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TOUS à la manifestation intersyndicale pour l'Emploi
SAMEDI 23 NOVEMBRE, 15h
Place Puyo (Face à la Manu)!
Le collectif Front de Gauche du Pays de Morlaix soutient l'appel à manifester le samedi 23 novembre à Morlaix à l'initiative de sept fédérations syndicales.
Il est temps, en effet, que se fasse entendre la voix de celles et ceux qui n'acceptent plus la violence des milliers de suppressions d'emplois dans notre département.
Avec les salarié-es de chez Doux, GAD, Marine Harvest ou encore Tilly-Sabco, avec tous ceux dont l’emploi est menacé, c'est tous ensemble que nous devons exiger l'arrêt des licenciements et le maintien de l'intégralité des droits sociaux pour toutes et tous !
Un vrai pacte d’avenir pour la Bretagne doit rompre avec les logiques de la concurrence libre et non faussée que nous avions rejetée au référendum de 2005.
Les propositions gouvernementales sont insuffisantes pour engager la bataille de la ré-industrialisation agroalimentaire. Une véritable ambition gouvernementale de gauche serait de défendre des politiques publiques agricoles et alimentaires qui, en France comme en Europe, garantissent notre souveraineté alimentaire, s’engagent en faveur d’une alimentation de qualité issue de filières de productions renforcées localement.
L'austérité et le chômage pour les uns pendant que d’autres continuent à s'en mettre plein les poches, c'est juste insupportable !
Le Front de Gauche, à l'origine d'un rassemblement unitaire (Front de Gauche, NPA,EELV, Comité Chômeurs et Solidaires, FSU, ATTAC, LDH) contre la réforme des retraites s'étant traduit par une assemblée publique le 10 octobre à Saint Martin des Champs et une pétition citoyenne signée par 400 personnes environ sur la région de Morlaix, avait sollicité d'abord une rencontre avec Gwenegan Bui avant le vote (intervenu le 9 octobre).
On nous avait proposé à l'époque le 13 novembre, soit plus d'un mois après le vote du texte.
Suite au rejet de la réforme au Sénat et au repassage du texte au Sénat, nous avons demandé un deuxième rendez-vous, d'abord accordé le vendredi 15 novembre, avant d'être repoussé, sous prétexte d'une rencontre avec les acteurs de la filière agricole, à une date intervenant après le second vote à l'Assemblée.
Une manière de signifier pour notre député qu'il n'a de compte à rendre à personne, ni aux citoyens, ni aux organisations de gauche qui ont contribué à son élection.
Du coup, nous avons voulu réagir publiquement et ce communiqué a été envoyé ce mardi 19 novembre à la presse.
Réforme des retraites : quand l’écoute n’est pas au rendez-vous !
Lors de la 1ère lecture à l’Assemblée Nationale du projet de loi sur la réforme des retraites, comme tous les députés socialistes du Finistère et malgré l’opposition d’une majorité de la population, Monsieur BUI a voté ce texte de régression sociale. A l’époque il n’avait le temps de recevoir une délégation du Front de Gauche, qui avait demandé un rendez-vous, qu’après la date du vote.
Après le rejet du projet de loi par le Sénat il va de nouveau être examiné par l’Assemblée Nationale. Le Front de Gauche a donc demandé un autre rendez-vous pour persuader le député de voter cette fois contre le projet. Une rencontre était prévue le 15 novembre. Mais, arguant des engagements sur la situation de l’agroalimentaire, Monsieur BUI a annulé cette rencontre proposant de la reporter au 21 novembre. Soit, une fois de plus, après le vote de l’Assemblée Nationale. Une proposition de rencontre à une autre date, mais avant le vote, n’a reçu aucune réponse .Le député de la 4ème circonscription veut donc voter un texte de cette importance sans avoir pris la peine d’organiser une rencontre.
Faut-il lui rappeler qu’il tient ses responsabilités du vote de la population , seule souveraine , et que la démocratie voudrait, qu’avant de se prononcer, il vérifie quelle est l’opinion des électeurs qui l’ont élu ? On n’a pas souvenance qu’il ait organisé une consultation à ce sujet.
Pour l’emploi et les salaires, Pour une vie digne, Pour l’humain d’abord,
Tous à Morlaix, samedi 23 novembre (15 h – Place de la mairie)
Souffrance, colère et révolte face à la succession de plans sociaux, des suppressions d’emplois qui touchent des pans entiers de notre économie dans le Finistère, en Bretagne et en France : les activités agricoles et agroalimentaires : Boutet-Nicolas, Gad, Doux, Marine Harvest, Tilly Sabco, l’industrie, les petites entreprises, les artisans, les commerçants…
Nous « payons » là, concrètement, la concurrence « libre et non faussée », illustrée par l’exploitation de salarié-e-s à l’échelle de la planète, au seul profit de la finance. Cette stratégie ahurissante, conduit à la constitution de gigantesques propriétés concentrées entre les mains des plus puissants. Cette dérive interpelle et ce libéralisme autoritaire alimente des dérives populistes de plus en plus dangereuses.
Les réponses gouvernementales ne sont pas à la hauteur des mobilisations et exigences salariales quant au maintien de l’emploi et de l’outil de travail. Fondamentalement le pacte d’avenir pour la Bretagne doit rompre avec les logiques de la concurrence libre et non faussée.
Le PCF devant l’urgence demande un moratoire sur les plans de licenciements, une large concertation de tous les acteurs, la mobilisation de fonds notamment au travers de la banque publique d’investissement.
Il n’y a pas de fatalité aux politiques d’austérité et de chômage de masse.
Le PCF propose d’engager la bataille de la ré-industrialisation agroalimentaire.
Des politiques publiques agricoles et alimentaires qui, en France comme en Europe, garantissent notre souveraineté alimentaire, s’engagent en faveur d’une alimentation de qualité, saine et accessible à tous, soient assises sur des filières de productions relocalisées. L’avenir de l’agroalimentaire, d’une nouvelle ambition agricole passe par la juste rémunération des travailleurs, salariés et paysans.
Sans attendre, les communistes sont porteurs de propositions de loi en faveur de la répartition des marges entre producteurs, transformateurs et distributeurs.
Le PCF soutient avec force la lutte des salarié-e-s et invite à participer massivement à la manifestation à l’appel des syndicats CGT, CFDT, FSU, CFTC, UNSA, Solidaires, CFE - CGC, le samedi 23 novembre à Morlaix (15 h)
Ensemble, continuons à lutter pour une société débarrassée de la domination des marchés financiers, une société de l’humain d’abord. C’est une autre féodalité qu’il s’agit d’abattre aujourd’hui, celle de la finance, comme l’avait promis François Hollande dans son discours du Bourget.
| Morlaix - 17 Novembre
Samedi, le Front de gauche organisait ses rencontres annuelles. Au programme, deux débats. Le premier sur la crise de l'agroalimentaire a été le plus suivi. D'abord Corinne Nicole, déléguée CGT chez Tilly-Sabco et Patrick Le Goas, délégué FO chez Gad, ont refait l'historique des causes pour lesquelles leurs entreprises ont été mises en difficultés. « Puis, nous avons mis en avant que les suppressions d'emplois concernent toutes les entreprises, et notamment les PME dont on ne parle pas », souligne Ismaël Dupont, tête de liste du groupe. C'est pourquoi, le Front de gauche appelle à une forte mobilisation des Morlaisiens pour la manifestation du 23 novembre. Ensuite, ce sont les principales orientations du programme pour les municipales qui ont été présentées. « Notamment un service public renforcé avec le retour en régie publique des transports en commun, de l'eau et du stationnement », souligne Ismaël Dupont. Par ailleurs, dans un communiqué, le groupe souligne les zones d'ombre du Pôle d'échange multimodal. « Comment se fait-il qu'un tel projet ne propose ni un vrai réseau de transport public périurbain, depuis les communes environnantes, ni une liaison rapide à haute fréquence entre le centre-ville et la gare », interroge-t-il. Enfin, certains ont émis le souhait de voir la solidarité se renforcer, avec la création de collectifs d'entraide. http://www.ouest-france.fr/150-personnes-aux-rencontres-du-front-de-gauche-1724064 | ||
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Une journée mémorable d'échanges et de convivialité à la salle de Ploujean. Ces deuxièmes rencontres du Front de Gauche du pays de Morlaix ont débuté en début d'après-midi le 16 novembre 2013 par un débat très riche sur la crise sociale et les réponses politiques à apporter introduits par Ismaël Dupont et deux syndicalistes en première ligne face aux difficultés de l'agro-alimentaire et aux luttes des salariés pour la conservation de leurs emplois, Corinne Nicole (CGT Tilly Sabco) et Patrick Le Goas (FO GAD). De nombreux syndicalistes étaient présents (CGT, SUD, FSU) et sont intervenus dans le débat, pour préparer notamment la grande manifestation départementale pour l'emploi le samedi 23 novembre à Morlaix (15h), revenir sur les mobilisations du 2 novembre, les ambiguïtés du mouvement des Bonnets Rouges, la nécessité de rompre avec les logiques libérales au niveau européen et français pour sécuriser les emplois. Des militants du Front de Gauche de Brest, de Carhaix, de Quimper, des Côtes d'Armor nous ont fait l'amitié de participer à ces rencontres. Les Jeunesses Communistes, l'AFPS, le Comité Chômeurs et Solidaires, le PCF, le Parti de Gauche, ATTAC, le NPA, le Comité Notre-Dame des Landes présentaient leur documentation. Pierre Le Steun (co-président du comité Chômeurs et Solidaires, candidat sur la liste Front de Gauche à Morlaix, membre de la FASE), Michèle Abramovicz (citoyenne engagée, n°2 sur la liste Front de Gauche à Morlaix), Vanessa Bletterie (militante du Parti de Gauche de Plougonven), sont intervenus en ouverture du deuxième débat sur les Municipales de mars 2014, suivis par d'actuels élus (Martine Carn, élue communiste/Front de Gauche à Plougonven, Christian Corre, élu Front de Gauche à Plourin) et d'anciens élus (Annie Bergot Le Calvez, Alain David) et de nombreux citoyens, dont plusieurs engagés sur la liste du Front de Gauche à Morlaix (Didier Allain, Nicole Labelle, Marie Pellerin) ou à Plouigneau (Jean-Claude Le Fer). 70 à 80 personnes ont participé à au moins un des deux débats. Le soir, une centaine de sympathisants se sont retrouvés pour déguster un délicieux repas concocté par nos cuisiniers de choc - Patrick Le Nan, Yann Guéméné, Loic Digaire, avant de savourer les chansons de Claude Bonnard et Jerôme, du Théâtre de la Corniche, de la Souris Noire et de Tchack, qui a tenu en haleine son public et fait danser jusqu'à deux heures et demi du matin autour de magnifiques reprises des Stones, de Neil Young et de compositions originales. Un beau moment de fraternité et de partage!

Première introduction au débat par Ismaël Dupont
Face à la crise sociale en Europe, en France et en Bretagne, quelles réponses politiques ?
La crise...
Faut-il parler de crise quand depuis la fin des années 1970, ce terme de « crise » sert à bâtir de la résignation et du renoncement face au recul des droits sociaux, au chômage, et à transformer une évolution du rapport de force entre le capital et le travail, liée à une mondialisation libérale qui est l'effet de choix politiques et économiques, en réalité naturelle fatale contre laquelle on ne pourrait rien mais qui nécessiterait toujours plus d'adaptations, c'est à dire de régressions sociales ?
La crise fait baisser les yeux, fait baisser la tête, décourage la revendication, la lutte sociale... Elle transforme les lions indomptables en moutons apeurés et désorientés...
On peut penser à l'émission d'inspiration reaganienne de Montand et Tapie, intitulée cyniquement « Vive la crise », qui cherchait à faire accepter des remises en cause du droit social et de l’État-providence au nom du dynamisme économique et de la défense des créateurs de richesse de la libre entreprise.
Si nous sommes au cœur d'une crise, ce n'est pas une crise de la production mais une crise du partage des richesses, au sens la société devient de plus en plus inégalitaire et violente pour les individus et les familles: les souffrances et les privations des plus modestes augmentent, le pouvoir d'achat et les conditions de vie du grand nombre régressent en France et Europe, où les jeunes peinent à avoir du travail, à avoir des contrats en rapport avec leurs qualifications, où le chômage touche de un sixième à un cinquième de la population active.
S'il y a crise et crise grave...
C'est aussi au sens où notre mode de vie collectif et notre mode de développement économique ne garantissent pas une pérennité de la nature, de notre environnement, et dégradent avec une gravité croissante la qualité des conditions de vie des hommes sur terre, avec le pillage et la raréfaction des ressources naturelles périssables, la pollution, le réchauffement climatique, les catastrophes causées par notre hubris et par les logiques d'ostentation, de consommation excessive et de libre-échange portées par le capitalisme.
C'est enfin au sens où beaucoup de gens autour de nous ont le sentiment de ne plus avoir grand chose à attendre du politique ou de l'action collective (syndicale ou autre) : du fait des renoncements et du sentiment d'impuissance et d'absence de crédibilité donné par les pouvoirs politiques démocratiques, à cause de décennies de défaites sociales, des logiques de division et de ressentiment portées par l'isolement et les nouvelles formes de domination au travail, par la concurrence, les souffrances sociales, le discours des mass médiasau service du capital qui passe leur temps à détourner la colère des gens vers des boucs-émissaires (immigrés, Roms, fonctionnaires, assistés, chômeurs, minorités...) plutôt que vers les vrais responsables et profiteurs d'un système qui les aliène. La progression des idées xénophobes et intolérantes de la droite et de l'extrême-droite est à la fois un effet et un levier de la prise de pouvoir du Capital.
Cette crise protéiforme (économique, sociale, politique, culturelle, environnementale) est donc moins une crise conjoncturelle, un événement soudain, pathologique, et imprévisible, qu'une évolution dramatique, dévastatrice, mais néanmoins normale d'un système capitaliste de plus en plus pur, dominateur, mondialisé et financiarisé, dont les logiques prennent l'ascendant dans tous les secteurs de la vie économique, sociale, politique, culturelle.
Le capitalisme met les sociétés en crise mais n'est pas en crise lui-même: il prospère plus que jamais à sa manière naturelle, violente et instable, en absorbant ses marges (les économies et les ressources des états les moins développés aux pouvoirs corrompus, les ressources naturelles, le vivant, la culture, la communication, les systèmes de protection sociale solidaire...) .
Il les met en crise... en produisant la destruction des emplois, des droits sociaux obtenus de haute lutte par les travailleurs (ses 60 dernières années) , en remplaçant partout des logiques de solidarité et de communauté par des logiques de concurrence et d'individualisme, en réduisant à presque rien la souveraineté des citoyens, bafouée quotidiennement par des hommes politiques et des institutions technocratiques internationales aux ordres de la finance et de la bourgeoisie.
En 2008 pourtant, l'éclatement spectaculaire de la bulle de l'économie spéculative (immobilière et assurancielle notamment) aux Etats-Unis et en Europe ont provoqué, le temps d'un gigantesque hold-up au cours desquels les Etats ont dévalisé les contribuables pour venir en aide aux banques et aux institutions financières, une prise de conscience et un espoir : on allait enfin réduire l'emprise des logiques spéculatives sur l'économie réelle, mettre les banques et la finance au pas, réguler le marché mondial, les mouvements de capitaux, réintroduire la souveraineté du politique sur l'économie...
Que nenni ? Ce fut un rideau de fumée. Six mois plus tard, les économistes mondains, d'argent et de pouvoir, comme Jacques Attali, reniaient leur reniement de Saint Pierre: ce n'était plus à cause de l'ultra-capitalisme, de la toute-puissance de la finance et des choix politiques libéraux qu'on était en crise, mais à cause de la dette et du manque de compétitivité, eux-mêmes créés par la trop grande « générosité » de notre système social et de nos salaires et protections collectives.
La dette, qui a été multipliée par deux en France à cause des conséquences récessives de la crise financière, qui est structurellement liée aux politiques d'allègement d'impôts pour les riches et les entreprises, et à la nécessité pour l'Etat d'emprunter auprès des banques privées, est devenue une arme de propagande brandie contre la défense et l'amélioration des services publics et des droits sociaux, et pour faire accepter le recul des solidarités.
En France, la population s'est tout de même rendu compte, comme elle l'a montré notamment en 2010 à l'occasion de la réforme des retraites, qu'il y avait maldonne, qu'on tentait de lui faire prendre des vessies pour des lanternes.
Grâce au Front de Gauche, la campagne présidentielle de 2012 s'est joué essentiellement sur le thème de l'égalité, de la justice sociale, de la lutte contre la toute-puissance de la finance et les dérives oligarchiques.
Même si nous savons que notre projet dans cette élection était le seul susceptible d'ouvrir un espoir de sortie de la crise sociale et européenne actuelle, nous avons pu percevoir en même temps, que même si nos idées et analyses étaient en résonance avec les préoccupations et l'expérience des citoyens, il nous reste beaucoup de chemin à faire pour convaincre qu'on était en capacité, nous, de faire bouger les choses dans le bon sens.
Les gens ont choisi en préférant Hollande et le PS à Mélenchon et le Front de gauche le moindre mal contre la plus haute espérance. Ils avaient aussi des doutes sur la faisabilité de nos (re)conquêtes sociales et politiques au vu des contraintes institutionnelles européennes, et surtout des contraintes économiques internationales liées à la mondialisation.
Le système est mauvais et on en souffre, chacun s'en accorde, mais peut-on réellement en changer ou le changer ? Là, les gens sont davantage dans le doute. En même temps, le sens de la résistance sociale s'est perdu chez beaucoup, du fait des nouveaux modes d'organisation du travail.
Car pour la population, force est de reconnaître qu'il y a peu de contre-modèles, plus de système alternatif aux contours clairs proposé par l'histoire ou une théorie mobilisant les masses.
Un an et demi après l'élection présidentielle on a le sentiment de n'avoir pas progressé d'un poil, pire d'avoir régressé.
Car le gouvernement socialiste, loin d'offrir des perspectives de progrès social et de mettre en mouvement la population pour conquérir des droits, mène une politique néo-libérale de soumission à la doxa capitaliste de Bruxelles et au service du monde de l'entreprise et de la finance. Cette politique jette des millions d'électeurs dans la désespérance, le dégoût de la politique, et aussi dans les bras du Front National.
En même temps, l'échec des sociaux-démocrates était attendu du côté du Front de Gauche: on savait beaucoup de responsables socialistes très proches du monde de l'argent, convertis au social-libéralisme, et, sans remise en cause globale des logiques du système, sans tentative pour installer un autre rapport de force vis à vis des pouvoirs financiers à base de mobilisation populaire, de rupture avec les traités libéraux de l'UE, de rétablissement de l'égalité par la loi et l'impôt, la gauche d'accommodement se condamne à l'impuissance et à la défaite. Dans ce monde du capitalisme mondialisé, la social-démocratie est un projet dépassé : il n'y a plus vraiment de moyen terme entre une politique pro-capitaliste et une politique de rupture et d'affrontement avec les logiques du capitalisme.
On en est là ! La droite et l'extrême-droite s'offrent même le luxe de reprendre à leur compte la rhétorique et les symboles de la révolution ou de l'insurrection populaire pour défendre les patrons, le droit de polluer librement, une conception de la famille et de la société réactionnaire.
Cela nous donne une transition toute trouvée avec les luttes sociales en Bretagne autour des fermetures d'activités et des suppressions de postes qui se succèdent dramatiquement dans l'agro-alimentaire.
Depuis plusieurs mois, les salariés de l'agro-alimentaire qui font face à la destruction programmée de leurs emplois, se battent courageusement pour garder l'activité, convaincre de sa pérennité possible, en travaillant avec les politiques de tous bords, les paysans, les patrons, mais aussi en affrontant clairement leurs employeurs ingrats qui les sacrifient sans état d'âme après les avoir exploité pendant des années pour tirer la plus-value.
L'urgence est à la sécurisation de ces emplois en Bretagne. Le gouvernement doit s'engager plus qu'il ne le fait. Il ne doit pas céder devant les forces de marché, alimenter le laisser-faire, livrer l'agriculture et l'agro-alimentaire breton à la concurrence très faussée au niveau mondial.
En même temps, il y a devant nous le vaste chantier de la réorientation du modèle agricole et agro-alimentaire breton, pour produire une alimentation de qualité pour tous, destinée prioritairement au marché national, s'affranchissant des logiques ultra-productivistes tout en continuant à créer de l'emploi.
La commission européenne s'est exprimée sur le budget 2014 de la France avant même le vote du parlement. Au nom de la "compétitivité", une première série de recommandations avait été adressée au gouvernement en mai dernier. Si la commission porte aujourd'hui un regard positif sur l'orientation budgétaire proposée par François Hollande, tout en demandant une saignée supplémentaire en termes de réduction de la dépense publique, c'est que le gouvernement suit à la lettre l'ordonnance empoisonnée délivrée par la commission européenne.
La parole présidentielle du printemps dernier, selon laquelle la France n'avait pas à se laisser dicter les modalités de la réforme des retraites, n'était qu'un artifice. En échange du délai de 2 ans pour atteindre l'objectif des 3% de déficit, l'ensemble des recommandations du commissaire Olli Rehn, en charge des affaires économiques et monétaires, ont été suivies à la lettre. On en connait les conséquences : une crise économique et sociale, politique et morale d'un extrême gravité, une aggravation des inégalités et de la pauvreté, un climat de très vives tensions.
Le satisfécit de la commission européenne apparait aujourd'hui comme une véritable provocation adressée au peuple français : " vous n'avez pas voté pour cela...et alors ? On va continuer....". La plus belle des réponses est de retrouver le chemin du rassemblement et de l'action pour une politique de gauche, une politique de résistance et de contre-offensive.
Olivier Dartigolles, porte parole du PCF