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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 08:53

Les mains de Jeanne-Marie

 

Jeanne-Marie a des mains fortes, 

Mains sombres que l'été tanna, 

Mains pâles comme des mains mortes. 

- Sont-ce des mains de Juana? 

 

Ont-elles pris les crèmes brunes

Sur les marchés des voluptés? 

Ont-elles trempé dans des lunes

Aux étangs de sérénités? 

 

Ont-elles bu des cieux barbares, 

Calmes sur des genoux charmants? 

Ont-elles roulé des cigares

Ou trafiqué des diamants? 


Sur les pieds ardents des Madones

Ont-elles fané des fleurs d'or?

C'est le sang noir des belladones

Qui dans leur paume éclate et dort.

 

Mains chasseresses des diptères

Dont bombinent des bleuisons

Aurorales, vers les nectaires? 

 Mains décanteuses de poisons?

 

Oh! quel rêve les a saisies

Dans les pandiculations?

Un rêve inouï des Asies,

Des Khengavars ou des Sions?

 

- Ces mains n'ont pas vendu d'oranges,

Ni bruni sur les pieds des dieux:

Ces mains n'ont pas lavé des langes

Des lourds petits enfants sans yeux.

 

Ce ne sont pas mains de cousine

Ni d'ouvrières aux gros fronts

Que brûle aux bois puant l'usine

Un soleil ivre de goudrons.

 

Ce sont des ployeuses d'échines,

Des mains qui ne font jamais mal,

Plus fatales que des machines,

Plus fortes que tout un cheval!

 

Remuant comme des fournaises,

Et secouant tous ses frissons,

Leur chair chante des Marseillaises

Et jamais des Eleisons!

 

ça serrerait vos cous, ô femmes

Mauvaises, ça broierait vos mains,

Femmes nobles, vos mains infâmes

Pleines de blancs et de carmins.

 

L'éclat de ces mains amoureuses

Tourne le crâne des brebis!

Dans leurs phalanges savoureuses

Le grand soleil met un rubis!

 

Une tache de populace

Les brunit comme un sein d'hier;

Le dos de ces Mains est la place

Qu'en baisa tout Révolté fier!

 

Elles ont pâli, merveilleuses,

Au grand soleil d'amour chargé,

Sur le bronze des mitrailleuses

A travers Paris insurgé!

 

Ah! quelquefois, ô Mains sacrées,

A vos poings, Mains où tremblent nos

Lèvres jamais désenivrées,

Crie une chaîne aux clairs anneaux!

 

Et c'est un soubresaut étrange

Dans nos êtres, quand, quelquefois,

On veut vous déhâler, Mains d'ange,

En vous faisant saigner les doigts!

 

Arthur Rimbaud, Poésies 1870-1871 

Rimbaud.jpg

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 08:38

Union bancaire européenne : une réforme qui passe à côté de l’essentiel

Les ministres européens des finances viennent de conclure un accord pour la mise en place de l’union bancaire, présentée comme une « relance de l’Europe » et un « saut décisif pour sauver l’euro ». Ce nouveau dispositif de régulation bancaire ne s’attaque pas aux causes de la crise de l’euro, il les aggrave. Il n’empêchera pas les crises bancaires futures car il ne remet pas en cause le fonctionnement actuel des banques, dominé par la spéculation.

Chacun des trois piliers qui composent l’union bancaire soulève de gros problèmes.

Le premier pilier institue la fonction de superviseur unique de la zone euro, confiée à la Banque centrale européenne (BCE). Mais en réalité, la BCE ne contrôlera directement que les 128 plus grandes banques sur les quelques 6000 banques de la zone euro. Pire encore : puisque les pays de l'UE hors zone euro ne reconnaissent pas l’autorité de la BCE, le Royaume-Uni, à la tête de la principale industrie financière européenne, échappera ainsi au superviseur européen.

En second lieu, cette réforme aggrave le déni de démocratie en Europe. Le pouvoir de la BCE va être considérablement renforcé par ses nouvelles fonctions de superviseur. Or aucune décision n’a été prise pour réduire l’indépendance de la BCE et la rendre plus responsable devant les autorités élues, à commencer par le Parlement européen.

Les piliers 2 et 3 prévoient respectivement la création d’un système européen de garantie des dépôts et un mécanisme commun de résolution des crises bancaires. Le but affiché par ces nouveaux dispositifs est double : renforcer la solidarité entre pays en cas de crise, et faire payer aux actionnaires, plutôt qu’aux contribuables, le coût des défaillances bancaires.

Il est fort probable que ces beaux principes resteront lettre morte. En effet, les ressources financières prélevées sur les banques pour alimenter le fonds européen de résolution ne s’élèveront qu’à 60 milliards d’euros... en 2026. C'est ridiculement faible : la seule BNP Paribas représente un bilan de 2000 milliards d’euros. Par ailleurs l’Allemagne, qui refuse de payer pour les banques des pays du sud de l’Europe, a obtenu que les mécanismes de solidarité soient fortement réduits.

Mais la principale limite de l’union bancaire est qu’elle ne s’attaque pas au modèle bancaire dominant en Europe, qui mélange les activités de banque de détail tournée vers les ménages et les PME, et les activités de banque d’investissement tournée vers les marchés et la spéculation. Or ce sont ces dernières activités qui sont à l’origine de la crise financière, et menacent l’investissement et l’emploi.

La réforme de la régulation bancaire en Europe doit commencer par une remise en cause de la banque dite universelle, en introduisant une séparation radicale des activités de banque de détail et de banque d’investissement.    

Attac France,

Paris, le 20 décembre 2013

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 16:47

Ces derniers jours, les tensions sont montées d'un cran entre le Parti de Gauche et le Parti Communiste au niveau national, après la tentative de Jean-Luc Mélenchon et du Parti de Gauche d'empêcher l'élection à la tête du Parti de la Gauche Européenne de Pierre Laurent au motif qu'il a soutenu à titre personnel la perspective d'une union de la gauche à Paris.

Comme beaucoup de communistes attachés au développement du Front de Gauche et à la construction d'une alternative crédible au social-libéralisme pour mener des politiques de transformation sociale dont l'Europe et la France ont plus que jamais besoin en ces temps troublés et dangereux où la pression des pouvoirs financiers et du vote d'extrême-droite se font plus que jamais sentir, j'ai été déçu, et même très déçu par la décision des communistes de Paris, de Toulouse et d'autres grandes villes comme Nantes, Rennes ou Brest de faire alliance au premier tour avec le PS aux municipales pour avoir des élus et mener, espérons-le, une politique municipale progressiste. Nous avions des élections à deux tours: il fallait utiliser le premier tour pour marquer notre différence, créer un rapport de force, dire que nous avions une ambition autre que de gérer la misère ... de budgets publics locaux en baisse et d'une population fragilisée par l'austérité.   

Ces décisions s'inscrivent toutefois dans les statuts du PCF, qui prévoient que les militants décident souverainement de la stratégie aux élections municipales dans leur commune. Elles peuvent s'expliquer par des circonstances particulières au niveau local et elles procédent aussi sans doute de la volonté légitime d'un certain côté de défendre un bilan, de battre la droite au niveau local pour mener des politiques au service des habitants.

Elles ne renforcent pas l'unité et la crédibilité du Front de Gauche comme force politique capable par sa cohérence et sa constance d'intention de constituer une alternative à gauche à un PS qui depuis un an et six mois mène au niveau national une politique libérale de centre-droit, ne cessant de faire des concessions au MEDEF et à l'orthodoxie économique en ignorant les revendications du mouvement social et les attentes de la population et du peuple de gauche, du moins ce qu'il en reste. 

Ces décisions créent de l'ambiguïté et une certaine confusion dans l'esprit des militants et des électeurs et nous rappellent combien il est difficile d'exister pour un mouvement politique transformateur face au bipartisme de fait qu'organisent les institutions de la Ve République et au scrutin majoritaire à deux tours, préféré au scrutin proportionnel qui permet une juste représentation de la diversité des sensibilités politiques de l'électorat. 

Seulement, même si l'on peut comprendre la frustration de Parti de Gauche et d'autres composantes du Front de Gauche, il ne faudrait pas que l'absence de mesure et d'esprit de responsabilité l'emporte en mettant en péril notre patrimoine commun, le Front de Gauche, un rassemblement divers en son principe mais uni par une analyse de la réalité politique et un programme de transformation sociale, économique, démocratique et écologique, L'humain d'abord, qui est le seul, sur l'échiquier politique français, à répondre aux défis du temps.  

Les médias au service des forces conservatrices font leur chou gras de nos divisions qui renforcent aussi les partis qui co-gèrent un système de plus en plus inégalitaire et brutal pour la population.

Sur le plan de leur action parlementaire, les députés nationaux et européens, les sénateurs communistes élus sous l'étiquette et grâce aux électeurs du Front de Gauche n'ont jamais désavoué leur mandat et leur programme, votant contre les lois anti-sociales (retraites, ANI) les budgets d'austérité, le pacte budgétaire européen, faisant des propositions pour conquérir de nouveaux droits pour les salariés et la population, propositions qui ont été le plus souvent déboutés sans débat par le PS, EELV et les radicaux. 

Pierre Laurent, dans ses discours publics, ne témoigne d'aucune connivence avec la politique que mène le PS au niveau national, sans pour autant renoncer à convaincre les électeurs et élus de gauche déçus par la politique du gouvernement.

Nous ne voulons pas nous enfermer dans une gauche critique ou protestataire sans débouché sur le réel. Nous voulons peser sur les décisions, trouver les convergences qui permettent de réorienter sur des bases vraiment de gauche les politiques menées.

Jean-Luc Mélenchon est un homme politique brillant et extrêmement dynamique qui a magnifiquement porté la campagne du Front de Gauche aux élections présidentielles de 2012, nous permettant de retrouver un écho et un électorat moins confidentiel sur des bases programmatiques ambitieuses et claires, résultats de la fusion très riche de plusieurs héritages militants et idéologiques.

Nous lui sommes redevables d'avoir eu le courage de quitter le PS pour donner plus de résonnance à ses idées, d'avoir avec les communistes et la Gauche Unitaire surmonté des contentieux historiques pour créer le Front de Gauche, et d'avoir mené avec des dizaines de milliers de militants, anciens et nouveaux, cette belle campagne de 2012 qui a permis, partout en France, à des collectifs citoyens du Front de Gauche et à des assemblées citoyennes de se créer, beaucoup plus rassembleuses que les partis politiques traditionnels.

Il a contribué aussi à redonner aussi un peu de radicalité, d'ambition et de couleurs écologiques au PCF grâce à l'influence du Front de Gauche.

Nous comptons toujours sur lui pour la suite. Comme nous comptons sur d'autres responsables politiques très capables du Front de Gauche: Pierre Laurent, André Chassaigne et Clémentine Autain en particulier, mais il y en a bien d'autres. Nous ne devons pas avoir la culture du leader irremplaçable et infaillible, même si c'est toujours un avantage d'avoir des personnalités politiques charismatiques.    

Le PCF est un parti avec des dizaines de milliers de militants, une longue histoire, faite de luttes et d'actions dans les institutions. Il entend être respecté dans sa particularité, son autonomie, comme il se doit de respecter l'apport et la particularité des autres forces du Front de Gauche.

Dans la circonstance, il a jugé certainement que l'intérêt de la population, des gens que nous voulons défendre et représenter, les classes populaires, n'était pas d'affaiblir un peu plus la représentation électorale locale des communistes en perdant des élus qui se mettent au service de tous dans les municipalités.

Il y a bien sûr des élus et des militants au PCF qui sont au Front de Gauche sur la pointe des pieds, qui considèrent que le Front de Gauche est avant tout une stratégie électorale ponctuelle et un risque pour la permanence du parti, des élus, leurs alliances préférentielles avec le PS... Mais c'est loin d'être la majorité.

De la méfiance peut subsister néanmoins chez beaucoup vis à vis d'un risque d'effacement du PCF, un parti auquel la plupart des militants qui ont tenu contre vents et marées le cap de leur espérance et de leur fidélité sont viscéralement attachés, ce qui ne les empêche pas d'êtres critiques et exigeants. On a le souvenir de ce qu'a engendré en Italie l'auto-dissolution du Parti Communiste: la dérive complète de la gauche qui compte électoralement vers le centre libéral.

Personnellement, je crois que la force du Front de Gauche, c'est de trouver l'unité et l'apport réciproque dans la diversité, c'est son côté pluricéphale, même si c'est aussi parfois une faiblesse et un risque, même si cela demande toujours des efforts de compréhension, de compromis. 

Personne ne peut se dire propriétaire de l'identité et de la visée du Front de Gauche même si cette identité et cette visée existent bien, s'exprimant souvent dans les tensions et la contradiction, comme toutes les productions historiques.

L'attente du mouvement social, les besoins de la population, les espoirs que nous avons su faire naître, l'immense et périlleux chemin qui nous reste à parcourir pour convaincre la majorité de notre peuple que le changement est non seulement souhaitable mais possible, à condition de ne pas se résigner, de bousculer les féodalités économiques et les certitudes assénées par la bourgeoisie et ses relais idéologiques, nous imposent de sortir par le haut de cette crise interne au sommet que l'on ne ressent pas partout sur le terrain, heureusement. 

Mettons les egos et les rancunes en sourdine, assumons nos responsabilités au regard de l'histoire et du collectif: retrouvons le chemin du dialogue, de l'unité et du combat commun contre le libéralisme, le capitalisme financier, les lâches renoncements de la gauche gouvernementale face aux pouvoirs financiers, à la montée de la crise écologique, l'intolérance et de la xénophobie.

Evitons la complaisance, la mollesse comme le sectarisme et l'invective.

Ne transformons pas nos divergences en casus belli, nos désaccords en chantage.

Nous avons tant de chemin à faire ensemble! Nous en avons déjà tant fait! 

La richesse du fonctionnement du Front de Gauche dans beaucoup d'endroits (comme à Morlaix) où il a su dépasser, grâce à la volonté des militants des partis fondateurs, le format d'un rassemblement ponctuel d'organisations à finalité électorale pour devenir une force citoyenne et politique à part entière, témoigne des promesses de notre mouvement, où l'on retrouve des écologistes, des anciens socialistes, des communistes, des militants venus de l'extrême-gauche, des altermondialistes, des militants associatifs et syndicaux, un grand nombre encore de citoyens qui n'avaient jamais eu d'engagement politique auparavant.

Ayons en tête la leçon et l'esprit de Jaurès, le grand orateur, le grand intellectuel, le grand serviteur de la paix, de l'humanisme concret et de l'émancipation sociale du monde ouvrier. Il savait être ferme dans l'affirmation des principes et la dénonciation des injustices tout en parlant à tous, sans excès de procès d'intention, en ne renonçant jamais à convaincre, à indiquer le chemin de la raison. Il sut unifier un mouvement socialiste éparpillé en plusieurs chapelles divisées par des contentieux historiques et idéologiques pour gagner en efficacité pour l'action. Il n'opposa jamais le travail dans les institutions et la lutte sociale, les conquêtes sociales et démocratiques immédiates à l'ambition révolutionnaire de dépassement du mode d'exploitation capitaliste. Il y voyait des moyens pour le grand nombre de prendre conscience de sa force, de gagner en capacité de mobilisation. Il sut toujours montrer au-delà des débats du moment l'horizon d'avenir meilleur qu'une résolution favorable laissait présager. Il sut élever la politique au-dessus du pinaillage, de l'esprit de coterie et de la guerre des chefs.

Le respect de l'humanité, la noblesse du caractère, l'humilité, l'esprit de synthèse et de compromis jointe à la grandeur de vue et à la sincérité de la visée révolutionnaire font de Jaurès un exemple dont les dirigeants politiques qui se réclament à bon droit de son héritage (la direction du PS actuel n'y a aucun droit) feraient bien de s'inspirer.

Ismaël Dupont.           

 

   

    

 

   

 

    

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 16:43
Le site raciste et antisémite Breizh Atao du sinistre Boris Le Lay condamné à plusieurs reprises par la justice pour insultes à caractère raciste et propos négationnistes, confirme son rejet fondamental des valeurs républicaines et humaines les plus élémentaires en se félicitant de la mort de Michel Mazéas, maire de Douarnenez pendant 24 ans, qualifié d'"ignoble pourriture communiste". 
Ce groupuscule d'extrême-droite radicale qui revendique bien légitimement l'héritage du PNB fasciste et collaborateur fait honneur à Michel Mazéas en le poursuivant de sa haine absurde, lui l'héritier des valeurs de la résistance, de la lutte contre la peste brune et de la construction d'une société solidaire, fraternelle, et plus égalitaire dont le programme du Conseil National de la Résistance trace le projet. 
Le PCF du Finistère salue la mémoire de cet élu communiste, historien, homme de passion et de raison, qui a marqué l'histoire politique et sociale du Finistère, à l'instar de Sébastien Velly, le deuxième maire communiste de France, élu en 1921 à Douarnenez, et des élus communistes Fernand Jacq de Huelgouat et Pierre Guéguen de Concarneau, fusillés dans la carrière de Châteaubriant, qui y chantèrent le "Bro Gozh ma zadou" et l'Internationale en breton quand les mentors Breizh Atao de Boris Le Lay vendaient leur âme chimérique aux nazis. 
La fédération PCF du Finistère
logo
...................
Lien avec le site des enragés de l'extrême-droite anti-bretonne.  
Voici ce qu'on peut voir sur le site Breiz Atao de Boris Le Lay à l'adresse ci-dessous
http://breizatao.com/?p=16644
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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 07:26

Il rêvait de lys blancs, 

D'un rameau d'olivier, 

Des seins de son aimée épanouis le soir. 

Il rêvait, il me l'a dit, d'un oiseau

Et des fleurs de l'oranger. 

Son compliquer son rêve, il percevait les choses

Telles qu'il les ressentait... et les sentait.

Une patrie, il me l'a dit,

C'est savourer le café de sa mère,

C'est rentrer à la tombée du jour. 

Et la terre? Je lui demandai. 

Il répondit: Je ne la connaissais pas. 

Je ne sentais pas qu'elle était ma peau et mon coeur, 

Ainsi qu'il est dit dans les poèmes. 

Mais soudain je la vis, 

Comme une boutique... une rue... des journaux. 

Je lui demandai: L'aimes-tu? 

Il répondit: mon amour est une brève promenade, 

Un verre de vin... une aventure. 

- Donnerais-tu ta vie pour elle? 

- Non! 

Je ne suis lié à cette terre que par un éditorial... un discours enflammé! 

On m'a enseigné à aimer son amour. 

Mais je n'ai pas senti son coeur se fondre avec le mien. 

Je n'ai pas humé l'herbe, les racines et les branches...

- A quoi ressemblait son amour? 

Brûlant comme les soleils... la nostalgie? 

Il fit front: 

- Ma voie à l'amour est un fusil, 

Des fêtes revenues de vestiges anciens, 

Le silence d'une statue antique

D'époque et d'origine indéterminées! 

Il me parla de l'instant des adieux, 

De sa mère

Pleurant en silence lorsqu'on l'envoya

Quelque part sur le front...

De sa voix éplorée, 

Gravant sous sa peau un souhait nouveau: 

Aah si seulement les colombes grandissaient au ministère de la défense...

Aah si les colombes!...

 

... Il fuma une cigarette, puis il me dit

Comme s'il échappait d'un marécage de sang: 

J'ai rêvé de lys blancs, 

D'un rameau d'olivier...

D'un oiseau étreignant le matin

Sur la branche d'un citronnier...

- Qu'as-tu vu? 

- Mes actes, 

Ronces rouges explosées dans le sable... les poitrines...

   et les entrailles.

- Combien en as-tu tué?

- Difficile de les compter...

Mais je n'ai été décoré qu'une fois.

 

Je lui demandai, me faisant violence:

S'il en est ainsi, décris-moi un seul cadavre.

Il rectifia sa position, caressa son journal plié

Et me dit comme s'il me chantait une ritournelle:

Tente de vent sur les gravats,

L'homme enlaçait les astres brisés.

Une couronne de sang ceignait son large front

Et sa poitrine était sans médailles,

Puisqu'il s'était mal battu.

Il avait l'aspect d'un paysan, d'un ouvrier ou d'un marchand ambulant.

Tente de vent sur les gravats... Il mourut

Les bras jetés comme deux ruisseaux à sec.

Et lorsque j'ai cherché son nom dans ses poches,

J'ai trouvé deux photos,

L'une... de sa femme,

L'autre... de sa fille...

Je lui demandai: En es-tu attristé?

Il m'interrompit: Mahmoud, mon ami,

La tristesse est un oiseau blanc

Etranger aux champs de bataille. Et les soldats

Commettent un péché, s'ils s'affligent.

Je n'étais, là-bas, qu'une machine crachant un feu rouge

Et changeant l'espace en un oiseau noir.

Plus tard,

Il me parla de son premier amour,

De rues lointaines,

Des réactions après la guerre,

Des fanfaronnades à la radio et dans les journaux.

Et lorsqu'il dissimula sa toux dans son mouchoir,

Je lui demandai: Nous reverrons-nous?

Il me répondit: Dans une ville lointaine.

 

Au quatrième verre,

J'ai dit, taquin: Ainsi tu partirais... Et la patrie?

Il me répondit: Laisse tomber...

Je rêve de lys blancs,

D'une rue qui gazouille et d'une maison éclairée.

Je quête un coeur bon, non des munitions,

Un jour ensoleillé, non un instant de folle victoire... fasciste.

Je quête un enfant souriant au jour,

Non une place dans la machine de guerre.

Je suis venu ici vivre le lever des soleils,

Non leur coucher.

 

Il me fit ses adieux... Il était à la recherche de lys blancs,

D'un oiseau accueillant le matin

Sur un rameau d'olivier.

Il percevait les choses

Telles qu'il les ressentait... et les sentait.

La patrie, il me l'a dit,

C'est boire le café de sa mère

Et rentrer, à la tombée du jour, rassuré.

 

Mahmoud Darwich, La terre nous est étroite , 1967

 

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 13:41

Budget de la Sécu remis en cause. Les Patrons en rêvaient… Le gouvernement a fait un projet de loi …Les députés PS et Verts l’ont voté !

Les médias, si prompts à nous donner des nouvelles de la prostate de notre président sont restés bien silencieux à propos de la nocivité du projet de loi sur la protection sociale.

Avec cette loi, le gouvernement annonce un véritable « choc social ». En réalité, cela constituera un nouvel obstacle à la croissance, à l'emploi, et donc au financement pérenne de la Sécurité sociale.

Une fois encore, les efforts demandés pour le rétablissement des comptes de la Sécurité sociale ne visent que les salarié-e-s et les citoyen-ne-s. Aucune mesure ne mettra àcontribution les entreprises de manière effective. Aucune mesure ne mettra à contribution les coûts du capital(intérêts et dividendes) qui prélèvent aujourd'hui plus de 300 Mds d'euros sur la richesse produite, au détriment de l'emploi et des salaires qui sont pourtant les garants de recettes futures pour la Sécurité sociale et l’État.

Pas étonnant donc que pour la première fois, toutes les instances consultées pour avis se soient prononcées contre ce texte.

Les députés Front de Gauche ont démontré à quel point ce projet n’était ni juste ni équitable et la pertinence de leur opposition et de leurs propositions alternatives, contraignant le Gouvernement à un 2ème passage à l’Assemblée Nationale.

La future réforme du financement de la protection sociale, sous couvert de « remise à plat de la fiscalité », et de la branche famille de la sécurité sociale en lien avec la réforme de la politique familiale, dessinent d'ores et déjà de funestes perspectives pour les salariés, jeunes et retraités du pays. Le patronat et la finance s'en frottent les mains.

 

Décidément, ce n’est pas pour ça que nous avons voté Hollande, il est temps de changer de politique, il est temps de tourner le dos aux orientations libérales que les partis de droite (UMP, UDI, FN …) prônent, et que le gouvernement actuel perpétuent, il est temps que les citoyens expriment leur désaccord avec ces orientations néfastes, il est temps de donner toute sa place au Front de Gauche, seul à proposer un changement réel.

Nicole Labelle

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 11:20
Les « Cinq de Roanne » ont obtenu la relaxe  (Politis)

Les cinq militants CGT de Roanne, poursuivis pour avoir refusé un prélèvement ADN, ont été relaxé aujourd’hui par le tribunal correctionnel de la sous-préfecture de la Loire. Pour ces syndicalistes et leurs nombreux soutiens, cette décision de justice est l’aboutissement d’un long combat judiciaire.

Roanne, Palais de justice, 5 novembre 2013 (photo @YdahoYdaho).

A l’audience le 5 novembre, le parquet avait encore requis contre eux un mois de prison avec sursis. Une peine qui aurait pu coûter leur emploi à ces cinq fonctionnaires (quatre hommes et une femme) de la Défense et agents hospitaliers pour un délit extrêmement mineur.
En novembre 2012, ils avaient été reconnus coupables par la cour d’appel de Lyon de dégradations en réunion, mais dispensés de peine, pour des tags hostiles au député UMP et ancien maire de Roanne, en marge d’une manifestation contre la réforme des retraites, le 23 septembre 2010. A la suite de ce jugement, ils avaient toutefois été convoqués par la police et la gendarmerie pour être inscrits au fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), ce qu’ils ont refusé en mai, écopant d’un nouveau procès.

Le tribunal de Roanne a estimé, dans son jugement rendu cet après-midi, que le prélèvement ADN ne concernait que des personnes condamnées, alors que les prévenus dans le cas présent avaient été dispensés de peine. Le parquet général n’aurait donc pas dû requérir ce prélèvement et la justice ne pouvait donc pas leur reprocher de l’avoir refusé. 
Le tribunal a également considéré que les gardes à vues du mois de mai étaient irrégulières.

Cette relaxe ne clôt pas la bataille pour l’amnistie de tous les syndicalistes, une amnistie que le gouvernement et la très grande majorité des parlementaires socialistes continuent de refuser.

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 07:44

 

Douarnenez. L'ancien maire Michel Mazéas est décédé
  • Michel Mazéas, sur le port du Rosmeur.
    Michel Mazéas, sur le port du Rosmeur. | Archives Béatrice Le Grand.
  • Dans son bureau de maire, en janvier 1980.
    Dans son bureau de maire, en janvier 1980. | ARCHIVE OUEST FRANCE
  • A Port-Rhu, en octobre 2012, à la main son projet d'ouvrage sur la pêche au thon.
    A Port-Rhu, en octobre 2012, à la main son projet d'ouvrage sur la pêche au thon. | OF
 

Maire pendant vingt-quatre ans, élu communiste pendant 39 ans. Une figure de la cité s’en est allée et, avec elle, le reflet d’une époque.

Le maire honoraire Michel Mazéas est décédé hier soir.

«Un personnage». Attaché à sa ville, comme sa ville était attachée à lui. Tout le monde le surnommait «Mich'Maz». Michel (Louis, Joseph) Mazéas est né le 14 février 1928 dans un foyer de marins-pêcheurs de Ploaré, à Douarnenez. Ses racines, il ne manquait jamais une occasion de leur rendre hommage. « Il est resté profondément attaché à ses origines et au monde de la mer », écrivait-il en quatrième de couverture d’un ouvrage sur la pêche sur thon, qu’il rêvait récemment de faire publier. L’un de ses derniers combats peut-être.

Inscrit maritime provisoire à 11 ans

La pêche au thon, justement : c’était la profession de son père Louis Mazéas, marié en l’église de Ploaré avec Joséphine Deudé, ouvrière de conserverie chez Amieux puis Carnaud. Le métier aussi de son fils, Louis, pêcheur à l’appât sur le bateau de Jo Picolec.

Michel Mazéas lui-même avait fait une fois une campagne de 21 jours, « nous avons essuyé trois jours de tempête, avec des creux de 14 mètres, et dérivé près de 100 miles à la cape, écrit-il dans Les houles de la mer d’Iroise. Moteur au ralenti, bout à la lame, le bateau semblait escalader des montagnes d’eau pour retomber dans des gouffres sombres, d’où il retombait à nouveau sur la crête des grosses lames. Parfois, l’hélice cavitait hors de l’eau, s’affolait un instant en faisant vibrer toutes les membrures. Dans ces moments-là, nous devenions soudain plus attentifs aux réactions du navire et nos regards se croisaient, interrogatifs, sur fond d’angoisse. » Tôt baptisé à l’eau de mer, Michel Mazéas est inscrit maritime provisoire dès l’âge de 11 ans.

Instituteur public en 1948

La Seconde Guerre mondiale le conduit à opter pour une carrière dans l’enseignement public : en 1943, il tombe malade, sa pleurésie l’empêchera, plus tard, d’exercer sa passion : pilote d’avion. En 1948, il devient alors instituteur public, il exerce pendant onze ans à Trévignon. En 1960, l’enseignement obligatoire est prolongé de 14 à 16 ans, il hérite alors d’une mission de deux ans à Douarnenez : enseigner aux jeunes de 14 ans, qui doivent encore étudier pendant deux ans.

Maire de sa ville natale de 1971 à 1995

Le 21 mars 1971, Michel Mazéas est élu maire pour la première fois. Les mandatures qui suivent voient la mise en place des classes de mer et de voile, et la réalisation de grands équipements : hôpital, maisons de retraite, centre des arts… Trois fois, son « ticket » politique est imparable : le communiste Michel Mazéas à la mairie, les socialistes Jean Peuziat et Daniel Bouër comme adjoints.

Au conseil municipal, il impose ses choix. Malheur au contradicteur : entier et passionné, Michel Mazéas a des colères homériques, la voix puissante et des yeux bleus gris-acier, qui foudroient les opposants. Pourtant, quelles que soient les divergences d’opinions, l’homme est respecté par tous et son intégrité ne sera jamais remise en cause. Mich’Maz’, c’est « la statue du commandeur », compare un confrère, il y a quelques années.

En 1995, le maire communiste chute de 51 voix, plombé par le feuilleton politique et la liquidation de la société d’économie mixte (Sem) du Port-Musée. Conseiller d’opposition, puis à nouveau de la majorité en 2001, sous la mandature Prévost, il sera « poussé vers la sortie » par la nouvelle équipe candidate à gauche en 2008. À 80 ans, « je n’avais pas l’intention de décrocher, mais j’en ai vu d’autres », relativisera-t-il, plus tard.

En 2008, Michel Mazéas avait reçu la médaille d’or des collectivités locales, départementales et régionales. En avril, la médaille de la Ville, remise par Philippe Paul (« Le sénateur-maire avait quatre ans quand j’ai été élu maire pour la première fois ! ») saluait ses 39 années au service de Douarnenez. En 2000, recevant la légion d’honneur des mains de Marie-George Buffet, alors ministre de la Jeunesse et des Sports, il avait dédié sa récompense à tous les Douarnenistes, responsables d’associations et sportifs, au motif « que les qualités personnelles ne sont rien, sans la volonté des autres ».

Historien de la Ville

Ces derniers temps, le maire honoraire allait régulièrement à la mairie pour répondre à des demandes de renseignements. Longtemps, il avait animé la revue patrimoniale des Mémoires de la ville. Outre son livre Les houles de la mer d’Iroise aux éditions Maritimes et d’Outre-Mer, qui raconte des épisodes salés de la vie difficile des marins-pêcheurs, « des récits de 1911 à 1993 », il a aussi écrit Ploaré, une église du XVIe siècle, et de nombreux articles dans Armen, Armor Magazine, Atouts Bretagne…

Dans Les houles de la mer d’Iroise, Michel Mazéas salue la mémoire de « ses compagnons de mer, dont beaucoup ne sont plus là aujourd’hui. Pour la plupart, ils se sont perdus dans les tempêtes. Les autres ont été emportés par le temps. Ils voguent quelque part comme les mouettes que le vent entraîne loin de nous, avant de disparaître à nos yeux qui cherchent à les suivre encore. » Ce mercredi matin, la ville de Douarnenez, en deuil, va guetter l’horizon.

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 06:55

Classe 17


Je me souviens C'était je crois tout près de Saint-Michel-en-Grève

Mais peut-être après tout que je confonds la vie avec le rêve

 

Je ne savais pas qu'on pût ainsi traiter des êtres humains

 

Je me souviens Il était venu des gens de tous les villages

On en voyait arriver au loin par les sables de la plage

 

Il y avait des groupes de paysans sur tous les chemins

 

Des villégiateurs avec leur marmaille de toile blanche

Des bourgeois de Lannion qui poussaient jusque-là le dimanche

 

Un monde au bord de la mer avec des chapeaux noirs et des gants

 

De plus en plus le temps gris de l'été tournait à l'étouffoir

Avec tout ça les coiffes conféraient aux prés un air de foire

 

Le ciel portait un manège d'oiseaux criards et fatigants

 

Tout à coup les pêcheurs abandonnent leurs filets dans les roches

Les jambes sont pleines d'enfants qui courent et crient qu'ils approchent

 

Et les voilà chargés de poussière et d'humiliation

 

Troupeau confus les boutons arrachés aux capotes de terre

Sans armes sans ceinturons enroués à force de se taire

 

Le pas rompu le visage étrangement sans expression

 

Couleurs des murs longés les yeux gris une barbe de trois jours

Blonde ou rousse et le regard égaré des fauves et des sourds

 

Les voilà comme un cheminement maudit dans les champs pierreux

 

Plus grands que nature à côté des fusils Gras qui les escortent

A travers ce pays où pour eux les maisons n'ont pas de portes

 

Ce pays qui n'a que des bornes kilométriques pour eux

 

Ils ont la tête qui retentit toujours des tirs de barrage

Et trop de poux qu'on leur permette de dormir dans le fourrage

 

C'est près de Reims qu'on les a pris comme des mouches dans la craie

 

Cette terre a le crâne dur On a bien du mal à s'y faire

Elle a gardé morts et vivants à son abri tout un hiver

 

Mais un beau matin de printemps en a livré tous les secrets

 

Depuis ce jour leur long malheur s'étire comme une couleuvre

Ils ne sont que des prisonniers que l'on achemine à pied d'oeuvre

 

Ils ont marché marché marché comme ils vivaient dans les tranchées

 

Ils ont marché marché marché jusqu'au-delà de la fatigue

Les pieds et la mémoire en sang rêvant la Saxe ou le Schlesvig

 

Et sans savoir où ils allaient ils ont marché marché

 

Après tout les voilà contents d'être sortis de la bataille

Des fermiers tâtent leurs mollets pour voir si c'est du bon bétail

 

On a des morts dans la commune on les remplacera comment

 

Celui-là tenez le rouquin nous servirait pour les cultures

Est-ce qu'ils sont très exigeants sur la question nourriture

 

Avec tous ceux qui sont partis on prendrait bien des Allemands

 

             O créatures

 

Royaume ancien de la légende aux confins des vents et des pluies

Les esclaves vendus les bagnards enchaînés sur les galères

 

Et sur la tour guettant Tristan

                                        mourait avant les heures claires

Avant Yseult d'Irlande ensemble et l'aube à genoux près de lui

 

Il n'est plus d'enchanteur ni de fée ô Bretagne imaginaire

Rien que des prisonniers exécutant un travail ordinaire

 

Un petit chemin de fer côtier de Saint-Michel à Plestin

Ah ce n'est pas la vie de palace ou la cour du roi Arthur

S'ils tentent de s'enfuir les G.V.C. tirent dessus pour sûr

Mais à côté de ceux qui sont au front les plaindre est enfantin

 

Vous ignorez comment vivent les ouvriers français sans doute

Ou les Nord-Africains qu'on emploie à l'empierrement des routes

 

C'était vrai J'étais en ce temps là profondément ignorant

Il y avait tant de grands mots que je ne savais lesquels croire

Et les beaux nuages passaient toujours au fond de mon miroir

Le monde avec lenteur prenait pour moi des habits différents

 

Louis Aragon Le roman inachevé, 1956 

 

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 19:48

La Bretagne qu'on aime... Avec une forme de mobilisation magnifique à l'énergie communicative pour dénoncer la fermeture des frontières et le progrès des idées et politiques xénophobes. 

Cette vidéo a été mise sur internet par RESF et transmise par Dominique Gonthier, camarade communiste de Moëlan sur Mer.   

http://www.youtube.com/watch?v=bTF2V85deWQ

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