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5 janvier 2026 1 05 /01 /janvier /2026 06:41
KIDNAPPING DE NICOLAS MADURO : TERRORISME D'ÉTAT ET OBJECTIFS DE PRÉDATION REVENDIQUÉS PAR TRUMP - éditorial de Rosa Moussaoui dans L'Humanité du 5 janvier 2025
KIDNAPPING DE NICOLAS MADURO : TERRORISME D'ÉTAT ET OBJECTIFS DE PRÉDATION REVENDIQUÉS PAR TRUMP. 
C’est un séisme dont les répliques peuvent refaçonner le monde pour le pire.
Avec l’assaut de ses commandos Delta qui ont kidnappé le président vénézuélien, Nicolás Maduro, à Caracas, Donald Trump achève de démolir le fragile édifice de légalité internationale bâti après 1945.
Ses prédécesseurs s’étaient employés avant lui à le démanteler – coup d’États militaires orchestrés par la CIA, invasion de l’Irak, soutien actif à la guerre génocidaire d’Israël à Gaza.
Mais un cap est franchi avec l’opération « Absolute Resolve », un raid militaire mal déguisé en opération de police, préparé par le déploiement de l’armada états-unienne dans la Caraïbe et lancé sans même un mandat du Congrès : le terrorisme d’État est assumé, les objectifs de prédation revendiqués.
Depuis Mar-a-Lago, le président des États-Unis a annoncé sans détour la curée pétrolière, en s’adjugeant la propriété des réserves d’hydrocarbures du Venezuela.
Il n’est même plus question d’exporter la « démocratie » : si la Maison-Blanche viole ainsi les droits d’un État souverain, ce n’est pas pour faire valoir une quelconque volonté populaire, mais pour administrer directement le pays. Jusqu’à la « transition appropriée » voulue par Trump, le temps de mettre en piste un gouvernement fantoche.
L’argument de la lutte contre le « narcoterrorisme » ne mérite pas même que l’on s’y arrête – il est grotesque, employé par celui qui vient de gracier l’ex-président hondurien Juan Orlando Hernandez, baron de la drogue et fidèle allié de Washington.
Cette opération criminelle, illégale, arbitraire, ravive la doctrine Monroe qui prêche une tutelle stricte sur tout le continent, de l’Alaska à la Terre de Feu.
Dans sa version « America first », il s’agit de barrer la route à la Chine – déjà visée avec les promesses d’annexion de Panama pour y prendre le contrôle du canal.
La menace est explicite, proférée sur un ton ordurier : d’autres suivront s’ils ne se plient pas aux intérêts états-uniens : Cuba, la Colombie, le Mexique, le Brésil. Et demain, d’autres encore, car le monde de Trump, celui de l’internationale néofasciste qu’il parraine, est un monde sans règles, où règnent seules la loi du plus fort et celle des pétrodollars.
Macron approuve. C’est irresponsable, insensé. Le coup d’État de Caracas est un avertissement lancé à tous : l’impérialisme du XXIe siècle, c’est l’enterrement pur et simple du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Rosa Moussaoui
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4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 18:05
Le Mouvement de la Paix appelle à manifester pour condamner l’agression des USA contre le Venezuela.
Le comité Finistère du mouvement de la Paix appelle chacun de ces adhérents à participer activement aux différentes manifestations organisées dans notre département. 
Ces rassemblements ont pour but de condamner fermement l'agression des États-Unis contre le Venezuela et de réaffirmer notre attachement au droit international.
Un premier rassemblement aura lieu le jeudi 8 janvier à partir de 17 heures 30 place des otages à Morlaix. 
Votre présence est précieuse pour faire entendre notre voix collectif .ensemble, nous pouvons porter un message fort de paix et de justice.
N'hésitez pas à faire relayer cet appel au tour  de vous.
Amitié Pacifique 
Pour le bureau 
Michel Pibouleau
 

Le Mouvement de la Paix appelle à manifester pour condamner l’agression des USA contre le Venezuela.

A Paris, le samedi 3 janvier 2026 à 18h, République

Durant la nuit du 2 au 3 janvier 2026 les USA ont bombardé la République bolivarienne du Venezuela et le président des USA a revendiqué l'enlèvement du président Nicolas Maduro.

Le Mouvement de la Paix condamne cette agression militaire contre un État souverain. Cette agression constitue une violation de la charte des Nations unies et du droit international.

Le Mouvement de la Paix, appelle à participer au rassemblement qui aura lieu à Paris ce samedi 3 janvier 2026 à 18 h Place de la République, pour condamner cette agression, réaffirmer le droit des peuples à disposer d’eux même et affirmer notre solidarité avec le peuple vénézuélien.

Il appelle partout en France ses comités à initier et à participer des rassemblements unitaires locaux le lundi 5 janvier 2026 ou les jours suivants pour dénoncer cette agression, demander que la France et l’Onu condamnent cette agression qui ne peut que contribuer à aggraver la situation internationale et demandent la libération du président Vénézuélien.

Il appelle en particulier à mettre en place des rassemblements devant les consulats des USA à Bordeaux, Lyon, Marseille, Rennes, Strasbourg.

Le Mouvement de la Paix rappelle que dans une déclaration du 9 octobre 2025 (notes 1 et 2) il avait dénoncé l’intervention militaire des États-Unis dans les Caraïbes ( avec la destruction de quatre embarcations et 21 tués ), intervention qui constituait une menace pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région et au-delà au plan international.

Le Mouvement de la Paix le 3 janvier 2026

Note 1 : déclaration du Mouvement de la paix en date du 9 octobre 2026

https://www.mvtpaix.org/wordpress/non-a-la-creation-dun-nouveau-front-de-guerre-dans-les-caraibes-a-linitiative-de-trump/

Note 2 : Dans un article publié dans Ouest France international en septembre 2025 ( suite première intervention militaire des usa), Raphaël Laurent souligne que « Le message accompagné d’une vidéo de la frappe est clairement un coup de communication du président républicain à destination de son électorat mais aussi pour accentuer la pression sur son homologue vénézuélien… Mais surtout parce que le pays (le Venezuela) de 28 millions d’habitants détient les premières réserves mondiales prouvées de pétrole brut (302,25 milliards de barils, soit un cinquième des réserves) et les quatrièmes réserves en gaz naturel. Un trésor qui échappe pour l’instant à l’économie américaine. »

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4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 08:54
Ouest-France, 4 janvier, pages Finistère

Ouest-France, 4 janvier, pages Finistère

Attaque américaine au Venezuela : le parti communiste français de Morlaix condamne cet acte et appelle à la mobilisation
 
Après l’annonce de l’attaque des États-Unis contre le Venezuela, le PCF du pays de Morlaix (Finistère) a réagi dans un communiqué de presse. Il condamne cette agression et appelle à la mobilisation.
 
Ouest-France
Sarah HUMBERT.
Publié le 03/01/2026
 
La section pays de Morlaix (Finistère) du parti communiste français a réagi dans un communiqué de presse à l’agression impérialiste des États-Unis de Trump contre le Venezuela », écrit-il. En effet, ce samedi 3 janvier 2026, Donald Trump, président des États-Unis, a annoncé avoir capturé et exfiltré le président vénézuélien Nicolás Maduro, et mené des frappes aériennes à Caracas. Le président sud-américain devrait répondre d’accusations liées à la drogue et au terrorisme devant la justice étasunienne.
« Une violation manifeste du droit international »
Pour le PCF, cet acte d’une extrême gravité constitue une violation manifeste du droit international, une atteinte intolérable à la souveraineté d’un État et une mise en danger directe de la population civile. Derrière les prétextes sur la démocratie et les droits de l’Homme, la même logique impérialiste. S’emparer des richesses du Venezuela et imposer un régime docile aux multinationales »,dénonce-t-il.
Le parti condamne avec la plus grande fermeté cette offensive impérialiste. Rien ne peut justifier le recours à la force armée, aux enlèvements politiques et à la loi du plus fort pour tenter d’imposer des choix contraires à la souveraineté du peuple vénézuélien. […] Bombardements criminels, sanctions économiques qui frappent d’abord les populations, chantage permanent et désormais enlèvement d’un chef d’État, le néocolonialisme américain déploie l’ensemble de son arsenal. L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, pétrolifères et minérales.
Solidarité avec le peuple vénézuélien
Les communistes de Morlaix expriment leur pleine solidarité avec le peuple vénézuélien et réaffirment leur engagement pour la paix, le respect du droit international et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».
Ils appellent également à une mobilisation large, unitaire et démocratique, [et] les citoyens, les forces de gauche et de progrès à dénoncer ce coup de force, et à pousser notre président de la République à saisir le conseil de sécurité en urgence. Nous agirons pour l’organisation rapide d’un rassemblement unitaire à Morlaix.
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4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 07:25
« Nous allons diriger le pays » : Donald Trump ne s’arrêtera pas là (Christophe Deroubaix, L'Humanité, 3 janvier 2025)
« Nous allons diriger le pays » : Donald Trump ne s’arrêtera pas là

Le président de l'« America First » a annoncé que l’enlèvement de Nicolas Maduro ne constituait qu’une étape vers la réalisation de deux objectifs : changement du « régime » et prise de contrôle du pétrole vénézuélien.

Christophe Deroubaix  - L'Humanité, 3 janvier 2025

Quelle est la stratégie de Donald Trump ? La question restait entière quelques heures après l’enlèvement de Nicolas Maduro sur ordre du président des États-Unis. Avant une conférence de presse de Donald Trump dans sa résidence de Mar-o-Lago, on pouvait aisément se perdre en conjectures. Depuis plusieurs mois, l’administration Trump a orchestré une escalade vindicative contre le président vénézuélien : accusations de narcotrafic ; soutien à Maria Corina Machado, l’opposante d’extrême-droite auréolée de son prix Nobel de la Paix, partisane d’un changement de régime ; puis plus récemment revendication du contrôle du pétrole local (19 % des ressources mondiales). Et Donald Trump se « contenterait » de déférer Nicolas Maduro devant la justice étasunienne pour trafic de drogue ? Il y a comme une dissonance entre les objectifs affichés lors de cette inexorable marche vers la guerre et le résultat connu – à l’heure actuelle.

Des mois de préparations

Tout a commencé, selon le New York Times, au printemps dernier lorsque Donald Trump a demandé au secrétaire d’État Marco Rubio comment durcir la position des États-Unis envers le Venezuela. Le président-milliardaire tentait de faire passer sa grande loi budgétaire et quelques élus républicains cubano-américains le pressaient de serrer la vis à Caracas en mettant fin aux activités pétrolières de Chevron dans ce pays. Donald Trump se montrant réticent à perdre un pion essentiel dans l’industrie pétrolière vénézuélienne, où la Chine est le plus grand acteur étranger, décision a été prise de mettre la pression sur le Venezuela et son président via les attaques contre des bateaux accusés de convoyer de la drogue.

Ces bombardements illégaux – qui ont fait 105 morts – ont été accompagnés d’un quasi-blocus contre les pétroliers. L’étranglement économique et l’action illégale déclenchée la nuit dernière ne permet pas à Washington d’atteindre les objectifs dévoilés au fil de ces derniers mois.

Beaucoup de questions restent en suspens…

Si le but était de mettre fin à un narcotrafic, l’enlèvement de son leader supposé serait de peu d’effet. L’activité des cartels mexicains n’a pas pâti de la mise hors circuit d’El Chapo en 2016.

S’il était de changer le « régime » pour ouvrir la voie à la droite et l’extrême-droite, ce n’est pas le cas, puisque la vice-présidente Delcy Rodriguez se trouve désormais en charge. Avec le seul kidnapping de Maduro, on se trouverait plus dans la destitution sauvage que dans le coup d’État. Sur la chaîne ultraconservatrice Fox News, Donald Trump a laissé entrevoir la suite : « Nous ne pouvons pas prendre le risque de laisser quelqu’un d’autre prendre sa place et poursuivre sur sa voie «. Lors de sa conférence de presse, il a été plus explicite : « Nous allons diriger le pays ». Pressé par les journalistes, il a précisé qu’« un groupe », sans autre précision, allait prendre les choses en mains.

Si, enfin, il s’agissait de prendre la main sur l’or noir vénézuélien, rien n’a changé dans le secteur pétrolier. Un tanker chinois a d’ailleurs récemment accosté dans un port vénézuélien sans être empêché par les navires de guerre dépêchés par Washington qui préfère éviter des frictions avec Pékin. Donald Trump a répété que ce pétrole aurait été « volé » aux Etats-Unis et que ces derniers en reprendraient possession.

Il s’avère donc que l’enlèvement de Nicolas Maduro ne constitue qu’un moyen d’une mise en coupe réglée d’un pays souverain pas une finalité.

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4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 07:01
Venezuela : Trump confirme la finalité de son agression impérialiste, Macron approuve en vassal des USA (communiqué de Fabien Roussel, PCF, 3 janvier 2025)
Venezuela : Trump confirme la finalité de son agression impérialiste, Macron approuve en vassal des USA

La conférence de presse du président américain Donald Trump tenue ce jour confirme la finalité de l’intervention militaire impérialiste menée par les États-Unis au Venezuela.

Donald Trump a clairement affirmé que les États-Unis entendent diriger politiquement le Venezuela jusqu’à ce qu’un gouvernement conforme aux intérêts américains soit établi et qu’ils s'apprêtent à s'approprier l’exploitation du pétrole vénézuélien par les grandes entreprises pétrolières américaines, énonçant ainsi sans détour une volonté d'annexion du pays et d’accaparement économique en application de la doctrine Monroe à laquelle Trump se référe explicitement.

Cette déclaration révèle que la capture du président Nicolás Maduro n’est pas un acte isolé de sécurité, mais bien une opération de domination politique, stratégique et économique, propre à l’impérialisme états-uniens.

Par ailleurs, des propos suggérant la possibilité d’une implication militaire élargie, y compris des troupes au sol, et des allusions à d’autres pays de la région renforcent l’idée que cette opération ne vise pas seulement le Venezuela mais s’inscrit dans une logique d’escalade régionale contraire aux principes mêmes de la Charte des Nations unies.

Le PCF rappelle que :

  • toute forme de direction ou d’administration imposée de l’extérieur viole la souveraineté populaire et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ;
  • l’ouverture des ressources naturelles vénézuéliennes aux multinationales étrangères n’est pas un acte de “libération” mais une forme de prédation qui dénie aux peuples leur propre richesse ;
  • les visées expansionnistes ou menaçantes à l’égard de pays comme Cuba ou d’autres États de la région constituent une escalade impérialiste qui menace la paix mondiale. Le PCF réaffirme sa solidarité avec Cuba ouvertement menacé par Trump.

Le PCF réaffirme sa solidarité avec l'ensemble des peuples de la zone Caraïbes et leur droit au développement souverain et à vivre en paix.

La déclaration d’Emmanuel Macron est d’une exceptionnelle gravité. En se félicitant de la chute d’un président à la suite d’une intervention militaire étrangère, en s'arrogeant le droit de parler pour le peuple venezuelien et en pretendant designer lui-même le dirigeant légitime du Venezuela, le président de la République française légitime l'agression américaine et foule aux pieds les principes les plus élémentaires du droit international. 

Le Président n’a ni le droit ni la légitimité de choisir les dirigeants d’un autre peuple, encore moins à la suite d’une action militaire menée en dehors de tout cadre des Nations unies. En se rangeant derrière la stratégie américaine de changement de régime, Emmanuel Macron engage notre pays dans une logique de domination et de vassalisation politique qui nie la souveraineté populaire qu’il prétend défendre. Cette prise de position est du côté de la force contre le droit, de l’ingérence contre la démocratie, et constitue une rupture grave avec toute ambition d’indépendance diplomatique.

Cela ne peut être la réaction de la France ! Le Parlement doit être saisi en urgence. L'heure est à une réaction forte de la France et des instances internationales, à la mobilisation de l’ONU et à une condamnation sans ambiguïté de cette politique d’ingérence et de spoliation. Le respect du droit international et la souveraineté des peuples ne peuvent être niés pour des intérêts capitalistes.

L'intervention américaine suscite d'ores et déjà des réactions dans le monde entier, la condamnation de nations sur tous les continents. Des voix s’élèvent partout pour exhorter au respect du droit international. Alors que de premiers rassemblements se sont tenus aujourd'hui en France dans plusieurs villes, le PCF appelle à multiplier les initiatives en solidarité avec le peuple vénézuélien, de tous les peuples de zone Caraïbes, pour la paix et le respect du droit international.

Paris, le 3 janvier 2026

Fabien Roussel,

Secrétaire national du PCF

Venezuela : Trump confirme la finalité de son agression impérialiste, Macron approuve en vassal des USA (communiqué de Fabien Roussel, PCF, 3 janvier 2025)
Macron honteux! C'était à prévoir. C'est tellement plus facile de cirer les pompes de Trump et de maquiller l'agression étrangère et impérialiste au nom des intérêts capitalistes états-uniens en tournant démocratique...
 
« Il y a des hommes qui se font petits pour être vus par les puissants. » — Honoré de Balzac
Il faut rappeler les faits, avec gravité et précision.
 
Le président d'extrême droite américain Trump a annoncé, sans mandat international, sans décision des Nations unies, après l’enlèvement d’un chef d’État, que les États-Unis allaient diriger le Venezuela Ni plus. Ni moins. Une déclaration de tutelle assumée, une négation frontale du droit international, une ligne impérialiste revendiquée.
Face à une telle rupture, une seule attitude était possible pour la France : la condamnation claire, ferme, immédiate.
Non par posture, mais par fidélité à notre diplomatie : l’indépendance des nations, la souveraineté des peuples, le refus de la loi du plus fort, le droit sacré d'un peuple à disposer de lui-même.
Or c’est l’inverse qui s’est produit.
En s’alignant sur la position de Donald Trump, Emmanuel Macron a validé, par son silence d’abord puis par son positionnement, une logique de domination qui aurait dû être combattue.
Cette faute constitue une tache indélébile dans l’histoire diplomatique française.
La France ne s’est jamais honorée en étant ou en suivant les empires ; elle s’est honorée en s'y refusant ou en leur tenant tête.
Mais une vérité plus fondamentale encore doit être rappelée : aucun peuple ne saurait être représenté par un individu.
Ni le peuple américain par son président.
Ni le peuple français par le sien.
Les peuples ne sont pas comptables des guerres impérialistes décidées en leur nom.
C’est donc aux peuples eux-mêmes de se ressaisir.
Au peuple américain comme au peuple français d’exprimer clairement leur refus des politiques de prédation, de domination et de guerre.
D’agir pour que ces choix soient condamnés politiquement, moralement, démocratiquement.
D’exiger que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes prime enfin sur l’arrogance des puissants.
Rappelons que l’agression états-unienne à Caracas est sans surprise soutenue par le président argentin Javier Milei et ses alliés régionaux. En revanche, les condamnations sont unanimes au Brésil de Lula, dans la Colombie de Gustavo Petro et le Mexique de Claudia Sheinbaum.
Rappelons que: 
Depuis 1989, les États-Unis (liste non exhaustive) :
🇱🇾1989 : ont abattu des avions libyens en Méditerranée
🇵🇦- ont envahi le Panama et enlevé son président Noriega
🇮🇶1991 : ont été les maître d'œuvre de la guerre en Irak. Le pays a ensuite été soumis a embargo et à des bombardements réguliers
🇭🇹1994: sont intevenus Haïti
🇷🇸1999 : ont bombardé la Serbie
🇦🇫2001 : ont envahi l'Afghanistan
🇮🇶2003 : ont envahi l'Irak
🇱🇾2011 : ont bombardé la Libye (et déstabilisé toute l'Afrique de l'Ouest)
🇻🇪2020 : ont été derrière un débarquement de mercenaires au Venezuela
🇻🇪2026 : ont bombardé le Venezuela et kidnappé le chef d'État
🇪🇺Et dans le cadre de l'Otan, l'UE et ses États-membres sont alliés des États-Unis pour faire respecter le droit international..
 
Rappelons avec le Monde Diplomatique hier que le Venezuela est le premier pays du monde pour ces réserves de pétrole, le 2e étant l'Arabie Saoudite, le le 3e l'Iran, 4e le Canada, et le 5e l'Irak, le 6e les Emirats Arabes unis, le 7e la Russie, 8e les Etats-Unis, 9e la Libye, le reste du monde ayant moins de réserves de pétrole que le Venezuela, ça donne un aperçu des motivations de la politique états-unienne, un éclairage sur le sens des interventions militaires des États-Unis et une idée des prochains sur la "short list" des pays à annexer ou déstabiliser. 
 
Quand le 3 janvier 2026, les États-Unis frappent le Venezuela, Donald Trump justifie l'opération au nom de la lutte contre le narcotrafic et de la stabilité régionale. Il n'invente rien : ces mots forment le lexique ordinaire de l'intervention américaine en Amérique latine.
Présentée comme une réponse à une urgence sécuritaire, l’attaque s’inscrit en réalité dans une séquence longue, patiemment construite. Sanctions économiques, blocus pétrolier, démonstrations navales : la guerre n’a pas commencé avec les frappes, mais avec l’asphyxie.
Washington se prévaut aujourd’hui du chaos vénézuélien pour intervenir. Mais ce chaos n’est pas un phénomène spontané. Il est le produit d’années de coercition économique visant explicitement à délégitimer toute alternative politique qui refuserait l’alignement.
Dans ce récit, M. Nicolás Maduro tient le rôle commode du responsable unique. Personnifier le conflit permet d’effacer les structures : les intérêts énergétiques, les routes maritimes, les rivalités géopolitiques et surtout la place croissante de la Chine en Amérique latine.
Ce qui se joue n’est pas la chute ou le maintien d’un régime mais la réaffirmation d’un principe ancien : l’Amérique latine demeure un espace où les États-Unis s’autorisent à décider du seuil acceptable de souveraineté.
La doctrine n’a rien de nouveau. Formulée au 19ᵉ siècle, durcie début 20ᵉ et recyclée aujourd’hui sous un vocabulaire technocratique de « sécurité nationale », la logique reste identique : empêcher toute puissance concurrente de s’implanter durablement dans l’hémisphère.
Le Venezuela concentre précisément ce que Washington entend neutraliser : des ressources stratégiques, une position géographique clé et une politique étrangère qui n’accepte pas de se réduire au rôle de fournisseur subalterne.
Les réactions internationales sont révélatrices. Les capitales occidentales, si promptes à invoquer le droit international lorsque leurs adversaires le bafouent, adoptent ici un silence « prudent » et complice. L’illégalité change de statut selon celui qui la pratique.
En Amérique latine, la fragmentation politique fait le reste. Certains gouvernements soutiennent l’opération ou s’en accommodent. D’autres préfèrent négocier, espérant sauvegarder leurs accords commerciaux et leurs exemptions tarifaires.
L’intervention américaine produit ainsi un double effet : elle affaiblit un État jugé indiscipliné, tout en rappelant aux autres le coût concret de toute tentative d’autonomie stratégique. Il ne s’agit pas seulement de punir, mais de dissuader.
La question centrale n’est pas de savoir si le Venezuela est bien gouverné. Elle est de comprendre pourquoi ce jugement revient systématiquement à une puissance extérieure, qui s’arroge le droit de décider quand un État cesse d’être légitime.
En ce sens, l’attaque du 3 janvier ne marque pas une rupture, mais une continuité. Elle rappelle que, malgré les discours sur un monde multipolaire, certaines pratiques coloniales n’ont jamais été abandonnées, seulement adaptées.
Le Venezuela n’est pas une anomalie dans l’ordre international actuel. Il en est une illustration brutale.
 
Venezuela : Trump confirme la finalité de son agression impérialiste, Macron approuve en vassal des USA (communiqué de Fabien Roussel, PCF, 3 janvier 2025)
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4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 06:52
« Une agression impérialiste » : les communistes du pays de Morlaix dénoncent l’opération américaine contre le Venezuela (Le Télégramme, Le 03 janvier 2026)
« Une agression impérialiste » : les communistes du pays de Morlaix dénoncent l’opération américaine contre le Venezuela

Le PCF du pays de Morlaix dénonce une « attaque impérialiste » des États-Unis contre le Venezuela, ce samedi 3 janvier.

Le PCF du pays de Morlaix condamne l’opération des États-Unis et du président Donald Trump  au Venezuela qui a mené à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro 

« Stop à l’agression impérialiste des États-Unis de Trump contre le Venezuela ! » Dans un communiqué, la section PCF du pays de Morlaix condamne l’opération militaire des États-Unis à Caracas, au Venezuela, et la capture du président du pays, Nicolas Maduro. Parlant « d’agression militaire » et de « kidnapping », les communistes morlaisiens estiment que « cet acte d’une extrême gravité constitue une violation manifeste du droit international, une atteinte intolérable à la souveraineté d’un État et une mise en danger directe de la population civile. »

« La loi du plus fort »

La section du PCF de Morlaix « condamne avec la plus grande fermeté cette offensive impérialiste. Rien ne peut justifier le recours à la force armée, aux enlèvements politiques et à la loi du plus fort pour tenter d’imposer des choix contraires à la souveraineté du peuple vénézuélien ». D’ajouter que « derrière les prétextes sur la démocratie et les droits de l’Homme : la même logique impérialiste. S’emparer des richesses du Venezuela et imposer un régime docile aux multinationales ».

Appel à la mobilisation

Le PCF fait part, dans son communiqué, de sa « pleine solidarité avec le peuple vénézuélien et réaffirme son engagement pour la paix, le respect du droit international et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Il souhaite que le président de la République saisisse le conseil de sécurité en urgence. Et appelle, enfin, « à une mobilisation large, unitaire et démocratique » pour dénoncer cette « escalade guerrière ». Un rassemblement unitaire sera organisé à Morlaix.

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3 janvier 2026 6 03 /01 /janvier /2026 16:16
Communiqué du PCF Pays de Morlaix: Stop à l'agression impérialiste des Etats-Unis de Trump contre le Venezuela!
Communiqué du PCF Pays de Morlaix: Stop à l'agression impérialiste des Etats-Unis de Trump contre le Venezuela!

2 Petite Rue Callac 29600 MORLAIX – tel : 02 98 88 30 35

Mel : pcf-morlaix@wanadoo.fr             Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/

 
 
Stop à l'agression impérialiste des États-Unis de Trump contre le Venezuela
 
DÉCLARATION DE LA SECTION DU PCF DU PAYS DE MORLAIX
 
L’année 2026 commence par un sinistre retour en arrière.
 
Le coup d’État militaire, les interventions pour contrôler les ressources, la mise au pas des régimes récalcitrants. L’histoire se répète, violente et sinistre. Hélas, un scénario trop familier. 
 
Le président des États-Unis, Donald Trump, et l’armée américaine viennent de mener une agression militaire contre le Venezuela, accompagnée du kidnapping du président vénézuélien, Nicolas Maduro. 
 
Cet acte d’une extrême gravité constitue une violation manifeste du droit international, une atteinte intolérable à la souveraineté d’un État et une mise en danger directe de la population civile.
 
Derrière les prétextes sur la démocratie et les droits de l’Homme, la même logique impérialiste. S’emparer des richesses du Venezuela et imposer un régime docile aux multinationales.
 
La loi du plus fort, le mépris du droit international.
 
La section du PCF de Morlaix condamne avec la plus grande fermeté cette offensive impérialiste. Rien ne peut justifier le recours à la force armée, aux enlèvements politiques et à la loi du plus fort pour tenter d’imposer des choix contraires à la souveraineté du peuple vénézuélien.
 
Ce qui se joue aujourd’hui révèle le visage nu de l’impérialisme contemporain.
 
Bombardements criminels, sanctions économiques qui frappent d’abord les populations, chantage permanent et désormais enlèvement d’un chef d’État, le néocolonialisme américain déploie l’ensemble de son arsenal.
 
L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, pétrolifères et minérales. 
 
Il s’agit ni plus ni moins d’une guerre capitaliste, impérialiste et coloniale que notre section du PCF du Pays de Morlaix dénonce avec vigueur comme un crime, tant elle rappelle les pires moments de la doctrine Monroe et des invasions américaines en Haïti, à Panama ou à Grenade au siècle dernier, ou encore l'agression contre la démocratie chilienne et le gouvernement de gauche d'Allende par le coup d'état de Pinochet le 11 septembre 1973 avec l'organisation des États-Unis et de la CIA. 
 
Les communistes de Morlaix expriment leur pleine solidarité avec le peuple vénézuélien et réaffirment leur engagement pour la paix, le respect du droit international et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
 
Nous appelons à une mobilisation large, unitaire et démocratique, et participerons à toute initiative de protestation avec l’ensemble des forces citoyennes, pacifistes et progressistes qui refuseront cette escalade guerrière.
 
Le PCF appelle les citoyens, les forces de gauche et de progrès à dénoncer ce coup de force, et à pousser notre président de la République à saisir le conseil de sécurité en urgence. Nous agirons pour l'organisation rapide d'un rassemblement unitaire à Morlaix. 
 
Section PCF du Pays de Morlaix 
 
Le 3 janvier 2025
Communiqué du PCF Pays de Morlaix: Stop à l'agression impérialiste des Etats-Unis de Trump contre le Venezuela!
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3 janvier 2026 6 03 /01 /janvier /2026 15:14
Stop à l'agression impérialiste des Etats-Unis de Trump contre le Venezuela

STOP À L’AGRESSION IMPÉRIALISTE CONTRE LE VENEZUELA 🇻🇪

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les États-Unis ont lancé une intervention militaire contre le Venezuela et annoncé l’arrestation et l’exfiltration du président Nicolás Maduro.
Une violation flagrante de la souveraineté du pays, du droit international et de la Charte des Nations unies.

Le Parti communiste français exige :
l’arrêt immédiat des opérations militaires
 la désescalade et une solution politique sous l’égide de l’ONU
des preuves de vie et la libération des personnes arrêtées, en premier lieu le Président Maduro
le respect du droit du peuple vénézuélien à décider de son avenir, sans ingérence

 Contre la guerre, contre l’impérialisme, pour la paix et le droit des peuples.

 

Le PCF

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF: 

"L'intervention américaine au Venezuela est un scandale absolu qui viole le droit international, menace la paix en Amérique latine. La seule motivation de Trump: le pétrole et ses minerais. Maduro doit être libéré. La France doit saisir le conseil de sécurité en urgence".  

[Communiqué] Attaque militaire des Etats-Unis contre le Venezuela
Ce matin du 3 janvier 2026, les Etats-Unis ont mené une attaque militaire de grande ampleur contre le Venezuela.
Notre Groupe parlementaire de la Gauche Démocrate et Républicaine (GDR), dont plusieurs des membres sont issus de la Caraïbe et d’Amérique, dénonce fermement et avec inquiétude l’agression militaire américaine sur le Venezuela, la capture de son Chef d’État et le comportement délictueux du Président Trump.
Cette tentative de prise de possession s’est construite depuis des mois dans le silence complice de l’occident.
C’est toute l’Amérique du Sud et la Caraïbe, dont font partie les territoires et collectivités dites d’outre-mer, qui sont aujourd’hui déstabilisées.
L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, pétrolifères et minérales. Il s’agit ni plus ni moins d’une guerre capitaliste, impérialiste et coloniale que notre groupe dénonce avec vigueur comme un crime, tant elle rappelle les pires moments de la doctrine Monroe et des invasions américaines en Haïti, à Panama ou à Grenade au siècle dernier.
Nous exhortons le gouvernement français, les pays latino-américains et les États européens à défendre leurs valeurs démocratiques en apportant une réponse ferme à cette attaque et en convoquant d’urgence le conseil de sécurité de l’ONU.
Nous nous inquiétons en effet de ce que cet acte insensé soit les prémices à d’autres dans le monde.
Communiqué des députés communistes
 
Le groupe GDR « dénonce fermement » l’attaque américaine
 

Dans un communiqué le groupe parlementaire de la gauche démocrate et républicaine a dénoncé l’attaque américaine en cours : « Notre Groupe, dont plusieurs des membres sont issus de la Caraïbe et d’Amérique, dénonce fermement et avec inquiétude l’agression militaire américaine sur le Venezuela, la capture de son Chef d’État et le comportement délictueux du Président Trump. » Les députés communistes et ultramarins dénoncent en outre cette « tentative de prise de possession s’est construite depuis des mois sous le silence complice de l’occident. C’est toute l’Amérique du Sud et la Caraïbe, dont font partie les territoires et collectivités dites d’outre-mer, qui sont aujourd’hui déstabilisées. »

Pour le groupe GDR il s’agit pour Donald Trump de « s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, pétrolifères et minérales. Il s’agit ni plus ni moins qu’une guerre capitaliste, impérialiste et coloniale que notre groupe dénonce avec vigueur comme un crime, tant elle rappelle les pires moments de la doctrine Monroe et des invasions américaines en Haïti, à Panama ou à Grenade au siècle dernier. »

« Nous exhortons le gouvernement français, les pays latino-américains et les États européens à défendre leurs valeurs démocratiques en apportant une réponse ferme à cette attaque et en convoquant d’urgence le conseil de sécurité de l’ONU. » (L'Humanité, 3 janvier 2025)

 
***
Le Venezuela est attaqué et bombardé par l’armée américaine ; le président Maduro et son épouse ont été capturés et exfiltrés sur ordre de Trump.
Une fois de plus, les États-Unis foulent aux pieds le droit international, la souveraineté des nations et l’indépendance des peuples d’Amérique latine, pour imposer par la force leur domination et s’emparer des immenses ressources pétrolières et minières du Venezuela, qui détient les plus importantes réserves mondiales.
Cet enlèvement, digne des heures les plus sombres des coups d’État soutenus par Washington en Amérique latine, n’a rien à voir avec la démocratie, les droits humains ou la lutte contre le narcotrafic.
Il vise purement et simplement à installer un régime docile aux intérêts des multinationales américaines et à briser toute résistance au néocolonialisme et à l’impérialisme états-uniens.
Après l’Ukraine, le génocide à Gaza, cet acte d’une immense gravité marque une nouvelle fois que nos institutions internationales et le droit international sont attaqués sous les coups de l’impérialisme et des discours bellicistes, pour favoriser les coups de force partout sur la planète et imposer la loi du plus fort.
La France et l’Union européenne doivent condamner clairement et sans ambiguïté cette agression et cette violation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Fabien Gay, directeur de l'Humanité, sénateur communiste
***
 
VENEZUELA.
"L' impéralisme stade suprême du capitalisme" LÉNINE
Après l'invasion du Panama pour reprendre le contrôle du Canal de Panama,
Après l'invasion de l'Irak pétrolière est le mensonge de la fiole contenant la soi disant "preuve" d armes chimiques brandit à l'Onu,
Après l'invasion de la Libye gazière et pétrolière pour soit disant chasser un dictateur,
Voici maintenant l'invasion du Venezuela au plus grande réserve pétrolière du monde pour lutter contre le narco trafic.
Le colonialisme reprend de la vigueur, l accaparement des richesses mondiales la seule raison ultime de ces invasions.
Il est plus que temps d une souveraineté française et européenne, seule garantie d une indépendance.
Un nouvel ordre mondial est à créer incontestablement.
Et dire que la diplomatie européenne parle dans un communiqué de "retenue" et du "respect du droit international".
Ce n est plus du langage diplomatique c est du soutien plein et entier car il n y a eu ni retenue ni respect du droit international.
Philippe Rio, président de la coopérative des élus communistes
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28 décembre 2025 7 28 /12 /décembre /2025 08:57
Le Parti communiste autrichien et la vie communale -Josef Meszlenyi, Cause commune n°45, septembre-octobre 2025
Le Parti communiste autrichien et la vie communale

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Se mobiliser ensemble pour un parc ou pour la réhabilitation d’une rue dans un quartier défavorisé constitue une expérience concrète de la lutte des classes.

Actif dans la IIe République et fort de son rôle dans la résistance au nazisme, le Parti commu­niste autrichien (KPÖ) est puissant à la Libé­ration. Johann Koplenig, le président du KPÖ, est vice-chancelier d’Autriche en 1945 et sept sous-secrétaires d’État communistes œuvrent à la recon­struction. Écarté du gouvernement en 1947, le Parti atteint cent cinquante mille membres en 1950, un ancrage comparable à celui du PCF dans un pays qui compte 6,8 millions d’habitants.

Sa trajectoire diverge alors de celle du PCF. Alors que ce dernier prospère dans les municipalités, le KPÖ décline. Son renouveau inattendu dé­marre dans les années 1990 en Styrie. La percée de ses résultats à Graz, la capitale du Land (8 % en 1998), se poursuit jusqu’à l’élection d’Elke Kahr en 2021, qui devient la première maire communiste. Ce succès propulse le parti : retour au parlement de Salzbourg (11,66 % en 2023), gouvernement de la ville en alliance avec les sociaux-démocrates avec lesquels il fait jeu égal, implantation dans tous les arrondissements de Vienne. Il compte désormais cent trente élus dans sept Länder.

CC : Peux-tu nous présenter le paysage communal autrichien et les compétences des différentes communes ?

L’Autriche est une république parlementaire fédérale, divisée en neuf Länder et quatre-vingt quatorze districts. Elle compte 2 092 communes de taille très diverse, allant de 41 habitants à plus de deux millions. Seules 277 dépassent 5 000 habitants. Constitutionnellement, toutes disposent des mêmes compétences. Certaines villes bénéficient cependant d’un statut particulier, exerçant les prérogatives des districts, voire d’un Land pour Vienne.

« La commune est l’échelon politique le plus accessible. Cela en fait à nos yeux le champ de bataille décisif.  »

L’organisation et les missions précises des communes sont définies par chaque Land, ce qui génère des différences entre régions, bien que celles-ci restent limitées. Leurs responsabilités incluent la voirie, les écoles, l’état civil et la lutte contre l’incendie. Elles partagent également des compétences dans le social, la construction et l’aménagement du territoire. Lorsque des compétences fédérales ou régionales leur sont déléguées, elles doivent toutefois se conformer aux objectifs fixés par ces autorités. Une tendance générale se dégage : les tâches des communes s’accroissent, pas leurs moyens.

CC : Tous les sondages montrent que les compétences du KPÖ en matière de logement sont reconnues. Comment avez-vous construit cette confiance à une époque où vous aviez pourtant peu d’élus ?

Lorsqu’ils ont des problèmes avec leur propriétaire, les gens ont l’habitude de contacter nos militantes ou nos militants, nos élus. Nous les orientons systématiquement vers les permanences logement que le parti organise dans ses locaux. Si la situation excède les compétences de nos militants, nous mettons les personnes en relation avec les experts en droit locatif du parti. Nombre de nos élus actuels se sont fait connaître via ces permanences avant d’être élus presque toujours sur des listes estampillées « KPÖ » ou « KPÖ+ ».

CC : Quelle place a l’action communale dans la stratégie de reconstruction du parti et de transformation de la société ?

La commune est l’échelon politique le plus accessible. Cela en fait à nos yeux le champ de bataille décisif. Les contradictions de la valorisation du capital y sont particulièrement visibles et peuvent y être combattues directement. Se mobiliser ensemble pour un parc ou pour la réhabilitation d’une rue dans un quartier défavorisé constitue, pour beaucoup, une expérience concrète de la lutte des classes.

CC : À part à Graz et à Salzbourg, le KPÖ est dans l’opposition. Quel est alors le rôle des élus communistes ? Qu’est-ce qui les rend différents ?

Les partis bourgeois et la social-démocratie préfèrent gérer les choses entre eux, à huis clos. La mission essentielle de nos élues et élus est donc d’informer les citoyens des décisions institutionnelles et d’y porter leur voix. Nous publions ainsi des journaux après chaque conseil municipal dans toutes les communes où nous avons des élus. Ces journaux sont financés par les indemnités de nos élus. À Knittelfeld (13 000 habitants), nos militants distribuent ainsi directement chez les habitants 6 000 exemplaires cinq fois par an. Au niveau du district (71 000 habitants), presque 17 000.

CC : Le KPÖ dirige pour la première fois une grande ville. Les élections sont dans moins d’un an. Quel bilan faites-vous de ce premier mandat ?

Nos élus au conseil municipal de Graz utilisent les marges de manœuvre communales pour une politique au service de la population. Ainsi, Graz construit de nouveau des logements communaux et veille à ce qu’ils restent accessibles. Cependant, comme beaucoup de villes, Graz connaît des dif­ficultés financières limitant les grands changements, d’autant que nous gouvernons en coalition avec les verts et les sociaux-démocrates. Obtenir des majorités pour des décisions nécessaires implique souvent de mobiliser la population.

« Ceux qui nous accusent de clientélisme sont ceux qui font une politique clientéliste en faveur des riches. Tous les ans, nous ouvrons publiquement nos comptes à la presse, contrairement aux autres partis qui ignorent ces difficultés quotidiennes. »

Dans les années 2000, lorsque l’ancienne majorité nous a confié le logement – les exécutifs communaux autrichiens intégrant proportionnellement l’opposition –, elle espérait que nous échouerions, et pensait que cela discréditerait le KPÖ en prouvant l’impossibilité du changement. Nous avons dû batailler pour préserver le patrimoine social, jusqu’à organiser un référendum contre la vente des logements communaux imposée par la majorité. Puis il a fallu lutter pour leur rénovation, tant leur état était indigne, souvent sans douches ni toilettes.

CC : On parle souvent des fonds sociaux que met en place le KPÖ pour aider les gens financièrement. Cela vous vaut parfois d’être accusés de « clientélisme ». Comment vois-tu ça ?

Le parti a fixé pour ses élus et permanents un plafond de revenu à 2 600 €, correspondant au salaire médian autrichien. La plupart de nos élues et élus exercent bénévolement et reversent intégralement leurs indemnités au parti ; elles servent à financer son activité, ses journaux ou ses secrétaires de section. Seuls les élus à plein temps peuvent conserver ces 2 600 € et reversent l’excédent à un fonds social, qu’abonde aussi la subvention dont bénéficie le parti. Dans le district de Murtal, cela représente 12 000 € par an. À Graz, 300 000 €. Ça nous permet d’aider les gens financièrement de manière directe et non bureaucratique.

« Nous avons dû batailler pour préserver le patrimoine social, jusqu’à organiser un référendum contre la vente des logements communaux imposée par la majorité.  »

Mais c’est plus que des distributions d’argent. Nos permanences sociales, organisées dans les locaux du parti, nous donnent l’occasion de connaître les difficultés concrètes des gens : par exemple le renoncement à des excursions scolaires, à réparer la voiture ou le frigo, à payer certaines factures… Nous aidons les gens de manière immédiate, puis nous engageons avec eux des luttes de plus longue haleine, en particulier contre leurs propriétaires. Nous maintenons le contact jusqu’à la résolution des problèmes.

Pour répondre à ces accusations de clientélisme, nous assumons pleinement notre action. Ceux qui nous accusent de clientélisme sont ceux qui font une politique clientéliste en faveur des riches. Tous les ans, nous ouvrons publiquement nos comptes à la presse, contrairement aux autres partis.

CC : À Graz et à Salzbourg, le KPÖ gouverne avec les sociaux-démocrates et les verts. À ton avis, de telles coalitions de gauche peuvent-elles se multiplier ?

Dans la situation actuelle, cela restera probablement exceptionnel. La social-démocratie et les verts préfèrent généralement s’allier aux conservateurs, voire à l’extrême droite pour le Parti social-démocrate autrichien (SPÖ) ! Nos relations avec ce dernier varient selon les régions et les communes. Si des coopérations ponctuelles existent, c’est quand même souvent le SPÖ qui détruit les acquis sociaux et privatise le logement communal. Dans mon district, à Judenburg et à Zelt­weg, il a ainsi tenté de vendre tout le patrimoine social. Nous avons partiellement bloqué cette opération par la mobilisation citoyenne, mais près de 20 % des logements ont tout de même été vendus à Zeltweg où les gens en ont bien besoin…

Josef Meszlenyi est membre du comité central du KPÖ, responsable de la politique communale en Styrie et élu à Knittelfeld.

Entretien, traduction et commentaire par Kevin Guillas-Cavan.

Cause commune45 • septembre/octobre 2025

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28 décembre 2025 7 28 /12 /décembre /2025 08:54
Victoire de Catherine Connolly en Irlande.  Naissance d’une alliance populaire pour le changement (Cause commune n°45, septembre-octobre 2025)

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Les bonnes nouvelles en Europe ne sont pas légion, mais celle-ci est d’importance. La victoire de Catherine Connolly à l’élection présidentielle irlandaise est portée par les exigences populaires de progrès, de paix et d’unité pour le pays.

Il s’agit d’abord d’une défaite sans appel des deux partis libéral et conservateur qui monopolisent le pouvoir en Irlande depuis un siècle. Un véritable vent de panique s’est emparé d’eux durant la campagne, où le camp conservateur a essuyé déconvenue sur déconvenue, avec des candidats discrédités qui se retirent les uns après les autres. Il ne leur restait plus que les injures publiques contre Catherine Connolly, signe d’une trumpisation de la droite irlandaise et relayées par la presse réactionnaire. Mais là encore ce fut un échec.

Catherine Connolly a remporté 66,36 % des voix face au candidat gouvernemental du Fine Gael. Elle est soutenue par une large coalition de partis de gauche, nos amis du Sinn Féin en tête, mais également les sociaux-démocrates, le Labour Party, People Before Profit, le parti vert et les indépendants progressistes. De plus, de larges secteurs de la société civile et du mouvement social ont également apporté leur soutien. Cela ouvre des perspectives nouvelles à gauche. Comme le souligne le président du Sinn Féin, Declan Kearney : « On constate une prise de conscience croissante du fait qu’il y a bien plus de points communs que de points de division. » Derrière cette victoire, se dessinent les contours d’une possible majorité alternative au pouvoir libéral-conservateur. Alors qu’à l’occasion des dernières élections législatives dans l’État du Sud, toute la droite s’était coalisée contre le Sinn Féin, ce succès permet de rouvrir une page de l’histoire progressiste irlandaise. Rappelons que dans les six comtés du Nord, Michelle O’Neill, dirigeante du Sinn Féin, gouverne depuis février 2024, en dépit de la politique de sabotage menée par les partis unionistes conservateurs.

« Catherine Connolly a remporté 66,36 % des voix face au candidat gouvernemental du Fine Gael. »

Cette victoire démontre en effet que les aspirations populaires majoritaires vont à l’encontre de la politique de la clique conservatrice apeurée au pouvoir. Ces exigences populaires exprimées par les citoyens de l’État du Sud font écho avec celles des Irlandaises et Irlandais des six comtés du Nord et de la diaspora, qui sont empêchés de voter. La campagne menée pour la victoire de Catherine Connolly était au diapason des aspirations d’une majorité de la population : une répartition équitable des richesses, le droit au logement, la neutralité irlandaise, la solidarité avec le peuple palestinien, la langue irlandaise et, bien sûr, l’unité irlandaise.

Progrès social, paix et unité irlandaise

Ces trois éléments, indissociables, sont majoritaires en Irlande, au Nord comme au Sud. Cela résonne dans l’ensemble de l’Europe et c’est une leçon pour l’ensemble de la gauche en Europe. Au-delà du contexte particulier de l’Irlande, ce sont bien sur ces trois piliers, la transformation sociale, la souveraineté populaire et la paix, qu’il est possible de reconstruire une perspective sociale et politique majoritaire à gauche, en France et en Europe.

Les méthodes de campagne sont également instructives. Loin du « bruit et de la fureur », Catherine Connolly a adopté un ton calme, mesuré. Elle s’est appuyée sur l’expérience des mobilisations citoyennes des référendums sur le mariage pour tous et sur le droit à l’avortement (qui marquaient par ailleurs une évolution historique de la société irlandaise en dépit de l’apparition d’un courant d’extrême droite organisé). Beaucoup d’actes de campagne originaux ont émergé : collectes de fonds par des musiciens dans les pubs ruraux, street art, influenceurs sur les réseaux, initiatives inspirées de la campagne de Zohran Mamdani à New York et centrées sur la culture visuelle… C’est une nouvelle génération de campagne politique qui émerge à gauche.

« Sur l’ensemble de l’île et pour les Irlandais, la question d’une République irlandaise sociale et démocratique est désormais posée. »

Enfin, la question de l’unité irlandaise a structuré la campagne de Catherine Connolly. C’est l’objectif stratégique central du Sinn Féin, avec lequel les communistes français sont pleinement solidaires. Si Catherine Connolly n’a pas les pouvoirs institutionnels d’agir dans ce sens, c’est un message adressé au gouvernement irlandais de respecter son obligation constitutionnelle pour l’unité irlandaise. Cette victoire montre que cette question n’est ni secondaire, ni utopique, mais qu’elle est immédiate et concrète. Sur l’ensemble de l’île et pour les Irlandais la question d’une République irlandaise sociale et démocratique est désormais posée. Comme le défendait un autre Connolly, James, fusillé par les Britanniques en 1916, la République irlandaise et la liberté pour le peuple irlandais sont indissociables de la transformation des rapports sociaux dans le pays. Cela montre d’ailleurs à quel point l’engagement républicain des progressistes irlandais rejoint celui des progressistes français, que ce soit durant la Révolution française ou autour de Jean Jaurès.

C’est une bataille stratégique qui requiert un niveau de rapport de force. Les oppositions seront particulièrement nombreuses. L’essor rapide de l’extrême droite en Grande-Bretagne annonce de futurs combats extrêmement durs. Les communistes français seront aux côtés du Sinn Féin et du peuple irlandais pour les mener !

Vincent Boulet est membre du comité exécutif national, chargé des relations internationales du PCF.
Il est vice-président du Parti de la gauche européenne.

Cause commune45 • septembre/octobre 2025

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