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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 15:21
C’est fini pour la centrale de Verberie (Oise)! Et pourquoi pas demain un renoncement au projet de centrale à gaz à Landivisiau? Faut-il vraiment qu'elle voit le jour cette centrale à gaz coûteuse, aux profits privatisés et aux coûts socialisés, une centrale polluante, préoccupante pour la santé publique, nous faisant dépendre d'une énergie fossile qu'on achète en Algérie ou en Libye, et dont l'utilisation contribue à déséquilibrer le climat! Non.   
A lire dans Le PARISIEN

Après cinq ans de polémiques et de manifestations populaires, Patrick Floury, le maire, a renoncé hier à son projet de centrale. Lire la suite…

 

Positions du Front de Gauche Morlaix sur cette centrale à Gaz:

 

Débat sur l'énergie des législatives:  RCF Rivages  http://www.rcf.fr/radio/rcf29/emission/381861/381862

 

Réponse au questionnaire de Gaspare (avant le 1er tour des législatives) : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-reponse-au-questionnaire-de-gaspare-105030614.html

 

Communiqué du Front de Gauche Morlaix (mars 2012): http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-centrale-a-gaz-de-landivisiau-exigeons-un-moratoire-et-une-consultation-de-la-population-100554777.html

 

Article du Chiffon Rouge (mars 2012):

 http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-levee-de-bouclier-contre-la-centrale-a-gaz-a-landivisiau-100707102.html

 

 

 

 

 

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 11:36
Image Festival Debout Tout le Monde
« Festival international pour une culture et une civilisation de justice et de paix » du dimanche 9 juin 2013 à Crozon-Le Fret - face à la base de sous-marins nucléaires de l'Ile Longue, de 10h à 18h

La crise globale que connaît le monde creuse les inégalités au sein des Etats et entre les Etats, condamnant des millions d’hommes et de femmes à l’austérité, au chômage, aux licenciements, à la précarité et dans certaines régions à la misère, l’analphabétisme, la faim c’est-à-dire autant de violences économiques et sociales qui font le lit des intégrismes et des fascismes et nourrissent les violences et les guerres.

Dans le même temps les fortunes des plus riches augmentent de façon indécente, les dépenses mondiales d’armement ont doublé en 12 ans passant de 800 milliards de dollars par an à 1320 milliards de dollars (source SIPRI 2010), la privatisation des fabrications d’armes et le commerce de ces armes s’accélèrent enfin la prolifération des armes nucléaires persiste.

Face à cette situation, des réseaux de luttes et de solidarité se créent du plan local au niveau mondial qui montrent l’existence de convergences d’intérêts entre les peuples. Parmi les aspirations fondamentales que partagent les peuples il y a l’aspiration à une culture et une civilisation de justice et de paix.

 

Pour permettre à ces solidarités, ces aspirations de s’exprimer dans des convergences de luttes et de rencontres, les mouvements de paix en Bretagne ont décidé d’organiser le dimanche 9 juin 2013 à Crozon (Finistère) un festival international pour une culture et une civilisation de justice et de paix face à la base de sous-marins nucléaires de l’Île Longue.

Ce rassemblement sera organisé autour de 3 exigences principales:

  • pour une civilisation de justice et de paix à travers la promotion « d’une culture de la paix » telle que définie par l’Unesco et les Nations Unies (cliquez ici)
  • pour l’adoption en 2015 à l’ONU d’une convention internationale d’élimination des armes nucléaires (cliquez ici)
  • pour la diminution des dépenses d’armement, contre le commerce des armes et pour l’augmentation des moyens consacrés au développement humain

 

Une réunion de préparation du festival avec les associations et organisations qui y participent est prévue le:

 

le vendredi 19 avril de 17h30/18h* à 19h30 à la salle municipale de Logonna-Quimerc'h en Pont-de-Buis. (plan joint)

 

..................................................................................................................................

 

Quelques documents pour réfléchir à la nécessité de sortir du nucléaire militaire et de promouvoir une culture de la paix:  

 

Dans le Chiffon rouge:  

- Déclaration du Front de Gauche Finistère: http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-reduction-du-budget-de-la-defense-denuclearisation-il-est-urgent-de-promouvoir-une-culture-de-la-p-102954100.html

- "Agir pour l'homme d'abord et la paix" de Yves Jardin (Front de Gauche Finistère): http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-agir-pour-l-homme-d-abord-et-la-paix-100156239.html

- "Oui au désarmement français et mondial" de Ismaël Dupont: http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-oui-au-desarmement-nucleaire-fran-ais-et-mondial-96086168.html

 

Dans le Canard enchaîné du 3 avril 2013:

 

Les irradiés en rade de l'arsenal de Brest

 

Durant 24 ans, entre 1972 et 1996, une centaine de personnes ont travaillé sans protection au contact de charges radioactives. Ces civils transformés en chair à neutrons (et à particules) étaient employés à l'atelier de pyrotechnie - partie explosive des missiles nucléaires - de la Direction des constructions navales (DCN) à l'île Longue, près de Brest. 17 ans plus tard, au prix d'un travail de fourmi, l'Association Henri Pézérat, spécialisée dans la santé au travail, a réussi à boucler une enquête sur cet exemple sidérant d'irresponsabilité industrielle. Sur dix dossiers médicaux reconstitués par l'association, huit concernent un cancer déclaré dans les années 2000. Quatre se sont soldés par un décès. Les pathologies se sont déclarées autour de la cinquantaine, et cing des salariés qui ont survécu sont reconnus en maladie professionnelle, dont quatre au prix d'"une faute inexcusable" , admise par la DCN et le ministre de la Défense. Deux autres cas doivent être examinés par la justice dans les jours qui viennent.

 

Protection atomisée

En août 1996, à la suite d'un incident, la Direction des constructions navales décide subitement de procéder à des mesures de rayonnement (gamma et neutronique) sur les ouvriers au contact des têtes nucléaires qui doivent équiper le sous-marin le "Triomphant". Stupeur dans l'atelier: pendant plus de deux décennies, la DCN a prétendu que le danger d'irradiation était nul. Le Commisariat à l'énergie atomique (CEA) qui livre les charges nucléaires à l'île Longue n'a jamais rien signalé non plus. Auparavant, explique la DCN, les missiles assemblés sur le site étaient moins radioactifs. Impossible à vérifier, car les relevés radiologiques sont classés "secret-défense"!

 

Radioactivité sélective

Les nouvelles normes de sécurité mises en place ne rassurent guère le personnel: limitation du temps passé à proximité des ogives, instauration de "zones rouges", port obligatoire de dosimètre, etc. Certaines langues se délient. "Quand on sait ce qu'il y a dedans, c'est obligé que ça émette", confie un chef d'atelier, dont le témoignage est produit en justice. 

Devant l'émotion et la mobilisation de la CGT, le ministère de la Défense ordonne une enquête, confiée à l'amiral Michel Geeraert. Ses résultats sont, eux aussi, classifiés! Et la DCN s'en sort sans reconnaître la moindre erreur. "Les directives écrites n'imposaient aucune disposition particulière", assure en novembre 1996 le président du comité d'hygiène et de sécurité. Un gros mensonge. Car la loi, elle, imposait des contrôles stricts pour les salariés exposés aux rayonnements ionisants, dont les atteintes sont connues et indemnisées depuis...1931. Une politique du silence qu'un médecin du Travail résume ainsi: "L'atome, c'est dangereux quand on l'envoie sur l'ennemi, pas pour nous".

Ce beau précepte était-il aussi respecté dans d'autres centres de recherche où l'on manipulait l'atome à des fins militaires? Par exemple à Vaujours (Seine-Saint-Denis), où l'on procédait à des essais de désintégration de l'uranium? A Bruyères-le-Chatel (Essone), où l'on produisait du plutonium, ou à Valduc (Côte d'Or) où des expériences sur tous les matériels, armes et combustibles nucléaires ont été menées. En 2001, des analyses ont montré que les lichens prélevés à 1km du site contenaient des doses de tritium radioactif mille fois supérieures à la normale. A 4km, cent fois supérieures. 

Quant aux militaires et aux populations exposés aux retombées des essais nucléaires effectués, entre 1960 et 1996, en Algérie et en Polynésie, et dont certains ont subi un véritable calvaire médical, ils ne suscitent qu'une attention limitée de la part de l'Etat. Sur 817 dossiers d'indemnisation déposés par les victimes ou leurs familles seules... 11 réponses favorables ont été accordées. La réputation du nucléaire est si précieuse et tient à si peu de choses... 

Jerôme Canard 

 

 

 

 

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 09:33

Aujourd'hui, le Ouest-France présente un dossier sur les réactions à la proposition gouvernementale - certes bien insuffisante pour régler les problèmes de fond immenses que revèle l'affaire Cahuzac - d'obliger les élus à rendre public leur patrimoine.

Comme on pouvait s'y attendre, les chefs de file des partisans du secret qui dénoncent le totalitarisme de "la transparence démocratique" et de "l'égalitarisme" sont les chefs de file de la droite sarkozyste, ces amis décomplexés des riches que sont Jean-François Copé ou encore Henri Gaino.

Jean-Jacques Urvoas, le député PS de Quimper, les appuie avec toute la rhétorique contre-révolutionnaire de la protection des élites contre la fureur imbécile du peuple:

"La transparence seule n'apportera rien, sauf peut-être pour ceux qui se délectent du spectacle des piloris... Notre mission n'est pas de proposer aux électeurs une promesse d'extase à la lumière des bûchers".   

Si elle peut c'est vrai contribuer à nourrir l'idée que beaucoup d'élus sont des profiteurs et des privilégiés, idée qui n'est pas complètement fausse mais qui peut renforcer les partisans de l'injuste préjugé du "tous pourris", et si elle s'oppose à la différenciation républicaine nécessaire quoique problématique dans les faits entre situation et intérêts personnels et capacité du législateur à prendre en compte l'intérêt général, il n'en reste pas moins que cette proposition pourra, si elle est appliquée, ouvrir un débat sur les méfaits de la professionnalisation de la vie politique, du cumul des mandats, d'un recrutement de plus en plus bourgeois des responsables politiques, et sur la nécessité de renouveler plus fréquemment ceux qui assument des charges politiques et de réduire aussi leurs rémunérations pour que des fonctions publiques d'intérêt général ne deviennent pas des moyens de s'enrichir, et parfois en profitant au passage de son influence politique pour servir des intérêts privés qui renvoient ensuite l'ascenseur.     

 

Voilà la réaction, critique, du PCF sur ce projet de moralisation de la vie politique basé sur des mesures beaucoup trop symboliques, partielles et inefficaces comme la publication du patrimoine des élus:  

 

Publication des patrimoines : « un peu court !»

Rendre public le patrimoine des députés et ministres est un peu court ! La crise politique révélée par l'affaire Cahuzac prend racine dans l'intrication des milieux des affaires et d'une certaine caste de politiciens, nourrie par une politique qui tourne le dos aux engagements qui avaient nourri l'espoir d'une majorité de notre peuple. Le président de la République et le gouvernement ne s'en sortiront pas par quelques mesures de ce type visant à une soi-disant moralisation de la vie politique. Opérations de Com', le déballage indécent auquel se livrent actuellement des responsables politiques ne peut qu'accentuer le dégoût de la majorité de la population confrontée aux difficultés de la vie.

Ce qui sera moral et efficace, c'est d'engager avec détermination une lutte contre les fraudeurs du fisc et la dictature de la finance. Le Sénat avait adopté le rapport du sénateur communiste Eric Bocquet sur l'évasion et la fraude fiscale. Appliquer les 59 mesures de lutte contre l'évasion fiscale qu'il contient serait un premier pas. Ce qui sera moral et efficace, c'est également de donner un souffle nouveau à la démocratie politique et sociale pour que les exigences populaires et celles des salariés puissent être entendues et prises en compte.  C'est le sens de la manifestation du 5 mai prochain à laquelle nous proposons à toutes les forces, tous les citoyens qui aspirent au changement, de s'associer et de participer.

 

Olivier Dartigolles, porte parole du PCF

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 09:31

Un site internet national spécifique a été mis en place :

 

Dimanche 5 mai 2013
Marche pour la 6ème République
http://www.marchepourla6eme.fr/

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 17:52

 

 

L'Assemblée nationale vient de voter le projet de loi sur l'ANI. C'est un coup de Jarnac porté aux droits des salariés. Ce texte soutenu par le MEDEF va renforcer les possibilités de licenciement au moment où le chômage connait des taux records.

Je salue le travail des députés communistes et Front de gauche pour mettre à jour la nocivité de ce texte et ouvrir toutes les brèches possibles. Leur mobilisation a permis que dans le vote final, 19 députés de gauche votent contre le texte et 55 s'abstiennent. C'est donc 74 députés de gauche qui ont refusé de voter le texte de l'ANI. Cela signifie que le projet de loi adopté aujourd'hui à l'Assemblée nationale n'aura pas de majorité de gauche au Sénat. Le groupe des sénateurs CRC est décidé à continuer ce combat avec détermination, au coté de tous ceux qui se sont mobilisés aujourd'hui dans de nombreuses villes de France. La bataille n'est pas terminée.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, sénateur de Paris

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 17:45

 

Les coupeurs d’ailes

 

Qui sont les coupeurs d’ailes ?

 

La vie est un combat

De la naissance à la mort

 

Sans état d’âme, sans crier gare

Les coupeurs d’ailes arrivent

C’est avec tristesse, désarroi

Que le couperet tombe

 

Hélas, lorsqu’ils frappent,

C’est déjà presque trop tard pour réagir

Je veux parler, vous l’avez deviné, des licenciements

 

Le mal est fait

Ceux qui vivotaient ou vivaient se retrouvent

Du jour au lendemain anéantis, frustrés, perdus

Leur vie devient galère

Du nord au sud, de l’est à l’ouest

Ils courent, ils sautent, broient du noir,

Ils cherchent, ils espèrent et…qui sait…

Trouvent un autre travail ou sombrent dans la misère

 

Qui est responsable ?

 

Monique David

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 18:16

Un traité européen signé, malgré les promesses électorales, sans la moindre modification ; l’austérité imposée à la population alors que les robinets sont grands ouverts pour les grandes entreprises ; un accord concocté par le MEDEF et accepté par certains syndicats qui met à mal le droit du travail et supprime les garanties dont bénéficient encore les salariés ; un gouvernement « de gauche » qui transforme cet accord liberticide en projet de loi qu’il impose à sa majorité de voter tel quel ; un ministre des finances chargé de lutter contre la fraude fiscale qui possède depuis 20 ans un compte non déclaré à l’étranger et qui, jusqu’au dernier moment ment au pays et aux parlementaires déclarant « sur l’honneur » qu’il n’en a jamais eu ; …

 

Tout cela illustre l’effarante porosité, les accointances toxiques qui existent au sein de l’oligarchie économique, politique et médiatique qui, depuis des dizaines d’années, toutes alternances confondues, tient le haut du pavé au service exclusif de l’appétit et des exigences de l’argent-roi.

 

Ce n’est pas ce qu’ont voulu celles et ceux qui , en battant Sarkozy il y a moins d’un an,  espéraient un changement de politique. On comprend leur désillusion, leur amertume, leur colère, leur dégoût et la nausée qui les saisit parfois.

 

La droite, devenue subitement amnésique par rapport à ses responsabilités dans la situation du pays, et l’extrême-droite veulent en tirer profit. L’ancienne majorité en lorgnant sur les possibles progrès de 2014 et le Front National en développant dans tous les médias généreusement mis à sa disposition le thème du « Tous pourris ! ».

 

Dans ce contexte la responsabilité de tous ceux qui veulent un véritable sursaut est énorme. Face aux flots de démagogie des uns et à la volonté de minimiser la situation en la ramenant à la dimension d’une dérive personnelle de Cahuzac des autres, il s’agit, sans exclusive, de rassembler contre la Finance et l’austérité toutes les forces qui ont voulu le changement en mai dernier. Il s’agit de montrer que ce système et ce régime touchent à leur fin. Qu’ils sont incapables de répondre aux besoins et aux défis de notre temps. Qu’il est indispensable et urgent de révolutionner la démocratie.

 

C’est le sens de la grande marche pour la VIème République du 5 mai à Paris qui se donne pour objectif d’ouvrir la voie à une véritable alternative politique dans notre pays.

 

Depuis trop longtemps notre peuple est privé du droit de peser véritablement sur les choix qui concernent et sa vie et l’avenir du pays.

 

Le refus obstiné de la proportionnelle qui seule permet de représenter fidèlement l’opinion des Français, la généralisation de la délégation de pouvoirs, la marche permanente vers un bipartisme institutionnalisé n’ont pas d’autre objectif que de maintenir indéfiniment la mainmise de cette oligarchie sur tous les aspects de la vie du pays, quelle que soit l’opinion des Français.

 

Il est urgent de remettre les choses à l’endroit et de redonner réellement au peuple la primauté que lui reconnaît la constitution lorsqu’elle affirme qu’il est à l’origine de toute souveraineté.

 

L’heure n’est donc ni au « tous pourris » ni au « coup de balai » mais au rassemblement de toutes celles et tous ceux qui veulent prendre leur place dans la construction de cette  Nouvelle République.

 

Alain DAVID

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 07:22

C'est un homme obstiné, d'une détermination peu banale, qui travaille trois ou quatre heures par jour pour s'informer tout azimut, monter des dossiers, des argumentaires, interpeller les élus et ses camarades vendeurs colporteurs de presse. Cela fait sept ans que Fabrice Clémenceau, qui connaît son sujet sur le bout des ongles et se montre un militant passionné de la cause des VCP, est vendeur et livreur indépendant travaillant pour le Télégramme. Ayant débuté sa carrière professionnelle dans les Travaux Publics, il a commencé à assurer les livraisons de journaux pour avoir un salaire d'appoint en parallèle de son métier de pompiste à Pleyber-Christ. C'était un peu dur de travailler 35 heures et la nuit en plus, 7 jour sur 7, et il a décidé à l'époque de faire du boulot de VCP son unique occupation professionnelle alors que pour une partie des VCP, ce travail est perçu comme un complément de retraite ou de salaire. Depuis plusieurs années maintenant, il anime et initie la lutte des VCP pour améliorer leurs conditions de travail.

 

Le Chiffon Rouge: quelles sont vos conditions de travail en tant que VCP?

 

Fabrice Clémenceau: Je gagne environ 900 euros par mois (ceux qui ont le plus de clients et les meilleurs pourcentages peuvent avoir un peu plus de 1000 euros) en me levant tous les jours à 1h45 et en rentrant chez moi à 7h, et en occupant une demi-journée par mois à remplir les factures et les papiers en lien avec mes clients et mes livraisons. A cela, il faut enlever environ 250€ par mois d'essence utilisée pour le travail (un plein toutes les semaines), sans compter l'entretien du véhicule (frein, amortisseur, révision, usure...) et l'assurance. Sur une année complète, on peut très certainement enlever 300 à 350€ de frais à ces 900 €: vous pouvez constater vous-mêmes ce qui reste. On est payé sur le nombre de journaux livrés: on touche environ 13 centimes par journal vendu au client 85 centimes d'euros. On a également une indemnité de 13 centimes par kilomètre effectué, alors que la base fiscale oscille entre 34 et 40 centimes. Le Télégramme, contrairement au Ouest France qui emploie 80% de livreurs salariés, ne travaille qu'avec des VCP indépendants.

Les travailleurs indépendants dits " vendeurs colporteurs de presse" exercent sous plusieurs statuts différents, sans vrai contrat de travail, dans la précarité la plus totale. Ils sont 32000 en France et 700 à travailler pour le Télégramme (12 rien que sur Morlaix), dont ils réalisent 80% des ventes (le reste étant assuré par la grande distribution, les maisons de la presse).

Ils sont obligés à une assiduité sans faille, ils travaillent 364 jours par an, la nuit entre 1h et 8h, par tous les temps... Ils n'ont aucun repos légal, aucune vacance, ni dimanche, ni jour férié.

Ils ont environ 3 à 4 heures de livraison par nuit mais ils doivent aussi compter quelques heures gratuites en plus le jour pour téléphoner aux clients, organiser les tournées, encaisser les factures, interrompre provisoirement des abonnements, tous ces frais de gestion étant à leurs charges, comme l'avancement des impayés des clients. Ils sont payés environ 8,50€ de l'heure, sans compter l'amortissement de la voiture, soumise à rude épreuve, et ne peuvent  donc toucher ni indemnité maladie, ni congé payé, ni chômage. Quand ils ont besoin d'un remplaçant pour assurer leur tournée en cas d'absence contrainte ou volontaire, ils doivent débourser 30€ pour lui par jour, avec une indemnité maladie de 2/3€. Sur les 25€ par mois que fournit un client au Télégramme pour son abonnement, le VCP ne touchera que 3,50€.  

Beaucoup de ces VCP ont par nécessité un deuxième boulot la journée (ou le métier de VCP est lui-même un appoint à un premier travail pas assez rémunérateur), car ils ne parviennent évidemment pas à vivre sur les seules commissions, indemnités kilométriques et pourcentages (dépendant du nombre de journaux à distribuer et du nombre de kilomètres à réaliser: entre 15 et 21%) liés à la distribution des journaux: certains travaillent à 35h pour la distribution de la publicité où ils sont tout aussi mal payés par les grosses entreprises qui ont aussi des liens avec les journaux (Adrexo avec Ouest-France, Mediapost avec le Télegramme), d'autres travaillent dans des entreprises de nettoyage, soit dans des emplois tout aussi précaires.

Ils peuvent avoir une prime de prospection de 30 euros pour un nouveau client trouvé, mais ceux-ci ne courent pas les rues, et la plupart du temps, c'est l'éditeur qui leur assigne leurs tournées.

La protection sociale, jusqu'à présent, est très très défaillante. On a 2 à 3€ la journée quand on est en arrêt maladie et le remplaçant qu'il nous faut trouver nous coûte 30 à 35%. Du coup, la plupart des VCP continuent à travailler malades.

Le calcul des trimestres de cotisation pour les retraites est basé sur le nombre de journaux vendus. De fait, les VCP n'ont que 1 trimestre et demi ou 2 trimestres validés par année. Ils n'ont actuellement que des droits à la retraite ouverts à 67 ans et sont bien souvent condamnés au minimum vieillesse. Pour améliorer leurs pensions de retraite, les VCP réclament de pouvoir cotiser au réel et non sur une base forfaitaire. Cette mesure ne coûterait rien à l'Etat.

L'URSAFF permettrait qu'on cotise au réel, 4 trimestres par an. Mais souvent les éditeurs de presse ne veulent pas.

 

Le Chiffon Rouge: quelles sont vos revendications?

Fabrice Clémenceau: De l'Etat, les VCP attendent une prise en charge de leurs absences pour raisons de maladie par des indemnités journalières dignes de ce nom leur permettant de payer le remplaçant.

Pour les dimanches et les jours fériés, ils réclament une prime identique pour les VCP à la hauteur de 8€.

Comme d'autres travailleurs indépendants, ils veulent un droit à bénéficier d'une récupération de la TVA payée:

- sur le carburant, en prenant en compte le nombre de kilomètres parcourus dans l'année pour la livraison et le prix moyen annuel du carburant multiplié par 19,6%.

- sur l'achat du véhicule, car il est anormal qu'ils payent une taxe sur leur seul outil de travail.

Les VCP attendent aussi une meilleure protection contre le licenciement: actuellement, les éditeurs peuvent se passer d'eux entre 48h et 15 jours, ce qui est un formidable moyen de pression. Les VCP doivent aussi pouvoir cotiser aux Assedic pour bénéficier d'une indemnité chômage, ce qui n'est pas le cas actuellement.

Plus immédiatement, les VCP du Télégramme attendent un relèvement des indemnités kilomètriques de 13 à 20 centimes d'€ le kilomètres, sachant qu'ils travaillent avec leurs voitures, bonnes à changer au bout de 4-5 ans, dont les frais d'entretien augmentent, les disques et les roues s'usent, sachant aussi que l'indemnité kilométrique au Ouest France est de 20 centimes d'€ le kilomètre, à Médiapost de 39 centimes du km, et que c'est encore inférieur au forfait fiscal standard pour remboursement des frais de transport aux salariés.

Depuis 2009, une aide directe au portage a été donnée par l'Etat aux groupes de presse - et ainsi le Télégramme a récupéré 8 millions d'euros d'aide d'Etat en 3 ans, mais cette aide n'a aucunement été redistribuée au VCP. Certains éditeurs de presse ont embauché, mais en réduisant les tournées des VCP déjà installés, ce qui a créé une nouvelle perte de pouvoir d'achat pour eux.

Sarkozy voulait de l'embauche comme contrepartie aux aides d'Etat: les éditeurs ont coupé les tournées en deux ou les ont amputé d'un tiers, ce qui leur a permis d'embaucher à moindre frais, en rognant sur le pouvoir d'achat des VCP déjà installés. Une tournée de 300 clients, ils l'ont ramené à 200. Les VCP qui ont travaillé pendant des mois à récupérer des clients alors qu'on leur en a enlevé d'autres d'autorité et du jour au lendemain, l'ont eu mauvaise. C'est ça qui est ambigü et désaventageux dans notre statut: nous avons tous les désavantages du travailleur indépendant mais un lien de subordination réel existe avec notre éditeur de presse, en l'occurrence le Télégramme, qui décide de nos tournées, de nos clients....

Augmenter les revenus des VCP du Télégramme n'a sans doute pas été la priorité de l'entreprise qui a préféré investir dans Tébéo ou dans des nouveaux locaux à Brest.

La solution optimale et la plus protectrice pour les VCP du Télégramme serait probablement d'obtenir pour ceux qui le souhaitent un statut de salariés. Le Télégramme y avait pensé à un moment mais s'était ravisé car des études avaient montré que cela lui coûterait plus cher. Les salariés y trouveraient toutefois une toute autre sécurité professionnelle avec un droit à bénéficier de conventions collectives, de contrats de travail, de protections contre le licenciement, le chômage, pour la retraite et les congés-maladie. Ils pourraient peut-être même à terme exiger qu'on leur fournisse des véhicules.

Avant cela, nous avons fait des propositions plus immédiatement réalisables au Télégramme avec qui nous sommes en négociation depuis le 13 mars, des mesures qui ne coûtent rien ou presque, sur lesquels nous demandons que le Télégramme se prononce: participer à la négociation pour fournir une mutuelle à moindre coût pour ses 700 VCP, prendre un partenariat privilégié avec un garage afin de baisser de 20 à 30% le coût de l'entretien de la voiture pour les VCP.

 

Le Chiffon Rouge: quel est ton parcours au niveau syndical et où en êtes-vous de vos démarches de revendication et de sensibilisation pour que votre situation s'améliore?

Fabrice Clémenceau: Au départ, j'étais plutôt proche de la CGT. Au Télégramme, il existait un syndicat CGT des VCP dont j'étais le secrétaire général. On était entre 15 et 20 adhérents.

Mais au Télégramme, il existait un syndicat CGT des VCP. J'y ai adhéré: on était entre 15 et 20 adhérents.

J'ai quitté ce syndicat à la suite de divergences d'opinions sur les actions à mener. Moi, je voulais qu'on aille plus loin dans les actions: qu'on aille voir un avocat pour voir si on ne pouvait pas lancer une procédure pour que le Télégramme nous reverse une partie de ses exonérations de charge patronale, qu'on aille au ministère de la culture, qu'on engage un bras-de-fer avec la direction.

Les VCP syndiqués étaient d'accord pour engager les frais au nom du syndicat pour que l'avocat lance les poursuites judiciaires qu'il pensait parfaitement gagnables mais le bureau de mon syndicat n'a pas suivi. J'ai été un peu écœuré et j'ai décidé avec quelques autres de monter un syndicat indépendant des vendeurs colporteurs de presse où l'on fonctionne sur un principe de consultation de tous en permanence, de mobilisation constante pour nos propres intérêts en tant que VCP.

Au début, ce syndicat que j'anime recrutait seulement au Télégramme mais l'ambition à toujours été de l'élargir aux VCP d'autres titres de presse désormais des VCP de Sud-Ouest et d'un autre journal du midi s'apprêtent à nous rejoindre.

L'Etat nous reconnaît comme un interlocuteur national et nous invite à la table des négociations et des discussions sur l'avenir de la presse. Nous sommes logés à la même enseigne que la FILPAC-CGT.

Notre travail trouve là une première récompense. Il faut dire que nous avons multiplié les démarches pour obtenir des rencontres sur la base de la transmission d'éléments solides.

J'ai été reçu deux fois par Marylise Lebranchu (le 12 octobre 2011 et le 21 mai 2012), une fois par Agnès Le Brun (le 7 juin 2012), une fois à la préfecture avant une opération escargot (le 8 mars 2012), deux fois par le ministère du travail à Paris ( 12 avril et 14 novembre 2012), deux fois par le ministère de la culture (8 décembre 2012 et 1er mars 2013), une fois au cabinet du Premier Ministre (3 octobre 2012). Le prochain rendez-vous, c'est en avril à l'Elysée, auprès de collaborateurs du Président Hollande. A chaque fois, nous allons à Paris avec nos deniers personnels et nous faisons l'aller-retour dans la journée pour pouvoir prendre le service dans la foulée. C'est éreintant, cela représente beaucoup d'investissement pour nous, mais nous avons une détermination partagée et sans faille. Je sais qu'on ira jusqu'au bout et qu'on va y arriver. Déjà, à force de "harceler" les décideurs par mails et téléphone, on finit par être écouté. Il ne faut pas être complexé. Notre situation est inacceptable. Il faut que ça se sache et que ça change car on ne peut tolérer une telle exploitation, une telle précarité. On travaille bien ensemble: tout se décide collectivement - les contacts, les manifs, les actions. Malheureusement, beaucoup de VCP ont peur pour leur emploi, peur de se faire virer, peur pour leur pouvoir d'achat, et comme on ne se connaît pas tous et que nous avons parfois des situations distinctes, il n'est pas évident de se mobiliser très fortement et nombreux. Mais ça finira par se faire, et là, ça pourra aller loin.

Aujourd'hui, j'ai bon espoir qu'une nouvelle charte des VCP soit signée, plus intéressante et protectrice pour nous, au niveau national à l'occasion de la réorganisation de l'économie de la presse. On m'a donné des éléments tendant à penser qu'il y allait avoir des choses de débloquées dessus. Par contre, il faudra toujours se battre pour que cette nouvelle charte que nous attendons tous soit appliquée au niveau du Télégramme.

 

 Entretien réalisé le 24 mars 2013.

 

 

 

JOURNAL REGIONAL DE FRANCE 3

Colporteurs de presse cherchent statut

Ils travaillent 362 jours par an pour livrer les quotidiens aux abonnés dès le petit matin. Salariés pour l'URSSAF, travailleurs indépendants pour les impôts... leur statut hybride les handicape.

  • Par Antonin Billet, publié le 30/03/2013
Fabrice livre chaque matin environ 250 exemplaires du Télégramme aux abonnés du quotidien.
Fabrice livre chaque matin environ 250 exemplaires du Télégramme aux abonnés du quotidien.
 
 
Dans notre reportage vidéo, nous suivons Fabrice qui livre chaque matin environ 250 exemplaires du quotidien le Télégramme. Il travaille 362 jours par an : pas de jours fériés ni de congés payés. Sa journée de travail commence vers 2h du matin pour s'achever vers 7h.

Sa paie : entre 14 et 20 centimes d'euros par journal livré. Cela lui fait un salaire d'environ 900 euros par mois.

Côté protection sociale, cela n'est pas terrible : l'une de ses collègues qui avait pris dix jours d'arrêt maladie a touché... 28 euros !

Pour défendre sa profession et lui donner un vrai statut, il se rendra le 10 avril prochain à l'Elysée.

 

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 07:07

Dans le cadre du Forum Economie Responsable/FER qui se tiendra à l'Auberge de jeunesse de Morlaix les 19 et 20 Octobre 2013, où des porteurs d'alternatives au modèle économique dominant viendront présenter leurs expériences,  quelques événements printaniers vous sont proposés en ouverture : 

 

Conférence / débat - Mardi 9 avril 2013 - 20h30 - Espace du Roudour, St Martin des Champs (Finistère)

Capitalisme, Science et Humanité

Avec Paul Jorion, anthropologue, sociologue,spécialiste de la formation des prix

Et Jacques Testart Biologiste, directeur de recherche honoraire à l'INSERM, président de la Fondation  Sciences citoyennes.

Animée par Agnès Sinaï,  journaliste indépendante (Le Monde diplomatique, La Revue durable, Actu-environnement), membre du comité de rédaction de la revue Entropia, co-fondatrice de l’Institut Momentum.

 

Réservation impérative (voir tract en PJ)

 

 

Ciné / Débat - Mardi 16 avril 2013 - 20h30 -  cinéma la Salamandre  - Morlaix (Finistère)

« Le grand retournement » Un film de Gérard Mordillat.

 

 

L'équipe du FER soutient également  les évènements suivants, auxquels elle sera

présente :

- Les 18 et 19 mai 2013, fête de la Bretagne aux Jardins Solidaires

- Le 30 mai 2013, conférence de P. Derudder sur les monnaies locales


  

 Ceux qui portent le Forum

 

Au départ, l’idée vient du groupe ATTAC Morlaix, qui a sollicité d’autres acteurs locaux : le RESAM (Réseau des associations du Pays de Morlaix), l’ADESS (Pôle de développement de l'Economie Sociale et Solidaire du Pays de Morlaix), le CPIE du Pays de Morlaix, et aussi l’association Bretagne durable, avec son site internet participatif,  histoire de F.E.R ensemble !

http://forumeco.wordpress.com/

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 06:59
L'Accord National Interprofessionnel qui est débattu en ce moment à l'Assemblée Nationale pour être transposé dans la loi est une régression sociale majeure.
Il "sécurise" les intérêts des employeurs et leur droit de licencier plus facilement. Il réintroduit les accords "compétitivité emplois" défendus par Nicolas Sarkozy: des accords d'entreprise signés dans des contextes de chantage à l'emploi donneraient le droit de contraindre à des baisses de salaires, des augmentations du temps de travail, des mobilités forcées.
Contrairement à ce que répètent le MEDEF et le gouvernement Ayrault, le problème, ce n'est pas le coût du travail, c'est le coût du capital et de la domination de la finance.
Nous appelons les salariés et les citoyens de la région de Morlaix à participer très nombreux à la journée de grève et de mobilisation du mardi 9 avril, à l'appel des syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires, et à se rassembler devant la place de la mairie à 11h pour empêcher le MEDEF de faire la loi et dire aux députés de gauche qu'ils n'ont pas de mandat ni de légitimité pour voter l'ANI, qui vide le code du travail de son contenu protecteur pour les salariés et fait de la précarité le nouveau modèle dominant.     
Le FRONT DE GAUCHE du PAYS de MORLAIX 

 

front de Gauche Morlaix


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  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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