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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 07:57

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Nous sommes touchés aujourd'hui en apprenant la mort d'Hugo Chavez, en qui nous reconnaissons un ami des peuples en lutte contre les puissances d'argent et l'impérialisme, un combattant charismatique qui a su faire renaître un espoir de transformation sociale par la réappropriation populaire de la politique en Amérique Latine comme dans le monde. 

 

Quand nous étions au désespoir dans les années 2000 face à nos partis de gauche gouvernementaux européens qui se coupaient du peuple, préféraient satisfaire les attentes du patronat et des marchés plutôt que celles de la classe populaire, s'enfermaient dans une pensée unique libérale et post-démocratique arrogante ressassée à longueur de temps dans les médias par des experts bourgeois, nous nous disions qu'un nouvel espoir pour la gauche égalitariste, marxiste et populaire se levait en Amérique Latine.

Et cela grâce en particulier à l'énergie, à la détermination et au talent de cet homme-là, Hugo Chavez, qui a fait des émules en Equateur, en Bolivie, ainsi que dans d'autres pays d'Amérique Latine (Pérou, Argentine dans une moindre mesure) qui furent pendant des décennies soumis à la dictature - à peine masquée parfois par les formes de la démocratie libérale - de bourgeoisies blanches ultra-élitistes et égoïstes, dévouées aux intérêts des Etats-Unis et des multinationales, méprisant 75% de la population condamnée à la misère, à l'ignorance, à l'exploitation.

 

Hugo Chavez, c'était l'homme qui redonnait de l'actualité à l'idéal révolutionnaire, à une gauche qui n'avait pas renoncé à changer le quotidien des gens ordinaires en redistribuant profondément les richesses et en affrontant frontalement les puissances capitalistes et leur principal protecteur, l'empire américain.

 

C'était avec quelques autres celui qui nous permettait de nous dire: non, nous ne sommes pas que des rêveurs, les changements que nous attendons commencent à s'incarner aujourd'hui quelque part dans le monde. C'est donc possible de remettre la population en marche pour défendre et étendre ses droits et de renverser un rapport de force de plus en plus favorable aux forces capitalistes et au néo-libéralisme.

 

Bien sûr, on pouvait faire la fine bouche par rapport à certains excès du président vénézulien: outrances verbales contre ses opposants et les Américains, mégalomanie, personnalisation extrême et concentration du pouvoir, complaisance vis à vis de certains régimes dictatoriaux hostiles aux Etats-Unis (Libye, Iran, Irak...).

 

Rappelons tout de même que les conditions de conquête et de conservation du pouvoir dans un pays d'Amérique Latine ne sont pas les mêmes que chez nous, et que Hugo Chavez, contrairement à nos politiciens de gauche français raisonnables et "propres sur eux", a su remettre au profit du changement et de la justice sociale la majorité du peuple en mouvement pour qu'elle revendique son droit à la dignité et prenne conscience de ses intérêts, pour qu'elle participe de manière effective à la vie politique. Sa passion, son verbe drôle, tranchant, et combatif, n'y sont peut-être pas pour rien. 

N'oublions pas non plus que face à Chavez, il y avait la puissance des oligarques vénézuliens et des Etats-Unis qui finançaient toutes sortes de médias et de campagnes de diffamation, achetaient les hommes, et étaient toujours prêt au coup de force si la voie démocratique ne permettait pas suffisamment vite de revenir à l'ordre ancien ultra-libéral et inégalitaire de pillage des richesses collectives par une petite élite auto-proclamée.

 

Chavez aurait pu être abattu en 2002 par un coup d'Etat - comparable à celui de 73 au Chili - voulu par les Etats-Unis de George Bush (qui formait les militaires du Vénézuela, son 3ème fournisseur de pétrole), l'oligarchie et les partis libéraux représentants les classes moyennes supérieures, le haut clergé: seul un sursaut populaire a permis de sauver et de prolonger l'expérience de la révolution bolivarienne, tentant à partir de 2005 de construire un "socialisme du XXIe siècle".   

 

Rappelons aussi à tous ceux qui donnent des leçons de démocratie à Chavez les spoliations que le FMI a imposé aux peuples latino-américains avec la complicité des bourgeoisies locales, ce qu'on a fait du non français au TCE en 2005 et à la réforme des retraites en 2010.

 

Soulignons aussi que Chavez et sa coalition, arrivés au pouvoir dans un Etat corrompu, clientéliste, oligarchique, ont gagné tous les scrutins électoraux depuis 1999 sous le regard d'observateurs internationaux qui n'ont rien trouvé à redire à l'organisation des scrutins, alors que ses adversaires socio-démocrates et libéraux étaient soutenus par d'intenses propagandes médiatiques financées par les Etats-Unis et le grand capital. Soyons attentifs au fait que la mise en place d'assemblées populaires constituantes et les amendements à la Constitution ont permis la reconnaissance des droits des minorités indiennes et un élargissement considérable des droits sociaux et politiques du peuple vénézulien.   

 

Listons quelques-unes réalisations politiques et sociales de Chavez et de ses partisans depuis 1999 : elles ont été formidables. Elles sont des acquis de la gauche de progrès social et démocratique de valeur internationale.

 

- travail diplomatique intense en utilisant notamment la carte pétrolière pour faire émerger un monde multipolaire plus progressiste à l'encontre de la mondialisation néolibérale sous tutelle américaine.

 

- création de coopérations internationales entre les Etats d'Amérique du SUD et des caraïbes non soumis à la tutelle et aux intérêts américains (UNASUR, Communauté d'Amérique Latine et des Caraïbes)

 

- soutien à tous de nombreux partis politiques et gouvernements progressistes en Amérique Latine grâce au partage de la rente pétrolière.  

 

- Même si en 2010 le secteur privé représente 70% de la production de la richesse nationale, l'administration Chavez a nationalisé un grand nombre de sociétés dans les secteurs de l'énergie, des télécommunications, de l'extraction minière, de l'alimentation, de la construction et du secteur bancaire, tout cela au profit d'une meilleure répartition des ressources et d'une satisfaction des besoins sociaux. Le montant des dépenses publiques par habitant au Vénézuela a triplé entre 1999 et 2008.

 

- mise en route d'une démocratie de participation populaire dans les villes, les quartiers pauvres.

 

- réforme bancaire au service d'une politique de micro-crédits pour sortir de la pauvreté de masse et financer le développement social, en soutenant notamment la création de milliers de petites entreprises regroupées en coopératives.

 

- réduction de 50% du nombre de pauvres au Vénézuela entre 1999 et 2009, alors qu'il avait augmenté de 50% entre 1990 et 1999.

 

- médecine gratuite pour les pauvres.

 

- suppression des frais d'inscription à l'école qui a permis d'intégrer des millions d'enfants du peuple dans le système scolaire.

 

- construction massive de logements sociaux.

 

- début de réforme agraire: avant l'arrivée de Chavez au pouvoir, 1% des propriétaires au Vénézuela contrôlait 60% des terres cultivables, dont d'immenses surfaces demeuraient abandonner, alors que le pays importait 70% de son alimentation pour le plus grand profit des mafias de la distribution.  L'administration Chavez a redistribué des millions d'hectares de terres au profit des agriculteurs.

 

Aujourd'hui, nous rendons hommage à l'oeuvre politique et sociale profondément progressiste d'Hugo Chavez, incarnation de la révolte d'un peuple contre la tyrannie de la bourgeoisie et des Etats-Unis et nous souhaitons bonne chance aux compagnons de Chavez - Nicolas Maduro, et Diosdado Cabello entre autres- et aux partisans de la révolution socialiste et bolivarienne au Vénézuela pour poursuivre l'ouvrage commencé, approfondir une société d'égalité des droits et de participation politique et sociale de tous.

 

"Ce qu'il est ne meurt jamais", a dit Mélenchon réagissant à la mort de Chavez  tout en appelant à un rassemblement "de la fidélité à la révolution citoyenne en Amérique du sud", ce mercredi 6 mars à 18h30 au pied de la Statue du Libertador Simon Bolivar à Paris. "Hugo Chavez est mort, mais pas l'espoir qu'il a ouvert avec son peuple" a quant à lui affirmé, dans le même esprit, Pierre Laurent, prévenu dans la nuit.

 

Viva la lucha, hasta la victoria siempre!

   

        

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 14:12
Ils s'inspirent du passé le moins glorieux
 
C'est en 1956 que la Cour suprême des Etas Unis casse les lois ségrégationnistes dans les bus, (en les déclarants anticonstitutionnelles) à la suite des campagnes de boycotts lancées par Martin Luther King en réponse à la condamnation de Rosa Parks pour avoir refusé de céder sa place à un passager blanc dans un bus de Montgomery en Alabama.
 
C'est en 1991 que le régime d'Apartheid a été aboli en Afrique du Sud, il sévissait depuis 1948 (Apartheid mot afrikaans partiellement dérivé du français[, signifiant « séparation, mise à part » était une politique dite de « développement séparé » affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées).
 
C'est le lundi 4 Mars 2013
Qu'Israël instaure la ségrégation dans ses bus
 
Le ministère israélien des Trans­ports a annoncé la création de nou­velles lignes exclu­si­vement réservées aux tra­vailleurs pales­ti­niens qui se rendent en Israël.
 
S’il ne s’agit pas offi­ciel­lement de ségré­gation raciale, cela en a tout l’air. Le ministère israélien des Trans­ports a annoncé dimanche la création de nou­velles lignes de bus exclu­si­vement réservées aux usagers pales­ti­niens tra­vaillant dans l’État hébreu. La mesure concerne les lignes qui partent du point de passage d’Eyal, situé près de la ville pales­ti­nienne de Qal­qilya, et qui rejoignent la métropole de Tel-​​Aviv. Elle touche toutes les popu­la­tions arabes de Cis­jor­danie béné­fi­ciant de permis pour tra­vailler quo­ti­dien­nement dans l’État hébreu.
 
Offi­ciel­lement, c’est le bien-​​être des Pales­ti­niens qui est visé. "Le plan vise à faci­liter le dépla­cement des pas­sagers pales­ti­niens et à leur offrir une solution face aux com­pa­gnies de bus pirates, qui leur sou­tirent des prix exor­bi­tants", explique dans un com­mu­niqué la com­pagnie israé­lienne Afikim, qui gère les lignes de bus entre Cis­jor­danie et Israël. D’après le ministère israélien des Trans­ports, des prix "spé­cia­lement bas" oscillant entre 1 et 2 euros leur seront pro­posés, soit bien moins que les 8 euros que cer­tains Pales­ti­niens doivent parfois débourser en empruntant des com­pa­gnies privées.
 
Pression des colons
 
D’après le quo­tidien israélien Haaretz, la décision résulte avant tout des pres­sions exercées sur le gou­ver­nement par les colons israé­liens de Cis­jor­danie. D’après ce journal, l’ancien maire de la colonie d’Ariel, Ron Nahman, ainsi qu’un diri­geant local de la colonie de Karnei Shomron se sont élevés en novembre dernier contre le risque sécu­ri­taire posé par la pré­sence d’utilisateurs arabes dans les bus empruntés par les colons. Le ministère israélien des Trans­ports fait pour sa part état de plu­sieurs inci­dents impli­quant des pas­sagers juifs et arabes dans les cars en pro­ve­nance de Cis­jor­danie. Quelque 520 000 Israé­liens peuplent aujourd’hui des colonies situées dans les Ter­ri­toires pales­ti­niens et consi­dérées comme illé­gales en vertu du droit inter­na­tional. Et l’annonce en décembre dernier de la construction de nou­velles "implan­ta­tions" israé­liennes en Cis­jor­danie va encore aug­menter leur nombre.
 
Palestiniens débarqués 
Si les expli­ca­tions gou­ver­ne­men­tales sur le but des nou­velles lignes de bus se veulent ras­su­rantes, les pré­ci­sions apportées par les conduc­teurs de ces mêmes bus le sont beaucoup moins. Plu­sieurs d’entre eux affirment au Yedioth Aha­ronoth que les pas­sagers pales­ti­niens qui refu­seront d’emprunter les nou­veaux "bus pales­ti­niens" seront priés de quitter les bus dits "mixtes". "À partir de cette semaine, des contrôles seront menés aux check­points (point de contrôle) et il sera demandé aux Pales­ti­niens de prendre leur propre bus", affirme au quo­tidien israélien un conducteur de la com­pagnie Afikim.
 
Déploiement policier 
 
Pour l’heure, la police israé­lienne opérant en Cis­jor­danie a annoncé le déploiement de forces addi­tion­nelles de maintien de l’ordre au point de passage d’Eyal. Inter­rogées par le Yedioth Aha­ronoth, des sources poli­cières ont confirmé que les usagers pales­ti­niens refusant de monter à bord des nou­veaux bus ne seraient pas exclus, tout en ajoutant que leurs forces "feront de leur mieux pour exé­cuter la décision minis­té­rielle". Le récent témoi­gnage de la mili­tante israé­lienne Ofra Yeshua-​​Lyth, membre de l’ONG Machsom Watch et pas­sagère du bus 286 entre Tel-​​Aviv et la Cis­jor­danie, sonne comme un mauvais présage : "L’officier de police, le sergent major Shai Zecharia, a arrêté le bus à une station. Les soldats ont alors ordonné aux Pales­ti­niens de des­cendre", raconte-​​t-​​elle au quo­tidien Haaretz. "La pre­mière chose qu’ils ont faite a été de col­lecter leurs cartes d’identité. Un par un, les Pales­ti­niens ont été sommés de quitter la station de bus et de rejoindre à pied le point de contrôle Azzun Atma, qui se trouvait à 2,5 km de l’interconnexion Shaar Shomron." Pour seule expli­cation, l’officier de police leur a lancé : "Vous n’êtes pas auto­risés [à voyager] sur l’autoroute 5. Vous devriez voyager dans des vans spé­ciaux, pas sur des bus israéliens."
 
Lire l'intégralité sur:
En complément de l’information sur l’Aparteid dans les bus de Cisjordanie, vous lirez ci-dessous la lettre de JC Lefort à François Zimmeray (Ambassadeur pour les Droits de l’Homme) concernant ces lignes de bus.
Puis un extrait de la biographie dudit Ambassadeur.
Bonne lecture
Yves
 
Monsieur l'Ambassadeur, 
 Vous ne pouvez pas ne pas avoir eu connaissance de cette information selon laquelle, voir ci-dessous, des bus séparant Israéliens et Palestiniens seront mis en place en Israël. 
 J'ai eu l'occassion de vous entendre parler du caractère universel de votre mission découlant de votre titre : "Ambassadeur aux droits de l'Homme". Et vous avez pu expliquer vos actions à l'étranger sur ce point, notamment lors de votre audition par la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale. 
 Je souhaite, en conséquence, savoir quelles sont les démarches et initiatives que vous allez entreprendre pour qu'il soit mis un terme à ce racisme qui n'est pas camouflé mais explicite. Et totalement indigne. 
 Dans l'attente, 
 Je vous prie de croire, Monsieur l'Ambassadeur, à ma détermination dans la lutte pour la liberté. Avec mes salutations distinguées. 
 Jean-Claude Lefort 
Député honoraire 
Président de l'AFPS 
 
François Zimmeray, socialiste proche de Laurent Fabius, est l'ancien vice-président de la commission d’études politiques du CRIF. Membre de la Commission des Affaires Étrangères et de la Politique de défense du parlement européen, il s'y illustra, jusqu'en 2004, en entraînant la majorité du parlement européen dans sa demande de commission d'enquête parlementaire sur l'usage des fonds européens par l'Autorité Palestinienne. Le 13 février 2008, il est nommé ambassadeur pour les droits de l'homme par Nicolas Sarkozy sur proposition de Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères et européennes.
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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 08:36
 
Ecoutez cette admirable chronique de Philippe Meyer sur France Culture contre l'acharnement de Dominique Voynet contre l'équipe du cinéma indépendant Le Meliès: "qui veut étrangler son chien l'accuse d'être enragé..." .
 
 
TRIBUNE DES REALISATEURS SOUTENANT LE MELIES CONTRE DOMINIQUE VOYNET DANS LIBERATION.
 
Par Sólveig Anspach, Dominique Cabrera, Robert Guédiguian et Dominik Moll Cinéastes, membres du conseil du cinéma Méliès

Depuis plus de trois semaines, l’équipe du cinéma Méliès de Montreuil est en grève avec le soutien massif de ses spectateurs et des milieux de la création cinématographique. Le Méliès de Montreuil, salle municipale d’art et d’essai, est emblématique à plus d’un titre : reconnue pour ses choix éditoriaux exigeants et éclectiques, elle a su fidéliser un public nombreux et s’attirer la reconnaissance de tous, notamment pour son travail autour du cinéma de recherches, des films de patrimoine et du cinéma jeune public. De Michael Cimino à Claude Chabrol, de Tsaï Ming-liang à Oliver Stone, Agnès Varda et Nuri Bilge Ceylan, les plus grands réalisateurs français et étrangers y font escale pour montrer leur film et débattre avec un public passionné. En 2006, la municipalité de l’époque et le directeur artistique du Méliès, Stéphane Goudet, se sont engagés dans un projet d’extension. Il prévoit un déménagement des salles pour créer un nouveau lieu de six écrans au lieu de trois. Objectif, renforcer l’éditorialisation du cinéma en exposant mieux - c’est-à-dire plus longtemps - les films programmés, en renforçant la mission pédagogique envers les scolaires ainsi que le travail sur les films de patrimoine dans cette ville qui fut marquée par la présence des studios de Georges Méliès. Ce projet est alors violemment attaqué par deux des plus gros groupes français d’exploitation, UGC et MK2, qui prétextent un «abus de position dominante» et une «concurrence déloyale» pour tenter de stopper net l’extension des salles. Détournement de langage stupéfiant quand on connaît la position dominante de ces deux circuits dans l’espace parisien. Soutenu par son public et par certains des plus grands cinéastes du monde entier, le cinéma Méliès gagne la bataille et le projet d’extension suit son cours.

Elue maire de la ville en 2008, Dominique Voynet remet aussitôt en cause le projet engagé par son prédécesseur, estimant dans la presse le projet «trop cher», «élitiste», «bobo», et jugeant «arrogant» l’affrontement avec les deux groupes d’exploitation. Après moult tergiversations, la nouvelle équipe municipale se ravise, paraît soutenir le Méliès et revendique le projet d’ouverture de la plus grande salle publique de France dans sa ville. Cela ne dure pas. Depuis plus d’un an, la mairie n’a de cesse de déstabiliser l’équipe du Méliès afin de reprendre la main sur le projet mais sans ceux qui, par leurs compétences et leurs choix éditoriaux, l’ont rendu possible. Enquêtes administratives, procédures judiciaires, calomnies, mensonges et double discours, toutes les méthodes sont employées. La dernièreprocédure remonte à quelques semaines. Elle a provoqué la grève actuelle et la large mobilisation des spectateurs : à la veille des fêtes de fin d’année, Dominique Voynet porte plainte contre l’équipe du Méliès et suspend le directeur artistique et deux salariées pour «détournements de fonds». Il s’agit en réalité de recettes de projections «non commerciales», ne donnant pas lieu à une billetterie du Centre national du cinéma (CNC) mais à une deuxième caisse tolérée par le CNC. Un usage courant pour ce type de salles. Ici, le Méliès n’a fait qu’utiliser cet argent pour compenser des places offertes par la ville à des associations partenaires.

Aveuglée par des luttes de territoire politiciennes, Dominique Voynet ne semble pas voir l’essentiel. Qu’en déclarant la guerre au Méliès, elle affaiblit l’une des salles d’art et d’essai les plus exemplaires de France. Et que, ce faisant, elle rend plus difficile le combat de tous ceux qui se battent pour une meilleure exposition de nos films. Aujourd’hui, les grands circuits d’exploitation monopolisent une telle part des écrans qu’il arrive, certaines semaines, que cinq films occupent près de 4 000 écrans sur les 5 200 disponibles. La production indépendante est trop souvent cantonnée à une poignée de salles quand, au même moment, quatre ou cinq blockbusters occupent chacun 600 à 900 écrans. Cela aboutit à un turnover catastrophique pour les films sortis avec des moyens modestes : le public n’a pas le temps de les découvrir… qu’ils sont déjà retirés !

Nous pensons que la seule alternative à cet état de fait est le renforcement des salles indépendantes d’art et d’essai. Or, leur vitalité passe par des politiques éditoriales singulières, incarnées par des programmateurs passionnés. Ce sont eux qui donnent une identité forte à ces salles, tel le Méliès. L’aveuglement de la mairie de Montreuil aboutit à un immense gâchis et désespère tous ceux, spectateurs et cinéastes, qui croient encore que le cinéma n’est pas une marchandise comme les autres ; qu’une salle défendue avec ferveur par une équipe entière est une sorte de bien public que rien ne devrait pouvoir mettre à mal. Nous tenons à réaffirmer notre engagement au côté de l’équipe du Méliès, celle qui défend nos films avec enthousiasme et conviction.

Premiers signataires : Mathieu Amalric, Bertrand Bonello, Laurent Cantet, Jean-Louis Comolli, Arnaud Desplechin, Valérie Donzelli, Pascale Ferran, Agnès Jaoui, Gilles Marchand, Gérard Mordillat, Nicolas Philibert, Bruno Podalydès, Mariana Otero, Chantal Richard, Bertrand Tavernier, Jean-Pierre Thorn.

 

 

La revue de presse culturelle d'Antoine Guillot sur France Culture:
 
Le feuilleton n’en finit pas : nouveaux rebondissements dans l’affaire du Méliès, le cinéma art et essai municipal de Montreuil. Cela fait en effet un mois que les salariés sont en grève. Samedi, après une manifestation devant le cinéma, l’équipe du Méliès a tenu “une conférence de presse dans le but de répondre, point par point, aux accusations contenues dans l’enquête de la direction générale des services de la ville, et dans le rapport de la direction départementale des finances publiques. Une synthèse de ces deux documents, d’une quinzaine de pages, a été transmise à la presse par les services de la maire de Montreuil, l’écologiste Dominique Voynet, rapporte Clarisse Fabre dans Le Monde. En cause, rappelle-t-elle, l’existence d’une double billetterie au Méliès, l’absence de comptabilité publique pour les séances « non commerciales » depuis 2004 (films expérimentaux, films sans distributeurs…) et la soustraction des fonds correspondants au Trésor public. La ville estime le manque-à-gagner à 77 000 euros, un chiffre jugé totalement fantaisiste par les soutiens du Méliès. […] La synthèse fournie par la ville estime que les irrégularités comptables pourraient être qualifiées de « détournements de fonds publics », de « faux » et de « gestion de fait ». Une « caisse noire », alimentée par les recettes de ces séances non commerciales, aurait servi à l’achat de billets commerciaux, mais aussi, selon des témoignages d’agents, à faire des avances sur salaire, à régler des frais au Festival de Cannes. Voire à acheter de la drogue ! Cependant, la ville se montre désormais prudente et précise que « certains de ces usages ne peuvent être vérifiés par l’enquête administrative », mais par une enquête judiciaire – le procureur ayant été saisi. Enfin, deux autres préjudices financiers auraient été subis par la ville : le premier serait lié à des défauts d’encaissement de séances scolaires ; le second serait dû aux billets exonérés constatés sur la période 2008-2012. Le total du manque-à-gagner serait de 143 000 euros, conclut l’enquête. Cet épisode, rappelle à nouveau Le Monde, est le dernier rebondissement d’un feuilleton qui oppose, depuis plus d’un an, Dominique Voynet à celui qui faisait office, depuis 2002, de directeur artistique du Méliès, le critique de cinéma Stéphane Goudet. Déjà suspendu de ses fonctions, depuis décembre 2012, Stéphane Goudet vient de recevoir sa lettre de convocation à un entretien préalable de licenciement, pour manquement à l’obligation de réserve, au devoir de loyauté, et non-dénonciation de pratiques comptables irrégulières. Trois autres agents, la programmatrice, la régisseuse et la régisseuse adjointe, vont également quitter le navire. C’est ce que Dominique Voynet appelle une « sortie de crise ». D’autres diront qu’elle fait table rase, pour en finir avec l’ère Goudet. Désormais, la patronne du Méliès est Nathalie Hocquard, récemment recrutée par Mme Voynet. A la mairie, on la nomme simplement « la chef du service ».”

On souhaite en tout cas bien du plaisir à cette dernière dans ses relations avec les cinéastes montreuillois membres du conseil du Méliès : Sólveig Anspach, Dominique Cabrera, Robert Guédiguian et Dominik Moll, qui ont publié la semaine dernière dans les pages Rebonds de Libération une tribune cosignée par nombres de leurs éminents collègues. Après avoir retracé l’historique du conflit entre le cinéma et la municipalité, et contesté un certain nombres des points litigieux avancés par la mairie, ils élargissent leur propos : “Aveuglée par des luttes de territoire politiciennes, Dominique Voynet ne semble pas voir l’essentiel, écrivent-ils. Qu’en déclarant la guerre au Méliès, elle affaiblit l’une des salles d’art et essai les plus exemplaires de France. Et que, ce faisant, elle rend plus difficile le combat de tous ceux qui se battent pour une meilleure exposition de nos films. Aujourd’hui, les grands circuits d’exploitation monopolisent une telle part des écrans qu’il arrive, certaines semaines, que cinq films occupent près de 4 000 écrans sur les 5 200 disponibles. La production indépendante est trop souvent cantonnée à une poignée de salles quand, au même moment, quatre ou cinq blockbusters occupent chacun 600 à 900 écrans. Cela aboutit à un turnover catastrophique pour les films sortis avec des moyens modestes : le public n’a pas le temps de les découvrir… qu’ils sont déjà retirés !

Nous pensons, écrivent les cinéastes qui soutiennent le Méliès, que la seule alternative à cet état de fait est le renforcement des salles indépendantes d’art et essai. Or, leur vitalité passe par des politiques éditoriales singulières, incarnées par des programmateurs passionnés. Ce sont eux qui donnent une identité forte à ces salles, tel le Méliès. L’aveuglement de la mairie de Montreuil aboutit à un immense gâchis et désespère tous ceux, spectateurs et cinéastes, qui croient encore que le cinéma n’est pas une marchandise comme les autres ; qu’une salle défendue avec ferveur par une équipe entière est une sorte de bien public que rien ne devrait pouvoir mettre à mal. Nous tenons, concluent-ils, à réaffirmer notre engagement au côté de l’équipe du Méliès, celle qui défend nos films avec enthousiasme et conviction.”

Dominique Voynet a elle aussi pris la plume, toujours dans les pages Rebonds de Libération, pour remercier hier les cinéastes de poser « enfin » la bonne question. “Mesdames et messieurs les réalisateurs, écrit-elle, ce que j’essaie simplement de vous dire, c’est que les principes de « bonne gestion », ou tout simplement de « gestion légale », ne sont pas un frein à l’expression artistique, mais bien un socle sur lequel peut et doit s’appuyer la culture, comme toute autre politique publique. Et c’est bien dans ce sens que je souhaite, comme vous, que le Méliès retrouve au plus vite un climat apaisé. C’est notre intérêt à tous.” Un intérêt, mais de quel ordre ? Selon Alexandra Michot, qui a assisté samedi pour Le Figaro à la manifestation de soutien, si “beaucoup évoquent des arrière-pensées politiques pour expliquer les accusations de la mairie, un ancien programmateur de cinémas d’art et essai en banlieue parisienne suggère plutôt des raisons économiques. Déjà engagée dans le projet d’une future piscine écologique sur les hauts de Montreuil estimée à 15 millions d’euros, la mairie n’a pas forcément les moyens de financer aussi les salaires et l’entretien du tout nouveau cinéma Méliès de six salles qui doit ouvrir fin 2013 en centre-ville. Ce futur plus grand cinéma municipal d’art et essai de France pourrait, non pas coûter, mais rapporter une jolie somme à la ville, si l’un des deux groupes sur les rangs pour le gérer à la place de la municipalité le prenait en concession.”

 

http://www.franceculture.fr/emission-revue-de-presse-culturelle-d-antoine-guillot-le-melies-quel-interet-2013-02-19

 

Procès à charge au Méliès

Dominique Voynet veut se débarrasser de l’équipe de salariés ayant fait du cinéma de Montreuil un exemple de politique culturelle.

 
 

« Non, Stéphane Goudet n’est pas débarqué du cinéma Le Méliès de Montreuil. » Voilà ce qu’on pouvait lire en titre d’un communiqué de la ville administrée par Dominique Voynet (EELV), en date du 25 mai 2012. On attend désormais le communiqué affirmant le contraire, puisque Dominique Voynet, sur le point de parvenir à ses fins, vient d’adresser au directeur artistique du cinéma une lettre de convocation à un entretien d’entente préalable au licenciement pour manquement à l’obligation de devoir de réserve, manquement au devoir de loyauté et non-dénonciation de pratiques comptables irrégulières.

Cette triste situation est le résultat d’une série de coups de boutoir opérés par la première édile montreuilloise. L’avant-dernier a eu lieu au printemps 2012. Stéphane Goudet est alors soupçonné de malmener des salariés du cinéma… dont 14 sur 15 lui apportent immédiatement leur soutien. Du coup, la municipalité est bien obligée de reconnaître que « non, Stéphane Goudet n’est pas débarqué du cinéma Le Méliès… », même si c’est à contrecœur. Au passage, on apprend que Dominique Voynet tient la programmation du directeur artistique pour élitiste – « je n’ose pas dire pour les bobos montreuillois », précise-t-elle (le Monde du 7 juin 2012), qualifiant par ce bel élan populiste le constant travail d’élargissement des publics réalisé par Stéphane Goudet, dont le cinéma n’a cessé de gagner en affluence avec des films et des animations de grande qualité.

Le dernier épisode s’est ouvert en décembre dernier avec la plainte contre X déposée par Dominique Voynet pour « détournement de fonds publics » au Méliès. Trois salariés, dont Stéphane Goudet, sont suspendus de leurs fonctions. Raison invoquée : l’existence d’une « caisse noire » alimentée par une double billetterie. La municipalité annonce qu’une enquête administrative est diligentée. Les résultats de cette enquête effectuée par la Direction générale des services de la ville, complétés par un rapport de la Direction départementale des finances publiques, viennent d’être rendus publics. La maire de Montreuil en a assuré la médiatisation, notamment lors d’une conférence de presse le 12 février (à laquelle aucun journaliste de Politis n’a été convié). La « synthèse du rapport d’enquête administrative » a fait l’effet d’une petite bombe car elle contient un chiffre explosif : on y lit que « le déficit de recettes du Méliès dû aux irrégularités de gestion […] peut être estimé au minimum à ce jour à 143 000 euros » depuis 2004. Ce chiffre, associé à l’accusation de « détournement de fonds publics », a de quoi nourrir les fantasmes, en particulier d’enrichissement personnel, dont il n’est finalement pas du tout question. Dominique Voynet a elle-même alimenté la rumeur en déclarant dans la presse que « les sommes servaient aussi […] à acheter de la drogue » (le Monde, 21 janvier). D’une évidente gravité, cette dernière allégation, dénuée de preuves, n’est en rien avérée par l’enquête administrative. « Certains de ces usages, reconnaît la note, ne peuvent être vérifiés par l’enquête administrative. »

L’équipe, en grève depuis le 19 janvier, n’a pas attendu pour réagir et désamorcer les accusations. Le 16 février, une manifestation était organisée, suivie d’une conférence de presse qui s’est transformée en vaste happening, où plusieurs centaines de personnes se sont donné rendez-vous. Des cinéastes (Anspach, Cabrera, Cantet, Guédiguian, Thorn…), des syndicalistes, des politiques et des spectateurs fidèles du Méliès y ont pris la parole. Pour l’équipe, Stéphane Goudet en tête, l’heure était aussi à l’explication de texte. Sur les 143 000 euros incriminés, 77 000 seraient issus, à en croire la ville, de l’absence de comptabilité pour les séances « non commerciales » (scolaires, films sans visa d’exploitation…). Mais ce chiffre repose sur l’estimation arbitraire (puisque décompte, précisément, il n’y a pas) d’une moyenne de 91,2 spectateurs payants. C’est « 3 à 4 fois » supérieur à la réalité, rétorque l’équipe, qui chiffre les recettes non commerciales à moins de 10 000 euros depuis 2004. Cet argent était reversé dans la billetterie commerciale (alimentant ainsi le fonds de soutien du CNC, qui finance la création cinématographique). Aux yeux de la maire, c’est autant de perdu pour la ville. Mais l’équipe rappelle que 45 % de ces recettes reviennent à celle-ci. D’où un « manque à gagner pour Montreuil, si tant est qu’on se place dans cette logique absurde, de quelques milliers d’euros seulement (3 500 exactement) », expliquent les salariés.

Autre préjudice avancé par la ville : les 58 000 euros que représenteraient les entrées exonérées, depuis 2009. Outre que l’équipe du Méliès dénonce là encore un chiffre exagéré, la décision municipale d’interdire désormais toute place exonérée serait une première en France, car aberrante. « Quid des professionnels du CNC ou des autres salles de cinéma que Le Méliès a obligation de laisser entrer gratuitement ?, interrogent les salariés. Des enseignants accompagnant les classes, des accompagnateurs des crèches, écoles et centres de loisirs ? Un budget de 10 % a-t-il été alloué au service enfance pour prendre désormais leurs places de cinéma en charge ? » Restent 8 000 euros (pour que l’addition atteigne 143 000), qui correspondraient à des défauts d’encaissement de séances scolaires. Mais il s’agit en réalité de paiements différés, pratique courante qui permet aux écoles dont la coopérative ne peut payer l’abonnement des classes dès septembre de s’en acquitter au cours de l’année scolaire.

Dans une tribune parue en début de semaine (Libération du 18 février), Dominique Voynet assure que le projet d’extension du Méliès, lancé par le maire précédent qu’elle-même a combattu, verra le jour « dans quelques mois » – dans un nouveau lieu et avec six salles au lieu de trois. « Le Méliès est et demeurera un “laboratoire de recherche” », écrit-elle, avant d’ajouter que « cela passera par la reconstruction d’une équipe “professionnelle”, forte de son expertise et de sa passion pour le cinéma, et soucieuse des règles de la comptabilité publique ». Le procès à charge lancé contre l’équipe actuelle, notamment contre Stéphane Goudet, ponctué d’arguments grossiers et de méthodes brutales, montre que cette « reconstruction » devait d’abord passer par une destruction. Pas sûr que ce genre d’acte fonde une politique culturelle ambitieuse et sereine.

Par Christophe Kantcheff  - 21 février 2013

 

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 07:12

ANI

 

 

Cet accord de "sécurisation de l'emploi" qui s'inspire des lois Hartz en vigueur en Allemagne depuis 2002 fragilise les salariés et généralise la flexibilité pour le profit du patronat. Si les parlementaires le votaient tel quel, sous la forme retranscrite par le gouvernement de l'accord MEDEF-CFDT, voici quelles en seraient les conséquences: 

 

- Au nom du chantage à la sécurisation de l'emploi, à la conservation du sîte, les entreprises auraient toute latitude pour imposer une réduction ou une hausse du temps de travail, une baisse des salaires, des mobilités forcées, du temps partiel. Un employeur qui obtiendrait sous la pression une majorité dans une entreprise grâce à la crainte des licenciements pourrait modifier le montant du salaire, les horaires, voire le lieu de travail. "C'est une révolution fondamentale du droit du travail qui ferait du contrat de travail une simple feuille de papier jetable" (Bernard Thibault).

 

- Cela transforme la hiérarchie des normes qui fondait le droit du travail pour tenir compte de l'inégalité des parties du contrat. La loi égale pour tous qu'on ne peut enfreindre, puis les conventions collectives de branche, puis les accords collectifs entreprise - chaque échelon ne pouvant que plus favorable aux salariés que les précédents. Et enfin le contrat de travail qui ne pouvait déroger aux normes précédentes que de façon plus favorable. Désormais, il n'y aurait plus de normes infrangibles: l'accord d'entreprise fera loi alors qu'il aura été conclu souvent le couteau sous la gorge. On risque donc d'aller dans un contexte de chômage de masse et de mondialisation capitaliste créant une concurrence déloyale et une menace de délocalisation permanente vers une baisse généralisée des salaires, une hausse du temps de travail   

 

- Les procédures de licenciement seront accélérées et les salariés seront dépossédés des moyens de contester leur bien-fondé économique. 

 

- Aujourd'hui, le salarié peut aller devant le tribunal pour faire valoir ses droits à propos d'actes commis par l'employeur au cours des 5 dernières années. L'accord prévoit de descendre à 2 ans seulement.  

 

 

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO

"Pour nous, cet accord est profondément déséquilibré. Pour résumer d'une formule: "La flexibilité, c'est maintenant. La sécurisation de l'emploi, c'est demain...peut-être!". Nous avons dit dès le début que nous n'accepterions jamais les accords de maintien de l'emploi tels que le patronat les voulait. Ce type d'accord existe déjà dans les entreprises. Ils aboutissent généralement à la remise en question de certaines primes, à la modification de l'organisation du travail, contre la garantie qu'il n'y aura pas de licenciements. Jusqu'à présent, quand plus de 10 salariés refusaient, l'entreprise était obligée de déclencher un PSE. Mais le patronat veut aller beaucoup plus loin. Le texte prévoit que ce type d'accord puisse déboucher sur des baisses de salaire de base sans obligation de PSE. Le texte prévoit également qu'un accord pourra être appliqué dès lors qu'il est majoritaire à 50% dans l'entreprise. Cette logique, qui se veut démocratique, est dangereuse parce qu'elle ouvre la porte à d'autres remises en question. Comme la durée légale du travail, le SMIC, etc. 

Deuxième élément inacceptable, le patronat veut chambouler la logique des PSE. Deux sections du Code du travail disparaîtraient, remplacées par un double mécanisme. Ou bien il y a accord majoritaire, et cela conduit à des licenciements économiques individuels. Ou bien à une procédure d'homologation par l'administration. Mais ce que l'administration homologuerait, ce ne serait qu'un projet patronal de PSE. 

Troisième motif d'opposition: l'accord bouleverse l'ordre des licenciements. Il y avait jusqu'à présent des critères objectifs tels que l'âge, la qualification, l'ancienneté... Le texte introduit un nouveau critère, celui de la compétence professionnelle, qui est un critère subjectif. Comment mesurer cette compétence? 

Quatrième motif, c'est ce que j'appelle la mobilité interne forcée d'un site à l'autre, dans le cadre des maintiens de l'emploi. Si un salarié refuse, il est licencié... pour motif personnel! ..."

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 06:40

Voici un article riche d'enseignements de Françis Wurtz, député honoraire du PCF et du Front de Gauche au Parlement européen, dans L'Humanité Dimanche du 28 février:

 

220px-Francis Wurtz Front de Gauche 2009-03-08

 

La contre-performance électorale du chef du gouvernement italien est tout sauf anecdotique. Elle offre de multiples sujets de méditation à tous les dirigeants européens qui avaient vu en Mario Monti le "sauveur" de l'Italie, et dans sa trajectoire politique atypique, un modèle pour l'Europe "postdémocratique". Ils ne peuvent que constarer aujourd'hui que, dans leur laboratoire politique italien, l'opération "Super Mario" vient de déboucher sur un superfiasco.

Pourtant, jusqu'à une période récente, il n'y avait chez eux aucune place au doute. Le président du Conseil européen, M. Van Rompuy, assurait il y a peu qu'"il n'y a pas d'alternative à M.Monti pour l'Italie". Pour le grand argentier allemand Wolfang Schaübe, Mario Monti était "le bon dirigeant au bon endroit, au bon moment". Quand à François Hollande, il lui paraissait incontestable qu'il avait "permis à l'Italie de se redresser". Vraiment?

Le chômage y a bondi au-delà de 11% sans compter un sous-emploi colossal. 114000 entreprises y ont fermé pour la seule année 2012. Des milliers de jeunes diplômés s'exilent. Tout le pays s'est appauvri et le Sud s'enfonce dans la misère.

Aux 200 milliards d'euros d'économies déjà décidées sous Berlusconi, le sauveur Monti a rajouté une purge de 100 milliards, au prix de nouvelles réductions drastiques de dépenses publiques et d'une lourde taxe sur le logement. L'âge de la retraite a été repoussé à 66 ans et l'indexation des pensions sur l'inflation supprimée. La marché du travail a été fortement "flexibilisé" et les licenciements facilités. "Ce qu'il a fait - souligne le directeur adjoint de campagne de M. Monti pour louer son courage-, c'est Thatcher multiplié par mille!" Et pourquoi tous ses sacrifices?

A la place de la croissance annoncée, l'économie plonge dans la récession. Quant à l'écrasante dette publique, loin d'amorcer sa décrue, elle a augmenté de quelque 120 milliards d'euros! ...

Une résponsable de l'Union bancaire privée, à Genève, Mme Christel Rendu de Lint (citée par "l'Expansion"), résume bien l'enjeu de l'opération Monti: "Ce que veulent les marchés, c'est un gouvernement stable qui applique à la lettre les exigences de l'Union européenne, et au final de l'Allemagne. C'est que M. Monti a fait... à la lettre". Ce qui l'a fait trébucher. De là, une deuxième leçon d'envergure pour qui veut regarder en face l'avenir de l'UE: même avec un "homme providentiel" et le soutien résolu de Bruxelles, la loi des marchés, ça ne passe pas. Donc, pas d'échappatoire à une profonde réforme de la Banque centrale européenne, propre à donner aux Etats de la zone euro les moyens de se libérer de la dictature des marchés financiers.

Enfin, l'avenir de la démocratie en Europe est le troisième enjeu mis au jour par l'expérience Monti. Au plus haut niveau de l'UE, on a cru que le fait de propulser l'un des leurs - qui plus est un ancien de Goldman Sachs - sans élection à la tête d'un gouvernement "technique" grâce aux pressions des "investisseurs" sur les taux d'intérêt, était la solution idéale pour se libérer des contraintes de la démocratie élective. Une sorte de tutelle, en somme. Eh bien, c'est raté!

 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 15:06
Mardi 12 Mars à Plougonven
(salle des Associations de Saint Eutrope), à 18h00
Réunion publique du Front de Gauche sur les enjeux des prochaines élections locales.
 
La réunion débutera par un tour de table où les élus sympathisants du Front de Gauche des communes de la région de Morlaix pourront décrire leur ressenti par rapport à leur action, les contraintes auxquels ils sont exposés, et expliquer un peu comment se repartissent les compétences entre les communes et Morlaix-Communauté, dans quelles conditions concrètes ils agissent, quelles priorités ils peuvent faire avancer en tant que sympathisants du Front de Gauche.  
Un débat s'engagera ensuite avec toutes les personnes présentes.
                               Samedi 23 Mars de 14h à 18h
 Séminaire du Front de Gauche sur les municipales
au local du PCF, 2, petite rue de Callac, à Morlaix.
  
Cette demi-journée de réflexion ouverte à tous les sympathisants en vue de la construction d'un projet du Front de Gauche pour les municipales  partira du terme unificateur de la solidarité et cherchera à déboucher sur la mise en avant d'axes prioritaires, de grandes orientations, comme sur une première approche de questions très pratiques dans le domaine des services publics, du transport, du logement, de la politique scolaire, du soutien à la vie associative, de la démocratie participative, des moyens de la solidarité et de la coopération entre communes.  
 
bandeau Front De Gauche
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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 07:50

J’ouvre le journal et je lis un entretien avec madame Parisot. Elle réclame un nouveau tour de vis sur les retraites. Le départ à 67 ans. Je comprends que la petite musique qui courait sur les plateaux médiatiques va devenir la prochaine grande bataille sociale. Je fais donc un point rapide en fouillant dans mes notes. Car la consigne de durcissement vient d’Europe, comme chaque fois qu’il y a un mauvais coup contre les droits sociaux. Ça ne donne que plus de relief à la bataille engagée sur l’amnistie.

La même madame Parisot a commencé la journée du lendemain du vote de la loi au Sénat par une agression verbale contre l’incitation au saccage que serait l’amnistie. C’est elle le chef de la droite. La vraie. Celle qui débite les mêmes couplets de haine de classe depuis des lustres à chaque occasion solennelle. Aussitôt, tous les ténors de l’UMP se sont mis en mouvement pour chanter la vieille musique de la défense de l’ordre établi. En fin de journée on en était même au lancement d’une pétition contre la loi d’amnistie. Naturellement tout ceci doit nous conduire à redoubler de vigilance et d’activité.

Il faut d’abord arracher au gouvernement d’inscrire la loi à l’ordre du jour des débats de l’assemblée. Puis il faut obtenir la réintégration des condamnés pour avoir secouru des enfants sans papier ou bien les faucheurs d’OGM ou les délits imputés aux paysans en lutte. Et avoir à l’œil ceux des socialistes et des PRG qui sont en train de tourner de l’œil sous les cris de la droite. Car on voit bien que si on n’avait pas tordu quelques bras, la loi ne passait pas au Sénat ou elle n’eut le dernier mot qu’avec trois voix d’avance.

Notre victoire partielle doit nous ouvrir l’appétit. Il faut mettre la pression maximum. Notez que c’est de cette façon que nous avons mis cette loi dans la lumière. A présent c’est l’occasion d’ouvrir un cycle de défaite pour le MEDEF qui nous nargue depuis des mois en faisant la pluie et le beau temps et en intimidant le gouvernement pleutre. Une fois bien sonné sur l’amnistie on cueillera plus facilement l’accord made in MEDEF que nous allons combattre dans la rue le 5 mars prochain à l’appel de nos syndicats. Le tout forme une ligne stratégique de contre offensive de gauche. Bref, tout ne fait que commencer.

 

 

« Arracher l'amnistie »

 

amnistie_01

Les commentaires de Madame Parisot à présent montrent de quoi Hollande avait peur. L’amnistie est un signe exactement inverse à celui que le PS voulait donner au grand patronat et aux milieux de la finance. Un signe inverse à la présence de dix ministres aux universités du MEDEF, inverse au grand coming-out de la politique de l’offre et ses vingt milliards de cadeaux aux « entreprises » et à leurs actionnaires. Je n’en ajoute pas davantage, vous avez suivi les épisodes. Il ne faut pas croire que cela est seulement du domaine des symboles. Mais les symboles ont aussi leur très grande importance dans la vie sociale. Ce sont des messages qui portent profondément dans l’imaginaire collectif et souvent même l’organisent. Mais ce n’est pas tout. Un amnistié est un signal ambulant. A ses propres yeux, la personne est rétablie dans sa confiance en soi : elle sait qu’elle avait raison de lutter, raison de tenir bon. L’amnistié reprend plus facilement du service au combat s’il n’a pas été trop amoché dans sa vie professionnelle ou familiale par l’épisode répressif. Il peut aussi revenir dans l’entreprise et exiger sa réintégration. Alors, aux yeux de tous, un syndicaliste ou un militant associatif amnistié reconstruit de ce seul fait le rapport de force que sa condamnation avait déséquilibré ou bien même détruit.

C’est pourquoi le Medef et la droite traditionnelle ont toujours détesté les amnisties. Leur argumentaire tourne en boucle depuis plusieurs jours. L’amnistie serait un déni de justice : les faits imputés sont radicalement condamnables, on ne saurait les effacer. Car sinon ce serait un encouragement au saccage et aux violences. On connait. Le caractère exceptionnel des actes de violences physiques méritent mieux que cette idée lamentable selon laquelle les salariés sont une masse spontanément violente et déréglée, qui aime le chaos et la violence. C’est l’image éternelle de la bestialité des masses et de leurs porte-paroles. Cette imagerie fonctionne elle aussi comme une machine à faire symbole. Elle permet de masquer l’envers du décor : la violence patronale.

Celle-là qui est la cause de la violence sociale de réplique reste toujours impunie quand, pour un pourcentage de profit supplémentaire, des centaines de gens sont condamnés à la mort sociale. Elle masque aussi la violence que les salariés retournent contre eux avec le suicide. Elle met seulement en scène une violence fantasmée. Manuel Valls a été spécialement loin quand il a asséné, à la radio, qu’on ne pouvait pas « accepter que l’outil de travail soit détruit ». On voit l’image ! Mais où cela a-t-il eu lieu au cours des dix dernières années ? Ou des salariés ont-ils dévasté leur entreprise ou cassé leurs machines ? En fait c’est tout le contraire ! Ce sont les patrons voyous qui ont détruit l’outil de travail avec le déménagement sauvage de machines ! Ou avec la délocalisation de production. On voit que l’amnistie nous amène au cœur de l’affrontement des symboles et des rapports de force entre les intérêts en jeu dans la production et la répartition de la richesse.

 

D’abord le PS fit ce numéro incroyable de présenter l’amnistie comme une mesure de "pardon". Ce fut leur mot. Manière de vider le symbole de son sens qui légitime la lutte. Le pardon ! Vous entendez ? Voilà le discours du PS après son coming-out sur la ligne « démocrate » de Hollande. Elle postule en effet qu’il faut être à équidistance de « l’entreprise et des salariés » selon la doctrine des Clinton, Blair et Schroeder. Dans ce contexte pas de lutte de classe, pas de rapport de force. Juste des fautes des uns et des autres et du pardon pour effacer tout. Comme il est possible que tout ceci paraisse un peu trop intellectuel, l’oratrice du PS se fit explicite pour bien faire comprendre qu’il ne s’agissait pas d’encourager la lutte. A cette occasion le vocabulaire religieux revint à la charge : « le pardon pour hier n’est pas l’absolution pour aujourd’hui ni pour demain ! ». Peut-on imaginer pire déchéance verbale pour quelqu’un qui se réclame du combat de Jaurès que de parler de cette façon des luttes salariales ?  Après quoi, les socialistes ont tout fait pour vider le texte de la proposition de loi de sa substance.

C’est au point à présent qu'au-delà de l'affichage du vote de justesse de l'amnistie, la loi est en réalité privée d'une grande partie de sa portée pratique. On est loin du compte. Voyez plutôt le détail consternant de ces amendements adoptés sur la proposition de la sénatrice PS Valérie Klés et du sénateur PRG Jacques Mézard. Ils ont d'abord limité dans le temps l'application de la loi. En effet ils ont exclus tous les faits commis avant le 1er janvier 2007. Comme si les luttes sociales n'avaient pas existé avant et si la répression ne s'était pas déchaîné déjà de 2002 à 2007 en particulier quand Sarkozy était ministre de l'Intérieur. Avec cet amendement du PS, ce sont notamment toutes les poursuites liées au mouvement des retraites de 2003 ou au mouvement contre le CPE de 2006 qui sont exclues de l'amnistie. Il faut savoir que certaines procédures concernées connaissent encore aujourd’hui des développements tant d’années plus tard. En particulier pour refus de tests ADN. Et surtout quand des condamnations définitives ont été prononcées, l'amnistie aurait eu le mérite de rendre justice à ceux qui ont tant payé dans ces mouvements, en effaçant ces condamnations de leur casier judiciaire. Cette restriction dans le temps est un acte d’arbitraire pur. Il ne repose sur aucun argument de justice. Et c’est Christiane Taubira elle-même qui l’a rappelé aux socialistes en affirmant qu'"il n'y a pas de nécessité juridique à fixer une date de départ de l'amnistie". Eux n’en avaient rien à faire. Ils avaient décidé sur ce point d'être plus restrictifs encore que la ministre Christiane Taubira. Mais ils n'en sont pas restés là, malheureusement.

Les sénateurs PS et PRG ont ensuite fait voter la limitation des peines couvertes par l'amnistie. Pour en exclure en particulier toutes les infractions visant les personnes dépositaires de l'autorité publique. Cela signifie que toutes les poursuites pour « outrages » sont exclues de l'amnistie. C'est pourtant dans ces cas que l'arbitraire répressif et la volonté d'intimider le mouvement social est la plus évidente et la plus discutée dans les milieux militants. C'est d'ailleurs ce qui m'avait conduit à proposer une loi d'abrogation de la plus absurde des incriminations pour « outrage au chef de l'Etat ». Ainsi notre camarde Hervé Eon condamné à deux reprises pour avoir « outragé » Nicolas Sarkozy n’aura pas été « pardonné » par François Hollande.

Les sénateurs PS et PRG ont enfin voulu restreindre sévèrement les secteurs du mouvement social et les militants concernés par l'amnistie. Là encore,  de manière totalement arbitraire, ils ont encore opéré un tri entre les types de mouvement pour ne retenir que ceux "au sein des entreprises et relatifs au droit au logement". Tous les autres mouvements sont exclus de l'amnistie, c'est-à-dire aussi bien les luttes écologistes (anti EPR, anti-pub, anti-OGM), les luttes pour les services publics et la santé (contre les fermetures de maternités par exemple), les luttes pour l'éducation, les luttes pour les libertés et les luttes pour les migrants (RESF notamment). Quel sens ont ces discriminations ? Quel est la différence de situation du point de vue de l’intérêt général ? Quelles différences avec les luttes salariales et « la défense de l’outil de travail » dans ce cas où se mêlent d'ailleurs souvent des militants associatifs, des élus et de simples citoyens.

Un dernier amendement infâme fut adopté à l'initiative de la sénatrice PS Valérie Klés. Il s’est agi pour le PS et le PRG de restreindre les conditions de l'amnistie dans le cas des poursuites pour refus de tests génétiques. Seuls les refus de tests faisant suite à des infractions elles-mêmes amnistiées pourront eux-mêmes être amnistiés. Incroyable ! Car comme nous avons vu que le champ des infractions amnistiées avait été considérablement restreint, celui de l'amnistie des refus de tests ADN l'est d'autant plus. Cette dernière restriction est d'autant plus insupportable que le PS avait lui-même combattu en 2007 l'extension voulue par Sarkozy des tests ADN au-delà des crimes sexuels auxquels ils étaient jusque-là réservés.

Pour que votre information soit complète, il vous reste à apprendre le plus nul de cette séance au Sénat. Voici. Plusieurs de ces amendements proprement scélérats du PS ne sont passés que grâce au vote des sénateurs de droite. De leur côté les sénateurs du Front de Gauche, parfois rejoints par ceux d'Europe Ecologie les Verts ont, bien sûr, toujours refusé ces restrictions qui vident la loi de sa substance. Trop contents de pouvoir rabougrir l'amnistie, les sénateurs de droite ont ainsi tranquillement aidé le PS à vider la loi de son contenu. Alors ? Qui « vote avec l’UMP » comme le récitait le PS et ses griots médiatiques contre le vote des communistes au Sénat hostiles au budget de rigueur ? Le PS et la droite se sont unis pour protéger la condamnation des faucheurs d’OGM, des défenseurs des enfants sans papier, des protecteurs de maternité. La classe ! L’autre !

 

Après le contrat de travail, les retraites !

Dans Le Monde de samedi 2 mars, Laurence Parisot a fait une journée d’offensive entre une matinale anti amnistie et une interview contre le droit a la retraite. Elle se prononce donc a présent pour un report de l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans ! Et pire elle y ajoute un allongement de la durée de cotisation pour avoir droit à une retraite à taux plein à 43 années de cotisations. La commission européenne jubile. Son principal commanditaire se met lui-même au travail pour faire suivre ses recommandations.

 

Car les provocations de Parisot sont un écho direct des exigences de la Commission européennes. A l'occasion de la publication de ses prévisions économiques, vendredi 22 février, la commissaire européen Olli Rehn a été très clair : les retraites sont la prochaine cibles de l'Europe austéritaire. Dans la langue des libéraux de la Commission, ça donne : "Les réformes doivent se poursuivre, en particulier pour assurer la viabilité à long terme du système de retraite". Vous voila prévenus ! La chaine de commandement est courte. Barroso a décidé, Ayrault exécute. Ce mercredi 27 février, le Premier ministre a installé une "commission pour l'avenir des retraites". Elle est censée préparer le terrain à une réforme dans les prochains mois. On connait la musique. C’est la même méthode à chaque fois. Cette commission sera présidée par Yannick Moreau. Mais n’importe quel passant dans la rue aurait pu faire l’affaire. Car il s’agit seulement de signer un texte écrit à l’avance. Là c'est une ancienne présidente du Conseil d'orientation des retraites, cet organisme destiné à alimenter la propagande pour préparer les esprits aux régressions sociales. On peut donc légitimement être certain du pire. Les autres membres sont des hauts fonctionnaires, quelques chercheurs et plusieurs proches du PS comme Florence Parly, ancienne secrétaire d'Etat de Lionel Jospin ou Sylvie François, issue la promotion Voltaire de l'ENA comme François Hollande et ancienne des cabinets ministériels de Pierre Beregovoy et Michel Rocard.

Cette commission pour l'avenir des retraites doit rendre son rapport d'ici juin prochain. Ensuite, le gouvernement prévoit une "concertation" avec les syndicats et le patronat. Les revolvers a mettre sur la tempe des syndicats sont déjà chargés. Les décisions devront être prises avant la fin 2013 pour s'appliquer dès 2014. Et donc permettre à la France d’obéir en temps et a l’heure aux diktats de la Commission européenne.

Déjà les socialistes lancent les ballons d'essai. On se souvient que le 14 janvier, dans Les Echos, le ministre du Budget Jérôme Cahuzac avait « envisagé » un gel des retraites. Ce serait une régression qui entraînerait immédiatement une baisse du pouvoir d'achat des retraités. Depuis 1993 et la contre-réforme Balladur, les retraites ne progressent plus sur un rythme indexé sur les salaires mais seulement sur l'inflation. Les pensions ont ainsi augmenté beaucoup moins vite qu'avec le système précédent. Le résultat est le suivant : en 2012, le montant moyen d'une pension du régime général pour une carrière complète est de 1 040 euros par mois. Le salaire net moyen est lui de 2 082 euros. La pension moyenne représente donc à peine la moitié du salaire moyen. Et encore, c'est une moyenne. Les femmes retraitées touchent en moyenne 30% de mois, soit 899 euros par mois. Et bien sûr, le calcul de ces moyennes ne prend pas en compte les 500 000 retraités qui n'ont droit qu'au minimum vieillesse soit 777 euros, moins que le seuil de pauvreté.

Cahuzac propose d'aller encore plus loin, et de ne même plus augmenter les retraites comme les prix ! Pour se cacher, il espère que le MEDEF imposera aux syndicats le gel dans les discussions en cours sur les régimes de retraites complémentaires. Il n'aurait ainsi plus qu'à vanter le "dialogue social" pour imposer son attaque.

 

Le chômage de masse plombe tous les comptes de la Sécurité sociale. En effet, un chômeur de plus, c'est d'abord un cotisant en moins ! Donc des recettes perdues pour la Sécurité sociale. Au moment de la contre-réforme Fillon de 2010, nous avions calculé qu'en créant 300 000 emplois par an d'ici 2020, on dégagerait 24 milliards d'euros de ressources nouvelles pour les retraites. C'est-à-dire plus que les besoins calculés par le Conseil d'orientation des retraites lui-même. Et dire cela n'a rien d'irréaliste. Près de deux millions d'emplois avaient été créés en cinq ans sous le gouvernement Jospin. C'est donc tout à fait possible.

A l'inverse, le seul résultat de la politique d'allongement de la durée de cotisation et de report de l'âge légal de la retraite, c'est la hausse du chômage des "seniors". Nous n'avons cessé de le dire pendant les mobilisations de 2003 et 2010. Les libéraux de l'UMP et du MEDEF répétait en chœur le contraire. Selon eux, les employeurs rechignaient à embaucher des seniors car ils allaient devoir s'en séparer à 60 ans. Dans leur raisonnement, le report de l'âge de départ à la retraite et l'allongement de la durée de cotisation devait donc favoriser l'emploi des "seniors". Qui avait raison ?

Ce sont encore une fois nos arguments qui étaient les bons. Les chiffres du chômage le confirment. Bien sûr, ils sont mauvais pour toutes les tranches d'âges. Mais ils sont encore plus mauvais pour les chômeurs de plus de 50 ans. Depuis l'entrée en vigueur de la contre-réforme Fillon le 1er juillet 2011, le nombre de chômeurs de plus de 50 ans toutes catégories confondues à augmenté de 20,2%. C'est sept points de plus que la hausse déjà énorme du nombre total d'inscrits à Pôle emploi, toutes classes d'âge confondues, qui a augmenté de 14% entre juillet 2011 et janvier 2013. On retrouve le même écart si l'on regarde les seuls chômeurs de catégorie A. Le nombre de chômeurs de catégorie A tous âges confondues a augmenté de 16,5% depuis juillet 2011. Le nombre de chômeurs de catégorie A de plus de 50 ans a explosé de +23,7% sur la même période ! Au total, sur les 19 mois écoulés depuis l'entrée en vigueur de la contre-réforme Fillon, on compte 161 000 chômeurs de plus de 50 ans supplémentaires inscrits à Pôle Emploi. Aujourd'hui, on compte 958 700 demandeurs d'emplois de plus de 50 ans officiellement recensés.

Toutes les régressions et les souffrances imposées n'ont donc servi à rien. Les contre-réformes  de Fillon ont augmenté le nombre de chômeurs "séniors" au lieu de le baisser comme elles le prétendaient. Au lieu de payer des retraites aux chômeurs qui atteignent 60 ans comme c'était le cas avant, la contre-réforme Fillon oblige maintenant à leur verser… des allocations chômage ! L'économie réalisée dans la caisse de l'assurance vieillesse se transforme instantanément en déficit de l'assurance chômage ! Quant à ceux qui ont conservé leur travail, ils sont obligés d'attendre pour pouvoir partir à la retraite. Pendant qu'un nombre toujours plus important de jeunes attendent de trouver un emploi. Voila le pitoyable résultat des régressions imposées par le dogme libéral et que propose de poursuivre Laurence Parisot.

 

Jean-Luc Mélenchon

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 07:39

Une analyse éclairante de Laurent Garrouste dans la revue Contretemps, fondée par Daniel Bensaïd:

 

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 06:58

 

IL A ETE DECLARE "LIBERABLE" LE 21 NOVEMBRE 2012

IL DEVRAIT ETRE RENTRE CHEZ LUI AU LIBAN

 

 

 

Petit rappel:

Le 10 janvier 2013, la chambre d'application des peines de Paris qui examinait l'affaire en appel, accède à sa huitième demande de libération, en la conditionnant à un arrêté d'expulsion du territoire français que le ministère de l'Intérieur doit impérativement prendre d'ici le 14 janvier.

 

Lundi, 14 janvier 2013

Le Ministre français de l’intérieur ayant refusé de signer la remise en liberté de Georges Abdallah, les juges lui auraient accordé un délai supplémentaire jusqu’au 28 janvier 2013 pour appliquer la décision du tribunal (signature de l'arrêté d'expulsion).

 

lundi 28 janvier 2013

L’audience prévue ce lundi 28 janvier 2013 pour statuer sur sa libération conditionnelle a de nouveau été reportée au 28 février 2013 en raison d’un nouvel appel du parquet, contestant le report de la décision du Tribunal d'Application des Peines.

 

Ce jeudi 28 février 2013

 

La Chambre d'Application des Peines, a examiné l'appel du Parquet, contestant le report de la décision du Tribunal d'Application des Peines de Paris sur la demande de libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah, dans l'attente d'un hypothétique arrêté d'expulsion signé par le ministère de l'intérieur.

Elle a mis sa décision en délibéré au 21 mars à l'issue d'une audience à huis-clos

 

Cela doit cesser, signez la pétition pour sa libération:

http://www.avaaz.org/fr/petition/Liberation_de_Georges_Ibrahim_Abdallah/?ctovncb

Tout l'historique, sur: http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-georges-ibrahim-abdallah-prisonnier-politique-en-france-depuis-29-ans-115629737.html

 

Yves Abramovicz

 

Georges Ibrahim Abdallah 3

   

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 07:14

Stephane Hessel était venu à Morlaix en 2010 à l'occasion de la Semaine de la Solidarité Internationale pour plaider notamment pour des solutions de paix juste en Palestine. C'est une grande conscience qui nous a quitté, un homme de haute culture et de coeur qui fut un grand serviteur de l'universalisme et des idéaux républicains, un esprit libre qui su souvent aller à contre-courant avec courage au nom d'une certaine idée de la justice. Merci d'avoir été là pour transmettre infatigablement les idéaux de la résistance, l'héritage d'une époque de fraternité combattante, d'espoir humaniste et social.

 

  stephane_hessel_0.jpg

Décès de Stéphane Hessel : « l'indignation jusqu'au bout »

J'apprends avec infiniment d'émotion la disparition de Stéphane Hessel. Je veux, au nom du PCF, des militants communistes qui ont partagé de très nombreux combats avec lui, dire combien il fut un homme courageux, de gauche, fidèle à des valeurs, à des principes. Jeune résistant ayant rejoint les Forces françaises libres à Londres en 1941 puis déporté, Stéphane Hessel n'a cessé d'agir tout au long de sa vie pour un monde meilleur, une société plus humaine.

Intellectuel, diplomate, écrivain, il fut un homme engagé, un militant des droits de l'Homme, de la solidarité aux sans-papiers, de la paix en Palestine. Il fut aussi un homme engagé à gauche allant jusqu'à défendre une motion au dernier congrès du Parti socialiste pour une social démocratie qui continue à préserver l'humain contre la finance. Doux et passionné, il aimait l'échange, le débat et la fraternité. Le succès mondial de son livre "Indignez-vous" notamment parmi la jeunesse l'avait propulsé au devant de la planète entière, suscitant une irruption démocratique bienvenue.

Amusé, il observait avec un regard malicieux et portait toujours un message invitant à l'engagement, à la solidarité, à des actions collectives autour d'une question : dans quelle société voulons-nous vivre ? Indigné jusqu'au bout, telle fut la vie de Stéphane Hessel. Nous n'avons pas de plus bel hommage à lui rendre que de continuer à s'en inspirer, inlassablement.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

 

 

Stéphane Hessel vient de nous quitter. Nous voulons dire notre profonde émotion et partager la peine de Christiane, sa compagne.

Avec ce combattant inlassable des droits de l’homme, nous perdons un ami précieux qui toujours fut aux côtés des opprimés. D’autres retraceront son parcours exceptionnel et les hommages, nous n’en doutons pas, seront nombreux.

Stéphane restera pour nous le Résistant qui se plaça toujours aux côtés des peuples en quête de justice.

Pour la Palestine, sur place ou en France, son engagement était de principe et sans ambiguïté. Malgré les coups il ne renonçait jamais. Il donna de lui-même sans compter pour permettre la tenue du Tribunal Russell pour la Palestine. C’est en toute générosité, et avec la force que donne la certitude d’un juste combat, qu’il s’engagea aux côtés des militants de la solidarité poursuivis pour des actions Boycott Désinvestissement Sanctions au nom de la honteuse circulaire Alliot-Marie. Que ce soit pour la libération de Salah Hamouri, dans le soutien à la Résistance populaire (il participa à l’une des Conférences de Bil’in), comme dans l’action contre le blocus de Gaza ou pour les prisonniers, toujours, nous savions pouvoir le trouver à nos côtés dans notre combat commun pour la justice et la paix.

Son extraordinaire appel « indignez-vous ! » fut plus qu’un cri du coeur, un appel profond et positif à l’engagement. Nous l’avons fait nôtre.

La figure lumineuse et la bonté de Stéphane Hessel marqueront pour longtemps celles et ceux qui jamais ne se résignent devant l’injustice. Ce chemin, nous le poursuivons.

Le bureau national de l’AFPS.

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