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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 06:49
COMMENT LES GILETS JAUNES ONT DONNÉ DE LA VISIBILITÉ À TOUS (L’HUMANITE - Vendredi 15 Novembre 2019 - Julia Hamlaoui et Lionel Venturini)

Ils ont permis la révélation au grand jour des fractures du pays : accès à l’emploi, mobilité, déclassement de certains territoires, crise des services publics… S’ils ont marqué des points en un an, d’autres revendications sont restées lettre morte.

Des gilets fluo pour donner une ultravisibilité à ce qui restait largement caché à une élite dirigeante : le coup de génie du symbole, que l’on a vu repris à l’étranger, va longtemps demeurer dans les esprits pour qualifier un mouvement social qui souffle sa première bougie, et que l’on aurait tort d’enterrer.

Comme il y a des conflits de basse intensité, il y a une colère sociale qui demeure dans le pays, sourde ou s’exprimant par étincelles… Comment pourrait-il en être autrement, quand les politiques publiques ont été insuffisantes à amortir les effets de la crise, singulièrement depuis 2008 ? Le décompte est saisissant. En 1980, le pays disposait de 784 maternités, contre 416 en 2017 (- 47 %), a chiffré la chaîne Public Sénat. Dans le même intervalle, 35 % des centres d’impôt, 28 % des gares de chemin de fer ont disparu. Les seuls secteurs qui progressent, ce sont… Pôle emploi, d’abord : 1 535 communes y ont une agence, contre 434 en 1980. Le nombre de maisons de retraite a aussi augmenté de plus de 95 %, mais il a fallu attendre 2016 pour une « loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement ».

Pas étonnant, alors, que les ronds-points aient rassemblé « au moins pour un temps, des membres du bas des classes moyennes, des fractions consolidées des classes populaires et des personnes en difficultés économiques », relève le chercheur Laurent Jeanpierre (1). Il faut en effet revenir à l’étincelle initiale, revenir à pourquoi ce fut par le prisme du carburant que le mouvement a cristallisé. La hausse voulue par le gouvernement, au nom de la transition écologique, a révélé un décalage entre l’ambition politique d’un moins de voitures, et la nécessité de mobilité pour toute une frange de la population. Les ronds-points occupés ont agi comme autant de révélateurs des conditions de vie d’une France décrite comme moyenne, mais qui vit en réalité depuis longtemps le sentiment d’un déclassement, voire d’être victime de « prolophobie ». Le mépris de classe régulièrement exprimé par le président de la République l’alimentant.

La question sociale s’est ainsi réinstallée au cœur du débat public à un moment où Emmanuel Macron pensait avoir « fait le job », avec les ordonnances et les réformes du début de mandat. Ce que le peuple des ronds-points lui a rappelé, c’est que le compte n’y était pas. Les revendications ne furent pas d’abord une hausse des salaires, portée par la gauche, mais ont visé le poids croissant des dépenses contraintes : se loger, se chauffer, aller travailler. Emmanuel Macron a tenté de faire diversion, dans sa lettre aux Français qui lançait le grand débat, avec une saugrenue question sur l’immigration, quand c’est celle du pouvoir d’achat que posaient d’abord les manifestants. Il n’a pas renoncé, laissant se développer la récurrence du débat autour du voile.

Depuis la rentrée de septembre, les fronts se multiplient

Un peu vite vu comme le mouvement du diesel, les gilets jaunes en réalité ne montrent pas d’hostilité à une transition écologique, mais ils veulent qu’elle combine justice sociale et justice environnementale. Surtout, comme le souligne Laurent Jeanpierre, « en quelques mois, le mouvement a obtenu plus que les mobilisations syndicales ou citoyennes des dix dernières années, et plus que la plupart des politiques ou commentateurs auraient jugé possible dans la conjoncture présente, toujours marquée par les politiques d‘austérité ».

L’exigence démocratique, à grand renfort de pancartes ou de chasubles affublées des trois lettres du RIC (référendum d’initiative citoyenne), ne tarde pas non plus à s’exprimer. C’est aussi une crise de confiance à l’égard des institutions politiques qui se donne à voir et à entendre sur les ronds-points. Un volet qui reste en suspens après des élections européennes marquées par un taux d’abstention (49,88 %) qui témoigne de l’absence de débouchés dans les urnes à ce mouvement populaire et à ses aspirations.

Pourtant, le rond-point, selon le chercheur, « a d’abord été un espace de rencontres et de partages, la découverte d’une possibilité disparue de la vie collective », et « participe d’un nouveau cycle contestataire où le niveau local de la politique joue un rôle prépondérant ». Et la violence ? Qu’exprimait-elle, sinon dénoncer une violence sociale niée ? Les premiers gilets jaunes en comparution immédiate, à l’automne 2018, ne sont pas des « black blocs », mais de jeunes révoltés qui, CAP en poche, ne s’en sortent pas. La réponse gouvernementale, elle, peut se traduire en chiffres, « 2 morts, 24 éborgnés, 5 mains arrachées, des centaines de blessés à la tête », pointe le journaliste David Dufresne.

Malgré la réplique autoritaire du pouvoir, les gilets jaunes ont aussi arraché des mesures (lire page 12) d’abord dites « d’urgence économique et sociale », fin 2018, comme la suspension puis l’abandon de l’augmentation des prix du carburant, l’annulation de la hausse de la CSG pour les retraités ou une prime exceptionnelle de fin d’année. Loin d’être satisfaisantes – la défiscalisation des heures supplémentaires, par exemple, prend dans la poche « Sécurité sociale » ce qu’elle met dans la poche « pouvoir d’achat » –, ces dispositions marquent tout de même un tournant : le gouvernement, qui avait tenu bon sur la réduction des APL ou la suppression des emplois aidés, plie un genou pour apaiser la colère. Elles seront suivies par la conclusion du grand débat. Au total, 17 milliards d’euros. Emmanuel Macron sauve cependant l’essentiel – pas de retour sur la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), pas d’augmentation du Smic, pas de RIC – et se met en scène dans un « acte 2 » du quinquennat vantant une « méthode nouvelle ».

Le « storytelling » est bien ficelé. Jeudi encore, alors que les hospitaliers sont dans la rue et que les gilets jaunes s’apprêtent à souffler leur première bougie, le chef de l’État a fait le déplacement à Épernay (Marne) pour assister au conseil municipal sous l’égide d’un maire divers droite, soutien de LaREM aux européennes. Une opération de com vouée à montrer la proximité du président avec les Français dont la crédibilité achoppe sur l’imposant dispositif de sécurité : dès 10 heures, le centre-ville était bouclé et tout rassemblement interdit par arrêté préfectoral sur 12 communes alentour.

Pompiers, hôpitaux, RATP, étudiants… depuis la rentrée de septembre, les fronts se multiplient et c’est un nouvel embrasement qu’il s’agit d’éviter pour le gouvernement à l’heure de la réforme des retraites. Avant les municipales en mars, la prochaine étape se jouera dans la rue avec la grève du 5 décembre.

(1) Laurent Jeanpierre, In girum. Les leçons politiques des ronds-points, La Découverte.

 

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 06:24
La grande majorité de la population estudiantine est en souffrance (Pierre OUZOULIAS Sénateur Communiste du groupe CRCE – 13 novembre 2019)

Plus d’un étudiant sur deux ne mange pas tous les jours à sa faim. Près d’un sur deux a renoncé à se soigner par manque d’argent. Il n’y a que 175 000 places en résidence étudiante pour 700 000 étudiants boursiers, et le loyer représente plus de 70 % du budget moyen des étudiants. Plus d’un étudiant sur deux est obligé de travailler pour étudier et subsister, et les étudiants salariés occupent les emplois les plus précaires, les plus harassants et les moins rémunérés ; ainsi, ils composent près de 60 % de la main-d’œuvre des plateformes de prestations.

À tout cela s’ajoutent des conditions d’enseignement indignes et un sous-encadrement pédagogique chronique.

La grande majorité de la population estudiantine est en souffrance. L’aggravation de ses conditions d’existence conduit à la désespérance, à des drames humains et à des gestes désespérés comme celui d’Anas, qui sont autant de cris de détresse que vous ne pouvez ignorer.

Les conséquences de ce mal-être endémique sont catastrophiques pour notre pays : de moins en moins d’étudiants poursuivent un cursus complet, le nombre de doctorants baisse chaque année et la fuite des cerveaux est maintenant manifeste.

Or, à cette crise majeure, vous répondez par une baisse des moyens alloués à l’enseignement supérieur. La dépense par étudiant atteint aujourd’hui son plus bas niveau depuis 2008, et il n’y a dans votre projet de loi de finances aucune ambition d’arrêter cette chute. À la jeunesse qui souhaite s’investir dans la connaissance, la culture et les œuvres de la pensée, vous envoyez le message détestable qu’elle ne serait qu’une charge, un fardeau improductif qu’il faudrait continûment alléger ! (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE, ainsi que sur des travées du groupe SOCR. – M. Jean-Pierre Corbisez applaudit également.)

 

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d’État auprès du ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse.

 

M. Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse. Monsieur le sénateur Ouzoulias, vous abordez une réalité, une dure réalité : la précarité étudiante, parfois la misère étudiante.

Cette réalité a été remise en lumière par la tragique immolation d’un jeune, vendredi dernier, à Lyon. C’est évidemment vers lui, ses proches et la communauté étudiante et universitaire de Lyon que nos pensées se tournent aujourd’hui. Frédérique Vidal s’est rendue sur place dès samedi pour échanger avec eux.

Cette réalité, à laquelle nombre des gouvernements qui se sont succédé ces dernières années avaient cherché à répondre, nous avons choisi de la prendre à bras-le-corps. C’est ainsi que nous avons supprimé la cotisation de sécurité sociale de 217 euros qui était payée par les étudiants à chaque rentrée. De même, nous avons annoncé, voilà deux mois, une augmentation des bourses à hauteur de 46 millions d’euros. En outre, les bourses sont désormais versées à date, le 5 du mois – et même, par anticipation, en début d’année pour les étudiants qui ont constitué leur dossier.

Ces progrès sont concrets et tangibles ; on ne peut pas les nier.

 

Mme Cécile Cukierman. La précarité non plus, on ne peut pas la nier !

 

M. Gabriel Attal, secrétaire d’État. Évidemment, des situations difficiles demeurent ; évidemment, il faut poursuivre l’effort et faire mieux connaître les dispositifs d’aide – quasiment cinquante – qui existent à l’université. Je pense en particulier aux aides pour les situations d’urgence.

De fait, la précarité peut s’ajouter à la précarité en cas de rupture ou lors de tout autre moment difficile. L’enquête en cours à Lyon vise à déterminer si l’université et le Crous étaient informés de la situation très difficile de ce jeune et à comprendre pourquoi les aides disponibles ne lui ont pas été proposées.

Poursuivre l’effort, c’est aussi le sens du revenu universel d’activité : la concertation sur ce sujet doit nous conduire à repenser une partie de l’accompagnement social des jeunes. Nous sommes résolus à continuer dans cette voie.

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 06:18

 

 

 

Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 était très attendu par les professionnels de santé et paramédicaux mobilisés et en grève depuis six mois. Ils seront d’ailleurs de nouveau dans la rue le 14 novembre.

Mes collègues du groupe CRCE et moi-même serons à leurs côtés, car leurs revendications sont légitimes.

Mais voilà, madame la ministre, vous refusez d’affronter Bercy et de changer de cap ! Vous poursuivez les exonérations de cotisations et remettez ainsi en cause les fondamentaux de notre protection sociale, née du programme du Conseil national de la Résistance.

Nous craignions les attaques de la réforme des retraites, mais finalement vous n’en avez jamais assez, surtout quand il faut prendre aux familles, aux salariés, aux retraités, aux jeunes et aux plus fragilisés. On pourrait parler de boulimie !

Vous avez décidé de vous attaquer comme jamais au secteur de la santé, bien que celui-ci ait déjà souffert ces dernières années. Là, pour 2020, c’est le coup de massue : l’hôpital public va servir de variable d’ajustement à votre budget, avec un objectif de croissance de l’Ondam à 2,3 % en 2020, alors que vous savez pertinemment que celui-ci devrait être à 4,5 %.

Les services d’urgence et de nombreux SAMU traversent une crise grave, très grave. Ils multiplient les grèves et les 4,2 milliards d’euros d’économies sont la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour les personnels hospitaliers. Ils sont en souffrance, en raison du manque de moyens en personnel ; ils ne veulent plus travailler dans des conditions indignes, pour eux-mêmes, mais surtout pour la qualité des soins aux patients.

Et vous, madame la ministre, votre seule réponse est de fixer une progression de l’Ondam à 2,1 % pour l’hôpital, en dessous de l’évolution naturelle des dépenses de santé. Décidemment, quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage !

Et ce n’est pas votre réforme du financement des hôpitaux de proximité qui va changer la donne. Vous aurez beau jeu de déplacer les services pour mutualiser toujours davantage les moyens. Les malades, eux, ne déménagent pas avec les hôpitaux !

Vous allez donc éloigner encore davantage les services de santé des populations, qui n’arrivent déjà plus à trouver un médecin de ville et des médicaments.

L’obligation pour les industriels de constituer un stock de sécurité de deux à quatre mois sur les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur et les sanctions contre les laboratoires pharmaceutiques en cas de pénurie du médicament, prévues par ce PLFSS, vont dans le bon sens, mais elles arrivent trop tardivement par rapport à la crise que connaissent les malades.

Il n’est pas normal que, en France et en Europe, la puissance publique ne soit plus en capacité de produire des médicaments, d’autant que nous disposons, dans les pharmacies des hôpitaux, notamment à l’AP-HP, d’un savoir-faire à valoriser. Les hôpitaux ont tendance à délaisser leurs pharmacies pour assurer d’autres financements essentiels comme les investissements et les travaux de rénovation.

Sur ce sujet, vous avez fait adopter à l’Assemblée nationale un amendement visant à offrir aux établissements de santé une visibilité pluriannuelle, et non plus seulement annuelle, sur l’évolution de leurs ressources financières. Mais si c’est pour leur dire que les caisses resteront vides pendant trois ans, à quoi cela sert-il ?

L’État doit arrêter de se défausser sur la sécurité sociale et assumer les travaux de rénovation et de modernisation des hôpitaux publics.

L’État doit également assumer ses dépenses lui-même ! Les « gilets jaunes » se sont mobilisés, exprimant la colère populaire et le ras-le-bol face à la fin des services publics, aux fins de mois difficiles et aux petits salaires. Le président Macron a fait des annonces et mis en place des aides d’urgence pour répondre à cette colère, mais ce n’est pas au budget de la sécurité sociale de les porter ! C’est au budget de l’État que doivent être imputées les dépenses légitimes liées aux « gilets jaunes ».

Ce sont 3 milliards d’euros que vous prenez à tous les services de santé pour les donner aux autres salariés. La colère des uns ne peut pas se régler par un tour de passe-passe qui consiste à déshabiller les infirmiers, les aides-soignantes, les aides à domicile et les retraités, tous en lutte, pour habiller, très légèrement, certaines catégories de travailleurs pauvres.

Ce PLFSS est truffé de contradictions. Alors que 60 000 femmes par an doivent faire plus de quarante-cinq minutes de trajet pour se rendre à la maternité, plutôt que de maintenir les maternités de proximité et les services de maternité dans les hôpitaux de proximité, vous préférez éloigner davantage et payer l’hôtel aux mères concernées.

Ce mécanisme est un non-sens pour les femmes enceintes, qui devront se rapprocher de la maternité quelques jours avant la date prévue de l’accouchement, alors que nous savons toutes que les accouchements ne se déclenchent pas quand on fait la réservation de sa chambre d’hôtel !

Ces contradictions sont trop nombreuses pour ne pas penser qu’il s’agit en réalité d’une volonté délibérée de faire des économies sur le dos des plus précaires, en réduisant les indemnités journalières pour les parents de familles nombreuses, ou encore en refusant de réindexer les pensions de retraite de 4 millions de retraités qui dépassent 2 000 euros par mois.

Nous savons que vous préparez le prochain mauvais coup avec la réforme des retraites. Si le PLFSS 2020 ne prévoit finalement aucune mesure s’y rapportant, la fusion des caisses au sein des Urssaf s’apparente bien à un test pour préparer la fusion des régimes dans le système de retraite par points.

En attendant votre future loi sur la dépendance, dont nous ne connaissons même plus la date, à force de la voir reportée, ce PLFSS prévoit pour 2020 une enveloppe de 405 millions d’euros pour les Ehpad. Je voudrais relativiser ces chiffres par rapport aux besoins actuels et à venir de nos aînés.

Madame la ministre, nous avons déposé plusieurs dizaines d’amendements visant à supprimer la taxe sur les salaires ou à instaurer un moratoire sur les fermetures de lits et de services, etc.

En conclusion, votre projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 est très dangereux. Vous faites le choix de l’austérité contre l’humain et la santé. Vous faites le choix du libéralisme contre celui du service public.

L’argent existe, vous le savez, il est dans la poche de ceux que vous avez décidé de privilégier, ceux à qui vous faites des cadeaux depuis plusieurs mois et qui n’ont nullement besoin de plus pour l’hôpital public, puisqu’ils ne le fréquentent pas.

En plus d’être dangereux en l’état, votre projet de loi n’est pas fiable. Surprise de dernière minute : vous annoncez vouloir présenter, le 20 novembre, des mesures qui ne figurent pas dans le projet de loi. Nous nous apprêtons donc à discuter un budget incertain et donc insincère !

Pour toutes ces raisons, madame la ministre, nous ne voterons pas votre budget !

 

 

 

 

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 06:12

 

Le Référendum d’Initiative Partagée (RIP) est un exercice inédit de consultation visant à faire participer les citoyen.ne.s à une décision majeure du pays. Des conséquences économiques et sociales de grande envergure en découleront : après le scandale de la privatisation des autoroutes, celle des Aéroports de Paris est une atteinte inacceptable aux biens communs de la nation et au service public. ADP appartiennent aux Français·e·s. C’est aux Français·e·s de décider de leur devenir. Si la décision de faire référendum sur le sujet l’emporte, un vrai débat pourra s’engager sur les orientations fondamentales du pays concernant les services publics. Comme cela a été le cas pour le traité de Constitution européenne en 2005.

 

 

924 000 Français·e·s ont déposé leurs signatures sur le site du ministère de l’Intérieur au 6 novembre selon le Conseil constitutionnel. Chaque semaine, 15 à 25 000 personnes s’inscrivent, malgré une non-communication orchestrée par le pouvoir. La mobilisation s’organise sur le terrain. Ainsi, de très nombreuses sections, fédérations ouvrent leurs locaux pour organiser des permanences ADP. De très nombreuses mairies, et singulièrement à direction communiste, organisent l’information et facilitent la signature au plus près de nos concitoyen.ne.s. Au niveau national nous participons à la coordination nationale ADP qui regroupe des syndicats CGT-FSU- Solidaires..., des associations, ATTAC, Copernic, Convergences des services publics… ; des partis politiques, EELV, Ensemble, FI, Générations, NPA… Nous participons également à l’inter groupe des parlementaires qui se sont prononcés pour l’organisation du RIP sur ADP.

La bataille de l’Information est lancée

73 % des Français.e.s sont contre la privatisation selon l’IFOP. Dans le même temps ils/elles ne comprennent pas la démarche du RIP, principalement par manque d’informations. Les parlementaires ont demandé par différents courriers à être reçus par E. Macron, par le président du Conseil constitutionnel, le président du CSA et la direction de France Télévisions et Radio France. L’achat de spots pour diffusion sur les radios du réseau France Bleu et France Info par les parlementaires est prévu. Une lettre des parlementaires est adressée à l’ensemble des maires pour les inciter à accompagner le RIP et sera rendu public au congrès des maires le 19 novembre prochain.

Nous organisons une bataille sur les réseaux sociaux, jeudi 14 novembre à 17 h :

Facebook et Twitter ont annoncé qu’ils n’acceptaient plus le sponsoring politique. C’est ainsi qu’ils refusent toute publicité pour l’obtention d’un référendum. Nous vous proposons de lever l’obstacle en diffusant sur vos sites, réseaux sociaux un « funnyclip » de 20 secondes.

Ce clip est conçu avec le personnage d’un travailleur au sol d’un aéroport en utilisant le code du gilet jaune comme clin d’œil et la voix off d’une agent d’accueil d’un hall d’attente. Ce clip non siglé, libre de droit permet dans cette période électorale de permettre aux villes, aux élu.e.s, aux candidat.e.s et à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de le faire circuler sans que cela soit imputable dans les comptes électorales.

Dans ce contexte difficile, la barre du million est primordiale

Primordiale pour lancer la machine médiatique et avoir un effet d’entraînement. Primordiale pour rappeler les propos du Président de la République, le 25 avril dernier, déclarant vouloir "aller plus loin" (sur le RIP) "en en simplifiant les règles, en permettant que l'initiative puisse venir de citoyens, un million de citoyens qui signeraient une pétition et qu'elle puisse prospérer en projet de loi et, si elle n'était pas examinée par les assemblées, aller au référendum".

Nous le prendrons au mot. Un meeting national du million sera organisé à ce moment-là.

Cela passe par une bataille de terrain

Il s’agit d’amplifier les permanences dans les sections, la tenue de meetings départementaux, des points ADP sur les lieux de passages (marchés, gares, places, restos universitaires, etc.) lors des initiatives du Parti (de la réunion de cellule à la soirée festive), sur les manifestations, sans oublier les réunions ateliers citoyens pour préparer les municipales, avec des ordinateurs ou formulaires CERFA.

Nous répondons favorablement à l’appel de la coordination nationale ADP qui propose de mettre le paquet du 14 au 30 novembre suite à une proposition du comité départemental du Val-de-Marne. « Un village ADP » des syndicats, associations, partis est organisé sur la place de la République à Paris, le 30 novembre prochain.

Nous insistons sur une évidence, beaucoup de communistes n’ont toujours pas « cliqué » pour demander un référendum. Faire le tour minutieux des adhérent.e.s, a minima par téléphone n’est donc pas inutile.

Eliane Assassi, Pierre Laurent

Ce clip sera sur les réseaux le 15 novembre à 17 h.

 

 

 

 

 

 

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14 novembre 2019 4 14 /11 /novembre /2019 06:28

 

Suite à la tentative d’un étudiant lyonnais de 22 ans de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu, le PCF prend pleinement part à l'appel à la mobilisation et aux rassemblements de soutien organisés dans toute la France ce mardi 12 novembre devant les CROUS

 

 

C'est avec la rage au ventre que nous apprenons son geste désespéré, entraîné par le refus du CROUS de renouveler sa bourse. Actuellement entre la vie et la mort, le PCF lui apporte son soutien et souhaite son rétablissement au plus vite, pour qu'il continue sa bataille pour la justice sociale.

Les responsables sont, sans difficulté, nommés : les politiques antisociales du gouvernement d’Emmanuel Macron, de ce gouvernement des riches. Depuis le début du quinquennat, les étudiants doivent faire face à la baisse des APL, la hausse des factures d’électricité, d’eau de gaz, les réductions drastiques des budgets à n'en plus finir, alors que les bourses stagnent et que le coût des études ne cesse d'augmenter. Qui plus est, de nombreux étudiants sont contraints de se salarier pour subvenir à leurs besoins, ce qui met en péril la réussite de leurs études. Cet étudiant est une énième victime de la précarité et de la paupérisation des étudiants qui s’est aggravée sous le quinquennat d’Emmanuel Macron. Tous les ans, des étudiants sombrent dans la précarité. En commettant l’irréparable, il veut mettre fin à ce silence qui les tue aussi sûrement que la faim.


Nous partageons sans concessions son appel à se battre contre la montée du fascisme et le libéralisme qui nous divisent et nous précarisent.

Le PCF exige des mesures concrètes d’urgence : une augmentation en nombre et en montant des bourses avec un financement par des cotisations patronales, la construction de 100 000 nouveaux logements étudiants publics par an, la rénovation des logements existants et la nationalisation des résidences étudiantes privées, ainsi qu’un réinvestissement massif dans l’enseignement supérieur public à hauteur de plusieurs milliards d’euros par an. Pour reprendre ses mots, la lutte doit continuer pour en finir avec la précarité étudiante. Plus que jamais, nous continuerons à nous battre pour l'effectivité de la gratuité des études, pour un enseignement supérieur public qui permette la réussite de tous et toutes et qui fasse avancer la société toute entière.

 

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13 novembre 2019 3 13 /11 /novembre /2019 06:10

Le secours catholique vient de publier son rapport annuel sur l’État de la pauvreté en France. Celui-ci est édifiant. L’association accompagne désormais 1 347 500 personnes dont près de la moitié d’enfants, un chiffre en augmentation. Les personnes accompagnées ont un revenu moyen en baisse de 15 euros en euros par rapport à 2017. Ainsi, les pauvres sont de plus en plus pauvres.

 

Ce rapport est un nouveau signal d’alarme après l’étude de l’INSEE, publiée fin septembre, démontrant que le taux de pauvreté atteignait un niveau inégalé depuis les années 1970, à 14,7 % (9,3 millions de Français concernés). Comment s’en étonner alors que le gouvernement choisit de baisser à nouveau les APL et de réduire drastiquement les allocations chômage, économisant ainsi plus de deux milliards d’euros sur le dos de nos concitoyens les plus précaires ?

 À l’autre bout de l’échelle, pourtant, les riches se portent mieux que jamais : la rémunération des patrons du CAC 40 a augmenté de 12 % en 2018, avec une moyenne de 277 fois le SMIC. Les dividendes des actionnaires ont également connu une forte hausse. Rien d’étonnant : avec la suppression de l’ISF et la mise en place du PFU, les Français les plus favorisés ont reçu une montagne de cadeaux fiscaux de la part du gouvernement, pour un montant d’environ 5 milliards d’euros par an. 

 

Or, face à ces réalités qui démontrent l’injustice flagrante de sa politique, Emmanuel Macron ne trouve rien de mieux que de supprimer l’Observatoire National de la Pauvreté (ONPES). Au lieu de guérir la fièvre, il préfère casser le thermomètre ! Le Chef de l’État semble n’avoir rien appris de ses déboires passés et multiplie les attaques contre les droits sociaux des Français : il est désormais temps d’agréger toutes les colères sociales pour le faire reculer.

 

Ian Brossat

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 12:25

Un rassemblement soutenu par les Jeunes Communistes du Finistère est prévu au CLOUS de Brest à 17h le mardi 12 novembre 2 avenue Victor Le Gorgeu.

Mardi 12 Novembre, disons stop à la précarité étudiante ! (PCF)
 
Mardi 12 Novembre, disons stop à la précarité étudiante ! (PCF)
 
Suite à la tentative d’un étudiant lyonnais de 22 ans de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu, le PCF prend pleinement part à l'appel à la mobilisation et aux rassemblements de soutien organisés
dans toute la France ce mardi 12 novembre devant les CROUS. C'est avec la rage au ventre que nous apprenons son geste désespéré, entraîné par le refus du CROUS de renouveler sa bourse. Actuellement
entre la vie et la mort, le PCF lui apporte son soutien et souhaite son rétablissement au plus vite, pour qu'il continue sa bataille pour la justice sociale.
 
Les responsables sont, sans difficulté, nommés : les politiques antisociales du gouvernement d’Emmanuel Macron, de ce gouvernement des riches. Depuis le début du quinquennat, les étudiants doivent faire face
à la baisse des APL, la hausse des factures d’électricité, d’eau de gaz, les réductions drastiques des budgets à n'en plus finir, alors que les bourses stagnent et que le coût des études ne cesse d'augmenter. Qui
plus est, de nombreux étudiants sont contraints de se salarier pour subvenir à leurs besoins, ce qui met en péril la réussite de leurs études. Cet étudiant est une énième victime de la précarité et de la
paupérisation des étudiants qui s’est aggravée sous le quinquennat d’Emmanuel Macron. Tous les ans, des étudiants sombrent dans la précarité. En commettant l’irréparable, il veut mettre fin à ce silence
qui les tue aussi sûrement que la faim.
 
Nous partageons sans concessions son appel à se battre contre la montée du fascisme et le libéralisme qui nous divisent et nous précarisent.
Le PCF exige des mesures concrètes d’urgence : une augmentation en nombre et en montant des bourses avec un financement par des cotisations patronales, la construction de 100 000 nouveaux logements étudiants publics par an, la rénovation des logements existants et la nationalisation des résidences étudiantes privées, ainsi qu’un réinvestissement massif dans l’enseignement supérieur public à hauteur
de plusieurs milliards d’euros par an. Pour reprendre ses mots, la lutte doit continuer pour en finir avec la précarité étudiante. Plus que jamais, nous continuerons à nous battre pour l'effectivité de la
gratuité des études, pour un enseignement supérieur public qui permette la réussite de tous et toutes et qui fasse avancer la société toute entière
 
Parti communiste français,
 
Paris, le 11 novembre 2019.
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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 12:21
Violences au sein de la famille : ambiance délétère et débat tronqué au Sénat (groupe communiste; républicain, citoyen, écologiste au Sénat, 7 novembre 2019)

Violences au sein de la famille : ambiance délétère et débat tronqué au Sénat

Hier soir, en séance publique était discutée la proposition de loi du député Aurélien Pradié visant à agir contre les violences au sein de la famille.
Alors que chaque année, en France, 220 000 femmes sont victimes de violences physiques et sexuelles par leur conjoint ou ex-conjoint, et que tous les deux jours l’une d’elles y perd la vie, l’accélération de la lutte contre ce fléau est aujourd’hui plus
qu’urgente.

Toute initiative législative en la matière doit être l’occasion d’améliorer notre droit largement imparfait sur le sujet. Ainsi, pour apporter leur pierre à l’édifice, les sénatrices et sénateurs ont déposé plus de 120 amendements sur ce texte transpartisan.

Or, très rapidement (dès le début de l’article 2), la rapporteure, comme la ministre ont coupé court à tout débat et toute discussion sur ces amendements d’amélioration du texte. Systématiquement la quasi-totalité de ceux-ci a été rejeté – au moyen d’arguments bien souvent faibles voire fallacieux - privant par exemple notre Haute Assemblée d’un débat sur l’autorité parentale et le droit de visite des conjoints violents.

En l’absence remarquée de la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa, la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a souhaité en finir au plus vite avec ce texte, arguant que des travaux étaient en cours sur tous les sujets abordés,notamment dans le cadre du Grenelle des violences conjugales organisé par le gouvernement et qui rendra ses conclusions le 25 novembre prochain. La ministre a
souligné que la proposition de loi méritait d’être adoptée « dans les meilleurs délais », quand bien même les conclusions du Grenelle pourraient nécessiter « un autre texte législatif ». En effet, le même jour, a été annoncé une proposition de loi plus complète d’un député REM, cette fois-ci, sans doute autour du 25 novembre, pour le symbole.
Cette attitude du gouvernement nous interroge une fois encore sur sa conception du rôle du Parlement, et en particulier du Sénat.
La lutte contre les violences faites aux femmes, élevée au rang de grande cause nationale du quinquennat, mérite bien mieux que cette lamentable instrumentalisation dans le seul but d’apparaitre à l’initiative !
C’est dans ce cadre que les membres du groupe CRCE, ainsi que leurs collègues socialistes, ont préféré quitter l’hémicycle pour que cesse cette mascarade.
Faire reculer les violences demeure notre priorité et nous resterons mobilisé.e.s pour débarrasser la société de ce fléau.
Paris, le 7 novembre 2019

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 06:56
La laïcité n'est pas ce que vous croyez - de Pierre Dharéville, actuel député PCF des Bouches-du-Rhône

Cet essai stimulant publié en 2013 aux éditions de l'Atelier (16€), écrit par notre camarade Pierre Dharréville, député PCF des Bouches du Rhône depuis 2017, membre de la direction nationale du PCF, prenait le contrepied d'une complète banalisation d'un discours de xénophobie prenant le voile de la critique et de l'obsession de l'islamisation de la société en déconstruisant les conceptions erronées et instrumentalisées de la laïcité. Il y avait déjà Sarkozy et son identité nationale, Jean-François Copé et ses pains au chocolat, Marine Le Pen et le FN, le racisme décomplexé en acte, mais c'était avant que Zemmour et ses épigones envahissent à ce point les médias et chaînes d'info en continu comme les semeurs de haine du Rassemblement National ou chez les Républicains ou la LREM.

Dans cet essai préfacé par le grand historien des religions et de la Mésopotamie antique Jean Baubérot, Pierre Dharréville, auteur également d'un autre essai que nous avons beaucoup aimé, Un printemps pour la République (éditions de l'atelier, 2016), livre tout aussi important pour fonder une conception progressiste de la République et comprendre la stratégie réactionnaire à l’œuvre actuellement pour diviser le peuple et le détourner de la question sociale en mettant au centre la question de l'identité (raciale, religieuse), dénonce la "laïcité d'apparence" qui vise à exclure et essentialiser, et, se situant dans la double filiation de Jean Jaurès et d'Antonio Gramsci, vise à construire la philosophie politique d'une conception émancipatrice, progressiste et révolutionnaire de la laïcité, à l'encontre de tous les rétrécissements xénophobes, contre la confiscation et le rétrécissement du combat laïque par ceux qui l'ont au fond toujours combattu: la droite et l'extrême-droite, la bourgeoisie réactionnaire. 

Compte tenu du climat actuel et de l'instrumentalisation de la notion de laïcité pour tenter de mettre au ban de la société et de la République une partie de la population, par racisme foncier, stratégie électoraliste ou volonté cynique de diversion, nous avons jugé utiles de rappeler quelques idées importantes développées par Pierre Dharréville avec une belle plume alerte, dans cet essai qui date d'il y a 6 ans mais qui est toujours d'une brûlante actualité malheureusement. 

"La laïcité n'est pas un anathème frappant d'obscénité toute conviction religieuse... Elle ne considère pas les religions comme des ennemies tant qu'elles ne manifestent pas l'intention de s'accaparer le pouvoir. Elle ne leur demande pas de cacher ce sein qu'elle ne saurait voir et de disparaître purement et simplement de l'espace public. Elle ne demande pas aux citoyens de se dépouiller de leurs convictions, fussent-elles religieuses, avant de passer le pas de leur porte ou celui des temples où ils se recueillent éventuellement. Elle ne prêche pas l'uniformité des consciences. Si elle participe de la lutte contre l'obscurantisme, si chère à l'esprit des Lumières, c'est d'abord par sa prétention à faire dialoguer différentes visions du monde, lesquelles s'obligent mutuellement à faire place aux autres, pour œuvrer au bien commun. (...). Les quatre piliers inséparables de la laïcité sont la souveraineté populaire, la liberté d'opinion, l'égalité des droits, la fraternité universaliste". 

 

Introduction à La laïcité n'est pas ce que vous croyez - Pour vivre heureux, vivant ensemble

Pierre Dharréville

" La laïcité ne passe pas de mode au grand café de la République. Chaque nouvelle marée apporte son lot de polémiques fracassantes: port du voile, prières dites "de rue", viande halal, pratique du ramadan, construction de mosquées, islam dit "radical"... Et l'extrême droite ne manque pas une occasion de tourner la manivelle de son orgue de barbarie, qui bégaye toujours le même chant de haine, réveillant le frisson de la peur et le fantasme des envahisseurs. On en voudrait, messieurs-mesdames, à la France éternelle, dont l'étoile ne finit pas de pâlir, et plus seulement au pain des Français. Le problème numéro un du quotidien? Que des croyants pratiquent une religion qui n'est pas "bien de chez nous", et, pis encore, se trouverait directement reliée au nouvel ennemi de l'Occident chrétien menacé: le "camp musulman"...

La manipulation est simple: en attaquant les "Arabes" non pas sur leur origine mais sur leur religion, on se revendique de la laïcité et l'on peut se bricoler une respectabilité républicaine. Mais il s'agit d'une laïcité bien franchouillarde qui n'est pour le coup, qu'une laïcité d'apparence... Ce qu'ils défendent, c'est une identité nationale rancie, proche du Travail, famille, patrie! 

C'est ce détournement de laïcité massif, avec les dangers qu'il charrie comme un fleuve ses alluvions, qui a fini par me décider à produire ce travail et à pousser ce coup de gueule: la laïcité n'est pas ce que vous croyez! La laïcité est au cœur d'un grand malentendu. (...)

Combien de fois la laïcité a-t-elle servi de cheval de Troie? Et combien de fois lui a t-on fait cracher de la fumée par les naseaux? Emballements médiatiques, empilement de lois aux formulations bizarres, amalgames en pagaille, incantations verbeuses... Le sujet est une matière hautement inflammable susceptible à tout moment de déchaîner les passions hors de tout entendement.

(...) On a truffé ce concept d'évidences avariées: la laïcité n'est pas cette sorte de rejet primaire de la religion. Au contraire, la République établit que "nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses". Il n'est pas plus respectable de s'en prendre à des hommes ou des femmes en raison de leur religion qu'en raison de l'origine de leurs ancêtres ou de leur couleur de peau. Aucun rapprochement n'est donc possible entre la stigmatisation, la discrimination ou la division et ce principe fondamental. Quel est ce modèle français que prétendent défendre ceux qui ont pris la laïcité en otage? Est-ce bien l'idéal républicain, qui est quant à lui, pour le coup, bien évanescent, dans la réalité comme dans leurs discours? 

Je ne peux m'empêcher de penser que la laïcité est allègrement utilisée comme un leurre. Mais, en réalité, on ne peut se contenter de voir dans cette agitation récurrente une simple volonté de détourner les regards de nos concitoyens loin des responsables de la crise sociale et économique. Tout ce cirque ne peut avoir pour seule ambition de remplir l'actualité politique en organisant le grand vide, celui qui alimente en flux continus les chaînes d'information et le bruit de fond du net. Il sert des intérêts.

A travers ces OPA inamicales sur la laïcité, c'est la fameuse et fumeuse théorie du "choc des civilisations", dont le cœur serait une guerre de religions, qui se cherche des déclinaisons locales. Or, tous les conflits auxquels la religion a été mêlée n'ont jamais été d'abord que des guerres politiques et des luttes de pouvoir dans lesquelles l'argument religieux a été une justification, un paravent ou un levier. Les conflits sont politiques, et leurs règlements sont politiques. 

Dans une société où l'on cherche à individualiser toujours plus les rapports sociaux, tout est fait pour que chacun se sente assiégé, mis en danger jusque dans son être profond, jusque dans son identité. Assiégé et assigné. A quoi se raccrocher dans ce monde qui bouscule les repères sans laisser à chacune et chacun le temps de comprendre ce qui est en train de se passer? C'est le temps des amalgames, qui bouillissent dans les marmites des apprentis sorciers. Le racisme change de visage, il se cherche des justifications et de nouveaux fondements théoriques. Il tend à se dépasser lui-même pour mieux se retrouver. Il est le verso de cet hégémonisme culturel vide de sens humain, que promeuvent les forces du capitalisme. Eux aussi veulent mettre la laïcité à leur main, comme un agent désherbant. Pour substituer l'affrontement identitaire à l'affrontement de classe. 

Il faut refuser les assignations identitaires, car nous sommes façonnés d'influences multiples, produits d'histoires personnelles et sujets en mouvement. Il faut refuser l'uniformisation culturelle, recherchée par les marchands et les gobeurs de cervelles. Il faut refuser le communautarisme, illusion de sécurité et refus de vivre ensemble en affrontant l'avenir. Il faut refuser l'intégrisme qui y prend racine et n'existe que pour conforter les puissants en aliénant les esprits et, s'il le peut, des sociétés entières. Car intégrisme et populisme sont faits du même bois et se nourrissent mutuellement". 

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 06:51
" ⭕️ Marche contre la haine, le racisme et l’islamophobie ⭕️  Depuis plusieurs semaines, les propos et actes anti-musulmans se multiplient. Tout cela doit cesser. La République ne peut laisser nos compatriotes musulmans être stigmatisés ; la République ne peut pas voir la haine de l’autre grandir et le vivre ensemble attaqué.  Restons unis, car une grande majorité d’entre nous, croyants ou non, veut seulement vivre en paix. Ces dernières semaines ont été lourdes, trop lourdes. Cela suffit ! Plus que jamais, non à la suspicion, à la division, à la société de vigilance qui conduit à la délation et au repli sur soi ! Oui à la société de la confiance, au vivre ensemble et à la paix.  ⤵️ Liberté- Égalité-Fraternité  Fabien Gay, sénateur communiste de Paris "

" ⭕️ Marche contre la haine, le racisme et l’islamophobie ⭕️ Depuis plusieurs semaines, les propos et actes anti-musulmans se multiplient. Tout cela doit cesser. La République ne peut laisser nos compatriotes musulmans être stigmatisés ; la République ne peut pas voir la haine de l’autre grandir et le vivre ensemble attaqué. Restons unis, car une grande majorité d’entre nous, croyants ou non, veut seulement vivre en paix. Ces dernières semaines ont été lourdes, trop lourdes. Cela suffit ! Plus que jamais, non à la suspicion, à la division, à la société de vigilance qui conduit à la délation et au repli sur soi ! Oui à la société de la confiance, au vivre ensemble et à la paix. ⤵️ Liberté- Égalité-Fraternité Fabien Gay, sénateur communiste de Paris "

 "Il fut le symbole de notre République. Il est français et musulman et il a sauvé des compatriotes juifs à l'occasion des attentats de l'Hyper Casher. C'est un honneur d'être ici aux côtés de Lassana Bathily.  Ian Brossat porte-parole du PCF, adjoint au maire à Paris, président de l'Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (600 maires, 7000 élus)"

"Il fut le symbole de notre République. Il est français et musulman et il a sauvé des compatriotes juifs à l'occasion des attentats de l'Hyper Casher. C'est un honneur d'être ici aux côtés de Lassana Bathily. Ian Brossat porte-parole du PCF, adjoint au maire à Paris, président de l'Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (600 maires, 7000 élus)"

La députée communiste Elsa Faucillon avec Clémentine Autain (députée Ensemble - FI) à la marche contre l'islamphobie à Paris le 10 novembre 2019 (page Facebook Elsa Faucillon)

La députée communiste Elsa Faucillon avec Clémentine Autain (députée Ensemble - FI) à la marche contre l'islamphobie à Paris le 10 novembre 2019 (page Facebook Elsa Faucillon)

La députée communiste Elsa Faucillon avec Philippe Martinez, secrétaire national de la CGT,  à la marche contre l'islamphobie à Paris le 10 novembre 2019 (page Facebook Elsa Faucillon)

La députée communiste Elsa Faucillon avec Philippe Martinez, secrétaire national de la CGT, à la marche contre l'islamphobie à Paris le 10 novembre 2019 (page Facebook Elsa Faucillon)

Contre le racisme, pour la République (Déclaration du PCF)

Un climat pestilentiel et menaçant s'installe en France. Des appels ignobles contre nos concitoyens de confession ou culture musulmanes, ou supposés tels, n'ont cessé de s'accumuler.

Le racisme est toujours un appel au meurtre. L'attentat commis le 28 octobre, par un militant d'extrême droite, contre la mosquée de Bayonne, est un signal d'alarme. Hier, des Juifs avaient eux-mêmes été les cibles de tueurs animés par la haine de l'Autre.

Peu avant, deux élus d'extrême droite de la région Bourgogne-Franche-Comté s'en étaient pris à une mère de famille portant le voile. Dans le même temps, les stigmatisations de mères musulmanes accompagnatrices de sorties scolaires se sont multipliées. Et les tags racistes maculent diverses mosquées.

Voilà même que l'on suggère, dans des discours publics, l'épuration ethnique de notre pays, et l'un des auteurs de cette haine s'exprime quotidiennement sur une chaîne d'information en continu.

Il est grand temps de prendre la mesure de la menace : plusieurs centaines de militants d'extrême droite sont actuellement fichés « s » et ils représentent un sérieux danger pour notre pays. Toutes les enquêtes démontrent qu'ils ont la volonté  de commettre des exactions contre des élus, des personnalités ou locaux politiques, des imams, des musulmans ou des juifs.

Le président de la République porte une lourde responsabilité dans cette dérive qui défigure la France héritière des Lumières, de la Révolution française, des combats pour la République de l'égalité et de la fraternité.

Pour détourner les Français de l'exaspération que suscite la politique de son gouvernement, il a ainsi désigné « l'immigration » comme le problème actuel des « classes populaires ». Reprenant les mots de l'extrême droite, il n'a pas hésité à assimiler « fait migratoire » et « fait religieux ». Sous prétexte de lutter contre le terrorisme intégriste, il est allé jusqu'à en appeler à une « société de vigilance », au risque de donner naissance à une société de la suspicion généralisée, voire de la délation.

En amalgamant, comme il le fait, immigration, droit d'asile, islam, intégrisme et terrorisme, Monsieur Macron contribue à une dérive porteuse d'affrontements communautaristes, de violence.

Il devient d'une extrême urgence de dire « Stop » !

Ce ne sont pas l'immigration ou les musulmans qui menacent notre pays dans sa cohésion. Ce sont l'austérité, le chômage et la précarité, les fins de mois difficiles d'une majorité de Français, les dévastations incessantes de l'environnement, la remise en cause du droit à la retraite et de la solidarité entre les générations, la casse des services publics, le creusement des inégalités territoriales, le déchirement de notre tissu industriel, les discriminations à l'encontre des jeunes et des habitants des quartiers populaires, les attaques contre les droits des femmes et des personnes LGBTI, le recul de la démocratie.
Ce qui ronge la France comme un cancer, c'est un capitalisme prédateur, qui menace l'avenir des humains autant que celui de la planète

Hommes et femmes de gauche, démocrates et républicains, il nous appartient de nous lever pour le dire toutes et tous ensemble.

Des manifestations contre le racisme se préparent dans toute la France, et à Paris le 10 novembre « Le 10 novembre, à Paris, nous dirons STOP à l'islamophobie ! ». D'autres rassemblements seront appelés « Pour la République, pour la laïcité, contre le racisme ».
Ils doivent être l'occasion de nous opposer massivement au racisme antimusulman, à l'antisémitisme, à toutes les manifestations de discrimination, à toutes les incitations à la haine religieuse. De réaffirmer les principes de la République, qui ne reconnaît que des citoyens égaux en droits, quelles que soient leurs origines, la couleur de leur peau, leurs croyances, leurs genres et leurs orientations sexuelles. De défendre la laïcité contre toutes les attaques dont elle fait l'objet, car loin d'opposer les citoyens et les citoyennes, elle est la condition de l'émancipation de chacune et chacun. De dire que c'est dans la conquête de la justice sociale et d'une citoyenneté profondément renouvelée que notre peuple renouera avec son histoire et refondera le vivre-ensemble.

C'est pour défendre ces objectifs, que le Parti communiste français appelle à manifester partout en France.

Parti communiste français, 7 novembre 2019

 

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