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"Quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.» Par Jean-Claude Lefort, Député honoraire, Fils de Manouche.
La tribune:
Manuel, tu as déclaré hier soir, sur BFMTV, que la situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.
Tu as été naturalisé français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu français, il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc «vocation», selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement, de même que je comprends totalement ton souhait de devenir français. Cela sans l’ombre d’un doute.
Tu avais «vocation» à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms. Celui qui t’écrit, en ce moment, est un Français d’origine manouche par son père.
Mon père, manouche et français, est allé en 1936 en Espagne pour combattre le franquisme, les armes à la main, dans les Brigades internationales. Pour la liberté de ton pays de naissance, et donc celle de ta famille. Il en est mort, Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de la Jarama, en 1937. Je ne te demande aucun remerciement, ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix, quand bien même il a privé ma famille de sa présence alors que je n’avais que neuf ans et ma sœur, dix-huit.
La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la Résistance sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy et d’autres sont entrés en résistance à seize ans. Je ne lui reproche aucunement de ne pas l’avoir fait, bien évidemment. Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la Résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient «vocation» à retourner ou à rester dans leur pays d’origine, ces «étrangers, et nos frères pourtant»…
Manuel, «on» a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour devenir ou être membre de l’Union européenne: le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiété à l’époque. En tant que député, je suis allé à Bruxelles, auprès de la Commission, pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figure-toi.
Et aujourd’hui, dans ces pays, la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien «aggravée». Et ils ont «vocation» à rester dans leurs pays ou à y revenir? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes sortes? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures, c’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant. Alors toi, l’Espagnol devenu français, tu ne comprends pas? Fuir son pays, tu ne comprends pas? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a «vocation» à rester ou revenir dans son pays? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot «race» va disparaître de nos lois. À juste titre car il n’y a pas de races, juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.
La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.»
Pour l’heure, Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour «ça»?
Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France. Inclus «ces étrangers, et nos frères pourtant».
Ce dimanche, les magasins Castorama et Leroy Merlin ont ouvert leurs portes en Ile-de-France malgré l'interdiction de travail dominical imposée par le tribunal de commerce. Ce délit est une violation inacceptable du droit du travail et du commerce. C’est un véritable chantage à l’emploi que mènent ces deux enseignes dont le propriétaire de Leroy Merlin, le groupe Mulliez, est notoirement connu pour déployer des trésors d’imagination quand il s’agit d'échapper à l’impôt français.
L’interdiction du travail du dimanche a été et reste une conquête sociale majeure. Son autorisation nous ramènerait au 19eme siècle. Ce n'est pas en revenant sur cette avancée sociale, que l'on pourra faire face à la crise économique actuelle, conséquence des politiques d'austérité, de précarisation des emplois et de baisse des salaires.
Ce n'est pas par la dérégulation du temps de travail (remise en cause de la durée légale comme des limites imposées à la durée quotidienne par le travail au forfait) que l'on pourra faire face à l'avènement nécessaire d'un développement humain, durable, centré sur les connaissances et compétences des salariés, l'accès de tous à la culture, la démocratie et le progrès social.
Vingt ans après Oslo, regard rétrospectif
Michel Warchawski, militant anti-colonialiste israélien. Co-fondateur du Centre d’Information Alternative (Jérusalem/Bethlehem) Journaliste et auteur de nombreux livres sur Israël et le conflit israélo-arabe
Publié le 20/09/2013 sur Médiapart
Le treize septembre 2013 marque les 20 ans du processus d’Oslo. Il nous a semblé que cela devrait être l’occasion d’une véritable réflexion politique non seulement sur le bilan de ces vingt longues années, mais aussi sur les différentes perspectives d’avenir que l’échec des promesses de ce processus ouvre pour la région. Nous avons demandé à plusieurs personnalités de contribuer par leur analyse à ce petit brainstorming. L’Agence Média Palestine, en partenariat avec l’Alternative information Center, publiera ces tribunes durant ce mois, sur l’espace club de Médiapart. (tiré de mediapart.fr)
Oslo est mort, tout le monde le reconnaît, alors pourquoi consacrer, vingt ans après, du temps et de l’énergie pour étudier son cadavre pourri ? C’est qu’en fait, le débat public et les initiatives diplomatiques régionales continuent à se servir de ses paramètres, y compris chez la plupart de ceux qui jurent dur comme fer qu’ils n’ont plus aucune pertinence.
Ce texte sera une espèce d’auto-critique combinée à une lecture du tournant global qu’a connu le monde au moment même où devaient être mises en œuvre les différentes clauses de ce qu’on a appelé « les accords d’Oslo ».
Au moment où le Premier Ministre norvégien annonçait, en Septembre 1993, la signature par les représentants de l’OLP et de l’État d’Israël d’une « Déclaration de Principes » dans la capitale de son pays, rare ont été les indifférents : si la grande majorité du public, y compris palestinien, vivait ce moment comme une grande fête, ou en tout cas, comme le début de la fin d’un conflit centenaire, une minorité se déclarait dès le départ hostile à ce qu’elle considérait comme une trahison, à la fois chez les Palestiniens et chez les Israéliens.
Le Centre d’Information Alternative, organisation palestino-israélienne dont j’étais alors le directeur, a connu à ce moment-là une de ses crises les plus aiguës, frisant même la scission entre « pro-Oslo » et « anti-Oslo ». Pro-Oslo – le mot est exagéré, car nous étions tous conscients qu’il s’agissait d’un mauvais compromis dans lequel les Palestiniens perdaient beaucoup. Mais que fallait-il faire, alors que le mouvement national palestinien se déclarait prêt à un compromis historique avec le mouvement colonial qui l’avait spolié de ses droits et de sa patrie ?
Pour les anti-Oslo, l’accord était un diktat que l’impérialisme américain pouvait imposer aux Palestiniens qui « avaient misé sur le mauvais cheval » (George W Bush) en s’alliant à Saddam Hussein, diktat qui les obligeait à renoncer à une grande partie de leurs droits (entre autres le droit au retour des réfugiés) et de leur terre (plus de 70% de la Palestine mandataire où se trouve l’Etat d’Israël reconnu, et donc accepté par l’OLP). Pour les dits pro-Oslo, au contraire, la « reconnaissance mutuelle » était un acquis pour les Palestiniens, et l’engagement pris par Israël de se retirer des territoires occupés en Juin 1967, le résultat de la lutte héroïque des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza au cours de l’Intifada (1987-1990).
En arrière-fond de ce débat, un moment historique très particulier, celui du basculement de l’ère de la décolonisation à celle de la guerre (globale permanente et préventive) de recolonisation du monde menée par les Etats-Unis et leurs alliés. L’ouverture du processus d’Oslo se fait dans le cadre global de la décolonisation, mais il échoue sous les coups de boutoir de l’offensive recolonisatrice des USA et de leurs alliés dont le Moyen-Orient est à la fois le laboratoire et la ligne de front.
Qu’attendaient la direction de l’OLP et ceux, dans le mouvement de solidarité qui se sont alignés sur sa position, de la Déclaration de Principes d’Oslo ? À la fois peu et beaucoup : la reconnaissance du fait national palestinien d’une part, et, de l’autre, l’ouverture d’un processus de retrait israélien des territoires occupés en 1967 qui, à terme, mènerait à la constitution d’un État palestinien indépendant sur 22% de la Palestine mandataire.
La reconnaissance a été obtenue, c’est incontestable. Quant à la décolonisation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, elle a effectivement débuté avec le retrait de Gaza et de Jéricho ainsi que le transfert progressif de l’administration des territoires occupés à une Autorité Nationale Palestinienne. Une force armée palestinienne s’est également mise en place avec le retrait des forces d’occupation israéliennes des villes de Cisjordanie et de la grande majorité de la Bande de Gaza.
Pourtant, dès le début, il y avait lieu de s’inquiéter des vraies intentions israéliennes : le calendrier n’a pas été respecté (Rabin : « il n’y a pas de dates sacrées ») et le passage garanti entre Gaza et las Cisjordanie n’a jamais vu le jour. En outre, et c’est un cas unique dans des négociations de paix, des milliers de détenus politiques n’ont pas été libérés, et les organisations palestiniennes – y compris celles avec lesquelles Israël menait les négociations – sont restées illégales.
Le pire est l’absence de contrôle de l’Autorité Palestinienne sur ses frontières. Or, il ne saurait y avoir de souveraineté sans contrôle de ses propres frontières.
Si on ne peut pas parler de souveraineté, on est alors obligé de reconnaître que l’issue du processus d’Oslo a été la mise en place d’un protectorat auto-administré mais pas indépendant, même si, depuis un an, l’immense majorité des pays du monde le reconnaissent comme État.
L’an 2000, est celui de la recolonisation, et de la reconquête par Barak et Sharon des maigres acquis matériels, territoriaux et symboliques d’Oslo. Le sort de Yasser Arafat en est le symbole, et ce n’est que grâce à Jacques Chirac qu’il n’a pas ete assassiné dans son quartier général de Ramallah. En ce sens, si, en 1993, Oslo a été le dernier avatar de la décolonisation, la reconquête de 2000 est à la fois le symbole de la recolonisation du monde et sa ligne de front. Les accords d’Oslo n’ont pas mis fin au processus de colonisation sioniste mais permis, au contraire, de l’accélérer, sans plus avoir à gérer le quotidien de près de quatre millions de Palestiniens et en déléguant une partie de la politique sécuritaire à des milices indigènes. La « lecture pessimiste » des Accords d’Oslo s’est avérée être la juste. En ce sens, vingt ans après, Oslo, comme avancée vers une indépendance palestinienne est bel et bien mort.
Le centre de gravité de la subversion au Moyen Orient n’est plus en Palestine, mais au Caire et à Damas. À présent, c’est l’avenir de la Révolution Arabe, prise comme processus long, avec ses avancées et ses reculs, ses périodes de démocratisation et ses restaurations, qui déterminera non seulement le destin du Peuple Palestinien mais la pérennité du projet colonial israélien.
20 ans après Oslo, il faut imposer le droit à l’autodétermination du peuple palestinien
Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et associations membres - LA CROIX, samedi 28 septembre 2013

Négocié en secret en Norvège et endossé par les États-Unis, l’accord devait ouvrir la voie à la paix entre les peuples israélien et palestinien, une paix fondée sur la coexistence entre deux États, la négociation devant porter sur les modalités d’application du droit international, dans un calendrier limité à cinq ans au plus.
Vingt ans plus tard, les Palestiniens ont certes célébré l’adhésion de l’État de Palestine aux Nations unies, mais en tant que simple État observateur, non-membre. Et la Palestine vit toujours sous occupation ; la colonisation israélienne s’y intensifie en toute arrogance et en toute impunité ; une ceinture de colonies sépare Jérusalem de son arrière-pays palestinien morcelé ; un réseau de murs annexe de facto à Israël une partie substantielle de la Cisjordanie, de ses terres, de ses ressources en eau en dépit des condamnations, jamais contraignantes, des Nations unies ; le contrôle israélien du territoire palestinien et des mouvements de population enclave les villes et villages, asphyxie toute vie économique et entrave toute vie sociale ou culturelle palestinienne ; la bande de Gaza survit sous blocus ; les bombardements et les morts parmi la population civile se succèdent ; les réfugiés palestiniens le demeurent, génération après génération.
La détention de plusieurs milliers de prisonniers politiques se poursuit dans les geôles israéliennes, otages d’une négociation à durée indéterminée. En Israël même, plusieurs dizaines de milliers de Bédouins palestiniens, citoyens israéliens, sont victimes d’un transfert forcé. Si l’occupation militaire reste la première préoccupation de la population palestinienne, le conflit intra palestinien entre le Fatah et le Hamas, qui se traduit par une division de la société, est une nouvelle source de difficultés.
Vingt ans après Oslo, le peuple palestinien s’enfonce dans un profond sentiment de désespoir et d’injustices, qui le condamne à poursuivre sa résistance contre la violation quotidienne de ses droits, à commencer par le principal, son droit à l’autodétermination.
Voici près de vingt ans, peu après la signature de cet accord intérimaire, plusieurs associations, en France, décidaient de faire converger leurs efforts pour contribuer, à côté de la résistance de la société palestinienne et des militants anticolonialistes israéliens, au rapport de force nécessaire à l’aboutissement des négociations.
Ensemble, dans la diversité de leurs vocations, de leurs histoires, de leurs cultures, de leurs pratiques, elles revendiquaient pour leur démarche commune une triple dimension : la défense du droit international, appelant le gouvernement et les élus de la République à mettre en œuvre les principes dont se réclame notre diplomatie ; la défense des droits de la personne humaine ; l’aide sinon au développement, du moins à la sortie du développement imposé par des décennies de confiscation et d’occupation. La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine était née.
Ses deux premières campagnes ont fondé son orientation. La première : obtenir une contribution financière de l’État français pour des projets dans trois domaines - l’agriculture, la santé et l’éducation -, en lien avec la plateforme des ONG palestiniennes, PNGO, mais aussi les institutions de l’État palestinien se construisant sous occupation. La seconde : refuser l’impunité, obstacle majeur à la paix, en exigeant du gouvernement français qu’il respecte ses principes et renonce à accorder à l’économie d’occupation israélienne les bénéfices d’un accord d’association fondé sur le respect du droit international et des droits de la personne humaine, tant qu’Israël violerait ce droit.
Depuis, le monde a changé. Les États dits émergents ébrèchent la vision unipolaire de Washington, dont les stratèges militaires eux-mêmes reconnaissent que la pérennisation de l’occupation de la Palestine perturbe les ambitions régionales. Les peuples arabes se soulèvent contre des régimes dictatoriaux pour faire prévaloir la liberté et la justice. Un mouvement de solidarité international avec la Palestine se développe, autour de campagnes “Boycott, désinvestissement, sanction” (BDS) diversement déclinées.
Alors que l’Europe élargie à vingt-huit membres, condamne l’occupation et les pratiques israéliennes, elle continue de manière incohérente à donner des gages d’un soutien aux dirigeants successifs de Tel-Aviv. Ainsi, la politique européenne de voisinage (PEV) fait d’Israël depuis 2005 un quasi État européen bénéficiant de privilèges dans tous les domaines : commercial, économique scientifique, technologique, stratégique…
Nos gouvernements en appellent avec hypocrisie à la reprise d’une négociation directe, c’est-à-dire dans le seul tête-à- tête israélo-palestinien dont ces vingt dernières années ont montré qu’elle soumettait le droit du peuple palestinien au bon vouloir de la puissance occupante. Or, de la tribune des Nations unies à celle du Congrès américain comme sur le terrain, les dirigeants israéliens refusent un État palestinien dans les frontières de 1967, refusent le démantèlement des colonies et de l’ensemble des infrastructures coloniales qu’ils entendent annexer, refusent de restituer à Jérusalem son histoire plurielle et rejettent tout partage de souveraineté politique faisant de la Ville trois fois sainte la capitale des deux États, refusent toute reconnaissance de l’expulsion de 1947-1949 des Palestiniens devenus et restés réfugiés, et toute reconnaissance de leur droit au retour et à l’indemnisation.
Il est temps de sortir de ce cercle vicieux. Il est temps de mettre un terme à l’impunité et d’imposer le droit. L’Europe a décidé de rendre ses accords commerciaux conformes au droit international, en excluant les colonies israéliennes illégales des subventions, bourses et instruments financés par l’UE, en conformité avec le droit international et la législation de l’UE. C’est un premier pas dont nous nous félicitons. Mais pour rendre la paix possible, il faut conditionner la mise en œuvre de la politique européenne vis-à-vis d’Israël au respect par Tel-Aviv de ses engagements internationaux et du droit international. Il ne suffit pas de se déclarer “disponible” pour aider “le moment venu” l’État palestinien indépendant. Il faut faire advenir ce moment.
Pour sa part, c’est ce combat, celui du droit, celui de la paix, celui de la justice et de la liberté, que la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine entend continuer aujourd’hui, avec le soutien des citoyens français.
Signataires
Claude Léostic, présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine
François Picart, président de l’ACAT, Action des chrétiens pour l’abolition de la torture
Taoufiq Tahani, président de l’AFPS, Association France Palestine solidarité
Salim Arab, président d’Amani, Association franco-palestinienne d’aide et de formation médicale
Guy Aurenche, président du CCFD-Terre Solidaire, Comité catholique contre la faim et pour le développement
André Sirota, président des CEMEA, Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active
Geneviève Jacques, présidente de la Cimade
Louis David, président du Comité Palestine Chateaubriant
Maurice Buttin, président du CVPR PO, Comité de vigilance pour une paix réelle au Proche-Orient
Bernard Salamand, président du CRID, Centre de recherche et d’information pour le développement
Philippe Valls, président d’Enfance réseau monde-services
Pierre Tartakowsky, président de la LDH, Ligue des droits de l’Homme
Régine Minetti, co-présidente du Mouvement de la Paix
Renée Le Mignot, co-présidente du MRAP, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les
Danielle Bidard-Reydet, présidente de l’association « Pour Jérusalem »
Danielle Moreau, présidente de Ritimo
François Soulage, président du Secours Catholique-Caritas France
Janine Forestier, présidente de Terre des Hommes-France
Jean- Guy Greilsamer et Pierre Stambul, coprésidents de l’UJFP, Union juive française pour la Paix
Adresse du congrès de la LDH au président de la République et à la majorité parlementaire
Adresse au président de la République et à la majorité parlementaire, adoptée par le congrès de la LDH, à Niort, le 20 mai 2013, pour leur rappeler leurs responsabilités de répondre aux besoins de l’élargissement de la démocratie, et pour la satisfaction des besoins sociaux.
Monsieur le président de la République, Mesdames, Messieurs de la majorité parlementaire
Monsieur le président de la République, Vous avez incarné l’espoir d’un « changement maintenant » et, à ce jour, il a été déçu.
Vous avez désigné la finance comme votre adversaire, et elle règne toujours.
Vous avez prôné l’emploi et la justice sociale, mais le chômage augmente et le niveau de vie des moins favorisés diminue.
Le gouvernement de votre Premier ministre a su tenir bon face aux manifestations de l’extrême droite alliée à la droite parlementaire, et il a réussi à faire adopter la loi sur le mariage pour tous.
Nous aurions souhaité la même détermination pour les autres réformes. Il a certes beaucoup écouté la société civile mais sans l’avoir, semble-t-il, entendue.
Les grands débats nécessaires à la réussite du changement – sur la politique migratoire et les demandeurs d’asile, la politique de sécurité, les réformes démocratiques, l’avenir de la jeunesse – ont été, jusqu’à ce jour, évacués. Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Vous vous êtes présentés pour tourner la page des politiques inégalitaires, injustes et sécuritaires ; les stigmates de l’ancienne législature perdurent. Vous avez voulu incarner l’alternative ; elle peine à se mettre en place. Vous avez souhaité une pratique parlementaire indépendante et exigeante ; votre voix, trop souvent, est étouffée. Vous avez l’honneur d’élaborer et de voter les lois. Cette charge vous engage. Nous en appelons à votre responsabilité de représentants du Peuple souverain.
L’opposition, la frilosité et l’esprit de renoncement seront toujours mobilisés pour faire échec aux réformes de justice et de progrès. Il vous incombe de faire en sorte que l’espoir et les changements se concrétisent. Nous en appelons à cette relation démocratique forte, et à votre courage.
Il est vain de vouloir apprivoiser ou contourner les maux qui découlent des politiques néolibérales ou des réflexes sécuritaires. Assumez les propositions de progrès pour les droits et les libertés du programme sur lequel vous avez été élus ; vous ne lui serez fidèles qu’en défendant des mesures de justice, de lutte contre les inégalités, et de restauration des droits des citoyens bafoués par la législation rétrograde des derniers quinquennats.
Monsieur le président de la République, Mesdames, Messieurs les parlementaires, Vous avez l’honneur et la charge de disputer notre pays aux crises financière, économique et morale qui alimentent chômage, xénophobies et défiance du politique.
Nous avons besoin pour cela de justice et de pragmatisme, d’éthique et de démocratie, de décisions et de détermination.
Le changement et la justice ne sont pas des concessions accordées par les forces politiques et économiques qui s’y opposent. La justice, la démocratie et le progrès social ont toujours dû être conquis de haute lutte.
Cette vérité est plus que jamais d’actualité. Monsieur le président de la République, Mesdames, Messieurs les parlementaires, Nous, militants de la Ligue des droits de l’Homme réunis en congrès, vous demandons instamment de manifester l’éthique politique, le courage civique et la responsabilité nécessaires pour combattre la crise et promouvoir les valeurs proclamées de la République que sont l’égalité, la liberté et la fraternité.
Nous, militants de la Ligue des droits de l’Homme, répondons toujours présents à l’appel de ces valeurs, et nous nous engageons pour les réformes qu’elles appellent.
Nous continuerons à le faire : - jusqu’à ce que le droit de vote et d’éligibilité de tous les résidents étrangers s’impose car il répond à un impérieux besoin d’élargissement de la démocratie ; - jusqu’à ce que les rapports entre la police et la population, et particulièrement la jeunesse, soient profondément réformés, car cela répond à un profond besoin de sécurité et de sérénité ; - jusqu’à ce que la politique pénale soit rééquilibrée, afin que le tout-carcéral laisse la place à une justice digne et réellement efficace, - jusqu’à ce que les étrangers soient traités dans le respect des droits de l’Homme et des conventions internationales, qu’il s’agisse de nos concitoyens européens que sont les Roms ou de ceux qui vivent parmi nous ou y recherchent un droit effectif à la protection ; - jusqu’à ce que les politiques économiques poursuivent le progrès social plutôt que l’enrichissement inégal.
Monsieur le président de la République, Mesdames, Messieurs les parlementaires, Vous avez, là où vous êtes, là où le peuple vous a placés, d’immenses responsabilités. Il vous revient de ne pas les décevoir, et il nous revient de vous le rappeler.
Croyez en notre détermination, à la hauteur de ce que mérite l’avenir de la République.
27 septembre 2013 - Télégramme
Une contre-étude sur les nuisances sonores de l'actuel aéroport de Nantes, remet en cause l'utilité du projet de Notre-Dame-des-Landes.
Les nuisances sonores ne vont pas augmenter ! C'est l'un des arguments chocs de la contre-étude sur le plan d'exposition au bruit de l'agglomération nantaise du fait de l'actuel aéroport. Certes, cette contre-étude, réalisée par un cabinet privé européen indépendant (Adecs/Airinfra), a été commandée par un collectif d'élus (Cedpa) « doutant de la pertinence » du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il n'empêche. Selon les conclusions du rapport, qui présente un nouveau plan d'exposition au bruit (PEB) à partir des projections du trafic passager du groupe Vinci (concessionnaire de l'actuel aéroport et du projet de Notre-Dame-des-Landes) et à partir du nombre de mouvements réels d'avions, il n'y a pas lieu de redouter une hausse des nuisances sonores provoquées par l'actuel aéroport.
Des avions mieux remplis et moins bruyants
Car le nombre de vols a progressé beaucoup plus lentement que ce qui était prévu en 2003, lors de l'établissement d'un premier PEB. En effet, le taux de remplissage des avions s'est amélioré comme le prouve la hausse de 9 %, en un an, du trafic passagers relevée par les derniers chiffres. Par ailleurs, la contre-étude tient compte de l'amélioration des modèles d'avions en termes de bruit.
Pas de problèmes de constructibilité
Selon les scénarios proposés à dix ans (2022) et à vingt ans (2032), l'Ile de Nantes, un secteur situé au coeur de la ville où la municipalité entend implanter le futur CHU, ne serait pas touchée par les interdictions de construction d'habitat. Ces restrictions concernent seulement le coeur du PEB, baptisé zone « C ». De même, une zone d'aménagement concerté, actuellement en friche au sud de l'Ile de Nantes, serait, elle aussi, en dehors de cette zone « C ». Pour le Cedpa, « l'argument du bruit qui deviendrait insupportable et empêcherait l'urbanisation de Nantes est un mensonge. Les conclusions de cette étude sont tout à fait en phase avec les conclusions relatives au maintien de l'aéroport de Toulouse (...). Là-bas, le préfet conclut à l'inutilité d'un déplacement ; à Nantes, il conclut l'inverse. Comprenne qui pourra ». Néanmoins, la Commission européenne a estimé le 17 septembre que le projet de Notre-Dame-des-Landes n'était pas en infraction avec la législation, notamment en matière d'environnement. Hier, l'association pro-aéroport « Des ailes pour l'ouest » a estimé que cette étude était « un baroud d'honneur ». Et d'ajouter : « Plus personne n'est dupe sur la partialité et la subjectivité des opposants, idéologues de la décroissance ».
Le lien avec le reportage sur la crise de l'agro finistérien:
Dans le Finistère, «c'est l'hécatombe» dans l'agroalimentaire
Tilly-Sabco, 20 septembre 2013© Rachida El AzzouziDoux, Tilly-Sabco, Gad, Marine Harvest... La filière agroalimentaire bretonne est en crise comme jamais depuis trente ans. Dans le Finistère, plus de 4 000 emplois sont menacés dans un rayon de quelques kilomètres. Reportage dans les pas de Corinne Nicole, déléguée CGT de l'entreprise Tilly-Sabco, géant du poulet congelé dans la tempête.