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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 17:00
Retrait de la loi El-Khomri #OnVautMieuxQueÇa!
Sous la pression populaire, le gouvernement a réécrit quelques articles de la loi travail. Mais la logique du texte reste la même : elle fragilise les salariés et ne permettra pas de s’attaquer au chômage.
Car ce n'est pas "le coût du travail trop élevé" qui affaiblit l'économie. C'est le coût du capital, la pression des marchés financiers, qui sacrifient l'emploi aux profits des actionnaires.
Amplifions la mobilisation jusqu’au retrait du projet ! De vraies réformes progressistes sont de plus en plus nécessaires. Seuls le partage et la coopération généralisés permettront de sortir de la crise par le haut. Construisons dès maintenant l’alternative politique qui permettra de les mettre en œuvre !

Jeudi 31 Mars Manifestons

le pays des impasses dans lesquelles la politique du gouvernement actuel l'enfonce.

Retrait de la loi El-Khomri #OnVautMieuxQueÇa!

LOI TRAVAIL EL- KHOMRI - Régressions sociales à tous les étages

Des régressions, en voici quelques-unes. Sans l’avouer ouvertement, le projet de loi met fin de fait aux trente-cinq heures. C’est une nouvelle attaque contre le temps libre, le temps consacré à la famille, aux loisirs, aux sports et à la culture, à l’engagement dans la vie associative. Ce texte dilapide des conquêtes sociales et progressistes conquises de haute lutte. Ainsi le gouvernement veut en finir avec l’existence en France d’une gauche de transformation sociale, qui agit au service des intérêts populaires, pour la réduire à la simple obéissance aux exigences du MEDEF.

1. On travaillerait plus pour gagner moins, jusqu’à douze heures par jour par simple « accord ».

2. Les licenciements seraient facilités. Les risques encourus par les patrons pour licenciement abusif seraient réduits.

3. Les femmes seraient particulièrement pénalisées, notamment à travers la déréglementation des temps partiels.

4. Les patrons auraient toute liberté pour décider quand commence la semaine et contourner la majoration du dimanche.

5. La médecine du travail, les prud’hommes, les institutions représentatives du personnel seraient laminés.

6. Contrairement à un principe fondateur de notre droit social destiné à protéger les salariés, des accords d'entreprises pourraient contenir des dispositions plus défavorables aux travailleurs que ce que prévoit la loi.

Retrait de la loi El-Khomri #OnVautMieuxQueÇa!

PROPOSITIONS DU PCF : zéro chômage – pour une société du partage

Le pays a besoin d’une mobilisation nationale pour la création d’emplois stables et correctement rémunérés faisant reculer le chômage et la précarité. Le PCF lance une campagne pour obtenir la mise en œuvre de ces propositions. Il ouvre le débat avec les salariés et les citoyens pour préparer une proposition de loi qui sera déposée à l'automne". "Éradiquer le chômage, c'est possible si nos mobilisations imposent une volonté politique de ne plus livrer nos emplois aux aléas du marché du travail, et de ne plus laisser patrons et marchés financiers décider où va l'argent".

1. Augmenter les salaires et baisser le temps de travail à 32 heures par semaine pour permettre la création de centaines de milliers d’emplois.

2. Créer une sécurité d’emploi et de formation garantissant à tout salarié la possibilité d’alterner périodes d’emploi et de formation sans passer par la case chômage.

3. Écrire un code du travail du 21e siècle qui permette de contester la mainmise des actionnaires et de la rentabilité financière sur les entreprises.

4. Prendre le contrôle du crédit bancaire, de l’argent public donné aux entreprises pour financer non pas des actionnaires sans contrepartie mais des programmes de création d’emplois et de formations qualifiantes, de recherche et d’innovation.

5. Donner aux salariés des droits et pouvoirs nouveaux d’intervention dans les choix des entreprises et aux citoyens et élus dans les choix de la cité.

6. Réformer le financement de la protection sociale pour inciter les entreprises à créer des emplois, financer le développement de la formation professionnelle, mutualiser les dépenses et mieux répartir les prélèvements entre les grands groupes et les PME.

ASSEZ DE POLITIQUES LIBERALES - 2017, construire l’alternative de gauche

L'énorme mobilisation qui monte contre ce projet de loi fait renaître l'espoir dans notre pays. En s'appuyant sur les exigences populaires qui s'expriment avec force en cette période, le PCF va, dès à présent, et dans la durée, lancer une grande campagne de propositions et d'action « zéro chômage, pour une société de partage ».

► Le pays a besoin d'une mobilisation nationale pour la création d'emplois stables et correctement rémunérés faisant reculer chômage et précarité.

► Nous porterons, dans cette campagne, l'exigence de prendre le contrôle du crédit bancaire, de l'argent public donné aux entreprises pour financer non pas des actionnaires sans contrepartie mais des programmes de création d'emplois et de formations qualifiantes, de recherche et d'innovation.

►Nous porterons l'exigence que soient donnés aux salarié-e-s, aux citoyen-ne-s et élu-e-s des droits et pouvoirs nouveaux d'intervention et un code du travail du 21e siècle qui permettent de contester la main mise des actionnaires et de la rentabilité financière sur les entreprises.

►Nous viendrons débattre avec vous, écouter vos propositions et présenter les nôtres. Notre objectif ? Réaliser d’ici l’été une grande consultation citoyenne pour construire le projet qui répondra à vos attentes.

Le Parti communiste français s'engage ainsi pour construire toutes les convergences qui permettront de bâtir une majorité politique nouvelle à gauche, dès les échéances législatives et présidentielle de 2017 pour sortir

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 06:00
Sortie du livre de Pierre Laurent, "99%", le 7 avril en librairie

Le livre de Pierre Laurent, intitulé 99 % sort en librairie le 7 avril. Il part de l'étude d'Oxfam international publiée début janvier sur les inégalités mondiales et notamment le chiffre « bombe » : les 1 % les plus riches de la planète détiennent plus de richesses que les 99 % restants.

Il a deux ambitions essentielles : faire la pédagogie du système capitaliste qui permet aux 1 % d'imposer leur loi et démontrer que les 99 % (et notamment les français) peuvent reprendre la main sur le cours de l'histoire. Il porte sur le besoin d'unité et de réinvestissement populaire dans la politique. On y retrouve des éléments d'analyse, de projet, la question de l'engagement, de la France et du PCF. Et contrairement à ce qu'on a pu lire dans certains médias, les questions soulevées vont au-delà de 2017 !

Destiné au grand public, 99 % met en cause les idées reçues et on peut dire qu'il tombe bien dans cette période de mouvement social contre la loi El Khomri !

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 13:00

Les communistes débattent actuellement de leur projet, de leur stratégie, des conditions dans lesquelles nous allons préparer la campagne des présidentielles et des législatives, des moyens de renforcer encore le dynamisme et l'audience de notre parti. Face à une situation complexe, périlleuse, et parsemée de pièges mais qui contient aussi tant de raisons de ne pas se démobiliser, de vouloir et de se battre, il est normal qu'il y a des débats, des positions différentes qui émergent.

Un projet de base commune a été adoptée au dernier CN début mars:

37 ème Congrès du PCF: Projet de base commune

Conseil National du PCF des 5 et 6 mars 2016

Voici sinon un des textes alternatifs potentiels (la liste sera arrêtée début avril) que j'ai signé à titre personnel. Il émane notamment des initiateurs de l'appel "Rallumer l'étincelle du Front de Gauche".

Ismaël Dupont.

http://www.ambition-communiste.fr/

Pourquoi ce texte ?

Ce projet de « base commune » alternative est né de la sérieuse inquiétude que nous sommes de nombreuses et nombreux communistes à ressentir à la lecture du projet adopté par le Conseil national des 5 et 6 mars. Nous pensons que le congrès doit être l’occasion d’éclairer franchement le débat entre les communistes quant à notre stratégie, notre projet, nos perspectives.

Nous sommes évidemment en accord avec beaucoup des objectifs et des propositions contenues dans sa partie « projet », même si nous ressentons que, une fois de plus, il s’agit davantage d’un texte de propositions pour une politique « de gauche » que de l’énoncé du sens et de la raison d’être communiste dans le monde d’aujourd’hui. De même, nombre des considérations sur le Parti nous paraissent justifiées, même si nous trouvons que le lien n’est pas réellement ni clairement établi entre cette raison d’être communiste, la stratégie qu’elle implique et une réelle transformation de nos pratiques et de notre organisation.

Mais le cœur de notre inquiétude porte sur la partie consacrée à notre orientation stratégique pour 2017. Nous avions depuis plusieurs congrès tiré les leçons des expériences de « l’Union de la gauche » et de la « Gauche plurielle » et élaboré une stratégie de rassemblement qui a débouché sur la création du Front de gauche. Certes, le projet de base commune y fait référence et propose de la prolonger. Mais dans les faits, nous constatons que la proposition d’une « primaire à gauche » pour « écarter l’impasse Hollande, Valls et consorts » et « faire émerger, pour l’élection présidentielle, une candidature commune », présentée comme le seul moyen de créer la surprise, de figurer et de l’emporter au second tour de cette élection, nous amène en réalité à la recherche d’une candidature de consensus avec un Parti socialiste discrédité, reproduisant au final le schéma ancien de la gauche plurielle.

Ce complet changement de stratégie nous ramènerait des années en arrière à un effacement de nos positions derrière une candidature au mieux social-démocrate, et probablement bien pire au vu de la configuration actuelle des forces. Cela assurerait selon nous une défaite de longue portée et aboutirait à renforcer encore le Front national qui paraîtrait une fois de plus comme la seule alternative aux politiques de plus en plus libérales menées alternativement par la droite et le Parti socialiste depuis au moins 30 ans.

Nous ne sommes plus en 2012. Nous sommes conscients que les politiques conduites par François Hollande et ses gouvernements constituent une accélération dramatique de ces politiques libérales. Mais nous savons aussi que dans une telle situation, il n’y aura aucune amélioration réelle pour notre peuple par le seul retour au programme énoncé par Hollande en 2012, et pas même aux politiques de Lionel Jospin entre 1997 et 2002. Retarder le moment de véritables ruptures antilibérales et de progrès démocratiques majeurs, et même retarder l’ouverture de la perspective de telles ruptures, ne font à chaque fois qu’aggraver la situation et imposer à notre peuple des épreuves de plus en plus catastrophiques.

C’est pourquoi nous ne soutiendrons pas cette proposition qui nous paraît irréaliste, dangereuse et vouée à un échec qui, de surcroît, conduirait à la marginalisation durable de notre parti. Et surtout, elle tourne le dos à la principale exigence politique de la période actuelle : créer les conditions d’une remobilisation populaire pour une véritable alternative de progrès social et humain sans laquelle rien n’est possible, créant même les conditions d’un pire avenir.

Lire le texte en ligne

Faites connaître ce texte !

Partagez ce texte sur les réseaux sociaux, sur Twitter, Facebook ou par email aux camarades dont vous pensez qu’ils pourraient être intéressés.

Premiers signataires

Théo ABRAMOWICZ (75), Abderrahmane AQLIBOU (18), Clément ARAMBOUROU (33), Christian AUDOUIN (87), Nawel BAB-HAMED (69), Elsa BARDEAUX (94), Alain BASCOULERGUE (93), Emmanuelle BECKER (75), Yannick BEDIN (18), Gilbert BERNARD (87), Gerard BILLON (92), Nicole BORVO COHEN-SEAT (75), Guy BOURDONNAIS (50), Jacques BOURGOIN (92), Marie-Pierre BOURSIER (92), Monique BRUN (75), Bruno CADEZ (59), Marie-Ange CARDAN (75), Liliane CASSAN (09), Lucie CHAMPENOIS (75), Joëlle CHASTRUSSE (92), Patrice COHEN SEAT (75), Anne COLAS (47), Joëlle COURTEL (77), Dominique CROZAT (91), Julien DE BENITO (84), Antoine DE CABANES (75), Jean-Paul DEBEST (75), Françoise DECAN (40), Nicole DECHERRY (69), Edmond DECHERRY (69), Francis DEQUET (75), Christian DESBOIS (32), Luca DI NELLA (75), Michel DUFFOUR (92), Bernard DUGAS (85), Jean Paul DUPARC (06), Ismaël DUPONT (29), Jean-Marc FERRAND (77), Alexandre FLEURET (75), Guy GAGNEPAIN (77), Fanny GAILLANNE (75), Joël GALLAIS (56), Gabriel GAU (75), Roger GAUVRIT (75), Grégory GEMINEL (94), Frédérick GENEVEE (94), Danièle GIOLI GAUVRIT (75), Francis GIUNTINI (91), Brigitte GONTHIER-MAURIN (92), Cécile GOUTMANN (77), Blandine HARLE (18), Madeleine HIVERNET (92), Colette JACOB (75), François JACOB (75), Sébastien JOLIS (94), Joel JOSSO (94), Philippe JUMEAU (56), Frédérique LALYS (50), Jean-Pierre LANDAIS (44), Christian LANGEOIS (14), Marcel LE BRONZE (44), Yann LE LANN (92), Martine LE NOZERH (29), Patrice LECLERC (92), Benjamin LECOLE (60), Nina LEGER (75), Julien LEGER (94), Jacques LEJAMTEL (50), Roland LEROY (34), Pablo LIVIGNI (75), Marcel LOPEZ (09), Miloud MANSOUR (50), Sonia MASSON (75), Paul MAYENS (75), Igor MAYNAUD (18), Claude MAZAURIC (34), Manuel MENAL (75), Francois MEYROUNE (89), Marie-Françoise MICHENAUD (85), Espinoza MIGUEL (92), Claire MILLERIOUX (18), Jean Pierre MOINEAU (94), Frank MOULY (77), Roland MUZEAU (92), Camille NAGET (75), Jacques NICOL (12), Pierre OUZOULIAS (92), David PELLICER (82), André PEREZ (12), Mathieu PICHARD (18), Hugo POIDEVIN (50), Peggy POULIN-BODEZ (28), Annick PRUDENT (18), Didier PRUDENT (18), Françoise QUAINQUARD (91), Nacim RAMDANI (18), Jean-Christophe RANOU (92), Alain RAYMONT (89), Didier REDRON (18), Jérôme RELINGER (75), Redwan REZZAK-MULERO (75), Nicolas ROBIN (75), Gérard ROME (87), Pascale ROME (87), Rose-May ROUSSEAU (94), Nora SAINT-GAL (94), Yvette SAINTIER (75), François SALAMONE (91), Alain SFRECOLA (04), Jean-Bernard SHAKI (77), Garry SINKIEWICZ (75), Frederic SOULA (84), Julien THOREZ (75), Sergio TINTI (75), Hugo TOUZET (75), Michel TUROMAN (75), Valérie VARENNE (50), Marion VAZEILLE-PONCET (75), Bernard VIOLAIN (85), Didier ZARZUELO (40)

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 20:01
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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 07:20

En collaboration avec le MJCF et le secteur Jeunesse du PCF, le LEM a conduit un travail d'auditions, d'analyse d'enquêtes et de notes sur la jeunesse sous l'angle des obstacles et des potentiels pour son engagement dans le combat émancipateur.


Dans cette période de mobilisation des jeunes contre la loi "Travail" et dans le même temps de la préparation de notre congrès, ce travail peut nous être utile. Tu trouveras ci-joint le cahier du LEM (Lien d'étude sur le mouvement des idées et des connaissances, revue du PCF).

Cette revue s'adresse aux militants et sympathisants communistes et plus largement aux organisations de jeunes, aux élu-es, aux acteurs professionnels, associatifs, syndicalistes dans le domaine de la jeunesse : enseignant-es , éducateurs-trices , Missions locales ....


Isabelle De Almeida
Responsable nationale du PCF des questions de la jeunesse

Prendre le parti pris de la jeunesse
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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 16:42

Ce « nouveau départ » aboutit au même terminus . Une seule solution, le retrait.

Manuel Valls a présenté aux organisations syndicales, patronales et de jeunesse, ce qu'il appelle le « nouveau départ » de la loi travail. Ce nouveau départ aboutit au même terminus . Une seule solution, le retrait.

La logique du texte, qui organise la précarité , facilite les licenciements dits économiques , s'attaque à la durée du temps de travail , reste la même : elle fragilise les salariés, et ne permettra pas de s'attaquer réellement au chômage, contrairement à ce qu'a affirmé le premier ministre dans sa présentation.

C'est ce que montre l'expérience des autres pays européens qui , comme en Allemagne, en Italie ou en Espagne, sous couvert de réformer leur droit du travail, ont développé la précarité et la réduction des droits pour les travailleurs, accru les inégalités , sans résoudre, au contraire, le problème du chômage.

Certes, les fortes mobilisations ont contraint le gouvernement à réécrire quelques articles de la loi, ou faire quelques effets d'annonce .C'est un des résultats positifs à mettre au crédit de toutes les femmes et hommes qui se mobilisent pour s'opposer à ce texte et en exiger un autre. C'est un encouragement pour élargir la riposte à ce texte .

En effet toutes les mesures annoncées restent dérogeables selon les entreprises, le barème des indemnités prud’homales n'est pas supprimé contrairement à l'exigence de tous les syndicats, mais devient seulement « indicatif », et la garantie jeune, faute de moyens budgétaires pour y répondre réellement , reste un effet d'annonce sans garantie d'application, alors que les missions locales connaissent des difficultés accrues, comme l'ensemble des acteurs locaux de l'insertion sociale et professionnelle des jeunes.

Il y a chez ce gouvernement , au-delà des effets d'annonce , un incroyable acharnement contre les salariés, leurs organisations, et le monde du travail.

La mobilisation doit donc se poursuivre , notamment les 17 mars, à l'appel des organisations de jeunesse, le 31 mars à l'appel des syndicats , pour exiger le retrait du texte , et reprendre les négociations sur de nouvelles bases, pour un code du travail répondant aux besoins de sécurisation réelle des parcours professionnels, s'attaquant réellement au cancer du chômage .

Le Parti communiste français est entièrement mobilisé-e-s pour pour contribuer à ce que la mobilisation se renforce encore jusqu'à ce que cet objectif soit atteint.

Il invite à ce que partout dans le pays des initiatives de rencontres de débats, puissent se tenir pour décrypter la réalité du projet de loi, élaborer des propositions alternatives, et renforcer la mobilisation.

Déclaration du Parti communiste français

17 mars: mobilisation contre la loi travail. Tract du PCF
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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 07:37

Ismaël Dupont, sur le texte-projet proposé pour la base commune et sur la feuille de route proposée pour 2017, incluant les primaires :

Le texte « Le Temps du Commun » est intéressant du point de vue de sa caractérisation de l'époque présente, du diagnostic, des valeurs qu'il explicite, de sa prise en charge d'enjeux fondamentaux du XXIe siècle (la révolution numérique, l'écologie, la Paix) mais il lui manque une clarification de nos propositions de court terme, et de nos objectifs de transformation sociale de moyens et de longs termes. On explique assez bien le « Dans quel monde on vit ? », le « Pourquoi ? », mais non le comment on veut et on pourrait changer profondément cette société, donner de l'efficacité à la volonté politique de transformation.

Tant que l'on n'aura pas des éléments précis d'un programme de transformation, il sera difficile de convaincre autour de nous, on n'aura pas non plus de lignes rouges et de cadre programmatique pour savoir avec qui on peut ou non s'allier, pour fixer des conditions de contenu à toute éventuelle alliance, mais cela ne suffit pas encore : il faut donner une idée peut-être un peu plus précise de la société que l'on veut construire si l'on veut pouvoir avoir l'écoute des gens.

La situation politique dans le pays est pour nous, c'est le moins que l'on puisse dire, complexe et piégée.

Les trahisons et la brutalité de la politique pro-capitaliste de Hollande et Valls, de plus en plus affranchie des exigences démocratiques minimales, de plus en plus minoritaire, isolé dans une gauche qu'ils mettent en pièce, ne profitent malheureusement pas, faute de mouvement social et de perspective politique suffisamment crédible, attractive et cohérente, à notre camp politique.

Du côté du Front de Gauche, Mélenchon est la figure politique qui parle le plus aux citoyens peu politisés mais on peut penser qu'il rassemblerait moins qu'en 2012 du fait de la manière dont il a agi avec le Front de Gauche depuis des années, de la manière dont il a annoncé sa candidature de manière très solitaire, très homme providentiel au-dessus des partis, très Ve république, mais aussi parce que beaucoup d'électeurs du FDG de 2012, convaincus à l'époque par la brillante campagne des présidentielles et son dynamisme collectif, ont été déçus par le côté politicien mégalo, sectaire, caricatural et souvent désinvolte sur le fond de Mélenchon.

Nous avons aussi notre part de responsabilité dans la panne du Front de Gauche : à travers peut-être le refus de discuter de l'adhésion directe, mais aussi et surtout à travers l'absence de campagne conquérante et de travail national unitaires du Front de Gauche depuis 2013.

Aux dernières régionales, c'est vrai que souvent les responsabilités de la division du Front de Gauche n'étaient pas de notre fait. Malheureusement, les déceptions liés à l'expérience de la gauche au pouvoir réagissent aussi sur nous.

Face à la montée du parti national populiste xénophobe de Marine Le Pen, face à la perspective d'un deuxième tour droite-extrême-droite, faut-il vouloir sauver la gauche, et peut-on la sauver du projet de liquidation de Valls-Hollande et de toute une partie de l'état major socialiste, complètement acquis aux intérêts de la finance et de la haute bourgeoisie?

Pour 2017, ce n'est peut-être pas politiquement correct de le dire, cela me semble peu probable de faire échec à la droite qui joue sur du velours, tellement la "gauche" de gouvernement a déçu. En tout cas, on ne pourra pas s'en sortir en misant sur un candidat socialiste.

Pour moi, l'enjeu, c'est surtout de retrouver l'écoute du peuple pour 2017 et après 2017 pour la gauche de rupture.

Suite les ruines de la social-démocratie, de nouvelles perspectives existent pour une recomposition du rapport de force à gauche, avec une montée en puissance de la gauche radicale, car il y a bien pour moi deux gauches qui ont peu à voir entre elles, la nôtre, c'est celle qui est toujours attachée à l'existence de la démocratie face à la dictature du capitalisme et des institutions bourgeoises et technocratiques qui le servent, l'Union Européenne au premier chef.

L'engagement dans le processus des primaires pose justement des questions par rapport à l'après 2017.

Même si les avis sont très partagés dans ma fédération, même si le besoin de recomposer la gauche est réel face à la montée de l'extrême-droite, beaucoup de camarades regrettent que l'on se soit engagé bien vite dans un processus de primaires en posant des actes et des déclarations publiques sans débat véritable à la base du Parti ni décision collective.

Ces camarades craignent un recentrage sur une visée d'union de la gauche, ou de gauche plurielle, prenant en compte tout le champ de la gauche institutionnelle en faisant peu de cas de la réalité du caractère contradictoire des projets politiques et des visées des uns et des autres.

Qui dit primaire dit normalement acceptation du résultat, or beaucoup de camarades n'envisagent pas d'avoir à voter ou militer pour une figure du PS qui aurait soutenu les premières années du gouvernement.

On n'a pas tout fait pour rendre le Front de Gauche plus conquérant et consistant.

Mais il ne faut pas aujourd'hui diluer la spécificité du projet de transformation que porte le PCF en s'alliant dès le premier tour avec des réformistes, alors même que la situation internationale et le stade de développement du capitalisme donnent de moins en moins de marge de manœuvre, voire aucune, à une social-démocratie sincère.

Les primaires, c'est aussi un risque d'OPA que Mélenchon pourrait réaliser à partir d'une logique un brin césariste et tribunitienne sur l'espace politique du PCF et du Front de Gauche. Le PCF ne doit pas réagir en expert comptable, ne penser qu'à la constitution d'un groupe de députés, même si nos députés et sénateurs jouent un rôle important dans l'opposition parlementaire et médiatique contre la régression sociale, il y a aussi à préserver et à continuer à construire avec constance comme dans d'autres pays européens un front du refus de la nouvelle gouvernance autoritaire du capitalisme, fondé sur l'idée de biens communs et la souveraineté démocratique.

Le PCF est un tournant. Nous avons retrouvé des couleurs sur le plan de l'idéologie et de la perception de notre utilité dans la société en 2005, puis en 2008-2009 : il faut faire attention à ne pas casser les espoirs que nous avons fait naître. Même pour les législatives, cela va être compliqué de trouver des candidatures porteuses partout en France si le Front de Gauche est fractionné, divisé. Pour beaucoup de nos camarades, une participation à la primaire serait vécue comme un brouillage d'identité démobilisateur.

Je me suis abstenu sur le texte 3 de la base commune sur les transformations du Parti, j'ai voté pour le texte Projet (texte 1), et contre le texte 2 sur la feuille de route des présidentielles impliquant l'engagement dans des primaires de la gauche, comme Joël Gallais, le secrétaire départemental du Morbihan et 13 autres délégués présents au CN.

Sur le texte sur les échéances de 2017 et l'engagement possible dans la primaire de la gauche : 15 contre, 5 abstentions, 88 pour.

Conseil National du PCF, samedi 5 mars: Intervention d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la Fédération du Finistère du PCF
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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 19:31
PCF: Lettre des relations internationales spéciale migrants

Le secteur International du PCF a pris l'initiative d'organiser une journée d'étude sur les enjeux migratoires s'adressant aux membres de l'Exécutif, responsables des commissions de travail du CN, secrétaires départementaux du parti, élus communistes et militants du parti engagés dans le milieu associatif et les actions de solidarité avec les migrants et réfugiés.

Elle se déroulera le samedi 2 avril, de 9h à 16h, au siège du Parti (salle 25), et se décomposera en quatre temps :

  • les dynamiques et flux migratoires aujourd'hui et les questions posées aux migrants, aux sociétés et aux états ;
  • la politique de l'UE (avec M-C Vergiat, députée européenne) ;
  • la politique française à l'égard des migrants et des étrangers ;
  • table-ronde sur les réponses politiques et propositions du PCF.


En espérant vivement pouvoir te compter parmi nous, nous te remercions de bien vouloir transmettre cette invitation aux militants de ta fédération qui pourraient être intéressés par cette journée de travail (inscription recommandée: international@pcf.fr).

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 21:08
Formation militante à la fédé PCF du Finistère le samedi 12 mars (photos Dominique Gontier)
Formation militante à la fédé PCF du Finistère le samedi 12 mars (photos Dominique Gontier)
Formation militante à la fédé PCF du Finistère le samedi 12 mars (photos Dominique Gontier)
Formation militante à la fédé PCF du Finistère le samedi 12 mars (photos Dominique Gontier)

15 camarades, jeunes et moins jeunes, nouveaux adhérents ou non, ont participé à la formation théorique à travers des introductions au marxisme (philosophie et actualité économique) et au projet du PCF face aux enjeux écologiques qui était assuré par d'excellents formateurs missionnés par la direction nationale du PCF dans le cadre des stages de formation dans les fédés.

Cela a été un moment très enrichissant.

Voici le programme d'études et d'échanges qui nous a été proposé grâce à Erwan Rivoalan, animateur départemental pour la formation, et à Jean-Louis Frostin, l'animateur national au secteur formation:

09h00-10h45 Marx, invitation à mieux connaître avec Jean-Michel Galano

11h00-13h00 Crise écologique, financière, sociale et les nouveaux modes de développement avec Joël Josso
14h00-16h00 Eléments de base de l'économie marxiste, les cycles des crises avec Frédéric Rauch
16h30-18h30 La politique économique et monétaire avec Frédéric Rauch

Un compte rendu de ces interventions sera fait ultérieurement.

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 08:16
Igor Zamichei

Igor Zamichei

Igor Zamichiei,

Secrétaire de la Fédération de Paris du PCF

Rapport au Conseil national des 5 et 6 mars

Rapport introductif par Igor Zamichiei, secrétaire départemental de Paris

Cher-e-s camarades,

Nous nous retrouvons aujourd'hui un peu plus d'un mois après le Conseil national qui a fixé l'ordre du jour et les objectifs de notre 37e Congrès. Depuis, le Parti a pris des initiatives politiques nationales pour faire exister une alternative à la politique gouvernementale : avec « les lundis de gauche », l'implication dans les luttes sociales actuelles et la campagne pour l'emploi. Les objectifs de notre réunion de ce week-end sont de partager une appréciation de la situation politique ; de déterminer les initiatives à prendre pour amplifier les luttes ; d'échanger sur l'état du débat dans le Parti et d'adopter une proposition de base commune pour notre Congrès.

Je rappelle le calendrier : après l'adoption ce week-end de la proposition de la direction, la possibilité de déposer des textes alternatifs sera ouverte jusqu'au 6 avril prochain à 18 h.

Le vote des adhérents pour le choix de la base commune se déroulera du 2 au 5 mai à 16 h. Ensuite se tiendront les congrès de sections et de fédérations du 6 au 29 mai. Enfin le congrès national aura lieu du 2 au 5 juin.

Mon rapport comportera trois parties : la première sur l'actualité politique et sociale marquée par la loi travail ; la deuxième sur la relance de notre stratégie de rassemblement et l'importance des trois objectifs de notre congrès pour y parvenir ; la troisième concernera l'état du débat dans le Parti et la proposition de base commune soumise au CN.

Avant d'aborder ces enjeux, je voudrais commencer par dire quelques mots de la situation en Europe car chaque jour voit la crise européenne s'aggraver un peu plus et devenir incontrôlable. Les cercles dirigeants européens n'ont toujours aucune solution commune à la situation des réfugiés.

La profonde crise de légitimité démocratique et de l'intégration européenne favorise la montée des forces populistes et d'extrême droite et les mouvements centrifuges de types nationalistes/régionalistes (Catalogne) ou souverainistes (cf. le référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE). Les frontières nationales se ferment, des murs se dressent quand il ne s'agit pas de monnayer la « contention » des flux entre pays européens ou, pire, avec la Turquie qu'Erdogan est en train de transformer en dictature.

Les divergences politiques entre Etats s'aiguisent. Ce qui constituait le modus vivendi avec les accords de Schengen a explosé en quelques mois. En France, on voit se développer des situations indignes de notre pays où les droits humains sont bafoués comme à Calais, et la politique de François Hollande contribue à l'incapacité de l'UE à répondre à la demande d'accueil des réfugiés. Résultat, les pays frontières de l'UE comme la Grèce sont dans une situation inextricable où les populations en exil et les peuples déjà frappés par l'austérité sont prisonniers, ensemble, de politiques inhumaines et irresponsables.

Or, s'il est bien un sujet qui appelle une politique commune, et une politique commune d'accueil et de paix mondiale, c'est bien celui des réfugiés. Dans le même temps, la politique bancaire et monétaire européenne nous conduit tout droit vers un nouveau krach financier de très grande ampleur. La Banque centrale européenne crée en ce moment même et depuis des mois, des années, des milliards d'euros nouveaux qu'elle prête aux grandes banques européennes sans exiger que celles-ci cessent leurs activités spéculatives. Sans exiger que les entreprises qu'elles financent arrêtent de maximiser le profit de leurs actionnaires au détriment de l'emploi, de l'investissement et de l'écologie. Ces masses d'argent considérables ont remis à flot les actionnaires, ont refait partir les cours de bourses à la hausse pendant que la situation de l'immense majorité des Européens se dégradait sous l'effet des politiques d'austérité, des millions 1 d'entre eux basculant dans le chômage, la précarité et la pauvreté.

Les gouvernements européens, la France en tête, n'ont tiré aucune leçon de la crise de 2008 et continuent de l'alimenter. Ces politiques d'austérité continuent de provoquer des chocs politiques qui mettent en cause les gouvernements qui les appliquent, voire les systèmes politiques entiers, comme ce fut le cas en Irlande.

Après la déroute du Fianna Fail en 2011, la coalition au pouvoir formée par les conservateurs et les travaillistes a été sévèrement sanctionnée par les électeurs. L’alternative à cette politique est d’abord caractérisée par la progression de nos amis du Sinn Fein, qui ont fait campagne sur la sortie de l'austérité. Avec 13,8 % (+ 3,9 % et 22 ou 23 élus contre 14), le Sinn Fein ne peut former un gouvernement de changement progressiste mais il est incontournable. L’extrême gauche progresse également. A cette heure, aucune coalition gouvernementale n'est évidente et de nouvelles élections sont possibles.

Après la Grèce, l'Espagne et le Portugal, mais aussi, dangereusement, les régionales en France, il faut mesurer l'ampleur des convulsions politiques en cours en Europe et intégrer à notre raisonnement pour la France, le fait que le modèle de construction européenne est entré dans une crise durable.

Aussi, trois grandes batailles incontournables s'ouvrent pour le PCF :

- Le développement d'un projet alternatif pour l'Europe car la France ne peut pas être forte dans un paysage de dislocation de l'UE pour mener des luttes mondiales.

- La définition d'un mandat populaire pour un gouvernement de gauche, alliant reconquête de souveraineté (par exemple : sortie du traité budgétaire) et le combat de la France pour changer les fondements de la construction européenne, avec les gouvernements et les peuples engagés dans cette bataille.

- L'utilisation à plein de notre crédibilité et de nos relations de confiance avec les forces politiques et sociales progressistes d'Europe pour converger sur le fond et changer les rapports de forces.

Vendredi, Pierre Laurent tiendra une conférence de presse avec Alexis Tsipras, en amont de la réunion des chefs d'Etats progressistes organisée par Hollande. A la fin du mois, une conférence internationale se tiendra à Athènes, à l'initiative de Syriza et du PGE, où se retrouveront toutes les forces de gauche d'Europe, du PGE jusqu'à Corbyn en passant par le Sinn Fein, Podemos, etc. Pierre participera au meeting principal. Plus globalement se pose maintenant la question urgente de la création d'un espace, large, horizontal, inspiré du Foro do Sao Paulo en Amérique latine, dans lequel toutes les forces progressistes puissent dialoguer.

J'en viens à la situation en France, car le meilleur moyen de refonder la construction européenne est de gagner des avancées politiques dans notre propre pays.

1. Loi travail : la loi « de trop »

La pétition contre la loi travail a recueilli un million de signatures après quinze jours de campagne sur Internet et les réseaux sociaux : c'est un record historique.

Et 80 % de nos concitoyens expriment leur opposition aux mesures qu'elle contient. Cette mobilisation est à la hauteur de la colère du peuple, accumulée au cours d'un quinquennat guidé par les intérêts patronaux et financiers, rythmé par les renoncements et les trahisons. Pour des millions de nos concitoyens, cette loi est vécue comme la loi de trop. La loi de trop pour les jeunes à qui notre société n'offre aucun avenir. La loi de trop pour les femmes dont la précarité s'aggraverait encore avec les mesures prévues et donc la nécessité d'amplifier la mobilisation pour la journée du 8 mars. La loi de trop pour des millions de salariés qui n'en peuvent plus de l'insécurité permanente, de la peur du licenciement, de la souffrance au travail, des bas salaires. La loi de trop pour les syndicalistes dont l'action est chaque jour un peu plus criminalisée, comme à Air France et à Goodyear. La loi de trop pour les chômeurs pour lesquels le retour à l'emploi s'éloigne encore un peu plus.

2 Le bilan du quinquennat de François Hollande est déjà catastrophique pour le monde du travail.

Depuis 2012, le gouvernement a conduit la France dans une impasse économique. Cela a commencé par le refus de réorienter la politique bancaire et monétaire européenne et s'est poursuivi avec le pacte de responsabilité : 40 milliards d'euros du CICE versés aux entreprises sans aucun contrôle et autant de dépenses publiques utiles à la réponse aux besoins sociaux sacrifiées, alors qu'il aurait été nécessaire d'instituer un crédit sélectif, de soutenir la recherche, d'aider les collectivités locales à investir et d'augmenter les salaires et les retraites. Le bilan de cette politique libérale est sans appel : 700.000 chômeurs supplémentaires en quatre ans, des millions de travailleurs qui survivent plus qu'ils ne vivent avec la menace permanente de tout perdre, des salariés des grands groupes aux exploitants agricoles aujourd'hui totalement abandonnés par l’État. Ce qui est visé, c'est la destruction du modèle social français, issu des luttes populaires et de la Résistance, pour servir les intérêts patronaux et financiers. La loi travail, si elle était adoptée, constituerait une nouvelle étape dramatique. Elle constitue la plus grave attaque contre les droits des travailleurs depuis la seconde guerre mondiale. Mesurons les terribles régressions qu'elle contient : le temps de travail est déréglementé conduisant de fait à la fin des 35 heures avec pour les apprentis mineurs la possibilité de travailler jusqu'à 10 h par jour et 40 h par semaine ; le licenciement est facilité et les indemnités plafonnées ; les pouvoirs du patronat sont renforcés et ceux des syndicats affaiblis (c'est le cas par exemple avec la possibilité d'imposer une mesure par référendum contre l'avis de 70 % des syndicats…). Je ne détaille pas davantage le contenu que chacun connaît ici. Pour mettre ce projet de loi en échec, prenons part à toutes les initiatives et lançons-en nous-mêmes pour contribuer à amplifier la mobilisation dans le pays.

Contactons localement toutes les forces politiques de gauche, syndicales, associatives et citoyennes pour décider d'actions communes. Proposons-leur de tenir des meetings départementaux, des réunions d'informations et de mobilisation pour alerter nos concitoyens sur les dangers de cette loi, préparer et prolonger les journées d'action. La bataille pour obtenir le retrait de cette loi peut permettre de mobiliser des millions de travailleurs dans notre pays. Elle peut également être, dans tous nos territoires, un point d'appui pour relancer, avec de très nombreuses forces, la construction d'une alternative politique de gauche.

Pour lutter contre ce projet de loi, déployons aussi le plus rapidement et le plus fortement possible notre campagne pour l'emploi dans le pays. Il s'agit à la fois de faire connaître des contre-propositions à la loi travail et de permettre aux communistes d'être identifiés dans la durée comme un parti capable d'apporter des réponses à la crise et à la question de l'emploi ; enfin, grâce à cette campagne, nous pourrons développer l'implantation du Parti dans les entreprises, afin de consolider et étendre ses liens avec les salariés.

Un de nos objectifs est d'élaborer avec eux une proposition de loi et de la déposer avant la fin de l'année. L'apport des syndicats est décisif en la matière : la CGT vient d'ailleurs de rendre publiques ses propositions dans un document intitulé « Construire le code du travail du XXIe siècle ». Nous vous proposons que notre Conseil national adopte ce matin une déclaration sur toutes ces questions, exige bien sûr le retrait du projet de loi et appelle à la mobilisation les 9 et 31 mars prochains.

La journée de mobilisation des retraités le 10 mars comptera aussi dans le rapport de force contre la politique gouvernementale. Notre mobilisation contre la loi travail est d'autant plus essentielle que lorsqu'un nouveau krach se produira, une immense opération de diversion sera tentée.

Elle a d'ailleurs déjà commencé avec l'utilisation honteuse de l'émotion suscitée par les attentats de l'année dernière.

Pourquoi prolonger l'état d'urgence alors qu'il n'est plus d'aucune utilité pour la sécurité de nos concitoyens si ce n'est pour dissuader toute tentative de contestation sociale ? Pourquoi mettre sur la table l'extension de la déchéance de nationalité, proposition issue de l'extrême droite, si ce n'est pour déplacer le débat 3 politique national des enjeux sociaux aux enjeux identitaires ? Les conséquences sont gravissimes : la haine de l'autre, le racisme et l'antisémitisme progressent sur ce terreau. Le gouvernement enfonce la France dans une politique ignoble, qui fait affront à toute l'histoire de la gauche et de la République : ne laissons pas s'installer l'habitude de l'inacceptable. Poursuivons les initiatives citoyennes, l'interpellation des parlementaires pour faire échec au projet de réforme constitutionnelle qui conduirait à un régime sécuritaire et à des fractures très profondes dans la société française. Le bilan du quinquennat de François Hollande, c'est aussi une aggravation de la crise démocratique. Des millions de nos concitoyens, en priorité les ouvriers, les employés et les électeurs de gauche, se sont détournés des urnes.

Jamais sous la cinquième République, la confiance dans un exécutif n'a été aussi faible.

Et à l'issue des élections régionales, le Front national est à un niveau jamais atteint dans notre pays.

Le « tous pourris » trouve chaque jour de nouveaux points d'appui pour prospérer et la confiance dans les partis politiques est au plus bas. Nous devons agir pour démasquer le Front national et déterminer avec perspicacité quels sont les actes politiques les plus efficaces pour contrer cette défiance, car elle est catastrophique pour les intérêts populaires. La politique est le seul pouvoir de ceux qui n'en ont pas. Notre parti a une immense responsabilité car il est le seul, malgré toutes les difficultés, à continuer de se fixer l'objectif de la mobilisation des classes populaires. Il est désormais urgent d'en penser les moyens et de mettre en œuvre des expérimentations.

Ainsi, à la veille des échéances de 2017, nous sommes dans une situation politique totalement inédite.

Or, le scénario du match à trois entre le Président sortant, le candidat de droite et Marine Le Pen ne peut apporter aucune réponse à ces crises.

3. La relance de notre stratégie de rassemblement et l'importance des trois objectifs de notre congrès

Aucun raccourci, aucune solution de facilité n'existe pour notre camp pour déverrouiller ce scénario infernal. Évitons les faux procès en la matière.

Personne ne pense ici que le choix tactique qui est proposé dans la résolution sur les échéances de 2017 - investir l'appel à une primaire de gauche - suffira à inverser le rapport de force politique. Un long processus politique visant des reconquêtes idéologiques, sociales et démocratiques imposant une alternative au libéralisme, et plus profondément au capitalisme, est devant nous. Mesurons bien que cela suppose de ne pas rater l'étape de 2017. L'élection présidentielle est un moment de forte politisation populaire et une échéance décisive pour la vie de nos concitoyens, nous ne pouvons pas l'ignorer.

Pour mobiliser largement et relancer notre stratégie de rassemblement, il importe d'abord de faire un nouveau point d'étape sur la stratégie du Front de gauche.

La première chose que nous affirmons, et nous l'avons répétée à maintes reprises ces derniers mois, c'est que nous ne voulons pas brader l'acquis du Front de gauche et voir se disperser les forces accumulées dans ce rassemblement.

C'est d'ailleurs cette volonté, me semble-t-il, qui anime les signataires de l'appel « Rallumer l'étincelle du Front de gauche ». Affirmer cette volonté commune de donner un prolongement au Front de gauche est nécessaire.

Mais il nous faut indissociablement nous en donner les moyens par une analyse sérieuse des difficultés rencontrées et la formulation de propositions pour les dépasser. Alors, sur quelles difficultés avons-nous buté avec le Front de gauche ? Ces difficultés viennent-elles d'un déficit de radicalité ou d'une insuffisante critique de la politique gouvernementale ? Si l'influence politique était déterminée par le niveau de critique du pouvoir, des forces comme LO ou le NPA seraient considérablement plus influentes. Le problème est-il alors, comme on a pu également l'entendre, nos alliances à géométrie variable aux élections locales ? En toute logique, à des élections municipales, départementales voire même régionales ou les rapports 4 de force varient sensiblement d'un territoire à un autre, être capable d'adapter ses alliances pour construire le rassemblement le plus large sur le contenu politique le plus ambitieux est plutôt un atout. En fait, nos difficultés principales sont autres : il y a d'abord la violence des renoncements du pouvoir à mener une politique au service des intérêts populaires qui pèse fortement sur la crédibilité d'une alternative de gauche.

Mais il y a aussi des difficultés propres au Front de gauche : la difficulté d'abord à être identifié à un projet d'avenir pour la France dans lequel l'immense majorité de nos concitoyens se reconnaîtrait - ce qui nous est reproché, ce n'est pas de ne pas nous opposer au gouvernement avec assez de détermination, mais de ne pas montrer en quoi ce que nous proposons est capable de répondre aux problèmes quotidiens de nos concitoyens et par quels moyens précis cela est possible ; la difficulté aussi des composantes du Front de gauche à assumer leurs différences de culture politique, de choix tactiques à telle ou telle échéance, sans remettre en cause nos objectifs de transformation sociale et la stratégie de notre rassemblement ; la difficulté enfin à organiser concrètement et dans la durée l'investissement populaire dans le champ politique. Alors comment dépasser ces difficultés ?

Nous devrions je crois travailler à des objectifs politiques de long terme qui dépassent les objectifs électoraux légitimes que nous nous fixons. Cela suppose à mon sens d'agir dans au moins trois directions : élaborer un nouveau récit émancipateur qui déplace le débat politique des enjeux identitaires aux enjeux de classe et dans lequel des millions de citoyens verraient la possibilité d'une vie meilleure et une voie crédible pour y parvenir ; constituer des fronts d'idées et d'actions pour gagner des avancées concrètes dans lesquels toutes les composantes - politique, syndicale et associative – du mouvement social agissent ensemble dans le respect de leurs rôles respectifs ; expérimenter des formes d'investissement populaire plus avancées et durables, de la solidarité concrète à des pouvoirs d'intervention des individus complémentaires à la souveraineté des organisations – et non pour viser leur dépassement - car nos organisations et notre diversité de cultures politiques sont une richesse. Si elles étaient partagées, mettre en œuvre de telles orientations nécessiterait un important effort de direction pour les traduire en actes concrets, en suivre la mise en œuvre et en évaluer l'efficacité. Ces propositions peuvent rassembler largement les communistes et beaucoup de forces dans le Front de gauche à la fois de composantes organisées et de sympathisants de notre rassemblement.

Mais il faut bien mesurer qu'elles sont en contradiction avec la façon dont Jean-Luc Mélenchon a présenté sa candidature à la présidentielle. Ce dernier revendique une candidature « hors parti », ne se réfère plus au Front de gauche et ne se fixe pas pour objectif d'unir les forces de gauche opposées à la politique gouvernementale.

C'est un problème important que nous ne pouvons pas ignorer.

Continuons malgré tout à tendre la main à celui qui a été notre candidat en 2012 en l'invitant à rejoindre un processus collectif car nous avons besoin du rassemblement le plus large pour atteindre nos objectifs politiques pour les échéances de 2017. Les premières initiatives que nous avons prises pour ces échéances, je pense aux « lundis de gauche », montrent le rôle moteur du Parti communiste dans le rassemblement des forces de gauche et le dialogue entre toutes les composantes du mouvement social. Notre parti a un rôle déterminant à jouer : un rôle pour soutenir, animer et politiser les luttes actuelles qui sont le meilleur atout pour déverrouiller le scénario dominant pour la présidentielle ; un rôle de proposition sur les contenus d'une politique de gauche pour la France et sur le processus à mettre en œuvre pour aboutir à une candidature commune. Nous n'y parviendrons qu'au prix d'un immense effort politique de notre organisation. Au niveau national bien sûr mais également au niveau local pour que notre démarche ne reste pas une démarche de sommet mais s'appuie sur les préoccupations quotidiennes de nos concitoyens pour construire un mouvement politique populaire en capacité d'y répondre.

Ainsi, les trois objectifs de notre 37e Congrès sont essentiels pour mettre en œuvre notre stratégie politique. Le projet communiste d'abord pour que notre parti soit à nouveau identifié dans la société 5 française à de grands combats émancipateurs. Nos choix pour les échéances de 2017 car la mise en œuvre de ce projet sera confrontée à d'immenses obstacles si nous ne déverrouillons pas la situation politique. Les transformations du PCF enfin pour hisser notre parti à la hauteur des grands défis du XXIe siècle et de la nouvelle séquence politique en France.

4. L'état du débat dans le Parti et la proposition de base commune soumise au CN

Depuis maintenant plus d'un mois, les communistes débattent partout en France de ces trois objectifs. Les éléments recueillis par la commission transparence des débats montrent que les communistes sont entrés dans la préparation du Congrès. Mi-février, on estimait à plus de 10.000 le nombre de camarades ayant participé à des réunions pour débattre des enjeux du Congrès, dans des conseils départementaux, des assemblées générales de sections ou des réunions spécifiques sur le texte « La France en commun ». De plus en plus de fédérations ont élaboré un plan d'animation du débat de Congrès dans leur département. Ces plans prévoient souvent des débats thématiques sur le projet, par exemple sur l'Europe, ou des débats sur les deux autres objectifs du congrès, les perspectives pour 2017 et les transformations du PCF. La commission a mis en place le site Internet du congrès, la lettre d'information hebdomadaire dont six exemplaires sont déjà parus. Le site Internet congres.pcf.fr a reçu à ce jour 24.000 visites, dont 13.000 de visiteurs différents, environ 1.300 visites supplémentaires à chaque envoi de la lettre d'information, et près de 300 contributions y ont été déposées. Les pages du site ont par ailleurs été consultées près de 130.000 fois. Lors de notre précédent congrès, nous n'avions atteint le nombre de 300 contributions déposées qu'à la date du Congrès national. Les chiffres que je viens de vous donner montrent donc que la mobilisation du Parti dans les débats, à trois mois du congrès national, est très importante. Le projet communiste Concernant le projet, ce qui ressort du débat des communistes, c'est d'abord une recherche de sens : Quel est le sens de notre combat ? Comment caractériser le communisme aujourd'hui ? Et la volonté de déterminer quelques grands axes ou identifiants de notre projet. Beaucoup de camarades pointent le fait que nous ne sommes pas suffisamment audibles pas simplement à cause de notre exclusion des médias mais aussi parce que nous avons des difficultés à dire simplement et clairement ce que nous sommes et ce que nous voulons. Il y a dans plusieurs contributions une tentative de restitution de fondamentaux de la pensée communiste et pour certaines une tentative de définition et d'actualisation du communisme au XXIe siècle. Les thèmes de discussion sont nombreux et la question qui fait le plus débat est la question européenne, tant l'Union européenne dans sa forme actuelle est un verrou au développement humain. Quelles propositions soumises à la direction sur l'enjeu du projet ?

Le texte de projet s'intitule « Le temps commun ».

Il ne s'agit pas de réécrire « L'Humanifeste » adopté par notre précédent congrès ou le texte « La France en commun » que les communistes commencent à peine à s'approprier. Ce texte a pour objectif de rendre notre projet plus lisible en en dégageant les axes forts qui font la cohérence du projet communiste dans la France et le monde du XXIe siècle. L'introduction part de la violence des inégalités produites par le capitalisme, de la profondeur de la crise qu'il traverse et des contradictions de la révolution informationnelle, qui peut conduire aussi bien à une société de chômage qu'à une société de partage, pour affirmer la nécessité de dépasser le capitalisme. Elle recense les forces disponibles pour ouvrir une alternative et cherche à définir les 6 identifiants du communisme de nouvelle génération. Le plan du texte propose quatre axes qui sont à la fois des identifiants de notre projet, des solutions à la crise multiforme que nous traversons et des batailles à engager : - L'emploi, première préoccupation des Français. Le capitalisme veut utiliser le progrès de la révolution informationnelle pour détruire des emplois, accroître la précarité, exacerber l'exploitation. Notre projet est tout autre : zéro chômage pour une société du partage. Cela passe par un effort sans précédent d'éducation, de formation, de recherche et de création ; par le partage et la transformation du travail ; par la lutte contre le coût du capital. - La transformation de notre mode de production pour construire une société du bien vivre et du bien commun afin de répondre aux besoins sociaux et de relever le défi écologique. Cela passe par une nouvelle industrialisation, le développement des services publics et de toutes les formes d'appropriation sociale. Cela implique de reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers. - Révolutionner la République pour une France de liberté, d'égalité et de fraternité pour en finir avec la crise démocratique, à la confiscation autoritaire des pouvoirs par une oligarchie. Nous visons un nouveau pacte républicain pour l'égalité femme-homme, la lutte contre toutes les dominations, de classe, de genre, culturelles, contre le racisme et l'antisémitisme. - Enfin, nous voulons une France engagée pour la paix en Europe et dans le monde. Nous voulons contester les forces internationalisées du marché, refonder l'Europe pour qu'elle ne soit plus un verrou mais un atout pour le développement humain, refonder l'ONU pour développer les droits des travailleurs et des peuples et promouvoir de nouvelles coopérations. Les perspectives pour 2017 J'en viens aux perspectives pour 2017. C'est la question la plus débattue dans nos réunions. Les camarades échangent avant tout sur les enjeux de l'échéance présidentielle et un peu des élections législatives. Le terme qui revient le plus souvent est le « piège » que constitue cette échéance en lien avec la gravité de la situation politique et l'expression de craintes sur l'avenir du Parti, le devenir du Front de gauche et de la gauche. La proposition de primaires est au cœur du débat. Si les camarades estiment que de nombreuses forces sont disponibles pour un large rassemblement en 2017 pour imposer une alternative de gauche, il y a des interrogations fortes, une demande de clarification des propositions de la direction. Les communistes s'inquiètent de la cohérence politique et idéologique du projet porté par les différents candidats potentiels à une telle primaire, du risque de personnalisation et du lien avec le mouvement social, de l'ancrage populaire de la démarche. Sur ces différents points, plusieurs camarades formulent des propositions convergentes avec celles que l'on retrouve dans la résolution qui nous est soumise. Les autres possibilités actuellement en débat pour la présidentielle ne font pas recette : une candidature communiste seule ou le soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon dans sa forme actuelle ne sont pas des options portées par beaucoup de camarades. Où en est-on des propositions sur cet enjeu ?

A partir de la situation politique que j'ai brossée en introduction, la résolution sur 2017 actuellement en construction met en avant les réflexions et propositions suivantes. Un affrontement à gauche est en cours, jusqu'au cœur du Parti socialiste, comme en témoigne la récente démission de Martine Aubry du PS et le départ de ce parti du député Pouria Amirshahi. Un affrontement qui oppose d'un côté celles et ceux qui sont attachés aux valeurs de la gauche et à l'existence d'une perspective de transformation sociale, et de l'autre ceux qui cherchent une restructuration du paysage politique autour d'un consensus libéral. Le PCF, son projet, sa force militante peuvent jouer un rôle déterminant dans cet affrontement : il ne s'agit pas seulement de 7 sauver la gauche, mais de la refonder pour la mettre au service d'une transformation révolutionnaire de la société. Nous voulons ouvrir la voie au rassemblement des femmes et des hommes qui veulent une alternative de gauche à la politique de François Hollande. Ce rassemblement est la seule possibilité de déverrouiller le scénario du match à trois. C'est aussi le moyen pour nous d'avancer dans la conquête des pouvoirs. Notre ambition est de donner un prolongement à l'ambition stratégique qui a présidé à la création du Front de gauche : c'est un nouveau front populaire et citoyen, un nouveau front social et politique, que nous voulons contribuer à faire émerger en rassemblant les forces de la gauche et de l'écologie politique, les forces syndicales, le mouvement social, le monde du travail et de la création pour ouvrir un nouveau chemin d'espoir pour la France. Les luttes sociales, comme la mobilisation qui grandit contre la loi El Khomri sont essentielles pour la construction de ce front. Cette ambition implique des initiatives politiques de très grande ampleur. Nous pourrions lancer une grande consultation citoyenne en allant à la rencontre de 500.000 personnes pour formuler nos propositions en lien avec les aspirations populaires. Pour les élections présidentielles et législatives de 2017 nous souhaitons contribuer à la formation d'un mouvement social et citoyen. Concernant les législatives, nous pourrions travailler dans chaque circonscription à des « états généraux permanents » qui joueraient un rôle tout au long du mandat pour construire avec les candidats puis les parlementaires les contenus législatifs et les mobilisations pour les porter. Concernant la présidentielle, nous pourrions nous fixer l'objectif d'une candidature commune des forces de gauche qui veulent une rupture avec la politique suivie depuis 2012, une rupture avec l'austérité et les recettes libérales. C'est avec cette ambition que la direction propose que le PCF s'investisse dans le processus de primaire de gauche afin de se donner les meilleures chances de bousculer le scénario du match à trois et déboucher sur une candidature commune capable d'accéder au second tour de l'élection présidentielle. Notre proposition est de commencer par le projet avec l'élaboration d'une plateforme commune qui soit le socle d'entrée de la primaire pour les candidat-e-s comme pour les électrices et électeurs. Nous pourrions proposer quatre axes structurants pour cette plateforme : « L'Europe et le monde », « Le pouvoir de l'argent », « Le pouvoir démocratique et institutionnel » et « Changer la vie ». Dans de nombreux territoires, des initiatives sont - ou vont être - prises par des forces diverses en lien avec les appels à l'initiative « Primaire de gauche ». Des militants, des sympathisants et électeurs socialistes, écologistes, des militants syndicaux et associatifs vont y participer. La question est désormais : ces propositions permettent-elles au PCF d'investir intelligemment ce débat, d'y engager notre capacité militante ? Ou laissons-nous d'autres le faire ? Voire certains tenter de le dévoyer ? Et si nous décidons d'y renoncer, alors quel autre chemin proposons-nous pour construire un projet commun et une candidature commune des forces de gauche opposées à la politique du clan gouvernemental ? Voilà les questions très concrètes qui nous sont aujourd'hui posées. Voilà pour les propositions pour 2017.

J'en viens aux transformations du Parti. Les transformations du Parti Où en est le débat dans le Parti sur cet enjeu ? Le sujet le plus débattu est le rapport aux classes populaires et la nécessité de se réimplanter dans les quartiers urbains et les zones rurales populaires. L'autre sujet beaucoup débattu est la communication avec beaucoup d'attentes. Les camarades souhaitent un discours clair, « percutant », la nécessité de « travailler à rendre lisible et audible nos propositions », des attentes aussi en matière de développement de notre influence sur Internet et les réseaux sociaux. Le rapport du Parti à ses élus est également abordé, le travail en direction des entreprises, le fonctionnement du Parti, de ses directions, le besoin de formation sur les contenus et 8 les pratiques, la nécessité de développer le travail en réseau. Ces questions, ces objectifs, ce n'est pas la première fois que nous les abordons. Comment donner plus d'efficacité à nos débats et à nos décisions de congrès ? Nous avons décidé d'associer au texte qui redéfinit la stratégie de développement de notre parti d'un relevé de décisions contenant des objectifs précis, inscrits dans un calendrier. Les conférences de sections et les conférences départementales prendront donc le soin de formuler des propositions concrètes d'évolution de l'organisation du Parti pour nourrir ce relevé de décisions, qui sera adopté à notre Congrès. Dans la première partie, le texte fixe l'ambition pour notre parti de construire avec les 99 %, les salariés, les exploités et les dominés, de faire du PCF un parti d'éducation populaire et un parti de conquête du pouvoir dans tous les lieux de décision politique et économique. Le texte affirme la nécessité politique d'une organisation adaptée aux contraintes du quotidien de nos adhérents, où la démocratie ne se réduit pas à la question du vote, où la cotisation est centrale, où la fraternité et la solidarité des communistes sont à entretenir et à valoriser, où la formation militante est une priorité. La nécessité d'un réel dispositif national d'accueil des nouveaux adhérents et de campagnes de renforcement est pointée. Pour agir, il est urgent de mettre enfin en œuvre un véritable recensement de nos adhérents, de faire un état des lieux des structures de l'organisation, d'identifier nos points d'appui, nos possibilités de développement comme de structuration. Nos structures et nos directions sont aussi à l'étude : leur rôle et leur fonctionnement, leur capacité à animer une élaboration démocratique, à mettre en œuvre et assurer un suivi et une évaluation de nos campagnes. Enfin, concernant la conception et l'organisation de la pratique citoyenne, il est proposé de développer les échanges d'expériences et d'inventer outils et réseaux, de travailler à un état des lieux et une analyse partagée des initiatives militantes ou institutionnelles, d'être novateurs en termes d’outils et de moyens de communication, de mieux travailler avec les élus, vecteurs de dynamiques citoyennes, de transformations sociales et institutionnelles. Voilà cher-e-s camarades, les réflexions et propositions que je voulais vous présenter ce matin en introduction à notre débat. Je vous remercie de votre attention.

Conseil national du PCF des 5 et 6 mars: rapport introductif d'Igor Zamichei, secrétaire départemental de la fédération de Paris, sur la situation politique, la préparation du 37e Congrès
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