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9 janvier 2026 5 09 /01 /janvier /2026 06:31
Chronique de Francis Wurtz pour l'Humanité Magazine, 8 janvier : IMPÉRIALISME
Francis Wurtz
 
IMPÉRIALISME
 
Lorsque la Maison Blanche publia, le 5 décembre dernier, sa « stratégie de sécurité nationale », les dirigeants européens n'en ont retenu que le passage -effectivement grave et menaçant- sur « l'effacement civilisationnel » de notre continent, véhiculant une vision clairement raciste et annonçant un soutien explicite aux « partis patriotes » de l'extrême-droite européenne. Cela n'avait pas empêché la médiocre et très réactionnaire cheffe de la diplomatie européenne -l'ancienne Première ministre d'Estonie, Kaja Kallas- de souligner que les Etats-Unis restaient « le plus grand allié » de l'Union européenne, ajoutant même que « certaines (de ses) critiques (étaient) fondées » !
Une lecture élargie de ce texte de 33 pages aurait fait apparaître un autre volet des priorités de Trump : « restaurer la suprématie américaine » en Amérique latine, conformément à la « doctrine Monroe » -du nom d'un Président des Etats-Unis...du début du 19ème siècle- autrement dit considérer cette région comme la chasse gardée de Washington ! Le coup de force ahurissant contre le Venezuela en est une (première ?) illustration. Après « la paix par la force » qui justifia notamment le soutien de Trump aux crimes de Netanyahu à Gaza, voilà « le changement de régime par la force » au Vénézuela, quitte à prendre le risque d’un bain de sang. Dans les deux cas, les Etats-Unis prétendent même « diriger » le pays à la place de son peuple, en attendant « quelqu’un qui pense comme nous » ! Cela porte un nom : l'impérialisme.
Le président américain couvre (à peine) ses objectifs économiques -l'exploitation des immenses réserves pétrolières du Venezuela- de prétextes plus présentables (en l'occurrence, celui du pseudo-combat contre le trafic de drogue). À ces cibles directement lucratives s'ajoute une visée stratégique majeure : affirmer son hégémonie en tentant de briser quiconque y résiste. À commencer par Cuba, dont est originaire la famille du Secrétaire d'Etat (ministre des Affaires étrangères) Marco Rubio, ultra parmi les ultras, mais aussi la Colombie, le Mexique, voire le Brésil dont la résistance à l'arrogance trumpiste est jugée intolérable à Washington.
Que, face à une telle prétention à faire plier tous les récalcitrants à l'ordre états-unien, l'Union européenne se contente d'appeler « à la retenue » et Macron justifie de facto le putsch de Trump est non seulement ignoble mais irresponsable. Après les menaces directes sur le Groenland (lié au Danemark, donc à l’Europe), après les tentatives d'intimidation des magistrats français ayant condamné en première instance Marine Le Pen, après l'interdiction de séjour aux Etats-Unis faite à l'ex Commissaire européen Thierry Breton, coupable d'avoir fait adopter des lois régulant la tech, jugées gênantes pour les géants américains du numérique, que faut-il de plus aux flagorneurs de Trump de ce côté-ci de l'Atlantique pour comprendre qu'à se coucher devant le suzerain américain, l'Europe risque fort d'être la prochaine victime de l'hubris du locataire de la Maison Blanche ! Rappelons leur que leur nouvelle égérie vénézuélienne, Machado, a dédié son prix Nobel à Trump et encense les champions de la démocratie comme le Brésilien Bolsonaro, l’Argentin Milei, le Hongrois Orban et le parti d’extrême-droite espagnol Vox…
On sait où commence le choix d’un droit international à géométrie variable. On ne sait pas toujours où il peut finir.
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9 janvier 2026 5 09 /01 /janvier /2026 06:27
Venezuela: Bertrand Badie: «Cet usage de la puissance pour la puissance a toutes les chances d’échouer» (Nouvelle vie ouvrière)
«Cet usage de la puissance pour la puissance a toutes les chances d’échouer»

Bertrand Badie

Lire l'article ➡️ https://nvo.fr/cet-usage-de-la-puissance-pour-la...

«Cet usage de la puissance pour la puissance a toutes les chances d’échouer»

L'attaque états-unienne sur le Venezuela, avec l'enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, ont sidéré les esprits le 3 janvier 2026. Pour le géopolitologue Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po, auteur du livre Par delà la puissance et la guerre: la mystérieuse énergie sociale (Odile Jacob), la mollesse des réactions européennes à cette intervention contraire au droit international est un signe de « soumission structurelle » du vieux continent à l'égard de l'oncle Sam, de même que l'absence de réaction de la Russie ferait office d'accord tacite entre Washington et Moscou.

Quel regard portez-vous sur l'attaque menée par les États-Unis envers le Venezuela avec la capture du président Nicolás Maduro ?

Ce qui est nouveau, c'est la forme de cette intervention et les messages dont elle est porteuse. Je ne dis pas que les « guerres d'intervention » d'autrefois étaient conformes au droit international ; elles ne l'étaient pas. Mais certaines précautions étaient prises pour tenter de bricoler un fondement juridique. Aujourd'hui, explicitement, le président des États-Unis rejette toute référence au droit. De même, l'intervention des néoconservateurs américains, avec George W. Bush, en Irak, s'opérait sous l'idée de démocratiser le régime irakien. Ici, il n'est pas question de démocratie, ni même de rapport aux valeurs. Le projet essentiel est d'affirmer sa puissance, marquer qu'on est le géant politico-militaire de ce monde, voire le maître du monde.

Les messages deviennent clairs. Ils consistent à montrer que toute forme de résistance à la puissance états-unienne est susceptible de subir le même sort. C'est aussi, et c'est grave, la confirmation d'une diplomatie de connivence entre les États-Unis et la Russie, laquelle a réagi très mollement. Ce qui est très mauvais signe, compte tenu que le Venezuela était un allié très précieux de Moscou : l'intervention américaine est accueillie par Vladimir Poutine comme une validation de son « opération militaire spéciale » en Ukraine. Trump a son opération au Venezuela, Poutine a la sienne en Ukraine. C'est une sorte de tacite acceptation des gesticulations du partenaire.

Illustre-t-elle un retour de la doctrine Monroe outre-Atlantique, avec des variantes de la part de Donald Trump ?

Il faut cesser de parler de cette doctrine, parce qu'elle est complètement décalée par rapport à notre sujet. La doctrine Monroe date de 1823, à une époque où le principal souci des dirigeants états-uniens était de se libérer de la tutelle européenne. La doctrine Monroe a été forgée pour dire « l'Amérique aux Américains et l'Europe n'a rien à y faire ». Ensuite, cette doctrine a été manipulée.

Lorsque Trump intervient au Nigeria pour bombarder des groupes djihadistes, lorsqu'il se mêle des affaires de Gaza, au point de vouloir présider une commission de maintien de la paix, il n'agit pas en Amérique, ni dans une zone d'influence. C'est tout le contraire ! Cette « diplomatie de la gonflette » tous azimuts peut tout à la fois concerner le Venezuela ou Cuba, qui sont dans le continent américain, que le Nigeria, Gaza, l'Iran, ou même le Groenland qui est en Europe.

Est-ce que les menaces de Trump d’attaquer prochainement la Colombie, Cuba, le Mexique, le Groenland sont à prendre toutes avec le même sérieux ? Ont-elles la même implication ?

L'audace trumpienne est d'autant plus dangereuse qu'on ne lui oppose pas la force. L'énorme erreur des Européens qui ont sous-réagi à cette intervention au Venezuela conforte le locataire de la Maison-Blanche dans l'idée de continuer car il semble assuré de ne rencontrer aucune résistance. Il y a là une menace qu'il faut prendre au sérieux. Peut-être que l'Europe a abandonné le Groenland, et incidemment le Danemark, en refusant de réagir avec fermeté.

Dans le détail, s'attaquer au Venezuela peut être considéré comme facile. Nous avons affaire à un État en voie de décomposition, avec une capacité de réaction limitée, tout cela renforcé par une tacite acceptation de la part des autres membres de la communauté internationale. L'importance symbolique et matérielle que représente Cuba pour toute une série de pays, notamment la Russie, fait qu'une intervention dans l'île serait beaucoup plus risquée. Le souvenir de la baie des Cochons reste dans la tête des Américains. Le Groenland, c'est un autre épisode. Ce serait affronter directement un membre de l'alliance atlantique, de la sphère occidentale. La Colombie, quant à elle, va connaître des élections en mars prochain. Les États-Unis, comme la Russie, savent manipuler les élections. Trump peut espérer l'élection d'un de ses candidats comme cela a été le cas au Chili ou en Argentine. Le Mexique est aussi un très gros morceau. Personnellement, je n'y crois pas trop. Mais tant qu'on ouvre la porte à Trump, il ne faut pas s'étonner qu'il entre en force. Il y a eu, à travers l'affaire Thierry Breton (interdit de séjour aux Etats-Unis pour son engagement en faveur d'une régulation plus stricte de la Tech, ndlr) ou l'intervention au Venezuela, une sorte de soumission structurelle des Européens.

Quelles conséquences peut avoir cette attaque sur les forces politiques et syndicales de gauche, au Venezuela comme ailleurs en Amérique latine ?

L'ignorance de la résistance sociale a coûté cher à Poutine, qui pensait arriver à Kiev en trois jours. Je ne sais pas comment vont réagir, à moyen terme, les 28 millions de Vénézuéliens. Par ailleurs, j'ai du mal à imaginer que, dans un pays aussi mobilisé que la Colombie, la société reste passive.

La réflexion que j'en tire, c'est que le retour d'une puissance nue, cette espèce d'usage de la puissance pour la puissance, a toutes les chances d'échouer parce que la résistance sociale est en mesure de lui faire barrage. Cela fait 78 ans qu'on cogne sur les Palestiniens et la résistance palestinienne n'a jamais disparu, bien au contraire. Dans toutes les guerres de décolonisation, on pensait venir à bout du « terrorisme ». On n'y est jamais parvenu. L'Ukraine se caractérise par une incroyable résilience sociale. C'est la détermination de la société, plus que toute stratégie diplomatique ou militaire, qui a mis en échec la Russie. C'est la raison pour laquelle je crois que ces exercices de musculation diplomatico-militaire n'ont pas d'avenir à long terme.

Dans quelle mesure cette politique impérialiste de Washington sur le reste du continent américain peut être mal prise électoralement au sein des États-Unis ?

Il y a des sociétés dans les pays occupés, agressés, mais il y a aussi des sociétés dans les pays agresseurs, porteurs de force. De ce point de vue, le trumpisme est le fruit d'une ambivalence. Il y a, incontestablement, une demande sociale de puissance. La société états-unienne est consciente d'un certain déclin de ses capacités dans le monde. Trump s'est fait élire par deux fois sur le slogan « Make America great again ».

Dans le même temps, il y a cette lassitude d'intervenir partout dans le monde, parce que ces guerres – Vietnam, Irak, Afghanistan – se sont révélées extrêmement coûteuses. La guerre en Afghanistan a coûté entre 1.000 et 2.000 milliards de dollars. Ce qui est gigantesque ! Des « boys » en sont victimes. La société américaine ne le supporte pas.

Trump joue avec l'idée du chef musclé doublé d'un faiseur de paix. Mais à un moment, ces buts deviennent contradictoires. Deux sondages aux États-Unis révèlent que seule une minorité d'Américains approuvent cette opération au Venezuela. Cela peut fortement déstabiliser la stature politique du président des États-Unis.

Propos recueillis par Jonathan Baudoin

La Nouvelle Vie Ouvrière, Journal de la CGT Entreprises

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9 janvier 2026 5 09 /01 /janvier /2026 06:24
Mort de l’historien Mohammed Harbi, figure intellectuelle de l’indépendance algérienne (Pierre Chaillon, L'Humanité, 2 janvier 2026)
Mort de l’historien Mohammed Harbi, figure intellectuelle de l’indépendance algérienne
 
Figure emblématique de la lutte pour l’autodétermination et l’émancipation du peuple algérien, l’historien Mohammed Harbi est décédé à l’âge de 92 ans à Paris.
 
Carnet
 
Publié le 2 janvier 2026
 
Pierre Chaillan
 
L’historien et figure du mouvement pour l’indépendance algérienne Mohammed Harbi est décédé ce jeudi 1er janvier à l’âge de 92 ans « après avoir lutté, pendant quatre jours, contre une infection pulmonaire dans un hôpital parisien », a annoncé Ali Guenoun, historien et ami de la famille.
« Sa contribution en tant qu’historien, jusqu’à la fin de sa vie, a été majeure. Mohammed Harbi est resté digne jusqu’à ses derniers instants. Son souvenir demeure intact et continuera à jamais à éclairer nos mémoires, et la mémoire algérienne. Rappelons-nous de cette phrase tirée de sa dernière déclaration : “Œuvrons tous ensemble pour construire une nation de citoyens et vivre en paix avec nos voisins” », écrit encore Ali Guenoun.
Né le 16 juin 1933 à El Harrouch, près de Skikda, dans l’Est de l’Algérie, Mohammed Harbi s’engage très tôt dans le mouvement national algérien. En 1948, il adhère au Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) de Messali Hadj, et poursuit son combat à Paris au sein de l’Association des étudiants musulmans d’Afrique du Nord. Militant pour l’autodétermination et l’émancipation du peuple algérien, il participe aux débats qui traversent le mouvement indépendantiste au début des années 1950 et compte parmi les membres fondateurs du Front de libération nationale (FLN).
Du combat indépendantiste à l’exil intellectuel
Durant la guerre d’indépendance, il dirige la Fédération de France du FLN. Il sera associé aux premières négociations des accords d’Évian. Il occupe ensuite plusieurs fonctions politiques et diplomatiques au sein du pouvoir FLN et du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).
Après l’indépendance en 1962, il devient conseiller politique du président Ahmed Ben Bella et pilote l’hebdomadaire Révolution africaine. Après le coup d’État de 1965, il est emprisonné, puis assigné à résidence pendant plusieurs années. Il parvient à s’évader et s’exile en France dans les années 1970, où il entame une carrière universitaire et se consacre à l’écriture et à la recherche historique.
En 1974, l’historien enseigne à l’université de Paris-V et Paris-VI. En 1975, il publie son ouvrage inaugural Aux origines du FLN. Le populisme révolutionnaire en Algérie, qui ouvre la voie à une lecture critique inédite de l’histoire de l’indépendance algérienne et du FLN. Son travail fait référence.
Plusieurs autres ouvrages suivent : Les Archives de la révolution algérienne (1981) ; 1954, la guerre commence en Algérie (1984) ; L’Algérie et son destin : Croyants ou citoyens (1992) ; Prisonniers politiques FLN en France pendant la guerre d’Algérie 1954-1962 : La prison, un champ de bataille (2012)… Mohammed Harbi cumule ainsi une dizaine d’ouvrages.
« Un pionnier dans la déconstruction de l’idéologie officielle véhiculée en Algérie »
L’historien Benjamin Stora salue l’importance de cette œuvre historiographique dans un hommage à retrouver sur son blog Mediapart : « Mohammed Harbi a été un pionnier dans la déconstruction de l’idéologie officielle véhiculée en Algérie sur l’histoire du pays, et la guerre d’indépendance contre la France. Sa critique, souvent très aiguisée, des pratiques du FLN pendant la guerre, de la constitution d’un appareil bureaucratique s’élevant au-dessus de la société et « confisquant » les acquis de cette action anticoloniale ne sont pas passées inaperçues. »
L’intellectuel algérien marqué par la grille de lecture marxiste poursuit avec rigueur son engagement en faveur de la reconnaissance de la mémoire de la lutte anticoloniale et de son combat actuel. Dans les années 2000, s’élevant contre la guerre en Irak, Mohammed Harbi accorde de nombreux entretiens et lance de multiples appels et tribunes dont plusieurs dans l’Humanité dont il était un lecteur attentif et fidèle. En 2001, il entreprend d’écrire ses mémoires sous le titre Une vie Debout. Dans la dernière période de sa vie, il s’exprime encore en faveur d’une reconnaissance de la responsabilité de la France de ses crimes coloniaux ou encore en faveur de la langue berbère.
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7 janvier 2026 3 07 /01 /janvier /2026 12:29
Stop à l'agression impérialiste des États-Unis de Trump contre le Venezuela - Rassemblement unitaire à Morlaix jeudi 8 janvier à 17h30 devant la mairie
Stop à l'agression impérialiste des États-Unis de Trump contre le Venezuela
 
NON A L'AGRESSION IMPERIALISTE DES ETATS-UNIS DE TRUMP CONTRE LE VENEZUELA ! 🇻🇪

➡️ RASSEMBLEMENT À MORLAIX
➡️ JEUDI 8 JANVIER à partir de 17h30
 
L’année 2026 commence par un sinistre retour en arrière.
 
Le coup d’État militaire, les interventions pour contrôler les ressources, la mise au pas des régimes récalcitrants. L’histoire se répète, violente et sinistre. Hélas, un scénario trop familier. 
 
Le président des États-Unis, Donald Trump, et l’armée américaine viennent de mener une agression militaire contre le Venezuela, accompagnée du kidnapping du président vénézuélien. 
 
Cet acte d’une extrême gravité constitue une violation manifeste du droit international, une atteinte intolérable à la souveraineté d’un État et une mise en danger directe de la population civile.
 
Derrière les prétextes sur la démocratie et les droits de l’Homme, la même logique impérialiste. S’emparer des richesses du Venezuela et imposer un régime docile aux multinationales.
 
La loi du plus fort, le mépris du droit international.
 
Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette offensive impérialiste. Rien ne peut justifier le recours à la force armée, aux enlèvements politiques et à la loi du plus fort pour pour tenter d’imposer des choix contraires à la souveraineté du peuple vénézuélien.
 
Ce qui se joue aujourd’hui révèle le visage nu de l’impérialisme contemporain.
 
Bombardements criminels, sanctions économiques qui frappent d’abord les populations, chantage permanent et désormais enlèvement d’un chef d’État, le néocolonialisme américain déploie l’ensemble de son arsenal.
 
L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, pétrolifères et minérales. 
 
Il s’agit ni plus ni moins d’une guerre capitaliste, impérialiste et coloniale que nous dénonçons avec vigueur tant elle rappelle les pires moments de la doctrine Monroe et des invasions américaines en Haïti, à Panama ou à Grenade au siècle dernier, ou encore l'agression contre la démocratie chilienne et le gouvernement de gauche d'Allende par le coup d'état de Pinochet le 11 septembre 1973 avec l'organisation des États-Unis et de la CIA. 
 
Nous voulons réaffirmer notre engagement pour la paix, le respect du droit international et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
 
Nous dénonçons l'immixtion des États-Unis en Amérique Latine dans les élections ou ses ingérences armées pour soutenir des régimes de droite ou d'extrême-droite favorables à ses intérêts.  
 
Nous appelons à une mobilisation large, unitaire et démocratique, et participerons à toute initiative de protestation avec l’ensemble des forces citoyennes, pacifistes et progressistes qui refuseront cette escalade guerrière.
 
Nous appelons les citoyens, les forces de gauche et de progrès à dénoncer ce coup de force, et à pousser notre président de la République à saisir le conseil de sécurité en urgence. 
 
Nous appelons les citoyens du pays de Morlaix à un rassemblement unitaire à Morlaix devant la mairie de Morlaix pour dénoncer cette agression d'un État souverain et cette nouvelle violation du droit international, mais aussi la réaction "complice" de la présidence de la République et de la diplomatie française qui refusent de condamner le coup de force de Trump. 
 
Le jeudi 8 janvier à partir de 17h30 
 
Avec drapeaux, pancartes, banderoles. 
 
Lecture d'un appel commun aux différentes organisations. 
 
14 premiers signataires: 
 
Le Parti communiste français, La France Insoumise, la Gauche indépendantiste bretonne, Les écologistes EELV, le Parti socialiste, Génération.S, NPA-Anticapitaliste
La FSU, la CGT, Solidaires
Le Mouvement de la Paix, Morlaix-Wavel, Morlaix-Libertés, Ligue des Droits de l'Homme.  
Stop à l'agression impérialiste des États-Unis de Trump contre le Venezuela - Rassemblement unitaire à Morlaix jeudi 8 janvier à 17h30 devant la mairie
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6 janvier 2026 2 06 /01 /janvier /2026 17:39
Jérôme Leroy: Au-delà de Maduro, c'est le souvenir de Chavez que les Etats-Unis veulent criminaliser (Marianne, 6 janvier 2026)
Le cynisme terrifiant de Trump, qui a fait enlever Maduro pour mieux s’emparer du pétrole vénézuélien se double d’une autre victoire, celle d’un récit qu’il impose au monde. Maduro est un dictateur, sa dernière victoire électorale est truquée, c’est un narcotrafiquant et un voleur. Personne ne semble vouloir mettre en question ces faits qui apparaissent comme des vérités révélées même dans nos chers médias et même pour notre président, qui avant de rétropédaler en catastrophe, n’a même pas cru bon dans un premier temps de condamner l’intervention militaire. Dans leur immense majorité, tous reprennent peu ou prou ces éléments de langage et notamment l’idée que le Venezuela serait une dictature depuis 27 ans. Or, Maduro n’est au pouvoir que depuis 2013. Et avant Maduro, qui a sans doute fait preuve d’un certain autoritarisme mais pas plus que Trump aux Etats-Unis, il y avait un certain Hugo Chavez qui a donné son nom au chavisme, ce populisme socialiste qui a fait souffler un vent de liberté dans une Amérique latine dont les richesses du sous-sol étaient systématiquement confisquées par les USA qui arrosaient au passage une kleptocratie locale maintenant le peuple dans la pauvreté et l’analphabétisme
Hugo Chavez, vous vous souvenez ? Chavez était lui aussi systématiquement présenté comme un dictateur. Sauf quand il gagnait les élections, parce qu’il y avait souvent des élections au Venezuela, beaucoup même pour une dictature. 14 scrutins en 13 ans dont quatre élections présidentielles. Hugo Chavez venait d’ailleurs de gagner la dernière en 2012 quand il est mort en 2013. Précisons que toutes les élections au Venezuela avaient été surveillées par des batteries d’observateurs internationaux et que la seule que Chavez a perdue d’un rien était un référendum sur la constitution. Et, chose étrange pour nous français, bien que ce résultat ne lui plût pas, il ne refit pas passer sa réforme constitutionnelle en catimini devant le parlement. (Coucou, Sarko et le traité de Lisbonne.)
On oublie la situation dans laquelle Chavez arrive au pouvoir, en 1998. L’Amérique latine crevait sous le poids de la dette et le « consensus de Washington », cette troïka composée du FMI, de la Banque Mondiale et du Trésor américain, forçait depuis dix ans les gouvernements à appliquer des mesures types directement inspirées de la pensée ultralibérale de l’école de Chicago.
Le résultat était que des pays potentiellement riches se retrouvaient peuplés de pauvres. On voit des paradoxes de ce genre-ci en Europe, bien que la doxa nous dise que comparaison n’est pas raison. Or, c’est la même chose : comment peut-on rationnellement expliquer que des pays riches soient pauvres et, en prenant par exemple le Venezuela d’avant Chavez, que le onzième pays producteur de pétrole ait été analphabète et ait littéralement crevé de faim ?
Me revient, tout à coup, en pensant à Chavez, cette phrase de Dom Helder Camara, l’un des fondateurs de la théologie de la libération : « Quand je donne à manger aux pauvres, on dit que je suis un saint; quand je demande pourquoi ils sont pauvres, on me traite de communiste ». Car Chavez avait autant besoin de Marx que du Christ, de Bolivar que de Cervantès pour mener sa révolution qui passait d’abord par les urnes.
En juillet 2006, j’étais au festival international de la Semaine Noire de Gijón, en Espagne. Il y avait notamment tout le gratin des auteurs de romans noirs latino-américains. J’appris ainsi par Paco Ignacio Taïbo II, organisateur et grand écrivain mexicain, que Chavez venait de faire distribuer par camions entiers des exemplaires de Don Quichotte dans les quartiers pauvres, ceux où se développaient les programmes éducatifs et sanitaires, « Barrio adentro » qui ont amélioré, c’est le moins qu’on puisse dire, la vie des Vénézuéliens
Que certaines élites se soient sucrées au passage n’a manifestement pas empêché l’amélioration globale du niveau de vie. Et puis il n’y pas d’amour, seulement des preuves d’amour. Si cette corruption avait été insupportable, les Vénézuéliens auraient dit « Basta » dans les urnes. Ils ne l’ont pas fait et même en 2002, alors que Chavez était victime d’un putsch mené par le patron des patrons, le peuple l’a ramené au palais présidentiel en moins de 24 heures.
Ce que je sais aussi, c’est que Chavez ne devait pas faire peur à ses voisins. L’expérience de Chavez s’est exportée en Bolivie, en Equateur, en Argentine, au Nicaragua. C’est sans doute ce qu’on ne lui a jamais pardonné.
Que Maduro ait bien mal géré l’héritage chaviste, sans doute. Que cet héritage chaviste soit occulté ou confondu avec une banale dictature est une autre affaire. Et une autre victoire de Trump qui criminalise aussi au passage aujourd’hui toute tentative de gauche pour rompre avec la prédation capitaliste de plus en plus décomplexée.
 
https://www.marianne.net/agora/humeurs/jerome-leroy-au-dela-de-maduro-cest-le-souvenir-de-chavez-que-les-etats-unis-veulent-criminaliser?fbclid=IwY2xjawPKKH5leHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEe5mjm4F9k-TU3w0CcEGBgg_Y3QvWMYmEReQxrfomAW3F407Tu_a7jOvgJiaA_aem_afwaL0xwANPO_cdyKFZtnA
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6 janvier 2026 2 06 /01 /janvier /2026 17:28
 (Visuel: article du Télégramme 6 janvier 2026, édition de Morlaix)

(Visuel: article du Télégramme 6 janvier 2026, édition de Morlaix)

Déclaration du PCF Morlaix – 6 janvier 2026:
Vous avez dit indignité?
 
Trois élus de droite de la majorité départementale, Alain Le Grand, Véronique Bourbigot, Didier Guillon se sont crus autorisés de dénoncer dans la presse régionale le 5 janvier une prétendue « indignité » du PCF qui condamnait ce week-end, par la voix de la section PCF de Morlaix, l’agression du Venezuela par les États-Unis pour s’approprier ses ressources en pétrole et favoriser l’intérêt de ses multinationales en supprimant un régime qui avait nationalisé le secteur des hydrocarbures et tenter d’endiguer la pauvreté et les inégalités, endémiques avant l’élection de Chavez.
 
Indignité ?
 
Le mot est fort et injurieux. Nous ne sommes pas étonnés, l'invective, la violence politique et la malhonnêteté intellectuelle des amalgames sont dans l'ère du temps et font partie de la palette d'une droite qui bien souvent lorgne vers le populisme.
 
Mais au fait...
 
N’y a t-il pas plutôt une « indignité » à applaudir ou à laisser faire Trump dans sa politique brutale d’agression qui bafoue le droit international et assume une logique impériale et de droit de la force brutale? Aujourd’hui, c’est le Venezuela, demain ce sera Cuba, l’Iran, et même le Canada et le Groenland, partie du Danemark, qui seront les cibles des appétits de puissance du sinistre clown d’extrême-droite fasciste et obscurantiste qui dirige les États-Unis.
 
Faut-il croire que ces mêmes élus départementaux de droite auraient applaudi pareillement au coup d’État de Pinochet avec l’appui de la CIA et d'escadrons de la mort et de tortionnaires nazis contre Allende et la gauche chilienne en 1973 ?
 
Par ailleurs, à aucun moment dans son communiqué du samedi 3 janvier ou dans le communiqué commun à 15 organisations de gauche, syndicales et associatives, d’appel au rassemblement du jeudi 8 janvier pour défendre la souveraineté du Venezuela et le droit international, dénoncer le coup de force de Trump, le PCF n’a prétendu justifier tous les aspects de la politique de Nicolas Maduro ni minimiser la crise politique et économique traversée par le Venezuela, à laquelle le blocus et les pressions exercés par les états-unis pour faire tomber le gouvernement de gauche ne sont pas étrangers.
 
A aucun moment le PCF, qui n’est pas une organisation d’extrême-gauche, mais une organisation de gauche, au cœur de la gauche, et un parti de gouvernement républicain, démocrate, et humaniste, présent dans de nombreuses collectivités, et au Département du Finistère, n’a justifié, contrairement à plusieurs personnalités de droite et d’extrême-droite, la politique de Poutine en Russie ou de Bachar Al-Assad en Syrie, et leurs violations des droits humains, d’ailleurs autrement plus considérables que celles imputées au régime Maduro au Venezuela.
 
Par contre nous refusons les logiques impérialistes et colonialistes, nous considérons que Trump qui a fait envahir le Capitole et viole les droits humains quotidiennement en étant responsable de la mort de milliers de migrants sur la frontière avec le Mexique, n’a aucun titre à se prétendre plus démocrate que Maduro, et que même s’il avait été moins autocrate et violent, il n’aurait aucune légitimité à renverser un gouvernement élu représentant un peuple et un État étranger par la force militaire. Par ailleurs, tout le monde sait que la vraie motivation de Trump n’est aucunement la démocratie, la morale, ou la lutte contre le trafic de drogue mais l’appropriation des réserves de pétrole du pays qui en compte le plus au monde. Et il ne va pas s’arrêter là.
 
Indignité ?
 
Nous aurions aimé que la droite départementale mette la même énergie à défendre les droits humains pour condamner la politique génocidaire d’Israël et de Netanyahou à Gaza alors qu’elle a plutôt cherché à délégitimer tous ceux qui cherchaient à faire stopper la guerre à Gaza et l’épuration ethnique de la Palestine par des assimilations malsaines du type « solidarité avec les palestiniens = antisémitisme » Or, c’était bien les États-Unis qui ont soutenu ces crimes contre l’Humanité et crimes de guerre contre les Palestiniens en armant les Israéliens sans limite et en les soutenant politiquement contre l’application du droit international, les décisions de l’ONU et du Tribunal Pénal International.
 
Le PCF Pays de Morlaix - 6 janvier 2026
Déclaration du PCF Morlaix – 6 janvier 2026: Vous avez dit indignité?
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5 janvier 2026 1 05 /01 /janvier /2026 06:41
KIDNAPPING DE NICOLAS MADURO : TERRORISME D'ÉTAT ET OBJECTIFS DE PRÉDATION REVENDIQUÉS PAR TRUMP - éditorial de Rosa Moussaoui dans L'Humanité du 5 janvier 2025
KIDNAPPING DE NICOLAS MADURO : TERRORISME D'ÉTAT ET OBJECTIFS DE PRÉDATION REVENDIQUÉS PAR TRUMP. 
C’est un séisme dont les répliques peuvent refaçonner le monde pour le pire.
Avec l’assaut de ses commandos Delta qui ont kidnappé le président vénézuélien, Nicolás Maduro, à Caracas, Donald Trump achève de démolir le fragile édifice de légalité internationale bâti après 1945.
Ses prédécesseurs s’étaient employés avant lui à le démanteler – coup d’États militaires orchestrés par la CIA, invasion de l’Irak, soutien actif à la guerre génocidaire d’Israël à Gaza.
Mais un cap est franchi avec l’opération « Absolute Resolve », un raid militaire mal déguisé en opération de police, préparé par le déploiement de l’armada états-unienne dans la Caraïbe et lancé sans même un mandat du Congrès : le terrorisme d’État est assumé, les objectifs de prédation revendiqués.
Depuis Mar-a-Lago, le président des États-Unis a annoncé sans détour la curée pétrolière, en s’adjugeant la propriété des réserves d’hydrocarbures du Venezuela.
Il n’est même plus question d’exporter la « démocratie » : si la Maison-Blanche viole ainsi les droits d’un État souverain, ce n’est pas pour faire valoir une quelconque volonté populaire, mais pour administrer directement le pays. Jusqu’à la « transition appropriée » voulue par Trump, le temps de mettre en piste un gouvernement fantoche.
L’argument de la lutte contre le « narcoterrorisme » ne mérite pas même que l’on s’y arrête – il est grotesque, employé par celui qui vient de gracier l’ex-président hondurien Juan Orlando Hernandez, baron de la drogue et fidèle allié de Washington.
Cette opération criminelle, illégale, arbitraire, ravive la doctrine Monroe qui prêche une tutelle stricte sur tout le continent, de l’Alaska à la Terre de Feu.
Dans sa version « America first », il s’agit de barrer la route à la Chine – déjà visée avec les promesses d’annexion de Panama pour y prendre le contrôle du canal.
La menace est explicite, proférée sur un ton ordurier : d’autres suivront s’ils ne se plient pas aux intérêts états-uniens : Cuba, la Colombie, le Mexique, le Brésil. Et demain, d’autres encore, car le monde de Trump, celui de l’internationale néofasciste qu’il parraine, est un monde sans règles, où règnent seules la loi du plus fort et celle des pétrodollars.
Macron approuve. C’est irresponsable, insensé. Le coup d’État de Caracas est un avertissement lancé à tous : l’impérialisme du XXIe siècle, c’est l’enterrement pur et simple du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Rosa Moussaoui
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4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 18:05
Le Mouvement de la Paix appelle à manifester pour condamner l’agression des USA contre le Venezuela.
Le comité Finistère du mouvement de la Paix appelle chacun de ces adhérents à participer activement aux différentes manifestations organisées dans notre département. 
Ces rassemblements ont pour but de condamner fermement l'agression des États-Unis contre le Venezuela et de réaffirmer notre attachement au droit international.
Un premier rassemblement aura lieu le jeudi 8 janvier à partir de 17 heures 30 place des otages à Morlaix. 
Votre présence est précieuse pour faire entendre notre voix collectif .ensemble, nous pouvons porter un message fort de paix et de justice.
N'hésitez pas à faire relayer cet appel au tour  de vous.
Amitié Pacifique 
Pour le bureau 
Michel Pibouleau
 

Le Mouvement de la Paix appelle à manifester pour condamner l’agression des USA contre le Venezuela.

A Paris, le samedi 3 janvier 2026 à 18h, République

Durant la nuit du 2 au 3 janvier 2026 les USA ont bombardé la République bolivarienne du Venezuela et le président des USA a revendiqué l'enlèvement du président Nicolas Maduro.

Le Mouvement de la Paix condamne cette agression militaire contre un État souverain. Cette agression constitue une violation de la charte des Nations unies et du droit international.

Le Mouvement de la Paix, appelle à participer au rassemblement qui aura lieu à Paris ce samedi 3 janvier 2026 à 18 h Place de la République, pour condamner cette agression, réaffirmer le droit des peuples à disposer d’eux même et affirmer notre solidarité avec le peuple vénézuélien.

Il appelle partout en France ses comités à initier et à participer des rassemblements unitaires locaux le lundi 5 janvier 2026 ou les jours suivants pour dénoncer cette agression, demander que la France et l’Onu condamnent cette agression qui ne peut que contribuer à aggraver la situation internationale et demandent la libération du président Vénézuélien.

Il appelle en particulier à mettre en place des rassemblements devant les consulats des USA à Bordeaux, Lyon, Marseille, Rennes, Strasbourg.

Le Mouvement de la Paix rappelle que dans une déclaration du 9 octobre 2025 (notes 1 et 2) il avait dénoncé l’intervention militaire des États-Unis dans les Caraïbes ( avec la destruction de quatre embarcations et 21 tués ), intervention qui constituait une menace pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région et au-delà au plan international.

Le Mouvement de la Paix le 3 janvier 2026

Note 1 : déclaration du Mouvement de la paix en date du 9 octobre 2026

https://www.mvtpaix.org/wordpress/non-a-la-creation-dun-nouveau-front-de-guerre-dans-les-caraibes-a-linitiative-de-trump/

Note 2 : Dans un article publié dans Ouest France international en septembre 2025 ( suite première intervention militaire des usa), Raphaël Laurent souligne que « Le message accompagné d’une vidéo de la frappe est clairement un coup de communication du président républicain à destination de son électorat mais aussi pour accentuer la pression sur son homologue vénézuélien… Mais surtout parce que le pays (le Venezuela) de 28 millions d’habitants détient les premières réserves mondiales prouvées de pétrole brut (302,25 milliards de barils, soit un cinquième des réserves) et les quatrièmes réserves en gaz naturel. Un trésor qui échappe pour l’instant à l’économie américaine. »

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4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 08:54
Ouest-France, 4 janvier, pages Finistère

Ouest-France, 4 janvier, pages Finistère

Attaque américaine au Venezuela : le parti communiste français de Morlaix condamne cet acte et appelle à la mobilisation
 
Après l’annonce de l’attaque des États-Unis contre le Venezuela, le PCF du pays de Morlaix (Finistère) a réagi dans un communiqué de presse. Il condamne cette agression et appelle à la mobilisation.
 
Ouest-France
Sarah HUMBERT.
Publié le 03/01/2026
 
La section pays de Morlaix (Finistère) du parti communiste français a réagi dans un communiqué de presse à l’agression impérialiste des États-Unis de Trump contre le Venezuela », écrit-il. En effet, ce samedi 3 janvier 2026, Donald Trump, président des États-Unis, a annoncé avoir capturé et exfiltré le président vénézuélien Nicolás Maduro, et mené des frappes aériennes à Caracas. Le président sud-américain devrait répondre d’accusations liées à la drogue et au terrorisme devant la justice étasunienne.
« Une violation manifeste du droit international »
Pour le PCF, cet acte d’une extrême gravité constitue une violation manifeste du droit international, une atteinte intolérable à la souveraineté d’un État et une mise en danger directe de la population civile. Derrière les prétextes sur la démocratie et les droits de l’Homme, la même logique impérialiste. S’emparer des richesses du Venezuela et imposer un régime docile aux multinationales »,dénonce-t-il.
Le parti condamne avec la plus grande fermeté cette offensive impérialiste. Rien ne peut justifier le recours à la force armée, aux enlèvements politiques et à la loi du plus fort pour tenter d’imposer des choix contraires à la souveraineté du peuple vénézuélien. […] Bombardements criminels, sanctions économiques qui frappent d’abord les populations, chantage permanent et désormais enlèvement d’un chef d’État, le néocolonialisme américain déploie l’ensemble de son arsenal. L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, pétrolifères et minérales.
Solidarité avec le peuple vénézuélien
Les communistes de Morlaix expriment leur pleine solidarité avec le peuple vénézuélien et réaffirment leur engagement pour la paix, le respect du droit international et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».
Ils appellent également à une mobilisation large, unitaire et démocratique, [et] les citoyens, les forces de gauche et de progrès à dénoncer ce coup de force, et à pousser notre président de la République à saisir le conseil de sécurité en urgence. Nous agirons pour l’organisation rapide d’un rassemblement unitaire à Morlaix.
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4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 07:25
« Nous allons diriger le pays » : Donald Trump ne s’arrêtera pas là (Christophe Deroubaix, L'Humanité, 3 janvier 2025)
« Nous allons diriger le pays » : Donald Trump ne s’arrêtera pas là

Le président de l'« America First » a annoncé que l’enlèvement de Nicolas Maduro ne constituait qu’une étape vers la réalisation de deux objectifs : changement du « régime » et prise de contrôle du pétrole vénézuélien.

Christophe Deroubaix  - L'Humanité, 3 janvier 2025

Quelle est la stratégie de Donald Trump ? La question restait entière quelques heures après l’enlèvement de Nicolas Maduro sur ordre du président des États-Unis. Avant une conférence de presse de Donald Trump dans sa résidence de Mar-o-Lago, on pouvait aisément se perdre en conjectures. Depuis plusieurs mois, l’administration Trump a orchestré une escalade vindicative contre le président vénézuélien : accusations de narcotrafic ; soutien à Maria Corina Machado, l’opposante d’extrême-droite auréolée de son prix Nobel de la Paix, partisane d’un changement de régime ; puis plus récemment revendication du contrôle du pétrole local (19 % des ressources mondiales). Et Donald Trump se « contenterait » de déférer Nicolas Maduro devant la justice étasunienne pour trafic de drogue ? Il y a comme une dissonance entre les objectifs affichés lors de cette inexorable marche vers la guerre et le résultat connu – à l’heure actuelle.

Des mois de préparations

Tout a commencé, selon le New York Times, au printemps dernier lorsque Donald Trump a demandé au secrétaire d’État Marco Rubio comment durcir la position des États-Unis envers le Venezuela. Le président-milliardaire tentait de faire passer sa grande loi budgétaire et quelques élus républicains cubano-américains le pressaient de serrer la vis à Caracas en mettant fin aux activités pétrolières de Chevron dans ce pays. Donald Trump se montrant réticent à perdre un pion essentiel dans l’industrie pétrolière vénézuélienne, où la Chine est le plus grand acteur étranger, décision a été prise de mettre la pression sur le Venezuela et son président via les attaques contre des bateaux accusés de convoyer de la drogue.

Ces bombardements illégaux – qui ont fait 105 morts – ont été accompagnés d’un quasi-blocus contre les pétroliers. L’étranglement économique et l’action illégale déclenchée la nuit dernière ne permet pas à Washington d’atteindre les objectifs dévoilés au fil de ces derniers mois.

Beaucoup de questions restent en suspens…

Si le but était de mettre fin à un narcotrafic, l’enlèvement de son leader supposé serait de peu d’effet. L’activité des cartels mexicains n’a pas pâti de la mise hors circuit d’El Chapo en 2016.

S’il était de changer le « régime » pour ouvrir la voie à la droite et l’extrême-droite, ce n’est pas le cas, puisque la vice-présidente Delcy Rodriguez se trouve désormais en charge. Avec le seul kidnapping de Maduro, on se trouverait plus dans la destitution sauvage que dans le coup d’État. Sur la chaîne ultraconservatrice Fox News, Donald Trump a laissé entrevoir la suite : « Nous ne pouvons pas prendre le risque de laisser quelqu’un d’autre prendre sa place et poursuivre sur sa voie «. Lors de sa conférence de presse, il a été plus explicite : « Nous allons diriger le pays ». Pressé par les journalistes, il a précisé qu’« un groupe », sans autre précision, allait prendre les choses en mains.

Si, enfin, il s’agissait de prendre la main sur l’or noir vénézuélien, rien n’a changé dans le secteur pétrolier. Un tanker chinois a d’ailleurs récemment accosté dans un port vénézuélien sans être empêché par les navires de guerre dépêchés par Washington qui préfère éviter des frictions avec Pékin. Donald Trump a répété que ce pétrole aurait été « volé » aux Etats-Unis et que ces derniers en reprendraient possession.

Il s’avère donc que l’enlèvement de Nicolas Maduro ne constitue qu’un moyen d’une mise en coupe réglée d’un pays souverain pas une finalité.

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