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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 20:43

Le lundi 23 mars, il y avait un conseil communautaire de Morlaix avec un ordre du jour pléthorique qui a duré plus de quatre heures.

Par rapport au vote du budget 2015, voici ce que j'ai dit en assemblée, cette fois sans être interrompu par Jean-Luc Fichet et les manifestations d'énervement d'élus du PS et de droite:

« Ce budget qui finance des investissements importants déjà décidés (2ème département de l'IUT, Aménagement de la Manu, Maison Pennanault, PEM) s'inscrit malgré tout dans une trajectoire d'austérité. Serge Le Pinvidic a parlé de rigueur nécessaire sans insister cette fois-ci sur la raison essentielle : la baisse des dotations de l'Etat. Cela représentait – 431000€ de DGF en 2014. En 2015, la baisse de dotation de l’État est doublée pour atteindre - 854 424€. Et en 2016, 2017, 2018, on aura de de nouvelles baisses de dotation chaque année équivalente à 1 millions d'euros.

En tout, les économies ou les hausses de recette à réaliser vont s'élever à plus de 4 millions d'euros, dans un contexte où les charges augmentent parallèlement (prise en charge du service droit des sols, par exemple).

La première remarque que je voudrais faire, c'est que cette baisse des dotations dans son principe et par son ampleur est doublement injuste. Les dotations ne sont pas des cadeaux de l’État aux collectivités, mais des compensations aux transferts de charge de l’État vers les collectivités, et à la perte d'autonomie et de recettes fiscales touchant les collectivités locales suite à des décisions de l’État. Ce ne sont pas d'abord les collectivités qui sont responsables de l'endettement public. Celui-ci est essentiellement dû à la crise, à un ralentissement de la croissance, à un affaiblissement de l'économie productive, au chômage de masse, autant d'effets économiques de choix en faveur du libéralisme effectués et approfondis depuis 30 ans, aussi bien par la droite que par le PS. L'ampleur de la dette ne peut se comprendre aussi qu'à travers une politique fiscale de moins en moins égalitaire et des décisions d'exonérations de cotisations sociales et d'impôts pour les entreprises, décidées souvent sous prétexte de lutte contre le chômage, mais sans effet sur l'emploi. Pour les seules exonérations de charges dont bénéficient les entreprises bretonnes en une année, cela représente un manque à gagner de 1 milliard d'euros, soit l'équivalent du budget total du Conseil Général du Finistère.

Taper les dépenses publiques et sociales pour redresser les comptes publics en s'attaquant au pouvoir d'achat des catégories moyennes et populaires, aux capacités d'investissement des collectivités, à l'emploi public, est complètement inefficace du point de vue de la réduction de la dette. On le voit, la dette ne cesse d'augmenter à mesure qu'on s'enfonce dans l'austérité et la crise.

Pour notre collectivité, le rapport de présentation du budget 2015 montre bien que la baisse continue et croissante des dotations de l’État dans le cadre d'un plan d'austérité de 50 milliards d'euros qui met à contribution les collectivités locales à hauteur de 23 milliards d'euros d'ici 2017 aura cinq conséquences majeures :

- une réduction de la capacité à co-financer des investissements avec les communes, déjà elles-mêmes très lourdement impactées par les réductions de dotation, et ceci pour des projets utiles à la vie quotidienne des habitants des communes de Morlaix-Communauté.

- des économies qui vont peser sur le personnel (dégradation des conditions de travail, réduction de l'emploi public, absence d'embauches nécessaires, de remplacement, pas d'évolution des rémunérations...).

- qui vont peser aussi très lourdement sur les associations : dans le domaine culturel, elles vont perdre déjà 38000€ en 2015

- sur la qualité des services publics et l'ambition de service public, en matière notamment de retour en régie publique de la gestion de l'eau, du transport, de construction nécessaire d'un vrai service de transport en commun péri-urbain avec 6 ou 7 lignes régulières irriguant tout le territoire de Morlaix-Communauté

- enfin, la conséquence la plus immédiate que va percevoir le citoyen à court terme, même si les taux de fiscalité locale restent stables pour l'instant en 2015, en dehors de l'augmentation de 1 % du taux de la TEOM, c'est l'augmentation de la fiscalité locale. Dans le document de préparation du budget 2015, on envisage une hypothèse limite d'augmentation du taux de la part communautaire des impôts locaux de l'ordre de 7 %, ramenant 1 millions de recette en plus dans les caisses de Morlaix-Communauté. Dégradation des services offerts à la population, augmentation des impôts locaux, c'est le résultat de la politique d'austérité du gouvernement qui impacte très fortement les marges de manœuvre des collectivités, communes et communautés d'agglomération au premier chef.

Je ne considère pas contrairement à certains que notre rôle d'élus est simplement de nous adapter à des contraintes, de gérer et de nous accommoder de contraintes financières issues de décisions politiques nationales et européennes, notamment celles de réduire les impôts et les cotisations des entreprises (c'est surtout les grandes qui en bénéficient) de 40 milliards d'euros dans le cadre du CICE, pendant qu'on matraque les collectivités et les collectivités locales. Pour moi, notre engagement doit d'abord être de répondre aux besoins de la population par des services appropriés en tenant compte que l'économie française et les travailleurs produisent des richesses, et que toute la question est celle de leur répartition.

C'est pourquoi sans désapprouver l'ensemble des choix de dépenses du budget 2015, je voterai contre ce budget qui exprime et subit une politique d'austérité injuste et inefficace comme je l'avais annoncé lors du débat d'orientation budgétaire du 26 janvier ».

En dehors du Front de Gauche qui à travers moi a voté contre, tout le monde a voté le budget, sauf la droite morlaisienne qui s'est abstenu en regrettant l'insuffisante maîtrise des coûts de fonctionnement et de personnel, en approuvant la nécessité de la rigueur et de l'économie mais en en demandant davantage, tout en reconnaissant un « budget volontaire et ambitieux » qui traduit une véritable ambition et vision pour le développement du territoire. Agnès Le Brun a parlé d'une possibilité de réduire drastiquement les coûts de la collectivité. Les charges de fonctionnement, selon elles, n'ont pas été anticipées pour la Manu, la maison Pennanault, la passerelle de la gare, qui a coûté elle-même une somme astronomique.

Le vote du budget a donné 10 abstentions (à droite), 1 contre (FDG), le reste des élus pour.

Sur d'autres délibérations, je suis intervenu pour demander des précisions sur le contenu d'un projet d'achat de bâtiment pour une entreprise spécialisée dans le traitement des pièces métalliques des accessoires de marine ou de plaisance à Plouézoc'h (coût de 320 000€), pour demander des précisions sur le co-financement du programme d'action de réduction des algues vertes sur la vallée du Douron, à travers notamment de nombreuses aides à l'investissement pour les agriculteurs et sur l'élaboration programmée mais aux contours nébuleux d'un PAEC (projet agro-environnemental et climatique). C'est une obligation européenne de présenter un plan de gestion intégré dans le plan « Projet Breizh Bocage » pour avoir des avoir des contractualisations et des financements en matière d'aide environnementale et agricole.

Sur la taxe de séjour communautaire, il n'y a finalement pas eu d'augmentation des taux, contrairement à nos craintes, et j'ai voté pour la délibération.

En fin de conseil, je suis intervenu sur les attributions de subvention au titre de la cohésion sociale.

Une première fois pour regretter qu'au-delà du financement d'actions ponctuelles (2500€ pour la Semaine Bleue, pour 5000€ demandés ; 3000€ pour le printemps des générations) Morlaix-Communauté n'ait pas pris en compte le péril extrême auquel se trouve confronter l'ORPAM (Office des retraités et personnes âgées de Morlaix) pour remplir ses missions d'intérêt public au service des personnes âgées et retraités de Morlaix et des communes voisines en présentant son poste de salarié, aujourd'hui considérablement fragilisé par la baisse de 9 000€ des subventions de Morlaix à cette association conventionnée*, ancien service public municipal s'occupant autrefois de l'aide à domicile, et aujourd'hui de l'accueil, de la prévention santé, des loisirs, de la lutte contre l'isolement et remplissant des missions d'éducation populaire au service des personnes âgées. J'ai mis en avant que 40 % des adhérents de l'ORPAM étaient issus de communes autre que Morlaix, ce qui justifiait que Morlaix-Communauté face un effort pour soutenir cette association d'utilité publique qui est bien plus qu'un « club des anciens » puisqu'elle comporte la dimension conseils, prévention, cours et éducation populaire, de manière plus affirmée que des clubs des anciens ou autres clubs des retraités, davantage centrée sur le loisir et la rencontre divertissante. J'ai demandé que Morlaix-Communauté puisse co-financer le poste du salarié de l'ORPAM.

Marie-Simon Gallouedec et Agnès Le Brun ont appuyé ma demande tout en disant que la ville de Morlaix et son CCAS ne lâchaient pas l'ORPAM, qu'ils continuaient à l'accompagner malgré la baisse significative de subvention.

Jean-Luc Fichet a affirmé qu'il n'avait pas reçu la demande de financement de l'ORPAM pour son fonctionnement et son poste à temps complet. Et que de toute façon ce n'était pas une compétence de Morlaix-Communauté, que si Morlaix-Communauté prenait la compétence Personnes Agées, ce serait avec les recettes et les dépenses, dans toutes ses dimensions. Le maire de Plouégat-Guerand, Christian Le Manach, et Jean-Luc Fichet, ont eu tendance à nier la particularité de l'ORPAM, en disant que les clubs des anciens des communes remplissaient aussi des missions d'éducation populaire et de prévention santé et perte d'autonomie. Jean-Luc Fichet a renvoyé la balle du côté des communes dont les habitants utilisent les services de l'ORPAM en laissant entendre que s'il devait y avoir subventions croisées de l'ORPAM, cela devait venir de ces communes.

J'ai pour ma part dit que l'ORPAM avait bien fait une demande de subvention auprès de Morlaix-Communauté (j'ai eu en main la lettre), que son président avait obtenu même un rendez-vous à Morlaix Communauté, ce qu'a confirmé Madame Beuzit, conseillère déléguée aux personnes âgées, qui a été très lapidaire et qui n'a aucunement justifié la décision de ne pas soutenir particulièrement l'ORPAM.

Toujours au chapitre de ces subventions cohésion sociale, Christian Le Manach et Agnès Le Brun et les élus de la majorité de droite à Morlaix ont voté contre la subvention à la Maison du Monde (5000€) en mettant même en doute, pour ce qui est d'Agnès Le Brun, l'intérêt de la subvention au Resam et son rôle d'utilité publique. Il y a eu 8 voix contre la subvention à la Maison du Monde, 2 abstentions.

Pour ma part, j'ai pris la parole assez longuement pour défendre la Maison du Monde à travers notamment un de ses projets phares en dehors des apéros-langues et des rencontres autour de la mobilité internationale, la Semaine de la Solidarité Internationale. Semaine qui a travers des expositions, des conférences-débats, des ciné-débats, des stages, des rencontres, permet de créer des échanges extrêmement riches entre différents secteurs de la société qui n'ont pas forcément l'occasion de se fréquenter : associations et citoyens issus de l'immigration, associations humanitaires, de jumelage, de solidarité internationale. Cette Semaine de la Solidarité Internationale contribue à créer du réseau des habitudes de travail en commun entre associations, à valoriser la diversité culturelle, la tolérance, la fraternité, à nourrir le lien social. Elle se déploie dans l'ensemble du territoire : Morlaix, Carantec, Plougasnou, St Pol de Léon...

Compte rendu partiel de mes interventions et de faits marquants du Conseil Communautaire de Morlaix du 23 mars par Ismaël Dupont

* Morlaix donne 45 500€ à l'ORPAM (subvention diminuée de 9000€ cette année). L'ORPAM a fait des demandes de subvention pour financer son poste de salarié à Morlaix-Communauté (qui a refusé), aux communes de St Martin (qui a refusé), de Plouigneau, de Plourin, d'Henvic, d'où viennent certains de ses adhérents, à la CARSAT et au Conseil Général, sans réponse pour l'instant. Ces subventions sont justifiés par la polyvalence et l'utilité sociale des activités de l'ORPAM: ateliers mémoire, sorties adaptées à la journée avec des tarifs soutenus, clubs discussion pour rompre l'isolement et la dépression de certains seniors, ateliers lectures inter-générationnels, intégration des seniors handicapés dans les voyages, printemps des générations, cours de langue et d'informatique, collaboration avec le CLIC, la Maia (Alzheimer), les autres Offices des Personnes âgées bretons, accueil et écoute des personnes âgées dans les locaux de l'ORPAM ouverts les 12 mois de l'année, 5 jours sur 7.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 20:04

Communiqué des candidats Front de Gauche du canton de Morlaix et du canton de Plouigneau.

Nous remercions les électeurs qui nous ont fait confiance: ils étaient 1276 pour le canton de Morlaix, 1442 pour le canton de Plouigneau.

Mais le système électoral injuste ne permettra pas à nouveau d'avoir des élus du Front de Gauche au Conseil Départemental du Finistère alors que nous représentons un dixième des électeurs lors de cette élection sur tout le département.
A la proportionnelle, la Gauche anti-libérale serait représentée au Conseil Départemental afin de prendre en compte les besoins et attentes de la population.

Les partis responsables des politiques d'austérité vont donc se partager les sièges au sein du Conseil Départemental.

Pourtant, le poids très élevé de l'abstention et des votes blancs et nuls traduit le désaveu d'une majorité de la population par rapport aux politiques conduites par François Hollande et son gouvernement.

Mais ceux-ci ont déjà annoncé qu'ils ne changeraient rien à leur politique régressive et désastreuse.

Les électeurs écœurés par la crise qu'ils subissent et les conséquences sociales de ces politiques ne doivent pas se tromper de colère en votant pour le FN qui n'a jamais défendu les intérêts des classes populaires et dont l'histoire montre que tout l'oppose aux valeurs républicaines.

Contrer la progression extrêmement préoccupante de l'extrême-droite et du rejet de la politique est possible.

Pour cela, il faut respecter la souveraineté du peuple, construire des politiques courageuses qui s'attaquent au chômage, à la précarité et aux inégalités en rompant avec les recettes libérales et la soumission aux logiques capitalistes.

Nous continuerons notre combat pour des territoires solidaires, écologiques et démocratiques, avec tous ceux qui le souhaitent.

Les candidats du Front de Gauche sur Morlaix: Michèle Abramovicz, Ismaël Dupont, Sylvie Lécuillier, Julien Kerguillec

Les candidats du Front de Gauche sur Plouigneau: Martine Carn, Roger Héré, Solène André, Jeremy Lainé

Remerciement aux électeurs: communiqué des candidats du Front de Gauche de Plouigneau et Morlaix
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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 19:28

Les listes soutenues par le Front de gauche réalisent un score de 9,4 % au niveau national (PCF)

La totalisation des résultats publiés ce matin par le ministère de l'Intérieur rend volontairement illisibles les scores des candidates et candidats présenté-e-s et soutenu-e-s par le PCF et le Front de gauche, avec dans de nombreux cantons un large rassemblement de forces de gauche et écologistes.

La réalité de ces totalisations est la suivante : les listes soutenues par notre rassemblement réalisent un score de 9,4 % au niveau national. Le PCF avec le Front de gauche fait plus que résister, il progresse par rapport aux élections départementales de 2008 et 2011. Ces résultats sont un encouragement à poursuivre le travail de rassemblement et d'espoir pour une autre politique à gauche.

L'heure est maintenant au rassemblement le plus large à gauche pour empêcher l’élection de nouveaux élus de droite et d'extrême droite qui ont dans leur viseur les services publics et les politiques de solidarité et de progrès social portés par les départements . La question essentielle, celle qui doit nous mobiliser et nous rassembler jusqu'à dimanche prochain, est le maintien et le renforcement de ces politiques publiques.

Parti communiste français

Paris, le 23 mars 2015.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 06:41
Résultats du Front de Gauche sur les cantons de Morlaix et Plouigneau

Canton de Morlaix :

Ensemble du canton : Front de Gauche 9,6 % 1276 voix

415 blancs et nuls + 13000 abstentionnistes (49%)

Morlaix Front de gauche13,38 % (641)

EELV 13,24 % FN 13,11 % PS 31 % UMP 29 %

Plounéour-Ménez 12,82 % (60)

EELV : 13,7 % FN : 13,46 % PS : 38 % UMP : 21 %

Locquénolé 11,95 % (41)

EELV : 11,95 % FN : 12,5 % PS : 31,8 % UMP : 31,8 %

Pleyber-Christ 9,88 % (107)

EELV : 11 % FN : 17 % PS : 39 % UMP : 22 %

Saint-Seve 9,37 % (37)

EELV : 6,6 % FN : 11,1 % PS : 40 % UMP : 32 %

St Martin des Champs : 9,1 % (164)

EELV : 6,6 % FN : 15 % PS : 41,5 % UMP : 27,5 %

Taulé : 6,56 % (74)

EELV : 7 % FN : 16 % PS : 35,7 % UMP : 34,5 %

Henvic : 6,46 % (35)

EELV : 5,5 % FN : 13,8 % PS : 35 % UMP : 39 %

Carantec : 5 % (77)

EELV : 9,7 % FN : 15 % PS : 22 % UMP : 48 %

Saint Thégonnec : 3,48 (37)

EELV : 6,30 % FN : 13,4 % PS : 44,3 % UMP : 32 %

Loc-Eguiner St Thégonnec : 2,36 % (3)

EELV : 10,2 % FN : 20,4 % PS : 37,8 % UMP : 29 %

***

Canton de Plouigneau

Front de Gauche : 12,23 % 1442 voix

EELV : 8 % FN : 13,8 % Droite : 25,7 % PS : 40 %

Plougonven : 23,4 % (320)

EELV : 7,8 % FN : 10,55 % PS : 39 % Droite : 19 %

Plouégat-Guerrand : 20,1 % (81)

EELV : 9,6 % FN : 12 % PS : 39 % Droite : 18,6 %

Le Cloître St Thégonnec : 18 % (39)

Lanmeur 14,12 % (112)

Plouégat-Moysan : 13 % (34)

Guimaec 12,74 % (59)

St Jean du Doigt 12,54 % (38)

Guerlesquin 11, 17 % (62)

Bostorhel : 10,82 % (21)

Plourin 10,78 % (177)

Le Ponthou : 10,53 % (6)

Lannaeanou 10,27 % (15)

Garlan : 9,79 % (38)

Locquirec : 9,35 % (66)

Plouigneau 9,17% (180)

Plouézoc'h 9% (64)

Plougasnou 8 % (130)

Résultats du Front de Gauche sur les cantons de Morlaix et Plouigneau
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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 06:37
Les candidats Front de Gauche-NPA dans le centre-Finistère: Matthieu Guillemot, Marie-Pierre Coant, José Le Guelaff, Noëlle Péoc'h

Les candidats Front de Gauche-NPA dans le centre-Finistère: Matthieu Guillemot, Marie-Pierre Coant, José Le Guelaff, Noëlle Péoc'h

Brest -1 Lambézellec-Bellevue: Patrick Appéré/ Jacqueline Héré (PCF/BNC) : 16,8 %

FN : 19,3 % UDC/Modem : 24 % PS 39 %

Carhaix : Marie-Pierre Coant, José Le Guelaff (FDG-NPA) : 16,77 % PS 15,6 % Troadec 35,5 % UMP 19 % FN 13 %

Pont de Buis les Quimerc'h : Patricia Laroche- Philippe Poupon (Front de Gauche) : 14,85 % FN : 17 % PS : 35 % Droite : 32,8 %

Plouigneau : Front de Gauche Roger Héré, Martine Carn, Solène André, Jeremy Lainé : 12,23 % EELV 8 % FN : 13,8 % PS : 40 % Droite 25,8 %

Guipavas : Vincent Le Berre, Isabelle Mazelin (Front de Gauche) : 11,8 % (EELV : 6,9%), FN : 12,4 %

Landivisiau Angélique Horélou (Nouvelle Donne) -Emile Turlan (FDG) : 10,47 % / FN 16,7 % PS : 20,8 % 2 listes de droite à 25 %

Pont-Labbé : Véronique Blanchet-Pierre Lemée (Front de Gauche): 9,76 %, Dominique Joffre-Janick Moriceau (EELV soutenu par le PG) ; 7,71 % FN : 14,6 % UMP : 36 % PS : 30,9 %

Concarneau Front de Gauche Annie Cloarec-Jean-Louis Pascal : 9,63 % FN : 18,3 % EELV : 7,2 % UMP 34 % PS 30 %

Morlaix Front de Gauche Ismaël Dupont, Michèle Abramovicz, Julien Kerguillec, Sylvie Lécuillier 9,6 % EELV : 10,1 % FN : 14,2 % Droite 31,5 % PS : 34,47 %

Moëllan sur Mer : Claude Poupon, Denis Sellin : 8,25 % (EELV : 8%, FN 22 % PS 36,6 % UMP 25 % )

Douarnenez : FDG Gérard Rousseau et Marcelle Celton 8,18 % : PS 22 %, UMP 28 %, droite : 19,2 % FN 13,59 % EELV : 6,13 %

Quimper Yvonne Rainero-George Lagadic PCF-FDG 7 % (EELV 9,7 % / FN : 16,8 % UDI Modem : 30 %

Plounéour-Lanvern : Roland Joaouen-Martine Le Nozerh : 6,9 % (EELV 8,4 %, FN : 15,4% UMP 34 % PS 30 %)

Brest-2 PG-POI Quentin Marchand-François Sage 6,62% (FN 12,6 %, EELV 8 %, PS : 33,5 %, UMP 35%)

Brest-3 : Jean-Paul Cam-Virginie Gourvennec (PCF/BNC) : 6,49 % EELV : 7,60 %, DVD 14,6 % UMP 15 % FN 18,4 % PS : 31 %

Brest 5 PCF-BNC (Roselyne Filip-Eric Guellec: 4,42 %), PG-POI : 5,57 % EELV 8,91 % FN 15,8 % UMP : 22,7 % PS 34,8 %

Landerneau Front de Gauche (Anjela Gallais-Lavanant, Johan Laurent) : 5,14 % EELV : 10 % FN : 15 % Droite : 36,7 % PS 33,1 %

Fouesnant : Yann Le Riche, Michelle Lollier (FDG) : 4,82 % EELV : 9 % FN 18,9 % UMP 39,8 % PS 27,4 %

Globalement, sur l'ensemble du Finistère, si on considère les listes Front de Gauche stricto sensu, on est à une moyenne de 9,6% sur les 13 cantons où on était présents en tant que Front de Gauche dans l'unité.

Si on associe, parce que ce sont des composantes du Front de Gauche et que ces candidats s'en réclamaient, les scores des 3 cantons brestois où il y avait des listes PCF-BNC et des deux cantons brestois où il y avait des listes Parti de Gauche-POI, et qu'on y ajoute la liste divers gauche de Landivisiau avec des militants de Nouvelle Donne et du Front de Gauche, on est aussi à 9,5% de moyenne.

Dans le Morbihan, c'est 7,8% avec 18 cantons sur 21 avec des listes Front de Gauche.

Dans l'Ile et Vilaine, c'est 6% avec 11 listes Front de Gauche sur 27.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 06:31

article de Médiapart.

Les socialistes ne «résistent» que dans leur monde imaginaire

23 MARS 2015 | PAR STÉPHANE ALLIÈS

Le Front national s'installe à 25 %, un Français sur deux ne se déplace plus aux urnes, le PS ne pèse plus que 20 % dans un de ses scrutins favoris, il est déjà éliminé dans plus de 500 cantons. Mais le premier ministre estime que «quand on mobilise les Français, ça marche». Décryptage d'une illusion.

Les socialistes ne «résistent» que dans leur monde imaginaire

Manuel Valls aime la communication. Et même quand il est en mauvaise posture, son talent en la matière lui permet de sauver les apparences. Au moins le temps d'une soirée électorale. Ce dimanche soir, le premier tour des départementales aurait dû logiquement ressembler à un cauchemar pour le premier ministre. Mais en l'anticipant, et en choisissant de s'investir en première ligne, à force de dramatisation du scrutin et d'hyper-activisme, il a fait passer ce résultat pour un rêve éveillé.

Il a mouillé la chemise, il a battu les estrades, il s'est pris à assumer de « stigmatiser le FN » comme le premier Rom venu. Et pourtant, le PS est autour des 20 %, ses candidats sont éliminés dans plus de 500 cantons (selon l'état des résultats à minuit dimanche 22 mars), il pourrait perdre entre 30 et 40 départements, et le FN s'est installé à 25 % pour le deuxième scrutin de suite.

Pourtant, Manuel Valls se « réjoui(t) » que l'abstention soit moins forte qu'annoncé. Il est peut-être pour quelque chose dans ce surcroît de mobilisation (par rapport aux dernières cantonales de 2011), mais les conséquences de cette participation en hausse ne sont guère en faveur du pouvoir socialiste. Manuel Valls se réjouit quand même, car il veut voir au-delà du PS. Grâce à son engagement dans la campagne, « les formations républicaines ont tenu leur place », et « le FN n'est pas la première force ce soir ». Et de ponctuer son autosatisfaction martiale d'un prophétique : « Quand on mobilise les Français, ça marche. » La preuve en Essonne, où le canton de Corbeil, dans sa circonscription, a vu l'élimination du PS au premier tour…

Par la grâce de la nomenclature imaginée par le ministère de l'intérieur pour ces départementales, la gauche était d'ailleurs déjà un peu unie malgré elle. Au point que France 2 a fait sa soirée avec un « PS et divers-gauche » pointant à 28 %, alors que Front de gauche et écologistes étaient le plus souvent des « divers gauche », mais des concurrents du PS. La réalité, rectifiée en fin de soirée par la Place Beauvau, serait plutôt celle d'un PS à 20 % et une autre gauche éparpillée mais proche des 17 %.

Faussement ramenés à 2 %, alors qu'ils semblent plus proche des 10 % mais dans un quart des cantons, les écologistes sont ramenés à une simple force mineure qui n'a d'autre choix que de se ranger, d'entrer au gouvernement et de la mettre en veilleuse. Quant au Front de gauche, il plafonnerait à 6,5 %, mais au moins un tiers de ses candidats sont rangés dans les « divers gauche ». De fait, le décompte est impossible à représenter fidèlement au niveau national, tant les configurations sont diverses. Mais pourquoi se priver d'une occasion de faire croire que la gauche est une, quand elle n'a jamais été aussi divisée…

Invité sur notre plateau, le chercheur Fabien Escalona a bien résumé la situation des socialistes aujourd'hui, et la répartition des rôles de ceux qui l'orientent. « Il y a une part de sincérité dans la volonté du PS de lutter contre le FN, et d’ailleurs c’est mobilisateur, explique-t-il. Si Jean-Christophe Cambadélis insiste depuis 2012 sur la menace FN et le tripartisme, c'est pour appeler les autres partis de gauche à soutenir le PS. Chez Manuel Valls, c'est différent. Son cap stratégique est de changer le noyau idéologique du PS et son système d’alliances. » Le premier ministre se veut le garant de la république, bien plus que du socialisme. De la gauche disciplinée qui n'en serait plus vraiment une.

En appelant « chacun à adopter une position claire et à faire voter pour le candidat républicain de gauche, ou de droite, quand il fait face seul à l'extrême droite » au second tour, Manuel Valls appelle à voter pour l'UMP en cas de duel avec le FN, ou à se désister en cas de triangulaires. Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a fait plus fort encore, en appelant lui au « désistement », mais « là où la gauche ne peut concourir ». Comprenne qui pourra.

De toute manière, Cambadélis avait choisi à l'avance comment devait se résumer sa soirée. Selon lui, « les thèmes portés par les socialistes se retrouvent confortés après le premier tour ». Dans sa déclaration, il s'est bien gardé de dire lesquels. Son complice Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, y est carrément allé de sa formule mi-pompeuse mi-solennelle : « C’est un premier tour de résistance. Les socialistes (ont) résisté à ce premier tour » (voir la vidéo ici). Et, évidemment, ils auraient « mieux résisté si l’ensemble de la gauche et des écologistes, partout, s’étaient rassemblés avec les socialistes ». Pour bien être sûr de se faire comprendre, il rajoute même : « C’est le PS qui doit être le moule de ce rassemblement indispensable. »

« La gauche doit désormais se rassembler », a intimé Manuel Valls ce dimanche soir, qui l'a pourtant bien divisée ces trois dernières années. Mais là n'est pas le sujet du premier ministre. Car dans le monde imaginaire des socialistes, il n'y a pas d'alternative. On fait silence dans les rangs. Et tout va bien.

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 22:40

Revenir au gouvernement? Les écologistes au bord de la scission

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale EELV, avec Manuel Valls et Jean-Christophe lors d'un meeting pour les départementales à EFaut-il revenir ou pas au gouvernement, un an après l’avoir quitté ? Et surtout, pour quoi faire ? EELV est au bord de la crise de nerfs. La perspective d’un remaniement après les départementales divise le parti, jusqu'à menacer son existence.

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 08:07

Depuis le 26 février, les agents de la cuisine du centre hospitalier du pays de Morlaix sont en grève illimitée. Plus de 50% des agents, selon les syndicats CGT et Sud Santé Hôpital sont en grève. Vendredi, lors du débrayage à la cuisine centrale, une trentaine de personnels ont participé au mouvement pour dénoncer leurs conditions de travail.

"Depuis le début de l'année, plus de 50% du personnel (effectif total, 67 agents équivalents temps plein) a été en arrêt de travail, et demande que l'abstentéisme soit géré en priorité", exigent les deux syndicats, jugeant que "la direction reste sourde aux demandes des agents".

Des syndicats qui dénoncent que "devant la multitude de réunions entre l'encadrement de la cuisine, sans aucune information auprès du personnel, des process qui changent toutes les semaines, les agents de la cuisine ont de plus en plus de mal à trouver leur place dans les unités de travail".

Au regard de cette situation, les agents de la cuisine reconduisent le préavis de grève le jeudi 26 mars de 12h à 14h, et organisent un pique-nique géant devant le bâtiment administratif".

"Sachant que le self sera fermé, nous invitons l'ensemble du personnel à participer à ce pique-nique", lancent la CGT et Sud hôpital.

Ouest-France, 21 mars 2015

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 22:55
photo Yves Abramovicz

photo Yves Abramovicz

Réunion des candidats du Front de Gauche à la mairie de Morlaix le 19 mars -

Depuis un mois et demi, nous faisons cette campagne des départementales en travaillant en étroite collaboration entre candidats et militants des cantons de Morlaix et de Plouigneau. L'entente a été parfaite. Nous avons mené ensemble 8 réunions publiques où souvent, l'ensemble des candidats des deux cantons étaient présents: Plourin les Morlaix, Plougonven, Lanmeur, Pleyber-Christ, Plounéour-Menez, Locquénolé, Plouigneau, Morlaix.

Nous avons un comité de campagne qui a beaucoup travaillé dans l'ombre à la préparation des documents de campagne, du programme, des réunions publiques.

Anne Caradec et Christophe Ducourant, nos graphistes, Annie Le Calvez, qui nous a accueilli pendant un mois au lancement de la campagne pour nos réunions hebdomadaires du mercredi et qui s'est occupé de trouver tous les assesseurs dans le canton de Morlaix, Alain David, François Rippe, Bruno Fichou, Yann Guéméné, Daniel Ravasio, Christian Corre, Nicole Labelle, Yves Abramovicz, sont là pour en témoigner. Et d'autres encore qui ont beaucoup donné dans cette campagne: Michel Lespagnol, Michel Prigent, Annie Morel, Babeth Gaud, Babeth Racapé...

Des dizaines de militants ont parcouru les deux nouveaux cantons – 28 communes tout de même – pour distribuer des dizaines de milliers de tracts et de flyers, échanger avec les habitants, convaincre qu'il y avait de la place dans ce département et dans ce pays pour une gauche fidèle à ses valeurs, soucieuse de partage des richesses, d'affrontement vis à vis du libéralisme et des intérêts capitalistes, de solidarité, d'écologie et de participation citoyenne.

Si les électeurs vont être nombreux à nous accorder leur suffrage et leur confiance, c'est aussi grâce à tous ces militants qui cette fois-ci ne sont pas sur les affiches et qui s'investissent néanmoins totalement, y compris financièrement, car nous n'avons pas les moyens des partis de gouvernement.

Je ne les remercie pas car nous ne faisons chacun de bon cœur que si ce qui nous semble souhaitable et nécessaire pour le bénéfice de la collectivité et de la progression de nos idées communes mais je tenais néanmoins à saluer ces efforts et ces dévouements partagés.

Le Front de Gauche, c'est aussi ça, un collectif militant constitué de nombreux citoyens, et d'adhérents des différents partis qui composent notre coalition – PCF, Parti de Gauche, Ensemble. Un collectif où chacun sait travailler et se rendre utile à sa place.

Un collectif où la politique n'est pas vécue comme d'abord une concurrence pour le pouvoir mais comme une urgence sociale et humaine, un lieu d'épanouissement de possible réalisation de soi par le partage, la générosité dans l'effort et l'ouverture aux autres, la solidarité.

C'est pour ça que ce qui reste de nos campagnes électorales, au-delà du résultat brut, qui ne dépend pas que de nous, qui nous décevra toujours tant que nous laisserons aux manettes des partis dont on ne connaît que trop les politiques et les pratiques, c'est d'abord de belles expériences humaines, un capital de fraternité et de confiance pour l'avenir, pour continuer à travailler et se battre sur d'autres terrains que ceux de l'électoralisme.

Car le Front de Gauche, contrairement au PS ou à l'UMP, vous ne le voyez pas qu'à travers des élus ou lors des élections : il continue, avec ses moyens humains, qui ne sont pas illimités, tout au long de l'année à organiser des réunions publiques d'éducation populaire, des assemblées citoyennes sur des débats politiques de fond, il milite dans les quartiers populaires, aux portes des entreprises, sur les marchés, pour maintenir un contact régulier avec les citoyens, tenter d'accompagner chez eux l'esprit de révolte, de mobilisation, et surtout les faire sortir de la résignation et du dégoût passif. C'est notre but: rien ne se fera sans les citoyens. A nous seuls, sans la mobilisation du peuple, nous ne pourrons pas faire bouger le système de domination en place qui est bien installé pour protéger les intérêts de quelques privilégiés.

Le Front de Gauche exerce son droit d'alerte par ses communiqués, son journal L'Humain d'abord. Il assiste avec ses militants aux conseils municipaux et aux conseils communautaires.

En dehors du Front de Gauche qui fait ce travail pour restaurer la dignité de l'engagement et de la participation politique, pour expliquer aux gens qu'on peut penser hors du cadre dominant : celui du libéralisme et du capitalisme triomphants, celui de la délégation de pouvoir ?

Personne ou presque!

Les Verts se mobilisent à peu près exclusivement, avec un nombre de militants assez faibles, il est vrai, sur des questions écologiques. Importantes, certes, mais le social l'est aussi !

Quand il s'agit de mobiliser contre la réforme des retraites, l'ANI, la loi Macron, le TSCG, le Traité Transatlantique, quand il s'agit de défendre les services publics, le droit au travail et le droit du travail des salariés, nous sommes bien seuls, nous, militants et sympathisants du Front de Gauche, avec les syndicalistes qui ne sont pas dans l'accompagnement libéral du capitalisme comme la CFDT.

J'ai lu ce matin la profession de foi d'EELV : on pourrait pratiquement tout signer. Mais il manque tout de même des éléments importants : la référence à la montée des inégalités et de la pauvreté, de la précarité dans le travail. La dénonciation de la politique européenne et gouvernementale d'austérité et de soumission aux dogmes libéraux.

A se demander si les Verts localement ne ménagent leurs alliés des municipales socialistes.

Ce ne serait pas si étonnant quand on se souvient de ce qui s'est passé en 2012 : un parti qui fait 2 % aux présidentielles et obtient 18 élus grâce à ses accords d'avant présidentielles avec le PS. Le Front de Gauche, avec 11% aux présidentielles, obtient 11 députés un mois plus tard sans accord avec le PS.

Un parti avec deux ministres au gouvernement qui ont justifié par leur présence la mise en place de la politique d'austérité et de soumission aux directives ordo-libérales de Bruxelles, dont les députés pendant 2 ans, du temps du gouvernement Ayrault, non pas voté contre les budgets d'austérité, l'ANI (abstention).

Cécile Duflot a compris que continuer à soutenir cette politique et à la mettre en œuvre était une impasse sociale, économique et surtout pour EELV un suicide politique. Elle s'est depuis nettement démarquée de la politique de Hollande et Valls, a esquissé un début de réorientation des alliances dans la perspective de 2017 avec le Front de Gauche (45 % des listes EELV aux départementales se font avec le FDG, une ou certaines de ses composantes). Cécile Duflot a soutenu comme le front de gauche Syrisa. Elle a accepté avec Nouvelle Donne et des frondeurs du PS de participer aux "Chantiers d'espoir" pour construire une alternative au libéralisme à gauche pour les présidentielles de 2017.

Mais comme il y a une partie des élus écolos qui sont clairement sociaux-démocrates ou libéraux- centristes (la ligne de Rugy, Jean-Vincent Placé, Cohn-Bendit) et que ce n'est pas précisément un parti de militants (parmi ses 10000 adhérents déclarés, un certain nombre d'élus), EELV est d'ailleurs au bord de la scission.

En Bretagne, dans le Finistère : les écolos ont choisi la stratégie du Ni – Ni. Ni Parti Socialiste, ni Front de Gauche.

A Pont Labbé, Brest, et Morlaix-Plouigneau, ils ont refusé la main tendue du Front de Gauche.

Nous respectons leur choix, ils ont leur propres objectifs et intérêts politiques mais ce choix pourrait empêcher de passer devant le PS et d'avoir des élus autres que PS au Conseil Départemental pour faire vivre le pluralisme et le débat politique.

Or, il y a un enjeu très fort dans ces élections : montrer que la gauche aux responsabilités, ça peut être autre chose que le PS qui soutient et applique la politique d'austérité et la politique libérale du gouvernement. Cela ne peut qu'être autre chose que le PS, qui bien souvent, dans ses choix objectifs, ne se conduit plus en parti de gauche.

Il n'a pas dénoncé par exemple à travers sa majorité au Conseil Général la baisse des moyens à hauteur de 118 millions d'euros d'ici 2017 qui se traduira pas une augmentation de la fiscalité locale, des suppressions d'emplois dans les associations dépendantes du Conseil Général, les services sociaux et les autres services du Conseil Général, une dégradation des services publics et de l'action sociale en lien avec les compétences du Conseil Général.

Il soutient la réforme territoriale anti-démocratique qui veut adapter les territoires aux exigences de la concurrence capitaliste en éloignant les lieux de décision du citoyen et affaiblissant les solidarités et redistributions entre territoires.

S'il y a quelque chose qui doit nous convaincre que le PS s'est clairement coupé du peuple, c'est l'interview donné par François Hollande à Challenge, le journal très libéral des cadres, quand il dit qu'il ne changera rien à sa politique, qu'il ne changera pas de premier ministre, quelque soit le désaveu et le signe de profond désaccord et de volonté de sanction que les Français donneront le 22 et 29 mars.

C'est une raison suffisante pour ne pas appeler à voter PS au second tour si nous n'y accédons pas, pour ne pas donner de consigne de vote, pour laisser libres nos électeurs de choisir en conscience. Nous ne pouvons plus accepter que les représentants du peuple méprisent la volonté de peuple, qu'ils la dénaturent, qu'ils la confisquent.

Ce n'est pas ça la République. Pour nous, la République, c'est la chose du peuple, la res publica, pas celle des élites auto-proclamées qui gouvernent sans le peuple et contre lui.

Les dirigeants du parti socialiste devraient relire Jaurès qui est venu au socialisme car il ne séparait pas la république politique, entendue comme l'affirmation du suffrage universel et de la loi votée par les représentants du peuple, de la république sociale qui était son prolongement, souveraineté du peuple dans le domaine des relations économiques et sociales de manière à garantir les conditions minimales d'une égalité de bonheur pour tous.

Notre projet, c'est précisément de reconstruire cette gauche humaniste, transformatrice, volontariste, populaire, à mille lieux de celle qui n'est qu'une étiquette électorale pour conserver les intérêts du système et d'une coterie de carriéristes.

La république, notion à la mode, particulièrement depuis le 11 janvier et son fameux esprit saint d'oecuménisme républicain en trompe l'oeil.

L'UMP veut se rebaptiser "les républicains". Républicains à l'américaine, à la Reagan certes: ceux qui veulent garder l'ordre discriminatoire dans l'inégalité et mettre la force de l'Etat au service des privilégiés et des intérêts du capitalisme.

Quand nous disons que nous ne donnerons pas de consigne de vote au second tour, ce n'est pas pour dire qu'une victoire de la droite aux départementales nous indiffère. Au contraire. Mais seule la construction d'une alternative à vocation majoritaire de gauche anti-libérale claire sur ses objectifs et sa stratégie peut durablement faire échec à la droite et à l'extrême-droite.

Celles-ci sont d'ailleurs de plus en plus proches. Le maire UMP de Quimper, Mr Jollivet, ne qualifie t-il pas le FN de parti tout à fait républicain. Qualification qui en dit plus sur ce qu'est une partie de l'UMP aujourd'hui et ses arrière-pensées électorales que sur le FN!

L'UMP, on le sait, c'est la proposition d'un plan d'austérité dément de 150 milliards d'euros (trois fois plus que ce qui est fait aujourd'hui, avec déjà des conséquences catastrophiques sur l'économie, la montée des inégalités et la détérioration des services publics), la politique de l'argent roi, le passage à 40h travaillés dans le privé (payées 35), 38h travaillés dans le public (payées 35), la baisse des impôts pour les riches et les grosses entreprises, la culpabilisation et la réduction de droits pour les chômeurs, les précaires, les allocataires des minimas sociaux, la suppression de l'aide médicale d'urgence pour les sans-papiers.

Une vague bleue aux départementales ne nous rejouira aucunement, même si nous y verrons une conséquence logique de la politique libérale dirigée contre les travailleurs et les intérêts de la population de Hollande et de Valls. Nous connaissons cette droite sarkozyste qui ne reviendrait en grâce que par le biais du désaveu infligé aux socialistes et de l'absention. Nous savons de quoi elle est capable...

Nous savons que le risque de ces départementales est aussi qu'à force d'annoncer son ascension inexorable, le FN devienne, pas en Bretagne, mais dans beaucoup d'endroits en France, le nouveau venu des seconds tours.

Le FN ne sait qu'exploiter le ressentiment, le mal de vivre et les préjugés de citoyens déboussolés, frustrés, cherche à faire le buzz avec des slogans basiques et primaires, se complaît dans le culte de la personnalité : le Bleu Marine qui dissimule, si près derrière, le brun qui sent toujours aussi mauvais.

Il affiche partout en ville et sur la voix express des affiches d'auto-célébration mais on ne le voit pas exposer ses arguments et ses propositions dans des réunions publiques, dans des tracts, au contact avec les citoyens. Ses candidats sont parachutés à 50%, beaucoup n'ont strictement aucune crédibilité politique, ils n'ont pas conçu une ligne de programme, on recrute des mamies de plus de 90 ans sans craintre de prendre les électeurs pour des imbéciles.

Vous me direz, il n'a pas besoin d'avoir des candidats crédibles ou des propositions annoncées !

Ses prétendus adversaires de droite et du PS, par la nocivité de leurs politiques pour les classes populaires, travaillent pour lui, et parfois de manière tout à fait délibérée, comme Manuel Valls, comme les médias qui préfèrent poser en adversaires du système un parti d'extrême-droite national-populiste qui divise les pauvres et le monde du travail, alimente le vote utile au service des partis qui défendent les intérêts du système, ne remet pas en cause les conditions de l'accumulation capitaliste, bien au contraire puisqu'il s'attaque aux syndicats, aux acquis sociaux, stigmatise une partie des prétendus « assistés ». N'oublions pas que Jean-Marie Le Pen avait un portrait de Reagan sur son bureau...

Le FN se professionnalise, ratisse l'électorat populaire, principalement de droite, sur des thématiques anti-européennes, anti-libérales, lisse son discours, mais en Off, c'est toujours le même fond de commerce, celui de la xénophobie, de la stigmatisation de l'autre et de l'intolérance, et dans les municipalités qu'il dirige, ce sont des attaques contre l'action sociale, les pauvres et les quartiers populaires, les associations humanistes.

Le FN au pouvoir, avec les institutions de cette monarchie présidentielle qu'est la Ve République, avec son programme de sélection des bons et des mauvais français, d'explusion des résidents d'origine étrangère, c'est une aventure dont on sait par avance qu'elle est pas bonne à vivre. Mais le FN n'est pas encore aux portes du pouvoir, même si ses scores grimpent à la faveur de l'abstention.

René Perez, dans le Télégramme du lundi 16 mars, rappelait qu'entre les présidentielles de 2012 et les européennes de 2014, le FN était passé de 13% à 17% en Bretagne tout en perdant 80 000 électeurs: la prétendue montée inexorable du FN n'est qu'un effet du désaveu de plus en plus massif des français vis à vis des politiques, et de la montée de l'abstention due au sentiment que les alternances se suivent sans véritable changement de politique.

Je crois qu'il faut avoir la même attitude vis à vis du FN que Jaurès devant la montée en puissance de l'anti-républicanisme nationaliste et antisémite du général boulanger à la fin des années 1880: se dire que c'est l'indice d'une crise de régime, ne pas s'implimer dénoncer les conséquences mais s'intéresser aux causes, y voir "une aspiration confuse vers un monde meilleur" autant qu'"un acte de désespoir", y voir "un grand mélange de socialisme dévoyé" qui explique la capacité actuelle du FN à progresser dans les classes populaires désorientées par l'impuissance du politique, les conséquences du libéralisme européen et de la mondialisation financière et capitaliste. Et le FN n'est pas une exception en Europe: partout les partis d'extrême-droite ou nationaux-populistes progressent face aux politiques anti-populaires des droites et des sociaux-démocrates aux pouvoirs, soumis aux intérêts financiers et aux règles du libéralisme. Seule la reconstruction d'une gauche forte et ambitieuse, prête à sortir du "prêt-à- penser" libéral et capitaliste, à rompre avec les logiques austéritaires, comme elle émerge avec Syrisa en Grèce ou Podémos en Espagne, peut nous faire sortir des ornières de la montée des inégalités et de l'extrême-droite.

Ces élections départementales sont un moment important pour gagner ou perdre du temps sur ce chemin. Le Front de Gauche doit pouvoir continuer à grandir, et bien sûr à rassembler et se rassembler bien au-delà de ses rangs, avec les citoyens, les partis, les associations, les syndicats qui veulent d'un vrai changement économique, social, écologique, citoyen mettant l'humain au centre des décisions.

Ismaël Dupont -

Introduction au débat, réunion Front de Gauche à la mairie de Morlaix, le 19 mars 2015.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 22:55

Face à la droite et l'extrême-droite, face aux renoncements gouvernementaux

UNE NOUVELLE GAUCHE, UN NOUVEL ÉLAN

Déception, Résignation, colère…

Les mots se télescopent pour traduire le sentiment des femmes et des hommes qui ont voté en 2012 en espérant le changement. Électeurs de gauche, socialistes, écologistes, communistes et du Front de gauche, nous avons voté en 2012 non seulement pour nous débarrasser de Sarkozy, mais aussi de sa politique.

Certains avaient beaucoup d'espoir, d'autres beaucoup moins d'illusions. Moins de 3 ans après le bilan est catastrophique. Hollande et les gouvernements successifs n'auront même pas fait semblant de mener une politique de gauche. Depuis le début ils n'obéissent qu'au MEDEF et aux marchés financiers. Et pour quels résultats ? Alors que les dividendes versés aux actionnaires augmentent, nous assistons à l'explosion du chômage et de la précarité. La loi Macron, pire encore que l'illustration d'une politique de renoncement est saluée et encouragée par la droite et les forces libérales.

Face à ce que certains qualifient de trahison, les femmes et les hommes de gauche renoncent. Une force considérable, mais désabusée, qui, en ces temps difficiles et incertains, baisse les bras en se disant « A quoi bon ? Tous les mêmes ! ».

Le 22 mars lors des élections départementales, certains sont prêts à s'abstenir, ou à parfois se laisser tenter de voter pour le pire.

Nous avons toutes les bonnes raisons d'être déçus et en colère, mais pour autant faut-il laisser à la droite et son extrême tous les pouvoirs, les laisser décider de tout à notre place ? Faut-il, face à la trahison de nos espoirs, nous résigner à faire une croix sur notre avenir et l’avenir de nos enfants et petits-enfants ?

Face à la déception, Jean-Christophe Cambadelis, le Premier secrétaire du PS ne trouve rien de mieux que de faire porter la responsabilité de son échec sur l'ensemble des forces de gauche qui ne se rangeraient pas derrière le PS. Pour se rassembler la peur de la droite ne suffit pas, il faut être d'accord sur une politique. Et comment les forces de gauche pourraient-elles se rassembler derrière une politique libérale ?

Face à la colère, Manuel Valls panique et ne trouve d'autres solutions pour rassembler que d'agiter les peurs autour du Front national. Le danger est réel, mais pour l'endiguer, les postures, les gesticulations ne servent à rien : il faut changer de politique.

Les départements : un maillon essentiel des politiques publiques

Les élections départementales sont l'occasion de donner de la force à des élu-e-s de combats qui soutiendront les politiques de solidarité des départements : politiques de santé, d'aide aux personnes handicapées et âgées, de protection de l'enfance, de transports scolaires, d'insertion des personnes en difficultés etc. et d'encourager des choix pour le progrès social, l'emploi et les revenus, le vivre ensemble et l'environnement.

En résumé, c'est faire le choix du bouclier social quand tous les autres ne jurent que par des réductions de la dépense publique qui fragilisent les plus modestes et par conséquent sont créateurs d'injustices.

Une nouvelle gauche émerge

Ces élections sont aussi l'occasion de donner un signal : une nouvelle gauche se construit. Une gauche qui ne se résigne pas, une gauche anti-libérale, contre l'austérité. Une gauche qui fait passer l'intérêt des peuples avant celui des banques, une gauche pour qui le vivre ensemble ne reste pas qu'une formule !

Dimanche 22 mars, nous voulons faire entendre notre voix, une autre voix, nous sommes en colère mais nous ne nous résignons pas. Nous voulons un nouvel élan progressiste pour notre département et pour notre pays!

RENDEZ-VOUS

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, fera une déclaration au soir du premier tour des élections départementales.

A suivre en direct sur www.pcf.fr dimanche 22 mars à 20h15.

Dimanche 22 mars, votez Front de Gauche!
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