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21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 07:22
Les néo-nazis et les identitaires autorisés à crier leur haine raciste et anti-humaniste à Scrignac: En Marche arrière, la République met les voiles et prend Lelarge

En Marche arrière, la République met les voiles et prend Lelarge...

Les néo-nazis qui défilent à Scrignac un 21 avril, cela ne pose pas de problème au préfet Lelarge et au gouvernement.

"Ils ne viendront peut-être pas", a t-on osé nous dire à la préfecture, "ou ils ne seront qu'une cinquantaine".  

"Ils ne posent pas de problème d'ordre public. Ils n'ont pas demandé l'autorisation de la manif, mais c'est pas grave".

"C'est la liberté du droit de manifester".

"Vous l'extrême-gauche, on connaît votre discours...": on lui a rappelé que le PCF n'était pas d'extrême-gauche mais le cœur de la gauche, que le PS et Générations signaient aussi l'appel. Que les militants communistes pendant la seconde guerre mondiale avaient été au premier rang, des dizaines de milliers le payant de leur vie, pour se battre pour le retour de la République et de la liberté.   

"Cela fait des décennies qu'ils défilent sous le mot d'ordre "communistes assassins", rien de nouveau sous le soleil".

Nous sommes atterrés par cette complaisance de l'Etat vis-à-vis de groupes racistes, révisionnistes, fascistes dangereux dont des individus profèrent des menaces tout à fait explicites sur des personnes qui ne partagent pas leurs idées racistes et fascistes. 

Rappelons qu'il y a un mois une manifestation de solidarité avec Afrin dénonçant l'agression des forces progressistes kurdes par Erdogan et ses supplétifs islamistes avait été interdite à Morlaix. Deux poids, deux mesures...

Nous avons dit au directeur de cabinet du préfet que le gouvernement et l'Etat assumeront toute la responsabilité des conséquences que pourra avoir cette manifestation, et de cette première victoire (la banalisation) pour les fachos. 

Même complaisance coupable vis-à-vis des sites néo-nazis qui peuvent déverser leur haine raciste, antisémite, antirépublicaine à longueur de journée avec des gens qui mettent des commentaires ignobles et qui peuvent déverser la saloperie qu'ils ont dans le cerveau et les tripes sans aucun souci. Un mois et demi que le site Démocratie.participative.biz a fait l'apologie de génocide des juifs dans un article ciblant la présidente du musée de la résistance nationale, Lucienne Nayet, et malgré notre rencontre avec le représentant de l'état, les nombreuses plaintes, adresses au procureur de la république, ce site est toujours en place. 

A croire que l'extrême-droite radicale ne dérange pas tant que ça le pouvoir. 

Le Télégramme, 19 avril 2018:

Les nationalistes bretons appellent à un rassemblement samedi

Plusieurs mouvements nationalistes bretons appellent à un rassemblement, samedi, à Scrignac, en réaction à la profanation de la tombe de l’abbé Perrot, fin mars. Le Parti communiste et plusieurs organisations de gauche demandent l’interdiction de cette manifestation.

 

Durant le week-end de Pâques, la tombe de l’abbé Perrot, située près de la chapelle Koat Keo, à Scrignac (29), a été profanée. La croix celtique qui surmontait la sépulture a été cassée et des tags à la peinture rouge avaient été inscrits sur la pierre tombale. L’abbé Perrot, rappelons-le, a été tué par Jean Thépaut, un résistant communiste de Scaër, le 12 octobre 1943, pour avoir collaboré avec les nazis. Et pour ses accointances avec les responsables des mouvements nationalistes bretons les plus radicaux.

 

« Communistes assassins »

 

Plusieurs mouvements nationalistes bretons d’extrême droite (Yaouankiz Breizh, Adsav et les Identitaires notamment) ont appelé à un rassemblement, samedi, à 18 h, à Scrignac sur la tombe de l’abbé Perrot, sous le mot d’ordre de « communistes assassins ».

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et sénateur, s’en est ému et a interpellé par écrit, le ministre de l’Intérieur au sujet de cette manifestation. Il demande que ce rassemblement soit interdit. « Ces groupes comptent dans leurs rangs des antidémocrates et des extrémistes violents qui ont déjà sévi à plusieurs reprises (…) en s’attaquant à des militants et citoyens de gauche.

 

Ils profèrent, pour certains d’entre eux, des menaces de mort sur les réseaux sociaux et cultivent la nostalgie du nazisme. Il y a un risque réel que ces personnes s’attaquent à des biens et/ou à des personnes à Scrignac, explicitement désignée par eux comme une commune indigne car encore sous influence communiste depuis la Résistance. Cela peut donc générer des troubles graves à l’ordre public ».

 

La gauche demande l’interdiction

 

Le Parti communiste finistérien a entamé des démarches auprès de la préfecture pour que la manifestation soit interdite, comme 11 syndicats et partis politiques de gauche dont le PS, Génération-s, la France Insoumise, le NPA, la CGT, la FSU, Solidaires, FIDL et la Ligue des Droits de l’Homme. « Nous affirmons que ceux que les fachos appellent des assassins, les militants communistes sous l’Occupation, étaient simplement des patriotes qui ont donné leur vie pour libérer la France du joug de l’envahisseur nazi et de l’extrême droite raciste et réactionnaire », souligne, dans un communiqué, Ismaël Dupont secrétaire du PCF finistérien.

 

« Pas de menace à l’ordre public » selon le préfet

 

Pour sa part, le préfet du Finistère « estime qu’il n’y a pas de menace avérée à l’ordre public ». Il dit « suivre la situation avec attention » et « prendra les mesures adéquates si nécessaire ». Par ailleurs, aucune déclaration de manifestation n’a, à ce jour, été déposée auprès de la mairie de Scrignac.


 

Article dans le Poher, mercredi 18 avril 2018

Article dans le Poher, mercredi 18 avril 2018

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21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 07:20
Communistes et cégétistes: des terroristes, des preneurs d'otage, des privilégiés: C'est Clerc comme de l'eau de roche. Quand le Télégramme marche dans les pas du Figaro et de Valeurs actuelles

La bêtise de Christine Clerc n'est pas insondable, elle est limpide, elle saute aux yeux. 

Clerc comme de l'eau de roche...  

Dans son petit monde permanenté, de mamies à toutou, un spectre hante les beaux quartiers: le rouge, le syndicaliste furibard, le communiste au couteau entre les dents. 

Tous les samedi, Madame Clerc, ancienne de "L'express", du "Point", de "Elle"', de "Valeurs actuelles", qui a fait sa scolarité chez les Dominicaines du Havre avant de faire Sciences Po, nous fait la messe. 

Non, ma fille, tu n'épouseras pas un communiste: ils puent, ils sont dangereux, malpolis, et ils troublent le sommeil des bourgeois. 

Oh, rassurez-vous, elle n'est pas seule au "Télégramme de Brest", qui retrouve dans ses pages nationales les belles couleurs pétainistes qu'il avait aux temps de l'occupation, à qualifier les rouges de terroristes, de preneurs d'otage, d'empêcheurs de "Travail, famille, patrie" en rond: Hubert Coudurier et Henry Lauret, Anna Cabana font le job, avec avec peut-être moins de délicieuse bonne conscience de bourgeoise versaillaise envoyant les pétroleuses au bagne ou au poteau que mamie Clerc, qui a 76 ans pourrait raccrocher avec l'analyse politique, ce ne serait pas une perte irréparable pour le journalisme. 

C'est vrai qu'il y a sans doute pire que "Le Télégramme de Brest" dans la presse régionale.

Il y a plus indigent, plus décalqué des dépêches AFP, plus propre à alimenter le vote FN.  

Ce journal a encore un traitement sérieux de l'actualité locale, l'actualité régionale étant malheureusement sous la coupe des lobbies du patronat et de la FNSEA, de l'institut de Locarn et des petits amis d'Hubert Coudurier: un journal où l'on laisse à un des banquiers les mieux payés de France, Jean-Pierre Denis, le patron du Crédit Mutuel Arkéa (1,6 millions d'euros par an), le soin, non seulement de rédiger les pages économiques sur la crise au Crédit Mutuel, en empêchant que s'exprime toute voix divergente, mais aussi celui de commenter en mode hagiographique le discours de Macron sur le lien abîmé entre l'Eglise et l'Etat.

Nous avons envoyé deux rappels pour un droit de réponse au brûlot de Thierry Wolton et Christine Clerc associant dans un lien de filiation les deux figures du mal absolu de l'éditorialiste et de l'essayiste révisionniste* de droite, Thierry Wolton: le communisme et l'islamisme.  

Voir le Chiffon Rouge, car vous n'aurez pas pu lire cette tribune en forme de droit de réponse dans le "Télégramme".

Ils calomnient, ils insultent, ils falsifient la vérité, mais il est hors de question de donner la parole à l'adversaire.   

Le communisme a fait le lit de l'islamisme - quand le Télégramme relaie l'hystérie anti-communiste de Monsieur Thierry Wolton (12 avril 2018)

Deux jours après, Christine Clerc récidive avec un édito au titre charmant "Dany, réveille-toi!". Christine Clerc crédite Daniel Cohn-Bendit, l'ancien gauchiste, d'une certaine continuité dans sa mutation libérale qui le pousse à soutenir aujourd'hui Emmanuel Macron, la haine des "crapules staliniennes". 

Je veux donner la parole à Christine, c'est savoureux, et le militant communiste apprend qu'il a décidément beaucoup d'amis, tous ceux qui résistent aux politiques capitalistes, de dérégulation:

"Seulement, on l'a oublié: tout autant qu'au pouvoir gaulliste, Dany s'attaquait à ce qu'il appelait les "crapules staliniennes". Celles-ci auraient-elles disparu? A la SNCF, où la CGT joue sa dernière carte (Ben voyons, le premier syndicat de France, le seul qui permet de tenir la dragée haute aux politiques de droite des gouvernements UMP, socialistes, macronistes, serait aux bords de l'agonie...), comme à Tolbiac où des militants veulent, par la violence, "se réapproprier la fac et les moyen,s de production de l'éducation", on dirait qu'elles cherchent à nouveau à imposer leur loi. On attend un nouveau Dany pour leur répliquer d'une voix forte".       

Un Dany du côté des patrons et des CRS, mais qui aurait 18 ans plutôt que l'âge de Christine Clerc. Une pop star étudiante de droite, en somme... Et bien, cherche bien Christine...

Aujourd'hui, 21 avril 2018, Christine aurait pu écrire sur le triste anniversaire des 16 ans de la première accession du FN au second tour des Présidentielles, 57 ans après la chute du régime de Vichy, qui coïncide avec une manifestation néo-nazie autorisée par l'Etat à Scrignac, un haut lieu de la Résistance (1943-1944). 

Mais notre grande prêcheuse des beaux quartiers a d'autres priorités. L'ennemi, cela reste la CGT et les communistes, auteurs de "dénis de démocratie", contrairement à Macron qui gouverne par ordonnances, muselle le Parlement, et élu par 17% des français au premier tour, impose une politique ultra-libérale rejetée par une majorité de la population. 

Où l'on apprend, c'est savoureux, que les cocos ont eu aussi leurs milliardaires, décidés à bloquer le pays contrairement à ceux, bien plus philanthropes, que fréquente Christine Clerc. 

"Avec 10% d'encartés à la SNCF et EDF" se vantait le "milliardaire communiste" Jean-Baptiste Doumeng, "je bloque le pays"! C'était dans les années Mitterrand, quand le président socialiste semblait pourtant avoir réussi son pari: "Plumer la volaille communiste". Un tel cynisme semble se perpétuer au terme de la première année de Macron". 

Le cynisme de Mitterrand, le cynisme de Macron? Pensez-vous, non ! Le cynisme des grévistes, des gens qui font exprès de perdre leurs journées de salaire ou d'études pour troubler les nuits de notre bon président des riches. 

"... des minorités prétendent, à la SNCF et dans les universités, comme à la Zad de Nantes, imposer leur loi. Engagée dans un ultime et féroce combat pour conserver son pouvoir (et son financement) dans ses bastions traditionnels, la CGT n'hésite pas à prendre en otage les usagers, dont beaucoup, travailleurs indépendants ou salariés des petites entreprises, sont loin de bénéficier des salaires et avantages sociaux des employés de la SNCF ou d'Air France".  

Tous les poncifs de la propagande patronale y sont: les grévistes de la CGT, des privilégiés, des fainéants qui empêchent les vrais travailleurs de bosser, des enragés qui prennent le pays en otage. 

C'est rigolo, en même temps que des plumitifs comme Christine Clerc prétendent effacer la lutte des classes, ils ont tellement de zèle pour chercher à déconsidérer les défenseurs de la classe ouvrière qu'ils ressuscitent malgré eux cette lutte des classes et en révèlent de manière éclatante la vigueur, et la haine profonde que les possédants ont des communistes, des syndicalistes, et de tous ceux qui résistent à la dictature du capital. 

"Comme en mai 1968, et bien que le rapport de force se soit inversé depuis au sein de la gauche, on assiste, en outre, à une surenchère entre les héritiers de l'ancienne puissance communiste-cégétiste et les gauchistes de Sud Rail ou les étudiants de Tolbiac, baptisés non plus "Les enragés" comme au temps de "Dany le rouge" (Daniel Cohn-Bendit) à Nanterre, mais "Les Bloqueurs". 

"La majorité silencieuse (tiens, les concepts du FN...) va t-elle comme un certain 30 mai 68 de manifestation gaulliste sur les Champs-Elysée protester que les élections présidentielle et législatives de 2017 ont fait d'elle une majorité incontestable? Ou bien, inquiète des conséquences de la mondialisation et de l'ouverture à la concurrence, va t-elle freiner Macron dans son élan réformateur?"

"Freiner Macron dans son élan réformateur?"...

Où l'on voit que les plus furieux partisans du pouvoir absolu de la bourgeoisie ont trouvé leur maître et serviteur. 

Ismaël Dupont 

 

* Dans "Le Grand recrutement" (1993), Thierry Wolton, dont le grand combat est la lutte contre le communisme, a fait de Jean Moulin un agent de l'URSS: Pierre Vidal-Naquet et François Bédarida ont démontré l'imposture révisionniste et idéologique de ce pseudo-historien.  

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21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 05:27
Une politique migratoire qui tue ! (LDH)

Une politique migratoire qui tue !

Adbulla R. avait 56 ans et soufrait d’une maladie chronique grave. Sa maladie nécessitait des passages réguliers à l’hôpital où il était pris en charge par le service d’hémodialyse du CHU de Brest. Mais bien que demandeur d’asile albano-bulgare, l’État français ne lui a proposé aucune solution d’hébergement quand il n’était plus hospitalisé.
Depuis le 16 mars, il passait ses nuits dehors, en totale contre indication avec son état de santé. Adbulla est décédé jeudi d’insuffisance respiratoire. Il s’agit là du décès prématuré d’un malade angoissé et épuisé par ses conditions de vie.

Pourtant, depuis le 16 mars, 7 certificats médicaux ont été rédigés pour sa mise à l’abri d’urgence. Les services sociaux du Conseil départemental, le Phare, le centre accueil précarité et le service d’hémodialyse sont intervenus auprès des services de préfecture pour l’alerter sur l’urgence d’un hébergement. Rien n’y a fait pendant un mois, et ça n’est que jeudi que l’État a enfin permis à Adbulla d’intégrer l’HUDA (Hébergement d’urgence pour les demandeurs d’asile). Il est mort dans les heures qui ont suivi.
Les certificats de vulnérabilité établis par le corps médical sont le fondement même des demandes de mise à l’abri d’urgence. On constate sur le terrain qu’ils sont de moins en moins pris en compte par les services de la préfecture du Finistère.

La Ligue de droits des l’Homme dénonce cette politique migratoire qui nie l’urgence médicale et conduit à des drames humains comme celui que nous venons de vivre ce jeudi à Brest.

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20 avril 2018 5 20 /04 /avril /2018 05:14
Photos du rassemblement de Rennes - JC 35 : 9000 manifestants dans la capitale de la région Bretagne!

Photos du rassemblement de Rennes - JC 35 : 9000 manifestants dans la capitale de la région Bretagne!

Rennes: 9000 personnes dans le cortège ce 19 avril 2018 pour la convergence des luttes. 1000 à Lorient et Quimper
Rennes: 9000 personnes dans le cortège ce 19 avril 2018 pour la convergence des luttes. 1000 à Lorient et Quimper
Rennes: 9000 personnes dans le cortège ce 19 avril 2018 pour la convergence des luttes. 1000 à Lorient et Quimper
Rennes: 9000 personnes dans le cortège ce 19 avril 2018 pour la convergence des luttes. 1000 à Lorient et Quimper
Rennes: 9000 personnes dans le cortège ce 19 avril 2018 pour la convergence des luttes. 1000 à Lorient et Quimper
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18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 06:11
Un dernier hommage sera rendu à Louis AMINOT vendredi à 17h au Patronage Laïque Sanquer
59 Rue Richelieu Salle Georges VIGIER
29200 Brest - Le Pilier Rouge
 
 
 
Nous avons eu la nouvelle lundi matin du décès de notre ancien camarade Louis Aminot qui a joué un rôle notable dans l'histoire du PCF finistérien dans les années 70-80. Il nous avait appris être atteint d'une grave maladie l'an passé. 
 
Au-delà de ce qui a pu l'opposer au Parti Communiste depuis la rupture de 1985, période de crise intense qui a laissé un mauvais souvenir, et pour certains les souvenirs sont plus douloureux que pour d'autres, cette nouvelle nous peine car nous avions des échanges fréquents et amicaux avec Louis qui continuait à vivre pour la politique, avec un regard paradoxalement passionné et distancié, désormais en s'intéressant surtout aux questions stratégiques de fond, et qui avait gardé des convictions communistes profondes et des liens de dialogue avec plusieurs camarades à la direction du PCF. 
 
Ismaël Dupont
 

LOUIS AMINOT : LE COMBAT CONTINUE

Je viens d'apprendre avec beaucoup de tristesse la disparition de Louis .
Depuis ses 15 ans son existence a été placée sous le signe du communisme ...dans ou en dehors du Parti .
Après des années de combats communs nos chemins se sont éloignés . Dans des circonstances parfois rudes . Mais Louis ne générait pas la tiédeur . Lors d'une réunion du Front de Gauche il me disait qu'il voulait écrire sur cette période et souhaitait mes souvenirs . Nous n'aurons pas eu le temps de le faire . 
Et puis nous nous sommes retrouvés dans les combats et dans cette belle tentative , avortée ou plutôt assassinée , que fut le Front de Gauche dans le Finistère .
Une vie de combats vient de s'éteindre . Le meilleur hommage qu'on puisse rendre à Louis est de les poursuivre sans relâche...et de gagner .

 

ALAIN DAVID .

 

 

A Notre Ami et Camarade Louis Aminot
Louis Aminot a également été conseiller municipal pendant 24 ans. (Photo d'archive Le Télégramme)

Louis Aminot a également été conseiller municipal pendant 24 ans. (Photo d'archive Le Télégramme)

Article Le Télégramme Brest - 17 avril 2018 

Louis Aminot est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à l'âge de 76 ans. Personnage haut en couleur, fort en verbe et militant acharné, Louis Aminot aura été d'une fidélité sans faille à ce que l'on appelle sans doute un peu vite la gauche non socialiste. Entré aux Jeunesses communistes à l'âge de 15 ans, il adhère cinq ans plus tard au Parti communiste pendant son service militaire. Il devient cadre de la fédération du Finistère nord du PCF tout en travaillant à l'Arsenal comme électricien puis devient permanent. Élu communiste, il rompra avec le PCF en 1985 pour rejoindre le groupe des rénovateurs communistes. Louis Aminot restera dans le giron des communistes unitaires, « il aura gardé au coeur jusqu'au bout l'idée de communisme », salue la section locale du PCF dans un communiqué.

Adjoint aux sports en 1989


Élu en 1977 sur la liste d'union de la gauche de Francis Le Blé, Louis Aminot a également été conseiller municipal pendant 24 ans, étant régulièrement élu sur la liste de Pierre Maille et accédant également aux fonctions d'adjoint, dont celle d'adjoint aux sports en 1989. En 2001, il partira vers Sevran en banlieue parisienne pour travailler auprès d'un maire communiste. Il était revenu vers Brest pour sa retraite et restait attentif aux débats de la ville et notamment ceux ayant trait à la défense et au désarmement nucléaire.
 

Le Télégramme, 17 avril 2018

La section  du Pays de Brest et la fédération du PCF saluent la mémoire de Louis Aminot décédé cette nuit. 
 
Il a été élu de la ville de Brest pendant vingt-quatre ans depuis la première municipalité de gauche en 1977.
 
Entré aux Jeunesses communistes à l'âge de 15 ans,  il adhère cinq ans plus tard au Parti communiste pendant son service militaire.
 
Il devient cadre de la fédération du Finistère nord du PCF tout en travaillant à l'Arsenal comme électricien puis devient permanent.
 
Élu communiste, il rompra avec le PCF en 1985 pour rejoindre le groupe des rénovateurs  communistes.
 
Toujours membre de Communistes unitaires il aura gardé au cœur jusqu’au bout l’idée de communisme.
 
Passionné par les questions de Défense et de Désarmement nucléaire, il avait animé un débat de la fédération PCF du Finistère à la fête de l'Humanité de la Courneuve il y a trois ans, et participé encore il y a trois mois à un débat que nous organisions sur l'activité et l'industrie maritime à Brest, et nos échanges ont été fréquents et fraternels dans le cadre du Front de Gauche où Louis était un militant d'Ensemble soucieux de convergence et soucieux d'engager le débat sur le fond des questions sociales et politiques. 
 
Aujourd'hui, nous exprimons nos condoléances à la famille et aux amis de Louis.
Louis Aminot aux Rencontres du Front de Gauche Finistère (2014, photo Pierre-Yvon Boisnard)

Louis Aminot aux Rencontres du Front de Gauche Finistère (2014, photo Pierre-Yvon Boisnard)

Un dernier hommage sera rendu à Louis AMINOT vendredi à 17h au Patronage Laïque Sanquer
59 Rue Richelieu Salle Georges VIGIER
29200 Brest - Le Pilier Rouge
 
 
Disparition de Louis Aminot, ancien cadre du PCF jusqu'en 1985, militant d'Ensemble, des Communistes Unitaires, et de l'Université Européenne de la Paix, figure haute en couleur de la gauche brestoise
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18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 05:55
Le samedi 26 mai à la Forêt-Fouesnant, salle de l'archipel: la section PCF de Fouesnant nous invite à un voyage cinématographique avec René Vautier et Michel Le Thomas
René Vautier

René Vautier

Le samedi 26 mai à la Forêt-Fouesnant (salle de l'archipel). 

 

Repas des Amis du PCF - Après-midi et soirée politique culturelle autour de la colonisation et de l'immigration. 

 

On projette 3 films de René Vautier et 1 de Michel Le Thomas, compagnon de route de René Vautier

 

Afrique 50  René Vautier 15mn

 

Les trois cousins  René Vautier 10 mn

 

Les Ajoncs  René Vautier 10 mn

 

De Sable et de sang René Vautier.

 

 

Avant ça on projette également en solidarité avec les cheminots et les usagers en lutte un film sur le combat pour le maintien de la gare de Plouaret-Tregor, de Michel Le Thomas, qui sera présent.  

 

Hommage de Pierre Laurent à René Vautier

Un témoignage exceptionnel de René Vautier: une enfance héroïque - avoir 13-16 ans dans la Résistance à Quimper (Des enfants dans la Résistance, Philippe Chapleau, Ouest-France)

"René Vautier, un immense bonhomme" - hommage de Louis Aminot

René Vautier sur la mort d'Edouard Mazé, tué par les forces de l'ordre établi en 1950: un documentaire de Tébéo raconte le contexte de ce conflit social à Brest

 

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15 avril 2018 7 15 /04 /avril /2018 19:10

Converger , ensemble le 19 avril !

Rarement une période économique et sociale n’aura été autant porteuse de dangers et d’incertitudes pour l’avenir de l’ensemble des salariés... Contradictoirement, rarement la séquence qui s’ouvre ne nous aura offert la possibilité de construire un mouvement capable d’inverser la courbe des remises en cause et des mauvais coups.

Ces dernières semaines, des initiatives d’actions avec des grèves et manifestations ont été organisées dans plusieurs secteurs professionnels et territoires. Les retraités et les salariés des EHPAD étaient mobilisés dans l’unité le 15 mars dernier. Ils étaient des milliers dans les rues. Les uns aspirent – à juste titre – à des niveaux de pensions leur permettant de vivre dignement, et les autres à travailler dans des conditions décentes.


Le 22 mars, les salariés de la fonction publique, des entreprises privées et publiques, les cheminots, étaient en arrêt de travail et en manifestation dans tout le pays.

Le 30 mars, les salariés de Carrefour se sont mobilisés contre le démantèlement du groupe orchestré pour répondre aux seules exigences de rentabilité des principaux actionnaires.

Depuis le 3 avril, une mobilisation massive des cheminots est engagée pour le service public ferroviaire.

Toutes ces actions montrent que les salariés, les retraités, les jeunes ne s’en laissent pas conter. Ils exigent une autre action politique du gouvernement et que le patronat réponde à leurs revendications dans les entreprises.


Tous les éléments semblent être réunis pour contraindre gouvernement et patronat à répondre aux attentes légitimes des salariés et des retraités. Pour se faire il est certes nécessaire d’amplifier le mouvement dans les entreprises, mais il faut également, de toute évidence, créer les conditions de leur convergence. C’est dans ces conditions et avec cet objectif que les organisations syndicales du Finistère CGT, FSU, Solidaires, avec le soutien de FO prennent l’initiative de faire du 19 avril 2018 une journée de convergences revendicatives et de luttes interprofessionnelles, appellent à se rassembler :

 

à partir de 11 heures dans les localités le 19 avril 2018,

à Brest-place de la liberté, Quimper-place St Corentin

Morlaix-place des otages

 Carhaix-place du champ de foire

Quimperlé (avec un rendez-vous à 10h30 place Jean Jaurès)

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15 avril 2018 7 15 /04 /avril /2018 08:30
Intervention des gendarmes sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes: communiqués de l'UL CGT de Nantes et du PCF Morbihan
Intervention sur la ZAD, communiqué de l’UL CGT de Nantes
jeudi 12 avril 2018
COMMUNIQUE DE L’UNION LOCALE CGT NANTES SUR L’INTERVENTION EN COURS DES FORCES DE L’ORDRE SUR LA ZAD DE NOTRE DAME DES LANDES

L’UNION LOCALE CGT DE NANTES condamne fermement l’intervention des forces de l’ordre actuellement en cours sur le site de la ZAD de Notre Dame des Landes.

Au-delà des points de vue parfois différents que l’on peut avoir sur l’occupation du site de la ZAD il est inadmissible que l’Etat emploie de tels moyens disproportionnés, répressifs, faisant usage de violences à l’égard de personnes qui sont présentes en majorité de façon pacifique. Nous nous interrogeons sur l’utilité de cette intervention maintenant et sur la volonté du Gouvernement de masquer la contestation sociale grandissante dans le pays : cheminots, électriciens-gaziers, salariés du commerce, fonctionnaires, salariés des EPHAD, étudiants….

D’une manière générale cette intervention s’inscrit dans une logique globale de répression par la force des mouvements de contestation en cours dans notre pays contre les différents projets Gouvernementaux visant à détruire le code du travail, casser les services publics, mettre à mal la Sécurité Sociale, mettre en danger notre système de santé, imposer un système néolibéral, détruire l’héritage du Conseil National de la Résistance, des conquis sociaux et du modèle du société qui en résultent.

A Nantes il n’est plus possible de manifester pacifiquement, sans subir de jets de gaz lacrymogènes, de grenades de désencerclement, de canon à eau, de coups de matraques, entraînant à chaque manifestation des traumatismes nécessitant des interventions aux urgences.

A plusieurs reprises des manifestants, dont des militants CGT, ont été interpellés pour des raisons souvent obscures.

Dans plusieurs facultés en France des CRS sont intervenus contre des étudiants, ce alors qu’à plusieurs endroits des groupuscules d’extrême droite interviennent avec violence sans être inquiétés.

Nous nous inquiétons et nous condamnons cette dérive autoritaire du pouvoir actuellement en place.

Doit-on attendre qu’un drame se produise ? Doit-on accepter silencieusement que toute contestation s’avère impossible parce qu’étouffée par un pouvoir dérivant de plus en plus vers une tentation autoritariste ?

L’UNION LOCALE CGT DE NANTES

Communiqué du PCF 56 - 13 avril 

Le PCF solidaire des expulsé.e.s

La mise en place de l’expérimentation sociale, agricole et environnementale portée par les opposants à l’aéroport, pouvant répondre à la grave crise que nous connaissons, demande un peu de temps.

On sait bien que tout progrès suit une période d’expérimentation. Tous les acteurs, occupants de la ZAD, pouvoirs publics s’étaient engagés dans ce processus.

Mais, malgré la promesse de la Préfète, représentant de l’Etat, de tenir cette concertation, le gouvernement a fait le choix par une violence déchainée, d’interrompre le dialogue, de venir détruire avec des tractopelles, des blindés et des milliers de gendarmes mobiles, l’espoir qui a été semé sur les terres de Notre-Dame-des-Landes, brisant la vie de centaines de personnes qui s’étaient investies dans ces lieux délaissés.

Après l’abandon du projet de nouvel aéroport, Macron et son gouvernement veulent prendre leur revanche, et ainsi détourner l’attention des français.e.s, du mouvement social de la SNCF, français.e.s qui rejettent de plus en plus ce gouvernement arrogant et autoritaire.

1 soignante pour 30 patients, 10 gendarmes mobiles pour 1 zadiste Où est l’erreur ! Le PCF 56 soutient les projets agricoles innovants et les expériences en cours à NDDL, il condamne l’opération policière inacceptable.

La fédération PCF 56 appelle chacun et chacune à venir manifester sa solidarité sur la ZAD dimanche prochain.

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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 07:08

Ce droit de réponse a été envoyé au Télégramme avant-hier en demandant une publication partielle sur le journal qui compte plusieurs centaines d'abonnés parmi les adhérents et sympathisants communistes, malgré la ligne éditoriale nationale, et sur le site internet. Pour l'instant, rien n'est paru! Mais on ne désespère pas: la marque distinctive d'un communiste est son optimisme et son volontarisme!  

 

Droit de réponse du PCF: le communisme aurait fait le lit de l'islamisme. N'en jetez plus Monsieur Wolton, et cessez d'inverser les rôles des uns et des autres.  

 

Quelle n'a pas été notre surprise le jeudi 12 avril en ouvrant le Télégramme à lire l'interview de Thierry Wolton par Christine Clerc dans les pages nationales. 

Le titre a de quoi faire bondir n'importe quel historien ou connaisseur sérieux de l'histoire et de la politique internationale! 

Jugez plutôt:   

 

Thierry Wolton: "Le communisme a fait le lit de l'islamisme". 

C'est comme si on arrivait à confondre les rôles en rembobinant le film en accéléré et en prenant ça pour l'histoire! 

 

Même si le communisme a sans doute des caractéristiques en commun et même pourquoi pas en héritage avec des aspirations humanistes et universalistes de certaines religions, les communistes dans l'histoire sont plutôt réputés être généralement des athées matérialistes ayant voulu séculariser les sociétés, combattre l'emprise des religions sur la vie sociale, car elles étaient pensées comme des instruments au service du fatalisme et de la résignation à l'exploitation, des idéologies masquant la réalité des rapports sociaux marqués par la lutte des classes.

 

Au Moyen-Orient, au Proche-Orient, dans les pays arabes et d'Afrique en général, les communistes ont défendu une vision séculière progressiste et fraternelle transcendant les appartenances religieuses et communautaires.

 

Ce n'est pas un hasard si en Syrie, en Irak, en Egypte, au Liban, les principaux représentants communistes et leurs électorats appartenaient souvent à des minorités, Kurdes notamment, mais aussi chrétiennes, voulant laïciser l'Etat et la société, comme du reste les Juifs dans les sociétés dominés par l'anti-judaïsme chrétien traditionnel et l'antisémitisme en Europe de l'est.     

 

Le communisme a été le premier au pouvoir à prôner l'arrêt des discriminations liés aux origines religieuses et communautaires, l'égalité femmes-hommes, le droit au divorce, à l'IVG, le droit de vote des femmes, la sécularisation de la société. 

Historiquement, l'islamisme a été porté depuis les années 50 par l'Arabie Saoudite et les pays du Golfe dans les sociétés arabes et africaines. Ces pétromonarchies ont été des alliés privilégiés des Américains depuis le début de la guerre froide, de par leur soutien objectif à l’État d'Israël et leur financement de la lutte anticommuniste. 

 

Les Américains et leurs alliés Wahhabites ont financé les Frères Musulmans dans des Etats qui étaient soit non alignés et d'idéologie progressiste anti-colonialiste, soit alliés de l'URSS. Ce sont eux qui ont exporté un Islam fondamentaliste, réactionnaire, hostile à la laïcité et aux idées politiques et sociales progressistes.     

 

En Irak, en Syrie, en Egypte, que Thierry Wolton prend en exemple, sans aucun souci de vraisemblance historique, les militants communistes, très nombreux dans les années 50-60, à la base des processus de décolonisation, ont été aussi bien la cible des dictatures "laïques" à base de partis uniques qui s'y sont mis en place que des Islamistes quand ceux-ci ont commencé à vouloir prendre le pouvoir dans les années 70-80.

 

En Algérie aussi.

 

En Iran également où, après avoir constitués la première force révolutionnaire opposée au Shah, les communistes, parties prenantes de la révolution de 1979 car premières victimes de cette dictature capitaliste soutenue par les USA et les Anglais, ont été emprisonnés, persécutés, massacrés par les islamistes.

 

L'essor de l'islamisme n'a pas été porté d'abord par les mouvements de décolonisations soutenus par les communistes au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et de la lutte contre l'exploitation capitaliste mais par la dérive autoritaire des régimes nés de la décolonisation et par le soutien des forces les plus anti-communistes et rétrogrades de l'Islam à des mouvements sectaires et terroristes. 

 

Où donc a prospéré l'islamisme, dans sa version intolérante et violente, sinon au Pakistan, allié des Américains, sinon à Afghanistan, où les Américains ont financé les groupes islamistes locaux et le djihadisme islamisme contre le gouvernement communiste (1973-1978), puis contre l'invasion de l'URSS, des alliés qui se sont ensuite retournés contre leur créateur apprenti sorcier, l'oncle Sam, comme d'incontrôlables Frankenstein? 

 

Quels plus précieux soutiens au développement de l'islamisme le plus barbare dans ses expressions d'intolérance et de violence ont donné les deux invasions américaines de l'Irak et de la Libye, à chaque fois avec la bénédiction de l'Arabie Saoudite dont sont venus ensuite les fonds pour faire agir Al Qaida, Daesch et compagnie? 

 

Faut-il se laisser intimider par les arguments raccourcis et massifs de Thierry Wolton sur les 50 millions de morts du communisme qui porterait en plus tous les fléaux de la terre.  

 

Nous ne méconnaissons rien des échecs, les crimes et les tragédies des expériences socialistes totalitaires et autoritaires, jusque dans leurs formes les plus graves, sous l'URSS de Staline, la Chine de Mao ou le Cambodge. Ce n'était que des caricatures du communisme. Depuis longtemps le PCF affirme que le communisme authentique n'est pas concevable dans la dictature d'un parti unique et sans démocratie. 

 

Cette comptabilité macabre décontextualisée n'a aucun sens.

 

Ou alors, il faut mettre d'autres morts dans la balance... 

 

Va t-on imputer les millions de morts des Croisades, de l'Inquisition et de la conquête de l'Amérique au christianisme en en faisant un élément disqualifiant de cette croyance et de cette spiritualité? 

 

Va t-on imputer au capitalisme allemand (et pas que...) qui a soutenu l'ascension au pouvoir d'Hitler les 70 millions de morts de la Seconde Guerre Mondiale?

 

Au capitalisme européen les 18 millions de morts de la première guerre mondiale provoquée par la concurrence des impérialismes capitalistes? Et aussi les dizaines de millions de morts du colonialisme, de l'esclavage, les millions de morts des famines irlandaises, indiennes, égyptiennes du XIXe siècle ? A quand le livre noir du libéralisme économique? 

 

En réalité, des diatribes aussi grossières et globalisantes qui additionnent sans rien expliquer ni comprendre ne poursuivent qu'un but: éliminer des esprits tout espoir d'un monde égalitaire où les travailleurs géreraient eux-mêmes leurs outils de production, d'un monde délivré de la dictature des riches, des multinationales, des marchands de canon.

 

Elles visent à faire oublier aux Français qu'ils doivent aussi la défense de la République et de leurs libertés en 1936, de 1940 à 1945, de 58 à 61 quand les menaces de coups militaires et de l'OAS étaient réels, aux communistes, sans parler des grandes conquêtes sociales: congés payés, loisirs populaires, culture pour tous, droit de vote des femmes, Sécurité Sociale, statut des fonctionnaires et grands services publics, légalisation de la contraception et de l'avortement, en grande partie aux combats émancipateurs des communistes. 

 

En tout cas, une chose peut nous réjouir: notre faculté à nous attirer une haine toujours aussi farouche des tenants de l'ordre établi témoigne que, en dépit des proclamations suivant lesquelles nous serions définitivement morts et enterrés, nous continuons à faire un peu peur (ce spectre qui hante l'Europe du capitalisme financier dérégulé et ultra-brutal !) au camp des possédants qui ont bien conscience quelque part de l'indécence de leurs privilèges et de leur monde. 

 

Le procédé identique est employé contre la Révolution Française ou la Commune que l'on délégitime en les réduisant à des aspects violents sans prendre en compte les dimensions émancipatrices, justifiées et porteuses de nouveauté et de progrès humain de ces événements qui ont fait trembler l'ordre ancien inégalitaire. 

 

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère        

 

 

Quelle n'a pas été notre surprise ce matin en ouvrant le Télégramme à lire l'interview de l'essayiste de droite Thierry Wolton par l'éditorialiste Christine Clerc dans les pages France du journal régional de ce jeudi 12 avril. 

Le titre a de quoi faire bondir n'importe quel historien ou connaisseur sérieux de l'histoire et de la politique internationale! 

Jugez plutôt:   

Thierry Wolton: "Le communisme a fait le lit de l'islamisme". 

Même si le communisme a sans doute des caractéristiques en commun et même pourquoi pas en héritage avec des aspirations humanistes et universalistes de certaines religions, les communistes dans l'histoire sont plutôt réputés pour avoir voulu séculariser les sociétés, combattre l'emprise des religions sur la vie sociale, car elles étaient pensées comme des instruments au service de la résignation à des ordres sociaux inégalitaires et à l'exploitation, des idéologies masquant la réalité des rapports sociaux marqués par la lutte des classes.

Au Moyen-Orient, au Proche-Orient, dans les pays arabes et d'Afrique en général, les communistes ont défendu une vision séculière progressiste et fraternelle transcendant les appartenances religieuses et communautaires.

Ce n'est pas un hasard si en Syrie, en Irak, en Egypte, au Liban, les principaux représentants communistes et leurs électorats appartenaient souvent à des minorités, Kurdes notamment, mais aussi chrétiennes, voulant laïciser l'Etat et la société, comme du reste les Juifs dans les sociétés dominés par l'anti-judaïsme chrétien traditionnel et l'antisémitisme en Europe de l'est.     

Le communisme a été le premier au pouvoir à prôner l'arrêt des discriminations liés aux origines religieuses et communautaires, l'égalité femmes-hommes, le droit au divorce, à l'IVG, le droit de vote des femmes, la sécularisation de la société. 

Historiquement, l'islamisme a été porté plutôt par l'Arabie Saoudite et les pays du Golfe dans les sociétés arabes et africaines, lesquels ont été des alliés privilégiés des Américains depuis le début de la guerre froide. Les Américains et leurs alliés Wahhabites ont financé les Frères Musulmans dans des Etats qui étaient soit non alignés et d'idéologie progressiste anti-colonialiste, soit alliés de l'URSS. Ce sont eux qui ont exporté un Islam fondamentaliste, réactionnaire, hostile à la laïcité et aux idées politiques et sociales progressistes.     

En Irak, en Syrie, en Egypte, que Thierry Wolton prend en exemple, sans aucun souci de vraisemblance historique, les militants communistes, très nombreux dans les années 50-60, à la base des processus de décolonisation, ont été aussi bien la cible des dictatures "laïques" à base de partis uniques qui s'y sont mis en place que des Islamistes quand ceux-ci ont commencé à vouloir prendre le pouvoir dans les années 70-80. En Algérie aussi. En Iran aussi où, après avoir constitués la première force révolutionnaire opposée au Shah, les communistes, parties prenantes de la révolution de 1979 car premières victimes de cette dictature capitaliste soutenue par les USA et les Anglais, ont été emprisonnés, persécutés, massacrés par les islamistes.

L'essor de l'islamisme n'a pas été porté d'abord par les mouvements de décolonisations soutenus par les communistes au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et de la lutte contre l'exploitation capitaliste mais par la dérive autoritaire des régimes nés de la décolonisation et par le soutien des forces les plus anti-communistes et rétrogrades de l'Islam à des mouvements sectaires et terroristes. 

Où a prospéré l'islamisme, dans sa version intolérante et violente, sinon au Pakistan, allié des Américains, sinon à Afghanistan, où les Américains ont financé les groupes islamistes locaux et le djihadisme islamisme contre le gouvernement communiste (1973-1978), puis contre l'invasion de l'URSS, des alliés qui se sont ensuite retournés contre leur créateur apprenti sorcier, l'oncle Sam, comme d'incontrôlables Frankenstein? 

Quels plus précieux soutiens au développement de l'islamisme le plus barbare dans ses expressions d'intolérance et de violence ont donné les deux invasions américaines de l'Irak et de la Libye, à chaque fois avec la bénédiction de l'Arabie Saoudite dont sont venus ensuite les fonds pour faire agir Al Qaida, Daesch et compagnie? 

Ne nous laissons pas intimidés par le matraquage d'un Thierry Wolton sur les 50 millions de morts du communisme qui porterait en plus tous les fléaux de la terre.  

Nous ne méconnaissons rien des échecs, les crimes et les tragédies des expériences socialistes totalitaires, jusque dans leurs formes les plus graves, sous l'URSS de Staline, la Chine de Mao ou le Cambodge, mais ce n'était que des caricatures du communisme. 

La comptabilité macabre décontextualisée n'a aucun sens. Va t-on imputer au capitalisme allemand (et pas que...) qui a soutenu l'ascension au pouvoir d'Hitler les 70 millions de morts de la Seconde Guerre Mondiale? Au capitalisme européen les 18 millions de morts de la première guerre mondiale provoquée par la concurrence des impérialismes capitalistes? Et aussi les dizaines de millions de morts du colonialisme et de l'esclavage?

En réalité, des diatribes aussi grossières et globalisantes qui additionnent sans rien expliquer ni comprendre ne poursuivent qu'un but: éliminer des esprits tout espoir d'un monde égalitaire où les travailleurs géreraient eux-mêmes leurs outils de production, d'un monde délivré de la dictature des riches, des multinationales, des marchands de canon.

Elles visent à faire oublier aux Français qu'ils doivent aussi la défense de la République et de leurs libertés en 1936, de 1940 à 1945, de 58 à 61 quand les menaces de coups militaires et de l'OAS étaient réels, aux communistes, sans parler des grandes conquêtes sociales: congés payés, loisirs populaires, culture pour tous, droit de vote des femmes, Sécurité Sociale, statut des fonctionnaires et grands services publics, légalisation de la contraception et de l'avortement, en grande partie aux combats émancipateurs des communistes. 

En tout cas, une chose peut nous réjouir: notre faculté à nous attirer une haine toujours aussi farouche des tenants de l'ordre établi témoigne que, en dépit des proclamations suivant lesquelles nous serions définitivement morts et enterrés, nous continuons à faire un peu peur au camp des possédants qui ont bien conscience quelque part de l'indécence de leurs privilèges et de leur monde. 

Le procédé identique est employé contre la Révolution Française ou la Commune que l'on délégitime en les réduisant à des aspects violents sans prendre en compte les dimensions émancipatrices, justifiées et porteuses de nouveau historiquement de ces événements qui ont fait trembler l'ordre ancien.

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère        

 

 

    

Le Télégramme jeudi 12 avril

Le Télégramme jeudi 12 avril

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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 05:21
René Vautier, le porteur de drapeau à droite, en 1945. Le scout de Quimper a effectué de nombreuses "missions", l'année où il préparait son bac: c'était lui qui représentait le clan des Eclaireurs lors des cérémonies officielles (collection René Vautier - repris par Philippe Chapleau et l'équipe du livre "Des enfants dans la Résistance", Ouest-France)

René Vautier, le porteur de drapeau à droite, en 1945. Le scout de Quimper a effectué de nombreuses "missions", l'année où il préparait son bac: c'était lui qui représentait le clan des Eclaireurs lors des cérémonies officielles (collection René Vautier - repris par Philippe Chapleau et l'équipe du livre "Des enfants dans la Résistance", Ouest-France)

René Vautier en Algérie

René Vautier en Algérie

René Vautier chez lui à Cancale (photo Ouest-France)

René Vautier chez lui à Cancale (photo Ouest-France)

 Né le 15 janvier 1928 à Camaret-sur-Mer (Finistère), mort le 4 janvier 2015 à Cancale où il vivait depuis des années, René Vautier est un cinéaste engagé, anticolonialiste, antimilitariste. 

Ses films et ses documentaires profondément novateurs sur le rapport au réel les plus connus sont "Afrique 50" (1950), "Un homme est mort" (1950), "Anneau d'or" (1956), "Avoir vingt ans dans les Aurès" (1971), "Frontline" (1976), "Marée Noire, colère rouge" (1978). 

Alors que René Vautier était décoré de la croix de guerre à 16 ans en 1945, pendant la guerre d'Algérie, il eut le courage par conviction anti-colonialiste et par goût du témoignage inédit de suivre des fellagas du FLN pendant plusieurs mois à l'insu évidemment des autorités coloniales avant d'être arrêté par le FLN et de passer plus de deux ans dans ses prisons. 

Ce fut aussi un adhérent communiste jusqu'à sa mort, et un militant du Mouvement de la Paix. 

Dans le livre richement illustré Des enfants dans la Résistance (1939-1945) (édition Ouest-France), Philippe Chapleau nous fait revivre la naissance à l'engagement de René Vautier à Quimper, comme scout résistant, à travers la retranscription d'un interview passionnant. 

 

René Vautier revient sur son adolescence de résistant dans le Sud-Finistère et les blessures intimes que cela a engendré pour lui:  

" Je suis né le 15 janvier 1928 à Camaret. A 9 ans, j'ai quitté Brest pour Quimper, où ma mère était institutrice dans une école de la ville, sur le bord de la route de Pont-l'Abbé. Elle était divorcée. Nous vivions à trois, avec mon frère aîné, Jean, qui avait 16 ans. 

En 1939, mon père, que je n'avais pas vu depuis quelques temps, a été mobilisé. Il a été envoyé dans un casernement de Quimper, à 300 mètres de l'école de ma mère. Je suis allé lui rendre visite plusieurs fois; ça a été mon premier contact avec la guerre. Chez nous, on ne parlait pas beaucoup de la Grande Guerre. En revanche, dès que les Allemands sont arrivés, on a eu une réaction immédiate: il fallait faire quelque chose.

Mon frère et quelques-uns de ses copains des Éclaireurs de France ont échafaudé un plan: ils projetaient de quitter la France en allant prendre l'avion à Pluguffan pour gagner l'Angleterre. Nous, les plus jeunes des Éclaireurs, on était six ou sept: il y avait Bob, Jojo... On a décidé de retarder les Allemands en barrant la route et en faisant des barrages. On a commencé à creuser des trous, des tranchées... Il fallait qu'on donne du temps à nos aînés pour qu'ils puissent s'envoler de l'aérodrome de Pluguffan. C'était complètement dingue, mais ça nous a marqués parce qu'on s'est fait tirer dessus par les premiers soldats allemands qui sont arrivés; c'était en juillet 1940. Ils étaient en side-car, avec de grands cirés, un fusil-mitrailleur à l'avant du side-car. Impressionnant! On a quand même décidé de continuer à balancer des cailloux. Quand ils ont vu qu'ils étaient immobilisés par des rochers sur la route et par des gamins qui leur jetaient des pierres, ils ont tiré en l'air. On a couru très vite à l'abri...   Ce fait d'armes n'a guère impressionné les gens du coin qui nous en voulaient d'avoir creusé des tranchées: ça allait attirer les avions allemands. Certains d'entre nous se sont pris des gifles et on été condamnés à reboucher nos trous! 

Les adultes n'étant pas d'accord avec nous, nous avons décidé que nous mènerions notre résistance nous-mêmes. Comme le lycée avait été réquisitionné par les Allemands, les élèves de 6e, 5e et 4e, suivaient les cours de l'autre côté de la ville, route de Brest. Tous les matins, il fallait donc que je traverse toute la ville. C'est alors qu'on a eu une idée. Au début, c'était comme une plaisanterie: on déplaçait les poteaux indicateurs mis en place par les Allemands. Mais, quand les Allemands ont placé des sentinelles près des fameux poteaux de signalisation, on s'est pris au jeu et on leur a compliqué la vie autant qu'on pouvait. C'est à cette époque que j'ai trouvé des poèmes de Victor Hugo; je me suis mis à les lire aux copains. C'était des poèmes de résistance, de lutte contre les Prussiens. Je trouvais ça bien. 

Quand on partait camper avec le groupe des Éclaireurs de France qui continuait à fonctionner, je lisais aussi ces poèmes. Mon professeur de français m'a appelé un jour; il s'appelait Xavier Trélu. Il m'a demandé pourquoi je lisais ces textes. Je lui ai répondu qu'il fallait qu'on appelle les gens à la résistance contre l'occupant. Il s'est alors arrangé pour que je reçoive les premières éditions de littérature clandestine, des textes des Lettres françaises *. 

*Le journal du Front National pour la Libération de la France, à visée de rassemblement mais à base communiste, dont le responsable était Louis Aragon  

 

 

Les lettres françaises, avril 1944 ( Gallica, BNF)

Les lettres françaises, avril 1944 ( Gallica, BNF)

Je lisais ça dans la cour. Le groupe des Éclaireurs a ainsi été un petit peu éduqué dans cet esprit. Un jour Xavier Trélu a disparu. On a appris qu'il était parti en Angleterre. C'était en 1942. 

On a alors appris que les Allemands avaient tué des parachutistes qui avaient été largués le long de la côte. On n'a jamais su exactement ce qui s'était passé. Toujours est-il qu'on a pensé que ces paras étaient venus pour faire des relevés, dresser des plans de défense côtières, étudier les zones de tir... Pourquoi pas nous?   

En tant qu’Éclaireurs, on avait le droit de marcher le long de la côte: on pouvait aussi faire du renseignement. On a commencé à faire des relevés des angles de tir de casemates. Jusqu'au jour où le responsable du groupe nous a convoqués. Il s'appelait Albert Philippot. Il était professeur à l'école Jules-Ferry, c'est-à-dire le cours complémentaire qui était juste en face du lycée. Philippot nous a fait la leçon: "Vous faites des bêtises qui risquent de se retourner contre vous et contre beaucoup de monde". 

On a eu beau expliquer nos activités, ça ne l'a pas convaincu. Il nous a demandé de lui remettre nos relevés. On a tout donné. Mais quinze jours plus tard, il est revenu nous voir: "Bon, vous pouvez continuer; soyez quand même plus discrets". C'était en 1943. Philippot nous a même fourni du matériel, des compas par exemple. Ce qu'on ne savait pas, c'est qu'il allait devenir le chef des FFI du Sud-Finistère. 

Un jour de mai 1944, tout le lycée a été fouillé par les Allemands. J'avais sur moi des relevés que je devais remettre à Philippot. Notre professeur de français, dont on apprendra qu'il était lieutenant dans les FFI, a protesté quand les soldats ont fait irruption dans la classe. Il a entraîné les officiers allemands chez le proviseur. Il est seulement resté un garde dans notre salle de classe, un vieux soldat. Les élèves ont commencé à chahuter. Moi, j'étais au premier rang. Je voulais me débarrasser des trois feuilles de relevés. J'ai plié deux feuilles pour en faire des bateaux et une pour en faire un avion. J'ai engagé la conversation avec le soldat en lui parlant des cuirassés allemands et de la Luftwaffe et en m'expliquant avec mes bateaux de papier. A la fin, j'en ai fait des boulettes que j'ai jetées par terre. Heureusement, car les officiers sont revenus et ont fouillé mon sac et celui d'André, un copain. Ils sont repartis les mains vides. 

Nous, à partir de ce jour-là, on n'a plus remis les pieds au lycée. On s'est cachés prs d'Audierne, chez un certain Trividic. Comme on n'avait pas d'armes, on a projeté de piquer les revolvers des gendarmes locaux. A défaut, on a volé celui d'un Feldgendarm dans une salle de bal réservée aux Allemands. Un revolver et six balles qu'on n'a pas gardés longtemps puisque le frère de Jojo nous les a confisqués! 

Près des casemates, on avait aussi repéré des dépôts de munitions. On s'est dit alors qu'il devait y en avoir d'autres en ville, que ça pouvait être utile d'avoir des munitions parce qu'on parlait de maquis... Nos aînés, dont Jean, mon frère, apprenaient déjà à se servir de mitraillettes, toujours grâce au fameux Philippot! On a donc commencé à piller des dépôts allemands en 1944. Au début, on piquait cinq ou six grenades; à la fin, on y allait carrément avec des sacs! On a ainsi pu fournir des grenades à Jean et ses copains Éclaireurs et Routiers.  On est devenus des pourvoyeurs pour d'autres groupes de résistants. 

Fin 1944, on a failli se faire prendre, mon copain Bob et moi. Des Allemands nous ont pris en chasse, place de la Tour-d'Auvergne. Deux side-cars nous sont tombés dessus et nous ont coursés dans les rues. On a dû se séparer. J'ai réussi à me mettre à l'abri mais je n'avais pas de nouvelles de Bob. C'est alors qu'on m'a dit qu'un jeune homme avait été tué par des Allemands en side-car du côté de la gare. J'ai décidé de le venger. 

Il y avait, à Quimper, des convois en transit. Des camions quittaient Concarneau pour se rendre vers Brest ou vers la presqu'île de Crozon. J'ai pris mes grenades et j'ai "marché au canon", vers la sortie de la ville où les résistants tentaient de bloquer ces convois. J'ai attaqué un camion allemand en stationnement. J'ai balancé une grenade dans la cabine par le toit ouvert. Au même moment, un soldat allemand s'est redressé; la grenade l'a touché à la poitrine avant d'exploser. J'ai vu ce que cela donnait... Du coup, je suis reparti. 

Après, j'ai appris que Bob n'était pas mort du tout, qu'il me cherchait de son côté. J'avais conscience d'avoir tué. J'en ai parlé à Philippot. Lui et mon prof de français, André Monteil, qui commandait les FFI de Quimper et qui deviendra député MRP (Mouvement républicain populaire) du Finistère, ont décidé que nous, les plus jeunes, nous devions être épargnés, que nous devions éviter de tuer à 16 ans. Ils ont décidé de nous rattacher au commandement. Nous, c'était un groupe de de vingt et un gars des Éclaireurs de France. On a continué comme approvisionneurs. moi, de toute façon, je ne voulais plus du tout me servir d'une arme. Au total, sur les vingt et un jeunes du groupe, sept seront tués.

Je me suis fait coincer pour de bon pendant les combats pour la libération de Quimper. Au retour d'une expédition dans un dépôt, je m'étais réfugié avec un autre garçon dans un bâtiment de la préfecture auquel les Allemands ont mis le feu. On a été capturés. Je me suis retrouvé attaché à un tuyau dans la cave de la Kommandantur, passé à tabac (ils m'ont cassé deux dents) pour me faire taire! J'ai réussi à m'évader pendant mon transfert vers la gare: j'ai sauté du camion et j'ai rejoint les copains qui ont eu du mal à me reconnaître tant mon visage était tuméfié.

Quand Quimper a été libéré, on été rattaché à la 6e compagnie du bataillon FFI de Quimper, comme gardes de l'état-major. Philippot pouvait ainsi nous avoir à l’œil. C'était à l'époque où les combats se poursuivaient entre le Menez Hom et Brest. Les accrochages étaient fréquents entre FFI et Allemands. Un jour, le PC (poste de commandement) a été encerclé et investi. L'état-major a dû se replier. Nous, ce jour-là, on servait de vigies du haut d'un clocher. On est restés là-haut pendant toute une journée. Les copains nous avaient oubliés! 

C'est pendant cette période de combat, en août, qu'a eu lieu le bombardement de Telgruc, près de Crozon. Les canons allemands qui tiraient vers l'intérieur des terres devaient être détruits. La mission a été confiée aux FFI, appuyés sur les chars américains. Le 3 septembre, ils ont progressé mais l'aviation américaine ne le savait pas. Il y a donc eu un bombardement de Telgruc. Nous, on était restés bloqués à 5 ou 6 kilomètres, à cause d'une panne de camion. Ce qui nous a sauvé la vie. 

Les bombes des B-17 ont tué 52 civils, 25 FFI et 11 soldats américains. Trois éclaireurs, dont Roger Le Braz, le chef du clan, ont été tués ce jour-là au cours du bombardement, qui a fait beaucoup de victimes civiles. A partir de là, le clan des Éclaireurs a changé de nom. Il s'appelait le "clan René-Madec" et il est devenu le clan "Roger-Le Braz". C'est sous ce nom qu'il a été cité à l'ordre de la Nation. 

Pour moi, ce bombardement marque la fin de la guerre. On est rentrés pour enterrer les gars à Quimper. Le chien de Roger Le Braz a suivi le cercueil de son maître. 

J'ai alors été démobilisé, cinq jours avant de passer les épreuves du premier bac. J'avais déjà passé deux épreuves, français et latin, le 6 juin 1944; j'ai été reçu avec la mention "bien". Mon année de philo a été détestable. Je n'aimais pas les cours de philo. Je séchais souvent mais j'avais une bonne raison: j'étais en "mission". En fait, j'étais le porte-drapeau du clan. On m'appelait dès qu'il y avait une inauguration d'une rue qui portait le nom d'un résistant. 

Je suis ensuite entré à l'Institut des hautes études cinématographiques. J'avais passé le concours d'entrée en 1946. Je suis alors parti pour Paris. Sans jamais perdre de vue les copains du clan, j'ai commencé une carrière de cinéaste"      

Propos recueillis par Philippe Chapleau, Des enfants dans la Résistance (1939-1945), Ouest-France.    

Retranscrits par Ismaël Dupont qui remercie vivement notre ami France Chapa de St Malo, qui a bien connu René Vautier au sein de la fédé PCF d'Ille-et-Vilaine et lors des fêtes de section, pour nous avoir fait découvrir ce texte.  

Collection René Vautier - livre "Des enfants dans la résistance (1939-1945) Philippe Chapleau, Ouest-France - quatre photos du clan scout résistant en action: sur l'une des photos, on aperçoit bien les grenades allemandes passées à la ceinture de René Vautier (au centre) et de ses camarades

Collection René Vautier - livre "Des enfants dans la résistance (1939-1945) Philippe Chapleau, Ouest-France - quatre photos du clan scout résistant en action: sur l'une des photos, on aperçoit bien les grenades allemandes passées à la ceinture de René Vautier (au centre) et de ses camarades

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