Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 07:36

Le Chiffon Rouge: Est-ce que tu peux nous décrire un peu le profil et l'historique de ton entreprise?

 

Notre entreprise- Narvik à l'origine- a été créée par René Gad, le maire de Lampaul Guimiliau, en 1988. Cela a été une entreprise familiale jusqu'en 1997. Elle a été ensuite revendue à Serge Pasquier, de Cholet. Il n'avait pas dans ses entreprises agro-alimentaires d'entrée de gamme: on s'est mis alors à faire des blinis, des surimis, alors qu'on était spécialisée auparavant dans la préparation du saumon. Pasquier a introduit une façon de travailler qui axait sur la maîtrise, la responsabilisation, le sentiment d'appartenance à un groupe: on nous a fait visiter les usines Pasquier de La Rochelle. C'était un peu du management à l'américaine.

Puis il y a eu la crise du saumon en 2000. Celui-ci s'achetait à un prix très élevé. Pasquier a délocalisé la fabrication des blinis et des surimis à Cholet et nous a laissé une dette de 3 millions d'euros.

En 2001, nous avons été rachetés par Gilles Charpentier, président de Meralliance-Armorik à Quimper, producteur de saumon. Du coup, ça faisait deux sites de production (c'est à dire découpe, préparation du saumon acheté en Norvège): à Quimper et à Landivisiau. En 2004, Charpentier a licencié ou proposé des reclassements à 12 personnes et a rapatrié l'atelier de production à Quimper.

A landivisiau, on préparait des plats traiteurs et leur Expédition. Aujourd'hui, et depuis 2009, on ne fait que du conditionnement et de l'expédition des produits fabriqués à Quimper et en Pologne.

En 2008, il y a eu un Plan Social avec pour motif invoqué la mise en conformité de l'installation frigorifique aux nouvelles normes interdisant en décembre 2014 l'utilisation du gaz Fréon dans ces systèmes, l'investissement n'étant pas économiquement faisable selon la direction sur les deux sîtes de Quimper et Landivisiau.

Charpentier a voulu que 56 salariés en CDI rejoignent le site de Quimper. Deux ont accepté: tous les autres ont refusé.

Heureusement, grâce à un dispositif gouvernemental expérimental et spécifique pour lequel le bassin de Morlaix, sinistré économiquement et socialement, était éligible, plusieurs salariés ont pu se reconvertir – ce qu'ils ont souvent perçu comme une aubaine - grâce à un CONTRAT DE TRANSITION PROFESSIONNELLE (CTP). Pendant un an, ils recevaient 80% de leur salaire net et ils pouvaient accéder à des formations longues.

Ils étaient COACHES dans le cadre du CTP. Les collègues se sont toutes recyclées dans d'autres métiers: assistance maternelle, infirmière, etc. Il faut dire que certaines avaient déjà une formation de base qui les disposait à cela plutôt qu'à devenir ouvrière dans l'agro-alimentaire et le saumon. C'était nettement mieux pour mes collègues de changer complètement de métier en se formant et en acceptant un départ volontaire que, en cas de suppression d'emploi avec une indemnité licenciement minime de se voir proposer de poste que chez Kritsen, le concurrent à Landivisiau, ou à Gad. Quand on vient de l'agro, on ne veut pas forcément y retourner: on sait qu'il y a peu d'avenir dans l'agro et le métier est usant et sous-payé.

Quand on leur a dit qu'elles pouvaient complètement se réorienter, les salariés, des filles souvent, avaient une autre vision du reclassement.

Il n'y a donc pas eu de manifestations, les gens en avaient ras-le-bol. Ils perdaient leur savoir-faire, on ne savait pas si les investissements froid seraient faits et sans ça on ne pouvait plus fonctionner; ils ont choisi de prendre le CTPt pour aller dans d'autres secteurs moins pénibles où ils sont mieux reconnus. La direction savait que les personnes adhéraient au CTP et était moins encline à faire des propositions de reclassement dans le PSE. On a aussi négocié des départs anticipés FNE pour les salariés de +55 ans qui étaient pris en charge par l'Etat jusqu'à leur retraite.

Depuis, il y a un an, on a voulu nous faire changer de nom: passer de « Narvik » à « Meralliance » puisqu'on n'était plus qu'une plate forme d'expédition pour l'ensemble du groupe Meralliance. Derrière des montages juridiques le « simple changement de nom » visait à supprimer l'historique de Narvik. Nous avons demandé l'assistance d'un expert CE. Car puisqu'on changeait de statut juridique on repartait à zéro: tous les acquis tombaient. On a négocié un accord de transfert de tous les accords d'entreprise Narvik et des avantages individuels et collectifs vers la nouvelle société. On craignait aussi d'être revendu plus facilement à d'autres logisticiens.

Depuis peu, on change encore, on nous intègre dans une structure France comprenant Meralliance Logistique Landivisiau, Meralliance production armoric Quimper et Meralliance. La direction veut se developper au niveau européen. La Pologne produit les premiers prix, Esco en Ecosse rachetée l'an passé produit avec ses 340 salariés du frais vendu en Angleterre.A Armoric Saumon fumé Quimper, il y a 340 salariés; en Pologne 120; à Esco en Ecosse 340; et à Landivisiau 70 titulaires et à peu près 100 personnes à travailler avec les intérimaires. En 2004, on était 300 salariés sur le site de Landivisiau. On a perdu 200 salariés depuis.

 

Le Chiffon Rouge: Comment ont évolué vos conditions de travail?

 

Il faut savoir que les conditions de travail sont dures. Les gens sont cassés par le boulot, les troubles musculo-squelettiques, les tendinites. On fait des gestes répétitifs port charges, au froid, qui font travailler les épaules, les coudes, le dos, et qui nous esquintent au bout du compte... Si l'on se plaint et revendique des améliorations, la direction répond qu'elle va automatiser.

Aujourd'hui, on est six par lignes. Quatre sur l'automatique. Avec l'évolution de l'automatisation, on pourrait rapidement perdre des emplois. En logistique, ça peut aller très vite. En production, cela exigeait un savoir-faire qui ne s'acquiérait pas en cinq minutes: on mettait des tranches de saumon sur des plaques, il fallait répartir les saumons coupés en grande tranche, apprécier le poids et l'aspect de chacune, les répartir sur la plaque afin d'avoir un rendu uniforme, esthétique, correspondant au cahier des charges établi sans pertes.

En 2008, on nous a enlevé notre métier: on reçoit désormais des produits déjà préparés de Quimper et de Pologne.

On ne fait plus que du sur-conditionnement et de l'expédition. Il n'y a plus de savoir-faire très loin à avoir. C'est pourquoi, depuis le plan social de 2008, la boîte n'a jamais embauché autant d'intérimaires. Il y a des gens qui sont là 18 mois durant à temps plein: on les maintient dans la précarité sans leur offrir de CDI.

Certains préfèrent rester en intérim plutôt que d'être titularisé. Ils gagnent plus (surtout qu'ils sont quasi assurés d'un boulot à plein temps vu la gestion douteuse des contrats entre agence intérim et ML (délai de carence pas identique à tous...). Selon eux, ils peuvent avoir 2000 euros/mois: or, un CDI ne vous donne qu'à pleine plus que le SMIC grâce à l'ancienneté et aux primes diverses.

 

Moi, je suis élue du personnel depuis 20 ans J'ai été élue en 1994 déléguée syndicale. J'ai à peu près le double de boulot avec les mandats CE CHSTT et une direction éloignée pas disponible. Aujourd'hui, quasiment tout se passe par mail mais il faut faire encore plus de boulot personnel pour ne pas se faire dépasser par la direction qui ne demanderait pas mieux et laisser passer des choses.

Mon rôle, tel que je le conçois, est la défense des droits des salariés, de maintenir les emplois et d'obtenir des CDI pour que le recours à l'intérim ne soit pas normalisé quand il occupe l'activité normale de l'entreprise. La direction reconnaît pourtant qu'elle risque la requalification du CDI mais les salariés ne contestant pas, cela persiste. C'est pourquoi je me suis battue parfois sans être comprise des collègues.

 

Le Chiffon Rouge: Quelle est la proportion d'hommes et de femmes parmi les salariés? Il y a t-il des fonctions très différentes dans l'entreprise?  

 

C'est moitié-moitié, par contre parmi les caristes, les précaires, il y a plus d'hommes. Les métiers manuels, à la production, quand il s'agissait de placer les tranches, étaient davantage réservés aux femmes. Aujourd'hui, il y a un petit clivage entre les jeunes de 40 ans et moins qui ont toujours fait de l'expédition depuis qu'ils sont ici, et les femmes de 55 ans et plus qui étaient à la production, qui ont perdu leur métier, sont affaiblies parce qu'elles ont été soumises pendant des années à des cadences en ligne très éprouvantes physiquement. La direction ne se dispense pas de faire plutôt passer les anciennes pour des gens qui refusent le changement. La production, c'était pénible physiquement mais plus intéressant que l'expédition d'un côté, car moins répétitif, plus complexe. Aujourd'hui, nous ne faisons pas un métier dit « basique » selon la direction, sans touche personnelle apporter. Pour autant, ce que je dis aux collègues, c'est que nous n'avons aucune raison de nous dévaloriser. Nous sommes ouvrières et nous devons être fières de l'être. C'est un métier dur, utile, et qui, en plus, ne nous définit pas. Pourquoi est-ce que nous aurions à rougir d'exercer ce métier là?

 

Le Chiffon Rouge: Quelles conséquences pourrait avoir la ratification de l'ANI – l'accord dit de « sécurisation de l'emploi » MEDEF-CFDT-Gouvernement – sur une entreprise comme la tienne?

 

C'est une bombe.

L'ANI, dans un contexte très tendu et avec des personnes comme celles-là, repliés sur leurs intérêts personnels c'est une bombe. Les gens finiraient vite par se tirer dans les pattes car il y a déjà des « jalousies » sans être en plan social. Qu'est-ce que les compétences? Comment peut-on les juger équitablement. Je ne me vois négocier un plan social dans ces conditions.. Les gens entre eux risquent de se tirer dans les pattes: « qu'est-ce vous faites vous, vous n'avez pas de compétences » … Avant, on avait des critères objectifs pour fixer l'ordre des licenciements qui donnaient moins lieu à l'arbitraire: âge, ancienneté dans le poste, situation de famille, situation de handicap qui vous rajoutait des points. Maintenant, la situation de handicap n'est plus considérée: les gens qui ont contracté au boulot des troubles musculo-squelettiques seront doublement pénalisés et ce seront probablement les premiers licenciés.

L'ANI prévoit aussi de transformer le mode d'information des élus du personnel: ils ne pourront plus demander à voir les documents qu'ils veulent, ils auront accès à une banque de donnée globale, où la direction mettra ce qu'elle veut, ce qui l'arrange. Ma crainte, c'est qu'il n'y ait rien dans cette information accessible à tous et tout le temps.

On a peine déjà à avoir des infos.

On va nous enfumer avec l'équivalent des power-points consensuels, lisses et optimistes qu'on diffuse en CA: on ne saura plus rien des mauvais coups qui se préparent. Or, les élus ne peuvent rien faire sans les documents. Ils ont besoin d'une vision économique de ce que l'entreprise est en train de faire. Ils peuvent se faire aider par des experts à condition d'avoir accès aux documents réellement significatifs. Aujourd'hui, le code du travail garantit aux représentants du personnel l'accès aux documents à la demande et selon une procédure très réglée. Demain, avec l'ANI, on risque de n'avoir que des données expurgées, alimentées par les employeurs en fonction de leurs intérêts: on aura un écran, plus d'écrits. Et plus de temps pour le faire comme on veut correctement puisque l'accord met en place des délais pré-fixés et l'expertise sera aux frais du CE donc limité.

De la même manière, avant, un plan social, c'était très réglementé. Désormais, le plan social sera facilité pour l'employeur. Même si les difficultés économiques invoquées sont de l'ordre du prétexte, l'employeur pourra faire avaliser un accord prévoyant des régressions sociales sous la menace de la suppression d'emplois.

Lors de notre plan social de 2008, Charpentier avait invoqué qu'il ne pouvait pas investir sur deux sites en même temps (à Quimper et à Landivisiau) pour se mettre aux nouvelles normes froid industrielles dans la branche froid proscrivant au niveau des chambres froides l'utilisation du fréon. En même temps, ils auraient pu anticiper et faire des travaux. Ils ne l'ont pas fait, ils ont attendu qu'on se rapproche de l'échéance: ça leur a servi de prétexte.

Avec l'ANI, il sera difficile pour les syndicaux de contester en justice des prétextes pour licencier et pour réduire les droits des salariés: seule comptera la menace de la suppression d'emplois permettant aux employeurs de conclure des accords régressifs sous la contrainte.

Chez nous, l'ANI va certainement faciliter les mobilités forcées. Déjà, l'entreprise joue sur la polyvalence et le changement de poste régulier pour éviter les tendinites. C'est une polyvalence imposée. L'entreprise a utilisé 90000€ de fonds de formation professionnelle pour payer un programme de lutte contre les TMS. Un formateur validé par la CRAM afin qu'il revoit l'organisation du travail pour éviter les troubles musculo-squelettiques a établi une « cartographie de la douleur » des différents postes et fait des préconisations en conséquence pour modifier les postes et changer des choses à l'organisation. Les salariés n'ont pas eu leur mot à dire comme ils le souhaitaient. Les salariés sont dépossédés du sens de leur travail et on ne les consulte pas vraiment pour trouver les moyens d'améliorer leurs conditions de travail. L'intervenant extérieur, ça été une caution pour la direction afin de ne pas écouter les salariés.

L'intervenant extérieur, validé par la CRAM, ça été une caution pour la direction car on débutait la négociation pénibilité au travail et sa responsabilité sur la dégradation de la santé par le nombre de TMS relevés était engagée. Elle a aussi profité pour mettre en place la polyvalence imposée qui limite les recrutements nécessaires sans augmenter la masse salariale.

 

De la même manière, le délai pour poursuivre un employeur aux prud'hommes est raccourci et passe à deux ans et non plus cinq ans. On sécurise la situation de l'employeur déjà en position de force: on facilite les abus et les entorses au droit du travail. On désarme les salariés et le code du travail déjà très souvent bafoué en raison de la faiblesse des effectifs de l'inspection du travail et de la difficulté des salariés à faire valoir leurs droits.

Les indemnités lors d'un plan social seront certainement revues à la baisse: ce sera un forfait à prendre ou à laisser, quelque soit la faute ou l'irresponsabilité de l'employeur.

Avec l'ANI, il n'y aura plus non plus de compensations, de majorations pour les salariés à temps partiel à qui on demande de faire des heures supplémentaires pour s'adapter à l'évolution des commandes. Cela concerne beaucoup de salariés, chez nous, surtout des femmes, qui vont ainsi perdre du pouvoir d'achat. Nous avons beaucoup de temps partiels choisis chez nous (des gens qui travaillent aux 4/5, à 80%): demain, ils n'auront pas le choix de déterminer leur temps de travail, ils n'auront pas de majorations quand ils travaillent davantage.

 

Le Chiffon Rouge: Est-ce que l'environnement économique de votre entreprise vous semble rassurant pour les salariés de Narvik Meralliance?

 

Nous ne sommes pas à l'abri d'une nouvelle crise du saumon avec une augmentation fulgurante des prix de la matière première comme en 2003. Déjà, depuis le début de l'année, la matière première a pris 1€ le kilo. Or, les clients pour lesquels nous travaillons, toutes les grandes enseignes de grandes distributions – système U, Casino, Leader Price, Leclerc... - tirent au maximum sur les prix pour accroître leurs marges.

Il y a souvent des appels d'offre. Certains imposent la suppression des étuis. Comme nous travaillons au conditionnement avec étuis, cela impacte directement notre emploi s'ils font ce choix.

La mode en matière d'emballage, de conditionnement, est versatile: cela dépend des tendances marketing, des nouvelles exigences des consommateurs. Comme nous travaillons au conditionnement, nous pourrions perdre notre emploi dans ces conditions. Il faut aussi prendre en compte l'arrivée de l'éco-taxe qui conduirait à 6% d'augmentation des frais de transport et l'augmentation des cours du pétrole. Augmentation qui pourrait difficilement être refacturée au client.

Dans le contexte actuel, ça nous met en danger. En même temps, peut-être qu'en 2008 cela aurait dissuadé Charpentier de centraliser la production à Quimper pour nous envoyer les produits finis pour le conditionnement et l'expédition en justifiant à chaque fois des déplacements de marchandises entre Quimper et Landivisiau.

Nous pouvons aussi craindre la concurrence des autres entreprises: notre concurrent historique Kritsen, Marvin Harvest vient d'acheter le géant polonais MORPOL et depuis ainsi le leader mondial du saumon. MORPOL s'est installé en Bourgogne avec l'appui du conseil général et un financement public conséquent il y a peu, et qui casse tous les prix depuis (cf: http://www.tracesecritesnews.fr/actualite/morpol-batit-une-usine-pour-ses-saumons-en-saone-et-loire-17746).

 

Propos recueillis le 17 mars 2013. Nos remerciements chaleureux à Danielle Guyot.

Partager cet article
Repost0
24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 11:20

 

Parti Communiste Français

Membre du Front de Gauche

Section de Morlaix

2 Petite Rue Callac 29600 MORLAIX – tel : 02 98 88 30 35

Mel : pcfmorlaix@wanadoo.fr

Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/



Comité de section du vendredi 22 mars

Rapport introductif – Daniel RAVASIO



La situation sociale, politique et économique

En France, le gouvernement poursuit sa politique sur le tryptique : austérité-compétitivité-et flexibilité, et même une véritable bataille, une pression idéologique pour essayer de rendre acceptable ses projets de régressions.

Austérité

Un constat attendu : face au défaut de croissance, l'objectif gouvernemental des 3 % de déficit ne sera pas atteint à la fin de l'année.

Sur injonction de la commission européenne, c’est un 3ème plan d'austérité qui se prépare :

  • 6, 5 ou 4 milliards à trouver dans le budget de 2014 s’ajoutant aux « efforts » des deux premiers plans d’austérité.

  • Hausses de taxes, de prélèvements et réductions dans les dépenses publiques… notamment en direction des collectivités locales.

Compétitivité - Flexibilité

La situation de l’emploi est particulièrement alarmante

  • La barre des 5 millions de chômeurs réels est franchie

  • Le taux de chômage notamment chez les jeunes est alarmant,

  • les entreprises continuent de licencier, avec des situations de plus en plus dures et tendues (exemple, Still, Goodyear...).
    A côté de cela, ce sont les plus grandes entreprises, dont celles du CAC40,

  • qui suppriment des emplois,

  • qui ont profité des 20 milliards du CIE,

  • qui disposent, pour les 246 plus grands groupes européens, de milliards qui sont dans les caisses, en trésorerie, qui au passage font de moins en moins d'investissements

  • qui paient des impôts minimums (voir pas du tout) en toute légalité !

C'est le principe du tonneau des Danaïdes : on continue à donner des aides aux grandes entreprises qui ne vont ni à l'emploi, ni au développement du pays, encore moins dans les salaires et la solidarité nationale, que ce soit par la fiscalité ou par les cotisations sociales.


Il y a de quoi susciter la colère, l'exaspération chez les salariés, même s'il y a beaucoup de lucidité sur les causes et les responsables des licenciements comme le montre le sondage de l’HD de la semaine dernière et le refus par 63% de baisse de salaires pour sauver son emploi.


Le gouvernement déclare que cette question de l’emploi est au cœur de ses préoccupations.

  • Ce n’est pas la politique d’austérité qui permettra de relancer la croissance et l’emploi : après un 3ème plan d’austérité un 4ème voir un 5ème est à craindre nous enfonçant encore plus à chaque fois.

  • Ce n’est pas en cassant le code du travail que l’on rendra les entreprises compétitives et que l’on permettra de relancer l’emploi. Si l’ »accord » passé entre le MEDEF et des syndicats minoritaires, était transcrit dans la loi, cela se traduirait par un désarmement des salariés face à une offensive extrêmement violente du patronat.

On veut nous faire penser qu'il n'y aurait qu'une seule solution pour sortir de la crise : l'austérité et la réduction du « coût » du travail. Mais c’est cette solution qui conduit partout aux impasses économiques, sociales, démocratiques et humaines. C’est le coût du capital qui est un problème, pas le travail.

 

La politique gouvernementale est aux mieux insuffisante au regard des exigences, au pire à contre sens sur bien d’autres sujets :

Le projet de réforme sur les collectivités locales appelé « projet acte III de la décentralisation » porte bien mal son nom : il s’agit plutôt de centralisation et de concentration des pouvoirs. Il s’agit d’un projet qui reste dans la logique de celui initié par Sarkozy :

  • regroupements forcés en intercommunalité  et en grandes métropoles spécifiques (Paris, Marseille, …) qui concentreraient un grand nombre de compétences, remettant en cause le rôle de chaque niveau de collectivités.

  • Beaucoup plus de pouvoir aux régions et beaucoup moins aux communes.

Ce sont de nouveaux transferts et un désengagement de l'Etat accentuant de plus en plus les inégalités territoriales, et les concurrences entre territoires, que ce soit sur l'emploi, les transports, l'orientation et sur les missions d'enseignement, avec la réforme du temps scolaire.

 

Sur ce point, le parallèle peut être fait entre la réforme Peillon sur l'Ecole, notamment le volet aménagement du temps scolaire, et le désengagement de l'Etat dans l'Education nationale accentuant les inégalités.

D'ailleurs, en témoignent les mobilisations des enseignants, de leurs syndicats et des parents d'élèves, et des critiques de certains élus, maires contre ce projet peu ambitieux pour l'école de la réussite pour tous. Il y a des améliorations à apporter à cette réforme et nous allons en proposer, et batailler avec nos parlementaires à l'Assemblée nationale.



C'est ainsi que nous avons marqué un point en faisant adopter la loi sur l'amnistie sociale par le Sénat.

Cela n'était pas gagné d'avance.

De nombreux syndicalistes et militants associatifs l'attendaient. C'est ce qui nous a guidés dans nos actes, y compris dans nos expressions publiques, dans la presse, loin de toute polémique. Notre objectif étant d'obtenir une majorité au Sénat et non d'en découdre.

C'est un signe en direction du monde du travail comme le montre les réactions des syndicalistes. D'ailleurs, quand on entend les propos de la droite, criminalisant les syndicalistes et les cris d'orfraie de L. Parisot, il s'agit bien d'une avancée pour le respect des droits, des luttes des salariés et des militants.

C'est une première victoire. Pour autant, la bataille n'est pas terminée, le texte doit être examiné par l'Assemblée nationale et notre volonté est de veiller à ce que celle-ci n'oublie personne.



Dans le calendrier, c'est aussi l'annonce de la réforme des retraites pour l'automne 2013 par le gouvernement, avec comme seule logique l'allongement de la durée des cotisations pour faire face au déficit, voire la désindexation des pensions par rapport aux salaires.

En fait ce serait la suite logique de la réforme Fillon/Sarkozy que toute la gauche a combattu. C'est aussi la bataille pour la santé et l'hôpital public, car même si des annonces sont faites par la ministre pour mieux redonner sa place au public, le rapport de l'IGAS propose encore des réductions de moyens. A ce sujet, le 25 mai, une mobilisation à l'appel du collectif «notre santé en danger» s'organise.



Notre combat pour l'égalité des droits doit aussi se poursuivre : celui pour le droit de vote des résidents étrangers, celui pour le mariage pour tous.



En Europe c’est la même politique qui est conduite avec les mêmes conséquences, avec les mêmes dangers.



Le plan de « sauvetage des banques » chypriotes est l’exemple même d’une politique folle au service des plus riches.

Après la mobilisation massive du peuple de l'île et le rejet unanime par le parlement chypriote du scandaleux plan de « sauvetage » (sic) européen.Ce plan constituait un véritable racket. Il exigeait la ponction directe dans les économies de tous les épargnants chypriotes comme contrepartie d'une aide financière de la BCE destinée aux banques, qui sont pourtant les véritables responsables de la situation. Il montre jusqu'où les dirigeants européens sont prêts à aller sous la pression des marchés, jusqu'à piquer directement dans les poches des citoyens et contourner les règles bancaires qu'ils se sont eux-mêmes fixés.

La France doit rompre avec les soutiens aux chantages imposés aux peuples européens. Elle doit soutenir Chypre face aux rapaces qui n'hésiteront pas à vendre l'île pour les beaux yeux des marchés. Notre pays doit soutenir ceux qui résistent à la barbarie austéritaire et engager le combat pour changer les orientations européennes, le statut de la BCE et des banques en général, les traités ultralibéraux pour viser une élévation générale du niveau des standards sociaux. Ce combat est chaque jour plus urgent si l'on ne veut pas voir l'Union exploser sous nos yeux.

 

Les élections italiennes traduisent de la déception, de la colère à l'égard des gouvernements de droite et de gauche sociale-démocrate mettant en œuvre des mesures austéritaires.

Cela explique le faible score de M. Monti. Et quand une alternative de gauche de transformation sociale n'est pas perceptible, ce sont les mouvements populistes et démagogiques qui progressent, d'où les résultats de B. Grillo et de Berlusconi.

Le vote «utile» en faveur de Bersini (Parti démocrate) a aussi pleinement fonctionné face au retour de Berlusconi. Dans ce contexte politique, de crise politique profonde et qui vient de loin, la coalition «révolution civile» et nos camarades communistes ne parviennent pas, dans un système électoral particulier, à obtenir d'élus.



En Espagne et au Portugal on assiste à de grandes mobilisations contre les politiques d’austérité infligées par les gouvernements et le troïka européenne.



Dans ce cadre quel doit être notre travail, notre activité militante ?

Lors du dernier CN, quatre grands axes de notre activité ont été définis :

  1. Faire grandir la mise en mouvement, en action la plus large possible contre les politiques d'austérité ;

  2. Préparer les élections de 2014, afin que ces échéances soient utiles à nos ambitions,

  3. Déployer un travail de grande ampleur pour rendre crédible un projet politique de sortie de crise ;

  4. Déployer une nouvelle phase du Front de gauche au service de nos objectifs
    Dans l’avenir proche nous devons :

  • Poursuivre et accentuer notre campagne pour des alternatives au chômage, à la précarité.

Nous y sommes engagés, notamment sur la question de l’emploi et des droits des salariés.

Cette démarche doit être notre boussole : rassembler, créer des majorités politiques pour arracher des améliorations dans la vie des gens, pour gagner la bataille du changement.

  • Poursuivre et développer notre campagne, avec le FDG, contre l’austérité.

  • Préparer les prochaines échéances électorales et notamment pour les municipales de 2014.

Nous devons maintenant être pleinement dans le travail en lançant des appels à construire des projets et cela, le plus largement possible.

Au niveau national, dans plusieurs villes, des initiatives, des rencontres s'organisent. Aussi le CN a décidé de tenir sur ce point un Conseil national élargi à des élu-e-s: maires et autres, les 25et 26 mai.

Pour notre secteur, en lien, avec le FDG, nous travaillons sur un projet. La prochaine réunion se tiendra à Plougonven le mardi 26 mars.



PCF Morlaix : notre organisation ; notre activité

Lors de notre dernier Comité de Section nous avons débattu sur notre organisation. Un certain nombre de points ont été actés mais d’autres restent à finaliser.

  • Organisation du CS

Notre CS se réunira 1 fois par mois soit un lundi (18 h) soit un vendredi (18 h), un calendrier prévisionnel étant établi régulièrement afin d’être le réel décideur de l’activité de la section et des positions à prendre sur différents sujets.

Les membres du CS recevront une information régulière du secrétariat.

  • Secrétariat

Un secrétariat a été élu : Daniel RAVASIO (Secrétaire de Section) ; Daniel RIOU (Trésorier de section) ; Serge PUIL (trésorier adjoint de section) ; Ismaël DUPONT ; Jean Luc LE CALVEZ.

La partcipation d’un ou d’une camarade en plus est souhaitée.

Pour terminer il nous faut discuter de notre activité dans les semaines avenir.

Le calendrier est déjà bien chargé :

  • Samedi 23 mars (14 h – 17 h / local PCF Morlaix) : séminaire élection municipale.

  • Mardi 26 mars (St Eutrope / 18 h) : réunion FDG autour du projet pour les élections municipales

  • Samedi 30 mars (9 h 30 – 19 h / Pont de Buis) : rencontres départementales du Front de Gauche.

  • Vendredi 12 avril (18 h – local PCF Morlaix) : AG (Fête du 1er mai)

  • Lundi 15 avril (18 h – local PCFMorlaix) : réunion du CS.

  • Mardi 30 avril : préparation de la fête du 1er Mai (montage de la fête).

  • Mercredi 1er mai : fête du Viaduc

  • Vendredi 17 mai (18 h – Local PCF Morlaix) : réunion du CS

Une réunion publique PCF à Guerlesquin est en préparation, probablement le samedi 20 avril sur la question de l’agro-alimentaire avec Xavier COMPAIN (responsable national PCF) et Corinne Nicole (déléguée CGT à Tilly Sabco).

 

 

Partager cet article
Repost0
22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 16:34

 

Frédéric L'aminot, délégué du personnel CGT à Celtys Landivisiau (Queguiner)

 

Le Chiffon Rouge: Est-ce que tu peux nous décrire le profil et la situation de ton entreprise, la conjoncture qu'elle traverse et les conditions de travail de ses salariés actuellement?

 

Fréderic L'aminot: Queguiner, c'est un groupe de 1000 salariés repartis sur toute la Bretagne, avec quatre boîtes indépendantes dans le groupe, de telle sorte que les difficultés des unes n'empiètent pas forcément sur les autres: Leader Mat, Queguiner Transports, Queguiner matériaux, Celtys. Queguiner a aussi tendance à racheter les boîtes qui vont mal pour endiguer la concurrence: Vézo, Bleunven à Plabennec, Jacques à Henvic. C'est à Celtys Landivisiau que je travaille: on fabrique et on vend des produits en béton, béton de résine et composite, béton prêt à l'emploi.

Il y a 230 CDI dans la boîte mais depuis quelques années on préfère embaucher des CDD plutôt que des CDI. On est passé de 50 intérimaires à 20, ce qui est un signe que les commandes ont tendance à se réduire un peu. On paie dans une certaine mesure la crise du bâtiment, la soumission des collectivités aux mesures de rigueur qui génèrent une baisse des travaux publics et de voirie, mais inversement, on a bien bénéficié ces dernières années pour amortir les conséquences de la crise financière des aides européennes aux agriculteurs pour qu'ils adaptent leurs bâtiments d'élevage aux nouvelles normes « bien-être animal ». Qu'est-ce que cela va donner maintenant que ces aides s'interrompent et que la crise s'intensifie? Je ne sais pas.

Il faut aussi prendre en compte la mise en place de l'écotaxe sur le carburant: les entreprises bretonnes, la nôtre en particulier, en raison de la péninsularité de notre région et de son enclavement, risquent de payer assez cher le passage à cette fiscalité écologique. On a évalué les dépenses supplémentaires à 150000€/ an pour la boîte. En même temps, cette prise en compte des enjeux environnementaux est aussi positive, par elle-même et pour l'entreprise. La boîte travaille plus propre, se lance dans l'écologie, la récupération des déchets, leur recyclage (déchets reconcassés, réutilisés). De plus en plus, il y a des clients qui prennent en compte des critères sociaux et écologiques.

On est loin de la situation de crise absolue de 2008, quand on avait viré tous les intérimaires. C'est en 2008 quand est passé de 37h à 35h car il n'y avait pas assez de commandes, donc de travail: on était sur notre dos pour nettoyer l'atelier, entretenir les talus... Car il n'y avait rien d'autre à faire. On s'était mis au 37h suite à un référendum interne quelques années avant à l'issue duquel cette option l'avait emporté. Perso, j'aurais préféré à l'époque qu'on reste aux 35h avec une augmentation de salaire. Depuis le retour au 35h, la productivité a augmenté, mais si entretemps on est repassé aux 37h. On est passé d'une entreprise familiale et paternaliste où chacun se sentait respecté quand le travail était fait à un groupe avec les méthodes de management peu humaines répandues aujourd'hui dans les grosses entreprises: pression constante sur les temps, nécessité d'aller toujours plus vite pour gagner plus d'argent, rendre productif par la pression, la peur, la culpabilisation. Ce sont des petits jeunes sortis de leurs écoles qui donnent des ordres et recadrent des salariés qui ont 15 ou 20 ans de boîte. Si t'a mal fait le ménage, on t'envoie direct une lettre à ton poste. Les jeunes ont tellement peur de tomber dans la dépression suite à la pression de leurs cadres qu'on parvient à en syndiquer beaucoup plus. On vient de loin mais en 3 ans, alors qu'il n'y avait pas de syndiqué CGT à Celtys, on a fait 20 adhésions. On bien devant la CFDT qui compte 5 syndiqués. Et encore, il y a beaucoup de sympathisants qui hésitent encore à prendre leur carte. Quand les cotisations syndicales donneront droit à un crédit d'impôt, l'an prochain, on devrait encore augmenter le nombre de syndiqués. Toutefois, la syndicalisation reste minoritaire: les plus anciens ne sont pas habitués, les gens se taisent, ont peur: ils veulent garder leur travail. Il y a un mal-être des salariés qui grandit: ça se traduit par des arrêts de travail, des arrêts-maladie qui n'en sont pas vraiment, ça râle beaucoup. Pour la manifestation du 5 mars contre l'ANI, l'accord national interprofessionnel MEDEF-CFDT qui précarise les salariés et casse le droit du travail, je croyais avoir convaincu beaucoup de mes collègues de la nocivité du texte, mais très peu ont fait grève et sont allés manifester. Les gens ont peur, s'accrochent à leur emploi, surtout quand on voit ce qui se passe à GAD, où travaillent beaucoup de conjoints de mes collègues.

 

Le Chiffon Rouge: Quel est le niveau des salaires chez vous?

 

Fréderic L'aminot: On est un peu au-dessus de la moyenne conventionnelle des entreprises du secteur régi par la convention « carrière et matériaux ». Dans les années 2000, on a gagné 100€ en passant aux 37h: ils ont été perdus avec le retour aux 35h en 2008. En 2009, on est revenu aux 37h. Avec la baisse de l'activité et des bénéfices de la boîte, la partie variable du salaire à l'intéressement diminue.

 

Le Chiffon Rouge: Quelles seraient selon toi les conséquences les plus significatives de l'ANI, l'accord MEDEF-CDFT de flexibilisation des salariés et du droit du travail, s'il était inscrit dans la loi comme le veut le gouvernement?

 

Fréderic L'aminot: J'ai été syndiqué pendant un moment à la CFDT, je ne regrette vraiment pas d'avoir quitté ce syndicat vu ce qu'ils ont accepté de signer: c'est dans l'ensemble la porte ouverte à des reculs terribles des droits des salariés. Certes, il y a la généralisation des complémentaires santé, mais le financement est indéterminé, indécis, soumis à négociation future, tandis que les reculs, eux, sont immédiats. Les syndicalistes n'auront plus le droit de parler de ce qui se passe en réunion: beaucoup de choses seront confidentielles, on ne pourra plus en parler aux salariés. On va demander aux CE de préparer des plans sociaux par avance, indépendamment des situations d'urgence. Avec un chantage à l'emploi permanent, on pourra imposer aux salariés d'accepter la baisse de leurs salaires, la modification de leurs horaires, des déplacements de postes et de lieux de travail, des augmentations du temps de travail. Les gens ont des maisons sur le dos, ils ont tendance à être fatalistes, ils veulent sauvegarder leur emploi coûte que coûte: il est à craindre qu'ils acceptent ce qu'on ne manquera pas de leur imposer pour augmenter la rentabilité des entreprises et les profits de leurs patrons ou actionnaires. Par exemple, Queguiner a acheté un terrain du côté de Notre-Dame-des-Landes en prévision de la construction de l'aéroport: si celui-ci est bien construit, on peut imaginer qu'il y aura des pressions pour favoriser la mobilité des salariés vers la Loire-Atlantique. Demain, les salariés qui refusent l'application d'un accord collectif régressif et obtenu sous la contrainte prétendument de « maintien dans l'emploi » seront licenciés: c'est inacceptable.

Partager cet article
Repost0
22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 07:41
  
"Il faut aller plus loin, beaucoup plus loin, dans le sens de la justice fiscale"
  
"La gauche doit incarner la résistance au pouvoir de la finance sinon, nous en sommes convaincus, la politique gouvernementale ira dans le mur. Elle en prend malheureusement le chemin".
Partager cet article
Repost0
22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 07:34

 

 

Le Président de la République de Chypre vient de présenter son « plan B », après la mobilisation massive du peuple de l'île et le rejet unanime par le parlement chypriote du scandaleux plan de « sauvetage » (sic) européen.

Ce plan constituait un veritable racket. Il exigeait la ponction directe dans les économies de tous les épargnants chypriotes comme contrepartie d'une aide financière de la BCE destinée aux banques, qui sont pourtant les veritables responsables de la situation. Il montre jusqu'où les dirigeants européens sont prêts à aller sous la pression des marchés, jusqu'à piquer directement dans les poches des citoyens et contourner les règles bancaires qu'ils se sont eux-même fixés.

Comparée à ce hold up, la nouvelle solution proposée d'un « fonds d'investissement et de solidarité » semble plus acceptable, même si beaucoup de choses restent à préciser. Il conserve en effet les mêmes objectifs et continue de se négocier sous le chantage des dirigeants de la BCE qui menacent de couper les vivres à Chypre. C'est insupportable.

Cette situation interpèle l'ensemble des pays membres sur l'état de la démocratie et le modèle de développement européen. Comment l'UE a-t-elle pu imaginer une seconde pouvoir imposer ainsi la spoliation aveugle des dépôts bancaires ? Et comment certains dirigeant de l'UE peuvent-ils, alors que leur proposition a été clairement battue, continuer de faire pression pour son application ?

La France doit rompre avec les soutiens aux chantages imposés aux peuples européens. Elle doit soutenir Chypre face aux rapaces qui n'hésiteront pas à vendre l'île pour les beaux yeux des marchés. Notre pays doit soutenir ceux qui résistent à la barbarie austéritaire et engager le combat pour changer les orientations européennes, le statut de la BCE et des banques en général, les traités ultralibéraux pour viser une élévation générale du niveau des standards sociaux. Ce combat est chaque jour plus urgent si l'on ne veut pas voir l'Union exploser sous nos yeux.

Partager cet article
Repost0
22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 07:29

Déclaration d’Alexis Tsipras, Président du groupe parlementaire SYRIZA-USF

 

Athènes, le 19/03/2013.

alexis10Il est à présent clair que les dirigeants européens sont désormais engagés sur une voie ouvertement orientée contre les peuples d’Europe. La stratégie du gouvernement allemand, soutenue en Europe par le capital financier spéculatif, est une stratégie de colonisation de l’Europe du Sud en général, et de la Grèce et de Chypre en particulier.

Elle s’appuie principalement sur une forme d’extorsion dont la dette est le levier. Si la dette n’existait pas, ils l’auraient inventé pour pouvoir arriver à leurs fins. Qui plus est, la décision prise vendredi dernier par l’Eurogroupe met en danger la stabilité du système financier dans l’ensemble de la zone Euro.

Il s’agit d’une bombe à retardement menaçant les fondements du système bancaire, non seulement à Chypre, mais partout en Europe. Cette décision doit être annulée, avant qu’elle ne cause des dommages irréversibles.

Le gouvernement grec, représenté par MM. Stournaras et Samaras, n’a pas hésité, quant à lui, a apporté son soutien à des mesures inacceptables, véritables provocations, consistant à ponctionner directement les dépôts des citoyens chypriotes, créant un précédent dangereux pour tous les pays de la zone Euro dont la situation financière est précaire.

Il s’agit bien d’un tournant historique, que le gouvernement grec s’est permis de prendre dans le plus grand secret, sans tenir informé ni le peuple grec, ni même son parlement.

C’est pourquoi j’ai demandé hier, dans une lettre au Président du parlement, que le gouvernement vienne s’expliquer immédiatement devant l’assemblée nationale de sa position lors de la réunion de l’Eurogroupe vendredi dernier. Malheureusement sans succès, et sans que le gouvernement ne daigne motiver sérieusement son refus. Pourtant, le gouvernement grec n’a aucune légitimité à engager le pays dans la voie de la désintégration du système financier chypriote, mettant le système financier de la Grèce lui-même en danger, sans en référer au parlement.

Nous demandons au Premier ministre, qui est le principal responsable de cette situation, de convoquer de sa propre initiative, et dès demain, une session extraordinaire du parlement, comme il en a le droit, et surtout le devoir. Pour nous, il est évident que le but ultime du choix politique acté par l’Eurogroupe n’est pas le sauvetage de l’économie chypriote, mais la mise en place d’une domination économique absolue dans une région géopolitiquement sensible.

Il s’agit clairement de mettre la main sur les ressources énergétiques de la République, à commencer par les hydrocarbures. Et le Gouvernement grec a une responsabilité écrasante dans la décision qui a été prise. En effet, le Premier ministre grec a enfermé le pays dans le carcan voulu par Mme Merkel, après avoir ruiné l’opportunité d’obtenir des avancées offerte après les dernières élections, oubliant toutes ses promesses de renégociation, et allant jusqu’à affirmer que « tout le monde a quelque chose à se reprocher » ; et il ne s’est pas arrêter en si bon chemin, qualifiant la zone d’influence économique de la Grèce d’ « européenne », avant d’accepter, sinon d’appeler de ses vœux, la mise sous tutelle de la République de Chypre.

Une fois encore, il ignore et méprise la nécessité de mettre en œuvre une politique étrangère multidimensionnelle, en même temps que la nécessité de l’implication populaire dans les affaires de la Grèce comme de Chypre. Mais la patience des peuples a ses limites. C’est pourquoi nous exhortons le gouvernement :

- A revenir sur une décision qui consiste à acter la colonisation de Chypre et à détruire son économie.

- A demander la convocation immédiate d’un sommet extraordinaire de l’UE, où la Grèce pourra exposer clairement son refus d’entériner une telle option.

La décision du Parlement chypriote, qu’elle advienne dans quelques heures ou dans les prochains jours, sera déterminante non seulement pour l’avenir de Chypre, mais sans doute aussi pour celui de l’ensemble de la zone Euro. Un NON fier et fort du parlement chypriote à la volonté de dissoudre la République de Chypre serait en même temps un NON de tous les peuples d’Europe à l’impasse mortifère dans laquelle l’Union s’engouffre. Il signalerait aussi que la résistance et la négociation ont leur place dans les moments même les plus difficiles. D’autant plus que ces trois derniers jours, la simple perspective d’un tel refus a déjà entraîné un premier recul des dirigeants européens. Que ceux qui pensent pouvoir sans cesse recourir au chantage et n’en finissent pas de jouer avec le feu, prennent désormais la mesure de leurs responsabilités.

Et qu’ils prennent conscience, surtout, qu’au-delà des gouvernements qui se laissent docilement contrôler, à l’instar des gouvernements grecs de ces dernières années, il y a des peuples qui ne sont pas prêts à se déclarer vaincus sans même s’être battus. Les peuples d’Europe n’ont pas dit leur dernier mot. Les peuples grec et chypriote seront à l’origine d’une réaction de l’ensemble des peuples d’Europe contre les projets destructeurs des dirigeants européens, ouvrant la voie à une autre Europe : une Europe démocratique ; une Europe de la solidarité et de la cohésion sociale.

Partager cet article
Repost0
20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 10:58

Nous inaugurons ici une nouvelle rubrique du Chiffon Rouge intitulé "Parole de Syndicalistes". Nous interrogerons plusieurs militants syndicaux de la région pour découvrir la réalité des conditions de travail dans leurs entreprises, leur milieu professionnel, les enjeux actuels des évolutions du monde du travail, mais aussi les laisser nous raconter leur expérience des batailles menées et gagnées qui montrent que l'engagement syndical est nécessaire, quoique souvent difficile et ingrat. Cette rubrique sera l'occasion de réhabiliter le rôle des syndicats et des syndicalistes, souvent minimisé ou décrié dans le discours médiatique dominant. Elle cherchera à nous donner à tous des clefs pour mieux comprendre les réalités économiques et sociales de la région en faisant parler des acteurs qui, en dehors de leur secteur et de leur syndicat, sont rarement entendus.  Dans le contexte de la ratification annoncée de l'accord MEDEF-CFDT-Gouvernement de flexibilisation des salariés et de casse du code du travail, il est également utile de montrer par l'exemple que la défense syndicale des salariés à une dimension politique et qu'elle doit être soutenue par un combat politique en faveur de la justice sociale et de l'émancipation des travailleurs.  

 

 Jean-Jacques Labous au service des « petites mains » de l'agriculture léonarde.

 

Jean-Jacques Labous, qui fut manipulateur radio dans une clinique jusqu'à sa retraite, est secrétaire de l'UL CGT de Saint Pol de Léon, où il n'a jamais été permanent. Depuis plus de trente ans, il aide principalement les petites mains de l'économie agricole léonarde à s'organiser pour défendre leurs droits et améliorer leurs conditions de travail. C'est un très bon connaisseur de la situation des salariés précaires et sous-payés de l'agriculture: emballeurs, conditionneurs, tresseurs d'échalotes, ouvriers des serres de tomates et des pépinières, ramasseurs saisonniers.

 

Le Chiffon Rouge: peux-tu évoquer à partir d'exemples concrets la situation des salariés du secteur agro-alimentaire léonard dont tu défends les intérêts et que tu aides à s'organiser, de leurs luttes pour améliorer les salaires et leurs conditions de travail?

 

Jean-Jacques Labous: Je peux d'abord évoquer la situation d'une entreprise que je suis depuis quelques années, l'entreprise Prigent au croissant de Plougoulm, qui fait travailler à domicile 20 tresseurs d'échalotes, majoritairement des femmes, dont plusieurs élèvent seules leurs enfants, 4 autres employés restant avec un statut de titulaire au dépôt. Ces tresseurs d'échalotes sont des tâcherons, ils sont payés à la pièce, au poids de ce qu'ils traitent parmi les échalotes que l'employeur envoie en vrac: s'ils râlent, ils sont punis immédiatement et on ne leur donne plus de travail, un point c'est tout. Ce sont des gens qui travaillent depuis plusieurs années pour l'entreprise. Leurs conditions de travail ne sont pas soumises à une convention collective: le profit fixe les règles pour les salaires. Il y a quelques années, je suis intervenu directement dans cette entreprise dont je connaissais le patron grâce à une commune appartenance au club de foot de Saint Pol pour lui dire: « il y a des choses ici qui ne vont pas ». Il m'a dit tout de go, « le Smic pour mes employés, pour moi, c'est trop! ». Et pourtant, il gagnait de l'argent, assez pour réinvestir dans l'immobilier, le tourisme. Lors de l'élection des délégués du personnel, ses employés qui ne venaient jamais au magasin s'y sont réunis. J'étais là, pour veiller à ce que tout se passe dans les règles et informer les employés de leurs droits. Il leur a dit: « c'est lui qui veut fermer la boîte ». J'ai senti tout à coup une vague d'agressivité dirigée contre moi. Avant de partir, je leur ai tout de même dit: « Si vous voulez vivre avec 400€ par mois, c'est votre choix ». J'ai été foutu à la porte comme un malpropre en parfaite négation des droits syndicaux: il n'empêche, Mr Prigent a été condamné à verser 5000 € d'amende à la CGT. Depuis, pour cette entreprise, la CGT est parvenue à faire signer une convention avec la préfecture il y a 4 ans: cela a pris plusieurs années pour la mettre au point. Mais les salaires ont augmenté de 37%, des quotas doivent désormais être respectés dans le calibrage des échalotes, la proportion de déchets est limitée à 15% sur 100 kg qu'on amène aux tresseurs d'échalote (il s'agissait d'échalotes sans queue, pourrie, trop petite, qu'on devait jeter et pour lesquelles les employés n'étaient pas payés). Se mobiliser syndicalement, ça paie. Ces salariés arrivent maintenant péniblement au SMIC en travaillant largement 35h et en utilisant leurs 10% de salaire dédiés aux congés pour, non pas prendre des vacances, mais améliorer leur rémunération très faible. Il y a des centaines de tresseurs d'échalotes dans le Léon, mais beaucoup sont soumis à la convention collective de l'agriculture parce qu'ils travaillent pour des groupements de cultivateurs. Certains tresseurs d'échalotes travaillent aussi non pas à domicile, mais à l'intérieur d'une entreprise, comme à Plounevez-Lochrist.

 

Le Chiffon Rouge: A quelle autre type de situations professionnelles tu as affaire dans le domaine de la défense des salariés agricoles?

 

Jean-Jacques Labous: Je peux vous parler des conditions de travail dans les serres de tomates. Je m'occupe de soutenir les salariés d'une grosse entreprise familiale gérée par trois frères qui ont deux serres à Cleder, une serre à Mespaul, une serre à Saint Eloi. Malheureusement, il n'y a pas assez de lien au niveau des revendications et des transmissions d'informations entre les salariés de ces serres. Une des serres de Cleder a une forte organisation CGT.

Dans ces serres, tout était à revoir: salaires, primes, conditions de travail, sécurité au travail. J'ai été obligé de faire intervenir l'inspection du travail: il y avait des vitres endommagées et vétustes qui risquaient de tomber sur les salariés, des prises électriques non sécurisées à proximité de l'eau, des chaudières marchant au bois récupéré très dangereuses pour les salariés venant les nettoyer en rentrant dedans. Il y a eu beaucoup d'accidents du travail, de TMS, troubles musculo-squelettiques. Avec un matériel vieillot et endommagé, les salariés se mettent en danger. La législation sur le travail, le patron n'en avait rien à foutre. L'inspection du travail a des moyens réduits: elle constate les carences de sécurité mais ne peut pas toujours vérifier que les travaux exigés ont été effectués.

Il désignait lui-même les salariés qu'il voulait voir devenir délégués du personnel. Quand j'ai essayé de le raisonner au téléphone, il m'a dit: « les syndicats, j'en ai jamais eu, j'en aurai jamais ». Il a fallu le contraindre à faire élire les délégués du personnel avec un protocole d'accord formel, carré. Au 1er tour, seules les organisations syndicales ont eu le droit de présenter des candidats. Au second tour, des délégués qui ne déplaisaient pas au patron ont battu le candidat de la CGT. Depuis, ces délégués sont passés à la CGT et font un travail formidable: ils se sont rendus compte de l'utilité du syndicalisme revendicatif. Ils ont réussi à faire plier le patron en le faisant revenir sur sa décision de ne plus payer des heures supplémentaires au salaire qu'il avait un moment annoncé.

Je peux aussi vous parler des pépinières de Plouénan. Là encore, les salariés ont des conditions de travail déplorables. Leur sécurité n'est pas assurée. On emploie des salariés COTOREP (handicapés) à utiliser des machines qui ne sont pas adaptées pour eux, avec du matériel désuet. Avec une responsable syndicale CGT, il y a pour les semaines à venir un projet très intéressant de table-ronde pour l'amélioration des conditions de travail dans les serres avec un inspecteur du travail, la médecine du travail, l'organisation syndicale.  

J'assiste aussi les emballeurs de légumes de Saint Pol de Léon dans leur effort pour défendre leurs intérêts. Ils sont aujourd'hui 35 salariés en entreprise, dont 15 en CDI après avoir été 600 à la fin des années 60 (dont 450 étaient syndiqués à la CGT!). Beaucoup du conditionnement s'effectue aujourd'hui directement sur les exploitations. Avec la création différée pour des raisons judiciaires mais toujours voulue par la SICA de la grande plateforme de conditionnement de légumes de la Vilargren à Plougoulm, c'est tous les postes de saisonniers (des gens qui ne vivent quasiment qu'avec les saisons d'artichauts et de choux fleurs: peut-être 200 à 250 personnes) qui vont sauter, et probablement la majorité des CDI d'emballeurs qui ne seront pas formés et aptes à se requalifier dans un centre beaucoup plus automatisé où leurs tâches vont évoluer vers l'administratif, l'informatique. Jacques Le Guen, l'ancien député de droite de Landivisiau, a dit un jour que la future plateforme de la SICA valait 5000 emplois créés ou conservés. On est en plein délire: je lui ai écrit en lui demandant ses sources. Il ne m'a jamais répondu. Les ouvriers emballeurs ne sont déjà plus très nombreux: il est fort à penser que la plupart d'entre eux se retrouveront au chômage avec la création de la plateforme dont la CGT a montré les effets pervers.

Aujourd'hui, dans la région de Saint Pol de Léon, la syndicalisation à la CGT relève la tête: on a créé trois sections d'entreprise depuis le début du mois, à la CCI (criée de Roscoff), à la mairie de Plouescat, chez Prigent échalotes. Ce n'est pas le travail qui manque mais cette remontée de l'engagement syndical sous la pression des évènements (la crise, la pression de plus en plus forte mise sur les salariés) est prometteuse.

Partager cet article
Repost0
20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 10:23
Dissolution du syndicat d'énergie : « Une fausse démocratie ! » - Plouégat-Guerrand
OUEST FRANCE vendredi 15 mars 2013

 

 

Christian Le Manac'h ne mâche pas ses mots. Le président du syndicat départemental d'énergie du Finistère (SDEF) en prend pour son grade ! « Il fait preuve d'autoritarisme, botte en touche pour ne pas répondre pas à nos interrogations », se fâche-t-il, mercredi lors du conseil municipal. Au moment de donner son avis sur la dissolution du syndicat d'électrification de Lanmeur, il confirme : « Je refuse d'obtempérer ! En votant, on participe à la délocalisation de l'emploi. »

Pourquoi cette colère ? Le préfet, pour faire le ménage dans le millefeuille institutionnel, procède à la dissolution des organismes intercommunaux. Le syndicat intercommunal d'électrification de Lanmeur est dans le collimateur. « On nous demande de rejoindre le SDEF alors que le BMO (Brest métropole océane), la plus grosse collectivité du département, n'y va pas. De plus, notre structure cantonale travaille en bonne attente avec un personnel réactif et de proximité. » Et il met en avant l'efficacité du programme des travaux d'enfouissement de réseaux.

Le maire de Plouégat-Guérand s'interroge sur la réactivité de la future structure : « On a déjà des cas concrets. C'est un véritable micmac : des chantiers qui traînent et un service plus cher et bien moins rendu. »

Sur la forme, il pointe les contradictions : « On nous demande à nous communes de moins de 2 000 habitants, de transférer nos taxes alors que des communes comme Lanmeur et Plougasnou n'auront pas à le faire. Le syndicat de Lanmeur n'a pas de dette. Qu'en sera-t-il de celle des autres syndicats ? »

Sur le fond, Christian Le Manac'h dénonce l'absence de lien entre la nouvelle structure et la commune. « De plus, on nous demande un avis sur quelque chose qui est déjà entériné. C'est de la fausse démocratie. »

 

Il est rassurant de constater que des élus, y compris dans la mouvance du PS, résistent, malgré les pressions et la "pédagogie" qu'on leur dispense, à la départementalisation du syndicat d'électrification qui va priver les communes, et notamment les petites, de ressources fiscales importantes qui leur sont absolument nécessaires pour continuer à financer les services et les équipements qui maintiennent les habitants sur le territoire. Cette réforme de recentralisation est portée chez nous notamment par Jean-Luc Fichet: elle affaiblit un peu plus les communes déjà concernées par la baisse des dotations de l'Etat, la hausse des charges et des besoins sociaux.

Dès juin 2011, le PCF, à l'occasion d'une réunion publique organisée à Plourin les Morlaix, avait dénoncé la départementalisation de la compétence énergie comme partie prenante d'une réforme territoriale qui enlevait par la contrainte des marges de manoeuvre et des sphères de souveraineté aux collectivités locales et poursuivait des objectifs libéraux d'économie plus que de satisfaction des besoins des citoyens.  

Les syndicats locaux d'électrification prélevaient 8% de taxe sur les factures des usagers dont une partie était basculé dans le budget des communes. Désormais, toutes les taxes vont être reversées à l'échelon départemental. Dans la communauté d'agglomération de Morlaix, il y a eu d'abord beaucoup d'avis défavorables à cette départementalisation, mais depuis il semble que plusieurs élus, les pressions politiques aidant, se sont laissés convaincre. Pas tous, heureusement! 

En tant que candidat du Front de Gauche aux législatives, j'avais également dénoncé la départementalisation des syndicats d'électrification en mettant en cause le maire de Lanmeur et sénateur Jean-Luc Fichet pour sa volte-face à ce sujet. Il n'avait pas apprécié et avait licencié le salarié du syndicat d'électrification de Lanmeur qui instruisait les élus sur les risques de la départementalisation...

Ismaël Dupont.     

Partager cet article
Repost0
20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 08:17

Un Séminaire Front de Gauche sur les municipales dans la région de Morlaix, samedi 23 mars de 14h à 18h au 2, petite rue de Callac à Morlaix ( local du PCF).

L'objectif est de définir des objectifs partagés pour un projet du Front de Gauche commun pour toute la région de Morlaix, qui se déclinera concrètement ensuite de manière particulière en fonction des spécificités des situations communales. Il nous faudra rentrer autant que possible dans le détail de ce que nous pourrions faire au niveau municipal pour développer Les Solidarités
Hervé Penven introduira la réunion par une brève présentation des compétences des communes, des compétences de la communauté d'agglomération, des compétences partagées et par une identification des contraintes: baisse des dotations de l’État, situation inégale des communes (au niveau des dynamiques démographiques, des charges, des impôts). 
Ensuite, nous organiserons la réflexion en examinant successivement plusieurs domaines de l'action municipale où la question des solidarités se pose:
1. faire de la place aux citoyens et aux associations dans la construction et la mise en place des projets au niveau municipal et au niveau des quartiers. Faire vivre une démocratie de participation citoyenne.  
2. la fiscalité (prenant en compte la dimension des solidarités communautaires à faire émerger à l'encontre d'une logique de mise en concurrence des territoires).
3. le logement (prenant en compte la dimension de la préservation de l'environnement et des terres agricoles comme celle du social, des besoins et des attentes de la population)
4. les transports
5. accompagnement petite enfance
6. accompagnement personnes âgées 
7. politique scolaire
8. Loisirs et sports/ Culture
9. Politique associative
Nous n'aurons pas forcément le temps de tout aborder (il y aura d'autres séminaires d'ici juin) mais l'idée est d'arriver après débat à des décisions qui fassent consensus sur des questions très concrètes.
Avant le Séminaire sur les Municipales à 14h, il y aura une présence du Front de Gauche sur le marché de Morlaix, de 9h30 à 12h, avec des tracts annonçant les Rencontres du Front de Gauche du samedi 30 MARS à Pont de Buis.

 

Cette réflexion sur les Municipales sera prolongée trois jours plus tard à Plougonven par une:

 

Réunion Publique Front de Gauche sur les Municipales dans la région de Morlaix:

"L'enjeu des élections municipales"

Avec présence d'élus sympathisants du Front de Gauche

Le mardi 26 mars à 18h, salle des associations à Saint Eutrope (Plougonven).

 

 

front de Gauche Morlaix

Partager cet article
Repost0
17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 14:07

Le projet de loi sur la refondation de l’école est débattu depuis hier à l’Assemblée. Un texte qui mêle rupture et renoncement, estime la députée Marie-George Buffet, qui défendra des amendements au nom du Front de gauche. "En l’état actuel, il y a trop de carences", estime l’une des porte-parole du groupe gauche démocrate et républicaine sur ce texte.

 

Les députés ont entamé, hier, l’examen du projet de loi «pour la refondation de l’école de la République. Un texte qui entérine la création de 60 000 postes sur cinq ans et donne la priorité à l’enseignement primaire. Mais qui reporte également des dossiers cruciaux et poursuit certaines logiques délétères.

 

Ce projet de loi est-il une réelle «refondation» de l’école ou juste la continuité des politiques précédentes ?

Marie-George Buffet. On ne peut pas parler de continuité. Il y a une volonté affichée de refonder l’école alors que l’on avait, avec la droite, une dévalorisation permanente de l’institution. Il y a donc une belle ambition. Mais, malheureusement, entre le titre du texte et sa réalité, il y a un fossé… L’engagement sur les 60 000 postes est une rupture réelle. Mais certains sujets fondamentaux, comme le collège, l’éducation prioritaire et le lycée, sont repoussés à plus tard. On constate aussi des reculs inquiétants.

 

La priorité donnée au primaire est-elle une réalité ?

Marie-George Buffet. C’est indéniable. À commencer par le rôle reconnu de la maternelle. Mais l’ambition reste encore trop limitée. Sur l’accueil des enfants de moins de trois ans, nous défendrons un amendement pour le rendre obligatoire dans toutes les écoles – à partir du moment où les parents le souhaitent – et non pas le réserver aux seules zones prioritaires. De même, nous souhaitons que l’école soit obligatoire dès trois ans, ce que ne fait pas la loi. Concernant les réseaux d’aide aux enfants en difficulté (Rased – NDLR), plusieurs amendements adoptés en commission «confortent» leur existence mais le flou demeure sur leur mission. Il y a aussi un débat à mener autour du «socle commun». Son contenu a été élargi à la «culture». Mais sa logique demeure : un savoir minimum dont devront se contenter ceux des élèves dont on estime qu’ils ne peuvent aller plus loin.

 

Conserver le socle est-il compatible avec une réforme ambitieuse ?

Marie-George Buffet. Il serait bon, effectivement, de le sortir du projet de loi. Et de travailler sur les contenus des programmes. Le texte prévoit la remise en place d’un conseil supérieur chargé de les rédiger. Il faudra suivre cela de près. D’autant que nos amendements qui souhaitaient y associer les représentants des enseignants n’ont pas été retenus en commission.

 

Plusieurs syndicats dénoncent des mesures qui accentuent la territorialisation de l’éducation. Qu’en est-il ?

Marie-George Buffet. Sur l’enseignement artistique, on a obtenu l’assurance en commission qu’elle se fasse au sein de la scolarité et ne relève pas du périscolaire. Mais, sur d’autres points, la tendance est bien là. Notamment pour les lycées professionnels. Ces filières seront sous l’emprise des régions qui auront la responsabilité, chacune, d’élaborer les cartes de formations, au risque d’aggraver les inégalités de traitement entre élèves. Un amendement vise à donner le dernier mot au rectorat. Mais cela ne suffit pas. Même combat à mener sur l’apprentissage. Le texte le supprime pour les enfants âgés de quatorze ans mais il demeure possible à partir de quinze ans. Nous, nous souhaitons qu’il n’intervienne pas avant la fin de la scolarité obligatoire (seize ans – NDLR) que nous voulons porter à dix-huit ans.

 

Le projet de loi entend marquer le retour d’une formation des enseignants avec la création des Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espe). Comment l’appréciez-vous ?

Marie-George Buffet. Cette volonté marque une rupture avec le quinquennat précédent, qui avait détruit cette formation. Mais un point reste préoccupant sur l’inégalité sociale d’accès au métier : il n’y a aucun système de prérecrutement. Le gouvernement croit répondre avec les «emplois d’avenir professeur». Mais ce sont des contrats de droit privé obligeant à effectuer un mi-temps. Ce n’est pas la même chose qu’un prérecrutement rémunéré qui permet au jeune, quelle que soit son origine sociale, de se consacrer entièrement à ses études pour préparer au mieux son concours. Les députés du Front de gauche mèneront aussi le combat sur les emplois précaires – comme les AVS –, qui se sont multipliés ces dernières années. Ils ont un rôle essentiel dans l’école et doivent être reconnus comme fonctionnaires. Le ministre admet qu’il faut faire quelque chose, mais il n’y a pas un mot dans la loi…

 

Le Front de gauche exclut-il de voter contre ce texte ?

Marie-George Buffet. Nous ne sommes pas dans la même situation que face à un texte comme l’ANI, qui va clairement à l’inverse de l’intérêt populaire et auquel nous nous opposons frontalement. Sur la loi de refondation de l’école, on est décidés à aller jusqu’au bout pour faire en sorte qu’elle réponde aux attentes de la communauté éducative. Et pour l’instant, le groupe n’a, à aucun moment, décidé de rejeter ce texte en bloc. À titre personnel, je ne vais pas voter contre le «plus de maîtres que de classes» ou l’élargissement de l’accueil des enfants de moins de trois ans… Mais je ne vais pas non plus voter pour des mesures qui, en l’état, restent inacceptables, c’est évident ! Nous allons donc nous battre pour améliorer au maximum ce texte, qui doit passer au Sénat puis encore à l’Assemblée. Le chemin est long. Et au lieu de débattre déjà des votes, on devrait plutôt s’attacher à mener la mobilisation avec les parents d’élèves et les enseignants.

 

Entretien pour l'Humanité

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011