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20 septembre 2026 7 20 /09 /septembre /2026 05:40
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Une centaine de personnes à la manifestation de solidarité avec la Palestine vendredi 18 septembre à Morlaix
Entre 90 et 100 personnes étaient rassemblées ce vendredi 18 septembre 2026 à l'appel de l'AFPS, avec le soutien de l'AJPF, de la LDH, d'Amnesty, du PCF, de la LFI, Generation.S, les écologistes, Solidaires devant la mairie de Morlaix pour réaffirmer une solidarité totale avec le peuple palestinien victime de génocide et de nettoyage ethnique.
Le besoin de se retrouver tous ensemble pour dénoncer l'attitude de notre gouvernement, passif donc complice, face au risque d'effacement des Palestinien·nes...
Un temps aussi pour évoquer la mémoire des massacres dans les camps libanais de Sabra et Chatila en sept 1982 et partager l'inquiétude de nouvelles attaques aujourd'hui même contre les camps de réfugiés en Cisjordanie ou au Liban...
Un prochain rendez-vous morlaisien fixé le 10 octobre prochain pour une grande manifestation à caractère plus régional. 
 
Les communistes étaient présents nombreux avec leurs élus et militants. 
 
Photos de Ismaël Dupont, Patrick Gambache, Jean-Luc Le Calvez
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18 septembre 2026 5 18 /09 /septembre /2026 05:29
Morlaix, vendredi 18 septembre - Rassemblement pour le respect du cessez-le-feu et l'autodétermination du peuple palestinien

L'AFPS du PAYS de MORLAIX a écrit à ses partenaires politiques, associatifs et syndicaux pour que tous ensemble, nous reprenions le chemin d'une mobilisation unitaire et déterminée pour la Palestine en Pays de Morlaix.

RDV est pris pour vendredi 18 septembre. Les premières réponses de soutien à ce rassemblement sont arrivées : Le Mvt de la Paix, Amnesty international, la LDH, l'AJPF, Génération.s, e PCF, LFI, le NPA, la Gauche indépendantiste et l'UL Solidaires pour commencer..

 

Une manifestation en soutien à la Palestine à Morlaix ce vendredi

L’Association France-Palestine solidarité du pays de Morlaix (Finistère) appelle à un rassemblement en soutien avec le peuple palestinien ce vendredi 18 septembre 2026. Il est prévu à 18 h sur la place des Otages.

Ouest-France
Publié le 17/09/2026
L’Association France-Palestine solidarité du pays de Morlaix (Finistère) lance un appel à un rassemblement de soutien au peuple palestinien. Il est prévu ce vendredi 18 septembre 2026, à 18 h, sur la place des Otages.
« Fin du génocide »
Nous continuerons de soutenir le peuple palestinien dans son combat pour son droit à l’autodétermination, communique l’association. Les militants revendiquent, selon leurs propos : La fin du génocide, la levée du blocus sur la bande de Gaza, le retrait total des troupes israéliennes de la bande de Gaza et de Cisjordanie, le refus de toute ingérence étrangère en Palestine, la fin de la colonisation et de l’apartheid, l’arrêt de l’agression israélo-étatsunienne contre l’Iran et le Liban, l’arrêt du soutien du gouvernement français au régime d’apartheid israélien et l’arrêt de la répression à l’encontre de militants solidaires de la Palestine.
Vendredi 18 septembre, à 18 h, Morlaix, place des Otages.
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16 septembre 2026 3 16 /09 /septembre /2026 11:30
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne

Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne de Jordanie, sur la mémoire des réfugiés palestiniens et ses moyens de transmission dans les camps de réfugiés, en Jordanie et à Zarka, le premier camp créé par la croix rouge singulièrement. Un exposé sensible, incarné, brillant qui s’est conclu par une présentation de la BD d’Amal lancée à la fête de l’humanité et publiée avec le soutien de l’AJPF: mémoire de réfugiés. Merci à la trentaine de participants à ce Mardi de l’éducation populaire dédié à la compréhension du vécu intime des Palestiniens déplacés de force par la Nakba en 1948 et la Naqsa en 1967. Merci à l’AJPF pour la co-organisation de cette conférence débat ce mardi 15 septembre au local du PCF Pays de Morlaix et à nos amis de l’AFPS présents en nombre à cette soirée de solidarité avec la Palestine. Avec les Mardis de l'Éducation Populaire

La mémoire des réfugiés palestiniens des camps - Passionnant mardi de l’éducation populaire avec Amal Khaleefa, chercheuse et universitaire palestinienne
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15 septembre 2026 2 15 /09 /septembre /2026 05:26
Les Mardis de l'Education Populaire - rencontre avec Amal Khaleefa, chercheuse jordano-palestinienne, autrice d'une bande dessinée enquête sur les camps de réfugiés palestiniens
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15 septembre 2026 2 15 /09 /septembre /2026 05:23
Amal Khaleefa sur le stand de l'AFPS nationale à la fête de l'Huma dimanche avant sa conférence aux mardis de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix mardi 15 septembre à 18h
Amal Khaleefa sur le stand de l'AFPS nationale à la fête de l'Huma dimanche avant sa conférence aux mardis de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix mardi 15 septembre à 18h
Amal Khaleefa sur le stand de l'AFPS nationale à la fête de l'Huma dimanche avant sa conférence aux mardis de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix mardi 15 septembre à 18h
Amal Khaleefa sur le stand de l'AFPS nationale à la fête de l'Huma dimanche avant sa conférence aux mardis de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix mardi 15 septembre à 18h
Amal Khaleefa était aujourd'hui dimanche sur la stand de l'AFPS à la Fête de l'Humanité pour parler de la situation des camps de réfugié·es et dédicacer la BD "De mémoire de réfugiés" avec l'illustrateur Khalid Nahar.
 
Nous aurons le plaisir de retrouver Amal Khaleefa à Morlaix après demain grâce à l'invitation de nos ami·es et partenaires du PCF qui l'ont conviée pour cette rencontre, mardi 15 septembre au 2 petite rue de Callac à partir de 18h
 
L'AFPS. 
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5 septembre 2026 6 05 /09 /septembre /2026 06:05
Ziad KHADASH est un écrivain palestinien qui vit dans le camp de réfugiés de Jalazone
…………………………….
En Cisjordanie, ce cauchemar qui me hante devient réalité, par l’écrivain palestinien Ziad Khadash
Ziad Khadash vit dans un camp de réfugiés de la région de Ramallah où il donne des cours d’écriture. Il raconte un rêve récurrent dans lequel le ministre israélien d’extrême droite, Bezalel Smotrich, tape à sa fenêtre.
Des membres des forces israéliennes montent la garde lors d'un raid dans le village de Sarra, près de la ville de Naplouse en Cisjordanie, le samedi 25 juillet 2026.
Par Ziad Khadash
écrivain palestinien (traduit par Stéphanie Dujols)
Publié le 03/09/2026
Il y a deux mois, je me suis mis à consulter le célèbre psychiatre palestinien Mohammad al-Khawaja, qui est mon ami, et dont l’oncle est un proche de mon père. Quand il m’a aperçu sur l’écran de sa caméra, assis devant sa secrétaire dans la salle d’attente pleine à craquer, il n’en a pas cru ses yeux. Laissant la patiente avec laquelle il s’entretenait, il a ouvert la porte en éclatant de rire.
«Abou al-Zouz ! Qu’est-ce que tu fais là ? Tu viens chercher des idées pour tes nouvelles ?
— Pas du tout, ai-je répliqué. Mais occupe-toi de ton patient, on parlera quand ce sera mon tour.»
Deux heures plus tard, je toquais à la porte de mon ami psychiatre. Il riait encore.
«Me dis pas que tu vas mal. Pas toi ! T’as un mental de fer, c’est plutôt toi qui devrais me soigner ! Bon, dis-moi ce qui t’arrive, Zouz…»
Allongé près de mon ami, j’ai commencé à lui raconter ce cauchemar qui me revient sans cesse, et que je perçois comme une réalité, au point que je me réveille en sueur avec des palpitations et une douleur dans la poitrine. Chaque nuit, mon ami, je suis réveillé en sursaut par une main qui frappe à ma fenêtre. Une main bizarre, brutale, pleine de rage et d’impatience. J’ouvre la fenêtre les yeux à moitié clos, et là, je vois Smotrich [Bezalel Smotrich, ministre d’extrême droite du gouvernement Nétanyahou, ndlr], oui, Smotrich, qui m’attrape par le cou et me secoue en me hurlant au visage des choses en hébreu – langue que je ne maîtrise pas. Au même moment, on cogne sauvagement contre la porte pour tenter de l’enfoncer, et j’entends des soldats israéliens brailler dans leur arabe bancal : «Ouvre porte ! Ouvre porte !»
Sentant que c’était sérieux, mon ami psychiatre a écouté consciencieusement le récit de mon cauchemar, puis, en me raccompagnant à la porte, il a fourré dans ma poche une ordonnance avec le nom d’un médicament. Avant de partir, je lui ai chuchoté à l’oreille : «Je sais ce que tu te dis : “Mon ami est écrivain, il est émotif” mais c’est pas ça, je t’assure, toute ma famille souffre du même cauchemar, même mon frère Fouad, le dentiste, qui hait la littérature. S’il te plaît, cesse de me voir comme un écrivain tourmenté.» Il a hoché la tête en me tapotant l’épaule.
L’occupation est un désastre esthétique, humain et civilisationnel
Je suis un nouvelliste, né en 1964. J’ai publié treize recueils. J’enseigne aussi l’écriture créative dans les écoles de Ramallah. Je suis originaire du village de Beit Nabala, dans la province de Ramlé, dont nous avons été expulsés en 1948, pendant la Nakba. Je vis avec ma famille à Jalazone, l’un des camps de réfugiés de la région de Ramallah, en Cisjordanie – à peu près à sept kilomètres au nord de la ville. Jalazone a été établi en 1949 après l’exode forcé des Palestiniens. Il a accueilli des familles de réfugiés venues de dizaines de villages et de bourgades, en particulier des régions de Lod et de Ramlé. Depuis la création du camp, l’Unrwa [l’Office des Nations unies chargé des réfugiés palestiniens, ndlr] y fournit les services de base.
Le camp s’étend sur une petite surface, pas plus de 25 hectares. Au fil des décennies, il est devenu surpeuplé. D’après les données de l’Unrwa, en 2023, il comptait 16 173 réfugiés enregistrés (à ceci près que la population enregistrée ne correspond pas forcément à celle qui réside dans le camp).
A mes yeux, l’occupation est un désastre esthétique, humain et civilisationnel. Depuis mon enfance, je vois des soldats partout : à l’école, au dispensaire, à la maison, au supermarché, à la banque, dans les parcs, dans les salles de théâtre, dans les rues du quartier, à la ville, au camp, et dans mes cauchemars. Songeant au soldat qui, menant un raid dans le camp, voit toutes ces maisons agglutinées – au point que mon voisin peut m’entendre parler à ma femme avant de lui faire l’amour –, je me suis toujours demandé s’il se posait la question parfois : «Mais qu’est-ce que je lui veux, à ce peuple, qui vit dans un enfer pareil ?»
Enfant, j’interrogeais mon père qui est poète et instituteur : «Que font-ils dans le camp, les soldats, papa ? Ça ne leur a pas suffi, de nous voler notre village ? Qu’est-ce qu’ils nous veulent ? Qu’est-ce qu’ils viennent voler encore ?» Mon père répondait : «C’est l’occupation, mon fils. Elle n’a pas de logique, pas de raison. C’est comme une bête sauvage dans la forêt, tout ce qui l’anime, c’est de dévorer toujours plus de proies sur terre et dans le ciel. Par instinct.»
Un jour, mon père nous a réunis pour nous dire…
Avant le 7 Octobre, l’occupation était féroce, sauvage, comme toute occupation. Mais depuis le 7 Octobre, c’est un enfer. Sortir du camp à l’aube ou en soirée est devenu très périlleux. Avant le 7 Octobre, nous vivions dans un état de tension, de qui-vive permanent, mais dans un certain calme. A présent, personne ne peut sortir du camp sans avoir au préalable consulté sur Telegram le fil d’infos où, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les jeunes surveillent les entrées et les sorties de l’«armée» – c’est ainsi qu’on appelle les soldats israéliens du camp –, non pas dans l’idée de mener des actes de résistance, mais pour protéger les habitants des affronts des soldats, au cas où ils seraient pris en flagrant délit de crimes punis par le droit international.
Un soir, en effet, les gens du camp ont fait circuler un communiqué de l’armée d’occupation détaillant les crimes et les sanctions stipulées par une convention de droit international de l’ONU en 1948. On s’est mis alors à entendre crier aux fenêtres : «Où tu vas, toi ! Tu sais pas que c’est interdit d’aller à l’hôpital ? T’as pas lu le communiqué ? C’est puni de soixante coups de pied !» Ou bien : «T’es fou ? Tu vas passer la soirée chez ton copain ? Ça vaut huit gifles sur chaque joue ! Reviens vite !»
Un jour où mon père suivait l’exode des habitants de Gaza à la télévision, il nous a réunis pour nous dire : «Ecoutez-moi bien : après Gaza, ce sera notre tour. Sachez que, pour notre famille, il n’y aura pas de troisième exode. Ils sont plus forts que nous. Y a qu’une solution : s’ils s’approchent de chez nous et qu’ils nous demandent de sortir, on prendra tous ce poison.» Là, mon père a sorti une boîte en plastique hermétiquement fermée. «Du poison ? Qu’est-ce que tu racontes, papa ?» s’est écrié mon frère Emad en éclatant en sanglots. «Oui, du poison», a répété mon père, qui s’était mis à rougir étrangement.
«Je ne vous ferai pas subir un troisième exode. J’ai vécu celui de 1948 et celui de la défaite de 1967. Je ne partirai pas d’ici pour me réfugier sur une colline ou dans une vallée et me retrouver une troisième fois sous une tente, comme les gens de Gaza, ou comme ceux des camps de Jénine et de Nour Chams, dans le nord de la Cisjordanie. Ils ont envahi les deux camps au bulldozer, ont détruit les maisons et ont expulsé les habitants vers Jénine. Vous voudriez qu’on reste comme ça à attendre notre tour ?» Mes frères et leurs enfants ont fondu en larmes. Quant à moi, je me suis réfugié dans ma chambre pour attendre que la main de Smotrich vienne empoigner mon cou.
Ils voudraient nous tuer après nous avoir autorisés à tenir une guitare
A près de deux mois des élections israéliennes du 27 octobre, un ami d’un autre camp, qui lui aussi souffre du cauchemar de Smotrich, m’a dit au téléphone : «Tout va changer, Ziad. Prions pour que les barbares s’en aillent et soient remplacés par des gens plus raisonnables.» Mon ami a ajouté : «J’ai écouté Gadi Eisenkot, sa popularité est en train de monter en Israël face à ce monstre de Nétanyahou. Il a dit que, s’il arrivait au pouvoir, il autoriserait 150 000 ouvriers palestiniens à retourner travailler en Israël et il nous reverserait les droits de douane perçus sur nos importations qui transitent par les ports israéliens.» J’ai raccroché.
J’ai songé «mon Dieu, sommes-nous à ce point affaiblis et vulnérables, que nous en sommes réduits à appeler à la rescousse des sionistes d’un autre genre, partisans de l’occupation, opposés à l’établissement d’un Etat palestinien et qui ne reconnaissent pas notre droit à l’autodétermination, mais qui sont plus malins que les barbares en place, qui ont le mérite d’être clairs ?»
En bref, ils voudraient nous tuer après nous avoir autorisés à tenir une guitare et à en jouer un peu quelques minutes avant la mort, alors que les autres, les barbares, tiennent à ce que nous regardions la mort bien en face pendant notre agonie. Ce sont toujours deux morts, mais d’un genre différent : l’une brute et sauvage, l’autre plus douce et courtoise.
Mon père adoré nous a quittés il y a un an. Hier, je fouillais dans ses affaires avec nostalgie. Je suis tombé sur la boîte de poison. J’ai été pris d’effroi ; elle m’a échappé des mains. Je l’ai longtemps regardée. Puis j’en ai parlé à mes frères : qu’est-ce qu’il fallait en faire ? Tous étaient d’avis qu’il fallait s’en débarrasser, aller l’enterrer sur une colline loin des gens. J’étais d’accord avec eux. Seulement la veille du jour où j’étais censé l’enterrer a été effroyable.
La nuit, un bulldozer conduit par Smotrich a abattu ma fenêtre et le mur de ma chambre, puis des soldats y ont fait irruption avec Smotrich. Ils m’ont broyé les os, ont jeté mes livres aux quatre coins de la pièce et l’un d’eux a mis sa grosse botte sur mon cou. Smotrich s’est penché sur mon visage en prononçant une phrase en hébreu qu’un soldat d’origine arabe m’a traduite : «Il te dit que t’as une demi-seconde pour partir, et sans guitare.»
J’ai menti à mes frères. Je ne suis pas allé enterrer la boîte sur la colline : je l’ai cachée au milieu de mes affaires. Mais le plus terrifiant, c’est que deux jours après ce cauchemar, ma nièce m’a offert une guitare pour mes 63 ans.
Texte traduit de l’arabe par Stéphanie Dujols.
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5 septembre 2026 6 05 /09 /septembre /2026 05:56
Génocide à Gaza : Israël veut déplacer les Palestiniens et confirme son projet de nettoyage ethnique (L'Humanité 4 septembre 2026, Théo Bourrieau)
Génocide à Gaza : Israël veut déplacer les Palestiniens et confirme son projet de nettoyage ethnique
Israël est prêt à déplacer les habitants de Gaza hors du territoire ravagé par le génocide si les États-Unis donnent leur feu vert, a déclaré mercredi 2 septembre son ministre de la Défense, évoquant des transferts « par la mer et par les airs ». Une nouvelle étape dans le projet de nettoyage ethnique de l’état génocidaire.
 
L'Humanité 4 septembre 2026
Théo Bourrieau
La rédaction de l'Humanité
Migration ? Déplacements forcés. Le ministre de la Défense israélien a confirmé le projet de nettoyage ethnique de la bande de Gaza en se disant prêt à expulser les habitants en proie au génocide. « En définitive, il n’existe pas de véritable solution pour Gaza sans cette migration » de sa population, a ainsi déclaré Israël Katz lors d’une conférence organisée par le site d’information israélien Ynet mercredi 2 septembre.
Le lendemain, son collègue d’extrême droite Itamar Ben Gvir a surenchéri en présentant une proposition de campagne pour vider la bande de Gaza de sa population palestinienne qui serait envoyée à l’étranger. Cet habitué des saillies racistes dit souhaiter le départ de 250 000 Palestiniens de Gaza en un an, puis du reste des quelque deux millions d’habitants de ce territoire ravagé par la guerre entre Israël et le Hamas au cours des six années suivantes
L’an dernier, le président américain Donald Trump avait proposé de « faire le ménage » en transférant les quelque deux millions d’habitants de Gaza vers des pays comme l’Égypte et la Jordanie, avant de rétropédaler face au tollé. Selon le ministre de la Défense israélien, le président états-unien « n’a pas renoncé à son idée, il l’a seulement suspendue » face à la pression de pays arabes. « Mais le plan n’est pas remisé, il fait l’objet de discussions en permanence, même en ce moment », a assuré le proche de Benyamin Netanyahou.
Crime de guerre
Sans dire d’où il tenait ce chiffre, Israël Katz prétend que « 80 % (des Gazaouis) veulent partir », mais que le Hamas « les en empêche ». Le gouvernement israélien est « organisé, et prêt à les faire sortir par la mer, par les airs, par toutes les voies possibles », a-t-il ajouté. « Mais pour que cela se produise, nous avons besoin des États-Unis. Quand donneront-ils leur accord ? Lorsqu’il deviendra clair que le Hamas ne remplit pas ses obligations » dans le cadre des négociations autour du plan de paix défendu par les États-Unis, a-t-il poursuivi.
Ces nouvelles déclarations ne viennent que confirmer le projet de nettoyage ethnique des Palestiniens de la bande de Gaza envisagé par Israël. En février, Bezalel Smotrich, ministre des Finance du gouvernement d’extrême droite avait même proposé d’élargir cette mesure aux Palestiniens de Cisjordanie.
En mars, une agence spéciale a été créée au sein du ministère de la Défense, chargée d’orchestrer l’expulsion massive de Palestiniens de Gaza, toujours sous couvert de réinstallation « volontaire ». Bezalel Smotrich avait alors déclaré que cette nouvelle « Autorité d’émigration » mènerait une « opération logistique de grande envergure » ​​visant à relocaliser les Palestiniens de Gaza et à leur trouver des pays de destination. Pour rappel, le déplacement forcé d’une population civile est un crime de guerre, au regard du droit international.
Surenchère électorale
Signe que les élections approchent et que tout est bon pour faire monter les enchères électorales, le ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a affirmé jeudi 3 septembre vouloir le départ de 250 000 Palestiniens dans l’année à venir puis le reste de la population au cours des six prochaines années.
Il a publié une brochure de 20 pages, intitulée « programme de travail national pour le transfert volontaire de la bande de Gaza » et que l’Agence France-Presse (AFP) a pu consulter. Si Ben Gvir et ses consorts multiplient ce type de déclarations, le gouvernement israélien n’a pour l’heure annoncé aucune mesure concrète.
« C’est réaliste », a toutefois assuré dans une allocution télévisée le ministre de la Sécurité nationale. Il a également affirmé que plusieurs pays étaient « prêts » à accueillir les Gazaouis, sans pour autant préciser lesquels. « On doit pousser à l’émigration des habitants de Gaza », a-t-il détaillé, tout en assurant qu’il ne s’agissait pas de « forcer » les Palestiniens à quitter leurs terres. Le ministre a ajouté que son parti « Force juive » allait exiger « un ministère chargé de l’émigration » lors de la formation du prochain gouvernement, soulignant que son plan était « concret » et « le fruit d’un an et demi de travail »
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17 août 2026 1 17 /08 /août /2026 07:40

Les associations de diffusion de la pensée de Baruch Spinoza et les séminaires de recherche de 17 pays s’élèvent contre la décision du gouvernement d’extrême droite italien d’exclure son enseignement des programmes des lycées, ainsi que celles d’autres philosophes critiques dont Marx. Une tribune signée par l’Association des Amis de Spinoza.

Les associations et les séminaires spinozistes actifs dans différentes parties du monde – dont le projet est de faire connaître et de diffuser la pensée de Spinoza – s’élèvent vigoureusement contre la décision du gouvernement italien d’exclure le philosophe juif hollandais d’origine ibérique, des programmes des lycées ; le même sort est réservé, par les nouvelles « Indicazioni Nazionali per i Licei » du 23 avril 2026 du gouvernement Meloni, à plusieurs autres grands philosophes classiques de la pensée critique, dont une partie de la philosophie allemande avec l’exclusion de Leibniz, de Kant – dont le criticisme est amputé de ses aspects moraux et historico-politiques –, de Marx, de Fichte et de Schelling…

En 1670, au cœur de la Libre République des Provinces Unies, en publiant son Tractatus theologico-politicus, Spinoza défendait la liberté de philosopher mise en danger par les partisans d’un pouvoir monarchique et d’une théologie intolérante adversaire du pluralisme des opinions, des croyances et de la libre recherche en philosophie et dans les sciences.

S’attaquer aujourd’hui à la pensée de Spinoza, aux racines historiques du rationalisme et de la pensée critique, c’est vouloir bâillonner la liberté de pensée et de parole que l’École a pourtant pour devoir d’apporter à l’ensemble des citoyens.

Exclure des études la philosophie de Spinoza (ainsi que des penseurs fondamentaux formateurs de la pensée critique) est aussi absurde que dangereux. Comme l’enseigne le Tractatus theologico-politicus, la liberté de philosopher est indispensable à la paix et à la sécurité de la République et vouloir la réduire c’est nécessairement engendrer la corruption des principes de la vie commune.

Par leur signature, les associations et séminaires spinozistes de 17 pays demandent donc solennellement au ministère italien de l’éducation de réinscrire au programme de philosophie des lycées, les noms de Spinoza et de tous les philosophes écartés de l’enseignement secondaire par les Indicazioni Nazionali du 23 avril 2026.

Association des Amis de Spinoza. Séminaire international de recherches sur Spinoza, Sorbonne, Université de Paris-1, Panthéon-Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, Paris 75005. Rens. https://aas.hypotheses.org

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12 août 2026 3 12 /08 /août /2026 06:00
Article de Pierre Barbancey dans L'Humanité sur la délégation du PCF en Palestine dans le cadre de nos initiatives de solidarité avec le peuple palestinien et de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine

Article de Pierre Barbancey dans L'Humanité sur la délégation du PCF en Palestine dans le cadre de nos initiatives de solidarité avec le peuple palestinien et de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine

Article de Pierre Barbancey dans L'Humanité sur la délégation du PCF en Palestine dans le cadre de nos initiatives de solidarité avec le peuple palestinien et de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine

Article de Pierre Barbancey dans L'Humanité sur la délégation du PCF en Palestine dans le cadre de nos initiatives de solidarité avec le peuple palestinien et de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine

Article de Pierre Barbancey dans L'Humanité sur la délégation du PCF en Palestine dans le cadre de nos initiatives de solidarité avec le peuple palestinien et de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine

Article de Pierre Barbancey dans L'Humanité sur la délégation du PCF en Palestine dans le cadre de nos initiatives de solidarité avec le peuple palestinien et de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine

Juillet 2026: une délégation du PCF en Palestine pendant 12 jours, dans le cadre de la solidarité avec le peuple palestinien, de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine
Juillet 2026: une délégation du PCF en Palestine pendant 12 jours, dans le cadre de la solidarité avec le peuple palestinien, de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine
En ce premier 14 juillet 2026 après la reconnaissance de l'Etat de Palestine, il était important qu'une délégation du PCF se rende en Israël et en Palestine. Elle a été reçue au Consulat général de France à Jérusalem.
Cette journée a également été marquée par un hommage rendu à Yasser Arafat, figure historique du peuple palestinien, dans un moment de recueillement et de mémoire.
À travers cette visite, les communistes réaffirment leur engagement pour une paix juste et durable, fondée sur le droit international, la reconnaissance des droits du peuple palestinien et la sécurité de tous les peuples de la région.
 
Cette mission de solidarité a duré 12 jours. 
 
Retour de la délégation du PCF en Palestine (10 - 22 juillet 2026)
À l’initiative du PCF 94 et des animateurs de la campagne « 1 million d’oliviers pour la paix en Palestine », une délégation du Parti Communiste Français s’est rendue en Palestine du 10 au 22 juillet 2026.
Elle a rassemblé les fédérations du Gard, du Gers, du Lot-et-Garonne, de Meurthe-et-Moselle, de l’Oise, des Pyrénées-Atlantiques, des Pyrénées-Orientales et du Val-de-Marne, aux côtés de la direction nationale du PCF, du MJCF et d’élus nationaux et locaux, ainsi que de Pierre Barbancey, grand reporter au journal l’Humanité. Elle était composée de Vincent Boulet, Ozer Oztorun, Christine Hernandez, Alain Rouy, Morgan Desmarest, Noam Korchi, Ivan Lanta, Franck Lamas, Danielle Raucoules, Sylvain André, Silvana Silvani, Margot Chouvet, Morand Perrin, Marie-Christine Gimenez, Martine Pleuchot, Carole Dubois, Miguel Hernandez et Rachel Delamare.
En rencontrant les organisations de l’OLP - et notamment le Parti du Peuple Palestinien (PPP) -, cette mission a réaffirmé la solidarité politique du PCF en faveur d’un État de Palestine libre et souverain, fondé sur le respect du droit international.
Sur le terrain, son action s’est déployée sur quatre points :
1. Soutenir la résistance populaire palestinienne en allant à la rencontre des acteurs de la lutte de libération en Cisjordanie occupée
2. Se rendre auprès des agriculteurs et mesurer la portée des plantations financées par la collecte « 1 million d'oliviers pour la paix »
3. Rencontrer les communistes et anticolonialistes israéliens qui luttent contre le racisme et l’apartheid en Israël
4. Contribuer à l’émergence de projets de coopération décentralisée et de jumelages entre communes françaises et palestiniennes, pour répondre concrètement aux besoins vitaux des populations.
Le constat est implacable
De Bethléem à Naplouse, en passant par Hébron, Jérusalem-Est et Massafer Yatta, partout la situation s’aggrave : accélération de la colonisation, apartheid, dépossessions, violences des militaires et colons armés par le gouvernement israélien d’extrême droite. La stratégie programmée d'annexion totale - aménagement de la zone E1 - vise directement à briser la continuité territoriale palestinienne pour empêcher définitivement la création d’un État de Palestine.
Alors que le génocide à Gaza se poursuit, les Palestiniens parlent d’un génocide silencieux en Cisjordanie occupée,
Un peuple qui résiste !
Plusieurs réalités s’imposent. La jeunesse et la population palestiniennes font preuve d'une résilience remarquable malgré la répression, les emprisonnements massifs et la torture.
La journée passée aux côtés des agriculteurs a conforté pleinement la campagne « 1 million d’oliviers pour la paix ». Partout, la résistance du peuple palestinien force le respect. Tous, maires, comités populaires des camps de réfugiés, ONG appellent à multiplier les coopérations pour renforcer leurs capacités de résistance et de résilience.
Le PPP et le PCI plaident pour la consolidation de nos liens politiques historiques.
Le message transmis est unanime : solidarité internationale, application des résolutions de l'ONU et bataille politique. Les Palestiniens cultivent l’espoir d’un État libre et souverain, et affirment qu’ils resteront enracinés sur leur terre, tout comme l’olivier millénaire.
L’urgence d’une réponse politique
Face à la menace d’effacement de tout un peuple, la communauté internationale doit sortir de sa passivité. Les Palestiniens demandent des actes politiques concrets :
• Faire appliquer le droit international et rompre l’impunité d’Israël.
• Déployer une campagne globale de sanctions, de boycott et de désinvestissement, tout en dénonçant les crimes d’Israël, notamment avec la campagne de libération des prisonniers politiques.
Plus que jamais, il est indispensable de construire un vaste mouvement de solidarité internationale, tout en menant la lutte politique, pour exiger le respect des droits fondamentaux du peuple palestinien aux côtés du peuple israélien.
Paix et justice pour la Palestine !
Juillet 2026: une délégation du PCF en Palestine pendant 12 jours, dans le cadre de la solidarité avec le peuple palestinien, de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine
Juillet 2026: une délégation du PCF en Palestine pendant 12 jours, dans le cadre de la solidarité avec le peuple palestinien, de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine
Juillet 2026: une délégation du PCF en Palestine pendant 12 jours, dans le cadre de la solidarité avec le peuple palestinien, de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine
Juillet 2026: une délégation du PCF en Palestine pendant 12 jours, dans le cadre de la solidarité avec le peuple palestinien, de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine
Juillet 2026: une délégation du PCF en Palestine pendant 12 jours, dans le cadre de la solidarité avec le peuple palestinien, de la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine
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10 août 2026 1 10 /08 /août /2026 07:00

Le site Statewatch vient de révéler que l’institution présidée par Ursula von der Leyen tente de faire valider en toute illégalité, dans le cadre d’Europol, une disposition qui étend les échanges de dossiers criminels avec Tel-Aviv y compris dans les territoires palestiniens occupés.

Pierre Barbancey

Le site Statewatch vient de révéler comment la Commission européenne, présidée par Ursula von der Leyen, cherche toujours un accord controversé sur la police avec Israël, malgré les avertissements que ladite commission a reçus, notamment du Conseil européen. Ce dernier, composé des chefs d’État ou de gouvernement des États membres de l’UE, de son président et du président de la Commission européenne, est chargé de définir les orientations politiques générales de l’UE.

En 2005, ce Conseil désigne Israël comme l’un des partenaires prioritaires d’Europol, l’agence de l’UE de police criminelle censée faciliter l’échange de renseignements entre polices nationales notamment en matière de stupéfiants, de terrorisme, de criminalité internationale au sein de l’Union européenne.

Mais les négociations en vue d’un accord initial butent particulièrement sur le respect par Israël des normes de protection des données de l’UE et l’emplacement du quartier général de la police nationale israélienne à Jérusalem-Est, en territoire palestinien occupé.

Ce qui n’empêchait pas les deux parties de signer, en 2018, un « arrangement de travail », sous prétexte de combattre la fraude, le cybercrime et le terrorisme. Un arrangement établi de telle manière « qu’il ne nécessitait pas d’approbation supplémentaire de la part du Parlement européen », comme l’écrit notre confrère Giacomo Zandonini de Statewatch, mais n’autorisait pas l’échange de données personnelles, une telle éventualité nécessitant un nouvel accord, plus encadré.

Derrière l’apparente faute technique, une volonté politique

La Commission a donc été mandatée pour cela et a signé avec le gouvernement israélien, en septembre 2022, un projet d’accord. Deux mois plus tard, en novembre, le service juridique du Conseil s’apercevait que non seulement la Commission ne l’avait pas tenu informé tout au long des négociations mais, surtout, elle avait inclus des dispositions contraires au droit européen et international.

Rappelons que la Commission européenne est la gardienne des traités européens et dispose notamment du monopole de l’initiative législative, du pouvoir de contrôle de l’application du droit européen ainsi que de l’autorité exécutive.

Ce qui pourrait apparaître comme une simple faute technique relève en réalité de la volonté politique. On voit mal pourquoi la horde de juristes qui travaillent pour la Commission n’a pas tenu le Conseil au courant et pourquoi ils ont sciemment violé le droit européen. Ils n’ont ainsi vu aucune objection à ce que l’accord puisse être appliqué par Israël dans les territoires qu’il occupe, à savoir Gaza, la Cisjordanie et le plateau du Golan syrien.

Le texte parle ainsi d’« autorités compétentes » (la police israélienne et l’agence de sécurité intérieure, le Shin Bet) qui seraient autorisées à utiliser les données personnelles reçues d’Europol – et, par extension, des États membres et des agences de l’UE – dans les territoires occupés.

Ce qui est en rupture avec la position de l’UE, selon laquelle ses accords avec Israël ne doivent pas s’appliquer aux territoires occupés depuis la guerre des Six-Jours de 1967. « Selon l’évaluation du service juridique, cet arrangement serait donc contraire au droit du peuple palestinien à l’autodétermination en vertu du droit international », souligne Statewatch.

Pour la Commission, c’est à Israël de gérer

Pas gênée, la Commission a cherché, en octobre 2022, à justifier l’exception en invoquant « le devoir d’Israël en vertu du droit international humanitaire de rétablir et de maintenir l’ordre public et la sécurité dans les territoires contrôlés par ses forces ». Le directeur de Diakonia (un centre de droit international humanitaire basé à Jérusalem), Eitan Diamond, estime par ailleurs que la position de la Commission est balayée par l’avis de la Cour internationale de justice de juillet 2024.

Celle-ci a conclu qu’Israël doit « mettre fin à sa présence illégale dans le territoire palestinien occupé le plus rapidement possible » et que tous les États et organisations internationales doivent éviter les actions qui pourraient contribuer à maintenir cette présence illégale.

« Une réponse à la demande de documents connexes de Statewatch a révélé que les responsables de la Commission ont tenu au moins sept réunions avec des diplomates israéliens sur l’accord proposé entre 2023 et le 28 janvier 2026 », révèle le site.

En plein génocide, les envoyés de Von der Leyen discutent avec Israël

Ainsi, alors que la Cour internationale de justice, saisie fin 2023 par l’Afrique du Sud, relevait le « risque de génocide » perpétré par l’armée israélienne dans la bande de Gaza, les envoyés d’Ursula von der Leyen continuaient à discuter échanges de dossiers criminels. Peu importe également que la Cour pénale internationale a délivré, le 21 novembre 2024, un mandat d’arrêt contre le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, censé être exécuté par les 124 États membres de la CPI, dont les 27 membres de l’UE.

Fin juillet, 27 membres du Parlement européen ont soumis une question écrite demandant à la Commission de clarifier l’objectif de ces réunions, l’état actuel des négociations et les risques pour les droits de l’homme associés à l’accord. Interrogé par Statewatch, l’eurodéputé (Verts) français Mounir Satouri dénonce l’attitude de la Commission qui continue de négocier un accord de coopération policière alors que « de graves violations du droit international humanitaire » sont commises à Gaza. Et surtout, elle l’a fait dans le plus grand secret, sans contrôle du Parlement. « Les négociations sur cet accord doivent être suspendues immédiatement. La Commission s’est déshonorée en les menant. »

Pas à une contradiction près, dans le projet de document que la Commission et le gouvernement entendent signer dans le cadre de l’échange de données, une liste des domaines de criminalité concernés est jointe. On y trouve notamment les crimes de guerre et contre l’humanité ainsi que le génocide…

Ces révélations de Statewatch, peu relayées, montrent qu’Ursula von der Leyen fait peu de cas des institutions démocratiques européennes lorsqu’il s’agit des relations avec Israël. Si la Commission européenne a présenté des propositions visant à restreindre les relations commerciales avec les colonies en Cisjordanie (et non pas la suspension totale de l’accord d’association entre l’UE et Israël), la présidente savait comment le Conseil de l’UE réagirait. Aucune de ces propositions n’a été adoptée lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères le 13 juillet.

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