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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 07:20

Vous trouverez ici la remarquable analyse de Noëlle Peoc'h, candidate du Front de Gauche aux législatives à Carhaix-Crozon-Chateaulin, sur les problèmes de l'ADMR. Cette analyse a été renseignée par une assemblée Citoyenne du Front de Gauche spécialement consacrée à la question de l'aide à l'autonomie à Crozon et par des rencontres avec les professionnels.  

 

2012-01-29-001-NoellePeoch-v.jpg

ADMR: Tenter d'y voir plus clair...

 

L'ADMR 29 - Finistère.  

 

L'ADMR gère au quotidien le suivi "aide à domicile" de milliers de personnes âgées ou handicapées en situation de perte d'autonomie .

En voici , l’organisation :

- Des délégués issus de la base (+ ou – bien indemnisés pour ne pas dire «rémunérés») dirigent la Fédération qui emploie 115 salariés. - La «Base» est composée de 91 Associations Locales sur le Finistère : environ 3.500 salariés et de nombreux bénévoles qui oeuvrent auprès des personnes aidées.

- Des centaines de bénévoles locaux.

- Environ 28.000 personnes aidées (personnes âgées, handicapées...)

 

 L'ADMR 29 est une Fédération , une structure déclarée comme associative, qui chapeaute des associations locales sur l’ensemble du territoire du Finistère dans des conditions variables d'exercice de la mission d'aide à domicile. Il en résulte : Une diversité de situation d'organisation et de personnel. Ainsi, les personnels des plus petites associations n’ont eu accès à une meilleure qualification et à de meilleures conditions contractuelles que récemment. Le nombre de salariés et le temps de travail de chacun servent de variables d'ajustement au budget de chaque association .

La prise en charge par les dotations centralisées (Conseil général, APA notamment mais aussi sécurité sociale) s’effectue de manière forfaitaire homogène dans tout le département sans intégrer des variables aussi importantes que le degré de dépendance des bénéficiaires (GIR), la qualification des personnels ou la ruralité du secteur.

 

La Fédération gère de manière autoritaire les associations locales ( budget, finances, contrôle, décisions…) sans tenir compte des spécificités de chacune d’elles. Cela se traduit par un abandon progressif de la notion de solidarité entre associations (péréquation) incombant à la Fédération qui permettait de rééquilibrer les comptes par l’indemnisation des contraintes pesant sur les associations les plus rurales avec un taux de dépendance plus élevé et donc une meilleure qualification requise du personnel.

 

Certes, la structure associative permet un lien social important localement, mais elle rend difficile la gestion de milliers de salariés par des bénévoles, qui malgré leur motivation et leur engagement n'ont pas toujours les compétences requises. Ces bénévoles n’ont pas les moyens de solliciter l’aide de techniciens extérieurs, les ressources nécessaires étant confisquées par la Fédération ou mises sous le boisseau par des associations locales structurellement excédentaires refusant le principe de péréquation que l’autonomie budgétaire voulue par le Conseil général, ne permet plus de leur imposer. A noter que parfois les enjeux de pouvoir ne sont pas en lien avec les objectifs d'une association.

Malgré un budget important, l’ADMR connaît une situation financière catastrophique. Plusieurs réorganisations ont été tentées ces dernières années, en vain. On constate que des flux financiers particulièrement opaques, avec en particulier des jeux d’écriture, se substituent à des actifs bien réels apparemment consommés sans titre. De plus, les conflits de pouvoirs sont nombreux, importants, profonds. L’échelon fédéral joue l’opacité, la montre, la tour d’ivoire. Il y a donc une réflexion de fond à avoir sur les évolutions de l'ADMR. Malheureusement, le CA de l'ADMR le refuse et n'est pas dans l'écoute des pistes proposées par les associations locales, les bénévoles, les organisations syndicales et représentants des personnels. Pierre Maille et le Conseil Général du Finistère (qui est le financeur) ne veulent semble-t-il, pas y mettre leur nez malgré les demandes des organisations syndicales de l'ADMR et de nombreuses associations locales.

L’aide à domicile a certes été victime des réformes fiscales affectant les collectivités locales – puisque la diminution de ressources du Conseil général a nui à sa capacité de réponse aux besoins, alors que le transfert de ressources du département vers les communautés de communes n’a pas aidé, la compétence sociale étant rarement communautaire. Cependant, au-delà des problèmes de financement, il y a un véritable désengagement politique du Conseil général, qui semble se laver les mains de la déchéance d'une Fédération qu’il porte pourtant à bout de bras depuis pas mal d’années.

On peut craindre une évolution vers la privatisation des services aux personnes : Le secteur privé lorgne sur la question de la dépendance des personnes âgées et se développe sur la base d'un paiement par le Conseil Général des prestations en choisissant les zones rentables (urbaines et péri-urbaines) avec des conditions de travail et de rémunération moins favorables aux salarié(e)s.

Ces personnels salariés, aujourd’hui en lutte, attendent une véritable concertation qui leur permettrait de mettre sur la table les problèmes auxquels ils se trouvent dramatiquement confrontés pour eux mêmes et pour les usagers en souffrance. L'ADMR est une drôle de structure ayant des liens avec des filiales privées gérées par certains membres (bénévoles) de l'union nationale... enfin bref, un vrai sac de noeuds dans lequel il faudrait trancher...

 

Le Programme du Front de Gauche prévoit la défense «d'une vraie protection sociale». Ceci passe par le réexamen critique des conditions de fonctionnement des dispositifs d'aide au maintien à domicile qui doivent appliquer les principes de la Sécurité Sociale pour mériter un financement public et pouvoir compter sur ce financement à la pleine mesure des engagements demandés. Ces principes de Sécurité Sociale, trop souvent bafoués dans le cadre de la gestion de l'ADMR 29, incluent la gestion démocratique dans un cadre public, la transparence financière, le respect des personnels et bien entendu la pleine reconnaissance et la garantie des droits des bénéficiaires à hauteur des besoins, quel que soit leur lieu de résidence.

 

Le maintien à domicile, bien sur ! L'Humain d'Abord !

 

Noelle Peoc'h, candidate du Front de Gauche dans la 6ème Circonscription du Finistère (Carhaix-Chateaulin-Crozon).

 

Site internet : http://www.finistere6-lhumaindabord.fr/ Courriel : fdg296@orange.fr

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 06:53
bandeau Front De Gauche





Agenda du front de gauche :





- Demain, Jeudi 2 février : Assemblée Citoyenne à Roscoff [ 20 h – Salle Mathurin Meheut ]

- Vendredi 3 février : premier rendez-vous « auprès des tours » de la Boissière (Morlaix) [ 16h ] (apporter gâteaux et boissons chaudes pour ce qui peuvent)

Vendredi 10 février : Assemblée Citoyenne à Plougonven [ 18 h 30 – Foyer ]

Vendredi 17 février : Assemblée Citoyenne à Plounéour Menez [ 20h - salle à préciser ]

- Mardi 14 février : Réunion du bureau à Morlaix [18 h – Local du PCF : 2 Petite Rue Callac ]

- Samedi 18 février : Assemblée Citoyenne à Plouigneau [ 15 h – salle des mariages] - « la perte d’autonomie, un enjeu de société » animée par Christiane CARO (membre du collectif national santé du PCF), Ismaël DUPONT et Marie HUON

- Mercredi 29 février : Réunion du Collectif à Morlaix  [20 h – Local du PCF : 2 Petite Rue Callac ]

Lundi 5 mars : Assemblée Citoyenne à Sizun [ 20h - Salle St Ildul ]

- Vendredi 9 mars : Assemblée Citoyenne à Saint Pol de Léon [ horaire, salle à préciser ] - « l’agriculture » animée par Xavier COMPAIN (PCF), Joël HELARY et Jean Jacques LABOUS avec nos candidats.

Mercredi 21 mars : Assemblée Citoyenne à St Martin des Champs [20 h – Salle Gallouedec ] - « l’école » animée par Gérard ASCHIERI (ancien secrétaire général de la FSU) avec nos candidats.

- Vendredi 30 mars : Assemblée Citoyenne à Pleyber Christ [ 20h - Salle le Mille Club (à côté de la salle des fêtes) ] - « travail, emploi, salaire » animé par Nicolas BENIES (économiste et syndicaliste) avec nos candidats
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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 20:00

La France, comme la plupart des pays européens, plonge dans la dictature ultra-libérale.

Dictature, oui, le mot n'est pas excessif. Interrogé en direct sur huit chaînes de télévision - ah, les vertus de la concurrence pour garantir le pluralisme de l'information et l'existence de contre-pouvoirs face à l'exécutif.... - Nicolas Sarkozy a annoncé un nouveau train de réformes s'attaquant au pouvoir d'achat des plus modestes et au caractère protecteur du droit du travail dont certaines parmi les plus importantes feront l'objet d'une législation gouvernementale et ne seront même pas examinées et débattues au Parlement.

"Jamais nous avons assisté à un tel piétinement du débat démocratique et de l'expression du suffrage universel" écrit avec raison Patrick Le Hyaric dans son édito dans L'Humanité du mardi 31 janvier 2012.

L'ennemi déclaré de la droite, c'est tantôt l'endettement public, tantôt le coût du travail qui affecte la compétitivité de nos entreprises, mais le mouton qu'elle voudrait tondre jusqu'à lui entailler les chairs, c'est le peuple, qu'elle a tout fait pour paralyser en nourrissant la peur de l'effondrement économique en cas de hausse des déficits après avoir créé chez lui la peur de l'invasion étrangère, des jeunes, des pauvres, de l'insécurité.

Nicolas Sarkozy a donc feint de faire vivre le dialogue social et de respecter les pseudo « partenaires sociaux » en leur laissant le soin de négocier au niveau des entreprises- et non des branches professionnelles- pour trouver dans les deux mois la voie d'accords compétitivité-emploi où il s'agirait en toute simplicité de trouver des modalités acceptables de part et d'autres pour briser l'étau des 35h, des dispositions légales touchant le chômage technique, l'annualisation du travail, la flexibilité, les salaires. « Privés d'accords nationaux et de références sur le temps de travail, les salariés seraient libre de construire les armes du patronat en combinant eux-mêmes leurs salaires et leur temps de travail sans avoir le choix d'en contester la logique de répartition des profits entre le capital et le travail, l'investissement dans l'emploi et la réindustrialisation ou la fuite en avant spéculative », commentait le journaliste de L'Humanité, Dominique Biègles, le lundi 30 janvier.

Côté Le Télégramme, notre quotidien régional local, on en redemande et on fait le service après-vente du chef de l'Etat qui n'a pas eu assez d'oreilles attentives et bienveillantes dimanche. Hubert Coudurier félicite Sarkozy d'"affronter les syndicats pour réduire les coûts salariaux de l'entreprise" à l'instar de Gerhard Schröder en Allemagne. Il le remercie aussi pour son bilan "qui n'a rien de déshonorant" mais qui n'est pas non plus reluisant, du fait d'une "période épouvantable": les fameuses circonstances extérieures cataclysmiques... La faute aux conditions météo, donc, si la France compte, depuis 2007, 500 milliards d'euros de dettes en plus, 350.000 emplois industriels en moins, un millions de chômeurs et de pauvres en plus, une protection sociale et des services publics exsangues. Henry Lauret dans le même journal ne craint pas de transformer Sarkozy en Lénine de la lutte anti-crise tout en reconnaissant qu'il puise davantage ses sources d'inspiration chez les ultra-libéraux allemands que chez les bolcheviks: "A 80 jours de l'élection présidentielle, la compétitivité et la croissance obsèdent le président de la république. Le modèle allemand lui inspire de jouer de la hausse de 1,6 points du taux standard de la TVA pour supprimer les cotisations de la branche famille sur les salaires jusqu'à plus de deux fois le SMIC. Une sorte de révolution d'octobre puisque la mesure ne serait de toute façon pas applicable avant l'automne".  

Comme bien sûr il ne saurait y avoir beaucoup d'accords entre, d'un côté, un patronat qui veut casser les protections du droit du travail et, de l'autre côté, des salariés et des syndicats sachant bien qu'elles sont plus que jamais nécessaires, et comme l'idée même de laisser faire le dialogue social patronat-syndicat est une gageure étant donné l'iniquité du rapport de force, ce sera finalement le gouvernement, en toute illégitimité, sans recourir au Parlement, qui tranchera pour enterrer définitivement les 35 heures et toute une batterie d'autres garanties salariales. L'objectif assumé est donc de s'aligner sur le modèle allemand, ses 8% de chômeurs (chiffre sous-estimée du fait d'astuces comptables), ces travailleuirs flexibles et précarisés, ayant vu leurs salaires, surtout dans le secteur des services, diminuer de manière drastique depuis les années 1990, son espérance de vie en baisse...

Transférer de manière autoritaire, sans débat et prise de décision au Parlement, le financement de la protection sociale des cotisations patronales à la TVA, relevée d'1,6 points pour atteindre un taux normal de 21,2% vise, dans une politique de l'offre, à faire peser le poids des allégements fiscaux pour l'entreprise à tous les citoyens. Avec quelles conséquences sur la consommation? Les entreprises françaises ne sont pas tournées prioritairement comme les entreprises allemandes vers l'exportation: si la consommation des français est déprimée, c'est toute l'activité économique et les recettes fiscales qui s'en trouvent réduites. L'objectif de Sarkozy est peut-être cependant moins le redressement économique que la prolongation de la casse des mécanismes du droit social et des solidarités au profit des intérêts du capital et des plus riches, et surtout la mise en œuvre d'une stratégie du choc pour assurer sa réélection aujourd'hui très compromise.

L'idée est d'imposer en toute urgence des « réformes structurelles » impopulaires mais présentées comme nécessaires pour redresser l'économie et les comptes de la France de manière à incarner la figure du « président courage » n'hésitant pas à faire les sacrifices qui s'imposent dans la tempête mais peut-être plus encore de façon à laisser croire aux français qu'il n'y a pas d'alternative possible, puisque le candidat de droite n'a d'autre choix que de compromettre sa réélection en prenant ces mesures fatalement impopulaires.

Comme le signalait un journaliste du journal Le Monde en fin de semaine dernière, Sarkozy utilise là une tactique de Gerard Schröder qui n'avait pas hésité à mettre un coup d'accélérateur à son entreprise de démolition de l'état social en fin de mandat alors qu'il était très impopulaire et que sa réélection était très compromise, et qui, ce faisant, s'était imposé en homme d'action énergique tentant d'appliquer les seules mesures possibles pour redresser le pays. Le résultat électoral du SPD avait été de ce fait bien moins catastrophique que prévu. Modèle allemand, disions-nous...

La taxe Tobin et la hausse de 2% de la CSG sur les revenus du patrimoine à côté sont une bien maigre concession au rejet majoritaire en France de la domination du capitalisme financier.

Comme l'écrit dans un communiqué daté du 30 janvier l'association ATTAC qui avait pourtant fait de cette taxe Tobin un combat emblématique à sa fondation: «  Nicolas Sarkozy a tranché: avec la hausse prévue de la TVA, les patrons verront leurs coûts salariaux diminuer de 13 milliards d'euros. En revanche la fameuse taxe Tobin à la française ne rapporterait qu'1 milliard d'euros. Même en y ajoutant la hausse de la CSG sur les revenus du capital (qui devrait rapporter moins de 2 milliards), le compte n'est pas bon pour la justice fiscale. En effet, qui va payer la TVA? Pour l'essentiel, les consommateurs... La TVA « sociale » réduira donc la consommation et aggravera la récession dans laquelle la France est engagée depuis quelques mois. C'est la première raison pour la rejeter. La deuxième tient à son injustice: en augmentant la TVA, on réduit encore la progressivité du système fiscal. Car la TVA pèse plus lourdement sur les ménages populaires, qui consomment tout leur revenu, que sur les ménages aisés qui en épargnent une bonne partie. Cette stratégie de TVA « sociale » s'inscrit dans la logique de dumping social et fiscal caractéristique de l'Union européenne et de la mondialisation néolibérale: or c'est précisément la course vers le bas des coûts salariaux qui entraîne l'Europe et son modèle social vers le gouffre. La hausse de la TVA, déjà pratiquée en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, n'est qu'un volet des plans d'austérité qui sont en train d'enfoncer l'Europe dans la récession.» 

 

Merkel a bien senti en Sarkozy son allié pour conduire en Europe la guerre des classes au service du capitalisme financier: c'est pourquoi elle a déjà promis d'assister à un de ses meetings de campagne alors qu'il n'est pas encore candidat officiellement. Il paraît que la date et le lieu en sont déjà fixés.

 

Hier, au Conseil Européen, cette gouvernance Merkozy s'est traduit par l'approbation, sauf par la Grande-Bretagne et la République Tchèque, du mécanisme européen de stabilité et d'un nouveau traité européen qui impose la règle d'or et des sanctions quasi automatiques pour les Etats présentant des bilans comptables en déficit tout en recommandant des réformes structurelles comparables à celles qu'exigeait le FMI pour les pays d'Amérique du SUD et d'Afrique afin d'accroître la compétitivité de l'économie sur le dos des dispositifs de solidarité et des services publics. Le texte sur lequel les chefs d'Etat se sont entendus est en pleine cohérence avec les dernières réformes qu'a annoncé Sarkozy puisqu'il vise à tailler dans "les coûts du travail non salariaux", c'est à dire dans les charges sociales et autres prélèvements sociaux. "La sortie de la crise passerait par le dumping social, commente le journaliste de l'Huma ce 31 janvier. Qu'importe si cette politique a failli. L'Organisation Internationale du Travail (OIT) relevait la semaine dernière que la moidération salariale en Allemagne a contribué à contracter la demande intérieure dans toute l'UE. L'OIT y voit l'une des causes de la crise. Généralisée à toute la zone euro, cette politique produirait des effets dévastateurs".

 

Ce nouveau traité européen accompagne la création d'un fonds de garantie européen de 500 milliards d'euros encore mieux doté que le FMI: garantie contre les défauts des Etats, avec l'argent des contribuables, au profit des banques et des fonds d'investissement...

Ce traité limitera à 0,5% du PIB le déficit structurel des Etats, et imposera que ces objectifs dont la non satisfaction entraînera des sanctions financières automatiques, lourdes et immédiates soient inscrits dans les législations de chaque Etat membre. Bien évidemment, aucun Etat européen n'a probablement l'intention de laisser à sa population le soin d'adopter ou non ce traité qui remet en cause la souveraineté politique des citoyens. Ceux ne pourront plus, en fonction de leurs objectifs majoritaires du moment traduits dans les élections, maîtriser vraiment leurs dépenses et leurs recettes publiques.

Ce carcan d'austérité imposée interdirait potentiellement (mais il n'a qu'une réalité de papier comme les critères de Maastricht allègrement ransgressées en 2008 pour venir en aide aux banques, et nous le briserons si on nous en donne l'occasion) toute politique de relance par la hausse des salaires, la dépense publique au service de l'emploi et des solidarités. L'Allemagne fait même pression, pensant évidemment en premier lieu à la Grèce, pour qu'on crée "un commissaire budgétaire européen" pouvant suspendre en cas d'endettement excessif la compétence des parlements et des gouvernements sur la définition de leurs budgets et les mettre ainsi sous tutelle.   

 

La réaction de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et président de la Gauche Européenne, a été très forte face à ce nouveau traité honteux imposé sans légitimité démocratique:

 

"Ce traité, c'est le débarquement assuré de la « Troïka », le pillage des biens communs et la casse des droits sociaux, dans tous les pays de l'Union.

Avec le transfert du pouvoir budgétaire des parlements nationaux vers la commission, ils remettent en cause les souverainetés populaires, et ils le font sans débat ni consultation des citoyens. C'est une attaque sans précédent des droits politiques élémentaires des peuples européens, un changement de régime vers la dictature des marchés.

Pour avoir une vision claire de l'Europe qu'ils préparent, voyons ce qu'il se passe en Grèce, qu'Angela Merkel veut mettre officiellement sous tutelle; ou en France, où Nicolas Sarkozy vient d'annoncer un 3ème plan d'austérité augmentant les impôts indirects et cassant les conventions collectives sur le temps de travail pour financer de nouveaux cadeaux au patronat.

Au final, c'est l'autodestruction de l'Union Européenne qui est en cours. L'UE ne peut se construire contre les peuples et dans la suspicion permanente entre les États membres. Jamais les institutions européenne n'auront la légitimité qu'elles revendiquent en prenant des décisions autoritaires et néfastes pour les peuples. Jamais l'idée d'union ne sera préservée si un État peut demander la mise sous tutelle d'un autre. Il n'y aura pas d'Union dans la division et la mise en concurrence des peuples.

Au nom du Parti de la gauche européenne, je rejette cet accord international et nous mènerons campagne dans tous les pays de l'Union pour qu'il ne soit pas ratifié".

 

J'étais à Paris ce week-end pour assister au lancement national de la campagne législative des communistes au sein du Front de Gauche le samedi 28 janvier.

Il y a été rappelé que notre objectif prioritaire était de battre Sarkozy et l'UMP et de créer en France une majorité de gauche avec une orientation clairement à gauche. La présidentielle doit être convertie en un référendum pour ou contre l'austérité, comme l'a indiqué avec force notre candidat Jean-Luc Mélenchon. Patrick Le Hyaric a rappelé que l'austérité n'est pas d'abord une réponse à la crise mais une politique préméditée qui nous plonge dans la crise pour renforcer la mainmise de la finance sur la vie sociale et économique. Jean-Luc Mélenchon aussi, qui est intervenu en début d'après-midi à notre rencontre nationale des candidats communistes aux législatives et des responsables de section à La Plaine Saint Denis, s'est félicité que François Hollande regarde moins désormais (grâce à notre poids grandissant ou à la droitisation de Bayrou, devenu une nouvelle alternative pour la droite et les privilégiés?) vers Bayrou et le centre, qu'il acceptele principe d'un appel à voter en faveur du Front de Gauche s'il n'est pas présent au second tour des présidentielles, et prétende même que son objectif n'est plus simplement de "donner du sens à la rigueur" mais de "maîtriser" la finance ou d'en faire "l'adversaire principal".  

Personne n'est dupe chez nous de cette inflexion rhétorique d'inspiration miterrandienne mais elle traduit sur un mode électoraliste la prise de conscience de l'efficacité de la campagne du Front de Gauche sur le terrain et du caractère incontournable des attentes des citoyens pour une vraie alternative au néo-libéralisme. Jean-Luc Mélenchon parie sur la force d'entraînement de certains mots qui deviennent dominants dans le débat public grâce au dynamisme de notre campagne. Pierre Laurent a lui réaffirmé sa satisfaction que prenne corps son désir de voir à l'oeuvre une conception du Front de Gauche ouverte, rassembleuse, accueillante pour chacun tel qu'il est, à condition de se retrouver dans cette gauche de combat et d'invention sur les ruines de la social-démocratie.

Grâce à notre campagne de terrain et au travail de Jean-Luc Mélenchon, la gauche, que les médias dominants avait voulu évincer du paysage, est de retour. Le Front de Gauche, selon Pierre Laurent, doit continuer à grandir en devenant une affaire populaire, une force citoyenne qui dépasse le cartel d'organisations. On observe déjà un phénomène significatif de réengagement de nombreux syndicalistes qui s'étaient tenus à distance du débat politique. En effet, nous sommes dans un mouvement de transformation très profond dans le pays et, depuis 2008, il y a une prise de conscience de la nocivité du capitalisme financiarisé et de la nécessité d'inventer autre chose que le mode de développement capitaliste. Le Front de Gauche a vocation à construire le mouvement majoritaire de réinvention de la gauche pour un dépassement de ce capitalisme financier. La fécondité de notre démarche, selon notre secrétaire national, a été de ne pas s'enfermer dans un nouveau parti aux frontières étanches, mais d'avoir gardé le jeu ouvert afin de mettre en mouvement dans une structure souple de multiples forces sociales, tous les gens qui veulent se mobiliser sur des objectifs clairs de transformation du système.

Le constat, aujourd'hui, c'est qu'il devient de plus en plus probable que nous battions Sarkozy sur son terrain de prédilection, celui de la sortie de crise. La signification de cette victoire ne serait pas mineure: il s'agirait d'une victoire contre un de ceux qui dirigent le monde capitaliste. Cest pourquoi nous ne devrons pas mégoter selon Pierre Laurent quand la question d'un rassemblement de la gauche se posera afin de battre la droite. Aujourd'hui, une des seules chances pour Sarkozy de garder le pouvoir est de compter sur un bon report de voix et un bon score du côté de l'extrême-droite. Pour empêcher que cette stratégie paye grâce à la mise en avant de thématiques qui renforcent la droite (l'immigration, l'insécurité, méfaits de "l'assistanat"...) en divisant le salariat et en brouillant les repères des classes populaires et moyennes comme la contradiction d'intérêt effective entre le monde du travail et le capital, il faut tenir haut le débat politique, parler hausse des salaires et baisses des dividendes pour les actionnaires, logement, santé, lutte contre la précarité, pouvoirs des travailleurs sur les orientations stratégiques des entreprises. En partant de ces besoins concrètement perçus par les français, il est possible de faire grandir l'exigence de changement dans la population, de montrer les insuffisances du projet de François Hollande et le besoin de donner le plus grand poids politique possible au Front de Gauche.         

  

Que penser du projet présidentiel de François Hollande?

 

A sa une, le vendredi 27 janvier, le journal Le Monde a félicité François Hollande et les concepteurs de son programme présenté le jeudi 26 janvier en parlant d'un « projet à la tonalité churchillienne » qui « porte la marque du réalisme et de la rigueur ». Le grand progressiste qu'était Churchill apprécierait t-il d'être comparé à cet adversaire résolu de la finance qu'est le candidat socialiste (sic)? Peut-être bien, oui, s'il avait pu entendre il y a un an notre futur candidat socialiste le paraphraser en promettant « du sang et des larmes » si la gauche revenait au pouvoir dans un contexte de crise. Nous y sommes presque.  

Mais cette crise est précisément provoquée par la financiarisation de l'économie à l'échelle internationale, les dégâts du libéralisme en Europe, et elle ne saurait jamais que se renforcer si on ne prend aucune mesure énergique pour une autre politique publique du crédit et du contrôle des banques en Europe et pour soutenir l'activité par la relance des salaires et de la dépense publique en tournant le dos aux politiques d'austérité qui aggravent la crise et le niveau d'endettement public partout en Europe. Or, à l'évidence, Hollande et les socialistes ne croient pas qu'il est possible ou souhaitable de faire autrement que d'accompagner en le régulant à la marge ce système capitaliste financiarisé et mondialisé. Ils ne pensent pas non plus certainement qu'il est raisonnable ou opportun de s'attaquer significativement aux profits du capital et des grandes fortunes: pensez à la fuite précipitée de ces philanthropes que sont les investisseurs.... Ségolène Royal ne s'était-elle pas donné pour priorité en 2007 de réconcilier les français avec le monde de l'entreprise, car entre lui et nous, c'était "gagnant-gagnant"?

Dans le projet présidentiel de son ex-mari, on parle d'efforts équitablement partagés, non des moyens politiques réels tangibles d'une reprise de contrôle sur le monde de la finance, d'une marche vers plus d'égalité, non d'une politique résolue pour sortir de la précarité et de l'insécurité sociale des millions de français en rendant le droit du travail à nouveau plus protecteur et en donnant un sérieux coup de pouce à la protection sociale et aux services publics.

 

Il y a dans les 60 propositions de François Hollande quelques mesures qui vont dans le bon sens et qu'on peut saluer. On peut évoquer notamment un plan ambitieux pour le logement, la séparation des activités de dépôt et d'investissement des banques, une banque publique d'investissement gérée de manière décentralisée, et une légère augmentation de 15% de l'impôt sur les bénéfices des banques.  

 

Mais à côté de cela, Hollande ne prévoit pas de recréer les postes supprimés dans les services publics par la droite depuis 10 ans au nom de la RGPP. Ainsi, les 60.000 postes supplémentaires dans l'éducation (qui ne sont pas tous des postes d'enseignants loin s'en faut) concerneront essentiellement le premier degré et seront compensés par des suppressions de postes dans d'autres services publics, alors que chacun d'eux est au bord de l'asphyxie. Les 500.000 places en crèche promises pendant les primaires socialistes sont repoussées aux calendes grecques, quand la croissance et le desendettement public le permettront. Comme il l'avait annoncé, Hollande ne veut pas d'une refonte significative de la réforme Fillon sur les retraites avec un rétablissement de la retraite à 60 ans. Il ne prévoit pas non plus d'abroger la loi Bachelot sur l'hôpital ou de supprimer les franchises et les déremboursements de médicaments pour rendre la santé accessible à tous.

Sa notation sociale des entreprises et son système de bonus-malus au niveau des cotisations sociales  pour encourager l'embauche, la hausse des salaires, la limitation des contrats précaires est un outil peu efficace qui ne saurait faire oublier la volonté de ne pas légiférer pour augmenter les salaires et réduire les contrats précaires dans l'entreprise et les services publics. Pour faire embaucher 150.000 jeunes dans le cadre du "contrat de génération", Hollande mise avant tout à nouveau sur les baisses de cotisations patronales. 

Les 29 milliards d'euros de recettes que Hollande espère trouver par  la suppression des niches fiscales ne seront pas simplement pris aux plus riches et les 20 milliards d'économies qu'il espère réaliser de surcroît toucheront aussi la protection sociale et  les services publics qui démocratisent l'accès à des biens fondamentaux (la santé, la justice, l'éducation, la sécurité, la culture...):  il n'est aucunement question dans ce projet d'élever le niveau de protection sociale, le salaire minimum et les pensions.

Sur la réforme des institutions et la prise en compte des enjeux environnementaux, le projet présidentiel de Hollande est loin de prendre en compte la gravité des crises démocratiques et écologiques en cours. Il s'accomode de la perpétuation de la Vème République qui concentre les pouvoirs et les délègue systémiquement au profit d'un bipartisme de fait étouffant pour la démocratie.

Surtout, Hollande assume une politique d'austérité qui place à un rang tout à fait secondaire la nécessité d'un meilleur partage des richesses en faisant croire que les français ont vécu au-dessus de leurs moyens alors qu'on n'a cessé de leur extorquer le produit de leur travail et les droits sociaux qu'ils avaient conquis de haute lutte. L'augmentation à 45% du taux de la dernière tranche de l'impôt sur le revenu aura des effets dérisoires (ne concernant que 0,5% des foyers fiscaux parmi les plus riches: au-delà de 450000 euros par an par couple avec deux enfants, par exemple) et ne suffira pas loin de là à rétablir un impôt réellement redistributif: la fiscalité sur le patrimoine et sur le capital sont pendant ce temps des points aveugles du projet.        

Surtout, on n'a pas vu Hollande réclamer avec force un contrôle démocratique sur une BCE qui pourrait prêter aux Etats pour l'investissement social, écologique, et la relance de l'activité économique. On ne l'a pas entendu dénoncer les mesures de constitutionnalisation de l'austérité et de la baisse du coût du travail du pacte de stabilité et de croissance pour l'euro. De manière générale, l'absence de mise en mouvement de la société et de proposition de réformes structurelles pour reprendre un contrôle démocratique sur les marchés et les banques laisse penser qu'en cas d'aggravation de la crise de la dette, des attaques des spéculateurs et des agences de notation, Hollande agira probablement de la même manière que Papendréou, Zapatero et Socrates: c'est à dire par la capitalation face au diktats anti-démocratiques et réactionnaires du monde de la finance.    

 

En somme, Je vais enfoncer des portes ouvertes en disant que c'est bien avec un pistolet à bouchon que le chevalier Hollande monte, pour épater la galerie, à l'assaut de la citadelle de la finance, et la réalité de son projet consiste bien pluôt à calmer les attentes populaires car monsieur est le candidat du "sérieux", de la "vérité", dont les certificats d'authentification se décernent dans les milieux de l'oligarchie patronale et politique européenne, et non celui de la combativité sociale pour faire reculer les forces de l'argent. Le dernier mot qui résume l'ambition folle de ce programme revient à Michel Sapin: "Le tout, tout de suite, est d'un autre temps", celui d'avant, celui des dinosaures qui pouvaient encore croire que la gauche avait vocation à changer la vie.  

 

Nous ne demandions pas pourtant un "feu d'artifice de promesses" mais des engagements clairs sur des réformes de structures pour sortir de la crise économique, sociale, démocratique, écologique, culturelle, que traverse notre pays comme le reste de l'Europe à cause de plusieures années de politiques néo-libérales au service du capital. Ces engagements, nous ne les trouvons en France, appuyés sur un dynamique de rassemblement, que dans le Programme Populaire et Partagé du Front de Gauche, L'Humain d'abord.     

 

Ismaël Dupont.  

le 31 janvier 2011.  

 

 

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 20:55

 

LE COLLECTIF DU PAYS DE MORLAIX « UN BATEAU FRANÇAIS POUR GAZA »

ET LE CINÉMA LA SALAMANDRE

Vous proposent

LE 7 FEVRIER A 20 h

la projection-débat du film

GAZASTROPHE DE SAMIR ABDALAH ET KHERIDINE MABROUK

en présence d’un des réalisateurs et de CLAUDE LEOSTIC Présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine

 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 07:01

François Hollande a gauchisé son discours dimanche dernier lors de son premier grand meeting de campagne au Bourget retrouvant parait-il des accents mitterrandiens.

A t-il pour autant promis de limiter les CDD et les temps partiels imposés, d'augmenter le salaire minimum et les minima sociaux, de briser la concentration du capital et les conflits d'intérêt dans les médias pour garantir le pluralisme, de démocratiser les institutions, de mettre hors d'état de nuire les agences de notation, de relancer l'activité par la dépense publique et la lutte contre l'austérité, de réformer le financement des Etats pour qu'ils empruntent directement à la BCE ou par le biais d'emprunts forcés aux banques nationales à des taux d'intérêt peu elevé ?  Bien évidemment non. 

L'égalité dans le partage des sacrifices entre les riches et les pauvres à l'horizon d'une rigueur insurmontable, mais surtout pas de nouveaux droits sociaux ou de reconstruction d'une protection sociale et de services publics cassés par la droite: car ce serait mettre trop dangereusement à contribution le capital financier, les entreprises, les grandes fortunes, et donc paraît-il nuire à notre compétitivité dans la mondialisation. 

Rien sur la santé (les déremboursements, les franchises médicales, les hausses des mutuelles à annuler) ou sur les moyens de lutter contre la précarité dans son programme présenté à la presse et aux français il y a deux jours: et une acceptation intolérable de l'essentiel de la réforme Fillon des retraites de 2010. Voilà qui ne devrait pas beaucoup intimider le monde de la finance... Mais faut-il s'en étonner?  

Nous publions ici un lien avec le site internet des éditions Aden, Joli Mai, qui donne des renseignements sur le pedigree distingué des nouveaux chiens de garde du capital qui constituent le conseil économique de François Hollande, pour beaucoup des habitués du très aristocratique et subversif dîner du Siècle comme le nouveau Che Guevara du PS.

 

François Hollande et le monde des affaires. Par Geoffrey Geuens
January 23, 2012

Quand le CAC40 prépare l’alternance

Par Geoffrey Geuens

En choisissant comme directeur de campagne le vice-président du Cercle de l’Industrie – lobby réunissant les PDG des principaux groupes industriels français – le candidat de la gauche de droite aux prochaines élections présidentielles a envoyé un signal, on ne peut plus clair, aux marchés financiers : l’alternance ne constituera pas une menace, bien au contraire, pour les classes possédantes. Après José Sócrates, José Luis Zapatero, George Papandréou et Elio Di Rupo, François Hollande sera-t-il le prochain dirigeant socialiste à prétexter la « crise des dettes publiques » pour imposer aux travailleurs l’austérité et la régression sociale ? Au vu du pédigrée de ses responsables de campagne, il y a tout lieu de le craindre : c’est que les principaux conseillers dudit candidat se signalent par leur proximité avec le monde des affaires et leur volonté de rassurer l’Europe des marchés. A moins de quatre mois des élections, un passage en revue des troupes s’imposait.

Pierre Moscovici (directeur de campagne)

Ex-ministre en charge des Affaires européennes dans le gouvernement de Lionel Jospin,  Pierre Moscovici est vice-président du Cercle de l’Industrie. Ce lobby, représentant les intérêts des trusts français à l’échelle européenne, a été créé en 1993 par Raymond Lévy, alors président de Renault, et Dominique Strauss-Kahn, qui venait tout juste de quitter le ministère de l’Industrie et du Commerce extérieur. Partenaire du MEDEF, de l’Institut de l’Entreprise et de la Table ronde des Industriels européens, le Cercle de l’Industrie s’est doté du conseil d’administration bipartisan suivant :

Denis Ranque (président)
Administrateur de CMA-CGM, de Saint-Gobain et du Fonds Stratégique d’Investissement français ; ex-PDG de Thalès

Pierre Moscovici (vice-président)
Membre du Parti socialiste, ancien ministre chargé des Affaires européennes (1997-2002)

Alain Lamassoure (vice-président)
Membre de l’UMP, ancien ministre chargé des Affaires européennes (1993-95)

Jean-Yves Naouri (trésorier)
Directeur des opérations du groupe Publicis. Son frère, Jean-Charles Naouri, a été directeur de cabinet de Bérégovoy à Bercy et associé-gérant de Rothschild & Cie Banque, avant de prendre le contrôle du groupe de distribution Casino, et de devenir l’une des plus importantes fortunes de France estimée, en 2011, à 883 millions d’euros par le magazine écofi Challenges. Jean-Charles Naouri est aussi conseiller de la Banque de France, administrateur de Rothschild & Cie Banque et de Fimalac. Cette dernière holding, chapeautant l’agence de notation Fitch Ratings, appartient à un proche de Laurent Fabius : Marc Ladreit de Lacharrière.

Benoît Potier (administrateur)
PDG d’Air Liquide, administrateur de Danone et de Michelin, vice-président de la Table ronde des Industriels européens

Louis Gallois (administrateur)
PDG d’EADS, administrateur de Michelin, ex-directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement au ministère de la Défense

Pierre-André de Chalendar (administrateur)
PDG de Saint-Gobain, administrateur de Veolia Environnement

Pierre Gadonneix (administrateur)
Président d’honneur d’EDF, ex-administrateur de France Télécom, Elf-Erap, Usinor, Renault

Bertrand Collomb (administrateur)
Administrateur des sociétés Total, DuPont et Reuters Founders Share Company, conseiller de la Banque de France, président d’honneur de Lafarge et ex-vice-président d’Unilever

Michel Sapin (responsable du projet présidentiel)

Ancien ministre délégué à la Justice (1991-92), ministre de l’Économie et des Finances (1992-93), et ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’État (2000-02), Michel Sapin pourra, en cas de victoire à la présidentielle, s’appuyer sur ses ex-conseillers : Thierry Aulagnon (directeur de cabinet à Bercy) est membre du comité de direction de la Société générale ; Eric Lombard (conseiller technique à Bercy) est président de BNP Paribas Cardif et du Groupement français des Bancassureurs ; quant à Godefroy Beauvallet (conseiller e-Government au ministère de la Fonction publique), il dirige actuellement le Fonds Axa pour la Recherche.

Les conseillers économiques de François Hollande (1)

Elie Cohen
Directeur de recherche au CNRS et à Sciences Po, membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre, il est aussi administrateur des firmes EDF Energies Nouvelles, Steria et PagesJaunes, ex-administrateur d’Orange et Vigeo.

Jean-Hervé Lorenzi
Professeur à l’Université Paris-Dauphine, président du Cercle des économistes, membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre, ex-conseiller du président du groupe Havas et du Premier ministre socialiste Edith Cresson, actuel administrateur de BNP Paribas Assurances, de la Cie financière Edmond de Rothschild, et membre du conseil d’orientation de l’Institut Montaigne, think tank créé par Claude Bébéar (Axa).

Jean-Paul Fitoussi
Président de l’Observatoire français de la conjoncture économique (OFCE), membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre, ex-coordonnateur de la « Commission sur la performance économique et le progrès social » – lancée à l’initiative du président Sarkozy – et président de la sous-commission de la « Commission des Nations-Unies sur la Réforme du système monétaire et financier international », ce chroniqueur du Monde et de La Republicca est aussi administrateur du trust financier italien Sanpaolo IMI, de Telecom Italia et de Banca Sella Holding.

Emmanuel Macron
Ancien membre de la « Commission Attali pour la libération de la croissance » – installée par le président Sarkozy – et actuel associé-gérant chez Rothschild & Cie Banque.

Stéphane Boujnah
Ex-membre de la « Commission Attali pour la libération de la croissance » et conseiller de Dominique Strauss-Kahn à Bercy, il est aujourd’hui le patron de la branche française du groupe financier espagnol Santander.

Forts de leurs positions dans le monde des mass-médias (Libé, Le Nouvel Observateur, Le Monde), les jeunes loups du capitalisme à la française sont désormais en mesure de faire coup double : dénoncer, à longueur de chroniques ampoulées, les « excès » des marchés financiers, tout en bénéficiant des profits symboliques et, plus encore, matériels associés à leur statut de dirigeants de la haute banque et de la grande industrie. Un économiste tel que Daniel Cohen – membre de l’équipe de campagne de Martine Aubry – a pu ainsi prêcher la bonne parole « régulationniste » dans l’émission de France Télévisions « Fric, Krach et gueule de bois », à l’appui de poncifs sur les traders fous, l’aveuglement libéral et la droite de Reagan et Thatcher, sans que Pierre Arditi, animateur de la soirée, ne juge bon de préciser que cet éditorialiste au Monde siégeait, au même moment, à la banque d’affaires Lazard, au conseil scientifique de la Fondation Jean-Jaurès et au think tank « A Gauche, en Europe », une boîte à idées sociale-libérale créée par Rocard, Strauss-Kahn et Moscovici. La boucle est bouclée.

(1) Pour plus d’informations sur la contribution apportée par ces économistes à la campagne de François Hollande, lire Fanny Guinochet et Gaëlle Macke, « Ces économistes et ces patrons qui soutiennent François Hollande », Challenges, 16 octobre 2011.

Pour en savoir plus sur les travaux de Geoffrey Geuens, vous pouvez lire son ouvrage, La finance imaginaire, aux éditions Aden : http://www.aden.be/index.php?aden=la-finance-imaginaire

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 06:55

MARINE LE PEN VOUS MENT !

 

 LE FRONT DE GAUCHE VOUS DEFEND !

 

SORTIR DE L'Euro ?

Avec un franc qui serait dévalué de 20 %, la dette extérieure de l'Etat augmenterait instantanément de 25 %, et les taux d'intérêts risqueraient de monter très haut. Au profit de qui ? Des rentiers, français ou étrangers.

Ce n'est pas l'Euro qu'il faut abandonner, mais la façon dont il est géré par la BCE, au profit des rentiers, alors qu'il pourrait être un outil de progrès social pour toute l'Europe.

 

TAXER LES PRODUITS ETRANGERS AUX FRONTIERES DE LA FRANCE ?

Ce serait provoquer une riposte du même genre des pays voisins, et nos industries exportatrices seraient pénalisées à leur tour.

Ce ne sont pas les frontières de la France qu'il faut fermer aux produits étrangers, mais celles de l'Europe qu'il ne faut pas laisser grandes ouvertes sans rien imposer aux chinois, aux indiens ou aux américains.

 

AUGMENTER LES SALAIRES EN SUPPRIMANT LES COTISATIONS SOCIALES ?

Ce serait démolir la Sécurité Sociale et notre système de retraite par répartition. Au profit de qui ? Au profit de retraites par capitalisation, gérées par des assurances privées, sans aucune garantie : Mme Le Pen défend là les mêmes intérêts que les frères Sarkozy, Guillaume (assureur privé) et Nicolas (celui qu'on va virer).

 

VERSER UN SALAIRE AUX FEMMES AU FOYER ?

Au Front de Gauche, nous pensons que les femmes ont le droit de travailler comme les hommes, que les tâches familiales doivent être partagées au sein des couples, et qu'il faut développer l'aide à la petite enfance.

 

Et avec quelles recettes Mme Le Pen propose-t-elle cela ? Aucune, ou presque ! Comme son père, c'est une démagogue, qui fait semblant de proposer des allocations nouvelles, alors qu'elle propose de baisser toutes les cotisations sociales et tous les impôts.

 

Au contraire, le Front de Gauche n'hésite pas à dire qu'il faut que les grandes entreprises soient imposées au moins autant que les petites, que l'impôt sur le revenu des ménages soit plus élevé pour les ménages aisés, et beaucoup plus élevé pour les ménages très aisés, et qu'il faut que l'impôt sur les successions et donations soit beaucoup plus fort pour les grandes fortunes.

 

L'augmentation de tous ces impôts directs serait un moyen de favoriser le développement d'activités qui créeraient des emplois non-délocalisables, et qui amélioreraient votre pouvoir d'achat et vos conditions de vie :

-Construire 200 000 logements sociaux par an pendant cinq ans, ce serait donner du confort aux ménages les plus modestes et aux jeunes travailleurs, tout en favorisant la baisse des loyers pour beaucoup de locataires ;

- Développer les transports collectifs de proximité, en particulier dans et autour des petites villes, ça améliorerait votre budget en vous permettant d'avoir une voiture de moins à la maison ou au pied de votre immeuble ;

- Réinstaller en France des industries anciennes, développer des industries nouvelles, en particulier dans les énergies renouvelables utilisant la force des marées et des courants marins, la force du vent, la chaleur et la lumière du soleil, ce serait à la fois créer des emplois et assurer l'avenir de la France.

 

Voilà en quelques lignes ce que vous propose le Front de Gauche, pendant que Mme Le Pen radote sur la "préférence nationale" et l'expulsion des immigrés, où elle est pire que Guéant et Sarkozy : les immigrés paient leurs impôts (à commencer par la TVA, comme tous les habitants du pays) et leurs cotisations sociales. Contrairement à ce que dit Mme Le Pen, ils versent davantage d'argent à l'Etat et à la Sécurité sociale qu'ils n'en reçoivent.

 

N'ECOUTEZ PAS CELLE QUI CHERCHE A OPPOSER LES FRANÇAIS AUX ETRANGERS : DIVISER LE PEUPLE A TOUJOURS SERVI LES INTERETS DES SUPER-RICHES DES PATRONS LES PLUS BRUTAUX.

 

Hervé Penven.

(proposition d'un tract pour le collectif Front de Gauche de Morlaix).

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 21:53

Présentation par lui-même du candidat du Front de Gauche aux législatives de juin 2012 dans la circonscription de Morlaix (4ème du Finistère):

 

photo presentation

 

 Ismaël Dupont

 

J'ai 32 ans. Je vis en couple à Morlaix, et j'ai le bonheur d'avoir deux enfants de 10 et 5 ans en bonne santé.

 

D'où je viens?   

 

Je suis né à Vannes et j'ai vécu mon enfance et mon adolescence entre Morbihan et le Finistère, à Plougoulm, où se trouvait la maison de mon père et de ma belle-mère.

Ma mère était une femme à principes, intelligente, charismatique et généreuse selon ceux qui l'ont côtoyée, militante pacifiste et féministe de tendance libertaire attirée par l'hindouisme comme par l'action sociale vis à vis des plus démunis et des enfants d'immigrés de notre cité HLM de Ménimur à Vannes, avec qui elle faisait de l'aide aux devoirs. Elle m'a transmis je crois, outre une passion pour la littérature, l'Inde et les pays arabes, une part de son idéalisme et sa rigueur morale. Malheureusement pour l'enfant que j'étais, elle s'est donné la mort à 26 ans en 1987, souffrant d'un sentiment d'inadaptation à la vie et à l'époque qui lui venait de sa soif d'absolu et peut-être aussi d'une intériorité tourmentée malgré ses airs de bonne vivante entourée d'une foule d'amis.

Elle fut aussi, il faut le dire, victime de la crise sociale et de la précarisation consentie de toute une partie de la population et en particulier des jeunes au début des années 1980 puisque, après avoir démissionné de son poste d'enseignante maître auxiliaire de lettres modernes (du fait des difficultés du service qu'on lui proposait: deux mi-temps dans des établissements séparés par 40 km alors qu'elle n'avait pas de voiture, des cours de latin à assurer pour les terminales alors qu'elle avait elle-même arrêté le latin en terminale...), elle a dû enchaîner les contrats précaires, les heures de ménages chez les particuliers ou dans les écoles, les périodes de chômage et de privations. Elle a goûté à satiété du contrat précaire TUC payé au lance-pierre, des files d'attente aux ASSEDIC et à l'ANPE, des multiples CV à écrire sans guère d'espoir de succès. Cette situation a été d'autant plus difficile pour elle qu'elle se refusait par orgueil à dépendre des autres. Du souvenir de ses difficultés et de mon enfance dans un quartier populaire et métissé me sont restés une révolte profonde contre l'injustice sociale, la xénophobie et l'arrogance satisfaite des bourgeois.

Mon père exerça le métier d'assistant social après avoir été étudiant en sociologie et surveillant à Tristan Corbière à Morlaix où il avait aussi été élève. Engagé comme des milliers d'autres jeunes dans le combat contre l'installation de la centrale nucléaire à Plogoff, il était de tendance écologiste et était un admirateur de René Dumont, candidat aux présidentielles de 1974, ce qui ne l'empêcha pas de faire la fête quand Mitterrand fut élu en 1981. Profondément laïque et rationaliste, il s'est démarqué du catholicisme éclairé de ses parents vivant à Saint-Pol de Léon et a demandé  lui-même à intégrer l'école publique quand il était lycéen. Il est mort à 32 ans d'une leucémie trois semaines avant le suicide de ma mère, après avoir combattu pendant plusieurs mois la progression de la maladie et laissé de nombreux amis inconsolables.

J'ai ensuite été élevé par mon oncle et ma tante à Vannes, et, un week-end par mois et la moitié des vacances, par mon admirable belle-mère avec mes demi-frères à Plougoulm. Morlaix, c'était pour moi des grands-parents que j'aimais beaucoup. Mon papi était artisan peintre: il était une vraie bible quand on voulait s'intéresser aux petites histoires locales car il connaissait un peu tout le monde.

 

Mes premières convictions politiques, je les ai héritées de mes conversations avec mon oncle, ma tante et ma belle-mère, tous trois électeurs socialistes. J'ai également deux grands-pères qui furent des élus locaux à Saint Pol de Léon et dans un village de Loire-Atlantique, et qui, avec leur foi profonde de catholiques imprégnés d'idéaux évangéliques et leur souci des autres, furent toujours pour moi des modèles de probité et de dévouement désintéressé.

 

Mon court parcours politique

 

J'ai commencé tôt à me passionner pour la chose politique.

A quinze ans je faisais parti de ceux qui animèrent et déclenchèrent dans mon lycée de Vannes les manifestations contre le plan Juppé sur les retraites et les réformes de Bayrou dans l'éducation nationale. Dans la foulée, à seize ans, j'adhérais au Mouvement des Jeunes Socialistes dont nous créâmes avec des copains étudiants en droit et lycéens la section vannetaise, qui fut pendant les cinq ans où j'y travaillai, la principale force militante dans le combat contre une droite si bien implantée à Vannes. A une petite quinzaine de militants, nous avons mené de beaux combats contre les discriminations, les lois Pasqua-Debré, le racisme, pour la dépénalisation des drogues, une prise en compte des problèmes sociaux de la jeunesse et une politique sociale plus égalitaire.

 

Je me suis détaché du PS et du MJS à 22 ans, alors que je rédigeais ma maîtrise sur la philosophie et la conception de l'histoire de Jean Jaurès, et que j'ouvrais les yeux en me replongeant dans la riche et glorieuse histoire du socialisme et du mouvement ouvrier, sur la somme de renoncements historiques et de dévoiements par rapport aux idéaux fondateurs que l'on devait au PS embourgeoisé et libéral d'après 1983.

Malgré les débuts prometteurs du gouvernement de gauche plurielle (les 35 heures, la CMU, les emplois jeunes), je ne me retrouvais plus du tout dans les deux dernières années du gouvernement Jospin et l'évolution du PS: traité de Nice entériné, accord avec Chirac au sommet européen de Barcelone pour l'ouverture à la concurrence des marchés de l'énergie et du transport; privatisations en série; reconduites à la frontière des immigrés par le ministère Chevènement et absence d'abrogation des lois Pasqua-Debré; discours et pratiques social-libérales de Fabius et Strauss-Khan pour une France de « salariés actionnaires », la dérégulation des mouvements de capitaux et des stock-options; mise en avant prioritaire des questions sociétales sur les questions sociales; mépris, commençant déjà à poindre avant la création de la Fondation Terra Nova, pour des classes populaires réputées lepinées et perdues pour la gauche; tentative de ringardisation du marxisme et de l'idée de lutte des classes...

J'ai aussi été beaucoup ébranlé personnellement et déçu dans mes passions par la découverte du rôle d'un président Mitterrand complètement irresponsable dans le soutien aux responsables du génocide des tutsis du Rwanda et dans la perpétuation des pratiques néo-coloniales de la France-Afrique. J'étais un admirateur un peu béat de ce Tonton si brillant, séduisant et romanesque, qui avait de plus le mérite d'avoir triompher provisoirement des rocardiens et d'une deuxième gauche moderniste devenue très vite centriste et libérale par rupture avec l'héritage marxiste. Je me rendais compte progressivement en faisant le point sur le bilan économique, social et démocratique peu glorieux de 10 ans de pouvoir mitterrandien que je m'étais égaré par candeur dans mes engagements politiques affectifs.

Percevant mieux le fonctionnement interne du MJS, je voyais que l'obsession dominante de beaucoup de cadres était surtout d'y faire reculer les idées du courant de la Gauche Socialiste animé par Jean-Luc Mélenchon et (c'est triste à dire tant le bonhomme m'est antipathique) Julien Dray ou de gagner des places au CROUS et dans les instances étudiantes contre les syndicats plus à gauche. Je voyais surtout l'arrogance et le manque de profondeur de convictions de certains de mes camarades (mais pas tous heureusement!) qui, parce qu'ils avaient des responsabilités au MJS ou avaient fait des études prestigieuses de sciences-politiques, se voyaient déjà arrivés, nés pour le pouvoir, et aspiraient à devenir très vite des professionnels de la politique, caste dont ils singeaient déjà le langage grossier pour parler des concurrents et le goût de la langue technocratique pour faire sérieux et compétent et mettre à distance.

En 2001, j'avais alerté par courrier le secrétaire national du MJS sur le problème moral et politique que représentait à mes yeux la transmission, pour mieux dominer les auditoires, de techniques de la communication et du management aux cadres du MJS. Sur le coup, je n'ai pas reçu de réponse, mais quelques semaines plus tard, lors de son passage dans le Morbihan, ce secrétaire national n'a pas manqué de sermonner copieusement comme un petit garçon pris en faute de naïveté et de purisme moral le secrétaire de section MJS un peu trop rebelle ou hors cadre que j'étais. Cette remise au pas préméditée dans une voiture devant des camarades de la direction nationale et départementale m'a blessé sur le coup, d'autant que je n'ai pas su bien trouver alors les mots pour défendre le point de vue qu'exprimait mon courrier et j'ai quitté quelques semaines après le MJS et le PS sans cérémonie, sans tapage, ni regret.

 

En 2002, j'ai voté Besancenot et je ne m'en repends pas. Je ne pouvais connaître la suite des évènements et les socialistes et Jospin n'ont eu, à mon avis, que ce qu'ils méritaient après leur pitoyable campagne sans projet et surtout sans programme socialiste, dont on voit aujourd'hui une forme de répétition inquiétante avec le candidat Hollande tandis que la situation économique et sociale est bien plus grave et devrait conduire les hommes de bon sens à chercher à  ne plus accepte la domination tyrannique de la finance et les carcans libéraux de la construction européenne.

 

De 2002 à 2012, je ne l'apprends à personne, nous n'avons plus connu qu'une droite dure, corrompue, gavée de privilèges et servant de plus grands privilégiés encore, et les formidables mouvements sociaux de 2003 (première réforme des retraites Fillon), de 2006 (contre le CPE), puis de 2010 (deuxième réforme des retraites), lors desquels comme beaucoup d'autres j'ai multiplié les jours de grève et de manifestations avec la satisfaction que l'on puisse encore se mobiliser et résister en nombre mais la déception que ces beaux combats débouchent sur des défaites du fait de l'intransigeance et du tempérament séculairement anti-démocratique de la droite.

A Rennes, je fus un étudiant en philosophie peu actif syndicalement, assez pris déjà par mon travail de surveillant d'internat à temps plein à Hennebont et surtout par les joies de la prise en charge de mon premier enfant, que j'ai eu à 22 ans, mais je suivais régulièrement les réunions d'ATTAC, et me mobilisais pour les droits des palestiniens et contre le FN.

Une fois devenu professeur de philosophie à 23 ans, je me suis syndiqué à la CGT, puis au SNES. Après une année de stage IUFM à Nantes, j'ai rejoint avec ma compagne la région rurale de Saint James, à limite entre l'Ile et Vilaine et la Manche, puisque j'avais obtenu - sans permis de conduire il faut le dire, ce qui m'obligeait à me farcir deux heures de route chaque jour en mobylette par tous les temps - un poste de professeur de philosophie au lycée de Mortain, dans le sud du département de la Manche.

Nous sommes restés cinq ans dans la belle campagne  normande, et j'ai commencé vraiment à me remettre à militer activement au moment de la naissance de mon deuxième enfant en 2006, alors que j'entamais un congé parental de 3 ans qui me laissa davantage de loisirs.

 

Pour faire quelque chose afin de tenter d'empêcher la victoire du sarkozysme et la dérive libérale et centriste d'une partie de la gauche, j'ai intégré le Parti Communiste six mois avant les Présidentielles de 2007.

Je ne viens pas d'une famille communiste. On ne lisait pas l'Humanité chez moi et je connaissais assez mal la grande histoire des communistes français faite de promotion de la culture et de l'éducation populaire, de combat incessant pour les droits sociaux des dominés, de lutte anti-fasciste, de défenses des immigrés, de résistance au nazisme et à Vichy, puis à la guerre d'Algérie et à la monarchie présidentielle instaurée par de Gaulle, sans parler du concours indispensable de mes camarades dans la victoire de la gauche en 1981.

Le communisme, cela évoquait pour moi une belle utopie rationnelle pervertie par une violence révolutionnaire sans doute trop logiquement reliée à l'ambition de faire table rase et aux éléments dirigistes d'une idéologie marxiste née dans le creuset de la tradition des partis d'avant-garde du prolétariat de la social-démocratie. Je l'identifiais aussi comme on m'avait appris à le faire à la grisaille des bureaucraties d'Etat sclérosées, liberticides, et répressives de l'URSS et de ses pays satellites à l'est de l'Europe. Bref, j'étais plus proche du socialisme démocratique, du projet d'une économie mixte et du compromis social-keynésien avec le capitalisme que du communisme, mais je croyais en même temps à l'effectivité de la lutte des classes dans l'histoire, j'adhérais à la théorie de l'exploitation et de l'aliénation de Marx, à sa conception du lien génétique entre rapports de domination économiques et sociaux et superstructures juridiques, politiques, et culturelles.

Pour moi la gauche, c'était la liberté individuelle certes, dont je n'aurais voulu limiter la portée pour rien au monde, mais surtout la souveraineté politique du citoyen et l'égalité sociale, sans laquelle l'émancipation de la grande part des individus est impossible.

Je trouvais quelques raisons de persévérer dans cette voie chez des auteurs que j'admirais et lisais beaucoup: outre Jaurès, Rousseau, Marx, Sartre, Camus, Merleau-Ponty, Bourdieu et Foucault.

 

J'avais aussi beaucoup d'estime et de sympathie pour Marie-George Buffet. J'ai regretté l'implosion des collectifs anti-libéraux à l'approche des élections de 2007 après le formidable espoir d'un rassemblement à vocation majoritaire d'une gauche plurielle du refus de la capitulation face aux marchés et à leurs diktats libéraux, espoir né de la victoire du Non au Traité Constitutionnel Européen en 2005. C'est sans problème de conscience néanmoins que j'ai milité très activement avec mes copains communistes du sud Manche - agriculteurs et éleveurs de porcs, enseignants, salariés d'EDF, chefs d'entreprise, chômeurs - pour sa campagne et celle du PCF aux législatives dans la foulée, avec les résultats frustrants que l'on sait. Avec les camarades du sud Manche, nous nous sommes bien sûrs battus pour faire partager nos propositions en vue de combattre le chômage, la précarité et les bas salaires, la vie chère, l'absence de prix rémunérateurs pour les paysans dans une agriculture ouverte à tous les vents du libéralisme, mais nous avons aussi organisé des réunions publiques pour nous opposer- en militant pour l'enfouissement terrestre ou sous-marin- à la ligne à Très Haute Tension (THT) que l'Etat et EDF voulaient installer à travers toute la Manche, défigurant ses paysages de bocage (en plus des conséquences sur la santé des riverains: hommes et bêtes) pour relier la centrale nucléaire de Flamanville aux réseaux de Bretagne et des pays de Loire.

 

Au PCF, j'ai trouvé chez les militants une fraternité, un désintéressement, un sens du dévouement total à ses idéaux, une égale prise considération de la parole de chacun dans les réunions, un refus de la culture du suivisme vis à vis des petits chefs comme de la personnalisation et de la « notabilisation » de la politique, et aussi il faut le dire une exigence intellectuelle et un sens critique qui font honneur à mon parti et à cette tradition d'engagement politique.

 

En 2008, comme j'étais jeune et qu'il n'y avait pas pléthore de personnes à vouloir aller au charbon et à s'en sentir capable, j'ai été candidat titulaire PCF aux cantonales à Mortain (avec une suppléante socialiste, tendance de gauche, opposée au Traité Constitutionnelle Européen), la ville où j'avais travaillé deux ans comme prof de philo, située dans une région ultra-conservatrice, et j'ai réalisé un score de 10 % pas trop déshonorant, même si j'arrivais derrière trois candidats de droite: deux médecins et le plus gros agriculteur du coin.

 

Puis, ma compagne et moi, nous avons voulu rentrer en Bretagne et y acheter une maison pour y faire durablement notre nid avec nos deux enfants, et c'est Morlaix que nous avons choisi. La beauté de la ville et de la région, la proximité de la mer et de ma famille paternelle, des liens d'enfance avec Morlaix, le Léon, le Trégor et le Poher, nous ont convaincu de faire ce choix que nous ne regrettons absolument pas tant cette ville d'adoption est riche de gens ouverts, sympathiques et accueillants, aimant la fête, forte de liens sociaux, d'un vrai dynamisme associatif et culturel et d'une authentique culture de gauche.

J'ai repris mes activités de professeur de philosophie pendant un an au lycée Tristan Corbière. Dès l'automne 2009, j'ai adhéré à la section communiste de Morlaix, beaucoup plus importante que celle de Pontorson-Avranches dans laquelle je militais auparavant, puisqu'elle compte toujours 60 adhérents. J'ai trouvé là beaucoup de camarades sympathiques et actifs qui avaient un véritable attachement aux promesses de renouveau qu'incarnait le Front de Gauche sans vouloir effacer pour autant l'identité, la particularité et la force militante du PCF.

 

Avec eux, j'ai milité aux régionales de 2010 pour défendre la liste du Front Breton de Gauche emmenée par Gérard Peron et sur laquelle se trouvaient nos amis morlaisiens et Annie Le Calvez du PCF et Hubert Peneau du Parti de Gauche. Nous avons travaillé très tôt en parfaite entente entre forces du Front de Gauche, avec nos interlocuteurs du Parti de Gauche et de la Gauche Unitaire, nous réunissant régulièrement et organisant des réunions publiques ensemble à Morlaix entre 2009 et 2011 lors desquelles nous avons pu réunir une centaine de sympathisants prêts à se mobiliser pour construire une force d'alternative au libéralisme à vocation majoritaire: réunions sur les services publics, les retraites, la démocratie, les énergies.

En 2010, une reconversion réussie et parfaitement satisfaisante de mon point de vue en tant que documentaliste m'a permis de me libérer plus de temps et de disponibilité d'esprit pour être actif dans la vie syndicale (SNES-FSU) associative (Attac et dernièrement Skol Vreizh) et l'action politique, en intégrant le secrétariat de la section communiste de Morlaix.

 

En mars 2011, je me suis présenté aux élections cantonales à Saint Pol de Léon avec Yvette Le Bars, charmante institutrice à la retraite militant depuis plus de cinquante ans avec son mari René en ces terres de mission pour la gauche.

Avec les copains de Roscoff et de la région de Saint Pol de Léon, nous avons fait une campagne politique énergique et de qualité aux cantonales du printemps 2011, dénonçant le bilan du sarkozysme et la réforme des collectivités territoriales, présentant un projet global ambitieux de rénovation de notre démocratie, de conquêtes sociales, et de meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, dans l'agriculture notamment. Malheureusement pour nous, le canton de Saint Pol avait eu pour la première fois 5 ans plus tôt la surprise d'élire un conseiller général de centre-gauche, le maire de Sibiril Jacques Edern, très apprécié (et sans doute à juste titre) de la population, et il était difficile pour nous de rivaliser avec quelqu'un de si engagé dans l'action sur le terrain et de faire pièce au « vote utile ». Malgré le résultat décevant de 4,5% des suffrages exprimés, explicable en partie par l'histoire du canton, je garde un bon souvenir de cette tournée de réunions publiques avec les camarades de la section communiste de Roscoff qui nous a fait parcourir toutes les communes du canton et des rencontres que nous avons eu avec les gens dans nos distributions de tracts, même si nous n'avons touché qu'une faible minorité de la population en dépit de notre investissement conséquent.

 

Où voudrions-nous aller ensemble?

 

Je suis convaincu que le travail collectif de terrain que nous menons pour faire progresser dans la population le désir de vraies réformes structurelles de gauche finira par porter ses fruits tant la situation dans laquelle nous ont plongé des années de contre-réforme libérale et réactionnaire est devenue intenable et inacceptable pour beaucoup de gens.

Sans prétention excessive et avec une claire conscience que les idées, le projet, le mouvement politique neuf et riche d'espoirs dont je ne suis qu'un porte-voix parmi d'autres, comptent bien plus que ma petite personne pour mes concitoyens qui pourraient envisager de voter pour le Front de Gauche, je me recommande aux électeurs pour des qualités que je crois avoir: la simplicité, le goût de la vie et des gens, la capacité d'écoute, la fidélité à ses principes et la rigueur morale, l'absence de sectarisme, le souci de travailler les dossiers et de m'investir à fond pour le collectif, la culture historique, le désir de servir les gens et l'intérêt général, le refus d'une vie politique sclérosée par la professionnalisation et le cumul des mandats.

Je me rejouis que Marie Huon, jeune femme intelligente, dynamique, animée par des valeurs authentiquement de gauche et un souci réel de ne pas laisser la précarité dévaster notre société, ait accepté de donner, malgré ses impératifs professionnels et son projet de devenir éducatrice, autant de temps et d'energie pendant au moins 9 mois pour la campagne du Front de Gauche en devenant la candidate suppléante aux législatives. Je lui laisserai le soin de se présenter elle-même.   

 

Le collectif citoyen du Front de Gauche que nous avons créé en octobre 2011 compte maintenant 90 membres déclarés dans la circonscription: il est riche de sa diversité (des communistes, des gens du Parti de Gauche, de la Fase, de la Gauche Unitaire, et une majorité de citoyens non encartés dans des partis politiques, quoique militant souvent dans des syndicats, des associations alter-mondialiste ou sociale) et fonctionne avec un vrai investissement de chacun en toute fraternité et transparence démocratique.

Il a encore vocation à grandir et à s'élargir de manière à se rapprocher toujours plus des électeurs et à convaincre les indécis, ceux qui seraient tentés par la résignation, le fatalisme, que le changement à gauche que beaucoup souhaitent et jugent nécessaire est possible.

 

 En 2012, il faut- bien sûr et partout- battre Sarkozy et ses candidats UMP; mais il faut surtout créer les conditions d'une victoire durable, installer un gouvernement un gouvernement et un Parlement qui amorcent une révolution démocratique pour aller vers une sixième République rendant le pouvoir au peuple à travers l'élection d'une Assemblée Constituante choisissant de nouvelles institutions pour la France afin d'en finir avec la monarchie présidentielle, le bipartisme de fait, la culture de la délégation de pouvoir et la progression de l'abstention, la tyrannie des actionnaires et des patrons dans beaucoup d'entreprises.

Avec le Front de Gauche, nous disons:

° Non à une GAUCHE d'ACCOMPAGNEMENT 

° Oui à une GAUCHE de TRANSFORMATION

Pour y parvenir, le Front de Gauche a élaboré suite à des consultations citoyennes entre l'hiver 2010 et le printemps 2011 un PROGRAMME POPULAIRE PARTAGE réaliste et cohérent, en phase avec les crises sociales, économiques, culturelles et écologiques que nous traversons, ayant toutes pour foyer le système capitaliste actuel. Ce programme place le respect et les conditions de l'épanouissement de l'HUMAIN au centre de ses préoccupations.

 

Il s'est doté d'objectifs clairs sur lesquels nous ne transigerons pas; je vous les rappelle brièvement: 

- Un PARTAGE réel et équitable des richesses et une lutte résolue contre l'insécurité sociale. Il est particulièrement intolérable que la cinquième puissance du monde compte autant de travailleurs précaires, de chômeurs et plus de 8 millions de pauvres. Des citoyens de plus en plus nombreux ne peuvent ni se loger, ni se soigner, ni même se nourrir correctement... tout en travaillant.
- Une reprise de contrôle sur les banques, les spéculateurs et les marchés financiers à travers une limitation de la liberté de mouvements de capitaux, une fiscalité plus forte sur le capital, les dividendes et le patrimoine, un meilleur contrôle démocratique sur la banque centrale européenne et la possibilité de se financer auprès d'elle pour des Etats voulant investir pour les besoins sociaux et la conversion écologique de l'économie.

Nous voulons également un audit sur la dette publique qui déboucherait sur la possibilité de ne pas rembourser une partie de la dette jugée illégitime car créée par des taux d'intérêts trop forts exigés par les banques ou par des baisses d'impôts et de cotisations patronales de complaisance. Nous sommes convaincus que la crise actuelle est produite en premier lieu par un partage de plus en plus inéquitable des richesses, qui se traduit par les dérèglements et instabilités liés à la financiarisation de l'économie. Depuis le début des années 1980, 195 milliards de la valeur ajoutée nationale ont été captés par les actionnaires et le capital chaque année au détriment de la rémunération du travail: récupérer cet argent extorqué au peuple permettrait de redonner de l'ambition au service public et à la solidarité tout en augmentant les salaires et les pensions pour permettre aux français d'alimenter l'activité économique. 

La CONVERSION ECOLOGIQUE de la société et de l'économie par une PLANIFICATION permettant une relocalisation des activités productives (agricoles et industrielles) à travers une forme de protectionnisme. Nous promouvrons un AUTRE MODE DE PRODUCTION au service de l'intérêt général au travers d'investissements publics dans la recherche (économies d'énergie et diversification énergétique, énergies renouvelables) et le soutien social aux circuits courts, aux formes alternatives d'économie sociale et solidaire, aux coopératives, aux activités créatrices d'emploi et favorables au respect de l'environnement et de la santé publique. Sur le nucléaire comme sur d'autres questions, nous voulons donner la parole au peuple et organiser un grand débat national où toutes les options seraient envisagées avant un reférendum. Nous sommes pour une reprise en main publique à 100% du secteur de l'énergie, des télécommunications, du transport ferroviaire, avec une gestion par les salariés et les usagers, et pas simplement par des patrons désignés par l'Etat. 

-  Une République pour de vrai assurant les conditions d'un véritable pluralisme des médias, d'une indépendance et d'une efficacité de la justice, du respect des piliers que sont la Laïcité, la Parité, la lutte contre toutes les formes de discrimation, notamment celles liées au sexe et à l'origine ethnique ou culturelle.  

- Une Démocratie réelle avec la remise en cause du pouvoir du Président et du Sénat, une souveraineté renforcée du Parlement élu, comme toutes les représentations politiques locales, à la proportionnelle, afin que soient representées la diversité des sensibilités politiques. Il faut un véritable pouvoir de décisions des salariés sur les orientations stratégiques de leurs entreprises  et, enfin et surtout, une rupture avec la culture de la délégation de pouvoir passant par le non cumul des mandats, plus de démocratie participative avec des budgets publics gérés directement par les citoyens, volontaires ou tirés au sort, et des consultations systématiques de la population pour les projets qui engagent son avenir.          

Une France jouant un rôle dans la construction d'une EUROPE des peuples solidaire et démocratique, affranchie du Traité de Lisbonne qui nous a été imposé, avec certaines complicités, au mépris du suffrage universel. (mépris qui revient en boomerang, aujourd'hui en Grèce et demain, partout en Europe).

– Une FRANCE enfin, messagère de PAIX, de respect et de coopération entres les peuples, sortant de l'OTAN, militant pour l'éradication de l'arsenal nucléaire militaire, et dressée contre les va-t'en guerre de tout poil.
Pour mettre en oeuvre ce programme ambitieux, le Front de Gauche a vocation à être majoritaire jusque dans les urnes.

C'EST POUR CELA qu'il ne saurait se réduire à un simple cartel de partis politiques.
C'EST POUR CELA qu'il ne saurait s'en remettre à son seul candidat aux Présidentielles, Jean Luc Mélenchon, quel que soit son talent, et il dieu sait s'il est grand et mobilisateur pour nous.
Le Front de Gauche est une façon citoyenne de faire de la politique et son nécessaire élargissement exige un intense travail de proximité en direction des réseaux militants, syndicaux et associatifs.

C'est l'affaire de tous et nous nous adressons, sans exclusive, à tous les électeurs potentiels de Gauche :
Ils sont des milliers et, avec eux, nous pouvons construire un rassemblement majoritaire, porté par une véritable dynamique populaire.
Loin d'être une énième stratégie d'alliance entre des structures politiques constituées, le FRONT de GAUCHE est un lieu d'implication citoyenne, un creuset pour l'élaboration collective des contenus et des programmes, un forum pour une transformation sociale et écologique de la société.



Ismaël Dupont.

 

Morlaix, le 23 janvier 2012.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 20:19

Articles d' Alternatives Economiques de janvier 2012 (n°309):

 

Des inégalités de patrimoine abyssales.

 

" La publication par l'INSEE des résultats de l'enquête Patrimoine réalisée fin 2009-début 2010 apporte enfin des données fraiches sur l'évolution de la richesse des ménages... Au sein de ce patrimoine, les biens immobiliers dominent avec 62% du total des actifs détenus, contre 20% pour les actifs financiers et 18% pour les biens professionnels. L'enquête montre à quel point cette richesse est mal répartie.

Les 10% les mieux dotés détiennent 46% de la masse des patrimoines, alors que la moitié la moins riche ne se partage que 7% du total.

Si la valeur du patrimoine médian s'établit à 150 200 euros, les 10% les plus riches possèdent au minimum 552 300 euros d'actifs alors que les 10% les plus modestes détiennent au maximum 2700 euros: 205 fois moins! Un rapport qui a augmenté de 30% depuis 2004.

Et qui est sans commune mesure avec l'écart des revenus disponibles, qui ne varient que de 1 à 4,2 entre les 10% les plus modestes et les 10% les plus aisés".

 

Des écarts de revenus qui seraient assez stables (en dehors des plus grosses rémunérations) et moins importants que la plupart des pays de l'OCDE. 

 

Le rapport entre les revenus 10% les plus pauvres et les 10% les plus riches est passé de 1 à 10 à 1 à 15 en 25 ans aux Etats-Unis. Au royaume-uni, dans le même temps, ce rapport est passé de 1 à 8 à 1 à 10.

"Une évolution liée à la forte baisse des taux d'imposition dans ces deux pays pendant la même période. A partir des années 2000, ce mouvement de hausse des inégalités a touché d'autres pays, épargnés jusque là par ce phénomène. C'est le cas des pays d'Europe du Nord, même s'ils restent plus égalitaires. En Suède par exemple, le ratio entre les plus riches et les plus pauvres est passé de 4 à 6 entre le milieu des années 1990 et la fin des années 2000. Même chose en Allemagne où ce ratio grimpe de 6 à 8 en quinze ans, notamment à cause de la forte progression du travail à temps partiel outre-Rhin. Quant à la France, elle fait partie du club restreint des pays où les inégalités sont restées stables depuis 25 ans.

En 2008, les 10% de Français les plus élevés avaient un niveau de vie sept fois plus élevé que les plus modestes, alors que ce rapport est de 9 en moyenne dans l'OCDE.

C'est notamment le caractère fortement redistributif des impôts et des prestations sociales qui permet à la France d'être moins inégalitaire que la moyenne des autres pays riches. Mais si les inégalités sont globalement stables  en France sur les 25 dernières années, cela cache d'importantes variations pendant cette période. Entre 1985 et 1995, elles ont fortement diminué, mais depuis, elles sont reparties à la hausse. Et pour cause: comme l'a recemment noté l'Insee, "l'impôt sur le revenu est à la fois moins progressif et d'un montant relativement plus faible qu'en 1990: il réduit donc moins les inégalités de revenus". Même constat pour les prestations sociales, moins redistributives qu'il y a vingt ans" (Laurent Jeanneau).

 

L'analyse du journaliste sur les écarts de revenu en France se voudrait presque rassurante mais elle ne prend pas en compte des chiffres concernant le bilan économique et social de la présidence Sarkozy, dont le même journal expose un peu plus loin les arêtes (qui nous restent en travers de la gorge):

 

- Les 1000 contribuables les mieux dotés ont reçu 63% des sommes restitués au titre du bouclier fiscal. Les allègements de droits de succession et de donation décidés en 2007 ont fait gagné 2,3 milliards par an aux héritiers (et autant de perdu pour l'Etat), de même que la récente réforme de barême de l'ISF rapportera 2 milliards par an aux plus riches. Avec les réductions de cotisations patronales sur les heures sup, les bas salaires, la suppression de la taxe professionnelle, on comprend pourquoi la dette s'est accrue de 40% en 4 ans, passant de 1212 milliards à 1700 milliards d'euros. 

- Pour les classes populaires et moyennes, des mutuelles plus chères, des hospitalisations, des consultations et des médicaments partiellement déremboursés (franchises, tickets modérateurs), des loyers, des transports, un accès au gaz, à l'énergie beaucoup plus onéreux.    

- 4,8 millions de personnes inscrites à Pôle emploi (un million de plus qu'en mai 2007)

- 400.000 postes détruits dans le secteur marchand, 350.000 dans l'industrie         

- 8 millions de pauvres (1 million de plus qu'en 2007). Rappelons que le RSA "socle", qui remplace le RMI depuis 2008, n'a pas été revalorisé: il représente 467 euros/ mois, soit la moitié du seuil de pauvreté, fixé en 954 euros en 2009. Le taux de non-recours au RSA atteindrait d'ailleurs 68% tant le dispositif est complexe. Le RMI était selon l'INSEE en 1990 de 24% supérieur à son niveau de 2009, le minimum vieillesse de 20% et les allocations familiales de 29%.

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 11:22

Voici le travail de repérage et d'analyse, débouchant pour l'essentiel sur des points d'accord et des éloges, que le collectif "Osez le féminisme" réalise sur le Programme partagé du Front de Gauche défendu par Mélenchon aux présidentielles.

 

logo-osez-le-feminisme.png 

 

Libertés 

Le Front de gauche propose de reconnaitre officiellement toutes les formes d’unions, qu’elles soient hétérosexuelles ou homosexuelles. De manière générale, il remet en cause l’hétéro-normativité et les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle.
Il prend en compte la question de l’accès effectif à des droits essentiels des femmes - droit à l’avortement et à la contraception - en proposant d’assurer leur gratuité, ce qui constituerait une avancée notable, et de mettre fin à la fermeture des centres d’IVG.
Concernant la laïcité, le Front de Gauche en a une appréhension stricte : il refuse en effet toute forme de lien entre la sphère publique et les religions (interdiction du financement public des religions et des demandes religieuses relatives par exemple au choix du médecin selon son sexe à l’hôpital public).

 

Sexisme

La « lutte contre toutes les discriminations » constitue une section spécifique du programme du Front de Gauche pour 2012. Il développe une vision exhaustive et complète de cette question, tout en insistant particulièrement sur la lutte contre le sexisme. Le problème des moyens d’action n’est pas négligé (restauration de la Halde dans ses fonctions, bilan annuel présenté au Parlement, adoption de lois et de cahiers des charges). La proposition d’une loi anti-sexiste constitue une mesure très positive. On peut toutefois regretter que la question spécifique de l’éducation à l’égalité entre les sexes à l’école ne soit pas abordée.

 

Précarité

Le Front de gauche entend lutter contre les diverses formes de précarité et propose des mesures concrètes et susceptibles d’avoir un fort impact sur les conditions de vie des femmes, en termes de retraite (retour à la retraite à 60 ans et prise en compte des périodes d’éducation des enfants), de temps partiel subi (droit automatique de passage à temps plein), de contrats précaires (recours très contrôlé), de bas salaires (revalorisation forte du SMIC, suppression des exonérations de cotisations patronales).

 

Violences

Le Front de Gauche propose un arsenal de mesures précises visant à lutter contre les violences faites aux femmes, en renforçant considérablement le dispositif adopté par la loi de juillet 2010. Il entend en outre associer à cette réforme les associations féministes. Des mesures et des moyens concrets et conséquents sont annoncés. Ceux-ci ne négligent aucun aspect important de la question, à part la question de la réinsertion des personnes prostituées (qui n’est pas évoquée).

L’attention qui est portée aux femmes étrangères victimes de violences (violences conjugales pour les femmes immigrées demandant la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour, violences sexistes, sexuelles ou lesbophobes pour les femmes demandant l’asile) constitue un aspect très positif du programme. Il en est de même de la proposition de logements prioritaires pour les « femmes en danger".

 

Parité

Le Front de Gauche propose d’assurer par la loi le respect de la parité, sans toutefois indiquer précisément de quelle manière : « La parité sera garantie par la loi, le cumul des mandats strictement limité en nombre et dans le temps ».
L’abrogation de la réforme territoriale de 2010 constitue une proposition très positive car cette réforme constituait un véritable pas en arrière concernant la parité politique.
Concernant les conditions du mandat politique, la proposition du Front de Gauche va dans le bon sens mais reste imprécise (réforme du scrutin pour une proportionnelle intégrale sans seuil, parité pour les élections législatives).

 

Parentalité.

Si, de manière générale, le Front de gauche propose de revaloriser fortement les services publics, rien de précis n’est indiqué dans son programme présidentiel sur la petite enfance et les places en crèche.
Les questions d'une meilleure répartition des congés maternité/paternité et parental ne sont pas non plus traitées de manière spécifique et précise. On trouve toutefois une référence à ces sujets lorsqu’est décrite dans le programme la « Directive de l’Européenne la plus favorisée » (1) : le Front de gauche indique dans ce passage qu’il s’agirait de reprendre dans tous les pays de l’Union européenne la loi suédoise sur le congé parental (cette loi prévoit un an de congé rémunéré à 80 % , à prendre entre la naissance et les 8 ans de l’enfant, dont 2 mois pris obligatoirement par le père, non transférables à la mère).

(1) La « Directive de l’Européenne la plus favorisée » consisterait à « harmoniser par le haut les droits des femmes européennes, en adoptant au niveau communautaire les lois nationales les plus progressistes : lois néerlandaises sur la contraception et les droits des homosexuelles, française sur le viol, belge sur la parité, suédoises sur l’avortement et le congé parental, danoise sur l’éducation sexuelle… ».

 
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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 06:28
 

L'Assemblée Générale du Collectif Eau Publique du pays de Morlaix (dont la section PCF et plusieurs de ses membres à titre individuel sont membres) a voté le mercredi 18 janvier 2012 le principe de l'action du Gel d'1 euro par mètre cube sur votre facture d'eau 2011.

Nous ferons ainsi pression de façon à obtenir du SIVOM et de Véolia, des documents expliquant comment il est possible pour Véolia (donc le même délégataire que les années précédentes) dans le nouveau contrat, de proposer une baisse d'un euro par mètre cube, alors que tous les bilans précédents faisaient apparaître un déficit!!

  

 Pour que cela fonctionne nous avons besoin d'être le plus nombreux possible.

  

Donc si vous habitez, Morlaix et Saint-Martin-des Champs et que vous êtes d'accord pour participer à notre action, voici comment procéder.

 

Un courrier type d'explication pour accompagner le chèque à Véolia est en cours de préparation.

 

Deux cas sont à envisager :

 

  • Ceux qui ne sont pas mensualisés et qui n'ont pas encore payé la facture 2011 déduisent

    1 euro/mètre cube consommé (en 2011) du montant total.

     exemple : Si vous avez consommé 80 m3 d'eau vous déduisez 80 euros de la somme à payer

     Vous établissez un chèque à l'ordre du « Collectif Eau Publique du pays de Morlaix »  

   correspondant à ce montant, vous remplissez le coupon réponse situé en bas du courrier type        

      et vous expédiez  le tout  au    « Collectif Eau Publique du pays de Morlaix »

                          MJC place du Dossen

                     29600 Morlaix.

 

vous adressez un autre chèque correspondant au restant de la somme à Véolia avec le  courrier type.

 

 

  • Ceux qui sont mensualisés arrêtent la mensualisation (en contactant Véolia par téléphone ou lettre). Ils payent par  chèque le montant de la facture après déduction de 1 euro/mètre cube consommé (en 2011) à Véolia, accompagné de la lettre type après en avoir ôté le coupon réponse.

 

      Vous établissez un chèque à l'ordre du « Collectif Eau Publique du pays de Morlaix »    

      correspondant au montant déduit , vous remplissez le coupon réponse et  

      vous expédiez  le tout  au    « Collectif Eau Publique du pays de Morlaix »

                       MJC place du Dossen

                  29600 Morlaix.

 

Ce chèque sera mis sur un compte bloqué.

 

Pour tout contact téléphonique : Alain Cuvigny : 02 98 62 13 67

 

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