

Quant aux députés d’outre-mer qui constituent avec nous le groupe de la Gauche démocrate et républicaine, ils assumeront leur pleine liberté de vote, en toute autonomie, comme c’est la règle dans notre groupe parlementaire. Aucun d’eux ne mêlera sa voix à celle de la droite, attachés qu’ils sont tous les cinq à la réussite du changement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SRC.)

Car réussir le changement n’est-il pas une volonté partagée de tous les vrais progressistes de cette assemblée ?

(Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 06:15

Sommet UE : « Seules les banques sortent victorieuses du sommet européen »

Les chefs d'État de nos pays reviennent du sommet européen en déclarant bien fort qu'ils ont arraché des victoires pour leurs peuples, des inflexions de la part de la Chancelière Merkel, de Mario Draghi ou de Jean-Claude Junker. Ils auraient, pour la 19ème fois depuis le début de la crise, « sauvé l'Europe ». François Hollande déclare même que l'Europe est « réorientée » dans le bon sens. C'est de la publicité mensongère.

Le projet de pacte budgétaire sort intact de ce qui devait être une « renégociation » et le volet croissance de François Hollande n'a aucune valeur juridique. Qu'elles soient directes ou indirectes, financées par le MES ou non, toutes les soi-disantes « aides financières » seront une nouvelle fois payées par les citoyens européens, via les coupes budgétaires et les attaques aux droits des travailleurs. Toutes les dispositions adoptées au nom de la solidarité avec l'Italie et l'Espagne ne sont que des mesures de socialisation massive des pertes. S'ajoutent la perte de la souveraineté des peuples et le recul de la démocratie parlementaire.

La vérité est la suivante : les négociations dans l'UE libérale se jouent à 27, mais c'est toujours les banques qui gagnent. Nous appelons toutes les femmes et les hommes de gauche, tous les élu-e-s qui sont dans les parlements, à se mobiliser pour empêcher la ratification de ce pacte funeste dans nos pays.

Seule une refondation de l'UE peut permettre une sortie de crise. Nous le répéterons tant qu'il faudra : l'austérité amène la récession. Il ne peut y avoir de croissance dans ce cadre. Nous proposons une alternative :
- une solution européenne pour les insoutenables dettes publiques existantes, qui prévoie une réduction importante de leur volume,
- changer le rôle et les missions de la BCE pour encourager la création d'emplois et la formation, pas les spéculateurs,
- créer une nouvelle institution : une banque publique européenne, financée par la BCE et la taxation des transactions financières, dont les fonds serviraient exclusivement a favoriser l'investissement public dans les services publics et le développement industriel durable,
- harmoniser par le haut les droits des travailleurs et tous les droits sociaux.

 

Pierre Laurent, Secrétaire National du PCF, Président du PGE (France),
Alexis Tsipras, Président de Syriza, Vi-Président du PGE (Grèce),
Paolo Ferrero, Secrétaire national de Rifondazione communista (Italie),
Cayo Lara, Porte parole d'Izquierda Unida (Espagne),
Jose-Luis Centella, Secrétaire général du PCE (Espagne),
Katia Kipping & Bernd Riexinger, Coprésidents de Die-Linke (Allemagne)

 

Bruxelles, le 2 juillet 2012

 

Sommet UE : « Seules les banques sortent victorieuses du sommet européen »

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 18:28

2% d'augmentation du SMIC (15 fois moins que ce que nous demandions au Front de Gauche et à la CGT, 6€ de plus que l'alignement automatique sur l'inflation...), la participation au chantage sur les Grecs pour qu'ils ne mettent pas Syrisa au pouvoir, la poursuite de la politique d'austérité et de réduction de l'emploi public tout azimut (les fameux 2 postes de fonctionnaires sur 3 partant à la retraite qui seraient non remplacés dans tous les secteurs de la fonction publique sauf celui de l'éducation, de la justice et de l'intérieur), l'acceptation des abandons de souveraineté  et des contraintes néo-libérales du pacte budgétaire européen, l'accent mis sur les efforts et sacrifices à faire plus que sur la redistribution des richesses, la perpétuation de la politique d'immigration sans humanité des Guéant, Hortefeux, Besson et consorts: on ne se faisait guère d'illusions mais on est bien obligé aujourd'hui de se rendre à l'évidence. Les socialistes ont obtenu l'alternance et les pleins pouvoirs mais ne semblent pas décidés tenter d'ouvrir réellement un nouveau chemin progressiste en Europe pour sortir par le haut de cette crise du capitalisme financier. 

Certes, une bonne partie des électeurs a voté les 22 avril, 6 mai, 10 et 17 juin derniers pour "les moins pires" qui avaient le plus de chance de battre la droite sarkozyste, sans nourrir des espérances trop élevées mais en espérant que leurs difficultés quotidiennes seraient moins importantes et le pouvoir moins coupé de leur réalité. 

Quand l'INSEE annonce aujourd'hui que le pouvoir d'achat moyen en France devrait baisser cette année de plus 1,5% sous l'influence conjuguée de la crise économique européenne et des politiques d'austérité que prolonge le gouvernement, cela laisse songeur...

Est-ce cela que les Français ont voulu?

Certes, les socialistes, et François Hollande au premier chef, avaient peu promis pour donner un tant soit peu de contenu concret au slogan et à l'espoir du changement, mais là, ce n'est plus après 2 ans que le gouvernement socialiste amorce son virage à droite, comme en 1983 et en 1999, mais immédiatement après les élections. Il est encore temps pour eux de prendre conseil parmi les syndicats, les associations et les forces politiques de gauche qui ont contribué à faire élire François Hollande, afin de mener une vraie politique de gauche, sinon les 5 années à venir seront bien décourageantes pour les citoyens qui avaient cru à la possibilité d'un réel changement.

Ismaël Dupont.    

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 06:08

 

C’EST QUAND LE CHANGEMENT ?

 

En éliminant SARKOZY lors de l’élection présidentielle, les Français ont voulu clairement mettre fin à une politique dont les dégâts et les injustices leur étaient devenus insupportables.

Le thème de campagne du Parti Socialiste « le changement c’est maintenant », la dynamique campagne des candidats du Front de Gauche avec sa dimension d’éducation populaire, la nécessité de mettre fin à la dictature sans partage de la Finance ont fait croire à beaucoup que ce changement était presque à portée de la main… même avec François HOLLANDE comme Président.

L’une des injustices les plus criantes refusée par notre peuple était (et est toujours) la répartition des richesses produites entre le Capital et le Travail. La politique salariale du nouveau gouvernement était donc attendue avec beaucoup d’impatience. D’autant plus que les références à la nécessaire justice n’ont pas manqué dans la bouche des nouveaux maîtres du pays.

On a vu ! Le « coup de pouce » proclamé à grand renfort de trompettes se traduit, compte tenu de l’évolution des prix qui de toute façon aurait été répercutée, par une hausse du SMIC de 0,6 % : « une baguette de pain de plus par mois » ont dit les syndicats.

Le fameux coup de pouce ne s’est même pas transformé en pichenette. Le P.S., ses alliés et ses obligés, avaient la main bien plus leste lorsqu’il s’agissait de ramasser les 4 millions de voix du Front de Gauche à la présidentielle et les suffrages du 1er tour des législatives pour se faire élire … en oubliant rapidement la diversité des électeurs du second.

Dans ces conditions, on comprend la déception et la colère de celles et ceux qui, depuis des années, peinaient tant à survivre et qui espéraient enfin entrevoir une petite lueur au bout du tunnel.

L’abstention record de l’élection présidentielle, encore plus forte lors des législatives, constitue une véritable défaite de la démocratie. S’y ajoute, dans les deux cas, l’importance du vote pour le Front National. En faisant naître tant de déception dès le début de leur mandat, le Président et le gouvernement prennent le risque d’accentuer encore ce mouvement avec toute la dangerosité que cela implique pour l’avenir et les valeurs de la France.

Rappelons-le : les Français n’ont pas voulu seulement virer Sarkozy, ils ont aussi exprimé l’exigence d’une autre politique, d’autres choix qui mettent enfin l’HUMAIN D’ABORD au cœur des décisions de l’état

Puisque certain-e-s semblent ne pas l’avoir compris, tous ensemble dans les journaux, dans les négociations, dans l’action, dans la rue disons leur avec toute la force nécessaire :

« Mesdames et Messieurs de la Présidence, du gouvernement, de la majorité, C’EST QUAND LE CHANGEMENT ? »

 

Alain DAVID

26.06.2012

 



 

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 08:44
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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 08:28

La conférence nationale du mercredi 20 juin, a été adopté, à une large majorité, l'appel « Avec vous, réussir le changement ». Cet appel fait notamment référence à l'avenir du Front de gauche et à notre décision de ne pas participer au gouvernement.

les Résultats du vote des délégués sont les suivants:
494 voix pour
27 abstentions
4 voix contre

En amont de la conférence nationale, des assemblées générales ont eu lieu partout en France pour discuter et voter sur la proposition de résolution du Conseil National.

27 028 communistes ont participé lundi et mardi au vote.

93,44% des communistes ont adopté les termes de cette résolution.


Appel au peuple de France: "AVEC VOUS, REUSSIR LE CHANGEMENT"


Le peuple de France a tourné la page de Nicolas Sarkozy. C’était salutaire. C’était vital pour en finir avec les souffrances et les humiliations qui nous étaient infligées depuis cinq ans. C’était indispensable pour stopper la casse des acquis sociaux et démocratiques qui constituent l’originalité et la force de notre pays dans le monde.

En battant la droite, nous avons aussi « cassé » le duo Merkel – Sarkozy qui constituait le socle le plus engagé des politiques d’austérité en Europe. Il faut s’appuyer sur cette victoire pour changer l’Europe. 

Le Parti communiste français est fier d’avoir contribué à cette victoire avec le Front de gauche par ses votes au premier et au deuxième tour des élections mais aussi par ses propositions qui ont marqué souvent le débat national.

Il en est ainsi de la retraite à 60 ans pour toutes et tous et à taux plein ; de la progression urgente du  pouvoir d’achat, du SMIC et des salaires ; d’un nouveau partage des richesses, avec de profonds changements dans leur production et leur financement ; d’un nouveau statut pour la Banque Centrale Européenne (BCE) et les banques publiques ; de droits accrus à l’entreprise comme dans la cité pour passer à une VIème République.

Nous sommes heureux d’avoir mené une campagne de proximité qui nous a permis de côtoyer notamment des centaines de milliers de jeunes, des salarié-e-s, des citoyennes et des citoyens venu-e-s de tous les horizons. Elles et ils ont exigé, avec nous, une autre façon de faire de la politique et de faire vivre la gauche dans la rue comme dans les institutions.

TRANSFORMER LA DEMOCRATIE

L'Assemblée nationale élue ne reflète pas la diversité des opinions exprimées par nos concitoyens. Le PS dispose de 90% des députés de la gauche avec 65% des voix de celle-ci, et le PS et l’UMP ensemble trustent 90% des sièges de cette assemblée. Ce bipartisme écrase la démocratie, il la stérilise.

Passer à la proportionnelle dans tous les scrutins est nécessaire. Elle permet une représentation plus juste de toutes les opinions, de limiter le cumul des mandats et de garantir la parité. Mais cette mesure seule est insuffisante pour changer le système politique.

Il faut donner le pouvoir au peuple, le consulter régulièrement sur les grands choix nationaux et européens, donner plus de droits aux salariés dans leurs entreprises, plus de droits à toutes  les citoyennes et tous les citoyens dans la vie sociale, économique et culturelle.

La télévision et les médias doivent être respectueux du débat public en  donnant la parole à toutes les opinions et pas seulement aux deux partis dominants et au gouvernement. La parole unique libérale portée dans tous les commentaires doit faire place à une diversité plus grande  mettant fin aux « experts » unanimes aujourd'hui à servir l’austérité, la rigueur, la baisse du coût du travail.

La presse d’opinion doit disposer d’aides économiques lui permettant son indépendance.

La démocratie, ce n’est pas un chèque en blanc donné tous les cinq ans.
Nous voulons, partout, favoriser l’intervention citoyenne.

SORTIR DE LA CRISE

En France et en Europe, la crise du capitalisme continue de se développer. C’est le défi auquel est confronté le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

La gauche en gagnant a fait naître des espoirs de changement. Ils ne doivent pas être déçus.

Le Parti communiste français et le Front de gauche ont porté des propositions qui permettent de sortir de la crise. Il faut pour cela affronter les logiques financières, refuser la domination des marchés, changer le rôle de la Banque Centrale Européenne (BCE) et du crédit en général afin que l’argent public et les profits servent la relance de l’activité et financent activement l’emploi, les salaires, les formations, la recherche, l’innovation et les services publics. Ces changements structurels conditionnent toute politique sociale ambitieuse.

Le Parti communiste français est un parti de gouvernement. Il est prêt à assumer ses responsabilités. Mais le gouvernement de Jean-Marc Ayrault se refuse à prendre en compte les propositions de toutes les formations de gauche qui ont contribué à la victoire.

Aujourd'hui, le Premier ministre considère que sa seule feuille de route est le programme du candidat François Hollande à l'élection présidentielle. Il ignore ainsi les quatre millions de voix du Front de gauche qui ont permis l'élection du président.

Dans ces conditions, nous n’irons pas au gouvernement.

Nous restons disponibles bien sûr, dans un esprit constructif, attentifs aux luttes et au mouvement social. Vous pouvez compter sur nous, nous serons, dans la majorité, une force positive pour pousser le changement le plus loin possible avec comme ligne directrice le refus des politiques de rigueur soumises aux exigences des marchés.

Nous contribuerons à développer les rapports de force nécessaires à l’adoption de mesures législatives qui traduisent les aspirations populaires. Avec le Front de gauche, nous ouvrirons des ateliers législatifs dans lesquels nous élaborerons ensemble les propositions de lois utiles à toutes et tous.

Nous voulons la réussite de la gauche et sa réussite durable.
Nous serons force de propositions pour une politique sociale, écologique de relance  de l’activité en France et en Europe.
Nous agirons pour que la France joue un rôle actif en faveur de la paix dans le monde et des  droits des peuples.

Nous proposerons que la France prenne l’initiative d’états généraux de la refondation de l'Union européenne. .

La réussite du changement, nous voulons la construire ensemble.

POURSUIVRE ET ENRICHIR LA DYNAMIQUE DU FRONT DE GAUCHE

Par deux fois dans ces élections présidentielles et législatives, le Front de gauche a été confirmé comme la deuxième force de gauche dans notre pays. C’est une chance pour aujourd’hui et pour demain.

Avec son candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, et l'ensemble des candidates et candidats aux législatives,   le Front de gauche s’est efforcé de faire de la politique autrement autour des idées et d’un programme en refusant toute stigmatisation, toute désignation de bouc émissaire, en s’efforçant de dialoguer avec l’ensemble de la gauche et du pays des issues à la crise pour un changement durable.

Nos « mots d’ordre », vous les avez entendus et apprécies : « l’Humain d’abord », « Place au peuple », « Prenez le pouvoir », « On ne lâche rien ».

Cette « révolution citoyenne » nous voulons l’amplifier. Le Front de gauche veut  rassembler celles et ceux qui refusent les politiques libérales subies toutes ces dernières années, qui refusent de limiter le changement à une alternance entre deux partis, un de droite, un de gauche, dominant actuellement dans le pays.

Nous avons de l’ambition pour toute la gauche et pour notre pays. Nous voulons être la grande force de l’alternative face aux chantres du malheur qui répètent en boucle que rien n’est possible. A quoi servirait la politique si ce n’est à rêver et à ouvrir les voies d’un avenir d’humanité respectueux de l’intérêt général et de l'émancipation de chacune et de chacun.

Les communistes pensent que c'est vous, citoyennes et citoyens, qui devez être les acteurs principaux de ces objectifs de changement. Ils vous appellent à vous  rassembler dans le Front de gauche pour qu’il en devienne la force motrice. Ils vous invitent à rejoindre le PCF dont l'action est un élément essentiel dans le développement du Front de gauche.

Notre appel s’adresse aux organisations politiques qui veulent rejoindre le Front de gauche dans ses objectifs mais aussi à celles et ceux, responsables associatifs, syndicalistes, citoyennes et citoyens qui veulent librement apporter leur contribution à cette dynamique.

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 12:48

Grèce : La progression fulgurante de Syriza est un événement majeur

pierre-Laurent--Melenchon-et-Alexis-Tspipras-copie-1.jpg 

Les citoyens grecs se sont prononcés hier à l'occasion des élections législatives dans un contexte difficile. C'est la droite conservatrice et corrompue, « Nouvelle démocratie », qui arrive légèrement en tête (29,5% ) devant la coalition Syriza menée par Alexis Tsipras (27%).

Le rejet de l'austérité est tellement fort en Grèce que la droite elle-même, dans cette campagne a du se prononcer pour un allongement des échéances de paiement de la dette. Angela Merkel a approuvé aujourd'hui cette mesure à Los Cabos alors que si Syriza avait gagné, l'exclusion de la Grèce de la zone euro était sérieusement envisagée. Le sort des grecs semble suspendu aux accointances de la Chancelière allemande. Cela pose des questions sur la construction européenne actuelle.

Nouvelle démocratie va cependant être face à ses contradictions, elle qui s'apprête à former un gouvernement avec le PASOK - qui a lui-même payé très cher ses renoncements. Les politiques d'austérité et d'autodestruction du pays demeurent illégitimes aux yeux des grecs.

Après des semaines de menaces, de chantage international et de désinformation, le peuple grec a confirmé et accentué la fulgurante progression de Syriza. Avec 27% des voix et 72 sièges au Parlement grec - soit encore 10 points de plus que le 6 mai - cette coalition de forces politiques et sociales s'affirme, et de loin, comme le moteur de la gauche grecque et la véritable opposition à l'alliance pro-austérité.

C'est un résultat remarquable qui indique une recomposition du paysage politique. C'est un événement majeur qui doit être entendu partout en Europe. Je veux, au nom du Parti de la gauche européenne, dire notre fierté et notre soutien aux militants, aux forces du Syriza et singulièrement à Alexis Tsipras.

Le peuple grec peut faire confiance à Syriza pour combattre les mémorandums et faire des propositions pour sortir de la crise par la reconstruction de l'économie du pays et le développement des droits sociaux et démocratiques. Ensemble, avec le Parti de la gauche européenne, nous continuerons d'agir pour des solutions solidaires à la crise comme bases d'une nouvelle construction européenne.

 

Pierre Laurent

Président du Parti de la gauche européenne, secrétaire national du PCF

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 12:17

Pas d'Europe sans citoyens !

 

Lettre ouverte à François Hollande pour un référendum sur le Pacte budgétaire :

http://www.france.attac.org/lettre-ouverte-francois-hollande-pour-un-referendum-sur-le-pacte-budgetaire

A signer et faire circuler !

 

La crise européenne est arrivée à un point crucial. Aveugles volontaires, nos dirigeants s’obstinent dans des politiques brutales d’austérité alors que la crise provient des dérives de la finance et de l'absence d'une véritable solidarité européenne.

 

Le "Pacte budgétaire" a été élaboré par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy pour corseter définitivement les politiques économiques, et imposer l'austérité au mépris du débat démocratique et contre les aspirations des peuples.

 

François Hollande se prépare à le faire ratifier par le Parlement nouvellement élu s’il parvient à faire adopter tout ou partie du "Pacte pour la croissance" qu’il propose aux autres dirigeants européens. Mais seul un débat démocratique avec une large participation populaire peut légitimement trancher sur des enjeux aussi essentiels.

 

A l’initiative d’Attac et de la Fondation Copernic, des responsables associatifs, syndicaux et politiques et des chercheurs (voir la liste ci-après) lancent une lettre ouverte à François Hollande : "Non au Pacte budgétaire, pas d’Europe sans citoyens !", demandant l’organisation d’un débat tranché par un référendum.

 

Pour signer la lettre : http://www.france.attac.org/lettre-ouverte-francois-hollande-pour-un-referendum-sur-le-pacte-budgetaire

 

LETTRE OUVERTE À FRANÇOIS HOLLANDE

NON AU « PACTE BUDGÉTAIRE », PAS D’EUROPE SANS CITOYENS !

 

 

Monsieur le président de la République,

Lors de la campagne électorale, vous avez annoncé votre volonté de renégocier le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro, dit Pacte budgétaire, signé par Nicolas Sarkozy et 24 autres dirigeants européens le 2 mars dernier.

Ce traité durcit et rendrait irréversibles les politiques d’austérité en Europe en interdisant définitivement tout déficit « structurel » supérieur à 0,5%. Le déficit « structurel », notion incompréhensible des citoyens et fort controversée parmi les économistes, sera évalué de façon arbitraire par les experts de la Commission. Le Pacte budgétaire prévoit des sanctions automatiques contre les pays contrevenants, coupant court à tout débat. L’aide aux pays en difficulté, prévue par le Mécanisme européen de stabilité, sera conditionnée par l’application de plans d’austérité, de privatisation et de libéralisation. Les marchés financiers et les banques, activement soutenus par la BCE, continueraient à imposer leur loi aux gouvernements. L’Europe s’enfoncerait encore plus dans la dépression et le déni de démocratie, et signifierait la misère pour le plus grand nombre. L’extrême droite continuerait à se renforcer jusqu’à imposer ses thèses autoritaires et xénophobes sur les débris de l’Union européenne.

Pour éviter cela vous souhaitez « ajouter un volet sur la croissance » au Pacte budgétaire. La croissance ? Nous ne voulons plus de cette croissance prédatrice et inégalitaire portée par le néolibéralisme. Des appréciations différentes existent parmi nous sur la possibilité et la désirabilité d’une croissance verte. Mais en tout état de cause les mesures d’austérité prises simultanément dans tous les pays ne peuvent qu’aggraver le chômage et bloquer la transition écologique et les dispositions du Pacte de stabilité sont contradictoires avec votre exigence de croissance. Vous savez en outre que les « réformes structurelles » - précarisation du travail, privatisation de la protection sociale et des services publics - sont déjà présentées par la BCE et le FMI comme un passage nécessaire pour « retrouver la croissance ». Pour notre part, nous pensons au contraire que l’Europe doit aujourd’hui porter une ambition sociale et écologique à la mesure des enjeux, en finançant un plan massif pour la préservation des ressources naturelles et la transition énergétique, pour l’emploi et la satisfaction des urgences sociales. Et qu’elle doit se doter à cet effet de politiques fiscale, budgétaire et monétaire infiniment plus ambitieuses et solidaires.

Vous espérez convaincre Angela Merkel et les autres dirigeants d’introduire des « project-bonds » et « euro-bonds » pour financer des grands projets européens. Mais, même si vous y parveniez, le volume de ces emprunts permettra-t-il de compenser significativement l’énorme impact récessif du Pacte ? Et puisque ces emprunts devront être souscrits auprès des marchés financiers, quelles conditions ceux-ci imposeront-ils ? La mutualisation des dettes européennes, ainsi conçue, ne réduira guère le pouvoir exorbitant de la finance, au contraire. Pour dénouer les liens qui asservissent les États aux marchés financiers, il faut que la BCE puisse racheter massivement les dettes des États membres et financer ceux-ci à des taux faibles pour engager la transition écologique et sociale. Cela implique de corriger une anomalie démocratique : placer la BCE sous contrôle politique des citoyens et de leurs représentants élus. Il faut aussi un véritable budget communautaire et une harmonisation vers le haut des politiques sociales et fiscales européennes. Selon nous, le pacte budgétaire empêcherait d’aller dans ce sens et doit être rejeté. C’est la condition de la nécessaire refondation de l’Europe.

Elle ne peut provenir que d’un que d’un sursaut démocratique des sociétés européennes. C’est pourquoi un débat public s’impose : donner la parole au peuple est un impératif. Des résistances sociales et citoyennes émergent dans de nombreux pays contre les politiques d’austérité. Face à la montée de l’extrême droite il faut d’urgence non pas moins mais plus de participation populaire, plus de démocratie en France et en Europe. Vous pourrez y contribuer en convoquant un référendum pour mettre en débat le traité européen, avec ses éventuels compléments, dont le contenu déterminera l’avenir de l’Europe. Vous donnerez ainsi l’occasion au peuple français d’exprimer ses attentes et d’élaborer ses propositions pour la refondation européenne. Vous encouragerez des démarches similaires dans d’autres pays, pour exprimer la volonté populaire d’un changement en Europe. Vous montrerez que, pour vous comme pour nous, l’Union européenne et l’euro ne retrouveront un avenir que si nous construisons la souveraineté démocratique des peuples européens.

 

Bien à vous,

L’équipe pétition Pacte budgétaire

 

NB : Plusieurs des premiers signataires de la lettre ouverte seront présents au meeting contre l'austérité organisé le samedi 23 juin à Paris (pour plus d'information, cliquer ici)

 

Premiers signataires :

Annick Coupé (Solidaires), Jean-Claude Chailley (Résistance sociale), Jean-Baptiste Eyraud (Droit au Logement), David Flacher (Utopia), Jean-Philippe Gasparotto (CGT Caisse des Dépôts), Roland Gori (Appel des appels), Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Stéphane Melchiorri (Emmaus International), Damien Millet (CADTM), Martine Noël (Cadac), Jean-Marie Roux (CGT Finances), Henri Sterdyniak (Economistes atterrés), Maya Surduts (CNDF), Aurélie Trouvé (Attac), Sophie Zafari (FSU),

Christophe Alévêque (artiste), Paul Ariès (directeur de rédaction), Nathalie Bajos (chercheure), Nathalie Berta (chercheure), Frédéric Boccara (chercheur), Paul Bouffartigue (chercheur), Jacques Bouteiller (chercheur), Alain Caillé (sociologue), Odile Chagny (chercheure), Gabriel Colletis (chercheur), Antoine Comte (avocat), Pierre Concialdi (chercheur), Philippe Corcuff (chercheur), Laurent Cordonnier (chercheur), Pierre Cours-Salies (chercheur), Thomas Coutrot (Attac), Bernard Defaix (Attac), Keith Dixon (chercheur), Cédric Durand (chercheur), Philippe Enclos (chercheur), Isabelle Ferreras (chercheure), Jean Gadrey (chercheur), François Gèze (éditeur), Jérôme Gleizes (chercheur), Alain Grandjean (chercheur), Susan George (présidente d'honneur d'Attac), François Gèze (éditeur), Gaël Giraud (chercheur), Vincent Glenn (réalisateur), Caroline Guibet-Lafaye (chercheur), Ozgur Gun (chercheur), Nicolas Haeringer (Mouvements), Jean-Marie Harribey (Conseil scientifique d'Attac), Marc Humbert (chercheur), Sabina Issehnane (chercheure), Sophie Jallais (chercheure), Florence Jany-Catrice (chercheure), Nicolas Jounin (chercheur), Catherine Jousse (REP), Sadri Khiari (chercheur), Dany Lang (chercheur), Emmanuel Lazega (chercheur), Frédéric Lebaron (chercheur), Catherine Lebrun (Solidaires), Alain Lipietz (chercheur), Frédéric Lordon (chercheur), Caroline Mécary (Fondation Copernic), Jérôme Maucourant (chercheur), Jacques Le Bohec (chercheur), Claire Le Strat (chercheur), Nathalie Marcu (Les Alternatifs), Christiane Marty (chercheure), Gérard Mauger (chercheur), Dominique Méda (chercheur), Julien Milanesi (chercheur), Patrick Mony (militant associatif), Francine Muel-Dreyfus (chercheure), Frédéric Neyrat (chercheur), Willy Pelletier (Fondation Copernic), Roland Pfefferkorn (chercheur), Alain Policar (chercheur), Dominique Plihon (Conseil scientifique d'Attac), Jean-François Ponsot (chercheur), Edmond Preteceille (chercheur), Philippe Quirion (chercheur), Christophe Ramaux (chercheur), Jacques Rancière (philosophe), Thierry Reygades (FSU), Michel Rousseau (Euromarches), Jeanne Singer (chercheure), Jean-Marc Tagliafarri (Initiatives Dyonisiennes), Lucie Tanguy (chercheure), Annie Thébaud-Mony (Fondation Henri Pézerat), Bernard Teper (Respublica), Bruno Théret (chercheur), André Torre (chercheur), Maryse Tripier (chercheure), Sylvette Uzan-Chomat (SNU Pôle Emploi), Patrick Viveret (philosophe), Philippe Zarifian (chercheur), Elisabeth Zucker (chercheure)

Gilles Alfonsi (Association des Communistes Unitaires), François Asensi (Fase), Clémentine Autain (FASE), Francine Bavay (Conseillère régionale EELV), Farid Bennaï (Fase), Olivier Besancenot (NPA), Martine Billard (Parti de Gauche), Patrick Braouezec (Fase), Chantal Dhoukar (conseillère fédérale EELV), Jean-Claude Eyraud (Fase), Guillaume Floris (Gauche Anticapitaliste), Jacqueline Fraysse (Fase), Jacques Généreux (Parti de Gauche), Pierre Laurent (PCF), Nathalie Marcu (Les Alternatifs), Myriam Martin (Gauche anticapitaliste), Pierre Minnaert (conseiller fédéral EELV), Jean-Jacques Paris (ANECR), Francis Parny (PCF), Jean-François Pelissier (Alternatifs), Christian Piquet (Gauche unitaire), Christine Poupin (NPA), Stéphanie Treillet (Convergence et Alternative)

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 12:08

RIO+20 : le PCF inquiet de l'état des négociations

A l'occasion du sommet RIO+20 qui se tiendra du 20 au 22 juin 2012 au Brésil, le PCF exprime ses plus vives inquiétudes sur l'état des négociations, face aux enjeux sociaux, alimentaires et écologiques planétaires. En effet, le bilan présenté de l'action des États depuis le sommet de la Terre de RIO 1992, est pour le moins décevant.
Pour le PCF l'urgence est au changement de braquet en affirmant l'urgence d'un développement humain durable qui sorte du système productiviste capitaliste et préserve la nature des griffes du marché. Il est déterminant de s'attaquer dans un même mouvement aux causes de la dégradation de la planète (réchauffement climatique, perte de la biodiversité, accaparement des biens communs de l'humanité...) et aux inégalités sociales. L'aide financière et technologique des pays riches vers les pays pauvres doit s'accroître considérablement afin de permettre leur propre développement et d'éradiquer la misère.
Nous appelons le gouvernement de la France et l'Union Européenne à l'audace. Si la création d'une agence des Nations Unies sur l'environnement, l'ambition affichée de lier développement soutenable et lutte contre la misère, si la relance de la taxation des actifs financiers vont dans le bon sens, ces initiatives restent insuffisantes. Sans texte juridiquement contraignant à l'issue du sommet, c'est le laisser faire libéral qui se pérennise. Une autre logique pour en finir avec les politiques d'austérité doit s'imposer. Il est urgent de réformer les institutions pour plus de démocratie, de transformer les missions des banques mondiales afin de constituer des fonds de coopération au service du développement humain pour de nouveaux droits sociaux et écologiques universels. Il faut agir pour la coopération scientifique et le développement des services publics afin de préserver la nature des appétits financiers des marchés. Nous proposons une nouvelle organisation mondiale pour l'alimentation indépendante des logiques actuelles de l'OMC, du FMI et de la Banque Mondiale.
Le sommet des Peuples porte l'alternative citoyenne à ce projet dévastateur pour la planète et pour les droits sociaux des peuples. Nous soutenons leurs mobilisations pour une autre humanité respectueuse de l'environnement et du bien être des peuples.

Parti communiste français,
Paris, le 19 juin 2012.
 

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 06:07

A la suite du rapport introductif de Pierre Laurent et de ses débats, le Conseil national du Parti communiste français réuni lundi 18 juin, a adopté une résolution précisant les orientations et premières initiatives du PCF dans la nouvelle situation politique (93 pour, 11 contre, 17 abstentions).

Réunis partout en France ce jour en Assemblées générales, les communistes se prononcent par vote sur cette résolution.

Une Conférence nationale se tient dans la foulée, le 20 juin 2012 à Paris et prendra ses décisions sur la base des résultats du vote. Elle se concluera par un meeting à la Mutualité le même jour, à 18h00.  

 

Texte de la résolution

1. Nous voulons tout faire pour que les victoires remportées par la gauche, auxquelles le Front de Gauche a contribué, répondent aux espoirs qu’elles ont suscitées. Nous pensons qu’en l’état, le projet de François Hollande nécessite des inflexions majeures. Nous allons travailler avec toutes les forces disponibles, en avançant des propositions, en construisant les rassemblements politiques, les majorités d’idées et d’action jusqu’à rendre incontournables l’adoption au Parlement et par le gouvernement des mesures  nécessaires au changement. Avec l’intervention populaire et les mobilisations sociales et citoyennes des avancées sont possibles. Nous serons, dans le pays comme au Parlement, une force d’action et de construction positive au service de cette intervention pour pousser le changement, pour obtenir les moyens de le réussir. Nous décidons, en menant les campagnes nationales appropriées, d’engager la mobilisation dans la durée sur les enjeux cruciaux de la construction européenne, de la mobilisation des moyens financiers, des salaires et de l’emploi, de la relance des services publics, de la VI République.

2. Aujourd’hui, en raison des refus répétés de prendre en compte nos propositions, nous estimons que les conditions de notre participation au gouvernement Ayrault ne sont pas réunies. Ce qui ne préjuge pas de l’avenir, nous restons disponibles au cas où elles se créeraient. Nous avons vocation à prendre nos responsabilités pour mettre en oeuvre dans un gouvernement des politiques de transformation sociale pour que la gauche réussisse.

C’est dans cet esprit que nous avons construit le Front de gauche et mené ses campagnes.

Nous voulons continuer à être utiles pour permettre la réussite des changements nécessaires, de même que nous ne voulons pas renoncer à notre liberté d’agir pour y parvenir.  Pour l’heure, nous ne nous reconnaissons pas dans une conception présidentialiste du gouvernement qui réduirait sa feuille de route au programme de premier tour du Président, un programme qui ne se donne pas, selon nous, les moyens du changement.

Une conception qui nous paraît d’autant plus réductrice que le Président actuel a été élu grâce à une majorité beaucoup plus diverse, et notamment les 4 millions de voix du Front de gauche.

 

3. Les résultats des campagnes électorales du Front de gauche, la mise en mouvement populaire et citoyenne qui les a portées, nous invitent à poursuivre et à amplifier la démarche engagée avec le Front de gauche. Quand nous l’avons initié, nous ne l’avons pas borné à une séquence électorale, mais à notre ambition de modifier en profondeur les rapports de forces politiques sociaux, culturels à gauche et dans notre pays. Une dynamique prometteuse s’est enclenchée non sans paradoxes comme le montrent les résultats des élections législatives.

Cela suppose : 1) D’évaluer, pour en tenir compte dans la mise en oeuvre de cette démarche, tous les enseignements que nous pouvons tirer de ces campagnes, de leurs

acquis et des limites rencontrées. 2) Que la capacité d’initiatives du Parti communiste continue à se déployer pleinement au service de cette démarche et de notre propre travail de renforcement  et d’élaboration collective. Dans cet esprit nous tiendrons notre université d’été les 31 août, 1 et 2 septembre en Savoie. 3) De travailler à associer dans la durée toutes celles et ceux qui, non membres d’un des partis du Front de gauche, souhaitent en être des acteurs à part entière. Le Front de gauche s’affi rme comme une construction originale, un espace de coopération associant librement des partis et des militants associatifs, syndicaux et des citoyens. Les assemblées citoyennes, les réseaux de travail thématiques, les fronts de lutte, les ateliers législatifs sont déjà des espaces pertinents à développer.

 

Résultats de la consultation à Morlaix : adhérents : 72  

Votants : 36

 Pour : 34

contre : 2

 

Résultats à Roscoff. Adhérents : 18, cotisants : 16, votants : 13, pour : 12, contre : 1

 

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