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21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 12:25

 

Alors qu’Emmanuel Macron assure que le travail se trouve très facilement en France, l’étude de la CGT chômeurs vient démontrer que la moitié des annonces est illégale sur le site Internet de Pôle emploi, particulièrement dans l’hôtellerie et la construction.

Trouver du travail en traversant la rue. Depuis cette saillie d’Emmanuel Macron à un horticulteur demandeur d’emploi ce week-end, l’indignation n’en finit pas. Selon le chef de l’État, débusquer un job serait d’une simplicité enfantine. Et ceux qui n’y arrivent pas de mauvaise foi. Les statistiques sont pourtant têtues : plus de 6 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi, mais sur le site de l’opérateur public, seules 650 000 offres sont disponibles. Et parmi ce modeste volume d’emplois, tous sont loin d’être légaux. Si Pôle emploi estimait en 2017 que 9,3 % des offres étaient non conformes, une étude de la CGT chômeurs basée sur 1 708 annonces analysées le 30 et le 31 août avance le chiffre renversant de 50,17 % d’offres réputées illégales.

LES PRIVÉS D’EMPLOI SOUPÇONNÉS DE TRAÎNER DES PIEDS

« De nombreuses propositions ne répondent clairement pas au référentiel de Pôle emploi, observe Tennessee Garcia, secrétaire général de la CGT chômeurs. Mais l’important pour Emmanuel Macron, c’est de faire dégonfler les chiffres du chômage, qu’importe la qualité des annonces. Il demande aux privés d’emploi de travailler à n’importe quel prix et se sert d’eux comme des boucs émissaires pour masquer la réalité. » Dans les villes de Marseille (3e arrondissement), Lyon (8e arrondissement), Montreuil, Nantes et Rennes, les secteurs de la construction, de l’hôtellerie-restauration-animation, de l’industrie, des services à la personne et enfin du commerce ont été passés au crible. Deux de ces secteurs, pourvoyeurs d’offres d’emploi, avaient justement été cités dimanche dernier par Emmanuel Macron. Sur un ton péremptoire, le locataire de l’Élysée avait incité le jeune chômeur à mettre ses aspirations professionnelles de côté : « Si vous êtes prêt et motivé, dans l’hôtellerie, les cafés et la restauration, dans le bâtiment, il n’y a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu’ils cherchent des gens. » Mais ce discours culpabilisant pour les privés d’emploi, soupçonnés de traîner des pieds et contraints de prendre le premier job qui leur tombe sous la main, ne résiste aux faits. D’après la CGT chômeurs, dans le 3e arrondissement de Marseille, 16 % des annonces dans l’hôtellerie-restauration-animation étaient illégales, et 41 % dans la construction.

UN CONTRAT D’INTÉRIM D’UNE DURÉE DE 24 HEURES D’AFFILÉE

Même constat vertigineux au sein du 8e arrondissement de Lyon : 62 % des offres sont non conformes dans la construction et 38 % dans l’hôtellerie-restauration. Ou encore à Rennes, où 51 % sont hors légalité dans l’hôtellerie et 23 % dans le bâtiment.

Ces offres illégales prennent différentes formes : mission d’intérim à la place d’un CDI, durée de contrat non indiquée ou contradictoire, incohérence de métiers, du temps de travail, temps partiel avec nombre d’heures non précisé (60 % dans cette catégorie), annonces évaporées dans la nature… Parmi les exemples les plus abracadabrantesques : un contrat d’intérim d’une durée de 24 heures d’affilée en tant que serveur dans un banquet, la vente d’un café-restaurant comme sur leboncoin.fr, ou encore un poste de conseiller clientèle à distance censé être à Marseille mais basé à la fois à Belfast et à Sofia.

Les annonces sont aussi parfois mal classées : des annonces de baby-sitting se trouvent dans les services funéraires, de la maintenance industrielle est placée dans le secteur de la propreté. Comme le souligne Tennessee Garcia, « on a beaucoup de contrats d’intérim de six mois qui se révèlent d’une semaine quand on appelle pour vérifier. Fait un peu nouveau : des annonces redirigent les demandeurs d’emploi vers des sites mandataires où ils doivent s’inscrire, pour de l’aide au devoir par exemple. Le temps partiel est aussi en explosion ». Quant au CDI, il est plus que jamais en voie de disparition sur le site de Pôle emploi. Dans le panel (hors Nantes et Rennes), 66,2 % des offres sont des contrats précaires (CDD, intérim et temps partiels). Parmi elles, 22 % seulement sont légales.

MARCHÉ DU TRAVAIL. DERRIÈRE LES DISCOURS SIMPLISTES, LA RÉALITÉ DES OFFRES D’EMPLOI BIDON (L’HUMANITE - Jeudi, 20 Septembre, 2018 - Cécile Rousseau)

Benjamin, du comité CGT chômeurs de Marseille, a repéré une de ses annonces ultracourtes. « Une commune proposait ainsi six CDD en animation sportive pour un total de 21 heures. Cela veut dire que les personnes auraient des contrats de moins de quatre heures par semaine, on ne peut pas vivre avec ça », tance le jeune chômeur. Si le site Internet de Pôle emploi héberge nombre d’annonces considérées comme « bidon », c’est que 60 % d’entre elles proviennent de 130 opérateurs privés (dans l’étude, cette part atteint les 75 %).

Depuis 2015 et l’entrée en scène de ces agrégateurs, le contrôle de Pôle emploi sur les offres n’est plus systématique, voire très faible. Mais plutôt que de renforcer le rôle de l’opérateur public en la matière, le gouvernement préfère serrer la vis aux demandeurs d’emploi. À travers la loi avenir professionnel, les brigades de conseillers chargés de surveiller les chômeurs vont passer de 200 personnes à 600 d’ici à 2019.

LES CRITÈRES DE PÉNALISATION ET DE RADIATION ONT ÉTÉ DURCIS

Comme l’explique Vladimir Bizet-Guilleron, coordinateur technique de l’étude et conseiller syndiqué à la CGT chômeurs, « la première mission de Pôle emploi est pourtant d’être le garant des offres légales. On n’est pas sur le site Internet d’une boîte privée, mais bien sur l’opérateur en charge du service public de l’emploi. Il faut réorienter les conseillers dédiés au flicage des chômeurs vers le contrôle de ces offres ». L’exécutif a aussi rigidifié la définition de l’offre raisonnable d’emploi (ORE), qui stipule qu’après un refus le demandeur d’emploi pourra être sanctionné. Désormais, les critères ne seraient plus fixés nationalement mais redéfinis, en théorie, avec le conseiller Pôle emploi. « Comment peut-on parler d’offre raisonnable d’emploi quand l’offre n’est pas légale ? questionne Vladimir Bizet-Guilleron. La seule offre raisonnable qui vaille est celle qui intéresse le demandeur d’emploi ! »

Les critères de pénalisation et de radiation pour manquements ont également été durcis. Enfin, le président souhaite que la prochaine négociation sur l’assurance-chômage aille encore dans le sens d’un renforcement des obligations des chômeurs. Un soupçon permanent en forme d’insulte pour les premiers concernés. Sommé d’aller servir des plats ou de manier la truelle sur les chantiers, l’horticulteur a fini par tacler Emmanuel Macron : « Il est encore dans le monde des Bisounours. (…) Lui, il rêve. Il est président, mais il ne s’occupe pas des personnes qui sont au chômage. »

Cécile Rousseau

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19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 10:57

Pierre Dharréville, député PCF : « Quand j’entends les chiffres du Plan Santé annoncés par Macron, je crains qu’il ait oublié le chéquier de l’autre côté de la rue. »

Pierre Darhéville au centre, député communiste des Bouches-du-Rhône

Pierre Darhéville au centre, député communiste des Bouches-du-Rhône

Plan Santé : Emmanuel Macron nous donne rendez-vous dans 10 ans !

mercredi 19 septembre 2018

Pierre Dharréville a réagi au Plan santé. Pour lui, le Président de la République refuse de répondre à l’État d’urgence. Le député des Bouches-du-Rhône formule des propositions :

Après avoir disserté sur le plan pauvreté, le Président de la République a aussi disserté sur le plan santé préparé par le gouvernement. Omniprésent, omniscient, omnichef, il cherche par tous les moyens à se faire pardonner ses dérapages et sa politique antisociale.

Peine perdue. Le réel a rattrapé la majorité En Marche : ce plan santé qui n’était pas prévu, qui a été plusieurs fois reporté était devenu incontournable.

C’est ce que nous disons depuis le début de notre Tour de France des hôpitaux : 
cette crise aiguë appelle un plan d’urgence et un plan de long terme pour reconstruire notre système de santé public.

1- Former des professionnels

Les annonces contiennent des mesures nécessaires, à commencer par la fin du numérus clausus que nous demandons depuis des années. Mais à condition que cela s’accompagne d’une ambition et de moyens pour former plus de médecins, notamment généralistes, et plus de personnel médical dans les années qui viennent.

Avec la volonté de mieux mailler le territoire. Qu’en sera-t-il ? La première revendication des personnels, dont la souffrance atteint des sommets, est d’avoir des collègues.

Nous exigeons un grand plan de formation et d’embauche de personnels de santé. La mise en place des assistants médicaux interroge : nous disons depuis longtemps que le travail effectué par des non-médecins dans les centres de santé doit être pris en charge, mais nous nous refusons à voir le temps de présence médicale dont bénéficie le patient réduit, y compris pour ne pas affaiblir la qualité de diagnostic de notre système de santé.

Nous proposons de donner une bonne impulsion au développement de centres de santé.

2- Mobilier les ressources nécessaires

Le léger desserrement du verrou de l’ONDAM, toujours bon à prendre, chiffré à 400 millions d’euros est nettement en dessous des besoins : c’est plus de 4 milliards qu’il faudrait pour simplement maintenir l’offre de soins existante à son niveau actuel. L’ONDAM serait augmenté de 2,5% quand il faudrait au moins qu’il le soit de 4,5%.

En réalité, Emmanuel Macron a oublié son chéquier de l’autre côté de la rue. Il fait des contorsions sur les transformations du système pour ne pas débloquer le financement nécessaire. Les hôpitaux sont des organismes vivants dont les transformations, quand elles sont souhaitables, ne peuvent se faire sans moyens.

La mise en cause de la Tarification à l’activité, que nous réclamons depuis sa création parce qu’elles est un redoutable accélérateur de la marchandisation de soins, doit aller beaucoup plus loin et le financement au parcours ne doit pas être l’occasion de limiter les consultations pour les patients concernés.

3- Arrêter la casse

Nous nous opposons à ce que ce plan constitue une nouvelle occasion d’organiser la confusion entre public et privé, comme cela semble devoir être le cas avec les Groupements hospitaliers de territoire. Il faut développer puissamment la réponse publique. Or, il y a du renoncement dans les choix du gouvernement.

Nous demandons un moratoire sur les fermetures d’hôpitaux, de services et de lits, avec de nombreux acteurs du système de santé. Cette logique destructrice est en train de produire de nombreux dégâts dans nos territoires, du renoncement aux soins et des drames silencieux. Nous refusons de voir des hôpitaux transformés en dispensaires pour personnes âgées. Tout cela n’apporte d’ailleurs aucune solution pour les EHPAD. La dette des hôpitaux, résultat des systèmes de tarification désastreux, doit être restructurée à l’échelle nationale pour en finir avec les vives tensions quotidiennes de gestion qui empêchent les établissements de penser leur avenir. Et la taxe sur les salaires prélevée par l’Etat doit y être supprimée.

4- Garantir le droit à la santé en développant la sécurité sociale

Nous proposons une véritable ambition d’aller vers la prise en charge à 100% par la sécurité sociale des soins intégrant le développement du tiers-payant. Un plan santé véritable doit s’appuyer sur la force remarquable des personnels et sur les formidables atouts que compte notre système de santé, pour mobiliser la société tout entière. De grandes mobilisations sont en cours et des rendez-vous importants sont annoncés. Le plan qui vient d’être annoncé ne permettra pas de faire face à la crise de l’hôpital et du système de soins. Je présenterai avec mes collègues à l’issue de notre tour de France des hôpitaux, un plan santé autrement plus ambitieux. Nous avons déjà pris beaucoup de retard, il y a urgence à changer d’ère pour la santé dans notre pays.

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19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 10:00
Pierre Dharréville

Pierre Dharréville

Ne laissons pas piller la sécurité sociale !

Les dernières orientations que le gouvernement a laissé filtrer dans la presse confirment les vives critiques que j’avais émises lors du premier acte de la casse de la sécurité sociale l’année dernière. En effet, l’exécutif aurait décidé de ne plus compenser les exonérations de cotisations sociales.
Première mauvaise nouvelle : il y aura de nouvelles mesures d’exonération de cotisations sociales (mesures dont l’efficacité n’a jamais été prouvée) qui viennent porter atteinte à l’autonomie de la sécurité sociale. 
Deuxième mauvaise nouvelle : ces exonérations viendront en direct amputer le budget de la sécurité sociale, ainsi privée de moyens indispensables et condamnée à gérer une enveloppe insuffisante décidée hors du système paritaire. 
L’Etat a des devoirs à l’égard de la sécurité sociale. Le prétendu retour à l’équilibre des comptes a un prix : plutôt que d’aller chercher les recettes nécessaires, on l’a fait reposer sur les assurés sociaux. Les coupes claires dans les remboursements, dans le financement des hôpitaux, les manques dans le financement de l’autonomie, les attaques contre le niveau des versements et en particulier contre les pensions de retraites ou les insuffisances des indemnités pour maladies professionnelles et accidents du travail...
L’année dernière, les cotisations salariales ont déjà été supprimées pour être remplacées par l’impôt à travers la CSG. Le gouvernement veut désormais se servir directement dans la caisse.
L’objectif est clair : continuer de briser notre système de protection sociale basé sur les droits pour en faire une caisse de secours gérée par l’Etat, dans la confusion des budgets. La part des richesses consacrées à la protection sociale doit être protégée des velléités de main basse de la part de gouvernements qui voudraient y trouver des ressources pour financer de nouveaux cadeaux aux grands propriétaires. Elle doit être sanctuarisée : les moyens existent d’une sécurité sociale forte. 
Ne laissons pas piller la sécurité sociale.

Pierre Dharréville, 10 septembre 2018

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18 septembre 2018 2 18 /09 /septembre /2018 19:52
ÉDUCATION. AVEC BLANQUER, LA PRIORITÉ À L’ÉCOLE, C’EST DE SUPPRIMER DES POSTES !
ÉDUCATION. AVEC BLANQUER, LA « PRIORITÉ À L’ÉCOLE », C’EST DE SUPPRIMER DES POSTES !
Mardi, 18 Septembre, 2018

40 000 élèves en plus, 1 800 postes en moins : pour l’enseignement secondaire, le ministre de l’Éducation nationale place déjà la rentrée 2019 sous le signe d’une austérité d’acier. Au mépris des engagements proclamés par le chef de l’État et son gouvernement.

Deux caresses et une énorme baffe. Serait-ce la signature de la « méthode Blanquer », ce ministre de l’Éducation nationale qui enveloppe toujours d’un vernis de jolies mesurettes le rouleau compresseur de sa politique ? Hier, il claironnait dans le Figaro vouloir donner la priorité à « l’augmentation du pouvoir d’achat des professeurs », grâce à un budget en hausse de 850 millions d’euros, « l’une des plus importantes augmentations au sein de l’État ». Mais quelques lignes plus loin le couperet tombait : « Le nombre de postes diminuera de 1 800 l’an prochain » dans l’éducation nationale. Mais, que l’on se rassure, « seuls le second degré et les services administratifs seront concernés », ces derniers pour 400 postes ; et « le volume d’enseignement sera évidemment maintenu », grâce au recours aux heures supplémentaires. Problème : le ministre « oublie » que ses propres services ont prévu une hausse de 40 000 élèves dans le secondaire à la rentrée prochaine…

LA HAUSSE DE 1,7 % DU BUDGET 2019 COUVRIRA À PEINE L’INFLATION

À ce niveau d’enfumage, le décryptage est impératif. La hausse du budget de l’éducation nationale, si elle ne relève pas du mensonge pur et simple, n’en est pas loin. 850 millions quand on vient d’annoncer, en juillet dernier, l’abandon pur et simple de Sirhen, le « système d’information des ressources humaines de l’éducation nationale »,

COMMUNIQUE DE PRESSE DU SNES-FSU! 
32 000 élèves en plus, 1 800 postes en moins

1800 postes de moins dans le  second degré à la rentrée 2019 alors que 
davantage d'élèves seront accueillis. Est- ce là la priorité à l’éducation?
Les collèges scolariseront 32 000 élèves supplémentaires à la rentrée 
2019, la génération nombreuse de 2007, d'ores et déjà les classes de 
Seconde sont à 35 et plus...
Le ministre prévoit d’amplifier la dégradation des conditions d’étude 
des collégiens et des lycéens. En guise de palliatif au manque de postes 
, il envisage de toucher au statut des enseignants pour les contraindre 
à deux heures supplémentaires au lieu d'une .
Outre le fait que cela ne ferait qu'alourdir encore la charge de 
travail, les conditions actuelles d'enseignement conduisent déjà une 
majorité d'enseignants à devoir faire des heures supplémentaires .
En fait le Ministre compte sur les réformes pour permettre ces 
diminutions de moyens, par le biais  des fusions d'académies, par le 
biais de la réforme  du lycée qui augmentera le nombre d'élèves par 
classe du fait des enseignements communs et privera certains lycées de 
formations actuellement offertes. .
Toujours privés de revalorisation, inquiets des conséquences des 
réformes pour leurs métiers et leurs élèves, les personnels du second 
degré n'ont désormais plus aucun doute sur la place faite au service 
public d'éducation par le gouvernement .
Le SNES FSU va alerter la profession et faire entendre le mécontentement 
général.
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18 septembre 2018 2 18 /09 /septembre /2018 19:23
Réponse à Jean-Luc Mélenchon: camarade, revenons au débat de fond!
Réponse à Jean-Luc Mélenchon: camarade, revenons au débat de fond!
Réponse à Jean-Luc Mélenchon: camarade, revenons au débat de fond!
Dans son billet de blog d'hier «C’est tant ! C’est trop !» dans la partie intitulée «à bientôt camarades» Jean-Luc Mélenchon se sent obligé de commenter la fête de l'Humanité et se livre à une nouvelle charge violente contre le PCF. J'y réponds par ce texte.

Pourquoi cette intervention de Jean-Luc Mélenchon ? D'abord parce que son absence à cette édition 2018 n'a pas empêché la fête de constituer un événement politique : une fréquentation record, avec la présence de centaines de milliers de personnes dans les débats et concerts et de personnalités de toute la gauche au discours de Pierre Laurent. Ensuite parce que Jean-Luc Mélenchon prend très au sérieux la candidature d'Ian Brossat aux élections européennes et s'inquiète désormais d'une possible concurrence du jeune élu communiste qui l'a parrainé à la présidentielle, incarne le renouvellement politique et porte un projet européen très offensif.

Ainsi, le premier responsable de France insoumise veut tenter d'imposer aux participants de la fête et aux médias sa propre lecture de cet événement, pour discréditer le message du PCF en cette rentrée politique et celui porté par notre candidat aux élections européennes. L'expérience me conduit à ne pas laisser sa violente charge sans réponse car l'actualité montre chaque jour que la répétition de mensonges par des personnalités médiatiques conduit malheureusement souvent nombre de personnes à penser que ce sont des vérités.

La réponse d'Adrien Quatennens au tweet d'Ian Brossat était évidemment un prétexte pour donner de l'audience à France insoumise. Monsieur Quatennens nous avait d'ailleurs confirmé sa présence au discours de Pierre Laurent après la publication de cetweet. Il faut dire que le jeune député est un récidiviste de la polémique politicienne. Déjà l'année précédente, alors qu'il assistait au discours de Pierre Laurent, c'est lui qui a déclenché le cirque médiatique de la délégation FI prétendant que la direction du PCF « tape sans relâche » sur Jean-Luc Mélenchon, après des propos pourtant bien mesurés du secrétaire national du PCF. Quant à affirmer que les discours de Pierre Laurent sont un « haut lieu des provocations verbales », les militants et journalistes qui le connaissent et le suivent apprécieront le ridicule du propos !

Une remarque sur la méthode de Jean-Luc Mélenchon. Dans son texte, il oppose « le cercle dirigeant du PCF » aux députés et adhérents communistes en affirmant simultanément : « nous attendons beaucoup du congrès des communistes ». La ficelle est un peu grosse : à deux mois d'un congrès du PCF, il s'agit de diviser les communistes. Ce procédé n'est pas nouveau, il l'a déjà utilisé à maintes reprises depuis les municipales de 2014 à l'occasion desquelles il faisait déjà le tri entre les communistes qui selon lui adhéraient à sa stratégie dite d'autonomie et les autres (procédé également utilisé l'année dernière pour tenter de diviser les syndicalistes et de prendre le leadership du mouvement social). Vaine tentative ! Le PCF a toujours été autonome des autres forces politiques depuis sa création en 1920, sachant promouvoir son propre programme dans les alliances électorales. Et les communistes n'ont jamais laissé, fussent leur débats internes vigoureux, un autre parti affaiblir leur unité.

Les raisons de cette tentative de discrédit du PCF et la méthode de Jean-Luc Mélenchon étant démasquées, venons-en au débat de fond, concernant les raisons de la fin du Front de gauche et l'enjeu des élections européennes.

La fin du Front de gauche découle principalement de la volonté hégémonique du Parti de gauche, attitude que France insoumise a confirmée depuis, ainsi que de l'incapacité de nos deux forces à permettre une intervention populaire durable.

« La stratégie d'alliances à géométrie variable » du PCF selon Mélenchon a permis des politiques sociales qui ont forgé le modèle social français et continuent d'innover aujourd'hui. C'est vrai au plan national, notamment avec l'alliance des communistes aux gaullistes après la guerre, dans les gouvernements de 1944 à 1946, qui ont compté plusieurs ministres communistes dont notre camarade Ambroise Croizat, créateur de la Sécurité sociale. C'est vrai aussi dans les municipalités à direction communiste, dont l'action au service des intérêts populaires a pris au fil des décennies l'épaisseur d'un « communisme municipal », qui continue aujourd'hui de produire des innovations sociales, écologiques et démocratiques. C'est vrai enfin dans les municipalités à direction socialiste auxquelles nous participons, comme à Paris, dans laquelle des dizaines de milliers de familles des catégories populaires peuvent encore vivre grâce à l'action d'élus comme Ian Brossat, qui a tant fait pour le logement social et contre la spéculation immobilière, comme le démontre à nouveau son combat contre la multinationale AirBnB.

Quant à penser que « les adhésions directes au Front de gauche » auraient permis l'investissement populaire, c'est d'une part ne pas avoir compris que les succès du Front de gauche ont reposé sur la diversité de ses forces. C'est d'autre part sous-estimer les problématiques de l'engagement politique : comment penser que le manque de confiance dans la politique et dans l'action collective puisse être résolu magiquement par une carte d'adhésion unique à un front de forces ? Construire cette confiance exige de développer des actions de proximité et de solidarité, de travailler à l'obtention de victoires locales concrètes, qui montrent que l'action collective peut changer la vie ou encore de transformer nos organisations pour que la parole populaire puisse s'y exprimer et participer à égalité avec les autres aux décisions démocratiques. C'est un défi de constance politique et d'humilité à mille lieues de proclamations et de coups de mentons, qui peuvent susciter un temps l'engouement électoral mais ne déboucheront jamais sur une participation durable du peuple à la vie politique. Au passage, à propos de« la voix des urnes », Jean-Luc Mélenchon affirme « nous espérons tout d'elle »,confirmant ainsi que l'implication citoyenne au-delà du vote n'est pas pour lui une priorité, alors que l'histoire du mouvement ouvrier montre l'inverse : c'est grâce à l'intervention populaire que les grandes avancées se réalisent et sans elle les expériences de gouvernements de gauche ne tiennent pas leurs promesses.

Concernant les élections européennes, Jean-Luc Mélenchon affirme : « Nous ne sommes pas d’accord pour que l’immigration soit le débat central de la prochaine élection » et s'acharne sur un soi-disant « refus de dire si oui ou non leur politique européenne se fait à traités constants, comme le disent Hamon et Brossat ».

L'interview donné par Ian Brossat à l'Humanité le 5 juin dernier balaie ces deux mensonges. À la question de savoir quelles ruptures il portera dans la campagne, il répond : « D’abord, nous voulons en finir avec une Europe qui met en concurrence les salariés en proposant, face au dumping social, un salaire minimum européen et une clause de protection des salariés en France. Les services publics forment un autre pilier absolument fondamental de notre projet. Nous défendons, en écho à la bataille du moment sur la réforme ferroviaire, un moratoire sur les directives de libéralisation et l’abrogation du traité budgétaire. L’Union européenne a également failli sur l’accueil des migrants. Bon nombre de ceux qui composent les campements de rue à Paris sont dits « dublinés ». L’État français leur explique qu’ils vont devoir retourner en Italie parce que leurs empreintes y ont été enregistrées en premier. On marche sur la tête. Les gouvernements européens jouent au ping-pong avec des vies humaines. L’Union européenne doit prendre ses responsabilités et organiser une prise en charge digne de l’ensemble des réfugiés. »

Ainsi chacun constatera qu'Ian Brossat commence par porter des propositions contre la mise en concurrence et pour le développement des services publics et développe ensuite l'enjeu de la politique migratoire. Chacun constatera également qu'il appelle à l'abrogation du traité budgétaire. Dans la même interview, notre candidat dénonce tous les traités, dont celui de Maastricht, que les communistes n'ont pas voté, rappelons-le, contrairement à Jean-Luc Mélenchon. Nous n'avons donc aucune leçon de radicalité à recevoir. Quant à l'immigration, la position d'Ian Brossat affirmant un accueil inconditionnel des migrants fait honneur à la gauche et la fierté de tous les communistes. Et nous nous félicitons que la constance de notre camarade sur cet enjeu, comme celle d'autres personnalités de gauche, ait fini par conduire Jean-Luc Mélenchon à désavouer Djordje Kuzmanovic, dirigeant de FI, dont la rhétorique flirte depuis longtemps avec les propos de l'extrême droite.

Les élections européennes vont déterminer le sort de l'Europe alors qu'une montée identitaire nous renvoie aux heures les plus sombres de notre histoire. Emmanuel Macron et les forces d'extrême droite essaient de faire de leur opposition médiatique l'enjeu de l'élection. Or, non seulement les politiques néolibérales ont conduit à faire progresser l'extrême droite mais cette progression conduit désormais les dirigeants néolibéraux a céder de plus en plus de terrain aux politiques xénophobes. Toutes ces forces sont unies par les liens sacrés du marché et agissent au service des intérêts financiers d'une minorité. L'enjeu des élections européennes est de savoir si nous pouvons faire progresser une alternative crédible portant, comme l'affirmait récemment Ian Brossat au Monde, « une Europe ouverte, multiculturelle, sociale », l'ambition de « créer des droits pour les peuples et non leur en ôter, s’attaquer de plein fouet aux inégalités sociales plutôt que les conforter, organiser l’accueil des migrants plutôt que refouler les navires de sauvetage ». Nous tendons la main à toutes les forces de gauche qui veulent discuter avec nous sur ces bases. Nous nous sommes adressés dès janvier dernier à France insoumise, bien avant la mise à disposition de la candidature d'Ian Brossat, dans une lettre restée sans réponse, et nous continuons d'affirmer notre disponibilité pour un rassemblement, tant l'attente d'unité est forte à gauche et contribuerait, si elle se faisait sur des bases solides, à faire reculer l'Union européenne des multinationales. Mais nous refusons de rester inactifs devant le danger qui s'annonce. Nous sommes en campagne sur nos idées communistes, avec notre candidat, pour refonder l'Europe au service des intérêts des peuples européens.

Camarade Mélenchon, revenons au débat de fond !

Igor Zamichiei, membre du comité executif national du PCF

 

Igor Zamichéi

Igor Zamichéi

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18 septembre 2018 2 18 /09 /septembre /2018 19:08
Maurice et Josette Audin

Maurice et Josette Audin

QUAND ERIC ZEMMOUR DECLARE: 
"MAURICE AUDIN MERITAIT 12 BALLES DANS LA PEAU"

Ce mardi 18 septembre, le sinistre et vichyste Eric Zemmour était l'invité du site"L'Opinion.fr", où il se sent si bien et en si bonne compagnie (Nicolas Beytout qui l'interrogeait ne trouva rien à redire) qu'il y a déclaré sa haine de la reconnaissance par Emmanuel Macron du rôle de la France dans la mort du mathématicien communiste Maurice Audin. Zemmour dit ainsi: "J’étais scandalisé par le comportement d’Emmanuel Macron, je pense que ce M. Audin, mort dans des conditions tragiques (…) était un traître et méritait 12 balles dans la peau.» Jusqu’où ira l'ignoble Zemmour, qui ne renie donc rien aux pratiques des pires miliciens et accrédite la torture? Cette fois, il entre dans une nouvelle catégorie: la négation d’un crime de guerre. Maintenant, ça suffit. Il faut faire taire définitivement ce nouveau Jacques Doriot. Et le traduire devant la justice au plus vite.

Jean-Emmanuel Ducoin, L'Humanité 

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18 septembre 2018 2 18 /09 /septembre /2018 15:43
Plan santé : Les Hôpitaux en « État d'urgence »

Le Président de la République vient d’annoncer des mesures censées redresser l’état catastrophique de la santé dans notre pays, politique dont il porte en partie la responsabilité.

Si la suppression du Numerus Clausus ou de la T2A est une revendication que le PCF porte depuis longtemps, les propositions de Monsieur Macron, sous couvert de modernisation de notre système de santé, ne répondent pas aux besoins des populations et des territoires. Les Hôpitaux sont en État d'urgence.

Dans le plan d’urgence présenté lors de la Fête de l’Humanité, le PCF réclamait l’arrêt des restructurations hospitalières, la création dès 2019 de 100 000 nouveaux emplois hospitaliers pour répondre à la souffrance des personnels et des malades. A la place, le Président annonce, pour toute la France, 4000 postes d’assistants médicaux dans la médecine de ville et rien pour l’Hôpital.

"Notre système de santé ne pêche pas par un sous-financement". Aberrant quand on sait que tous les clignotants sont au rouge, car l’hôpital public est rongé par l’austérité.

L'Hôpital a besoin de 4 milliards pour simplement maintenir l'offre de soins existante à son niveau actuel. Au lieu de cela Emmanuel Macron nous vend un léger desserrement du verrou de l’ONDAM (objectif national des Dépenses d’Assurance Maladie) de 400 millions d’euros en 2019.

Quant aux EHPAD, à peine évoqués, ils auraient besoin de 100 000 emplois par an pendant 3 ans, d’un plan de formation et d’investissement à la hauteur des enjeux de société que représente le vieillissement de la population.

Ce plan tout en apportant, ici et là, quelques rectificatifs au désastre sanitaire, conséquence des politiques successives, est loin de répondre aux attentes formulées par nos Parlementaires, lors de leur Tour de France des Hôpitaux et des EHPAD.

Le PCF continuera à se mobiliser avec toutes celles et tous ceux qui luttent pour un système de santé accessible à toutes et à tous sur l’ensemble du territoire.

Depuis le 10 janvier dernier, les parlementaires communistes, député-es comme sénat-eur-rices, parcourent la France pour aller à la rencontre des personnels hospitaliers. Le constat est sans appel : les personnels sont usés, les services sont en sous effectif, les lits manquent et les moyens sont insuffisants. Nous assistons à une véritable catastrophe sanitaire.

Alain Bruneel, député du Nord, a produit le clip "Etat d'urgence" pour soutenir les luttes du service public de la santé. Un slam écrit et interprété par Ugo Dess.

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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 17:46
Ian Brossat et Marie-Pierre Vieu

Ian Brossat et Marie-Pierre Vieu

Ian Brossat avec Hamon et Varoufakis

Ian Brossat avec Hamon et Varoufakis

Ian Brossat: une tête d'affiche bien fête (L'Humanité, 17 septembre 2018)
Ian Brossat: une tête d'affiche bien fête (L'Humanité, 17 septembre 2018)
Ian Brossat: une tête d'affiche bien fête (L'Humanité, 17 septembre 2018)
Ian Brossat: une tête d'affiche bien fête (L'Humanité, 17 septembre 2018)

[Portfolio] Record d'affluence à la Fête de l'Humanité cette année. 
J'ai pris un plaisir immense à être présent à vos côtés cette année encore. 
Merci à vous, merci aux militants qui ont parfois pris des jours de congé pour rendre ce petit miracle possible, merci à tous ceux qui sont venus. 
Vive le peuple de la Fête de l'Huma !
Et merci Juliette Jem pour les photos 

Ian Brossat

 

Le chef de file désigné par le PCF pour constituer le rassemblement aux élections européennes a lancé la campagne entre déambulations, meetings improvisés et rencontres avec les responsables de gauche.

Devoir faire une campagne à 2 km à l’heure, c’est bon signe. C’est à peu près la vitesse maximale dont est capable Ian Brossat quand il arpente les allées de la Fête, tant le chef de file désigné par le PCF pour construire le rassemblement aux élections européennes y est interpellé, arrêté, encouragé. Déambulant dans la Fête en rejoignant chacun des mini-meetings qui ont scandé son week-end. « Avec toi, ça va le faire, tu es le renouveau, on est derrière toi », l’assure un militant du stand de Bezons (Val-d’Oise).

L'Humanité, 17 septembre 2018

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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 17:00
ISRAËL VEUT QUE SALAH HAMOURI QUITTE LA PALESTINE, MAIS IL NE CÉDERA PAS - Elsa Lefort, L'Humanité - 13 septembre 2018
ELSA LEFORT. « ISRAËL VEUT QUE SALAH HAMOURI QUITTE LA PALESTINE, MAIS IL NE CÉDERA PAS »
Jeudi, 13 Septembre, 2018

Arrêté le 23 août 2017, le Franco-Palestinien Salah Hamouri est toujours détenu sans jugement. Sa libération fin septembre dépend du bon vouloir des autorités israéliennes. Ses soutiens se mobilisent à la Fête de l’Humanité pour exiger l’intervention de l’élysée. Entretien avec son épouse, Elsa Lefort.

L’indignation grandit chez les nombreux soutiens de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, détenu arbitrairement en Israël depuis une année. Son épouse, Elsa Lefort, dénonce l’inertie de l’Élysée et du Quai d’Orsay, qui n’agissent pas pour exiger du gouvernement Netanyahou sa libération.

Avez-vous des nouvelles de Salah, a-t-il le moral ?
Oui, nous avons des nouvelles par ses avocats ou quand sa mère lui rend visite, une fois par mois. Il va bien, il a le moral, mais il compte les jours évidemment, car tout cela commence à durer. Le fait d’avoir déjà subi deux renouvellements de peine le plonge dans l’incertitude. Il espère à chaque fois que ce sera la dernière, tout en gardant en tête que ça peut continuer… Nous n’avons malheureusement aucune garantie que ce sera la dernière.

D’autant qu’il y a aussi le peu d’empressement à agir du côté des autorités françaises…
L’Élysée prétend qu’Emmanuel Macron s’est saisi du sujet. Il faut croire alors que c’est en catimini, car le cas de Salah n’a jamais été publiquement évoqué. Il n’y a apparemment aucune volonté de montrer que l’on s’inquiète du sort d’un citoyen français incarcéré arbitrairement. Aucune volonté d’envoyer un message fort aux Israéliens, de réagir à cet enfermement complètement illégal. Si message il y a, il est plutôt très négatif : l’arbitraire dont est victime Salah ne préoccupe pas vraiment l’Élysée et le Quai d’Orsay. Les autorités israéliennes sont tout à fait tranquilles.

Emmanuel Macron en aurait, dit-on, parlé à Netanyahou, mais en vain. Pourquoi la France s’accommode-t-elle d’un tel camouflet ?
Oui, la France s’en accommode, d’autant plus que par ailleurs elle redouble de signaux positifs envers le gouvernement Israélien. Macron a reçu deux fois Netanyahou à Paris en l’espace de six mois. Une fois en décembre dernier et une fois en juin, à l’occasion du lancement de la saison culturelle croisée France-Israël, c’est-à-dire une série de manifestations dans chacun des deux pays qui visent à promouvoir les bonnes relations et qui entretiennent surtout une image hautement positive d’Israël. La France ne cesse de donner des gages à ce dernier. Tout à fait par conviction, à l’évidence. La libération de Salah est loin de figurer parmi les attentes.

L’acharnement qu’il subit s’explique-t-il par le fait que Salah soit devenu avocat et qu’il est à présent en mesure de renforcer la défense des prisonniers palestiniens ?
Il y a de cela, mais pas seulement. L’objectif central est en réalité de le contraindre à quitter la Palestine. Tout est fait dans ce sens depuis sa libération en 2011. Il y a eu les ordres militaires l’empêchant de se rendre en Cisjordanie, qui ont compliqué ses études, il y a eu mon expulsion du territoire israélien alors que j’étais enceinte. Et puis il y a eu son arrestation et sa « détention administrative ». Depuis deux ans et demi, Salah vit loin de moi et de notre fils. Tout est fait pour qu’il s’épuise et qu’il renonce à rester en Palestine. Certes, il représente quelqu’un qui, du coup, connaît le droit, le droit international et peut plaider la cause des prisonniers et des Palestiniens plus largement, notamment en France, car il est français. Mais le fond de l’acharnement c’est de le forcer à partir.

Salah est-il déterminé à rester, à ne pas leur céder ?
Tout à fait, car c’est son droit d’habiter chez lui à Jérusalem, en Palestine. Peu importe les intimidations et les menaces, même si au plan personnel, c’est difficile aussi bien pour lui que pour nous. Mais d’un point de vue politique, il est hors de question pour lui de baisser les bras et de quitter sa terre. Il y a là un véritable enjeu : il est de Jérusalem, et les Israéliens font tout pour que les Palestiniens quittent Jérusalem. Chaque Palestinien qui s’en va constitue pour eux une victoire.

Quel appel lancez-vous à tous les soutiens de Salah, notamment à l’occasion de la Fête de l’Humanité ?
Il est important de rester mobilisé et de redoubler d’efforts dans ce sens. Voilà un an que la diplomatie française est censée s’occuper de ce dossier et elle n’a strictement rien obtenu. Les contacts que nous avons avec l’Élysée ne donnent aucun signe positif pour l’avenir. On s’arrête au constat de l’absence de réaction de la part d’Israël. C’est une fatalité. Il n’y a aucune remise en question. La question demeure sans réponse : pourquoi la diplomatie française est à ce point incapable de faire cesser cet arbitraire à l’égard de l’un de ses ressortissants ? Le président se doit de venir en aide à tous les Français de par le monde. Et il n’y aucune raison que le monde s’arrête à la frontière d’Israël.

 
Entretien réalisé par Nadjib touaibia
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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 16:37
La fête de l'Huma rassemblant 800 000 personnes passe au second plan de l'actualité médiatique, honteusement ignorée ou minorée par les grands médias
La fête de l'Huma rassemblant 800 000 personnes passe au second plan de l'actualité médiatique, honteusement ignorée ou minorée par les grands médias

Les communistes et l'équipe de L'Humanité rassemblent 800 000 personnes à la fête de l'Humanité et les télés poubelles retransmettent un discours de la responsables du nouveau parti de la Ruine Nationale, en direct d'un village perdu, au milieu de quelques centaines de fachos éructant de haine. Et certains chez BFM ou CNEWS osent encore appeler ça de l'information! Sur France Inter hier soir à 18h et 19h, même topo, on ne parle pas de la fête de l'Huma, du discours de Patrick Le Hyaric, mais de la baffe d'un chauffeur de bus, et du discours de haine de la mère Le Pen.    

La fête de l'Huma rassemblant 800 000 personnes passe au second plan de l'actualité médiatique, honteusement ignorée ou minorée par les grands médias
La fête de l'Huma rassemblant 800 000 personnes passe au second plan de l'actualité médiatique, honteusement ignorée ou minorée par les grands médias
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