La guerre fait rage. C'est la guerre depuis le 27 septembre en République d'Artsakh et elle s'étend à l'Arménie. L'autocrate Ilham Aliyev a lancé les armées de l'Azerbaïdjan à l'assaut de la petite et jeune enclave démocratique du Caucase. Ardemment soutenues par le sanguinaire Recep Tayyip Erdogan, les forces armées azéries sont supplées par des mercenaires djihadistes, recrutés en Syrie, chassés du Rojava où ils se sont tristement distingués. Dès les premières heures de l'offensive, les victimes parmi les civils se comptaient par dizaines. Cette guerre doit être stoppée.
Un cessez-le-feu et un processus de paix sont urgents; nul ne peut prévoir l'étendue des conséquences régionales et internationales dramatiques qui, déjà, se font sentir. Tout doit être mis en œuvre pour que le dialogue politique prenne le pas sur le déchaînement de la violence militaire. Aujourd'hui vendredi 9 octobre, Vladimir Poutine prend l'initiative et invite à Moscou les chefs de la diplomatie arménienne et azerbaïdjanaise à venir y conclure une première trêve.
Beaucoup, avec raison, rappellent les racines anciennes du conflit. Mais cette guerre, puisqu'il faut le rappeler, n'était pas inévitable.
Dans une déclaration publiée, moins d'un an auparavant, le Parti communiste français (PCF), inquiet des bruits de bottes venus de Bakou et des provocations successives du président turc, appelait instamment la France, membre du groupe de Minsk, à ouvrir une perspective politique avant que les armes ne sèment à nouveau la mort: «Parce que cela constituerait une première étape dans un indispensable processus d'apaisement et dans la résolution politique du conflit, le PCF demande instamment au Président de la République de prendre acte du processus démocratique par lequel la population du Haut Karabagh a proclamé la République. Le PCF engage également le gouvernement de la France à agir dans les plus brefs délais pour que la Haute-représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, porte avec notre pays cette reconnaissance devant les instances internationales multilatérales. Ces dernières doivent placer les populations du Haut Karabagh, menacées de génocide, sous protection internationale 1.» Rien n'a été fait, ou si peu, si mal, par les membres du groupe de Minsk pour prévenir l'escalade.
En juillet de cette année, des accrochages militaires à la frontière de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan illustraient la volonté du président de cette dernière de quitter les pourparlers de paix et de s'imposer par la voie militaire. Mais tout en appelant à respecter le cessez-le-feu de 2016 et à «reprendre le dialogue», la France, notamment, a semblé déjà résignée à ce que la situation dégénère. En toutes connaissances de cause, puisque 6 mois avant, en janvier, elle s'était félicitée de la conclusion d'un joli contrat de vente d'armes avec Bakou.
Des leçons devront en être tirées. En attendant, aujourd'hui, alors que la désolation et la souffrance règnent, seules les vociférations nationalistes se font entendre.
Tandis qu'à Stepanakert et Erevan, les civils tentent de sauver leur vie, tandis que déjà la moité de la population du Haut Karabakh, soit près de 75 000 personnes, ont fui les bombardement vers l'intérieur du pays, que des centaines de réfugiés sont recueillis en Arménie, les rues de la capitale azérie résonnent, elles, d'appels au génocide. Un cauchemar.
Il est de notre devoir d'opposer à la guerre et la haine, un large et massif front de paix, de solidarité et de fraternité pour imposer que les populations bombardées soient placées sous protection internationale et que les armes se taisent.
Le PCF appelle l'ensemble des défenseur.e.s de la paix, des droits humains et du droit international en France, en Europe, en Arménie, en Azerbaïdjan, en Turquie, en Artsakh à s'unir et à agir pour un arrêt des combats et l'ouverture, sous égide l'ONU, de pourparlers de paix.
Monsieur le Président, la France qui a vendu et vend ses armes tant à l'Azerbaïdjan qu'à l'Arménie malgré l'embargo, ainsi qu'à la Turquie depuis des années, contribuant à une sur-militarisation du Caucase et du Moyen-Orient, a aujourd'hui le devoir et la responsabilité de contribuer à ouvrir un véritable chemin de paix car comme l'écrivit Jean Giono: «Il ne suffit pas d'être pacifiste, même si c'est du fond du cœur et dans une farouche sincérité; il faut que ce pacifisme soit la philosophie directrice de tous les actes de votre vie. Toute autre conduite n'est que méprisable lâcheté.»
Lydia SAMARBAKHSH
Responsable du secteur International du PCF
Depuis dix jours, l’Arménie et l’Azerbaïdjan se livrent des combats sans précédent depuis la première guerre du Karabakh, en 1994. Les acteurs et stratégies sont les mêmes.
Les affrontements entre Erevan et Bakou pour le Haut-Karabakh ont repris le 27 septembre. Une offensive militaire lancée par l’Azerbaïdjan a déclenché les plus importants combats depuis la fin de la guerre, en 1994. Ce premier conflit n’a jamais été véritablement éteint ou gelé : en 2016, le pays avait été secoué par une guerre de quatre jours. « On y retrouve exactement les mêmes acteurs, vingt-six ans plus tard, avec les mêmes revendications. Des deux côtés, on se préparait à reprendre les armes, en multipliant les déclarations belliqueuses et les tirs le long de la ligne de front chaque année. Les Arméniens ayant plus à perdre dans la remise en cause du statu quo », note Achot, habitant d’Erevan.
Les prémices de la première guerre débutent en 1988, en pleine perestroïka. Le nouveau dirigeant Mikhaïl Gorbatchev, qui est arrivé à la tête de l’Union soviétique en 1985, se voit confronté à un des premiers mouvements nationalistes. Pétitions, manifestations, l’enclave du Karabakh réclame son rattachement à la République soviétique d’Arménie en votant en février 1988 l’unification. Cette province peuplée en majorité d’Arméniens, qui a été rattachée à l’Azerbaïdjan en 1921 par Staline, dénonce l’attitude de Bakou à son égard. Ce mouvement est soutenu par d’importantes personnalités arméniennes et russes. Mais Gorbatchev refuse d’appliquer le principe d’autodétermination des peuples prévu dans la Constitution soviétique, par peur que cela n’ouvre d’autres demandes. Cette période d’affrontements politiques débouche sur des affrontements ethniques entre pogrom, comme à Soumgaït, contre des Arméniens, et nettoyage ethnique contre les Azéris. Avec l’effondrement de l’URSS, en 1991, naît le premier conflit « indépendantiste ». La république du Haut-Karabakh de l’Artsakh proclame son indépendance en 1992 et entraîne un conflit armé régional. Les deux parties se sont lancées dans une course à l’armement. L’Azerbaïdjan se tourne déjà vers la Turquie.
« Dans les années 1990, on a assisté aux mêmes scènes de maisons détruites soufflées par des tirs de missile ou d’obus, d’immeubles en feu, d’écoles en cendres, d’enfants, de femmes et de personnes âgées qui fuient en désordre les zones des combats dans des vieux bus hors d’âge. Mais aussi de caves et de souterrains sous les maisons abritant à la lueur de maigres bougies ceux qui n’ont pas pu fuir », se remémore le journaliste Jean Royan qui a couvert le conflit. À l’époque, la ville de Stepanakert avait déjà essuyé d’importants tirs d’artillerie. Mais elle était alimentée en eau et en électricité, à la différence d’Erevan. La capitale arménienne, qui avait essuyé un violent séisme en 1988, subissait également un terrible blocus mené par Bakou, la privant de nombreuses choses. « À ces situations dramatiques pour les civils, s’ajoutait à l’époque un flot ininterrompu des réfugiés qui erraient sur les routes, Arméniens d’Azerbaïdjan ou Azéris d’Arménie. Des familles se retrouvaient dans des abris de fortune, dans un dénuement total », poursuit le reporter.
Des équipements militaires plus sophistiqués
Mais, sur le terrain, la différence est nette entre les deux périodes. Lors du premier conflit, les Arméniens, avec les troupes d’autodéfense du Karabakh soutenues par Erevan, se trouvaient à l’offensive et ont réussi à s’imposer militairement. Aidés par les Russes, ils avaient réussi à se saisir d’une zone tampon autour de l’enclave. Cette fois-ci, Bakou est à l’offensive pour récupérer les territoires azéris, dénonçant l’inertie du groupe de Minsk, créé en 1992 pour trouver une issue diplomatique (dépendant de l’OSCE) et chauffé à blanc par Ankara. Pour l’enseignant-chercheur à Sciences-Po et journaliste Gaïdz Minassian, « la différence réside aussi dans le fait que les deux États (Arménie et Azerbaïdjan) ont fait l’expérience d’un processus de paix, d’un cessez-le-feu même précaire et de discussions diplomatiques. L’autre nuance entre les deux conflits porte sur les équipements militaires beaucoup plus importants et sophistiqués, notamment du côté azéri, et sur un Caucase intégré à la mondialisation ».
Ce nouveau conflit utilise les mêmes méthodes. Le recours à des mercenaires turkmènes ou syriens et l’appui de conseillers militaires sont à l’œuvre du côté azerbaïdjanais via les autorités turques. Leurs forces sont équipées de drones de fabrication israélienne, armes qui n’existaient pas à l’époque du conflit. « En 1991, les Azéris affirmaient que des mercenaires russes appuyaient les troupes arméniennes, qui recevaient des primes pour chaque matériel militaire détruit. Mais les militaires azéris rejetaient toute accusation sur l’appui dans leurs rangs de conseillers turcs, justifiant que de nombreux officiers étaient des anciens d’Afghanistan avec suffisamment d’expérience du terrain… » rappelle Jean Royan.
Un cessez-le-feu est signé à Moscou le 16 mai 1994
Le bilan de la première guerre a atteint les 30 000 morts et plus d’un million de réfugiés en Azerbaïdjan et en Arménie. Un cessez-le-feu est signé à Moscou le 16 mai 1994, Bakou acceptant l’arrêt des combats pour éviter une déroute. Erevan obtient le contrôle de l’ancienne région autonome du Haut-Karabakh et des territoires adjacents. Cela représente jusqu’à 14 % du territoire de l’ancienne République soviétique d’Azerbaïdjan. « Le rôle de la Turquie a également évolué. Ankara a souhaité casser ce processus de paix pour s’afficher, comme sur d’autres dossiers, comme un acteur incontournable dans ce conflit au même titre que la Russie. Est-ce dans le groupe de Minsk ou dans un autre format avec la Russie ? » interroge Gaïdz Minassian, auteur du livre les Sentiers de la victoire. Aujourd’hui, on déplore déjà plus de 300 morts.
Prix Nobel de la paix 2018 pour son travail de réparation des femmes victimes de viol en RDC, le docteur Denis Mukwege se bat pour la fin de l’impunité dans son pays.
Denis MukwegeGynécologue et prix Nobel de la paix 2018
Depuis quinze ans, plus de 40 000 femmes ont été soignées par vos équipes alors qu’une paix a officiellement été signée en RDC en 2003. Où en est cette guerre quasi oubliée ?
Denis Mukwege La situation politique, sécuritaire et humanitaire est très grave, pourtant nous percevons un effet de fatigue et une certaine lassitude de la communauté internationale, malgré le fait que la situation humanitaire est encore l’une des plus tragiques au monde, notamment en termes de personnes déplacées (plus de 5 millions) et alors que climat sécuritaire et politique reste très préoccupant et volatil. Sur le plan politique, les élections de 2018, qui ont eu lieu après deux ans de retard, n’ont été ni transparentes ni régulières, et les institutions d’appui à la démocratie telles que la Cour constitutionnelle et la Commission électorale ont perdu leur légitimité et leur crédibilité. Au niveau sécuritaire, il existe toujours plus d’une centaine de milices qui sèment la terreur dans de nombreuses régions. Un récent rapport du Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme en République démocratique du Congo (RDC) s’alarme de la détérioration de la situation des droits humains dans les provinces en conflit, en particulier en Ituri, au Nord et au Sud Kivu, mais aussi au Tanganyika, et a documenté plus de 4 000 violations et atteintes aux droits de l’homme sur l’ensemble du territoire de la RDC au cours du premier semestre de l’année 2020, parmi lesquelles on compte un bilan humain très lourd de plus 1 300 morts ! Chez nous, les chiffres ne diminuent pas du tout. Rien qu’au mois d’août, au niveau de mon hôpital à Panzi et dans les centres hospitaliers que nous gérons dans le Nord et le Sud Kivu, nous avons reçu 248 victimes de violences sexuelles, ce qui fait en moyenne 8 par jour. Pourtant, nous pensons que le chemin de la paix existe, et il passera par la justice, par une gouvernance démocratique et un commerce transparent et responsable des minerais.
Votre ancien hôpital, celui de Lemera, a été la cible d’une violente attaque en 1996, que s’est-il passé ?
Denis Mukwege Le 6 octobre 1996, le monde dans lequel j’avais commencé ma vie professionnelle s’est écroulé : plus de 35 de mes patients et des membres du personnel soignant de l’hôpital de Lemera, dans la province du Sud Kivu, ont été sauvagement massacrés. Cette date restera pour toujours gravée dans ma mémoire et marque le début de la première guerre du Congo (1996-1998) et des atrocités de masse commises dans notre pays. Les troupes de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) qui se présentaient comme des « libérateurs », dirigées par Laurent Désiré Kabila et soutenues par le Rwanda commencèrent leur marche à travers le pays pour en chasser les Hutus et mettre fin à l’ère du maréchal Mobutu. Ce crime de guerre commis à l’hôpital de Lemera est répertorié dans le rapport Mapping des Nations unies parmi les violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises en RDC entre 1993 et 2003. Vingt-quatre ans après ce massacre, rien n’a été fait pour rendre justice aux victimes et à leur famille, ni pour honorer la mémoire de ceux qui reposent dans une fosse commune sans la moindre plaque commémorative. C’est inacceptable.
Depuis, vous avez été vous-même victime de plusieurs tentatives d’assassinat. Pouvez-vous nous raconter de quelle manière votre vie a été menacée ?
Denis Mukwege Dans un monde d’inversion de valeurs, où la manipulation et les mensonges sont légion, dire la vérité, dénoncer la violence et les massacres, et réclamer la fin de l’impunité nous exposent en effet à diverses menaces et intimidations. Le 26 octobre 2012, j’ai échappé de justesse à une tentative d’assassinat. Ma famille a été séquestrée et mon gardien et ami de toujours est d’ailleurs mort en cherchant à me sauver la vie. Plus récemment, notre plaidoyer pour la justice transitionnelle dérange ceux qui ont intérêt à maintenir le chaos organisé en RDC et qui cherchent à éluder la justice et leurs responsabilités. J’ai reçu divers messages menaçants, ainsi que mon épouse et certains proches collaborateurs.
Le conflit en RDC est considéré comme le plus meurtrier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et vous tentez de mettre en lumière ces crimes en exhumant le rapport Mapping, rendu public en 2010. Comment expliquez-vous cette indifférence de la communauté internationale ?
Denis Mukwege Aucune famille, aucune communauté n’a été épargnée par ces décennies de conflit armé. Il faut briser ce cycle de la violence et de l’impunité. Personne ne peut dire que l’on ne sait pas ce qu’il se passe en RDC. La communauté internationale y est largement présente depuis des décennies. Les sources d’information crédibles et fiables ne manquent pas. Jour après jour, mois après mois, année après année, de nouvelles violations des droits humains sont documentées, rapportées et analysées. L’absence de mise en œuvre des recommandations formulées dans le rapport Mapping est particulièrement choquante quand on connaît l’ampleur et la gravité des crimes commis. Il faut se souvenir que, même avant sa sortie, des pays incriminés dans le rapport ont fait de fortes pressions pour que ce dernier ne soit pas publié. Nous saluons le courage de la Haut-Commissaire des Nations unies en fonction à l’époque, Me Navi Pillay, d’avoir néanmoins publié le rapport en 2010, mais nous déplorons l’absence de réaction de la communauté internationale et ce système de à « deux poids, deux mesures » qui lui fait perdre toute crédibilité face aux injustices de notre monde.
Paul Kagame a violemment réagi à la publication du rapport Mapping, et accuse ses auteurs de vouloir transformer le Rwanda de pays victime en pays bourreau. Comprenez-vous cette colère de Kigali ?
Denis Mukwege Nous pensons que seule une justice indépendante et impartiale est habilitée à établir les chaînes de responsabilités militaires et politiques pour les crimes graves répertoriés dans le rapport Mapping. Personne ne cherche à minimiser la gravité du génocide rwandais, mais chacun doit répondre de ses actes. Des crimes graves ont aussi été commis en RDC par toute une série d’acteurs étatiques et non étatiques, congolais et étrangers. De nombreuses armées étrangères, y compris celles du Rwanda et de l’Ouganda, sont intervenues sur le territoire congolais. Ces mêmes pays ont téléguidé des milices en RDC. Ces faits sont documentés et connus de tous. Chacun doit faire face à ses responsabilités.
La diplomatie américaine en RDC vient d’affirmer soutenir « les efforts visant à obtenir justice et à mettre fin à l’impunité », en se référant explicitement à ce même rapport Mapping. Avez-vous le sentiment que vos efforts sont en train de changer concrètement la situation ?
Denis Mukwege Les lignes commencent, en effet, à bouger. L’ambassadeur Hammer est venu nous rendre visite à l’hôpital de Panzi récemment et a réaffirmé que les États-Unis soutiennent les efforts visant à obtenir justice et à mettre fin à l’impunité en RDC. Il faut saisir ce « momentum », et nous sommes avant tout très inspirés par le réveil de la population congolaise, qui s’engage avec de plus en plus de conviction pour exiger que la justice soit rendue. À l’occasion des dix ans de la publication du rapport Mapping, le 1er octobre 2020, des manifestations pacifiques ont eu lieu à Bukavu, à Goma et dans de nombreux endroits du pays, et même en Europe, à Paris, à Bruxelles et à Genève, ce qui nous donne beaucoup d’espoir. Nous sommes encore au début de ce processus de justice transitionnelle, qui, nous l’espérons, nous amènera de la dictature à la démocratie et de la guerre à la paix.
Venezuela : l’enquête de l’ONU accuse les forces de sécurité de 5 094 meurtres depuis 2014 » (France 24, 17 septembre 2020). A compter du 15 septembre, pas un média qui ne titre sur l’information. Légitimement d’ailleurs, car c’en est une, et particulièrement choquante. Bien qu’assez récurrente, si l’on y regarde d’un peu plus près. La mise en cause de la République bolivarienne et de son président Nicolás Maduro sur le thème des « droits humains » ne réapparaît-elle pas en force tous les trois ou six mois ? La source de cette dernière mouture paraît toutefois incontestable : un trio d’« enquêteurs » mandatés par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies (ONUCDH) qui viennent de publier un rapport – « Les auteurs de crimes contre l’humanité doivent rendre des comptes » – contenant des preuves d’atrocités couvertes et même ordonnées par le président Maduro ainsi que des hauts responsables de son gouvernement.
C’est le 27 septembre 2019, après un rapport déjà particulièrement sévère présenté (le 5 juillet) par la Haute-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, la chilienne Michelle Bachelet, que le Conseil qu’elle dirige a décidé de créer en urgence une « Mission internationale indépendante » chargée d’un complément d’enquête sur les plus graves des violations des droits humains commises depuis 2014 au Venezuela [1]. Proposée par des pays du Groupe de Lima notoirement inféodés à Washington – Argentine (de l’ex-président Mauricio Macri), Brésil, Chili, Colombie, Guatemala, Honduras, Paraguay, Pérou, Canada –, soutenue par l’Union européenne, la résolution 42/25 ne fut néanmoins adoptée que grâce à une « majorité » des plus relatives : 19 voix pour, sept contre et 21 absentions. La Mission, est-il alors précisé, devra présenter un rapport sur les résultats de ses travaux au cours de la 45e session du Conseil, « en septembre 2020 ». Nous y voilà… Cette présentation aura lieu finalement dans le cadre d’un dialogue interactif, le mercredi 23. Mais, c’est une semaine auparavant que le résumé du Rapport [2], et moins souvent le Rapport lui-même (443 pages) [3] ont été communiqués aux médias. Dans le même temps, une visioconférence permettait à la cheffe des « enquêteurs », la portugaise Marta Valiñas, d’adresser son message aux « envoyés plus ou moins spéciaux ».
De ce document rédigé par « une équipe d’investigation qui a réalisé un travail titanesque » (d’après le quotidien espagnol El País), et des déclarations de Mme Valiñas, il ressort essentiellement que : « Les autorités et les forces de sécurité vénézuéliennes ont, depuis 2014, planifié et exécuté de graves violations des droits de l’homme, dont certaines – y compris les exécutions arbitraires et le recours systématique à la torture – constituent des crimes contre l’humanité » ; le Président Maduro et les ministres de l’Intérieur et de la Défense avaient connaissance de ces atrocités : « Ils ont donné des ordres, coordonné des activités et fourni des ressources pour faire avancer les plans et les politiques dans le cadre desquels les crimes ont été commis » ; « d’autres juridictions, conformément à leurs lois nationales, ainsi que la Cour pénale internationale (CPI), devraient envisager des actions en justice contre les individus responsables des crimes identifiés par la Mission ».
« Un rapport onusien accuse Maduro de crimes contre l’humanité » titre en conséquence Le Monde, le 19 septembre 2020. Ecrit depuis Bogotá (capitale du Venezuela du président autoproclamé Juan Guaido), l’article détaille par le menu le rapport accablant : « Assassinats, disparitions forcées, torture, viols, violences sexuelles, traitements inhumains ». Le lecteur un tant soit peu attentif bute toutefois sur un détail intrigant : contrairement à tous ses confrères, qui mentionnent les « 5094 victimes des forces de sécurité » évoquées dans le Rapport, le quotidien du soir ne le fait pas. Question : pourquoi ce chiffre phare des « enquêteurs de l’ONU » n’apparaît-il pas ? « Elémentaire, mon cher Nixon ! », nous permettrons-nous de persifler...
Le 5 octobre 2019, sous le titre « Massacre au goutte à goutte au Venezuela », le même Le Monde dénonçait spectaculairement sur une pleine page : « La force publique a tué environ 18 000 personnes depuis 2016, des exécutions extrajudiciaires pour la plupart. » Comment dès lors faire avaler au lecteur non amnésique que le quotidien dit de « référence » et chasseur de « fake news » passe en un an de « 18 000 victimes de Maduro depuis 2016 » à « 5 094 depuis 2014 » ? Les respectables journaleux se sont pris eux-mêmes au piège qu’ils tendent en permanence au Venezuela. Il ne leur reste qu’un recours pour dissimuler leur prouesse : escamoter la « vérité du moment ».
Moins précautionneux (ou plus « couillons » !), les 90 % de leurs confrères, qui eux aussi, il y a une douzaine de mois, ont fait leurs choux gras des « 18 000 exécutions », se font prendre la main dans le pot de confiture en passant totalement à côté de la contradiction.
Autre « star » de la manipulation permanente et, dans le cadre de cet épisode, de la récupération éhontée : Erika Guevara-Rosas, directrice du programme « Amériques » à Amnesty International. A travers un communiqué de l’organisation, elle se félicite : « Le rapport de la mission d’établissement des faits se fait l’écho des actes dénoncés ces dernières années par des organisations vénézuéliennes et internationales de défense des droits humains, et expose des informations détaillées sur ces actes [4]. » Bizarre, vous avez dit Bizarre ? Le14 mai 2019, Amnesty dénonçait « au moins 8 000 exécutions extrajudiciaires – « dont huit ont fait l’objet d’un examen approfondi », précisait l’ONG – commises par les forces de sécurité vénézuéliennes entre 2015 et 2017 ». Si les informations de l’ONUCDH sont fiables, puisque « détaillées », il serait bon qu’Amnesty explique, ne serait-ce qu’aux militants qui la financent, des gens très majoritairement honnêtes, sincères et dévoués, d’où viennent les 3 000 morts supplémentaires qu’elle a attribué au gouvernement bolivarien sur une durée par ailleurs inférieure de trois années.
« Les victimes du gouvernement Maduro n’ont jamais été aussi proches de voir leurs tortionnaires devoir rendre des comptes », se félicite pour sa part José Miguel Vivanco, directeur « Amérique » de Human Rights Watch (HRW). C’est de cette institution financée entre autres par l’Open Society Foundations du banquier philanthrope (et véreux) George Soros [5] – qui lui a publiquement fait cadeau de 100 millions de dollars depuis 2010 – que sont sorties, le 18 septembre 2019, les fameuses « 18 000 exécutions extrajudiciaires » qui, par l’intermédiaire des médias, ont secoué l’opinion [6].
Ce n’est pas notre sujet et c’est d’ailleurs enfoncer une porte ouverte que de rappeler l’alignement systématique de cette organisation « paragouvernementale » sur les visées de la politique extérieure des Etats-Unis. Le 17 novembre 2019, son directeur Kenneth Roth légitimait l’action de la droite néolibérale et de l’extrême droite raciste boliviennes en saluant ainsi leur coup d’Etat réussi : « Evo Morales a été la victime d’une contre-révolution destinée à défendre la démocratie contre une fraude électorale et sa propre candidature illégale. L’armée lui a retiré son appui parce qu’elle n’était pas prête à tirer sur le peuple pour le maintenir au pouvoir. » Une fois l’objectif atteint, avec ses conséquences criminelles, il ne reste à HRW qu’à brouiller les pistes pour se dédouaner et restaurer sa crédibilité en « s’insurgeant », quelques mois plus tard, contre la peine « excessive » de vingt ans de prison dont le gouvernement de facto menace Evo Morales, le chef d’Etat renversé, accusé de « terrorisme et sédition » [7].
S’agissant du Venezuela, le plus extravagant reste néanmoins à venir. Dans sa présentation du 5 juillet 2019 devant l’Organisation qu’elle dirige, la Haute-commissaire Bachelet dénonçait 5 287 morts imputables aux Forces de sécurité « pourla seule année 2018 » [8]. Une différence abyssale (et plutôt favorable à Caracas, pourrait-on s’amuser) avec les 5 094 meurtres depuis… 2014 » dernièrement annoncés. Deux chiffres absolument incompatibles, émanant du même prestigieux organisme : le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.
Contacté par nos soins sur l’incohérence de ces chiffres, l’ONUCDH nous a répondu en la personne de M. Fortune Conor, conseiller média de la Mission, en explicitant les seules données produites par cette dernière : « Selon les critères imposés par son mandat », celle-ci « n’a pu inclure que les chiffres relatifs aux cas sur lesquels elle a enquêté ou qu’elle a analysés directement – soit 54 cas d’exécutions extrajudiciaires (53 dans le cadre d’opérations de sécurité/contrôle social et un dans le cadre de manifestations). Mais ces cas illustrent des schémas plus larges – la Mission a également examiné 2 552 incidents supplémentaires impliquant 5 094 décès par les forces de sécurité, même si tous n’étaient pas nécessairement arbitraires. Dans les deux cas, cela ne veut pas dire qu’il s’agit du nombre total et exhaustif – c’est le nombre que la Mission a pu vérifier parmi les cas examinés. »
Du très approximatif, non ? Et qui – premier point sur lequel on pourrait s’arrêter – n’éclaire en rien le bilan exorbitant avancé par le précédent rapport de Mme Bachelet. Laquelle serait la bienvenue si elle s’en expliquait.
Un tel désordre devrait attirer l’attention. Il n’en est rien. Du Washington Post au Parisien, de CNN à Europe 1, du colombien El Tiempo à l’œcuménique La Croix, de Valeurs actuelles à France Inter etde Fox News à France Culture ou Libération, la logique de l’émotion et l’hostilité systématique à l’égard de la « révolution bolivarienne » prévalent sur le travail de vérification ou même la simple réflexion. Qu’on leur balance 18 000, 8 000, 5 000 morts (sur une période d’une ou six années), à quelques mois d’intervalle, ou pourquoi pas au même moment, peu importe aux petits soldats de la grande presse, écrite parlée et télévisée : ils diffusent. Ils ont leur content de morts et d’atrocités. Ils peuvent également se prévaloir de la quintessence de l’incurie.
Dans son rapport de l’an dernier sur la « répression de la dissidence pacifique » et ses fameuses 5 287 victimes en 2018, Mme Bachelet précisait : « L’information analysée par l’ONUCDH indique que beaucoup de ces morts violentes pourraient constituer des exécutions extrajudiciaires ».
Perdu au milieu du rapport de Human Right Watch qui a ameuté la planète sur les 18 000 martyres assassinés par les sbires de Maduro, on pouvait découvrir cette perle : « Personne n’a encore compilé des informations détaillées permettant de savoir si ces éliminations commises par les forces de sécurité ont été des exécutions extrajudiciaires, mais… (…) »
Même procédé dans le Rapport produit ces derniers jours par la Mission onusienne, comme on l’a vu précédemment dans la réponse que nous a fait M. Fortune Conor. « (…)La Mission a (…) également examiné plus de 2500 incidents supplémentaires impliquant plus de 5000 meurtres par les forces de sécurité, bien que tous n’aient pas nécessairement été arbitraires. »
Le vocabulaire n’a rien d’innocent (pas plus que le nombre des cas censément « analysés » et non simplement « examinés »). Un dangereux délinquant abattu dans des conditions « pas nécessairement arbitraires » n’est pas victime d’un « meurtre » mais sans doute ou peut-être du funeste résultat d’un violent affrontement. Ce que l’on peut pour le moins subodorer, à titre d’exemple, en lisant ces passages ($ 1061 et 1063) perdus au milieu des plus de 400 pages reprenant de A à Z le discours des franges les plus radicales de l’opposition vénézuélienne : « Début 2015, les gangs criminels opérant à El Cementerio, El Valle et Cota 905 auraient fusionné (…) En 2016, le gang comptait entre 70 et 120 membres, utilisant la Cota 905 comme base d’extorsion, d’enlèvement, de vol de véhicules et de trafic de drogue. Le gang disposait d’un arsenal important comprenant des grenades, des fusils et des armes légères. (…) Avant l’arrivée de l’OLP [Opérations pour la libération du peuple [9]] à La Cota 905 en juillet 2015, il y avait eu une série d’attaques contre la police de Caracas et une contre un membre du gouvernement. Le 5 juin 2015, cinq officiers de police ont été blessés par un groupe d’individus lourdement armés. Ce même mois, le 20 juin 2015, le véhicule blindé transportant le ministre des sports Pedro Infante a été attaqué à l’aide d’armes à feu, bien que personne n’ait été blessé. Le lendemain, 21 juin 2015, deux agents de la PNB [Police nationale bolivarienne] ont été blessés dans le secteur de Los Laureles. » Contexte qui permet à Mme Valiñas d’affirmer en conférence de presse que les « meurtres » (attribués à la « répression ») ont lieu « sous le couvert du combat contre la criminalité ». Sachant qu’elle n’a manifestement jamais entendu parler de la situation chaotique des Etats jouxtant la frontière colombienne, infestés de groupes paramilitaires infiltrés [10].
En tout état de cause, qu’on lise le document à l’endroit, à l’envers, en commençant par le haut ou par le bas, rien ne confirme le terrible bilan attribué aux forces de sécurité. Les affirmations péremptoires n’y sont justifiées que par une litanie de conditionnels : « Il existe des motifs raisonnables de croire que Maduro et ses ministres de l’Intérieur et de la Défense ont ordonné ou contribué… » ; « La mission a trouvé des motifs raisonnables de croire que les autorités et les forces de sécurité vénézuéliennes… » ; « La Mission trouve des motifs raisonnables de croire que des détentions arbitraires ont été utilisées pour attaquer des personnes en raison de leur affiliation politique, de leur participation, de leurs opinions, ou expressions pendant la période considérée. »
En ce qui nous concerne, nous avons des motifs raisonnables de croire qu’aucun jury d’Assises ne condamnerait un prévenu sur des bases aussi vaporeuses. Ce que confirment d’ailleurs les auteurs du Rapport lorsque, après avoir osé un extravagant « la Mission considère que les faits sont établis s’il existe des motifs raisonnables de les affirmer » (§ 1977), ils se doivent de concéder : « Les conclusions de la Mission n’équivalent pas à une condamnation pénale et les informations présentées ici sont, à bien des égards, inférieures à ce qui serait nécessaire pour obtenir une condamnation pénale. » On osait à peine le suggérer...
Par la voix de son ministre des Affaires étrangères Jorge Arreaza, Caracas a dénoncé un document « truffé de contrevérités, élaboré à distance, sans rigueur méthodologique par une mission fantôme dirigée contre le Venezuela et contrôlée par des gouvernements inféodés à Washington ». Un grand classique : qu’il soit de droite (Colombie, Bolivie) ou de gauche (Venezuela, Nicaragua, Equateur du temps de Rafael Correa), tout gouvernement rue dans les brancards quand il est pareillement mis en cause par l’ONUCDH ou, plus spécifiquement s’agissant de cette partie du monde, par la Cour interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH), qui dépend d’une succursale de Washington, l’Organisation des Etats américains (OEA). Pour autant, et pour en rester au cas qui nous intéresse, rien ne permet d’affirmer que Caracas a tort par définition.
Trois « experts » ont mené cette « enquête ». Deux, Marta Valiñas (Portugal) et Paul Seils (Royaume-Uni), ont fait leur carrière sein de ce qui – la « défense des droits humains » – est devenu une vaste bureaucratie. Y « faire du chiffre » (comme, dans un autre registre, la police française du temps de Nicolas Sarkozy) et enchaîner les dénonciations globalement alignées sur la doxa géostratégique dite « occidentale » permettent de s’y assurer une trajectoire professionnelle réussie. Compte tenu des luttes d’influence et des rapports de force au sein de l’ONU et de son Conseil des droits de l’Homme, une investigation par trop en décalage avec les « attentes » des commanditaires rendrait hautement aléatoire la perspective d’un nouveau poste ou d’une autre Mission (assez confortablement rémunérés).
Marta Valiñas, donc, est passée de diverses ONG à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) [11] et à la Cour pénale internationale (CPI). Paul Seils a pour sa part travaillé pour l’ONUCDH, la CPI et l’Institut européen de la paix (IEP), dont il est l’actuel vice-président. Créé en 2014 par neuf ministres européens des Affaires étrangères [12], l’IEP s’inspire des modèles de l’US Institute of Peace, outil du gouvernement américain, et de Swisspeace, son équivalent helvétique. La « société civile » n’a pas grande implication là-dedans.
Dernier pilier du trio de limiers « indépendants », le chilien Francisco Cox Vial a lui été employé au sein du « Programme de justice internationale » de… Human Right Watch ainsi que par la CIDH (sur le cas des 43 étudiants mexicains disparus à Ayotzinapa) ; en tant qu’avocat pénal, il a défendu dans son pays nombre de notables de la droite dure et patronale parmi lesquels, en 2019, la ministre de l’Education du gouvernement de Sebastián Piñera, Marcela Cubillos. Fille du premier ministre des Affaires étrangères de la dictature du général Pinochet, celle-ci était sous le coup d’une « accusation constitutionnelle » présentée par le Parti socialiste à la Chambre des députés [13]. Finalement blanchie (par 77 voix contre 73), la « pinochettiste » assumée a démissionné le 28 février 2020 et a rejoint depuis la campagne menée par la droite dure contre un changement de Constitution.
Le 25 octobre 2019, alors qu’une répression policière féroce éborgnait, mutilait et tuait au cœur des foules chiliennes défilant et manifestant, Cox Vial s’est distingué dans un entretien accordé au quotidien La Tercera en niant contre toute évidence le viol systématique des droits humains, en affirmant « les institutions et l’Etat ont fonctionné » et en défendant le gouvernement Piñera [14].
C’est à distance, sans jamais pénétrer sur le territoire vénézuélien, et en contexte de pandémie limitant les déplacements et les rencontres depuis de longs mois, que les limiers de la Mission ont enregistré les 274 témoignages de victimes directes, de leurs proches, de témoins, d’ex-fonctionnaires de l’Etat bolivarien, d’avocats, de représentants d’ONG, de rapports, de « documents confidentiels », sans parler des « sources ouvertes » (lire : les médias d’opposition).
Interrogé par la chaîne télévisée EVTV, de Miami, sur la manière dont la Mission a établi le contact avec ces accusateurs, Cox Vial a révélé : « Nous avons lancé un appel public pour que l’information nous soit communiquée. Il y avait des intermédiaires, des personnes qui se sont connectées par le biais du site web ; c’est de nombreuses manières différentes que ces sources nous sont parvenues (...) Tous, pour des raisons de sécurité, ont parlé de manière anonyme [15]. » Sans vouloir se montrer trop tatillon, on se permettra de noter que, côté rigueur scientifique et objectivité des sources, ce type de procédure engendre davantage de problèmes qu’il n’en résout.
Dans le même entretien, Cox Vial a refusé de révéler le nombre de fonctionnaires actifs ayant collaboré pour dénoncer le « chavisme » et ses crimes contre l’Humanité. Pourtant, le rapport allègue de leur participation avec une particulière insistance. De même qu’il laisse une place de choix, pour ne pas dire qu’il élève au rang de « star », un ex-responsable éminent du « régime », l’ancien directeur du Service national de renseignement bolivarien (SEBIN), le général Christopher Figuera. Evoquant avoir découvert une « culture de la torture » à son arrivée dans l’institution, celui-ci « a déclaré à la Missionque le président Maduro décidait qui devait être torturé, qui devait rester en détention et qui pouvait être libéré. » Du « très lourd », comme on dit.
Pour la petite (ou la Grande) histoire, et s’agissant de cet ex-général, on précisera ici quelques détails pas forcément secondaires. Aide de camp d’Hugo Chávez pendant douze ans, Figuera est devenu directeur de la Direction générale du contre-espionnage militaire (DGCIM) en 2017, puis du SEBIN le 30 octobre 2018 (après que son prédécesseur, le général Gustavo González López, ait été déplacé de la fonction suite au décès de Fernando Albán, conseiller municipal du parti d’opposition Primero Justicia, mort en tombant de la fenêtre du dixième étage d’un immeuble du SEBIN où il était détenu ; le gouvernement affirma qu’il s’agissait d’un suicide, l’opposition dénonça un assassinat).
Dès le 15 février 2019, Figuera tombe sous le coup de sanctions étatsuniennes (Executive Order n° 13692) pour son rôle de chef d’une institution réprimant « ceux qui veulent un changement démocratique au Venezuela ». Confronté à ce type de menace, chacun se retrouve face à sa conscience et se soumet ou pas. Figuera choisit de basculer. Le 30 avril 2019, il participe à l’ « Opération Liberté », une tentative de coup d’Etat menée par Juan Guaido qu’accompagne un groupuscule de militaires. Une escouade des fonctionnaires du SEBIN libère l’un des chefs emblématiques de l’opposition, Leopoldo López, assigné à résidence en vertu de l’assouplissement d’une condamnation à 13 ans et 6 mois de prison pour son rôle dans le déclenchement des « guarimbas » (violence insurrectionnelle) de 2014 (43 morts, dont neuf policiers, et plus de 800 blessés). Toutefois, le « pronunciamiento » échoue. Tandis que López se réfugie dans l’ambassade d’Espagne, Figuera disparaît. Quelques jours plus tard, il rejoint sa famille préalablement mise à l’abri à Miami, où il est accueilli à bras ouverts par ceux qui la veille le traitaient d’assassin.
La défection du général est confirmée le 7 mai par le vice-président américain Mike Pence en personne, qui annonce la levée « immédiate » des sanctions le concernant. Depuis Bogotá (plus que jamais capitale du Venezuela de Guaido), l’ambassade des Etats-Unis communique : « La mesure adoptée aujourd’hui en accord avec le Département d’Etat démontre que les sanctions américaines ne sont pas nécessairement permanentes et ont comme objectif de favoriser un changement positif de conduite [16]. » Washington confirme, à l’intention des membres des Forces armées nationales bolivariennes (FANB) : « Il s’agit là d’un exemple à suivre ». Dès lors, Figuera remplit à la perfection le contrat de « collaborateur » qui lui garantit un séjour serein plutôt qu’un cul-de-basse-fosse au Pays de la Liberté. Multipliant les accusations spectaculaires contre Maduro et son entourage, il va jusqu’à « révéler » que le groupe « terroriste » libanais du Hezbollah opère à Caracas, à Maracay et dans la région insulaire de Nueva Esparta, avec la bénédiction du gouvernement.
S’agit-il là d’un témoin hautement crédible ? Peut-être bien que oui, mais sûrement que non. N’importe qui en conviendrait. Même nos aventuriers des droits de l’Homme perdus. « La Mission est consciente de son rôle reconnu dans la tentative de coup d’Etat d’avril 2019 et de son intention exprimée d’impliquer le président Maduro dans la commission de crimes graves », note-t-elle en préambule (§ 15). Néanmoins, « la Mission s’est appuyée sur certaines des informations fournies par M. Figuera, citées tout au long de ce rapport, en appliquant le critère de la preuve raisonnable. Ce faisant, la Mission note que d’autres informations reçues, y compris d’autres initiés – anonymes, témoins oculaires, sources vérifiables et vérifiées, repentis, délateurs récompensés ? –, corroborent certaines parties des déclarations fournies par M. Figuera et que les informations fournies par le général Figuera étaient, à première vue, cohérentes et plausibles sur le plan interne. » D’autant que (c’était couru d’avance, ça ne pouvait pas se terminer autrement) : « La Mission n’a pas eu connaissance de plaintes de torture pendant la période où il était directeur. »
Dans sa logique a géométrie très variable, la Mission évacue le fait que Figuera a également dirigé la Direction générale du contre-espionnage militaire (DGCIM), qu’elle met autant en cause que le SEBIN tout au long de son document, et en particulier dans le passage suivant : « Les commandants, y compris les autorités de haut niveau au sein du SEBIN et de la DGCIM, avaient pleinement connaissance de ce type de crimes, qui se produisaient souvent dans les bâtiments mêmes où ils travaillaient. »
Autre détail amusant : le 6 mai 2019, alors qu’il est toujours attaqué par certaines ONG pour son rôle passé au sein de l’appareil bolivarien, Figuera répond au quotidien de droite espagnol ABC : « Elles le font pour justifier les fonds que leur assigne l’USAID » (une agence officielle étatsunienne liée au Département d’Etat) [17].
Egalement victimes de la répression (§ 257) : les militaires et leurs associés. Dans son intention de blanchir les actions criminelles auxquelles le pouvoir a dû répondre, la Mission n’a pas peur de se ridiculiser. Qu’on en juge : « Depuis 2017, il y a eu un certain nombre d’arrestations d’officiers militaires en exercice et retraités, qui auraient été impliqués dans des tentatives de coup d’Etat visant à renverser le gouvernement du président Maduro. Le nombre de conspirations présumées a augmenté, de mêmeque le nombre d’actes d’opérations de contre-espionnage à leur encontre [18] ». Une réaction manifestement excessive ! Pourquoi le pouvoir, après s’être laissé déstabiliser, ne se contente-t-il pas de capituler ?
A ajouter au passif : « Des civils ont également été tués, à la suite d’opérations militaires, comme celle menée dans la sous-région de Barlovento, dans l’Etat de Miranda, à la mi-octobre 2016, peut-on lire dans le résumé du Rapport, l’élément le plus communément survolé par les médias. Celle-ci s’est terminée par un massacre après que des soldats aient arbitrairement détenu 35 hommes, dont certains ont disparu et ont été torturés. Douze victimes, toutes âgées de 30 ans ou moins, ont été exécutées extrajudiciairement et enterrées dans des fosses communes. Deux d’entre elles avaient des balles qui leur avaient transpercé le crâne et dix autres avaient probablement des blessures à la machette à la poitrine, au cou et à la tête. »
Un détail manque (brièvement mentionné dans le Rapport complet) à ce récit terrifiant : dès que les faits ont été dénoncés par des proches des victimes, une enquête a été diligentée. C’est l’unité d’investigations scientifiques, pénales et criminelles (CICPC) qui, le 25 novembre 2016, a découvert les fosses communes. Depuis février 2017, douze soldats appartenant au Bataillon 323 de la Caraïbe sont incarcérés. Deux d’entre eux ont été condamnes à vingt-deux ans et neuf mois de prison (le Ministère public a fait appel et en réclame vingt-six). Les procès des autres militaires, dont le lieutenant-colonel Rojas Córdova, sont toujours en cours. Vous avez dit « impunité » systématique ?
D’après le procureur général William Saab, 565 fonctionnaires des corps de sécurité de l’Etat ont été inculpés depuis août 2017, parmi lesquels 31 civils, 143 membres du CICPC et 138 de la Police nationale bolivarienne (PNB), pour homicide, torture, traitement cruel et inhumain, privation de liberté ; 127 agents de la sécurité de l’Etat et 13 civils ont été condamnés, dont 36 de la PNB et 26 de la Garde nationale bolivarienne (GNB).
Nul n’est tenu de croire Saab à 100 %. Toutefois, on ne voit pas en quoi seraient davantage crédibles un certain nombre des ONG vénézuéliennes qui ont alimenté le Rapport de leurs témoignages « accablants » : le Comité des familles des victimes du Caracazo (COFAVIC, financé par la Fondation Konrad Adenauer et l’USAID) ; le Centre de Justice et paix (CEPAZ, tributaire de fonds de l’Union européenne) ; l’Association civile contrôle citoyen (liée au Département d’Etat américain) ; le Forum pénal (dépendant financièrement de Freedom House) ; Espace public (l’USAID et Freedom House à nouveau) ; etc…
Et, au fait… Quid l’ex-procureure générale Luisa Ortega, titulaire de la fonction durant dix années avant d’être destituée le 5 août 2017 et de faire défection ? Elle a été haïe pour son action « répressive » pendant les « guarimbas » de 2014 qu’elle jugeait alors (à juste titre, de notre point de vue) « violentes, agressives, mettant en danger la liberté de ceux qui n’y participent pas » et « financées par les Etats-Unis », avant de faire emprisonner et condamner Leopoldo López, le héros des opposants. S’étant démarquée du pouvoir, accusée conjointement avec son époux Germán Ferrer (député du Parti socialiste unifié du Venezuela ; PSUV) de corruption et extorsion à la tête du Ministère public, elle s’est enfuie en Colombie. Elle y siège désormais en tant que « procureure générale en exil » au sein du Tribunal suprême de justice (TSJ) fantoche, dépourvu de tout pouvoir, mis en place par Guaido dans l’enceinte du Parlement du pays voisin. Ortega est donc désormais une amie. A ce titre, elle est citée à plusieurs reprises dans le Rapport qu’elle a nourri de ses accusations, mais pas pour son rôle dans l’ « atroce » répression des « guarimbas (sur laquelle elle ne s’exprime pas, laissant à d’autres le soin de les dénoncer).
L’un des principaux arguments développé par la Mission a été d’expliquer que, si elle n’a pu enquêter sur le terrain – ce que lui reproche vivement Caracas –, c’est précisément parce que le gouvernement vénézuélien ne l’a pas autorisée à entrer dans le pays. Ce qui est vrai. Dès avant le vote entérinant la création de cette Mission, l’ambassadeur vénézuélien auprès de l’ONU, Jorge Valero, avait averti que son pays n’entendait pas coopérer avec les enquêteurs, soulignant que Caracas avait mis sur pied une « coopération technique » avec la Haute-Commissaire aux droits humains Michelle Bachelet. Ce qui est vrai aussi ! « L’imposition de mécanismes de surveillance supplémentaires ne comptera jamais sur le consentement de mon pays », ajouta donc Valero.
Là n’est pas le moindre paradoxe d’une période marquée, quoi qu’on en pense, par une incontestable décrispation. Le 31 août, fruit des négociations menées avec la faction grandissante de la droite qui, lasse des extravagances « Trumpo-Guaidoliennes », entend participer aux élections législatives prévues le 6 décembre prochain, le président Maduro a gracié cent dix opposants, élus, activistes et militants poursuivis ou condamnés pour délits à caractère politique. Le 14 septembre, alors que n’avait pas encore explosé la bombe de la « Mission des enquêteurs indépendants », Mme Bachelet se félicitait de cet élargissement et annonçait que le pacte signé un an auparavant entre son Bureau et le gouvernement bolivarien allait être renouvelé d’un commun accord pour une année afin d’accentuer la coopération engagée, grâce à un déploiement renforcé de six fonctionnaires de l’ONU dans le pays. Au cours de la semaine précédente, précisa Mme Bachelet, ses fonctionnaires (présents sur place, eux) avaient visité les sièges du SEBIN et de la DGCIM, s’y entretenant avec trente-neuf personnes emprisonnées pour raisons politiques. Elle souligna qu’au cours des douze derniers mois, ont été réalisées quatorze visites de prisons. « Ces visites ont constitué un saut qualitatif remarquable. J’espère que cette pratique constructive se poursuivra et servira à améliorer la condition des détenus et que d’autres centres emblématiques pourront être visités prochainement. »
Le rôle ambigu de Mme Bachelet à l’égard du Venezuela ne doit pas empêcher de souligner cette avancée [19]. On peut d’ailleurs subodorer que la substance ravageuse du Rapport, fruit d’une initiative du Groupe de Lima, a entre autres objectifs de torpiller ces relations de dialogue entamées avec le gouvernement Maduro. Certes, si elles se poursuivent, ces relations permettront une amélioration de la protection des droits humains. Mais, en réalité, il s’agit là de la dernière des préoccupations de Washington et du camp Guaido (Donald Trump ne menace-t-il pas pas de sanctions les magistrats de la CPI qui oseraient s’en prendre aux Etats-Unis ?). Tous n’ont qu’un objectif : faire « tomber » Maduro et, à travers lui, le « chavisme ». Ce Rapport dit « de l’ONU » sert à merveille leurs desseins. Quarante-cinq fonctionnaires de l’administration vénézuélienne y sont nommément accusés – les plus mentionnés s’appelant Nicolás Maduro (cité 335 fois) et le président de l’Assemblée nationale constituante Diosdado Cabello (mis en cause 66 fois).
Un tel éclairage concernant un chef d’Etat en exercice est sans précédent dans la région. « En Amérique latine, plusieurs ont été signalés par différentes organisations, d’anciens gouvernements au Guatemala, au Pérou, au Honduras, au Chili, en Argentine, dans d’autres pays, a confié Valiñas en conférence de presse, manifestement très satisfaite de son rôle dans cette opération. Mais si nous parlons d’être identifiés par une Mission de détermination des faits de l’ONU, non, ça n’était jamais arrivé. » Dans quelques jours, Guaido reprendra l’argument avec délectation.
En ce sens, les réactions engendrées par la publication du Rapport seront sans surprise. Lors d’un point téléphonique avec des journalistes, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo l’a qualifié d’ « extraordinaire », prouvant, s’il était encore nécessaire, qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Le 20 juin, Pompeo accusait d’hypocrisie le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU – dont les Etats-Unis se sont retirés en 2018 –suite au vote d’une résolution condamnant le racisme et les violences ayant suivi la mort de George Floyd. Maduro a « anéanti son propre peuple » et « doit partir », a ajouté Pompeo le 18 septembre depuis le Guyana, lors d’une tournée de quatre jours en Amérique du Sud, qui l’a également amené au Suriname ainsi qu’au Brésil et en Colombie des très droitiers présidents Jair Bolsonaro et Iván Duque. Sur quatre pays, trois frontaliers du Venezuela, qui constitua le centre des conversations.
Lors de sa dernière étape, à Bogotá, Pompeo se tenait tout sourires aux côtés de Duque quand celui-ci, au cours d’une conférence de presse surréaliste dans un pays où les dirigeants sociaux et populaires « se font tirer comme des lapins », a appelé la communauté internationale à agir contre son homologue vénézuélien en raison de ses « crimes contre l’humanité ».
Dans cette perspective désormais agitée en permanence, l’impérialisme et les extrémistes vénézuéliens peuvent s’appuyer sur la caution de leurs chiens de garde qui, depuis des lustres, préparent les opinions publiques du monde entier.
Dans un Tweet, le directeur « Amériques » de Human Right Watch (HRW), José Miguel Vivanco, a considéré comme « découverte la plus notable » de cette enquête le fait que Maduro en personne et ses ministres de l’Intérieur (Néstor Reverol) et de la Défense (Vladimir Padrino López) soient désignés comme les instigateurs de « crimes aberrants ».
Comme HRW, Amnesty International bénéficie d’un statut consultatif spécial aux Nations unies. Le 20 mai 2019, appuyant elle aussi le Groupe de Lima, elle a recommandé la création de la fameuse commission d’enquête par le Conseil des droits de l’homme et « l’activation de la compétence universelle ». Cette procédure du droit international estime que n’importe quel Etat est compétent pour la poursuite et le jugement d’un crime, même si celui-ci n’a pas été commis sur son territoire, ou a été commis par une personne étrangère à l’encontre d’une victime étrangère, sans que cet Etat lui-même soit la victime de l’infraction. A court ou moyen terme, une arme de plus dans l’obscène « chasse au Maduro » – dont la tête a déjà été mise à prix quand l’administration Trump, en mars dernier, a offert 15 millions de dollars (12,6 millions d’euros) pour toute information pouvant conduire à sa capture !
« Disons que si Maduro se rend la semaine prochaine dans un pays qui accepte le principe de la compétence universelle, commente Marco Roscini, professeur de droit international de l’Université de Westminster, il pourrait théoriquement être arrêté dès son arrivée, si un tribunal ou un procureur en décide ainsi. Le problème est que Maduro est un président en exercice, il bénéficie donc de l’immunité présidentielle (…) Toutefois, après avoir quitté ses fonctions, s’il le fait un jour, il pourrait être poursuivi dans un autre pays du monde par un tribunal national pour les crimes contre l’humanité qu’il a commis lorsqu’il était président [20]. »
A travers une conférence de presse informelle donnée sur l’application Zoom, depuis sa luxueuse chambre d’hôtel, à Washington, en marge de la 75e Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (au sein de laquelle s’est officiellement exprimé le président légitime de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolás Maduro), Guaido en a appelé à la mise en œuvre de la « Responsabilité de protéger » (« Responsibility To Protect » ou R2P), les mécanismes qu’il a qualifié de « diplomatie préventive » étant « épuisés ». Sans préciser s’il envisageait des conséquences aussi globalement positives pour la population que celles constatées dans un autre pays récemment « protégé », la Libye, le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, a vigoureusement appuyé l’idée : « Dans le domaine des droits de l’homme, la rapidité d’action des organes impliqués dans leur défense est urgente. C’est littéralement une question de vie ou de mort », a-t-il déclaré.
Prévu à l’origine pour être révélé le 23 septembre, ce Rapport « dévastateur », on l’a vu, a été précipitamment porté à la connaissance des médias et du public dès le 14. Une course de vitesse était en effet engagée. Pompeo avait besoin de ces « révélations » spectaculaires pour donner du relief aux objectifs de sa tournée sud-américaine et re-légitimer ses peu reluisants alliés d’extrême droite, Duque et Bolsonaro.
Par ailleurs, et surtout, il s’agit désormais d’exercer une forte pression sur l’Union européenne. Jusque-là inconditionnellement alignée sur Washington, celle-ci laisse apparaître des signes de distanciation. Comme il l’a fait avec l’ONU, le pouvoir vénézuélien lui a demandé d’envoyer des observateurs lors des élections législatives de décembre prochain. Jusque-là sans résultat. « Les conditions pour des élections transparentes ne sont pas réunies, a répondu en substance le chef de la diplomatie européenne Josep Borell et, bien que cette échéance conforme à la Constitution ait été annoncée par Caracas depuis plusieurs mois, « les délais sont trop courts pour organiser une mission d’observation d’ici le 6 décembre prochain ». Une déclaration audacieuse : s’agissant du scrutin présidentiel bolivien du… 18 octobre, sous la coupe d’un gouvernement de facto issu d’un coup d’Etat, ce problème de « délais » ne s’est jamais posé !
Toutefois, estimant encourageantes les mesures de libération d’opposants annoncée par Maduro, la ministre des Affaires étrangères espagnole Arancha González Laya vient de déclarer que son pays « pourrait appuyer le processus électoral ». Même Paris, on le sait de source sûre, se pose des questions : on y estime à présent que l’« aventure Guaido » a piteusement échoué et que, en voulant la perpétrer, les Etats-Unis se fourvoient. On jouerait volontiers, au Quai d’Orsay, voire à l’Elysée, la carte Henrique Capriles. Dirigeant historique de l’opposition, candidat de la droite à la présidence en 2012 et 2013, contre Chávez puis Maduro, celui-ci, le 2 septembre, s’est prononcé pour une participation massive aux législatives, que prétendent boycotter le président autoproclamé et les siens.
Même la Conférence épiscopale vénézuélienne, l’un des secteurs traditionnellement les plus anti-chavistes du pays, semble avoir abandonné ses rêveries purificatrices en publiant un communiqué dans lequel elle demande à l’opposition de prendre ses responsabilités et de rejeter l’abstention. La voie interventionniste et insurrectionnelle semble prendre l’eau.
Or, pour en revenir aux préoccupations de la Maison-Blanche, le 17 septembre, doit débuter une réunion par vidéoconférence du Groupe international de contact (GIC) sur le Venezuela – lequel rassemble des pays européens (dont le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie) et latino-américains [21].
Fort opportunément tombe du ciel le Maduro marqué du signe de « la Bête » qui doit permettre à Washington de garder la maîtrise du jeu.
Au nom de l’Espagne, González Laya qualifie de « préoccupant » le Rapport de la Mission. Fort des révélations qu’il contient, le porte-parole du groupe parlementaire CDU/CSU pour la politique étrangère au Bundestag, l’allemand Jürgen Hardt, intime à Maduro de « rendre le pouvoir au président légitime, Juan Guaido » ; « une réponse convaincante de l’Union européenne et de ses alliés est nécessaire », intime-t-il aussitôt. Objectif atteint : dès le 17, malgré les réticences de l’Argentine, les membres du GIC expriment leur soutien au travail du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et de la Mission d’enquête indépendante, expriment leur profonde inquiétude quant aux violations des droits humains au Venezuela, avant de trancher : « Pour l’instant, les conditions pour un processus électoral transparent, inclusif, libre et juste ne sont pas réunies »
Depuis, Borrell a fait savoir que, une « fenêtre d’opportunité » existant, il a « reçu des appuis » pour la poursuite de conversations destinées à obtenir de Caracas une nouvelle date de scrutin. Une mission diplomatique et « technique » de l’UE s’est envolée à cet effet le 24 septembre pour le Venezuela.
Par la voix de Manfred Weber, son président de groupe au Parlement européen, le très conservateur Parti populaire européen (PPE) a exprimé sa préoccupation et demandé des explications à Borrell en invoquant le désormais célèbre rapport de l’ONU et une possible saisine de la CPI : « Légitimer le dictateur Maduro et lui offrir une quelconque perspective de normalité internationale serait inacceptable. » Pour le Département d’Etat, la sous-secrétaire adjointe du Bureau de l’Hémisphère occidental (l’Amérique latine), Carrie Filipetti, a manifesté une réprobation plus menaçante que diplomatique : « Nous espérons que ce message est vraiment clair pour nos partenaires internationaux, et en particulier pour le Haut Représentant Borrell, qui doit comprendre que ce ne sont pas des gens qui vont tenir des élections libres et équitables. Ce sont des meurtriers, des tyrans et des terroristes. Nous ne devrions pas être en train de négocier avec eux. »
N’écartant pour sa part aucune éventualité, Elliott Abrams, l’homme qui dirige l’intensification de l’étranglement économique du Venezuela, a prévenu l’UE : « Des élections frauduleuses ne sont pas moins frauduleuses si elles ont lieu dans quelques mois. »
Pour faire bonne mesure (et en attendant « mieux ») Washington a annoncé le 22 septembre que cinq premiers dirigeants de l’opposition décidée à jouer « la démocratie » tombent sous le coup de ses sanctions « pour leur complicité dans les tentatives de Maduro de déposséder le peuple du Venezuela de son droit de choisir ses dirigeants lors d’élections libres et équitables (…) En agissant de la sorte, ces individus concourent aux tentatives grossières d’un dictateur désespéré et illégitime pour s’emparer du pouvoir de facto et de le conserver », sachant que, « le 16 septembre, une mission d’enquête indépendante de l’ONU mise en place par le Conseil des droits de l’homme a fait état d’horribles violations des droits de l’homme sous le régime illégitime [22] ».
Tout sauf le vote ! Tout sauf une Assemblée nationale renouvelée, légitime et en état de fonctionner ! A travers l’instrumentalisation des « droits de l’Homme », tel est le jeu des rouages qui font aller le Venezuela comme il va.
[1] Organe intergouvernemental, le Conseil des droits de l’Homme est composé de 47 Etats élus au scrutin secret, pour un mandat de trois ans, par l’Assemblée générale des Nations Unies.
[3] « Conclusiones detalladas de la Misión internacional independiente de determinación de los hechos sobre la República Bolivariana de Venezuela », Consejo de Derechos Humanos, A/HRC/45/33CRP.11, 15 de septiembre de 2020 (document disponible uniquement en espagnol et en anglais).
[4] « Venezuela. Un rapport choc de l’ONU vient étayer les accusations de crimes contre l’humanité et désigne les auteurs présumés », Amnesty International, 16 septembre 2020.
[5] Le 16 septembre 1992, à la tête de son fond spéculatif Quantum, établi dans un paradis fiscal des Antilles néerlandaises, Soros a lancé un raid éclair sur la Banque d’Angleterre (la banque centrale du Royaume-Uni), la pillant de 1,1 milliard de livres en une seule journée.
[9] Opérations policières mises en place pour lutter contre la criminalité.
[10] A l’heure où nous rédigeons cet article, un affrontement avec un groupe de dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ou de paramilitaires aurait, dans l’Etat d’Apure, fait 15 victimes parmi ces derniers et 4 au sein des Forces de sécurité.
[11] Organisation issue en 1995 de l’ensemble des négociations tenues à partir de 1973 sous l’appellation de CSCE [Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe]) entre les Etats européens, le Canada et les Etats-Unis, afin d’établir un système de sécurité et de coopération en Europe. La CSCE avait elle-même adopté l’Acte final du Sommet d’Helsinki (1975) précisant les principes régissant les relations entre les Etats signataires, dont l’URSS et ses alliés (notamment l’inviolabilité des frontières et le respect des droits de l’homme).
[13] Dans le système chilien, l’ « accusation constitutionnelle » est un processus de nature juridique et politique, semblable au processus de destitution.
[18] « Le nombre d’opérations ou de coups d’Etat allégués par de hauts fonctionnaires du gouvernement, note le rapport, est passé de 3 entre 2014 et 2016 à au moins 16 entre 2017 et 2020. Cela s’ajoute à d’autres cas de conspirations militaires présumées en dehors du cadre d’une opération spécifique. »
[21] Côté « latino », le Costa Rica, l’Equateur et le Panamá font partie de ce GIC créé le 7 février 2019 à l’initiative du Mexique et de l’Uruguay ; l’Argentine (de centre gauche) vient de le rejoindre, tandis que la Bolivie (d’extrême droite) l’a quitté.
JOE SLOVO , secrétaire général du Parti communiste d'Afrique du Sud
Joe Slovo, né en 1926 à en Lituanie et mort à 68 ans en 1995 à Johannesburg. Il a été chef du Parti communiste sud-africain (South African Communist Party, SACP), et membre du Congrès national africain (African National Congress, ANC).
"Pour les Sud-Africains puritains et calvinistes , ce juif athée avait tout du traître : cosmopolite , communiste et , surtout , blanc ayant pris fait et cause pour la dignité des Noirs . Il était à peine mieux connu de ses partisans . Beaucoup d'entre eux furent surpris à son retour au pays , après un exil de près de trente ans , de voir apparaître un blanc sous ce nom de Slovo à la consonance vaguement africaine. " ( Le Monde )
" Joe Slovo ( Yossel Mashel Slovo , de son véritable nom ) était né en 1926 , dans une modeste famille juive de Lituanie . Il arrive en Afrique du Sud à l'âge de neuf ans . Etudiant en droit , puis avocat , il adhère au Parti communiste dès les années 40 , après un bref détour par l'armée sud-africaine qui lutte en Afrique du Nord contre les troupes de l'Axe . De retour à Johannesburg , il épouse , en 1949 , Ruth First , fille du trésorier du Parti communiste sud-africain (SACP).
L'Etat n'est guère tendre pour ceux qui s'opposent à la mise en place de l'apartheid , politique officielle de l'Afrique du Sud depuis la victoire du Parti national (NP) aux élections de 1948. Joe Slovo court de procès en procès , comme avocat , et bientôt comme inculpé , membre dirigeant du Parti communiste , puis des organisations que lui et ses amis animent pour résister à l'étouffement politique qui gagne le pays .
En 1960 , les émeutes de Sharpeville marquent le tournant vers la lutte armée. Dans son autobiographie , Nelson Mandela révèle que le Parti communiste interdit n'y était pas favorable , persuadé que la « voie démocratique » n'était pas encore totalement bouchée . Quoi qu'il en soit , l'organisation militaire de l'ANC , "Umkhonto we Sizwe" ( le Fer de lance de la nation ), est fondée . Joe Slovo , aux côtés de Nelson Mandela , en est l'un des dirigeants ( np : ce dernier sera arrêté en aout 62 au retour d'un périple africain puis d'un séjours à la frontière algéro-marocaine où il a reçu une courte formation militaire de la part de cadres FLN , il est aussi fait mention d'un autre entraînement militaire reçu en Ethiopie ; quant à Slovo , il est passé dans la clandestinité et quitte le pays en juin 1963 .)
Le parcours de Joe Slovo est alors peu connu . On le reverra dans plusieurs capitales d'Afrique où il dirige les activités militaires de l'ANC et où le traquent les services sud-africains. En 1982 , à Maputo , sa femme , Ruth First ( np : membre du PCSA , journaliste , anthropologue , chercheuse sud-africaine , connue pour son engagement dans la lutte contre l'apartheid . Ses parents , Julius et Mathilda First , immigrés juifs arrivés de Lituanie en 1906 furent membres fondateurs du Parti communiste sud-africain ) , est tuée par l'explosion d'un colis piégé qui lui était destiné ." ( Le Monde )
( Le colis en question fut un envoi des Services secrets de Pretoria ... )
" Slovo reste partisan , pendant toutes ces années , d'un lien fort avec l'Union soviétique." ( Wikipédia )
" En 1985 , Joe Slovo devient le premier Blanc à faire partie de la direction nationale de l'ANC , poste qu'il cumule alors avec celui de chef d'état-major d'Umkhonto we Sizwe et celui de membre du conseil politico-militaire . Un an plus tard , il devient secrétaire général du Parti communiste sud-africain .
Cette période marque le début des tractations secrètes entre l'organisation nationaliste et les émissaires les plus éclairés de l'Afrique du Sud blanche . Là encore , le rôle exact de Joe Slovo reste à établir . Revenu d'exil en 1990 , membre de la délégation qui négocie avec le gouvernement , il est celui qui , à Durban , un an plus tard , au congrès de l'ANC , propose un partage du pouvoir avec la minorité blanche . Durant le 49e congrès de l'ANC à Bloemfontein ( décembre 1994 ) , Nelson Mandela , rendant hommage à la « clairvoyance » de Joe Slovo , avait laissé entendre que cette perspective n'avait pas été facilement acceptée . Amaigri , profondément marqué par le cancer ( qui l'emportera le 6 janvier 1995 ) , celui qui , entretemps , était devenu ministre du logement du premier gouvernement multiracial reçut l'ovation des congressistes .
« Jamais je n'ai regretté d'avoir pris le chemin de la lutte », déclara-t-il simplement. "
( Le Monde )
Affiche de la 20e édition de Miss Polpetta, le concours de boulettes de viande de Prevalle dans la province de Brescia en Lombardie
Pour les amateurs de grande cuisine et de boulettes de viande, le concours organisé par notre camarade Andréa Lauro et ses amis de Lombardie: Miss Polpetta, Miss boulette! Formellement déconseillé aux végétariens, aux anti-communistes, et à toute personne hostile à la pataphysique !
Traduction de notre correspondant du Chiffon Rouge à l'international, Andréa Lauro:
Première fête de la boulette de viande! Cette année encore, nous sommes heureux de vous annoncer que le 11 octobre aura lieu l'attende concours de Miss Boulette avec en jeu le trophée de la mère boulette, la mère de toutes les boulettes.Cette année, le concours de Miss Boulette se déroulera en plein air , ce qui prendra la forme d’un festival. Compte tenu de la participation des éditions précédentes, le comité organisateur organise des inscriptions publiques et limite la participation aux vingt premiers inscrits. Pour participer, vous devez vous inscrire en envoyant un e-mail à cette adresse ou contacter personnellement le comité en déclarant votre participation avant minuit du 9 octobre.Un e-mail vous sera envoyé pour confirmer votre inscription. Voici le règlement unique et sans appel: - chaque boulette participante doit être présentée en quantité d’au moins 40 exemplaires (pour que tous les participants puissent goûter et voter vos boulettes) - chaque plat de boulettes peut être accompagné de trois participants au maximum - le goût et la présentation seront notés.Les modalités de vote seront expliquées sur place. - un mathématicien de renommée internationale sera présent pour éviter les fraudes et les contestations.
Par implantation/présentation, on entend : comment se présentent les boulettes en elles-mêmes, comment elles sont disposées et où elles sont placées. - Par goût, on entend l’arôme que les boulettes dégagent, la consistance au moment de la morsure et les saveurs qui se dégagent pendant la mastication ainsi que les premiers effets et saveurs résultant de la déglutition. - Il faut se rappeler que c’est le concours de Miss Boulette et pas de Miss Sauce ou Sughetto, c’est pour ça qu’il y a le concours de Miss Scarpetta
L’ajout de la mention "sagra" entraîne l’introduction des règles suivantes:
-l’espace occupé par chaque boulette participante est le suivant: longueur 3 mètres largeur 2,50 mètres hauteur infinie -dans votre espace d’exposition il est donné la possibilité de cuisiner avec votre propre équipement - d’éventuelles tables, points d’appui, chaises, structures d’exposition, décors..... doivent être prises par les participants (pour nous comprendre sur place, vous trouverez seulement l’herbe peut-être humide, nous recommandons chaussure appropriée)
De 10h00 à 12h00, nous allons procéder à l’affectation des postes disponibles et vous aurez le temps d’installer et éventuellement cuisiner. tandis que la dégustation débutera à partir de 12h00. La fête fermera à 17h00. Pendant la journée il y aura la possibilité de s’inscrire à la Casa del Bao pour l’année 2020-2021.
Bannissez les couverts en plastique, les assiettes en plastique, les gobelets en plastique, les boulettes en plastique.......
N’oubliez pas que les boulettes de viande sucrées sont les bienvenues, mais hors concours. La journée sera animée par la musique live.
Il fonctionnera bar de steppe : bon vin, boissons diverses et café. Le bar de steppe n’a pas de verres : si vous voulez boire, apportez-les à la maison (pas de plastique)
Le concours se déroulera à Prevalle, Brescia, Italie, près du terrain, qui se trouve, pour ceux qui ne le savent pas, à la sortie de la rocade de Prevalle la première route à gauche. Sur le terrain, vous ne pouvez pas vous garer, juste chargement-déchargement, Vous pouvez ensuite vous garer dans le village et atteindre le terrain à pied.
Vu les temps, seuls les participants à la compétition peuvent participer à l’événement.
Cette édition ne se déroulera qu’avec un temps optimal. En cas de rejet, vous serez informés en temps et en heure. Dans ce cas, vous réessayerez le dimanche suivant.
Le Comité ex-Soviet
Si consiglia di leggere tutto molto lentamente e attentamente
MISS POLPETTA 2020
XX CONCORSO UNIVERSALE CULINARIO
Prima sagra della polpetta
Anche quest'anno siamo lieti di comunicarvi che in data 11 ottobre si terrà l'atteso concorso di Miss Polpetta con in palio il trofeo della polpetta madre, la madre di tutte le polpette. Quest'anno il concorso di Miss polpetta si svolgerà all'aperto , di conseguenza prenderà le sembianze di sagra.Considerata l'affluenza delle passate edizioni,considerato il valore internazionale assunto dal suddetto concorso, il comitato organizzatore indice pubbliche iscrizioni e limita la partecipazione ai primi venti iscritti.
Per poter partecipare è necessario iscriversi inviando una mail a questo indirizzo o contattare personalmente il comitato dichiarando la propria partecipazione entro la mezzanotte del 9 Ottobre. Vi verrà inviata una mail di conferma della vostra avvenuta iscrizione.
Di seguito illustriamo il regolamento unico ed insindacabile:
- ogni polpetta partecipante deve essere presentata in quantità di almeno 40 esemplari (per far si che tutti i partecipanti possano assaggiare e votare le vostre polpette)
- ogni piatto di polpette può essere accompagnato da massimo tre partecipanti
- saranno votati il gusto e la presentazione. Le modalità di votazione verranno spiegate in loco.
- per evitare brogli e contestazioni sarà presente un matematico di fama internazionale.
Per impiattamento/presentazione si intende: come si presentano le polpette in se stesse, come sono disposte e dove sono adagiate.
- Per gusto si intende: l'aroma che le polpette emanano, la consistenza nel momento del morso e i sapori che si sprigionano durante la masticazione ed i primi effetti e sapori derivanti dal deglutimento.
- Va ricordato che si tratta del concorso di miss polpetta e non di miss salsetta o sughetto, per quello c'è il concorso di miss scarpetta
In conseguenza dell'aggiunta della dicitura "sagra" vengono introdotte le seguenti regole anch'esse insindacabili:
-lo spazio occupabile per ogni polpetta partecipante è il seguente:
lunghezza 3 metri
larghezza 2,50 metri
altezza infinito
-nel proprio spazio espositivo è data la possibilità di cucinare con le proprie attrezzature
- eventuali tavoli, punti d'appoggio, sedie,strutture espositive, scenografie........ devono essere portate dai partecipanti (per capirci in loco troverete solo erba forse bagnata, si consiglia scarpa adatta)
Dalle ore 10.00 alle ore 12:00 si procederà con l'assegnazione delle postazioni disponibili e si avrà il tempo di installare e eventualmente cucinare. mentre la degustazione avrà inizio dalle ore 12.00. La sagra chiuderà alle 17. Durante la giornata ci sarà la possibilità di tesserarsi alla casa del bao per l'anno 2020-2021.
Bandite le posate di plastica, i piatti di plastica, i bicchieri di plastica, le polpette di plastica..........
si ricorda che le polpette dolci sono gradite, ma fuori concorso. La giornata sarà allietata da musica dal vivo.
Funzionerà bar della steppa : vino buono, bevande varie e caffè. Il bar della steppa non ha bicchieri: se vuoi bere portateli da casa (no plastiche)
Il concorso si svolgerà a Prevalle, Brescia, Italia, presso il campo,che si trova, per chi non lo sapesse, all'uscita della tangenziale di prevalle la prima stradina a sinistra. Al campo non si può parcheggiare, solo carico-scarico, Si può poi parcheggiare in paese e raggiungere il campo a piedi
Visti i tempi possono partecipare all'evento solo gli iscritti alla competizione.
Questa edizione si svolgerà solo con tempo ottimale. in caso di rinvio verrete avvisati per tempo. In caso ci si riproverà la domenica seguente.
La capitale de l'Uruguay, Montevideo, sera dirigée par une maire communiste, Carolina Cosse, ancienne Ministre de l'industrie, de l'énergie et des mines de l'Uruguay (2015-2019).
Le Frente Amplio (gauche) ayant remporté pour la septième fois consécutive les élections dans la capitale.
Article et traduction Nico Maury
Issue du Parti communiste, Carolina Cosse a été élue maire de Montevideo, la capitale de l'Uruguay. Elle représente aujourd'hui l'espoir du Frente Amplio (coalition de partis de centre-gauche et gauche).
Dimanche, elle a remporté les élections municipales avec 50,7% des voix dans la capitale uruguayenne , tandis que l'alliance de droite dirigée par le président Luis Lacalle Pou a atteint 40% des voix.
Carolina Cosse devient la deuxième femme à diriger la municipalité de Montevideo, après avoir remporté les élections départementales et municipales tenues dimanche en Uruguay. Avec sa victoire, la capitale du pays reste un bastion de la gauche uruguayenne, puisque le Frente Amplio (FA) remporte les élections pour la septième fois consécutive depuis 1990.
Fille d'un professeur d'histoire et du célèbre acteur uruguayen Villanueva Cosse, elle a vécu les années de la dictature en Uruguay avec son père en exil. À l'âge de 22 ans, elle s'engage dans l'Union des jeunes communistes. Carolina Cosse avait pour ces élections le soutien total du Parti communiste. Son grand-père et son père étaient tous deux membres du Parti communiste.
Communist'art: Goliarda Sapienza ou l'Art de la Joie (1924-1996)
"Tu es entré dans la pièce et l'air s'est brusquement empli de tendresse autour de mon corps en attente. Tu es entré dans la pièce et (brusquement) l'air autour de mon corps a été plénitude"
" En Sicile, le catholicisme n'est qu'une couche de peinture sur des choses de lave: et aucune peinture ne tient sur la lave. Tôt ou tard elle est rejetée et la pierre noire, ossature de l'île, réapparaît".
"Les camarades n'ont donné rien d'autre à la réaction que ce qu'elle attendait: désespoir, autodestruction, douleur... Le vrai révolutionnaire aujourd'hui doit contredire par la santé, la joie et la "sérénité différente" cette attente latente dans toutes les intelligences acquises à l'ordre établi".
(Goliarda Sapienza, Carnets, extraits choisis par Angelo Pellegino, traduction de Nathalie Castagné, Le Tripode, 2019)
Qui n'a pas eu encore la chance de découvrir les écrits de Goliarda Sapienza a devant elle, devant lui, une de ces lectures "oasis" où il est si précieux de se ressourcer dans le désert de spiritualité, d'originalité et d'authenticité qui caractérise le bruit de fond de l'époque, une lecture qui fait grandir, peut rendre plus libre, plus passionné, plus exigeant vis-à-vis de la vie et de soi-même.
Leçon de lucidité et d'ardeur pour qui veut s'élever au-dessus des médiocrités, lâchetés et hypocrisies bien trop banales, à notre époque comme dans la sienne.
C'est surtout à la lecture des Carnets de Goliarda Sapienza ou de L'Art de la Joie publiés en France par les éditions Le Tripode qui ont révélé cette très grande écrivaine après sa mort, la découverte d'une personnalité extraordinaire qui nous attend, d'une écrivaine ennemie de l'ordre établie porteuse d'un éclairage étonnant sur le monde du désir, de l'amour, de la féminité, de la souffrance, de l'amitié, sur fond de drames intimes, politiques et sociaux. Cette femme puissante et fragile, libre, anti-conformiste, amoureuse, radicale, cette écrivaine italienne profondément cultivée et originale fut une communiste, résistante, fervente et militante d'abord, puis plus désenchantée, sceptique, et critique à partir du milieu de la fin des années 1970 et de ses voyages en URSS et en Chine.
Indépendante, Goliarda vécut pauvrement, surtout à partir des années 70, et refusa toute forme de prostitution intellectuelle.
En 1977, Goliarda écrit dans ses Carnets:
"Que ce soit un bien ou un mal, c'en est complètement fini du temps de la classique "voix de stentor", la diction claire, lente et martelée du passé. La domination culturelle américaine sur le langage - voire disques et films - semble absolue, dans toute cette année 1977. La grande colonisation des maisons de disques. Et vu que Berlinguer va à la messe, mieux vaut ce balbutiement doux et enfantin que les choeurs de l'armée russe et les vieilles marches nazies.
C'est à cela que tu devais arriver, chère Iuzza (* surnom affectueux de Goliarda pour ses proches)? Et oui, culturellement du moins. Il reste clair, chère Goliarda et cher Citto, que je suis marxiste et matérialiste et que je voterai pour Berlinguer jusqu'à ce ce que... qui sait. Tout peut arriver, y compris un mouvement nouveau, un mouvement qui nous donne certaines réponses ou non demande quelque chose à quoi répondre par l'action".
Et en avril 78:
"Quel point avons-nous atteint du plan probablement tracé depuis la lointaine année 1945 par toutes les droites du monde? Ne t'alarme pas, Iuzza, vis et tiens-toi prête à l'action (qui malheureusement ne viendra pas) ou à la résistance. Au fond, tu n'as rien fait d'autre durant toutes ces dernières années".
Goliarda Sapienza naît à Catane en Sicile en 1924, l'année de la prise de pouvoir des fascistes mussoliniens, dans une famille nombreuse recomposée. C'est la seule enfant qu'ont eu ensemble ses deux parents, sur le tard.
Goliarda... Un nom inconnu dans la Sicile des années 30. C'est un peu comme si elle s'était appelée "Paillarde sagesse" (Sapienza). Les "goliards" étaient des clercs du Moyen-âge connus pour leur puissance poétique et subversive. Un nom, une prédestination pour cette femme libre et tourmentée, communiste rebelle aux dogmes, attirée par les femmes aussi bien que par les hommes, amoureuse, frondeuse, comédienne et écrivaine, l'auteur de ce chef d’œuvre tard connu et reconnu qu'est "L'Art de la joie".
Sa mère, Maria Giudice, née en 1880, issue d'une famille de paysans aisés de Lombardie, est une intellectuelle, institutrice, militante socialiste marxiste proche de Gramsci, un des fondateurs du Parti communiste italien. Elle a commencé son activité syndicale, politique et journalistique à 25 ans, au tournant du siècle, a été arrêté, s'est réfugié en Suisse un temps, a fait la rencontre de Lénine et Mussolini, quand il était encore socialiste. Elle a vécu à Milan, à Turin, a été institutrice et s'est fait licenciée pour "conduite immorale": elle a eu sept enfants avec son premier compagnon en "union libre" avec lequel elle vivait dans un grand dénuement, Carlo Civardi. Elle fut la directrice à partir de 1916 du " Il Grido del populo" (Le Cri du peuple), le journal de la section turinoise du Parti socialiste italien dont Antonio Gramsci est le rédacteur en chef. Un an plus tard, Maria Giudice va être la première femme à être nommée secrétaire de la Chambre du travail de Turin.
La mère disait à sa fille Goliarda (Moi, Jean Gabin - édition Attila): "Tu ne dois te soumettre à personne, et moins que quiconque à ton père ou à moi. Si quelque chose ne te convainc pas, rebelle-toi toujours".
Le père de Goliarda, Giuseppe Sapienza, de quatre ans plus jeune que Maria Guidice, est un avocat socialiste défenseur des pauvres et des dominés. C'est le vice-secrétaire et le propagandiste du PSI pour la Sicile. En 1911, il est devenu le secrétaire de la chambre du Travail à Catane, la deuxième ville de Sicile, à l'est de l'île.
En 1918, Maria Giudice est condamnée à trois ans de prison pour avoir incité les ouvriers d'une manufacture d'armes à abandonner le travail. Libérée l'année suivante, elle rencontre Giuseppe Sapienza, qui a déjà trois fils, en Toscane lors d'une manifestation et s'établit avec lui à Catane à partir de 1920. Maria est socialiste révolutionnaire et c'est le Parti qui l'envoie en 1920 en Sicile, sur un terrain très dangereux où plusieurs syndicalistes viennent d'être assassinés.
Six enfants de Maria et trois enfants de Guiseppe vont vivre avec eux en Sicile. De nombreux demi-frères et demi-sœurs, mais des fantômes aussi: Goliardo, son frère aîné, assassiné avant sa naissance (il est retrouvé noyé, assassiné par les fascistes le 16 mai 1881), Goliarda, sa sœur aînée, morte à la naissance deux ans avant la naissance de la future écrivaine. De 1920 à 1924, Maria milite en Sicile pour une gestion communautaire des terres et la création d'un minimum salarial. Elle et Giuseppe dirigent la chambre du Travail de Catane et le journal Unione, dont les locaux sont incendiés à deux reprises par les fascistes. Les parents de Goliarda échappent aussi à une tentative d'assassinat fasciste.
Avant les quatre ans de Goliarda, seule enfant de Maria et de Giuseppe, trois de ses demi-frères et sœurs vont encore mourir. Josina Civardi, d'une pleurite, après une nuit passée dans une rizière pour échapper aux milices, José Civardi, retrouvé pendu en prison, et Goliardo-Danilo, le dernier né de la famille. Giuseppe, le père de Goliarda, s'éprend tour à tour de deux des filles de sa femme, les demi-sœurs de Goliarda, Cosetta, puis Olga. En 1933, la famille Sapienza-Giudice déménage dans la Civita, le quartier populaire de Catane qui rassemble artisans et prostituées.
Giuseppe et Maria sont athées. Ce qui n'empêchent pas les sœurs aînées de confectionner à la benjamine une rrobe de religieuse dans laquelle elle va prier dans un autel consacré à Jésus.
Sous le régime fasciste, les parents vivent dans une forme de retrait hostile vis-à-vis de la société dominante et retirent Goliarda de l'école pour lui donner une éducation originale, basée sur la liberté intellectuelle, l'athéisme et le socialisme. En 1938, la mère de Goliarda, Maria, montre les premiers signes d'un effondrement psychique qui va conduire à la folie. En 1940, une bourse d'étude permet à Goliarda Sapienza, âgée de 16 ans, d'entrer à l'Académie d'art dramatique à Rome. Maria Giudice s'établit avec elle, basculant progressivement dans une forme de folie.
De 1942 à 1944, alors que son père est détenu pendant quelques mois à la prison de Catane, Goliarda monte sur scène, notamment dans des pièces de Pirandello, mais elle interrompt ses études avec l'occupation allemande de l'Italie. Son père, relâché en mai 42, s'établit à Rome et crée les brigades Vespri. Goliarda fait partie de ce groupe de résistance sous un faux nom. Recherchée par la police allemande, Goliarda se réfugie dans un couvent. Elle est atteinte de tuberculose à la fin de la guerre tandis que sa mère est internée en hôpital psychiatrique.
Goliarda devient après la guerre une figure du théâtre italien, jusqu'à être comparée à Sarah Bernhard. En 1945, lle fonde avec Silverio Blasi et Mario Landi la compagnie de théâtre d'avant-garde T45, puis en 1946 la Compagnia del piccolo teatro d'arte.
Après la chute du fascisme et la fin de la guerre, Goliarda Sapienza devient pendant 17 ans la compagne du cinéaste Francesco (Citto) Maselli, le neveu de Luigi Pirandello, résistant et membre éminent du Parti communiste italien.
C'est l'assistant d'abord des cinéastes Luigi Chiarini, Michelangelo Antonioni, de Visconti. Et l'auteur en son nom propre du film "Les Egarés" (Gli sbandati, 1955), qui analyse la situation de l'Italie en 1943 et de "La femme du jour" (La donna del giorno) en 1956. En 1964 il réalise Gli Indifferenti (Les Deux rivales) inspiré d'un roman de Alberto Moravia, avec Claudia Cardinale et Rod Steiger, un portrait psychologique d'une famille en décadence. Il en 1970 il renoue avec le film politique avec Lettera aperta a un giornale della sera (Lettre ouverte à un journal du soir) où il raconte le projet de constitution d'une brigade internationale de combattants pour le Vietnam d'un groupe d'intellectuels de gauche. En 1975, dans Le Suspect (Il Sospetto), avec Gian Maria Volonte et Annie Girardot, il relate le destin d'un militant communiste clandestin dans l'Italie fasciste.
Goliarda sera comédienne sous la direction de Luigi Comencini et de Luchino Visconti qui la fait triompher au théâtre chez Pirendello et l'engage comme assistante sur le tournage de son film "Nuits blanches" (1957).
En 1958, après une crise psychique et intérieure, Goliarda décide de se consacrer à l'écriture et de s'éloigner du cinéma et du théâtre. Auparavant, son engagement révolutionnaire semblait vouer à une forme d'absurde ou de futilité bourgeoise le travail d'écriture.
Même si en 1960 elle revient au théâtre avec la pièce Liola de Luigi Pirandello dans une mise en scène de son ami Silverio Blasi. En 1962, Goliarda fait une première tentative de suicide. Elle est hospitalisée dans un asile psychiatrique où elle subit des électrochocs, puis entreprend une psychanalyse avec Ignazio Majore, qui va l'amener, au moment de sa relation avec Francesco Maselli bat de l'aile (elle s'éprend de son psychanalyste), même si elle restera toute sa vie proche de lui, à écrire des récits autobiographiques: Lettre ouverte (1967) et Le Fil de midi (1969), La certitude du doute. Elle y parle de sa jeunesse, de sa relation avec ses parents, de la vie de sa famille durant le régime fasciste et son séjour dans un hôpital psychiatrique après une tentative de suicide suivant la mort de sa mère en 1953. La mère de Goliarda est une figure charismatique, fascinante et écrasante, sombrant dans la folie à la fin de sa vie, qui inspire la Modesta de L'Art de la Joie
En 1964, Goliarda fait une nouvelle tentative de suicide et reste plusieurs jours dans le coma. En 1965, elle rompt avec Cito Maselli.
C'est en 1969 que Goliarda Sapienza se lance à corps perdu dans L'arte della gioia.
Mais comme écrivaine, Goliarda Sapienza est peu connue de son vivant en Italie. Le seul livre qui lui vaudra un peu de succès est son récit de ses mois de détention à la prison des femmes retiendra l'attention de la presse pour son caractère sulfureux - une "people" membre de l'intelligentsia en prison, pensez donc - plus que pour des raisons littéraires. Dans une période de crise existentielle, Goliarda Sapienza se fait arrêter, à 56 ans, en 1980, pour vol de bijoux (ceux d'une riche amie romaine). Dans "L'Université de Rebibbia" elle raconte son séjour carcéral, ses amitiés avec ses codétenues, prisonnières de droit commun, junkies, voleuses, mais aussi jeunes révolutionnaires gauchistes. A sa sortie de prison, Goliarda continue d'écrire, avec un regard plus apaisé porté sur son enfance, sa vie. Dans Moi, Jean Gabin, elle raconte son enfance de la Sicile des années 30. A sa sortie de prison, Goliarda Sapienza vit une histoire d'amour à Rome avec une de ses codétenues sortie de prison elle aussi, Roberta, une révolutionnaire.
Son grand roman, L'Art de la Joie, qu'elle met 8 ans à écrire, ne sera publié, d'abord en France et en Allemagne, que 10 ans après sa mort.
A l'heure où deux partis d'extrême-droite se partagent avec la droite en Italie 15 des 20 régions de la péninsule, on renverrait Vincenzo Vecchi, militant capitaliste réfugié en Bretagne, dans son pays natal pour qu'il y soit enfermé?
Le militant antifasciste Vincenzo Vecchi fait toujours l'objet d'un mandat d'arrêt européen, criminalisé sans preuves réelles par la justice italienne.
Les Parlementaires communistes Laurence Cohen, Pierre Dharréville, Fabien Gay, Pierre Laurent, Jean-Paul Le Coq, Stephane Peu, Christine Prunaud, Pascal Savoldelli ont alerté le Ministre de la Justice, aux côtés de collègues parlementaires écologistes, insoumis, Génération.s, et de Paul Molac.
Pour faire à la pandémie, certains pays ont fait appel à des médecins cubains. Depuis des dizaines d'années, l'île caribéenne fait preuve de solidarité, envoyant ses soignants en Afrique et Amérique latine, dans le cadre d'une politique de coopération et de paix. Plusieurs associations demandent que les médecins cubains soient récipiendaires du prix Nobel de la paix. Entretien avec Elio Eduardo Rodriguez Perdomo, ambassadeur de Cuba en France.
Violant toutes les procédures et les droits de ce demandeur d’asile, les autorités françaises ont arrêté cet opposant kurde à Erdogan à son domicile de Bordeaux. Il a été expulsé vers Istanbul où il a été incarcéré.
Mehmet Yalcin reverra-t-il ses enfants, âgés respectivement de 2 ans, 4 ans et 6 ans, scolarisés en France ? Forcé de fuir la Turquie en 2006 pour éviter un procès du fait de son engagement pour le droit des Kurdes, cet homme a été expulsé le 16 septembre de France, où il pensait avoir trouvé un refuge. Sa demande d’asile était en cours lorsque la préfecture de Gironde, au mépris de toutes les lois de la République et notamment inhérentes aux réfugiés, s’affranchissant des décisions du tribunal administratif de Bordeaux estimant illégale son incarcération dans un centre de rétention, a envoyé plusieurs dizaines de policiers au domicile de Mehmet Yalcin. Malgré les demandes répétées, ses avocats n’ont obtenu aucune pièce, pas le moindre arrêté de placement.
Rendre des comptes
Emmené par voiture jusqu’au centre de rétention du Mesnil-Amelot, près de l’aéroport de Roissy, il a finalement été expulsé.
Les autorités françaises viennent donc, illégalement, de livrer un opposant à Erdogan. Les prisons turques regorgent de prisonniers politiques. Des chanteurs et une avocate sont morts après des grèves de la faim prolongées parce qu’il demandait la tenue de procès justes et loyaux.
Cueilli à sa descente d’avion, à Istanbul, par la police turque, Mehmet Yalcin a été immédiatement emmené. Une honte pour la France, patrie de la déclaration des droits de l’homme, qui préfère aider un autocrate et livrer des démocrates. Le dossier Yalcin ne doit pas être refermé. Les plus hautes autorités de l’État, le président de la République et son ministre de l’Intérieur doivent rendre des comptes.
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