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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 08:08

Voici deux articles particulièrement intéressants du journal Le Monde à l'occasion des 20 ans de la scandaleuse et violente expulsion des sans-papiers de l'église Saint-Bernard par les CRS de Charles Pasqua, point de départ d'une politique extrêmement brutale vis à vis des migrants.

Les sans-papiers de Saint-Bernard, vingt ans après

A coups de hache et de merlin, un outil utilisé par les bûcherons, les forces de l’ordre ont fracassé la porte de l’église Saint-Bernard. C’était le 23 août 1996, il y a vingt ans, dans le 18e arrondissement de Paris. A l’intérieur, étaient réfugiées près de 300 personnes, dont la plupart étaient des sans-papiers originaires d’Afrique de l’Ouest. Au milieu d’anonymes venus les soutenir se trouvaient des personnalités comme l’actrice Emmanuelle Béart ou le professeur Léon Schwartzenberg. Au cœur de l’été 1996, cette lutte des sans-droit africains, née quelques mois plus tôt dans les foyers de travailleurs immigrés de Montreuil (Seine-Saint-Denis), où la tension était devenue trop forte à cause des cartes de séjour qui n’arrivaient plus et des expulsions du territoire de plus en plus fréquentes, avait suscité une puissante vague d’émotion et de solidarité.

Les Français avaient découvert les visages de Madjiguène Cissé et Ababacar Diop, les deux porte-parole et leaders incontestés des « sans-papiers de Saint-Bernard ». Né au Sénégal, Ababacar Diop est arrivé en France clandestinement en juillet 1988. Il y a enchaîné les petits boulots dans des entreprises de services ou de nettoyage, tout en poursuivant des études d’informatique. Le 18 mars 1996, déçu et humilié de voir la préfecture de Seine-Saint-Denis lui refuser un statut légal alors qu’il avait une promesse d’embauche, une petite fille et sept années passées sur le territoire, il a d’abord rejoint l’église Saint-Ambroise, dans le 11e arrondissement de Paris, qui servait de refuge aux sans-papiers, avant de se retrancher avec 300 clandestins dans l’église Saint-Bernard. Il y a rencontré Madjiguène Cissé, une Sénégalaise de 45 ans. Cette professeure d’allemand a grandi à Dakar avant de se former à l’université de Sarrebruck, dans la Sarre.

« CRS armés jusqu’aux dents »

Vingt ans après, celle qui était arrivée dans l’Hexagone en 1993 munie d’un visa de tourisme n’a rien oublié. « J’ai été impressionnée par la disproportion des moyens qui étaient utilisés, se souvient-elle avec émotion. Nous étions moins de 300 à l’intérieur, dont une centaine d’enfants. En face, près de 1 500 policiers et CRS armés jusqu’aux dents. La République voulait montrer sa force et elle l’a fait. »

« J’ai eu très peur, se remémore Lassana Boune, un sans-papiers malien qui avait alors 28 ans. J’étais inquiet pour les enfants et ceux qui étaient en grève de la faim depuis plusieurs semaines… Puis il y a eu des échanges de coups avec la police, et j’ai été emmené pieds nus au centre de rétention administrative de Vincennes. » Quelques heures plus tard, 10 000 sympathisants du mouvement manifestaient leur indignation place de la République, à Paris. Sur les 220 interpellés de l’église Saint-Bernard, 8 ont été expulsés du territoire dans la foulée, 73 ont reçu un titre de séjour et les autres se sont « évaporés ».

Lassana Boune est de ceux-là. De la Cartoucherie de Vincennes à différents appartements mis à disposition par un réseau de solidarité, il a souvent déménagé dans Paris. « J’ai reçu mes papiers un an après avoir été expulsé de l’église, raconte-t-il. Je vis aujourd’hui à Sevran (Seine-Saint-Denis) et, depuis 2006, j’ai un CDI. Je garde un bon souvenir de cette époque : Saint-Bernard m’a ouvert la porte du monde et donné beaucoup de contacts. »

Les deux leaders du mouvement ont poursuivi leur engagement. Une fois régularisé, Ababacar Diop a rejoint le Parti communiste, où il a milité au côté de Robert Hue lors des élections européennes de juin 1999. Madjiguène Cissé, qui a toujours refusé la nationalité française, a rallié la CGT. Décorée par la Ligue allemande des droits de l’homme pour son engagement, elle est retournée au Sénégal en 2000, où elle anime depuis le Réseau des femmes pour le développement durable en Afrique (Refdaf). « Rien ne peut me décourager, pas même les agressions physiques dont j’ai été victime après Saint-Bernard, dit-elle. Je me bats aujourd’hui pour la dignité des femmes africaines et pour une Afrique qui lève la tête ! »

Il y a longtemps que les célèbres meneurs de Saint-Bernard ne se sont pas vus. Quels étaient leurs rapports pendant la lutte ? « Ils s’entendaient bien mais avaient des divergences, et c’est normal, se souvient Patrick Mony, ancien directeur du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti). Ababacar était calme, posé, très proche de Stéphane Hessel, le médiateur. Madjiguène était plus fonceuse et favorable à un élargissement de la lutte. » « Ababacar n’entendait pas toujours ce que voulait la base, se rappelle un ancien du mouvement qui souhaite rester anonyme. Mais il était le petit protégé, celui qui pouvait nous sortir de cette merde grâce à son carnet d’adresses. »em>

« Success story »

Le destin d’Ababacar Diop va basculer une nouvelle fois en 2000. Après avoir ouvert un cybercafé en face de l’église-symbole, l’informaticien met au point un système de visiophonie, ancêtre de Skype, pour permettre à ses clients de communiquer plus facilement avec l’Afrique. Il le nomme « vis@vis » et a la bonne idée de déposer ce nom à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). En mai, le groupe Vivendi entend lancer un portail Internet baptisé Vizzavi. Il prépare une coûteuse campagne de publicité et s’aperçoit, un peu tard, que le nom appartient à M. Diop, qui refuse les premières offres de rachat par la multinationale. Il signera finalement un contrat pour que Vivendi utilise la marque. Montant : 24 millions de francs (un peu moins de 3,7 millions d’euros) pour l’ancien sans-papiers et ses deux associés. Assis à côté de Julio Iglesias et Francis Huster dans l’émission Tout le monde en parle en septembre 2000, il assure « vouloir que cet argent soit reversé aux sans-papiers ». Il confirme avoir acheté 25 appartements destinés aux plus démunis, vouloir offrirune partie des loyers à l’association Droit au logement, ouvrir un restaurant solidaire…

Au Sénégal, Ababacar Diop lance aussi la Régie africaine des transports populaires (RATP) avec un parc d’une dizaine d’autobus récupérés en France. Il ouvre deux cybercafés et, dans un entretien à l’AFP en janvier 2003, confie avoir créé une société immobilière, dont le but est « d’aider les étrangers à accéder à la propriété ». Mais la success story de l’ancien sans-papiers s’arrête là. S’est-il trop dispersé ? A-t-il été mal conseillé ? Ses investissements se sont révélés hasardeux et en une dizaine d’années, tout s’est effondré. En 2007, il a été incarcéré quelques mois à Saint-Louis-du-Sénégal, où il vit aujourd’hui. Ababacar Diop ne souhaite plus parler à la presse et les anciens du mouvement des sans-papiers que Le Monde a contactés ont tous « perdu sa trace ».

« Je l’ai croisé par hasard il y a quatre ou cinq ans, dans un bus, du côté d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), raconte Patrick Mony. Il m’a expliqué qu’il avait connu de nombreux déboires à cause d’une cabale menée contre lui. Il était triste et totalement désemparé. »

Amadou Ndiaye ( à Dakar) et Pierre Lepidi

Le Monde, 23 août 2016

***

Et sur la même page du Monde, cet autre article rappelant notamment le combat exemplaire de la CGT pour la régularisation des travailleurs sans-papiers.

En 2016, le combat pour la régularisation se joue sur les lieux de travail.

Le nombre de sans-papiers en France reste évalué entre 200 000 et 400 000. Ils sont désormais organisés en collectifs locaux.

Trop symbolique pour s’effacer des mémoires, l’évacuation des sans-papiers de l’église Saint-Bernard, à Paris le 23 août 1996, a aussi été l’acte fondateur d’un mouvement qui, depuis, a pris son autonomie. Car en deux décennies, la lutte des sans-papiers a largement changé de forme.

Adieu les occupations d’églises. « Aujourd’hui, le rapport de force se joue sur le lieu de travail. Cela a commencé en 2008 et cela s’étend depuis », explique Marilyne Poulain, en charge des questions d’immigration à la CGT Paris. Son syndicat a appuyé en juin les salariés du restaurant Casa Luca à Paris, occupé à la suite du licenciement d’un de ses deux plongeurs. Après cinq ans d’ancienneté, il avait eu le tort de solliciter de sa direction le certificat nécessaire à l’obtention de son titre de séjour. Tous les patrons n’acceptent pas de payer la taxe de régularisation, ni même de faire la démarche.

Dans la restauration, le bâtiment, les conflits sont désormais nombreux, mais concernent rarement des femmes, souvent trop isolées dans des emplois de service à la personne pour oser contester. La grande victoire de la CGT, la plus impliquée dans ce combat, reste l’obtention d’un titre de séjour par les quatorze coiffeuses africaines du 57 boulevard de Strasbourg à Paris, fin 2015. Il leur aura fallu presque une année d’occupation de leur lieu de travail pour que ces victimes sortent la tête haute d’années d’esclavage moderne au cœur de la capitale.

Ce glissement de la revendication, de l'espace public vers l'entreprise, s'est fait tout naturellement après que la loi eut donné, il y a bientôt dix ans, le pouvoir aux patrons de demander la régularisation de leurs travailleurs immigrés (article 40, loi du 20 novembre 2007). Le glissement a aussi été possible parce que les descendants de l'église Saint Bernard bénéficient désormais de vingt années de lutte derrière eux: ils sont organisés en collectifs locaux, disposent d'une Union nationale des sans-papiers (UNSP) et d'un Collectif International des sans-papiers migrants (CISPM). Et ils ont même quelques alliés au sein d'une intersyndicale du ministère du travail (CGT, FSU, Sud) qui porte une campagne baptisée "Halte au travail au noir des sans-papiers".

Jerôme Beuzelin, son porte-parole, estime en tant qu'inspecteur "avoir pour mission de vérifier les conditions dans l'entreprise et d'éliminer le travail illégal". "Or, si on ne régularise pas ces gens, notre intervention aura contribué à leur faire perdre leur emploi, mais ils en reprendront un autre dans les mêmes conditions, ailleurs" observe l'inspecteur du Travail. "Leur statut précaire est une aubaine pour certains patrons peu scrupuleux" insiste de son côté Marilyne Poulain pour qui "le travail dissimulé ou au noir fausse la donne pour tous les salariés". C'est donc en ces termes que le débat est aujourd'hui posé.

"Immigration choisie"

Depuis 1996, leur situation juridique a elle aussi changé, même si le nombre de sans-papiers reste invariablement évalué entre 200 000 et 400 000. "A Saint-Bernard, on avait beaucoup de parents d'enfants français, ni expulsables, ni régularisables" , rappelle Serge Slama, maître de conférences en droit public à l'Université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, "or les textes entrés en vigueur depuis ont permis de régulariser une partie des profils de ce type".

Même si elle se limite à donner des consignes auxquelles les préfectures peuvent déroger, "la circulaire Valls" du 28 novembre 2012 a permis de régulariser 15 000 immigrés. Rien à voir avec les 80 000 régularisations de 1997 décidées lorsque Lionel Jospin s'est installé à Matignon et moins encore avec les 131 000 de l'arrivée de la gauche en 1981. Mais les temps ont changé.

En effet, pour ceux qui ne remplissent pas les conditions de l'immigration choisie - économique, artistique, et à haut potentiel, un concept développé depuis le quinquennat Sarkozy - le passage par la case "sans-papiers" devient de plus en plus incontournable au fur et à mesure que les voies légales d'entrée se vérouillent. Aux yeux du ministère de l'intérieur, cela évite "l'appel d'air". Pour les chercheurs, cela retarde surtout l'intégration, en maintenant dans la précarité des gens définitivement installés.

Dans une étude intitulée Migrants subsahariens: combien de temps leur faut-il pour s'installer en France (Populations et sociétés, mai 2016), Anne Gosselin a ainsi montré qu'il faut en moyenne quatre années à un homme subsaharien pour obtenir un titre de séjour et qu'au bout de quinze ans, 9% de cette catégorie sont encore sans-papiers. Malgré le surplus d'angoisses qu'il crée, ce statut précaire n'incite pas à repartir.

Marilyne Baumard, Le Monde - 23 août 2016

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 07:44

C'était l'époque où les sections du PCF avaient encore des cellules bien vivantes et une capacité, grâce au nombre de militants et à leur motivation, mais aussi aux moyens financiers des sections, de sortir des bulletins quartiers par quartiers pour réagir et proposer au plus proche des préoccupations quotidiennes des gens.

La section PCF de Morlaix et sa cellule des quartiers du Plateau Nord-Est, animée entre autres par Jean-Luc et Annie Le Calvez, sortaient ainsi le premier numéro du Journal de quartier communiste "La Butte Rouge" en avril 1987 où il est question des revendications des boulistes, d'une alerte au rat à Troudousten, d'une pétition d'habitants contre le bruit du groupe électrogène du Supermarché de La Boissière, des caddies du supermarché qui se baladent dans le quartier et de la nécessité de consigner les caddies pour éviter ces désagréments avec une pièce de 10 francs comme d'autres supermarchés, de la défense de la Sécu et des remboursements médicaux, avec les propositions de financement des communistes, et de la défense de la 3ème classe de maternelle de l'école Emile Zola de la Vierge Noire, depuis disparue, par l'adjoint communiste aux Affaires Scolaires Alain David et des parents d'élèves qui se sont déplacés avec lui à l'inspection académique. Du local au global, le propre d'un Parti qui se veut populaire et proche des gens.

La Butte Rouge, PCF Morlaix, journal de cellule Plateau Nord-Est archives Jean-Luc Le Calvez - avril 1987 (page 1)

La Butte Rouge, PCF Morlaix, journal de cellule Plateau Nord-Est archives Jean-Luc Le Calvez - avril 1987 (page 1)

La Butte Rouge, PCF Morlaix, journal de cellule Plateau Nord-Est archives Jean-Luc Le Calvez - avril 1987 (page 2)

La Butte Rouge, PCF Morlaix, journal de cellule Plateau Nord-Est archives Jean-Luc Le Calvez - avril 1987 (page 2)

La Butte Rouge, PCF Morlaix, journal de cellule Plateau Nord-Est archives Jean-Luc Le Calvez - avril 1987 (page 3)

La Butte Rouge, PCF Morlaix, journal de cellule Plateau Nord-Est archives Jean-Luc Le Calvez - avril 1987 (page 3)

La Butte Rouge, PCF Morlaix, journal de cellule Plateau Nord-Est archives Jean-Luc Le Calvez - avril 1987 (page 4)

La Butte Rouge, PCF Morlaix, journal de cellule Plateau Nord-Est archives Jean-Luc Le Calvez - avril 1987 (page 4)

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 06:04
Pierre Guéguen, fusillé le 22 octobre 1941 dans la carrière de Châteaubriant - Ancien conseiller général et maire communiste de Concarneau, acteur majeur du Front Populaire

Pierre Guéguen, fusillé le 22 octobre 1941 dans la carrière de Châteaubriant - Ancien conseiller général et maire communiste de Concarneau, acteur majeur du Front Populaire

Marc Bourhis, fusillé le 22 octobre 1941 dans la carrière de Châteaubriant

Marc Bourhis, fusillé le 22 octobre 1941 dans la carrière de Châteaubriant

1979: Hommage de Pierre Le Rose, ancien dirigeant FTP et secrétaire départemental du PCF, aux fusillés concarnois de Chateaubriant: Marc Bourhis, et surtout Pierre Guéguin

1979: Hommage de Pierre Le Rose, ancien dirigeant FTP et secrétaire départemental du PCF, aux fusillés concarnois de Chateaubriant: Marc Bourhis, et surtout Pierre Guéguin

Pierre Le Rose (à un congrès de la FCPE en 1973)

Pierre Le Rose (à un congrès de la FCPE en 1973)

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 06:00

Sous le grand titre "Non à l'élargissement de l'Europe", le journal L'Unité du PCF de Concarneau déconstruit en page 3 du n°99 daté de février 1979 le discours pro-européen et se justifie contre les socialistes notamment, mais aussi Giscard d'Estaing, de l'accusation infamante de xénophobie, particulièrement déplacée de la part de ceux qui ont soutenu l'oppression coloniale.

L'opposition à l'entrée dans la CEE de l'Espagne, du Portugal, de la Grèce, était surtout une désapprobation de l'orientation libérale et de mise en concurrence fragilisant l'emploi et les économies nationales portée par la construction européenne. Elle peut se lire aujourd'hui comme une frilosité dont l'histoire a montré qu'elle était une erreur, encore que... Ce qui est important, c'est la constance des arguments: du côté du PCF, l'idée que l'Europe est le cheval de Troie d'une plus grande domination capitaliste. Du côté des pro-européens et des libéraux, l'idée que s'opposer à cette construction et intégration européenne, c'est être chauvin, souverainiste, xénophobe...

L'Unité, journal du PCF de Concarneau- février 1979

L'Unité, journal du PCF de Concarneau- février 1979

L'Unité, journal du PCF de Concarneau - février 1979

L'Unité, journal du PCF de Concarneau - février 1979

L'Unité- Journal du PCF de Concarneau, février 1979: une très forte réponse à l'accusation faite au PCF par les Giscard, Mitterrand, Edmond Maire, parce qu'il milite contre l'élargissement de l'Europe, d'être un parti xénophobe: une accusation particulièrement déplacée quand on connaît l'histoire et les engagements des militants communistes. Un article écrit sans doute par Pierre Le Rose, ou par Paul Le Gall

L'Unité- Journal du PCF de Concarneau, février 1979: une très forte réponse à l'accusation faite au PCF par les Giscard, Mitterrand, Edmond Maire, parce qu'il milite contre l'élargissement de l'Europe, d'être un parti xénophobe: une accusation particulièrement déplacée quand on connaît l'histoire et les engagements des militants communistes. Un article écrit sans doute par Pierre Le Rose, ou par Paul Le Gall

En janvier 1979, déjà, dans l'Unité, le journal de la section PCF de Concarneau, les militants de Concarneau mettaient en exergue, outre le rapport de l'élu communiste Christian Delannee, aujourd'hui un de nos camarades du PCF de Morlaix, sur les conséquences des politiques européennes et de l'élargissement de la CEE à l'Espagne pour la pêche bretonne, des analyses sur l'impact des politiques européennes en matière d'agriculture et la prise de position des élus communistes de Concarneau contre l'élargissement européen.

Rapport de Christian Delannee sur l'impact des politiques gouvernementales et européennes sur la pêche et Sporomer à Concarneau - L'Unité, janvier 1979

Rapport de Christian Delannee sur l'impact des politiques gouvernementales et européennes sur la pêche et Sporomer à Concarneau - L'Unité, janvier 1979

Janvier 1979: L'Unité, article sur la pêche et la CEE, la politique des quotas, les prix communautaires

Janvier 1979: L'Unité, article sur la pêche et la CEE, la politique des quotas, les prix communautaires

1979: Xénophobes, les communistes? Le PCF et le journal L'Unité de Concarneau plaident contre le marché commun et l'élargissement de l'Union Européenne à la Grèce, au Portugal et à l'Espagne
"Agriculture et CEE" - résolution présentée par l'élu communiste de Concarneau Yvon Quéroué: L'Unité, 1979

"Agriculture et CEE" - résolution présentée par l'élu communiste de Concarneau Yvon Quéroué: L'Unité, 1979

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 05:22
L'Unité, numéro 110 - journal communiste de Concarneau, mai 1980

L'Unité, numéro 110 - journal communiste de Concarneau, mai 1980

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 05:20
Article de Paul Le Gall sur les "Sept communistes condamnés au tribunal de Quimper" pour défendre les gares et les productions agricoles bretonnes contre les démantèlements liées à la politique européenne : L'Unité, journal du PCF de Concarneau, novembre-décembre 1979

Article de Paul Le Gall sur les "Sept communistes condamnés au tribunal de Quimper" pour défendre les gares et les productions agricoles bretonnes contre les démantèlements liées à la politique européenne : L'Unité, journal du PCF de Concarneau, novembre-décembre 1979

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 05:15
Expression commune des fédérations communistes de Bretagne condamnant l'exclusion des adjoints communistes de Brest et la marche à droite du PS

Expression commune des fédérations communistes de Bretagne condamnant l'exclusion des adjoints communistes de Brest et la marche à droite du PS

L'Unité, journal communiste de Concarneau - avril 1980, n°109: "La preuve par Brest"... Preuve que le PS, après le programme commun, tourne casaque à droite! Et oui, ça ne date pas d'hier...

L'Unité, journal communiste de Concarneau - avril 1980, n°109: "La preuve par Brest"... Preuve que le PS, après le programme commun, tourne casaque à droite! Et oui, ça ne date pas d'hier...

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 05:06
Des Syriens arrivent de Turquie au camp de réfugiés de Friedland, en Allemagne, le 4 avril 2016

Des Syriens arrivent de Turquie au camp de réfugiés de Friedland, en Allemagne, le 4 avril 2016

Information de L'Express, 23 août 2016: révoltant! Va t-on rétablir l'esclavage ou les ateliers nationaux, nouveaux bagnes pour les pauvres?

Le gouvernement allemand souhaite offrir 100 000 emplois dans des structures d'accueil pour faciliter l'intégration des migrants qui ne possèdent pas de titre de séjour.

C'est une proposition qui choque. L'Allemagne veut créer 100 000 emplois pour les migrants sur son sol d'ici trois ans, payés 80 centimes d'euro l'heure. L'objectif est de faciliter leur intégration et leur permettre d'apprendre l'allemand à travers le monde de l'entreprise, relate France Bleu ce mardi. De tels mini-emplois existent déjà pour les chômeurs longue durée dans le pays, mais ils sont rémunérés 1,05 euro de l'heure, ce qui est déjà minime. Les recrutements ont déjà débuté.

"Ni un salaire, ni un vrai travail"

Les réfugiés seront logés gratuitement dans des centres d'accueil, qui les feront travailler dans la structure: restauration, nettoyage... "Ce n'est ni un salaire, ni un vrai travail, comme remplacer des vendeurs ou autre, mais des tâches qu'ils n'effectueraient sans doute pas en temps normal. Plutôt un travail d'utilité publique", explique la directrice générale de l'association des villes allemandes Gudrun Heute-Bluhm, interrogée par France Bleu.

"Ces activités ont été conçues pour des chômeurs de longue durée qui ont besoin d'une structure d'accueil où on les prend en charge au quotidien. Cela concerne des personnes qui n'ont pas travaillé depuis longtemps, ce qui n'est pas le cas des réfugiés, qui, eux, insistent pour trouver un emploi", conteste une députée des Verts, Brigitte Pothmer, auprès de France Bleu.

Les mini-jobs allemands, pénalisants pour l'emploi?

Les réfugiés qui n'ont pas de permis de séjour définitif ne peuvent pas trouver de véritable emploi. Mais ils perçoivent une aide financière, comme en France.

En 2011, 20% des salariés allemands étaient payés à un niveau inférieur au Smic horaire français et 40% avaient un salaire mensuel net inférieur à 1000 euros. En 2012, l'Agence allemande pour l'emploi (BA) a chiffré à 7,4 millions le nombre de "mini-jobs", des contrats à temps partiel rémunérés 450 euros par mois maximum, dont plus d'un tiers concernaient des salariés ayant plusieurs emplois. Selon le BA, ils pénaliseraient parfois la création de vrais emplois.

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 04:13
Derrière les arrêtés anti-burkini, l'«humiliation» des musulmanes

24 AOÛT 2016 | PAR CARINE FOUTEAU

Des femmes sommées par des policiers de retirer leur vêtement sur des plages françaises… Le tour que prend la controverse anti-burkini n'est pas seulement grotesque, il est inquiétant en ce qu'il ouvre la voie à de nouvelles interdictions. De nombreuses personnalités, notamment des femmes racisées, protestent contre un régime « discriminatoire » réservé aux musulmanes.

« Arrêtez de nous humilier, de nous régenter, d’exécuter la violence sur nos corps » : ce tweet de Sana Saeed, écrivaine et productrice nord-américaine, engagée dans la lutte contre l’islamophobie et en faveur du mouvement Black Lives Matter, résume à lui-seul l’état d’exaspération de nombreuses femmes, en particulier racisées, provoqué dans le monde entier par l’interdiction du « burkini » sur plusieurs plages françaises.

La colère a été démultipliée avec la mise en œuvre de l’interdiction, inscrite dans des arrêtés municipaux, à Palavas, Cannes et Nice où, à quelques heures d’intervalle, des femmes ont été sommées de quitter les lieux ou de se dévêtir et de payer une amende – certaines d’entre elles n’étant recouvertes que d’un foulard. « Arrêtez d’être tellement en insécurité que vous voyez notre simple existence comme une menace pour vous », ajoute cette activiste sur Twitter, après avoir rappelé que « forcer les femmes à s’habiller d’une manière ou d’une autre est une valeur française de base : une longue histoire de la coercition contre les corps de femmes ».

« Est-ce qu’humilier les femmes publiquement fait partie du plan pour les libérer ? », écrit Rav Danya Ruttenberg, femme rabbin américaine. Résidant à Nice, Feiza Ben Mohamed, porte-parole et secrétaire générale de la Fédération des musulmans du Sud, diffuse sur son compte les vidéos de « chasse aux femmes voilées » et commente : « Une honte absolue pour le pays. Les policiers font se déshabiller une femme voilée. J’ai envie de vomir. »

« Comment accepter l’humiliation publique infligée à cette femme voilée que la police oblige à se déshabiller ? », s’interroge Widad Ketfi, journaliste au Bondy Blog. Dans une tribune publiée sur le site Middle East Eye, elle décortique le paradoxe de ces politiciens français qui « veulent que les musulmanes cachent leurs opinions politiques mais découvrent leur corps ». Le burkini, qu’elle définit comme un « maillot de bain qui ressemble à une combinaison de plongée portée par des femmes conservatrices », passerait selon elle inaperçu « si les femmes (qui le portent) n’étaient pas musulmanes ». Les tenants de l’interdiction, poursuit-elle, « ne veulent pas libérer les femmes musulmanes. Ils veulent les déshabiller parce qu’en réalité, le but n’est pas, n’a jamais été, et ne sera jamais d’émanciper les femmes, mais seulement de contrôler leur corps ».

Honteuse, encore une fois, le mot s’impose pour qualifier cette polémique qui occupe l’espace public français depuis le début du mois d’août, et qui donne une idée des débats qui risquent d’avoir lieu lors de la campagne présidentielle. Honteuse parce qu’elle apparaît comme une réaction aux attentats qui ont ensanglanté la France depuis plus d’un an et demi – comme si un quelconque lien pouvait être tracé entre les tueries des djihadistes et le port de ce vêtement ; et parce qu’elle signale, une fois de plus, l’obsession française, voire de l’État français, à l’encontre des femmes musulmanes.

Tout semble avoir été dit par ces éditorialistes en colère, sur les réseaux sociaux et dans les tribunes des journaux, notamment anglo-saxons, plus soucieux de relayer leurs analyses que les médias français. La contradiction inhérente à l’interdiction née dans la tête de quelques hommes blancs de plus de 50 ans exerçant le pouvoir est évidente. « Il y a quelque chose qui donne le vertige,développe en substance Amanda Taub, dans le New York Times, dans le fait d’interdire un vêtement au motif que les femmes ne doivent pas se laisser imposer leur vêtement. »

Cette interdiction, qui s’inscrit dans l’histoire coloniale de la France, ne vise pas à protéger les femmes contre le patriarcat, affirme-t-elle, contrairement à ce que ses défenseurs déclarent – Manuel Valls a lui-même fustigé une tenue qui serait la « traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé notamment sur l’asservissement de la femme » et qui, à ce titre, ne serait « pas compatible avec les valeurs de la France et de la République ». L'objectif est tout autre : il est de donner le sentiment à la majorité non musulmane vivant en France qu’elle peut être « protégée » dans un pays « en mutation » qui refuse de se voir tel qu’il est, c’est-à-dire divers culturellement, racialement et religieusement.

Cette peur fabriquée d’une mise en péril de l’« identité française » fait l’objet dans l’Hexagone de déchirements récurrents, qui, autre spécificité nationale, se fixent quasiment systématiquement sur les femmes musulmanes. Alors même que cette population est reléguée aux places subalternes de la société, elle serait porteuse d’un danger en elle-même. Alors même que ces femmes sont cantonnées aux emplois de ménage, la nuit, ou d’aide à la personne, dans les maisons, quand elles ne sont pas contraintes de rester au foyer en raison des discriminations dont elles sont victimes, elles seraient une entorse à la définition de ce qu’est être français. Il est frappant de constater qu’elles sont appelées à plus de « discrétion » (selon le terme employé par Jean-Pierre Chevènement, nommé à la tête de la Fondation pour l’islam de France), au moment même où cette invisibilité commence à être remise en cause par de jeunes femmes issues de l’immigration, nées en France, qui revendiquent de multiples manières leur pratique de l’islam et, parfois, le port du voile comme un symbole de leur héritage.

Le burkini n’est en effet que l’ultime facette de cette stigmatisation qui s’est déjà portée, entre autres exemples, dans l’histoire récente, sur le foulard dans toutes ses versions : à l’école, où il est interdit depuis 2004 pour les jeunes filles ; à l’université, où Nicolas Sarkozy et Manuel Valls à l'unisson estiment son éviction urgente ; dans l’entreprise, où chaque affaire devant les prud’hommes est l’occasion d’une polémique ; lors les sorties scolaires, dont des mères risquent d’être exclues au motif qu’elles portent le foulard. La« jupe longue noire » est aussi dans le collimateur de certains chefs d’établissement, tandis que le voile intégral est banni de l’espace public depuis 2010.

« Le colonialisme a pratiqué une politique d’humiliation afin de montrer sa suprématie »

Cette fois-ci, comme les précédentes, les principales concernées – les femmes musulmanes portant le burkini – n’ont pas accès à la parole. Quelles ont été leurs motivations pour revêtir cette tenue ? Quelles conséquences cette décision a-t-elle eues dans leur vie ? Leur voix est restée jusqu’à présent inaudible, et les appels à témoin que viennent de lancer quelques journaux apparaissent comme l’aveu tardif d’un silence devenu assourdissant. La question des usages de ce vêtement est de même passée en arrière-plan : quelles en sont les trajectoires historiques et les réappropriations présentes collectives ou individuelles ? Pourtant nombreux, les travaux sociologiques et anthropologiques sur la diversité des significations n'ont guère été convoqués pour éclairer les débats. La linguiste Marie-Anne Paveau voit dans cet « oubli » le symptôme d’une « énonciation ventriloque ». « C’est un mécanisme tout à fait analogue d’invisibilisation et de réduction au silence qui préside à un autre procédé d’ordre énonciatif qui fait florès en ce moment dans la vie politique et médiatique française et qu’on peut appeler, en termes communs, “parler à la place des autres”, indique-t-elle.Cette forme énonciative cible particulièrement les individus habituellement minorisés, voire stigmatisés, et parfois vulnérables : les femmes, les individus racisés, les musulman.e.s. Et elle est, sans surprise, plutôt adoptée par des dominant.e.s, non racisé.e.s, non stigmatisé.e.s, et n’appartenant pas à des minorités, visibles ou invisibles. »

Cette fois-ci encore, les femmes musulmanes sont mises à l’index non pas en raison de leur pensée ou de leur attitude (l’une d’entre elles semblait assoupie quand elle a été verbalisée), mais de leur corps. Le choix vestimentaire pourtant généralement considéré comme relevant de l’ordre de l’intime s’est transformé pour elles en une question de politique nationale, discutée comme un problème mettant en cause soit les « valeurs de la République », soit l’« ordre public ». Cela n’est pas nouveau. Dès l’époque coloniale, l’État français n’a eu de cesse de chercher à dévoiler les « femmes indigènes ». Dans un article publié (avant la controverse estivale) sur le site Contre-attaque(s), Zhor Firar, militante associative, retrace cette « longue histoire française ». Elle évoque ainsi le rôle d’une association créée par les épouses des généraux Salan et Massu dans l’organisation d’un « dévoilement » public en mai 1958 de femmes d’Alger. « Dévoiler pour mieux régner et surtout pour contrôler ces consciences, cette arme colonisatrice s’est vue déployée lors de la guerre d’Algérie pour imposer le modèle civilisateur », indique l’auteure, qui explique que plusieurs « cérémonies » suivront lors de manifestations initiées par l’armée.

L’historienne Jennifer Boittin en a raconté le déroulement (« Feminist mediations of the exotic : french Algeria, Morocco and Tunisia, 1921-1939 », Gender & History, vol. 22, no 1, avril 2010, p. 133, citée dans Les Féministes blanches et l’empire, Félix Boggio Éwanjé-Épée et Stella Magliani-Belkacem, La Fabrique, octobre 2012, p. 30) : « À chaque occasion, on pouvait assister à une quasi identique, et théâtrale, mise en scène : des groupes de femmes voilées marchaient en parade jusqu’aux lieux traditionnellement dédiés aux cérémonies officielles (places centrales, hôtels de villes, monuments aux morts). À l’arrivée, une délégation de jeunes femmes, habillées à l’européenne ou portant le haïk (voile traditionnel algérien), partageaient l’estrade ou le balcon avec les généraux et les dignitaires présents, bouquets à la main, et délivraient de longs discours en faveur de l’émancipation des femmes avant de lancer leurs voiles à la foule. » « Par ces dévoilements, le colonialisme a pratiqué une politique d’humiliation afin de montrer sa suprématie face à l’Orient désigné comme barbare », conclut Zhor Firar, après avoir rappelé que les campagnes de « dévoilement » s’accompagnèrent d’un mouvement de« revoilement » décrit par Frantz Fanon comme un signe de résistance.

Cette obsession française est saluée par les communicants de l’État islamique. Dans sa revue francophone Dar-al-Islam #10, l’organisation djihadiste se réjouit du fait que la France ne serait plus une « zone grise », c’est-à-dire qu’elle serait devenue un pays où l’islam et la laïcité seraient désormais incompatibles. Interrogé sur France Info à propos des cas de verbalisation sur les plages de la Côte d’Azur, le reporter spécialiste du djihadisme David Thomson explique que « les sympathisants djihadistes semblent eux-mêmes surpris que la police municipale de Nice fasse leur travail de propagande à leur place. Pour eux, c'est du pain bénit. Le récit djihadiste martèle depuis des années qu'il serait impossible pour un musulman de vivre sa religion dignement en France ».« Pourtant, souligne-t-il, au début de la polémique sur le burkini, djihadistes et salafistes s'étonnaient de “tout le vacarme fait par des mécréants” au sujet d'un usage vestimentaire qu'eux-mêmes jugent contraire à leur dogme. »

Au regard de l’ampleur que prend la controverse, il semble que ses instigateurs aient, eux aussi, intérêt à l’alimenter. Aucun des défenseurs de l’interdiction n’avance d’ailleurs à visage découvert : loin d’envisager les effets discriminatoires et attentatoires aux libertés individuelles de leur geste, les maires-censeurs affirment agir pour le bien des femmes voilées elles-mêmes. Et donnent des arguments juridiques relatifs aux« valeurs de la République » et à l’« ordre public » pour se justifier, comme l’explique la professeure de droit public Stéphanie Hennette-Vauchez, directrice de Credof (Centre de recherches et études sur les droits fondamentaux à l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense) dans un billet de blog sur Libération publié le 23 août.

Or, selon la juriste, ces arguments, bien que validés en première instance par la justice administrative, ne tiennent pas. Le fait de lier des risques de troubles au contexte généré par les attentats est « dangereux », affirme-t-elle, non seulement au plan théorique, en raison des amalgames risquant de porter atteinte indûment aux libertés fondamentales, mais aussi au plan technique puisqu’en principe, pour être reconnu, le trouble à la sécurité est censé être documenté, ce qui n’est pas le cas dans les situations répertoriées. Le recours aux « valeurs » est, d’après elle, tout aussi injustifié : le principe de laïcité, rappelle-t-elle, « ne saurait être lu comme générant une obligation de neutralité religieuse pesant sur les personnes privées dans l’espace public ». En déclarant que « les plages ne constituent pas un lieu adéquat pour exprimer de façon ostentatoire ses convictions religieuses » et que « dans un État laïc, elles n’ont pas vocation à être érigées en lieu de culte et doivent rester au contraire un lieu de neutralité religieuse », le juge administratif semble redéfinir en toute liberté « le statut de l’ensemble des plages françaises, ainsi que de la manière dont la liberté religieuse peut, ou non, s’y déployer ».

Cette histoire serait grotesque, si elle n’était pas grave. Car, ce faisant, des maires, qui n'ont pourtant pas de pouvoir législatif, préparent le terrain à de nouvelles interdictions nationales. Les policiers municipaux ne sont pas des sociologues, susceptibles de distinguer entre tel et tel usage. Les verbalisations de femmes simplement voilées en témoignent. Le rôle de police des mœurs qui leur est confié les place dans une situation juridiquement, politiquement et humainement intenable. Le Conseil d’État, appelé à se prononcer ce jeudi 25 août, saura-t-il rappeler les va-t-en guerre à la raison ?

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 20:02
Un racisme sans voile (Fabienne Halaoui, PCF)

Un racisme sans voile (Fabienne Haloui)

Deux femmes viennent de subir une opération policière anti–burkini. La première, Siam, devant ses enfants, à Cannes, a dû choisir entre quitter la plage ou être verbalisée car elle portait un foulard. La deuxième sur une plage niçoise, a été sommée de se dévêtir, de quitter sa tunique, à la demande de 4 policiers.

En prétendant assurer les bonnes mœurs et l’ordre public, lutter contre l’oppression patriarcale, les racistes, les islamophobes se lâchent : ils humilient, attentent aux droits fondamentaux de la personne, portent gravement atteinte au principe de laïcité.

La droite, l’extrême droite mais aussi le Premier ministre portent une terrible responsabilité dans ces dérives racistes, malsaines et dangereuses. Il est urgent de se ressaisir et de ne pas tomber dans le piège de la haine et de la division tendu par les extrémistes et les fanatiques.

Fabienne Haloui, responsable de la lutte contre le racisme et pour l’égalité des droits au PCF

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