#directPCF : des moments d'échanges, du lundi au jeudi à 17h30

Maxime Cochard est auteur, il a été invité, le lundi 4 mai, pour présenter son livre « Nous n'avons pas besoin des riches » paru aux éditions Arcane 17
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#directPCF : des moments d'échanges, du lundi au jeudi à 17h30

Maxime Cochard est auteur, il a été invité, le lundi 4 mai, pour présenter son livre « Nous n'avons pas besoin des riches » paru aux éditions Arcane 17
Cécile ROL-TANGUY n'est plus . Elle avait fêté ses 101 ans le 10 avril dernier . ( Cécile et Henri quelques jours après leur mariage en Bretagne , 17 Avril 1939 ) - Christophe Saulière
La famille Rol-Tanguy communique :
Cécile ROL-TANGUY est décédée ce jour 8 mai 2020 à 12 h 10, à son domicile de Monteaux (Loir-et-Cher), à l’âge de 101 ans. Avec elle disparaît une des dernières figures de la Résistance intérieure française et plus précisément de la Libération de Paris en août 1944.
Porteuse des plus hautes distinctions de la République (Grand Officier de la Légion d’honneur, Grand Croix dans l’Ordre national du Mérite, Médaille de la Résistance, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance), elle était emblématique de la place de femmes dans le combat contre Vichy et l’occupant nazi. Cécile ROL-TANGUY soulignait toujours qu’elle n’acceptait ces décorations qu’en hommage à toutes les femmes de l’ombre, rouages indispensables de la lutte clandestine. Aux déportées, aux internées, à toutes celles assassinées par l’ennemi et pourtant si souvent oubliées à l’heure de la victoire. A toutes les femmes qui, comme elle, une fois la guerre terminée, reprirent simplement leur place dans la vie quotidienne de leur famille et du pays.
***
En ce 8 mai 2020, 75 ans après la défaite du nazisme et le retour de la paix en Europe, symbole incroyable, Cécile Rol-Tanguy, grande figure féminine de la résistance parisienne vient de s'éteindre à 101 ans.
Cette grande résistante et cette grande dame, épouse d'Henri Rol-Tanguy, compagnon de la libération d'origine finistérienne, né a Morlaix, fêtait ses 100 ans l'an passé.
Toute notre sympathie à sa famille, ses enfants, ses proches, sa famille, à l' ANACR dont elle était la présidente d'honneur.
Cécile Rol Tanguy est née en 1919. Elle est issue de la famille bretonne des Le Bihan, son père était un électricien militant socialiste, puis communiste après le congrès de Tours, qui disparaîtra en déportation.
Le domicile de ses parents accueille des réfugiés allemands et d'Europe de l'est dans les années 30.
Cécile s'engage au Secours Rouge international à partir de 1936, au syndicat CGT de l'électricité, puis a la fédération CGT de la métallurgie. C'est là qu'elle rencontre son futur mari, Henri Tanguy, qui est à l'époque responsable des jeunes au sein de la fédération des travailleurs de la métallurgie.
Elle se marie avec lui lors d'une permission d'Henri, engagé volontaire aux Brigades internationales en soutien à la République espagnole menacée par les fascistes.
Au début de la guerre, elle assure entre Brest et Paris avec sa mère la liaison avec la direction clandestine du PCF interdit, une mission confiée par le futur ministre communiste de De Gaulle Marcel Paul.
Puis à Paris, comme sténo-dactylographe elle écrit et tire les tracts du PCF avant de rejoindre les rangs de l'organisation spéciale O.S puis des F.T.P.F avec Henri Rol Tanguy où elle exerce comme agent de liaison.
Elle termine la guerre avec le grade de lieutenant FFI.
Cécile et Henri vont continuer leur vie militante avec le PCF jusqu'au bout. Henri meurt en septembre 2002 et a droit a un hommage du président Chirac dans la cour des Invalides. Entourée de l'affection de ses enfants, Cécile Rol-Tanguy, élevée au rang de chevalier de la légion d'honneur, continue a entretenir la mémoire et la flamme de la résistance en allant de ville en ville rendre hommage a ses camarades.
Cécile Rol-Tanguy, née Marguerite Le Bihan le 10 avril 1919 à Royan, résistante communiste.
Elle est la fille de François Le Bihan, syndicaliste, cofondateur du Parti communiste français (PCF), déporté à Auschwitz dans le convoi des 45000, et de Germaine Jaganet.
Après l'obtention de son brevet élémentaire à 16 ans, elle est formée au métier de sténodactylographe et suit un stage au secrétariat administratif du
syndicat Confédération générale du travail (CGT) de la Compagnie parisienne de distribution d'électricité (CDPE). En novembre 1936, elle est engagée au syndicat des métaux CGT d'Île-de-France, dont le secrétaire n'est autre qu'Henri Tanguy.
Elle milite à l'Union des jeunes filles de France et participe à des réunions du Comité d'aide à l'Espagne républicaine, où elle fait connaissance avec Tanguy.
En janvier 1938, ils se fréquentent, puis, en 1937, alors qu'il participe à la guerre d'Espagne, elle devient sa marraine de guerre. Après son retour en France fin 1938, le 19 avril 1939, ils se marient. Ils auront cinq enfants : Hélène, universitaire, Jean, journaliste, Claire et Francis, haut fonctionnaire; ainsi que Françoise, morte en bas âge. Entre-temps, le 1er janvier 1938, elle adhère au PCF.
Au début de juillet 1940, elle entre dans la clandestinité ; Henri, une fois démobilisé, la rejoint à Paris. Elle devient agent de liaison et prend les surnoms de « Jeanne », « Yvette » et « Lucie ». Seul Maillard connaît leur véritable nom et leur adresse.
C'est elle qui, notamment, informe Jean-Pierre Timbaud qu'il est recherché. Elle cache des armes dans le
landau de ses enfants. Le 19 août 1944, elle rédige, sous la dictée d'Henri, l'appel à l'insurrection des Parisiens.
Le 26 août, elle assiste au défilé du général de Gaulle sur les Champs-Élysées.
Cécile Rol Tanguy devient co-présidente de l’association Les Amis des combattants de l'Espagne république, ACER, dont sa fille, Claire, deviendra Secrétaire générale. Elle prend l'engagement, avec son mari, de rester adhérente du PCF et abonnée à L'Humanité jusqu'à sa mort. Henri Rol-Tanguy meurt en 2002.
En janvier 2014, elle salue avec Odette Nilès dans une tribune dans Le Monde la décision du transfert des cendres de Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay au Panthéon.
Le 27 mai 2014, elle participe aux commémorations organisées à l'occasion de la journée nationale de la Résistance.
"la mort n'éblouit pas les yeux des Partisans"
Les Résistants et Amis de la Résistance, les Amis du pôle Jean Moulin-réseau MRN sont en deuil.
Cécile et Henri Rol-Tanguy sont à jamais unis dans notre coeur, dans le coeur des Français.
Ils ont écrit ensemble, avec leurs camarades de combat, une page magnifique de notre Histoire, la Libération de Paris.
En ce jour, nous avons aussi une pensée pour son père, le Résistant François Le Bihan, né à Bannalec, mort à Auschwitz le 19 septembre 1942.
Les Résistants et Amis du Finistère, partagent le chagrin de ses enfants, Hélène et Claire, Jean et Francis, le chagrin de toute sa famille.
A eux tous, nos plus affectueuses pensées.
Pour l'ANACR-29 et le pôle Jean Moulin-réseau MRN, Anne Friant
C'est avec tristesse et émotion que nous avons appris le décès de Cécile Rol-Tanguy. Elle restera à jamais dans l'Histoire, avec son mari, comme la parfaite illustration de la résistance au nazisme, une valeur partagée par tous les Républicains espagnols.
Dans cette douloureuse circonstance, l'association Mémoire de l'Exil Républicain Espagnol dans le Finistère souhaite vous faire part de toute sa sympathie.
Très cordialement.
Jean Sala-Pala, Président
Le PCF perd une de ses grandes figures, une grande dame qui est restée engagée toute sa vie. A 101 ans, Cécile Rol-Tanguy nous quitte, entourée de sa famille, dans sa demeure de Monteaux en Loir et Cher.
Avec elle disparaît une des dernières figures de la Résistance intérieure française et plus précisément de la Libération de Paris en août 1944.
Car Cécile Rol-Tanguy n’était pas que la femme du Colonel Rol Tanguy, présente à ses coté le 25 aout 1944 pour obtenir l’acte de reddition du général Von Sholtitz.
C’était aussi une militante de la paix, de la liberté, des droits des femmes s’opposant à toutes les formes d’intolérance.
Médaillée de la Résistance, Grand-Croix de l’Ordre national du Mérite, Grand Officier de la Légion d’Honneur, elle a mené de nombreuses batailles tout au long de sa vie. Elle était une femme d’écoute et d’échanges, jamais d’idées imposées.
Cécile Rol-Tanguy, née Marguerite Le Bihan le 10 avril 1919 à Royan, est la fille de François Le Bihan, syndicaliste, cofondateur du Parti communiste français (PCF), qui sera déporté à Auschwitz dans le convoi des 45000, et de Germaine Jaganet.
En 1936, elle s’engage au syndicat des métaux CGT d’Île-de-France. En 38 elle adhère au PCF. Elle milite à l’Union des Jeunes Filles de France et participe en même temps activement aux Comités d’aide à l’Espagne Républicaine, pour soutenir les Brigades internationales combattant le franquisme en Espagne.
Puis la guerre arrive. Dés le mois de juillet 1940, elle s’engage dans la Résistance et entre dans la clandestinité. Henri, son mari qu’elle a épousé un an plus tôt, la rejoint à Paris. Elle
devient agent de liaison et il lui arrive de cacher des armes dans le landau de ses enfants.
Elle tape des tracts, des journaux syndicaux et autres documents illégaux de la CGT interdite et travaille pour les avocats communistes qui défendent les premiers emprisonnés du régime de Vichy.
C’est aussi, elle, qui va aider le Colonel Rol-Tanguy à rédiger l’appel à l’insurrection des Parisiens. Les combats victorieux de la Résistance parisienne amènent la Libération de la Capitale le 25 août 1944.
Toute sa vie, elle a tenu à faire vivre la mémoire de la Résistance, celle de ses ami-es et camarades mort-es au combat.
Avec Lucie et Raymond Aubrac, Cécile et Henri Rol-Tanguy resteront comme les deux couples symboles de la Résistance intérieure française.
Ils auront été pour de nombreux communistes l’incarnation de la Résistance, la mémoire de celles et ceux qui ont refusé la collaboration et ont combattu l’occupant nazi. Cécile Rol Tanguy a instruit de nombreux militants et formé des dirigeants de notre parti. Jamais nous l’oublierons.
Tous les communistes de France sont tristes aujourd’hui. En leur nom, je tiens à adresser toute mon amitié à ses enfants, Hélène, Claire, Jean et Francis, sa famille, ses petits-enfants, ses arrière-petits-enfants.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord
Vendredi, 8 Mai, 2020 - L'Humanité
DISPARITION. CÉCILE ROL-TANGUY EST DÉCÉDÉE
José Fort
Dès la première heure, elle a résisté au nazisme. Épouse du colonel Henri Rol-Tanguy, Cécile, Grand officier de la légion d‘honneur, a été aux premiers rangs de la libération de Paris en août 1944.
Au Palais de l’Élysée, alors que Jacques Chirac venait de l’élever au grade de Grand officier de la légion d’honneur, Cécile Rol-Tanguy déclarait : « Cette distinction, monsieur le Président, je l’accepte au nom de toutes les femmes résistantes oubliées, celles dont on n’a jamais parlé, celles qui n’ont rien eu. »
Cécile Rol-Tanguy, née Marguerite le Bihan à Royan avait fêté au mois d’avril 2019 ses cent ans entourée de sa famille et de ses nombreux amis. Elle est décédée ce vendredi 8 mai 2020 chez elle, à midi, à Monteaux (Loir et Cher), entouré des siens. Comme un symbole.
Une grande dame vient de nous quitter et pas seulement parce qu’elle était l’épouse du célèbre colonel Henri Rol-Tanguy, le métallo-brigadiste parti défendre la République espagnole avant d’entrer en résistance contre les nazis. Elle avait été la proche collaboratrice puis la femme du chef FFI artisan de la libération de Paris en août 1944.
Cécile c’était aussi Cécile, surtout Cécile, une femme de courage, d’intelligence et de lucidité. Fille de François Le Bihan, syndicaliste et communiste français, déporté à Auschwitz, Cécile Rol-Tanguy était une femme d’action. Elle a milité à l’Union des jeunes filles de France, participé activement aux Comités d’aide à l’Espagne républicaine et a rejoint le parti communiste en 1938. Elle a d’abord été la marraine de guerre d’Henri avant de l’épouser en avril 1939.
Voir aussi : J'étais son agent de liaison, sa secrétaire,.. tout !
Dès juillet 1940, elle entre en clandestinité. Elle est agent de liaison. Il lui arrive de cacher des armes dans le landau de ses enfants. C’est elle qui tape à la machine, sous la dictée de Rol, l’appel à l’insurrection des Parisiens.
Après la mort d’Henri (2002), Cécile Rol-Tanguy a poursuivi le travail de mémoire : en présidant l’association « Les Amis des combattants en Espagne républicaine » (ACER), en participant à des cérémonies, des rencontres et des débats. Elle était une femme d’écoute et d’échanges, jamais d’idées imposées.
Voir aussi : "Reprenez le flambeau de la paix !"
Il y a quelques années, l’accompagnant à Vénissieux pour une cérémonie à la mémoire d’Henri, nous avions échangé dans le train sur l’état du monde. Je me souviens de ses mots : « nous rêvions d’un monde en paix et nous assistons à tant de conflits et de barbaries. Nous rêvions d’une vie meilleure et nous devons supporter tant d’injustices. Au soir de ma vie, j’ai un souhait : que les jeunes générations reprennent le flambeau de la paix, de la liberté, de la résistance en s’opposant à l’intolérance d’où qu’elle vienne et en trouvant des voies nouvelles pour un avenir meilleur. »
Voir aussi : "C'était un engagement instinctif"
À Hélène, Claire, Jean, Francis, les enfants de Cécile Rol-Tanguy et à ses petits-enfants, l’Humanité adresse ses plus sincères condoléances.
José Fort
Jusqu’à sa mort, le 8 mai à l’âge de 101 ans, elle défendit le souvenir de l’insurrection parisienne à laquelle elle prit part en tant qu’agente de liaison.
Antoine Flandrin - Le Monde
L’engagement des femmes dans la Résistance française fut longtemps occulté. Souvent, l’importance de leur rôle fut découverte après la mort de leur mari. Ce fut le cas de l’épouse du colonel Rol-Tanguy (1908-2002), chef des Forces françaises de l’intérieur (FFI) de la région parisienne, connu pour avoir mené la libération de Paris avant l’entrée des blindés du général Leclerc, le 24 août 1944. Jusqu’à sa mort, le 8 mai, à l’âge de 101 ans, Cécile Rol-Tanguy défendit le souvenir de l’insurrection parisienne à laquelle elle prit part en tant qu’agente de liaison.
Née le 10 avril 1919 à Royan (Charente-Maritime), elle grandit au Vésinet (Yvelines), puis à Paris dans le 19e arrondissement, dans une famille d’ouvriers communistes. Son père, François Le Bihan, électricien, militant CGT au Secours rouge international, héberge avec son épouse de nombreux responsables communistes tchèques, hongrois, yougoslaves, italiens et allemands, exilés politiques en France.
Après avoir obtenu son brevet, Cécile Le Bihan est embauchée en 1936 comme dactylographe à la fédération CGT de la métallurgie, où elle fait la connaissance d’Henri Tanguy, un Parisien d’origine bretonne qui a quitté l’école à 13 ans et a été renvoyé de plusieurs usines d’automobiles pour y avoir organisé des grèves. Elle devient sa marraine de guerre, après qu’il obtient l’autorisation du Parti communiste français (PCF) pour rejoindre les Brigades internationales pendant la guerre civile en Espagne, en 1937 et 1938. Il en reviendra avec une blessure à la poitrine et un surnom de guerre – Rol, le nom de son ami Théo, tué par les Franquistes.
Après leur mariage, en 1939, vient le temps des drames. Son père, François Le Bihan, est arrêté en avril 1940. Accusé d’avoir tenté de reconstituer le PCF alors dissous, il est écroué à la prison de la Santé, à Paris. Il sera déporté à Auschwitz où il mourra en 1942. Elle n’a aucune nouvelle de son mari, Henri Tanguy, mobilisé en 1939, affecté dans une usine d’armement près de la frontière pyrénéenne. Bientôt, leur petite fille de 7 mois, Françoise, tombe malade. Le bébé meurt le 12 juin, alors que les troupes allemandes entrent dans la capitale.
« Je n’avais plus rien, racontait-elle. Mon père avait été arrêté, mon mari, je ne savais pas où il était, et j’avais perdu ma petite fille. Qu’est-ce qui me retenait ? Je rentrai dans la Résistance. Ça m’a aidé. Ça m’a apporté quelque chose. » Contactée par la CGT, devenue clandestine, elle accepte de dactylographier des tracts et des articles pour des journaux de la Résistance. Lorsque son mari rentre à Paris, en octobre, elle devient son agente de liaison.
Deux autres enfants, Hélène et Jean, naissent en 1941 et en 1943. Elle se sert de la poussette qui les transporte pour y cacher des documents secrets pour le réseau communiste des Francs-tireurs et partisans (FTP). Sous les rutabagas et les poireaux de son cabas, elle dissimule pistolets, grenades et détonateurs. Alors que son mari passe de planque en planque, elle vit avec sa mère et utilise des prénoms d’emprunt : Yvette ou Lucie.
Dans la nuit du 18 au 19 août 1944, c’est elle qui tape à la machine le tract appelant les Parisiens à s’insurger : « Aux patriotes aptes à porter des armes. (…) La France vous appelle ! Aux armes, citoyens ! ». Le 20, elle est de nouveau aux côtés du colonel Rol lorsque celui-ci installe son PC dans les catacombes, à vingt-six mètres sous le lion de la place Denfert-Rochereau. C’est là que le chef régional des FFI organise le soulèvement parisien. Cinq jours plus tard, après de rudes combats, les Parisiens fêtent la Libération, alors que les chars alliés entrent dans la capitale. Cécile Rol-Tanguy sort de l’ombre. Elle est reçue au ministère de la guerre, le 27, avec son mari ainsi qu’une vingtaine de chefs de la Résistance parisienne, par le général de Gaulle.
Après le décès de son mari, en 2002, elle continuera à témoigner. « J’ai longtemps accompagné mon mari pour évoquer la Résistance, disait-elle. Quand il est parti, l’idée qu’on allait oublier son combat et celui de tant d’autres ne me plaisait pas. Alors je me suis lancée, sans jamais penser à ce qui me tomberait dessus… »
10 avril 1919 : naissance à Royan (Charente-Maritime)
1936 : sténodactylo à la Confédération générale du travail (CGT)
1939 : épouse Henri Rol-Tanguy
1940-1944 : agente de liaison dans la Résistance
8 mai 2020 : mort à Monteaux (Loir-et-Cher)
Le 8 mai, une date référence pour notre mémoire collective
C’était un 8 mai, il y a 75 ans. Le 8 mai 1945. Cette date marque la fin « des années noires », la fin de la deuxième guerre mondiale, la capitulation de l’Allemagne Nazie.
L’existence de cette date n’est pas toujours allée de soi. Son instauration en jour férié, en 1981 seulement, s’est heurtée à bien des obstacles. De même, il a fallu du temps, en France, pour que soit reconnue la responsabilité de l’État Français, installé à Vichy, dans la collaboration avec les nazis, la déportation de millions de juifs, notamment des enfants, et la traque des résistant·e·s sur notre territoire national.
La vigilance est toujours de mise : le projet existe toujours d’unifier en une seule date la commémoration de la fin des conflits qui ont marqué le 20e siècle, pour supprimer des jours de congés aux Français qui ne « travailleraient pas assez », peut être aussi pour des raisons moins avouables encore…
J’y suis, avec mes camarades communistes, résolument opposé. Le 8 mai doit rester une date référence dans notre mémoire collective.
Cette date nous invite à la mémoire de ce que fut le nazisme, son inimaginable inhumanité. Mémoire des victimes, militaires, civiles et innocentes, disparues par millions dans les camps de la mort, dans des massacres ou des représailles d’une impensable sauvagerie. Qu’ils ou elles soient morts à Oradour-sur-Glane, Leningrad, Auschwitz, Varsovie ou ailleurs, c’est à elles et eux que nous pensons en ce jour.
Cette date nous invite à rappeler les complicités dont a bénéficié le régime nazi, dont la plupart figure parmi « les premiers de cordée » de l’époque.
A rappeler, bien sûr, le courage des femmes et des hommes qui, au contraire, ont refusé de vivre à genoux, se sont levés, ont payé souvent de leur vie leur soif d’une humanité libérée.
François Mauriac, écrivain catholique, de sensibilité Gaulliste écrira : « seule la classe ouvrière dans son ensemble est restée fidèle à la patrie... ».
Cette date nous invite aussi à tout faire pour que se développent pleinement, avec l’ouverture des archives, la connaissance, la recherche scientifique et historique sur ces années noires, notamment de ce que fut en France l’occupation et la complicité du régime de Vichy. Bien des zones d’ombre demeurent. Parmi elles, celle de ces militants, élus, parlementaires communistes ou syndicalistes arrêtés en 1939 sous le gouvernement Daladier, internés par celui de Vichy, en France puis en Afrique du nord et en Algérie, alors
« française ». Une journée d’étude à ce sujet associant historiens, syndicalistes et responsables politiques était programmée ce lundi 11 mai au Palais du Luxembourg. Les conditions de confinement actuelles nous ont contraints à la reporter au lundi 9 novembre. Nous en reparlerons, mais d’ores et déjà je vous y invite.
Cette date, enfin, nous invite à l’espoir. Certes, le monde d’aujourd’hui n’est plus le même. L’histoire s’accélère. Mais nous sentons toutes et tous que nous sommes, à nouveau, à un carrefour. L’Humanité poursuivra-t-elle dans la voie de politiques libérales qui n’ont d’autres boussoles que le profit au mépris de l’être humain et de la planète, ou d’autres voies, d’autres rapports de force permettront-ils aux femmes et aux hommes de bénéficier des immenses richesses crées et aujourd’hui dilapidées, pour pouvoir s’émanciper, vivre dignement, gagner de nouvelles protections et de nouveaux droits, préserver la planète et l’écosystème ?
Creusement sans fin des inégalités ou mise à disposition de toutes et tous des communs, là est le choix.
Il y a 75 ans, la mise en œuvre du programme du Conseil National de la Résistance était une réponse progressiste à la même question.
Rien n’est écrit, mais des points d’appui nouveaux, que nous ne soupçonnions pas ou dont nous ne soupçonnions pas encore la force, se font jour aujourd’hui, dans les contradictions d’un monde et d’une humanité qui cherchent la voie de nouveaux horizons…
Il y a 45 ans, du cœur du Chili opprimé, un chant s’est élevé : « el Pueblo unido jamas sera vencido »
En ce 8 mai 2020 ce chant est toujours le nôtre et nous continuons à tracer, comme l’a dit le poète espagnol Antonio Machado, « nos sillages dans la mer ».
Pierre Laurent, président du Conseil national du PCF, sénateur de Paris

La construction capitaliste de l’Union européenne peut se disloquer. Les conseils européens des chefs d’État et de gouvernement sont plus catastrophiques les uns que les autres. Ce qui est actuellement sur la table, à savoir les conclusions de cette instance dite «informelle» qu’est l’Eurogroupe du 9 avril, conduit à l’augmentation de la dette des États et à leur exposition aux dramatiques «ajustements» néolibéraux qui sont justement à l’origine de la crise des systèmes de santé publics. Les critiques des gouvernements espagnol, portugais et italien sont tout à fait justifiées.

L’ampleur de la crise du capitalisme et de ses conséquences sociales appelle à d’autres solidarités entre peuples et nations d’Europe. Elles sont possibles et nécessaires. Je me contenterai de l’illustrer par quatre propositions.
Une proposition immédiate, que le PCF porte depuis longtemps et que le PGE a reprise: la redirection des moyens et efforts financiers de la BCE vers l’investissement pour les services publics et l’emploi. La pétition initiée par Frédéric Boccara et Paolo Ferrero, vice-président du PGE, «L’argent de la BCE pour la santé, pas pour le capital», interpellant la commission européenne doit être popularisée. Cette mesure n’est pas seulement une action urgente, mais elle ouvre une brèche sérieuse dans l’économie politique monétariste de l’euro.
D’autre part, la crise de la mondialisation capitaliste et la nécessité de défendre l’emploi soulignent la nécessité de porter l’exigence des relocalisations des industries stratégiques sur le sol européen. Elles ne seront durables que si elles sont complétées de mesures efficaces de lutte contre le dumping social, fiscal et écologique, et contre l’évasion fiscale.
De plus, la question de la dette est plus que jamais centrale, alors que les États de l’UE vont s’endetter en moyenne pour dix points supplémentaires de PIB. La nécessité d’un moratoire sur les dettes publiques et de l’annulation de leur part illégitime, à travers d’une conférence européenne de la dette. Ce qui a été possible de faire en 1953 pour la dette publique de la RFA à la conférence de Londres pour les intérêts de la bourgeoisie ouest-allemande doit l’être aujourd’hui pour ceux des peuples.
Enfin, la «suspension» du Pacte de stabilité et de croissance ne serait sans doute que l’arbre qui cache la forêt si elle n’appelle pas son annulation totale, ainsi que celle de l’ensemble du corset austéritaire européen, à savoir le semestre européen, le pacte budgétaire et les autres mécanismes de contrôle de la commission européenne sur les budgets des États.
Si des brèches sont ouvertes, les élargir pour remettre en cause la logique même de l’européisme libéral en faisant émerger d’autres solidarités, mutuellement bénéfiques, entre les peuples et les nations d’Europe implique un niveau de rapport de force de haut niveau et une bataille de classe de haute intensité. Nous avons des points d’appui, en France et en Europe. À nous, avec nos alliés en Europe, de les renforcer et de les élargir.
Vincent BOULET
Responsable Europe du PCF

Aggravation des inégalités sanitaires, territoriales, sociales, économiques, manque de démocratie et de moyens financiers, reprise de l’activité au seul service des profits, voilà la réalité du plan de déconfinement du gouvernement.

La différence de couleur des régions ne vient pas de « résultats moins bons » comme l’affirme le Premier Ministre qui fait porter de manière inacceptable la responsabilité sur les Français.e.s. Elle vient d’une politique gouvernementale de casse de l’hôpital public, dans le prolongement des politiques menées ces dernières décennies. L’engagement des Français.e.s a lui été total, marqué par la dignité et le civisme, tout au long du confinement.
En effet, si le Pas de Calais, la Seine-saint-Denis ou Mayotte et d’autres sont en tension hospitalière, c’est surtout à cause du manque de lits chronique en réanimation ! La différence est édifiante entre la moyenne nationale qui est de 1 lit de réanimation pour 12 600 habitants et le Pas de Calais qui en compte 1 pour 17 000, la Seine-saint-Denis qui en compte 1 pour 16 500 ou Mayotte, avec 1 lit pour 27 000 habitants. Cette situation est inadmissible dans une République dont une des valeurs fondatrices est l’égalité. Les députés et sénateurs communistes, avec les responsables syndicaux, ont multiplié les alertes et les propositions pour renforcer l’hôpital public.
Pour tous les départements, rouges ou verts, c’est d’une réelle stratégie de déconfinement dont le pays à besoin. Le PCF a rendu public ce jour ses propositions. Fin de l’état d’urgence, fonds de 50 milliards, masques gratuits pour tous et politique de test massive, sélection des activités économiques, réduction du temps de travail, report de l’ouverture des écoles pour accueillir tous les élèves, augmentation des salaires… Des mesures fortes peuvent et doivent être prises pour un déconfinement réussi.
La vie humaine doit être protégée partout, dans toute la France et pour tous nos concitoyen.ne.s. Et la reprise de l'activité ne peut pas se faire comme avant : la transformation de notre mode de développement au service de l’humain et de la planète est plus nécessaire que jamais.
Nous voulons d'une école qui fasse sens, c'est pourquoi nous remettons en cause le bien-fondé d'une reprise de l'école prématurée, dans des conditions dégradées et inégalitaires, anxiogènes pour les enfants, les équipes éducatives et les familles
L'épidémie du Covid-19 et la fermeture des établissements scolaires liées aux contraintes de confinement ont mis en avant toute l'importance de l'école. L'école doit être reconnue comme bien commun indispensable à tous, et doit faire l'objet d'investissements qui permettent de faire face aux inégalités d'accès à la réussite et à l'ambition collective d'une culture commune de bon niveau pour tous nos jeunes. Ce ne sont pas les choix budgétaires et économiques du gouvernement actuel.
En ce sens, l'attitude de Macron et de son gouvernement est irresponsable : l'annonce d'une date de réouverture des écoles ne s'accompagne d'aucune véritable politique pour rendre cette reprise possible dans des conditions acceptables et égales pour toutes et tous ! L’État se défausse sur les collectivités territoriales, les directions d'écoles, les enseignant.es, les familles et laisse les enseignant.e.s dans l'inquiétude la plus profonde. La situation est chaotique, dantesque: les préconisations se suivent et ne cessent de se contredire, à l'image d'un gouvernement qui a fait la preuve de son incompétence et qui confond communication à l'emporte pièce et action sérieuse dans toute cette crise du Covid-19.
A chacun de bricoler avec les moyens du bord, quitte à provoquer une relance de l'épidémie...
Les avis du Comité scientifique sur le caractère prématuré de la date du 12 mai pour une reprise de l'école n'ont pas été pris en compte, pas plus que l'avis des organisations syndicales enseignantes en France, en Bretagne et dans le Finistère, ou l'avis du CHSCT (comité hygiène et sécurité) et d'une association de parents importante comme la FCPE.
Les équipes éducatives se sentent trahies par l'éducation nationale et leur ministre. On ne répond à aucune de leurs interrogations, par exemple sur la comptabilité d'un maintien du travail à distance avec les temps d'apprentissage en présence des élèves. Les directeurs-ices d'école vivent une période très douloureuse où ils/elles sont balloté.es entre des discours très éloignées de leurs problématiques de terrain et des réalités pédagogiques.
Le retour des enfants en classe est avant tout pour le gouvernement un levier de la reprise générale de l'activité économique dans le pays et un moyen de contrainte sur les salariés. Mais il ne faut pas mentir aux parents, aux enfants et aux équipes éducatives... En vérité, ce n'est pas pour des raisons de lutte contre le décrochage scolaire, d'efficacité pédagogique, d'intérêt des enfants, que l'école reprend à la mi mai. Sinon, comment expliquer que ce gouvernement n'ait absolument rien fait en matière sociale pour les familles en situation de grande précarité et de fragilité depuis le début du confinement alors qu'il débloque des dizaines de milliards pour les acteurs économiques ? Il y a une imposture et un mensonge fondamental à vouloir investir l'école d'une fonction que l'Etat est incapable d'assumer.
Quelle mobilisation exceptionnelle des aides, des services sociaux, des éducateurs, des moyens de liens avec les familles et les jeunes par la puissance publique pour répondre à la question de l'isolement et de la précarité des familles ? L’État n'a même pas été capable de mobiliser des moyens contre la fracture numérique pour rendre possible pour tous les enfants, toute les familles, le travail à distance pendant la durée du confinement, par l'aide à la mise à disposition de matériel informatique.
Quel sens cela a t-il d'un point de vue éducatif de faire reprendre les plus jeunes et pas les 4e et 3e, les lycéens, les étudiants, dont la rentrée n'interviendra pas avant juin ou septembre ? Quelle liberté laisse t-on vraiment aux parents si l'ouverture de l'école de leurs enfants leur enlève toute possibilité de dérogation et d'aménagement de travail à distance pour garder leurs enfants ? Comment se propose t-on d'assurer une continuité de la prise en charge scolaire des enfants en situation de handicap ?
Le gouvernement, tout à sa volonté de réouvrir au plus vite les écoles fait reposer sur les équipes pédagogiques et sur les parents d’élèves l'entière responsabilité de la reprise des cours.
Il se contente de faire circuler un protocole sanitaire de 54 pages qui montre bien à quel point la « rentrée » des classes pose, dans la situation actuelle, un problème majeur. Ce protocole sanitaire qui s'impose aux directions d'école et aux collectivités de référence est par bien des aspects inapplicable dans des conditions réelles, et il est basé sur l'hypothèse d'une reprise d'une partie des élèves seulement. Les moyens d'application ne sont aucunement garantis par l’État, par la mise à disposition de personnels et de locaux adaptés, de matériel de protection, ce qui fait que les dispositions prises localement, y compris sur l'offre de scolarité proposée aux enfants et aux familles d'une école à l'autre, vont être extrêmement disparates et inégalitaires.
Ce protocole sanitaire apparait comme un parapluie géant et illusoire dressé par l’État et le ministère de l'éducation nationale pour dire aux écoles, aux collectivités locales, confrontées aux injonctions les plus contradictoires : « c'est pas moi, c'est votre responsabilité, c'est votre faute ».
Et cela en dehors de tous moyens supplémentaires attribués encore une fois... Ce protocole sanitaire risque de conduire à vider de nombreux enseignements d'une grande part de leur sens, comme en EPS (éducation physique et sportive), et à brouiller le sens de l'école pour les enfants, les familles, les enseignant.es, particulièrement pour les classes du premier degré.
En maternelle par exemple : distance d’un mètre entre les élèves, pas de jeux collectifs, pas de coins jeux pour les petits, pas de proximité physique possible, lavages de mains à répétition, désinfection des objets, de locaux… D’emblée, il apparaît évident que les conditions d’accueil seront impossibles à tenir quand on connait la vie réelle d’un établissement qui reçoit des enfants., ce que dénoncent les syndicats de l’enseignement dans une courrier adressé le 4 mai à la Directrice académique du Finistère (SNUIPP, SUD Éducation, CGT éduc-action, SNUDI-FO). Quelle empathie a t-on vis-vis des petits en leur imposant ces conditions de reprise stressantes qui ruinent les efforts de construction pédagogique inclusive des enseignant.es ?
L'école transformée en caserne ou colonie pénitentiaire, est-ce encore l'école? Les équipes éducatives ont besoin de temps pour organiser une rentrée pour tous les élèves, et qui fasse sens. Les conditions de la reprise à la mi mai vont encore accroître les inégalités et les déséquilibres sociaux et territoriaux face à l'école. Il se pourrait même que le gouvernement cherche à instrumentaliser la crise sanitaire pour imposer son projet néo-libéral pour l'éducation : une école à la carte, différente d'un territoire à l'autre, d'un élève à l'autre.
Le Parti communiste qui a proposé un plan d'urgence pour l'éducation en 17 propositions veut d'une reprise scolaire qui n'exclue pas plus de la moitié des élèves et ne conduise pas à une caricature d' « école » , et d'une rentrée dans des conditions préparées par les acteurs de l'éducation qui savent ce qu'est un élève et une classe, discutées démocratiquement, sans exclure les familles, les personnels, les collectivités.
Les communes tentent de s'adapter comme elles le peuvent dans le Finistère, en se souciant d'impliquer les conseils d'école, les personnels éducatifs et les parents dans la réflexion sur la reprise des écoles dans le premier degré. Nous saluons l'effort actuel de nombre d'entre elles dans des conditions rendues complexes par les responsabilités que n'assume plus l’État. Il serait souhaitable qu'elles soient prochainement en mesure de débloquer des moyens, avec l'appui de l’État, pour l'organisation des temps périscolaires, la mobilisation des éducateurs et animateurs des villes, des locaux et infrastructures des activités culturelles et sportives, et l'intégration progressive du maximum d'enfants.
COMMUNIQUE DE PRESSE
Le PCF propose un plan d’urgence pour l’Éducation et verse 17 propositions au débat
L’annonce de la date du 11 mai pour la réouverture des écoles ne s’accompagne d’aucune véritable politique pour rendre cette reprise possible ! L’État se défausse sur les collectivités territoriales et sur les familles. À chacun de bricoler avec les moyens du bord, quitte à provoquer une relance de l’épidémie... Pourtant, l’argent existe : le gouvernement trouve des milliards pour renflouer les grands industriels, mais pas pour garantir de bonnes conditions d’enseignement et d’apprentissage pour tous les enfants ?
Si, dans l’immédiat, les établissements scolaires doivent rouvrir, ce n’est que pour permettre de réels apprentissages et non pour être un mode de garde en direction des enfants des familles qui n'ont pas d'autre choix que de retourner travailler. C'est à l'école qu'on apprend et qu'on progresse, avec l'ensemble des élèves et des adultes dont c'est le métier.
Le PCF propose un plan d’urgence pour l’Éducation. Il se décline en 17 propositions que le PCF verse au débat.
1/ L’Éducation de toutes et tous, une responsabilité nationale
2/ La priorité : assurer la sécurité sanitaire pour enrayer l’épidémie
3/ Des moyens matériels et humains dés maintenant et pour la rentrée prochaine
4/ Stop aux mensonges, au mépris, à la maltraitance : pas de mesures d’urgence sans implication de tous les acteurs
Vous trouverez ci-joint le document complet du plan d’urgence pour l’Éducation.
Parti communiste français,
Paris, le 6 mai 2020.
Paulette Sarcey-Szlifke épouse Swiczarczyk (changé en Sarcey), Martine en résistance, vient de nous quitter. Juive, communiste, résistante, elle aimait la France, les autres, l'humanité et était une femme que j'admirais infiniment. A son fils, Claude Sarcey et sa famille, ses camarades de MRJ-MOI, de L'UJRE, et du PCF, toutes mes pensées affectueuses.
Catherine Vieu-Charier, 4 mai 2020
https://maitron.fr/spip.php?article175389
https://www.telerama.fr/…/le-temoignage-bouleversant-de-pau…
Nous regardions il y a 9 jours encore son témoignage émouvant, témoignage de la solidarité entre camarades communistes juifs résistants de la MOI qui se retrouvaient à Drancy, dans le documentaire de Jean-Patrick Lebel sur le camp de transit et de concentration de Drancy, "Cité de la Muette" tourné en 1983, mis en accès libre pour la journée du souvenir des victimes de la déportation le 26 avril 2020...
Cité de la muette de Jean-Patrick Lebel
Cité de la Muette est le premier documentaire consacré au camp de Drancy, principal centre d’internement des juifs français et étrangers avant leur extermination en Europe de l’Est durant la Seconde Guerre mondiale. Le film ausculte les lieux de l’internement et donne la parole à des témoins encore jeunes, dont beaucoup livrent leur expérience pour la première fois devant une caméra.
Ces entretiens, captés entre 1982 et 1983 par Dominique Chapuis (chef-opérateur de Shoah de Claude Lanzmann), constituent de précieux matériaux pour l’histoire de la résistance communiste et juive. Paulette Sarcey, résistante au sein d’un groupe de jeunes communistes de la M.O.I. (Main d’œuvre immigrée), y raconte son parcours militant avec un remarquable sens du récit.
Rescapée d’Auschwitz, la militante communiste et compagnon d’arme sous l’Occupation d’Henri Krasucki, est décédée à l’âge de 96 ans.
Née le 11 avril 1924 à Paris, Paulette Szlifke vient d’avoir 16 ans quand Pétain signe l’acte de capitulation de la France le 22 juin 1940 et se voit octroyer les pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale le 10 juillet de la même année. Issue d’une famille ouvrière d’émigrés polonais fuyant la misère et les persécutions antisémites arrivée en France l’année qui précéda sa naissance – son père Froïm, ouvrier du cuir, militant syndicaliste et communiste, avait déjà fait de la prison dans son pays ; sa mère, Jenta Przepiorka, travaillait dans la confection –, Paula fréquente les milieux syndicalistes et communistes de la Main-d’œuvre immigrée (MOI) du quartier de Belleville dans les années 1920 et 1930.
Le foulard rouge des « pionniers » noué autour du cou, elle participe aux fêtes et soirées des salles de la Mutualité ou de la Bellevilloise et vend à la criée, tous les dimanches au métro Belleville, le journal Mon Camarade à côté de son père vendant la Naïe Presse, quotidien progressiste et antifasciste d’expression yiddish. Elle participe aux actions de solidarité auprès de l’Espagne républicaine.
C’est au cours de l’été 1940 qu’elle crée, avec Henri Krasucki et Pierre Beckerman, le premier « triangle » de résistance clandestine du 20e arrondissement, qui manifestera contre l’Occupation et le gouvernement Pétain-Laval, le14 juillet 1941, habillé de bleu-blanc-rouge. « Nous faisions des lancers de tracts sur les marchés, dans les cinémas de quartier, dans les usines et les métros. Les gens les ramassaient mais ne les lisaient pas sur place. On faisait aussi des actio ns spectaculaires. On brûlait des poteaux indicateurs le soir. Dans la rue des Panoyaux, à l’occasion du 25e anniversaire de l’Armée rouge, on a accroché un drapeau rouge le long d’un fil électrique. Il est resté deux jours. Ce sont les pompiers qui l’ont décroché », témoigne-t-elle dans un entretien publié dans l’Humanité du vendredi 9 février 2007.
Responsable des jeunes de la MOI avec Henri Krasucki sur la capitale, elle est arrêtée par les policiers français des brigades spéciales avec son compagnon d’arme le 23 mars 1943 alors qu’ils occupaient une planque située près de la porte de Bagnolet. Internée à Drancy, déportée à Auschwitz-Birkenau le 23 juin, elle sera libérée par les Soviétiques début mai 1945 après une « marche de la mort » qui l’avait conduite à Ravensbrück puis à Neustadt.
« Tout au long de sa vie, elle a continué de militer et puis surtout de procéder à un travail de mémoire, participant à des débats dans des collèges et dans des lycées et, en particulier, en écrivant un livre, Paula survivre obstinément (Tallandier, 2015), témoigne son fils Claude Sarcey : son idée, c’était de témoigner de ce qui s’était réellement passé en rappelant notamment que ce ne sont pas les Allemands qui l’avaient arrêtée mais la police française et en insistant sur des aspects éducatifs qui sont quelquefois édulcorés dans les enseignements scolaires. Toujours avec ce sentiment qu’il fallait privilégier la Résistance quand c’est nécessaire.»
Mariée en 1946 avec Max Swiczarczyk, membre des FTP-MOI et des Bataillons du ciel parachuté en juin 1944 en Normandie qui participa à toutes les batailles de la Libération jusqu’à la prise du nid d’aigle d’Hitler à Berchtesgaden, Paulette obtint avec son mari le droit, en 1968, de « franciser » (Sarcey) leur nom… difficile à prononcer.
« À mon retour d’Auschwitz, le 22 mai 1945, j’ai eu la chance inouïe de retrouver à Paris ma famille miraculeusement épargnée. Je n’ai ni oublié, ni pardonné et j’ai tenu parole : j’avais promis à mes camarades de déportation de tout raconter. Aujourd’hui, souvent inquiète pour l’avenir, je suis heureuse que mon histoire puisse être lue par tous. »
Paulette Sarcey
Paulette Sarcey, rescapée des camps
Revenue vivante d'Auschwitz, Paulette Sarcey témoigne et livre ses souvenirs de jeune résistante, juive et communiste, devenue le matricule 46650 au camp de la mort.
Paulette Sarcey et ses amies s'étaient fait une promesse: si l'une d'entre elles réchappait à l'enfer d'Auschwitz, il lui faudrait témoigner.
Dire les semaines d'internement au camp de Drancy; le voyage de deux jours et deux nuits dans la promiscuité et la puanteur des wagons à bestiaux; la sélection, dès l'arrivée au camp, entre les déportés aussitôt envoyés vers les chambres à gaz et les autres, condamnés à la faim et au froid, à la maladie et aux coups; l'errance sur les routes glacées de Pologne et d'Allemagne, après l'évacuation du camp.
Paulette, 91 ans, a tenu parole. Toute sa vie, elle a raconté, encore et encore, ses souvenirs de jeune résistante, juive et communiste, devenue le matricule 46650 à Auschwitz. "Maman, écris", lui ont demandé ses enfants. C'est chose faite.
La marche du Monde www.rfi.fr, à partir d’aujourd’hui Diffusé dimanche 26 janvier à 11 h 10 sur l’antenne de RFI
Paulette Sliwka-Sarcey a plus de 95 ans et a vécu l’horreur de la déportation à Auschwitz-Birkenau, en 1943. Un témoignage saisissant sur l’univers concentrationnaire.
«Nous , nous étions un groupe, une organisation. Il y avait toujours quelqu’un pour soutenir l’autre. Pour survivre, et témoigner. » Paulette Sarcey, au micro de Valérie Nivelon, raconte ses années de résistance et de déportation. Et c’est bouleversant, tant sa voix sonne clair, tant ses souvenirs sont précis dans l’horreur, mais aussi dans la pudeur. Ses paroles sont pour RFI le moyen de célébrer le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz.
Paulette Sarcey est née en 1924 à Paris, dans le quartier de Belleville, de parents juifs polonais persécutés pour leurs opinions communistes dans leur pays d’origine. Elle joue dans la rue, elle participe aux patronages fondés par son père et d’autres militants. Quand les nazis débarquent à Paris, elle refuse de porter l’étoile jaune. Et entre dans la clandestinité, avec un groupe de militants, dont Henri Krasucki, alors son compagnon. Ils étaient 27 membres : ils ne sont plus que 6, à son retour d’Auschwitz, en 1945. Leurs missions : balancer des tracts dans les cinémas, saboter des entreprises…
Et ce que raconte Paulette Sarcey, c’est la façon dont elle a survécu, après que son réseau a été trahi : par la solidarité avec les membres de son groupe, d’abord à Drancy, puis dans le convoi, le 23 juin 1943, qui envoie ces hommes, ces femmes et ces enfants vers l’horreur. Mais elle dit aussi la force de la solidarité quand l’espoir est réduit à néant, les sabotages dans le camp, les dons de nourriture aux plus faibles, les chaussures et la gamelle qu’on doit protéger pour survivre. Avec au cœur cette force du collectif, qui se renoue à l’intérieur du camp. Elle évoque son hébétude devant la liberté retrouvée, aussi. Et cette force de combattre, qui la porte jusqu’à aujourd’hui.
https://maitron.fr/spip.php?article175389
Paula, épouse SWICZARCZYK, changé en SARCEY ; dénommée Martine par les Brigades spéciales]
Née le 11 avril 1924 à Paris (XIIe arr.) ; résistante PCF-MOI et JC ; déportée ; militante parisienne de l’UJRE, de l’AADJF et du PCF ; employée à la CCE (Commission centrale de l’Enfance) de l’UJRE, puis d’autres entreprises de la mouvance communiste.
Les parents de Paulette Sarcey, Froïm Szlifke et Jenta Przepiorka, tous deux issus de familles juives de la banlieue de Varsovie, s’établirent en France en 1923, juste après leur mariage. Lui était en effet connu comme militant communiste dans son pays d’origine et avait déjà fait de la prison. Son beau-père lui conseilla d’émigrer, comme le faisaient alors un grand nombre de personnes de leur communauté originaires d’Europe de l’Est. Quand leur fille Paula naquit à l’hôpital Rothschild, ils habitaient dans une pauvre chambre d’hôtel du quartier du Marais, rue du Bourg-Tibourg, puis ils se fixèrent durablement au bas de Belleville, 14 rue de Vaucouleurs dans le XIe arrondissement. La petite fille suivit sa scolarité dans l’école primaire du boulevard de Belleville. C’est là qu’elle apprit le français, car dans la famille, on ne s’exprimait qu’en yiddish. Un jeune frère, Robert, naquit en 1934.
Alors que la mère travaillait comme finisseuse dans la confection au service de divers petits patrons, le père était ouvrier du cuir. Il avait commencé comme chausseur piqueur de tiges, puis il se spécialisa dans la confection de vêtements, d’abord dans un local de la rue Saint-Maur, puis au 34 rue de Vaucouleurs. Il exerçait surtout des responsabilités au syndicat CGT des Cuirs et peaux, et fréquentait assidument l’Arbeiterorde du 10 rue de Lancry, lieu de ralliement de la communauté yiddishophone. Il militait également au « groupe de langue » yiddish mis en place par le PCF, et diffusa dès sa parution le journal Naïe Presse fondé par les militants de cette mouvance. La mère gardait le contact avec sa famille restée en Pologne et sa fille l’y accompagna une fois en visite alors qu’elle était encore toute jeune.
L’enfance de Paulette Szlifke fut heureuse, selon son témoignage, animée notamment par les « patronages » de leur communauté et affinité politique. Même si l’appellation communiste n’y était pas mise en avant, les « pionniers » portaient un foulard rouge et les animateurs étaient tous communistes. Parmi celles qui ont marqué Paulette, elle cite Régine Grimberg, Lili Berger, Alice Blum, ou la chorégraphe Halina Edelstein, avec qui elles montaient des spectacles qu’elles donnaient dans les fêtes et soirées des salles de la Mutualité ou de la Bellevilloise. Elle-même vendait à la criée, tous les dimanches au métro Belleville, le journal des pionniers, Mon Camarade, aux côtés de son père qui proposait Naïe Presse. L’été, les enfants partaient dans les colonies de vacances du Secours rouge à l’île de Ré. Ils participaient à des rassemblements politiques, au Mur des Fédérés par exemple, organisaient des collectes en faveur des enfants des républicains espagnols…
La guerre venue, Paulette fut impressionnée par l’arrivée des soldats allemands, entrés par la porte des Lilas, avec le bruit des bottes résonnant sur les pavés de la rue du Faubourg-du-Temple. Au cours de l’été 1940, une femme inconnue d’elle, Annette, dont elle apprit plus tard qu’elle était l’épouse de Jean Kerbel, vint lui demander si elle « voulait faire quelque chose ». Elle répondit positivement, et peu après un jeune homme se présenta avec des projets d’actions concrètes. C’était Henri Krasucki, un garçon de son âge, qui appartenait avant-guerre au groupe de pionniers de la Bellevilloise dans le XXe arrondissement. Avec Pierre Bekerman, ils constituèrent le premier « triangle » clandestin du XXe arrondissement qui fut opérationnel dès le mois de septembre. Avec des moyens de fortune, tels que des petites imprimeries destinées aux enfants et des feuilles de papier-pelure, ils préparaient des papillons qu’ils affichaient un peu partout, des tracts qu’ils déposaient sous les paillassons ou jetaient à la volée depuis le métro aérien ou les balcons des cinémas. Ils y dénonçaient le régime de Vichy, le rationnement et les pénuries. À un match de football important qui se déroulait au stade de Colombes, ils participèrent à un lâcher de pigeons porteurs de rubans bleu-blanc-rouge, déçus de n’avoir pas réussi à capturer eux-mêmes un de ces volatiles. Avec son camarade Koszitski, munis de journaux et d’une bouteille d’alcool, ils brûlèrent en plein jour un poteau indicateur allemand place Martin-Nadaud. Ils étaient aussi parmi les manifestants contre l’Occupation et le gouvernement Pétain-Laval, le 14 juillet, habillés de bleu-blanc-rouge, ou le 13 août 1941, quand deux jeunes furent fusillés après avoir été pris au métro Strasbourg-Saint-Denis. Ils tentèrent de récidiver au métro République pour le 150e anniversaire de la bataille de Valmy.
Les JC parisiens ayant connu de nombreuses chutes, les jeunes juifs de la MOI étaient de plus en plus sollicités. Paulette Szlifke reçut ainsi des tracts, imprimés cette fois, émanant du PCF, des mains d’un jeune communiste. Elle cohabitait alors avec Henri Krasucki, tout en restant en relations étroites avec leurs parents respectifs, et ils étaient désormais responsables des jeunes de la MOI sur l’ensemble de la capitale.
Après une traque et des filatures minutieuses des policiers français des Brigades spéciales, suite à l’infiltration d’une jeune fille de la rue des Immeubles industriels qui était en contact avec eux, 57 personnes furent arrêtées, soit la quasi-totalité de leur groupe, parmi lesquels Henri Krasucki, sa mère Léa, et Roger Trugnan*, un des amis d’enfance de Paulette. Elle-même fut cueillie le 23 mars 1943 dans la planque qu’elle partageait avec Henri Krasucki, au 8 rue Stanislas-Meunier près de la porte de Bagnolet. Les policiers venaient d’arrêter son compagnon, sorti avant elle, et la perquisition qui suivit ne laissait aucune ambiguïté sur leurs activités. La famille Szlifke était heureusement à l’abri, les parents cachés dans leur atelier, le petit frère placé dans la Sarthe. Un des rares rescapés des jeunes de la MOI, Robert Endewelt, eut la charge de reconstituer leur organisation démantelée.
Les militants arrêtés furent très rudement maltraités, torturés. Paulette Szlifke subit ces brutalités pendant huit jours au siège de la Brigade spéciale, jusqu’à ce que, incapable de marcher, trainée devant le commissaire qui commandait à ses bourreaux, elle se prétendit malade sur le conseil d’une autre détenue, et demanda à voir un médecin. Elle fut emmenée à l’Hôtel-Dieu voisin, où elle put demander à celui qui l’ausculta de la sauver. Il la fit transférer à l’hôpital Rothschild en prétextant une imaginaire salpingite aigüe. Une fois là, elle put correspondre avec son responsable Adam Rayski, à qui elle communiqua un rapport sur les circonstances de leur chute.
Un médecin de l’hôpital l’opéra d’une appendicite qui devait lui permettre de bénéficier des semaines de convalescence propices à l’organisation de son évasion. Mais le 18 mai, des policiers allemands vinrent la chercher dans une Citroën noire pour la conduire à Drancy avec une autre détenue, la mère de leur camarade Sam Radzinski. Elle y retrouva ses amis, à l’exception de Krasucki et deux autres qui avaient été transférés à Fresnes, mais qui les rejoignirent peu après en vue de leur déportation. Celle-ci s’opéra depuis la gare du Bourget le 23 juin 1943 par le convoi 55.
Arrivés à Auschwitz-Birkenau deux ou trois jours plus tard, hommes et femmes furent séparés, la majorité gazés immédiatement, mais Krasucki, sa mère, Paulette et plusieurs de leurs camarades, dont Trugnan et Radzinski, furent affectés à des commandos de travail. Dès le début, ils avaient compris le système d’extermination et ne se faisaient pas d’illusion sur leurs chances de survie, d’autant qu’ils étaient eux-mêmes affectés à cette sinistre besogne. Paulette, avec Régine Grimberg, eut aussi à s’occuper d’enfants et nourrissons polonais du camp, dont bien peu survécurent. Elle assista aux pendaisons des quatre filles impliquées dans la révolte du Sonderkommando qui détruisit deux des quatre crématoires en septembre 1944. Elle dut sa survie à la résistance intérieure du camp organisée par le Comité international clandestin, qui assurait une solidarité efficace ; son principal contact y était Marie-Claude Vaillant-Couturier ; elle resta jusqu’au bout aux côtés de Léa Krasucki.
À l’approche de la fin de la guerre, en janvier 1945, elle survécut encore à la « marche de la mort » jusqu’à Ravensbrück. Parquées sans aucune nourriture dans des baraques à Neustadt sur l’Elbe, les rescapées furent prises en charge par les Soviétiques début mai 1945, et par les Américains le lendemain. Beaucoup moururent encore d’avoir avalé trop précipitamment de la nourriture aux cuisines après que des Français d’un camp voisin, qui pourtant les avaient mises en garde, avaient les premiers cisaillé les barbelés qui les enfermaient. Après de longues pérégrinations à travers l’Allemagne dévastée, les survivantes arrivèrent à Lille le 20 mai, y subirent un contrôle sanitaire et d’identité ; on leur remit un manteau et un pécule. Le 22 mai elle était à l’hôtel Lutetia, et le 23 chez ses parents. Ils ne furent que six survivants des 57 qui avaient été arrêtés avec elle.
Le samedi suivant, elle se présenta au local du Parti et des Jeunesses communistes, rue Julien-Lacroix. Elle y découvrit l’existence de l’UJRE (Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide) et sa section de jeunes, l’UJJ, qui allait bientôt se fondre dans la nouvelle UJRF (Union de la jeunesse républicaine de France).
Paulette Sarcey considère qu’elle n’a pas eu trop de difficultés à se réinsérer. Sa famille avait survécu, sa santé n’était pas trop ébranlée, et son moral pas du tout. Elle reprit ses activités militantes, en s’engageant notamment comme permanente dans l’Amicale des anciens déportés juifs de France, créée dès le retour des premiers déportés. Marceau Vilner en était le président ; ils siégeaient dans un ancien local nazi qui leur avait été attribué au 9 rue Guy-Patin, avant une installation plus durable au 120 rue Vieille-du-Temple puis au 14 rue de Paradis. D’emblée, elle s’occupa en particulier des colonies de vacances de la CCE (Commission centrale de l’enfance) de l’UJRE. Elle encadra ainsi la première qui fut organisée pour les petits orphelins juifs rescapés, en juillet 1945.
Dans les années d’immédiat après-guerre, Paulette Szlifke retrouva un camarade d’enfance, Max Swiczarczyk, né et grandi dans le XIXe arrondissement voisin du sien. Son père avait émigré aux États-Unis juste avant la guerre ; sa mère, ses deux frères et lui avaient pu rejoindre la zone Sud. De là, les deux aînés passèrent en Espagne, au Maroc, et après maints tracas parvinrent à rallier Londres où ils s’engagèrent dans les FFL. Après la guerre, grâce à la nationalité américaine acquise par le père, la famille se réunit outre-Atlantique. Max, qui avait été démobilisé en 1946, mena de brillantes études d’économie à New York, qui lui permirent d’occuper des emplois importants dans l’expertise d’entreprises aux quatre coins du monde. Paulette le rejoignit aux États-Unis, ils se marièrent, leur fille y naquit en 1950. Mais la jeune femme ne se faisait pas à la vie américaine, et au bout de trois ans, la famille regagna Paris. Le couple eut encore un garçon, né en 1956.
Après avoir d’abord vécu dans un minuscule taudis du XIe arrondissement, puis dans un beau studio du XXe, Paulette Swiczarczyk et sa famille profitèrent d’un échange pour s’installer en 1959 dans un trois-pièces à Montreuil, dans le quartier excentré de Bel-Air. Elle devait rester attachée à cette ville de solide tradition communiste, profitant en 1968 d’un nouvel échange pour un appartement de quatre pièces proche de la Croix de Chavaux, qu’elle ne devait plus quitter. Cette même année, pour résoudre la difficulté de prononciation de leur nom polonais, Max et Paulette obtinrent le droit de le franciser en Sarcey.
À Montreuil, bien intégrés à la vie locale, les Sarcey restèrent simples militants d’une cellule locale du PCF, mais elle continua à s’investir très activement dans les organisations d’anciens résistants et déportés, multipliant les témoignages et les entretiens. Elle travailla aussi quelques années dans diverses entreprises d’obédience communiste, la Sorice notamment, dont le directeur, Maurice Lubczanski, un autre de ses amis d’enfance, avait résisté et milité comme elle.
Son mari Max Sarcey mourut le 14 juillet 2003, mais Paulette Sarcey, à 90 ans révolus, continue à témoigner avec constance des engagements et épreuves de sa jeunesse. Dans les années 1967-1968, elle s’était vu décerner l’ordre de la Légion d’honneur, la médaille militaire et la croix de guerre avec palmes.

Vous trouverez ci-dessous le courrier que Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a fait parvenir à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances.

Monsieur le Ministre,
La pandémie de Covid-19 plonge notre pays, depuis plusieurs semaines, dans une crise sanitaire, économique et sociale sans précédent. Face à de tels désordres, la mobilisation par l'Etat de moyens financiers exceptionnels s'impose, mais elle doit aussi s'accompagner de solides garanties. Comment imaginer en effet que l'engagement de la nation toute entière puisse profiter, d'une quelconque façon, à ceux qui sapent délibérément, par leurs manœuvres d'évitement fiscal, le pacte républicain ? Ce serait inadmissible pour nos concitoyens, auxquels on promet déjà de devoir payer la facture d'un chaos dont ils ne sont pas responsables.
C'est la raison pour laquelle la simple circulaire, qui recommande de ne pas délivrer d'aides de trésorerie aux entreprises ayant une filiale dans un des pays de la liste française des paradis fiscaux, n'est pas à la hauteur de ces attentes.
Pourquoi cette injonction est-elle insuffisante ? D'abord parce qu'elle ne s'inscrit pas dans un cadre législatif, le seul à même de garantir un contrôle démocratique. Ensuite parce qu’elle ne concerne qu’une partie des aides, report des charges et prêts garantis en particulier, à l'exclusion du chômage partiel. Enfin, parce que la liste française des paradis fiscaux est une sorte de conte pour enfants aux yeux des experts de l'optimisation fiscale. Ainsi, parmi les 12 pays qui aident le plus les entreprises à échapper à l’impôt en France, seuls les Bahamas et les Îles Vierges figurent sur notre liste, tandis que le Luxembourg, l'Irlande, les Bermudes ou Jersey, pour ne citer qu'eux, échappent toujours à nos radars.
Renforcer le contrôle de ces aides publiques exceptionnelles suppose donc d'imaginer de nouvelles mesures, plus contraignantes. C'est pourquoi nous proposons que chaque multinationale qui souhaite bénéficier d’un quelconque soutien de l’Etat publie un reporting public de ses activités dans chaque pays. Elle devra y mentionner à chaque fois le montant du chiffre d’affaires, celui du bénéfice ainsi que le nombre de salariés. Cette procédure offrira ainsi un droit de regard réel du citoyen sur les aides aux entreprises versées par l’Etat.
Ensuite, à défaut de modifier plus profondément la liste française des paradis fiscaux, comme nous le proposons depuis de nombreuses années, il serait logique qu’elle soit au moins, comme le prévoit la loi, alignée sur la liste européenne, qui comprend aujourd’hui les Îles Caïmans.
Enfin, nous demandons d'exclure des aides de l’Etat toute entreprise qui possède une filiale dans un pays dont le taux d'impôt sur les sociétés est inférieur à 20% et qui n’est pas capable de prouver que cette activité présente une substance économique réelle. L'adoption de telles dispositions permettrait, j'en suis convaincu, de renforcer notre cohésion nationale tout en répondant à un impérieux besoin de justice fiscale.
Dans cet esprit, je souhaite également que nous puissions travailler à l'instauration d'un prélèvement à la source des bénéfices des multinationales ayant des filiales dans des paradis fiscaux. Cela se pratique déjà dans certains pays ou régions et nous permettrait de récupérer de précieuses recettes avant qu'elles ne s'envolent indument.
En vous remerciant de l'attention portée à ces propositions et dans l'attente de votre réponse, je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l'assurance de ma haute considération.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

La crise sanitaire confirme la nécessité de développer les modes de transports les moins polluants et, à ce titre, d'investir massivement dans le rail en France

Le Covid 19 a ainsi des conséquences encore plus graves dans les agglomérations où la pollution de l'air favorise les maladies respiratoires chroniques.
C'est justement au moment où ce besoin d'investissements dans le rail est plus que jamais nécessaire que la SNCF voit son chiffres d'affaires amputé de 800 millions d'euros sur son activité « voyageurs » presqu'à l'arrêt avec la pandémie. Or, c'est cette même activité qui doit en partie financer l'activité réseau, dans le cadre de la transformation de l'entreprise en Société anonyme, imposée par l'actuel gouvernement.
L'Etat a aujourd'hui une responsabilité plus grande encore pour financer le réseau, sa modernisation, et le développement de l'activité fret, notamment dans l'activité container et wagon isolé.
Avec seulement 9% de part de marché pour le fret ferré, la France est loin derrière des pays comme les Pays Bas ou encore l'Autriche, dont 30 % du fret passe par le train !
La SNCF a grands défis à relever : organiser et développer les transports des voyageurs en pleine pandémie et augmenter l'activité fret de notre pays.
Autant d'activités qui nécessitent des moyens humains et financiers. Et des investissements publics massifs, à hauteur de 7 milliards d'euros, utiles pour l'emploi comme pour l'environnement.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF