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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 06:55
Guy Liziar Le Télégramme

Guy Liziar Le Télégramme

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

37/ Guy Liziar (1937-2010)

Notice biographique du Maitron en ligne - Jacques Girault et Alain Prigent

Né le 7 février 1937 à Quimerch (Finistère), mort le 14 novembre 2010 à Brest (Finistère) ; instituteur ; militant communiste dans le Finistère, maire du Relecq-Kerhuon.

Fils d’un ajusteur mécanicien et d’une future couturière d’opinions communistes, Guy Liziar reçut les premiers sacrements catholiques. Il obtint le baccalauréat « Mathématiques élémentaires » et devint instituteur. Après avoir travaillé comme surveillant dans un collège technique, il enseigna à Treffiagat et à Lesconil, à l’école primaire Kergoat dans la ZUP de Brest, puis à partir de 1970, au Relecq-Kerhuon. Il se maria en août 1963 au Relecq-Kerhuon avec Marie-Louise Léost, assistante sociale, communiste, fille d’un maçon socialiste. Le couple eut trois enfants puis divorça. Liziar se remaria en mai 1992 au Relecq-Kerhuon, avec Marie-Hélène Aubert, fille d’un secrétaire comptable à l’arsenal maritime de Brest.

Membre du Syndicat national de l’enseignement technique en 1958, Liziar devint membre du Syndicat national des instituteurs.

Liziar adhéra au Parti communiste français et aux Jeunesses communistes en mars 1959. Il entra au bureau de la fédération des JC, puis fut membre du secrétariat de la section communiste du Relecq-Kerhuon, chargé de l’organisation et de la commission des fêtes. Responsable de l’organisation départementale de Loisirs et vacances de la Jeunesse, il entra au comité de la fédération communiste en 1966, puis de la fédération Finistère-Nord à partir de 1972, responsable de la commission « vie municipale et cantonale » à la fin des années 1970, et y resta jusqu’en 1987, année où il demanda à être libéré pour s’investir davantage dans les associations.

Il était en effet membre du conseil d’administration du patronage laïque et militait dans le comité local de l’association de parents d’élèves. Depuis 1964, il avait créé des centres nautiques (Esquibien près d’Audierne, puis Lechiagat-Le Guilvinec, puis du Relecq-Kerhuon et de Camfrout). Il créa en 1977 une association TUL qui se transforma après des difficultés, à partir de 1990, en « Association vacances, évasions, loisirs » qui acheta la « Résidence-club Le Savoy » au Grand-Bornand (Haute-Savoie) dont il s’occupa avec d’autres bénévoles.

Liziar fut le suppléant du candidat communiste Yves Cam aux élections législatives dans la troisième circonscription (Landerneau) en 1967 et en 1968. Candidat aux élections législatives dans cette circonscription (Brest II) en 1973, il obtint 3 392 voix sur 64 760 inscrits (6, 18 % des suffrages exprimés au premier tour). Candidat aux élections législatives de 1978 dans la même circonscription (5 402 voix au premier tour, 77 410 inscrits), au Conseil général en 1970 (canton de Landerneau), en 1973, en 1976 (canton de Brest 2, Guipavas-Kerhuon-Guesnou), en 1982 dans le septième canton de Brest, il fut également candidat aux élections régionales.

Candidat sur la liste présentée par le PCF aux élections municipales de 1971 au Relecq-Kerhuon, chef de file des communistes sur la liste d’union de la gauche en 1977, Liziar fut élu et devint maire de la commune. Pendant son mandat, il réalisa des aménagements de logements sociaux, une maison des associations et une salle des fêtes.

Vice-président de la communauté urbaine de Brest, il fut chargé des questions des eaux, de l’assainissement, de la collecte des déchets et du service public de ramassage. Il présidait aussi le syndicat mixte de l’aménagement hydraulique de l’Elorn et de la rivière de Daoulas (construction du barrage de Drennec). Il fut élu, le 25 novembre 1979 au congrès de Pantin, au conseil national de l’association des élus communistes et républicains. La liste qu’il conduisait fut battue en 1983 par la droite mais il resta conseiller municipal minoritaire jusqu’en 2008. Il apporta son soutien à la liste d’union conduite par un militant socialiste qui l’emporta contre la droite qui administrait la commune depuis 1983.

Liziar mourut à la clinique Pasteur de Brest. La presse régionale et diverses personnalités de tendances politiques différentes lui rendirent hommage.

 

https://maitron.fr/spip.php?article139276, notice LIZIAR Guy, Edouard, Paul. par Jacques Girault, Alain Prigent, version mise en ligne le 9 janvier 2012, dernière modification le 9 janvier 2012.

Guy Liziar Photo Le Télégramme

Guy Liziar Photo Le Télégramme

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 07:10
Henri Moreau - Cliché fourni par Gildas Priol.

Henri Moreau - Cliché fourni par Gildas Priol.

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

36/ Henri Moreau (1908-1943)

Le local de la fédération du PCF Finistère est installé dans une petite rue, entre la rue Jean Jaurès et le cimetière Saint Martin, qui porte le nom de ce grand résistant communiste brestois.

Voici la notice du Maitron établie par Gilles Pichavant sur la base notamment du travail d'Eugène Kerbaul dans le Maitron des fusillés. 

***

Né le 25 octobre 1908 à Tours (Indre-et-Loire), fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; musicien des Équipages de la Flotte (marin de l’État) ; communiste ; OS, FTPF.

Fils d’Alexandre Moreau, charcutier puis facteur des PTT, revenu très malade de la 1ère guerre mondiale, et d’Adrienne Leroux, sans profession puis couturière, Henri Moreau fut adopté par la Nation en 1925. Il s’engagea jeune dans la « Musique des Équipages de la Flotte ». D’après Eugène Kerbaul, il était l’un des deux militaires de carrière en activité qui furent membre du Parti communiste à Brest à la fin des années 30, l’autre étant Georges Cadiou.
Il se maria le 9 septembre 1931 à Chouzé-sur-Loire (Indre-et-Loire) avec Simone, Geneviève Pineau, le couple avait un enfant.
Henri Moreau aida la Jeunesse communiste de Brest à constituer une chorale et une société de musique, « La Lyre Populaire Brestoise », à la fin des années 40 mais elle eut peu l’occasion de se manifester.
À la fin de 1940 il fut démobilisé en zone non-occupée, et devenu retraité de la marine nationale, il revint à Brest. Il y reprit aussitôt le contact avec le PCF clandestin. Son domicile de la rue Portail devint un dépôt de matériel léger d’imprimerie : stencils pour ronéo (petite machine à imprimer de bureau), papier, encre, etc. En effet, il avait reçu pour mission de s’occuper du matériel de propagande résistante des communistes et du Front national. En mai 1942, à la suite de la mise sur pied des FTPF dans le département, son appartement servit aussi de dépôt d’armes et d’explosifs. Il participera personnellement à de nombreux sabotages.
A l’automne 1942, il devint responsable, pour le Finistère, de la propagande du PCF, mais ce fut pour peu de temps car il fut arrêté le 4 octobre par des policiers brestois et le Service de police anticommuniste (SPAC) pour "activité de franc-tireur" ; il était soupçonné de sabotage, fabrication et distribution de tracts.
Interrogé avec brutalité au poste de police Saint-Martin de Brest, et interné au château de Brest, jusqu’au 26 novembre 1942, il fut à cette date, transféré à Vitré. Le 11 décembre 1942, la Section spéciale de Rennes le jugea et le condamna à 5 ans de travaux forcés. Transféré à l’abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire), le 13 janvier 1943 pour y purger sa peine, il fut ensuite ramené à la prison Jacques Cartier, de Rennes, le 23 avril 1943, à la demande des Allemands.
Le 27 aout 1943, il intégra la prison de Fresnes (Seine) pour être jugé , en seconde instance, le 28 août par le tribunal allemand du Gross Paris, 11 rue Boissy-d’Anglas , et condamné à mort pour activités favorables à l’ennemi.
Fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, en même temps que 18 autres résistants communistes brestois, il fut inhumé avec ses camarades au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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4 février 2020 2 04 /02 /février /2020 06:00
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

35/ Alphonse Penven (1913-1994)

Notice du Maitron en ligne par Christian Bougeard:  https://maitron.fr/

Né le 3 novembre 1913 au Huelgoat (Finistère), mort le 25 février 1994 au Huelgoat ; cultivateur ; maire PCF du Huelgoat (Finistère) (1945) ; conseiller général PCF du Huelgoat (1945-encore en 1988) ; député communiste du Finistère (1956-1958) ; membre du bureau fédéral et du comité fédéral du Finistère.

Après des études primaires à l’école du Huelgoat et l’obtention du certificat d’études Primaires à onze ans (suivi d’une année d’études complémentaire), Alphonse Penven travailla sur l’exploitation familiale. Habitant dans la Montagne finistérienne, une région bleue de tradition anticléricale gagnée par le socialiste Masson aux élections législatives de 1919 (député jusque 1936), Auguste Penven adhéra à la SFIO en 1936, parti au sein duquel il milita jusqu’à la guerre. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier en 1940, parvint à s’évader, et fut démobilisé à Châteauroux en août 1941, avec le grade de maréchal-des-Logis.

En 1943, Alphonse Penven entra dans la Résistance dans les FTPF et avec les FTPF à divers sabotages dans une zone d’essor des maquis FTP en 1944. Le petit agriculteur Alphonse Penven, père de six enfants, propriétaire exploitant, incarne cette nouvelle génération issue de la Résistance qui contribua à l’enracinement d’un communisme rural dans le Centre Bretagne. En 1958, un rapport officiel insistait sur ses qualités : « Se montre très actif. Serviable et dévoué, il bénéficie dans son canton d’une grande popularité et de beaucoup de considération ». Il avait trente-deux ans en 1945 lorsqu’il adhéra au PCF et fut élu successivement maire, puis conseiller général du Huelgoat, une commune et un canton détenus par la SFIO avant la guerre. Le socialiste Pierre Blanchard y était devenu conseiller général en 1937. Le 23 septembre 1945, Alphonse Penven lui succéda dès le 1er tour sur ces terres de tradition bleue devenues rouges. Il était l’un des quatre conseillers généraux communistes du Finistère en 1945 et il fut sans cesse réélu car il représentait encore le canton du Huelgoat en 1988. Mais dans les années 1960, il resta l’un des deux élus communistes au conseil général. Alphonse Penven était aussi la principale personnalité paysanne du PCF dans le Finistère, la seule à siéger au bureau fédéral. Dans les années 1950, il était responsable de la CGA, « président » selon les sources internes du PCF. Nous ignorons s’il s’agit de la présidence départementale ou du syndicat agricole du canton mais cette mention disparaît à partir de 1954, ce qui correspond d’ailleurs à la disparition de fait de la CGA au profit de la FNSEA. Alphonse Penven assuma aussi des responsabilités dans le parti : membre du bureau de la section du Huelgoat et du bureau fédéral du Finistère jusque mars 1953 puis du comité fédéral. Le 19 mai 1957, il fut réélu au bureau fédéral jusqu’à 1962 puis resta membre du comité fédéral jusqu’à 1968.

Aux élections législatives de 1946 et de 1951, Alphonse Penven figurait sur les listes du PCF dans le Finistère. Le 2 janvier 1956, alors que neuf listes s’affrontaient, il était en deuxième position derrière le député sortant Gabriel Paul et Alphonse Penven fut élu député du Finistère avec 74 566 voix (18,7 %). Le maire du Huelgoat devait cette promotion en position éligible à la mise à l’écart du député sortant Alain Signor, à la suite de l’intervention du Comité central pour infléchir une ligne politique de la fédération considérée comme trop sectaire. En 1956, le PCF conserva deux députés dans ce département breton jusqu’à 1958. En novembre 1958, Alphonse Penven fut le candidat du PCF (15 % au premier tour) dans la 4e circonscription du Finistère (Morlaix I) dans laquelle se présentait aussi François Tanguy Prigent ainsi que le maire de Morlaix Jean Le Duc (Indépendant-CNI), et un MRP. Du fait d’un accord conclu entre la SFIO et le PCF dans le Finistère et notamment parce que Tanguy Prigent avait fait campagne pour le non au référendum, Alphonse Penven se désista au 2e tour en faveur de l’ancien ministre socialiste qui fut battu par Jean Le Duc. Il représenta encore le parti en novembre 1962 (16,9 % des voix au 1er tour) et se désista pour Tanguy Prigent (PSU) qui retrouva son siège de député. À nouveau candidat communiste en mars 1967 (19,3 % au 1er tour), juin 1968 et mars 1973, il se désista pour le candidat du PSU Roger Prat, élu d’extrême justesse en 1967 puis battu en 1968. Son suppléant était le cheminot de Morlaix François Paugam (1958 et 1962) puis l’instituteur Michel Derrien de Morlaix (1967). Auguste Penven fut bien l’un des principaux piliers du PCF dans le Finistère de l’après-guerre.

https://maitron.fr/spip.php?article148718, notice PENVEN Alphonse, François par Christian Bougeard, version mise en ligne le 7 septembre 2013, dernière modification le 8 septembre 2013.

 

***

Témoignage de Alain David: 

"Je garde en mémoire de nombreuses réunions électorales avec Alphonse ... et son talent d'orateur alors qu'il n'avait pas besoin de lire son discours. Me revient particulièrement ma première candidature aux législatives où , bien que déjà affaibli , Alphonse m'avait passé le flambeau tout en acceptant d'être suppléant.

L'autre jour, en faisant un peu de rangement, j'ai retrouvé une photo où nous apportions notre soutien aux salariés de Kaolins de Berrien qui occupaient l'entrepôt de la gare de Pleyber-Christ . On y remarque l'aisance d'Alphonse devant les travailleurs. La foule qui assista à ses obsèques à Huelgoat suffit à démontrer (mais bien sûr il n'en est pas besoin ) l'empreinte dont il a marqué ce coin de l'Arrée . En ces temps où les responsables politiques semblent souvent préparés et élevés en batterie, un témoin d'une autre époque où les valeurs étaient chevillées au corps" .

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 16:23
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

34/ Michel Mazéas (1928-2013)

notice sur Michel MAZEAS par Emilie Biland et  Jacques Girault dans le Maitron: https://maitron.fr

Né le 14 février 1928 à Ploaré (commune réunie à Douarnenez, Finistère, en 1945), mort le 17 décembre 2013 à Douarnenez ; instituteur puis professeur de collège ; militant syndicaliste ; militant communiste dans le Finistère, maire de Douarnenez.

Athée, le père de Michel Mazéas était marin-pêcheur l’été et maçon l’hiver, comme beaucoup de Douarnenistes de l’époque. Sa mère travaillait comme ouvrière (Penn Sardin) dans une conserverie de sardines. Catholique, elle l’a fait baptiser et faire ses communions, mais elle le scolarisa, tout comme son frère, à l’école publique. Encouragé par un oncle maternel lui-même instituteur, Mazéas entra à l’École normale d’instituteurs de Quimper en 1944. Dans le cadre de l’Office du sport scolaire et universitaire (OSSU), il y pratiqua le hand-ball, le rugby et l’athlétisme.

Michel Mazéas se maria en septembre 1948 à Douarnenez avec une institutrice. Le couple eut deux enfants.

Quelques jours après son mariage, Michel Mazéas rejoignit sa première affectation en octobre 1948, dans une école littorale de la pointe du Finistère, à Saint-Philibert en Trégunc. En 1960, il obtint sa mutation à Douarnenez, sa ville natale. Son poste bientôt supprimé, il entreprit une licence d’histoire-géographie à la Faculté des lettres de Rennes, sur les conseils de l’inspecteur d’académie. Il devint PEGC en 1964, affecté au collège d’enseignement général de Douarnenez. A la fermeture de celui-ci, il enseigna l’histoire et la géographie dans la section technique du lycée de la ville, jusqu’à sa retraite en 1983.

Michel Mazéas devint membre du conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs en 1950 et en resta membre jusqu’au milieu des années 1960. Délégué au congrès national du SNI, il intervint, le 7 juillet 1954, dans la discussion sur le rapport moral. Il indiqua qu’il fallait rechercher l’unité syndicale et donnait l’exemple de son département l’« harmonie » interne permettait des « actions fortes ». Lors du congrès de Bordeaux, le 21 juillet 1955, il exposait les revendications prioritaires de sa section (suppression des zones de salaires, augmentation de la base des salaires, accélération de l’avancement). Au congrès de Brest, le 19 juillet 1958, lors de la séance sur le thème « Les responsabilités de l’école et de l’université face aux problèmes que leur impose le devenir de la jeunesse », il préconisait des mesures permettant aux marins de profiter des bienfaits du système scolaire.

Michel Mazéas adhéra aux Jeunesses communistes dans les combats de la Libération (la maison de ses parents servant alors de PC), puis au Parti communiste français en 1949. Il fut pendant plus de trente ans membre du comité et du bureau de la section communiste de Douarnenez à partir de 1970. Au début des années 1990, il vendait encore l’Humanité et contribuait au journal de la section locale, Le Douarneniste, fondé dans les années 1950. Il entra au comité de la fédération communiste en 1961, au bureau fédéral en 1964, responsable du travail en direction des instituteurs et de la défense de l’école. A partir de 1968, il fut élu au seul comité de la fédération du Sud-Finistère. Responsable des élus communistes à partir de 1971, il suivit les cours de l’école centrale du PCF durant un mois, en 1972.

A partir des années 1960, Mazéas s’investit en outre fortement dans la vie associative douarneniste, d’abord en soutenant la création d’un centre nautique par le service départemental de la jeunesse et des sports (1961), où il introduisit, quelques années plus tard, l’Optimist, voilier-école pour enfants. Il fut aussi le premier président de la Maison des Jeunes et de la Culture (1967). Il participa en outre à des ateliers d’art, au cinéclub, à des activités d’aéromodélisme, en sa qualité de pilote d’avion.

Cet engagement associatif, ainsi que la notoriété de sa mère, figure des grèves de 1924, expliquait son repérage comme éligible. En 1969, à la faveur d’une élection partielle, il devint conseiller municipal d’opposition. Deux ans plus tard, il conduisit la liste d’union de la gauche et fut élu maire, puis réélu trois fois (en 1977, 1983 et 1989). Il fut membre de l’association des maires du Finistère, présidée par Alphonse Arzel (UDF). Il perdit son mandat en 1995 après la victoire de la liste de droite. Il devint alors conseiller municipal d’opposition, puis de la majorité, entre 2001 et 2008. En 2001, il figurait en effet en sixième position sur la liste de gauche « Pour Douarnenez, ensemble avec vous » conduite par Monique Prévost (divers gauche). Au cours de ce dernier mandat, il retrouva la présidence du conseil d’administration de l’hôpital de Douarnenez. Il cessa ses fonctions politiques en 2008.

Mazéas fut candidat aux élections législatives de 1973 dans la 7e circonscription (Douarnenez). Il arriva en tête de la gauche avec 8 824 voix sur 52 957 inscrits et fut battu au deuxième tour avec 16 238 voix. A nouveau candidat en 1978, il obtint, sur 57 275 inscrits, tour à tour 10 111 et 18 958 voix. Il fut candidat aux élections cantonales en 1970, 1976 et 1982, ainsi qu’aux élections sénatoriales : en deuxième position en 1998, il obtint 108 voix sur 2 059 inscrits et se désista pour la liste socialiste au deuxième tour... Dans un article sur la pêche, l’Humanité, le 26 mars 1997, indiquait que ses adversaires le surnommait « le seul maire de France à vivre sous les ponts », allusion à la modestie de son petit pavillon. Il fut candidat au conseil général en 1970, 1976, 1982.

Pendant ses quatre mandats de maire, furent notamment réalisées les constructions du nouvel hôtel de ville (1977), du nouvel hôpital (1980), de trois maisons de retraite (1972, 1975, 1994) et d’un foyer-logement (initié par Jean Peuziat, son premier adjoint socialiste, décédé en 2008) ainsi que plusieurs équipements sportifs. La municipalité Mazéas encouragea aussi l’installation d’entreprises de téléphonie (en particulier Matra devenue EADS Télécom), l’organisation de rassemblements de vieux gréements (tous les deux ans depuis 1986), ainsi que l’aménagement – contesté - du Port-Rhu et la création du Port-Musée (1993). Il a aussi contribué à la construction d’une École de Pêche et de Navigation (en 1976) et au développement de l’association Kan ar Mor, accueillant des personnes en situation de handicap mental, longtemps présidée par son premier adjoint.

En lien avec cette politique festive et culturelle, Mazéas contribua à l’histoire et à la mémoire de sa ville et plus largement du Sud-Finistère. Il écrivit de nombreux articles dans des revues locales dont Mémoire de la ville. Il évoqua à plusieurs reprises les tentatives expérimentales de vol de Jean-Marie Le Bris et son canot volant (milieu du XIXe siècle). Il fut un des fondateurs de l’association « La Barque ailée » placée sous le patronage de ce dernier, et a d’ailleurs longtemps fait partie de l’équipe locale de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM). Il écrivit plusieurs ouvrages sur la vie des marins pêcheurs.

https://maitron.fr/spip.php?article140774, notice MAZEAS Michel, Louis, Joseph par Emilie Biland, Jacques Girault, version mise en ligne le 5 juin 2012, dernière modification le 20 décembre 2013.

Michel Mazéas, sur le port du Rosmeur. | Archives Béatrice Le Grand. Repris par le Ouest-France en 2013

Michel Mazéas, sur le port du Rosmeur. | Archives Béatrice Le Grand. Repris par le Ouest-France en 2013

Article du Ouest-France lors du décès de Michel Mazéas

Maire pendant vingt-quatre ans, élu communiste pendant 39 ans. Une figure de la cité s’en est allée et, avec elle, le reflet d’une époque.

 

Le maire honoraire Michel Mazéas est décédé hier soir.

«Un personnage». Attaché à sa ville, comme sa ville était attachée à lui. Tout le monde le surnommait «Mich'Maz». Michel (Louis, Joseph) Mazéas est né le 14 février 1928 dans un foyer de marins-pêcheurs de Ploaré, à Douarnenez. Ses racines, il ne manquait jamais une occasion de leur rendre hommage. « Il est resté profondément attaché à ses origines et au monde de la mer », écrivait-il en quatrième de couverture d’un ouvrage sur la pêche sur thon, qu’il rêvait récemment de faire publier. L’un de ses derniers combats peut-être.

Inscrit maritime provisoire à 11 ans

La pêche au thon, justement : c’était la profession de son père Louis Mazéas, marié en l’église de Ploaré avec Joséphine Deudé, ouvrière de conserverie chez Amieux puis Carnaud. Le métier aussi de son fils, Louis, pêcheur à l’appât sur le bateau de Jo Picolec.

Michel Mazéas lui-même avait fait une fois une campagne de 21 jours, « nous avons essuyé trois jours de tempête, avec des creux de 14 mètres, et dérivé près de 100 miles à la cape, écrit-il dans Les houles de la mer d’Iroise. Moteur au ralenti, bout à la lame, le bateau semblait escalader des montagnes d’eau pour retomber dans des gouffres sombres, d’où il retombait à nouveau sur la crête des grosses lames. Parfois, l’hélice cavitait hors de l’eau, s’affolait un instant en faisant vibrer toutes les membrures. Dans ces moments-là, nous devenions soudain plus attentifs aux réactions du navire et nos regards se croisaient, interrogatifs, sur fond d’angoisse. » Tôt baptisé à l’eau de mer, Michel Mazéas est inscrit maritime provisoire dès l’âge de 11 ans.

Instituteur public en 1948

La Seconde Guerre mondiale le conduit à opter pour une carrière dans l’enseignement public : en 1943, il tombe malade, sa pleurésie l’empêchera, plus tard, d’exercer sa passion : pilote d’avion. En 1948, il devient alors instituteur public, il exerce pendant onze ans à Trévignon. En 1960, l’enseignement obligatoire est prolongé de 14 à 16 ans, il hérite alors d’une mission de deux ans à Douarnenez : enseigner aux jeunes de 14 ans, qui doivent encore étudier pendant deux ans.

Maire de sa ville natale de 1971 à 1995

Le 21 mars 1971, Michel Mazéas est élu maire pour la première fois. Les mandatures qui suivent voient la mise en place des classes de mer et de voile, et la réalisation de grands équipements : hôpital, maisons de retraite, centre des arts… Trois fois, son « ticket » politique est imparable : le communiste Michel Mazéas à la mairie, les socialistes Jean Peuziat et Daniel Bouër comme adjoints.

Au conseil municipal, il impose ses choix. Malheur au contradicteur : entier et passionné, Michel Mazéas a des colères homériques, la voix puissante et des yeux bleus gris-acier, qui foudroient les opposants. Pourtant, quelles que soient les divergences d’opinions, l’homme est respecté par tous et son intégrité ne sera jamais remise en cause. Mich’Maz’, c’est « la statue du commandeur », compare un confrère, il y a quelques années.

En 1995, le maire communiste chute de 51 voix, plombé par le feuilleton politique et la liquidation de la société d’économie mixte (Sem) du Port-Musée. Conseiller d’opposition, puis à nouveau de la majorité en 2001, sous la mandature Prévost, il sera « poussé vers la sortie » par la nouvelle équipe candidate à gauche en 2008. À 80 ans, « je n’avais pas l’intention de décrocher, mais j’en ai vu d’autres », relativisera-t-il, plus tard.

En 2008, Michel Mazéas avait reçu la médaille d’or des collectivités locales, départementales et régionales. En avril, la médaille de la Ville, remise par Philippe Paul (« Le sénateur-maire avait quatre ans quand j’ai été élu maire pour la première fois ! ») saluait ses 39 années au service de Douarnenez. En 2000, recevant la légion d’honneur des mains de Marie-George Buffet, alors ministre de la Jeunesse et des Sports, il avait dédié sa récompense à tous les Douarnenistes, responsables d’associations et sportifs, au motif « que les qualités personnelles ne sont rien, sans la volonté des autres ».

Historien de la Ville

Ces derniers temps, le maire honoraire allait régulièrement à la mairie pour répondre à des demandes de renseignements. Longtemps, il avait animé la revue patrimoniale des Mémoires de la ville. Outre son livre Les houles de la mer d’Iroise aux éditions Maritimes et d’Outre-Mer, qui raconte des épisodes salés de la vie difficile des marins-pêcheurs, « des récits de 1911 à 1993 », il a aussi écrit Ploaré, une église du XVIe siècle, et de nombreux articles dans Armen, Armor Magazine, Atouts Bretagne…

Dans Les houles de la mer d’Iroise, Michel Mazéas salue la mémoire de « ses compagnons de mer, dont beaucoup ne sont plus là aujourd’hui. Pour la plupart, ils se sont perdus dans les tempêtes. Les autres ont été emportés par le temps. Ils voguent quelque part comme les mouettes que le vent entraîne loin de nous, avant de disparaître à nos yeux qui cherchent à les suivre encore. » Ce mercredi matin, la ville de Douarnenez, en deuil, va guetter l’horizon.

Yvonne Rainero sur Michel Mazéas:

"Voilà ce que j'écrivais sur le site de la section de Quimper lors des obsèques de Michel Mazéas : Michel Mazéas, ancien maire communiste de Douarnenez, nous a quittés

Michel a pris le larg
e, nous laissant sur le rivage.

L'hommage qui lui a été rendu à Douarnenez a été suivi par près de mille personnes.

Plusieurs anciens ministres, des élus de tous bords politiques.

Bien sûr ceux qui ont partagé son engagement communiste comme Hugues Tupin, conseiller municipal de Douarnenez, Jean-Pierre Jeudy, ancien maire de Carhaix, Piero Rainero élu à Quimper et ancien secrétaire départemental, Éric Le Bour actuel dirigeant de la fédération du Finistère, des représentant(e)s des sections PCF du Finistère.

Les associations d'anciens résistants, l'Anacr dont il était président d'honneur de la section locale, l'ARAC, les Français Libres... formant une haie d'honneur avec leurs drapeaux.

Les canotiers de la Société Nationale de Sauvetage en Mer, avec leurs vareuses, doublant cette haie d'honneur.

Et bien d'autres.

Et la foule des anonymes venus honorer celui qui était si proche de ses administrés et restera toujours leur maire.

Car Michel Mazéas qui a été le maire communiste de Douarnenez pendant 4 mandats, de 1971 à 1995, a incarné sa ville si intimement qu'aujourd'hui et pour longtemps encore on ne peut évoquer Douarnenez sans y associer ce maire emblématique. Sa trace est partout : écoles publiques, hôpital, dont il avait posé la 1ère pierre et qu'il a défendu avec ardeur, MJC, foyers pour personnes âgées...

Maire dans la durée d'une ville où les têtes s'enflamment vite, sans céder sur ses convictions, fortes et qu'il affirmait vigoureusement, il avait transcendé les frontières politiques et rassemblé largement la population qui savait pouvoir compter sur lui. Elle se reconnaissait dans ce fils de marin-pêcheur cégétiste et d'une ouvrière de conserverie qui avait participé à la grève de 1924 aux côtés de Joséphine Pencalet, sardinière présentée aux municipales par le parti communiste et élue par des hommes, vingt ans avant que les femmes n'obtiennent le droit de vote, et dont l'élection fut cassée par le préfet d'alors.

Michel Mazéas avait 11 ans quand il devint inscrit maritime provisoire, accompagnant son père dans les « houles de la mer d'iroise » qu'il a évoquées dans un livre.

Il en avait 12 quand les troupes allemandes ont occupé Douarnenez et réquisitionné son école, provoquant déjà son indignation.

Très vite il devint un résistant « en culottes courtes », selon son expression, échappant plusieurs fois de peu à la répression de l'armée d'occupation mais perdant plusieurs de ses amis d'enfance.

Quand vint la libération de Douarnenez, le jeune résistant dont la carte de FTP portait la mention « collégien », adhéra au parti communiste, en 1944, à 16 ans, dans la promotion Guy Môquet comme il aimait à le rappeler.

Instituteur au sortir de l'École Normale, puis, ayant repris ses études, professeur, il s'impliqua fortement dans son métier d'enseignant et auprès de ses élèves, mais aussi dans la vie associative, culturelle, sportive, puis politique de sa ville, comme dans la vie politique et sociale de son département, toujours présent dans les grands mouvements et sur tous les fronts : école, hôpital, pêche, sécurité maritime et protection des côtes...

Son engagement pour les valeurs de liberté, de fraternité, de solidarité, pour la justice, pour la paix, fut constant.

Pendant la guerre d'Algérie, son action lui valut de recevoir des menaces de l'OAS.

Après les massacres de Sabra et Chatila en 1982, la ville de Douarnenez fut l'une des municipalités communistes qui accueillirent des enfants rescapés du camp de réfugiés palestiniens. Son maire fut ainsi l'initiateur d'une tradition de solidarité avec le peuple palestinien qui se poursuit aujourd'hui avec notamment le jumelage entre la ville de Douarnenez et le camp de Rachidiyeh au Liban.

Michel Mazéas était un homme de passions, passions multiples qui se juxtaposaient et s'entrecroisaient pour tisser sa personnalité.

Passion de la mer : il voulait la faire partager aux jeunes qu'il initia à la voile, et accompagna jusqu'au plus haut niveau, mondial pour certains ; il fut le pionnier en France de l'apprentissage de la navigation sur Optimist ; il était aussi canotier bénévole sur le bateau de sauvetage de la SNSM, toujours disponible pour venir en aide aux marins en détresse.

Bien des dirigeants du PCF ont connu grâce à Michel les quais de Douarnenez et sa rade.

Passion de l'aviation : il la pratiquait en pilote confirmé, et s'intéressait à son histoire, qu'il rendît hommage à la mémoire d'un pionnier comme Jean-Marie Le Bris, ou à celle de Maurice Bon, pilote de l'escadrille Normandie-Niemen, disparu en 1943, dont l'aéroport de Quimper porte le nom.

Passion de l'histoire : celle de Douarnenez bien sûr, et de son riche passé, de l'époque gallo-romaine jusqu'à l'histoire contemporaine, les sardinières et leurs luttes, les récits de mer, la Résistance.

Passion de la langue bretonne : radios et télévisions lui donnaient fréquemment l'occasion de s'exprimer en breton ; et c'est en breton qu'il entonnait les chants traditionnels comme ceux qui avaient accompagné les mouvements sociaux.

Passion de la vie publique : il put s'y consacrer pendant ses mandats d'élus, et au-delà.

Passion de l'humain et du partage pour tout résumer.

Il accordait beaucoup d'importance à la transmission de ses connaissances, de ses valeurs, aux jeunes en particulier. Et il ne manquait pas une occasion de témoigner dans les établissements scolaires sur la Résistance, à travers ses propres souvenirs.

Michel, nous serons fidèles à ta mémoire et à tes valeurs.

C'est pourquoi nous ne pouvons tolérer que le rédacteur d'un site internet d'extrême-droite intitulé Breiz Atao et courageusement établi à l'étranger ait osé écrire : « Michel Mazéas, l'ignoble pourriture communiste de Douarnenez, nous a fait le plaisir de crever ».

Ce digne héritier des nazis bretons, qui s'enfoncèrent dans la collaboration la plus indigne, le racisme et l'antisémitisme les plus ignobles, dénoncèrent et assassinèrent des résistants, accompagnèrent jusqu'au bout les nazis en déroute, n'hésite pas à se réclamer d'Olier Mordrel, condamné à mort par contumace en mars 1940 et en juin 1946, mais qui finit sa vie tranquillement en 1985, n'ayant en rien renoncé à ses idées fascistes. Olier Mordrel qui écrivait en 1935 : « le fascisme... est jeunesse, force et renouveau » et appelait à des mariages de couples « en faveur d'enfants de type nordique breton (sic) » au nom de la « pureté de la race ».

Le rédacteur de Breiz Atao n'est pas en reste sur ses aînés, dénonçant dans son délire haineux la « tyrannie socialo-marxiste », la « justice rouge confite de sionisme », appelant à un « conflit d'extermination entre 2 camps opposés »...

Raciste, antisémite, anticommuniste, admirateur du fascisme, il n'en est pas à son coup d'essai.

Il a déjà été condamné par le tribunal de Quimper, en son absence, pour diffamation à l'égard du maire de Quimper et d'une élue régionale de la gauche bretonne, et incitation à la discrimination raciale à l'encontre d'un sonneur du bagad Kemper, champion de Bretagne de bombarde, dont la couleur de peau ne lui semblait pas répondre au « type nordique breton » préconisé par son maître Olier Mordrel.

Après appel la condamnation, bien légère au regard des faits, vient d'être confirmée par le tribunal de Rennes. Mais toujours pas exécutée.

Le coupable serait introuvable.

Cette impunité est insupportable, il faut y mettre fin".

(...)

" Pour ses jeunes années il faut lire les Houles de la mer d'Iroise, Michel par lui-même : enfant en révolte contre l'occupant, puis jeune résistant en culottes courtes dont la carte de FTP portait la mention collégien, adhérant aux jeunesses communistes en 1944 à 16 ans dans la promotion Guy Moquet, il en était fier; jeune mousse partant en mer avec son père quand il n'avait même pas l'âge d'être inscrit maritime. Tout cela est absent dans le Maitron. Comme son attachement à la langue bretonne, il était de ceux qui avaient travaillé à la proposition de loi communiste sur le sujet, et les journalistes ne rataient pas une occasion de l'interviewer en breton, y compris dans les manifs, ou de l'inviter dans les émissions de radio. Jusque lors de ses obsèques, il avait tenu à ce que soit chanté le Bro gozh ma zadoù. Rien non plus sur ses engagements courageux : contre la guerre d'Algérie, en lien avec René Vautier, ils reçurent tous les deux un cercueil à leur nom, charmante attention des assassins de l'OAS; pour le peuple palestinien, il fut l'initiateur à Douarnenez d'une tradition de solidarité qui s'est poursuivie jusqu'à aujourd'hui, en accueillant à Douarnenez des enfants palestiniens rescapés des massacres de Sabra et Chatila. Boris Le Lay, le néonazi du site Breiz Atao qui faisait encore ses premières armes, avait publié des propos ignobles à propos de la mort de Michel. Il cumule depuis les condamnations mais est toujours en liberté... "

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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 07:48
Pierre Guéguin, fusillé le 22 octobre 1941 dans la carrière de Châteaubriant - Ancien conseiller général et maire communiste de Concarneau, acteur majeur du Front Populaire

Pierre Guéguin, fusillé le 22 octobre 1941 dans la carrière de Châteaubriant - Ancien conseiller général et maire communiste de Concarneau, acteur majeur du Front Populaire

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

33/ Pierre Guéguin (1896-1942)

Né le 18 août 1896 à Quimerc'h, Pierre Guéguin est un fils d'instituteur. Mobilisé pendant la première guerre mondiale avec la classe 1916, il restera profondement marqué moralement et politiquement les ravages et l'idiotie profonde de la guerre.  Il devient professeur de mathématiques à l'EPS après avoir été instituteur (il est issu lui-même d'une famille d'instituteurs laïcs), militant laïc, n'a pas quarante ans quand il est élu au Conseil Général du Finistère en 1934.

Il adhère à la SFIO en 1919, se trouvant encore dans l'armée.  Démobilisé en 1920 avec le grade de lieutenant, il devint membre du Parti communiste et de la CGTU après le congrès de Tours.

"Nommé instituteur à Quimperlé, il y créa une section de l’Association républicaine des anciens combattants dont il fut le président. Lors de l’inauguration d’un monument aux morts, le 3 juillet 1921, il prononça un discours, jugé « particulièrement violent » par les autorités, qui lui valut d’être frappé d’une sanction disciplinaire et d’être inscrit au Carnet B du Finistère. Il enseigna comme professeur de mathématiques à l’école primaire supérieure de Lorient, d’octobre 1924 à octobre 1926, date à laquelle il fut nommé à l’EPS de Concarneau (Finistère). Marié en janvier 1918 à Brest avec une employée de bureau, il eut un fils, Pierre Guéguin, instituteur également.
L’activité de Pierre Guéguin s’exerça autant dans le domaine syndical, à la Fédération unitaire de l’enseignement rattachée à la Confédération générale du travail unitaire, que sur le plan politique où il devint l’un des principaux animateurs du Parti communiste dans la région. Il parcourut le département, comme conférencier de son syndicat, traitant, en particulier, des problèmes agricoles et de la guerre. Son esprit critique l’entraîna à manifester dans le parti des opinions qui ne concordaient pas toujours avec la ligne officielle, voire à combattre avec vigueur cette ligne, dans les années 1929 et 1931 notamment. Plus tard, il défendit certes, dans le débat de tendances à l’intérieur du syndicat, les positions du parti envers la critique du courant révolutionnaire de l’École émancipée, animée par son jeune ami Marc Bourhis, mais il lui fut reproché de ne pas le faire sur un ton assez acerbe et de conserver des liens amicaux avec Marc Bourhis.
Ses contributions très denses et vigoureuses font apparaître l’auteur comme le maître à penser de son syndicat. Cependant, l’indépendance d’esprit de Pierre Guéguin se heurta souvent à la ligne du parti engagé dans un cours « gauchiste ». Il s’ensuivit fréquemment des rapports conflictuels bien connus à l’intérieur du parti mais aussi à l’extérieur. Les désaccords étaient importants aussi bien sur la question syndicale que sur celle de la laïcité. Mais ils prirent une ampleur particulière lorsque Guéguin signa avec plusieurs instituteurs communistes, le 19 novembre 1931, à Quimper, un texte qui prenait tout simplement la défense des oppositionnels exclus du parti. " " (Rodolphe Prager, Maitron en ligne).

Élu au conseil municipal de Concarneau lors du renouvellement général de 1929, il obtint plus de suffrages que le maire sortant, mais resta minoritaire.

C'est le premier et le seul élu cantonal du Parti communiste avant guerre dans le Finistère et l'un des sept conseillers généraux du PCF avant 1939. Il a mené une campagne comme candidat unique de la gauche dès le premier tour et a été élu avec un peu plus de 50% des voix au second. La victoire de Pierre Guéguin aux élections départementales à Concarneau symbolise et récompense l'unité retrouvée du monde ouvrier et de ses représentants politiques. Sa profession de foi est cosignée par la SFIO et le PCF. Elle marque aussi la reconnaissance d'un élu engagé dans les luttes sociales car il s'est fortement impliqué dans les grèves de 1929. Avec lui, le PCF a doublé son score dans l'arrondissement de Concarneau. 

Dans la foulée, Pierre Guéguin gagne les élections municipales de Concarneau en mai 1935. Concarneau fait partie des 4 communes emportées par le PCF dans le Finistère avec Beuzec-Conq, Le Guilvinec, Tréffiagat quand le PCF perd Pouldavid. A Douarnenez, la liste Le Flanchec est passée au 1er tour avec 1175 voix en moyenne contre 807 à la droite et 248 pour la liste dissidente. Mais Daniel Le Flanchec, en train de s'éloigner du PCF, est élu en avant-dernière position sur la liste.

A Concarneau, la progression de la tête de liste Pierre Guéguin qui passe de 47 voix (35,1% des exprimés) au premier tour de 1929 à 701 voix en 1935 (53,% des exprimés) lui permet d'être le seul élu au premier tour de la liste unique de la gauche. Le 10 avril, une réunion PCF-SFIO s'était tenue à Concarneau avec Guéguin, Tanguy Prigent, Le Normand pour préparer les municipales. 

Pour les élections législatives de mai 1936, la SFIO ne présente personne face à Pierre Guéguin sur la circonscription de Quimper 1. Le comité de Concarneau du Front Populaire organise des soirées radiophoniques pour écouter les les leaders du Front Populaire, Maurice Thorez, Léon Blum, Edouard Daladier, comme dans le pays Bigouden, où 200 personnes écoutent le discours de Maurice Thorez sous les Halles de Pont l'Abbé le 17 avril 1936.

Au premier tour des législatives à Quimper 1, Pierre Guéguin arrive en tête, battant le radical-socialiste sortant de près de 300 voix. Les communistes doublent leur base électorale par rapport aux législatives de 1932, en recueillant 13 226 voix contre 8 169 quatre ans plus tôt. Le score le plus important du PCF est obtenu au Relecq-Kerhuon avec 54,46% des voix exprimées. Il s'y présentait seul à gauche face au PDP et à une candidature du front paysan.

"Mais ce sont les résultats de Quimper 1, écrit Jean-Paul Sénéchal dans Finistère du Front populaire. 1934-1938. Lutte pour l'hégémonie et logique de blocs (PUR, 2017) qui créent l'évènement. Pour la première fois, en Bretagne, le PC arrive en tête d'une élection législative. Pierre Guéguin réussit à tripler les scores communistes en quatre ans. Il y fait progresser largement son parti au-delà même de l'augmentation moyenne nationale.... Dans la circonscription de Quimper-Concarneau, Guéguin obtient 4609 voix et améliore le score du PC avec 19,1% des inscrits contre 6,4% quatre ans auparavant. 

Le 3 mai, Pierre Guéguin aurait pu devenir le premier député communiste de Bretagne envoyé à l'Assemblée Nationale.  "Le radical Pierre Pouchus n'a pas réussi à effrayer les électeurs de Guéguin et à récupéré leurs voix. C'est le contraire qui se passe. 53,81% de ses électeurs ont choisi le candidat communiste au second tour.  Mais le maintien du radical hostile au Front Populaire a causé la défaite du maire communiste de Concarneau.  En juin, Guéguin va aider les ouvriers des établissements Trellu à se mettre en grève et à exposer leurs revendications. A l'été 1937, l'entente avec la SFIO se fissure et Pierre Guéguin dénonce vigoureusement devant les socialistes la politique de non-intervention du gouvernement Blum en Espagne, à l'occasion d'un Banquet à Carhaix le 25 juillet où était présent le ministre de l'agriculture Georges Monnet.  En 1937 toujours, Guéguin dénonce dans la fête des Filets Bleus organisée par le député de droite Hervé Nader avec l'appui de l'église (Monseigneur Duparc) et des élites locales, une entreprise de récupération politique et religieuse. Le Préfet commente: "M. le maire et conseiller général communiste, M. Guéguin, considère que la fête de la mer organisée par des éléments de droite et le clergé est purement politique et religieuse. Je dois reconnaître que ces affirmations sont en partie exactes".    

Membre du comité régional du parti communiste (Finistère-Morbihan), Pierre Guéguin remplit les fonctions de directeur du journal La Bretagne communiste.

Après que le pacte germano-soviétique ait été rendu public, Pierre Guéguin fera partie des militants communistes qui vont démissionner du PCF. Le groupe communiste au conseil municipal de Concarneau est alors scindé:

"Sa rupture avec le Parti communiste fut complète après le Pacte germano-soviétique. À la séance du conseil municipal du 1er septembre, il condamna sévèrement le pacte. Certains conseillers communistes prirent le maire vivement à partie, le traitant de « lâche » et de « dégonflé », et Pierre Guéguin dut se frayer un passage vers la sortie protégé par quelques amis. Le Parti communiste dénonça son comportement dans un tract annonçant qu’il n’avait plus rien de commun avec le parti ni avec le communisme.
Incorporé le 5 septembre au 337e Régiment d’infanterie à Quimper, il fut néanmoins déchu de ses mandats de maire et de conseiller général par arrêté du 10 février 1940, les rapports de police et du préfet le désignant comme un élément redoutable qui n’avait nullement renié ses convictions malgré ses difficultés avec le Parti. Il avait affirmé en effet lui-même, le 2 février, à des conseillers généraux socialistes qui envisageaient d’intercéder en sa faveur « que s’il était anti-stalinien, il restait communiste ». Il s’éleva contre sa déchéance, dans une lettre datée du 11 mars 1940 au président du conseil général, rappelant sa protestation contre « le pacte de trahison » qui entraîna « nul ne l’ignore ma rupture immédiate et complète avec le Parti communiste » mais ajoutant aussi « si le Parti communiste, sur l’ordre de Staline, a brusquement renié tous ses principes, je leur suis demeuré fidèlement attaché . Les autorités n’avaient aucune raison de le ménager dans ces conditions et le lui firent bien sentir. Le préfet Angély suggéra de muter Pierre Guéguin dans une autre garnison, « la présence du lieutenant communiste à Quimper créant un malaise certain ». Il fut donc affecté, en mai 1940, à Guingamp. Récidivant, le préfet demanda au ministre de l’Éducation nationale de le nommer dans un autre département, ce qui conduisit à sa révocation le 2 octobre 1940. Guéguin en fut réduit à donner des leçons particulières pour subsister jusqu’à son arrestation le 2 juillet 1941 et son internement au camp Choisel à Châteaubriant  (Rodolphe Prager, Maitron en ligne)". Camp de Choisel où Pierre Guéguin sera tenu à l'écart par les autres internés communistes, comme Marc Bourhis. 

"Le 13 septembre, dix-neuf internés bien sélectionnés, dont Pierre Guéguin et Marc Bourhis, furent transférés dans la baraque 19. On l’appela la baraque des intellectuels ou encore celle des otages.
À titre de représailles contre un attentat commis sur la personne d’un commandant des Feldgendarmes exécuté à Nantes, vingt-sept prisonniers de Châteaubriant furent fusillés le 22 octobre dans la carrière de La Sablière"  (Rodolphe Prager, Maitron en ligne)

Révoqué de ses fonctions d'enseignant en 1939 en pleine répression anti-communiste (voir document exclusif ci-joint, confié par Piero Rainero), interné au camp de Choisel, Pierre Guéguin, le maire et conseiller général de Concarneau, sera fusillé par les Allemands avec les 26 autres otages, dont Marc Bourhis, son adjoint à Concarneau le 22 octobre 1941 à Châteaubriant.

Sources: Jean-Paul Sénéchal, Finistère du Front populaire (PUR, 2017)

Rodolphe Prager, Maitron en ligne - https://maitron.fr/spip.php?article75186

Pierre Le Rose: une trajectoire communiste en Finistère

"A propos d'une ignominie: être dignes des 27": Pierre Le Rose rend hommage à Pierre Guéguin et Marc Bourhis, fusillés de Chateaubriant concarnois (L'Unité, journal communiste de Concarneau, novembre-décembre 1979)

Nous n'oublierons jamais! : le 22 octobre 1941, à Châteaubriant, 27 otages choisis par Vichy pour être fusillés par l'armée allemande parce qu'ils étaient communistes et cégétistes

Le Front Populaire dans le Finistère: C'était 1936, le Front Populaire vu de Bretagne

Un document inédit: la copie de l'acte de révocation de ses fonctions de professeur à l'école primaire de Pierre Guéguin par le préfet du Finistère - le 26 octobre 1940 (Archives Piero Rainero)

Un document inédit: la copie de l'acte de révocation de ses fonctions de professeur à l'école primaire de Pierre Guéguin par le préfet du Finistère - le 26 octobre 1940 (Archives Piero Rainero)

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1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 07:00

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

31/ François Paugam  (1910-2009)

François Paugam est né le 26 octobre 1910 à Saint-Martin-des-Champs (Finistère), décédé le 25 novembre 2009 à Morlaix (Finistère) ; cheminot ; secrétaire de l'union départementale CGT du Finistère (1963-1968) ; membre du comité de la fédération du PCF du Finistère (1952-1954) ; conseiller municipal (1947-1959).    

" Ouvrier du bâtiment, il adhéra en 1934 à la CGT à Morlaix (Finistère). Après les grèves de 1936, il entra à la SNCF. Rapidement, il eut des responsabilités syndicales, étant élu secrétaire adjoint. Prisonnier de guerre, il fut libéré en tant que cheminot. Selon Eugène Kerbaul, il fut alors surveillé par la police de Vichy. Secrétaire de l’union locale CGT, il fut élu au secrétariat de l’union départementale CGT du Finistère lors du congrès de Brest les 6 et 7 avril 1963 où il siégea jusqu’en 1968. Il organisa au nom de l’union départementale une réunion à l’intention du personnel de la société Tilly à Guerlesquin, un des grands groupes de l’agro-alimentaire. Quelques temps plus tard, il fut violemment agressé lors d’une distribution de tracts le 26 janvier 1964 devant les portes de cette entreprise.
Adhérent du PCF depuis la libération, membre du comité de la fédération du PCF du Finistère (1952-1954), il fut élu au conseil municipal de Morlaix au sein duquel il siégea de 1947 à 1959. Il fut à plusieurs reprises candidat aux élections cantonales. Dans le canton de Saint-Pol-de-Léon il obtint 8,6% des suffrages exprimés en 1955). Dans le canton de Morlaix il regroupa 21,8% des suffrages en 1958 et 18,8% en 1964. Il appela à voter Georges Marchais à l’élection présidentielle de 1981.
Chevalier de la Légion d’Honneur, il fut président du Secours populaire de Morlaix."

"En novembre 1958, Alphonse Penven fut le candidat du PCF (15 % au premier tour) dans la 4e circonscription du Finistère (Morlaix I) dans laquelle se présentait aussi François Tanguy Prigent ainsi que le maire de Morlaix Jean Le Duc (Indépendant-CNI), et un MRP. Du fait d’un accord conclu entre la SFIO et le PCF dans le Finistère et notamment parce que Tanguy Prigent avait fait campagne pour le non au référendum, Alphonse Penven se désista au 2e tour en faveur de l’ancien ministre socialiste qui fut battu par Jean Le Duc. Il représenta encore le parti en novembre 1962 (16,9 % des voix au 1er tour) et se désista pour Tanguy Prigent (PSU) qui retrouva son siège de député. À nouveau candidat communiste en mars 1967 (19,3 % au 1er tour), juin 1968 et mars 1973, il se désista pour le candidat du PSU Roger Prat, élu d’extrême justesse en 1967 puis battu en 1968. Son suppléant était le cheminot de Morlaix François Paugam (1958 et 1962) puis l’instituteur Michel Derrien de Morlaix (1967)"

(Alain Prigent, Maitron)        

 

FRANCOIS PAUGAM : L'HUMAIN AU COEUR

par Alain David

J'ai rencontré François lors de mon adhésion au Parti Communiste lors du grand mouvement de mai-juin 1968. La Maison du Peuple , dont il était un pilier, était alors une véritable ruche bruissant au gré des nombreuses réunions et assemblées générales  qui s'y tenaient. Son autorité, sa présence y était remarquables.

Cheminot, conducteur de locomotives, François avait pu, encore jeune, prendre sa retraite bénéficiant d'un statut que la droite y compris dans de variante macroniste n'a eu de cesse de remettre en cause. Il aurait pu, à partir de ce moment, couler des jours tranquilles. C'était mal connaître l'homme. Il déroula au contraire une carrière militante de plusieurs décennies au Parti Communiste, à la CGT et au Secours Populaire.

A l'U.L.-CGT de Morlaix, pendant plus de 25 ans, il fut quasiment permanent accueillant les salariés, les syndicalistes, se rendant dans les entreprises chaque fois que s'y déroulait un conflit ou que s'y perpétrait une injustice. Faisant respecter le droit du travail sans jamais manifester aucune crainte alors que les échanges étaient parfois houleux. S'y ajoutait en plus tout le temps consacré à l'entretien  des nombreux locaux de cette immense Maison du Peuple. Je le vois encore, à 80 ans passés, gravir une échelle pour décrocher sur la façade une enseigne de la CGT que le vent avait malmenée.

Il fut aussi un militant actif du Secours Populaire qu'il a présidé pendant des années. Là aussi il ne comptait ni son temps ni son énergie pour apporter son soutien à ceux que la vie avait malmenés. Pour cet engagement il a reçu la Légion d'Honneur des mains de Julien Lauprêtre lors d'une cérémonie émouvante où se sont retrouvés nombreux, beaucoup de celles et ceux avec qui il avait milité.

J'ai beaucoup vu François au Parti Communiste Français   après 1971.

Déjà secrétaire de section ,j'avais quitté Saint-Martin pour descendre à Morlaix et adhérer à la cellule Thorez dite "du Pouliet" dont François était l'un des animateurs. Je me souviens de tout ce que François apportait à ses débats et à son activité, comme à la section dont il était membre du comité.

En ces temps-là ça discutait ferme au Parti... ferme et parfois longtemps. François apportait dans ces débats la richesse de sa longue expérience. Veillant toujours à ce que les discussions ne s'éloignent pas de la réalité du terrain et du vécu de la population. Veillant aussi, car nous n'étions pas toujours exempts de la tentation de jargonner, à ce que dans notre expression nous soyons toujours compréhensibles par toute la population.

Ses multiples activités militantes donnaient à François une large , riche et fine connaissance de la réalité de la vie du pays de Morlaix. Elle nourrissait les nombreux articles qu'il donnait à chaque parution du journal "Le Viaduc". Les actions syndicales, les brimades et injustices dans les entreprises, trouvaient ainsi un écho public qu'elles n'avaient pas souvent dans la presse.

Comme à la CGT, François prenait en charge les locaux du parti. Le 5 rue Haute d'abord puis le 2 Petite rue de Callac. L'entretien courant bien sûr, mais aussi des tâches de plus grande envergure que son indéniable, compétence lui permettait de mener à bien. C'est ainsi qu'il réalisa le monumental escalier de la Maison du Parti. On se souvient aussi de l'exploit qu'il a mené avec son ami; Louis Olivier, quand ils se sont mis en tête de décrépir toute la façade du bâtiment et d'en rejointoyer toutes les pierres.

Plus tard, l'état de santé de son épouse rendant difficile son maintien à domicile, François décida de l'accompagner au Foyer Logement de la Boissière à Morlaix. Il y agit immédiatement pour la prise en compte des avis des résidents. François continuait à participer à nos réunions de cellule. D'y participer pleinement. Je l'ai vu souvent pester lorsque l'horaire des repas du soir au foyer l'obligeait à écourter sa présence.

François Paugam était représentatif de cette génération de militants qui, dans tous les domaines, ont voulu bâtir ces "jours heureux" du Conseil National de la Résistance. Tous les acquis qu'ils ont contribué à conquérir ont façonné la réalité française qui est aujourd'hui si gravement menacée par le pouvoir. La reconnaissance que nous leur devons nous engage à continuer leur combat.C'est le sens de " L'HUMAIN D'ABORD " pour lequel nous nous battons .

Alain DAVID - le 30.01.2020

 

Lire aussi:

Mai-Juin 68 en Gare de Morlaix: François Cozic se souvient...

Fête du Viaduc du PCF le 1er mai à Morlaix, toute une histoire: septembre 1964 - mai 2018: l'Humain d'abord!

Viaduc n°3 - journal du PCF Morlaix  Mars 1964 - sous le titre ironique "Les arguments frappants des patrons", une charge contre Tilly qui fait tabasser les militants de la CGT à Guerlesquin: "La direction "TILLY" à GUERLESQUIN, n'aime pas les défenseurs des ouvriers. F. PAUGAM, responsable CGT en a fait l'expérience. Aux tracts qu'il distribuait à GUERLESQUIN pour dénoncer l'exploitation dont sont victimes les ouvriers de cette entreprise, le beau-frère de Mr Tilly a opposé les coups de poing. La classe ouvrière ne peut tolérer de telles méthodes. Pour parer cette méthode fasciste dont notre camarade F.PAUGAM a déjà été victime, tous les travailleurs doivent faire preuve d'une vigilante solidarité à l'égard de leurs responsables, prévoir et assurer leur défense dans tous leurs déplacements intéressant leur travail de militant".

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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 07:29
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)
Photo de Jean-Louis Primas - Source Maitron

Photo de Jean-Louis Primas - Source Maitron

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

 

Jean-Louis Primas, de LANESTER au Mont Valérien, en passant par les Brigades Internationales en Espagne et Brest.

Un ami historien a retrouvé le carnet d'affiliation aux Brigades Internationales du résistant et fusillé communiste Jean-Louis Primas daté d'avril 1938, sous forme de microfilm à Nanterre (archives soviétiques qui ont pu être copiées à la chute de l'URSS pendant quelques mois, au terme d'un accord).

Ancien des Brigades Internationales comme Albert Rannou, autre membre du groupe de résistance communiste à Brest démantelé par la police, Jean-Louis Primas, a été fusillé au Mont-Valérien le 17 septembre 1943 en même temps que 18 autres communistes brestois ou résidant à Brest: Albert Rannou, Lucien Argouach, Albert Abalain, André Berger, Louis Departout, Yves Guilloux, originaire des Côtes-du-Nord, Eugène Lafleur, venu de Paris, Louis Le Bail, Paul Le Gent, Paul Monot, Henri Moreau, un ancien des Brigades Internationales en Espagne, Jean Quintric, Albert Rolland, Etienne Rolland, Joseph Ropars, Jean Teuroc, Charles Vuillemin, et Louis Leguen

Il est né à Lanester le 17 octobre 1911 et a donc été exécuté à 31 ans. Fils de Jean Julien Prima, ouvrier au fort, et de Jeanne Marie Le Bras, ménagère, Jean-Louis Primas, militant de Lorient, était garçon épicier à Lanester.

Il combattit en Espagne dans les rangs des Brigades internationales.

Il est l'un des créateurs du Front national à Lanester avec Albert Le Bail, ouvrier chauffagiste, militant syndical, militant du PCF. Il est syndicaliste à la CGTU dans le Morbihan. Au printemps 1942, des actions de plus en plus nombreuses visent les occupants et les collaborateurs. 
Dès février, c'est une cuve à mazout qui est incendiée au Priatec à Lorient. Les sources d’énergie électrique et les lignes électriques sont des cibles privilégiées; de mars à juin sautent transformateurs, répartiteurs et pylônes, par exemple au Rest-Scouhel, à Caudan. Le groupe de Jean-Louis Primas s'en prend aussi en septembre aux locaux des mouvements collaborationnistes Francisme et Légion tricolore (nouvelle appellation de la LVF) et aux renseignements généraux à Lorient. Au mois d'août 1942, Jean-Louis Primas est envoyé à Brest pour abattre un policier collaborateur qui a arrêté un résistant qui vient d'être condamné à mort. Le policier est blessé de trois balles.

Il est arrêté à Nantes par 9 policiers français armés, il est amené à Doullans et est atrocement torturé. Interné à Fresnes (94). Condamné à mort par le conseil de guerre allemand de Paris pour 57 chefs d'accusation. Il est fusillé dans la clairière du fort du Mont-Valérien à Suresnes le 17 septembre 1943 avec 18 autres militants ayant comme lui appartenu à l'organisation communiste clandestine brestoise.

Il fera l'objet de 47 motifs d'inculpation. Une équipe spéciale de la police vichyste de Brest avait juré de le tuer à coups de nerf-de-bœuf.

"Jean-Louis Primas et Louis Le Bail (le fils d'Albert Le Bail, arrêté le 13 juillet 1942), deux militants communistes Morbihanais envoyés en Finistère, vont montrer un courage remarquable dans l'action directe des FTP contre les Allemands. Quand Jean-Louis Primas sera jugé par un tribunal allemand, il devra répondre de 47 inculpations pour attentats à main armée contre les troupes allemandes! (...) Jean-Louis Primas et Louis Le Bail, deux militants communistes Morbihanais envoyés en Finistère, vont montrer un courage remarquable dans l'action directe des FTP contre les Allemands. Quand Jean-Louis Primas sera jugé par un tribunal allemand, il devra répondre de 47 inculpations pour attentats à main armée contre les troupes allemandes! " (Eugène Kerbaul, une section communiste de Province, le cas de Brest - 1938-1943)

Dans le Maitron - Avec Louis Le Bail de Lorient, Jean-Louis Primas transporte clandestinement des armes venues d’Angleterre à destination d’une ferme de Melgven (Finistère). Revenu à Lorient, Jean-Louis Primas et Louis Le Bail font sauter dans la nuit du 20 au 21 septembre 1942 le poste de sectionnement électrique de Belane en Lanester, ce qui priva de courant Port-Louis, Hennebont et les forges de Lochrist une bonne partie de la journée du 21. Recherchés par la police, tous deux se réfugièrent en Finistère-Nord. 
Condamné à mort par contumace par un tribunal français le 28 août 1942, Louis Le Bail échappa un temps aux recherches. Reconnu à Brest par son ancien professeur de boxe passé au service de la Police de Vichy, il fut arrêté par la police française (SPAC) le 20 ou 30 janvier 1943 (selon les sources) et fut torturé. Emprisonné au Château de Brest, il fut transféré à la prison Jacques-Cartier de Rennes puis à la prison de Fresnes (Seine). Le tribunal allemand du Gross Paris rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) le condamna à mort le 28 août 1943. Les Allemands le fusillèrent le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien avec 18 autres communistes brestois.

 

 

Source: Maitron/ page Wikipédia/ Eugène Kerbaul  

 

http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/spip.php?article127431

 

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 06:00

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

29/ Angèle Le Nedellec (1910-2006) :

Repris au site internet:  https://www.resistance-brest.net

Angèle Kerlirzin est née le 08 juin 1910 à Scrignac. Fille de cultivateurs, elle est mariée à Jean Le Nédellec et a deux enfants. Elle adhère au Parti Communiste Français (P.C.F) en 1938 et y fait adhérer son mari, cas unique alors à Brest où l’adhésion du mari avait toujours précédé celle de sa femme. À la fin de 1939, elle participe au passage à la clandestinité du P.C.F, interdit par le gouvernement Daladier. Angèle est ménagère quand le conflit éclate.

Elle entre en résistance le 17 juin 1940, en cachant des armes et munitions anglaises que son mari, Jean Le Nédellec récupère avec l’aide de quelques camarades résistants dont Pierre Corre et Jules Lesven, du côté du fort du Bouguen. Avec son mari, elle entrepose ce stock d’armes (bombes, matières explosives et munitions) dans la cabane de leur jardin située sur la plateau du Bouguen tout près de l’arsenal. Sans cela, ces armes seraient tombées aux mains des Allemands qui avançaient rapidement sur Brest. Une partie du stock est acheminée vers Trédudon-le-Moine par Jean Le Nédellec, Jules Lesven et Pierre Corre.

À partir du 1er juillet 1940, elle colle fréquemment des affiches anti-nazis. Elle diffuse également des journaux de propagande résistante, tracts du P.C.F et du Front National. Son frère, Pierre Kerlirzin est aussi dans la Résistance.

Le 28 avril 1942, elle participe à l’organisation et à la manifestation de femmes contre l’occupant . Avec ses compatriotes, elles se rassemblent devant l’annexe de la mairie située rue Danton à Brest. Elles veulent obtenir un meilleur ravitaillement alimentaire. Ce groupe de femmes agit clandestinement sous le nom de Comité des Femmes Patriotes. Parmi ces militantes se trouvent Jeanne Goasguen-Cariou, Marie Salou, Raymonde Vadaime, Angèle Le Nédellec, Yvette Richard-Castel, Aline de Bortoli, Simone Moreau. La police intervient pour disperser ce rassemblement mais à 14h30, le mouvement des ménagères prend de l’ampleur : ce sont 200 femmes qui se retrouvent place Guérin. Angèle est Interpellée par la police française mais elle est relâchée faute de preuves et d’aveux.

Le 14 juillet de la même année, elle participe à la tentative de manifestation patriotique qu’un exceptionnel quadrillage policier empêchera de se développer dans la ville.

Lors de la tentative d’interpellation de son mari le 1er octobre 1942, elle fait preuve d’un sang froid admirable, notamment lors de la perquisition de leur domicile où elle réussit à camoufler un important stock d’armes , de bombes et d’explosifs que détenait son mari ce qui lui sauva la vie ainsi qu’à plusieurs résistants.

Le lundi 5 octobre 1942, en compagnie de Jean-Louis Primas et Roland Le Nédellec , elle sauve ces armes, bombes et explosifs, dont une partie a probablement été transporté dans les Côtes-du-Nord dans la dépendances de la Famille Le Nédellec à Plusquellec par le biais de Roland Le Nédellec, en les mettant en sécurité et cela malgré une garde vigilante des lieux par les troupes allemandes et la police française.

Agent de liaison entre les principaux responsables de la Résistance de Brest, elle héberge avec son mari, des résistants traqués par l’occupant.

Le 27 octobre 1942, elle est arrêté à Brest au plateau du Bouguen par la police française. Elle est internée à la prison du château de Brest, puis elle est transférée à Jacques Cartier à Rennes et enfin à Vitré. Elle est jugée par le tribunal spécial de Rennes le 11 décembre 1942 qui la condamne à un an de réclusion pour faits de résistance.

Elle est libérée le 2 novembre 1943, puis gagne les Côtes-du-Nord et reprends aussitôt contact avec les Francs-Tireurs et Partisans Français. A partir du 6 juin 1944, elle est incorporée dans le Bataillon Giloux sous les ordres d’Albert Yvinec, dit Capitaine Callac. Elle participe aux luttes de la libération de son secteur (jusqu’au 10.08.1944) en servant d’agent de liaison entre Brest et le maquis des environs de Scrignac où se trouvait son bataillon. Angèle est est démobilisée le 1er octobre 1944. Elle obtient de par son son certificat de la Résistance intérieure française en 1950 le grade de sergent.

Aussitôt après, elle retourne habiter rue Danton à Brest et y continue longtemps une vie militante auprès de son mari. Elle possède la C.V.R n°2076, la carte d’interné et déporté de la Résistance n°220401910, le certificat d’appartenance à la Résistance Intérieure Française n°19648 (grade fictif de sergent).

Angèle Kerlirizin-Le Nédellec s’éteint à Brest le 5 juin 2006 à l’âge de 96 ans.

Publiée le , par Yoann Le Nedellec, mise à jour

Le 27 avril 1975, au château de Brest, une plaque est inaugurée en mémoire des résistants et otages arrêtés et incarcérés en ce lieu avant d'être déportés ou fusillés: Angèle Le Nedellec est la femme la plus sur la droite

Le 27 avril 1975, au château de Brest, une plaque est inaugurée en mémoire des résistants et otages arrêtés et incarcérés en ce lieu avant d'être déportés ou fusillés: Angèle Le Nedellec est la femme la plus sur la droite

 Lu sur la Page Facebook Brest 44 à l'occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, la légende de cette photo

Le 27 avril 1975, au château de Brest, une plaque est inaugurée en mémoire des résistants et otages arrêtés et incarcérés en ce lieu avant d'être déportés ou fusillés.

Sur la photo, trois résistantes que nous avons décidé de mettre à l'honneur en cette journée.

De gauche à droite:
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Yvette Castel-Richard, née en 1913 à Brest, membre du P.C.F clandestin, intègre les F.T.P en 1942 comme agente de liaison. Organise la manifestation des brestois du 28 avril 1942 pour demander plus de nourritures aux autorités civiles. Arrêtée en octobre 1942, internée à Brest, Vitré et Rennes. Sera libérée en Novembre 1943. Mais la prison ne l'a pas démoralisé, elle reprend ses activités de résistante jusqu'à la libération.
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Marie Le Cam-Salou, née en 1914 à Saint-Marc. Membre du P.C.F clandestin, elle héberge les résistants recherchés par la police ou les allemands. Début 1942 elle aide plusieurs prisonniers républicains espagnols à fuir la ville. Elle participe à la manifestation du 28 avril 1942. En Août 1942 elle saccage avec une amie la vitrine de la L.V.F rue de Siam. Arrêtée en octobre 1942 par des policiers français, elle est brutalisée. Internée, elle est finalement remise aux allemands qui la juge à Fresnes en 1943. Déportée, elle revient en 1945 très affaiblie.
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Angèle Kerlirzin-Le Nédelec, née en 1910 à Scrignac. Membre du P.C.F clandestin. A la débâcle elle cache des armes récupérés par son mari. Participe à la diffusion des tracts du P.C.F et F.N. Elle participe à la manifestation du 28 avril 1942 et à la tentative de manifestation patriotique du 14 juillet 1942. Arrêtée en octobre, elle est également internée à Brest, Vitré et Rennes. Libérée en Novembre 1943, elle gagne les Côtes-du-Nord et intègre les F.T.P. A la fin de la guerre elle revient à Brest.
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Hommage à ces résistantes de "L'Union des Femmes Patriotiques" pour leurs luttes et courage à celles d'aujourd'hui dans leur combat du quotidien.

Respectueusement,
Brest44
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Crédit photo: Archives de Brest - 1NUM1515
 
 

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29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 07:14
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven  (1904-1943)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:
 
29/ Jules Lesven  (1904-1943)
 
Un bon article biographique sur le site du lycée technologique et professionnel brestois qui porte le nom de Jules Lesven, réalisé avec le concours de l'ANACR
 
Jules LESVEN est né le 25 avril 1904 à Saint-Thégonnec. Orphelin à 4 ans, il est élevé par une tante. En 1929, il épouse Monique Kerrien, née à Plouescat en 1908, couturière. Le couple aura 4 enfants, dont 3 d'entre eux, toujours vivants, résident à Brest ou dans les alentours.
 
Forgeron, Jules Lesven a travaillé à Plouescat, Landivisiau, Plounévez-Lochrist chez un réparateur de machines agricoles. Dès 1929, il est forgeron à l'arsenal de Brest.
Militant syndical - membre du Conseil d'Administration de la CGT (Confédération Générale du Travail) à l'arsenal - et militant politique - il adhère au Parti Communiste en 1935 - il doit faire face à une situation délicate en 1939 lorque le gouvernement Daladier interdit le Parti Communiste. Il participe à sa restructuration clandestine à l'arsenal.
Au sein de son syndicat, il s'oppose aux dirigeants réformistes de la CGT qui sont devenus majoritaires et qui lui demandent de renier son Parti et de condamner la politique de l'Union Soviétique.
Il est alors déchu de son mandat syndical mais s'oppose à cette mesure de déchéance qu'il juge arbitraire, tout comme les ouvriers de l'arsenal.
En novembre 1939, il est coopté au "triangle" de direction de l'organisation communiste clandestine brestoise. Ce triangle est composé de Jeanne Goasguen-Cariou, Eugène Kerbaul et Jules Lesven.
Ce triangle est une unité d'organisation du Parti communiste ; ce mode d'organisation sera ensuite utilisé au sein de la Résistance pour protéger ses membres. Chaque adhérent se situe à une des extrémités d'un triangle et ne connait que les deux autres camarades des deux autres sommets du triangle, ce qui permet d'assurer une certaine sécurité du réseau.

Résistance et répression des communistes brestois de 1939 à 1943 (à partir des souvenirs et des enquêtes d'Eugène Kerbaul, résistant communiste

 

En 1940, lors du départ des Anglais, Jules Lesven, avec quelques camarades, récupèrent des armes et des munitions. Le groupe organise des sabotages, dès janvier 1941, sur les chantiers et à l'arsenal. Fin juin 1941, un triangle militaire est mis en place et comprendre Jules LESVEN, Pierre CORRE et Lucien KEROUANTON. Le Triangle militaire a pour but de coordonner l'action des groupes O.S. (Organisation Spéciale de Protection des membres du P.C. distributeurs de tracts et écrivains ruraux et des militants et de leurs familles) de la région brestoise.
Fin 1941, les réserves d'eau distillée destinées à alimenter les batteries des sous-marins allemands sont sabotées à l'arsenal de Brest.
 
Le 27 mars 1942, des sous-stations électriques de l'arsenal sont sabotées.
Fin avril - mai 1942, les groupes O.S. disparaissent : ils sont versés dans les formations de combat mises en place par "Le Front National de lutte pour la libération et l'Indépendance de la France" : ce sont les F.T.P.F (Francs-Tireurs et Partisans Français) pour lesquels compte avant tout l'action directe (propagande, lutte armée, sabotages).
Jules LESVEN devient responsable départemental des "F.T.P." puis interrégional de Bretagne.
 
"Grillés", recherchés par la police française et par les Allemands, les responsables brestois quittent la région de Brest.
Mais les actions continuent : sabotage à la gare de tirage du Mans (09.01.1943) et de la voie ferrée Le Mans - Rennes (26.01.1943), attentats à la bombe à l'arsenal de Brest.

Jules LESVEN, recherché, a quitté l'arsenal de Brest.
Devenu responsable politique de la SARTHE, il est arreté par des policiers français le 7 mars 1943 (jour du 1er anniversaire de son fils Pierre) au domicile d'un chef de train.
Livré au Allemands, torturé, jugé et condamné à mort, il sera fusillé au camp d'AUVOUR (à 15 km du Mans - Commune de CHAMPAGNE), le 1er juin 1943.

 

 

Avertissement: Une photocopie de mauvaise qualité de cette lettre manuscrite se trouvait dans la liasse confiée par Jacques Guivarch de Pleyber-Christ à Alain David et Ismaël Dupont, appartenant d'abord à son père, Jean Guivarch, patron d'une marbrerie funéraire à St Martin des Champs, militant communiste de la section de Morlaix, ancien résistant.

***

Lettre de Jules Lesven, fusillé à Champagné (dans la Sarthe) le 1er juin 1943

Ma chère Monique bien aimée,

Dans quelques heures, je vais être fusillé. Ma dernière pensée va vers toi ma chère Monique car demain toutes ces responsabilités vont peser sur tes épaules, la lourde charge d'assurer le pain pour nos trois petits chéris. Le moment est (illisible) mais je sais que tu es courageuse et que tu ne manqueras pas d'assumer la tâche qui t'incombe en ces heures tragiques et qui vont me séparer de tous ceux qui me sont les plus chers. Du fond de ma noire cellule où j'écris ces derniers mots, je pense à tous ceux que je ne reverrai plus et que j'aimerais saluer, embrasser de tout mon cœur une dernière fois. Je meurs en patriote pour que vive la France, pour avoir la tête haute, pour la libération de mon pays.

Je vais devant le peloton d'exécution la tête froide conscient d'avoir rempli mon devoir de Français.

Je suis resté fidèle à mon passé et à la classe ouvrière et à notre grand parti Communiste auquel j'appartiens qui mène une lutte vigoureuse pour unir toutes les forces vives du pays pour sa libération.

J'adresse aussi à mes camarades de travail mon dernier salut ainsi qu'à tous mes Amis. Je termine cette dernière lettre en te disant Adieu ma chère Monique, Adieu mon cher fils Gilbert, Adieu ma chère fille Mathilde, Adieu mon petit Pierrot.

 

VIVE LA FRANCE

 

***

 

Qui était Jules LESVEN?
 
Dernière lettre à sa femme de Jules Lesven, résistant communiste brestois fusillé le 1er juin 1943

Dernière lettre à sa femme de Jules Lesven, résistant communiste brestois fusillé le 1er juin 1943

Dernière lettre à sa femme de Jules Lesven, résistant communiste brestois fusillé le 1er juin 1943 (deuxième page)

Dernière lettre à sa femme de Jules Lesven, résistant communiste brestois fusillé le 1er juin 1943 (deuxième page)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

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1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 06:00
Photo https://www.resistance-brest.net/

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1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28/ Raymonde Vadaine, née Riquin (1914-2001)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère

28/ Raymonde Vadaine (1914-2001)

Née Raymonde Riquin le 28 décembre 1914 à Lorient (Morbihan) ; marchande foraine ; résistante FTP.

Raymonde Riquin est une pupille de la Nation, son père étant décédé lors de la Première Guerre mondiale. Marchande foraine, elle tient un stand de tir et se déplace sur toutes les foires de la région brestoise. Son principal lieu de résidence se situe dans la zone réservée aux roulottes, jouxtant la Villa Champêtre dans le bas de la rue Kérabécam. Elle participe à la solidarité envers l’Espagne Républicaine lors de la Guerre d’Espagne. Elle épouse André Vadaine en juin 1936 et ensemble ils s’installent à Saint-Pierre-Quilbignon.

Son époux milite au Parti Communiste Français (P.C.F) depuis 1936. Raymonde Vadaine, femme d’André Vadaine, a participé aux activités de solidarité envers l’Espagne républicaine.  Raymonde Vadaine adhère au PCF dans la clandestinité en octobre 1939, après l’interdiction du parti suite à l’accord germano-soviétique et la déclaration de la Seconde Guerre mondiale.

André Vadaine, né le 12 mai 1912 à Avranches (Manche), adopté par la nation en 1927 était ouvrier à l’Arsenal de Brest et militant communiste depuis janvier 1936. Il devint trésorier du comité brestois du Secours populaire et, de février 1936 à septembre 1939, fut responsable de la diffusion de la presse de la cellule puis de la section communiste de Brest.

Peu de temps après le début de l’occupation, en août 1940, Raymonde Vadaine participe au vol de l’arme d’un soldat allemand ivre à Kérinou.

Début 1941, en plus de diffuser la presse clandestine du mouvement, elle tracte, sans succès, auprès des soldats allemands, contre le nazisme. Cette opération de propagande sera renouvelée en fin 1941, avec plus de précaution mais toujours sans résultat. A la même époque, un groupe de militantes communistes parvient à trouver du travail à l’arsenal dans un garage allemand pour s’occuper des tâches ménagères. Avec Angèle Le Nédellec, Yvette Richard-Castel et Marie Salou, Raymonde sabote certains véhicules et manque de peu d’incendier tout le garage. Cet accès à l’arsenal leur permet également de diffuser des messages et la propagande. Toujours sur son lieu de travail, à la demande de Jean-Louis Primas, elle récupère un pistolet allemand. Craignant d’être repérée et/ou dénoncée, elle quitte le garage et la région brestoise quelques temps.

Raymonde Vadaine revient ensuite à Brest et est versée aux F.T.P Elle évite cependant de roder à nouveau autour de l’arsenal. Sur ordre, elle se fait embaucher à la pyrotechnie de Saint-Nicolas au Relecq-Kerhuon pour y dérober de la matière afin de confectionner des explosifs. En août 1942, avec Marie Salou, elle saccage la vitrine de la Légion des Volontaires Français (L.V.F) de la rue de Siam.

"En août, la vitrine de la L.V..F à Brest (Ligue des Volontaires Français contre le bolchevisme) vole en éclat rue de Siam, à deux pas de la préfecture maritime occupée par la Kriegsmarine. Raymonde Vadaine, Marie Salou, Venise Gosnat, Pierre Corre, André Berger, Joseph Ropars, Albert Abalain, A. Rolland, Albert Rannou, Etienne Rolland, participent aux opérations" (Eugène Kerbaul)

Elle semble finalement ; à cette même période, retourner à l’arsenal pour y saboter un poteau électrique. A une date incertaine, Raymonde organise une rencontre entre Jules Lesven, Arthur Baron des F.T.P et son amie foraine Alice Coudol du réseau Alliance dans la chapelle de Notre-Dame-de-Bon-Secours à Kérinou.

Sur le plan politique elle a la responsabilité de la répartition du matériel de propagande, journaux et tracts clandestins du secteur Ouest de Brest. Elle y devient d’ailleurs responsable politique de ce secteur en remplacement de son mari affecté à une autre tâche.

Une vaste vague d’arrestations touchent les F.T.P et communistes entre juin et septembre 1942 dans la région bretonne. Son époux André est arrêté le 2 octobre et le 28 ou 29 octobre 1942.   Il fut condamné à quinze ans de prison puis déporté. De juin à fin septembre 1942, on comptait déjà 247 arrestations de communistes et de sympathisants très proches dans le seul département du Finistère. L'enquête contre la résistance est confiée à la SPAC (Section de Protection anticommuniste) et dure du 26 septembre 1942 à février 1943. Elle va porter des coups très durs à l'organisation communiste comme à ses FTP, notamment à Brest. Octobre 42 porte un coup très dur à l'organisation résistante communiste dans le Finistère.

Puis c’est au tour de Raymonde d’être arrêtée par la police française.

D’abord jugée par les française, elle est remise aux allemands qui la juge à nouveau et la condamne à de la déportation sous le statut Nacht und Nebel. Le 27 septembre 1943, Raymonde quitte la France par la gare de l’Est en direction de l’Allemagne. Elle passe par les camps de Karlsruhe, Pad, Anrath, Breslau, Jauer et Aichach. Durant sa déportation, elle aurait abattu un soldat allemand. Finalement libérée le 29 avril 1945 par l’avance des Alliés, elle rentre en France très affaiblie et se retire dans le midi puis dans la région parisienne.

Pour son action dans la résistance, elle est élevée au rang de Chevalier de la Légion d’honneur.

Elle décède le 25 août 2001 à Fleury-Mérogis.

Source: https://www.resistance-brest.net/ article de

 

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