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Au moment où la disparition de Robert Doré nous frappe si cruellement une multitude d’images et de souvenirs se bousculent dans ma tête. Au moment de son arrivée en Bretagne Robert avait derrière lui une vie militante bien remplie dans la région parisienne.
Militantisme à la CGT où ses responsabilités de chef de parc dans une entreprise de transport ne l’empêchaient pas d’être un fervent défenseur de ses collègues en tant que responsable syndical dans l’entreprise comme dans les instances de la CGT., y compris au Conseil des Prud’hommes.
Militantisme politique au sein du parti communiste français et du conseil municipal d’Aubervilliers où il fut maire-adjoint dans l’équipe de Jack Ralite pour qui il avait une immense admiration. Homme de terrain, Robert y déployait une énorme activité auprès de la population.
De cette période francilienne Robert avait conservé des attaches et des amitiés fortes qui en disent long sur ses qualités humaines et politiques.
Mais c’est bien sûr en Finistère que j’ai bien connu Robert et que j’ai pu apprécier l’homme et le militant. Je me souviens encore de notre première rencontre. Nous distribuions des tracts au porte à porte le long d’une petite route du canton de Plouigneau lorsqu’une voiture s’arrête près de nous. Avec une voix qui manifestement n’avait pas l’accent du Finistère, le conducteur nous demande « je peux vous donner un coup de main ? ». C’était Robert. Il n’était pas encore installé à Cleuncoat, était toujours adhérent à Aubervilliers…. Mais toujours disponible pour le Parti. On sait qu’il devint ensuite trésorier de notre section, membre du conseil départemental et trésorier fédéral.
Que dire de tout ce que nous avons fait ensemble. Des centaines de pages n’y suffiraient pas. L’une des choses qui m’a le plus marqué, c’est la campagne législative de 2002. Cette année là nous n’avions pas de volontaire à la candidature et nous tournions un peu en rond. Ce fut Robert qui s’y colla avec Marie-Paule Kérébel comme suppléante. Il me demanda d’être son directeur de campagne. Et nous avons sillonné toute la 4ème circonscription, rencontrant des centaines de personnes et nous rendant dans des lieux dont, de son propre aveu, il ne soupçonnait même pas l’existence. C’est aussi la même démarche qui l’a amené à accepter la responsabilité de trésorier fédéral…et à continuer à faire le travail lorsqu’il fut difficile de lui trouver un remplaçant.
Car ce qui caractérisait Robert c’était bien entendu son dévouement mais aussi son sens du contact humain. Il avait su créer des liens d’amitié, très rapidement avec de nombreuses personnes. Me reviennent en mémoire les « lundis de Guerlesquin » où Robert était connu comme le loup blanc. Le café de 10 h chez PENE, premier moment de distribution de tracts et de discussion avec les clients. Puis le marché et les discussions avec les commerçants, toujours avec la même chaleur. Suivait le marché aux bestiaux avec le tractage en direction des éleveurs et du personnel des acheteurs … et les discussions avec les clients des « Balladins ». Venant ensuite la distribution de tracts à la sortie de Tilly-Sabco… et puis, parfois, un casse-croûte ou un repas en commun où nous tirions les premières leçons de la journée car Robert ne mettait pas de barrière entre les activités politiques et la chaleur des relations fraternelles.
Sa voix va nous manquer, y compris lorsque les débats et les discussions trainant un peu en longueur il nous ramenait à la réalité des décisions à prendre… et des actions à mener. Car Robert n’était pas un militant du verbe mais de l’action et du contact avec les gens. Trouver des réponses à leurs problèmes était toujours son point de départ. C’est ce qui l’a conduit à bâtir une liste aux dernières municipales à Lannéanou alors que nombreux étaient ceux qui le croyait impossible.
Nous pouvons remercier sa famille, sa femme Monique et sa fille Elodie de lui avoir permis de mener, avec la volonté et le dynamisme qui étaient les siens, l’action politique qui était le combat de sa vie.
Robert avait une haute idée de la politique. Pas celle qui consiste à se mettre en avant et à jouer des coudes pour gagner ou conserver des places ou du pouvoir. Mais celle qui considère les partis et les actions politiques comme des moyens de changer l’ordre des choses, de mettre fin à la domination sans partage des forces de l’argent et d’ouvrir la voie à une société qui bannira à jamais l’exploitation et l’aliénation des femmes et des hommes. C’est pourquoi il s’était investi totalement dans le développement du Front de Gauche dans le pays de Morlaix tout en insistant toujours sur le rôle irremplaçable que devait y jouer le PCF.
Le meilleur hommage que nous puissions lui rendre est de continuer son combat sans nous laisser détourner de nos objectifs. C’est le choix que font ses amis et ses camarades
Ave Robert je perds non seulement un camarade de combat mais un ami dont le souvenir guidera mon action.
Alain DAVID
Morlaix, le 2.02.2014
Manifestation à Quimper le Samedi 8 février
contre:
la Hausse de la TVA, l'impôt le plus injuste
les 30 milliards de baisse de salaires
la fin programmée de la Sécu...
Infligeons la sanction de la rue au gouvernement du Medef, Hollande/Ayrault.
La hausse de la TVA, appliquée depuis le 1er janvier, pour faire rentrer des sous dans les caisses de l'Etat est proprement scandaleuse. Cette hausse qui va frapper les classes populaires et les plus démunis est instaurée dans le même temps que le CICE (crédit d'impôts aux entreprises) de 20 milliards d'euros... Cadeau royal au grand patronat qui s'ajoute aux 230 milliards d'euros d'exonérations déjà accordées et à l'évasion fiscale de 60 à 80 milliards d'euros par an tandis que le gouvernement continue à rembourser avec les intérêts, la dette illégitime aux banquiers et aux fonds spéculatifs.
Sarkozy et le Medef en rêvaient, Hollande l'a fait!
Mais comme cela parait insuffisant, Hollande appliquant les recommandations du Medef a décidé d'ici à 2017 de supprimer purement et simplement les 30 milliards d'€ de cotisations sociales de la branche famille versées par les entreprises privées et partie prenante de notre salaire socialisé. Les 5 milliards dus par les établissements publics continueront eux d'être versés. Résultat: les cliniques privées sont exonérées mais l'hôpital public (vache à lait) continue de payer.
Cette suppression de 30 milliards d'€ est un rapt contre la sécurité sociale issue de 1945. Et cela ne se veut que le début... En ligne de mire, la branche maladie... puis les retraites.
Une austérité jamais vue
Cette suppression de 30 milliards, le CICE de 20 milliards sera compensée bien sûr par la hausse honteuse de la TVA mais aussi par 65 milliards d'économie, par la destruction du bien public, des services publics, de la sécurité sociale.
Tout cela au nom de la compétitivité et de la "baisse du coût du travail" tandis que la bourse flambe et les actionnaires et grands patrons d'engranger les dividendes.
Plus que jamais le temps est à la résistance,
à l'opposition sociale et politique,
contre ce gouvernement et sa politique.
TOUTES ET TOUS
RASSEMBLONS-NOUS DANS L'ACTION
SAMEDI 8 FEVRIER - 11h
devant l'hôtel de ville à Quimper
résidence du conseiller du Président
Deux des graphistes du Front de Gauche Morlaix - Anne Caradec et Christophe Ducourant (k-rat@wanadoo.fr) ont réalisé plusieurs visuels illustrant les raisons d'agir actuelles et les valeurs du Front de Gauche.
Nous avons édité pour commencer 1250 cartes postales de qualité supérieure à partir de 6 visuels. Ces cartes postales sont estampillées Front de Gauche et non "Front de Gauche pays de Morlaix" pour pouvoir être utilisées pour la communication politique dans tous les territoires.
Nous les vendons 1,50€ l'unité, 8€ les 6 différentes. Le produit de la vente servira à financer les activités militantes de l'association Front de Gauche du Pays de Morlaix.
Vous pouvez les commander à Anne et Christophe: 02 98 62 21 54 / 06 68 44 59 17 ou frontdegauchemorlaix@gmail.com
Prévoir les frais de port en cas d'envoi (1,20€ pour les 6 cartes en plus)




Les obsèques de Robert auront lieu le lundi 3 février à 15h15, au crématorium de Saint Thégonnec.
Autoroutes.
On reprend tout!
Ce sont les soldes d'hiver. Tout doit disparaître! Le gouvernement déstocke allègrement. Quoi donc? Les autoroutes, véritable "or gris" pour les sociétés privées... Depuis 2005, Vinci, Eiffage et Albertis touchent le pactole sur ces infrastructures construites avec les deniers publics: 2 milliards d'euros de bénéfices en 2011 selon la CGT... Cette fois, avec "un plan de relance autoroutier sur la période 2014-2020", le gouvernement, obnubilé par la baisse des dépenses publiques, "négocie" avec ces sociétés. Ou plutôt organise un grand détournement: elles investiront 3,7 milliards d'euros pour la modernisation et la sécurité des infrastructures. En échange d'un rab de trois ans pour des concessions qui devaient s'achever entre 2028 et 2032. Une bonne affaire à 2,3 milliards de bénef... L'Etat comme les citoyens n'y gagnent rien. A part se faire encore racketter aux péages. Récupérons ce patrimoine commun: nationalisons, comme le demandent la CGT et les sénateurs notamment communistes!
L'Humanité Dimanche, 23 janvier
Il est des mots que l’on substitue à d’autres pour masquer la violence des rapports sociaux, ainsi lorsque « entreprise » remplace « travail » ou masque « capital ». […]
Il en est d’autres dont la violence même de l’emploi préfigure celle que l’on appelle de ses vœux dans la vie réelle. On ne pense pas tant ici aux discours de haine raciste, sujet amplement traité ces derniers jours, qu’au choix de vocabulaire auquel a recouru le chroniqueur ultralibéral du Figaro. Le titre de sa livraison hebdomadaire a valeur de programme : « Quand syndicaliste rime avec terroriste ! »
Si l’auteur déverse une haine anti ouvrière et antisyndicaleguère originale de ce côté-là de l’échiquier idéologique – celui du manche – à partir de l’exemple de l’usine d’Amiens-Nord de la multinationale Goodyear, on y découvre plus largement que « les formes d’action qui s’apparentent à du terrorisme sont désormais banales en France ». On ne fera pas l’injure à Yves de Kerdrel de lui imputer un manque d’inspiration la veille, jour de la prestation du chef de l’État saluée comme marquée du sceau du « choix de l’entreprise ». Si les mots ont un sens, assimiler l’activité syndicale à du terrorisme appelle une justice d’exception. Le faire « au moment où », comme il l’écrit lui-même, « le gouvernement semble vouloir se tourner davantage vers les entreprises » présente une valeur indicative du niveau de basculement en cours. Plus l’exécutif actuel tournera le dos au camp et aux valeurs de la gauche, plus les tenants de la dictature financière lui demanderont d’aller encore plus loin.
C’est ainsi que l’on peut quitter les rives d’une bipolarisation dans laquelle les composantes de progrès social, voire de révolution, avaient leur place à gauche. S’annonce un bipartisme à l’anglo-saxonne où seules demeureraient deux nuances d’une même teinte, la couleur de la seule loi du plus fort, donc celle de l’argent. L’importation de ce modèle sur le Vieux Continent tourne au ménage à trois, avec l’extrême droite. Les uns s’en inspirent, d’autres l’attisent, les deux pour raison électorale.
Au-delà de Goodyear, et nous pensons à ceux qui ont fait de leurs mains et de leur têtela richesse du site d’Amiens et ne veulent pas être condamnés à une mort sociale, jusqu’où s’agit-il de pousser plus avant le muselage de la voix ouvrière et salariée qui, historiquement, a droit de cité dans notre pays ? C’est bien là, fort heureusement, que le bât blesse pour nos adeptes de la liberté du renard libre dans le poulailler libre. « La France fait encore figure d’exception » en Europe, regrette, et bien d’autres de son camp avec lui, le chroniqueur du journal de Serge Dassault.
La députée socialiste de la Somme, Pascale Boistard, prenait la défense des ouvriers d’Amiens, dénonçant les méthodes de « pompier pyromane » d’un ministre du prétendu redressement productif et la tension ajoutée par le ministre du Travail, Michel Sapin, celui-là même qui est train d’œuvrer à la suppression des prud’hommes et qui ne lève pas le petit doigt en faveur des syndicalistes pourchassés depuis les années Sarkozy, tels les Cinq de Roanne. Silence dans les rangs pour les uns, tribunaux et prison pour ceux qui veulent garder la tête haute ? Voilà le « modèle social » que l’on entend imposer à marche forcée ? Bref, il s’agit de briser l’esprit de résistance comme tout projet ou idée qui viendrait se mettre en travers d’une impasse ultralibérale n’ayant que faire de la démocratie.
Le problème avec la France, c’est qu’elle est encore la France n
Le président de la République a donc déclaré : «Les possédants sont possédés par ce qu’ils possèdent ».
Non, non, vous n’y êtes pas, ce n’est pas François Hollande qui a livré cette saisissante formule à l’Élysée. C’était le général de Gaulle, il y a bien longtemps… Un ange passe…
Les encouragements ardents ne manquent pas à la ligne libérale tous azimuts du pouvoir. À droite, les petits capitaines de l’UMP se congratulent en douce ; certes, ils se chamaillent, mais ce n’est pas nouveau, ils se chamaillaient aussi avant, mais pour l’essentiel, c’est leur victoire : le « pacte Hollande » (autrement dit libérer le capital de toutes les entraves), c’est aussi leur « pacte », leur dogme et leur politique, leur dogme et leur politique de fond. Au point qu’un quotidien confidentiel affirme : « Il n’y a plus de gauche en Europe » (ce qui est aller un peu vite en besogne, nous sommes là, Mesdames, Messieurs…).
À Bruxelles, on sable le champagne à la Commission européenne après la prestation de Hollande. Berlin exulte. Les fantômes de Tony Blair et de Gerhard Schröder reprennent du service. Chez nous, les éditorialistes, chroniqueurs, professeurs et experts en tout genre exultent de cet orage « moderne et postmoderne » qui fait trembler l’Élysée… Évidemment, chacun en vient à admettre une donnée fâcheuse : François Hollande n’aurait pas pu se faire élire sur son programme du 14 janvier. Il s’est fait élire sur une autre ligne, dite désormais « socialiste »… Cette sorte de hiatus porte en lui de nouveaux désastres politiques et électoraux.
Les grands patrons, eux, ne boudent pas leur plaisir et ils s’avancent en rangs serrés pour mettre leurs pas dans les pas de François Hollande : Henri de Castries, d’Axa ; Serge Papin, de Système U ; François Davy, de Foncia ; Jean-Laurent Bonnafé, de BNP Paribas ; Jean-Paul Agon, de L’Oréal, etc., ont fait savoir leur enthousiasme. Comme on dit dans les bureaux du Medef : « Une telle baisse des charges, on n’avait jamais vu ça… » Et tout ce joli monde est unanime pour estimer, comme le Premier ministre, qu’il ne peut pas y avoir de « machin » bureaucratique pour vérifier les « contreparties » : par exemple, que le nouveau pactole ne servira pas à arroser les actionnaires… L’observatoire des garanties amusera la galerie.
Bref, ce ne sera pas « prends l’oseille et tire-toi », comme on disait autrefois au cinéma ? Qui sait ? n
La loi du 18 avril 1955 portant statut des autoroutes a autorisé l'Etat à concéder la construction et l'exploitation des autoroutes à des personnes publiques ou à des sociétés d'économie mixte dans lesquelles les intérêts publics étaient majoritaires. La Société de l'autoroute Estérel-Côte d'Azur- Alpes (ESCOTA), créée en 1956, fut la première d’entre elles. La Société des autoroutes du sud de la France (ASF), la Société des autoroutes Paris-Rhin- Rhône (SAPRR) et la Société des autoroutes du nord et de l'est de la France (SANEF) ont vu le jour respectivement en 1957, 1961 et 1963. Par la suite, le décret n° 70-398 du 12 mai 1970 a permis à l'Etat de confier cette mission à des personnes privées, conduisant à la création, dans un premier temps, de la Compagnie financière et industrielle des autoroutes (COFIROUTE).
Depuis les années 2000, de nouveaux concessionnaires sont apparus. Ils exploitent un réseau moins étendu et parfois moins rentable que les premières sociétés concessionnaires. Il s’agit des sociétés A’LIENOR1, ALIS2, ARCOUR3, ALICORNE4, ADELAC5, CEVM6, ATLANDES7 et ALBEA8. En parallèle, le capital des sociétés d’économie mixte créées au tournant des années 1960 a été ouvert à des capitaux privés, ce qui a réduit le niveau de la participation de l’Etat. En 2005, le gouvernement de Dominique de Villepin a décidé de céder les participations de l’Etat dans les groupes ASF, APRR et la SANEF. Sept concessionnaires privés exploitent désormais un réseau dense, de 8 216 kilomètres au 1er janvier 2013. Ils représentent 95 % du chiffre d’affaires du secteur et se répartissent entre le groupe VINCI, qui rassemble ASF, ESCOTA et COFIROUTE, le groupe APRR, composé d’APRR et de la Chargée Société des autoroutes Rhône-Alpes (AREA), et le groupe SANEF, incluant SANEF et la Société des autoroutes Paris Normandie (SAPN).
Le paysage autoroutier se compose donc essentiellement de sociétés privées. Seuls deux des dix-neuf concessionnaires que compte le réseau demeurent majoritairement publics, les sociétés « tunnelières » Autoroute et tunnel du Mont-Blanc (ATMB) et la Société Française du tunnel routier du Fréjus (SFTRF).
La présente proposition de loi prévoit la nationalisation de l’ensemble des sociétés concessionnaires d’autoroutes privées. Ce faisant, elle vise à revenir sur la faute politique majeure commise en 2005, lorsque les sociétés concessionnaires historiques ont été privatisées, alors même que les dividendes qu’elles rapportaient à l’Etat devaient abonder les caisses de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) qui venait tout juste d’être créée. Cette faute grave est la marque d’une grande incohérence et d’une vision de court terme dans la politique des transports.
Le choix de la nationalisation a pour objet d’inscrire la politique des transports dans une vision de long terme en lui assurant un financement pérenne. Il s’agit aussi de mettre un frein à la hausse continue des péages autoroutiers, régulièrement dénoncée par les usagers comme par la Cour des comptes.
Lors de sa réunion du 14 janvier 2014, votre commission a largement partagé le diagnostic réalisé par votre rapporteure, tant en ce qui concerne les modalités de la cession des participations de l’Etat décidée en 2005, que les inquiétudes relatives au financement de l’AFITF ou à la hausse continue des péages. Elle a toutefois exprimé de fortes réserves sur la solution préconisée par la proposition de loi, celle d’une nationalisation de toutes les sociétés concessionnaires d’autoroutes financée par une hausse de l’impôt sur les sociétés. C’est la raison pour laquelle, au terme d’un large débat, votre commission n’a pas adopté cette proposition de loi.
CRC : groupe « Communiste Républicain et Citoyen » du Sénat
Où est la gauche ? L’année 2014 égrène ses premières semaines sous d’inquiétants auspices. De ses vœux télévisés à sa conférence de presse, et lors de son allocution aux forces vives (syndicats et associations), François Hollande martèle son credo libéral, n’en finit pas de prendre congé du socialisme. Le débat qui animait historiquement la gauche depuis un siècle sur les moyens à mettre en œuvre, sur le rythme à imprimer pour répondre aux demandes du monde du travail, objectif sur lequel tout le monde se déclarait d’accord, semble dépassé. Selon le nouveau paradigme de capitulation sociale défendu par l’hôte de l’Élysée, entre la demande de ceux qui n’ont pas grand-chose, et l’offre à consentir pour ceux qui ont plus que tout, le choix est vite fait. En couvrant les grands patrons et les actionnaires de cadeaux – par brassées de baisses de cotisations et d’allégements fiscaux –, on espère qu’en retour les bénéficiaires feront quelques gestes en matière de création d’emploi. C’est la mystification du « socialisme de l’offre » : l’offre existe bien, mais où est le socialisme ? Face à une offensive idéologique visant à imposer le modèle social-libéraltel que l’ont forgé au cours des deux dernières décennies Tony Blair en Grande-Bretagne et Gerhard Schröder en Allemagne, la gauche sera-t-elle en capacité de se ressaisir ? Le débat n’est pas clos au sein du Parti socialiste. Le coming out ou la conversion – on l’appellera comme on voudra – de François Hollande n’y fait pas l’unanimité. Le désarroi de l’électorat de gauche, que traduit la marée basse des sondages de popularité de l’exécutif, est devenu une réalité durable.
Dans un tel contexte, le Front de gauche est placé devant des responsabilités nouvelles.Pendant plusieurs mois, ce Front, rassemblant les forces de la gauche de transformation sociale, qui s’était installé dans le paysage politique depuis sa création en 2008, était nettement moins audible. Il apparaissait, au moins à son sommet, comme une sorte de champ clos de controverses sur les alliances locales pour les élections municipales. Ce climat, déjà passablement désespérant pour des dizaines de milliers de citoyens qui avaient, avec le Front de gauche, découvert ou retrouvé des raisons de militer, serait devenu tout bonnement inacceptable pour le monde du travail à l’heure du pacte de François Hollande. Un pacte d’irresponsabilité applaudi par le Medef et approuvé mezzo voce par plusieurs dirigeants de droite conscients d’avoir remporté une victoire politique. La rencontre entre le PCF et le Parti de gauche, la reprise de contact entre Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon, qui ont défilé ensemble au cours d’une manifestation samedi à Marseille, devraient permettre de réenclencher une dynamique d’intervention citoyenne à la veille des élections municipales et européennes, même si tous les désaccords n’ont pas été dissipés.
Mais, plus généralement, et c’est là l’enjeu principal auquel le Front de gauche est confronté, il s’agit pour lui d’empêcher que l’espace politique et idéologique ne soit accaparé et obscurci par le consensus à l’œuvre entre l’exécutif, le Medef et la droite, toutes chapelles confondues, contre toute perspective de changement