Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 05:53
Onfray falsifie l'histoire: les communistes n'auraient parait-il commencé à résister qu'après l'invasion de l'URSS: Léon Landini, ancien résistant FTP-MOI, remet les pendules à l'heure

Récemment Michel Onfray a donné dans la contre-vérité historique en minimisant l'apport des communistes au commencement de la Résistance.

Léon Landini est un Résistant qui a gardé une énergie exemplaire, et il continue à ...résister au présent, comme disait Lucie Aubrac : on l'a vu aux journées du plateau des Glières (Haute Savoie).

Monsieur,

C’est avec retard que nous avons pris connaissance de votre émission, dans laquelle vous permettez au sieur Onfray, de vomir son anticommunisme, mettant en cause les FTP-MOI (Franc-Tireur et Partisans de la Main d’Œuvre Immigrée) et en offensant les communistes que nous sommes.

Cet individu, affirme que les communistes français (dont les FTP-MOI étaient un des bras armé) ne sont entrés en Résistance qu’après l’attaque allemande contre l’Union Soviétique et que pendant deux ans ils ont collaboré avec les nazis et qu’ils étaient anti-juifs.

Et cette crapule ose ajouter : « Nous leur accorderons tout de même le bénéfice du doute sur les horreurs de la Shoah. En avaient-ils connaissance ? Les idolâtres les plus fanatisés vous diront que non …. ».

Oser prétendre, comme il l’a dit, que peu ou prou nous aurions participé à la Shoah, relève de la diffamation. Il est intolérable que vous rendiez ces vilénies publiques et cela ne vous honore pas de permettre à cet histrion de se donner en spectacle dans votre émission.

Pendant la guerre, même les collaborateurs les plus pourris n’ont jamais accusé les communistes et les FTP-MOI d’être anti-juifs, bien au contraire, ils nous désignaient sous l’appellation de judéo-communistes.

D’après Onfray, ceux qui nieraient ses fausses révélations ne seraient que « des idolâtres les plus fanatisés ». En ce qui nous concerne, nous anciens FTP-MOI faisons partie de « ces fanatisés là » qu’il ait donc le courage de venir raconter ces saloperies dans une de nos réunions et il pourra constater à loisir que des vieillards fanatisés de 90 ans seront encore capables de lui faire avaler ces insanités.

Il convient de rappeler, que les combattants FTP-MOI des bataillons Carmagnole-Liberté (unité que des historiens désignent aujourd’hui comme « Le fer de lance de la Résistance armée française») ont été créés à l’initiative du Parti Communiste.

Les premiers engagés dans ces unités étaient des anciens des Brigades Internationales en Espagne et la majorité des dirigeants de la M.O.I. ainsi qu’une partie de ses combattants étaient d’origine juive, comme le prouve le nom des fusillés de l’Affiche Rouge.

Dans les cinq premiers créateurs de Carmagnole, il y avait, trois anciens des Brigades Internationales, mais tous les cinq étaient d’origine juive. Nous accuser de porter une part de responsabilité dans la Shoah, c’est nous accuser d’avoir participé à la déportation de nos propres familles, car à la libération combien d’entre nous se sont retrouvés tout seuls, leurs familles ayant totalement disparu dans les fours crématoires d’Auschwitz

Ces affirmations sont innommables et tous les mots orduriers figurant sur les dictionnaires sont encore faibles pour dire ce que nous pensons de votre hôte parasite.

Afin que vous sachiez, afin que vous connaissiez les falsifications historiques et les vilénies que vous avez permis de rendre publiques à l’odieux Onfray, nous allons vous démontrer par des preuves incontestables, que les communistes sont entrés les premiers en Résistance contre les nazis. Oui ! Nous disons bien les premiers ! Et ci-dessous nous allons vous le démontrer.

Voici quelques unes des prises de position et d’opérations militaires effectuées bien avant l’attaque avant l’attaque contre l’Union Soviétique.

Commençons par le début.

Dès 1936 beaucoup de communistes Français à l’appel de leur Parti, s’engagèrent comme volontaires dans les Brigades Internationales afin de porter secours au peuple espagnol agressé par le général Franco, qui s’était insurgé contre son propre gouvernement.

Ce général renégat, était aidé dans ses combats contre la République espagnole, par les nazis et les fascistes italiens venus lui prêter main forte.

Bien des années après, le gouvernement français reconnaissait que ceux qui s’étaient engagés et battus dans les Brigades Internationales, n’avaient pas seulement combattu pour défendre la République espagnole, mais qu’ils avaient également été les premiers à prendre les armes pour la défense de la liberté de notre pays.

En reconnaissance des services rendus à leur Patrie, le gouvernement Français leur a attribué la Carte de Combattant.

Le 6 Juin 1940 : Le Parti Communiste Français, charge le philosophe Georges Politzer (qui sera fusillé par les nazis) de remettre au ministre Anatole de Monzie un texte en cinq points rédigé par Benoît Frachon.

Le dernier point est ainsi libellé : « Il faut armer le peuple et faire de Paris une citadelle inexpugnable ». Il s’agit en fait du premier appel à la Résistance ouverte alors que la France n’a pas encore été envahie. On retrouve l’esprit et parfois la lettre de ce texte dans les tracts clandestins qui seront plus tard diffusés par les militants communistes. (Il en existe des exemplaires au Musée de la Résistance Nationale à Champigny).

Le 16 juin 1940 Les communistes brestois constituent leur premier dépôt d’armes au Bouguen, provenant d’armes abandonnées par l’armée anglaise.

Le 17 juin 1940 : Charles Tillon, Responsable National du PCF et futur commandant en chef de tous les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) était chargé par la direction du PCF, de réorganiser le Parti Communiste dans le Sud-ouest après les nombreuses arrestations, opérées dans les rangs de PCF.

Il lance, un véritable appel à la résistance contre le fascisme hitlérien. Voici quelques phrases de cet appel : « Mais le peuple français ne veut pas d’esclavage, de la misère et du fascisme …. Nous sommes pour un gouvernement, rétablissant la légalité du Parti Communiste, luttant contre le fascisme hitlérien. Nous sommes le nombre nous seront la force. Peuple des usines, des champs, des magasins et des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins et aviateurs encore sous les armes, unissez vous dans l’action ».

Il s’agit bien là du premier véritable appel à la résistance contre le fascisme hitlérien lancé après l’occupation de notre pays. Il est utile d’ajouter que des milliers de tracts reproduisant cet appel, furent distribués dans les rues de Bordeaux par des militants communistes.

En Juillet 1940 : A Nantes une famille d’instituteurs communistes nommée Leroy, à saboté une centrale électrique et participé à une distribution de tracts appelant à la Résistance.

Le 10 juillet 1940 : L’appel de Maurice Thorez et de Jacques Duclos qui déclare : « Un peuple comme le notre ne sera jamais un peuple d’esclaves ».

En août 1940 : « Dans le Nord, les communistes, Eusebio Ferrari, les frères Martel, les frères Camphin, Debarge et quelques autres incendient plusieurs véhicules de l’armée d’occupation et font sauter un train allemand ».

Le 29 septembre 1940 Le commissaire central du département, adresse un rapport au préfet de l’Aube : « Activité du Parti communiste, j’ai l’honneur de vous signaler que le Parti Communiste aurait organisé le ramassage sur tout le territoire des armes abandonnées par l’armée française pour en constituer des dépôts clandestins ».

Le 5 octobre 1940 Un rapport de Vichy fait état : «Que le communisme est devenu le symbole de l’indépendance nationale par contraste avec la résignation générale.

Octobre 1940 Le SS Sturmbahfuhrer Karl Bomelburg, chef de la Gestapo à Paris, signale à ses supérieurs le danger important auquel l’occupant est confronté : « Quoiqu’interdit le Parti Communiste est le seul des anciens Partis qui déploie encore une forte activité ».

Le 30 octobre 1940 : L’O.S. (l’Organisation Spéciale du Parti communiste) qui combattait déjà depuis quelques temps contre les occupants, a été officiellement homologuée « Unité Combattante le 30 octobre 1940 » par le ministère des Armées Françaises. Ces groupes spéciaux, constitués par le PCF en 1939, pour la protection des militants communistes recherchés par la police de Vichy, étaient des hommes aguerris, beaucoup avaient servi dans les Brigades Internationales en Espagne. Parmi les premiers animateurs de l’O.S. se distingueront des hommes qui paieront de leur vie la gloire des premières opérations militaires contre l’occupant. La liste des survivants artisans de l’O.S. est moins longue que celle des morts. Tous fusillés en 1941 et 1942.

Novembre 1940 : « Julien Hapiot, dirigeant communiste dans le Nord et Georges Capel incendient un parc automobile Allemand ».

Le 4 décembre 1940 : « Roger Landini, dirigeant des jeunesses communistes dans le Var, avec ses camarades a fait dérailler en gare de triage de Fréjus-Plage, un train chargé de produits alimentaires destinés à Allemagne ».

Le même mois : Eusebio Ferrari et Félicien Joly font sauter un train allemand et dynamitent la génératrice et la station de Bénory-Cumichy

Le 11 décembre 1940 Au sud-est de Dijon, les groupes de l’O.S. dirigés par Jean Mahon, Chalon et Grillot, font dérailler un train de marchandise, partant pour l’Allemagne.

Le 10 mars 1941, un groupe de l’O.S. abat trois soldats allemands au port de commerce de Brest.

Le 30 avril 1941 un sous officier allemand est abattu à Lambersart dans le Nord par le groupe de l’O.S. d’Eusebio Ferrari.

Le premier mai 1941 les groupes de l’O.S. sont dissouts et remplacé ce même jour par les FTPF et les FTP-MOI, qui eux ont officiellement été homologués « Unité Combattante » à partir de ce premier mai 1941, par le ministère des armées.

Début mai 1941 A nouveau le groupe d’Eusebio Ferrari abat des soldats hitlériens à Lambersart.

Toujours en mai 1941 les FTP détruisent un parc à voitures allemand à Saint-Die dans les Vosges.

Fin mai début juin 1941 Déclenchement de la grande drève des mineurs.
Grève organisée par les communistes : Auguste Lecœur, Michel Brûlé, Julien Hapiot, Charles Debarge.
Dans le Pas-de-Calais cette grève rassemble 100 000 mineurs et prive les nazis d’une importante quantité de charbon.

Le 26 mai 1941 Dans un numéro illégal de L’HUMANITE on peut lire : « Abat l’antisémitisme ! ».

Et ce ne sont là que quelques unes des multiples actions menées par les communistes. Ces quelques exemples démontrent que les communistes, contrairement à ce qu’affirme Onfray n’ont pas attendu l’attaque contre l’Union Soviétique pour prendre les armes contre les nazis et les fascistes.

Au sujet de la scandaleuse calomnie à l’encontre de Guy Môquet, voici quelques documents prouvant le contraire de ce qu’à écrit Onfray :

Le 30 mars 1939, sous le titre : « La dernière chance de la paix », Maurice Thorez, Secrétaire général du Parti Communiste Français écrit dans « l’Humanité » : « Le fascisme c’est la guerre. La marche des événements depuis quelques années confirme absolument cette vérité première …. Que faire devant la menace ? Sinon unir, sinon unir tous les peuples de bonne volonté et en premier lieu la France, l’Angleterre, l’Union soviétique et par delà l’océan les Etats-Unis d’Amérique ? ». Ces phrases furent déterminantes dans l’attitude à avoir pour tous les communistes, Il fallait s’unir et combattre le fascisme.

Guy Môquet.

Son père député communiste fut arrêté en octobre 1939. Cette arrestation est un évènement marquant qui renforce l’ardeur militante de Guy.

Avec l’occupation de Paris et l’instauration du gouvernement de Vichy, Guy déploie une grande activité pour coller des « papillons » et distribuer des tracts qui reflètent la ligne politique de son Parti. La ligne étant celle qu’avait définie par Maurice Thorez et Jacques Duclos, il fallait se battre contre le nazisme et le fascisme et ses vils serviteurs du gouvernement de Vichy

Les diffamations du répugnant Onfray prouvent que Guy Môquet et ses camarades ne pouvaient qu’avoir appliquer les directives de la direction de leur Parti et prétendre autre chose comme il le fait, relève de la salissure volontaire d’une des figures les plus emblématiques de la résistance française.

Notre lettre aura eu entre autre comme tâche de vous démontrer qu’Onfray n’est qu’un vulgaire falsificateur et que par ses calomnies il porte atteinte à tout le monde de la Résistance. Vous devriez à l’avenir choisir un peu mieux les personnes que vous présentez car nous sommes contraints de penser que vous partagez leurs avis en les présentant avec tant d’égards.

Conclusion : Onfray n’est qu’un salopard*. Cela n’est pas une insulte mais une constatation.

*Salopard, la définition de ce mot donnée par le dictionnaire Larousse est la suivante : « Salopard – Individu sans scrupule qui agit envers autrui d’une façon ignoble ».

Léon Landini

Président de l’Amicale des Anciens FTP-MOI des Bataillons Carmagnole-Liberté

membre du Comité d’Honneur du Musée de la Résistance Nationale de Champigny.

Officier de la Légion d’Honneur – Médaille de la Résistance – Grand Mutilé de Guerre (suite aux tortures endurées pendant son internement)

Léon Landini, une des protagonistes du beau film documentaire "Les jours heureux", ancien héros de la résistance communiste

Léon Landini, une des protagonistes du beau film documentaire "Les jours heureux", ancien héros de la résistance communiste

Partager cet article
Repost0
1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 05:56
Un des premiers actes de résistance dans Paris occupé: le 11 novembre 1940, les lycéens et étudiants bravent l’interdit et manifestent pour commémorer la victoire de la France contre l’Allemagne en 1918. Parmi eux, beaucoup sont venus à l’appel de l’UEC. Photo : Collection du Musée de la résistance nationale de Champigny-sur-Marne/Fonds Nicolo-Vachon

Un des premiers actes de résistance dans Paris occupé: le 11 novembre 1940, les lycéens et étudiants bravent l’interdit et manifestent pour commémorer la victoire de la France contre l’Allemagne en 1918. Parmi eux, beaucoup sont venus à l’appel de l’UEC. Photo : Collection du Musée de la résistance nationale de Champigny-sur-Marne/Fonds Nicolo-Vachon

N'en déplaise à Michel Onfray, qui a perdu une bonne occasion de se taire et de se remettre au travail...

L’entrée des communistes dans la Résistance avant le 22 juin 1941 : la preuve par le sang

PIERRE CHAILLAN

MERCREDI, 27 MAI, 2015

L'HUMANITÉ

Un des premiers actes de résistance dans Paris occupé: le 11 novembre 1940, les lycéens et étudiants bravent l’interdit et manifestent pour commémorer la victoire de la France contre l’Allemagne en 1918. Parmi eux, beaucoup sont venus à l’appel de l’UEC.

Les communistes n’ont pas attendu l’invasion de l’URSS par l’armée nazie pour entrer dans la Résistance. Ils s’organisent à partir de 1940, forment les premiers noyaux clandestins de la Résistance armée. La lecture du dictionnaire des fusillés permet de mesurer la réalité de cet engagement des militants.

Nous sommes en 1940. Marcel Delattre, jeune militant, est arrêté à Bègles (Gironde) suite à une distribution de tracts du Parti communiste clandestin. Interné au camp de Mérignac, il est fusillé le 21 octobre 1941 au camp de Souge. 148 communistes sont arrêtés dans la région bordelaise le 22 novembre 1940. La plupart seront fusillés… Jean Lemoine vit à Romainville (Seine-Saint-Denis). Le 26 avril 1941, il y est interpellé par des policiers français pour « activités de propagande communiste ». Il est condamné à dix ans de travaux forcés, transféré à la prison de Caen (Calvados). Le 11 mai 1942, il est désigné pour faire partie du contingent d’otages exécutés en représailles d’une action de la Résistance en Seine-Maritime. Recherché pour « menées communistes » et pour avoir participé à la grande grève des 100 000 mineurs du Nord et Pas-de-Calais de mai-juin 1941, Léon Bailleux est fusillé le 14 avril 1942 au fort du Vert-Galant, à Wambrechies (Pas-de-Calais). Ouvrier tourneur chez Hispano-Suiza, Georges Vigor est interpellé à son domicile le 20 janvier 1941 par des policiers de Gentilly (Val-de-Marne), étant considéré comme un « meneur très actif et dangereux ». Fin septembre 1940, la mairie avait informé le commissariat que l’ouvrier était susceptible de s’occuper d’impression et de distribution de tracts communistes clandestins. Il est fusillé le 15 décembre 1941 à Châteaubriant (Loire-Atlantique). Ces vies retirées par l’occupant nazi avec l’aide active de l’État vichyssois que l’on retrouve parmi les milliers de biographies de fusillés dans le dictionnaire qui vient de paraître à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de la Libération (1) illustrent tragiquement à quel point l’engagement des communistes est considéré comme une menace à anéantir aux premières heures de l’Occupation. Les militants du PCF qui s’organisent dans les premiers réseaux clandestins se voient sévèrement réprimés. Emprisonnés dès 1940, nombreux sont internés. Certains sont exécutés. D’autres, dont de nombreuses femmes, sont déportés…

Force clandestine et Organisation spéciale : l’engagement est total

Au regard de ce travail biographique sans précédent, la thèse qui voudrait que les communistes aient attendu l’invasion de l’URSS le 22 juin 1941 pour entrer en résistance ne tient pas. L’engagement incontestable des militants mené au péril de leur vie dans de nombreuses régions de France et secteurs de travail se trouve mis en lumière. Par dizaines, ils participent ou sont à l’initiative des premières manifestations antinazies et actes de sabotage, comme le note la Gestapo le 21 février 1941 (2). Les communistes pour leur part commencent à se constituer en force clandestine, capable de mener des campagnes de distribution de tracts, de journaux et des attentats. Au niveau national : Charles Tillon, futur responsable des FTP, lance un appel le 17 juin 1940, les deux dirigeants politiques du PCF Maurice Thorez et Jacques Duclos le 10 juillet de la même année. L’Organisation spéciale (OS) est constituée, elle est chargée de protéger les imprimeries clandestines, ainsi que les responsables pourchassés. À la Libération, l’OS est reconnue « unité combattante à partir d’octobre 1940 ». On en retrouve les acteurs, pour la plupart fusillés entre 1941 et 1942. La liste des noms est trop longue pour qu’ils soient tous énumérés, citons Gaston Carré, Raymond Losserand, Antonin Revéreault, Louis Coquillet, Louis Marchandise, Marcel Viaud… Autres organisations ayant joué un rôle important dans la lutte armée, les FTPF et les FTP-MOI combattent à partir de mai 1941. En zone occupée ou « libre », les militants dans leur entreprise, leur ville ou village, les anciens des Brigades internationales ayant combattu en Espagne, les étrangers, juifs, Arméniens, antifascistes italiens, ceux de l’Affiche rouge… Là encore, leurs biographies jalonnent le dictionnaire et sont éloquentes. Une preuve irréfutable. Les communistes, par milliers, ont pris une part conséquente à la lutte contre l’occupant et ont subi la répression nazie à partir de 1940 et jusqu’aux dernières heures de la Libération.

(1) Les Fusillés (1940-1944). Éditions de l’Atelier, 1 952 pages, 30 euros.

(2) Lire la France dans la tourmente, 1939-1944, de Roger Bourderon et Germaine Willard. Éditions sociales, 1982.

Partager cet article
Repost0
31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 18:00
Résistance bretonne: les fusillés finistériens du Mont Valérien recevront un hommage le 4 juin

D'après les recherches d'une militante de l'ARAC Katherine LE PORT, transmises par notre correspondant Jean-Claude Cariou, voici pour vos archives, les noms de fusillés du département du Finistère, fusillés par les nazis au mont Valérien dont un hommage sera rendu le 4 JUIN prochain .

Partager cet article
Repost0
9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 19:18
Partager cet article
Repost0
30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 06:09
Chronique littéraire des bretons: hommage à Louis Guilloux par François Labbé (Centre d'histoire de la Bretagne)
Une très belle chronique de François Labbé transmis par le "Centre d'histoire de la Bretagne": en peu de mot, c'est un magnifique portrait littéraire et moral de Louis Guilloux, un écrivain que j'adore et dont les livres, entre beauté, noirceur humaine et sociale, espoir et mélancolie, m'ont beaucoup marqué, notamment "Le sang noir". Guilloux n'a sans doute pas la gloire littéraire nationale qu'il mérite. 

Son écriture tout en étant très accessible, est forte et personnelle. Assez peu d'écrivains de sa génération ont montré ainsi une sensibilité aussi forte à la question sociale, aux classes populaires.  

Je me suis permis de faire partager cette chronique de François Labbé que j'ai reçu par mail aux lecteurs du Chiffon Rouge. Car Louis Guilloux était un écrivain engagé dont les combats se rapprochent fortement des nôtres aujourd'hui. 

Ismaël

Chronique de l'histoire littéraire des Bretons par François Labbé (Centre d'histoire de la Bretagne): Louis Guilloux

http://www.centre-histoire-bretagne.com/

chroniques de l'histoire littéraire des Bretons par François ...

Saint-Brieuc est d’abord pour moi la ville de Louis Guilloux. Je l’ai découvert vers 1975 grâce à Yannick Pelletier qui écrivait sa thèse sur lui et avait eu la chance de le rencontrer à plusieurs reprises.

Je revois cette émouvante photo parue dans Ouest-France vers 1978 : Louis Guilloux âgé, la pipe à la main, assis avec Yannick Pelletier sous le marronnier de la Place Saint-Pierre, cette place qui fut le lieu de jeu de sa jeunesse (dans ses romans Place Saint-Paul ou Place Saint-Jacques) et où son père avait son échoppe de cordonnier. La municipalité voulait alors transformer la place, la moderniser, l’urbaniser : Louis Guilloux aurait souhaité qu’on en conserve le côté intime... Sa volonté n’a pas été respectée, mais le marronnier (planté à la révolution de 1848) a été heureusement préservé.

Aragon plaçait Le sang Noir à côté de Don Quichotte et Camus comparait Guilloux à Tolstoï ! En Allemagne (longtemps, il fut seulement publié à l’Est !), un important critique, Walter Heist, le comparait à Dickens et Balzac tandis que Peter Hamm en faisait le plus allemand des grands romanciers français du XXe siècle. Il est un fait que Le Sang Noir n’est pas sans rappeler Professor Unrat de Heinrich Mann, et Cripure, son personnage principal, possède la même complexité, la même profondeur que Peter Kien dans Blendung d’Élias Canetti ! Cependant, si j’ai personnellement beaucoup apprécié le chef-d’œuvre de Louis Guilloux, s’il est indiscutable qu’il fait partie des grands textes contemporains, je ne souscris pas entièrement à l’opinion de Gaëton Picon qui le voyait au niveau de Voyage au bout de la nuit et de La nausée ! En ce qui concerne le roman de Sartre, c’est sans doute vrai, mais le chef-d’œuvre de Céline me paraît être incomparable, ce qui n’enlève évidemment rien au génie de Louis Guilloux.

Lire Guilloux a été pour moi, citadin, habitant des quartiers HLM de Maurepas à Rennes, « galvaudeux » selon mes professeurs, une extraordinaire révélation. Cet auteur parlait d’une Bretagne tout à fait différente de la Bretagne alors littérairement traditionnelle des bardes, des aristocrates, des prêtres, des paysans pauvres, des pêcheurs traqués par la mort, des mendiants errant dans les campagnes, de la dévotion, des superstitions, de la misère sans fond et sans espoir, de la nature granitique, de la mer infinie. La majorité des œuvres se rapportant à la Bretagne traitent en effet du peuple des campagnes ou du peuple de la mer, celui des villes étant un peu laissé pour compte. Paysan et pêcheur, voilà le Breton ; pas de place pour l’artisan, l’ouvrier, l’habitant des villes. Or, un auteur mettait enfin en scène ce petit peuple des artisans et des ouvriers, des petits-bourgeois et des révoltés, le prolétariat et la lutte des classes. Il n’abolissait pas la présence tutélaire de la province et de ses spécificités, mais il la plaçait dans une autre lumière, plus moderne, plus directement axée sur les combats qui alors sévissaient dans le monde, en France et en Bretagne. Louis Guilloux me donnait une voix !

Dans Le Sang noir, l’auteur briochin s’attache certes à une tragédie individuelle : l’histoire d’une journée de 1917, à Saint-Brieuc, loin du front, avec un personnage central, inspiré par cet important (et méconnu) philosophe ayant vécu à Saint-Brieuc, Georges Palante (1862-1925), surnommé par ses élèves « Cripure » (Critique de la raison pure), mais, il transcende le cas d’espèce. À travers le calvaire de ce professeur de philosophie, qui lui ressemble aussi beaucoup, Guilloux brosse le tableau d’un microcosme social fait de pharisiens, d’insupportables personnages figés dans leurs préjugés, mais aussi d’êtres bons et de victimes. Cripure (le professeur Merlin) est à la fois ridicule et sublime, petit et grandiose, détestable et admirable. Conscient de sa personnalité bornée, de son être petit-bourgeois, il hait les autres car il décèle chez eux les mêmes traits de caractère. Il ne parvient plus à dépasser cette condition déplorable que dans l’ivresse, autrement ses paroles ne sont que verbiage, banalité. Conscient de sa déréliction et de ses faiblesses, cela renforce sa haine de soi et sa vie s’enferme dans une spirale qui ne peut mener qu’à la mort. Le coup de génie de Guilloux, est peut-être d’avoir fait de ce roman une véritable tragédie classique – il conserve l’unité de lieu et de temps et Cripure n’échappera pas à son destin. Il n’est d’ailleurs pas une victime propitiatoire, un Messie permettant une régénération, mais une victime générique, symbolique, entourée de tous ces petits-bourgeois qui font la société de la guerre, ces personnages réifiés dont Prévert donnera l’horrible tableau dans son célèbre poème :

La mère fait du tricot

Le fils fait la guerre

Elle trouve ça tout naturel la mère

Et le père qu’est-ce qu’il fait le père ?

Il fait des affaires

Sa femme fait du tricot

Son fils la guerre

Lui des affaires

Il trouve ça tout naturel le père[…]

Guilloux livre un tableau très détaillé d’une ville de province pendant le premier conflit mondial : alors que les fils de la cité versent leur sang sur le front, leurs pères se grisent d’un patriotisme casanier et bavard, vide de substance, égoïste auquel l’auteur fait contraster la révolte de soldats désillusionnés contre la brutalité de leurs officiers. Cette révolte (avec en arrière-fond les exécutions pour l’exemple sur le front), symétrique de la veulerie des pères, est extraordinairement rapportée par l’auteur qui souligne ainsi la perversité des embusqués et des officiers et laisse entrevoir la seule échappatoire possible. Cripure est plus qu’une caricature, il est le représentant de l’Homme (d’avant 14 ?), de l’Homme d’une civilisation désormais caduque et sans vraies ressources, pitoyable. Le Sang noir est avant tout un roman certes plus métaphysique que politique mais qui remet en cause les structures de la société bourgeoise bien-pensante. C’est là le chef-d’œuvre d’un écrivain anarcho communiste, préfigurant parfois La Nausée, ce qui est nouveau en Bretagne et parlera particulièrement aux générations ayant vécu 1968 et ses espoirs, mais un roman toujours « actuel ». D’ailleurs, selon Louis Guilloux lui-même, ce roman ne met pas seulement en cause la bourgeoisie, mais « remet toute la vie en question ».

Dans Dossier confidentiel, il donnera encore une peinture sans compromis du climat qui règne « à l’arrière » pendant cette situation exceptionnelle et révélatrice qu’est la guerre : censure, hypocrisie, poses, méchancetés mises à jour…

Fils d’un petit cordonnier militant socialiste, né en 1899, Louis Guilloux devient vite un écrivain « de gauche » mais qui sait rester indépendant. Une bourse lui a permis de fréquenter le lycée de Saint-Brieuc où ses lectures lui révèlent Romain Rolland et Jules Vallès. Dès la fin de la guerre, il se rend à Paris. Il entre à l’Intransigeant en 1921 comme lecteur d’anglais, participe à de nombreuses revues. Grâce à André Chamson qui est devenu un ami, il peut confier à Daniel Halévy, lecteur chez Grasset, le manuscrit de La Maison du peuple, ce magnifique roman, à mon sens, qui fait découvrir le vieux Saint-Brieuc et les luttes ouvrières du début du siècle. Cet ouvrage sera défendu avec ardeur par Jean Guéhenno et sera à la base de la carrière d’écrivain de Louis Guilloux. En 1926, il se rend à Toulouse d’où est originaire sa femme, Renée Tricoire, épousée en 1924. En 1930, il revient à Saint-Brieuc, fait construire sa maison rue Lavoisier et est responsable du Secours Rouge.

Les années trente seront particulièrement fructueuses : Dossier confidentiel (1930), Hyménée (1932), Le lecteur écrit (1932), Angelina (1934), Le Sang Noir (1935)…

Il s’engage de plus en plus dans la lutte contre les fascismes, conscient que le danger immédiat réside dans ce totalitarisme qui s’empare de l’Europe et que, face à ce cancer, il faut faire taire les querelles de chapelle à gauche (il est secrétaire du premier Congrès des écrivains antifascistes). En 1936, il accompagne André Gide en URSS, mais déçu par ce qu’il découvre, il ne poursuit pas ce voyage jusqu’à son terme. Il ouvrira sa porte aux réfugiés espagnols en sa qualité de responsable du Secours Populaire Français. En 1937, il est critique littéraire de Ce Soir mais son refus, malgré les pressions de Aragon et Bloch de dénoncer, comme le voudrait aussi la ligne du journal, les Retouches à mon Retour d’URSS de Gide, il se voit obligé de démissionner. Pendant la guerre, il demeure à Saint-Brieuc où il termine son Pain des rêves (livre exceptionnel sur le petit peuple de Saint-Brieuc, sur les espoirs du prolétariat que Charles Le Quintrec considérait au même titre que Le Sang noir, comme un chef-d’œuvre et qui sera récompensé par le Prix Populiste (1942). Sa maison est ouverte aux Résistants, et, en 1943, au cours d’une perquisition, on arrête chez lui une militante communiste qu’il abrite, Hélène Le Chevalier, de Kergrist. En 1944, il fuit la Gestapo et se cache à Toulouse. Après la Libération de Saint-Brieuc, il sert comme interprète auprès des tribunaux militaires américains, une expérience relatée dans O.K., Joe ! Il est très lié à Albert Camus (reçu chez lui en 1947) et à Jean Grenier (rencontré en 1917 à la bibliothèque de Saint-Brieuc !). Le Sang Noir faillit obtenir le prix Goncourt en 1935 ; il obtient le prix Renaudot en 1949 avec Le Jeu de patience qui aborde le thème du chômage et de la déshumanisation qu’il implique.

En 1962, il adapte Le sang noir pour la scène (Cripure) et poursuit son œuvre (Les batailles perdues, La confrontation, Salido… Notons son intérêt pour la Bretagne avec des livres comme La Bretagne que j’aime ou l’album photographique Souvenirs de Bretagne.

Toute sa vie, il restera comme en marge du « marché » littéraire même si le prix de l’Académie française lui sera remis.

Son œuvre est immense et la parution de ses carnets a été un événement pour tous ceux qui aiment son œuvre, la Bretagne ou qui s’intéressent à l’histoire littéraire entre les deux guerres.

Camus a dit de lui : « Guilloux songe presque toujours à la douleur chez les autres, et c’est pourquoi il est, avant tout, le romancier de la douleur ».

Parfois, quand, dans mon exil du Pays de Bade, je veux revoir la Bretagne, ce sont les photos sépias de Charles Lhermitte que je regarde publiées par les éditions Chêne en 1988, ces Souvenirs de Bretagne pour lesquelles Louis Guilloux rédigea une préface, une émouvante « divagation bretonne », comme il l’écrit.

Partager cet article
Repost0
28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 20:08
Manifestation à Concarneau en 1936 (Archives Pierre Le Rose)

Manifestation à Concarneau en 1936 (Archives Pierre Le Rose)

1936, QUAND LE PEUPLE S’EN MÊLE.

Cette année nous fêtons le 80ème anniversaire du Front Populaire.

Les années 30, années d’exode pour les antifascistes et les juifs d’Europe Centrale fuyant les persécutions racistes, années également du renvoi de centaines de milliers d’immigrés que la France avait fait venir dans les mines du Nord et de Lorraine après la 1ère guerre mondiale.

Dans chaque période de crise, la question de l’immigration est remise au cœur de l’actualité sous l’impulsion de l’extrême droite.

Le 14 juillet 1935 le serment du Front Populaire est proclamé dans un cérémonial rappelant la Fête de la Fédération de 1790.

Une nouvelle culture politique de lutte de masse se concrétise. La campagne électorale de 1936 est marquée par une mobilisation sans précédent de l’opinion. La victoire est due à la forte poussée du Parti Communiste qui double son score. Par la référence à l’antifascisme et à la lutte contre les 200 familles, le PC donne un coup de fouet salutaire à une gauche quelque peu assoupie par les compromis des Radicaux et les hésitations des Socialistes.

« Il faut que la masse laborieuse de France réalise son rêve : connaître le pays où fleurit l’oranger »

(Virgile BAREL, député communiste du F.P.)

Les acquis du Font Populaire, par les accords de Matignon, sont connus et ont représenté des avancées significatives pour le droit des salarié(e)s mais aussi pour l’ensemble du peuple. La semaine de 40 h et les 15 jours de congés sont emblématiques.

C’est aussi le temps des comités où il y a des réunions partout. Ce processus à encore un sens aujourd’hui, d’autant que 1936 à un écho troublant avec notre époque.

Montée de l’extrême droite en Europe, crise des réfugiés, paradis fiscaux.

Autre écho du Front Populaire avec la mobilisation de celles et de ceux qui battent le pavé des rues et les places contre la loi EL KHOMRI, la conviction que pour gagner contre l’injustice et l’oppression, il faut toujours leur en faire voir trente-six chandelles.

Que ce 1er mai du 80ème anniversaire soit à la hauteur des enjeux du moment. Soyons nombreuses et nombreux dimanche à 10h30 à Carhaix, et dans toutes les villes du Finistère et de Navarre où des rassemblements sont prévus.

Pierre-Yves Thomas, responsable de la section PCF de Carhaix

Partager cet article
Repost0
28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 06:00

Alain Decaux évoque la mort de Louise Michel

Alain Decaux, c'est les récits de la Révolution Française de notre enfance...

Un grand conteur et pédagogue qui a nourri beaucoup de passions naissantes pour l'histoire.

Alain Decaux l'académicien n'est plus. Nous saluons sa mémoire à travers cet enregistrement sur l'enterrement de Louise Michel que nous a signalé et communiqué un correspondant sur Facebook, Pascal Bavencove (Histoire Populaire).

Disparition. Alain Decaux a rejoint la Grande Histoire
http://www.ouest-france.fr/culture/histoire/disparition-alain-decaux-rejoint-la-grande-histoire-4125423

Partager cet article
Repost0
27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 12:01
Guillaume Galliene rend hommage à Angela Davis, militante communiste, des droits de l'homme, et de la lutte contre la ségrégation aux Etats-Unis, sur France Inter

Une émission récente de France inter à écouter sur le combat d'Angela Davis. On y retrouve l'histoire et la parole de cette militante déterminée des droits de l'homme, professeur de philosophie et militante communiste, membre des Black Panthers : Angela Davis et son combat pour la liberté : émission « ça peut pas faire de mal » par Guillaume Galliene

Une émission récente de France inter à écouter sur le combat d'Angela Davis. On y retrouve l'histoire et la parole de cette militante déterminée des droits de l'homme, professeur de philosophie et militante communiste, membre des Black Panthers :

Angela Davis et son combat pour la liberté : émission « ça peut pas faire de mal » par Guillaume Galliene

" Il était temps de partir. Pour la première fois depuis que nous avions découvert que la police me recherchait, je sortis. Il faisait bien plus sombre que je ne l’avais cru, mais pas assez pour que je cesse de me sentir vulnérable.

Dehors, à découvert, mon chagrin et ma colère s’alourdissaient de peur. Une peur pure et simple, si puissante et si élémentaire que la seule chose à laquelle je pus la comparer était le sentiment d’engloutissement que je ressentais lorsque, enfant, on me laissait dans le noir. Cette chose indescriptible, monstrueuse, était dans mon dos, elle ne me touchait jamais mais elle était toujours prête à l’attaque. Ma vie était maintenant celle d’une fugitive. Toute silhouette étrange pouvait être un agent déguisé, entouré de limiers qui attendaient dans les bosquets les ordres de leur maître. Je devais apprendre à éviter l’ennemi, à le déjouer. Ce serait difficile, mais pas impossible" (Angela Davis)

Cette femme qui fuit la police dans les rues de Los Angeles s’appelle Angela Davis.

En 1970, elle a 26 ans. Elle vient juste d’être nommée professeur de philosophie à l’université de San Diego, en Californie.

Mais elle est aussi communiste, proche des Black Panthers, et elle se bat depuis des années pour libérer le peuple Noir de l’oppression, dans une Amérique encore très ségrégationniste.

Après avoir été accusée (à tort) de complot et de meurtre, elle est contrainte de se cacher.

Au terme d’une traque qui va durer plus de 3 mois, Angela Davis est arrêtée, emprisonnée et risque la peine de mort.

Partout, en Amérique et en Europe, l’opinion publique se mobilise pour crier son innocence. Les Rolling Stones et John Lennon lui écrivent une chanson, Aragon et Sartre défilent à Paris, Jacques Prévert lui adresse un poème.

Ce soir, je vous propose de partir à la découverte de cette héroïne moderne et insoumise, icône du Black Power, pour qui la révolution était une affaire d’honneur : « Quand on s’engage dans la lutte », écrira-t-elle, « ce doit être pour la vie ».

Alors, comment Angela, arrière-petite-fille d’esclave née en 1944, a fait basculer l’histoire des Etats-Unis ?

Voici son autobiographie, écrite « à chaud » à la fin des années 1970, et publiée par la romancière Toni Morrison. Elle est traduite pour la première fois en français, par Cathy Bernheim, aux éditions Aden.

Partager cet article
Repost0
26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 07:05
Marie-Renée Blanchet de Saint Brieuc: évadée du dernier train de déportée, elle témoigne (Ouest-France)

Eric CHOPIN: Ouest-France

Arrêtée par la Gestapo à Saint-Brieuc, cette résistante s’est évadée du dernier train de déportés. À 91 ans, elle témoigne pour la première fois.

Saint-Brieuc. Evadée du dernier train de déportés, elle témoigne
http://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/saint-brieuc-evadee-du-dernier-train-de-deportes-elle-temoigne-4120673

Partager cet article
Repost0
22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 12:11
Un major en Trégor de Jean-Jacques Carrère, un roman paru en mars 2016 qui revient sur la mort de l'abbé Perrot

Nul doute que ce roman a de quoi nous intéresser...

"Ce roman ne prétend pas être un livre d'histoire, ni même un roman historique puisque l'intrigue se déroule de nos jours, mais cette intrigue est conditionnée par le passé, et en particulier le passé du mouvement indépendantiste breton et sa collaboration active avec les nazis.

Ce n'est pas non plus un roman à thèse, et c'est pourquoi j'ai voulu lui donner un ton assez léger dans l'ensemble, mais j'ai pris grand plaisir à faire quelques rappels historiques dénonçant la réécriture de l'histoire éhontée à laquelle se livrent ces mouvements (en particulier la légende selon laquelle l'épuration aurait touché d'innocents militants seulement coupables de trop "aimer la Bretagne")"

( Jean-Jacques Carrère)

Jean-Jacques Carrère (Auteur) - Paru le 9 mars 2016 - Roman paru au Rouergue

Tréguier, capitale du Trégor, menait une vie paisible jusqu'au jour où le journal local a lancé une consultation publique sur les affaires criminelles non élucidées. Et qu'à la surprise générale l'affaire de l'assassinat de l'abbé Perrot, ou de son exécution par les maquisards si on préfère, est sortie de l'oubli, provoquant une cascade d'événements aussi tragiques qu'imprévisibles. Avec brio, Jean-Jacques Carrère nous emporte dans une affaire criminelle où, entre identitaires, travailleurs détachés, licenciés des abattoirs et bonnets rouges, les fils d'anciens collabos sont prêts à soumettre la Bretagne à la vente à la découpe. ..

La quatrième de couverture donne un aperçu:

http://www.lerouergue.com/catalogue/un-major-en-tregor

Voici un extrait du texte communiqué par l'auteur à lire en avant-première:

La honte

— Ça n’a pas l’air d’aller bien fort. Le temps ?

— Oui, c’est vrai, il n’est pas bien fameux le temps.

Le major, étonné, fixa son vis-à-vis. Il y avait bien longtemps qu’il n’était plus surpris par la proverbiale mauvaise foi des Bretons concernant le temps, leur habitude, plus ancrée encore que leurs bateaux, de vous jurer, sous des trombes d’eau, qu’il ne fait pas si mauvais que cela, ou qu’il y avait du soleil cinq minutes plus tôt, ou qu’il y en aura dans quelques instants. Aussi entendre un Breton authentique se résigner à reconnaître que le temps n’était pas fameux était forcément le signe d’un problème.

Le major, sous l’abri, s’assit confortablement. Il voyait bien que l’autre n’avait pas envie de discuter, qu’il fixait d’un œil éteint sa pipe, éteinte elle aussi, qu’il tenait à la main.

. Mais il l’aimait bien, le marin, vrai ou faux, et il se disait que c’était justement le moment de lui parler, justement parce qu’il n’en avait pas envie. Parce que ce gars-là, c’était un causeur, et qu’un causeur qui ne veut pas causer, c’est qu’il n’est pas bien, et qu’il serait mieux s’il parlait.

Et puis le major n’était pas pressé : il devait aller, sur les instances répétées de Nicole Mourdade, se faire couper les cheveux à Lannion, et il lui répugnait assez de faire des infidélités à son coiffeur pour hommes familier, à Perpignan, un petit salon à l’ancienne où les discussions allaient grand train. Aussi avait-il pris le temps de passer d’abord voir son interlocuteur habituel, pour une petite causette. Et il n’allait pas repartir comme cela, en laissant l’autre ruminer des pensées aussi moroses que le temps.

— Quelque chose vous tracasse ?

La question était un peu directe, mais l’autre ne se fit pas prier :

— Oui, c’est mon neveu qui n’a pas le moral.

— Celui que je connais, celui qui m’a parlé de Têtenfer, celui de l’abattoir ? Vous savez qu’il est hors course, hein, Têtenfer, et mal parti encore !

— Je sais, mais on l’a remplacé, le Têtenfer, c’est cela l’histoire. Et l’abattoir aussi. Vous n’avez pas regardé la télé, lu les journaux, hier ou ce matin ?

— Qu’est-ce qu’il se passe ?

— Le Lay ferme l’abattoir de Rozpez, l’ancien abattoir des Mahé.

Le major n’était pas un spécialiste des avatars de la filière bovine (ni porcine, d’ailleurs), mais il ne put s’empêcher de marquer son étonnement :

— J’avais cru comprendre qu’il le rachetait pour le sauver, au contraire.

— C’est ce qu’il avait dit, mais ce n’est pas ce qu’il a fait. Alors les gars de là-bas sont venus bloquer la ville de la viande, et ils se sont un peu frittés avec les ouvriers d’ici.

— C’est moche ! compatit le major, et votre neveu y était ?

— Le moyen de faire autrement ? C’est pour cela qu’il n’avait pas le moral ; il est venu m’en parler, il ne pouvait pas se sortir ça de la tête.

— Et depuis c’est votre tour, hein ? Et si vous m’en parliez à moi ? Ça vous soulagerait sûrement.

— Pas sûr, mais après tout… Mais je vais vous le dire en vrac, hein, comme il me l’a raconté, sans fioritures.

Il savait bien que son boulot n’était pas très propre ; c’est même pour cela qu’on utilisait sans arrêt le jet d’eau. Il avait l’habitude de patauger dans le sang, et même dans la pisse, et dans la merde aussi, parce que la vache, hein, quand on l’égorge, elle se lâche de partout. Oui, il avait l’habitude de patauger dans tout ça, mais la honte, c’est autre chose. Ça ne se nettoie pas la honte, ça vous colle dessus. Et c’était ce dont il se souvenait quand il repensait à cette matinée, à toute cette honte dans laquelle ils avaient tous pataugé.

Parce qu’à part ce salaud de Guyomard, tout le monde avait honte.

Guyomard, précisait le « marin » à l’usage de son interlocuteur, c’est le cousin de Têtenfer, et il ne vaut guère mieux que lui ; ça doit être de famille ! Puis, reprenant les paroles de son neveu :

« Les autres, les gars de l’abattoir de Rozpez, celui que le viandard avait racheté et qu’il avait décidé de fermer, ils avaient honte de venir nous emmerder. Ils savaient bien que ça ne règlerait pas leur truc, venir bloquer les camions, les empêcher d’entrer ou de sortir, arrêter notre production. Ils le savaient, mais ils le faisaient quand même, comme le type qui se noie, et qui noie son voisin en s’accrochant à lui. Au mieux, ils pouvaient espérer gratter un peu plus en prime de licenciement, et ils avaient honte d’être obligés de faire ça pour quelques ronds, de venir comme le pauvre qui mendie son pain et qui s’accroche au gars à peine un peu plus riche que lui.

« Et puis il y avait nous. Nous, c’est-à-dire les ouvriers et les employés de la ville de la viande, et Guyomard devant, déguisé en travailleur, avec une blouse blanche comme nous autres. On le reconnaissait quand même de loin. Pas plus grand que les autres, mais plus décidé, plus méchant. Avec son air de dur, bousculant les autres, les provoquant, cherchant un prétexte pour aligner un coup de poing ou un coup de boule. Mais ceux de Rozpez reculaient doucement, en essayant de ne pas tomber dans le piège, avec tous ces journalistes, toutes ces caméras, qui auraient été trop contents de montrer ça, une bagarre générale entre ouvriers.

Parmi nous, les seuls qui n’avaient pas honte, c’étaient Guyomard et les Polonais. Guyomard, bien sûr, il était dans son élément, le salaud, ça l’aurait amusé plutôt, de montrer sa force. Les Polonais, c’était autre chose : ils n’y comprenaient rien. Et peut-être aussi qu’ils n’en avaient rien à faire, de ces histoires entre Français. Tout ce qu’ils voyaient, c’est qu’on les privait de leur boulot, et le boulot, c’est pour cela qu’ils étaient venus de si loin, en laissant leurs familles, pour gagner quatre sous, alors… Alors eux, ça les gênait moins, de venir faire dégager ceux qui nous bloquaient, mais ils y allaient mollo, parce qu’ils n’étaient pas sûrs de tout piger. Et puis il y avait nous, les ouvriers français, et nous on avait honte. Et pas moyen de se laisser glisser, en douce, vers l’arrière : les contremaîtres, ceux qui étaient venus nous chercher dans l’usine, bouclaient le groupe.

« Oui, on avait honte. Et on avait peur aussi, parce que même les plus cons comprenaient qu’après un coup comme ça, si un jour c’était notre tour, personne ne lèverait le petit doigt, et que ce serait justice.

« Et même les gendarmes – ou les CRS, j’ai jamais rien compris à la différence – même eux, j’en ai vu qui avaient honte. Il y en avait un qui disait « dégagez les gars, déconnez pas, pas de bagarre devant les journalistes », et puis finalement il s’est écarté avant d’être pris en sandwich, mais j’ai bien vu qu’il avait honte, qu’il avait honte pour nous.

« J’ai pas voulu regarder la télé le soir, j’étais sûr que toute cette honte allait se voir de partout, en train de couler sur nous, de dégouliner des écrans, j’en étais malade. »

— Voilà, avait conclu le nouvel ami du major, voilà ce qu’il m’a dit, et c’est pour cela qu’il en avait gros sur le cœur.

— Et vous aussi… compatit le major en hochant la tête d’un air compréhensif.

— Un peu moins maintenant, c’est vrai que ça m’a fait du bien de vous en parler ; n’empêche que c’est moche cette histoire, très moche, et ça va laisser des traces, avait conclu le faux marin en rallumant pensivement sa bouffarde, pendant que son interlocuteur quittait le banc pour rejoindre sa voiture, direction Lannion et le salon de coiffure que son épouse lui avait indiqué.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011