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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 07:38

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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 05:54

Ma question s’adresse à Mme la secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances.

Le groupe automobile Renault vient d’annoncer la suppression de 4 600 emplois dans notre pays. Bien au-delà des effets de la pandémie en cours, nous payons là le choix des délocalisations massives vers les pays à bas coûts pratiquées ces deux dernières décennies. Les menaces pesant sur l’avenir de certains sites suscitent, on l’a constaté, d’énormes inquiétudes dans les territoires concernés : Maubeuge, malgré les annonces récentes, mais sans réelle garantie au-delà de 2023, Choisy-le-Roi, Flins, Caudan ou encore Dieppe.

Le chiffre d’affaires de Renault fut de 55 milliards d’euros en 2019. L’État actionnaire a annoncé l’octroi d’une garantie publique de 5 milliards d’euros. M. Jean-Dominique Senard, président de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, a déclaré sur France Info, lundi soir, que cette garantie ne s’accompagnait pas de « contraintes difficiles ».

Madame la secrétaire d’État, quelles contraintes allez-vous imposer au groupe Renault ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE.)

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances.

Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances. Monsieur le sénateur Bocquet, je sais votre attachement à Renault : vous êtes un élu du Nord, et ce département compte deux sites extrêmement importants, Maubeuge et Douai. Le premier, qui produit notamment la Kangoo, est aujourd’hui l’un des sites français les plus productifs.

Bruno Le Maire a réuni hier l’ensemble des organisations syndicales et des élus pour faire prendre des engagements à Renault. Je vous rappelle que le prêt garanti par l’État n’était pas encore signé hier. Ce sont ces engagements-là que nous prenons en donnant cette garantie.

Jean-Dominique Senard a été très clair.

Premièrement, Renault est en grande difficulté, je crois que nous pouvons tous nous accorder sur ce point. L’entreprise aborde la crise en difficulté. Nous avions appris au moment de l’annonce des résultats pour 2019 qu’elle perdait beaucoup d’argent ; elle continue à en perdre dans le cadre de la crise du Covid-19.

Deuxièmement, Renault lance un plan mondial de réduction des coûts. Ce plan concerne certes la France, mais aussi d’autres pays. La question est non pas de délocaliser des productions, mais de faire face à une diminution du nombre d’achats de voitures. Renault peut produire 5 millions de voitures ; malheureusement, elle n’en vendra peut-être que 3 millions, 3,2 millions ou 3,4 millions cette année. On voit bien là l’écart de production par rapport aux capacités industrielles.

Troisièmement, Jean-Dominique Senard s’y est engagé, les suppressions d’emplois en France ne s’accompagneront pas de licenciements secs. C’est son engagement, et nous le suivrons de très près, car c’est notre travail. S’agissant du site de Maubeuge, il a pris là encore des engagements fermes visant à donner en 2023 un avenir à ce site et à continuer d’y maintenir des activités.

Dernier point, Renault s’est engagé à relocaliser des productions en France, notamment en ce qui concerne la traction électrique, et à investir dans la batterie électrique, ce projet européen qui est si important pour notre industrie automobile. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)

M. le président. La parole est à M. Éric Bocquet, pour la réplique.

M. Éric Bocquet. Madame la secrétaire d’État, les sites de production des modèles Twingo, Clio et Dacia sont implantés en Turquie, en Roumanie et en Slovénie. Ces usines tournent sept jours sur sept et sont surchargées.

Il faut décider de relocaliser la production de 300 000 de ces véhicules, afin d’apporter de la commande aux sites de production de notre pays. Il convient dans le même temps de réorienter la production vers des modèles hybrides, électriques et thermiques à prix modique, afin d’accélérer la transition énergétique. Cela pose aussi en creux la question du pouvoir d’achat.

Personne ne comprendrait que l’argent public ne serve qu’à accompagner les suppressions d’emplois. Notre industrie automobile mérite un autre développement, un autre avenir et un engagement fort et déterminé de l’État actionnaire !

 

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 05:43
A Brest, le PCF présentera 8 candidats sur la liste de fusion entre la gauche et les écologistes

A Brest la gauche et les écologistes seront rassemblés et unis pour gagner le 28 juin nous nous en félicitons. Nous pouvons ainsi espérer une belle victoire.
Tout au long du confinement les élu-es de la majorité se sont mobilisé-e-s sur l'urgence sociale et ont soutenu les initiatives d'habitant-e-s et montré une belle image d'une politique de gauche.

Les élu-e-s communistes agiront avec les habitants pour développer une ville plus humaine et solidaire.

La campagne va se faire dans le respect des gestes de protection donc sans porte à porte ou présence sur les marchés ce qui implique une mobilisation de chaque camarade auprès de son entourage.

Pour le deuxième tour nos camarades Eric Guellec, Mathilde Maillard, Jacqueline Héré, Jean-Michel Le Lorc'h, Sandra Le Roux, Taran Marec, Anne Catherine Cleuziou et Fabien Tudo-Deler sont donc candidats sur la liste d'union de la gauche.

Quatre de ces 8 candidats n'étaient pas élus précédemment dans l'équipe majoritaire de François Cuillandre et sont des jeunes engagés au PCF. 

Jean-Paul Cam, secrétaire de section du PCF Pays de Brest - 02 Juin 2020

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 05:27
Mardi, 2 Juin, 2020 - L'Humanité
Marine Roussillon : « Faire échouer le scénario de septembre »

Le PCF rend public un « plan d’urgence pour l’éducation » et veut bâtir un front commun pour faire barrage au projet d’une école de plus en plus inégalitaire. Entretien.

Marine Roussillon Membre de la direction du PCF, chargée de l’éducation

La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) vient de rendre un avis très sévère sur « l’éducation au temps du Covid-19 ». Partagez-vous ce constat ?

Marine Roussillon L’interruption scolaire a eu des conséquences très graves sur les enfants et les familles. Et les conditions de reprise n’arrangent rien puisque, comme le souligne la CNCDH, elles sont très inégalitaires. Ce n’est pas le résultat d’une mauvaise gestion, ni de la précipitation : cela correspond au projet du gouvernement. Il est en train de prendre le prétexte de cette crise sanitaire pour installer, de manière brutale et accélérée, une école à plusieurs vitesses qui correspond à son projet libéral pour l’éducation.

Ce qui se passe depuis le 13 mars ne dit-il pas aussi quelque chose sur l’état de l’école en France ?

Marine Roussillon L’épidémie a révélé ce sur quoi nous alertons depuis longtemps : notre école est en crise structurelle, fragilisée par les années de casse du service public et les politiques d’austérité. Le compromis entre démocratisation et sélection des élites arrive à son terme. La logique de sélection prend le pas. L’éducation nationale ne se contente plus de reproduire les inégalités : elle les aggrave. L’école à la maison a rendu cela très visible : plus on délègue aux familles, plus on accentue l’écart entre celles qui sont culturellement proches de l’école et celles qui en sont éloignées.

La réponse du gouvernement, avec le numérique ou l’individualisation des parcours, est-elle la bonne ?

 

-

 

Marine Roussillon Ce que montre la recherche, c’est qu’on apprend mieux ensemble. Pour faire réussir tous les élèves, il ne faut pas les trier, les isoler. L’individualisation scolaire, qui peut paraître séduisante, aboutit à enfermer les enfants dans un parcours social prédéterminé : ce sont toujours les mêmes qui préfèrent le dessin aux maths, et toujours les mêmes qui aiment les maths et le latin… Pour la même raison, nous demandons l’abrogation de la réforme du bac et de Parcoursup. Aujourd’hui, il y a, d’un côté, les familles pour qui la crainte du virus l’emporte sur le besoin de remettre leurs enfants à l’école, parce qu’elles la ressentent comme un lieu de difficulté, de violence sociale. De l’autre côté, il y a les familles de cadres en télétravail qui peuvent recourir à d’autres solutions : cours à distance, préceptorat… Entre les deux, ceux qui n’ont pas le choix remettent leurs enfants à l’école. On s’habitue ainsi à un service public d’éducation qui est un pis-aller. Et aussi à ce que les classes populaires soient déscolarisées, sans que cela choque. C’est ce qu’ils ont fait avec l’hôpital : un service public pour ceux qui n’ont pas le choix et, à côté, un grand marché du soin. L’éducation résistait et résiste encore, mais on voit bien que ça s’accélère…

Peut-on encore rendre l’école moins inégalitaire ?

Marine Roussillon Déjà, il faut faire échouer le scénario dangereux qui se prépare pour septembre, et faire émerger un autre projet. La crise sanitaire a permis à de nombreuses familles de faire l’expérience qu’enseigner est un métier, que les enfants apprennent mieux à l’école. Il faut en tirer les leçons pour changer radicalement la politique d’éducation. C’est l’objet de notre plan d’urgence.

Que proposez-vous concrètement ?

Marine Roussillon Que ce soit pour se préserver du virus ou pour rattraper les enfants déscolarisés pendant plusieurs mois, on a besoin de travailler en petits groupes. On a donc besoin de plus d’enseignants. Il faut ouvrir dès maintenant beaucoup plus de postes aux concours, et construire un plan de recrutement pluriannuel. La crise a révélé l’importance de l’éducation sanitaire : il faut également reconstruire la médecine scolaire, quasiment détruite. Il va falloir aménager les programmes : d’abord pour récupérer, en lissant sur deux ou trois ans, ce qui n’a pu être fait pendant l’interruption ; puis les repenser sur le long terme, en donnant aux enseignants le temps de réfléchir à leurs pratiques et de les faire évoluer. Autre point important : la nécessité de reconstruire des équipes pluriprofessionnelles de lutte contre l’échec scolaire, avec des enseignants spécialisés, des psychologues… un peu sur le modèle des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), qui ont été saccagés. Il y a urgence. C’est pourquoi le PCF a entamé une série de rencontres avec l’ensemble des acteurs de l’éducation : parents d’élèves, syndicats, mouvements pédagogiques… Nous devons construire un front commun pour faire dérailler le plan du gouvernement.

Entretien réalisé par O. C.
Marine Roussillon, responsable secteur éducation du PCF :  Faire échouer le scénario de septembre  (Olivier Chartain, L'Humanité, 2 juin 2020)
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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 05:16
Les députés communistes du groupe GDR à l'Assemblée Nationale, Sébastien Jumel est tout à droite

Les députés communistes du groupe GDR à l'Assemblée Nationale, Sébastien Jumel est tout à droite

Mercredi, 3 Juin, 2020
Sébastien Jumel : « La taxe Valjean propose que le monde d’après ne ressemble pas à celui d’avant »

À l’initiative du groupe GDR, vingt-cinq parlementaires invitent à instituer la « taxe Jean Valjean », proposée par le comédien Vincent Lindon. Entretien avec Sébastien Jumel, député PCF de Seine-Maritime.
 

 

La création d’une « taxe Jean Valjean » a été ignorée par Emmanuel Macron. Pourquoi avoir décidé de la faire entrer au Parlement ?

Sébastien Jumel Le 6 mai, quand j’ai vu la vidéo de Vincent Lindon sur Mediapart, j’ai été bouleversé parce que j’ai considéré qu’elle était juste, sincère et pleine d’humanité. Comme les députés PCF n’ont cessé de le faire, cet appel éclaire de manière salutaire la compréhension des liens qui existent entre l’affaiblissement de nos services publics, la montée des inégalités et les décisions politiques qui frappent les plus faibles. Vincent Lindon résume ainsi l’action de l’exécutif : « Des offrandes pour ceux qui n’ont besoin de rien, des sacrifices pour ceux qui ont besoin de tout », et propose d’y remédier. Ses mots m’ont causé.

Que contient la proposition de résolution ?

Sébastien Jumel Dans notre pays, les 10 % les plus fortunés possèdent 50 % de la richesse nationale. Près de 12,4 millions des Français sont exposés aux risques économiques et sociaux en pleine crise du coronavirus, et 21,4 millions sont exonérés d’impôts sur le revenu, faute de moyens. Dans cette situation, la taxe dite Jean Valjean propose de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Il s’agit de mettre à contribution les plus hauts patrimoines du pays sous la forme d’une taxation de 1 à 5 % pour ceux évalués à plus de 10 millions d’euros. Ces riches ne connaîtront pas de fins de mois difficiles, et cela amènerait 34 milliards d’euros de recettes. La première année, 2 000 euros seraient versés aux 21,4 millions de Français cités plus haut. L’année suivante, cette somme viendrait renforcer nos services publics, avec en priorité l’hôpital. Enfin, des sanctions sont proposées contre l’évasion fiscale, qui nous coûte 7 % du PIB chaque année, et le RIP serait possible dès 1 million de signatures.

Elle porte le nom du personnage du roman les Misérables, de Victor Hugo. Que vous inspire-t-il ?

Sébastien Jumel Victor Hugo a dit : « Rien n’est solitaire, tout est solidaire. » Dans un discours à l’Assemblée, il s’est écrié : « Détruire la misère ! Oui, cela est possible. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli. » En relayant l’appel de Vincent Lindon, j’exerce, avec 24 de mes collègues, mon devoir de parlementaire. La crise du coronavirus agit comme un accélérateur de particules : les inégalités territoriales, sociales et fiscales ont d’autant plus éclaté au visage de la France. La taxe Valjean propose que le monde d’après ne ressemble pas à celui d’avant.

Esther Duflo, prix Nobel d’économie, vient de prendre fait et cause pour l’ISF…

Sébastien Jumel Je pense que les macronistes ne pourront pas tenir longtemps sur l’injustice fiscale que représente sa suppression. Tous les soirs, les Français ont applaudi les soignants en mesurant à quel point les services publics sont précieux. Mais pour les financer, il faut prendre l’argent là où il est. Actuellement, des députés de 4 groupes ont signé pour la taxe Jean Valjean : des communistes évidemment, mais aussi des insoumis, des socialistes et trois élus Libertés et Territoires. Cela montre qu’il est possible de créer des convergences sur cette exigence de justice fiscale. Chaque mot est pesé dans le texte, et son ADN est de gauche. Donc, je ne l’ai pas proposé aux marcheurs. Mais, si, demain, pris par une forme de révélation, ils découvraient l’urgente nécessité de mettre en place cette taxe, on ne ferait pas la fine bouche.

Entretien réalisé par Aurélien Soucheyre
Sébastien Jumel, député communiste :  La taxe Valjean propose que le monde d’après ne ressemble pas à celui d’avant  (L'Humanité, 3 juin 2020)
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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 07:20
Etats-Unis/George Floyd : C'est toute la société américaine qui étouffe (PCF, 30 mai 2020) - et article de Rosa Moussaoui dans L'Humanité, 31 mai
Etats-Unis/George Floyd : C'est toute la société américaine qui étouffe (PCF, 30 mai 2020) - et article de Rosa Moussaoui dans L'Humanité, 31 mai
Publié le 30/05/2020 par PCF
Etats-Unis/George Floyd : C'est toute la société américaine qui étouffe

Le meurtre de George Floyd par des policiers lundi dernier à Minneapolis soulève partout aux Etats-Unis l'indignation et la colère. Des dizaines de milliers de manifestants jour et nuit dans tout le pays crient justice. Ce que les Américains veulent c'est mettre à bas le racisme systémique étasunien.

L'exaspération et les frustrations de ces derniers jours conduisent à des scènes d'émeutes dont les principaux responsables sont la politique de Donald Trump et les forces de l'ordre.

« I can't breathe », « Je ne plus respirer » les derniers mots de George Floyd, mort étouffé par un policier, a mis le feu aux poudres dans une société profondément inégalitaire. Les Afro-Américains qui représentent environ 15% de la population restent les grands laissés pour compte comme l'a montré, encore récemment, le nombre de victimes du Covid19 et les cohortes de femmes et d'hommes précipités dans le chômage et la pauvreté par la crise. Près de 40 millions d'Américains ont fait une demande d'indemnité chômage depuis mars.

Depuis le puissant mouvement #BlackLivesMatter de 2016, rien n'a été fait par les dirigeants étasuniens et l'Administration Trump pour mettre fin au racisme structurel qui mine la société et qui, avec les préjugés de classe, structure les comportements policiers. Bien au contraire les meurtres, manifestations, actes racistes et violences de classe ont augmenté, encouragés par les déclarations et actions du président Trump. Et le nombre de jeunes Afro-Américains parmi les victimes de la violence policière reste plus 20 fois plus élevé que dans les autres catégories de la population. « I can't breathe » : c'est toute la société étasunienne qui étouffe.

Le Parti communiste français (PCF) tient à apporter son soutien à la famille de George Flyod et au mouvement pour les droits civiques, l'égalité et la justice aux Etats-Unis, aux forces démocratiques et de gauche qui combattent la politique de Donald Trump et veulent transformer la société américaine. Ce que les Américains veulent pour mettre fin à ce régime d'injustice insupportable c'est une politique de luttes contre les inégalités socio-économiques, une réforme démocratique de la justice, et une démilitarisation et redéfinition de la doctrine policière.

Dimanche, 31 Mai, 2020 -L'Humanité
Le dernier regard de George Floyd, cruel miroir tendu à l’Amérique raciste

Les nuits d’émeutes et les manifestations se succèdent, des voix s’élèvent pour appeler à s’organiser politiquement contre un système qui perpétue les discriminations et l’injustice sociale.

 

L’incendiaire de la Maison Blanche galvanise ses « MAGA » (1), promet le carnage en réponse au pillage, fait déployer soldats de la Garde nationale, incrimine « les antifas et la gauche radicale ». Sans parvenir à endiguer le débordement de colère suscité par l’assassinat le 25 mai dernier, de George Floyd, un Africain-Américain de 46 ans, au cours de son interpellation par des policiers de Minneapolis. Partout dans le pays, d’imposantes manifestations se sont encore formées samedi pour exiger justice et dénoncer le racisme et la violence sociale et policière structurelle dirigée contre les Noirs. Alors que se succèdent les nuits d’émeutes, certains de ces rassemblements ont donné lieu à des affrontements avec la police : plus de 200 personnes ont été arrêtées à New York, une centaine à Los Angeles. L’annonce, vendredi, de l’arrestation de Derek Chauvin, le policier filmée les mains dans les poches, son genou sur le cou de la victime, et de son inculpation pour « homicide involontaire » et « acte cruel et dangereux ayant causé la mort » de George Floyd n’a pas apaisé les esprits. Les manifestants demandent que cet agent maintes fois signalé pour « usage excessif de la force », impliqué dans de nombreux tirs mortels sur des « suspects », soit poursuivi, avec ses coéquipiers, pour « homicide volontaire ». Par delà l’émotion, la rage et l’exigence de justice pour George Floyd, la mobilisation prend un tour très politique, laissant entrevoir, à quelques mois du scrutin présidentiel, une lame de fond. « La taille et l’impact des manifestations, partout, montrent la vraie nature nationale et historique de ce qui se passe. Ce n’est plus seulement une protestation demandant justice pour George Floyd, cela devient une révolte sociale générale contre la violence d’un système raciste policier et carcéral », analyse Libero Della Piana, du People’s action institute, qui voit dans la mobilisation en cours la manifestation d’un processus politique en maturation depuis des décennies, « un débordement de rage contre une société qui a aliéné socialement et économiquement des millions d’individus ». Dans un contexte où les Africains-Américains  ont payé un lourd tribut à la pandémie de coronavirus et à l’impéritie de l’administration Trump devant cette crise, Alexandria Ocasio Cortez, la plus jeune élue au Congrès, soutien de Bernie Sanders lors de la primaire démocrate, insiste elle aussi sur les tirs croisés des injustices sociales et des violences policières. « Si vous essayez d’appeler à la fin des troubles, mais que vous ne considérez pas la santé comme un droit humain, que vous craignez de dire que les vies des Noirs comptent, que vous avez trop peur d’évoquer les violences policières, alors vous n’appelez pas à la fin des troubles, s’insurge-t-elle. Vous appelez à ce que l’injustice continue, à ce que le peuple endure encore en se taisant la violence de la pauvreté, de l’accès entravé au logement, de la brutalité policière. »

« Il est temps de battre dans les urnes tous les procureurs que vous n’aimez pas... » 

Indéniablement, l’agonie de George Floyd, capturée en direct dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, ébranle un système meurtrier pour les pauvres, pour les Noirs, et clément pour les suprémacistes blancs disposant de relais et de complaisances à tous les échelons de la justice et du pouvoir politique, jusqu’à la présidence. Pour démanteler cette toile, le feu n’est pas seulement inopérant : Donald Trump ne l’appelle-t-il pas de ses vœux, pour s’assurer la victoire cet automne ? Ces dernières heures, des voix nombreuses se sont élevées pour appeler à dépasser le stade de l’émeute, toujours profitable aux pouvoirs jouant de la carte du rappel à l’ordre. Parmi ces voix, celle du rappeur Killer Mike, qui s’est adressé au bord des larmes, samedi, aux manifestants d’Atlanta : « Il est de votre devoir de ne pas brûler vos maisons. Il est de votre devoir de renforcer vos propres maisons pour en faire des refuges en période d’organisation. C’est le moment de comploter, de planifier, d’établir des stratégies, de s’organiser et de se mobiliser. Il est temps de battre dans les urnes tous les procureurs que vous n’aimez pas. Il est temps de tenir pour responsables les maires, leurs bureaux, les chefs et leurs adjoints. (…) La prochaine étape, c’est d’user de votre pouvoir politique pour aller aux élections et battre les politiciens que vous n’aimez pas. » Décrit par ses proches comme un « doux géant », père aimant de deux enfants, George Floyd était une figure appréciée de la scène musicale à Minneapolis, l’un de ces millions de travailleurs ayant perdu leur emploi dans la crise économique provoquée par la pandémie. Son dernier regard, sous la botte des policiers qui l’ont étouffé à mort, tend un cruel miroir à cette Amérique qui n’a jamais rompu, en vérité, avec la loi de Lynch.

(1) « Make America great again », acronyme désignant les supporters de Donald Trump.
Rosa Moussaoui
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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 06:48
publié le 29/05/2020
Non à la destitution du député communiste chilien Hugo Gutiérrez

Dans un contexte de puissante mobilisation populaire depuis plusieurs mois d'un mouvement social qui touche tout le Chili, la répression ne cesse de monter d'un cran chaque jour.

La coalition de droite "Chile Vamos", soutien du président Sebastián Piñera, vient de s'en prendre au député communiste Hugo Gutiérrez en l'accusant de troubler l'ordre public et d'inciter à la haine par la publication sur les réseaux sociaux de dessins qui seraient offensants pour le président de la République, Sébastian Piñera.

Sur ces accusations, elle demande au Tribunal Constitutionnel, la destitution du député communiste. Ce Tribunal bien connu pour être l'un des "pouvoirs de fait" au Chili et s'est distingué récemment en rendant des sentences pour la libération des anciens militaires responsables de graves violations des droits humains.

S'attaquer à Hugo Gutiérrez n'est pas neutre pour le pouvoir chilien. C'est s'attaquer à une longue histoire en matière de défense des droits humains, de la lutte contre la dictature de Pinochet jusqu'à aujourd'hui.

C'est aussi s'attaquer à l'un des principaux promoteurs de la bataille pour une nouvelle Constitution par voie d'assemblée constituante et fondée sur la souveraineté populaire, et infatigable initiateur législatif pour la défense des intérêts des classes populaires du peuple, de leur souveraineté et des habitants et travailleurs du district qu'il représente.

La véritable raison de cet acharnement est de frapper les figures de l'opposition, en particulier le Parti communiste chilien qui occupe une place particulière dans le mouvement populaire, et de chercher à étouffer la protestation sociale et la capacité d'action de celles et ceux qui contestent et combattent la politique de Pinera.

Le Parti communiste français, ses élu-e-s dénoncent cette action de la droite chilienne dont la stratégie autoritaire, répressive et réactionnaire vise à réduire ce qu'il reste d'espace démocratique dans la société chilienne.

Le PCF s'insurge contre la procédure de destitution du député Hugo Gutiérrez présentée par des députés de la coalition gouvernementale «Chile Vamos» et lui apporte tout son soutien, ainsi qu'au peuple chilien, au Parti communiste chilien, à toutes les forces progressistes et militants des droits humains.

Parti communiste français
Paris, le 28 mai 2020

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 05:22
L’imposture franco-allemande à 500 milliards - Jeudi 28 mai, Patrick Le Hyaric, L'Humanité
Patrick Le Hyaric - L'Humanité
Jeudi, 28 Mai, 2020
L’imposture franco-allemande à 500 milliards
 

Le vacarme produit par une certaine sphère médiatique pour vanter un prétendu plan de 500 milliards décidé par M. Macron et Mme Merkel est une dangereuse opération de communication et d’enfumage. Elle pourrait coûter fort cher aux familles populaires.

D’abord, il s’agit d’une proposition destinée à la Commission européenne qui doit obtenir le consensus des vingt-sept États membres de l’Union. Cette dernière s’est empressée de trouver l’idée géniale, à condition évidemment que cette somme soit destinée à « financer certaines réformes structurelles pour améliorer la compétitivité ». Un vice-président de la Commission a immédiatement expliqué que ceci s’inscrit dans ce qui est baptisé « semestre européen ». Langue de bois bruxelloise désignant un dispositif européen de coordination des politiques économiques visant à obliger chaque pays à réduire les crédits publics et à détruire un à un les outils de solidarité et les conquis sociaux pour « améliorer la compétitivité ». « C’est essentiellement selon ce concept que nous financerons les réformes et les investissements des États membres », a insisté le vice-président de la Commission. Autrement dit, les conditionnalités d’octroi des aides à un pays ne cherchent ni le progrès social ni le progrès écologique mais visent, au nom de la sacro-sainte compétitivité, à détruire les États sociaux. Exactement ce qui a conduit à désarmer les pays face à l’actuelle pandémie. Ces mandataires des puissances d’argent présentent les bas salaires, les destructions des systèmes de retraite et de la Sécurité sociale, ou la saignée de l’hôpital public comme des « avantages compétitifs ».

Ajoutons que l’argent ainsi promis serait emprunté sur les marchés financiers. Il viendra alimenter l’infernale spirale de la dette des États que les taux d’intérêt ne cessent de faire grossir alors que les banques privées reçoivent de la monnaie gratuite de la Banque centrale européenne. Ces mêmes banques privées prêtent ensuite cet argent, additionné de taux d’intérêt, aux États dont les gouvernements brandissent l’impérieuse nécessité de réduire « la dépense publique » et, pour cela, d’imposer l’austérité à leurs populations.

Voilà comment on continue d’enchaîner les peuples avec ce fameux boulet de « la dette », qui sert à alimenter de menaçantes bulles spéculatives. Ainsi, la prétendue relance du couple franco-allemand n’est pas liée à des projets nouveaux de coopération pour des investissements productifs visant la transition environnementale et le progrès social, mais elle a vocation à nourrir les ogres de la finance.

Les explications et les combats doivent reprendre sur la nature de « la dette » comme rouage du capitalisme mondialisé. Il est possible de la renégocier et de l’annuler à condition de ne pas considérer l’argent comme une marchandise valorisable mais bien comme un instrument d’échange. Dans l’immédiat, un fonds de solidarité européen destiné au progrès humain et écologique pourrait être créé. Un tel fonds, relié à la Banque centrale européenne, pourrait décharger les États de leur dette en la prenant à son compte. Il mettrait en place les conditions pour que les milliards créés par la Banque centrale ne soient pas dirigés vers les banques privées mais vers les banques publiques nationales comme la Caisse des dépôts et la Banque publique d’investissement. Celles-ci pourraient financer les services publics, les collectivités locales et des entreprises dès lors qu’elles s’engagent sur le maintien de l’emploi, le développement de la formation, la réduction du temps de travail et un processus d’application des normes pour préserver le climat et la biodiversité.

Une telle réorientation ne peut s’obtenir que par une mobilisation populaire qui peut intéresser de larges secteurs de la société. Ce moment de débats peut y être propice. En fait le choix est simple : soit celui des intérêts de la finance vorace, soit ceux du travail et de la nature.

Patrick Le Hyaric
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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 06:32
Photo Le Télégramme - Rassemblement pour la journée nationale de la résistance du Parti communiste à Trédudon-les-Moines, 1er village résistant de France - 27 mai 2020

Photo Le Télégramme - Rassemblement pour la journée nationale de la résistance du Parti communiste à Trédudon-les-Moines, 1er village résistant de France - 27 mai 2020

Le Télégramme, 28 mai 2020:

L’hommage aux Résistants qui s’est déroulé à la stèle de Tredudon Le Moine en Berrien à l’initiative de la section PCF Carhaix-Huelgoat a été très suivi mercredi 27 mai. Le lieu était symbolique car le village de Tredudon Le Moine a été proclamé « Premier village résistant de France ». Plusieurs manifestations étaient organisées pour célébrer l’anniversaire de la création du conseil national de la Résistance qui a vu le jour le 27 mai 1943. Le secrétaire de la fédération du Parti communiste, M. Ismael Dupont, a rappelé que la résistance communiste a démarré dès l’été 1940 et que la Bretagne a été une grande terre de résistance. « 4. 000 Bretons ont été déportés sur les cinq départements de la Bretagne historique et à peine la moitié a survécu ». Une habitante du village, fille et nièce de Jean-Marie et Pierre Plassart, militants combattants tous les deux, était présente à la commémoration.

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 06:08
Alain et Eric Bocquet en réunion publique à Quimper (Eric au mico) en 2017 pour la présentation de leur livre évènement sur l'évasion fiscale comme système organisé de prédation des richesses collectives par les riches, "Sans domicile fisc"

Alain et Eric Bocquet en réunion publique à Quimper (Eric au mico) en 2017 pour la présentation de leur livre évènement sur l'évasion fiscale comme système organisé de prédation des richesses collectives par les riches, "Sans domicile fisc"

Mercredi, 27 Mai, 2020 - L'Humanité
Éric Bocquet : « Nous devons nous affranchir des traités européens pour effacer la dette »

L'élu communiste du Nord, vice-président de la commission des Finances du Sénat, dénonce le processus qui a conduit à la mise sous tutelle des États par les marchés financiers. Il considère qu’il n’y a pas de fatalité à vivre dans la dette si l’on change complètement les règles du jeu. Entretien.
 

 

La question de la dette est au centre du débat public depuis bien longtemps. Quelles sont vos craintes avec la crise qui vient ?

Éric Bocquet L’explosion de la dette risque d’être utilisée à nouveau comme argument renforcé pour imposer aux Français des réductions des dépenses publiques et des casses des services publics. C’était déjà la règle depuis plusieurs décennies. Depuis 1975, le budget de la France est en déficit. C’est au nom de la dette que l’on impose l’austérité et la réduction des dépenses publiques. On l’annonce à 115 % du produit intérieur brut (PIB) après la crise sanitaire, alors qu’elle était à 99 % il y a un an.

La dette, c’est de l’argent que l’on doit. Comment répondez-vous à cet argument martelé par les néolibéraux ?

Éric Bocquet C’est toute la perversion du discours. Pour un ménage, il faut payer ses dettes et prendre toutes les dispositions pour être en capacité de rembourser. Pour un État, la logique n’est pas la même. On nous fait croire depuis des années que la dette publique serait due à un excès de dépenses publiques. Or, si on examine l’histoire et la construction de cette dette, on constate qu’il y a plein d’autres paramètres. D’abord, l’abaissement délibéré des recettes fiscales de l’État. Nous l’avons organisé, par exemple en supprimant l’ISF. Nous avons évité de mener comme il le faudrait la bataille contre l’évasion fiscale qui, je le rappelle, coûte entre 60 et 80 milliards d’euros chaque année au budget de la République. Nous avons créé des crédits d’impôts, comme le Cice qui a coûté des dizaines de milliards d’euros. Les 400 niches fiscales, dont certaines sont justifiées et d’autres pas, coûtent 80 milliards d’euros par an. Tous ces cadeaux accumulés ont fait que l’État a vu ses recettes fondre comme neige au soleil. L’affaiblissement a été tel que ce sont les marchés financiers qui financent les États aujourd’hui. Ils leur dictent les politiques à mener grâce à la dette. Aujourd’hui, la Banque centrale européenne (BCE) s’est affranchie des règles lui interdisant de financer les États. Elle vient de racheter des titres de dette de tous les pays de l’Union européenne. Quand il y a le feu à la maison, toutes ces règles néolibérales inscrites dans le marbre volent en éclats. C’est donc une décision politique, un choix de société.

Avec la crise, la question de l’effacement de la dette revient également dans le débat politique. Comment cela serait-il possible ?

Éric Bocquet Lorsque la BCE prête de l’argent, elle le crée. Ses deux missions principales sont de veiller à ce qu’il n’y ait pas trop d’inflation dans la zone euro et l’impression des billets de banque. Mais les banques privées pouvant elles-mêmes prêter de l’argent en créant des lignes de crédit, nous avons en réalité privatisé la création de monnaie. La BCE a commencé à y remédier, mais elle doit aller plus loin : reprendre dans son bilan tous les titres de dette publique et les effacer, ou les étaler dans la durée. Nous pouvons étaler la dette sur trente ou quarante ans. Compte tenu des défis que va poser la crise que nous vivons, il faut des mesures innovantes, presque révolutionnaires. En somme, s’affranchir des traités européens, revoir les règles du jeu. La dette de la France, en 1945, était de 200 % du PIB. Avec la croissance, des investissements, de bons salaires, en construisant un état protecteur, nous en étions venus à bout. Il n’y a pas de fatalité. Nous ne sommes pas condamnés à vivre dans la dette pour l’éternité.

Entretien réalisé par Diego Chauvet

Quimper, 5 avril 2017.

Voilà deux parlementaires qui font honneur à la politique et à l’engagement communiste, de grands pédagogues appuyés sur la longue enquête et le travail de rencontres.
Pendant deux heures, Alain et Eric Bocquet ont fait le travail de porter à connaissance du public, avec beaucoup d’anecdotes truculentes et d’humour malgré le caractère sombre et plus qu’inquiétant du sujet, le fonctionnement du capitalisme financiarisé en tant qu’il repose, sur l’évasion fiscale et le pillage des nations.Pour Alain Bocquet, « Sans domicile fisc » est un « livre de combat afin de ramener cette finance folle à la raison ».Pour Eric Bocquet, il est la preuve que « l’argent du monde nouveau existe« .

Ce livre constitue, selon Jean Ziegler, « une arme formidable dans la phase paroxystique de la lutte des classes que les oligarchies du monde financier globalisé livrent aux peuples du monde ».

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