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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 05:29
La nouvelle économie du système de santé : la défaite du patient ? (Philippe Batifoulier est économiste. Il est professeur à l’université Paris 13-Villetaneuse./ Revue PCF • Cause commune n° 6 - juillet/août 2018)

Par Philippe Batifoulier

 
Si la Sécurité sociale joue un rôle fondamental dans l’amélioration de l’espérance de vie et des conditions de vie, les inégalités sociales de santé, les inégalités territoriales comme les barrières financières d’accès aux soins installent une importante fracture sanitaire. Le développement de l’assurance sociale privée vient encore accentuer ces inégalités, tandis que le management à la performance qui sévit à l’hôpital porte préjudice aux patients et renforce la souffrance au travail des soignants.

Philippe Batifoulier revient sur les effets délétères de ces différentes formes de privatisation et invite à construire la démocratie en santé.

 

Parce que des maladies ont été vaincues ou maîtrisées, nous vivons plus longtemps qu’au début du siècle dernier. Ce progrès considérable est très largement imputable à la Sécurité sociale. Les découvertes médicales aussi importantes soient-elles ne soignent pas si les malades ne peuvent pas se les payer. C’est la Sécurité sociale qui a permis l’accès à la pénicilline, aux antibiotiques, ou à la streptomycine contre la tuberculose. En France, la mortalité par infection a diminué de moitié entre 1945 et 1950 quand on a généralisé la Sécurité sociale, soit bien plus vite que de 1925 à 1945.
L’extension de la couverture sociale ne fait pas que reculer la mort, elle permet de vivre mieux le présent au-delà de l’accès au progrès médical. Il suffit de penser à ce que serait notre quotidien si notre salaire mensuel était amputé du temps de l’arrêt de travail pour cause de maladie. L’épidémie de grippe ou l’angine, pour ne citer que des « petits risques », auraient des effets catastrophiques sur le paiement du loyer ou des emprunts.


Ce que l’extension de la prise en charge solidaire des soins a fait, le retrait de la Sécurité sociale peut le défaire. Aujourd’hui en France et pas seulement aux États-Unis, la maladie est pour beaucoup une épreuve financière. Il faut parfois s’endetter pour payer des soins ou des dépassements d’honoraires. […]

La fracture sanitaire : une réalité solidement installée

La santé est un monde où les inégalités sont particulièrement fortes. Les inégalités d’état de santé, tout d’abord, obéissent à un fort déterminisme social et les conditions sociales d’existence s’inscrivent durement dans les corps. Au sein d’une vie plus courte (car leur espérance de vie est moindre), les plus modestes auront davantage de problèmes de santé que les plus aisés. Ces inégalités sociales de santé se doublent d’inégalités territoriales, synthétisées par l’expression « déserts médicaux » qui décrivent l’existence de difficultés pour certains patients d’accéder à un médecin. Si ces inégalités ont des causes médicales tenant à la liberté d’installation des médecins et à un nouveau modèle médical plaidant pour un temps de travail maîtrisé, elles ont surtout des racines sociétales. Les déserts médicaux sont des déserts globaux et témoignent de l’abandon de certains territoires par la république. Quand la poste, la gare ou l’école ont disparu, il est particulièrement difficile de maintenir le cabinet médical.
À ces inégalités s’ajoutent les barrières financières d’accès aux soins qui rendent ceux-ci coûteux pour certains malades et entraînent des renoncements et des retards de soins. Les obstacles financiers sont, pour une large part, imputables à la couverture complémentaire parce que certains en sont démunis et parce qu’elle est inégalement distribuée dans la population. Toutes ces inégalités n’agissent pas en sens contraire, les unes venant atténuer les autres. Au contraire, elles se cumulent. Ce sont ceux qui ont l’état de santé le plus dégradé qui sont le moins couverts par une couverture complémentaire et qui ont le plus de mal à accéder à un médecin. La fracture sanitaire est solidement installée. […]

Le développement de l’assurance privée : une stratégie inégalitaire et coûteuse

Le développement de l’assurance santé privée (mutuelles, assurances à but lucratif, institutions de prévoyance) s’inscrit dans la vision de la protection sociale comme un coût pour les finances publiques. Il vise à réduire les dépenses publiques de santé, mais pas les dépenses totales de santé, si elles trouvent un financement auprès d’un opérateur privé, ou par les ménages eux-mêmes. Il s’agit de transformer des prélèvements obligatoires publics en prélèvements obligatoires privés dans la mesure où les frais de santé sont des dépenses contraintes pour les ménages. La disposition d’une assurance privée (mutuelle ou autre) n’est pas vécue comme un luxe, mais comme une nécessité quand le ménage a les moyens d’y souscrire.[…]
La privatisation du financement du soin est inégalitaire et inefficace, mais aussi dangereuse, car elle nuit à la santé publique. Quand la Sécurité sociale ne rembourse pas ou plus et que l’assurance privée est trop chère pour les patients, les maladies progressent. Le renoncement aux soins conduit à des retards et c’est une chimère de croire que les déremboursements ne concernent que des soins superflus. Ils touchent aussi les plus essentiels.

À l’hôpital, la culture du résultat s’oppose à la culture de service public

Une autre privatisation sévit à l’hôpital. Elle porte moins sur le financement, car les taux de prise en charge publics y restent élevés. Elle concerne la délivrance du soin et repose sur la capacité du secteur public à se conformer aux règles du secteur privé. Cette privatisation est portée par le nouveau management public pour lequel il n’y a jamais de problèmes de moyens et de pénurie de personnel, mais uniquement des problèmes d’organisation. La réorganisation du travail médical se fait au nom de la réalisation de gains de productivité. L’hypothèse fondamentale est qu’il existe des marges d’amélioration au niveau des acteurs pour atteindre les meilleurs résultats possibles avec des ressources budgétaires identiques.
Selon cette conception, la bonne gestion n’a pas de lieu ni de frontière : elle est universelle. Les personnels sont invités à se former à ce management à la performance, même si un traitement rapide des dossiers ou des soins pénalise les patients précaires ou si l’application de standards de séjours ignore les différences sociales. La culture du résultat s’oppose à la culture de service public. Piloter un hôpital avec les mêmes références qu’une entreprise privée heurte les personnels qui y résistent souvent. L’hôpital est devenu l’un des lieux emblématiques de la souffrance au travail. […]

Il est aussi devenu peu hospitalier en dépit du dévouement des soignants. Les assurances santé privées ont été valorisées alors qu’elles sont plus coûteuses et plus inégalitaires que la Sécurité sociale. Le système de santé s’est largement retourné contre le patient parce que la santé est plongée dans un désert politique où les choix qui sont faits au nom du patient sont très peu discutés et souvent présentés comme inévitables ou indiscutables. Si on juge la démocratie dans le domaine de la santé par la place que joue le patient dans la prise de décision, alors force est de reconnaître le déficit démocratique. Le patient semble souvent écarté de décisions qui le concernent au premier chef, en matière de financement tout particulièrement. Des médicaments inutiles ou pire dangereux sont très bien remboursés alors que les lunettes ou les prothèses auditives ne le sont pas. Le recul de la démocratie dans la santé se conjugue avec le recul de la Sécurité sociale dans la prise en charge du soin. Le patient ne peut plus être privé d’un débat auquel il a droit puisqu’il s’agit de sa santé.

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 19:48
Européennes: Brossat (PCF) appelle la gauche hors PS à discuter

La tête de liste du Parti communiste français (PCF) pour les élections européennes, Ian Brossat, a lancé vendredi un appel à la gauche, hors Parti socialiste, pour se retrouver "autour d'une table" et discuter en vue du scrutin.

"Je ne me résous pas à cette division, à cette dispersion. Je lance d'ailleurs un appel à (Olivier) Besancenot (NPA), à (Benoît) Hamon (Generation.s), à (Jean-Luc) Mélenchon (La France insoumise, LFI), pour qu'on puisse quand même se retrouver autour d’une table, voir comment nous pouvons organiser la riposte à Macron", a-t-il déclaré sur Public Sénat, sans citer Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS).

"Je ne suis pas d'accord avec tout, notamment avec Jean-Luc Mélenchon, mais je suis convaincu que nous avons des choses à nous dire et des choses à faire ensemble", a insisté l'adjoint à la maire de Paris en charge du Logement.

"Sur les délocalisations, sur le travail détaché, sur la rémunération du travail, sur le pouvoir d'achat, ce sont les questions qui intéressent les Français, et si la gauche doit travailler à des convergences, c'est d'abord là dessus qu'elle doit bosser", a-t-il énuméré, citant également le dossier des retraites.

L'élu parisien avait confié mi-septembre "ne pas se faire à l'état de dispersion de la gauche" et n'avait pas écarté la possibilité d'une liste commune avec Benoît Hamon.

Auparavant, le chef de file du PCF pour les européennes avait déjà, fin août à Angers, "regretté qu'il n'y ait pas d'unité de la gauche" ni de "liste qui porte la voix de tous ceux qui ne supportent plus l'Union européenne actuelle". "Nous souhaitons le rassemblement le plus large (...) mais je n'y crois pas", avait-il toutefois admis.

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 19:44
Les Jeunes Communistes du Nord Ouest de Paris collent les murs de la capitale pour construire notre avenir !

Les Jeunes Communistes du Nord Ouest de Paris collent les murs de la capitale pour construire notre avenir !

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 06:02

 

Le gouvernement s’est félicité hier d’un retour à l’équilibre des comptes de la Sécurité sociale pour 2019. Mais la flopée d’exonérations de cotisations qu’il a consentie sape les recettes de la Sécu et la condamne à l’austérité.

À la barre du projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) : Gérald Darmanin, le ministre de l’Action publique et du Budget, et Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Deux ministres heureux. « Le trou de la Sécurité sociale est en passe d’être résorbé. Ce n’était pas arrivé depuis 2001 », s’est autosatisfait le ministre du Budget, hier matin, lors de la présentation du projet de budget de la Sécu 2019, louant au passage « les efforts consentis par les Français, les gouvernements successifs et les gestionnaires des caisses ». « C’est une très bonne nouvelle pour les jeunes. Nous consolidons et pérennisons notre système de protection sociale », s’est réjouie la ministre de la Santé, ne lésinant pas sur les « ambitions du gouvernement » : « investir dans le système de santé » et « protéger les plus fragiles ».

Sans chiffre à l’appui, Agnès Buzyn a décliné une nouvelle fois les axes de la réorganisation du système de santé présentés mardi dernier par le président Emmanuel Macron. Et confirmé une série de promesses : la transformation de la CMU-C, l’entrée en vigueur progressive du reste à charge zéro pour certains soins dentaires, d’optiques et les audioprothèses, un coup de pouce pour la garde d’enfants handicapés, l’allongement du congé maternité pour les femmes des secteurs libéral et indépendant. Mais, prévient la commission des comptes de la Sécu : « sans mesures nouvelles, le déficit replongera à 3 milliards d’euros l’an prochain ».

Car tel est le hic dans ce projet de PLFSS. Une flopée d’exonérations de cotisations sociales salariales mais surtout patronales vont être soustraites aux ressources des caisses de la Sécurité sociale dès le mois de janvier 2019. L’ensemble des cotisations sociales des salariés baissera de 1,45 % à compter du 1er octobre. Les cotisations sur les heures supplémentaires et complémentaires disparaissent début janvier.

UNE AUSTÉRITÉ QUI A ENCORE DE BEAUX JOURS DEVANT ELLE

La transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice) en allégement de cotisations entrera également en vigueur. Les entreprises y gagneront 20 milliards d’euros en trésorerie. La Sécurité sociale, quant à elle, devra s’en remettre à l’État, qui a prévu de se montrer chiche. Le gouvernement a, en effet, prévu de revoir les modalités de compensation des exonérations qu’il décide. « Les règles de partage du financement des prélèvements obligatoires entre l’État et la Sécurité sociale seront rénovées », est-il indiqué dans le document de présentation du PLFSS. « À compter de 2019, les baisses seront supportées par la sphère à laquelle le prélèvement est affecté. » Explication de texte : « Le financement de l’exonération de cotisations des heures supplémentaires, par exemple, estimée à 600 millions d’euros, sera supporté par la Sécurité sociale. » Et si en 2019, l’État compensera en totalité les allégements de cotisations induites par la transformation du Cice, ce ne sera plus le cas les années suivantes. « Il est certain qu’une nouvelle répartition des relations entre l’État et la Sécurité sociale devra être rediscutée, sachant que 30 % du budget de la Sécu relève déjà de l’impôt et qu’Emmanuel Macron est favorable à peu d’impôts et peu de cotisations », a commenté Gérald Darmanin.

Côté Sécurité sociale, si les comptes sont au clair, l’austérité a encore de beaux jours devant elle. L’augmentation de 2,3 % à 2,5 % de l’Ondam, l’objectif de dépenses de santé pour 2019, ne permettra toujours pas de répondre aux besoins de tous, sachant que les dépenses naturelles de santé, du fait de la démographie en progression et du vieillissement de la population, augmentent de 4,5 % par an. Les 400 millions d’euros supplémentaires concédés par Emmanuel Macron risquent donc de faire long feu face à une inflation à 2,3 % (fin août 2018) et au ralentissement de l’activité économique.

DES ÉCONOMIES POUR 3,8 MILLIARDS D’EUROS

Plutôt avares sur les chiffres, les deux ministres n’ont pas contesté l’objectif « d’économies » de 3,8 milliards programmé. Agnès Buzyn a notamment ciblé la mutualisation des achats des hôpitaux publics, la maîtrise des dépenses de médicaments et des actes médicaux, la diminution des indemnités journalières pour les arrêts de travail de courte durée et le développement de l’ambulatoire « moins cher que les lits d’hospitalisation », a-t-elle concédé. Pas de quoi rassurer les hôpitaux exangues, dont la dette dépasse désormais le milliard d’euros.

Dans la ligne de mire du gouvernement, les dépenses de médicaments et les actes médicaux.

Sylvie Ducatteau

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 05:59

 

Le président de la République s’est penché sur la très grande pauvreté. Mais outre un jeu de bonneteau budgétaire, le chef de l’État a surtout confirmé son attachement à une politique génératrice d’inégalités.

L’annonce du plan de lutte contre la pauvreté était la dernière (et énième) tentative d’Emmanuel Macron pour se débarrasser de cette image de « président des riches » qui plombe indéniablement son quinquennat depuis l’été 2017. Cette fois, c’était promis, le chef de l’État allait se pencher sur les misères de son peuple et, pour reprendre le titre de l’essai paru en 1844 du futur Napoléon III, « éteindre le paupérisme ». Toutes les cordes de la rhétorique compassionnelle, de la dénonciation du « scandale de la pauvreté » à la « grande leçon » que donnent les pauvres aux autres ont été déployées pour l’occasion. Mais qu’en est-il en réalité ?

A priori, l’enveloppe paraît non négligeable : 8 milliards d’euros, soit 2 milliards par an. Mais il faut immédiatement placer un chiffre en face de celui-ci : les trois milliards d’euros par an que l’État va économiser par la baisse de la valeur réelle (y compris l’inflation) des allocations sociales et des pensions. Parallèlement, la réactualisation de la revalorisation des aides personnelles au logement va réduire les versements de 1,7 milliard d’euros. Autrement dit, pour financer la lutte contre la pauvreté, le gouvernement va piocher dans les revenus des personnes un peu moins pauvres. La redistribution ne s’opère qu’à l’intérieur des classes populaires. Et il est même possible que certains bénéficiaires des mesures annoncées ce jeudi soient aussi les victimes des décisions budgétaires du gouvernement.

Ces 2 milliards d’euros par an ne peuvent donc pas s’entendre comme étant des mesures de redistribution en net et quand ils le seraient, ce serait une redistribution à l’intérieur de la partie la plus basse de la société. Il en va de même du fameux « revenu universel d’activité » qui sera mis en place en 2020. Une récente étude a montré qu’une telle création baisserait les revenus de 3,5 millions de foyers et augmenterait ceux de 3,3 millions de foyers. Les premiers paieront ainsi pour les seconds… Un autre exemple ? Les 100 000 « contrats d’insertions par l’activité » sur le quinquennat sont mis en avant dans ce plan alors même que l’année 2019 sera celle de la suppression de 100 000 emplois aidés (en un an) après la suppression de 130 000 en 2018...

C’est donc un jeu de bonneteau budgétaire auquel le gouvernement se livre où la priorité mise sur l’extrême pauvreté est financée par la contribution des personnes un peu moins malchanceuses. Ce que propose Emmanuel Macron, c’est donc un écrasement des différences en bas de l’échelle sociale et une explosion des inégalités avec le haut de cette échelle sociale. Car, alors que l’on se livre à ce tour de passe-passe budgétaire sordide, l’argent public va couler à flot pour les plus aisés et les entreprises.

La suppression de l’ISF continue d’augmenter de quelque 16 milliards d’euros sur le quinquennat les ressources des ultra-riches qui peuvent aussi désormais compter sur le « bouclier fiscal » du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital (environ 9 milliards d’euros sur le quinquennat). De plus, 38 milliards d’euros, soit près de vingt fois le montant prévu par le plan pauvreté, vont être versés au titre du CICE et des baisses de cotisations l’an prochain aux entreprises, sans demande de compensation et alors que le taux de l’impôt sur les sociétés continue de baisser.

EMMANUEL MACRON, PLUS QUE JAMAIS PRESIDENT DES RICHES (Médiapart - 13 septembre 2018 - Romaric Godin)

Impact des mesures socio-fiscales du budget à l’horizon fin 2019 (par rapport à 2017). © OFCE

La politique économique et budgétaire d’Emmanuel Macron est donc plus que jamais une machine à creuser les inégalités. L'OFCE avait largement documenté les effets néfastes de cette politique sur les inégalités, même après prise en compte des mesures tardives en faveur des ménages : fin 2019, les revenus des plus riches augmentaient de 2,2 % par rapport à 2017 et ceux des plus pauvres de 0,2 % (avant l'effet du quasi-gel des transferts sociaux). Les ordonnances sur le code du travail, et les réformes qui les ont précédées, font pression sur les salariés pour qu’ils acceptent des rémunérations plus faibles. Selon les chiffres du ministère du travail, rien que pour les entreprises de moins de 50 salariés, 946 accords ont été signés, et pour 90 % d'entre eux afin d'obtenir des augmentations de temps de travail ou des réductions salariales. Trente-sept ruptures conventionnelles de contrats de travail ont été validées et 17 autres sont en cours de validation pour un nombre de salariés que le ministère refuse de communiquer. Tout cela pèse sur le niveau et les conditions de vie des salariés. Et on en a vu les effets directs macroéconomiques avec une croissance des salaires du privé de 1,4 % au premier semestre, soit une baisse réelle. Parallèlement, les CDD de moins d’un mois se multiplient.

 

Alimenter le marché avant tout

Sortir de la grande pauvreté pour aller vers la précarité et la pauvreté relative en travaillant : voilà le choix que propose Emmanuel Macron. On dira que « c’est mieux que rien » et cela le serait effectivement si le choix était entre cette politique et rien. Mais ce n’est pas le cas, puisque l’action redistributive de l’État est fortement freinée et que, par ailleurs, la politique de transferts massifs aux entreprises peine à créer suffisamment d'emplois. Car pour s'insérer par l'emploi, il faut qu'il y ait de l'emploi. Or, malgré les flots d'argent se dirigeant vers les entreprises et la suppression de l'ISF au 1er janvier, les créations d'emplois ont fortement ralenti au deuxième trimestre 2018.

Mais le chef de l’État ne change rien. Il a redit qu’il « tenait » à « cette image de premier de cordée ». « Tirer sur la corde pour qu’il aille moins vite n’aidera pas les autres qui sont en bas », a-t-il martelé. Étrange image : en allant plus vite alors que ceux qui sont en bas n’avancent pas, le premier de cordée risque d’emporter l’ensemble des grimpeurs. Et dans ce cas, il faut impérativement le ralentir ! Mais Emmanuel Macron voit les choses autrement, il pense que, plus vif, le premier de cordée est capable, tout seul, d’aller vite et ainsi de faire monter tout le monde. Toute la pensée sociale du président de la République est ici résumée : l’impôt redistributif est un fardeau qui empêche la création de richesses, laquelle ruisselle ensuite vers le bas de l’échelle sociale. Et toute l’erreur du chef de l’État est précisément dans l’erreur de cette image à laquelle il tient tant.

Évolution des inégalités dans plusieurs pays développés. © Our World In Data

Car tout tend à prouver qu’effectivement, une politique de croissance fondée sur l’affaiblissement de la redistribution est hautement dangereuse. Le cas suédois, tant prisé par ailleurs par l’hôte de l’Élysée, en est un exemple frappant : la politique de la droite menée en 2006 à coup de baisses d’impôts sur les hauts revenus et de flat tax sur les revenus du capital a mené à une explosion des inégalités qui inquiète jusqu’à l’OCDE et se reflète dans la situation politique de ce pays.

Si Emmanuel Macron persévère malgré tout dans cette voie, ce ne peut être qu’en raison de sa structure idéologique. Celui qui aimait tant à se présenter comme pragmatique refuse de constater ce fait avéré depuis trente ans : l’enrichissement global d’une société qui s’accompagne d’un creusement des inégalités est nuisible non seulement à l’économie mais aussi à la cohésion sociale. Il pense, lui, que cet enrichissement profitera in fine à tous dès lors que chacun souhaite participer à l’activité, autrement dit veut travailler.

En conséquence, c’est moins la pauvreté en tant que telle qui intéresse Emmanuel Macron que la création d’un socle minimum permettant à chacun d’être en capacité de participer au marché du travail. Tout devient alors cohérent : on peut prétendre lutter contre la grande pauvreté et faire les poches des retraités et des bénéficiaires d’allocations sociales. Ce qui compte, c’est que les pauvres puissent entrer sur le marché. Lequel, en tant que révélateur de la vérité, fera de ces gens ce qu’ils méritent d’être : travailleur pauvre ou « Mozart » (pour reprendre l’image du président de la République). L’assignation de destin est remplacée par la libre concurrence sur le marché du travail.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : au-delà de quelques rares « Mozart » qu’on pourra toujours arborer comme des trophées, l’essentiel des gens qui sortiront de la grande pauvreté demeureront dans la pauvreté relative où ils rejoindront des gens un peu plus pauvres qu’avant. Et ils travailleront pour des gens de plus en plus riches. Car ainsi va la concurrence libre et non faussée, et partout où cette politique a été mise en place, la pauvreté a progressé. Et cela sera d'autant plus vrai qu'en France, par la prime d'activité et la baisse des cotisations centrées sur le Smic, on entretient des créations d'emplois centrées sur les bas salaires. Et si, de plus, il n'y a pas assez de création d'emplois, il ne restera plus qu'à partager la misère. Pour réduire vraiment les inégalités, il faut plus de redistribution entre les classes sociales, pas moins comme le propose le gouvernement.

Le projet présidentiel est donc pleinement cohérent, c’est un projet profondément néolibéral au sens strict du terme. L’État est là pour permettre un fonctionnement parfait du marché : d’un côté, il augmente les profits des entreprises et les revenus des plus riches pour provoquer des embauches, de l’autre, il crée la participation de tous au marché du travail. D’où cette priorité donnée à la lutte contre la très grande pauvreté pour permettre à ces personnes de revenir vers le marché du travail. La pensée néolibérale est un libéralisme de règles où s’applique souvent la contrainte afin de permettre au marché de jouer son rôle. Et c’est bien là la vision présidentielle qui a accompagné son (faux) « revenu universel d’activité » d’une obligation de travail ou d’activité. Autrement dit, désormais le pauvre ne sera digne d’être secouru que s’il accepte de participer au marché du travail.

En cela, Emmanuel Macron reprend la vieille idée du « workfare » popularisée par Richard Nixon en août 1969 et qui conditionne au travail les allocations sociales. C’est aussi le but de la revalorisation de la prime d’activité : récompenser ceux qui ont trouvé leur place dans le marché. Comme l’ancien président étasunien, Emmanuel Macron pourrait dire : « ce dont nous avons besoin, c’est moins de welfare et plus de workfare », autrement dit moins d’allocations sociales inconditionnelles et plus d’allocations soumises à l’activité. Cette vision s’appuie sur une individualisation des responsabilités. Nul n’est dans la grande pauvreté par hasard, c’est forcément le fruit d’un refus du travail ou d’une inadaptation au marché. L’État se doit, avec autorité s’il le faut, de corriger ce qui est perçu comme une entrave au bon fonctionnement du marché.

Lentement mais sûrement, Emmanuel Macron continue donc de miner de l’intérieur le système social français pour intégrer le pays dans l’ordre néolibéral. Son adversaire, c’est plus que jamais la solidarité nationale et la redistribution. Ces deux piliers qui ont pourtant permis à la France de résister à la crise et de maintenir un niveau d’inégalités qui, partout, se creusait. Là encore, l'OFCE a récemment bien documenté cette réalité. La lutte contre la pauvreté n’est donc pour Emmanuel Macron qu’un prétexte au déploiement de son offensive idéologique contre l’État social français. Plus que jamais, ce président reste celui des riches et des inégalités.

 

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 19:24
Salah Hamouri pourrait être libéré dimanche 30 septembre

l'Humanité : "La détention administrative, sans charge, de Salah Hamouri, avocat franco-palestinien incarcéré depuis plus d’un an, doit se terminer ce dimanche. Plus de 400 jours de prison infligés à un homme sans qu’aucune charge lui ait été signifiée ! La marque d’une démocratie ? C’est pourtant ce qui arrive à Salah Hamouri, avocat franco-palestinien. Il a été arrêté le 23 août 2017, à son domicile de Jérusalem-Est. Le dispositif habituel de Jeep et de soldats. La démonstration de force d’une armée d’occupation. Emmené et menotté au petit matin, Salah Hamouri est en prison depuis lors. Il est en détention administrative."

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 19:21
La Gauche et l'immigration: la réponse du PCF à Médiapart

La Gauche et l'immigration : la réponse du PCF au questionnaire de Médiapart

Mediapart a publié le 26 septembre un long article : « Immigration: six partis de gauche répondent à nos quinze questions clés » dont chacun-e peut prend connaissance sur son site.
Pour faciliter la lecture des réponses apportées par le Parti communiste français (sous la plume de Cécile Dumas et Lydia Samarbakhsh, membres du Comité exécutif national du PCF), nous avons choisi de le publier ici d'un seul tenant avec le mot introductif qui nous a été adressé lors de l'envoi des questions.


MEDIAPART – La gauche et l'immigration


Après les épisodes de l’Aquarius, et alors que l’extrême droite progresse partout en Europe, la question migratoire – qui recouvre à la fois la question de l’asile, et l’immigration structurelle – est aujourd’hui au cœur des débats nationaux et européens. Des partis de gauche, en France et en Europe, estiment que leur doctrine sur le sujet doit être repensée.
A quelques mois des élections européennes, où la question migratoire pourrait se retrouver au cœur des débats, Mediapart a souhaité interroger les organisations de gauche et écologistes françaises afin de mieux connaître leurs prises de position sur ce sujet.
Nous soumettons ce « questionnaire » à toutes les organisations politiques habituellement classées à gauche qui prévoient de présenter une liste aux élections européennes de 2019 : NPA, EELV, France insoumise, PS, PCF, et Génération.s.
Merci de répondre aussi précisément que possible.
Vos réponses à ce « questionnaire » seront utilisées dans un article de synthèse, et seront également publiées telles quelles sur le site de Mediapart.



1°) Diriez-vous que l’Europe fait face à une « crise » migratoire ? Sinon, comment qualifiez-vous les phénomènes migratoires actuels ? Considérez-vous qu’ils sont inédits par leur ampleur ? Par leur nature ?
Le terme « crise migratoire » a envahi la scène politique et médiatique européenne. La réalité n’est pas vraiment celle d’une crise migratoire mais bien de celle d’une crise de l’accueil des réfugiés en Europe. 
Il y a un travail d’information de la réalité à mener, certains journalistes d’ailleurs se sont organisés pour le mener, et de notre côté, il est indispensable de rappeler en permanence que les migrations sont constitutives de l’humanité et une réalité qui existe depuis des siècles.
Aujourd’hui, le nombre de femmes et d’hommes concernés n’a jamais été aussi important du fait du développement des insécurités sur tous les plans, et c’est un enjeu international, européen. Mais ce n’est pas en Europe qu’afflue l’essentiel des migrants, déplacés ou réfugiés, auquel les peuples peuvent ensemble donner des solutions humaines.
Vérité des chiffres : Non, il n’y a pas d’ « invasion » de l’Europe. Il y a actuellement 258 millions de migrants internationaux dans le monde, soit 3,3% de la population mondiale contre 2,9% en 1990 et 5% en 1900, époque où c’étaient surtout des Européens fuyant persécutions et misère.
En revanche, aujourd’hui, les migrations concernent quasiment tous les pays du monde qui sont à la fois pays de départ, d’arrivée et de transit. Les migrations se sont mondialisées.
On voit que les mouvements de population ne se sont amplifiés autant que certaines communications du gouvernement français voudraient nous le faire croire.
La France est un pays avec un solde migratoire quasiment nul.
D’ailleurs, 105 millions de migrants sont originaires d’Asie, 60 millions d’Europe et 36 millions d’Afrique. Au prorata de la population respective des continents, ce sont toujours les Européens qui migrent le plus.
Le mot « crise » a donc bien dans la bouche de l’extrême droite ou de dirigeants européens et français une fonction politique qui traduit la volonté des gouvernements des pays européens de durcir les politiques migratoires en particulier vis-à-vis des pays du sud.

2°) Avec le recul, quel regard portez-vous sur les décisions prises par Angela Merkel en 2015, au pic de l’arrivée des réfugiés qui fuyaient la guerre en Syrie ? Et sur l’attitude du président François Hollande ? 
S’il y a un pays qui ne peut pas donner de leçon aux pays membres de l’UE, c’est bien la France. L’Allemagne, elle, a montré plus de solidarité que notre pays et pas simplement pour des raisons de besoin de main d’œuvre mais parce qu'Angela Merkel a dû prendre en compte le mouvement citoyen de solidarité avec les migrants déjà à l’œuvre. 
Les conditions d’accueil sont plus dignes en Allemagne qu’en France mais Angela Merkel s’est laissée ensuite « mettre sous pression » par les conservateurs allemands et a commencé à vouloir marchander sur ce terrain avec la Turquie d’Erdogan ou lors du Sommet de La Valette en appuyant l’idée d’externalisation de la gestion des flux migratoires portée par E. Macron alors qu’au sein même de l’UE, c’est la ligne la plus xénophobe qui pour l’heure donne le tempo.
La France s’était alors engagée à accueillir un peu plus de 19 000 demandeurs d’asile et en septembre 2017, seulement 4278 étaient accueillis en France.
Nous restons persuadés que si la solidarité européenne avait été organisée et, en particulier, vis-à-vis de la Grèce et de l’Italie, nous n’en serions pas à ce stade de montée de l’extrême-droite. La France a une responsabilité importante dans cette absence de solidarité que ne masqueront jamais tout à fait les coups de communication d’Emmanuel Macron quand il accueille 60 migrants de l’Aquarius.
C’est le déshonneur de la France, qui est historiquement un pays d’émigration et d’immigration, d’avoir abandonné sa politique d’accueil pour des raisons électoralistes.

3°) Êtes vous favorable à la liberté de circulation ? A la liberté d’installation ? Etes-favorable à la suppression des frontières ?
Le droit à la circulation est sans conteste pour nous un des droits humains universels fondamentaux. Pour l’heure, seul un tiers de la population mondiale a réellement accès.
Nous sommes favorables au droit à la circulation avec des voies légales — et sécurisées— de migrations, seule façon effective de démanteler les trafics d’êtres humains.
Il est urgent de réorienter la politique migratoire européenne en conformité avec la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui énonce que « toute personne a le droit de circuler librement, de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat, toute personne a le droit de quitter tout pays y compris le sien, et de revenir dans son pays ».
Nous n’acceptons pas une conception de la mondialisation qui ne donne la liberté de circulation qu’aux capitaux et aux marchandises et pas aux êtres humains, surtout quand il s’agit de vie ou de mort !

4°) La distinction entre « réfugiés » d’un côté, migrants « économiques » de l’autre, vous semble-t-elle pertinente ? Sinon, pourquoi ?
Pour les communistes, il n’est en aucun cas question de souscrire à ce tri sélectif entre « bons réfugiés » et « mauvais migrants économiques ».
Qu’elle soit réfugiée, c’est-à-dire contrainte de solliciter une protection internationale, qu’elle soit demandeuse d’asile, qu’elle soit migrante pour aller chercher un travail, rejoindre sa famille ou à cause de catastrophes naturelles, chacune de ces personnes se déplace d’une manière plus ou moins contrainte et doit avoir le droit de choisir une autre vie et d’être protégée dans le respect de ses droits élémentaires. 
La prétendue hiérarchie entre « bon ou mauvais » migrants sert aux calculs les plus froids et cyniques.

5°) Diriez-vous-vous que l’immigration a pesé défavorablement sur les conditions de travail et les salaires ces dix dernières années en France ? Si oui, en déduisez-vous qu’il faudrait prendre de nouvelles mesures pour limiter ou réduire le nombre d’entrées (hors réfugiés) sur le territoire?
Toutes les études sérieuses ont mis en évidence que la France a bénéficié de l’apport migratoire quelqu’en soit sa provenance d’origine, et aussi bien sur le plan économique que culturel alors même que plusieurs générations d’immigrés, et leurs enfants, ont été maltraités et humiliés dans notre pays par les autorités. L’immigration ne sera pas l’éternel bouc émissaire de la politique du patronat sur les conditions de travail et les salaires.
Ce sont bien les politiques d’austérité et les exigences de profit des patrons qui ont pesé défavorablement sur les conditions de travail. 
Ce sont bien les politiques d’austérité et les exigences de profit des patrons qui organisent le dumping social et la concurrence entre les individus.
Ne nous trompons pas de cibles, c'est bien ensemble que les luttes doivent se mener pour de nouveaux progrès sociaux !

6°) Faut-il renforcer Frontex et les contrôles aux frontières de l’Union européenne ?
C’est ce qui est fait actuellement et cela depuis des années pour quel résultat ? Les migrants ne sont pas des criminels mais les passeurs et réseaux, si. C’est à la sécurisation des voies de migrations, et au démantèlement des réseaux de trafiquants d’êtres humains que Frontex doit servir. L’Union européenne, pressée par ses Etats-membres les plus réactionnaires a pour obsession de « sécuriser » ses frontières par des murs physiques ou électroniques. Ces politiques ne servent à rien et ont un coût faramineux alors que tout manque dans l’aide humanitaire et dans les services administratifs d’accueil et d’orientation. Nous proposons de réorienter les missions de Frontex vers le sauvetage et l’ouverture de voies légales sans conditions.

7°) Par ailleurs, diriez-vous qu’il faut réduire le nombre de « sans papiers » en France en procédant à davantage de régularisations (30 000 par an ces dernières années sur la base d’une circulaire de Manuel Valls datant de 2012) ? Si oui, quels critères faut-il revoir ? Faut-il régulariser l’ensemble des travailleurs « sans papiers » ?
La France héberge dans des conditions souvent déplorables des dizaines de milliers de personnes sans droits, des migrants que l’on appelle souvent des « ni, ni », c’est-à-dire déboutées du droit d’asile et impossible à expulser. Cette situation administrative est ahurissante. 
C’est cette logique sécuritaire qui crée les « sans papiers », alors, oui il faut une grande politique de régularisation fondée sur le plein respect des droits : regroupement familial, droit au travail, droit à la santé, droit à l’éducation…

8°) Faut-il augmenter l’aide au développement dans les pays d’émigration ? Avec pour objectif principal de limiter les départs ? Cette aide doit-elle être conditionnée ? Si oui, à quelles contreparties ?
Depuis des années, les Nations unies demandent à chaque pays développé de consacrer au moins 0,7% de son produit national brut à l’aide publique au développement des pays du sud. En 2016, la France n’en était qu’à 0,38% soit 8,6 milliards d’euros et le 1er ministre a fixé comme 
objectif en 2022 de 0,55%.
Il est grand temps que la France réponde aux exigences des Nations unies, et vise un objectif plus ambitieux en la matière, en volume de fonds, en personnels et dispositifs mais aussi en mettant un terme à la « sous traitance » aux ONG, voire à la quasi privatisation de son action. L’État doit jouer pleinement son rôle et ce, aux côtés des collectivités territoriales qui jouent un rôle décisif mais de plus en plus seules sur ce terrain.
En revanche, il est aussi indispensable de ne pas conditionner les aides au développement à des conditions de réadmission et la plupart des études le disent les départs d’un pays ne sont pas liés au développement des pays en question. 
L’arrêt des ventes d’armes seraient certainement plus efficaces à la paix et à la fin de mouvements de population contraints par la guerre.
Il faut aussi rappeler que l’apport personnel des migrants à leur pays d’origine est 3 fois plus important que l’aide publique au développement.
En 2017, les migrants ont renvoyé 596 milliards de dollars dans leur pays d’origine et 450 milliards de dollars vers les pays en voie de développement.

9°) Faut-il élargir le droit d’asile ?  En particulier,  êtes-vous favorables à la création de nouveaux droits liés aux violences subies non plus seulement dans les pays d’origine, mais durant le parcours migratoire (comme en Libye) ?
Oui, il faut surtout agir pour un droit d’asile européen, débat que refusent les pays membres depuis 10 ans. Quelle que soit la nature des violences, il faut ouvrir la possibilité du droit d’asile, cela fait partie de l’ouverture de voies légales de migrations et c’est la seule solution de lutter contre le trafic d’êtres humains et les passeurs mafieux.

10°) Comment mieux garantir aux migrants accessibles au statut de réfugié la possibilité de faire valoir leurs droits en France et en Europe ?
Tout d’abord avec une politique de solidarité européenne et ne pas laisser l’Italie et la Grèce seuls.
Nous devons garantir les droits des personnes, assurer la diversité de traducteurs pour permettre une meilleure compréhension des démarches administratives et laisser le temps nécessaire au demandeur d’asile pour choisir sa vie.
Pour cela, nous proposons d’élaborer une loi de programmation de 50 000 places d’hébergement en CADA (Centre d’accueil de Demandeurs d’Asile) avec la nécessité de réduire l’accueil hôtelier. 
Ce plan de programmation doit être réfléchi avec les territoires pour favoriser le lien social avec l’environnement et l’accès aux services publics.
Il faut aussi permettre aux départements d’avoir les moyens d’accueillir les mineurs isolés comme la loi l’oblige. Tout mineur devrait être accompagné par un travailleur social de l’ASE pour élaborer avec lui un parcours scolaire ou professionnel. Les financements doivent être croisés entre le département, l’État et l’Europe et permettre le respect des conventions des droits de l’enfant.

11°) Faut-il autoriser les bateaux humanitaires de secours en Méditerranée (tel l’Aquarius) à débarquer leurs rescapés en France ?
Bien sûr, les ports français sur la Méditerranée ne manquent pas. Le parti communiste français mène d’ailleurs une campagne #OuvronsNosPorts pour encourager cet accueil.

12°) Faut-il créer des plateformes de débarquement sur la rive Sud de la Méditerranée où seraient examinées les demandes (comme envisagé par les dirigeants de l’UE au conseil européen de juin dernier) ? D’une manière générale, faut-il favoriser le traitement des demandes d’asile depuis les pays tiers (Niger, etc) pour éviter que les migrants non-accessibles au statut de réfugié se risquent en Libye, en Méditerranée, etc ? Seriez-vous favorable au traitement des demandes d’asile dans les pays de départ ? 
Non, il faut respecter les droits internationaux, le droit d’asile donne la possibilité de choisir son pays d’arrivée. La politique de l’Union européenne et des États membres d’externaliser sa politique migratoire n’a pas de sens.
Sous contrôle du HCR et de l’OIM, il faut construire des corridors humanitaires et permettre des visas humanitaires à celles et ceux qui fuient les zones de conflit.
Il faut actuellement permettre le rapatriement des 8 000 personnes abandonnées à Tripoli en Libye et qui traversent un martyre.

13°) Pour les demandeurs d’asile arrivant dans l’Union européenne, faut-il des quotas de répartition contraignant entre pays européens ? Si oui, quels leviers utiliser pour convaincre ou contraindre les Etats européens réfractaires (Hongrie, etc.) ?
On ne peut pas être dans l’Union européenne sans montrer de la solidarité et de la coopération entre pays membres. Mais il faut aussi respecter le choix des demandeurs et en particulier le lien avec le pays demandé et faire sauter sauter le verrou du 1er pays entrant (accord dits de Dublin).
Nous proposons de couper les fonds européens aux pays réfractaires de l’Union européenne.

14°) Etes-vous favorable à une réforme du règlement européen de Dublin qui prévoit que le pays responsable d’une demande d’asile est celui où les migrants ont été enregistrés en premier (le plus souvent la Grèce, l’Italie, l’Espagne) et qui permet à la France d’y transférer des demandeurs d’asile pourtant entrés sur son territoire ? Si oui, quelle réforme ? En attendant, faut-il que la France suspende toutes les procédures de renvoi des « dublinés » dans leur pays d’entrée ?
Tout d’abord, il faut souligner que la France n’a aucune obligation de renvoi, et refuser le « dublinage » serait un acte de solidarité de notre pays qui est un des pays qui acceptent le moins de demandes d’asile.
Nous souhaitons l’abrogation des règlements dits « de Dublin ». Une des propositions que nous soumettons est que les pays de 1ère entrée dans l’UE ne soient plus automatiquement responsables des demandeurs d’asile. 
A leur arrivée, un dispositif d’accueil doit les prendre en charge, se renseigner sur l’existence de liens familiaux, professionnels ou scolaires dans les Etats membres.
L’existence de tels liens doit permettre l’installation des personnes dans le pays concerné sinon, le demandeur d’asile sera automatiquement confié à un Etat membre sur la base d’une clé de répartition définie par l’UE.

15°) Etes-vous favorable à des charters européens pour expulser les déboutés du droit d’asile (comme le promeut le directeur de Frontex) ?
Non, et c’est malheureusement ce qui est fait de plus en plus par Frontex. Il faut rappeler que la plupart des déboutés d’asile sont inexpulsables selon le droit.
Nous refusons la notion de « pays sûr » qui est défini par les États membres sur des critères bien obscurs et qui qualifie aujourd’hui des dictatures. Comment expliquer que l’Allemagne définisse l’Afghanistan comme un « pays sûr » ! Aucune politique d’État ne doit « fabriquer » de personnes « sans droit ».

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 05:52

 

Emmanuel Macron fait payer aux ménages le prix de « l’accélération » de sa politique pro-patronale. L’annonce de baisses d’impôts en série en masque les effets, à l’instar du maquillage comptable à l’œuvre concernant la bascule des cotisations sociales sur la CSG.

La tourmente qu’affronte l’exécutif en cette rentrée n’est pas seulement politique. Son origine se trouve dans les choix économiques et sociaux du gouvernement, que poursuit et aggrave le projet de loi de finances pour 2019 présenté hier en Conseil des ministres. En chute libre dans les sondages d’opinion, le président de la République fait face à une équation budgétaire périlleuse. Celle-ci peut être résumée ainsi : tandis que la multitude de cadeaux fiscaux et sociaux faits au capital pèse de tout son poids sur les comptes publics, cette politique ne produit pas de résultats tangibles en termes de création d’emplois, de relance de l’activité et donc de rentrées fiscales. Face à une croissance économique plus terne que prévu, avec 1,7 % attendu l’an prochain tout comme cette année, et alors qu’il a promis de contenir coûte que coûte le déficit public de la France au-dessous des 3 % du PIB, Emmanuel Macron décide pourtant de « l’accélération » de ses choix, quitte à en faire payer le prix aux ménages déjà fragilisés par sa politique, une série de baisses d’impôts servant à masquer l’amère pilule.

C’est en effet l’antienne répétée partout par le gouvernement depuis hier matin : le gouvernement va « rendre » 6 milliards d’euros aux ménages l’année prochaine, notamment par « la suppression de la deuxième tranche de la taxe d’habitation pour 80 % des contribuables, le plein effet de la réduction des cotisations chômage et maladie » pour les salariés du privé, et « l’exonération des heures supplémentaires de cotisations sociales à compter de septembre 2019 ».

LES MÉNAGES VONT DEVOIR PAYER 1 MILLIARD D’EUROS

L’addition recèle toutefois des surprises, comme ce joli tour de passe-passe concernant la bascule des cotisations sur la CSG, qui devrait rapporter 4,1 milliards d’euros en 2019 aux ménages, selon Bercy… après avoir alourdi leur facture de 4,4 milliards d’euros cette année, précise le même document. Étrange pour une mesure déjà annoncée et appliquée en 2018, et qui devait officiellement soutenir le pouvoir d’achat. L’explication que le ministère a fournie à l’Humanité, la voici : en 2018, la hausse de la CSG s’est appliquée dès le 1er janvier, alors que la baisse des cotisations maladie et chômage a été étalée dans le temps, la deuxième étape devant intervenir le 1er octobre. Bilan de l’opération : 4,4 milliards de surplus de CSG ont été encaissés par l’État sur le dos des contribuables. Cette « arnaque » à la CSG n’étant pas reconduite l’an prochain, la « baisse d’impôt » de 4,1 milliards d’euros promise aux Français en 2019 va simplement compenser le trop- perçu par l’Etat cette année.

« L’exécutif embellit son cadeau aux ménages », ironisait hier le Figaro. En fait de cadeau, celui-ci devrait même se transformer en ponction, si on va au bout du calcul esquissé par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Pour cet organisme rattaché à Sciences-Po, il faut en effet tout compter : les mesures fiscales, mais aussi les mesures sociales (- 2,3 milliards, une fois intégrée la désindexation des retraites, de l’APL et des allocations familiales sur l’inflation). Bilan global : les ménages « gagneraient » 3,5 milliards l’an prochain, selon l’OFCE… qui intègre la « restitution » du produit de la bascule cotisations-CSG, chiffré ici à 4,5 milliards d’euros. Abstraction faite de ce « cadeau », les ménages en seront plutôt pour un milliard d’euros à leurs frais.

LES ENTREPRISES VONT ÉCONOMISER 18 MILLIARDS D’EUROS

C’est sans doute le prix à payer d’une politique autrement plus généreuse pour le capital. Mesure la plus emblématique, la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) en baisse « pérenne » de cotisations devrait quasiment doubler le coût déjà faramineux du dispositif, avec 20,4 milliards d’euros supplémentaires. Le budget pour 2019 devra en effet supporter à la fois la charge du crédit d’impôt pour 2018, exigible par les entreprises avec une année de décalage au minimum, et celle de la baisse de cotisations qui, elle, sera d’application immédiate pour les employeurs.

Le surcoût exceptionnel ainsi généré est si élevé qu’il fera plonger le déficit public de 1,9 % du PIB prévu hors cette mesure en 2019, à 2,8 % une fois celle-ci comptabilisée (contre 2,4 % cette année). Cerise sur le gâteau, le taux marginal de l’impôt sur les sociétés devrait baisser de 33,3 % à 31 % l’an prochain, faisant économiser 2,4 milliards au passage aux entreprises. Au total, selon la présentation qu’en fait le gouvernement, les employeurs devraient s’en sortir gagnants de 18,8 milliards d’euros, si on tient compte des taxes diverses.

Au moins pourrait-on s’attendre à un effet positif de ce supplément de trésorerie pour les entreprises. Malheureusement, le doublement de sommes du Cice ne se retrouvera pas dans la croissance réelle des richesses produites, selon un rapport de la direction du Trésor cité par les Échos : « La mesure aura des effets globalement neutres sur l’activité et l’emploi », estime l’étude, laquelle ne se prononce pas non plus sur « l’effet qu’elle pourrait avoir sur l’investissement, les hausses de salaires, le désendettement des entreprises ou alors les dividendes », précise le journal. Bref, ces 40 milliards d’euros, qui permettraient de payer près de 2,5 millions d’emplois au Smic, « charges comprises », pendant un an, n’auront quasiment aucun impact sur l’emploi… Tout ça pour ça.

Les apl une fois de plus dans le viseur du gouvernement

Après l’annonce durant l’été 2017 d’une baisse générale de 5 euros des allocations logement, le gouvernement continue de s’attaquer aux APL pour renflouer les caisses. Le projet de loi de finances 2019 inscrit ainsi l’objectif d’une baisse de près de 1 milliard d’euros sur le versement de cette aide dont bénéficient près de 3 millions de foyers. La réforme des APL, qui devait intervenir initialement au premier janvier prochain avant d’être décalée au printemps prochain pour des raisons « techniques », prévoit d’instaurer la contemporanéité du versement. En clair, de calculer son montant sur les revenus en cours des bénéficiaires et non sur ceux de deux ans antérieurs comme c’est le cas actuellement. Une méthode que l’exécutif entend étendre à l’ensemble des prestations sociales.

Sébastien Crépel

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 05:48

ECRIVEZ et FAITES ECRIRE à https://www.diplomatie.gouv.fr/.../mentions-lega.../nous-ecrire/

Et en en envoyant copie de votre message à votre député-e "Monsieur le ministre, Je vous demande instamment d'intervenir et peser de toute votre autorité pour que l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri, en détention administrative depuis plus de 400 jours, soit remis en liberté ce 30 septembre, qu'il puisse regagner son domicile à Jérusalem et recouvrer sa complète liberté de circulation et de déplacement en Israël, en Palestine comme en France et dans le monde."

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 05:46
Arme nucléaire: Une hypocrisie insupportable: Paul Quilès, Ouest-France, vendredi 28 septembre

Pour Paul Quilès, ancien ministre de la défense, l'arme atomique est une religion, dont les préceptes sont fondés sur des mensonges. Rencontre avec un "défroqué" du nucléaire.

 

En 1985 et 1986, alors ministre de la Défense, sous Mitterrand, vous étiez au cœur de la question de l'armement nucléaire. Quel était votre avis à ce moment là?

 Je n'avais pas de vraie connaissance sur le sujet. Vous savez, ce n'est pas un critère qui rentre en compte lorsqu'on vous choisit en tant que ministre. Il faut des gens loyaux, intelligents et qui apprennent vite. Je récitais ma leçon, comme les autres avant et après moi. J'ai véritablement pris conscience que la logique de "dissuasion" était une folie après la chute du mur de Berlin. On comptabilisait à ce moment-là environ 70 000 armes nucléaires dans le monde, résultat d'une course à l'armement devenue folle. Ces bombes auraient pu détruire la planète dix fois. 

Vous considérez l'arme nucléaire comme une "religion" fondée sur le mensonge.  

Dans une religion, on peut discuter de tout, sauf de l'existence de Dieu. La même logique s'applique à l'arme nucléaire: ne jamais remettre en cause sa nécessité absolue. Pour cela, on applique les trois techniques du mensonge: la déformation de la vérité, la dissimulation de faits avérés et la sous-estimation volontaire de certaines données. 

C'est à dire?  

On nous dit que la bombe assure notre sécurité, qu'on m'explique comment elle nous protège du terrorisme? Qu'elle garantit notre indépendance, mais la France fait partie de l'Otan, il est ridicule de penser qu'elle peut prendre une telle décision seule. Enfin, la "stratégie de dissuasion" nucléaire est une blague: l'objectif est d'impressionner, de faire peur, sans avoir à employer la bombe, pour en appeler à la raison de l'ennemi. Or Reagan le disait très bien: "Vous n'avez que six minutes pour décider comment réagir à un signal sur un écran radar et s'il faut ou non déclencher l'apocalypse! Qui pourrait faire preuve de raison dans un moment pareil?

Quelle est la situation de l'armement nucléaire aujourd'hui en France?  

Nous nous situons dans une nouvelle course à l'armement. La nouvelle loi de programmation militaire prévoit de doubler le budget consacré à l'arme nucléaire, passant de 3,5 à 6 milliards d'euros annuels. La France bafoue donc le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires signé en 1968, qui l'engage sur la voie d'un désarmement progressif. Sans compter que l'arme atomique appartient déjà au passé: aujourd'hui, le vrai danger est la cyber-menace. Le piratage, contrairement à l'arme nucléaire, n'est pas traçable. Il peut prendre pour cible des centrales nucléaires, voire des sous-marins à l'armement atomique. Nous ne sommes plus dans la fiction. 

Où en est le débat sur le sujet? 

Il est totalement étouffé en France. La séance parlementaire du 23 mai dernier est révélatrice: lorsqu'une sénatrice a proposé un débat national sur la question, le rapporteur lui a répondu: "Il ne me paraît pas judicieux de le relancer, au risque de mettre à nouveau en lumière toutes les oppositions sur le sujet et de donner la parole à tous ceux qui souhaitent se manifester contre le nucléaire d'une manière générale". Il y a une omerta sur ce sujet qu'il faut à tout prix briser aujourd'hui. 

Propos recueillis par Damien Le Délézir, Ouest-France, vendredi 28 septembre  

Arme nucléaire: Une hypocrisie insupportable: Paul Quilès, Ouest-France, vendredi 28 septembre
   Samedi 29 septembre, de 9h30 à 17h, Maison des Syndicats à Brest  Désarmement nucléaire: une nécessité pour la paix   
           
            9h30 – 10h  ouverture du colloque par Mouvement de la Paix-Finistère et UEP
                        Inscription du colloque dans la démarche engagée par le CIAN29
 
            10h -12h  deux interventions de 20-30 minutes environ, chacune suivie d'un débat avec la salle
                        Bernard Ravenel (pour la paix, urgence d'une zone dénucléarisée au Moyen Orient)
                        Jacques Fath (Quelle approche pour un désarmement généralisé?)
 
            12h30 – 14h30  Repas en commun sur place, tables de presse et dédicace d'ouvrages
 
            14h30 -15h30 intervention - débat
                        Paul Quilès (déconstruire les mythes autour de la bombe)
 
            15h30 – 17h  Table ronde des participants au CIAN29
                                 (quelles actions entreprendre pour gagner la bataille de l'opinion    ?)
 
 
            17h – 17h30 Cloture du colloque
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