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15 février 2026 7 15 /02 /février /2026 07:50
CISJORDANIE : LA COLONISATION AU NOM DU MESSIE... - Bloc de Jean-Emmanuel Ducoin dans l'Humanité du 13 février 2026
CISJORDANIE : LA COLONISATION AU NOM DU MESSIE...[bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin]
L'Humanité - 13 février 2026
 
«La colonisation au nom du Messie» : ainsi titrait en une le journal la Croix, cette semaine, pour évoquer l’expansion sans fin de la colonisation en Cisjordanie, précisant : «En Israël, les sionistes extrémistes s’appuient sur des prétextes religieux pour justifier leur expansion territoriale.» Accusera-t-on le groupe Bayard et la congrégation des Augustins de l’Assomption, actionnaire principal, d’antisémitisme ? Dans un silence médiatique mondial assez assourdissant, la situation des Palestiniens est passée au second rang, au mieux. Gaza, toujours martyrisée. Et la Cisjordanie, encore et encore sous le joug des fanatiques. Dans un éditorial cinglant, que le bloc-noteur ne renierait pas, la Croix précise que «la tentation d’habiller de foi religieuse l’hubris de la guerre est loin d’être nouvelle», rappelant les siècles passés peu glorieux de notre histoire humaine, citant cette actualité mortifère : «Le phénomène touche encore tous les continents et toutes les religions. C’est le cas du messianisme des colons israéliens, mais aussi des tentations trumpistes de légitimer la violence en se dépeignant comme tenants d’un ordre instauré par Dieu, ou encore de la rhétorique poutinienne justifiant l’invasion de l’Ukraine, ou de l’appel à une “guerre des civilisations” par Éric Zemmour au nom d’un christianisme synonyme, pour lui, de défense de l’Occident.»
Nommons les choses par leur nom. Ce qui se déroule en Cisjordanie n’est pas un «conflit», ni une «dispute territoriale complexe», ni un «malentendu millénaire» entre deux peuples. Il s’agit d’une colonisation brutale, idéologique, raciale et religieuse, menée par un État qui a décidé que le droit international était optionnel et que Dieu pouvait servir de notaire. La Cisjordanie n’est pas uniquement occupée : elle est dévorée. Lentement, méthodiquement, cyniquement. Colonie après colonie, colline après colline, olivier après olivier. Une entreprise de prédation qui avance sous protection militaire, financée par l’État israélien, justifiée par un messianisme délirant et bénie par une communauté internationale lâche jusqu’à l’indécence. Un projet politique clair : rendre impossible toute existence palestinienne viable. Transformer un peuple en variable d’ajustement géopolitique… puis feindre l’étonnement quand il résiste.
De fait, les colons israéliens sont l’avant-garde d’un projet d’extrême droite théologico-nationaliste, persuadée que la Bible autorise le vol, l’humiliation, la violence et le meurtre. Ils cassent des crânes au nom de Dieu, incendient des villages au nom de la promesse, tirent sur des civils au nom de la rédemption. Et quand ils tuent, l’impunité est quasi totale. Cette religion-là est une contrefaçon. Un simulacre de foi transformée en idéologie suprémaciste, où l’élection divine sert à hiérarchiser les vies humaines. Où le Palestinien n’est plus un voisin, mais un intrus métaphysique. On ne négocie pas avec un intrus : on l’efface. Pendant ce temps-là, l’État israélien joue la comédie, condamne vaguement «les violences de colons», tout en armant, protégeant et légalisant leur présence. Il parle de démocratie pendant qu’il administre un régime de ségrégation territoriale. Il invoque l’histoire tragique du peuple juif pour justifier une injustice. Et, procédé odieux, la mémoire devient un bouclier moral contre toute critique. Quant à ce que nous nommons encore «l’Occident», il applaudit ou détourne les yeux, selon les cas. Les États-Unis arrosent de milliards, l’Europe publie des communiqués creux, la France soupire et passe à autre chose. Hypocrisie structurelle. On proclame l’illégalité des colonies tout en commerçant avec elles, on défend le droit tout en acceptant sa violation permanente. Mascarade. La colonisation n’est pas une dérive, mais une stratégie. Le messianisme n’est pas une excentricité, mais un carburant politique. Et la religion, ainsi instrumentalisée, devient l’une des formes les plus obscènes du pouvoir – parce qu’elle prétend être incontestable. Comment construire un à-venir juste sur une terre volée, surtout au nom de Dieu ?
 
 bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin, publié dans l'Humanité du 13 février 2026... JED
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8 février 2026 7 08 /02 /février /2026 14:37
« Droit international, crime de guerre, humanitaire… Toutes ces boussoles ont disparu » : rencontre avec Abu Abed Moughaisib, coordinateur de MSF à Gaza - L'Humanité, 6 février 2026
« Droit international, crime de guerre, humanitaire… Toutes ces boussoles ont disparu » : rencontre avec Abu Abed Moughaisib, coordinateur de MSF à Gaza
Ex-coordinateur pour Médecins sans frontières à Gaza, Abu Abed Moughaisib a documenté son quotidien dans de courts textes, rassemblés pour « Gaza Hell@ » (éditions Manifeste !). Réfugié en Irlande depuis septembre 2025, il revient pour « l’Humanité magazine » sur ces deux années à survivre au génocide commis par le pouvoir israélien.
 
L'Humanité  le 6 février 2026
Tom Demars-Granja
 
Abu Abed Moughaisib conserve les marques du stress. Lorsque nous le rencontrons, en décembre dernier, dans les locaux de Médecins sans frontières (MSF) à Paris, l’ancien coordinateur de l’ONG à Gaza et en Cisjordanie reste sonné par son expérience du soir précédent. L’exilé palestinien, réfugié en Irlande après avoir survécu à presque deux ans de génocide à Gaza, était sur la scène du Zénith de la Villette, à l’occasion de l’initiative Together for Palestine. Près de 40 artistes et militants s’y sont relayés, entre discours et performances, afin de récolter 50 000 euros, reversés à MSF.
 
Moins d’un mois plus tard, 37 organisations humanitaires – dont MSF – étaient interdites d’accès à Gaza, à partir du 1er janvier 2026, par les forces d’occupations israéliennes. Au mépris du droit international, Tel-Aviv conditionnait l’autorisation d’accès à la divulgation des noms de leurs employés palestiniens. De sa vie dans la bande de Gaza à ses conditions d’exil, Abu Abed Moughaisib revient sur son parcours pour « l’Humanité magazine ».
 
Est-ce que vous vous attendiez à ce que les forces d’occupation israéliennes franchissent l’étape de l’interdiction totale des ONG internationales dans la bande de Gaza ?
Abu Abed Moughaisib Ex-coordinateur pour Médecins sans frontières à Gaza
Je m’y attendais. Mais je refuse de l’accepter. Le système de santé de Gaza dépend de nous. Nous soutenions les hôpitaux qui restaient. Nous avions des établissements de campagne, des cliniques et un système de distribution d’eau sur place. La décision d’Israël punit l’entièreté de la population, dont nos collègues palestiniens. Avec cette décision, il redouble de cruauté. Avant mon exil, dès que nous commencions à travailler dans un hôpital, l’armée israélienne nous ordonnait de quitter les lieux.
Nous avons été obligés de nous déplacer quatorze fois en deux ans. Quinze de nos collègues ont été tués. Certains d’entre eux se tenaient debout, attendant dans une zone identifiée qu’un bus de MSF vienne les chercher. Ils ont été pris pour cible. Et à chaque fois, l’excuse donnée par Israël est qu’il s’agissait d’une erreur technique. Des enquêtes ont été promises, mais nous n’avons jamais eu de retour.
 
Malgré les bombardements, les tirs et la famine, vous avez continué à remplir votre mission de coordinateur pour MSF…
Nous devions survivre. Je suis resté à Gaza pendant sept cent douze jours. Après cinq mois de guerre, j’ai eu la chance de pouvoir évacuer ma femme et mes enfants au Caire, en Égypte. En attendant de les rejoindre, je devais continuer à travailler avec MSF. Ce qui m’a permis de tenir a été de voir mes amis et mes collègues dont les familles étaient toujours à Gaza se battre. Je me répétais sans cesse : « Je suis seul, je dois être plus fort qu’eux. » Nous étions affamés.
Les deux derniers mois, nous avons eu du mal à trouver de la nourriture. Il a aussi fallu se battre pour obtenir de l’eau. Nous faisions la queue pour remplir des bidons, ne serait-ce que pour aller aux toilettes. C’était très difficile. Et puis, vous voyez des patients et vous vous dites : « Ils survivent dans des conditions bien pires. » C’est ce qui nous a donné l’énergie de continuer. Si les médecins, les infirmières ou le personnel médical, qui sont épuisés, affamés, stressés et effrayés, s’en vont, il n’y aura plus personne.
 
Vous mentionnez, dans vos chroniques publiées sur les réseaux sociaux, la disparition de Gaza. Pensez-vous l’avoir perdue pour toujours ?
 
C’est une question très difficile. En tant que Palestiniens, nous avons cette sorte de résilience qui nous permet de nous relever encore et toujours. C’est une puissance qui est dans notre histoire. En réalité, si on regarde les événements de manière logique, sans émotion, on constate la destruction d’un peuple et la démolition de Gaza, des rues au réseau électrique, en passant par l’approvisionnement en eau, les bâtiments, les écoles, les universités, les hôpitaux.
Même nos maisons – avec nos meubles, nos objets précieux, nos souvenirs – sont perdues. Il faudra des années, voire des décennies, pour tout reconstruire. Nous sommes brisés. Le génocide est parfois une description trop douce de la situation à Gaza.
 
C’est-à-dire ?
 
Toutes les atrocités se sont produites en même temps. Nous avons été placés dans une petite région côtière comme dans une sorte de camp de concentration. Israël nous a affirmé que nous y serions en sécurité, avant de bombarder la zone, de sorte que les personnes qui y ont été tuées sont plus nombreuses que dans les zones de combat. Nous avons connu la famine provoquée par l’homme. L’approvisionnement en nourriture a été bloqué pour nous affamer.
Prétendument pour punir le Hamas. Mais le Hamas ne boit pas de lait pour bébé. Il est destiné aux enfants, pas aux combattants. Il est évident que c’est une excuse. Nous condamnons le 7-Octobre, car nous sommes opposés aux meurtres de civils. Mais la réaction d’Israël n’est pas liée au Hamas. Les Israéliens ont tué la plupart de ses dirigeants et continuent la guerre. Ils veulent chasser les Palestiniens, les détruire mentalement, physiquement, spirituellement et effacer Gaza de la carte.
Entre ces conditions inhumaines et le manque de réaction de la communauté internationale, peut-on encore croire en une quelconque justice ?
Droit international, crime de guerre, humanitaire… Toutes ces boussoles ont disparu. Les Nations unies auraient pu arrêter la guerre, mais ses membres n’étaient pas disposés ou pas en capacité de contraindre Israël. Comment penser que les Palestiniens croient toujours au droit international après tous ces mensonges ? Par exemple, les Nations unies et les pays occidentaux se targuent de lutter pour les droits des femmes. À Gaza, elles ne peuvent pas trouver de kits d’hygiène, n’ont pas de toilettes convenables, ont été déplacées, blessées, violées, tuées.
Il y a plus de 15 000 veuves à Gaza. Quand les Palestiniens voient des manifestations à Londres, à Paris, à Barcelone, cela leur donne le sourire. Je ne dirais pas de l’espoir, car il est fragile. Nous savons que la population nous soutient, mais nous savons aussi que les gouvernements ne nous soutiennent pas. Je ne veux pas comparer les guerres, mais les frontières sont ouvertes pour tous les Ukrainiens à travers le monde. Pour Gaza, elles n’étaient déjà pas très ouvertes et elles se sont encore refermées. Les gens comprennent cela.
 
Dans un court texte daté du 9 juillet 2025, vous annoncez ne pas vouloir, comme nombre de vos proches, célébrer le cessez-le-feu de début octobre présenté par les États-Unis. Quel a été votre sentiment lors de son annonce officielle ?
 
Nous avons célébré ces annonces pendant quelques heures. Puis nous nous sommes rendu compte qu’il n’y avait rien à retrouver. Beaucoup de proches sont retournés dans le Nord ; ils n’ont plus de maison. Il n’y a que du sable. La première chose dont ils se souviendront, c’est qu’ils ont tous perdu un parent proche, un ami, un collègue ou un voisin.
Chacun d’entre nous à Gaza a perdu quelqu’un. Nous avons besoin de nous en remettre. Les Gazaouis souffrent de dépression, de stress, d’anxiété, d’insomnie. Ce trouble global va mettre du temps à s’estomper après le cessez-le-feu. Les bombardements sont ancrés dans nos cerveaux. Si vous appelez quelqu’un à Gaza maintenant, vous entendrez toujours le bruit des drones.
Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer une nouvelle forme de colonisation validée par les Nations unies.
Israël a annoncé que nous garderons les nouvelles frontières, délimitées par une ligne jaune. Cela représente 50 % de ce qu’était la bande de Gaza avant la guerre. Deux millions de personnes y sont concentrées. C’est la population la plus dense au monde dans une aussi petite région. Les forces d’occupation vont nous contrôler à l’entrée et nous n’aurons une maison que si elles estiment que nous ne sommes pas du Hamas.
C’est une accusation facile à porter. Les Israéliens pourront toujours dire : « Vous êtes du Hamas parce que vous les soutenez, parce que vous avez souri à l’un de ses membres, parce que vous avez un ami du Hamas. » Nous sommes des familles élargies. Tout le monde se connaît.
 
Pour revenir sur votre jeunesse, vécue au sein d’une famille d’exilés, quelle place la Palestine, sa culture et son histoire politique y ont-elles occupé ?
 
Mon père est originaire de Beersheba, une cité aujourd’hui considérée comme étant dans le sud d’Israël. Ma mère est originaire d’Al-Majḍal, une cité du nord de la Palestine, qui s’appelle aujourd’hui Ashkelon en Israël. En 1948, ils ont été poussés avec leurs familles vers Gaza. À la fin des années 1950, ma mère et mon père ont quitté l’enclave. Mon père est parti en Irak et ma mère au Liban, dans le cadre de leurs études. Ils se sont rencontrés et mariés au Koweït, où ils travaillaient. Nous sommes nés sur place avec ma sœur et mes deux frères. Quand nous étions enfants, mon père et ma mère nous disaient que nous étions palestiniens. Ils rappelaient sans cesse que nous sommes d’origine bédouine.
Cette histoire familiale, est-elle ce qui vous a motivé à vous installer à Gaza ?
Après mon enfance au Koweït, je suis parti étudier la médecine à Riga, en Lettonie. Une fois mes études terminées, je voulais aller à Gaza. Mes parents, qui vivaient alors aux Émirats arabes unis, m’ont dit qu’ils n’avaient pas de maison, pas de terre là-bas. J’ai répondu que j’irai de toute façon, que c’était mon choix.
 
Et vous y êtes resté pendant près de vingt-cinq ans.
J’y suis entré en 2000. À cette époque, Israël contrôlait déjà les frontières. Il fallait donc demander un visa pour visiter Gaza. Je me souviens avoir obtenu un passe d’un mois pour rendre visite à ma sœur. Je ne suis jamais ressorti. J’ai rencontré ma femme, me suis marié, ai fondé une famille là-bas. Je n’aurais jamais pensé quitter Gaza, car j’y étais bien malgré la situation difficile. Gaza était toujours bouclée, soumise à des restrictions, en proie à des conflits incessants entre le Hamas et Israël. Malgré cela, la vie se poursuivait.
J’ai travaillé pendant deux ans avec l’ONG locale Palestinian Medical Relief Society, avant de rejoindre MSF en 2003. J’ai pu travailler en Grèce, en France et en Syrie. Puis j’ai occupé les postes de chef de l’équipe médicale et de coordinateur médical adjoint à Gaza et en Cisjordanie pendant près de quinze ans. Au final, je me rends compte que ce qui m’importait vraiment était de voir mes enfants grandir à Gaza. Là-bas, vous gardez la maison pour la famille, donc quand vous avez des enfants, qu’ils se marient, vous construisez un nouvel étage pour eux, puis un autre et ainsi de suite. Tout cela est tombé en ruines.
 
Comment s’est organisé votre exil ?
Je ne m’attendais pas à être évacué vers l’Irlande. Au début, ils essayaient de m’envoyer en France, car je travaillais pour une ONG française depuis plus de vingt ans. Mais il n’y a plus aucune possibilité de venir. J’ai perdu espoir. La France est un bon pays, avec de la diversité et des soutiens. Hélas, le gouvernement bloque l’entrée de Palestiniens sur son territoire. Mes contacts à MSF m’ont dit de tenter le Royaume-Uni et l’Irlande. J’ai réussi à réaliser ma demande en ligne, malgré un réseau instable. Vous faites votre demande un jour, vous devez la rouvrir un autre jour – si elle peut s’ouvrir –, et ainsi de suite.
Finalement, j’ai pu télécharger tous les documents requis pour l’ambassade d’Irlande. Ils m’ont répondu rapidement et m’ont vraiment aidé. J’ai pu inclure ma famille, alors en sûreté au Caire, et ils ont même accepté de déclarer mes deux fils, âgés de 23 et 22 ans, comme dépendants. J’ai reçu la validation lundi 15 septembre. J’étais avec deux agents de sécurité, des Palestiniens, qui travaillaient avec moi au bureau local de MSF. Quand j’ai reçu le message, j’ai commencé à crier et à avoir les larmes aux yeux. Ils m’ont demandé ce que j’avais. J’ai répondu : « Je vais partir. » Nous nous sommes embrassés et nous avons commencé à pleurer.
 
Avez-vous pu garder une trace de votre vie à Gaza ?
Je n’ai pu conserver que ce que je portais : mon tee-shirt, mon jean, mon téléphone portable, un chargeur et un peu d’argent liquide. Tout le reste était interdit. Les Israéliens ont même spécifié que prendre du sable avec soi est proscrit. En tant que Palestinien, Israël ne veut pas que nous conservions le moindre souvenir.
Gaza Hell@, d’Abu Abed Moughaisib, Manifeste !, 160 pages, 12 euros
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3 février 2026 2 03 /02 /février /2026 17:18
Cuba: lettre ouverte de Fabien Roussel au président de la République
Cuba: lettre ouverte de Fabien Roussel au président de la République
Cuba: lettre ouverte de Fabien Roussel au président de la République

Face à l’aggravation des mesures coercitives imposées par l’administration Trump à Cuba et à leurs conséquences humaines, économiques et géopolitiques graves, Fabien Roussel a adressé une lettre ouverte au Président de la République.

Il y appelle la France à agir sans délai pour exiger la levée immédiate et inconditionnelle du blocus, protéger ses ressortissants, faire respecter le droit international et mettre en œuvre des mesures anti-coercition effectives.

La stabilité de la région, la sécurité des populations et les intérêts de la France sont en jeu.

L’urgence est là.

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2 février 2026 1 02 /02 /février /2026 06:27
Cimetières saturés, extorsion des familles pour récupérer les corps : en Iran, le récit glaçant des victimes de la répression (L'Humanité, 29 janvier 2026, Nazila Maroofian)
Cimetières saturés, extorsion des familles pour récupérer les corps : en Iran, le récit glaçant des victimes de la répression

Journaliste iranienne en exil à Paris, Nazila Maroufian a recueilli, pour l’Humanité, les témoignages de ses compatriotes, victimes de la répression sanglante qui s’est abattue sur le mouvement de contestation. Un récit glaçant qui revient sur les descentes sécuritaires, l’usage d’armes de guerre, le bouclage de quartiers entiers et des cimetières saturés par les embouteillages.

Nazila Maroofian - L'Humanité, 29 janvier 2026 

Il n’était pas encore minuit lorsque le téléphone a sonné. Ce n’était ni une sonnerie prolongée, ni une voix familière. L’homme au bout du fil parlait d’un ton sec et formel ; une intonation qui rappelait celle des interrogatoires des services de renseignements, lorsqu’ils annoncent une mauvaise nouvelle avec un minimum de mots. Il n’a prononcé qu’une seule phrase : « Le dossier a été transmis pour l’exécution de la peine de mort. » La communication a été coupée presque immédiatement. Pour la famille, tout s’est effondré.

Le manifestant, arrêté quelques jours auparavant lors des protestations de janvier 2026 à Machhad, se trouvait déjà au seuil de l’exécution. Aucun procès public. Aucun accès au dossier judiciaire. Aucun avocat indépendant. À la place, des accusations lourdes : moharebeh (« guerre contre Dieu »), efsad-e fel-arz (« corruption sur terre »), baghi (« rébellion »). Son nom était Ali Rahbar, 33 ans, sportif. Selon nos informations, il a été exécuté au matin du 21 janvier 2026, seulement une semaine après son arrestation. Sans défense, sans une dernière visite de sa famille. La rapidité de la procédure révèle la fonction de la peine capitale : répondre à la contestation par la mort.

La répression aurait laissé 30 000 morts derrière elle

Ali Rahbar n’est pas une exception. Il est l’un des milliers de citoyens arrêtés après les manifestations de décembre et janvier dont certains risquent d’être exécutés. Ces protestations, parties du grand bazar de Téhéran, sont nées de crises économiques et sociales profondes, dans un contexte d’effondrement du pouvoir d’achat, de chômage massif, de corruption généralisée et de disparition progressive des libertés civiles.

La réaction du pouvoir a été d’une brutalité accrue. Arrestations massives, usage d’armes de guerre contre les manifestants non armés, coupures d’Internet et des communications, interruption des réseaux téléphoniques, rétention des corps, contrôle strict de l’information. Selon l’hebdomadaire états-unien le Time, qui cite deux hauts responsables du ministère iranien de la Santé, la répression aurait laissé 30 000 morts derrière elle. Un chiffre difficile à évaluer, certes, mais l’objectif du pouvoir semblait clair : isoler les foyers de contestation, empêcher toute coordination nationale et bloquer la circulation de récits indépendants.

Le 3 janvier 2026, Ali Khamenei a accusé les manifestants d’être « manipulés », « mercenaires de l’ennemi et terroristes ». Cette déclaration a été perçue comme un feu vert donné aux institutions répressives, en particulier au Corps des gardiens de la révolution, pour agir sans restriction et préparer l’opinion à l’usage massif de la violence et de la peine capitale. Des milliers de personnes ont été tuées, blessées ou arrêtées dès les premiers jours.

 

Kourosh, un manifestant originaire de la province du Guilan, dans le nord de l’Iran, a livré, à travers un message audio qui m’a été adressé, un témoignage direct et bouleversant sur la répression sanglante des manifestations. Dans un second message audio, un autre citoyen, Arya, cette fois depuis Punak, dans une banlieue de Téhéran, décrit lui aussi la violence extrême et la brutalité de la répression.

Selon les personnes que nous avons pu contacter sur place, des quartiers entiers auraient été placés sous contrôle sécuritaire renforcé durant plusieurs jours, avec des patrouilles permanentes, des barrages et des fouilles systématiques. À Machhad, la répression s’est doublée d’une extorsion organisée. Des pressions ont été exercées sur les familles pour qu’elles renoncent aux cérémonies publiques de deuil ou acceptent des versions officielles falsifiées des causes de décès.

Cimetière saturé

Pour récupérer un corps, les familles se seraient vu imposer trois options : payer des sommes considérables entre 400 millions et 2 milliards de tomans (entre 2 670 et 13 350 euros – NDLR), au titre du « haqq-e tir » – le « prix de la balle » ; déclarer leur défunt comme « bassidji » (milices islamistes), tué par les manifestants et accepter une interview forcée devant les médias de l’État ; ou, en cas de refus, accepter que la dépouille ne soit pas restituée et voir celle-ci enterrée anonymement.

Plusieurs sites d’inhumation sont utilisés à cette fin. Des témoins décrivent un cimetière saturé avec des embouteillages à l’entrée et des cérémonies de deuil se déroulant simultanément. Certains affirment que la section de Rahmatabad – associée aux fosses communes des prisonniers politiques des années 1980 – aurait servi pour des corps non identifiables ou non restitués.

Dans ce contexte, l’appareil judiciaire iranien ne joue plus un rôle d’arbitrage. Les tribunaux, notamment les tribunaux révolutionnaires, deviennent des lieux de validation du récit sécuritaire : accusations aux définitions floues, aveux forcés, absence d’avocats indépendants, audiences à huis clos. Les arrestations se sont poursuivies lors de descentes nocturnes, avec confiscations de téléphones et d’ordinateurs, et interpellation de blessés jusque dans des hôpitaux. Selon nos sources, certains détenus blessés, transférés vers des bases des gardiens de la révolution, auraient été privés d’eau, de nourriture et de soins médicaux, faisant craindre des décès sous la torture.

Seuls quelques dossiers peuvent être nominativement documentés. Parmi eux, figure Amine Pourfarhang, doctorant en pharmacie arrêté le 9 janvier 2026, poursuivi pour moharebeh (guerre contre Dieu) et baghi (rébellion), privé de défense indépendante. Deux autres citoyens arrêtés dans la province de Mazandaran risquent également la peine de mort après des aveux forcés, selon leurs proches. Ces cas ne représentent qu’une fraction d’une réalité plus vaste, rendue opaque par la censure et les menaces. Ce qui se joue aujourd’hui en Iran ne relève pas d’une dérive ponctuelle : c’est une stratégie assumée où exécution, torture, extorsion et enterrement clandestin deviennent des outils ordinaires du régime.

Lorsque la communauté internationale se limite à de simples déclarations, celles-ci sont perçues au sein de la société iranienne comme un silence, une tolérance de fait. Cette position renforce le régime qui fait de chaque exécution un avertissement public : la promesse glaciale que contester le pouvoir peut coûter la vie.

« Transmettez nos témoignages partout où c’est possible » : en Iran, les citoyens décrivent l'apocalypse

Dans la capitale iranienne, Arya décrit des hôpitaux où sont empilés les corps les uns sur les autres, et des morgues qui n’ont même plus de place. Dans la province du Guilan, à Lahidjan, sur le littoral de la Caspienne, Kourosh, lui, témoigne d’une répression à l’arme de guerre et des corps enterrés en secret.

Nazila Maroofian

« C’est l’apocalypse dans les quartiers de Téhéran »

« Les autorités ont réussi à imposer un black-out complet en coupant toutes les communications, pour pouvoir nous tuer en silence, ces salauds. Le massacre est total dans de nombreux quartiers de Téhéran. Ils ont coupé l’électricité, comme à Punak par exemple, pour nous plonger dans l’obscurité. Dans ce chaos organisé, ils arrivent avec des armes lourdes et se déchaînent sur nous. Vous ne pouvez pas imaginer. Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça de toute ma vie. C’est l’apocalypse.

Transmettez nos témoignages partout où c’est possible. Pour que cette horreur s’arrête. Je ne sais plus quoi faire. Dans les hôpitaux, ils empilent les corps les uns sur les autres. Les morgues n’ont même plus de place. On ne peut ni dormir la nuit, ni vivre normalement, le stress est insupportable.

Il y a des affrontements partout, du feu partout. J’ai vu que dans toutes les villes d’Europe et ailleurs dans le monde, il y a des manifestations. Les Iraniens sont sortis dans la rue, mais je ne comprends pas pourquoi personne ne réagit vraiment. Pourquoi rien ne se passe ? Si ça devient une guerre d’usure, ils continueront à tuer. »

« Je ne sais pas pourquoi je suis encore en vie »

Dans la province du Guilan, à Lahidjan, sur le littoral de la Caspienne, Kourosh1 témoigne d’une répression à l’arme de guerre et des corps enterrés en secret. « Je n’avais jamais vu une telle violence à Lahidjan et dans la province du Guilan. En quelques heures, tout a basculé. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur des gens totalement désarmés. J’ai couru sous les tirs. J’entendais les balles siffler près de mes oreilles, puis j’ai vu des gens tomber.

Une seconde après, leurs corps étaient totalement déchiquetés : la tête, le dos, les bras. J’ai alors compris qu’ils tiraient avec des munitions de guerre. Les rues étaient couvertes de sang. Un jeune homme d’environ 20 ans est mort sur mes genoux. Il n’avait ni papiers ni téléphone. Nous avons tenté de le réanimer, en vain. Son sang avait séché sur ma peau. Cette image ne me quittera jamais.

Ce massacre a été suivi d’un silence total. Internet coupé, communications impossibles. Personne n’ose garder des images : les téléphones sont fouillés, les gens arrêtés. La peur est partout. Les chiffres officiels n’ont rien à voir avec la réalité. Des milliers de morts, peut-être des dizaines de milliers.

Beaucoup ont été enterrés en secret. Les familles n’ont parfois appris la mort de leurs proches que quelques jours plus tard, sous la menace de se taire. Je ne sais pas pourquoi je suis encore en vie. Je ne sais pas s’il faut espérer ou désespérer. Tout ce que je sais, c’est que les meilleurs et les plus courageux de ce pays ont été tués dans la rue, et que le monde nous regarde mourir en silence. »

 

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2 février 2026 1 02 /02 /février /2026 06:13

Au nord de la Syrie, les Kurdes font face à de nouvelles attaques de l’armée de Damas, envoyée par le président par intérim Ahmed Al-Charah. Derrière ces offensives, une réalité : une lutte démocratique, féministe, socialiste et antifasciste portée depuis des années par le mouvement kurde au Rojava. Alors que se passe-t-il réellement en Syrie ? Pourquoi les Kurdes sont-ils ciblés ? Leur combat peut-il inspirer la lutte contre l’internationale fasciste ? Nous recevons Gülistan Sido, ex-membre de la direction autonome de Rojava et doctorante à l’Inalco, Berivan Firat, porte-parole du Conseil Démocratique Kurde en France, et Rosa Moussaoui, rédactrice en cheffe de l’Humanité, qui a réalisé plusieurs reportages au Rojava.

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1 février 2026 7 01 /02 /février /2026 07:07
Manifestation de solidarité avec la Palestine à Morlaix ce samedi 31 janvier 2026
Manifestation de solidarité avec la Palestine à Morlaix ce samedi 31 janvier 2026
Manifestation de solidarité avec la Palestine à Morlaix ce samedi 31 janvier 2026
Manifestation de solidarité avec la Palestine à Morlaix ce samedi 31 janvier 2026
Manifestation de solidarité avec la Palestine à Morlaix ce samedi 31 janvier 2026
Manifestation de solidarité avec la Palestine à Morlaix ce samedi 31 janvier 2026
Manifestation de solidarité avec la Palestine à Morlaix ce samedi 31 janvier 2026

Manif de solidarité avec le peuple palestinien ce samedi soir à Morlaix à l'appel de l'Afps, contre la loi Yadan et le colonialisme, la criminalisation de la solidarité avec la Palestine ! 

Une dizaine de militants et sympathisants communistes étaient présents.

Compte rendu de l'AFPS Pays de Morlaix: 

Nous étions entre 60 et 80 personnes ce soir pour faire briller dans la nuit morlaisienne les flambeaux de la solidarité avec le peuple palestinien. Au soir d'une journée meurtrière à Gaza où 32 personnes dont des enfants ont été foudroyées par les bombardements israéliens, nous avions raison de dénoncer l'hypocrisie d'un prétendu cessez-le-feu qui ne protège en rien la population de Gaza. Par ce nouveau rassemblement, nous voulions dire aussi à tous nos amis de Palestine occupée combien nous regardons vers eux, à Gaza et en Cisjordanie occupée y compris Jérusalem-Est. Contre l'occupation et la colonisation, contre les attaques de l'armée israélienne dans les camps de réfugiés, ce soir nous avions une pensée particulière pour nos ami-es du camp de Jalazone... Contre ce régime d'apartheid qui dresse des nouveaux murs dans la vallée du Jourdain, expulse les bédouins de leurs terres et envoie ses colons et ses soldats brûler les fermes et les maisons palestiniennes, nous continuerons encore et encore à exiger de notre Gvt qu'il prenne des sanctions plutôt que de voter des lois pour nous empêcher de dénoncer l'État israélien pour ce qu'il est : un État colonial, raciste et criminel. Un État dont la communauté internationale devrait poursuivre les dirigeants devant ses tribunaux plutôt que de leur offrir l'impunité de poursuivre leurs crimes ! Avec leurs partenaires politiques, syndicaux et associatifs du Pays de Morlaix, les membres de l'AFPS se sont engagés à faire reconnaître les couleurs de la Palestine dans l'espace public et à garder bien allumé le flambeau de la solidarité internationale. C'est encore une fois le message que nous voulions envoyer à nos ami-es de Palestine...

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30 janvier 2026 5 30 /01 /janvier /2026 06:30
11 ans après la victoire de Kobané, quelle solidarité avec les Kurdes ? - par Fabien Gay, directeur de l'Humanité, parlementaire communiste
11 ans après la victoire de Kobané, quelle solidarité avec les Kurdes ?
 
Alors que Kobané a été le symbole d’une résistance populaire massive face à la barbarie de Daech, les Kurdes de Syrie sont à nouveau attaqués et assiégés d’Alep à Kobané. Organisés autour des Forces démocratiques syriennes (FDS) et de leur commandant Mazloum Abdi, ces hommes et ces femmes sont désormais livrés à une insécurité permanente, sans eau, sans électricité, engendrant une nouvelle tragédie humaine.
Ils sont menacés, d’une part, par les offensives répétées de l’armée turque de Recep Erdogan qui poursuit, au-delà de ses frontières, une guerre totale contre toute forme d’existence politique kurde. Ils sont pris, d’autre part, dans les jeux de pouvoir d’un régime syrien post Bachar al-Assad, prêt à reprendre le contrôle sans garantir ni droit ni protection. Ils sont enfin sacrifiés par les grandes puissances — États-Unis, Russie, puissances européennes — qui arbitrent le sort des peuples au gré de leurs intérêts militaires et diplomatiques.
 
La récente annonce d’un accord de cessez-le-feu portée par Ahmed al-Charra, président syrien par intérim, présenté comme une étape vers une stabilisation partielle de certaines zones du nord de la Syrie, avec l’intégration d’institutions civiles et militaires kurdes au sein de l’Etat syrien, illustre une fois de plus cette diplomatie à géométrie variable. On négocie, on communique, on se félicite parfois. Puis quelques jours après, on attaque.
 
Hier, les Kurdes étaient encensés comme des alliés indispensables, comme un rempart face à l’Etat islamique. Aujourd’hui, ils sont devenus une monnaie d’échange dans les discussions entre Ankara, Damas, Moscou, Washington — et désormais dans des arrangements locaux qui, sous couvert de désescalade, consacrent surtout le rapport de forces.
 
À Kobané, ce sont des civils qui vivent sous la menace des drones, des bombardements, des pénuries. Des femmes, des hommes, des enfants qui continuent pourtant de faire vivre une expérience politique singulière au Moyen-Orient : démocratie locale, parité femmes-hommes, pluralisme religieux et ethnique. L’expérience du Rojava, imparfaite mais profondément émancipatrice, a montré qu’une autre voie était possible, loin des dictatures et des intégrismes.
Cette alternative dérange. Elle dérange Ankara, parce qu’elle contredit la politique de répression menée contre les Kurdes en Turquie. Elle dérange les puissances régionales, parce qu’elle échappe aux logiques autoritaires classiques. Elle dérange aussi les grandes démocraties occidentales, parce qu’elle révèle l’hypocrisie de leurs doubles discours sur les droits humains.
 
Depuis sa prison d’Imrali, Abdullah Öcalan, leader kurde et figure centrale de cette pensée politique, n’a cessé d’appeler à une solution démocratique et pacifique. Il appelle au dialogue entre les peuples, à la reconnaissance des droits des Kurdes, à une paix durable fondée sur la démocratie locale et la coexistence, non sur les cessez-le-feu de circonstance ni sur la loi des armes. Ces appels, systématiquement ignorés ou étouffés, contrastent cruellement avec la brutalité des politiques menées sur le terrain.
 
Pendant que les Kurdes réclament une reconnaissance politique, l’Europe se tait, se réfugiant derrière des communiqués prudents et la poursuite de coopérations militaires et économiques avec la Turquie.
 
La situation impose de condamner clairement les agressions contre les Kurdes de Syrie, d’exiger leur protection effective, de reconnaître leurs représentants politiques et d’entendre enfin les appels à la paix.
 
Kobané nous regarde. Elle nous interroge sur la valeur réelle de nos principes lorsqu’ils entrent en conflit avec les calculs géopolitiques. Elle nous rappelle que la paix ne se décrète pas dans des accords sans peuples, mais se construit avec eux, dans la justice et la solidarité.
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29 janvier 2026 4 29 /01 /janvier /2026 06:41
Solidarité avec les peuples kurde et iranien - Rassemblement samedi 31 janvier place de la Liberté à Brest à 15h
Solidarité avec les peuples kurde et iranien - Rassemblement samedi 31 janvier place de la Liberté à Brest à 15h
Solidarité avec les peuples kurde et iranien
 
La section du Pays de Brest du PCF et la fédération du Finistère du PCF apportent leur soutien aux rassemblements de solidarité aux peuples kurde et Iranien samedi 31 janvier place de la Liberté. Le rassemblement pour le Kurdistan aura lieu à 15 h et sera suivi à 16 h 30 par une rencontre de solidarité avec le peuple iranien.
 
En Syrie de nouveau, le régime dominé par les anciens miliciens d’Al-Qaïda menacent les peuples de Syrie. Après les chrétiens et les Alaouites, ce sont les Kurdes qui, après avoir largement contribué à l’élimination de Daesh du pays, sont visés. Bien que la situation soit encore très instable, l'existence de l’Administration autonome démocratique du Nord et de l’Est de la Syrie est en train de se voir réduite à des confettis autour de Kobané et de la région de la région d’Hasakah.
Membre du Conseil de sécurité, la France a le devoir de saisir les États membres des Nations unies afin que des sanctions soient de nouveau appliquées au régime de Damas tant qu’il s’attaquera aux populations de Syrie qui luttent pour leur liberté. C’est ainsi qu’elle agira efficacement pour la paix, la sécurité collective et le droit des peuples.
En Iran face aux révoltes massives, le pouvoir en place tente de contenir une colère héritée des manifestations ayant émaillé la dernière décennie (2017, 2022). Quitte à multiplier les morts parmi les manifestants. les dernières estimations s’accordent sur plusieurs dizaines de milliers de morts suite à la répression des manifestations qui émaillent le pays.
Les communistes français sont solidaires du mouvement de protestation du peuple iranien contre la dictature théocratique. Il exprime son plein soutien à nos camarades du Parti Tudeh d'Iran, qui agissent afin que les mouvements de protestation en cours puissent se transformer en vaste mouvement populaire pour la libération du peuple d'Iran et pour un avenir démocratique du pays, fondé sur la souveraineté populaire. C’est au peuple iranien, et à lui seul, de décider de son avenir après qu’il aura fait chuter cet odieux régime islamiste.
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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 15:23
31 mars 2026, 18h: Démocratie et luttes sociales en Colombie: conférence des Mardis de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix animée par Morgane Le Guyader
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23 janvier 2026 5 23 /01 /janvier /2026 20:40
Syrie : à l’Assemblée Nationale une commandante kurde alerte depuis le Rojava sur des violences « pires que Daech » (L'Humanité, 23 janvier 2026)
Syrie : à l’Assemblée Nationale une commandante kurde alerte depuis le Rojava sur des violences « pires que Daech »

Ce jeudi 22 janvier, lors d’une conférence de presse organisée par l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) à l’Assemblée nationale. Rohilat Afrin, une commande du YPJ a alerté sur le risque de « nettoyage ethnique des kurdes » par le gouvernement syrien.

Une conférence de presse s’est tenue ce jeudi 22 mars à l’Assemblée nationale, à l’initiative de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), en présence de plusieurs députés de La France insoumise. Karim Kamar et Shiyar Ali représentant de l’AANES, ont pris la parole pour dresser un état des lieux alarmant de la situation. Moment central de la conférence : l’intervention en visioconférence de Rohilat Afrin, commandante des Unités de protection de la femme (YPJ), connectée directement depuis le Rojava. Elle a livré un témoignage grave, évoquant une situation « extrêmement critique » qui rappelle « les heures les plus sombres vécues face à l’État islamique ».

Les attaques menées par les forces liées au gouvernement d’Ahmed Al-Charaa, ont débuté le 6 janvier dans les quartiers kurdes à Alep. Elles ont fait 107 morts et 322 blessés parmi les civils, provoquant également d’importants déplacements de population vers l’est de la Syrie. Sur le terrain, malgré les annonces répétées de « cessez-le-feu », les combats se poursuivent. Les forces d’Al Charaa ont progressé vers Hassaké et Kobané, une ville symbole de la résistance kurde. « L’eau, l’électricité et Internet ont été coupés. Une catastrophe humanitaire se prépare » a alerté la commandante du YPJ.

« Attaquer Kobané, c’est attaquer notre révolution. Kobané symbolise la chute de Daech et notre combat pour un projet démocratique et pacifique » a-t-elle déclaré, estimant que les offensives actuelles s’inscrivent dans une logique de « revanche contre la défaite de l’organisation jihadiste ».

« Un risque de nettoyage ethnique »

Devant les députés, Rohilat Afrin a dénoncé des méthodes qu’elle juge comparables, « voire pires », que celles de Daech. Elle évoque également des attaques ciblant spécifiquement les femmes combattantes du YPJ : viols, tortures, mutilations, exécutions… « Nous faisons face à un nettoyage ethnique, avec un risque de génocide réel » a-t-elle affirmé, appelant la communauté internationale à ne pas détourner le regard.

Elle a également rappelé le rôle historique de la France au Rojava, et appelle Paris à renforcer son engagement : « La France a joué un rôle essentiel dès le début. Nous sommes convaincues qu’elle peut continuer à être un pays ami de notre projet démocratique » a-t-elle déclaré, tout en regrettant l’absence de positions claires par l’Occident.

 

Elle s’est également montrée critique vis-à-vis de la position américaine au sujet du président intérimaire de la Syrie, qui avait créé al-Qaida en Syrie et qui s’est ensuite transformé par Hayat Tahrir al-Cham (HTC) : « Voir Ahmed Al-Charaa, auparavant qualifié de terroriste, être aujourd’hui accueilli comme un héros, constitue un déni de l’alliance qui nous liait dans la lutte contre Daech » avant de dénoncer le rôle de la Turquie : « La Turquie prétend vouloir un processus de paix avec les Kurdes sur son territoire, mais ses actions en Syrie, où elle soutient matériellement des forces qui nous attaquent, rendent toute négociation crédible impossible ».

Depuis Bruxelles, Shiyar Ali, représentant de l’AANES en Europe, a tenu à rappeler que le conflit ne se résume pas à une opposition ethnique : « Nous n’avons aucun problème avec les Arabes. Nous avons toujours coexisté avec eux » tout en dénonçant le ralliement opportuniste de certain au régime de Damas. Même constat pour Karim Kamar, qui a décrit un pays au tissu social profondément fragmenté : « Depuis l’arrivée d’Al-Charaa, il y a eu plusieurs massacres de différentes minorités. Ce n’est pas un pouvoir qui cherche la paix, mais un pouvoir qui veut imposer la charia au lieu d’une Constitution ».

La France interpellée à l’Assemblée nationale

Présents lors de la conférence, plusieurs députés de La France Insoumise ont exprimé leur inquiétude et leur solidarité. Pour Arnaud Le Gall : « ce qui se joue aujourd’hui en Syrie concerne directement notre sécurité en France » et a appelé la France à clarifier sa position.

Danièle Obono, qui s’était rendue au Rojava en 2019, a évoqué « le devoir moral, humaniste et politique » de protéger le peuple kurde. De son côté, Thomas Portes a dénoncé les violences policières visant des manifestants kurdes en France, et appelle à une mobilisation nationale.

Ce 22 janvier dans un communiqué officiel, l’Élysée a réaffirmé son soutien à une Syrie « unie, souveraine et respectueuse de toutes ses composantes » et rappelle l’engagement français aux côtés des Forces démocratiques syriennes (FDS) dans la lutte contre Daech. Alors que la situation humanitaire continue de se détériorer, l’alerte lancée depuis l’Assemblée nationale met en évidence l’urgence pour le peuple kurde et rappelle que l’histoire pourrait être en train de se répéter.

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