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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 17:01

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Ma mamie morlaisienne, Nicole, avait pour oncle maternel un homme au parcours peu commun, Jean Delalande, un amoureux des langues et des contes et chansons celtiques qui traduisit l'internationale en breton, collabora avec l'occupant par indépendantisme, créa la première école à l'enseignement en breton.  

Jean Delalande est né en 1910 à La Roche-sur-Yon. Son père était militaire. Avec sa mère, Pauline Joséphine Kerbiriou, il vient s'installer à Morlaix pendant son enfance à la mort de son père.

Il habitait aux alentours de la Grande Venelle, derrière le Viaduc, et apprit en partie le breton du Trégor avec son voisin, le père de mon papi René, Jean, menuisier originaire de Plouézoch. Par la suite, le breton du Trégor de Jean ne trouva plus grâce auprès de Jean Delalande, accoutumé à considérer avec ses amis intellectuels bretonnants que le breton du Léon était plus pur et « originel ».

Très doué à l'école, Jean Delalande a suivi des cours à l'école primaire supérieure à Brest de 1923 à 1927, puis a intégré un Saint-Dustan College de Londres afin de perfectionner son anglais de 1927 à 1928 (source Wikipédia). Dans sa famille, Jean Delalande eut plus tard la réputation d'être un érudit qui avait surtout un don exceptionnel pour l'apprentissage des langues. Il en maîtrisait cinq, dont le chinois.

De retour en Bretagne, Jean Delalande est devenu instituteur public à Plomeur dans le pays bigouden (1930), à St-Philibert en Trégunc (1931), à Quimperlé (1932), à Guiclan (1933-36).

A cette époque, Jean Delalande devient un militant culturel et politique breton, se rattachant plutôt aux idées de gauche, puisqu'il est membre du mouvement Ar Falz (La Faucille), dont la revue culturelle porte le même nom, créée en 1933 par un instituteur de sensibilité communiste et régionaliste, Yann Sohier (1901-1935), le père de l'historienne Mona Ozouf, voulant réunir des instituteurs laïques et progressistes souhaitant développer l'enseignement du breton à l'école publique.

Yann Sohier était instituteur à Plourivo, et à ce titre voisin avec le directeur de l'Humanité Marcel Cachin, devenu son ami, très sensible lui aussi à la revalorisation de la culture et de l'identité bretonne face au centralisme parisien. A cette époque, l'URSS donne pour Sohier et Cachin l'exemple d'une reconnaissance du droit des peuples à l'exprimer leur langue et leur culture nationale, à l'opposé de l'impérialisme et du colonialisme de la République bourgeoise, marginalisant les cultures régionales populaires comme il méprise le droit à l'auto-détermination des peuples colonisés. L'Humanité et le PCF ne portent pas jusqu'à la période du Front Populaire un regard négatif sur le développement des revendications autonomistes régionales. Moment d'oecuménisme surprenant, Marcel Cachin sera présent à l'enterrement de Yann Sohier en 1935, au côté d'Olier Mordrel, futur leader de la tendance d'extrême-droite du nationalisme breton, et de l'abbé Perrot, le défenseur de la langue et de l'indépendance bretonne, conservateur et farouchement anti-communiste, très proche des dirigeants du PNB engagés dans une politique de collaboration avec les nazis pendant la guerre, qui sera tué le 12 décembre 1943 par un résistant, probablement communiste, à Scrignac parce qu'on le soupçonnait d'avoir dénoncé des résistants. L'amitié pour Yann Sohier et la cause de la « défense de la langue bretonne » réunissent ainsi ces personnalités aux engagements politiques opposés. Comme nous le rapporte Françoise Morvan, Marcel Cachin devait toutefois avoir la lucidité de dénoncer la collusion, de plus en plus évidente, des autonomistes et de l'Allemagne nazie dans un discours le 20 décembre 1938 au Sénat. 

Outre son engagement pour le bilinguisme, Ar Falz est à l'origine une revue et un mouvement de gauche, anti-fasciste et anti-colonialiste, proche à la fois des communistes et du syndicat enseignant d'extrême-gauche « L'École émancipée », voulant défendre une vision laïque, populaire et ouverte de la culture bretonne. Néanmoins, au moment de l'éclatement du PAB(Parti Autonomiste Breton) et de la scission du mouvement politique breton entre fédéralistes et nationalistes indépendantistes du Parti National Breton (PNB), Yann Sohier, comme Jean Delalande, adhèrent au PNB, dont une grande partie des cadres vont se compromettre pendant la guerre dans une collaboration d'intérêt ou de sympathie idéologique avec les occupants allemands. 

A la mort de Yann Sohier, Jean Delalande, dont le pseudonyme d'écrivain, de journaliste et de militant breton est Yann Kerlann, qui écrit les articles d'histoire et de mathématique en breton de la revue « Ar Falz », devient secrétaire général d'Ar Falz, désigné par le fondateur avant sa mort. A ce titre, il aura l'occasion d'adapter « L'Internationale » en breton pour la revue « War Sao », revue des Bretons émancipés proche du Parti Communiste dirigée par Marcel Cachin depuis Paris.

« Ar Falz » va être mis en sommeil pendant la guerre, et ses militants vont prendre des directions parfois opposées.

La brestoise Meavenn (Françoise Rozec), femme de lettres, poète et gérante de la revue avant-guerre, participera aux émissions de Radio Rennes avec Roparz Hemon sur proposition du professeur Weisberger et sera même de la retraite en Allemagne en août 1944 des collaborateurs bretons avec son amant Jean-Marie Chanteau, membre du Bezen Perrot. 

Ar Falz sera remise en activité après-guerre pour défendre encore et toujours la place de la langue bretonne à l'école et la connaissance de l'histoire et de la culture bretonnes, sur des bases progressistes retrouvées, avec des gens comme Armand Keravel, membre d'Ar Falz dès sa création, qui s'était opposé au tournant collaborationniste du mouvement breton et deviendra élu municipal à Brest en 1977 sur une liste d'Union de la Gauche avec Francis Le Blé, et conseiller régional. 

Dès les années d'avant-guerre, tout en préparant une évolution à l'irlandaise, prenant au besoin appui sur l'ennemi de l'ennemi français, le PNB se radicalisait dangereusement, avec les idées celto-racistes de ses dirigeants, Debauvais et Mordrel, appelant à la lutte armée contre l'État français et développant un discours inspiré du fascisme.

Mordrel et Debauvais partent en Allemagne à la fin août 1939 avec enfants et femmes pour chercher à y constituer une Légion Bretonne capable de libérer la Bretagne. Dans la nuit du 8 août au 9 août 1939, Célestin Lainé dépose avec le côtre cotier le Gwalarn à la plage des Sables Blancs de Locquirec des armes allemandes livrées au large de Jersey par un vapeur venu de Hambourg. Célestin Lainé, ingénieur chimiste de formation, charismatique meneur d'hommes aux idées mystiques et fascistes, est l'organisateur avec son armée secrète « Gwen-ha-Du » de l'attentat contre le monument de l'Union de la Bretagne à la France à Rennes le 7 août 1932. La plupart des compagnons de l'épisode romanesque du Gwalarn, Le Helloco, André Geffroy de Locquirec, Guy Vissault de Coetlogon, le suivront à partir de 1943 pour former le Bezen Perrot (la Brigade Perrot), et porteront l'uniforme de la SS pour traquer des maquisards bretons en 1944 et participer à de sinistres activités de police, d'interrogatoires, et d'exécutions contre la Résistance.

Après le PCF, dissout et pourchassé suite au Pacte Germano-Soviétique, le PNB, perçu à juste titre comme une menace contre la sécurité nationale, est interdit par les autorités de la République dès après la déclaration de guerre. Ses militants sont fichés, pourchassés dans leurs activités et arrêtés pour certains.

Tout va changer avec l'occupation de la France et l'arrivée des Allemands en Bretagne, en juin 1940. Même si l'espoir que les militants indépendantistes bretons avaient que l'Allemagne nazie accorde à la Bretagne une indépendance ou une large autonomie pour affaiblir l'ennemi français est très vite déçu, tant les autorités de Vichy montrent de diligence à collaborer avec l'occupant et tant les Allemands réalisent également que les nationalistes en Bretagne sont ultra-minoritaires, le PNB et les indépendantistes bretons vont être protégés par les Allemands qui les utilisent comme une carte à jouer au besoin, un moyen de pression sur Vichy, et une réserve d'auxiliaires potentiels.

Raymond Delaporte, qui prend la tête du PNB contre le courant nationaliste le plus radical, comprend qu'il faut être plus conciliant vis à vis de Vichy et de l'Etat français et le journal du PNB, L'Heure Bretonne, financé par les Allemands, où écrira également Jean Delalande, soutient des positions plutôt fédéralistes, et pour le reste n'est guère critique vis à vis de l'idéologie de la Révolution Nationale et des Nazis, tenant même, selon les contributeurs et les époques des propos racistes, antisémites, hostiles aux franc-maçons, anti-républicains ou favorables à la victoire finale de l'Allemagne, comme l'a bien montré Georges Cadiou, preuves à l'appui, dans L'hermine et la croix gammée. Face à ces nationalistes bretons qui servent sa politique autant que la droite conservatrice et les courants politiques nationaux qui se retrouvent derrière Vichy, les Allemands favorisent les possibilités d'expression du mouvement politique et culturel breton. 

Les journaux de Yann Fouéré La Bretagne et La Dépêche de Brest, financés et contrôlés eux aussi par les Allemands, sont collaborationnistes. Radio-Rennes, filiale de Radio-Paris sous contrôle nazi, propose des émissions en breton sous le patronage de Roparz Hémon, l'unificateur de la langue bretonne.

Jean Delalande, selon Françoise Morvan, aurait été en Allemagne avec Mordrel et Debauvais en juin 1940, assistant notamment à un meeting d'Hitler et à un défilé des Jeunesses Hitlériennes. Avec ceux-ci, l'avocat Le Helloco et le linguiste Roparz Hemon, il fait partie de ces dirigeants nationalistes bretons qui ont avec la bienveillance des autorités allemandes rassembler des prisonniers bretons sympathisants de la cause autonomiste ou indépendantiste pour constituer un embryon d'armée bretonne pouvant servir contre une éventuelle résistance de l'Etat français. 

Après avoir enseigné brièvement à Cleden Cap Sizun à son retour d'Allemagne, il ouvre à l'automne 42 avec sa femme à Plestin la première école privée dont l'enseignement est entièrement en breton.

Cette école était financée par l'hebdomadaire « L'heure bretonne » et la revue de Roparz Hémon, Arvor, puis, plus compromettant encore, grâce à Célestin Lainé, par une partie de la solde des 66 soldats du Bezen Perrot, qui ont le statut de policiers allemands affectés au SD, renseignements militaires. D'ailleurs, pendant les deux ans d'existence de l'école bretonne de Plestin, les élèves seront tous ou presque des enfants de militants nationalistes bretons, dont plusieurs enfants de membres du Bezen Perrot engagés militairement au côté des Nazis. Françoise Morvan affirme d'ailleurs que Delalande aurait écrit la chanson qui servait d'hymne au Bezen Perrot. Pour eux?  

 C'est pourquoi, à la Libération, Jean Delalande est arrêté, incarcéré un temps au Collège du Château. Il est déchu de ses droits civiques par le Tribunal de Quimper, interdit d'enseignement et de séjour dans le Finistère de manière temporaire. Il va vivre en région parisienne et ses connaissances en langues lui permettent de devenir cadre à Air France. Il revient ensuite en Bretagne et vit à Morlaix avec sa seconde femme. Il meurt à Morlaix en 1969 et est enterré au cimetière Saint-Charles.

Son histoire illustre les errements lamentables et néanmoins tragiques du mouvement indépendantiste breton engagé dans un jusqu'au boutisme le conduisant bon nombre de militants à collaborer avec les nazis pendant la guerre. Pourtant, Jean Delalande, grand défricheur de contes populaires, pédagogue innovant et érudit, était décrit par son entourage comme un homme doux, bon et plutôt naïf dans "les choses de la vie": tout le contraire d'une brute fasciste.

A Morlaix, les gens qui le connaissaient lui pardonnaient dans l'ensemble pour ses choix pendant la guerre, dictés par le rêve fou d'une Bretagne libre et rendue à la fierté de sa culture ... sous la botte impériale allemande, à part sa mère, qui ne supportait pas l'idée que son fils ait servi d'une manière ou d'une autre des Allemands que son père avait combattus pendant la Guerre Guerre.

 

Ismaël Dupont  

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 06:40

Jean Jaurès, par Léon Trotsky 

jeudi 31 juillet 2014

 

Jean Jaurès, par Léon Trotsky

Pour le centenaire de la mort de Jean Jaurès, nous publions l’excellent texte de Léon Trotsky qui rend hommage au grand homme. Une première version de ce texte de Trotsky parût dans la Kievskaïa Mysl, dont le révolutionnaire russe était le correspondant parisien en 1915. Il sera réédité plusieurs fois. Nous publions ici le texte de la réédition russe de 1917.


Trois années ont passé depuis la mort du plus grand homme de la Troisième République. Le torrent furieux des événements qui ont suivi immédiatement cette mort n’a pas pu submerger la mémoire de Jaurès et n’a réussi que partiellement à détourner de lui l’attention. Il y a maintenant dans la vie politique française un grand vide. Les nouveaux chefs du prolétariat, répondant au caractère de la nouvelle période révolutionnaire, ne sont pas encore apparus. Les anciens ne font que rappeler plus vivement que Jaurès n’est plus...

La guerre a rejeté à l’arrière-plan, non seulement des figures individuelles, mais une époque tout entière : celle pendant laquelle a grandi et s’est formée la génération dirigeante actuelle. Cette époque, qui appartient déjà au passé, attire l’esprit par le perfectionnement de sa civilisation, le développement ininterrompu de sa technique, de la science, des organisations ouvrières, et paraît en même temps mesquine dans le conservatisme de sa vie politique, dans les méthodes réformistes de sa lutte des classes.

A la guerre franco-allemande et à la Commune de Paris a succédé une période de paix armée et de réaction politique où l’Europe, abstraction faite de la Russie, ne connut ni la guerre ni la révolution. Alors que le capital se développait puissamment, débordant les cadres des états nationaux, déferlant sur tous les pays et s’assujettissant les colonies, la classe ouvrière, elle, construisait ses syndicats et ses partis socialistes. Néanmoins, toute la lutte du prolétariat durant cette époque était imprégnée de l’esprit de réformisme, d’adaptation au régime de l’industrie nationale et à l’état national. Après l’expérience de la Commune de Paris, le prolétariat européen ne posa pas une seule fois pratiquement, c’est-à-dire révolutionnairement, la question de la conquête du pouvoir politique.

Ce caractère pacifique de l’époque laissa son empreinte sur toute une génération de chefs prolétariens imbus d’une méfiance sans borne envers la lutte révolutionnaire directe des masses. Lorsqu’éclata la guerre et que l’Etat national entra en campagne avec toutes ses forces, il n’eut pas de peine à mettre à genoux la majorité des chefs « socialistes ». De la sorte l’époque de la II° Internationale se termina par la faillite irrémédiable des partis socialistes officiels. Ces partis subsistent encore, c’est vrai, comme monuments de l’époque passée, soutenus par l’inertie et l’ignorance et... les efforts des gouvernements. Mais l’esprit du socialisme prolétarien les a quittés et ils sont voués à la ruine. Les masses ouvrières, qui durant des dizaines d’années ont absorbé des idées socialistes, acquièrent maintenant seulement, dans les terribles épreuves de la guerre, la trempe révolutionnaire. Nous entrons dans une période de bouleversements révolutionnaires sans précédent. La masse fera surgir en son sein de nouvelles organisations et de nouveaux chefs se mettront à sa tête.

Deux des plus grands représentants de la II° Internationale ont quitté la scène avant l’ère des tempêtes et des ébranlements : ce sont Bebel et Jaurès. Bebel est mort à la limite de l’âge, après avoir dit ce qu’il avait à dire. Jaurès a été tué dans sa 55ème année, en plein épanouissement de son énergie créatrice. Pacifiste et adversaire irréductible de la politique de la diplomatie russe, Jaurès lutta jusqu’à la dernière minute contre l’intervention de la France dans la guerre. Dans certains milieux on considérait que la « guerre de revanche » ne pourrait s’ouvrir la voie que sur le cadavre de Jaurès. Et en juillet 1914, Jaurès fut tué à la table d’un café par un obscur réactionnaire du nom de Villain. Qui a armé le bras de Villain ? Les impérialistes français seulement ? Et ne pourrait-on, en cherchant bien, découvrir également dans cet attentat la main de la diplomatie russe ? C’est là la question qui s’est posée fréquemment dans les milieux socialistes. Lorsque la révolution européenne s’occupera de la liquidation de la guerre, elle nous dévoilera entre autres le mystère de la mort de Jaurès [1]...

Jaurès naquit le 3 septembre 1859 à Castres, dans ce Languedoc qui a donné à la France des hommes éminents comme Guizot, Auguste Comte, La Fayette, La Pérouse, Rivarol et beaucoup d’autres. Un mélange de races multiples, dit un biographe de Jaurès, Rappoport, a mis son heureuse empreinte sur le génie de cette région qui, au Moyen-Age déjà, était le berceau des hérésies et de la libre pensée.

La famille de Jaurès appartenait à la moyenne bourgeoisie et devait mener pour l’existence une lutte de tous les instants. Jaurès lui-même eut besoin de l’aide d’un protecteur pour achever ses études universitaires. En 1881, à sa sortie de l’Ecole Normale Supérieure, il est nommé professeur au lycée de jeunes filles d’Albi et, en 1883, passe à l’Université de Toulouse où il enseigne jusqu’en 1885, année où il est élu député. Il n’avait que 26 ans. Il se donne alors tout entier à la lutte politique et sa vie se confond avec celle de la Troisième République.

Jaurès débuta au Parlement sur les questions d’instruction publique. La Justice, alors organe du radical Clémenceau, qualifia de « magnifique » le premier discours de Jaurès et souhaita à la Chambre d’entendre fréquemment « une parole aussi éloquente et aussi nourrie d’idées ». Dans la suite, Jaurès eut maintes fois à appliquer cette éloquence contre Clémenceau lui-même.

A cette première époque de sa vie, Jaurès ne connaissait le socialisme que théoriquement et très imparfaitement. Mais son activité le rapprochait de plus en plus du parti ouvrier. Le vide idéologique et la dépravation des partis bourgeois le repoussaient invinciblement.

En 1893, Jaurès adhère définitivement au mouvement socialiste et occupe presque aussitôt une des premières places dans le socialisme européen. En même temps, il devient la figure la plus éminente de la vie politique de la France.

En 1894, il assume la défense de son très peu recommandable ami Gérault-Richard déféré aux tribunaux pour outrage au Président de la République dans l’article « A bas Casimir ! » Dans son plaidoyer, tout entier subordonné à un but politique et dirigé contre Casimir Périer, il dévoile cette force terrible d’un sentiment agissant qui a nom la haine. Avec des mots vengeurs il flagella le président lui-même et les usuriers ses aïeux, qui trahissaient la bourgeoisie, une dynastie pour l’autre, la monarchie pour la république, tout le monde en bloc et chacun en particulier et ne restaient fidèles qu’à eux-mêmes.

« Monsieur Jaurès, lui dit le président du tribunal, vous allez trop loin... vous assimilez la maison Périer à une maison publique. »

Jaurès : « Pas du tout, je la mets au-dessous. »

Gérault-Richard fut acquitté. Quelques jours plus tard, Casimir Périer donnait sa démission. Du coup Jaurès grandit de plusieurs coudées dans l’opinion publique : tous sentirent la force effrayante de ce tribun.

Dans l’affaire Dreyfus, Jaurès se révéla dans toute sa puissance. Il eut au début, comme d’ailleurs dans tous les cas sociaux critiques, une période de doutes et de faiblesses où il était accessible aux influences de droite et de gauche. Sous l’influence de Guesde et de Vaillant qui considéraient l’affaire Dreyfus comme une querelle de coteries capitalistes à laquelle le prolétariat devait rester indifférent, Jaurès hésitait à s’occuper de l’affaire. L’exemple courageux de Zola le tira de son indécision, l’enthousiasma, l’entraîna. Une fois en mouvement, Jaurès alla jusqu’au bout, il aimait dire de lui : ago quod ago [ndlr : je fais ce que je fais].

Pour Jaurès, l’affaire Dreyfus résumait et dramatisait la lutte contre le cléricalisme, la réaction, le népotisme parlementaire, la haine de race, l’aveuglement militariste, les intrigues sourdes de l’état-major, la servilité des juges, toutes les bassesses que peut mettre en action le puissant parti de la réaction pour arriver à ses fins.

De tout le poids de sa colère, Jaurès accabla l’antidreyfusard Méline, qui vient précisément de remonter à la surface avec un portefeuille dans le « grand » ministère Briand : « Savez-vous, dit-il, de quoi nous périssons ? Je vais vous le dire sous ma propre responsabilité : nous mourons tous, depuis l’ouverture de cette affaire, des demi-mesures, des silences, des équivoques, du mensonge, de la lâcheté. Oui : des équivoques et de la lâcheté. »

« Il ne parlait plus, dit Reinach, il tonnait, le visage enflammé, les mains tendues vers les ministres, qui protestaient, et la droite, qui hurlait. » C’était là le véritable Jaurès.

En 1899, Jaurès réussit à proclamer l’unité du parti socialiste. Mais cette unité fut éphémère. La participation de Millerand au ministère, conséquence logique de la politique du Bloc des Gauches, détruisit l’unité et, en 1900-1901, le socialisme français se scinda de nouveau en deux partis. Jaurès prit la tête de celui d’où était sorti Millerand. Au fond, par ses conceptions, Jaurès était et restait un réformiste. Mais il possédait une étonnante faculté d’adaptation et en particulier d’adaptation aux tendances révolutionnaires du moment. C’est ce qu’il montra dans la suite à maintes reprises.

Jaurès était entré dans le parti, homme mûr, avec une philosophie idéaliste entièrement formée... Cela ne l’empêcha pas de courber son cou puissant (Jaurès était d’une complexion athlétique) sous le joug de la discipline organique et il eut maintes fois l’occasion de démontrer qu’il savait non seulement commander, mais aussi se soumettre. A son retour du Congrès International d’Amsterdam qui avait condamné la politique de dissolution du parti ouvrier dans le Bloc de Gauches et la participation des socialistes au ministère, Jaurès rompit ouvertement avec la politique du Bloc. Le président du Conseil, l’anticlérical Combes, prévint Jaurès que la rupture de la coalition l’obligerait à quitter la scène. Cela n’arrêta pas Jaurès. Combes donna sa démission. L’unité du parti, où se fondirent jauressistes et guesdistes, était assurée. Depuis lors, la vie de Jaurès se confond avec celle du parti unifié, dont il avait pris la direction.

Le meurtre de Jaurès n’a pas été le fait du hasard. Il a été le dernier chaînon d’une fumeuse campagne de haine, de mensonges et de calomnies que menaient contre lui ses ennemis de toutes nuances. On pourrait composer une bibliothèque entière des attaques et des calomnies dirigées contre Jaurès. Le Temps publiait chaque jour un et parfois deux articles contre le tribun. Mais on devait se borner à attaquer ses idées et ses méthodes d’action : comme personnalité il était presque invulnérable, même en France, où l’insinuation personnelle est une des armes les plus puissantes de la lutte politique. Pourtant on parla à mots couverts de la force de corruption de l’or allemand... Jaurès mourut pauvre. Le 2 août 1914, Le Temps fut obligé de reconnaître « l’honnêteté absolue » de son ennemi terrassé.

J’ai visité en 1915, le café désormais célèbre du Croissant situé à deux pas de l’Humanité. C’est un café parisien typique : plancher sale avec de la sciure de bois, banquettes de cuir, chaises usées, tables de marbre, plafond bas, vins et plats spéciaux, en un mot ce que l’on ne rencontre qu’à Paris. On m’a indiqué un petit canapé près de la fenêtre : c’est là qu’a été tué d’un coup de revolver le plus génial des fils de la France actuelle.

Famille bourgeoise, université, députation, mariage bourgeois, fille que la mère mène à la communion, rédaction du journal, direction d’un parti parlementaire : c’est dans ce cadre extérieur qui n’a rien d’héroïque que s’est écoulée une vie d’une tension extraordinaire, d’une passion exceptionnelle.

On a maintes fois appelé Jaurès le dictateur du socialisme français, parfois même, la droite l’a appelé le dictateur de la République. Il est incontestable que Jaurès a joué dans le socialisme français un rôle incomparable. Mais dans sa « dictature », il n’y avait rien de tyrannique. Il dominait sans effort : homme de grande envergure, esprit puissant, tempérament génial, travailleur exceptionnel, orateur à la voix merveilleuse, Jaurès, par la force des choses, occupait la première place, à une si grande distance de ses rivaux qu’il ne pouvait éprouver le besoin de concilier sa position par les intrigues et les machinations où Pierre Renaudel, le « chef » actuel du social-patriotisme, était passé maître.

Nature large, Jaurès avait une répulsion physique pour tout sectarisme. Après quelques oscillations il découvrait le point qui lui semblait décisif pour le moment donné. Entre ce point de départ pratique et ses constructions idéalistes, il disposait sans effort sur soi-même, les points de vue qui complétaient ou restreignaient son point de vue personnel, conciliait les nuances opposées, fondait les arguments contradictoires dans une unité qui était loin d’être irréprochable. C’est pourquoi il dominait non seulement les assemblées populaires et parlementaires, où sa passion extraordinaire maîtrisait l’auditoire, mais encore les congrès du parti où il dissolvait les oppositions de tendances dans des perspectives vagues et des formules souples. Au fond, il était un éclectique, mais un éclectique de génie.

« Notre devoir est haut et clair : toujours propager l’idée toujours exciter et organiser les énergies, toujours espérer, toujours lutter jusqu’à la victoire finale... » Tout Jaurès est dans cette lutte dynamique. Son énergie créatrice bouillonne dans toutes les directions, excite et organise les énergies, les pousse à la lutte.

Comme l’a bien dit Rappoport, la magnanimité et la bonté émanaient de Jaurès. Mais il possédait en même temps, au degré suprême, le talent de la colère concentrée, non pas de la colère qui aveugle, obscurcit le cerveau et mène aux convulsions politiques, mais de la colère qui tend la volonté et lui inspire les caractéristiques les plus justes, les épithètes les plus expressives qui frappent directement au but. On a vu plus haut sa caractéristique des Périer. Il faudrait relire tous ses discours et articles contre les héros ténébreux de l’affaire Dreyfus. Voici ce qu’il disait de l’un d’eux, le moins responsable : « Après s’être essayé dans l’histoire de la littérature à des constructions vides, à des systèmes fragiles et inconsistants, M Brunetière a trouvé enfin asile sous les voûtes lourdes de l’Eglise ; il cherche maintenant à voiler sa banqueroute personnelle en proclamant la faillite de la science et de la liberté. Après avoir vainement essayé de tirer de ses profondeurs quelque chose qui ressemble à une pensée, il glorifie l’autorité avec une sorte de magnifique humiliation ; maintenant qu’il a perdu, aux yeux des générations nouvelles, tout le crédit dont il a abusé un certain moment, grâce à son aptitude aux généralisations vides, il veut tuer la pensée libre qui lui échappe. » Malheur à celui sur qui s’abattait sa lourde main !...

Entré au parlement en 1885 Jaurès y siégea sur les bancs de la gauche modérée. Mais son passage au socialisme ne fut pas une catastrophe ni un saut. Sa « modération » primitive recelait d’immenses réserves d’humanisme social agissant qui, dans la suite, se développa naturellement en socialisme. D’autre part, son socialisme ne prenait jamais un caractère de classe nettement accusé et ne rompait jamais avec les principes humanitaires et les conceptions du droit naturel si profondément imprimées dans la pensée politique française de l’époque de la grande révolution.

En 1889 Jaurès demande aux députés : « Le génie de la Révolution française est-il donc épuisé ? Est-il possible que vous ne puissiez trouver dans les idées de la Révolution une réponse à toutes les questions qui se posent actuellement, à tous les problèmes qui se dressent devant vous ? La Révolution n’a-t-elle pas conservé sa vertu immortelle, ne peut-elle pas donner une réponse à toutes les difficultés sans cesse renouvelées parmi lesquelles nous passons notre chemin ? » L’idéalisme du démocrate, on le voit, n’est encore nullement touché par la critique matérialiste. Plus tard Jaurès s’assimilera une grande partie du marxisme. Mais le fond démocratique de sa pensée subsistera jusqu’au bout.

Jaurès entra dans l’arène politique à l’époque la plus sombre de la Troisième République qui n’avait alors qu’une quinzaine d’années d’existence et qui, dépourvue de traditions solides, avait contre elle des ennemis puissants. Lutter pour la République, pour sa conservation, pour son « épuration », ce fut là l’idée fondamentale de Jaurès, celle qui inspira toute son action. Il cherchait pour la République une base sociale plus large, il voulait mener la République au peuple pour organiser par elle ce dernier et faire en fin de compte de l’Etat républicain l’instrument de l’économie socialiste. Le socialisme pour Jaurès démocrate était le seul moyen sûr de consolider la République et le seul moyen possible de la parachever. Il ne concevait pas la contradiction entre la politique bourgeoise et le socialisme, contradiction qui reflète la rupture historique entre le prolétariat et la bourgeoisie démocratique. Dans son aspiration infatigable à la synthèse idéaliste, Jaurès était, à sa première époque, un démocrate prêt à adopter le socialisme ; à sa dernière époque, un socialiste qui se sentait responsable de toute la démocratie.

Si Jaurès a donné au journal qu’il a créé le nom de l’Humanité, ce n’est pas là l’effet du hasard. Le socialisme n’était pas pour lui l’expression théorique de la lutte des classes du prolétariat. Au contraire, le prolétariat restait à ses yeux une force historique au service du droit, de la liberté et de l’humanité. Au-dessus du prolétariat il réservait une grande place à l’idée de « l’humanité » en soi, qui chez les déclamateurs français ordinaires n’est qu’une phrase vide, mais dans laquelle il mettait, lui, un idéalisme sincère et agissant.

En politique Jaurès alliait une extrême acuité d’abstraction idéaliste à une forte intuition de la réalité. C’est ce qu’on peut constater dans toute son activité. L’idée matérielle de la Justice et du Bien va chez lui de pair avec une appréciation empirique des réalités même secondaires. En dépit de son optimisme moral, Jaurès comprenait parfaitement les circonstances et les hommes et savait très bien utiliser les unes et les autres. Il y avait en lui beaucoup de bon sens. On l’a appelé à maintes reprises le paysan madré. Mais par le fait seul de l’envergure de Jaurès, son bon sens était étranger à la vulgarité. Et ce qui est le principal, ce bon sens était mis au service de « l’idée ».

Jaurès était un idéologue, un héraut de l’idée telle que l’a définie Alfred Fouillée lorsqu’il parle des « idées-forces » de l’histoire. Napoléon n’avait que du mépris pour les « idéologues » (le mot est de lui). Pourtant il était lui-même l’idéologue du nouveau militarisme. L’idéologue ne se borne pas à s’adapter à la réalité, il en tire « l’idée » et il la pousse jusqu’aux extrêmes conséquences. Aux époques favorables cela lui donne des succès que ne pourrait jamais obtenir le praticien vulgaire ; mais cela lui prépare aussi des chutes vertigineuses lorsque les conditions objectives se retournent contre lui.

Le « doctrinaire » se fige dans la théorie dont il tue l’esprit. Le « praticien-opportuniste » s’assimile des procédés déterminés du métier politique ; mais qu’il survienne un bouleversement inopiné et il se trouve dans la situation d’un manœuvre que l’adaptation d’une machine rend inutile. « L’idéologue » de grande envergure n’est impuissant qu’au moment où l’histoire le désarme idéologiquement, mais même alors il est parfois capable de se réarmer rapidement, de s’emparer de l’idée de la nouvelle époque et de continuer à jouer un rôle de premier plan.

Jaurès est un idéologue. Il dégageait de la situation politique l’idée qu’elle comportait et, dans son service de cette idée, ne s’arrêtait jamais à mi-chemin. Ainsi, à l’époque de l’affaire Dreyfus, il poussa à ses dernières conséquences l’idée de la collaboration avec la bourgeoisie de gauche et soutint avec passion Millerand, politicien empirique vulgaire qui n’a jamais rien eu et qui n’a rien de l’idéologue, de son courage et de son envolée. Dans cette voie, Jaurès ne pouvait que s’acculer lui-même à une impasse politique - ce qu’il fit avec l’aveuglement volontaire et désintéressé d’un idéologue prêt à fermer les yeux sur les faits pour ne pas renoncer à l’idée-force.

Avec une passion idéologique sincère, Jaurès combattit le danger de la guerre européenne. Dans cette lutte comme dans toutes celles qu’il mena, il appliqua parfois les méthodes qui étaient en contradiction profonde avec le caractère de classe de son parti et qui semblaient à beaucoup de ses camarades pour le moins risquées. Il espérait beaucoup en lui-même, en sa force personnelle, en son ingéniosité, en sa faculté d’improvisateur ; dans les couloirs du Parlement, il apostrophait ministres et diplomates et, avec un optimisme exagéré sur son influence, les accablait du poids de son argumentation. Mais les conversations et les influences de coulisse ne découlaient nullement de la nature de Jaurès qui ne les érigeait pas en système, car il était un idéologue politique et non un doctrinaire de l’opportunisme. Il était prêt à mettre avec une égale passion au service de l’idée qui le possédait, les moyens les plus opportunistes et les plus révolutionnaires, et si cette idée répondait au caractère de l’époque, il était capable comme pas un d’en obtenir des résultats splendides. Mais il allait également au-devant des catastrophes. Comme Napoléon, il pouvait dans sa politique avoir des Austerlitz et des Waterloo.

La guerre mondiale devait mettre Jaurès face à face avec des questions qui divisèrent le socialisme européen en deux camps ennemis. Quelle position eut-il occupée ? Indubitablement, la position patriotique. Mais il ne se serait jamais résigné à l’abaissement qu’a subi le parti socialiste français sous la direction de Guesde, Renaudel, Sembat et Thomas... Et nous avons entièrement le droit de croire qu’au moment de la révolution future, le grand tribun eût déterminé, choisi sans erreur sa place et développé ses forces jusqu’au bout.

Un morceau de plomb a soustrait Jaurès à la plus grande des épreuves politiques.

Jaurès était l’incarnation de la force personnelle. Le moral en lui correspondait parfaitement au physique : l’élégance et la grâce en elles-mêmes lui étaient étrangères ; par contre ses discours et ses actes avaient cette beauté supérieure qui distingue les manifestations de la force créatrice sûre d’elle-même. Si l’on considère la limpidité et la recherche de la forme comme les traits typiques de l’esprit français, Jaurès peut paraître peu caractéristique de la France. En réalité il était Français au plus haut degré. Parallèlement aux Voltaire, aux Boileau, aux Anatole France en littérature, aux héros de la Gironde ou aux Viviani et Deschanel actuels en politique, la France a produit des Rabelais, des Balzac, des Zola, des Mirabeau, des Danton et des Jaurès. C’est là une race d’hommes d’une puissante musculature physique et morale, d’une intrépidité sans égale, d’une force de passion supérieure, d’une volonté concentrée. C’est là un type athlétique. Il suffisait d’entendre la voix tonnante de Jaurès et de voir son large visage éclairé d’un reflet intérieur, son nez impérieux, son cou de taureau inaccessible au joug pour se dire : voilà un homme.

La force principale de Jaurès orateur était la même que celle de Jaurès politicien : la passion tendue extériorisée, la volonté d’action. Pour Jaurès l’art oratoire n’a pas de valeur intrinsèque, il n’est pas un orateur, il est plus que cela : l’art de la parole pour lui n’est pas une fin, mais un moyen. C’est pourquoi, orateur le plus puissant de son temps, et peut-être de tous les temps, il est « au-dessus » de l’art oratoire, il est toujours supérieur à son discours comme l’artisan l’est à son outil...

Zola était un artiste - il avait débuté par l’impossibilité morale du naturalisme - et soudain il se révéla par le coup de tonnerre de sa lettre « J’accuse ». Sa nature recelait une puissante force morale qui trouva son expression dans son œuvre gigantesque, mais qui était en réalité plus large que l’art : c’était une force humaine détruisant et construisant. Il en était de même de Jaurès. Son art oratoire, sa politique, avec toutes ses conventions inévitables, dévoilaient une personnalité royale avec une musculature morale véritable, une volonté acharnée de lutte et de victoire. Il ne montait pas à la tribune pour y présenter les visions qui l’obsédaient ou pour donner l’expression la plus parfaite à une chaîne d’idée, mais pour rassembler les volontés dispersées dans l’unité d’un but : son discours agit simultanément sur l’intelligence, le sentiment esthétique et la volonté, mais toutes ces forces de son génie oratoire, politique, humain, sont subordonnées à sa force principale : la volonté d’action.

J’ai entendu Jaurès aux assemblées populaires de Paris, aux Congrès internationaux, aux commissions des Congrès. Et toujours je croyais l’entendre pour la première fois. En lui aucune routine : se cherchant, se trouvant lui-même, toujours et inlassablement mobilisant à nouveau les forces multiples de son esprit, il se renouvelait sans cesse et ne se répétait jamais. Sa force puissante, naturelle, s’alliait à une douceur rayonnante qui était comme un reflet de la plus haute culture morale. Il renversait les rochers, tonnait, ébranlait, mais ne s’étourdissait jamais lui-même, était toujours sur ses gardes, saisissait admirablement l’écho qu’il provoquait dans l’assemblée, parait les objections, balayant quelquefois impitoyablement tel un ouragan, toute résistance sur son chemin, parfois écartant tous les obstacles avec magnanimité et douceur comme un maître, un frère aîné. Ainsi le marteau-pilon gigantesque réduit en poussière un bloc énorme ou enfonce avec précision un bouchon dans une bouteille sans la briser.

Paul Lafargue, marxiste et adversaire de Jaurès, l’appelait un diable fait homme. Cette force diabolique, ou pour mieux dire « divine », s’imposait à tous, amis ou ennemis. Et fréquemment, fascinés et admiratifs comme devant un grandiose phénomène de la nature, ses adversaires écoutaient suspendus à ses lèvres le torrent de son discours qui roulait irrésistible, éveillant les énergies, entraînant et subjuguant les volontés.

Il y a trois ans, ce génie, rare présent de la nature à l’humanité, a péri avant d’avoir donné toute sa mesure. Peut-être la fin de Jaurès était-elle nécessaire à l’esthétique de sa physionomie ? Les grands hommes savent disparaître à temps. Sentant la mort, Tolstoï prit un bâton, s’enfuit de la société qu’il reniait et s’en fut mourir en pèlerin dans un village obscur. Lafargue, épicurien doublé d’un stoïcien, vécut dans une atmosphère de paix et de méditation jusqu’à 70 ans, décida que c’en était assez et prit du poison. Jaurès, athlète de l’idée, tomba sur l’arène en combattant le plus terrible fléau de l’humanité et du genre humain : la guerre. Et il restera dans la mémoire de la postérité comme le précurseur, le prototype de l’homme supérieur qui doit naître des souffrances et des chutes, des espoirs et de la lutte.

Juillet 1917

Léon Trotsky

[1Trotsky pensait que Villain avait été l’instrument de « services », probablement tsaristes. Rien n’a été définitivement prouvé, dans un sens ou dans l’autre. Villain sera quant à lui abattu par des miliciens ouvriers aux Baléares où il s’était fixé lors de l’engagement de la guerre d’Espagne

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 13:21

PCF Front de Gauche

 

 

GAD - SAS(*) : Coopérer face aux appétits de la grande distribution

 

Dix mois après la fermeture du site de Lampaul-Guimiliau (Finistère), le groupe d’abatage de porc GAD-SAS, propriété majoritaire de la coopérative agricole CECAB se dirige vers une liquidation judiciaire concernant le site de Josselin (Morbihan). Plus de 1000 emplois sont menacés au nom des seuls signaux du marché, où les entreprises en France, comme en Europe se livrent à la plus farouche concurrence du coût du travail et des cours agricoles toujours plus bas.

La grande distribution, jamais rassasiée et à l’affût du rachat d’abattoirs pour l'euro symbolique.

Le PCF soutient, aux cotés des salariés les mobilisations qui portent l’exigence du maintient de l'emploi et de l'outil de travail. Il n'y a pas de fatalité aux politiques d'austérité et chômage de masse. Le PCF porte un modèle de développement associant ambitions industrielles et écologiques au niveau local comme européen. Nous proposons d'agir en faveur d’une alimentation de qualité, saine et accessible, assises sur des filières de productions relocalisées, à forte valeur ajoutée.

Pour être pérenne, une politique de filière passe par une juste rémunération du travail des paysans et salariés. La coopération agricole doit être refondée dans l'intérêt des consommateurs. Dans l'esprit des valeurs coopératives, il est temps d'engager une véritable mutualisation de la coopération agricole, de travailler des issues économiques, sociales et solidaires face aux appétits acerbes de la grande distribution. Les communistes affirment le choix des politiques publiques et des coopérations en faveur de l'humain d'abord.

 

(*) Société Anonyme Simplifiée

 

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 18:35

Kevin Boucaud et Bruno ODENT

Humanité du Mercredi 13 Août 2014

 

Le dogme austéritaire imposé par Berlin nourrit la déflation. Le danger se précise si fortement que même la Bundesbank plaide désormais pour des hausses de rémunération outre-Rhin.

L’Allemagne n’échappe en rien à la très grosse fatigue de la croissance dans la zone Euro qui devrait apparaître ce 14 août à la livraison des statistiques officielles établissant les bilans du 2ème trimestre. Les instituts de conjoncture tablent au mieux Outre-Rhin sur u ne stagnation. Les investissements sont en berne et l’indice IFO du climat des affaires est en recul pour le troisième mois consécutif.

Les craintes d’être aspiré dans un cycle de déflation sont devenues si tangibles (0,6% de hausse des prix en mai) qu’elles provoquent un certain affolement des milieux dirigeants. Au point que la Bundesbank (Buba), la banque centrale, championne jusqu’alors toutes catégories des politiques austéritaires en Europe, plaide désormais pour une hausse des hausses sensibles de rémunération. Son patron, Ien Weldmann, explique qu’il est désormais « souhaitable que les rémunérations augmentent de nouveau davantage ».

Les hommes de la Buba prennent les choses tellement aux sérieux qu’ils ont décidé, au début de l’été, de rencontrer discrètement la confédération syndicale DGB pour lui signifier combien des augmentations sensibles seraient indiquées pour les prochaines négociations tarifaires (conventions collectives). Et, comme pour cultiver une sorte de comble de l’inversion des rôles, les banquiers centraux ont déploré, lors de ces entretiens, que la moyenne des hausses salariales enregistrées aujourd’hui par la statistique soit encore bien inférieure à un seuil de 3% qu’il faudrait dépasser.

Les contradictions du « modèle » qui sert de référence à tous les pays de la zone Euro éclatent ainsi en plein jour. Si les dirigeants syndicaux allemands n’ont pu qu’enregistrer avec satisfaction la nouvelle posture des économistes de la Buba, ils ne leur ont pas moins fait remarquer combien la moyenne générale des hausses de salariales était fortement plombée par l’extension phénoménale d’un secteur échappant au moindre accord tarifaire, du fait des déréglementations contenues dans les réformes antisociales impulsées par Gérhard Schröder au début des années 2000.

Le dogme monétariste revient à la figure de l’Allemagne tel un boomerang. La consommation, si elle est en hausse, ne parvient pas à prendre le relais et à accompagner le recul des ventes à l’export. Quand les pays de la zone Euro où se situent encore plus de 40% des débouchés des firmes germaniques sont plombés par l’austérité et ces « réformes structurelles » qui leur sont si fortement recommandées par … Berlin. Le modèle Allemand se révèle sous son véritable jour : il plombe l’Europe et empoisonne … l’Allemagne.   

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 07:43
« Israël a, une fois de plus, lâché l'entière puissance de son armée contre la population palestinienne prisonnière, particulièrement dans la Bande de Gaza assiégée, dans un acte inhumain et illégal d'agression militaire. La capacité israélienne à lancer impunément des attaques aussi dévastatrices trouve son origine dans l'existence d'une vaste coopération militaire internationale et de commerce d'armement qu'Israël entretient avec des gouvernements complices à travers le monde. De 2008 à 2019, les États-Unis ont prévu de fournir à Israël une aide militaire d'une valeur de 30 milliards de dollars, tandis que les exportations annuelles d'armements israéliens s'élèvent à des milliards de dollars. 
Au cours des années récentes, les pays européens ont exporté des milliards d'euro d'armes en Israël, et l'UE a mis à la disposition d'entreprises militaires israéliennes des bourses de recherche valant des centaines de millions. Des pays émergents comme l'Inde, le Brésil et le Chili accroissent rapidement leurs commerce et coopération militaires avec Israël, en dépit de leurs affirmations de soutien aux droits palestiniens. En important et exportant des armes d'Israël et en facilitant le développement de la technologie militaire israélienne, les gouvernements envoient de fait un message clair d'approbation de l'agression militaire israélienne, y compris de ses crimes de guerre et de ses possibles crimes contre l'humanité.
La technologie militaire israélienne est commercialisée avec le label « testé sur le terrain » et elle est exportée mondialement. Le commerce des armes et les liens de recherches militaires conjointes avec Israël sont un encouragement à l'impunité dans la commission de violations graves de la législation internationale et facilitent l'enracinement du système israélien d'occupation, de colonisation et de négation systématique des droits palestiniens. Nous appelons les Nations unies et les gouvernements à travers le monde à prendre des mesures immédiates pour imposer un embargo militaire complet et légalement contraignant envers Israël semblable à celui qui a été imposé à L’Afrique du Sud durant l'apartheid. »
Signataires : 
Adolfo Peres Esquivel (Prix Nobel de la Paix, Argentine),  Ahdaf Soueif(auteur, Egypte/Royaume Uni),  Aki Olavi Kaurismäki (réalisateur de cinéma, Finlande), Alice Walker (écrivaine, Etats-Unis), Archévêque Desmond Tutu(Prix Nobel de la Paix, Afrique du Sud), Betty Williams (Prix Nobel de la Paix, Irlande), Boots Riley (rappeur, poète, producteur d'art, États-Unis), Brian Eno(musicien, Royaume Uni),  Caryl Churchill (auteur dramatique, Royaume Uni),Chris Hedges (journaliste, prix Pullitzer 2002, États-Unis), Cynthia McKinney(femme politique, militante, États-Unis), David Palumbo-Liu (universitaire, États-Unis), Etienne Balibar (philosophe, France), Federico Mayor Zaragoza (ancien Directeur général d'UNESCO, Espagne), Felim Egan (peintre, Irlande), Frei Betto (théologien de la libération, Brésil), Gillian Slovo (écrivaine, Royaume Uni/Afrique du Sud),  Githa Hariharan (écrivaine, Inde), Giulio Marcon(parlementaire, Gauche, écologie et liberté, Italie), Hilary Rose (enseignante, Royaume Uni), Ilan Pappe (historien, Israël), Ismail Coovadia, (ancien ambassadeur d'Afrique du Sud en Israël), James Kelman (écrivain, Écosse),Janne Teller (écrivaine, Danemark), Jeremy Corbyn (membre du Parlement, Labour, Royaume Uni), Joanna Rajkowska (artiste, Pologne), Jody Williams(Prix Nobel de la Paix, États-Unis), John Berger (artiste, Royaume Uni), John Dugard (ancien juge à la Cour internationale de Justice, Afrique du Sud), John McDonnell (membre du Parlement, Labour, Royaume Uni), John Pilger(journaliste et cinéaste, Australie), Judith Butler (philosophe, Etats-Unis),Juliane House (universitaire, Allemagne), Karma Nabulsi (Université d'Oxford, Royaume Uni/Palestine), Ken Loach (cinéaste, Royaume Uni), Kool AD (Victor Vazquez, musicien, États-Unis), Liz Lochhead (poétesse nationale d’Écosse, Royaume Uni), Luisa Morgantini (ancienne vice-présidente du Parlement européen, Italie), Mairead Maguire (Prix Nobel de la Paix, Irlande), Michael Mansfield (avocat, Royaume Uni), Michael Ondaatje (auteur, Canada/Sri Lanka), Mike Leigh (écrivain et réalisateur, Royaume Uni), Naomi Wallace(auteure dramatique, scénariste, poétesse, États-Unis), Noam Chomsky(universitaire, essayiste, États-Unis),  Nurit Peled (universitaire, Israël), Prabhat Patnaik (économiste, Inde), Przemyslaw Wielgosz (rédacteur en chef, « Monde Diplomatique », édition polonaise, Pologne), Raja Shehadeh (écrivain et avocat, Palestine), Rashid Khalidi (universitaire, écrivain, Palestine/États-Unis), Richard Falk (ancien rapporteur spécial de l'ONU pour les Territoires palestinien occupés, Etats-Unis), Rigoberta Menchú (Prix Nobel de la Paix, Guatemala), Roger Waters (musicien, Royaume Uni),  Ronnie Kasrils (ancien ministre, Afrique du Sud), Rose Fenton (Centre du monde libre, Royaume Uni), Sabrina Mahfouz(écrivaine, Royaume Uni), Saleh Bakri (acteur, Palestine), Sir Geoffrey Bindman (avocat, Royaume Uni), Slavoj Zizek (essayiste, Slovénie), Steven Rose (universitaire, Royaume Uni), Tom Leonard (écrivain, Ecosse), Tunde Adebimpe (musicien, Etats-Unis), Victoria Brittain (journaliste, Royaume Uni),Willie van Peer, (universitaire, Allemagne), Zwelinzima Vavi (secrétaire général de la centrale syndicale COSATU, Afrique du Sud).
 
Appel initialement paru le 18 juillet 2014 dans le quotidien britannique The Guardian.
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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 07:32
Radio Pêchou, la radio libre sur la baie de Morlaix
Publié le jeudi 31 juillet 2014 à 17:32.
Yann, Victor, Steven et Julien enregistrent leur émission du 28 juillet amarré le quai du port de Roscoff
Yann, Victor, Steven et Julien enregistrent leur émission du 28 juillet amarré le quai du port de Roscoff

Jusqu'au 2 août, Steven, Yann, Victor et Julien émettent une émission de radio depuis le bateau Domani, essentiellement consacrée à la baie de Morlaix.

Depuis le zodiac qui nous mène jusqu'au Domani qui a jeté l'ancre entre Roscoff et l'Île de Batz, le bateau semble énorme. Ses hôtes temporaires se sont appropriés les lieux, le désordre règne en maître. Vêtements, matériel informatique traînent un peu partout. Des pantalons et Tee-shirts sèchent sur le pont. Seule la zone de travail et la cuisine sont à peu près rangées. Steven, Yann et Victor leurs casques vissés sur les oreilles montent leurs sons pour l'émission du lendemain. Julien enregistre le refrain de la chanson Capitaine Abandonné« Pendant 10 jours on va aller à la rencontre des gens qui nous donnent envie de dire aujourd'hui baie de Morlaix je t'affectionne et même par moments je t'aime », raconte Yann.

Steven, journaliste, Yann, animateur radio, Victor, vidéaste et Julien, professeur de français tournent des sujets sonores et quelques vidéos. Leurs émissions seront retransmises sur Radio Nord Bretagne.

À bord, on peut clairement différencier les marins des autres, Steven et Yann, un bracelet d'acupuncture contre le mal de mer à chaque poignet, commencent à peine à s'habituer à la vie en mer « je n'ai jamais navigué, j'avais un peu d'appréhension », avoue Steven lors de leur première émission. Victor et Julien sont plus à l'aise et charrient les deux novices dès que l'occasion se présente « voici force bleue et force noire », blaguent-ils en référence à la couleur des bracelets de Steven et Yann.

Des invités à bord

Tout au long de leur virée, les enfants du pays recevront de la visite à bord. Des amis viendront leur faire la popote pour le déjeuner. Dimanche midi, c'était harengs, pomme de terre et de l'ananas en dessert. « C'est bien meilleur que saucisse patate ! » dit l'un d'eux sur un ton gouailleur. Le repas est un bon moment pour décompresser, les vannes fusent, l'équipage rigole, se détend. L'ambiance à bord est bon enfant entre une mousse, un verre de blanc et une partie de pêche, mais elle sait aussi être studieuse.

Une vraie rédaction

« L'émission du jour est calée sur ce petit tableau », explique Julien alors qu'il fait le planning de l'émission. « On a déjà une soixantaine de sujets son et vidéo qui sont prêts », indique Victor. « C'est une base sur laquelle on rajoute les reportages du jour, rien n'est figé », ajoute Julien, le bateau est en brainstorming constant. « C'est déjà stressant parce qu'on veut faire un travail de qualité. Si on n'avait pas ces sujets de prêt se serait vraiment dur », complète Steven.

Dès qu'un sonore est prêt, ils se réunissent pour l'écouter. Les conditions ne sont pas faciles, entre la houle et les batteries qui se déchargent. « On veut faire quelque chose de drôle, rien de trop sérieux. » C'est d'ailleurs sur ce point qu'il y a des tensions, l'un veut mettre le paquet sur l'humour potache tandis que l'autre veut quand même rester un peu sérieux.

De petits problèmes

« On ne peut rien prévoir en mer ! » Ayant mal anticipé la marée, les amis se sont déjà retrouvés coincés dans la vase, lundi, ils ont dû retarder leur émission publique avec Renan Luce au port de Térénez à cause de la météo. Leurs efforts sont néanmoins récompensés quand un voilier se rapproche du Domani et le conducteur leur lance « Salut Radio Pêchou, c'est bien ce que vous faites. Continuez comme ça ! »

Pour entendre les émissions : 100.5 sur Radio Nord Bretagne, à 14 h et à 20 h 10 ou radiopechou.net

Marie-Caroline CARRERE

http://jactiv.ouest-france.fr/ils-sactivent/initiatives/radio-pechou-radio-libre-sur-baie-morlaix-35341

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 06:58
Soutien à Gaza. Un convoi de solidarité organisé samedi, à Morlaix
  • Manifestants et sympatisants de l'Association Fance-Palestine en pause après un tour du centre-ville. Manifestants et sympatisants de l'Association Fance-Palestine en pause après un tour du centre-ville. | Ouest-France.

L'Association France-Palestine (AFP) a organisé une action de soutien au peuple palestinien au centre-ville pendant la mobilisation du Collectif de soutien à Gaza.

Samedi, l'Association France Palestine (AFP) a organisé un convoi de soutien au peuple palestinien, samedi matin vers 11 heures. Le convoi était composé d'une demi-douzaine de voitures habillées aux couleurs du drapeau des territoires palestiniens. Un équipement son qui trônait sur le toit de l'un des véhicules a servi aux manifestants pour passer des slogans du type : « sanctions, sanctions, halte au massacre du peuple palestinien ». En plus des slogans, les Klaxons ont retenti dans la ville entre 11 heures et 12 h 30.

La solidarité avec le peuple palestinien a été siganlé par des inscriptions sur mes voitures mais aussi par des klaxons et des slogans.

 

En ce samedi de marché, le convoi a déambulé dans un centre-ville très fréquenté. Cette action de l'APF s'est déroulée en marge du rassemblement du Collectif de soutien à Gaza, sur le parvis de la mairie.

. Une demi-douzaine de voitures ont circulé dans les rues de Morlaix samedi, vers 11h.

Depuis le début des rassemblements, le 30 juillet, c'est la première fois qu'une telle action est menée. Les organisateurs promettent de continuer la mobilisation en imaginant de nouvelles façons de se faire entendre.

http://www.ouest-france.fr/soutien-gaza-un-convoi-de-solidarite-organise-samedi-morl

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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 16:39
DIMANCHE 10 AOUT 2014 au Menez – Hom Finistère
Rando pour la PAIX et le DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

10 aout 2014 à Menez- HomLa situation internationale (Gaza, Irak, Libye, Syrie, RCA, Mali etc…) est porteuse de graves dangers pour la paix. Elle appelle à la mobilisation de tous, pour dire stop la guerre, Paix, désarmement!

En ce 69ième anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki c’est aussi le moment de rappeler que « Les armes nucléaires sont illégales, coûteuses, inutiles et éthiquement inadmissibles ».

Nous pouvons gagner leur élimination à travers la mise en place d’un traité international d’élimination des armes nucléaires.

C’est possible car en décembre 2014,145 États se réuniront à l’initiative de l’Autriche à Vienne pour élaborer un tel projet de traité qui devrait être soumis à la conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire en mai 2015 à New York.

Ce projet soutenu par 145 États, l’ONU, les organisations syndicales au plan mondial, le Vatican, la Croix Rouge internationale, de nombreuses ONG et plus de 5000 maires avec le maire d’Hiroshima a besoin, en France, du soutien des 81% des français qui y sont favorable (sondage IFOP).

C’est le moment de se faire entendre du gouvernement français qui après avoir programmé 23 milliards en 6 ans pour de nouvelles armes atomiques, alors qu’il y a tant à faire pour les besoins humain refuse d’aller discuter à Vienne. La rando du dimanche 15 août y participera:

  • 10h30, Rendez–vous au mémorial de la résistance de Sainte Marie du Ménez-Hom, lieu de départ de la rando vers le sommet du Menez Hom
  • 12h00, rendez-vous des randonneurs et de ceux qui viendraient seulement au pique-nique au sommet du Menez Hom, puis débat, avec Roland Nivet, animateur régional du Mouvement de la Paix Bretagne, et exposition« Hiroshima 2010″
Une rando utile et fraternelle à ne pas louper!

Contacts: Cornouaille christian.colimard@orange.fr 06-67-90-42-64 // marcel.rannou@sfr.fr 02-98-54-66-00 // Nord Finistère annelhenaff@orange.fr 06-37-63-88-95 // roland.nivet@gmail.com 06-85-02-87-14

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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 16:13
Gaza, colo­ni­sation, crimes de guerre : des sanc­tions pour en finir avec l’impunité d’Israël
Pétition adressée à M. François Hol­lande, Pré­sident de la Répu­blique, et au gou­ver­nement français
L’attaque israé­lienne lancée mas­si­vement en juillet 2014 contre la popu­lation pales­ti­nienne de Gaza exprime une fois de plus le déni par l’État d’Israël de toutes les règles du droit inter­na­tional et huma­ni­taire et des droits humains les plus élé­men­taires. Ceux qui en sont res­pon­sables devront répondre devant la justice des crimes de guerre commis, voire de crimes contre l’humanité.
Cette attaque est inter­venue dans la logique du rejet par Israël du pro­cessus pales­tinien de récon­ci­liation nationale, qui avait été salué entre autres par l’Union Euro­péenne et les États-​​Unis, et qui consti­tuait une immense chance pour la paix.
Une fois de plus, c’est l’intolérable impunité dont béné­ficie l’État d’Israël qui pousse celui-​​ci à des vio­la­tions sans limites du droit international.
Devant cette agression mili­taire dirigée contre la popu­lation de Gaza et ses infra­struc­tures les plus vitales, les pays membres de l’UE, dont la France, ne peuvent laisser se pour­suivre de tels mas­sacres et exac­tions à grande échelle sans prendre des sanc­tions adaptées pour contraindre Israël à renoncer à toute opé­ration mili­taire dirigée contre la popu­lation pales­ti­nienne, et à cesser l’agression per­ma­nente que consti­tuent le blocus et le siège de Gaza, la colo­ni­sation en Cis­jor­danie et l’expulsion d’habitants pales­ti­niens de Jéru­salem Est.
Les soussigné(e)s demandent au Pré­sident de la Répu­blique et au gou­ver­nement français :
- de cesser immé­dia­tement toute coopé­ration mili­taire avec Israël et demettre un embargo total sur les armes à des­ti­nation d’Israël,
- d’agir de manière éner­gique et publique pour que soit décidée, dès le pro­chain Conseil Européen, la sus­pension sans délai de l’accord d’association entre l’Union Euro­péenne et Israël, en s’appuyant sur l’article 2 de cet accord, et ceci tant qu’Israël ne se conformera pas au droit international.
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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 15:50

Ce samedi 9 août, sur le marché de Morlaix, le PCF distribuait des tracts pour dire non à une politique du gouvernement au service du MEDEF et des intérêts du Patronat, et pour exiger une action résolue de la France en faveur d'une paix juste et durable en Palestine et de la levée du blocus sur Gaza. 

Parallèlement, le collectif pour dire Halte au Massacre à Gaza, au sein duquel le Front de Gauche joue un rôle moteur, au côté de l'AFPS qui en est l'initiateur, continuait à faire signer la pétition citoyenne pour exiger des sanctions contre Israël, la fin du blocus sur Gaza, une vraie reconnaissance des droits historiques et juridiques des Palestiniens. La pétition a déjà recueilli près de 1000 signatures sur Morlaix, en 3 semaines. 

Des militants de la cause palestinienne ont fait une action de sensibilisation avec des voitures circulant dans toute la ville arborant des drapeaux palestiniens et des slogans pour mettre fin à la violence exercée contre les civils à Gaza, engager l'Etat français et l'Europe vers une vraie pression sur Israël pour qu'il arrête sa politique coloniale et de guerre.  

Voici quelques photos de Pierre-Yvon Boisnard. 

 

Rassembllement de soutien AFPS 09.08.14 (1)

 

Rassembllement de soutien AFPS 09.08.14 (2)

 

Rassembllement de soutien AFPS 09.08.14 (3)

 

9 août 2014 4 soutien Gaza

 

9 août 2014 5 soutien Gaza

 

9 août 2014 6 soutien Gaza

 

9 août 2014 7 soutien à Gaza

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