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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 11:16
Défendre et améliorer la sécurité sociale sociale - tract du PCF, février 1964 (1) - Archives Pierre Le Rose PCF 29

Défendre et améliorer la sécurité sociale sociale - tract du PCF, février 1964 (1) - Archives Pierre Le Rose PCF 29

Défendre et améliorer la sécurité sociale sociale - tract du PCF, février 1964 (2) - Archives Pierre Le Rose PCF 29

Défendre et améliorer la sécurité sociale sociale - tract du PCF, février 1964 (2) - Archives Pierre Le Rose PCF 29

Défendre et améliorer la sécurité sociale sociale - tract du PCF, février 1964 (3) - Archives Pierre Le Rose PCF 29

Défendre et améliorer la sécurité sociale sociale - tract du PCF, février 1964 (3) - Archives Pierre Le Rose PCF 29

Défendre et améliorer la sécurité sociale sociale - tract du PCF, février 1964 (4) - Archives Pierre Le Rose PCF 29

Défendre et améliorer la sécurité sociale sociale - tract du PCF, février 1964 (4) - Archives Pierre Le Rose PCF 29

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 10:34
Tract du PCF pour la paix et contre le programme nucléaire militaire février 1964 - page 1 (Archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Tract du PCF pour la paix et contre le programme nucléaire militaire février 1964 - page 1 (Archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Tract du PCF pour la paix et contre le programme nucléaire militaire février 1964 - page 2 intérieure (Archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Tract du PCF pour la paix et contre le programme nucléaire militaire février 1964 - page 2 intérieure (Archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Tract du PCF pour la paix et contre le programme nucléaire militaire février 1964 - page 3 intérieure (Archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Tract du PCF pour la paix et contre le programme nucléaire militaire février 1964 - page 3 intérieure (Archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Tract du PCF pour la paix et contre le programme nucléaire militaire février 1964 - page 4 (Archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Tract du PCF pour la paix et contre le programme nucléaire militaire février 1964 - page 4 (Archives Pierre Le Rose - PCF 29)

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 07:46
"Le progrès technique doit être au service du progrès social" - 1 - Tract du PCF, février 1964 (Archives Pierre Le Rose PCF 29)

"Le progrès technique doit être au service du progrès social" - 1 - Tract du PCF, février 1964 (Archives Pierre Le Rose PCF 29)

"Le progrès technique doit être au service du progrès social" - 2- Tract du PCF, février 1964 (Archives Pierre Le Rose PCF 29)

"Le progrès technique doit être au service du progrès social" - 2- Tract du PCF, février 1964 (Archives Pierre Le Rose PCF 29)

"Le progrès technique doit être au service du progrès social" - 3 - Tract du PCF, février 1964 (Archives Pierre Le Rose PCF 29)

"Le progrès technique doit être au service du progrès social" - 3 - Tract du PCF, février 1964 (Archives Pierre Le Rose PCF 29)

"Le progrès technique doit être au service du progrès social" - 4 - Tract du PCF, février 1964 (Archives Pierre Le Rose PCF 29)

"Le progrès technique doit être au service du progrès social" - 4 - Tract du PCF, février 1964 (Archives Pierre Le Rose PCF 29)

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 11:51
Le tract du Comité de Soutien à Mitterrand à Concarneau, annonçant une réunion publique avec Tanguy-Prigent,devenu député PSU, et Paul Le Gall, membre du Comité Central du PCF (archives Pierre Le Rose PCF 29)

Le tract du Comité de Soutien à Mitterrand à Concarneau, annonçant une réunion publique avec Tanguy-Prigent,devenu député PSU, et Paul Le Gall, membre du Comité Central du PCF (archives Pierre Le Rose PCF 29)

La profession de foi de François Mitterrand, candidat de rassemblement de la gauche (archives Pierre Le Rose PCF 29): 31,72% des voix au premier tour

La profession de foi de François Mitterrand, candidat de rassemblement de la gauche (archives Pierre Le Rose PCF 29): 31,72% des voix au premier tour

Elections présidentielles de 1965  - Mitterrand, candidat unique de la gauche récolte 44,8% des voix au second tour face à De Gaulle
Elections présidentielles de 1965  - Mitterrand, candidat unique de la gauche récolte 44,8% des voix au second tour face à De Gaulle
Elections présidentielles de 1965  - Mitterrand, candidat unique de la gauche récolte 44,8% des voix au second tour face à De Gaulle
Première page de la profession de foi de De Gaulle aux élections présidentielles de 1965: 44,65% des voix au premier tour

Première page de la profession de foi de De Gaulle aux élections présidentielles de 1965: 44,65% des voix au premier tour

Première page de la profession de foi de Lecanuet (centre-droit) aux élections présidentielles de 1965: 15,56% des voix au 1er tour

Première page de la profession de foi de Lecanuet (centre-droit) aux élections présidentielles de 1965: 15,56% des voix au 1er tour

Première page de la profession de foi de Pierre Marcilhacy (parti libéral européen) aux élections présidentielles de 1965: 1,71% des voix au premier tour

Première page de la profession de foi de Pierre Marcilhacy (parti libéral européen) aux élections présidentielles de 1965: 1,71% des voix au premier tour

Première page de la profession de foi de Jean-Louis Tixier-Vignancour (extrême-droite, son directeur de campagne est Jean-Marie Le Pen) aux élections présidentielles de 1965: 5,2% des voix au premier tour

Première page de la profession de foi de Jean-Louis Tixier-Vignancour (extrême-droite, son directeur de campagne est Jean-Marie Le Pen) aux élections présidentielles de 1965: 5,2% des voix au premier tour

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 10:14
Archive Pierre Le Rose - PCF 29

Archive Pierre Le Rose - PCF 29

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 10:07
Archives Pierre Le Rose - PCF 29

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 08:38
BREST l'insoumise de Roger Faligot

BREST l'insoumise de Roger Faligot

Livre : Brest l'insoumise, de Roger Faligot

Dans l'imaginaire collectif, la ville de Brest est une cité de caractère. L'auteur présente les raisons historiques de cette forte personnalité.

Le livre de Roger Faligot : Brest l’insoumise, (éd. Dialogues, 816 p., 30 euros) sorti le 12 juillet 2016, dresse un portrait de la cité du Ponant de ses origines à nos jours.

Brest n’est ni une ville Française, ni une ville bretonne. Elle est mieux que cela.

C’est la première phrase de l’ouvrage. Et Roger Faligot de justifier :

« Brest a toujours été une place stratégique. Depuis l’occupation romaine, anglaise, ouviking, c’est d’ailleurs le mot norois “Brjost” qui a donné le nom de Brest. »

Tolérance et résistance

« Cet espace a toujours été une zone de rencontres et d’échanges, ce qui explique en partie cette propension historique à la tolérance et à la résistance. »

Rebelle et mécréante

« Rebelle et mécréante sont des mots qui ont et continuent de qualifier un particularisme brestois qui a prouvé à maintes reprises une capacité à dépasser les différences partisanes et religieuses. Que cela soit lors du soutien de l‘Édit de Nantes ou pendant l‘arrêt du travail à l’arsenal qui déboucha sur la grève générale en août 1935. »

Pour les initiés et le grand public

Écrivain de plus de quarante ouvrages, il aborde dans ce dernier opus l’aspect stratégique de Brest de manière chronologique et thématique, à destinations des initiés, mais aussi du grand public. Sa carrière de journaliste d’investigation en Irlande, en Angleterre ou au Japon, lui a permis de se faire une idée de la place de la ville portuaire dans le monde.

Une vision des fondations de la ville

C’est le croisement de ses expériences, de l’Histoire et de ses recherches qui fonde la base sur laquelle ce livre repose. Brest l’insoumise offre une vision des fondations de la ville par le biais d’une succession de portraits familiaux, d’événements marquants, politiques, historiques ou artistiques, pour mieux en comprendre sa personnalité et ses origines.

Et la présentation du livre sur le site internet de Dialogues:

Roger Faligot

Brest l'insoumise (édition Dialogues, 30€)

« Pour moi, Brest est une séquence essentiellement féminine » écrit Blaise Cendrars dans Bourlinguer. Roger Faligot nous propose de revivre avec jubilation l'histoire de la ville de Brest en constante ébullition.

Brest a connu tant de métamorphoses : éperon barré celte, fort berbère de l’armée romaine, havre des Bretons insulaires et des Gallois, château viking, forteresse anglaise, résidence des ducs de Bretagne, bastion de la marine, ville américaine, colossal blockhaus allemand, ville meurtrie en reconstruction, port stratégique de guerre froide, tremplin de conquêtes scientifiques et d’aventures de haute mer, civiles et militaires, centre de diffusion d’idées émancipatrices à l’étranger, berceau des rêves d'une Bretagne solidaire, navire amiral de fêtes navales… C’est à un grand voyage, sur ce vaisseau de pierre, à travers les tempêtes de l’Histoire que nous convie Roger Faligot.

À chaque fois que couve le drame, Brest l’insoumise dit « non » avec un bel aplomb. Elle soutient Henri IV et sa réconciliation entre religions ; elle se pose en avant-garde de la Révolution, autant contre la Terreur que la chouannerie ; Brest la Rouge invente le Front populaire un an avant 1936 ; elle s’affirme en « capitale de la Résistance » qui fédère tous les milieux sociaux, politiques et religieux, y compris de nombreux marins et officiers rebelles à la trahison des états-majors. Face à la crise économique, elle s’affiche « Brest Debout »… Face à l’intolérance, amoureuse de la libre-pensée, elle se lève pour « Charlie »…

C’est un formidable puzzle qu’a reconstitué l’auteur exploitant témoignages inédits et documents, y compris internationaux. Brest l’insoumise offre une vision à nulle autre pareille du rôle stratégique de la Cité du Ponant autant qu’il déroule les sagas familiales et les mythes artistiques. Il fait le point sur les connaissances autant qu’il ouvre des pistes nouvelles, à commencer par l’origine du nom de Brest.

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 11:22
Le génocide des Arméniens d'Anatolie: l'horreur d'une volonté raciste d'extermination collective sur fond de première guerre mondiale et de nationalisme turc

Les Arméniens ont été l'an passé, pour le centenaire du premier génocide du XXe siècle au centre de beaucoup d'attentions, rachetant peut-être des années d'oubli, de minimisation, de sous-évaluation ou de mauvaise catégorisation du drame subi par le peuple arménien.

Marianne a consacré un Hors-Série de grande qualité sur l'histoire commune des Arméniens et de la France (avril 2015).

Le Monde a réalisé un passionnant dossier le 23 avril 2015, jour anniversaire de la rafle de 250 intellectuels arméniens (ecclésiastiques, avocats, professeurs, journalistes, députés) à Constantinople en 1915, qui est considéré comme la date repère pour le commencement de la mise en œuvre du plan d'extermination des Arméniens par le gouvernement Jeunes-Turcs du « Comité Union et Progrès » dirigé par le triumvirat Talaat Pacha, Enver Pacha, Djemal Pacha.

Car il y a bien eu un plan conçu, pensé par des théoriciens du pan-turquisme (Mehmed Nazim, Baheddine Chakir entre autres), voté même à l'intérieur de la direction restreinte des Jeunes-Turcs en 1915, puis méthodiquement et impitoyablement exécuté, pour vider la Turquie de sa minorité arménienne en l'exterminant.

Les Arméniens n'ont pas été les seules victimes de la politique d'épuration ethnique et de turquification du gouvernement « Union et Progrès » et des Jeunes Turcs.

Les chrétiens assyro-chaldéens descendant des Assyriens, des Babyloniens, des Chaldéens et des Araméens, vivant entre le Tigre et l'Euphrate dans la province de Mossoul et en Anatolie Orientale, ont été également massacrés par les autorités turques entre 1914 et 1918 : on estime le nombre de victimes à 250 000. Pareillement, le gouvernement turc pendant la guerre a organisé la famine du Mont-Liban : « Tant que les Libanais ne se seront pas dévorés les uns les autres, ils pourront encore bénir Dieu » aurait dit à cet occasion Djemal Pacha, le ministre de la guerre, cité dans La Croix du 5 août 2015 (tribune de Nabil Mouannes).

Plus tard, pendant et à l'issue de la guerre menée par Mustafa Kemal contre les Alliés britanniques et français aux visées impérialistes et les Grecs pour restaurer la souveraineté turque sur l'Anatolie après la première guerre mondiale et le démantèlement humiliant de l'Empire Ottoman, ce sont des centaines de milliers de grecs qui seront massacrés ou contraints à l'exil, violences qui culminent avec l'incendie de Smyrne (Izmir) par l'armée kémaliste le 9 septembre 1922.

« A la faveur de l'incendie, des scènes de pillage et de violence atroces ont lieu et l'on compte des milliers de morts et de blessés parmi les Grecs et les Arméniens. Des milliers d'autres, affolés, se sont rués sur les quais pour prendre d'assaut les embarcations de fortune ou pour se jeter à la mer afin de tenter de gagner les navires de guerre anglais et français mouillés dans la rade et dont les officiers assistent, impassibles, à l'agonie de la ville » (Anahide Ter Minassian, 1918-1920 : La République d'Arménie, éditions Complexe, 2006).

Au début du XX ème siècle, les Arméniens représentent sur le territoire de l'actuelle Turquie une population d'environ 2 millions d'habitants, principalement répartie dans trois espaces, le plateau anatolien, non loin des frontières russes et iraniennes, la Cilicie (aussi appelée petite Arménie, dans le sud-est de la Turquie actuelle, au contact de la Syrie, partie prenante également de l'Empire Ottoman) et les grands centres urbains.

Ils ne sont pas une population marchande « immigrée », bien au contraire, et c'est sans doute ce qui gêne les nationalistes turcs. Les premières traces culturelles certaines de la présence des Arméniens en Anatolie remontent vers le VIIIe ou le VIIe siècle avant Jésus-Christ. Au 1er siècle avant Jésus-Christ, Tigrane le Grand fonde un royaume arménien indépendant et unifié recouvrant les territoires actuels de l'Arménie, de la Turquie, de l'Azerbaïdjan, du nord de l'Irak, de la Syrie, s'étendant de la Mer Noire et de la Mer Caspienne à la Mer Méditérranée. Il se trouvera en butte aux volontés expansionnistes de Rome et fera la guerre aux généraux Lucullus (qui ramène à Rome les abricots et les cerises, inconnues en Occident, du Royaume d'Arménie) et Pompée et pour finir, l'Arménie deviendra un protectorat romain relativement autonome servant de zone tampon avec la Perse et les menaçantes tribus Parthes.

Au début du IVe siècle, l'Arménie est le premier État à se convertir au christianisme, sous l'influence de Pères évangélisateurs syriens, la Géorgie suivra de près.

Les Turcs n'arrivent sur le plateau anatolien qu'après les conquêtes arabes, au XIe siècle. Ils s'emparent de l'est de la Turquie actuelle, et beaucoup d'Arméniens refluent sur les zones sous influence grecque et chrétienne byzantine à l'ouest de la Turquie actuelle, et ne tardent pas à créer un royaume indépendant en Cilicie, sur la chaîne du Taurus, au sud-ouest de la Turquie, qui fera souvent alliance avec les Arabes contre Byzance, mais aussi avec les Croisés contre les Turcs. Ce royaume arménien indépendant de Cilicie est finalement défait au XIVe siècle, et les Arméniens attendront le XXe siècle pour retrouver un espace de « souveraineté nationale » (même si la question ne se posait pas tout à fait en ces termes au moyen-âge), n'ayant plus le pouvoir politique dans les régions où pourtant, ils constituent parfois la majorité de la population.

Au XVIIIe-XIXe, début du XXe siècle, les Arméniens sont aussi très présents à Bakou, à Tiflis (les deux tiers de la population de la capitale de la Géorgie actuelle), dans des villes du sud de la Russie, du littoral de la Mer Noire et de la Mer Caspienne. On en trouve des centaines de milliers en Perse également, avec une grosse concentration sur le territoire de l'Arménie actuelle, au pied du Mont Ararat, dans les contreforts du Caucase.

A la fin du XIXe siècle, entre 1894 et 1909, avant la révolution Jeunes Turcs, le « sultan rouge » Abdülhamid est déjà le principal responsable du massacre d'environ 300 000 Arméniens de l'Empire ottoman. Il s'appuie sur les rivalités entre les chefs kurdes de l'Arménie Occidentale (ou du sud-ouest de la Turquie actuelle) et les Arméniens et agite régulièrement le drapeau du combat contre les « infidèles ». A l'issue de la guerre entre la Russie et l'Empire Ottoman, le Traité de Berlin (1878) exigeaient des réformes de l'Empire Ottoman pour mieux reconnaître et protéger les droits des minorités, et donner aux Arméniens un droit d'autonomie sur des provinces orientales de l'Empire où ils étaient majoritaires. Le sultan et calife Hamid II n'accepte pas cet immixtion des puissances européennes dans les affaires intérieures de l'Empire et les défaites turcs dans les Balkans et le Caucase, sous l'effet de l'affrontement avec la Russie, autre grande puissance régionale, et du réveil des nationalités, crée un afflux de réfugiés turcs qui génère un climat propice à la violence ethnique. Entre 1894 et 1895 ont lieu des massacres systématiques.

Les massacres sont le double produit de la crise de l'empire ottoman, des reculs dans les Balkans et le Caucase qui exacerbe le nationalisme turc et la volonté de turquifier en retour l'Anatolie, et de la volonté de punir l'influence internationale nouvelle acquise par les revendications d'égalité des arméniens, sujets de seconde zone dans l'empire ottoman, et l'émergence du nationalisme révolutionnaire arménien, avec la création du Hentchak en 1887 et du Dachnak en 1890, deux partis de gauche socialiste et nationaliste qui organisent aussi l'auto-défense des arméniens dans la partie orientale de l'empire ottoman où ils sont régulièrement victimes de l'arbitraire des représentants du sultan, ou de violences de chefs tribaux dans les campagnes. « En 1894, éclate parmi les Arméniens de Sassoun une rébellion qui est brutalement réprimée par l'armée, dans un schéma que l'on peut encore dire traditionnel de rébellion/répression.

En 1895-1896, c'est une autre phase, celle des pogroms et des massacres à grande échelle, qui se déclenchent lorsque l'on apprend que le sultan a cédé aux grandes puissances en acceptant leur programme de réformes. La question de la réforme arménienne a été posée dès le congrès de Berlin en 1878. Mais il y a eu un malentendu dramatique autour de ce mot : pour les Européens qui veulent les inspirer, il s'agit de réformes qui doivent améliorer la condition des chrétiens et leur assurer l'égalité avec les musulmans ; pour les Arméniens, c'est la promesse de la sécurité, du progrès et de la liberté ; pour beaucoup de musulmans, instruits par les précédents balkaniques et qui y sont très réticents, les réformes en faveur des chrétiens (et notamment des Arméniens) signifient l'autonomie puis l'indépendance » (entretien avec l'historien turc Taner Akçam, L'Histoire n°408, février 2015).

Entre 1894 et 1896, les massacres d'Arméniens en Turquie font 300 000 victimes.

Sensibilisé à l'histoire de l'Arménie et à son évolution dès janvier 1895, Jaurès se fait l'un des plus fervents défenseurs des Arméniens et contempteur de la politique pro-ottomane de la France, dictée surtout par des intérêts financiers, notamment lors du débat parlementaire de novembre 1896.

En novembre 1896 il interpelle dans La Dépêche, dénonçant la politique d'ignorance du ministère Hanotaux et du tsar au nom de la real politik et des « affaires » des crimes turcs et kurdes contre les arméniens organisés par le Sultan : « Il est d'autant plus urgent que la démocratie française et en particulier le prolétariat socialiste interviennent dans la marche générale des affaires européennes que vraiment les gouvernements d'aujourd'hui ont manqué à tous leurs devoirs et ont attesté l'incapacité foncière de l'Europe actuelle, monarchique, capitaliste et bourgeoise, à accomplir sa fonction. Plus de cent mille créatures humaines ont été depuis deux ans massacrées, violées, torturées, dans un pays auquel l'Europe, par la plus solennelle signature, avait promis, il y a dix-huit ans, protection et sécurité. Et il n'y a pas eu un seul gouvernement qui ait voulu ou qui ait pu tenir cet engagement sacré. L'Angleterre voulait intervenir, mais elle était justement suspecte, par tous ses actes à Chypre et en Egypte, d'une arrière-pensée égoïste et d'une combinaison peu loyale. La Russie, par méfiance de l'Angleterre, a laissé systématiquement macérer dans le sang toute la population arménienne ; elle s'est opposée, par tous les moyens dilatoires, à toutes les mesures qui auraient pu sauver quelques existences humaines... Et pendant que la Russie et l'Angleterre, chacune à leur manière, compromettaient la vie de cent mille Arméniens, pendant que la France de M. Hanotaux ne donnait d'autre consigne à son ambassadeur à Constantinople, M.Cambon, que de suivre aveuglement l'ambassadeur russe M. de Nélidoff, l'Arménie était soumise à un régime d'atrocité auquel on ne sait si les violences asiatiques des Mongols eux-mêmes sont comparables ».

Jaurès écrit manifeste aussi dans La Revue bleue le 4 décembre 1897 l'ambiguïté et la duplicité de la droite sur la question arménienne, partagée entre la compassion pour le martyre de Chrétiens et les préoccupations économiques: « Pour l'Arménie, pendant deux ans, la presse française livrée aux grandes influences ottomanes ou aux porteurs de titres a fait le silence sur les massacres. Il y a eu une heure cependant où la vérité, toute sanglante, a forcé tous les yeux. Et les conservateurs catholiques ont été dans le plus cruel embarras. Comme conservateurs et capitalistes, ils ne pouvaient abandonner les porteurs de titres ottomans et ébranler la réaction européenne alliée au Turc. Comme catholiques, ils ne pouvaient renier les traditions de la France chrétienne. C'est par un savant partage d'attributions qu'ils ont résolu le problème. Les députés de droite ont reçu mandat de voter pour le ministère et pour les Turcs. Les journaux de droite ont reçu mandat de manifester pour les Arméniens. Les coupons étaient sauvés par les députés, l'honneur sauvé par les journalistes. Oui, mais la honte de la politique capitaliste ne passait plus inaperçue : toute la France sait maintenant, et par les journaux conservateurs eux-mêmes, qu'à la force des intérêts capitalistes ont été sacrifiés et l'honneur du pays et les droits de l'humanité ».

En 1903, Jaurès met en garde une nouvelle fois contre la complaisance vis à vis des dérives sanguinaires du régime turc, à l'occasion d'un article sur la Macédoine (La Dépêche, 19.02.1903) : « si l'Europe n'intervient pas à temps, si elle n'oblige pas, par une action commune et vigoureuse le sultan Abdul-Hamid à réaliser sans délai des réformes profondes et à donner aux opprimés quelque sécurité et quelques garanties, les plus redoutables conséquences vont se développer pour l'humanité et pour la paix. Le sultan a pu massacrer impunément tout un peuple, le peuple arménien, l'Europe, paralysée par l'intrigue, immobilisée par la diplomatie russe du prince Lobanof, dont notre ministre Hanotaux était le serviteur humble et odieux, a assisté, sans un geste d'émoi, presque sans une parole de pitié, à une des plus hideuses boucheries qu'ait vues la triste histoire des hommes, à l'égorgement systématique de toute une population sans défense. Et le sultan n'a pas encore rassasié sa vengeance. Il a grisé d'une odeur de sang tous les fanatiques de son empire ; il a éveillé partout l'envie du meurtre... ». Jaurès ne voit qu'un moyen pour empêcher l'insurrection violente des Arméniens, déclenchant un conflit plus généralisé au niveau européen, c'est que l'Europe pèse de tout son poids y compris en menaçant de rétorsions économiques et d'une action militaire, pour que la Turquie respecte les droits des minorités et leur assure une égalité de traitement.

A travers ces prises de position, horrifiées et lucides sur les menaces à venir pesant sur les Arméniens et d'autres minorités de l'Empire Ottoman, on retrouve bien la visée internationaliste et humaniste de Jaurès, qui croit à l'obligation de la France de défendre les droits humains, les valeurs démocratiques, au-delà de ses frontières, sans considérer de manière prioritaire les intérêts commerciaux ou le principe de souveraineté des États et non ingérence. Il est illusoire de croire défendre les intérêts de la Paix on laissant des minorités se faire massacrer dans leurs propres pays par un État souverain mais tyrannique.

En 1908, le Comité « Union et progrès » des Jeunes Turcs prend le pouvoir en Turquie et manifeste une volonté de modernisation du Pays sur des bases nationalistes mais séculières. Les arméniens au départ soutiennent le nouveau régime, en particulier le parti dachnak qui a contracté une alliance avec les Jeunes Turcs.

Dès mars-avril 1909 néanmoins, ne nouveau pogromes anti-arméniens ont lieu à Adana en Cilicie, dans le sud de la Turquie, en répression de manifestations arméniennes. 30 000 Arméniens sont tués, et 20 000 autres dans les districts environnants. Le gouvernement des Jeunes Turcs a manifesté ainsi qu'il comptait bien reprendre à son compte la sinistre tradition sanguinaire et raciste du sultan rouge.

L'idéologie nationaliste étroite Jeune Turque se radicalise encore vers 1912. L'entrée en guerre de la Turquie en novembre 1914 aux côtés de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie partage les Arméniens entre les camps antagonistes. La création d'un corps de quelques milliers de volontaires arméniens combattant au côté des Russes au Caucase fournit un prétexte aux autorités turques pour « régler » définitivement la question arménienne : accusés d'être une cinquième colonne, les Arméniens de Turquie sont impitoyablement pourchassés, après l'écrasement des armées turques à Sarikamish en janvier-février 1915 face aux troupes russes, et à partir d'avril 1915, et déportés vers les déserts de Syrie et de Mésopotamie. De 1915 à 1918, 40 à 50 % (soit un million et demi) des Arméniens de l'empire ottoman vont périr au cours de ces déportations, décimés par les massacres, la faim, les épidémies.

Les premiers à être massacrés sont les 120 000 soldats arméniens des troupes turques, une fois désarmés puis envoyées à accomplir des corvées et des travaux de forçats avant d'être exécutés.

Puis un plan secret est mis en place par le gouvernement de Talaat Pacha, avec notamment l'emploi de prisonniers de droit commun délivrés pour massacrer les arméniens, l' « organisation spéciale ».

A partir du 24 avril 1915 les déportations commencent de manière systématique. Une bureaucratie très complexe se met en place. Les notables, prêtres, sont arrêtés, liquidés. Dans les villages retirés, on massacre la population sur place. Dans les villes importantes où les Arméniens étaient majoritaires, on organise des convois. On fait marcher les civils sans eau et sans nourriture en direction du Sud, de la Syrie.

Au total, compte tenu des réfugiés de Russie, on peut estimer à 600 000 le nombre de survivants de l'Arménie occidentale à la fin de 1916, sur une population estimée selon les statistiques à entre 1 800 000 et 2 millions d'habitants en Anatolie. Le Génocide a donc fait entre 1,2 et 1,5 millions de morts, auxquels on peut ajouter les 300 000 tués de 1894-1896.

150 000 Arméniens de Turquie ont pu se réfugier sur le territoire de l'Arménie actuelle à l'automne 1917, quand éclate la Révolution d'octobre et que les trois Républiques du Caucase, Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan, déclarent leur indépendance.

A l'hiver 1918, Enver Pacha reprend les hostilités sur le front de l'Arménie actuelle face aux arméniens et aux russes, et mars 1918, lors de la paix de Brest-Litovsk, la Russie retrocède à l'Empire Ottoman les districts de Kars (Arménie historique), Ardahan, Batoumi (sud de la Géorgie).

Le retour dans la Turquie orientale des Arméniens de l'Empire Ottoman survivants est désormais impossible.

Décrétée en mai 1918, l'indépendance de l'Arménie, sur un réduit montagneux de 10000 km2, ne dure pas longtemps puisque l'Armée Rouge envahit l'Arménie et l'intègre à l'Union des républiques communistes en juillet 1920.

Face aux succès de Mustafa Kemal, la France, pourtant victorieuse et puissance occupante, ne réagit pas après la guerre 1914-1918 pour protéger les communautés arméniennes du sud-ouest de la Turquie, laisse massacrer 6000 Arméniens à Edesse (Ourfa). La France se retire de Cilicie et les Arméniens survivants sont pour beaucoup amenés à émigrer en même temps que 1, 2 millions de Grecs quittent la Turquie en 1923 après la défaite de la résistance grecque face à Mustafa Kemal.

En 1927, on ne démombre plus en Turquie que 77 433 Arméniens dont 120 vivent à Adana, la principale ville de Cilicie et la majorité à Istambul. La retrocession en 1939 du sandjak d'Alexandrette (Hatay) à la Turquie par la France sera l'occasion d'un dernier exode collectif : 15000 Arméniens abandonnent leurs terres et leurs villages pour partir en Syrie.

Ismaël Dupont

Carte du Proche-Orient à la Veille de la Première Guerre Mondiale et du génocide des Arméniens

Carte du Proche-Orient à la Veille de la Première Guerre Mondiale et du génocide des Arméniens

Un commentaire intéressant de Michel Rami sur le Facebook de Histoire populaire (Pascal Bavencove) qui a relayé cet article sur sa page passionnante consacrée à l'histoire du mouvement ouvrier, anti-colonialiste, communiste:

Les Arméniens descendent d'un peuple sémitique qui vit sur ce territoire depuis environ 3000 ans et dans l'antiquité a cohabité avec les Hittites. le royaume d'Arménie fut le 1er à adopter le christianisme au 3ème siècle après JC. L'empire romain d'orient a occupé les territoires en question (capitale Constantinople) jusqu'en 1453. L'invasion Turque s'est faite en 2 vagues, la 1ère par les Seldjoukides qui fut éphémère, la 2ème ,définitive, par les tribus Ottomanes qui ont conquis Constantinople, grace à leurs énormes canons. ils ont amené l'Islam, mais les Arméniens, obéissant à une religion du "livre" ont été tolérés. Je passe sur l'expansion immense de l'empire Ottoman. Au début du 20ème siècle, la Turquie est en pleine décadence, et perd l'un après l'autre tous les territoires de son empire. C'est un gouvernement ultra nationaliste qui prend le pouvoir en 1910 (les Jeunes-Turcs), avec l'idéologie de réunir tous les Turcs d'Asie centrale. Cela s'appelait le Pantouranisme ou panturquisme. Les Arméniens,chrétiens et d'une autre origine étaient depuis toujours chez eux en Anatolie, et le projet de les éliminer a été lentement élaboré, car ils étaient sur le "chemin". Le projet englobait l'Azerbaïdjan, le Turkmenistan et l'Uzbekistan actuels. Le négationnisme turc repose sur une imposture militaire. Pendant la 1ère guerre mondiale, l'empire ottoman a perdu ses dernières colonies, soit tout le moyen orient arabe. Comme la Russie était du côté des alliés, le prétexte officiel fut la "trahison"totalement fictive, des Arméniens qui auraient fait le jeu des Russes (même religion) et dont la "déportation" fut décidée. D'où le"dommage collatéral" de votre jeune historienne nourrie de propagande. puisque c'était la guerre.....Le plus étonnant, c'est qu'après la guerre, les Jeunes-Turcs ont été chassés du pouvoir par Mustapha Kemal, ont dû s'exiler, et ont été ensuite exécutés par un commando de vengeurs Arméniens. Pourquoi Atatürk ne les a pas désavoués? En fait, c'est parce que s'il l'avait fait, il aurait dû entériner le 1er traité de Versailles qui prévoyait de restituer une partie de l'Anatolie aux Arméniens. Mais,ce sont les Russes qui ont sauvé ce qui restait de l'Arménie et ont sécurisé la frontière actuelle. (et ils y sont toujours d'ailleurs) Or c'est à ce moment que la Russie a fait sa révolution, et que la Turquie est devenue incontournable à cause de sa frontière avec l'Union Soviétique. Du coup, les occidentaux ont fermé les yeux sur ce crime monstrueux...Realpolitik.....et début de la guerre froide.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 13:57
le blanchiment des troupes coloniales en 1944

le blanchiment des troupes coloniales en 1944

LUNDI 11 JUILLET, 23h00 sur France 3

Documentaire de

  • Jean-Baptiste Dusséaux / Réalisateur

Le blanchiment des régiments se définit comme le renvoi et le remplacement des soldats noirs venus d'Afrique par des recrues blanches pour la dernière étape de la Libération. Cette opération logistique méconnue est appliquée à l'automne 1944. Environ 20 000 soldats noirs de l'armée française sont rapidement retirés du front et renvoyés chez eux. Cette décision a été prise, au début, pour satisfaire à la demande des Américains qui ne souhaitaient pas voir de soldats de «couleur » dans la 2e DB du général Leclerc puis par le Gouvernement Provisoire de la République (GPRF) pour les autres régiments.

Lire aussi cet article de 2011 du Chiffon Rouge à partir des enquêtes de la morlaisienne Anne Cousin sur les Tirailleurs Sénégalais: Comment les autorités françaises ont spolié, humilié, massacré les tirailleurs Sénégalais parqués à Morlaix à l'automne 1944.

Morlaix a été le théâtre à la Libération d'un moment honteux de l'injustice faite aux tirailleurs sénégalais, prisonniers de guerre en France pendant cinq ans ou anciens combattants de la France libre dont on ne voulait plus sous les drapeaux. Dans un livre publié cet année chezL'Harmattan, Retour tragique des troupes coloniales (Morlaix-Dakar, 1944), petit essai enrichi par des documents tels que d'émouvantes photos et correspondances privées entre tirailleurs sénagalais et morlaisiens, la journaliste Anne Cousin rapporte et contextualise ces évènements qui révèlent tout à la fois la solidarité de beaucoup de familles françaises avec ces combattants africains démunis et parqués comme des animaux dormant sur la paille exposés au courant d'air dans la Corderie de la Madeleine et le manque de considération déshonorant dont ils ont été victime de la part de l'Etat français.

Ils étaient soudanais, gabonais, maliens, ivoiriens, sénégalais: on les avait recrutés avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale dans les rangs des tirailleurs sénégalais avec des méthodes alternant entre la promesse de gloire et d'une promotion sociale et l'enrôlement de force. 149 000 « Sénégalais » étaient mobilisés en métropole en 1940, dont 40000 engagés dans les combats en métropole. Ce sont ces soldats africains qui vont payer le plus lourd tribut de sang dans les combats extrêmement violents de l'été 1940 17000 (et 38%) d'entre eux environ vont mourir pour défendre le territoire français parce que l'état major les place en première ligne pour accomplir les missions les plus dangereuses ou les plus désespérées, parce que l 'armée allemande les considère comme appartenant à une race inférieure et n'a aucune pitié, aucun ménagement pour eux quand ils sont vaincus. « L'armée nazie traque fréquemment les hommes de couleur, rappelle Anne Cousin, comme à Chasselay dans le Rhône où le 25e régiment de tirailleurs sénégalais qui défendait Lyon sera anéanti, 180 d'entre eux seront écrasés par les chenilles des chars allemands ou froidement exécutés ».

Les prisonniers africains et coloniaux de l'armée française ne seront pas envoyés en Allemagne dans les stalags avec les autres prisonniers de guerre français. L'Allemagne nazie craint la « contamination raciale ». Ces 15000 tirailleurs sénégalais prisonniers, ajoutés 54000 Malgaches, Nord-Africains, Indochinois, Martiniquais, vont être dirigés au printemps 1941 vers 22 camps de rétention spécialement destinés aux hommes de couleur en zone nord, nommés frontstalags. « La majorité d'entre eux, écrit Anne Cousin, sont employés dans les usines, en agriculture, sur les routes et les chantiers de l'organisation Todt... Ils vivent dans des conditions très précaires, manquant souvent de nourriture, reclus dans des baraquements sans chauffage ». Comble d'ignominie, comme l'Allemagne à partir de 1943 a besoin de combattants, la surveillance des frontstalags se fera par l'armée pétainiste. L'armée coloniale française gardée comme des bêtes de somme par l'armée française...

Mais la France gaulliste n'est pas en reste d'ingratitude vis à vis de ses soldats coloniaux. Jugez plutôt. L'armée de de Lattre de Tassigny qui s'illustre en Italie, en Corse, dans le débarquement de Provence en août 1944 est composée en grande majorité d'Africains qui seront accueillis triomphalement par les populations du sud de la France. Les troupes d'Afrique du Nord et d'Afrique Noire vont ensuite être engagées dans des combats très meurtriers dans les Vosges et en Alsace, dont témoigne le récent film Indigènes de Rachid Boucharef.

« Mais, écrit Anne Cousin, à la veille de fouler le sol allemand, les troupes indigènes vont être rapatriées en octobre 1944 vers le sud de la France car l'armée de la France libre organise une opération de blanchiment, ce qui est parfois frustrant pour ces contingents noirs qui se sentent si près du but et laissés pour compte ». Ils sont remplacés par de 50000 jeunes recrues de la FFI (Forces françaises de l'Intérieur), d'anciens résistants, souvent jeunes et réfractaires du STO, qui s'engagent ensuite dans l'armée régulière pour abattre l'Allemagne.

Au total, ce sont 20 000 Africains qui sont retirés des unités de combat et regroupés dans le midi de la France en attente de rapatriement. « Cependant, rappelle Anne Cousin, par manque de transports maritimes disponibles, les combattants coloniaux vont attendre, vivant dans des conditions matérielles déplorables, car beaucoup d'entre eux n'ont rien perçu. Dans les régions, des familles françaises et marraines de guerre vont permettre à ces soldats malades et démunis, de survivre ».

Morlaix est libéré le 8 août par des troupes américaines motorisées et des groupes de résistants. Il faudra attendre mai 1945 pour voir le retour des 23 survivants des camps de concentration nazis raflés avec 37 autres otages en représailles de l'attentat commis contre le Foyer des soldats allemands le soir du 24 décembre 1943. En octobre 1944, le retour en Afrique des prisonniers coloniaux qui ont quitté leurs frontstalags et leurs camps de transit s'organise. Le port de Morlaix est choisi pour acheminer 2000 hommes vers Dakar pour un départ prévu le 4 novembre 1944. 2000 tirailleurs sénégalais arrivent donc à partir du 26 octobre à Morlaix, venus de La Flèche, Versailles, Rennes, Coetquidan, Cholet.

On a prévu de les loger dans un cantonnement rue de Callac et dans la corderie de la Madeleine, au-dessus du cimetière Saint Charles et de la place Saint Nicolas. Les autorités militaires ont formellement défendu aux familles françaises d'héberger les troupes, mais « cette consigne ne sera pas respectée car les Morlaisiens vont vite constater que certains d'entre eux sont mal nourris et malades. Des familles vont leur donner alimentation et médicaments, prêter leurs cuisines, les héberger, les accueillir chaleureusement » ( Retour tragique des troupes coloniales, p. 39). Les Africains mangent souvent la soupe le soir dans les familles, ils jouent avec les enfants, sont soignés et on leur permet même souvent de se reposer au chaud sur des vrais matelas dans les maisons du quartier populaire de la Madeleine. Certains d'entre eux fraternisent avec la population morlaisienne et correspondront avec des familles pendant des semaines, mais beaucoup aussi sont excédés par les épreuves endurées pendant leur captivité sous surveillance française et l'ingratitude de la France. Surtout, ils craignent de se faire rouler comme les soldats africains de la première guerre mondiale, revenus au pays après tant de sacrifices sans soldes ni pensions d'anciens combattants.

Avant le départ prévu le 4 novembre, les tensions et les inquiétudes s'exacerbent parmi les tirailleurs sénégalais et des incidents éclatent. Ce qui allume la mèche est le constat d'une inégalité de traitement entre les anciens prisonniers venant de Versailles, qui ont reçu des rappels de solde de 7000 anciens francs (soit 10,67€) alors que les soldats africains d'autres centres de regroupement ont perçu seulement 2200 francs, soit 3,05€. Le 28 octobre, un capitaine venu du Mans à Morlaix pour régler le rappel de solde est séquestré quelques instants par les sénégalais et doit se justifier sur ces déséquilibres constatés. Il peine à convaincre que ceux qui ont reçu moins de rappels de soldes seront payés à leur arrivée à Dakar. Finalement, à l'aube du 5 novembre, 300 hommes refusent d'embarquer sur le Circassia, le navire appartenant à la marine britannique qui doit les ramener à Dakar.

Pendant 6 jours, ils sont cantonnés dans la Corderie de la Madeleine jusqu'à ce que 100 gendarmes surarmés les réveillent brutalement à 6heures du matin le 11 novembre, les obligeant à sortir dans le froid, puis à revenir dans le bâtiment pour fouiller leurs bagages dans le noir, avant de les obliger d'acheminer tous leurs bagages à pied jusqu'à la gare de Morlaix, distante de 1,5km. Les Sénégalais se révoltent contre ce traitement brutal qui revient à les traiter comme des criminels et des coups de poings, des coups de crosse et des coups de feu sont échangés, faisant 8 blessés sérieux, dont un gendarme. Dans l'édition du 18 au 25 novembre de l'hebdomadaire de tendance républicaine socialiste avec des sympathies communistes qui reparaît localement, L'Aurore, on s'émeut et s'indigne de la brutalité de l'armée vis à vis de ses Africains qui l'ont servi avec loyauté et qui ont tant sacrifié pour elle:

P. 49 de Retour tragique des troupes coloniales. Le journal L'aurore titre: « 11 novembre sanglant à Morlaix: cent gendarmes tirent sur des Sénégalais désarmés (…). Deux mille Sénégalais récemment délivrés de camps de concentration et groupés à Morlaix attendaient depuis quelques jours leur départ pour l'Afrique. Après plus de quatre ans de captivité, leur arriéré de solde était très important, aussi en attendaient-ils le paiement avec fébrilité. La plupart furent réglés sauf 325 d'entre eux, cantonnés (baugés conviendrait mieux) au quartier de la Madeleine. Le jour du départ arriva et ces 325 infortunés refusèrent d'embarquer avant d'avoir été alignés en solde, disant qu'ils ne voulaient pas être dupes comme leurs pères, qui en 1918 après avoir versé généreusement leur sang pour la France, étaient rentrés au pays sans solde, que depuis ils attendent toujours. Nos braves bamboulas restent inflexibles et inséparables dans leur résolution et le bateau partit sans eux. (…). Vendredi, l'arrivée insolite d'un fort contingent de gendarmes harnachés et armés en vrais guerriers excita quelque peu la curiosité populaire. (…). Vers cinq heures du matin, l'attaque commença. Des gendarmes pénétrant dans la bauge-dortoir intiment à tout le monde de sortir illico en joignant le geste à la parole empoignant les hommes en caleçon ou à demi vêtus pour les faire sortir de force. Ce réveil surprise ne fût pas du goût des Sénégalais qui, les premiers moments de stupeur passés, comprirent le genre de brimades et de provocations dont ils étaient l'objet. (…) Tout à coup dans la nuit claqua un coup de feu. Ce fut le commencement du drame: qui avait tiré? D'après la version officielle ce serait un Sénégalais? Mais nous nous refusons d'y croire, car ils étaient venus désarmés de leurs camps et ils ne possédaient que quelques baïonnettes-souvenirs dont ils n'avaient pas fait usage. (…) Ce fut la fusillade générale... Entre temps les maisons du voisinage furent assiégées par les gendarmes pour en faire sortir les Sénégalais que les habitants hébergent par charité (…). Triste aube du 11 novembre, disent les habitants de ce paisible et populaire quartier qui furent réveillés par le vacarme. »

Dans le rapport du commandant de la gendarmerie du Finistère sur les incidents du 11 novembre, il est bien précisé que « les conditions matérielles d'installation des Sénégalais dans une baraque de plus de cent mètres de long, ouverte à tous les vents, un parquet recouvert seulement d'une mince couche de paille étaient vraiment inadmissibles et ont pu entraîner l'explosion spontanée d'une irascibilité collective latente au moment de l'intervention des gendarmes ». Le commandant de gendarmerie dénonce aussi le racisme décomplexé du colonel Mayer, chef d'état major de la région, qui au téléphone, le 11 novembre à 13h, a tancé le capitaine de gendarmerie Wahart en ces termes: « Il ne s'agit pas de parlementer avec les Sénégalais- Ne pas hésiter à employer la force si nécessaire. Si les Sénégalais ne sont pas rendus à destination dans la soirée, le capitaine et le lieutenant de gendarmerie seront arrêtés pour refus d'obéissance et traduits devant un tribunal militaire ».

Les 300 tirailleurs sénégalais indignés ayant refusé leur embarquement vont donc parvenir au camp de Trévé près de Loudeac dans les Côtes d'Armor (Côtes du Nord à l'époque) le 11 novembre 1944, et ils vont rester encore en rétention jusqu'au 18 janvier 1945, avant d'être transférés à Guingamp.

Pendant ce temps, leurs compagnons tirailleurs sénégalais sont embarqués pour Dakar et un climat d'agitation règne sur le bateau, puisqu'à chaque escale – Plymouth, Cardiff, Casablanca- les soldats demandent à ce qu'on leur paye leurs arriérés de soldes, tandis qu'on leur répond invariabalement qu'il n'y a pas assez de liquidités sur le moment dans les caisses et que leur réglera ce qu'on leur doit un peu plus tard. A Casablanca, pour calmer un peu le climat, on oblige 400 tirailleurs à débarquer.

Le massacre de Thiaroye

Quand le Circassia arrive à Dakar le 21 novembre, les 1200 ex-prisonniers sont directement transférés au camp de transit de Thiaroye, ville proche de la capitale sénégalaise, avant de pouvoir regagner leurs pays d'origine. Là-bas, les tirailleurs sont très inquiets, craignant qu'on les disperse avant de leur verser leur dû, auquel ils devraient finalement renconcer, roulés dans la farine par une armée menteuse et manipulatrice comme la génération passée en 1918. A l'arrivée des tirailleurs à Thiaroye, le gouverneur général de l'Afrique Occidentale Française envoie un télégramme au ministère des colonies à Paris disant qu'il y a urgence à satisfaire les légitimes réclamations des soldats démobilisés en disant sinon qu' « il n'est pas impossible que incidents graves se produisent malgrés précautions prises... ».

C'est pourtant ce qui arrive. Ne voyant pas venir leur solde alors qu'on leur demande maintenant de reprendre le train en partance pour Bamako au Mali, 500 tirailleurs refusent de prendre le train et retiennent le général Dagnan, commandant la division Sénégal-Mauritanie pendant une heure dans sa voiture. « Le général, raconte Anne Cousin, les informe qu'il va en référer aux autorités supérieures afin de régler les problèmes exposés. Fort de ces nouvelles promesses, on le laisse partir. Mais le général Dagnan considérant qu'il a été pris en otage et qu'un climat de rébellion existe dans le camp de Thiaroye, va demander au commandant supérieur de Boisboissel son accord pour faire « une démonstration de force » à l'égard de ces ex-prisonniers indisciplinés ».

Au petit matin, ajoute l'auteur, « plusieurs bataillons de régiment d'artillerie coloniale, pelotons de gendarmerie, et tirailleurs sénégalais du bataillon Saint Louis, ouvrent le feu sur leurs camarades qui sortent hébétés des baraquements. C'est avec un char M3, deux half-tracks, trois automitrailleuses que l'assaut est donné. Les rapports officiels font état de 24 morts et onze blessés qui ne survivront pas aux blessures, ce qui porte à 35 le nombre de tués et à 34 le nombre de blessés, 48 mutins seront arrêtés et présentés devant un tribunal militaire » (p.69). L'ancien président des anciens combattants et prisonniers de guerre du Sénégal, Doudou Diallo rapporte que ce massacre contre des hommes désarmés a eu lieu après un dernier ultimatum effectué quand ils sont sortis de leurs baraquements (« Embarquez dans les wagons où nous tirons »), mais les tirailleurs avaient appris à n'avoir plus peur des blancs ni de la mort, à placer la dignité au-dessus de tout, et ces ingrédients, ajoutés au cynisme et à la barbarie de l'armée française et de l'Etat colonial, rendaient inéluctables la décolonisation. Après la fusillade, Doudou Diallo raconte qu' « un commandant a voulu obliger un blessé à marcher à pied jusqu'à l'hôpital. L'homme a refusé: « Même l'ennemi nous ferait transporter » ». Devant le train, un autre tirailleur qui refusait d'embarquer a été abattu froidement...

Cette ignominie a été parachevée, au tribunal militaire permanent de Dakar, par une parodie de procès pour mutinerie en mars 1945 de 45 tirailleurs survivants dont on rendait responsable « leur contamination par la propagande allemande » (sachant que plusieurs d'entre eux, dont Doudou Diallo, s'étaient engagés dans la Résistance FFI) : 34 ont été condamnés, certains à des peines allant jusqu'à 10 ans d'emprisonnement.

Une loi du 16 avril 1946 adoptée grâce à la pression exercée par le député Léopold Sedar Senghor sur Vincent Auriol, permit d'amnistier et de libérer les condamnés mais les anciens combattants condamnés ne recevront jamais d'indemnités ni de réhabilitation. A l'indépendance des anciens Etats colonisés, les pensions d'anciens combattants seront gelées. En 2000, la retraite du combattant selon le GISTI (groupe d'information et de soutien des immigrés) s'élevait à 430 € pour un Français, 175€ pour un Centrafricain, 85€ pour un Malien, 57€ pour un Algérien, 16€ pour un Cambodgien ». C'est à Chirac que l'on doit d'avoir si tardivement, alors qu'il ne reste que très peu d'anciens combattants survivants, rétabli cette injustice en revalorisant les pensions des anciens soldats des colonies et en reconnaissant, par l'intermédiaire de Pierre André Wiltzer, ancien ministre délégué à la coopération, la tâche pour la République Française qu'a constitué la tuerie de Thiaroye.

Compte-rendu du beau livre d'Anne Cousin dont on ne saurait trop recommander l'achat (11 €) et la lecture réalisé par Ismaël Dupont.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 11:31
NONO, 40 ans de dessins en Bretagne, aux éditions Palantines, PAUL BUREL- YVES QUENTEL- NONO, 2012 - 190 p. 25€

NONO, 40 ans de dessins en Bretagne, aux éditions Palantines, PAUL BUREL- YVES QUENTEL- NONO, 2012 - 190 p. 25€

Nono - C'était il y a 40 ans...

Nono - C'était il y a 40 ans...

Tout le monde connaît les dessins de Nono, découverts chaque jour avec curiosité, sourire ou rire franc, dans le Ouest-France d'abord, il y a plus d'une vingtaine d'années, puis dans le Télégramme. Un style clair, tendre, joyeux, bourré de clins d’œil à la culture bretonne, jamais franchement méchant mais presque toujours gentiment ironique.

On découvrait aussi les dernières trouvailles de Nono dans le magazine municipal de la ville de Vannes, sur les documents électoraux de la gauche, puis dans les albums annuels de Nono offerts par ma belle-mère, une ex-collègue et amie du dessinateur vannetais, avec plusieurs dessins de presse inédits, refusés ou auto-censurés car pas très politiquement corrects, qui permettent de reparcourir les événements de l'année en se tordant de rire.

J'ai chez moi une nappe en papier couverte de dessins politiques hilarants de Nono à l'occasion d'un banquet politique quand j'avais 18 ans. Mais aussi des carnets de voyage du Maroc car Nono est un amoureux des marches dans l'Atlas.

Nono est en plus un super mec, modeste avec son génie du dessin humoristique et son activité débordante (il a pu être prof de philo tout en dessinant plusieurs dessins par jour pour la presse quotidienne régionale, et en produisant d'autres projets pour illustrer des textes de toutes sortes), chaleureux et ouvert.

Ce livre biographique de Paul Burel et de Yves Quentel, préfacé par René Pétillon, et illustré par des dessins anciens ou inédits de Nono lui-même permet de mesurer la richesse du parcours du dessinateur de presse breton le plus talentueux. Je l'ai acheté au festival étonnants voyageurs de Saint Malo où j'ai eu une longue conversation avec Nono qui vendait aussi son histoire illustrée et drolatique de la philosophie et son livre sur l'humour de l'arsenal aux éditions Dialogues, et bien d'autres livres encore, car il est extrêmement prolifique, surtout depuis qu'il est en retraite de sa carrière de professeur, menée pendant plusieurs années au lycée Charles de Gaulle de Vannes.

Nono, Joël Auvin de son vrai nom, est né à Inzizac-Lochrist, il a découvert le dessin dans Vaillant et l'a expérimenté dans la feuille de chou de son lycée, puis sur les bancs de la fac de philo, avec les régionalistes bretons de l'UDB dont il était sympathisant, et l'écrivain fétiche du journal Le Peuple Breton. Il a mené ensuite en parallèle une carrière de prof de philo et de dessinateur à Carhaix, où il entre au lycée comme maître auxiliaire à 23 ans en 1972, et à Vannes.

Il entre au service de plusieurs rédactions locales du Ouest-France après son service militaire, en 1975.

Dans ce livre indispensable aux commentaires écrits par deux complices, on découvre le sens de l'amitié et de la convivialité de Nono, son amour du whisky, des fest-noz, ses dessins coquins d'étudiant, ses impertinences par rapport au religieux, son anti-militarisme, ses engagements écolos et pour la défense de la culture et de la langue bretonne, ses réserves par rapport aux sectarismes de tout poil.

Politiquement, Nono est engagé à gauche, pour la culture bretonne et pour l'écologie. Mélenchon n'est pas sa tasse de thé, et notre ami n'est pas non plus très tendre avec les communistes, souvenirs du combat anti-nucléaire de Plogoff, des régimes autoritaires communistes.

Cela ne l'a pas empêché de dessiner pour nous pour la campagne des législatives de 2012 du Front de Gauche à Morlaix, par sympathie entre nous.

Au fond de ses dessins, il y a tout de même une tendresse profonde pour le peuple, un désir de solidarité, une sympathie pour les luttes sociales.

Nono a beaucoup servi par exemple la cause de la défense de la maternité de Carhaix, il s'est engagé dans les luttes des syndicalistes enseignants contre les réformes de droite engagés par des gouvernements UMP ou PS (Claude Allègre).

On découvre dans ce livre des dessins beaucoup plus féroces et moins consensuels, plus hilarants aussi, que ceux qu'il peut délivrer au Télégramme.

Voici quelques bonnes pages des dessins contenus par le livre qui peuvent donner envie de l'acheter.

C'est une lecture d'été idéale.

Ismaël Dupont.

Nono découvre le dessin dans "Vaillant" en recopiant les personnages

Nono découvre le dessin dans "Vaillant" en recopiant les personnages

NONO- 40 ans de dessins en Bretagne, sous la plume de Paul Burel et de Yves Quentel aux Editions Palantines: une rétrospective hilarante à savourer
NONO- 40 ans de dessins en Bretagne, sous la plume de Paul Burel et de Yves Quentel aux Editions Palantines: une rétrospective hilarante à savourer
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le Brest de Nono

le Brest de Nono

NONO- 40 ans de dessins en Bretagne, sous la plume de Paul Burel et de Yves Quentel aux Editions Palantines: une rétrospective hilarante à savourer
NONO- 40 ans de dessins en Bretagne, sous la plume de Paul Burel et de Yves Quentel aux Editions Palantines: une rétrospective hilarante à savourer
NONO- 40 ans de dessins en Bretagne, sous la plume de Paul Burel et de Yves Quentel aux Editions Palantines: une rétrospective hilarante à savourer
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