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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 20:31
Journée des Droits des Femmes: Nathalie Le Mel, féministe brestoise d'avant-garde

Frédérique GUIZIOU (Ouest-France, 7 mars 2016)

Ce mardi 8 mars, journée des Droits des femmes, débute une série d’actions pour l’égalité entre les sexes. Le remarquable parcours de Nathalie Lemel y est bien mis en valeur.

Femme et brestoise de la fin du XIXe siècle, elle s’est battue, entre autres, pour la parité des salaires entre les femmes et les hommes. En 1865, déjà, Nathalie Lemel s’engageait sur ce sujet encore, ô combien, d’actualité.

C’est pourquoi, chaque 8 mars, journée internationale des Droits des femmes, la Ville de Brest soutient les actrices et acteurs locaux concernés par l’égalité entre les sexes. Cette année, l’engagement des femmes est particulièrement mis à l’honneur. Et celui de Nathalie Lemel, socialiste, révolutionnaire, anarchiste, féministe, défenseure acharnée du droit des femmes, est particulièrement remarquable

Cet hommage si mérité prend plusieurs formes. La plus visuelle sera la BD que lui consacre l’artiste Laëtitia Rouxel. En création-résidence à la médiathèque Jo-Fourn Europe, où on la rencontrera samedi 12 mars à 14 h 30, Laëtitia Rouxel participera aussi à un déjeuner-discussion autour de son travail sur Nathalie Lemel le 29 mars à L Cause, l’espace associatif résolument féministe.

Encore plus visible sera l’immense portrait de Nathalie Lemel, réalisé par les artistes Guy Denning et Shoof, sur les murs de la Cafet’ d’Ahmed, au 3, rue Sisley. Avant, on fera mieux connaissance avec cette femme admirable grâce à l’exposition Nathalie Lemel, pétroleuse bretonne, vernissage ce mardi 8 mars à 18 h, à la médiathèque Jo-Fourn Europe.

Sur le plan historique, Jacques Arnol, historien spécialiste des grandes figures féminines locales, parlera de la Brestoise engagée dans la commune de Paris en 1871, lors d’une conférence qu’il donnera le 14 mars, à 18 h, à L Cause.« Née le 26 août 1827, dans un café brestois, Nathalie Lemel a connu un extraordinaire destin, lié à sa personnalité hors du commun, analyse Jacques Arnol. Mariée à 18 ans, installée à Paris, elle adhère à l’Internationale en 1865. Sous l’impulsion de Varlin, partisan de l’égalité des sexes, elle entre à un poste élevé à la Société d’épargne de crédit mutuel des relieurs dont il est président… »

Opposée au Second empire, divorcée, déléguée syndicale, elle n’est pas passée inaperçue auprès des autorités. En témoigne ce rapport de police : « Elle s’était fait remarquer par son exaltation, elle s’occupait de politique ; dans les ateliers elle lisait à haute voix les mauvais journaux. Elle fréquentait assidûment les clubs. »

Après une foule d’actions mémorables, Nathalie Lemel est déportée en Nouvelle-Calédonie avec Louise Michel qu'elle a influencée. Amnistiée, elle est morte, aveugle, dans la misère, en 1921 à l’hospice d’Ivry...

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 15:50
Marcel Cachin, la trajectoire d'un intellectuel breton guesdiste, puis communiste, directeur de l'Humanité de 1917 à 1958

Marcel Cachin est né à Paimpol le 20 septembre 1869. Ses parents étaient de condition modeste. Son père, originaire du Gers, était venu en Bretagne après son service militaire et était devenu gendarme. Sa mère, née Le Gallou, était d'une famille paysanne. Après avoir fréquenté l'école primaire de Paimpol, Marcel Cachin est entré comme élève boursier grâce à ses dons remarquables au lycée de Saint Brieuc, comme interne. Durant les vacances, il revenait à Paimpol qui l'enchantait par sa beauté pittoresque et son ambiance.

« Les citoyens de l'ardente petite ville étaient fiers de leur réputation d'hommes d'avant-garde dans un département où dominaient encore les hobereaux et les réactionnaires les plus arriérés. Dans les cafés et les auberges enfumés du port se rencontraient les marins et les capitaines dont les voyages autour du monde avaient élargi l'esprit. Avec les ouvriers constructeurs de navires, les marins orientaient la politique locale vers la République encore jeune et discutée ».

Marcel choisit des études classiques. Il devient un amoureux des lettres grecques et latines. Pendant son adolescence, il perd sa foi religieuse. Un professeur de philosophie, Baptiste Jacob, exerce une forte influence sur lui et aide Marcel Cachin à accéder gratuitement au lycée de Rennes. Reçu au concours des bourses de licence et ayant opté pour la philosophie, Marcel Cachin est ensuite envoyé à la Faculté des Lettres de Bordeaux.

C'est à Bordeaux, autour de sa vingtième année, que Marcel Cachin adhère au socialisme, au Parti Ouvrier Français de Jules Guesde. Pour son congrès de Marseille en 1892, la direction du Parti a établi un questionnaire qui permet au Congrès d'élaborer un programme agraire en phase avec les besoins des paysans. Marcel Cachin, pendant ses vacances à Paimpol, remplit scrupuleusement son questionnaire en s'informant auprès des cultivateurs, des fermiers et des métayers bretons.

A Bordeaux, Marcel Cachin donne des cours particuliers à des jeunes de famille bourgeoise, collabore à « La question sociale », recrute des adhérents et des cadres pour le parti de Jules Guesde et de Paul Lafargue. En 1898, il se présente comme candidat aux législatives à Libourne, sans aucun espoir de succès. Le POF se divise profondément sur la participation des socialistes au gouvernement bourgeois et républicain à partir de juin 1899 avec l'entrée de Millerand au ministère Waldeck-Rousseau. Cachin prend alors de parti de la ligne d'opposition au réformisme de Guesde contre celle de Jaurès. En 1900, il est élu conseiller municipal de Bordeaux, puis adjoint au maire aux transports et à la voirie et en 1903, il devient secrétaire de sa fédération.

En décembre 1903 toujours, il porte la contradiction à Jaurès qui défend au Capitole de Toulouse la politique du bloc des gauches et de la participation ministérielle. Aux élections municipales de mai 1904, le POF obtient plus de voix à Bordeaux que les radicaux et les socialistes de gouvernement mais ces derniers refusent l'alliance de second tour et la droite l'emporte.

En août 1904, Cachin est délégué au Congrès de la IIe Internationale socialiste à Amsterdam en tant que représentant du Parti Socialiste de France, produit de la fusion en 1901-1902 des blanquistes et des marxistes guesdistes. C'est là que, grâce à Paul Lafargue, il fait la connaissance d'une institutrice de français américaine, déléguée du Parti socialiste américain, qui deviendra sa femme. Le Congrès d'Amsterdam condamne la participation aux gouvernements bourgeois et l'évolutionnisme réformiste de Bernstein. Il plaide en même temps pour l'unité du mouvement socialiste et Jaurès accepte l'unité, qu'il désirait depuis longtemps, sous la direction d'une ligne politique marxiste de lutte des classes et révolutionnaire.

En 1906, quittant Bordeaux, Cachin devient, sous l'impulsion de Guesde, délégué à la Propagande du Parti Socialiste. En 1910, il est élu député d'Alès. Mais le gouvernement et la chambre des députés l'invalident, privant les mineurs et paysans du Gard de leur défenseur. En 1908 et 1912, il parcourt l'Algérie. Dans des meetings où se confondent travailleurs de toute origine, Marcel Cachin s'élève contre les entreprises d'asservissement colonial, proclame la solidarité du prolétariat français avec les peuples arabes d'Afrique du Nord.

L'Humanité, créée par Jaurès en 1904, qui ne se vend qu'à 50 000 exemplaires en 1911, devient la propriété du Parti Socialiste à ce moment là, qui le prend en charge tout en maintenant Jaurès à la direction du journal. Après la mort de Paul Lafargue en novembre 1911, Marcel Cachin le remplace comme rédacteur régulier.

En 1912, Cachin est élu conseiller municipal et conseiller général du XVIIIe arrondissement de Paris. « Pendant les deux années qu'il siège à l'Hôtel de ville, il se préoccupe surtout des travailleurs du métro, des omnibus et des transports de surface. Les travailleurs des omnibus étaient groupés dans deux syndicats rivaux. Les ouvriers des ateliers de la rue Championnet lui demandèrent de prendre la direction de leur syndicat : après avoir consulté Guesde et Jaurès, Marcel Cachin accepta. Il réconcilia les ouvriers des ateliers de réparation et les roulants, fit l'union des deux syndicats et obtint divers avantages. Pendant la grève générale des employés de tramways en 1916, il conduisit une délégation de femmes au ministère de l'Intérieur pour exiger des augmentations de salaire : le gouvernement dut céder. Marcel Cachin resta à la tête du syndicat des transports de surface de 1913 jusqu'à 1919. A l'Hôtel de Ville, il menait une lutte incessante contre les puissantes compagnies capitalistes qui avaient mis en coupe réglée Paris et le département de la Seine » (Marcel Cachin vous parle, introduction à ses articles et discours par Jean Fréville. Editions sociales, 1959).

En 1907, Marcel Cachin représente encore le Parti Socialiste au Congrès de l'Internationale à Stuttgart qui veut mobiliser contre la guerre mondiale en préparation: il y rencontre Clara Zetkin, Bebel, Karl Liebknietcht.

En mars 1914, Marcel Cachin est élu député avec 99 autres socialistes, pour ce qui est le plus grand succès électoral des socialistes en France jamais enregistré. Succès en trompe l’œil. Quand éclata le drame de Sarajevo, le Parti Socialiste, à part sans doute Jaurès, n'en prévoit pas les conséquences. Il tint à Paris, le 14 juillet, un congrès qui se prononça pour la grève générale en cas de guerre (motion Vaillant-Jaurès, que Guesde considéra comme utopique). Quinze jours après, Albert Thomas et Sembat qui avaient préconisé la grève générale entraient avec Guesde dans le ministère d'Union Sacrée, après l'assassinat de Jaurès le 31 juillet et la déclaration de guerre.

Marcel Cachin se laisse emporter par le courant général d'union sacrée, intervient même, à la demande de Guesde, pour convaincre en mars 1915 les camarades socialistes italiens de plaider l'entrée en guerre de leur pays.

Après le renversement du tsarisme en Russie en mars 1917, Marcel Cachin convainc le Conseil National du Parti Socialiste d'envoyer des délégués à une conférence internationale, qui doit se réunir à Stockholm et fixer les modalités d'une paix sans annexions ni contributions. Mais le gouvernement refuse de leur attrribuer des passeports.

A partir de la Révolution d'Octobre 1917, Cachin défend la révolution bolchevik dans ses articles et ses interventions à la Chambre. En octobre 1918, il est désigné pour remplacer à la direction de l'Humanité

Renaudel, partisan de la lutte contre les bolcheviks : signe d'un changement de majorité et de tendance au Parti Socialiste. Marcel Cachin dénonce l'intervention militaire française en Russie contre la jeune Révolution qui a fait la paix avec l'Allemagne.

Quand les conflits sociaux s'étendent en France au cours des années 1919 et 1920, reprimés par la troupe, Cachin interpelle le gouvernement, attaque Clémenceau, soumet au vote une motion de flétrissure contre la majorité bourgeoise et réactionnaire de la Chambre.

Aux élections de novembre 1919, les socialistes, qui gagnent 300 000 voix, représentent le quart des électeurs du pays. Cachin est réélu dans le 18e arrondissement de Paris.

Le Congrès de Strasbourg du parti Socialiste (février 1920), tout en se prononçant pour la sortie de la IIe Internationale, écarte l'adhésion à la IIIe Internationale, constituée le 4 mars 1919 à Moscou. Mais il charge Marcel Cachin et Frossard, secrétaire général du Parti Socialiste depuis 1918, d'aller recueillir des informations précises sur le nouveau régime. Cachin rencontre Lénine plusieurs fois, très critique vis-à-vis du Parti Socialiste français. A son retour, au Cirque de Paris, il rend compte de sa mission : « Nous revenons émerveillés de notre voyage ».

D'août à décembre 1920, avant le Congrès de Tours ( 25-30 décembre 1920), Cachin défend l'adhésion à la IIIe Internationale. Au Congrès de Tours, Cachin, Clara Zetkin, s'opposent à Blum, Renaudel, Paul Faure. 3028 mandats contre 1022 votent l'adhésion à la IIIe Internationale.

L'Humanité va ainsi rester entre les mains des révolutionnaires issus du Parti Socialiste qui vont créer le Parti Communiste. Et elle sera dirigée par Marcel Cachin, qui sera pendant 38 ans membre du Bureau Directeur du Parti Communiste.

Le PCF milite pour la fraternisation des ouvriers allemands et français, contre l'occupation de la Rhur, ce qui lui vaut une arrestation en 1923 et un emprisonnement à la Santé avec Pierre Sémard, Gabriel Péri et onze autres camarades.

En 1924, avec le PCF, Cachin dénonce la guerre colonialiste du Rif contre Abd-el-Krim menée par l'étonnant tandem Pétain-Franco qui bombardent les villages montagneux du nord marcocain. A cette occasion, il est à nouveau condamné à deux ans de prison, avec Maurice Thorez, 25 ans à l'époque, secrétaire du comité d'action contre la guerre au Maroc. Ces deux ans sont commués en appel en un an de prisan, que Cachin accomplit à la Santé en 1927. Cela n'empêche pas d'être élu député en 1928 avec un score supérieur à celui qu'il avait réalisé en 1924.

A partir de 1930, Maurice Thorez devient secrétaire général du Parti Communiste. Cachin défend avec lui la ligne du Front Unique, du Front Populaire contre les forces de la bourgeoisie et le fascisme montant. A cette époque, les communistes étaient « unitaires pour deux » (Maurice Thorez), L'Humanité, avec une diffusion de 430 000 exemplaires, était le journal politique le plus lu en France.

En 1935, Cachin est élu Sénateur.

L'Humanité est supprimée par le gouvernement Daladier en 1939 suite au pacte de non agression germano-soviétique. En janvier 1940, Cachin est déchu de son mandat de sénateur, il se retire en Bretagne, sans sa petite maison de Lancerf, où la Gestapo l'arrête en septembre 1941. Il est enfermé plusieurs semaines à Saint-Brieuc puis à Rennes mais les Allemands finissent par le relâcher, craignant que sa mort ne suscitât des réactions fortes dans l'opinion et chez les communistes qui mobilisent pour libérer Marcel Cachin. Gabriel Péri, chef de la rubrique de politique étrangère à l'Humanité, est fusillé en décembre 1941.

Quand L'Humanité reparaît de manière officielle à la Libération, 11 collaborateurs et rédacteurs clandestins de L'Humanité ont été exécutés.

A la libération, Marcel Cachin est membre de l'Assemblée Consultative, puis des deux Assemblées Constituantes de 1945 et 1946, avant d'être réélu à l'Assemblée Nationale en novembre 1946. Réélu en 1951 et 1956, il restera député de Paris jusqu'à sa mort. Dans les années 50, il continue à la Chambre et avec l'Humanité de soutenir avec vigueur le combat anti-colonialiste au Viet-Nam, en Tunisie, au Maroc, en Côte-d'Ivoire, au Cameroun, en Algérie. Il se souvient avoir personnellement rencontré et apprécié Hô-Chi-Minh, étudiant à Paris.

Le 17 novembre 1956, sa femme Marguerite meurt. Lui-même s'éteint à Choisy-le-Roi le 12 février 1958.

A la suite d'obsèques populaires impressionnantes, Cachin a été enterré auprès des Communards du père Lachaise.

Marcel Cachin, la trajectoire d'un intellectuel breton guesdiste, puis communiste, directeur de l'Humanité de 1917 à 1958
"Notre Finistère" du 12 juin 1966: photos de Marcel Cachin à la fête de la Bretagne à Concarneau en 1937

"Notre Finistère" du 12 juin 1966: photos de Marcel Cachin à la fête de la Bretagne à Concarneau en 1937

Et au Guilvinec en 1957

Et au Guilvinec en 1957

Document vidéo célèbre, "Breiz Nevez" sur Marcel Cachin à la Fête du Parti Communiste à Pont L'Abbé pendant le Front Populaire le 7 août 1938.

A regarder absolument si vous ne le connaissez pas déjà!

BREIZ NEVEZ - Films - Ciné-Archives - Cinémathèque du ...
Regards, spécial Hommage à Marcel Cachin 1958

Regards, spécial Hommage à Marcel Cachin 1958

Marcel Cachin (Numéro Spécial de Regards 1958)

Marcel Cachin (Numéro Spécial de Regards 1958)

Marcel Cachin numéro Spécial de Regards 1958

Marcel Cachin numéro Spécial de Regards 1958

Marcel Cachin en 1934 au Bois de Vincennes numéro spécial de Regards 1958

Marcel Cachin en 1934 au Bois de Vincennes numéro spécial de Regards 1958

Au Mur des Fédérés au Père Lachaise avec Maurice Thorez, Léon Blum, Marcel Cachin, Zélie Camélinat et d'anciens comunards au début du Front Populaire le 24 mai 1936 (Regards, numéro spécial Marcel Cachin- 1958)

Au Mur des Fédérés au Père Lachaise avec Maurice Thorez, Léon Blum, Marcel Cachin, Zélie Camélinat et d'anciens comunards au début du Front Populaire le 24 mai 1936 (Regards, numéro spécial Marcel Cachin- 1958)

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 15:25
L'Humanité Dimanche, "Notre Finistère" - 18 juin 1967- à la rencontre de Marie Quintin de Gouézec

L'Humanité Dimanche, "Notre Finistère" - 18 juin 1967- à la rencontre de Marie Quintin de Gouézec

L'Humanité Dimanche, "Notre Finistère" - 18 juin 1967 - à la rencontre de Marie Quintin de Gouézec

L'Humanité Dimanche, "Notre Finistère" - 18 juin 1967 - à la rencontre de Marie Quintin de Gouézec

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 04:12

Dans cet article, la section du PCF de Morlaix appelle à souscription pour acquérir un local: "pour le payer, il nous faudra chaque année des centaines de milliers de francs... Rappelons qu'une souscription régionale est ouverte pour la "Maison du Parti à Morlaix" - CC.P Louis Ollivier 2202-37 Rennes".

"La campagne pour les élections législatives est commencée. Le 25 septembre à La Madeleine se tiendra le premier meeting organisé par le Parti Communiste pour soutenir notre candidat Alphonse Penven"

Dans la 4ème circonscription, Alphonse Penven, maire de Huelgoat et Conseiller Général depuis 1945 (il fut élu à 32 ans à une écrasante majorité: il était prisonnier de guerre pendant la seconde guerre mondiale, s'est évadé en 1941 et est entré dans la résistance), avec comme suppléant Michel Derrien, instituteur à Morlaix, obtiendra aux législatives de 1967 19,4% au 1er tour (contre 15,8% en 1962) et se désiste en faveur du PSU Roger Prat (26,7% au 1er tour) qui est élu avec 50,1%.

Le PCF Morlaix organise sa deuxième fête du 1er Mai à la Madeleine (ou sous les Halles s'il pleut...): "Notre Finistère" (supplément à l'Humanité Dimanche) -18 septembre 1966
Le PCF Morlaix organise sa deuxième fête du 1er Mai à la Madeleine (ou sous les Halles s'il pleut...): "Notre Finistère" (supplément à l'Humanité Dimanche) -18 septembre 1966
Dans le même numéro de L'Humanité Dimanche, supplément 4 pages "Notre Finistère": Le Finistère était bien représenté à la fête de l'Huma... avec 6 stands: le stand de la Fédé tenu par les sections de Concarneau et de St Pol de Léon, la section de Brest-Centre, de Brest-Arsenal, de Kerhuon, de l'Union des Jeunesses Communistes, de l'Union des Femmes Françaises

Dans le même numéro de L'Humanité Dimanche, supplément 4 pages "Notre Finistère": Le Finistère était bien représenté à la fête de l'Huma... avec 6 stands: le stand de la Fédé tenu par les sections de Concarneau et de St Pol de Léon, la section de Brest-Centre, de Brest-Arsenal, de Kerhuon, de l'Union des Jeunesses Communistes, de l'Union des Femmes Françaises

Et pour se régaler, heureusement qu'il y a "les Supers centres Leclerc"

Et pour se régaler, heureusement qu'il y a "les Supers centres Leclerc"

Notre Finistère (supplément à l'Huma Dimanche) 4 septembre 1966: il y a 50 ans!

Notre Finistère (supplément à l'Huma Dimanche) 4 septembre 1966: il y a 50 ans!

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 08:01
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)

Le contexte: un parti communiste première force de gauche en Finistère, dans une phase de conquête, avec son implantation électorale la plus forte dans la région de Concarneau.

Quand surviennent les événements de mai 1968, le PCF dans le Finistère représente une force non négligeable: il est passé de 52 275 voix en 1962 (15,10%) à 72 596 voix en 1967 (18,57%). C'est un mouvement national d'expansion: en 1962, le PCF obtenait 41 députés contre 73 en 1967, gagnant au passage un million de voix. Sa politique d'accord de désistement avec le F.G.D.S (créé par François Mitterrand en 1965) et d'autres forces de gauche, inscrite dans un projet de programme commun pour la gauche de rénovation démocratique et sociale et parallèle de l'unité syndicale de plus en plus forte et efficace entre la CGT et la CFDT, lui profite.

En août 1967, le PCF, la SFIO et le PSU dans le Finistère rédigent ainsi une déclaration publique commune pour Sauver la Sécurité Sociale contre les ordonnances libérales du pouvoir gaulliste. Malheureusement, ces combats n'ont pas pris une rude, sauf que les socialistes sont dans l'autre camp, celui du patronat et de la bourgeoisie.

1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)

Les fêtes du Parti Communiste sont légion, témoignant de l'implantation locale du PCF. Ainsi, rien que le 13 et le 20 août, 8 fêtes communistes finistériennes, après la grande fête de "la Bretagne", la fête de la Fédération du Finistère, à Concarneau, le premier dimanche d'août:

- Fête de la section de Carhaix

- Fête communiste à Scrignac avec allocution d'Alphonse Penven

- Fête à Lesconil avec l'allocution de Marcel Paul, l'ancien ministre de la Libération

- Fête au Guilvinec avec là aussi l'allocution de Marcel Paul

Le 20 août:

- Fête communiste à Crozon, avec l'intervention de l'ancien député Gaby Paul

- Fête à Botsorhel

- Fête du Fao à Huelgoat

- Fête des sections de Scaër - Rosporden

Le Parti Communiste gère de nombreuses communes dans le Finistère, entre autres:

Leuhan (Louis Hémeury, maire, conseiller général)

Huelgoat (Alphonse Penven, maire, conseiller général)

Le Guilvinec (avec le maire, ancien résistant déporté à Buchenwald, Jean Le Brun, retraité de la marine)

dans la région de Concarneau:

Trégunc (Auguste Picart, maire)

Kernével (René Nicolas, maire)

Le Trévoux (Emmanuel Tanguy, maire)

Saint-Yvi (Louis Huitric, maire, conseiller général)

à Scaër, sans avoir le maire, il co-gère avec la gauche socialiste et fait passer des motions, par exemple pour la Paix au Vietnam et la défense de la sécurité sociale

à Châteaulin, le PCF est aussi dans la majorité avec les socialistes et fait voter une motion contre la réforme de la Sécurité Sociale

à Quimper, le PCF est aussi dans une majorité d'union de la gauche

à Douarnenez, à l'élection municipale complémentaire du 12 février 1967, le communiste Pierre Moalic manque de 10 voix la majorité absolue, la liste PCF obtenant 49,9% des voix avec le soutien de l'ensemble de la gauche. Cette élection du 12 février est présentée dans "Notre Finistère", le supplément de l'Humanité Dimanche, comme "un sévère avertissement au gouvernement gaulliste et à ses complices à Douarnenez qui, à leur habitude, ont essayé au maximum de dépolitiser la bataille électorale pour cacher les responsabilités gouvernementales".

"Notre Finistère", supplément à l'Humanité Dimanche, 13 août 1967 : les fêtes du Parti Communiste en août 1967 dans le Finistère

"Notre Finistère", supplément à l'Humanité Dimanche, 13 août 1967 : les fêtes du Parti Communiste en août 1967 dans le Finistère

compte rendu de la fête du PCF de Lesconil (août 1967) - Notre Finistère, L'Humanité Dimanche 10 septembre 1967

compte rendu de la fête du PCF de Lesconil (août 1967) - Notre Finistère, L'Humanité Dimanche 10 septembre 1967

Comme l'Humanité à la même époque, le supplément communiste "Notre Finistère" à l'Humanité Dimanche n'hésite pas à faire la part belle aux modes, à la jeunesse, à la variété, affirmant ainsi sa vocation populaire et récréative.

En témoigne ce beau portait vintage de RIKA ZARAI dans le supplément "Notre Finistère" de L'Humanité Dimanche.

1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
Portraits d'Alphonse Penven, Gabriel Paul et Yves Cam, candidats aux législatives pour le PCF en mars 1967 dans le Finistère -supplément "Notre Finistère" de l'Humanité Dimanche, 26 février 1967: le mot d'ordre en titre: "Pour renforcer l'union de la Gauche et assurer l'expansion économique et la prospérité de la Bretagne, Votez communiste dès le 1er tour"

Portraits d'Alphonse Penven, Gabriel Paul et Yves Cam, candidats aux législatives pour le PCF en mars 1967 dans le Finistère -supplément "Notre Finistère" de l'Humanité Dimanche, 26 février 1967: le mot d'ordre en titre: "Pour renforcer l'union de la Gauche et assurer l'expansion économique et la prospérité de la Bretagne, Votez communiste dès le 1er tour"

Résultats du 1er tour des Législatives de mars 1967 pour les Communistes (Supplément à l'Huma Dimanche, Notre Finistère - 12 mars 1967)

Résultats du 1er tour des Législatives de mars 1967 pour les Communistes (Supplément à l'Huma Dimanche, Notre Finistère - 12 mars 1967)

Législatives mars 1967: résultats d'Alphonse Penven et appel du PCF à voter pour le candidat PSU Roger Prat ("Notre Finistère", 12 mars 1967)

Législatives mars 1967: résultats d'Alphonse Penven et appel du PCF à voter pour le candidat PSU Roger Prat ("Notre Finistère", 12 mars 1967)

Dans le cadre de la campagne des législatives de 1967, Michel Derrien, dans "Notre Finistère", le supplément à l'Humanité Dimanche du 5 février 1967, fait le point sur les enjeux locaux et sur les manquements de la majorité de droite du député maire le Duc.

1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
Et la page "Notre Finistère" du 5 février 1967 fait la promotion des réalisations d'Alphonse Penven à Huelgoat dans le cadre de la campagne législatives, dont ce très excitant "célibatorium destiné aux célibataires du personnel EGF travaillant à la centrale nucléaire de Brennilis"

Et la page "Notre Finistère" du 5 février 1967 fait la promotion des réalisations d'Alphonse Penven à Huelgoat dans le cadre de la campagne législatives, dont ce très excitant "célibatorium destiné aux célibataires du personnel EGF travaillant à la centrale nucléaire de Brennilis"

Aux élections législatives de mars 1967:

- dans la 1ère ciconscription du Finistère (Quimper), l'ancien résistant Jean-François Hamon obtient 21,6% des voix au premier tour, 43,5% des voix au second tour, face au candidat de droite UNR Michelet.

- dans la 2e circonscription du Finistère (Brest 1), l'ancien député de la Libération Gabriel Paul obtient 18,3% des voix au 1er tour.

- dans la 3e circonscription (Landerneau), Yves Cam obtient 10,9% des voix.

- dans la 4ème circonscription, Alphonse Penven, maire de Huelgoat et Conseiller Général depuis 1945 (il fut élu à 32 ans à une écrasante majorité: il était prisonnier de guerre pendant la seconde guerre mondiale, s'est évadé en 1941 et est entré dans la résistance), avec comme suppléant Michel Derrien, instituteur à Morlaix, obtient 19,4% au 1er tour (contre 15,8% en 1962) et se désiste en faveur du PSU Roger Prat (26,7% au 1er tour) qui est élu avec 50,1%.

- dans la 5e circonscription (Landivisiau), André Clerc, ouvrier en bâtiment de Plougastel Daoulas, obtient 9,8% pour le PCF.

- dans la 6ème circonscription, le maire PCF de Leuhan, Louis Hemeury, se qualifie avec 18,5% pour le second tour et obtient près de 39% face au candidat de droite UNR.

- dans la 7e circonscription de Douarnenez, Kerrec pour le PCF obtient 19,5% au 1er tour et 35,9% au second tour face au candidat UNR.

- dans la 8e circonscription (Concarneau-Quimperlé), Paul Le Gall obtient 27,9% au premier tour et 44,7% au second tour face au candidat UNR Guyon.

Dossier de la revue Ar Falz (supplément à Skol Vreiz n°37 avril-septembre 1974) établi par J. Guiffan: "Les élections législatives en Bretagne depuis 1945" - Les résultats du Parti Communiste, témoignant de son implantation très forte dans le sud Finistère et le centre Finistère

Dossier de la revue Ar Falz (supplément à Skol Vreiz n°37 avril-septembre 1974) établi par J. Guiffan: "Les élections législatives en Bretagne depuis 1945" - Les résultats du Parti Communiste, témoignant de son implantation très forte dans le sud Finistère et le centre Finistère

Le PCF bénéficie encore des retombées de sa critique de la poursuite de la guerre en Algérie, et dans le moment présent, mais surtout de sa lutte très forte, visible et populaire contre la guerre coloniale américaine et pour le mouvement d'émancipation au Vietnam, mais aussi de sa campagne contre l'agression israélienne au Moyen-Orient (1967).

Ainsi, le 2 novembre 1967, Louis Le Roux et le Parti Communiste organisent, pour mobiliser contre la guerre du Vietnam, la venue pour une conférence-débat de Henri Martin, le réfractaire qui avait refusé la guerre d'Indochine et été condamné à 5 ans de prison pour cela.

1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)

Le PCF est avec la CGT très actif dans les luttes sociales et salariales de plus en plus nombreuses entre 1966 et 1968 où il cherche à favoriser "l'unité d'action de la classe ouvrière".

Il est très implanté dans les ports de pêche où il lutte contre la concentration, les logiques de profits des armateurs, des patrons de conserverie, au côté des pêcheurs et des ouvriers et a des relais importants dans la paysannerie du sud-Finistère et du centre-Finistère, soutient ses revendications, lui parle grâce au Journal La Terre, à des tracts dédiés, et à des fêtes populaires locales. Beaucoup de candidats communistes sont d'ailleurs ici de familles paysannes et certains paysans eux-mêmes même si de plus en plus, les "intellectuels", instituteurs et professeurs, ont tendance à tenir le haut du pavé.

Dans le Finistère, le PCF s'est impliqué contre les conséquences des logiques de mise en concurrence favorisées par le Marché Commun dans l'agriculture et la pêche qui favorise la disparition des exploitations agricoles familiales et la concentration des armements dans la pêche et des conserveries.

Il est très bien intégré dans le monde enseignant et les associations laïques. Le 29 octobre 1967, 10 000 finistériens manifestent à Brest contre les conditions de la rentrée scolaire à l'appel des Fédérations de Parents d'élèves et du Comité d'Action Laïque. Le Parti Communiste est très engagé dans ces actions.

De 1961 à 1966, les effectifs des adhérents du PCF ont augmenté de plus de 30%. Rien qu'en 1967, 466 adhésions ont été recensées et 16 cellules nouvelles. Les dirigeants du PCF finistériens se montrent exigeants puisqu'ils regrettent en mai 1968 que 20% des adhérents de 1967 n'aient pas repris leur carte en 1968.

Au premier tour des élections cantonales de septembre-octobre 1967, le Parti Communiste se targue d'un grand succès dans le Finistère, avec une progression de 7156 voix et de 5,77% des suffrages.

Avec 14,87% des voix au 1er tour des ces cantonales, il est devant les autres partis de gauche dans une situation tout de même de faiblesse électorale de la gauche finistérienne à cette époque: FGDS (Socialistes, Radicaux Socialistes, Convention) - 10% des suffrages exprimés- et PSU (4,4% des suffrages exprimés mais ils n'avaient probablement pas des candidats partout).

Dans le cantons de Brest III, le PCF et Louis Le Roux, son premier fédéral, peuvent se maintenir au second tour et représenter toute la gauche grâce au désistement et au soutien du candidats PSU: il totalise au 2e tour 3385 voix contre 5913 au candidat de la droite.

A Rosporden, le candidat FGDS Huitric gagne les cantonales grâce à l'appui du PCF.

Sur ces mêmes élections cantonales, Edouard Quemper est élu Conseiller Général communiste à St Brieuc Nord.

"Pompidou, des sous!", "U.N.R: la misère": puissante grève du 1er février 1967 dans le Finistère avec 25 000 manifestants dans la rue (supplément "Notre Finistère" à L'Huma Dimanche, 12 février 1967)

"Pompidou, des sous!", "U.N.R: la misère": puissante grève du 1er février 1967 dans le Finistère avec 25 000 manifestants dans la rue (supplément "Notre Finistère" à L'Huma Dimanche, 12 février 1967)

Grève et manifestation à Quimper des Marins soutenus par le PCF ("Notre Finistère", 5 février 1967)

Grève et manifestation à Quimper des Marins soutenus par le PCF ("Notre Finistère", 5 février 1967)

Notre Finistère, 22 janvier 1967: Crise de la pêche dans le sud-Finistère: le Parti Communiste propose...

Notre Finistère, 22 janvier 1967: Crise de la pêche dans le sud-Finistère: le Parti Communiste propose...

Supplément de l'Humanité Dimanche, "Notre Finistère" (17 septembre 1967): Les candidats PCF aux Cantonales dans le Finistère: - Pour condamner la politique antisociale du Pouvoir - Pour l'expansion économique, le progrès social, la Démocratie et la Paix - Pour hâter l'heure de la signature d'un programme commun des forces de gauche. Parmi eux, Dédée Moat, l'infatigable militante communiste de Roscoff.

Supplément de l'Humanité Dimanche, "Notre Finistère" (17 septembre 1967): Les candidats PCF aux Cantonales dans le Finistère: - Pour condamner la politique antisociale du Pouvoir - Pour l'expansion économique, le progrès social, la Démocratie et la Paix - Pour hâter l'heure de la signature d'un programme commun des forces de gauche. Parmi eux, Dédée Moat, l'infatigable militante communiste de Roscoff.

1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
Louis Le Roux - Gaby Paul

Louis Le Roux - Gaby Paul

Le Travailleur du Quai, Journal de la section PCF de Concarneau, avril 1968 (archives Pierre Le Rose)

Le Travailleur du Quai, Journal de la section PCF de Concarneau, avril 1968 (archives Pierre Le Rose)

1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)

A Concarneau les 13 mars et 10 avril 1968 des manifestations ont eu lieu pour défendre l'emploi et protester contre la concentration du capital des conserveries au profit du trust Saupiquet, parallèle du concentration des armements. Pierre Le Rose, alors secrétaire de la section de Concarneau (après avoir été secrétaire fédéral entre 1953 et 1956) note ainsi dans ses commentaires, témoignant d'une analyse socio-économique fine et poussée, en vue du Congrès fédéral de mai 1968:

"Les licenciements, le chômage dans la classe ouvrière concarnoise ont entraîné de multiples actions pour la défense de l'emploi, surtout depuis la concentration au profit du trust Saupiquet des principales usines concarnoises. Les manifestations puissantes de tous les concarnois les 13 mars et 10 avril confirment la justesse de la politique de notre parti... Actuellement, la situation est grave. Impulsée par l'Union Locale et les Syndicats CGT, la défense de l'emploi entraîne les partis politiques existants à Concarneau, les jeunes, les femmes, le clergé, toutes les couches sociales défavorisées, victimes de la concentration: petits industriels, commerçants, artisans, paysans. Les uns et les autres supportent les conséquences de la concentration capitaliste encouragée par l'Etat dans l'industrie, sur le port, dans le commerce (fusion d'usines de conserves entraînant la baisse du pouvoir d'achat, création de sociétés financières d'armements sous le contrôle des banques, apparition de magasins à succursales multiples dont le dernier est le Centre Leclerc, abandon des exploitations familiales agricoles). Dans de nombreuses entreprises (Marsceschi, BMA, etc...) les travailleurs sont inquiets. Après la concentration des conserveries, apparaît celle des armements. L'alliance des deux groupes politiques du Conseil Municipal (Centre Démocrate et SFIO) entraînant des démarches pour "sauver" l'usine Cassegrain a favorisé la constitution d'une entreprise nouvelle groupant Intermer, Cinal, Provost-Barbe, Cassegrain sous l'égide de Saupiquet et permettant à ce dernier par l'intermédiaire de l'Armement Delhermes de devenir prochainement le maître du Port et de la Pêche. Dans la perspective, les nouveaux armements envisagent la construction de grands bateaux modernes pouvant concurrencer le marché commun. Jusqu'ici, les armateurs concarnois, soucieux de leur profit maximum dans le plus court délai, ont entrepris une modernisation en retard sur les Pêcheries européennes. L'armement concarnois, placé dans les organismes économiques (Chambre de Commerce, Cecor...) n'hésitera pas, pour préserver ses intérêts, à accepter la main-mise du Capital Etranger sur notre port. On risque de voir ainsi disparaître la flottille actuelle de bateaux petits et moyens qui rendrait nos installations portuaires actuelles inutilisables".

1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)

Surviennent les événements de mai 1968.

En Bretagne, le Parti Communiste y joue tout son rôle.

Le 31 mai 1968, Pierre Le Rose prononce un discours réquisitoire inspiré place de la Mairie à Concarneau lors d'un rassemblement unitaire de la gauche, syndical, politique et associatif:

"Il y a 10 ans, s'appuyant sur un complot, de Gaulle pris le pouvoir. Aujourd'hui, sa politique néfaste au seul service des grands monopoles dont il est le zélé serviteur, a fait l'unanimité contre elle de toute la France qui travaille et qui pense. Alors, pour perpétuer son pouvoir, le Général use de chantage. Mais nous ne sommes plus en 1958.

Le mécontentement profond qui, unissant les forces vitales de la Nation, paralyse le pays, a des causes justifiées. La grève du 8 mai dernier en Bretagne, venant après de nombreuses actions et rassemblements, s'ajoutant à ceux de nombreuses régions de France, a montré l'union contre la politique gaulliste de toutes les couches de la population: ouvriers, marins et paysans, commerçants, artisans et fonctionnaires, intellectuels, enseignants et étudiants, croyants et non croyants. De partout s'élèvent des protestations car tous sont unis contre tel ou tel aspect de la politique du gouvernement gaulliste œuvrant au profit exclusif des grands monopoles.

Les travailleurs ne font pas grève de gaieté de cœur. Ils y sont contraints et forcés. Malgré l'augmentation de la production et de la productivité les travailleurs ont vu baisser leur pouvoir d'achat. Par la concentration des entreprises, comme dans la conserve, de nombreuses ouvrières et ouvriers ont perdu leur emploi. Les ordonnances de l'été dernier portaient atteinte lourdement à la Sécurité Sociale, à la défense des travailleurs contre la maladie et l'accident. La création et l'extension des grands magasins à succursales multiples entraînent la faillite des petits commerçants tandis que la concurrence industrielle ruine l'artisanat. Alors qu'augmentent les prix industriels, la baisse à la production aussi bien dans la pêche que dans l'agriculture contribue à la concentration, à l'exode rural, au sous-emploi. La mise en place du marché commun accélère ce processus. La réforme Fouchet-Peyreffite toujours au profit des monopoles, sans tenir compte des besoins grandissants de la jeunesse ajoute encore aux raisons de la crise de l'Université inadaptée aux progrès du monde moderne.

L'étincelle des étudiants a fait se lever, en même temps, de partout, et dans toutes les couches de la population, le mécontentement accumulé depuis dix ans et exprimé dans des luttes, des grèves, des rassemblements, de simples résolutions parfois ou pétitions. Cette lutte inlassable a uni les travailleurs manuels et intellectuels contre le pouvoir gaulliste en déclin.

Aujourd'hui, les choses sont claires. La volonté d'en bas se heurte à un gouvernement et un gros patronat qui, contraint de négocier ou de céder sur certains points, ne veut pas satisfaire pleinement aux exigences légitimes de la classe ouvrière et du peuple. C'est pourquoi de plus en plus fort notre peuple demande à vivre décemment. Pour y aboutir, les réunions se multiplient entre les organisations syndicales et démocratiques, entre la Fédération de la Gauche démocrate et socialiste et le PCF, une position commune que, pour notre part, nous n'avons cessé de demander depuis depuis des mois et des années.

Le PCF, considérant qu'un tel programme commun doit comprendre des clauses permettant de franchir une étape vers le socialisme. S'en prenant aux monopoles, il doit prévoir la nationalisation des grandes banques d'affaires, mais aussi celle des grandes entreprises industrielles. Les entreprises nationales doivent être gérées démocratiquement et, à tous les échelons de la vie économique doit s'établir un pouvoir de contrôle des travailleurs, à commencer par l'extension des attributions des Comités d'entreprise et la libre activité de la section syndicale dans l'entreprise. La réforme démocratique et profonde de l'Université doit être réalisée avec le concours des enseignants et des étudiants comme le demandent avec une grande maturité que nous tenons à saluer les lycéens de Concarneau, unis dans un même mouvement aux côtés de leurs professeurs et de tous les personnels de l'Education Nationale.

Les réformes de structures proposées n'ont pas pour but d'enterrer sous des phrases de gauche les revendications essentielles des travailleurs telles que l'augmentation des salaires, la réduction progressive du temps de travail, l'abrogation des ordonnances anti-sociales, le plein-emploi pour tous. Pour changer ainsi complètement de politique, il faut une autre politique conforme à la volonté du peuple.

Ne tirant aucune leçon des 10 années de faillite, de Gaulle veut se maintenir en place. Devant l'échec de l'opération-Référendum, il dissout l'Assemblée Nationale pourtant favorable à ses conceptions mais montrant qu'il craint par-dessus tout l'expression démocratique de l'opposition. Soutenant à fond Pompidou, il entreprend le replâtrage de son gouvernement. Arrogant et méprisant, il somme les travailleurs en lutte de reprendre le travail, les enseignants d'enseigner, les étudiants d'étudier, ne tenant nul compte que sa politique seule est cause de la paralysie actuelle, parce qu'il veut la perpétuer. Faisant fi de la volonté du peuple, il le menace et songe à supprimer les élections. Il brandit le chantage à la guerre civile. Comme si la guerre civile n'était pas justement parmi ceux qu'il avait "compris": les Salan, les Soustelle, et autres O.A.S. Et lorsqu'à deux reprises ceux qui l'avaient portés au pouvoir tentèrent l'insurrection, de Gaulle dut se tourner vers ce peuple qu'il méprise et implorer "aidez-moi". Ce fut le cas en 1960 lors des barricades d'Alger et en 1962 lors de la subversion O.A.S: ce sont les syndicats, les organisations démocratiques, les partis de gauche qu'il méprise qui étouffèrent les nouveaux complots et empêchèrent la guerre civile. Mais au lieu de porter les coups principaux à ses alliés d'hier, voyant déjà en eux ses alliés de demain, c'est contre la C.O que s'abattit la répression comme à Charonne lorsque dix travailleurs dont neuf communistes trouvèrent la mort sous les coups des sbires de Fouchet. Une fois de plus, de Gaulle attaque grossièrement notre Parti. Rien de plus naturel car nous tenons fermement le drapeau de la démocratie véritable et de la paix civile.

C'est l'hommage du vice à la vertu. Les communistes qui ont lutté et fait la preuve avant guerre au sein du Front Populaire, pendant la guerre dans l'union de la Résistance, à la Libération au sein du gouvernement et dans la bataille pour relever la France, ensuite dans la lutte pour l'indépendance nationale contre l'impérialisme américain, depuis dix ans, levés dès le premier jour contre le pouvoir gaulliste, ne peuvent qu'être choisis pour cible par des adversaires du peuple. Mais en 1968, en France, l'anticommunisme peut-il encore diviser? Il vous appartient d'y répondre en vous unissant, comme vous l'avez fait jusqu'ici dans le calme et la fermeté, sans vous laisser détourner par aucune provocation ou diversion, ayant en vue vos clairs objectifs, conformes d'ailleurs aux intérêts du pays.

Loin d'être un signe de force, l'allocution menaçante de de Gaulle est une preuve de faiblesse. Le mythe de l'Etat fort, de l'ordre et de la stabilité est tombé. Le masque est tombé. Derrière la "Chie-en-lit" il ne reste qu'un vieillard impuissant qui se veut tyrannique.

Puisqu'un défi est lancé, répondons au défi. Nous ne craignons pas les élections, bien au contraire. Le scrutin prochain apportera une majorité de gauche, si toutes les forces démocratiques s'unissent autour d'un programme commun de gouvernement.

Que des chantiers, des usines, des entreprises, des quartiers, les démocrates s'unissent.

C'est en appelant à l'union des forces de gauche que notre Parti mènera la campagne électorale en exposant ses solutions, en les faisant ratifier par le corps électoral. Celui qui menace de supprimer les élections, tout en accusant d'autres d'ailleurs de totalitarisme et de tyrannie, a certainement peur du verdict du peuple.

Pas nous, pas les démocrates, pas ceux qui luttent pour une vie meilleure, pas les syndicats, partis et organisations qui vous ont appelés ici aujourd'hui et qui font serment de rester unis comme les doigts de la main.

Unité pour les libertés!

Unité pour la République!

Unité, permettez-nous de reprendre les mots d'il y a 32 ans, Unité pour une France libre, forte et heureuse!

Dans son allocution à l'ORTF le 12 juin, que "l'Humanité" reproduit dans un supplément le 13 juin, le premier secrétaire du PCF Waldeck Rochet est un peu moins enthousiaste face aux manifestations de l'unité et de la révolte populaire de 1968 appelant à une "fin rapide du conflit" (par la satisfaction des revendications ouvrières et la fin de la répression policière), présentant le PCF comme "le parti du progrès, de l'ordre, de la sagesse politique", de la responsabilité, contrairement aux "groupes ULTRA-GAUCHISTES" qui "nous attaquent et nous insultent, parce que nous avons DESAVOUE, dès le début, leur recours à la provocation et aux violences aveugles susceptibles de nuire au mouvement populaire et de faire le jeu du pouvoir gaulliste". Ici clairement visé "le drapeau noir de l'anarchie".

Paul Le Gall, membre du Comité, dans son article du 16 juin dans le supplément Finistère de "l'Humanité" (la page Bretagne Nouvelle), se félicite des succès obtenus par le mouvement populaire - "gouvernement et patronat ont du céder" et appellent à insister dans les urnes pour obtenir de nouvelles conquêtes:

"Les questions concernant l'agriculture et la pêche, celles aussi de l'Université, restent en suspend mais chacun se rend compte que les coups redoutables portés au pouvoir vont favoriser leur règlement. Pour qu'il en soit ainsi, il importe en premier lieu de resserrer les liens entre toutes les catégories sociales victimes du pouvoir gaulliste. Aussi, prennent-ils une lourde responsabilité ceux qui, sous couvert de phrases "révolutionnaires" tentent de diviser les masses populaires.

Quel régime tout de même! Il a fallu pas moins de 10 millions de travailleurs en colère pour le faire reculer. Satisfaction n'était pas encore accordée que De Gaulle encourageait le patronat à résister et amenait ses ministres à ne céder que le minimum. Demain, ils essaieront de reprendre ce qui leur a été arraché si... si à l'Assemblée Nationale ils arrivent à avoir une majorité de gaullistes et centristes. Rappelons que ces derniers avaient voté contre la motion de censure sur les ordonnances en octobre 1967. Il s'agit donc d'amener une nouvelle majorité au Parlement. Au sein de cette majorité de gauche, la présence de nombreux communistes sera garante de la formation d'un gouvernement populaire et d'union démocratique".

Paul Le Gall est lui-même candidat pour le PCF, après la dissolution de l'Assemblée Nationale, aux élections législatives du 23 et 30 juin 1968, avec dans le Finistère Louis Le Roux (secrétaire fédéral du PCF, Brest I), Denise Roudot (prof de maths à Brest) dans la circonscription de Morlaix II, Yves Cam, prof d'Education Physique dans la circonscription de Brest II, Jean-François Hamon à Quimper, Alphonse Penven, le maire communiste de Huelgoat, dans la circonscription de Morlaix I, Marcel Youinou dans la circonscription de Douarnenez, Louis Hémery, le maire de Chateaulin dans la 7e circonscription.

Au niveau national, à l'issue de ces législatives marquées par une large victoire du "vrai parti de l'ordre", la droite gaulliste, le PCF fera en moyenne 20% au 1er tour mais n'obtiendra que 34 sièges.

1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)
1967-1968: le Parti Communiste dans les luttes du Finistère (archives Pierre Le Rose)

Voici les résultats des élections de Juin 68 dans le Finistère pour le PCF.

Une lourde défaite pour la gauche au second tour. Des résultats en baisse pour le PCF par rapport à 67.

Une partie de la France a eu peur et a voté pour les candidats de l'ordre et du pouvoir gaulliste.

1ère circonscription du Finistère (Quimper):

Jean-François Hamon (PCF): 22,62% au premier tour (11 841 voix) et 37% au second tour (avec le report des voix du candidat PSU qui avait fait 13% au 1er tour). Le candidat UDR est élu au second tour avec 62%

2ème circonscription - Brest I

Louis le Roux (PCF): 15,10% au premier tour et 14,64% au second tour suite à son maintien (le candidat SFIO Francis Le Blé avait fait 14% au 1er tour). Le candidat UDR (de Bennetot, 43%) est élu au second tour face à un autre candidat de centre-droit (Lombard, 42%)

3ème circonscription - Brest II

Yves Cam (PCF): 11,68% Il était seul face au candidat de droite UDR, élu au 1er tour.

4ème circonscription - Morlaix

Alphonse Penven (PCF): 16,65% au 1er tour (7768 voix). Se retire pour Prat (PSU) qui avait fait 28,6% au 1er tour mais c'est Lelong (UDR) qui est élu.

5ème circonscription- Morlaix II

La candidate PCF, seule candidate de gauche, Denise Roudot, fait 8,8%. Le candidat UDR est élu au 1er tour.

6ème circonsciption - Châteaulin

Le candidat PCF Louis Hémeury, seul candidat de gauche, accède au 2me tour avec 25,69% des voix au 1er tour mais son score baisse au second tour (23,1%) et Mme Ploux pour l'UDR est élue.

7ème circonscription - Douarnenez

Marcel Youinou pour le PCF fait 16,52% des voix au 1er tour et se désiste pour le candidat SFIO Donnart au second tour (17% au 1er tour, 39% au second). Le candidat UDR est élu.

8ème circonscription - Quimperlé

Paul Le Gall pour le PCF fait 24% des voix au 1er tour, 38% au second tour, avec l'appui du candidat FGDS/SFIO Boëdec (15% au 1er tour), contre 61% au candidat de droite, Républicain indépendant, Petit.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 13:12
1973: Solidarité avec le peuple chilien: carte postale éditée contre la dictature de Pinochet
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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 07:29
Morlaix, 1987: des militants CGT de la Manufacture de Tabac, dont un certain Jean-Luc Le Calvez, empêchent l'enlèvement des machines pour sauver leurs emplois et leur outil de travail
Morlaix, 1987: des militants CGT de la Manufacture de Tabac, dont un certain Jean-Luc Le Calvez, empêchent l'enlèvement des machines pour sauver leurs emplois et leur outil de travail
Morlaix, 1987: des militants CGT de la Manufacture de Tabac, dont un certain Jean-Luc Le Calvez, empêchent l'enlèvement des machines pour sauver leurs emplois et leur outil de travail

C'était au temps où Morlaix riait ... mais ce n'était déjà plus le temps du cinéma muet.

Jean-Jacques Cléach était maire de Morlaix, Marie Jacq députée PS, Marylise Lebranchu conseillère régionale et présidente du SIVOM, Chirac était le premier ministre de cohabitation, et l'on fabriquait encore des cigarettes et des cigares en France dans une entreprise d'Etat, la Seita (Société d'exploitation industrielle des tabacs et allumettes), qui employait encore en 1995 quand elle est privatisée plus de 6000 salariés sur six usines en France.

Quai du Léon, la vénérable Manufacture de tabac, datant du XVIIe siècle et des instructions de Colbert, emploie environ 500 salariés entre 1982 et 1987 et n'en comptera plus que 220 en 1993. En 1987, la CGT annonce la volonté de la Seita de supprimer 129 postes et se bat avec flamme et pugnacité contre la casse de l'emploi, de l'outil de travail, qu'elle pressent comme un prélude à une fermeture du site pour délocaliser l'activité en faisant travailler une main d'oeuvre bon marché.

Des militants CGT combatifs comme notre ami et camarade Jean-Luc Le Calvez et son collègue Jean-Claude Le Guidou s'opposent aux transferts des machines à Strasbourg ou à Nîmes. Ils dénoncent les 5 milliards de centimes que la SEITA est prête à engloutir pour supprimer l'emploi en incitant les salariés à quitter l'entreprise plutôt que de chercher à moderniser l'outil de travail. Ils comprennent bien que la Seita préfère produire à l'étranger, notamment en sur-exploitant la main d'oeuvre africaine dans l'usine de Bangui (en Centre-Afrique).

Ce n'est pas encore le temps où l'on condamne les syndicalistes à de la prison ferme.

Mais la Seita envoie tous de même nos deux syndicalistes au tribunal.

Ces quatre articles de Ouest-France et du Télégramme de l'époque relatent les différentes phases de cet épisode des conflits sociaux à la Manufacture de Tabac et à Morlaix.

Pour Jean-Jacques Cléach, "il est anormal que deux syndicalistes soient assignés devant le tribunal. C'est de la provocation". Et de demander à Marie Jacq, la députée, d'intervenir directement auprès du président de la République. Marylise Lebranchu ne comprend pas qu'Heyraud, le PDG de la SEITA, envoie des syndicalistes au tribunal et refusent toute forme de négociation sur son plan de suppression d'emplois. Depuis, on l'a connu moins solidaire quand elle était encore au gouvernement avec les salariés de Goodyear.

Le PCF et la CGT organisent un rassemblement devant le Palais de Justice pour soutenir les camarades injustement poursuivis pour avoir voulu sauver leur usine des logiques financières de rentabilité maximale et de casse de l'emploi.

Le journaliste commente la sortie du tribunal, avant que le verdict soit connu:

"Chaleureusement applaudis à la sortie du tribunal, Jean-Luc Le Calvez et Jean-Claude Guidou n'ont guère à redouter l'ordonnance que rendra aujourd'hui le juge des référés. Même désignés comme responsables du blocage des machines, le solde de l'opération restera pour eux et pour la CGT largement positif. L'initiative de la direction a achevé de mettre en lumière leur action pour le maintien des emplois à la manufacture des tabacs. Réduisant aux seconds rôles leurs supporters présents hier devant le tribunal, CFDT, élus socialistes et communistes".

Lors de la venue de Chirac le premier ministre à Brest en novembre 1987, la CGT appelle à manifester contre les suppressions d'emplois à Thomson et à la Manu.

Finalement, le nombre de salariés à la Manu sera réduit à 50 lors du 3e plan social de 1998-1999 et l'activité prendra totalement fin à Morlaix en 2004.

Morlaix, 1987: des militants CGT de la Manufacture de Tabac, dont un certain Jean-Luc Le Calvez, empêchent l'enlèvement des machines pour sauver leurs emplois et leur outil de travail
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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 06:09
France d'abord - édition bretonne, août 1944 (archives Pierre Le Rose)

France d'abord - édition bretonne, août 1944 (archives Pierre Le Rose)

France d'abord - édition bretonne, août 1944, p.2 (archives Pierre Le Rose)

France d'abord - édition bretonne, août 1944, p.2 (archives Pierre Le Rose)

Morceaux choisis, mais toute le bulletin vaut qu'on y consacre du temps de lecture:

Ordre du jour du colonel Courtois, Commandant des F.T.P.F de l'Ouest aux officiers, sous-officiers, et soldats

La bataille pour la Libération de la Bretagne et des départements limitrophes tire à sa fin.

En quelques semaines, les Forces Françaises Intérieures de l'Ouest dont les F.T.P ont liquidé à peu près seules les forces allemandes qui occupaient la région.

L'ennemi traqué de tous les côtés s'est groupé en quelques îlots d'une importance variable en général sur les côtes. Ces îlots seront attaqués et anéantis.

Tout l'intérieur de la presqu'île bretonne est libéré sauf la forêt de Paimpont (Ile et Vilaine).

(...) Les F.T.P pénétraient les premiers dans St Brieuc, Lannion, Corlay, Bourbriac, Callac, Moncontour, Perros-Guirec, Pontivy, Quintin, Broons, Plemet, Uzel, Plouguenast, Rostrenen, Mael-Carhaix, Le Moustoir, Les Forges, Vannes, Hennebont, Baud, Guéméné, Carhaix, Ploermel, Bubry, Colpo, Ste Anne d'Auray, le camp de Meucon, Locminé, Josselin, Chateauneuf du Faou, Quimper, Quimperlé, Bannalec, Le Huelgoat, St Malo de Beignon, Quetquidan et des dizaines de villages et chefs lieux de canton.

(...) Trois belles opérations montrent de quelle audace ont fait preuve les Francs-Tireurs et Partisans bretons:

1°) celui qui s'est livré entre Chateaulin et Carhaix, sur la route stratégique qui va de la presqu'île de Crozon à Rennes. Une division de parachutistes allemands était cantonnée dans l'ouest du Finistère, dans la région de Chateaulin Sizun. Cette division voulut à l'annonce des blindés américains se grouper et se déplacer vers l'est en passant par Carhaix.

Les F.T.P commencent par en empêcher le rassemblement qui devait avoir lieu à Chateaulin. Des éléments de cette division réussissent cependant à s'engager sur la route de Carhaix. Les engagements violents se produisent le long de la route Chateaulin-Carhaix. La colonne allemande, tronçonnée en cinq morceaux est presqu'entière clouée sur place. La tête de colonne, forte de 2000 hommes environ, a pu cependant arriver à Carhaix où elle rencontra les Américains. L'engagement le plus violent entre F.T.P et boches a lieu à Pont-Triffin. Des F.T.P ont tenu là, 4 jours, contre des cavaliers cosaques, des blindés boches, tuant 300 ennemis.

2°) Un bataillon en formation est surpris par les allemands dans les environs de Mael-Carhaix. A l'aube nos gars se voient encerclés. Ils décident de livrer combat dans toutes les directions, section par section, et le soir tout le bataillon s'est dégagé. Les boches laissent 120 morts et 80 blessés sur le terrain. Les F.T.P perdirent 7 hommes.

3°) Les F.T.P.F ont délivré Hennebont après des combats acharnés. Hennebont à 10 km de à l'est de Lorient, couvre cette dernière ville ont sont concentrés 20 000 allemands. Les boches ont défendu Hennebont avec acharnement; de violents combats de rue ont eu lieu, à la grenade, et à la mitraillette. Les F.T.P.F ont fait la preuve à Hennebont qu'aucune forme de combat ne les prenait au dépourvu. (...)

Aujourd'hui, les F.T.P.F sont en nombre devant Paimpol, devant la presqu'île de Crozon, devant Lorient, où l'on prépare à livrer l'ultime assaut aux boches restés en Bretagne.

Les Francs-Tireurs et Partisans peuvent être fiers de ce qu'ils ont fait pour la libération de leur province ainsi que pour celle de la France. Si l'infanterie américaine a pu éviter de venir en Bretagne c'est parce que les patriotes bretons, dont une grande partie sont des F.T.P. ont nettoyé eux-mêmes leur maison. Les radios anglaises et américaines l'ont souligné à juste titre....

Les Belles Actions F.T.P.F

(...)

Les femmes bretonnes ont occupé une place d'honneur dans le combat: des centaines de jeunes femmes et jeunes filles ont assuré les liaisons sous le feu de l'ennemi et ont fait elles-mêmes le coup de feu.

Un exemple entre mille:

Le 25 juin 1944, le sous chef de la Cie. GILBERT était chargé d'une mission. A son retour ne pouvant rejoindre la Cie. il dut se replier; l'agent de liaison DANIELLE fut chargé de le rejoindre. Après un parcours de 30 km, elle réussit après bien des difficultés à le toucher à St Tugdual, bien que cette commune fut encerclée par les allemands: l'encerclement dura 48h. Pendant ce laps de temps, elle assura la sécurité de GILBERT par les renseignements qu'elle lui fournissait. Pour cela elle allait au bourg de St Tugdual, Le Croisty et dans les communes environnantes (elle fut arrêtée trois fois). Munis des renseignements nécessaires GILBERT et DANIELLE partirent à la nuit et parvinrent à franchir le barrage allemand.

Les allemands étaient 1500 environ. DANIELLE armée d'une mitraillette dont elle connaissait le fonctionnement traversa avec GILBERT le barrage. Elle témoigna d'un courage et d'un dévouement exemplaires, pendant les 60 kilomètres parcourus pour rejoindre la Cie.

Imprimerie H.Lestic - Locminé

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 13:08
Appel du 10 juillet 1940, L'Humanité clandestine: Jacques Duclos et Maurice Thorez

Appel du 10 juillet 1940, L'Humanité clandestine: Jacques Duclos et Maurice Thorez

La Libération de Concarneau a été l'oeuvre de trois groupes de Résistance, constitués suivant leurs vicissitudes propres, ne se connaissant pas à l'origine, en raison même des nécessités de la sécurité de chacun.

Dès 1940:

Le Jeudi 20 juin 1940, à midi, les Allemands pénètrent dans la ville. Les semaines suivantes, c'est le retour au foyer de ceux qui ont pu échapper aux camps de prisonniers (1,8 millions de soldats français, dont 137 000 bretons, ont pris le chemin des stalags et des oflags d'Allemagne et d'Autriche). Parmi eux, de nombreux militants du Parti Communiste Français, dont Alain Le Lay, secrétaire régional du Finistère-Morbihan et responsable à Concarneau. Ses efforts tendront à rassembler les militants et les jeunes pour répondre aux directives qui viennent du centre avec lequel la liaison est bientôt établie. A Nantes, le représentant du Comité Central est Marcel Paul, qui préside à la réorganisation du parti. C'est le futur ministre de la Libération et Président National des Anciens Déportés (au début des années 1960). Les choses ne sont pas faciles.

Des militants influents sont arrêtés depuis la "drôle de guerre" et le pacte germano-soviétique approuvé par le PCF le 25 août 1939: Jean Ropars (qui mourra en 1948 des suites de sa déportation), Joseph Le Coz, Scouazec, gérant de "La Bretagne" également.

Marcel Paul, résistant communiste, futur membre du comité international de résistance de Buchenwald et ministre à la libération

Marcel Paul, résistant communiste, futur membre du comité international de résistance de Buchenwald et ministre à la libération

Pierre Guéguin, maire communiste de Concarneau, fusillé à 45 ans en 1941 dans la carrière de Chateaubriant

Pierre Guéguin, maire communiste de Concarneau, fusillé à 45 ans en 1941 dans la carrière de Chateaubriant

 

Le jour où l'Assemblée Nationale (Chambre des députés et sénat) à Vichy donne les pleins pouvoirs à Pétain, malgré le courageux vote contre de 84 députés et sénateurs (les élus communistes avaient déjà été destitués, 3 élus du Finistère ont refusé d'abdiquer face au renversement de la démocratie et de la République: le sénateur-maire Le Gorgeu à Brest, les socialistes Jean-Louis Rolland à Landerneau et Tanguy Prigent à Saint Jean du Doigt), l'appel de Maurice Thorez et Jacques Duclos du 10 juillet 1940 proclamant dans L'Humanité clandestine (interdite en août 1939) "Le Peuple de France ne sera pas un peuple d'esclave" qui parviendra bientôt va faciliter l'organisation du travail clandestin face aux Allemands: l'appel s'élève contre "ces hommes qui ont voulu la guerre et préparé la défaite".

"Il n'y a, dit l'appel, de paix véritable que dans l'indépendance des peuples". Dans sa deuxième partie, l'appel précise: "C'est seulement autour de la classe ouvrière ardente et généreuse, pleine de confiance et de courage parce que l'avenir lui appartient, c'est seulement autour de la classe ouvrière guidée par le Parti Communiste, parti de propreté, d'honneur et d'héroïsme, que peut se constituer le Front de la liberté, de l'indépendance et de la renaissance de la France".

Albert Ouzoulias, ancien résistant communiste chargé dès 1941 dans la liaison avec la résistance de l'Ouest et notamment nantaise, rapporte dans Les Bataillons de la Jeunesse (éditions sociales, 1967), que le journal anglais Daily Telegraph du 20 décembre 1940 reconnait que malgré le pacte germano-soviétique, c'est du Parti Communiste persécuté par la République finissante et capitularde de Daladier puis par Vichy que vient le premier appel à la révolte contre Vichy et l'occupation: "Le seul parti existant quoique illégal est le Parti Communiste et plus de mille de ses militants ont été arrêté le mois dernier. Ils distribuent des tracts antiallemands qui font appel au sentiment patriotique des Français". Deux mois plus tard, un journal de la collaboration dans le Nord de la France, Le Journal d'Amiens, fait le même constat: "Alors que sous le poids de la défaite tous les partis ont renoncé à toute action collective, les communistes seuls ont maintenu leur organisation, seuls ils s'adressent au peuple et tentent de l'enrôler. Il y a là danger plus grand qu'on ne pourrait le croire en haut lieu. Certes, tant que l'armée d'occupation sera sur notre sol, l'ordre y sera maintenu avec vigueur, mais après?".

Jacqueline Sainclivier dans un article "La Résistance en Bretagne: une identité spécifique?" des Actes du colloque de 2001 sur "Bretagne et identités régionales pendant la Seconde Guerre Mondiale" (Centre de Recherche Bretonne et Celtique de l'UBO, sous la direction de Christian Bougeard, 2002) note que contrairement aux affirmations d'une historiographie non communiste de guerre froide à tendance révisionniste prétendant que l'effort de résistance des communistes aurait commencé seulement après l'invasion de l'URSS le 22 juin 1941, beaucoup de communistes sont entrés en Résistance dès l'été 1940.

Malgré le trouble créé chez des militants anti-fascistes par le pacte germano-soviétique, cela a été facilité par l'entrée dans la clandestinité et une première expérience de persécution qui a commencé du temps même de la République, avant le régime de Vichy. Le 7 mars 1940, 3400 militants communistes ont été emprisonnés, des milliers d'autres ont été jetés dans des camps de concentration, 8000 fonctionnaires appartenant au Parti Communiste ont été victimes de sanction. Le 19 mars 1940, "dressant le bilan de la répression anticommuniste, Sarraut, ministre de l'Intérieur, déclare: "Nous allons voir, maintenant, ce que j'appelerai volontiers de cette expression triviale: le tableau de chasse du gouvernement". Ce "tableau" ne paraissant toutefois pas suffisant à son successeur, le socialiste Sérol, celui-ci décrète la peine de mort contre les Français suspects de propagande communiste, en avril 1940. Léon Blum avait écrit dans Le Populaire"J'ai le sentiment que la majorité de notre parti trouvera la dissolution du Parti Communiste Français naturelle et légitime". (Histoire vraie de la déclaration de guerre, Pierre Durand, Supplément à l'Humanité du 30 septembre 1959). Déjà Blum avait justifié en août 1939 l'interdiction de L'Humanité et du journal communiste Ce Soir  par Daladier. 

En Bretagne mais aussi ailleurs en France. Albert Ouzoulias cite ainsi une affiche du préfet de Seine-et-Oise Marc Chevalier datée du 23 août 1940 qui se plaint en ces termes de l'activité des communistes sans son département:

" Habitants de Seine-et-Oise,

(...) Je donne un premier avertissement aux fauteurs de troubles qui.. poursuivent leur campagne de haine et d'agitation par des tracts et des affiches anonymes... Les manifestations de cet ordre, dès qu'elles seront découvertes dans une commune de Seine-et-Oise, entraîneront, à titre de sanction, l'internement administratif des principaux militants communistes résidant dans la commune. Des actes de sabotage continuent à s'exercer contre le matériel des armées d'occupation. Je ne saurais assez blâmer ces tentatives aussi lâches que stupides... Celui qui se livre à ces gestes criminels est un mauvais citoyen...

Vous ne servirez utilement votre pays, tout en gagnant l'estime des autorités d'occupation, avec lesquelles je collabore en toute loyauté pour la défense de vos intérêts, que par votre attitude correcte, disciplinée, digne de la réputation et des traditions françaises."

A Paris, dans le XVIIe arrondissement, le jeune Guy Môquet dont le père, Prosper Môquet, député communiste, est interné depuis le 10 octobre 1939, organise une vingtaine d'adhérents de la Jeunesse Communiste et couvre l'arrondissement de papillons anti-allemands et anti-Vichy dès septembre 1940. Il est d'ailleurs arrêté le 13 octobre 1940, torturé pour passer aux aveux sur les amis de son père, emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux, puis envoyé à Châteaubriant. Le jeune communiste Jacques Grinbaum, 20 ans, est aussi arrêté pour des graffitis anti-allemands et patriotiques autour du Sacré Coeur: il sera fusillé avec Gabriel Péri et 92 autres camarades au Mont-Valérien, le 15 décembre 1941.

Les rapports hebdomadaires de la Gestapo sont aussi significatifs. Celui du 30 septembre 1940 s'exprime ainsi: "Pour mettre un terme à tout nouvel accroissement de la propagande communiste à Paris, la police parisienne appliquera des mesures préventives qui consistent à arrêter et interner dans un camp tous les dirigeants et militants communistes actifs connus à Paris". Le Bulletin municipal officiel de la ville de Paris du 21 octobre 1940 publie un arrêté du préfet de police Langeron: "Toutes découvertes de tracts clandestins sur le territoire d'une commune de la Seine entraînera l'internement administratif d'un ou plusieurs communistes notoires résidant sur le territoire de cette commune". Marcel Déat, toujours cité par Albert Ouzoulias, confirme dans un éditorial de l'Oeuvre du 6 novembre 1940 le danger et le caractère de résistance à l'occupation de la propagande communiste: "Nos communistes sont redevenus nationalistes. Leurs tracts clandestins ont des conclusions entièrement parallèles aux propos gaullistes. Il n'est question que de la libération et de l'indépendance de la France et l'on nous assure que seul le communisme lui restituera sa pleine souveraineté".

Néanmoins il y a une ambiguïté résiduelle dans les tracts du Parti Communiste à l'été et au début de l'automne1940: tout en étant anti-fasciste, anti-Vichy, anti-allemand, en parlant de liberté et d'indépendance, ils parlent tout de même de lutte pour la paix, et attestent d'une forme d'égalité entre l'impérialisme allemand et anglais. 

En juillet 40, à Concarneau, le triangle de direction du Parti Communiste clandestin est constitué et tient sa première réunion au bois de Kerguerès. Il comprend René Lijour, Eugène Le Caignec et Joseph Berthou.

A Concarneau, le travail de propagande, la diffusion des tracts notamment, ne s'arrêtera jamais. Mais dès cet été 1940, les actions de sabotage contre les installations allemandes commencent. René Lijour paie de sa personne et entraîne les jeunes. Yves Le Gall (qui mourra à Rennes en revenant de déportation), Jean Trolez, entre autres, Eugène Le Bris participent à de nombreuses opérations: déboulonnage des voies ferrées (en mai 1942) et à la destruction des lignes téléphoniques (à l'initiative de Charles Tocquer, responsable des jeunes). Des soldats nazis sont attaqués. La nuit est parfois troué d'explosions: c'est la grue de la gare qui saute (en août 1942), ou bien un transformateur ou un poteau à haute tension.

La loi de Vichy du 16 novembre 1940 permet d'"épurer" plusieurs communes bretonnes de personnalités de gauche (Saint-Brieuc, Dinan, Saint-Malo, Saint-Servan, Fougères, Vannes), dont Concarneau. Le maire de Concarneau Pierre Guéguin avait déjà été destitué en octobre 1939 par l'Assemblée Nationale du Front Populaire qui avait levé l'immunité des élus communistes après le pacte de non agression germano soviétique, en même temps que 316 autres maires communistes, et 2778 élus communistes déchus de leur mandat.

Le 9 mai 1941, Victor Louarn, jeune militant communiste est arrêté, puis Fanch Tollec. Alors que le premier est jugé à Paris, le second passe au tribunal à Quimper.

 

La lutte se développe, mais les communistes paient un lourd tribut à la répression vichyste en 1941 et 1942

Alain Le Lay va et vient, organise les groupes de l'"Organisation Spéciale" (O.S) dans le département. La liaison avec le Centre est assurée par le "Père Georges" (Venise Gosnat, adjoint au maire d'Ivry). A une réunion de direction à Kerviniou, Alain Le Lay donne des indications sur l'organisation du travail clandestin.

En septembre 1941, la police de Vichy, au service des Allemands, sous les ordres du commissaire SOUTIF, va démanteler l'organisation clandestine du Parti et des Jeunesses Communistes et les groupes armés de l'Organisation Spéciale.

En septembre 1941, Berthou échappe à une arrestation de la police de Vichy venu à son domicile. Il est hébergé par Pierre Guillou jusqu'à Décembre et, clandestin, devra quitter le département. Entre-temps, Eugène Le Bris l'aura remplacé au triangle de direction.

Après son retour à Toulmengleuz, il sera arrêté en septembre 1942. François Tallec sera arrêté une seconde fois et réussira à s'évader. Esprit Jourdain, arrêté le même jour, mourra en déportation. Théophile Louarn, après l'arrestation de son frère, demandera à s'engager dans l'action résistante.

L'arrestation de Pierre Gueguin, Maire Communiste destitué de Concarneau, et de Marc Bourhis, militant trotskiste, leur exécution à Chateaubriant avec d'autres internés communistes et cégétistes dont Guy Môquet le 22 octobre 1941 en représailles de l'assassinat du lieutenant colonel Hotz à Nantes le 20 octobre 1941 par des résistants communistes parisiens, suscite une émotion profonde à Concarneau et une prise de conscience de l'occupation nazie.

Une manifestation spontanée a lieu au cimetière sur les tombes des familles.

Le 2 octobre 1941, des inscriptions badigeonnent les murs du Grand Hôtel et de l'entreprise Marscesche "A bas Laval", "Nous voulons du pain". Arrêté le 2 octobre, Fanch Caignec réussira à s'évader.

Au printemps 1942, le "Père Georges" (Venise Gosnat) organisateur régional du Parti Communiste prend contact directement avec René Lijour et lui annonce une prochaine arrivée d'armes. Un sous-marin anglais attendra aux Glénans que les Résistants viennent en prendre livraison. Le mot de passe est donné. Contact est pris avec Guillaume Bodere et son camarade Baudry (agent de liaison fusillé au mont Valérien). Les deux résistants se font reconnaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers pris en charge sont débarqués sur la côte bigoudène où trois membres du groupe dont René Lijour viendront les prendre pour les transporter dans la ferme du Vourgoat, en Melgven, chez Daoudal (également fusillé au Mont-Valérien). Des parachutages sont annoncés.

 

En septembre 1942, 35 résistants de Concarneau, communistes pour la plupart, sont mis hors de combat.

Le combat continue. Carduner tente de faire sauter le Pont-Minaouët. Il sera arrêté en septembre 1942 et mourra à Dachau. Mme Le Breton est arrêtée et déportée. Joseph Berthou, résistant du même groupe et syndicaliste, est arrêté à Thouars et fusillé à Poitiers le 3 décembre 1942.

Eugène Le Bris se rend à Nantes pour délivrer un camarade arrêté. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami. En septembre 1942, ils sont arrêtés tous deux alors qu'une grande rafle de la Police de Vichy permet l'arrestation de presque toute l'organisation.

Alain Le Lay mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Son arrêtés également Esprit Jourdain (mort en déportation), Daoudal (il sera fusillé), Fanch Touchard aussi (qui après sa première arrestation avait été relâché), André Herlédan, Armand Villard, Christophe Digoust, Charles Huchon, Jacques serre, Yves Le Gall (qui meurt en revenant de déportation), Joseph Dréano, Arthur Rioual, Mathias Lorc'h, Eugène Le Caignec, Louis Guiffant (de Trégunc), Yves Trichard, Jo Le Gall, Jean Bourbigot, Jean Trolezz, Charles Tocquet, André Herledan (père et fils), Louis Péron, Charles Dolliou, les frères Huon, Marie Jeanne Bodere.

René Lijour ayant réussi à échapper à l'arrestation, une vaste opération de police est montée le dimanche 27 pour perquisitionner à son domicile. Sa femme Lucie Lijour sera arrêtée et déportée.

Réné Lijour et quelques militants ayant réussi à passer entre les mailles du filet, la propagande allait pouvoir continuer.

Remi Nedellec, en contact avec Quimper, faisait parvenir les tracts. Le cheminot François Le Beux, au dépôt de Quimper, en fournissait également. Il devait mourir tragiquement sur sa machine lors d'une attaque de l'aviation anglaise.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés, sous l'égide du Secours Populaire, fut constituée et alimentée par des dons en argent et en nature.

La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

 

Le groupe Libération à Concarneau

A partir de septembre 1940, l'instituteur brestois, originaire de Concarneau, Pierre Coroller, recolte des renseignements sur les ouvrages défensifs et offensifs de la région qu'il transmet à des groupes locaux de résistance à Brest. Il collabore sur place à Concarneau avec le docteur Nicolas et avec une professeur d'EPS, Mademoiselle Le Bastard. Avec M. Kervahut, dit Kervoas, instituteur en retraite à Penhars, Coroller fonde le groupe Libération au 2ème trimestre 1942, dirigé sur place par le Docteur Nicolas qui connaît bien la population  et organise le recrutement. Le groupe transmet des plans des défenses de Concarneau et de la région. Cette activité de renseignement permit aussi sans doute d'abattre à Concarneau le 18 décembre 1943 avec un avion descendant en piqué un bateau ravitailleur de sous-marin qui fut coupé en deux et coulé en quelques instants, alors qu'il contenait des vivres pour 8 mois. Louis Le Bourhis servira d'agent de liaison pour le Docteur Nicolas avec Mademoiselle Le Bastard, et Monsieur Chauveur se charge du recrutement avec le docteur. Le mouvement prend une certaine ampleur au premier trimestre 1943 et s'étend à Trégunc, Melgven, Beg-Meil, Névez. Il regroupe plus de notables et d'"hommes d'ordre" (le colonel Krebs, à la tête d'une entreprise de construction navale, maire de Lanriec, le Maréchal des Logis Le Romancer, le lieutenant de réserve Jean Jaffrezic, des gendarmes) que les autres mouvements de résistance. Le Docteur Nicolas sera emprisonné en février 1944.    

 

Le groupe Vengeance Action de Concarneau

Dès 1941, un groupe de jeunes Concarnois qui avaient l'occasion de fréquenter Georges Martin, un meneur d'homme qui n'hésita pas le 16 août 1942 à inviter les 2000 personnes présentes à la fête d'athlétisme de Moros à se révolter contre l'occupation allemande, se décidèrent à entrer dans la Résistance. Un premier noyau regroupe sous l'autorité de George Martin Marcel Yvonnou, Arsène et François Herlédan, Paul Corribras, Albert et Jacques Gloaguen, Louis Lozach. L'affiliation du Groupe au Réseau "Vengeance Action", qui se spécialisera dans les Renseignements, les faux papiers d'identité (avec Paul Corribras à la baguette), la récupération et l'évacuation des aviateurs alliés (une douzaine d'aviateurs durent ainsi évacués sur Brest, via Quimper), et existant d'abord à Concarneau sous la direction d'André Le Floch, représentant de commerce rue Amiral Courbet, se réalise le 1er avril 1943. Comptant d'abord huit hommes en août 1942, ce groupe qui s'agrandit de mois en mois comptera au moment des combats pour la libération de la ville de Concarneau 260 combattants. Georges Martin et ses hommes effectueront plusieurs sabotages avant le débarquement allié en Normandie. Il s'intégrera après le débarquement aux F.F.I sous la direction du chef d'escadron Rincazaux et de son adjoint, le capitaine Bourhis. Le 6 août 1944, les audacieux résistants du groupe Vengeance action, au nombre de 6, sous la direction de Georges Martin, constituant le commando "Ma Salver" tentèrent d'immobiliser au port en barrant le chenal les bateaux allemands. L'opération ne réussit pas comme prévu. Le bataillon FFI issu du groupe réussit à faire 80 russes enrolés par les Allemands prisonniers à Trégunc le 6 août 1944. 

 

   

Les F.T.P.F de Concarneau

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération.

Il y a chez ceux qui sont en liberté la volonté de poursuivre le combat de leurs frères arrêtés, déportés, abattusn torturés, exécutés. Il y a la volonté de la population d'exprimer son hostilité au nazisme, il y a la confiance née des premiers revers de l'armée nazie. Stalingrad, de Novembre 42 à février 43, stimule la combativité des français. 

En septembre 1943, quelques jeunes concarnois, en contact avec les étudiants de l'Ecole Primaire Supérieure (E.P.S) de Quimperlé, constituent le premier groupe de F.T.P, rattaché à la "compagnie Sous-Marin Curie". 

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français).

Le 1er groupe de F.T.P.F de Concarneau comprend Yves Le Moal, qui vient de terminer ses études au collège de Quimperlé, André Le Cras (Fredo), toujours élève dans l'établissement, Henri Joncourt (tué ensuite en Algérie avec le grade de capitaine), Baptiste Pascal, Marcel Lancien, Paul Carduner, Henri Joncourt, José Le Goff.

Ce groupe est rattaché à la Compagnie Sous-Marin Curie dont le commandement est assuré par Cabellic (Commandant Fernand) qui mourra le 31 août 1944 à l'hôpital de Quimperlé à la suite des blessures reçues le 15 juillet au combat de Kernabat en Scaër. 

Le recrutement des F.T.P se fait à petit pas. Forts de l'expérience des anciens, la sécurité préside à tout engagement. Il s'agit de former des volontaires dans le but d'opposer aux troupes d'occupation ainsi qu'au gouvernement de Vichy une résistance maximum par des actions très variées allant de la distribution de tracts et de journaux clandestins jusqu'à l'attaque de soldats allemands isolés. Sur le plan national, les F.T.P, regroupés dans l'Armée Secrète, forment les groupes de combat du Front National.

Avant de signer son acte d'engagement "jusqu'à la libération totale du sol national", le nouveau membre prend connaissance du Code d'Honneur des F.T.P. Il signe de son "nom de guerre" et reçoit un numéro matricule. Le cloisonnement, très rigoureux, est, si possible, triangulaire. Trois groupes de 8 forment un détachement, commandé par un chef de détachement. Les groupes n'ont aucun contact entre eux. 4 détachements de 25 hommes forment une compagnie ayant à sa tête un commandant de compagnie assisté de deux adjoints: un adjoint aux effectifs, un adjoint au matériel.   

L'activité du groupe se développant, les contacts purent être établis avec l'état-major F.T.P d'une part, avec la direction du Parti Communiste d'autre part.

Le Commandant André (Louis Stephan, prisonnier évadé) vient bientôt à Concarneau. Les visites de Botch (Yves Boudigou) l'un des principaux responsables F.T.P étaient fréquentes. Les réunions avaient lieu dans la campagne, dans un champ, dans un bois. Le point était fait de la situation, de l'état des forces. Le "père Henri" (cheminot retraité du dépôt d'Auray), responsable régional du Parti Communiste et Leduc (entrepreneur à Plestin-les-Grèves), Capitaine F.T.P, vinrent également à l'époque à Concarneau.

Parallèlement à la constitution des F.T.P, le Front National de lutte pour la libération et l'Indépendance de la France était créé à Concarneau. Sous l'impulsion d'Alphonse Duot fils, qui avait réussi à établir le contact avec la direction régionale par l'intermédiaire de Remi Nedelec. Des tracts parvenaient à Concarneau fournis par les Cheminots du dépôt de Quimper.   

De nombreux signes comme la progression des armées alliées sur tous les fronts et l'activité de l'aviation américaine donnent la certitude que l'année 1944 sera décisive. Il est temps de préparer la Libération. Dans ce but, des efforts sont entrepris dans 3 directions: l'armement, le carburant, l'argent. 

Répartis au centre du département du Finistère, dans une zone délimitée, en gros, par Scaër-Carhaix et Châteauneuf, les maquis F.T.P étaient nombreux, unitairement peu importants, mais très mobiles. N'allaient au maquis que les F.T.P dont la sécurité était menacée. Mais ces maquis ne pouvaient vivre uniquement sur le terrain, il leur fallait de l'argent. D'abord, il fallait penser aux familles sans ressources du fait de l'absence du père maquisard. Il fallait aussi prévoir les évènements qui s'annonçaient. C'est pourquoi il fut décidé de constituer un "trésor de guerre" en s'appuyant sur des "visites de courtoisie" aux banques, perceptions, caisses d'épargne. Ces prélèvements étaient toujours suivis d'un reçu, après acheminement de l'argent à l'Etat-Major de Quimper, souvent dans les 24 heures.  

 

Les combats de la Libération

Le grand problème, face au recrutement, était le manque d'armes.

Deux groupes F.T.P de huit hommes s'organisèrent à Concarneau et un troisième groupe de huit également à la Forêt. Les chefs de groupes seuls se connaissaient. Ce cloisonnement assurait la sécurité, car les Résistants avaient tirés les leçons des expériences passées. Ces trois groupes appartenaient à la Compagnie "Sous-Marin Curie" du Sud-Finistère, mais formèrent bientôt la Compagnie Leclerc, le recrutement de nouveaux résistants s'étant intensifié. La Compagnie comprenait un chef de détachement, un responsable aux effectifs et un responsable au matériel. Elle était rattachée au Bataillon de La Tour d'Auvergne à Quimper. Les deux groupes concarnois avaient pris le nom de Pierre Guéguin et Marc Bourhis.

C'est Etienne Millour, de Fouesnant, qui en prit le commandement. La Compagnie étant en partie composée d'éléments de La Forêt et de Fouesnant. Les jeunes de ces localités allaient payer lourdement les combats libérateurs.

Au printemps 1944, les F.T.P possèdent deux mitraillettes STEN et quelques pistolets.  

Avec quelques révolvers, les F.T.P passaient pourtant à l'action. Un allemand isolé fût descendu à Kérandon et son révolver récupéré. 

Le travail d'explication continuait. Les résistants, qualifiés de "terroristes" par les autorités de collaboration et les allemands, étaient de moins en moins isolés, surtout après que beaucoup de jeunes aient rejoint la résistance suite à leur décision d'échapper au S.T.O. Mais ils devaient encore se légitimer auprès de la population en insistant sur les questions du ravitaillement, de la pénurie dûe aux réquisitions de l'occupant. 

Du matériel de propagande fut diffusé et affiché, notamment un journal: "L'étincelle", du nom du journal où écrivait Lénine. "L'étincelle" est le journal des jeunes communistes. Les Résistants communistes diffusent aussi du matériel national clandestin: "L'avant garde", "L'Humanité" , "France d'abord", le Journal des F.T.P. Les dernières lettres de Guy Môcquet, Gabriel Péri, Daniele Casanova, sont reproduites. Tout est mis en oeuvre pour que la population soit présente dans l'action libératrice.  

Les tracts après avoir insisté au printemps sur les questions du ravitaillement, de la pénurie due à l'Occupant, montraient maintenant la nécessité de l'insurrection armée et de l'union nécessaire de toute la population contre les Allemands et les collaborateurs. Un journal local du Front National, "L'Insurrectionnel", fut alors édité. Il exaltait les patriotes, les appelait au combat. 

La police et la gendarmerie furent longtemps hostiles aux patriotes. Après une démarche d'Yves Boudigou, des gendarmes entrèrent en contact avec les résistants et leur action commune permit de mettre un terme à l'activité des pilleurs de fermes. 

Il faut signaler les actions hardies des F.T.P contre le dépôt allemand de la Criée de la Croix (devenu par la suite Atelier municipal) qui permit la récupération d'armes et grenades pour la Résistance, le coup de main faisant main basse sur 1 800 litres de carburant (essence et gasoil), en pleine nuit, à la soute du Petit-Château en Ville Close... Le carburant est aussitôt transporté à la Forêt-Fouesnant et Quimper par Georges Le Coz au volant de son camion et enterré sur place. Les parachutages promis se font attendre. Plusieurs fois, les coordonnées pour parachutages ont été transmis à Londres mais les Anglais refusent de parachuter dans la zone côtière. 

Après le débarquement, du renfort est demandé pour un parachutage à Kernabat, à Scaër. Dans la nuit du 14 au 15 juillet 1944, trouveront là-bas la mort, trois membres de la compagnie Leclerc: Etienne Millour, le commandant de la Cie Leclerc, Louis Massé et Hervé, de La Forêt. E. Millour sera remplacé à la tête de la Cie par A. Le Cras. C'est qu'il y avait déjà eu un parachutage au même endroit dans la nuit du 8 au 9 juillet. Cette imprudence fait que le 15 juillet à 6h, deux bataillons allemands de sécurité, formés au front de l'est, affrontent les F.T.P, encore sur le terrain avec leurs 35 containers tombés à 0h30. Cette attaque du parachutage repoussera au 8 août l'armement de la compagnie.  

Il fallait songer aussi au rétablissement de la légalité républicaine. Le Conseil National de la Résistance, groupant toutes les organisations et Partis, montrait l'exemple de ce qui devait être fait. 

Le Gouvernement Provisoire d'Alger (avec dans son sein "le catholique de Menthon et le communiste Grenier" disait l'un des tracts à la population) faisait des couvertures pour un dialogue avec les groupes "Vengeance" et "Libération" dont l'activité était maintenant connue. 

Des réunions eurent lieu pour constituer un Comité Local de Libération. Dans le bois de Kernéac'h, un après-midi, son programme fut mis au point. Il portait sur le retour à la légalité républicaine (mise en place du Conseil Municipal de 1939 en application d'une ordonnance du gouvernement provisoire), sur les problèmes du ravitaillement, sur le concours nécessaire de toute la population. Un appel du Comité de la Libération fut placardé, en plein jour, par un groupe de F.T.P, au nez des Allemands. 

Une entrevue eut lieu avec Fily, mais celui-ci fut réticent à la mise en place du Comité de Libération, dont la présidence était confiée à Alphonse Duot père (adjoint au maire de Pierre Guéguin) et le secrétariat à Pierre Le Rose. François Herledan (blanchisseur) représentant le Parti Socialiste, Julien Larsonneur la CGT, etc... Le dimanche après-midi, le 6 août, une assemblée plénière eut lieu au café des Sables Blancs. 

Le 8 août 1944, Quimper est libéré, la compagnie Leclerc rejoignait cette Ville où elle allait recevoir l'armement léger nécessaire. Le jeudi 10 août, deux destroyers anglais poursuivent un bateau allemand et tirent sur Concarneau. 

Le 12 août, trois compagnies F.T.P du Bataillon La Tour d'Auvergne, dont la 5e (Leclerc), la 1ère, la 3ème prennent position au nord de Concarneau, conjointement avec une compagnie FFI de Rosporden, commandée par le capitaine Mercier. Ils tiennent tout le secteur s'étendant de la route de Quimper aux Sables Blancs. Le PC est installé au Poteau-Vert. Les F.T.P ont à leur tête le capitaine Gaston (Jos Kervarec) qui commande le bataillon depuis la disparition de Fernand.

Le 13 août, le Commandant Otto décrète l'état de siège à Concarneau et menace dans un placard, d'incendier la ville si la résistance attaque. Les nazis sont bloqués. Le 16, des chars américains arrivent, accompagnés d'une batterie d'artillerie. Le lendemain matin, ils bombardent la ville. Deux compagnies de F.T.P et des éléments de la milice patriotique (recrutée par le Front National) participent à l'action et pénètrent à l'intérieur de la ville espérant être suivis par les chars U.S. Louis Guillerme, Georges Le Coz, Réné Rioual détruisent un petit poste aux abords de la Kommandantur.

Georges Le Coz est blessé par des éclats de grenade. A la demande des américains, les F.T.P descendent la côte de Lanadan entourant les chars afin d'attaquer le blockaus de la propriété Toiray. Bientôt les Allemands du Blockaus ripostent. Donnard, de Quimper, de la 3e Compagnie F.T.P est tué. On compte 17 blessés parmi les résistants. Mais les chars américains se replient et les F.T.P doivent décrocher. Qualques dizaines de prisonniers allemands, du matériel récupéré, sont le bilan de la journée. La Milice Patriotique pourra être équipée et deviendra à ce moment là la 7ème compagnie de F.T.P. 

Les agents de liaison Lisette Jaffrezic, Yvonne Herledan et Simone Cosqueric, feront preuve d'une grande activité durant ces journées. Elles iront jusqu'à distribuer des tracts aux Allemands leur demandant de se rendre. Madame Hanselot effectuait aussi à partir de juin 1944 la liaison Concarneau-Bénodet pour le compte de la résistance. Le café de Charlotte Kernéis à Concarneau servait de boîtes aux lettres depuis le début 44 jusqu'à la libération pour les F.T.P. 

Le 18, le capitaine de Corvette Otto, commandant de la place, se rend aux Américains avec une partie de la garnison. L'artillerie américaine et les chars bombardent la ville. Des groupes d'habitants commencent à évacuer Concarneau tandis que les usines Cassegrain, Rodel, et quelques maisons sont en flamme. 

Le 19 août, les F.T.P, poussés par les Américains, amorcent une attaque. Tout le bataillon est dans l'affaire mais l'artillerie nazie se déchaîne, clouant les combattants au sol. Les chars américains ne viennent pas. Le repli est ordonné. Quand ils reviennent à leur base, les F.T.P ne trouvent plus les Américains, partis pour Lorient.   

Charly, interprète de la Kommandantur, avec un camion équipé de plaques de blindage et d'un canon à tir rapide, se déplace dans les divers points de la ville, arrosant Kérandon, Kernéac'h, La Maison Blanche. Louis Tudal sera grièvement blessé à la cuisse. 

Quatre jours se passent en escarmouches. Dans la nuit du 24 au 25, de violentes explosions se font entendre. Un court et violent bombardement allemand a lieu. Une patrouille de la 7ème compagnie, sous les ordres de Paul Sabersmann, ukrainien, déserteur de l'organisation Todt, pénètre dans la ville. Elle est vide. Dans la nuit, les Allemands ont évacué par la mer vers Lorient. 

Les F.T.P descendent la ville déserte. Les compagnies F.T.P sont cantonnées à l'hôtel de Cornouaille, l'Hôtel de la Mer et l'Hôtel Beau-Rivage. Au cours d'une réunion avec le Comité de Libération le Conseil Municipal est remis en place. Alphonse Duot (père) est le Maire de la Libération; 

Quelques jours plus tard, Concarneau arborait un air de fête. Des drapeaux français et alliés garnissaient toutes les fenêtres. Les libérateurs de la ville allaient recevoir un hommage mérité.     

 

La plupart des informations sont issues des notes sur la résistance et la libération à Concarneau, Pierre Le Rose, 1964. 

  

   

Carte du Comité Départemental de la Libération de Pierre Le Rose

Carte du Comité Départemental de la Libération de Pierre Le Rose

La lutte se développe, mais les communistes paient un lourd tribut à la répression vichyste en 1941 et 1942

Alain Le Lay va et vient, organise les groupes de l'"Organisation Spéciale" (O.S) dans le département. La liaison avec le Centre est assurée par le "Père Georges" (Venise Gosnat, adjoint au maire d'Ivry). A une réunion de direction à Kerviniou, Alain Le Lay donne des indications sur l'organisation du travail clandestin.

En septembre 1941, la police de Vichy, au service des Allemands, sous les ordres du commissaire SOUTIF, va démanteler l'organisation clandestine du Parti et des Jeunesses Communistes et les groupes armés de l'Organisation Spéciale.

En septembre 1941, Berthou échappe à une arrestation de la police de Vichy venu à son domicile. Il est hébergé par Pierre Guillou jusqu'à Décembre et, clandestin, devra quitter le département. Entre-temps, Eugène Le Bris l'aura remplacé au triangle de direction. Après son retour à Toulmengleuz, il sera arrêté en septembre 1942. François Tallec sera arrêté une seconde fois et réussira à s'évader. Esprit Jourdain, arrêté le même jour, mourra en déportation. Théophile Louarn, après l'arrestation de son frère, demandera à s'engager dans l'action résistante.

L'arrestation de Pierre Gueguin, Maire Communiste destitué de Concarneau, et de Marc Bourhis, leur exécution à Chateaubriant avec d'autres internés communistes et cégétistes dont Guy Môquet le 22 octobre 1941 en représailles de l'assassinat du lieutenant colonel Hotz à Nantes le 20 octobre 1941 par des résistants communistes parisiens, suscite une émotion profonde à Concarneau et une prise de conscience de l'occupation nazie.

Une manifestation spontanée a lieu au cimetière sur les tombes des familles.

Le 2 octobre 1941, des inscriptions badigeonnent les murs du Grand Hôtel et de l'entreprise Marscesche "A bas Laval", "Nous voulons du pain". Arrêté le 2 octobre, Fanch Caignec réussira à s'évader.

Au printemps 1942, le "Père Georges" (Venise Gosnat) organisateur régional du Parti Communiste prend contact directement avec René Lijour et lui annonce une prochaine arrivée d'armes. Un sous-marin anglais attendra aux Glénans que les Résistants viennent en prendre livraison. Le mot de passe est donné. Contact est pris avec Guillaume Bodere et son camarade Baudry (agent de liaison fusillé au mont Valérien). Les deux résistants se font reconnaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers pris en charge sont débarqués sur la côte bigoudène où trois membres du groupe dont René Lijour viendront les prendre pour les transporter dans la ferme du Vourgoat, en Melgven, chez Daoudal (également fusillé au Mont-Valérien). Des parachutages sont annoncés.

 

En septembre 1942, 35 résistants de Concarneau, communistes pour la plupart, sont mis hors de combat.

Le combat continue. Carduner tente de faire sauter le Pont-Minaouët. Il sera arrêté en septembre 1942 et mourra à Dachau. Mme Le Breton est arrêtée et déportée. Joseph Berthou, résistant du même groupe et syndicaliste, est arrêté à Thouars et fusillé à Poitiers le 3 décembre 1942.

Eugène Le Bris se rend à Nantes pour délivrer un camarade arrêté. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami. En septembre 1942, ils sont arrêtés tous deux alors qu'une grande rafle de la Police de Vichy permet l'arrestation de presque toute l'organisation.

Alain Le Lay mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Son arrêtés également Esprit Jourdain (mort en déportation), Daoudal (il sera fusillé), Fanch Touchard aussi (qui après sa première arrestation avait été relâché), André Herlédan, Armand Villard, Christophe Digoust, Charles Huchon, Jacques serre, Yves Le Gall (qui meurt en revenant de déportation), Joseph Dréano, Arthur Rioual, Mathias Lorc'h, Eugène Le Caignec, Louis Guiffant (de Trégunc), Yves Trichard, Jo Le Gall, Jean Bourbigot, Jean Trolezz, Charles Tocquet, André Herledan (père et fils), Louis Péron, Charles Dolliou, les frères Huon, Marie Jeanne Bodere.

René Lijour ayant réussi à échapper à l'arrestation, une vaste opération de police est montée le dimanche 27 pour perquisitionner à son domicile. Sa femme Lucie Lijour sera arrêtée et déportée.

Réné Lijour et quelques militants ayant réussi à passer entre les mailles du filet, la propagande allait pouvoir continuer.

Remi Nedellec, en contact avec Quimper, faisait parvenir les tracts. Le cheminot François Le Beux, au dépôt de Quimper, en fournissait également. Il devait mourir tragiquement sur sa machine lors d'une attaque de l'aviation anglaise.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés, sous l'égide du Secours Populaire, fut constituée et alimentée par des dons en argent et en nature.

La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

 

Les F.T.P.F de Concarneau

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération.

Du matériel de propagande fut diffusé et affiché, notamment un journal: "L'étincelle", du nom du journal où écrivait Lénine.

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français). Il y avait parmi eux André Le Cras (Frédo), Yves Le Moal, Baptiste Pascal, Marcel Lancien, Paul Carduner, Henri Joncourt (tué ensuite en Algérie), José Le Goff. L'activité du groupe se développant, les contacts purent être établis avec l'état-major F.T.P d'une part, avec la direction du Parti Communiste d'autre part.

Le Commandant André (Louis Stephan, prisonnier évadé) vient bientôt à Concarneau. Les visites de Botch (Yves Boudigou) l'un des principaux responsables F.T.P étaient fréquentes. Les réunions avaient lieu dans la campagne, dans un champ, dans un bois. Le point était fait de la situation, de l'état des forces. Le "père Henri" (cheminot retraité du dépôt d'Auray), responsable régional du Parti Communiste et Leduc (entrepreneur à Plestin-les-Grèves), Capitaine F.T.P, vinrent également à l'époque à Concarneau.

Le grand problème, face au recrutement, était le manque d'armes. Deux groupes F.T.P de huit hommes s'organisèrent à Concarneau et un troisième groupe de huit également à la Forêt. Les chefs de groupes seuls se connaissaient. Ce cloisonnement assurait la sécurité, car les Résistants avaient tirés les leçons des expériences passées. Ces trois groupes appartenaient à la Compagnie "Sous-Marin Curie" du Sud-Finistère, mais formèrent bientôt la Compagnie Leclerc, le recrutement de nouveaux résistants s'étant intensifié. La Compagnie comprenait un chef de détachement, un responsable aux effectifs et un responsable au matériel. Elle était rattachée au Bataillon de La Tour d'Auvergne à Quimper. Les deux groupes concarnois avaient pris le nom de Pierre Guéguin et Marc Bourhis.

C'est Etienne Millour, de Fouesnant, qui en prit le commandement. La Compagnie étant en partie composée d'éléments de La Forêt et de Fouesnant. Les jeunes de ces localités allaient payer lourdement les combats libéra

La lutte se développe, mais les communistes paient un lourd tribut à la répression vichyste en 1941 et 1942

Alain Le Lay va et vient, organise les groupes de l'"Organisation Spéciale" (O.S) dans le département. La liaison avec le Centre est assurée par le "Père Georges" (Venise Gosnat, adjoint au maire d'Ivry). A une réunion de direction à Kerviniou, Alain Le Lay donne des indications sur l'organisation du travail clandestin.

En septembre 1941, la police de Vichy, au service des Allemands, sous les ordres du commissaire SOUTIF, va démanteler l'organisation clandestine du Parti et des Jeunesses Communistes et les groupes armés de l'Organisation Spéciale.

En septembre 1941, Berthou échappe à une arrestation de la police de Vichy venu à son domicile. Il est hébergé par Pierre Guillou jusqu'à Décembre et, clandestin, devra quitter le département. Entre-temps, Eugène Le Bris l'aura remplacé au triangle de direction. Après son retour à Toulmengleuz, il sera arrêté en septembre 1942. François Tallec sera arrêté une seconde fois et réussira à s'évader. Esprit Jourdain, arrêté le même jour, mourra en déportation. Théophile Louarn, après l'arrestation de son frère, demandera à s'engager dans l'action résistante.

L'arrestation de Pierre Gueguin, Maire Communiste destitué de Concarneau, et de Marc Bourhis, leur exécution à Chateaubriant avec d'autres internés communistes et cégétistes dont Guy Môquet le 22 octobre 1941 en représailles de l'assassinat du lieutenant colonel Hotz à Nantes le 20 octobre 1941 par des résistants communistes parisiens, suscite une émotion profonde à Concarneau et une prise de conscience de l'occupation nazie.

Une manifestation spontanée a lieu au cimetière sur les tombes des familles.

Le 2 octobre 1941, des inscriptions badigeonnent les murs du Grand Hôtel et de l'entreprise Marscesche "A bas Laval", "Nous voulons du pain". Arrêté le 2 octobre, Fanch Caignec réussira à s'évader.

Au printemps 1942, le "Père Georges" (Venise Gosnat) organisateur régional du Parti Communiste prend contact directement avec René Lijour et lui annonce une prochaine arrivée d'armes. Un sous-marin anglais attendra aux Glénans que les Résistants viennent en prendre livraison. Le mot de passe est donné. Contact est pris avec Guillaume Bodere et son camarade Baudry (agent de liaison fusillé au mont Valérien). Les deux résistants se font reconnaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers pris en charge sont débarqués sur la côte bigoudène où trois membres du groupe dont René Lijour viendront les prendre pour les transporter dans la ferme du Vourgoat, en Melgven, chez Daoudal (également fusillé au Mont-Valérien). Des parachutages sont annoncés.

 

En septembre 1942, 35 résistants de Concarneau, communistes pour la plupart, sont mis hors de combat.

Le combat continue. Carduner tente de faire sauter le Pont-Minaouët. Il sera arrêté en septembre 1942 et mourra à Dachau. Mme Le Breton est arrêtée et déportée. Joseph Berthou, résistant du même groupe et syndicaliste, est arrêté à Thouars et fusillé à Poitiers le 3 décembre 1942.

Eugène Le Bris se rend à Nantes pour délivrer un camarade arrêté. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami. En septembre 1942, ils sont arrêtés tous deux alors qu'une grande rafle de la Police de Vichy permet l'arrestation de presque toute l'organisation.

Alain Le Lay mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Son arrêtés également Esprit Jourdain (mort en déportation), Daoudal (il sera fusillé), Fanch Touchard aussi (qui après sa première arrestation avait été relâché), André Herlédan, Armand Villard, Christophe Digoust, Charles Huchon, Jacques serre, Yves Le Gall (qui meurt en revenant de déportation), Joseph Dréano, Arthur Rioual, Mathias Lorc'h, Eugène Le Caignec, Louis Guiffant (de Trégunc), Yves Trichard, Jo Le Gall, Jean Bourbigot, Jean Trolezz, Charles Tocquet, André Herledan (père et fils), Louis Péron, Charles Dolliou, les frères Huon, Marie Jeanne Bodere.

René Lijour ayant réussi à échapper à l'arrestation, une vaste opération de police est montée le dimanche 27 pour perquisitionner à son domicile. Sa femme Lucie Lijour sera arrêtée et déportée.

Réné Lijour et quelques militants ayant réussi à passer entre les mailles du filet, la propagande allait pouvoir continuer.

Remi Nedellec, en contact avec Quimper, faisait parvenir les tracts. Le cheminot François Le Beux, au dépôt de Quimper, en fournissait également. Il devait mourir tragiquement sur sa machine lors d'une attaque de l'aviation anglaise.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés, sous l'égide du Secours Populaire, fut constituée et alimentée par des dons en argent et en nature.

La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

 

Les F.T.P.F de Concarneau

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération.

Du matériel de propagande fut diffusé et affiché, notamment un journal: "L'étincelle", du nom du journal où écrivait Lénine.

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français). Il y avait parmi eux André Le Cras (Frédo), Yves Le Moal, Baptiste Pascal, Marcel Lancien, Paul Carduner, Henri Joncourt (tué ensuite en Algérie), José Le Goff. L'activité du groupe se développant, les contacts purent être établis avec l'état-major F.T.P d'une part, avec la direction du Parti Communiste d'autre part.

Le Commandant André (Louis Stephan, prisonnier évadé) vient bientôt à Concarneau. Les visites de Botch (Yves Boudigou) l'un des principaux responsables F.T.P étaient fréquentes. Les réunions avaient lieu dans la campagne, dans un champ, dans un bois. Le point était fait de la situation, de l'état des forces. Le "père Henri" (cheminot retraité du dépôt d'Auray), responsable régional du Parti Communiste et Leduc (entrepreneur à Plestin-les-Grèves), Capitaine F.T.P, vinrent également à l'époque à Concarneau.

Le grand problème, face au recrutement, était le manque d'armes. Deux groupes F.T.P de huit hommes s'organisèrent à Concarneau et un troisième groupe de huit également à la Forêt. Les chefs de groupes seuls se connaissaient. Ce cloisonnement assurait la sécurité, car les Résistants avaient tirés les leçons des expériences passées. Ces trois groupes appartenaient à la Compagnie "Sous-Marin Curie" du Sud-Finistère, mais formèrent bientôt la Compagnie Leclerc, le recrutement de nouveaux résistants s'étant intensifié. La Compagnie comprenait un chef de détachement, un responsable aux effectifs et un responsable au matériel. Elle était rattachée au Bataillon de La Tour d'Auvergne à Quimper. Les deux groupes concarnois avaient pris le nom de Pierre Guéguin et Marc Bourhis.

C'est Etienne Millour, de Fouesnant, qui en prit le commandement. La Compagnie étant en partie composée d'éléments de La Forêt et de Fouesnant. Les jeunes de ces localités allaient payer lourdement les combats libéra

La lutte se développe, mais les communistes paient un lourd tribut à la répression vichyste en 1941 et 1942

Alain Le Lay va et vient, organise les groupes de l'"Organisation Spéciale" (O.S) dans le département. La liaison avec le Centre est assurée par le "Père Georges" (Venise Gosnat, adjoint au maire d'Ivry). A une réunion de direction à Kerviniou, Alain Le Lay donne des indications sur l'organisation du travail clandestin.

En septembre 1941, la police de Vichy, au service des Allemands, sous les ordres du commissaire SOUTIF, va démanteler l'organisation clandestine du Parti et des Jeunesses Communistes et les groupes armés de l'Organisation Spéciale.

En septembre 1941, Berthou échappe à une arrestation de la police de Vichy venu à son domicile. Il est hébergé par Pierre Guillou jusqu'à Décembre et, clandestin, devra quitter le département. Entre-temps, Eugène Le Bris l'aura remplacé au triangle de direction. Après son retour à Toulmengleuz, il sera arrêté en septembre 1942. François Tallec sera arrêté une seconde fois et réussira à s'évader. Esprit Jourdain, arrêté le même jour, mourra en déportation. Théophile Louarn, après l'arrestation de son frère, demandera à s'engager dans l'action résistante.

L'arrestation de Pierre Gueguin, Maire Communiste destitué de Concarneau, et de Marc Bourhis, leur exécution à Chateaubriant avec d'autres internés communistes et cégétistes dont Guy Môquet le 22 octobre 1941 en représailles de l'assassinat du lieutenant colonel Hotz à Nantes le 20 octobre 1941 par des résistants communistes parisiens, suscite une émotion profonde à Concarneau et une prise de conscience de l'occupation nazie.

Une manifestation spontanée a lieu au cimetière sur les tombes des familles.

Le 2 octobre 1941, des inscriptions badigeonnent les murs du Grand Hôtel et de l'entreprise Marscesche "A bas Laval", "Nous voulons du pain". Arrêté le 2 octobre, Fanch Caignec réussira à s'évader.

Au printemps 1942, le "Père Georges" (Venise Gosnat) organisateur régional du Parti Communiste prend contact directement avec René Lijour et lui annonce une prochaine arrivée d'armes. Un sous-marin anglais attendra aux Glénans que les Résistants viennent en prendre livraison. Le mot de passe est donné. Contact est pris avec Guillaume Bodere et son camarade Baudry (agent de liaison fusillé au mont Valérien). Les deux résistants se font reconnaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers pris en charge sont débarqués sur la côte bigoudène où trois membres du groupe dont René Lijour viendront les prendre pour les transporter dans la ferme du Vourgoat, en Melgven, chez Daoudal (également fusillé au Mont-Valérien). Des parachutages sont annoncés.

 

En septembre 1942, 35 résistants de Concarneau, communistes pour la plupart, sont mis hors de combat.

Le combat continue. Carduner tente de faire sauter le Pont-Minaouët. Il sera arrêté en septembre 1942 et mourra à Dachau. Mme Le Breton est arrêtée et déportée. Joseph Berthou, résistant du même groupe et syndicaliste, est arrêté à Thouars et fusillé à Poitiers le 3 décembre 1942.

Eugène Le Bris se rend à Nantes pour délivrer un camarade arrêté. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami. En septembre 1942, ils sont arrêtés tous deux alors qu'une grande rafle de la Police de Vichy permet l'arrestation de presque toute l'organisation.

Alain Le Lay mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Son arrêtés également Esprit Jourdain (mort en déportation), Daoudal (il sera fusillé), Fanch Touchard aussi (qui après sa première arrestation avait été relâché), André Herlédan, Armand Villard, Christophe Digoust, Charles Huchon, Jacques serre, Yves Le Gall (qui meurt en revenant de déportation), Joseph Dréano, Arthur Rioual, Mathias Lorc'h, Eugène Le Caignec, Louis Guiffant (de Trégunc), Yves Trichard, Jo Le Gall, Jean Bourbigot, Jean Trolezz, Charles Tocquet, André Herledan (père et fils), Louis Péron, Charles Dolliou, les frères Huon, Marie Jeanne Bodere.

René Lijour ayant réussi à échapper à l'arrestation, une vaste opération de police est montée le dimanche 27 pour perquisitionner à son domicile. Sa femme Lucie Lijour sera arrêtée et déportée.

Réné Lijour et quelques militants ayant réussi à passer entre les mailles du filet, la propagande allait pouvoir continuer.

Remi Nedellec, en contact avec Quimper, faisait parvenir les tracts. Le cheminot François Le Beux, au dépôt de Quimper, en fournissait également. Il devait mourir tragiquement sur sa machine lors d'une attaque de l'aviation anglaise.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés, sous l'égide du Secours Populaire, fut constituée et alimentée par des dons en argent et en nature.

La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

 

Les F.T.P.F de Concarneau

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération.

Du matériel de propagande fut diffusé et affiché, notamment un journal: "L'étincelle", du nom du journal où écrivait Lénine.

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français). Il y avait parmi eux André Le Cras (Frédo), Yves Le Moal, Baptiste Pascal, Marcel Lancien, Paul Carduner, Henri Joncourt (tué ensuite en Algérie), José Le Goff. L'activité du groupe se développant, les contacts purent être établis avec l'état-major F.T.P d'une part, avec la direction du Parti Communiste d'autre part.

Le Commandant André (Louis Stephan, prisonnier évadé) vient bientôt à Concarneau. Les visites de Botch (Yves Boudigou) l'un des principaux responsables F.T.P étaient fréquentes. Les réunions avaient lieu dans la campagne, dans un champ, dans un bois. Le point était fait de la situation, de l'état des forces. Le "père Henri" (cheminot retraité du dépôt d'Auray), responsable régional du Parti Communiste et Leduc (entrepreneur à Plestin-les-Grèves), Capitaine F.T.P, vinrent également à l'époque à Concarneau.

Le grand problème, face au recrutement, était le manque d'armes. Deux groupes F.T.P de huit hommes s'organisèrent à Concarneau et un troisième groupe de huit également à la Forêt. Les chefs de groupes seuls se connaissaient. Ce cloisonnement assurait la sécurité, car les Résistants avaient tirés les leçons des expériences passées. Ces trois groupes appartenaient à la Compagnie "Sous-Marin Curie" du Sud-Finistère, mais formèrent bientôt la Compagnie Leclerc, le recrutement de nouveaux résistants s'étant intensifié. La Compagnie comprenait un chef de détachement, un responsable aux effectifs et un responsable au matériel. Elle était rattachée au Bataillon de La Tour d'Auvergne à Quimper. Les deux groupes concarnois avaient pris le nom de Pierre Guéguin et Marc Bourhis.

C'est Etienne Millour, de Fouesnant, qui en prit le commandement. La Compagnie étant en partie composée d'éléments de La Forêt et de Fouesnant. Les jeunes de ces localités allaient payer lourdement les combats libéra

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 08:44
Août 1946, 1er congrès national de l'Union de la Jeunesse Républicaine de France (couverture de la revue imprimée à cette occasion): Pierre Le Rose a dû participer à ce Congrès avec des centaines d'autres jeunes issus de la Résistance

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Au travail et à l'effort pour la Renaissance de la France: avec Daniel Trellu et André Le Roy, secrétaire nationaux de l'Union de la Jeunesse Républicaine de France

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A la conquête d'un avenir meilleur...

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Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)
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Une de la revue éditée par l'UJRF: janvier-février 1946

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Daniel Trellu et Madeleine Vincent: deux patriotes dignes de confiance (Notre Jeunesse, revue éditée par l'Union de la Jeunesse Républicaine de France)

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Toutes les Jeunes Filles de France ont leur place dans nos rangs ("notre Jeunesse", revue de l'UJRF, janvier-février 1946)

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Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)
4ème de couverture de "Notre jeunesse", revue éditée par l'UJRF (janvier-février 1946)

4ème de couverture de "Notre jeunesse", revue éditée par l'UJRF (janvier-février 1946)

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