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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 09:45

Intervention d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du Finistère, au Conseil National le samedi 16 janvier place du Colonel Fabien:

Les régionales en Bretagne ont donné des résultats très décevants pour nous malgré le talent et l'abnégation de nos candidats, Xavier Compain au premier chef, et malgré l'unité du Front de Gauche, obtenue avec difficulté pour ce qui est de la participation du Parti de Gauche, ce qui nous a fait partir en campagne très tard. La participation de deux anciens élus régionaux PCF à la liste de Le Drian au premier tour, décisions individuelles prises contre la volonté exprimée de 90 % des adhérents, a semé aussi un certain trouble. Xavier Compain a su faire du commun au niveau des communistes et du Front de Gauche. Nos 3,8 % démentaient les 5 ou 6 % dont nous créditaient les sondages quelques jours avant. Ces résultats s'expliquent par la surexposition de Le Drian, ministre de la défense, dans le contexte post-attentats, par l'évacuation du pluralisme et du débat régional dans les médias mais aussi par l'éclatement, le manque de lisibilité et de visibilité positive du Front de Gauche, des flottements et désaccords stratégiques, l'absence de campagnes nationales du Front de Gauche en dehors des élections ces dernières années.

Jamais sans doute le risque d'effacement, de plongée dans l'insignifiance du PCF et de toute la gauche de transformation n'a été aussi grand.

L'enjeu pour moi, c'est d'éviter l'identification de la gauche au centre-droit libéral autoritaire de Hollande-Valls. De résister à la montée dans l'électorat populaire de l'abstention et du vote FN , qui apparaît de plus en plus comme un vote de classe non progressiste.

Nous avons besoin de reprendre pied sur le terrain avec des batailles idéologiques et sociales en lien avec les urgences vécues et ressenties par la population en donnant de la perspective en terme de projet, de propositions concrètes, sans rester prisonnier d'un agenda gouvernemental et parlementaire qui nous situe dans une posture de réaction oppositionnel. Nous devons reprendre l'offensive.

Il nous faut je crois travailler à clarifier et muscler notre projet en le définissant comme alternative cohérente et globale à la domination du capitalisme européen et international. Aujourd'hui, il me semble qu'une bonne partie de notre divorce avec les classes populaires vient du verrou qu'oppose l'Europe à tout changement progressiste et du fait que l'horizon de l'Europe sociale ne convainc pas nos électeurs potentiels, l'euro et l'Europe étant perçus comme des outils de mise en concurrence et des obstacles démocratiques. Je crois qu'il faut repenser une rupture passant par le travail sur des propositions de transformations structurelles comme le contrôle des banques, des sociétés d'assurance, des grandes entreprises et services publics d'intérêt social. Ne pas hésiter à parler de nationalisations, définies de manière plus exigeantes qu'en 1981.

Il faut aussi reprendre le chemin d'un discours et de lutte des classes. Rassembler, non pas seulement le plus petit dénominateur de l'union républicaine et progressiste, mais sur la révolte, sur l'idée que cette société inégalitaire et brutale, cette société post-démocratique de privilèges, est odieuse et qu'une autre société, de partage des richesses, est possible.

Dans notre communication, il me semble qu'il faut, un peu comme nous l'avons fait en 2012, en y association des propositions ambitieuses impliquant une autre utilisation de l'argent, un autre partage des richesses, de nouvelles branches des services publics et de la protection sociale.

Je pense en particulier à trois priorités sur lesquelles nous pouvons rencontrer l'adhésion et l'intérêt des gens :

- le chômage et la précarité des jeunes. L'égalité d'accès aux études. Une formation et une éducation délivrées des logiques libérales.

- le financement de l'hôpital public que l'on est en train de détériorer très gravement aujourd'hui. Pendant la campagne des régionales, nous avons organisé une réunion publique sur ce thème avec la participation de syndicalistes de l'hôpital de Morlaix et souhaitons aujourd'hui créer un comité de défense de l'hôpital.

- l'abandon des personnes âgées : il nous faut dénoncer le sous-effectif et la maltraitante institutionnelle dans les structures d'hébergement malgré le dévouement des personnels, le sous-financement et la désorganisation de l'aide à domicile, le retour de la misère chez les vieux à petite retraite : il faut exiger la mise en place de réformes de structure immédiates et d'un vrai plan de financement pour bâtir une société de tous les âges et créer une cinquième branche de la Sécurité sociale financée en partie par une ponction des profits pour financer l'accès effectif au droit à l'autonomie pour tous et la prise en charge des personnes âgées.

Intervention d'Ismaël Dupont au CN le dimanche 17 janvier :

Je voudrais alerter comme d'autres camarades avant moi sur les risques du mouvement de balancier pour le brouillage de la lisibilité du projet du PCF, s'il y avait remise en cause de la stratégie politique que sous-tendait le Front de Gauche. L'élargissement et le dépassement du Front de Gauche, pourquoi, son abandon par contre risquerait de déboussoler beaucoup de militants et de sympathisants. Il y a selon certains un large consensus sur l'échec du Front de Gauche. Cet échec est en effet patent par rapport aux objectifs initiaux que l'on s'était donné avec le Front de Gauche et aux espoirs qu'il avait naître, ambitions plus ou moins optimistes :

- devenir majoritaire à gauche

- lutter contre l'hégémonie du PS à gauche

- détourner le PS de son évolution libérale-démocrate

- résister à la montée du FN dans l'électorat populaires

Toutefois, cet échec du Front de Gauche est à nuancer.

Que ce serait-il passer si nous ne l'avions pas créé ? 2012 a remis la rupture, l'insurrection citoyenne à l'ordre du jour et dans le débat public.

Le Front de Gauche a certes coïncidé avec une érosion de notre nombre d'élus mais il nous a permis de conquérir de nouveaux électeurs, de nouveaux militants, particulièrement dans des zones géographiques où nous avions une faible implantation.

Les régionales ne sont pas forcément représentatives de l'audience du Front de Gauche sur les dernières élections. Aux dernières départementales, dans le Finistère, la moyenne des résultats du Front de Gauche, là où nous avons pu présenter des candidats, était de 9 %. A Morlaix, le Front de Gauche a réalisé 15,5 % aux présidentielles, 15,5 % aux municipales en 2014. Le PCF dans la dynamique de 2012 a gagné dans le département de 15 à 20 % d'adhérents en plus. Le Front de Gauche dans une certaine mesure a contribué à nous rendre à nouveau audibles et utiles.

Par rapport à l'idée de soutien à des primaires à gauche, j'ai des interrogations. Des primaires supposent l'adhésion à un minimum de projet commun et ensuite on choisit le candidat le plus indiqué pour faire gagner ce projet.

Rassembler à gauche. Évidemment c'est une nécessité, mais avec qui ? Sur quelle base ? En accompagnement ou non des politiques capitalistes, libérales, européennes.

J'ai peur qu'en officialisant notre adhésion à l'idée de primaire à gauche, on précipite l'effacement du Front de Gauche déjà bien entamé et notre réorientation sur une stratégie de gauche plurielle.

Certes, conserver un groupe à l'Assemblée et au Sénat à l'issue des élections de 2017 est un vrai enjeu, mais il y en a d'autres.

Or, le capitalisme financier et l'Europe libérale rendent inefficaces et obsolètes le projet social-démocrate.

S'il devait y avoir des Primaires à gauche, ce qui est très hypothétique, et auxquelles nous participerions, cela voudrait dire quelque part engagement à soutenir le candidat et son projet issus des primaires. Or, si, comme c'est probable, Mélenchon et le NPA se présentent au 1er tour des présidentielles contre un éventuel candidat commun de la gauche, qui aurait toute chance de venir du PS, vers qui vont se tourner nos électeurs ? Nos militants ? Qui incarnera la voie de l'autre gauche, de la tradition révolutionnaire ? Je crois qu'on se mettrait en porte-à-faux d'une grande partie de notre électorat qui considère aujourd'hui que le PS mène une politique de droite.

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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 20:56

Emploi : en finir avec l'échec et le fiasco, prendre une toute autre direction

Le plan pour l'emploi présenté par François Hollande se heurte à des réalités qui ne peuvent être dissimulées derrière des annonces qui ne régleront rien. Aucun pouvoir nouveau pour responsabiliser vraiment les entreprises et les banques afin qu’elles créent des emplois. Pas de moyens financiers nouveaux (2 Mds€ pris ailleurs) et, même, une confirmation de la baisse des dépenses pour le monde du travail à travers la transformation du CICE (40 Md€) en exonérations pérennes de cotisations sociales.

F.Hollande maintient le scandale du Crédit impôt recherche (CIR)c, il amplifie et renforce la politique de baisse du coût du travail au lieu de s’attaquer à une baisse du coût du capital (dividendes, charges bancaires, spéculation, etc.). Et donc il poursuit la diminution des dépenses publiques et sociales. Il annonce une sécurisation, oui mais des licenciements ! c’est contraire à celle des salariés.

Sous couvert de « compléter » le pacte de responsabilité et le CICE, tant décrié à gauche et par le monde du travail, F. Hollande a pour objectif d’intégrer le plus largement possible tout le pays à la feuille de route égoïste du patronat au détriment du pays lui-même.

Une toute autre direction est à prendre avec une campagne de longue haleine pour l’emploi – son développement et sa sécurisation – ouverte à tous les citoyens et à toutes les forces sociales qui le souhaitent, Nous voulons bien relever le défi d’un état d’urgence pour l’emploi, de la France et ses régions jusqu’à l’Europe. Mais avec une évaluation démocratique, en y mettant les moyens et en impliquant de façon contraignante les banques et les entreprises : elles ne peuvent pas utiliser leur argent contre l’emploi, la recherche et le développement des capacités efficaces de production.

- Nous disons chiche pour évaluer vraiment le CICE et le pacte de responsabilité, car tout montre que le patronat n’a quasiment pas développé les entreprises avec cet argent mais l’a plutôt utilisé pour ses profits, pour spéculer et exporter ses capitaux.

- François Hollande propose de donner 2.000 euros à chaque PME-TPE qui embaucherait un jeune en prenant en charge ses cotisations sociales ? Ces cotisations manqueront alors aux comptes sociaux !

- Nous proposons au contraire qu’un Fonds public soit créé pour prendre en charge tout ou partie des intérêts payés par les entreprises aux banques pour leurs investissements si, nous disons bien si, ces investissements créent des emplois et améliorent les qualifications et qu’au contraire elles paient une sur-cotisation au contraire lorsqu’elles alimentent le chômage. Une partie des 40 Mds du CICE pourrait être affectée à ce fonds.

- Le PCF se félicite que l’on parle de sécurisation, lui qui est porteur très tôt d’un projet du 21è siècle de « Sécurité d’emploi ou de formation » pour un développement des capacités de tous, de l’emploi et une maîtrise des mobilités. Mais ce qui est dessiné par le Président est une sécurisation des patrons, des licenciements et des profits, pas des salariés, ni même des entreprises et de leur développement efficace.

- Même si 500.000 formations de chômeurs sont annoncées, cette "sécurisation" qui va à coup sûr dégonfler les statistiques, se ferait à moyens constants puisque l’Etat annonce 2Md€ … prélevés sur le reste du budget public existant (y compris sur le budget de l’enseignement). Donc moins de dépenses pour les services publics : moins de dépenses de santé ou pour l’école ou l’université ou le logement. Croît-on que cela va sécuriser les autres domaines de la vie de nos concitoyens, qu’ils soient chômeurs ou travailleurs ?!

Plutôt que de créer des contrats facilitant les licenciements, nous proposons de développer les CDI mais aussi de réfléchir à des contrats de réelle sécurisation avec un double volet : emploi et formation ; et une double responsabilité : de l’employeur et d’un service public de l’emploi profondément rénové.

Car en sécurisant les salariés et en développent leurs qualifications, leurs capacités créatrices, d’innovation et de recherche, on sécurise du même pas la création de richesses efficace par les entreprises.

François Hollande annonce des conférences pour la formation dans chaque région réunissant le patronat, les préfets, les services de l’Etat et les salariés. Pour qu’elles adaptent les formations aux besoins des entreprises. Nous disons « chiche » ! Mais à condition qu’elles incluent les banques, y compris la banque publique d’investissement, qu’elles ne portent pas que sur la formation mais aussi sur des engagements chiffrés et contraignants d’emploi par les entreprises répondant aux exigences de développement social et écologique.

« Etat d’Urgence pour l’emploi » ? Qu’attend F. Hollande pour interpeller aussi nos partenaires européens afin de créer un Fonds européen pour que les immenses liquidités créées chaque mois par la BCE n’aillent pas à la spéculation mais au développement de l’emploi et des services publics. Le Traité de Lisbonne nous y autorise (article 123.2).

Voilà ce dont il faut discuter . Il y a urgence .

Emploi: en finir avec l'échec et le fiasco: prendre une toute autre direction (PCF)
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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 12:08

Le communiqué du PCF sur Goodyear est sur http://www.pcf.fr/81057

La peine infligée hier aux huit salariés de Goodyear accusés de défendre leur entreprise et l'emploi est d une extrême gravité et appelle à une riposte d ampleur : comme tout récemment à Air France, elle est une atteinte insupportable aux droits de salariés, de syndicalistes de défendre leurs emplois, en défendant par là même l'intérêt de populations et de territoires saignés par les choix de grands Groupes dont la seule boussole est la rémunération des actionnaires au détriment de l'intérêt général.

Elle est aussi plus largement, au même titre que le projet de déchéance de la nationalité, une atteinte à la République et à ses valeurs : peut-on faire vivre les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité en criminalisant l'action syndicale, en interdisant aux salariés d'intervenir sur les choix de leur entreprise ? Contester les choix stratégiques patronaux, avancer d'autres propositions doit-il devenir un délit puni de prison ferme ? Nous ne l'acceptons pas, nous ne le supportons pas ; nous n'acceptons pas que la dérive sécuritaire dans laquelle le gouvernement cherche à nous enfermer s'accompagne de violations des droits syndicaux et citoyens, des Droits de l'Homme.

Le Parti communiste français, ses parlementaires, ses élus, ses militants expriment avec une immense fraternité leur soutien et leur solidarité aux salariés de Goodyear. Ils exigent l'annulation de ce jugement inique et, au-delà, l'amnistie pour tous les militants syndicaux condamnés, conformément à l'exigence portée par le Groupe communiste républicain et citoyen au sénat. Ils portent l'exigence de moratoires immédiats dès l'annonce de licenciements ou suppressions d'emplois pour permettre aux salariés et à leurs représentants, aux populations et élus des territoires concernés de débattre de propositions, à égalité avec les représentants des directions et avec des droits renforcés en ce domaine.

Nous sommes disponibles et mobilisés pour toute action, tout débat en ce sens, pour que se lève dans ce pays l'espoir d'une alternative aux politiques d'austérité et à la mainmise de la finance sur les choix économiques et industriels du pays. Disponibles et mobilisés pour une extension des droits et des libertés au lieu de politiques de répression et d'étouffement des contestations. Pour une République dont il est désormais urgent de redonner sens, celui de la démocratie et des droits pour tous.

Parti Communiste Français

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 09:47
Vœux de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Le moment est donc venu de dire ensemble bienvenue à 2016 et adieu à 2015. Autant le dire de suite, notre adieu à cette année terrible est sans regret. C'est même avec une furieuse envie de retrouver l'espoir et la paix que nous tournons la page. La paix, c'est le premier message que j'ai voulu vous adresser avec ces visages de Picasso sur ma carte de vœux. Le peintre les avait spécialement dessinés pour un congrès du PCF - nous tiendrons le prochain entre les 2 et 5 juin prochains - et Eluard les avait accompagnés d'un poème dont quelques vers figurent sur cette carte. Quel beau symbole et quelle actualité ! Picasso et Eluard unis dans l'hommage à leur parti, comme ils le furent dans leurs gestes créateurs pour célébrer la paix et la liberté.

Oui, l'année 2015 aura été terrible. Entamée par la tuerie de nos compagnons deCharlie Hebdo auxquels nous pensons tant ces jours-ci, celle de l'Hyper Cacher et achevée par le carnage du 13 novembre, au cœur du Paris populaire et festif que nous aimons tant. Nous ferons tout pour tourner la page, pour qu'aucun peuple ne revive la même horreur, pour qu'enfin l'esprit du 11 janvier qui nous réunissait, il y a tout juste un an - celui d'une République de la liberté, de l'égalité et de la fraternité -, trouve enfin la force de se faire respecter.

Il ne suffira pas pour cela de multiplier les cérémonies sans âme, d'user et d'abuser des symboles en les vidant de leur histoire, d'accumuler les discours où les mots perdent leur sens.

J'étais hier place de la République, pour mes amis de Charlie et pour toutes les victimes de la violence terroriste. Je vous le dis, j'étais triste devant cette place de la République vidée de son peuple par le quadrillage sécuritaire. J'étais en colère devant ces mots trahis. Ceux de Victor Hugo utilisés à contre-emploi, ces paroles du Temps des Cerises, en hommage à ces communards de toutes nationalités qui ne peuvent décidément pas cohabiter avec la déchéance de la nationalité.

Oui, souhaitons nous pour 2016 au moins une chose : que les mots retrouvent leur sens et que cessent les impostures. Non, le Front national n'est pas le parti des ouvriers mais son poison, Nicolas Sarkozy n'est pas plus Républicain que Donald Trump, le programme de François Hollande n'est pas celui d'un candidat de gauche. Les expéditions punitives à Ajaccio ne sont pas des processus de défense de la laïcité, mais le contraire, et la Corée du Nord est au communisme ce que le gros rouge qui tache est au Bourgogne qui m'est cher.

Année terrible, oui, 2015 le fut décidément bien encore.

Terribles les images du flot des réfugiés, du corps abandonné du petit Aylan, enfant kurde de Syrie, sur une plage de Turquie, terrible la réalité de la jungle de Calais. Souhaitons qu'en 2016, la France s’honore de redevenir une terre d’accueil hospitalière à celles et ceux qui fuient la barbarie de Daech, les guerres et les persécutions.

Terribles ces vies broyées au quotidien en France par le chômage de millions de travailleurs et de travailleuses, de jeunes, d'anciens, rejetés, broyés. Souhaitons que 2016, soit l'année du recul du chômage et qu'elle redonne toute sa valeur au travail.

Terrible cette tablée hypocrite et cynique de gouvernants européens condamnant le peuple grec à l'austérité malgré ses choix démocratiques et le courage de ses gouvernants. Souhaitons qu'en 2016, Grecs, Portugais, Espagnols soient plus forts ensemble pour se faire respecter. Le combat continue à Athènes comme ailleurs et je salue ici la décision historique du Parlement grec qui, le 22 décembre, a voté à l'unanimité, sous la présidence d'honneur de Mahmoud Abbas, la reconnaissance de l’État de Palestine. (Je salue Monsieur Salman El Herfi, ambassadeur de Palestine).

Terribles enfin, en France, ces élections régionales qui voient progresser le scénario catastrophe dans lequel la gauche risque fort de disparaître, si nous ne trouvons pas la force de redresser la barre. Souhaitons que 2016 soit l'avenir de la refondation et de la reconstruction à gauche, de l'alternative contre l'austérité et contre ce système politique verrouillé, bloqué, qui semble se complaire dans cet affaiblissement. Voilà les pages que nous voulons tourner. Soyons-en convaincus. Il ne s'agit pas pour moi de vœux pieux. La réalité, je veux la regarder en face avec les millions de jeunes et moins jeunes qui cherchent des solutions et un autre avenir pour la France. Une chose est sûre, il y a urgence.

Les urgences, je les connais. Vous les connaissez. En 2015, j'ai entrepris un tour des régions de France. J'ai beaucoup appris et écouté, découvert, produit des idées avec ceux que j'ai rencontrés. Des femmes et des hommes fabuleux, qui aiment notre pays, qui ont envie de construire du commun, qui ont envie d'expérimenter, qui ont envie de s'épanouir dans leur travail, dans la société. J'ai vu des fermes où les paysans construisent des circuits courts, s'intègrent dans une économie circulaire. J'ai vu des chercheurs se battre pour faire vivre une recherche utile à l'humanité.

J'ai vu des travailleurs, de véritables lutteurs, fondre en pleurs à l'évocation de la casse de leurs outils de travail et de la négation de leurs compétences. J'ai vu des syndicalistes qui ont construit leurs projets et sauvé leurs boîtes. J'ai vu des femmes et des hommes qui mettent de l'éthique dans ce qu'ils font et refusent d'être traités comme des incapables. J'ai vu des élus de terrains qui inventent, écoutent les populations. Mais j'ai compris également que tout ce monde-là était écœuré par les trahisons, les renoncements, les manœuvres politiciennes. Tous sont en demande d’espoir, et ils ont trop souvent le sentiment de n'avoir ni lieu, ni moment pour se parler, pour échanger leurs expériences. Alors chacun refait le monde dans son coin, et parfois avec de belles réussites. Mais je leur dis à tous : en 2016, nous avons besoin de plus de commun, de plus de confiance, de plus d'espoir, de plus de partage. Ensemble, nous serons plus forts et le pays avec.

Alors, c'est le premier appel que je lance. C'est le moment d'ouvrir ces espaces, de rencontres, de recherches, de constructions, d'innovation, de luttes et d'actions, ces lieux de valeurs aussi. Partout, faites émerger des fabriques citoyennes, des coopératives populaires d'idées et d'actions. C'est ce mouvement populaire qui peut changer la donne.

« Une partie de la gauche s’égare au nom de grandes valeurs », assène Manuel Valls.

Moi, je vous dis, laissons Manuel Valls à ses dérives. Oui, égarons-nous au nom des valeurs, et inventons, inventons, inventons. J'ai en tête une tribune du journal l’Humanité : « Nous allons nous battre, nous autres les égarés, car notre espoir est grand et nos valeurs sont grandesNotre Espoir, cela pourrait être le nom de notre rassemblement, le nom de ce déclic salutaire du peuple de gauche. » Voilà ce qu'a écrit Philippe Torreton, il a raison. C'est ce qu'il faut faire !

Alors, n’abordons pas 2016 le cœur plein de chagrin et de frayeur. Abordons 2016 avec au cœur nos raisons d’espérer, avec du courage et de l’envie ! Et si la flamme paraît trop pâle, si la fenêtre par où elle brille est étroite, il ne sera pas dit que nous aurons failli, en renonçant à en forcer l’ouverture, et à souffler sur les braises pour rallumer les feux du changement.

Cet espoir, il existe. Ne les écoutez pas ! Notre peuple n’a pas renoncé à tout, la société française n’est pas seulement pleine de ressentiments, d’aigreur et de repli réactionnaire. Elle est emplie aussi d’énergie, de vitalité positive et progressiste que nous allons cultiver, nourrir, faire prospérer.

La société que nous voulons, la France en commun à laquelle tant de citoyens mais aussi tant de milliers de gens sur la planète continuent d'aspirer malgré ce qui nous est arrivé, nous la savons possible et plus encore nécessaire.

Cette société, c'est celle qui osera clamer comme devise : « zéro chômeur, tous travailleurs », parce que le chômage ce n'est pas la compétitivité, c'est le poison qui ronge nos solidarités, et parce que le travail, ce n'est pas un coût, c'est la source de nos richesses.

Cette société fixera le cap résolu d'une nouvelle industrialisation productive, de la révolution numérique, et la transition écologique – avec un seul et même objectif : un nouveau mode de développement où social et écologie se conjuguent pour l'humain et la planète, pour une société du bien-vivre et du bien-commun.

Cette société, c'est celle qui redonnera du sens à l'égalité, à la liberté, à la fraternité, en refondant la République pour tous, dans les actes. C'est celle qui rendra à la France l'aura d'une nation ouverte et respectée.

Cette société, c'est celle qui reprendra la tête du combat mondial pour la paix, le désarmement et la sécurité collective par le progrès humain partagé.

Car, si nous ne prenons pas vite ces nouvelles routes, alors la France s’exposera encore à la précarité, l'insécurité, la division, la guerre et l'exclusion.

Et pourtant les voilà repartis en fanfare sur les chemins de l'abîme.

Les patrons viennent ainsi de reprendre leur offensive et d'écrire à François Hollande pour lui demander « un plan d'urgence audacieux pour l'emploi ». Mais quel est ce plan ? Aucune proposition pour l'emploi. Un seul credo, toujours le même : rendre les travailleurs plus flexibles, casser le Code du travail, en finir avec le CDI et poursuivre l'effacement des cotisations sociales. Ils ont trouvé un nouveau mot : « le contrat de travail agile ! », mais l'idée c'est toujours la même vieille recette. Pourquoi se priveraient-ils, Macron leur a encore ouvert la porte : le modèle c'est l'ubérisation et le prétendu « entreprenariat individuel ». En vérité, la solitude du travailleur face aux patrons. Finies les conventions collectives, les grilles de salaire et de qualifications. L'embauche de gré à gré, voilà leur rêve.

Nous le disons, c'est de la foutaise !

Oui, tout n'a pas été essayé contre le chômage ! Ce qui n'a pas été essayé, c'est de reconnaître le travail et les qualifications par de bons salaires, une hausse des salaires, à commencer par le SMIC aujourd'hui indigne. Ce qui n'a pas été essayé, c'est d'en finir avec l'austérité et de lancer de grands plans d'investissements pour moderniser le pays, pour la transition énergétique et environnementale : industrie, bâtiment, services publics des transports et de l'énergie, formation, éducation, recherche, sécurité. Pour les services du bien-vivre aussi, petite enfance, accompagnement des personnes âgées, handicapées... Ce qui n'a pas été essayé, c'est une nouvelle réduction du temps de travail hebdomadaire, mais aussi du temps de travail sur la vie en avançant l'âge ouvrant droit à la retraite. Ce qui n'a pas été essayé, c'est l'interdiction du travail détaché. Ce qui n'a pas été essayé, c'est de réformer la fiscalité, de réduire drastiquement les dividendes et les recettes financières du capital. Ce qui n'a pas été essayé, c’est de donner sa chance, une vraie chance et un vrai élan à l'économie sociale et solidaire. Et surtout, ce qui n'a pas été essayé, c'est de donner aux salariés, à leurs représentants, des droits nouveaux pour que les décisions économiques - qu'est-ce qu'on produit, comment, où, dans quelles conditions -, pour que les réponses à ces questions ne soient pas uniquement dictées pas la cupidité vorace des actionnaires !

Ne sommes-nous pas nous-mêmes trop habitués. En 2016, nous allons relancer toutes nos batailles contre le chômage et en faire une priorité. En 2015, nous avions occupé des banques, nous avions manifesté devant les préfectures pour demander la transparence des comptes du CICE. Les députés et sénateurs communistes ont demandé la constitution de commissions d'enquêtes sur les centaines de milliards mal utilisés ou détournés par le grand patronat.

Le Président de la République, lors de ses vœux, a de nouveau pris des engagements. Mais on sait ce qui se cache derrière : le travail à n'importe quel prix en surexploitant la jeunesse.

Nous, nous prenons l'affaire au sérieux. Nous allons demander de convoquer au plan national, régional, des départements et des grandes villes et agglomérations, des assises pour la formation qualifiante des jeunes, des chômeurs, et de celles et ceux qui souhaitent travailler et souhaitent un temps de formation. De réunir avec les organismes d’État, les représentants des collectivités territoriales, les syndicats, les employeurs, les directions et salariés de pôle emploi, des centres de formation, les associations de chômeurs… Recenser les besoins, mettre en concordance les moyens, mobiliser les forces vives.

Zéro chômeur, tous travailleurs, c'est possible. Avec l'aide des élu-e-s communistes, rassemblons les jeunes et moins jeunes pour poser ensemble et chacun leur candidature, portons-les aux pouvoirs publics. Aidons chacune et chacun à réussir sa vie dans un cadre à la fois individuel et collectif. Sans attendre, relançons l'action pour rencontrer des syndicalistes, des associations de chômeurs et de solidarité, des hommes et des femmes concernés pour recenser les besoins et les offres, mener des luttes locales pour l'ouverture de stages ou l'embauche, pour présenter des candidatures à la formation. Partout, relançons nos campagnes pour un contrôle des fonds publics distribués aux entreprises, exiger la création de fonds publics régionaux démocratisés pour la création d'emplois et remettre sur la table notre proposition d'un parcours sécurisé d'emploi et de formation. C'est possible.

Nous ne négligerons aucun terrain même les plus neufs. Et ici même, nous tiendrons les 18 et 19 mars les premiers Etats généraux du numérique, avec la participation des grands noms du secteur, pour construire l'alternative de progrès social à la surexploitation et à l'ubérisation.

Beaucoup de choses peuvent être engagées, il faut y réfléchir et se lancer. Avec deux certitudes. La première est que nous ne pouvons attendre rien de bon des vieilles recettes, des vieilles méthodes ringardes du patronat et de Monsieur Macron : elles ont toutes échoué. La seconde certitude, c'est qu'on ne relèvera pas le défi de l'emploi, et plus généralement on ne relèvera pas les défis auxquels la France est confrontée sans mobiliser toutes les énergies, sans mobiliser le monde du travail, de la recherche et de la création. Alors n'attendons pas !

2016, ce doit être l'année de la République pour tous, pas celle de l'état d'urgence et de la déchéance de la nationalité qui, sous prétexte de combattre le terrorisme, en vérité ferait de trois millions d'adultes binationaux des sous-citoyens.

Face aux crimes, des millions de Français ont dit, toute cette année 2015, leur attachement aux valeurs de la République. Mais ce mot est chaque jour sali par celles et ceux qui l’embrassent pour mieux l’étouffer.

De quoi parle-t-on lorsque tous les puissants du monde politico médiatique nous répètent à satiété : liberté, égalité, fraternité ? La République, ce n’est pas un slogan publicitaire ou un talisman que l’on brandira tel une tresse d’ail devant des vampires. La République c’est une construction démocratique modifiée au fil des siècles, de la révolution à ce jour, dans de divers combats. Pour nous comme pour Jaurès, elle ne peut être que sociale et laïque, c'est-à-dire respectueuse de tous, attentive à donner à chacun les moyens de son épanouissement et de son émancipation.

Il y a un an, la France disait son désir de paix et de République pour refuser la peur et la division. Des voix s'élevaient pour dire le mal-être des plus discriminés. C'est à tous qu'il fallait répondre pour hisser la République vers le meilleur. Las, rien n'a été fait à part de beaux discours. Et depuis le choc du 13 novembre, c'est l'espoir du 11 janvier qui est fauché et trahi. Plus question de solidarité, mais seulement de surveillance. Plus question de liberté, mais seulement de suspicion. Des moyens pour la police, très bien Monsieur Hollande. Mais, où sont les profs, les éducateurs, les formateurs, les maîtres d'apprentissage, les personnels soignants, les espaces culturels, les emplois associatifs, que la France – soi-disant en état d'urgence sociale – attend ?

Disons-le haut et fort : l’égalité n’est pas compatible avec l’austérité ! Il faut sortir de la camisole libérale, faire mordre la poussière aux fondamentalistes de l’austérité. C’est notre combat politique et une exigence pour revivifier notre République.

Alors Monsieur le Président de la République, vous voulez changer la Constitution, d’accord. Nous aussi. Mais nous ne voulons pas la changer sous la dictée du terrorisme. Nous voulons la changer pour donner plus de pouvoirs au peuple, en finir avec ce régime plus personnel encore qu’une monarchie. Allez-y, allons-y, changeons pour instaurer la proportionnelle à chaque élection. Accordons le droit de vote à tous les habitants majeurs de France et donc aux étrangers qui vivent ici. Osez construire la République pour tous !

Mais si c’est pour décider cette incroyable déchéance de nationalité, si c'est pour faire entrer dans le droit commun l'état d'exception, alors c’est non, c’est mille fois non.

A quoi jouez-vous ? A protéger les Français ? Cela n'est d'aucune efficacité. A faire peur, à diviser, à maintenir votre rôle d'autorité ? Si c'est cela, le prix à payer pour la République est insupportable et le cadeau fait, une nouvelle fois, au Front national est indigne et malsain. Car n'est-ce pas là tout simplement ce qui vous anime ? Je le crains et nous sommes nombreuses et nombreux à le croire et à ne pas l'accepter. Oui, Monsieur le Président de la République, il est temps maintenant de sortir de l'état d'urgence et de présenter un plan complet et sérieux de luttes et de prévention contre le terrorisme. Ce plan, il devra avoir deux piliers, paix et sécurité.

Pourquoi, Monsieur le Président, avoir passé sous silence dans vos vœux les efforts pour obtenir une solution politique et la fin des combats en Syrie ? Pourquoi tant de modération face aux crimes de l'Arabie saoudite, avec cet assassinat en masse de 48 Iraniens ? Pourquoi cet accord complice et honteux de l'Union européenne avec la Turquie, reprenant les négociations sur l'adhésion de ce pays, en échange du silence sur les crimes du régime d'Erdogan, avec pour prix de ce silence quelques dizaines de milliers de réfugiés. Pourquoi cette impunité à l'égard des crimes et de la colonisation israélienne. Pourquoi ce commerce des armes toujours aussi florissant ?

Monsieur François Hollande, est-ce ainsi que la France parle paix et sécurité ? Voilà pourtant les racines du danger qui menace nos concitoyens.

Alors oui, rappelons-nous encore ce soir le 11 janvier.

Le 11 janvier fut une réponse massive, digne, déterminée au terrorisme. Cet immense message populaire constituait aussi une réponse digne, massive, déterminée à tous ceux qui, utilisant les actes terroristes, ont voulu fracturer la société dans des conflits, ou pour le moins des méfiances inter-religieuses, diviser le peuple entre soi-disant Français de souche et les autres, ethnicisé les rapports sociaux. Une réponse à ceux qui voulaient, à l'occasion, ringardiser l'attachement à nos valeurs républicaines. Est-ce ceux-ci que rejoignent aujourd'hui le Président de la République et son Premier ministre ?

Le message que la France doit envoyer au monde est un message d’ouverture, d’accueil, de désarmement et de paix. « L’intelligence défend la paix, l’intelligence à horreur de la guerre », disait Paul Vaillant-Couturier. D’autres disent qu’il faut faire «la guerre à la guerre » ou « la grande paix humaine est possible ». C’est connu et c’est ce que dit le poème d’Eluard, les guerres prennent racines dans l’esprit des hommes et c’est donc dans l’esprit des hommes que doit se forger une culture de paix.

Il n’y a ni angélisme, ni tentative de justification à réfléchir pourquoi des jeunes Français se transforment en terroristes, en kamikazes. Ou, il faut se défendre ; oui, il faut des précautions, et quoi de mieux que des personnels policiers en nombre, formés, aguerris, équipés pour poursuivre les terroristes et les empêcher de nuire. Nous sommes favorables à des mesures efficaces pour que chaque citoyenne et citoyen français soit en sûreté, se sente en sécurité, y compris des mesures exceptionnelles.

Mais ça ne répond pas à la question : Comment éviter autant que possible que notre pays, nos quartiers, nos villes, nos villages fabriquent aussi des kamikazes, des terroristes ? Et là, je n’ai pas d’autres réponses que l’égalité. Je n’ai pas d’autres réponses que l’éducation, la culture. Je n’ai pas d’autres réponses que le respect, le respect de tous, de la liberté de tous, la laïcité. Je n’ai pas d’autres réponses que de donner à chaque jeune la possibilité de construire sa vie, l’envie de vivre une grande aventure humaine. Je n’ai pas d’autres réponses que le refus de la violence, que la culture de la paix et de la fraternité.

2016, sera donc encore et toujours une année de combat. Et nous serons au rendez-vous pour relever la gauche du fossé dans lequel les gouvernants s'acharnent à l'enfoncer, sous le regard réjoui de la droite et de Madame Le Pen.

Une élection présidentielle où la voix de la gauche serait réduite au silence, absente au second tour, doublée en voix off par Emmanuel Macron au premier tour, voilà leur rêve !

Nous ne laisserons jamais faire cela.

Je l'ai dit, ce qu'il faut au pays en 2017, c'est un candidat de gauche au service du peuple, un candidat porteur d'un projet de gauche pour la France, sur les valeurs de la gauche, qui rompe avec les errements du pouvoir actuel. Et cette candidature, c'est maintenant qu'il faut s'engager à la construire.

J'en prends l'engagement devant vous. Je ne ménagerai aucun effort pour y parvenir.

Il y a urgence et c'est comme pour le climat, si nous ne nous en mêlons pas, ça n'arrivera pas.

Dans les jours et les semaines qui viennent, je multiplierai les contacts, les rencontres, les initiatives. Ma porte est ouverte.

Je suis prêt à tout discuter. Comment fédérer les énergies disponibles ? Comment faire du projet commun ? Comment discuter des candidatures ? Rien n'est tabou. Inventons. Je le dis à tous, à mes amis du Front de gauche, parce que notre énergie et notre expérience seront décisives pour que nous fassions mieux qu'en 2012. Je le dis aux socialistes, qui ne veulent pas d'une présidentielle qui ressemble à la régionale de PACA ou du Nord-Picardie. Je le dis aux écologistes. Je le dis aux syndicalistes, aux responsables associatifs, l'heure est grave.

La gauche sociale et politique ne peut rester l'arme au pied face au désastre.

On me dit : primaire. Ce n'est pas ma culture, mais je dis : discutons, échangeons, construisons ensemble car :

« Quand les blés sont sous la grêle,

Fou qui fait le délicat,

Fou qui songe à ces querelles,

Au cœur du commun combat » (Aragon)

Alors, bien sûr, nous ne sommes pas au bout du chemin. Les pièges seront nombreux. Il y aura des opinions diverses. Il y aura même dans les jours à venir d'autres propositions.

Je le répète. L'urgence est d'ouvrir les portes et de parler, puisque l'Elysée n'a qu'une obsession, les verrouiller. Et donnons déjà un rendez-vous en mars pour faire le point de tout cela.

Samedi, devant le Conseil national de notre parti, je lancerai la préparation de notre congrès, qui aura lieu des 2 au 5 juin, à Saint-Denis/Aubervilliers.

Les communistes vont participer activement dans toute la France à une très profonde réflexion. Un parti comme le nôtre a connu, dans sa longue histoire, ses heures de gloire et aussi bien des vicissitudes. Mais toujours, les communistes ont été présents aux rendez-vous de la France et de son peuple. Dans ce moment intense de recomposition politique, où le libéralisme semble disposer de toutes les manettes, où le danger d’extrême droite est prégnant, le PCF va devoir faire preuve d'audace, d'imagination, de créativité, d'inventivité, et de détermination pour se transformer si il veut participer avec d'autres à révolutionner la société. Nous sommes décidés à changer pour être à la hauteur.

J'invite toutes celles et tous ceux qui veulent participer à cet effort créatif à rejoindre le Parti communiste. Ce parti qui compte un peu plus de 120 000 militants, 120 000 têtes pensantes, mais qui ne demande qu’à s'enrichir de nouvelles réflexions, de nouvelles expériences, de nouveaux savoirs, de nouvelles connaissances. Bref de nouvelles têtes pensantes. Vous y serez les bienvenus.

Samedi je proposerai que nous mettions à disposition de tous les citoyens, syndicalistes, associatifs, militants politiques écologistes et de gauche des « fabriques coopératives » thématiques pour écouter, croiser nos propositions. Expérimentées dans plusieurs régions, et notamment en Île-de-France, je peux témoigner de la pertinence de la démarche des fabriques coopératives.

Ce sera notre début de réponse à Philippe Torreton.

Voilà, mes amis, je conclus. Je ne peux qu'avoir une pensée émue pour l'équipe deCharlie Hebdo, pour toutes les victimes et proches des différents attentats. Je ne peux qu’adresser une pensée fraternelle et solidaire aux combattants kurdes, aux démocrates turcs. A nos amis palestiniens, aux pacifistes israéliens, aux camarades du monde entier qui luttent, parfois dans des conditions extrêmes. A eux comme à vous est dédié le poème de Paul Eluard, devant lequel je passe chaque jour dans cette maison avant d'entrer dans mon bureau :

« Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom »

Liberté

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Lundi 11 janvier 2016 - Espace Oscar Niemeyer ( siège du Parti communiste français )

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 17:45

Démocratie en danger - L'urgence de dire stop

Un débat fou sur la « déchéance de nationalité », une société malade dont les violences en Corse ont offert un sinistre reflet, un échec patent sur le chômage, une fuite en avant sécuritaire qui met à l’écart la justice..... l'urgence de dire "STOP"!

Souvenez-vous, c’était lors des vœux de janvier 2015, sur le plan économique Hollande parlait d’un « alignement favorable des planètes » (taux d’intérêt bas, euro moins fort, chute du prix du pétrole). Un an plus tard, le même reconnaît dans ses vœux 2016 un « état d’urgence économique et social », qui s’est traduit par une nouvelle hausse de l’ordre de 75.000 chômeurs sur l’année. Mais il ne s’étend évidemment pas sur les causes d’une telle situation....

Le défi du chômage

A sa façon, Le Figaro daté du 2 janvier lève un coin du voile sur les causes en titrant sur toute sa Une « 2016, une belle année boursière en perspective » ! Formulation de vœux révélatrice. Les smicards eux, n’ont que la perspective d’une stagnation du pouvoir d’achat de leur revenu salarial, privés une nouvelle fois de « coup de pouce » !

Dans une étude mis en lumière par la CGT en mai 2015, il était démontré que dans « les sociétés non financières », on consacrait 10 journées de travail par an aux paiements des dividendes en 1981. Ils représentent 45 jours de travail en 2011. Soit 4,5 fois plus. Autre façon de le mesurer, sur 100 euros de richesses créées, 5 allaient à la rémunération du capital. C’est 23 euros trente ans plus tard. Voilà la vraie prédation financière à laquelle il faudrait s’attaquer pour faire reculer le chômage.

Ce sont pourtant les mêmes recettes qui ont échoué que le pouvoir s’apprête à accentuer. Alors qu’une nouvelle tranche du Pacte de responsabilité entrera en vigueur en avril, on annonce de nouvelles exonérations ou primes, toujours au nom du « coût du travail trop élevé », sans jamais auditer l’efficacité réelle du mille feuille de 200 milliards d’aides diverses aux entreprises qui existent déjà !

Quant à la mise en formation de 500.000 chômeurs, outre la double question du financement ( on parle d’un milliard d’euros) et de la nature des formations, elle interpelle sur le tour de passe-passe statistique dans l’année précédent la Présidentielle, pour obtenir une introuvable « inversion de la courbe du chômage ». En effet, les « contrats aidés » (420.000 personnes en novembre 2015) et les chômeurs en formation (280.00 déjà en novembre 2015) n’apparaissent plus dans les statistiques de Pôle Emploi sur les chiffres du chômage. Objectif : retirer, à nouveau, plusieurs centaines de milliers de chômeurs des 5,44 millions actuellement inscrits à des allures d’aubaine statistique.

Le pouvoir aggrave la crise de la société

En pleine période des fêtes, les événements d’Ajaccio sont venus rappeler combien la société française était malade de ne pas se battre contre les vrais fauteurs de crise économique. Et à la merci des faiseurs de haine, de racisme et de discriminations, qui se sentent encouragés aussi bien par la « droite décomplexée » que par un pouvoir socialiste qui en légitime les thèmes comme avec la « déchéance de nationalité ». L’agression inacceptable contre des pompiers appelait une réaction de solidarité légitime. Que celle-ci ait pu être ensuite détournée dans des appels à la haine raciste, alerte sur l’état réel de la société. Personne ne peut prétendre que sur la Côte d’Azur où sévissent les identitaires et autres groupes d’extrême droite, on soit à l’abri de telles dérives.

Alors que le débat constitutionnel prend une allure démente avec un pouvoir socialiste prêt, au mépris du droit international, à multiplier des situations d’apatrides, dans l’ombre de ce débat vient le projet de loi qui devrait prendre la suite de l’état d’urgence. Il banalise des mesures d’exception au détriment structurel du pouvoir judiciaire. C’est, une nouvelle fois, affaiblir la société elle-même au nom de sa protection. Or on ne protège pas une société en étiolant la démocratie !

Cette impasse économique et sociale comme le glissement accentué du pouvoir Hollande-Valls dans une indignité démocratique est aussi une invitation urgente à dire « STOP ! » et à travailler à un sursaut populaire et démocratique.

Démocratie en danger: l'urgence de dire Stop!
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 19:28

COP 21 : « Tout est inscrit, mais tout reste à faire » (Pierre Laurent)

L'accord de Paris sur le climat a finalement été adopté par les 195 délégations réunies au Bourget hier malgré quelques doutes qui se sont exprimés. Toutefois sa dimension universelle marque une étape importante cinq ans après l'échec de Copenhague auquel je participai également.

Sur les principes tout est inscrit : limiter à 2°C voire 1,5°C, si possible, la hausse de la température planètaire comme l'exigeaient les pays les plus vulnérables ; les 100 milliards de dollars, par an, d'ici 2020, dédiés aux mesures d'adaptation des pays en développement ; la clause de revoyure afin de rehausser régulièrement le niveau d'engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre comme financiers…

Pourtant tout reste à réaliser. On le sait les engagements actuels des pays sont plus proches des 3°C ce qui rendrait notre monde invivable ; la concrétisation des 100 milliards de dollars reste à être confirmé, la structuration du Fonds vert reste flou (dons, prêts subventions…) comme les modalités de sa répartition entre pays. Enfin si la nature de cet accord favorise l'engagement politique de chaque nation, il est très loin d'être juridiquement contraignant comme le revendiquait les peuples en décrétant l'état d'urgence climatique.

Bien des étapes restent donc à franchir. La première d'entre elle sera la ratification de l'accord par chaque pays après l'avoir traduit dans leur droit national.

La vigilance s'impose donc et c'est pour cette raison que j'ai participé hier après midi avec la société civile au rassemblement du Champs de Mars pour dire « Nous aurons le dernier mot ! ».

L'essentiel maintenant est d'engager la transition écologique et sociale vers une société sobre en carbone afin d'atteindre les objectifs de la COP 21 et de réduire les inégalités de développement dans le monde. Cette ambition commande que l'on sorte des politiques d'austérité en France et en Europe et un autre partage des richesses à l'échelle du monde.

Les propositions que nous avons formulées depuis des mois restent d'actualité. Nous voulons donner de la force au développement humain durable mondial qui, selon moi, ne peut voir le jour dans le cadre de l'économie libérale mondialisée. Nous continuerons donc à les faire vivre dans le débat politique en lien avec toutes les forces progressistes disponibles. Nous continuerons également d'agir en constante recherche de convergence avec les citoyennes et les citoyens ici, en Europe et dans le monde. Nous serons présents au côté des acteurs de la Coalition Climat 21, tout au long de l'année 2016, dans la perspective de la COP 22 à Marrakech au Maroc et du Forum Social Mondial à Quebec.

COP 21: tout est inscrit, mais tout reste à faire (Pierre Laurent)
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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 18:31

Premier tour des élections régionales 2015 - Déclaration de Pierre Laurent

Les premières estimations connues à cette heure des résultats du premier tour des élections régionales confirment le grave état d'alerte social et démocratique du pays.

Dans notre pays, la France, où des millions et des millions de personnes souffrent durement du chômage, de la précarité, du pouvoir de la finance sur nos vies et sur notre travail, où l'angoisse du lendemain ronge la vie de tant de nos concitoyens, où les attentats du 13 novembre ont ajouté la peur à toute cette insécurité sociale, la menace est réelle de voir la droite et l'extrême-droite diriger dimanche prochain la très grande majorité, et peut-être la totalité, des 13 nouvelles régions. Ce serait une catastrophe que la très grande majorité de notre peuple paierait cher.

C'est une situation d'extrême danger pour notre pays car le Front national renforce, après les élections européennes, sa place de premier parti politique. Le racisme déclaré de son programme libéral-populiste constitue une mise en cause explicite des valeurs d'égalité, de liberté et de fraternité de notre République.

Dans ce contexte, plus de 50% des électrices et des électeurs ont une nouvelle fois choisi de s'abstenir, marquant leur défiance massive et désormais structurelle à l'égard du fonctionnement de plus en plus défaillant de notre démocratie. La colère contre tous les manquements à la parole donnée, aux engagements pris aussitôt abandonnés dans les actes, continue de grandir.

Les résultats portent évidemment la marque de la situation exceptionnelle dans laquelle se sont déroulés ces élections. Les enjeux des élections régionales ont été sciemment marginalisés. Depuis les attentats du 13 novembre, la peur qu'ils ont suscitée et l'inquiétude provoquée par l'état d'urgence ont été largement instrumentalisés et ont compliqué encore le scrutin.

Pourquoi en sommes nous là? Parce que depuis des années les attaques des pouvoirs de l'argent contre le monde du travail, les déréglementations de la mondialisations capitaliste, les politiques ultralibérales européennes ont démantelé les solidarités. Parce que la pensée unique dominante a matraqué toutes les tentatives d'ouvrir un nouveau chemin de transformation sociale.

La responsabilité des gouvernements successifs qui ont maintenu depuis dix ans, contre l'avis d'une majorité du pays, le cap de politiques d'austérité de plus en plus dures, appliquées avec des méthodes de plus en plus autoritaires, est immense. L'impasse politique, économique, sociale dans laquelle ils se sont acharnés à enfoncer le pays a nourri un rejet que plus rien ne peut arrêter.

La montée du Front national s'est d'autant plus nourrie de ce rejet que la droite des Républicains et de l'UDI et les dirigeants socialistes se sont dépensés sans compter pour installer le Front national et, en faire leur principal «concurrent», un repoussoir pour sauvegarder leur hégémonie. Ils ont eux même banalisé ses idées, espérant ainsi étouffer tout espoir de transformation sociale et favoriser leurs projets de recomposition politique. Le résultat est le désastre politique auquel nous assistons. Jamais les communistes ne s'y résigneront. Et nombreux avec eux sont les démocrates, les électeurs de toutes les familles de gauche à ne pas accepter ce scénario mortifère. Leur rassemblement dans l'action sera plus que jamais nécessaire.

Les listes sur lesquelles les communistes étaient engagés avec le Front de gauche et des forces citoyennes et écologistes ont travaillé à ouvrir un autre chemin, contre l'austérité, pour la solidarité et le progrès humain partagé. Ce soir, le score obtenu par les listes est un point d'appui pour les batailles à venir et pour battre la droite et le Front national au second tour. Ces scores sont certes encore très insuffisants. Nos ambitions demeurent pour l'avenir. Mais ce soir, sans le respect de ces listes et de leurs électeurs, rien n'est possible à gauche.

Ce soir, une chose est certaine. Le grand défi de la nouvelle période politique qui s'ouvre sera celui de la construction d'un nouveau projet de gauche solidaire et fraternel pour notre pays et pour notre République. Ce projet doit être un projet de solidarité, de prospérité partagée et de paix et non un projet de guerre, de concurrence et d'égoïsmes réciproques. Dans les semaines et les mois à venir, les communistes prendront à gauche, avec toutes les forces citoyennes, sociales et politiques disponibles, toutes les initiatives nécessaires à la construction politique de ce nouveau pacte d'avenir pour la France, pour la conduite duquel les dirigeants actuels du pays sont totalement défaillants.

Pour le second tour, le PCF veut faire respecter la volonté des électeurs qui ont accordé leur confiance aux listes citoyennes et du Front de gauche au premier tour. Pour que ces électeurs soient représentés par des élus auxquels ils font confiance, pour que les régions aux compétences élargies et utiles au quotidien, comptent des élus à gauche déterminés à poursuivre les combats contre l'austérité et par la promotion de politiques publiques de solidarité, pour battre la droite et écarter le danger extrême du Front national, le PCF appelle à construire des listes de second tour qui rassemblent les différentes listes de gauche du premier tour. Dans ces listes, personne ne se rallie à personne. L'addition de ces listes est la seule manière d'empêcher la victoire totale de la droite et de l'extrême droite. Dans les assemblées régionales, les élus communistes agiront librement sur la base de leurs engagements devant les électeurs au premier tour pour faire avancer tout ce qui aidera notre peuple à mieux vivre.

La France ne pourra en rester là... Notre peuple est en demande de changement, de rassemblement et de sens pour se sortir de l'impasse actuelle. Il est urgent de mettre l'humain au cœur de toutes les questions sociales et non la finance.

Déclaration de Pierre Laurent, Secrétaire national du Parti communiste français dimanche 6 décembre – 20 heures

Déclaration de Pierre Laurent le soir du premier tour des élections régionales
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 17:07

Ouverture de la COP21 : "Dire dans quelle civilisation voulons-nous vivre"

Les négociations de la COP 21 sont d'ors et déjà bien engagées. L'accord global et universel, pour être un succès, devrait comporter un volet réduction des émissions de gaz à effet de serre afin de ne pas dépasser les 2°C et un volet financier de 100 milliards de dollars destinés à l'aide pour l'adaptation des pays en développement et les plus vulnérables.

La présence, dès l'ouverture, de 150 chefs d’États et de gouvernements, a t-elle permis de franchir un cap décisif afin de maintenir une planète vivable et permettre un développement humain durable de l'humanité ? Une fois la photo symbolique prise, les déclarations se sont succédées avec plus de questions que de réponses. Plusieurs chefs d’États Africains ont appelé à la solidarité en demandant que les « pays pollueurs payent ». L'enjeu de la transparence des engagements a également été abordé. En effet, le caractère juridiquement contraignant de l'accord semble quasiment mort-né après la confirmation de Barak Obama pour les USA d'en refuser le principe. Or les promesses ne suffisent pas. On ne peut envisager sereinement l'avenir sans un contrôle sur les avancées réelles et sans sanctions envers les pays récalcitrants. La revendication portée par les peuples et les États latino-américains de la création d'un Tribunal international de justice environnementale sous l'égide de l'ONU mérite d'être sérieusement examinée. Comme l'est tout aussi cruciale la discussion nécessaire sur l'engagement financier des pays riches qui devront pourtant bien payer leur dette historique auprès des pays pauvres.

Au fond il s'agit de dire dans quelle civilisation nous voulons vivre : celle de la poursuite de l'accaparement de 50% des richesses patrimoniales par 1% de la population mondiale ou bien celle d'un développement responsable ouvrant la voie à l'émancipation humaine en réduisant les inégalités, tant sociales qu'environnementales, partout dans le monde. Pour nous, pas question de laisser les seuls chefs d’États décider. Les citoyens veulent être, avec la société civile, dans la rue mais aussi et surtout autour de la table car ce n'est pas à eux de payer les hérésies du système consumériste et productiviste du capitalisme.

Ouverture de la COP 21: dire dans quelle civilisation nous voulons vivre (PCF)
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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 11:19
Pierre Laurent: Face aux attentats, rassemblons-nous pour la liberté, l'égalité, la fraternité, et la paix

Pierre Laurent : "Face aux attentats, rassemblons-nous pour la liberté, l'égalité, la fraternité, et la paix."

SAMEDI, 14 NOVEMBRE, 2015

Communiqué de Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste français.

Notre pays vient de vivre l'un des pires événements de son histoire. Les attaques terroristes simultanées de la nuit dernière à Paris et à Saint-Denis, revendiquées par Daesh, faisant à cette heure 127 morts et 200 blessés, sont effroyables. La France est en deuil.

Au lendemain de ce carnage, nos premières pensées se tournent vers les victimes, leurs familles, leurs proches, les témoins et tous ceux dont la vie a été menacée. Pour tous, la douleur est immense. Chacun en France s'en sent profondément meurtri.

Nous saluons l'action des forces de l'ordre, des secours, des urgentistes et personnels de santé et des agents territoriaux dont la mobilisation a été exemplaire ainsi que la solidarité des habitants qui s'est immédiatement manifestée.

Moins d'un an après les attentats de janvier dernier, la République est frappée en son cœur.

Alors que l’État d'urgence vient d'être décrété par le gouvernement, le renforcement des moyens de police et de justice est un impératif. L’État doit trouver durablement les moyens adaptés pour garantir la sécurité de toutes et de tous.

J'appelle notre peuple à ne pas céder à la peur, à se rassembler pour la liberté, l'égalité et la fraternité, et pour la paix. Nous devons refuser les amalgames et les stigmatisations. Ensemble, nous devons rejeter fermement la haine et les racismes.

La France est touchée par la guerre et la déstabilisation qui minent le Proche et le Moyen-Orient. La lutte contre le terrorisme appelle une mobilisation redoublée et des solutions internationales.

Elle ne pourra triompher que dans la mobilisation pour un projet de société solidaire qui place au cœur de tous ses choix l'émancipation humaine, les valeurs de la République et la paix.

Le PCF, ses représentants et ses élus, seront de toutes les initiatives qui, dans les prochains jours, permettront à nos concitoyens de se rassembler pour faire face à cette épreuve et ouvrir un chemin d'espoir pour notre peuple.

Dans ce moment tragique, le PCF a interrompu toute activité de campagne électorale.

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 06:55
Henri Le Gall, Jean-Pierre Demaimay (Douarnenez) et Michel Tudo (Lanmeur), 3 des 14 délégués du Finistère présents

Henri Le Gall, Jean-Pierre Demaimay (Douarnenez) et Michel Tudo (Lanmeur), 3 des 14 délégués du Finistère présents

Martine Le Nozerh, membre de la direction départementale du PCF Finistère, ouvrière retraitée de l'agro-alimentaire, ancienne trésorière fédérale, élue à la tête du Comité Régional de coordination et d'animation du PCF avec Philippe Jumeau: le nouveau binôme d'animateurs du CRAC

Martine Le Nozerh, membre de la direction départementale du PCF Finistère, ouvrière retraitée de l'agro-alimentaire, ancienne trésorière fédérale, élue à la tête du Comité Régional de coordination et d'animation du PCF avec Philippe Jumeau: le nouveau binôme d'animateurs du CRAC

A la table: Joël Gallais, secrétaire départemental du PCF Morbihan, Xavier Compain, chef de file des communistes et tête de liste Front de Gauche pour les Régionales, Denis Kermen, secrétaire départemental du PCF Ille-et-Vilaine et directeur de campagne de Xavier Compain, Philippe Jumeau, animateur régional du CRAC et tête de liste du Front de Gauche dans le Morbihan, et Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère: Yannick Le Cam, secrétaire départemental des Côtes d'Armor, qui accueillait la conférence régionale dans sa ville de Saint Brieuc, a fait le mot d'introduction en parlant avec émotion des trois éminents communistes costarmoricains disparus le mois passé

A la table: Joël Gallais, secrétaire départemental du PCF Morbihan, Xavier Compain, chef de file des communistes et tête de liste Front de Gauche pour les Régionales, Denis Kermen, secrétaire départemental du PCF Ille-et-Vilaine et directeur de campagne de Xavier Compain, Philippe Jumeau, animateur régional du CRAC et tête de liste du Front de Gauche dans le Morbihan, et Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère: Yannick Le Cam, secrétaire départemental des Côtes d'Armor, qui accueillait la conférence régionale dans sa ville de Saint Brieuc, a fait le mot d'introduction en parlant avec émotion des trois éminents communistes costarmoricains disparus le mois passé

Martine (Plozévet), Manu (Morlaix), et Anne-Marie (Brest)

Martine (Plozévet), Manu (Morlaix), et Anne-Marie (Brest)

Conférence régionale du Parti Communiste de Bretagne à Saint Brieuc le jeudi 22 octobre: premier compte rendu rapide et photos de Jean-Luc Le Calvez

C'était une conférence régionale presque exclusivement consacrée aux élections Régionales des 6 et 13 décembre 2015, intervenant plus de 3 mois après la conférence régionale de Pontivy du 27 juin où les communistes avaient décidé à une très grande majorité (plus de 90%) de constituer une liste de rassemblement de gauche de transformation sociale anti-austérité et anti-libérale indépendante du PS avec les partenaires du Front de Gauche et tous ceux qui voudraient construire avec nous un projet vraiment de gauche pour les bretonnes et bretons.

La conférence régionale a fait le point sur l'état d'avancement de la campagne de la liste Front de Gauche aux Régionales, les discussions et négociations des mois passées, les démarches à entreprendre sur le mois et demi de campagne qui nous reste.

Les 60 participants environ de cette conférence régionale du PCF Bretagne ont voté à l'unanimité pour les candidats présentés par le Parti Communiste sur la liste du Front de Gauche, soutenue par le PCF, Ensemble, le Parti de Gauche, République et Socialisme, et des militants citoyens non encartés du Front de Gauche: Pour une Bretagne sociale et écologique: l'Humain d'abord!

L'ensemble des adhérents du PCF aura à se prononcer sur cette liste des candidats communistes département par département sur la liste du Front de Gauche, par une consultation interne entre le lundi 26 octobre et le vendredi 30 octobre, avant le dépôt des listes entre le 2 et le 8 novembre.

Voici les candidats que les délégués des fédérations et sections PCF de Bretagne présents à la Conférence Régionale ont validé:

Côtes d'Armor:

Xavier Compain (tête de liste départementale et régionale du Front de Gauche)

Christine Hervio

Françoise Mongin

Gaëlle Bellamy-Caerou

Didier Flageul

Michel Guégan

Michel Le Gac

Finistère:

Michel Le Goff, ouvrier de l'agro-alimentaire, syndicaliste, délégué central d'entreprise chez Bigard, élu du Front de Gauche à Bannalec, 52 ans (n°2 sur la liste du Front de Gauche dans le Finistère, derrière la tête de liste du Parti de Gauche)

Claudie Bournot-Le Gallou, employée de banque, adjointe au maire au Relecq-Kerhuon, 57 ans

Véronique Blanchet, Pont l'Abbé, formatrice, ancienne vice-présidente de la Communauté de Commune Pays Bigouden Sud, candidate aux dernières régionales, législatives, municipales, départementales et Sénatoriales pour le Front de Gauche, 52 ans

Erwan Rivoalan, Brest, bibliothécaire, syndicaliste, 43 ans

Martine Bescou, Plouhinec, retraitée, ancienne adjointe au maire, candidate aux départementales pour le Front de Gauche dans le Cap Sizun, 61 ans

Jeremy Lainé, Guimaëc, technicien anti-parasitaire, ancien élu à Lanmeur, candidat aux dernières départementales pour le Front de Gauche et aux dernières régionales, 36 ans

Daniel Jouan, Fouesnant, ouvrier de la metallurgie (soudeur) retraité, 67 ans

Anne-Marie Alayse, Brest, chercheuse Ifremer retraitée, candidate Front de Gauche aux dernières régionales, syndicaliste, 65 ans

Camille Glidic-Le Calvez, Ile de Batz, serveuse en crêperie, candidate aux dernières municipales à l'Ile de Batz, 28 ans

Ille et Vilaine:

Cyril Dallaois (N°2 sur la liste départementale du Front de Gauche conduite par Sylvie Larue, Ensemble)

Solenn Halou (n°3 sur la liste)

Michel Demolder

Françoise Payen

Blandine Nemé

Denis Kermen

Edouard Le Bert

Gwendoline Lobre

Romain Hipeau

Morbihan:

Philippe Jumeau (tête de liste départementale)

Anita Kervadec

Louis-Marie Quéré

Catherine Queric

Stephane Leroux

Florence Marvin

Marc Bacci

Christelle Rissel

Gérard Lucas

Françoise Jaffré

Les 60 délégués de la conférence régionale, après avoir débattu de la manière dont conduire la campagne des Régionales, de la consultation d'après premier tour par rapport au second tour, ont mis en place le Comité d'Animation et de Coordination Régional du PCF, chargé notamment du projet et des initiatives d'ampleur régionale, avec un binôme paritaire de deux animateurs élus à l'unanimité: Philippe Jumeau (Morbihan) et Martine Le Nozerh (Finistère).

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