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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 15:42
Hubert Wulfranc, un des trois députés communistes de Seine-Maritime avec Sébastien Jumel et Jean-Paul Lecoq (photo Assemblée Nationale)

Hubert Wulfranc, un des trois députés communistes de Seine-Maritime avec Sébastien Jumel et Jean-Paul Lecoq (photo Assemblée Nationale)

INTERVIEW. Ce député de Seine-Maritime propose d’augmenter le SMIC à 1 300 euros dès juillet

Hubert Wulfranc, député de Seine-Maritime, fait une proposition de loi pour un SMIC à 1 300 euros dès juillet 2020 pour relancer le pouvoir d'achat des Français après la crise.

Publié le 2 Mai

Pour Hubert Wulfranc, député de Seine-Maritime, augmenter le Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) de 8,5 %, soit passer de 1 196 euros net à 1 300 euros dès le 1er juillet 2020, est une solution pour endiguer la crise économique qui se profile après la crise sanitaire du Covid-19.

Encarté au Parti communiste français, le député a fait une proposition de loi en ce sens avec son groupe à l’Assemblée nationale. Explications.

76actu : Face aux discours alarmiste des entreprises, proposer une augmentation du SMIC peut paraître contradictoire. Qu’en dites-vous ?
Hubert Wulfranc : J’ai bien conscience de cet argument. Et pourtant, une augmentation du SMIC à 1 300 euros, alors que la consommation a baissé de 30 % pendant le confinement, pourrait être une contribution majeure à la reprise économique en redonnant du pouvoir d’achat aux Français et en relançant la consommation. C’est un véritable enjeu de redressement du pouvoir d’achat des salariés.

« Ce serait juste socialement et efficace économiquement »

Pensez-vous vraiment que les entreprises ont les moyens de payer un SMIC à 1 300 euros ?
L’effort considérable des pouvoirs publics pour permettre aux entreprises de redémarrer dans des délais convenables ne doit pas mettre de côté les salariés.

Par rapport à la situation, notre proposition ne nous paraît pas inconcevable, bien au contraire. Passer de 10,15 euros de l’heure à 11 euros nous apparaît juste socialement et efficace économiquement. On ne peut pas applaudir ces soignants, ces caissières, ces agents d’entretien… tous les soirs à nos fenêtres sans leur mettre un peu de bifteck dans l’assiette. Ce ne serait pas sérieux.

Tous ces gens qui ont tenu le pays pendant la crise sont ceux qui sont les plus mal payés. On entend parler de primes ici et là mais ce ne sera pas pour tout le monde. Alors, pour nous, augmenter un peu le SMIC, c’est la meilleure solution.

Justement, pour le Parti communiste, augmenter de SMIC de 1 300 euros, c’est plus faible que ce que vous demandez d’habitude. Pourquoi ?
Oui, effectivement, notre proposition cadre est un SMIC à 1 500 euros. Le SMIC n’a pas été réellement augmenté depuis 2006. Il y a eu une petite bricole en 2012, mais c’est tout. 

Mais dans le contexte actuel, nous avons décidé de faire une proposition adaptée à la situation, qui est possible de mettre en place dès maintenant. On espère que notre proposition sera discutée courant mai 2020.

https://actu.fr/politique/interview-ce-depute-seine-maritime-propose-daugmenter-smic-1-300-euros-juillet_33346642.html?fbclid=IwAR2HjArgqSp01xdVHulIlv3dSlZRo9MnZiFqP5bcWJtLlhXR7y5d2opBnMQ

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 15:34
Interview de Marie-Georges Buffet dans Ouest-France, 3 mai - Par Yannick Le Coquil: le monde du sport devra changer
Marie-Georges Buffet : « Le monde du sport devra changer… »

Ministre de la Jeunesse et des Sports de juin 1997 à mai 2002, aujourd’hui députée de la Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet livre son sentiment sur la situation actuelle.

Que vous inspire la situation actuelle, pour le monde du sport ?

Je pense surtout à ces clubs amateurs qui, en avril, en mai, en juin, n’ont pas pu ou ne pourront pas entreprendre les initiatives qui leur permettaient de faire entrer de l’argent dans les caisses. Comme les tournois par exemple. Ils vont se trouver en difficulté extrême. Je vais donc demander, et je ne serai pas la seule en tant que députée, un fonds spécial de la part de l’État. On me dit aussi que certaines familles réclameraient le remboursement du dernier trimestre des cotisations. Cela mettrait encore en difficulté ces clubs. C’est pour cela qu’il est essentiel que l’État, à travers le ministère des Sports, fasse un geste important pour aider ces clubs amateurs.

Et pour évoquer plus spécifiquement le football, qu’en est-il de la Ligue 1 et la Ligue 2 ?

Je pense d’abord aux clubs de National, qui sont certainement au niveau financier les plus en péril. On me dit même que certains refuseraient une montée pour ne pas prendre de risques. Quant aux clubs pros de Ligue 1, voire de Ligue 2, on a déjà alerté il y a plusieurs années que leur situation est trop dépendante des droits de retransmissions. Là, on le voit bien. Quand les diffuseurs menacent de ne pas payer… Cette crise touche directement le cœur du problème. Leur équilibre financier repose énormément sur ces droits, et donc leur potentiel quant aux transferts. On va donc avoir dans le foot, mais aussi dans d’autres sports, une élite professionnelle qui va se trouver fragilisée. C’est le moment pour ces ligues professionnelles de repenser leur modèle économique.

Dans quel sens ?

Comme cela peut être le cas dans d’autres pays, ouvrir un peu plus à une participation plus large, plus populaire, avec les acteurs sociaux notamment. Travailler peut-être plus le rapport avec le public, créer des animations autour des événements qui permettent d’avoir des activités financières en lien avec la venue du public. Il est aussi peut-être temps d’assagir ces budgets en instituant des salaires maximum. Et en repensant la question des transferts. Mécaniquement, les droits télés vont baisser. Il faudra alors bien que les clubs revoient leur système de salaires et de transferts.

Quid de la taxe sur les paris sportifs, sur les droits télé… dite taxe « Buffet » (1) ?

Tout cela va extrêmement baisser dans la mesure où les médias refusent de payer les droits, que les paris sont à l’arrêt. Il ne faudrait pas que ces taxes qui étaient dédiées au sport amateur soient diminuées. Il faut que l’État assure au minimum le même montant que cette année, sinon ça sera une catastrophe.

Que vous inspire l’idée d’une Ligue fermée, notamment évoquée par Michel Seydoux, l’ancien président de Lille ?

Si on tombe dans le modèle anglo-saxon des ligues fermées, cela signifie que le sport professionnel va quitter le giron fédéral, avec les toutes conséquences que cela induira. On aura une NBA bis dans le foot, voire dans le rugby, ou autres ? Quid du développement du sport amateur dans ces disciplines ? Comment fait-on une vraie mutualisation des moyens dans le sport parce que si les Ligues professionnelles sortent et font leurs Ligues privées dans certains sports, ça veut dire qu’on l’arrête purement et simplement l’aide vers les pratiques du niveau amateur. C’est extrêmement dangereux.

Cela peut-il amener à une vraie fracture entre ces deux mondes ?

Exactement. On a la chance en France d’avoir le sport professionnel qui est toujours inscrit dans le giron fédéral. Ce qui permet à la fois un contrôle éthique dans le sport en général, le respect des codes, des règles, et aussi je le redis la mutualisation. C’était le but de la taxe que j’avais instituée. Ça avait fait hurler à l’époque, mais elle existe et elle permet de financer le sport amateur. On devrait même aller plus loin aujourd’hui. Faire en sorte que le sport professionnel aide encore plus le sport amateur. Si on sort les Ligues du giron amateur, ça ne peut qu’être très négatif.

Que pensez-vous du report du Tour ce France fin août ?

Même s’il est retardé, je suis d’abord très heureuse que le Tour de France puisse avoir lieu. Je pense qu’il y aura quand même du monde. Ça sera un moment fort pour indiquer que l’on veut vivre, et revivre. Que toute activité peut enfin reprendre.

Celle du report des Jeux olympiques en 2021 est-elle une décision logique selon vous ?

J’ai surtout trouvé qu’elle était tardive. Heureusement qu’ils ont pris cette décision. Parce qu’il y aurait eu un problème d’équité. Tous les pays n’ont pas vécu la pandémie au même moment. La préparation des athlètes aurait été inégale. Ensuite il faut s’imaginer les athlètes dans une situation aussi difficile et angoissante, leur préparation en aurait forcément été grandement altérée. Je pense donc que c’est une décision de sagesse que d’avoir ainsi reporté les Jeux d’un an. Cela permet d’espérer être alors clairement sorti de la pandémie. Tous les athlètes pourront alors être vraiment prêts.

Cette crise peut-elle amener à plus de sobriété ?

Elle devrait le faire, dans le domaine du sport professionnel, oui ! On constate bien l’extrême fragilité du modèle actuel. J’ai entendu plusieurs dirigeants de clubs en parler, ce que je dis est partagé par d’autres. Il faut que l’on ait une vraie réflexion en ce sens. Le ministère des Sports devrait sans doute prendre en charge cette réflexion avec les ligues professionnelles et les fédérations. Quel modèle du sport professionnel adopter dans les années à venir ? Quels objectifs doit-il se fixer dès aujourd’hui ?

Le « sport spectacle » a engendré des dérives, comme le dopage par exemple ? En 1998, alors que vous veniez d’être nommée au ministère, il y avait notamment eu l’affaire Festina…

Oui, mais il faut surtout parler de marchandisation extrême du sport. Que le sport soit un spectacle, ça n’est pas un défaut, bien au contraire. On a plaisir à voir un spectacle sportif, parce que c’est beau. L’effort, le dépassement de soi… Non vraiment, ce n’est la question du spectacle sportif, mais celle de la marchandisation extrême qu’il faut se poser. Je pense en effet que, quelque part, la crise en montre les limites. Elle doit être complètement revisitée.

Cela implique-t-il aussi la tenue de compétitions internationales de moindre envergure ?

Je pense qu’il y avait déjà eu un premier tournant, pour que les événements sportifs soient moins ambitieux, et surtout prennent davantage en compte le développement durable, notamment au niveau des déplacements. Cela commençait à se poser dans les appels d’offres faits par les fédérations internationales et par le CIO (comité international olympique). Je pense qu’il faut vraiment activer cela. J’ai envie de dire qu’il faut peut-être arrêter le jeu pervers entre les fédérations internationales, le CIO et les États. Parce que tant que certains États seront prêts à tout pour obtenir l’organisation d’un événement sportif, même s’il y en a de moins en moins, le mouvement international sportif n’a pas trop à se gêner sur les conditions, les critères, les obligations… Bien souvent, des États autoritaires se servent du sport pour des raisons géopolitiques.

Les grands événements doivent donc perdurer ainsi ?

Il faut bien sûr maintenir les grandes compétitions car c’est aussi la rencontre d’hommes et de femmes venus de la terre entière. Mais il faudrait créer une agence internationale en charge d’arbitrer de façon saine l’attribution des grands événements sportifs. Que cela évite ce que l’on a connu, comme les dessous-de-table, les pressions politiques. Comme l’agence mondiale antidopage, elle pourrait être placée sur l’égide de l’Unesco afin d’assainir l’organisation des grands événements sportifs.

Un meilleur équilibre entre pros et amateurs, sports majeurs et plus confidentiels, cela vous paraît-il utopiste ?

Il faut évidemment pousser dans ce sens. On est dans les discours entre sport santé, sport lien social… Mais moi j’ai envie de dire : le sport tout court. Le plaisir du sport. Il faut aussi prendre en compte que les ressources publiques, que ce soit au niveau des collectivités territoriales ou de l’État, ne cessent de se rétrécir. Il faut donc créer, à l’intérieur même du mouvement sportif, une plus grande solidarité. Et j’ai envie de dire envers les pratiques amateurs, mais aussi celles qui n’ont pas de grande visibilité médiatique.

En tant qu’ancienne ministre des Sports, et même avant les derniers événements, le sport vous faisait-il autant vibrer ?

(Souffle)… D’abord le sport en France reste encore l’affaire des bénévoles, c’est déjà un bon point. Dans beaucoup de ses pratiques, dans beaucoup de ses niveaux. Il existe encore des présidentes et présidents de fédé qui sont issus d’un parcours amateur. Je trouve que c’est une richesse. Il y a aussi beaucoup d’athlètes qui sont des citoyennes, des citoyens, qui prennent la parole sur des sujets divers. Il y a aussi tous ces mômes qui continuent à jouer… Et puis il y a les grandes compétitions, avec la recherche des records et de la victoire. Oui bien sûr, il y a des dérives. Mais celles que l’on connaît dans le sport, ce sont celles que l’on connaît aussi dans la société. Quand on triche dans le sport, c’est que l’on triche aussi dans la vie. Quand on est prêt à marcher sur son voisin ou son collègue pour obtenir quelque chose, dans le sport on peut imaginer que… En luttant dans les dérives dans le sport, on cherche aussi à améliorer la société. Peut-être que je suis utopiste, mais je pense que le sport peut encore apporter de vraies valeurs.

Cette crise va-t-elle fondamentalement changer la face du sport ?

Pas spontanément. J’entends bien les discours sur l’après. Il faudra ceci, il faudra cela… Oui en effet il faudra des choses dans la pratique sportive, notamment comme je l’ai dit dans la marchandisation. Encore faut-il qu’il y ait la volonté humaine. La crise passée, les nouvelles habitudes peuvent reprendre, dans tous les domaines de la société. S’il n’y a pas une vraie prise de conscience et une réelle volonté politique de se dire on arrête, on se met autour de la table, on discute, on élabore un nouveau projet. Sinon on retombera inévitablement dans les mêmes travers.

(1) La taxe Buffet, inscrite dans la loi de finances de décembre 1999, institue une contribution prélevée sur les cessions de droits de diffusion télévisuelle des compétitions sportives. Elle impose aux organisateurs de compétitions diffusées en France de reverser au Centre national pour le développement du sport 5 % du montant des droits TV perçus, afin de soutenir l’ensemble de la filière sportive.

 

Interview de Marie-Georges Buffet dans Ouest-France, 3 mai - Par Yannick Le Coquil: le monde du sport devra changer
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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 05:53

Tournons la page de 40 années de destruction des services publics et hôpitaux.

Les jours d'après doivent être sociaux, écologiques et solidaires !

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 05:29

 

Jean-François Bolzinger est directeur de la revue Progressistes

 

Le XXIe siècle connait une crise planétaire majeure avec la pandémie du COVID 19. Adepte de la stratégie du choc, le néolibéralisme utilise chaque crise pour tenter d’élargir son champ d’exploitation et de domination.

 

Légalisation de l’exceptionnel

Lors de chaque sortie de crise, il cherche à transformer les décisions exceptionnelles ou temporaires en mesures ordinaires et permanentes. Le 11 septembre 2001 ainsi que les attentats de ces dernières années lui ont servi à généraliser les aspects antiterroristes dans sa politique, à militariser la police, à réduire les libertés individuelles et réprimer des manifestations hostiles. La crise financière et économique de 2008 lui a servi à pousser plus avant la domination de la finance et le financement, par les peuples et les collectivités publiques, du développement des marchés financiers et de l’enrichissement des 1 % qui constituent les classes dominantes aujourd’hui.

La pandémie du COVID 19 est un drame planétaire. En Occident, des systèmes de santé performants ont été détruits pour faire la part belle à la gestion privée. Ceci a créé une situation d’impréparation gigantesque à une pandémie largement annoncée. Les propos de Bill Gates lors de sa conférence Ted en 2015 sur les risques majeurs de pandémie et sur le niveau d’impréparation pour y faire face sont rétrospectivement vertigineux par leur précision.

Contrairement aux chocs et crises précédentes, cette crise sanitaire et économique arrive à un moment où les contestations et les alertes se sont multipliées sur la planète. Sur tous les continents, des populations souvent les plus jeunes rejettent les inégalités, l’autoritarisme et la corruption. Du Chili au Liban, de l’Algérie aux États-Unis, de l’Australie à la France… Partout le néolibéralisme est acculé sur les questions sociales et écologiques, climatiques, féministes, démocratiques…

Les cultures, les situations environnementales, les rapports de force politiques, économiques et sociaux, partout différents, vont peser lourd dans la suite.

 

Etatisme autoritaire de marché

La spécificité de la France tient au fait que contrairement à la plupart des pays, les luttes ont dépassé la société civile et ont mobilisé le monde du travail. Depuis 2016, les différentes composantes du mouvement social se relaient, se conjuguent sur le terrain et sur le net. Loi El Khomri (en fait déjà une loi Macron), deuxième loi travail, mouvement des cheminots en 2018 suivi du mouvement des gilets jaunes puis du mouvement syndical sur les retraites… Ces mobilisations peuvent être considérées comme des éléments d’un processus révolutionnaire.

La présidence d’Emmanuel Macron incarne parfaitement l’étatisme autoritaire de marché, forme de pouvoir que s’est donné le néolibéralisme qui ne fait plus cas de la démocratie ni de l’État de droit. Parlement, corps intermédiaires, justice n’ont plus droit de cité ; une bonne illustration en est aussi la réforme territoriale actuelle et le rôle des préfets. Les forces de l’ordre- armée, police- et la communication sont les seuls outils du pouvoir central tout entier au service de la classe dominante. L’exemple des Etats-Unis est encore plus frappant. Peu importe la vérité des faits et des actes de Trump, seul prévaut le rapport de force politique qui sert ceux qui pilotent les marchés financiers.

 

Société civile et monde du travail

Le mouvement social en France a montré des atouts et certaines limites encore à lever. Le mouvement des gilets jaunes, par manque de conscience politique sur la réalité du néolibéralisme, s’est certes soldé par des primes et des aides fiscales ne transformant pas fondamentalement le système salarial et social. Ceci-dit, la nouveauté des formes d’action et de vie démocratique, l’utilisation du numérique, le renouvellement permanent des porte-parole, l’ancrage territorial… ont émergé des profondeurs du pays autour d’un contenu d’exigence de hausse du pouvoir d’achat, de lutte contre la désertification rurale, de nécessité de service public de proximité, de refus des inégalités, d’un désir de mieux vivre et d’être respecté.

Les mouvements syndicaux dans la santé, chez les cheminots et pour les retraites ont été soutenu par les deux tiers de la population. Là encore la détermination et l’innovation dans les formes d’action et la bataille d’idées ont marqué les esprits : nouveauté des formes de grève, progrès dans l’appréhension du numérique pour impliquer l’opinion publique, recherche d’initiatives efficaces et symboliques de la réalité de travail : dépôt de blouses blanche chez les soignants, de codes du travail chez les inspecteurs du travail, de robes d’avocats, démissions administratives de centaines de médecins hospitaliers…

Un obstacle à lever est la mobilisation dans le secteur privé au-delà des cercles syndiqués. Au chantage à l’emploi s’ajoute la question de l’impact de la grève, c’est-à-dire du non-travail pour une majorité de salariés fonctionnant aux objectifs plus qu’au temps décompté. Le caractère de masse nécessaire pour des luttes efficaces suppose un niveau de bataille d’idées beaucoup plus conséquent. Ceci renvoie à l’absence actuel de débat, d’intervention, d’activité politique dans le travail et l’entreprise.

La politique ne peut être réduite à la gestion du secteur public (20 % de la population active) et à un discours macro-économique extérieur sur les entreprises privées, laissant ces dernières sous l’entier contrôle du patronat. L’intérêt général les concerne pourtant totalement. Le développement de l’intervention dans le secteur privé s’avère décisive.

 

S’attaquer au mode de gestion néolibéral

Le « Wall Street Management » est le support de fonctionnement des entreprises, porté par le néolibéralisme. Issu de la logique privée, il s’est diffusé ensuite dans le secteur public et la gestion de toute la société. Cherchant à tayloriser la part intellectuelle du travail, il s’appuie sur la fixation d’objectifs individuels quantitatifs et de court-terme liés au seul résultat financier, faisant fi du professionnalisme, du travail bien fait.

Ce Wall Street Management englobe les organisations du travail à flux tendu, les stocks zéro, la sous-traitance en cascade, le remplacement de la prévention des risques par la gestion des risques au nom de l’optimisation financière. Il est l’outil de la politique de baisse forcenée du prix du travail. Ce mode d’organisation des entreprises et de la société, conduit à des drames humains considérables tels les suicides au travail, à des accidents graves tel AZF, à des désastres écologiques et des gâchis économiques.

Ayant développé ce mode de gestion dans toutes les sphères de la société et notamment dans le secteur de la santé, le néolibéralisme est rattrapé par la pandémie actuelle qui dévoile son caractère nocif de la manière la plus dramatique. En quelques années le néolibéralisme a mis à mal les systèmes de santé de nombre de pays. En France, Il a détruit 100 000 lits en 20 ans, orchestré le manque de moyens humains et matériels (masques, tests, respirateurs…), provoqué l’arrêt des recherches sur les vaccins, cassé les chaînes de production de médicaments, amenant une perte de souveraineté criante. La désindustrialisation du pays se paye ici au prix fort.

Les mesures de sauve-qui-peut que le gouvernement est obligé de prendre dans la lutte contre la pandémie démentent son propre discours refusant de considérer la santé comme un bien public. Chacun selon lui est détenteur d’un capital santé dont il est le seul responsable. Cette idéologie qui fonde le démantèlement programmé de la sécurité sociale montre ici son inanité.

 

Le néolibéralisme rattrapé par la pandémie

La puissance des mouvements sociaux qui ont précédé l’épidémie en France – notamment dans la dernière année le mouvement sur les retraites pour une protection sociale solidaire, ainsi que le gigantesque mouvement dans la santé – font que le confinement n’a pas arrêté le processus de contestation, de recherche de solidarité et d’alternative.

La défiance et le discrédit envers le pouvoir et les principaux médias se sont au contraire accentués. Des initiatives de solidarité et de fraternité se sont développées dans le combat même contre la pandémie. L’utilisation du numérique à d’autres fins que la logique marchande a marqué des points. Les informations syndicales sur les droits et la protection des travailleurs ont empli les réseaux sociaux. Les innovations de plates-formes et logiciels numériques coopératifs ont explosé.

Du lien social se crée en plein confinement. Les échanges transversaux permis par le numérique explosent. Les réflexions et propositions pour « l’après » se multiplient. L’expérience du télétravail, heureuse découverte pour les uns et enfer pour les autres, bouleverse la manière de travailler pour beaucoup.

La mobilisation pour les soignants a battu son plein. Les actes d’entraide se sont multipliés augurant d’autres valeurs que celle de l’incurie néolibérale.

L’appel puis la pétition d’organisations syndicales et sociétales comme la CGT, la FSU, Solidaires, Oxfam, ATTAC…, se positionnant « pour que le jour d’après soit en rupture avec le désordre néolibéral », marque une volonté unitaire de ne pas laisser les tenants du néolibéralisme imprimer leurs réponses économiques et financières comme sortie de crise.

Dans l’urgence de trouver des solutions au drame de la pandémie se jouent, pendant le confinement même, des batailles importantes pour la suite : financement de l’hôpital par appel au don ou par le financement public, limitation du travail aux activités essentielles ou pas, priorité à la protection des travailleurs ou à l’économie….

 

Retour du lien social

Le retour de l’humain est aujourd’hui manifeste, les démarches citoyennes articulées autour du « produire et consommer autrement », de la défense du service public, des problématiques environnementales et sociales trouvent dans la crise encore plus de consistance avec la convivialité et les initiatives de proximité qui se développent.

Le manque d’alternative politique apparaît au grand jour. Rien ne serait pire que d’en rester à des dénonciations ou stigmatisations de quelques dirigeants ou à des appels incantatoires, des vœux pieux de changement. Il n’y a aucune automaticité au changement de société quelle que soit la violence de la crise. Seule l’action humaine est décisive. C’est elle qui fait l’histoire.

La façon dont le pouvoir gère la crise sanitaire tient compte de deux aspects :

– gérer au mieux la casse consécutive à la non-préparation à une telle pandémie, sa difficulté étant que son arme favorite qu’est la communication se heurte au réel de la crise sanitaire ;

– anticiper la crise économique à venir en programmant un déchaînement ultralibéral et une surexploitation forcenée appuyée sur le chantage à l’emploi et aux fermetures d’entreprises.

C’est parce que le pouvoir est conscient du potentiel de contestation et de changement existant qu’il accentue, dans la gestion de la crise, les marqueurs libéraux de sa politique : état de guerre, restriction des libertés et des droits, lancement d’une étude par la caisse des dépôts et consignation sur la privatisation du système de santé, mise en cause des RTT et des congés payés…

Dans la sortie de la crise sanitaire, les rapports de force développés avant et pendant la crise sont les meilleurs atouts pour forcer à tirer les enseignements en gagnant des débats et interventions publiques visant la réorientation des choix structurants du pays. Le sentiment que « ça ne peut plus durer comme ça » et qu’il faut modifier notre rapport au monde est largement répandu.

Une lucidité collective s’est construite sur l’importance du système de santé et de l’hôpital public ; elle est montée sur l’enjeu du service public en général. L’enjeu de souveraineté en matière de production industrielle est apparu au grand jour avec les carences de matériel ou de médicaments liés aux délocalisations. L’idée d’un investissement conséquent dans la recherche, d’une industrie écologique dont le pays ait la maîtrise, fait son chemin.

Des axes de conquête sont aussi à promouvoir notamment en termes de droits démocratiques. Le droit d’alerte sans sanction, garanti collectivement est une donnée importante pour la suite. L’exercice de ce droit se montre précieux pendant la pandémie pour la protection des travailleurs.

 

La guerre sociale et écologique est devant nous

Retourner la stratégie du choc contre le capital est possible dans la mesure où le rapport de forces social et sociétal poursuit son développement en lui disputant la sortie de crise. Cela se joue à partir du terrain, dans la vie civile comme dans la vie de travail, avec la construction de perspectives pour notre pays, pour l’Europe et pour la planète.

Il est paradoxal que l’Union Européenne justifiée au départ comme le moyen d’éviter la guerre montre aujourd’hui ses limites face à la mort. Le néolibéralisme l’a éloignée d’une Europe de nations solidaires qu’attendent les peuples.

Chacun sait que d’autres crises sont devant nous. La déréglementation climatique est lourde de dangers. Citons par exemple le dégel du permafrost qui peut libérer de nouveaux virus.

Comme les syndicats et associations, le monde politique est attendu sur ses actes unitaires et de transformation pour nourrir une mobilisation, un réveil citoyen et du monde du travail d’ampleur dès la sortie du confinement.

En développant une plate-forme numérique d’échanges sur « sciences, travail, environnement » complémentaire à sa production papier, la revue Progressistes entend apporter sa contribution au développement d’une telle dynamique.

Le défi écologique oblige à se poser différemment les questions, le féminisme également, mais nul changement profond ne s’opèrera sans que le mode d’exploitation et de domination ne soit extirpé à sa racine, dès l’acte de travail.

Impossible encore hier, des échanges et rassemblements des salariés sur et au plus près du lieu de travail, autour des enjeux politiques liés à leur travail et leurs entreprises sont aujourd’hui possible. La sortie du confinement est une invitation à ce que les salariés reprennent la main sur leur travail et leur outil de travail, sur les orientations stratégiques de leurs entreprises et administrations, en liaison avec les usagers, les consommateurs et les populations.

Au-delà des initiatives nationales et locales de la société civile, cette politisation des enjeux du travail est sans doute une clé pour enclencher des dynamiques unitaires solides de renouveau d’une gauche transformatrice de la société.

 

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 05:54

Annie Levi-Cyferman, membre du CEN, responsable nationale Droits humains et Libertés.

La crise du Covid-19 nous plonge dans une situation exceptionnelle qui nécessite que des mesures sanitaires exceptionnelles soient édictées. Néanmoins, comme nous le rappelions dans la note sur l’analyse de la loi du 23 mars 2020 sur l’état d’urgence sanitaire, il convient de rester très vigilant pour s’assurer que les règles dérogatoires à un État de droit, mises en place dans le cadre d’un régime d’exception, soient effectivement temporaires et strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus.

 

 

Or les dispositions prises sont considérablement liberticides (atteintes à la liberté de se réunir, d’aller et venir, de travailler...) et accordent des pouvoirs exorbitants à l’exécutif, avec une insuffisance de contrôle parlementaire.

Cette loi autorise par ailleurs le gouvernement à prendre des ordonnances. Celles concernant la justice comportent des atteintes graves et manifestement illégales aux libertés fondamentales. Constitue une liberté fondamentale la possibilité donnée à un justiciable d’assurer de manière effective sa défense devant un juge, conformément à l’article 6 de la sauvegarde des droits de l’homme et libertés fondamentales.

Les mesures affectant cette liberté doivent, là encore, être adaptées aux buts poursuivis et nécessaires, c’est-à-dire qu’il n’est pas possible d’y substituer d’autres moyens moins attentatoires à la liberté.

Or, à de nombreux égards ces ordonnances ne satisfont pas à ces conditions et portent atteinte aux droits de la défense. Ainsi, par exemple, les audiences peuvent se tenir en utilisant des moyens de télécommunication audiovisuelle, sans l’accord des parties, sans limitation tenant à la nature du contentieux, sans respect de la confidentialité. Dans d’autres cas, il peut être statué sans audience, sans juge et sans avocat. Tel est le cas pour prolonger une mesure de détention provisoire, alors que dans le même temps le gouvernement prétend limiter le nombre de détenus en prison !

Il apparaît que de nombreuses mesures sont inadaptées et dénuées de toute nécessité, notamment en droit pénal et droit des étrangers.

Dans ce contexte particulier, on aurait pu espérer qu’il y est plus que jamais un contre-pouvoir permettant un contrôle effectif de l’action gouvernementale. Force est de déplorer qu’à la défaillance du contrôle parlementaire s’est ajoutée celle du Conseil d’État, censé être l’ultime recours administratif et garant des libertés fondamentales.

Pourtant, la juridiction a été saisie de nombreuses requêtes à l’initiative de diverses organisations (SAF, SM, OIP, LDH, Ordre des avocats, syndicats de médecins...). Elles avaient pour objet de mettre en cause la légalité de certaines ordonnances, mais également les conditions sanitaires dans les prisons, les Ehpad, les centres de rétentions devenus sans objet dont la fermeture a été demandée, protéger les sans-abri ou les mineurs isolés, demander une extension du confinement, des moyens de protection supplémentaires pour certains professionnels, la fourniture de masques, de tests, de nouveaux traitements...

Toutes ces demandes ont fait l’objet de rejet en masse, parfois sans audience, fragilisant l’effectivité du contrôle juridictionnel opéré par le Conseil d’État et mettant même en doute son impartialité. Dans leur tribune parue dans Le Monde, les avocats William Boudon et Vincent Brengarth s’insurgent : « Dans quel régime se réclamant de la démocratie peut-on se satisfaire de décisions qui balayent toutes les requêtes comme s’il était hérétique de critiquer le gouvernement ? »

Dans bon nombre d’actions le Conseil s’est contenté des promesses du gouvernement en retenant une présomption d’efficacité de la politique publique menée. Une question a émergé, celle de savoir si le Conseil d’État pouvait juger en toute indépendance une loi qu’il a lui-même validée ou s’il n’y avait pas trop de proximité entre ses membres, issus de l’ENA et le monde politique.

Dans une contre-tribune, Bruno Lasserre affirme que malgré les décisions de rejet, le Conseil d’État a fait des invitations, à l’issue d’une audience, qui ont été prises en compte par l’administration. Mais pour plusieurs avocats, au contraire, de telles décisions se confondraient avec des « conseils » au gouvernement qui avaliseraient l’action étatique.

Outre les atteintes aux droits déjà mentionnées, il convient de s’interroger sur la validité du nouveau délit de non-respect du confinement, contre lequel des questions prioritaires de constitutionnalité ont été déposées.

Alors que les tribunaux sont pratiquement à l’arrêt, on ne peut qu’être étonnés de la multiplication des audiences de comparutions immédiates pour ce délit et des demandes de mise en détention, encombrant encore davantage les prisons à l’issue de contrôles souvent arbitraires. Surveillance par des drones ou trackings qui va être débattue à l’Assemblée nationale, avec finalement un vote des parlementaires, sont encore là de nouvelles mesures dont l’efficacité est contestée, qui en revanche complète l’arsenal de mesures privatives de libertés individuelles.

La question reste donc d’actualité : « Sommes-nous encore dans un État de droit ? »

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 15:54

Allocution de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

A l’occasion de la fête internationale des droits des travailleuses et des travailleurs

 le 1er mai 2020

 

Permettez-moi de souhaiter une belle et grande journée de solidarité et de mobilisation aux travailleuses et aux travailleurs de France, à ceux du monde entier, à l’occasion de ce 1er Mai inédit.

Un 1er Mai exceptionnel où nous disons avec force que ce n’est pas aux peuples de payer le prix fort de la pandémie et de la crise économique !

Et je pense d’abord à ces peuples du monde privés de droits, exposés à des guerres, ou à des blocus inqualifiables alors que le virus sévit. A l’échelle du monde, unissons nos forces dans la Paix pour faire reculer la pandémie.

 

En France, je voudrais saluer ces millions de salarié·es mobilisé·es face à la crise sanitaire, parfois au risque de leur propre vie.

Soignants, enseignants, pompiers, agriculteurs, salariés du privé comme du public, vous êtes des millions d’hommes et de femmes à tenir la France à bout de bras pour faire tourner notre pays et permettre à toutes et tous de disposer du nécessaire pour vivre.

Les vrais premiers de cordées de notre pays, c'est vous.

L’année dernière, beaucoup d’entre vous étaient encore sur les ronds-points pour demander plus de justice sociale, plus de justice fiscale. D’autres se rassemblaient devant les ministères pour exiger de meilleurs salaires, une vie digne, des conditions de travail décentes.

Vous n’avez pas été entendus, ou si peu. Mais quand il a fallu répondre à l'appel, vous n’avez pas hésité une seconde pour retrousser vos manches et vous mettre au service du pays.

Ce 1er Mai vous est spécialement dédié.

Je pense aussi à ces millions de salariés privés d’emplois ou en chômage partiel, inquiets de leurs fins de mois et impatients de retrouver leur activité ou un emploi stable.

Ou encore à ces retraités, souvent aux petites pensions, à ces étudiants et à ces parents isolés, aux faibles ressources.

Face à la hausse des prix, le confinement coûte cher.

Heureusement, là encore, la solidarité s’organise, partout, dans les villes et les villages, grâce aux élu·es locaux et à de nombreuses associations. Amplifions là.

Sans oublier le monde des arts et de la culture, qui nous fait tellement de bien, et qui nous rappelle oh combien leur rôle est précieux.

Je pense aussi à ces commerçants, ces artisans, ces indépendants dont la vie a complètement basculé, et qui se retrouve sans activité ou alors très réduite.

Toutes et tous, vous faites face à cette pandémie avec tellement de dignité, tellement de force et de courage. La vraie richesse de la Nation est là, en vous. Et nous pouvons être fiers de cette France, cette France fraternelle et solidaire.

C’est pourquoi nous le disons avec force : ce n’est pas à vous de payer les conséquences de cette crise. Ce n’est pas au monde du travail de payer la facture comme ce fut le cas après la crise de 2008.

Déjà, la courbe du chômage repart fortement à la hausse. Et celles et ceux qui sont en chômage partiel touchent un salaire partiel. La pauvreté explose.

 

C’est pourquoi nous avons besoin de nous rassembler et d’agir ensemble pour que demain ne soit pas comme hier.

Nous proposons que l’État garantisse pour chaque citoyen·ne l’accès à des masques gratuits et aux normes lui permettant de sortir et de se protéger.

Nous proposons de repousser la réouverture des écoles tant que toutes les conditions de sécurité ne sont pas garanties, dans toutes les communes, par les services de santé et de l’Éducation nationale.

Nous proposons l’interdiction des licenciements durant cette période et la prise en charge du chômage partiel à 100% tant que le travail n’a pas pu reprendre.

Nous voulons des salaires qui augmentent plutôt que des primes qui divisent. Nous proposons une aide de 300 euros pour les plus démunis, pour les étudiants et le blocage des prix pour les produits de première nécessité.

Dans chaque entreprise, il faut ouvrir de véritables négociations pour imaginer de nouvelles conditions de travail, avec des horaires adaptés pour ne pas surcharger les transports collectifs.

 

Nous proposons de mettre à contribution le capital, les grandes fortunes, les assurances et les banques, tous ceux qui ont bénéficié de nombreux cadeaux ces dernières années.

Tout comme la Banque centrale européenne qui doit être là, aux cotés des États et des peuples pour financer la dette mais aussi les investissements à venir.

 

Tout le monde doit être protégé, c’est aussi simple que ça et l’État doit être là pour garantir cette protection, partout, dans les Outre-mer comme en métropole, dans nos villes comme à la campagne.

 

Ce 1er Mai 2020 est historique en ce sens.

 

Face à cette pandémie, soyons unis, solidaires pour porter ces exigences mais aussi pour s’ouvrir des perspectives, celles de bâtir une société nouvelle, enfin respectueuse des Hommes et de la nature, en France comme à l'échelle de la planète.

 

Le monde de demain commence dès aujourd'hui !

Dans l'épreuve que nous traversons, c'est ce bel objectif qui nous anime, celui de vivre dans une société portée par ses plus nobles valeurs, la bienveillance, l'entraide, la solidarité.

 

Le moment est venu de tourner définitivement le dos à cette course folle vers le profit et la surconsommation. Mettons l’argent au service du développement humain et de la planète.

C’est un magnifique défi à relever, la promesse de nouveaux Jours heureux à écrire ensemble.

 

Parti communiste Français

https://www.pcf.fr/

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 14:42
Du 1er au 11 mai, soutenez les batailles du Parti communiste en participant à la grande souscription du muguet virtuel

Cher-e-s toutes et tous,
 
Même confiné.e.s, nous pouvons être actifs et actives, utiles à nos idées de justice sociale. Le 1er mai, faisons-nous entendre sur les réseaux sociaux et à nos fenêtres avec nos revendications, nos coups de gueule, nos propositions.


Le covid-19 n’est pas, comme beaucoup voudrait nous le faire croire, le déclencheur de tous les maux auxquels nous sommes confrontés actuellement et que nous devrions subir demain, il n’en est que le révélateur, il ne fait que mettre en exergue les inégalités et  l’importance des professions très féminisées : infirmières (87 % de femmes) et aides-soignantes (91 % de femmes), mais aussi des aides à domicile et des aides ménagères (97 % de femmes), des agentes d’entretien (73 % de femmes), des caissières et des vendeuses (76 % de femmes), ce sont aussi des enseignantes (71 % de femmes) . Il s’agit de tous ceux et celles qui servent le bien commun, ceux et celles qui ont été méprisé.e.s par les néo-libéraux au pouvoir.
 
Or on le voit bien les champions du capitalisme ultra libéral qui  dirigent actuellement le monde (dont beaucoup sont adeptes du repli nationaliste) sont à la manœuvre pour revenir au plus vite à la situation d’avant.
 
Pour ce faire, ils engagent des politiques visant à obtenir des consensus pour faire accepter (au nom de la lutte contre « l’ennemi commun le covid-19 » et pour sauver l’économie) toujours plus de sacrifices (même au prix de vies humaines) allant même jusqu’aux privations de certaines libertés et à la remise en cause des droits sociaux.

Ils veulent faire payer l'ardoise aux travailleurs et aux travailleuses , à ceux et celles là-même qui ont été en première ligne pendant la crise du Covid-19 et qui ont été fragilisé.e.s par des décennies de casse des services publics, de la Sécu, des droits sociaux.


Les communistes le savent bien pour l’avoir toujours dénoncé, la situation d’avant était déjà de plus en plus intenable tant pour la planète que pour l’humanité toute entière. 9 milliardaires qui détiennent autant de patrimoine que 3,7 milliards de femmes et d'hommes, des millions de pauvres dans des pays riches, des milliards de dividendes versés aux actionnaires en échange de la pression sur les salarié.e.s, les salaires, les emplois, des démocraties muselées, la toute puissance des milliardaires, des multinationales cotées en bourse, des banques et des sociétés d'assurance, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes?
 
Non, évidemment, la Sociale, la lutte des classes, le combat international et internationaliste pour la défense des travailleurs sont toujours à l'ordre du jour!

D’où notre responsabilité en tant que communiste pour d’une part endiguer ce scénario mortifère et d’autre part montrer que nos idées telles que Marx et d'autres les ont conçues sont toujours d'actualité.
 
Il est possible de faire en sorte que dans ces conditions inédites le premier mai continue à porter des luttes et de revendications: lutte pour lutter contre la pauvreté, l'approfondissement des inégalités, défendre les droits des salariés, les libertés démocratiques, les services publics, l'hôpital, pour des conditions de vie décentes dans les EHPAD, pour les étudiants, etc.

Le PCF porte de nombreuses propositions pour protéger les travailleur·euse·s et leur rémunération parmi lesquelles la mise à disposition d'équipements de protection, l'indemnisation à 100 % du chômage partiel, l'augmentation du smic de 20 % et des plus bas salaires, augmentation des minima sociaux et pensions en conséquence, le retrait de la réforme inique de l'assurance chômage, la relance de notre souveraineté alimentaire et d'une agriculture de qualité relocalisée garantissant une alimentation saine pour tous.

Covid-19 : Nombre de nos concitoyens subissent les lourdes conséquences de la crise, nous proposons des mesures économiques d'urgence pour les protéger.

Pour lire nos 75 propositions ➡️ https://bit.ly/3clrZDY

 
Le plan de déconfinement  annoncé le 28 avril par le premier ministre, sans consultation et construction collective préalable, et voté dans la foulée avec les seules voix du groupe de la LREM est à la fois flou et dangereux. Il ne comporte aucune mesure forte sur les moyens financiers à mobiliser: lutte contre l'évasion fiscale, rétablissement de l'ISF, taxation des revenus financiers.
 
Alors que selon Henriette Steinberg du Secours Populaire, le nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté dans notre pays pourrait augmenter de 9 millions à 12 ou 13 millions dans ce contexte de crise du Covid-19, et le retour intolérable de la faim, le plan du gouvernement ne comprend aucun plan de lutte contre la pauvreté ambitieux (aide pour les loyers et les charges, soutiens aux organismes HLM, contrôle des prix dans la grande distribution, aides directes aux familles, suspension de la réforme de l'assurance chômage, aide aux artisans, commerçants, auto-entrepreneurs, intermittents du spectacle, étudiants salariés précaires lourdement impactés par le confinement).
 
L’État se défausse sur les mairies, les collectivités, les entreprises, les associations, les écoles, d'une grande partie des responsabilités qu'il n'assume plus, en terme de santé publique et de normes et de moyens d'une reprise d'activité dans des conditions minimales de sécurité. C'est le grand flou sur l'accès aux tests, aux masques, sur les conditions effectives de la reprise de la scolarité. L'école "facultative" met les parents devant des responsabilités difficiles à assumer sur le retour ou non de leurs enfants à l'école, alors qu'ils ne connaissent pas les conditions effectives qui seront celles de la reprise après le 11 mai.
 
On ne sait pas non plus si les salariés du public et du privé seront sanctionnés s'ils continuent à vouloir rester à la maison pour garder leurs enfants. Alors que le fond de capitalisation pour les grands groupes ne parait pas devoir être utilisés avec des vraies conditionnalités sur l'emploi, le gel des licenciements, la lutte conte l'évasion fiscale, les fonds d'aides aux PME, artisans, commerçants, restaurateurs, ne semblent pas suffisants, ni s'accompagner de pressions suffisantes sur les banques et les assurances pour l'accès au crédit et aux indemnisations. L'exécutif étale ses défaillances dans tous les domaines tout en continuant à avancer sur son agenda de restriction des libertés publiques (prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'à mi-juillet) et de maintien dans le temps des dispositifs dérogatoires au droit social.
 
Les Français sont nombreux à ne pas faire confiance à ce gouvernement pour gérer la crise et ils ont raison. Les ARS et les préfectures ont beaucoup de mal à apporter des réponses aux collectivités, en première ligne pour compenser les carences de l’État, et à qui on n'a pas encore débloqué de moyens supplémentaires pour faire face à leurs dépenses nouvelles pour assurer la solidarité et la protection des citoyens. 

 
La crise sanitaire, marquée par les mesures de confinement et de distanciation physique, conduit comme vous le savez à l'interdiction de la vente du muguet, des manifestations syndicales dans la rue le 1er mai, et des fêtes du Parti communiste de Morlaix et Brest qui permettent, en plus d'être de beaux moments festifs de fraternité, de débats politiques, de financer une partie de l'activité politique. 
 
Pour tenter de compenser au mieux la perte financière que la vente représente pour les fédérations et les sections, le Parti communiste a donc réalisé un visuel symbolique, un brin de muguet virtuel, associé à une souscription. Cela permet aux adhérent·e·s, aux sympathisant·e·s, à toutes celles et ceux qui sont attaché·e·s à soutenir les combats sociaux, démocratiques et humains de notre parti le 1er mai de le faire à nouveau cette année, malgré le confinement.
Nous appelons tous ceux qui le souhaitent à participer à cette souscription mais bien sûr aussi à la partager auprès d'ami·e·s, de contacts, de collègues, de voisin·e·s, afin de permettre à toutes et tous celles et ceux qui nous sont proches de contribuer financièrement à nos actions pour défendre les droits des travailleur·euse·s.
 
Cette souscription est ouverte entre le 1er mai et le 11 mai.

https://www.pcf.fr/le_muguet_du_1er_mai.

Le paiement se fera par carte bancaire.
 
Pour une participation à la souscription et un paiement par chèque, libellez le chèque à l'ordre de l'ADF PCF 29, et indiquez l'adresse de la fédération: PCF Finistère - 5 rue Henri Moreau - 29 200 Brest.
 
L'identification de l'adresse postale lors des dons en ligne permettra de reverser tout l'argent récolté de Finistériens à la fédération du PCF Finistère.

Bien fraternellement,

PCF Finistère, 29 avril 2020

Du 1er au 11 mai, soutenez les batailles du Parti communiste en participant à la grande souscription du muguet virtuel
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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 16:24
Le PCF lance un appel à toutes les forces de progrès, syndicats, parents d'élèves, mouvements pédagogiques, lycéens, élus...

Le PCF lance un appel à toutes les forces de progrès, syndicats, parents d'élèves, mouvements pédagogiques, lycéens, élus...

Macron et Philippe maintiennent l'anxiété sur la réouverture des établissements, en renvoyant à chacun le choix ou l'obligation de scolariser les enfants. L'école garderie pour une partie seulement des élèves en primaire et en collège. « Plus tard » pour lycée et université. Le tout sans condition réelle de sécurité sanitaire et sans moyens financiers à la hauteur des besoins.

Quel but poursuivent -ils au fond ?

Pendant qu'ils attire l'attention sur la date du 11 mai, que nous n'aurions qu'à accepter ou refuser, ils imposent discrètement leurs réels objectifs.Le gouvernement fait comme si la date de reprise ne laissait le choix qu'entre reprendre le 11 mai ou « attendre » septembre. Soyons clairs : si l’on laisse faire le gouvernement, la situation sera la même en septembre. Faute de vaccin, la situation de la crise sanitaire sera la même qu'aujourd'hui probablement pendant un an, et les conditions d'étude dans les établissements seront les mêmes si les moyens ne sont pas engagés dès aujourd'hui. Le gouvernement ne fera rien pour créer les conditions sanitaires et pédagogiques d'une reprise de l'école avec le plus de sécurité possible : avec cette crise historique, durable, c'est pour lui l'occasion de nous mettre devant le fait accompli, en « laissant le choix ». Ceux qui sont les plus éloignés de la culture scolaire et sans emploi sont poussés à garder leurs enfants, et donc à les déscolariser longuement. Ceux qui n'ont pas le choix pour gagner leur salaire exposeront les leurs pour une école au rabais. Ce qui va inviter les familles qui le peuvent à garder leurs enfants à la maison en en la remplaçant par des officines privées de téléformation.

Si nous nous contentons de repousser l'échéance à septembre sans réorienter les conditions, alors Macron et Philippe auront gagné la fin de la scolarité unique, en divisant les intérêts des familles selon leurs classes sociales.

Tel est leur plan : profiter de la crise pour concrétiser ce qui s'est déjà passé pour d'autres services publics nationaux, réduits au minimum, ouvrir totalement le marché de l'éducation au privé.

Le système scolaire actuel était tiraillé entre une logique de sélection sociale et une logique de démocratisation des études. La droite, le patronat, et les macronistes veulent porter l'estocade et renoncer à la démocratisation. Comme la Sécurité sociales, les hôpitaux, les retraites, le droit du travail, La Poste, les grands services publics : le patronat n'en veut plus. Certains ont déjà été détruits. Le service public d'éducation résistait.

L'heure et grave, et appelle des réponses urgentes

Si nous ne faisons pas dérailler leur plan avant l'été, les conditions de la rentrée de septembre nous imposeront une école inégale selon les classes sociales, et les solution du chacun pour soi. Un an à ce rythme et chacun aura pris des habitudes.

NE LAISSONS PAS FAIRE

Le PCF est de ceux qui portent une ambition éducative

Dans ce grand désordre idéologique, nous pensons que qu'il faut imaginer et construire au contraire un meilleur service public d'éducation nationale. C'est dans ces moments de crise que peuvent surgir des rassemblements pour aller de l'avant. Car la situation accroît l'opposition entre les logiques antérieures :sélection sociale pour l'école du capitalisme contre démocratisation pour l'école de l'égalité et de l'émancipation humaine. La situation montre de façon accrue le besoin de lutter contre les inégalités scolaires et de démocratiser l'accès aux études et l'appropriation par tous des savoirs pour mieux comprendre le monde. Notre pays a besoin de davantage de chercheurs, de médecins, mais aussi d'ingénieurs, d'ouvriers et d'employés bien formés pour relocaliser notre industrie.

Pour nous communistes, l'émancipation de tous les individus et l'émancipation collective sont indispensable pour faire face aux défis de notre siècle.

L'école doit être fondée sur plusieurs grands principes

D'abord celui de l'égalité. C'est pour cette raison que seul un service public national est garant de l''accès de tous et toutes à l'ensemble du cursus scolaire ; en corollaire, la gratuité est la condition de l'égalité. Nous affirmons, par ailleurs, une visée humaniste fondamentale : les dons n'existent pas et de fait, tous les élèves sont capables d'acquérir un haut niveau de formation et de culture au cours de leur scolarité. Enfin, nous disons que le modèle qui fonde le système éducatif doit être celui de l'élève qui n'a que l'école pour apprendre.

Pour être possible, cela implique des conditions sanitaires pour la situation d'urgence, mais aussi économiques, pédagogiques, de formation utile aux enseignants pour la démocratisation scolaire. Ces conditions sont à définir très vite pour permettre la réouverture avec le plus de sécurité possible. Et, en fonction de ces conditions, il faut que ce soit le plus tôt possible, car beaucoup d'enfants auront passé des mois sans apprentissage scolaire, ce qui va poser de grandes difficultés pour reprendre une activité d'études.

Le PCF, en cette période de crise historique, met en débat un plan d'urgence

Pour l'immédiat, pour que les établissements rouvrent au plus vite dans les conditions nécessaires, pour tous les élèves. Et un plan de décisions politiques à moyen et long terme pour répondre aux besoins de formation d'un pays comme le nôtre.

Ce plan a la forme d'un document que nous transmettons aux organisations, associations, élus, citoyens. Des idées circulent, mettons-les en commun. Rencontrons-nous. Confrontons nos idées, et peut-être nos divergences. Mais ne laissons pas faire. Inventons une sortie de progrès social. Portons une alternative au projet destructeur de Macron. Soyons ambitieux : si le système financier est capable de dégager des milliards pour sauver les profits des actionnaires, ces moyens peuvent être réorientés vers les services publics.

 
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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 08:52
Débat Covid-19 à l'Assemblée du 28 avril : très forte intervention du député communiste Stephane Peu (Seine Saint Denis)

Débat Covid-19 – Allocution de Stéphane Peu

Assemblée nationale – 28 avril 2020


Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,

Chèr·e·s collègues,

Après nous avoir convié à débattre cet après-midi d’une application qui n’existe pas, voilà que vous nous convoquez à un débat bâclé sur un plan de déconfinement que les parlementaires n’ont pas eu le loisir de découvrir ou d’amender.
En réalité, dans de telles conditions, ce que vous nous demandez n’est pas même un avis, mais
simplement la confiance.
Or, cette confiance vous est, moins que jamais, acquise. Car si l’ampleur comme la soudaineté de cette crise sanitaire nous a longtemps conduit à réfréner nos critiques, elle ne suffit pas à expliquer l’impréparation totale de votre gouvernement, ses changements de pieds et le bricolage dont il témoigne en toute occasion.

Impréparation, car le risque d’une pandémie hautement pathogène et à forte létalité, était connu depuis longtemps. Faute d’avoir écouté les alertes multiples, comme celle du conseil mondial du suivi de la préparation, qui en septembre dernier exhortait les nations à « mettre en place les systèmes et la collaboration nécessaires pour détecter et combattre les flambées épidémiques potentielles. » Le rapport concluait : « Les responsables de tous niveaux ont les cartes en mains. »


Que faisiez-vous au temps où ces recommandations étaient publiées ?
Que faisiez-vous lorsque les urgences et les chefs de services hospitaliers du pays vous imploraient depuis des mois de débloquer les moyens qui faisaient défaut ?
Rien, car vous étiez trop occupé à « moderniser » notre système de santé, ce qui dans votre langue est synonyme de saboter.


Car ce que nous avons sous les yeux, n’est pas le seul fruit d’une impréparation, mais aussi celui d’un froid projet que d’autres ont certes engagé avant vous, mais que vous avez opiniâtrement poursuivi : 5 milliards d’euros de moins pour la santé dans le PLFSS 2020, dont 1 milliard au détriment de l’hôpital public. En vingt ans, 100.000 lits ont été supprimés, dont 17.500 depuis 6 ans !


Au nom du dogme de la libre entreprise et de l’idée d’une France sans usine, vous avez accepté le déménagement de notre industrie aux quatre coins du monde, et poursuivit consciencieusement l’affaiblissement de notre capacité à produire « à porté de malades et de soignants » ce qui est indispensable aux soins : les antidouleurs, les antibiotiques, les matériels de réanimation, les protections, etc.

Et après avoir saboté, maintenant vous pataugez.


Oui, vous cafouillez en multipliant les déclarations et décisions contradictoires, assenées avec assurance et immédiatement démenties par les faits, ou par l’un des vôtres : « Pas de risque de propagation depuis Wuhan » expliquait fin janvier la ministre de la santé tout en alertant, parait-il, le Premier Ministre de la gravité de la pandémie. « Pas besoin de dépister systématiquement », une doctrine défendue contre l’avis de l’OMS et les résultats obtenus dans d’autres pays.

Au moment même ou vous invitiez à « Restez chez vous », votre ministre du Travail exhortait à la reprise du travail dans le bâtiment.


Cafouillage aussi sur les masques car vous n’avez pas reconstitué les importants stocks stratégiques. Faute de masque, vous avez déployé une irresponsable argumentation sur leur inutilité pour les bien portants. Votre doctrine est simple : ce qui fait défaut n’est pas indispensable.

Et la semaine dernière nous avons appris, médusés que sur les 10.000 respirateurs commandés, 8.500 ne sont pas adaptés aux malades Covid-19…


Quelle débâcle ! L’édifice de vos méthodes managériales, bâti sur le sable de votre imaginaire libéral, tout s’est effondré.


Et pourtant, nous sommes convaincus que l’ensemble des français, que toutes les forces vives du pays, notamment ses forces politiques dont la nôtre, sont prêtes à se retrousser les manches. J’en ai le démonstration dans mon département de Seine-Saint-Denis où la méthode qui prévaut est celle de ces efforts conjoints.


Mais au-lieu de faire ce choix de l’unité, vous restez crispés sur votre dogme libéral qui vous aveugle et vous pousse vers des méthodes autoritaires.
Résultat, vous nous invitez à débattre, sur un coin de table, d’un plan de déconfinement et d’une application qui semble promise au même destin, puisque sur ce sujet aussi, vous avez également changé d’avis, et puisque sur ce sujet aussi, nous continuons de parler dans le vague.
Monsieur le Premier Ministre, lorsqu’un immeuble est en flamme et qu’on ne dispose ni de lances à incendie, ni d’échelles, ni même de soldats du feu en nombre suffisant, on ne se demande pas s’il faut lancer une application mobile pour prévenir les pompiers.

D’autant qu’un tel dispositif technologique de traçage percute dangereusement nos valeurs républicaines et menace incontestablement nos libertés, sinon notre souveraineté. Le pseudonymat n’est pas l’anonymat, et aussi sécurisée sera-t-elle, une base de données de personnes réputées infectées attirera les convoitises de cybercriminels qui ne manqueront pas de trouver le moyen de capter les données des mobiles, ce que déjà Google et Apple peuvent faire sans notre consentement.

En outre, il n’a aucun sens s’il ne vient pas compléter une réponse globale solide, celle que nous aurions aimé contribuer à élaborer à partir des nombreuses propositions que nous avons construites ces dernières semaines avec mes collègues communistes, en lien avec notre réseau d’élus locaux, avec les associations et les organisations syndicales.

Il est temps de sortir du flou des discours du Président de la république qui ne donne pas une ligne claire des principes qui sauraient rassembler le pays face au virus. En lâchant « au jugé » un déconfinement pour le 11 mai, sans qu’à l’évidence on ne se soit préoccupé en amont de savoir si c’était possible et surtout à quelles conditions, le Président n’est pas le dernier, malgré les habits martiaux ou les accents du CNR recherchés dans ses prises de paroles, a avoir contribué à semer le trouble.


Trouble car pour nombre de familles qui aspirent à la reprise de l’école pour leurs enfants, le choix de cette date du 11 mai est apparue comme répondant à un objectif essentiellement de remise au travail des salariés, et non comme la date à laquelle, toutes précaution étant prise, il est possible de reprendre l’école dans des conditions sanitaires adaptées.

Un trouble qui s’est renforcé lorsque le ministre a indiqué que cette reprise était laissée au libre choix des parents. Beaucoup de salariés ne l’auront pas, ce qui ne peut conduire une fois de plus, à renforcer l’idée d’un deux poids, deux mesures, à culpabiliser les parents et à creuser un peu plus des inégalités scolaires que cette crise a aiguisées.


Malgré toute la bonne volonté et l’investissement des enseignants, cette reprise du 11 mai ne sera pas une rentrée. Il faudra dès septembre, engager un plan de rattrapage massif dans trois directions : la médecine scolaire, l’objectif de « plus de maîtres que de classes » et la revalorisation du traitement des enseignants.

Il faut aussi sortir du flou sur les points les plus essentiels d’un plan de déconfinement :
- affirmer le droit au masque gratuit pour toute la population et garanti par l’État, est la condition
pour le rendre obligatoire, par exemple dans les transports en commun.
- rendre dès qu’ils seront disponibles et sous la responsabilité de l’État, les tests sérologiques
mensuellement obligatoires pour toute la population.
- mettre en isolement des personnes testés positifs au Covid 19
- ou encore soumettre toute reprise d’activité d’une entreprise à l’expertise et à l’approbation du
comité économique et social d’entreprise.

Alors seulement, nous seront disponibles pour écouter les variations du Président de la République autour de « la France d’après », déclarations qui ont été immédiatement contredites par ses premières décisions, les vôtres, à commencer par le projet de loi de finance rectificative ou la loi d’urgence sanitaire.
Ainsi, le pays applaudit chaque soir ses soignantes et ses soignants, ses ambulanciers, ses pompiers.

Construire la France d’après, c’eut été octroyer enfin et durablement, dès votre projet de loi de finance rectificative, les moyens dont l’hôpital public a besoin pour que son bon fonctionnement ne repose plus sur le seul dévouement exceptionnel de ses personnels.
Vous découvrez tout soudain la France des invisibles, ces travailleuses et ces travailleurs qui en nous ravitaillant, en nous transportant, en collectant nos déchets, font tenir le pays debout.


Construire la France d’après, ce serait déjà contraindre les entreprises qui rechignent à verser la prime promise aux salariés de la seconde ligne. Et ce serait surtout, en augmentant le SMIC et par une conférence sur l’augmentation des salaires, reconnaître enfin la contribution économique et sociale réelle de ces salariés de l’ombre, reconnaissance que le marché du travail se trouve incapable de traduire par une juste rémunération.


Le Président se dit prêt à remettre en cause ses propres certitudes mais rien ne témoigne de cette prise de conscience dans ses actes.


Construire la France d’après, ce n’est pas délivrer à nouveau des chèques aux grandes entreprises, sans contrepartie, comme vous venez de le faire pour Air France. Ce serait de conditionner les aides à une réorientation de l’économie évaluée sur sa performance sociale et environnementale, et ne pas écarter le principe des nationalisations permettant le retour d’une maîtrise publique au service de la transition écologique.


Construire la France d’après, ce n’est pas octroyer toujours plus de pouvoirs discrétionnaires au patronat, pour déroger à la durée de temps de travail ou au repos dominical, ce serait au contraire redonner du pouvoir aux salariés, par exemple celui que vous leur avez ôtez de peser sur leurs conditions sanitaires de travail, en supprimant les CHSCT.


Construire la France d’après, ce serait suivre la proposition des parlementaires communistes que vous avez rejeté de refuser les aides et prêts aux sociétés qui ont des actifs dans les paradis fiscaux. Ce serait aussi de rétablir l’ISF, un symbole fort de l’effort de solidarité attendu par le pays.

Monsieur le Premier Ministre, lorsque notre Nation est confrontée à une crise aussi grave, on ne confine pas ainsi le débat parlementaire et la démocratie.
Face à cette terrible épreuve, nous étions depuis le début disponible pour travailler, dans la solidarité nationale, à construire une issue à cette crise. Mais plutôt que de construire le commun combat, vous avez choisi de briser l’unité.

 

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 07:25
Nous voulons que le déconfinement soit synonyme de sécurité, de confiance mais aussi d’espoir (Fabien Roussel)

"Nous voulons que le déconfinement soit synonyme de sécurité, de confiance mais aussi d’espoir. L’espoir de bâtir un nouveau modèle économique, protégeant l’être humain du virus, préservant nos ressources naturelles, garantissant notre souveraineté et les valeurs de notre République, si fragilisées au cours de ces dernières années. Les députés communistes voteront contre ce plan." - Fabien Roussel député du Nord

Le Député du Nord et secrétaire national du PCF est intervenu à l’Assemblée Nationale sur le plan de déconfinement. Extrait :

« Nous avons le sentiment que cette reprise est précipitée et qu’elle est plus soumise à des injonctions économiques, aux besoin de la machine économique plutôt qu’une réponse pour nos enfants, pour la continuité pédagogique, plutôt que de créer les conditions de la sécurité pour tous. »

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Zoom sur… l’explication de vote de Fabien Roussel

Nous ne voterons pas votre plan car il laisse trop de places aux approximations et face à un tel virus,
c’est dangereux.

De plus, il renvoie aux élus locaux, aux associations, aux chefs d’entreprise, aux enseignants, aux organisateurs des transports et même à des brigades locales, le soin d’organiser le déconfinement, la campagne de test et d’isolement. Alors qu’une deuxième vague menace.

Vous n’annoncez aucun moyens humains et financiers supplémentaires pour mettre en place cette stratégie, pour l’Éducation nationale, pour le dépistage, pour rendre gratuit un minimum de masques pour chaque citoyen. Pire, vous renvoyez même aux Français le soin de les faire eux-mêmes.
Il y aura le masque LVMH Haute couture que portera Bernard Arnault et celui confectionné avec beaucoup d’amour et quelques bouts de tissus.

Et à la fin, vous annoncez même que la réussite de cette stratégie repose sur le civisme des Français !!

Mais les français font preuve de beaucoup de civisme et de responsabilité. Mais où est le rôle et la responsabilité de l’Etat dans votre plan ?

Comme beaucoup ici, nous regrettons la précipitation, le manque de moyens qui vous conduisent à proposer un plan imparfait, incomplet, qui sème toujours le doute.

Nous ne partageons pas votre manière de vous décharger sur les maires, sur les entreprises pour mettre en place ce plan. Vous « invitez », « incitez », « encouragez » alors qu’il faut « édicter » des règles, « organiser », « contrôler ». Comme vous, nous avons le souci d’écouter les élus locaux, les partenaires sociaux. Sont- ils rassurés ce soir ? Non.
La progressivité du déconfinement dans le temps, dans le pays, tout cela nous le partageons mais cela ne s’improvise pas. Vous avez dû tenir compte de la colère des gens, de leurs craintes sur l’école et nous nous félicitons que les lycées ne rouvrent pas tout de suite. Mais nous ne partageons pas votre choix d’ouvrir les écoles le 11 mai comme vous le proposez, sur la base du volontariat et sans moyens supplémentaires. Ceux qui sont au chômage partiel avec un salaire partiel n’auront pas le choix, ni ceux qui perdent leur emploi et qui sont prêts à tout pour le retrouver.

Et celles et ceux qui ne veulent pas mettre leurs enfants à l’école : pourront-ils les garder chez eux, sans risquer une sanction ou un licenciement ?

Nous vous demandons de mettre en place toutes les conditions de sécurité sanitaire avec les moyens
humains en face, avant de décider d’une date d’ouverture des écoles, dans toute la France et pour tout le monde.

La République doit garantir les mêmes droits pour tous, dans toutes les campagnes, dans toutes les
villes, ici et en Outre-mer, et pour tous les citoyens. C’est l’égalité de tous, même face à un virus.

Nous demandons un minimum de masques, gratuits et aux normes, pour chaque citoyen-ne.

Nous voulons des prix encadrés. Vous ne pouvez pas continuer à protéger les plus riches et renvoyer les Français, les plus fragiles, les plus démunis, dans les pharmacies pour s’acheter un masque, face à un virus potentiellement mortel.

Nous voulons un pilotage de l’Etat sur toutes ces questions, celle de la production du matériel, celle du pilotage des tests comme pour celle des brigades de dépistages que nous souhaitons également. Mais à la différence de vous, elles ne peuvent pas dépendre du bon vouloir des mairies ou des associations locales.
Sinon, c’est du bricolage.

De même, comment laisser aux entreprises le soin d’organiser le travail, sans donner plus de droits aux salariés, aux syndicats ?

Les conditions de travail, les déplacements, les horaires : tout doit être revu pour faire face aux risques épidémiques.

L’objectif de la reprise du travail aujourd’hui ne doit plus être la rentabilité, mais plutôt de s’adapter aux risques épidémiques et être l’occasion de repenser complètement notre modèle économique.

Tout le monde est prêt à travailler et à trouver des solutions. Tout le monde aspire à ce que les enfants retrouvent le chemin de l’école au plus vite.

Mais pas à n’importe quel prix, pas pour faire comme avant.

Nous voulons donner un sens nouveau au travail, à l’effort collectif, à la production de richesses.

Nous voulons que le déconfinement soit synonyme de sécurité, de confiance mais aussi d’espoir.
L’espoir de bâtir un nouveau modèle économique, protégeant l’être humain du virus, préservant nos
ressources naturelles, garantissant notre souveraineté et les valeurs de notre République, si fragilisées au cours de ces dernières années.

C’est dans cet esprit que nous avons formulé des propositions, en tenant compte de la réalité de notre pays, ici comme dans les Outre-mer où les inquiétudes sont encore plus fortes.

Pour toutes ces raisons, les députés communistes et ultramarins du groupe GDR voterons contre ce
plan.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,
Paris, le 28 avril 2020

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