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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 06:57

 

Maître de conférences en immunologie à l’université de Bourgogne, Françoise Salvadori a récemment travaillé en partenariat avec l’historien des sciences Laurent-Henri Vignaud sur un fonds d’archives inédites concernant les travaux de Pasteur. En a résulté Antivax. La résistance aux vaccins du xviiie siècle à nos joursi, un livre très riche qui a valu à ses auteurs le pris Villemont de l’Académie des sciences.

Entretien réalisé par Thomas Liechti*

 

Progressistes : Vous avez sorti en 2019, avant qu’on puisse encore envisager la pandémie de covid-19 en France et avant les polémiques actuelles, un livre apportant un regard historique sur les mouvements de résistances aux vaccins et leurs arguments au cours du temps, qu’est-ce qui a motivé l’écriture de ce livre ?

Françoise Salvadori : En 2015, mon collègue et coauteur, l’historien Laurent-Henri Vignaud, et moi-même avions travaillé sur des archives Pasteur non encore explorées, conservées dans sa maison familiale d’Arbois, dans le Jura ; il s’agissait de cahiers de traduction de publications de ses contemporains, souvent en compétition avec lui, et annotés par Pasteur lui-même. Nous avons été assez surpris d’y voir de nombreuses critiques sur sa nouvelle méthode de vaccination, notamment quand il l’a appliquée à la rage humaine… Mme Pasteur découpait aussi dans la presse les articles critiquant son mari, qui était en particulier la cible des ligues antivivisection.

Comme des doutes sur la vaccination commençaient à s’exprimer de plus en plus, en France comme ailleurs, en particulier depuis l’épisode de la grippe H1N1 en 2008-2009, de plus en plus largement relayés par les réseaux sociaux, l’idée nous est venue d’aller à la recherche des origines de ces opinions et d’étudier leur évolution, leurs différentes formes selon les lieux et les époques. Même si des travaux existaient, en particulier sur les oppositions à l’inoculation variolique au xviiie siècle, cette histoire de l’antivaccinisme n’avait pas fait l’objet d’un livre sur un temps long.

Notre étude nous a permis de montrer que quelques grands types d’oppositions actuels se trouvaient déjà dans la période pré-jennérienne. Rappelons l’origine des pratiques vaccinales : le médecin anglais Edward Jenner avait réussi à la fin duxviiie siècle à protéger contre la variole humaine en injectant un extrait de pustule d’une vache atteinte de vaccine, la variole bovine, peu dangereuse pour l’homme. Depuis au moins un siècle avant lui, on pratiquait déjà, en particulier en Asie et au Moyen-Orient, la variolisation : une injection de pus directement prélevé chez un malade de la variole, ce qui induisait une protection mais au prix de nombreuses infections varioliques

Ces oppositions qui ont donc accompagné l’histoire de la vaccination s’appuient parfois sur des arguments religieux (« providentialistes ») s’observant encore dans quelques courants fondamentalistes ou sectaires de toutes les religions, ou bien sur l’idée que « la nature fait bien les choses » et qu’elle est toujours préférable à l’artifice que représenterait le vaccin ; pour les adeptes des médecines « douces » ou parallèles, présentées comme plus naturelles, ce n’est pas tant le microbe qui occasionne la maladie qu’un déséquilibre de l’ordre naturel des « humeurs » ou des flux énergétiques, favorisé par une mauvaise alimentation ou d’autres facteurs constituant un « terrain » dégradé qu’il suffit de restaurer. On entend aussi chez certains opposants des affirmations pseudo-scientifiques ou fondées sur des théories « alternatives » non validées par la communauté scientifique, ou des revendications plus politiques qui dénoncent les bénéfices des industriels du vaccin et/ou la contrainte de l’État dans les régimes d’obligation vaccinale (vécue comme une entrave à la liberté individuelle).

Progressistes : Dans le contexte de l’apparition des vaccins contre la covid-19, on a pu voir une explosion de méfiance sur les réseaux sociaux et l’apparition de sondages montrant une forte défiance de la population face à la vaccination, notamment beaucoup de questionnements et de fantasmes autour des vaccins à ARN messager, ces méfiances sont-elles légitimes ?

Fr. S. : Elles sont légitimes, je dirais plutôt : elles l’étaient… En particulier quand on a annoncé la mise au point aussi rapide de vaccins – moins d’un an après l’apparition de cette nouvelle maladie, alors que les médias affirmaient depuis quelque temps que plusieurs années seraient nécessaires pour mettre au point un nouveau vaccin. Elles l’étaient aussi vis-à-vis des premiers vaccins ayant obtenu l’autorisation, les vaccins à ARN messager (ARNm), car cette technologie semblait nouvelle pour la population, et que l’ARN, assimilé à l’ADN, ouvre à toutes les craintes et fantasmes autour des OGM et d’une éventuelle « prise de contrôle » de nos cellules par ce vaccin… De fait, il faut un peu de pédagogie. D’une part, les vaccins anticovid ont bénéficié d’énormément de subventions et de précommandes de pays riches, qui ont fait eux aussi des calculs de bénéfices/risques et ont préféré financer la recherche-développement en espérant à terme diminuer les pertes de vies humaines et les pertes économiques liées aux confinements ! Ces financements massifs ont accéléré les recherches, et les spécialistes ne partaient pas de rien : la technologie des vaccins ARNm était au point depuis une quinzaine d’années, même si les applications étaient restées assez confidentielles et limitées au domaine de la cancérologie. D’autre part, des réglementations assouplies ont permis le chevauchement des phases d’essais 1, 2 et 3. Et un autre facteur qui a accéléré la récolte des résultats est justement l’intensité de l’épidémie dans certains pays, car en phase 3 on doit dénombrer les cas de covid pour comparer les groupes de volontaires vaccinés avec ceux qui ont reçu le placebo : plus l’incidence de l’infection est élevée, plus vite on aura des résultats comparatifs. C’est ce qui s’est passé, on a vu assez vite que pratiquement tous les cas, et les cas graves, s’observaient dans le groupe placebo !

Zéro risque n’existe pas en médecine, mais ces vaccins à ARNm semblent très sûrs, on peut le dire de façon assez sereine maintenant que nous avons dans le monde autour de 200 millions de sujets vaccinés, avec un recul de deux mois, et seulement quelques accidents allergiques graves, prévisibles le plus souvent, se déclarant très vite après l’inoculation du vaccin, et que l’on sait prendre en charge. Il n’y a aucun risque que l’ARN modifie l’ADN de nos cellules, car il ne peut pénétrer dans le noyau ni a fortiori s’intégrer à l’ADN ! Quand nous sommes infectés par des virus à ARN (grippe, VIH, virus respiratoires banals…), l’ARN de ces virus ne modifie pas notre patrimoine génétique. C’est la même chose ici ! De plus, cet ARN vaccinal a une durée de vie très courte, il est traduit en protéines de spicule (les petites pointes qui forment la couronne externe du virus, à laquelle il doit son nom) par les ribosomes de la cellule, et ces protéines virales vont stimuler des lymphocytes qui produiront des anticorps contre elles, ainsi que des cellules qui vont constituer la base d’une mémoire immunitaire a priori durable.

Progressistes : Ces méfiances sont-elles nouvelles au regard de l’histoire des mouvements de résistance aux vaccins ou juste réadaptées à ces nouveaux vaccins ?

Fr. S. : Par rapport aux différents types d’arguments plutôt constants dans l’histoire, on va trouver ici une prédominance des opinions défendant la nature face à l’artifice du vaccin : on aimerait croire qu’un régime alimentaire, une hygiène de vie, des médicaments « simples et naturels » sont plus efficaces que les vaccins… La nature serait tellement bien faite qu’elle n’aurait pas pu « créer » ce virus, qui serait donc pour certains une fabrication humaine. Des personnalités très présentes sur Internet prétendent qu’un bon régime alimentaire et quelques vitamines nous sortiraient d’affaire ! Mais on entend aussi beaucoup de discours « alterscientifiques » venant de médecins et scientifiques proposant des molécules « magiques », qui ne donnent pourtant pas de résultats probants dans les différents essais menés selon les normes de la médecine fondée par les preuves (evidence-based medicine) ; certains médecins mettant volontiers en avant la liberté de prescription se sont même organisés en associations, telles la Coordination santé libre ou Laissons les médecins prescrire.

À ce scepticisme s’ajoute la dénonciation des profits des laboratoires pharmaceutiques. (Des soupçons d’enrichissement visaient déjà les médecins inoculateurs dans les salons du xviiie siècle, et se sont renforcés après la création de l’Institut Pasteur, que d’aucuns appelèrent « usine rabique » quand Pasteur lui-même était caricaturé en chimiste-financier.) L’industrie des vaccins très concentrée sur quelques gros laboratoires, les Big Pharma, est actuellement pointée pour avoir bénéficié d’aides massives des États (subventions et précommandes), qui en effet vont aussi profiter aux actionnaires, et pour entretenir une certaine opacité sur les tarifs négociés… Des débats sont ouverts sur une éventuelle levée des brevets sur les vaccins anticovid. Ces contestations plus politiques concernent également la distribution des vaccins : la lenteur du démarrage de la campagne est fortement critiquée par cette moitié des Français très favorables à la vaccination, lenteur qui peut en partie s’expliquer par un choix des autorités de santé qui, justement, ont souhaité rassurer avec un démarrage (excessivement ?) prudent. Les débats vont se renforcer dans un proche avenir au sujet d’un éventuel passeport vaccinal qui donnerait des libertés à ceux qui auraient accepté de se faire vacciner, et qui est parfois jugé discriminant à ce titre.

Progressistes : Pensez-vous que les mouvements antivax soient un symptôme d’une crise plus large de la médecine et/ou de la science en général en France ?

Fr. S. : Des éléments de profil type des sceptiques face aux vaccins contre la covid-19 ont été apportés récemment par les sociologues : jeune, plutôt féminin, avec des opinions politiques éloignées du pouvoir en place, à gauche ou à droite, plutôt populiste (mais sans doute à nuancer). Ce vaccin est vu comme un instrument de mainmise d’un État dont on condamne la politique en général, et la politique sanitaire en particulier.

On note depuis que des études nationales et internationales l’ont mesurée, c’est-à-dire depuis une quinzaine d’années, une forte défiance en France, qui nous a classés plusieurs fois comme les champions du monde de la crainte des vaccins. En France un décrochage assez net s’est observé à la suite de l’épidémie de grippe H1N1, en 2008-2009, mais la confiance avait déjà été érodée lors des cafouillages de communication autour de la vaccination contre l’hépatite B : deux ministres successifs – M. Douste-Blazy en 1994 et M. Kouchner en 1998 – avaient appliqué le principe de précaution dans des directions opposées ! Le premier avait fortement recommandé la vaccination en population générale, et partant des campagnes de vaccination scolaire à grande échelle furent organisées. Les cas de sclérose en plaques semblant en augmentation à cette période, on les relia à ce vaccin, poussant le second ministre à arrêter la vaccination des adolescents à l’école, ce qui bien sûr avait accrédité l’idée qu’il y avait bien un risque… Bien qu’aucune étude épidémiologique n’ait montré de lien causal, cette polémique franco-française n’est pas réellement finie ! Mais l’actuelle défiance se manifeste sur un fond particulier, car les Français n’ont pas oublié qu’on leur a tenu des discours mensongers ou partiels/partials sur le sang contaminé par le VIH, sur l’amiante, sur le Mediator… Et la gestion de l’épidémie de covid, la communication contradictoire sur les masques, les tests… ont montré que cette tendance à ne pas dire la vérité aux citoyens est très lourde dans notre pays.

Cette perte de confiance envers les autorités de santé s’explique donc assez bien ; elle peut renforcer une contestation plus globale des autorités politiques ou du parti au pouvoir, elle peut l’induire aussi. Elle semble actuellement s’étendre aux chercheurs et à la communauté scientifique ; c’est un phénomène plus récent selon les études des sociologues. On peut penser que les arènes médiatiques y ont contribué en donnant trop souvent le même écho à tous les « points de vue » – comme dans l’affaire Raoult –, dans qui pourrait passer pour une quête d’objectivité, en oubliant que le temps de la construction et de la validation des connaissances scientifiques n’est pas celui de l’information en continu.

Progressistes : Est-ce qu’on peut parler d’un affaiblissement, voire d’une rupture, du lien de confiance entre la population française et la science d’un point de vue historique ?

Fr. S. : Comme je l’ai dit, la défiance vis-à-vis des scientifiques a tendance à s’amplifier. La crise sanitaire actuelle n’y est sans doute pas pour rien, mais il faudra encore un peu de recul pour l’affirmer et l’étudier plus rigoureusement. Le fait même que cette épidémie nous atteigne si lourdement, alors que les progrès de la médecine nous ont fait oublier beaucoup de maladies et permis d’en soulager tant d’autres, peut faire douter de ces progrès ! Or on observe cette tendance à la rupture entre les citoyens et la science dans tous les pays développés : quand les gens accèdent à un niveau d’études plus élevé et qu’ils ont accès à des informations à foison, ils se sentent d’autant plus légitimes à affirmer leurs opinions ou leurs croyances sur des sujets scientifiques. Pour eux, les énoncés scientifiques sont des opinions comme les autres : chacun a la sienne et elle vaut celle de son voisin, de son enseignant, de son médecin…

Aux États-Unis des études de psychologues ont montré que plus les citoyens étaient éduqués, plus ils défendaient, par exemple, l’origine naturelle du réchauffement climatique s’ils étaient républicains, et son origine anthropique s’ils étaient démocrates ! L’éducation renforce leur niveau de croyance/confiance dans des influenceurs, le plus souvent recrutés dans leur « bulle », par ces biais de confirmation que les algorithmes d’Internet exploitent à merveille. On voit donc que l’enseignement des sciences est nécessaire, mais pas suffisant à l’ère d’Internet… Je ne pense pas que ce relativisme très contemporain soit typiquement français, mais il semble en progression dans notre pays.

Progressistes : On peut avoir l’impression que la confiance dans la médecine est différente selon les sociétés aujourd'hui. Est-ce que la France est un cas particulier des mouvements antivaccins ?

Fr. S. : La confiance dans les vaccins est différente d’un pays à l’autre, et elle semble faible en France, si toutefois les opinions avancées dans les sondages reflètent les véritables agissements de leurs auteurs… Car dire qu’on ne veut pas du vaccin, c’est aussi dire qu’on est contre Macron, ou pour Raoult, ou contre Sanofi, ou pour les médecines naturelles ! En situation, quand la vaccination sera proposée facilement et gratuitement à chacun, et si la maladie continue de tuer et d’empêcher la vie sociale, il est possible que les actes soient différents des opinions. Les sondages récents, qui plus est dans cette période où la pénurie et la distribution équitable sont au centre de la problématique, semblent le montrer.

Je ne pense pas que les Français soient défiants plus que d’autres vis-à-vis de la médecine, ils sont même parmi les plus gros consommateurs au monde de médicaments antibiotiques ou anxiolytiques ! Les sondages montrent qu’ils gardent une bonne confiance envers leurs médecins, ce qui a d’ailleurs été bien noté par les autorités de santé qui souhaitent s’appuyer sur les médecins généralistes pour accélérer la campagne de vaccination… La défiance isolée en France vis-à-vis de ces médicaments très particuliers que sont les vaccins reflète peut-être aussi une réticence à l’encontre d’une pratique du « pari » (on pense qu’on ne sera pas atteint soi-même, et que le coût de l’assurance est trop cher pour le risque ?), et du pari collectif, car l’efficacité de la vaccination ne peut se mesurer que collectivement. Quand il y a du collectif, il est normal que l’État s’en mêle, et là encore le bât blesse…

*THOMAS LIECHTI est

i. Éditions Vendémiaire, Paris 2019.

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 06:46

Cet article est repris du blog "Le travailleur Bigouden", article qui décrit les dangers de la libéralisation de l'énergie.

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PEREQUATION TARIFAIRE

Deux dangers (entre autres) sont à craindre dans la libéralisation du « marché de l’énergie » ou plutôt dans le démantèlement du service public de l’énergie : la multiplication des fournisseurs (qui ne produisent pas d'électricité) et l’abandon de la péréquation tarifaire.

Le principe de péréquation tarifaire signifie que deux consommateurs ayant le même profil de consommation, avec le même fournisseur et la même offre, se verront facturer le même tarif, quelle que soit leur localisation géographique sur le territoire français.

 

Lien : Loctudy : Vigilance pour la fourniture d'électricité...

 

En voici l’illustration.

 

Facture salée pour un Américain ayant laissé la lumière allumée durant une tempête

Un vétéran américain a dû sacrifier ses économies pour payer sa facture d’électricité, après la tempête hivernale au Texas qui a fait flamber les prix du courant.

Les prix de l’électricité ont explosé au Texas, suite à la tempête hivernale qui a frappé la région, rapporte le New York Times.

Scott Willoughby, un Américain de 63 ans, a ainsi reçu une facture de 16.752 dollars (13.800 euros), soit 70 fois plus que ses dépenses habituelles, après les intempéries à Dallas. Un gouffre financier pour ce vétéran qui vit essentiellement des aides sociales, et qui a dû vider son compte épargne pour régler la note.

En effet, la tempête qui s’est abattue sur le Texas et la vague de froid qui a suivi ont fait au moins 58 morts, mais ont également dévasté le réseau électrique et gelé la production de gaz naturel. Entre pannes du réseau et demande croissante, plusieurs Américains se sont retrouvés sans électricité, alors que d’autres ont été forcés de payer le kilowattheure au prix fort.

André Upshaw, un autre habitant de Dallas, s’est vu facturé 6.700 dollars, alors qu’il paie généralement 80 dollars par mois à cette période de l'année. Il fustige cette hausse soudaine des prix.

«C'est un service public, c'est quelque chose dont vous avez besoin pour vivre. Je n'ai pas l'impression d'avoir utilisé 6.700 dollars d'électricité au cours de la dernière décennie. Ce n’est pas un coût que toute personne censée devrait payer pour cinq jours de service électrique intermittent, utilisé au strict minimum», déclare-t-il au New York Times.

 

Marché non réglementé

Cette flambée des tarifs de l’électricité est due aux intempéries mais également au marché de l’énergie texan, non réglementé, qui permet à chaque consommateur de choisir son fournisseur, parmi près de 220 détaillants, explique le média.

Les principaux foyers touchés étaient d’ailleurs des clients de la compagnie Griddy, qui fournit de l'électricité à des prix de gros, ceux-ci pouvant varier rapidement en fonction de l'offre et de la demande.

Prévoyant une hausse de ces prix de gros, la compagnie avait même encouragé ses clients à changer de fournisseur avec l’arrivée des intempéries, mais tous ne s’y sont pas résolus, poursuit le NYT.

 

Responsabilité des autorités ?

Certains s’interrogent également sur le rôle joué par la Commission des services publics du Texas, qui a relevé le plafond des prix jusqu’à la limite maximale de neuf dollars par kilowattheure.

Selon le quotidien, la manœuvre visait à rétablir l’équilibre du marché, en encourageant les utilisateurs à réduire leur consommation d’électricité et les fournisseurs à en distribuer plus.

Mais la situation s’est éternisée. Dans un communiqué, Griddy accuse ainsi la Commission d’avoir continué à forcer sur les prix, alors que 99% des foyers avaient retrouvé l’électricité, et que la production dépassait les standards minimaux.

Face au tollé provoqué par cette hausse des prix, le gouverneur Greg Abbott a finalement tenu une réunion d’urgence avec les législateur samedi 20 février. Une intervention de l’État pour « réduire le fardeau » de ces factures d’énergie a été discutée, rapporte un communiqué.

Source: https://fr.sputniknews.com/amerique-nord/202102211045253818-facture-salee-pour-un-americain-ayant-laisse-la-lumiere-allumee-durant-une-tempete/

 

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 06:26

La ministre de l’Enseignement supérieur veut lancer une enquête sur l’islamo-gauchisme dans les universités pour distinguer « ce qui relève de la recherche et ce qui relève du militantisme et de l’opinion ». 

 

Derrière la polémique, un projet antirépublicain

 

PIERRE OUZOULIAS, SÉNATEUR COMMUNISTE DES HAUTS-DE-SEINE, CHERCHEUR AU CNRS

Dans la longue histoire de l’enseignement supérieur français, le gouvernement actuel restera, sans doute, celui qui est allé le plus loin dans la réformation néolibérale de l’université. En instaurant la sélection, il a permis aux établissements de choisir leurs étudiants sur des critères que la suppression du baccalauréat rend de plus en plus liés au statut social de leur lycée d’origine. Par l’importance donnée à leur évaluation selon un classement élaboré en Chine, à Shanghai, en fonction des normes des universités anglo-saxonnes, il a poursuivi la politique de constitution d’un marché des savoirs mise en œuvre par Valérie Pécresse, François Fillon étant premier ministre, et continuée par Geneviève Fioraso, pendant le gouvernement Valls. Après quinze années d’une réforme ininterrompue, l’université est de moins en moins un service public et de plus en plus un ensemble dont tous les éléments sont en concurrence les uns, les autres : étudiants, établissements, formations, diplômes, productions scientifiques, etc.

L’actuelle ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a été l’ouvrière fidèle et zélée de ce projet présidentiel pour l’université. Alors, pourquoi donc, ce programme mis en œuvre en moins de quatre ans, lui lancer maintenant l’anathème en expliquant qu’elle est « gangrenée par l’islamo-gauchisme » ? Certes, l’ouverture de cette polémique par la ministre répond à la stratégie présidentielle de condamner l’extrémisme de ses opposants en utilisant les thèmes de la droite contre la gauche et réciproquement, pour mieux instituer le président-candidat comme le seul choix possible des « personnes raisonnables ». Néanmoins, les mots de cette campagne, savamment préparée et orchestrée, ont été choisis avec soin et dévoilent un autre dessein gouvernemental. La charge a été lancée contre les sciences humaines et, au premier chef, contre la sociologie, dans un champ bien délimité : celui de l’université. Le CNRS en a été écarté puisqu’il lui a été demandé de réaliser « l’enquête ». Par ailleurs, on aurait pu penser que les formations de sociologie dispensées par l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences-Po) auraient partagé l’opprobre qui a frappé son président, mais il n’en fut rien !

En désignant à la vindicte populaire les sciences humaines à l’université, le gouvernement nourrit contre elles une démagogie ancienne qui considère que l’argent public ne doit pas alimenter des disciplines subversives par nature et que l’université doit avant tout transmettre des savoirs directement mobilisables par l’étudiant dans sa future vie professionnelle. La critique politique cache une ambition économique, celle d’une transformation utilitariste de l’université. La directrice générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle le déclarait d’ailleurs, sans fard, le 28 janvier 2021 : il faut « former moins de spécialistes aux têtes d’épingle mais des jeunes plus adaptables ». Mais que les élites se rassurent, leurs progénitures continueront de suivre des enseignements de sociologie pour devenir les « experts qui se destinent à des carrières d’expertise dans les grandes organisations publiques, privées et les ONG », selon la réclame de Sciences-Po.

La polémique apparemment impromptue cache finalement une pensée politique libérale en rupture totale avec l’idéal républicain d’un enseignement au service de toute la nation.

 

On assiste à la panique des majoritaires

 

MARIE-ANNE PAVEAU, PROFESSEURE EN SCIENCES DU LANGAGE, UNIVERSITÉ SORBONNE-PARIS NORMANDIE

Trois semaines après les déclarations de Frédérique Vidal à propos d’une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à l’université, ce gros concept typique du discours pamphlétaire semble heureusement sortir du débat par la porte de derrière. Il aura cependant accompli sa mission : installer un conflit, polariser les débats et pénétrer l’opinion publique.

Ce mot parapluie abrite une collection hétéroclite d’éléments, souvent déclinée sous forme de listes. On a pu lire ou entendre, par exemple, « théorie du genre, décolonialisme, racialisme, intersectionnalité » ou « les théories indigénistes et décoloniales, les études de genre, l’écriture inclusive ». Ces énumérations désordonnées montrent que les universitaires brocardant ces notions ne les connaissent pas, associant pêle-mêle options théoriques, perspectives méthodologiques ou objets de recherche parfois déconnectés les uns des autres. Leurs discours présentent d’ailleurs des confusions fréquentes (entre études postcoloniales et décoloniales, par exemple), qui montrent leur ignorance de ces propositions scientifiques : on ne les a jamais entendu parler de colonialité, d’orientalisme, de décentrement, de savoirs situés ou de perspective partielle, le débat se concentrant sur la race, le genre, l’intersectionnalité. Cette incompétence a un sens : quand une professionnelle du savoir ne sait pas de quoi elle parle, cela veut dire qu’il est question d’autre chose.

Et il n’est guère question de savoir, en effet, dans cette flambée d’attaques non étayées, ni sourcées, ni documentées ; ces disqualifications parfois honteuses (certaines sorties contre les doctorantes et leurs sujets de thèse sont indignes de fonctionnaires d’État dont l’éthique est régie par le Code de l’éducation) sont d’une autre nature. Le profil de ces universitaires polémistes a été souvent décrit : enseignantes installées, parfois retraitées, protégées dans leurs institutions, en un mot, majoritaires, au sens qualitatif du terme, c’est-à-dire détenant les postes, tenant les appareils de norme et de pouvoir, ayant un accès facile aux médias. Mais alors, d’où vient cette inquiétude éruptive, ce sentiment d’être menacée par des ennemis en - isme qui viendraient envahir l’université ?

De la panique. Ce qu’on a vu se déployer ces dernières semaines, c’est la panique des majoritaires devant l’entrée des minoritaires dans les sciences humaines et sociales, minoritaires comme chercheuses (notamment héritières de la colonisation et de la traite), mais aussi comme objets de recherche (les catégories de personnes discriminées). Nous vivons actuellement une transformation sociologique et épistémologique de l’université française : de jeunes (et de moins jeunes) chercheuses, dotées d’un capital intellectuel international peu présent chez les majoritaires (travaux latino-américains, indiens, africains, anglais et états-uniens), nous proposent une pensée renouvelée. Elles font sortir la science occidentale de la perspective des dominantes ; elles posent sur le monde un regard autre, à partir d’un point de vue décentré ; elles nous apprennent à penser autrement, à penser ailleurs, à penser mieux. Devant ces ouvertures interprétées comme des gouffres, les majoritaires entrent en panique. Pendant ce temps, les minoritaires lisent, travaillent, pensent, publient. Le savoir est de leur côté. Et il le restera.

(Ce texte est écrit au féminin générique.)

 

Un « maccarthysme à la française »

 

BÉLIGH NABLI, UNIVERSITAIRE, ESSAYISTE, COFONDATEUR DE CHRONIK, DIRECTEUR DE RECHERCHE À L’IRIS

La cristallisation du débat public autour d’un mot est révélatrice de la longue dérive de notre vie démocratique et des maux qui l’affectent en profondeur. Elle atteste l’hystérisation d’un débat public imprégné des mécanismes implacables du discours de la post-vérité et des polémiques aussi violentes que stériles. Celles-ci sont animées par des arguments d’autorité, scientifiquement infondés et autres calculs cyniques motivés par des visées électoralistes. À l’ère du buzz, trop de responsables politiques, de droite et de gauche, se sont définitivement détournés du savoir, des sciences sociales, pour se complaire dans des postures où disqualifier l’autre, c’est exister en soi et pour soi.

Les déclarations de la ministre Frédérique Vidal sur le « spectre islamo-gauchiste » ne sont pas isolées et s’inscrivent plus précisément dans un mouvement de fond, celui d’une défiance exprimée jusqu’au sommet de l’État à l’endroit des libertés académiques. Ainsi, le président Macron avait déjà fustigé les universitaires « coupables » à ses yeux d’avoir « encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon ». Des propos qui entrent en résonance avec ceux tenus par l’un de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy, qui s’interrogeait avec mépris devant des représentants du CNRS sur l’utilité de la recherche scientifique (« des chercheurs qui trouvent, c’est mieux »). Que dire de M. Valls, alors premier ministre, dont les déclarations à la suite des attaques terroristes qui frappaient Paris en 2015 sont entrées dans les annales de la V e République : « Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser. » Plus récemment, des parlementaires ont souhaité soumettre les chercheurs à l’obligation de respecter des « valeurs de la République » aussi sacralisées qu’indéterminées, et lancer une mission d’information sur « les dérives idéologiques dans les milieux universitaires » (1). La volonté affichée de mener une forme de « maccarthysme à la française » rejoint ici le procès arbitraire en « islamo-gauchisme », ce en violation du principe fondamental d’autonomie du champ scientifique à l’égard du politique.

Enfin, ces prises de position revêtent une dimension idéologique. Elles expriment un même « rappel à l’ordre » (2) de nature identitaire, qui « gangrène » nombre de nos élites politico-médiatiques. Foncièrement conservateur et réactionnaire, ce rappel à l’ordre traduit une sorte d’ethnocentrisme nombriliste qui rejette spontanément des théories et notions (qui vont de l’intersectionnalité au genre en passant par les études postcoloniales) jugées comme indûment « importées » et donc illégitimes, voire dangereuses. Ces idées sont en effet perçues comme autant de menaces existentielles pour les tenants d’un « universalisme républicain » aveugles aux discriminations multidimensionnelles et systémiques qui fracturent notre société.

Les prochaines échéances électorales n’échapperont pas à l’exploitation de nos doutes et interrogations sur notre identité individuelle et collective. Dès lors, qui osera valoriser une identification à une communauté une et plurielle, une « grande nation inclusive » (3), un Nous.

(1) Selon une demande expresse adressée au président de l’Assemblée nationale, par les députés LR, Julien Aubert et Damien Abad.

(2) Pour paraphraser D. Lindenberg, auteur du  Rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires, Paris, Le Seuil, 2002.

(3) Selon l’expression de Th. Tuot, « a grande nation : pour une société inclusive », Rapport au premier ministre, Paris, la Documentation française, 2013.

 

Une enquête à charge et une police de la pensée

 

Stéphane Dufoix, Professeur de sociologie (université Paris-Nanterre), Membre de l’Institut universitaire de France

Une enquête. Pas un rapport, pas une réflexion, pas un audit. Non, une enquête, pour, selon les propres mots de Madame la ministre, « distinguer ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève du militantisme ». Quelle est la limite entre ces termes et la revendication d’une « police de la pensée » ?

Se retrouvent pointés du doigt, sans aucune preuve, sans aucune analyse sérieuse de leurs travaux, des universitaires que l’on ne décrit que par les risques qu’ils représenteraient : porteurs d’« idées radicales », « islamo-gauchistes », « postcoloniaux », « décoloniaux ». Alors même qu’ils sont reconnus comme « minoritaires », ils auraient pris d’assaut les universités pour les « gangrener » et pour « diviser ». Le vocabulaire est guerrier, tendu vers le filtrage du bon grain et de l’ivraie, chez les universitaires comme dans les associations étudiantes.

Frédérique Vidal appelle  à un « bilan de l’ensemble des recherches qui se déroulent dans notre pays, notamment de celles qui portent sur le postcolonialisme ». Mais quelles sont les recherches en question ? Qui les définit ? S’agira-t-il aussi de faire le bilan de celles qui critiquent les pensées en question sans savoir de quoi elles parlent ? Au sens strict, ces dernières ne font pourtant rien d’autre que de véhiculer une haine envers des idées et des textes dont elles ne jugent que l’apparence et non les idées. Il y a quelques mois , la même ministre déclarait : « L’université n’est pas un lieu d’encouragement ou d’expression du fanatisme », ajoutant qu’elle constituait « le cœur battant de notre liberté ».

Que ces phrases paraissent loin ! Elles semblaient alors démentir les propos du premier ministre qui avaient déjà mis en branle la communauté universitaire. Que s’est-il passé entre-temps ? La précarisation croissante des étudiants dont il faut détourner l’attention ; le débat Darmanin-Le Pen du 11 février, où la « dureté » du ministre de l’Intérieur s’opposait à la « mollesse » de la présidente du Rassemblement national ; et enfin le vote, le 16 janvier, de la loi « pour conforter le respect des principes républicains ». Comment ne pas y voir l’alliance de la dureté et de la lutte contre le séparatisme ?

Je n’ai jamais appelé publiquement à la censure de quelqu’un dont je ne partage pas les idées intellectuelles, quel que soit son bord. Je ne souscris pas aux excommunications ou aux mises au ban académiques, d’où qu’elles viennent. Pourtant, les positions soutenues par la ministre de l’Enseignement supérieur sont très proches de celles – symboliquement violentes et souvent insultantes – de l’Observatoire du décolonialisme, créé le 13 janvier 2021. Sur le site de l’Observatoire, se succèdent les commentaires haineux qualifiant ce qu’ils nomment « décolonial » comme étant une « ineptie », une « idéologie délétère », une « régression », un « fondamentalisme », un « obscurantisme », etc., voire appelant à « démettre de leur fonction tous (sic) les professeurs d’université qui soutiendraient ces thèses sectaires ». Est-ce là vraiment « la neutralité, le républicanisme, la défense du pluralisme et le goût de la discussion sur des bases rationnelles » que prétend défendre ledit Observatoire ?

L’arrivée plus ou moins rapide en France de nouvelles idées, de nouvelles théories, de nouveaux concepts (genre, intersectionnalité, postcolonial, décolonial, pluriversel), ne peut pas s’apprécier par l’anathème universaliste et républicain, mais par le débat argumenté. Celui-ci doit être porté par la lecture des textes en question, par leur accès en français et par le retour à des formes « saines » de ce que Madame la ministre elle-même définit comme le « fameux débat contradictoire entre pairs (…) loin de toute caricature ». Une enquête à clore et un débat à enfin promouvoir ? Espérons-le.

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 20:15
Lutte contre les violences sexuelles. Mettre fin à la barbarie du patriarcat - Texte collectif, L'Humanité, 5 mars 2021
Lutte contre les violences sexuelles. Mettre fin à la barbarie du patriarcat - Texte collectif, L'Humanité, 5 mars 2021
Lutte contre les violences sexuelles. Mettre fin à la barbarie du patriarcat
Vendredi 5 Mars 2021- L'Humanité

Texte collectif

 

Nous, femmes, militant-e-s, féministes, adhérent-e-s du Parti communiste français, dénonçons l’utilisation du principe pénal de présomption d’innocence pour museler les victimes qui dénoncent leurs agresseurs. Dernièrement, des personnes que l’on n’entend pas d’ordinaire sur le sujet des violences sexuelles ou le respect, dans d’autres contextes, de la présomption d’innocence, interviennent tout à coup. Alors qu’elles restent silencieuses face à la normalisation des violences sexuelles, elles montent au créneau avec passion pour défendre la présomption d’innocence d’un violeur présumé. À travers leurs propos, transparaît finalement une présomption de culpabilité et de mensonge pour la victime. Un individu est présumé innocent tant qu’il n’a pas été déclaré coupable par la justice. Cela est un principe du monde pénal. Cependant, au vu de la gravité des accusations de viol et des délais d’une procédure judiciaire, il paraît sage dans la société civile d’appliquer aussi un principe de précaution. La présomption d’innocence n’exclut pas la méfiance. Ce n’est pas un totem d’immunité. D’autant que les fausses accusations de viol sont rares : entre 2 % à 8 % des plaintes.

Lorsqu’on lutte contre les violences sexuelles, on accorde une présomption de sincérité aux victimes qui s’expriment. Ainsi, on ne les traîne pas dans la boue, on ne joue pas la fausse compassion pour sous-entendre dans le même temps que « la victime a trop tardé à parler, la victime était pourtant une intime des accusés, il ou elle n’avait pas porté plainte et, décidément, que c’est louche ». Nous observons trop fréquemment ces techniques de mise en doute de la parole des victimes ; si elles relèvent parfois d’une méconnaissance de ce que vit une victime de violences sexuelles, elles restent un outil puissant du patriarcat.

Oui, l’accusation peut se faire plusieurs années après les faits reprochés : la mémoire traumatique peut rester illisible tant que la victime n’est pas en capacité de gérer ces souvenirs. C’est un mécanisme de protection dont la victime n’est pas responsable et qui n’invalide pas sa parole. Oui, la victime peut partager la vie de son agresseur : l’emprise exercée par ce dernier ou les mécanismes tels que la sidération et la dissociation empêchent la fuite. La majorité des viols est commise par un proche de la victime. Souvent par son compagnon. Oui, prendre la décision de porter plainte est difficile. D’ailleurs, on estime que seules 10 % des victimes portent plainte, et 1 % obtiennent justice. Pour porter plainte, il faut avoir de l’argent et suffisamment d’optimisme ou de détermination. Et être prêt-e à affronter ce qui l’attend : la vie intime des victimes est passée au crible et exposée, seconde humiliation après la violence. Chaque année, au moins 94 000 femmes et 150 000 enfants sont victimes de viol ou de tentative. Un grand nombre de ces victimes restent murées dans le silence. Contrairement à ce que certains sous-entendent, parler n’est pas un acte facile. Parler, c’est admettre que ça n’arrive pas qu’aux autres. C’est s’exposer, perdre le contrôle, voir des médias et de nombreuses personnes pas toujours bien intentionnées s’accaparer son histoire. C’est aussi être à la merci de la misogynie ou de l’homophobie, on devient « la folle » ou « l’hystérique ». Parler, c’est encore plus difficile peut-être quand on est militant.e et que l’on craint d’affaiblir ou d’exposer médiatiquement l’organisation dans laquelle on a choisi de militer.

Alors que certain-e-s se cachent derrière les injonctions à la plainte et la nécessaire enquête judiciaire, il est de notre devoir de démasquer le caractère profondément idéologique du traitement pénal des violences sexuelles et sexistes. C’est bien la maltraitance institutionnelle des victimes qui permet aujourd’hui la persistance de la violence et de la domination masculines. Cette violence structure nos existences collectives. Beaucoup n’ont pas intérêt à ce que cette parole émerge. Les agresseurs, les violeurs, les harceleurs et tous ceux qui profitent d’une situation de domination n’ont aucun intérêt à ce que la société prenne enfin la mesure de la situation.

Pour les victimes, les moyens ne sont pas là : accès difficile aux soins psychologiques – étape pourtant vitale pour apaiser la mémoire traumatique et ses séquelles –, du fait de consultations libérales très chères et non remboursées et des centres médico-psychologiques débordés. La justice est un monument effrayant qui a trop peu à offrir aux victimes en termes de réparation et qui les maltraite trop souvent. Une société qui sacrifie les plus vulnérables est une société perdue.

La présomption d’innocence est inscrite dans la loi, elle est reconnue et a peu de risques de disparaître. Mais les victimes, elles, sont très mal protégées. Plutôt que de dénigrer le moyen qu’ont trouvé des victimes de réagir aux violences sexuelles, cherchons à comprendre : pourquoi les réseaux sociaux remplacent-ils les commissariats ?

Agissons. Protégeons les victimes de leurs agresseurs et des conséquences psychotraumatiques du viol. Mettons fin à la prédation au sein de nos organisations politiques. Ne rien faire, c’est prendre le parti de ceux qui violent, agressent, harcèlent, frappent, parfois tuent. Jamais plus nos organisations ne doivent abriter des agresseurs. Jamais plus une victime ne doit quitter notre organisation face à un silence trop pesant, ou nous quitter à jamais.

Alors que la parole se libère, il est de notre responsabilité collective de faire advenir le changement. Alors, que faire face à la violence masculine ? Cette question, d’apparence si insoluble, se résume pourtant en quelques mots transparents de clarté : comment faisons-nous pour que les hommes arrêtent de violer ?

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 06:27

 

La Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, avait jeté l'opprobre sur la communauté universitaire, disant que celle-ci était gangrenée par des « islamo-gauchistes », sans avancer aucun argument ni aucun nom, englobant massivement la communauté derrière ces insultes mensongères.  Quoi que l’on pense de certains travaux, on ne peut accepter qu'une ministre du gouvernement d'Emmanuel Macron cherche par le procédé honteux de l'amalgame à détourner l'attention de l'opinion du démantèlement en cours de la recherche et de l'université publiques, pourtant cruciales dans la période difficile que vit aujourd'hui la France. En quelques heures seulement plus de 20.000 chercheurs et enseignants ont signé une pétition demandant sa démission :

https://www.wesign.it/fr/science/nous-universitaires-et-chercheurs-demandons-avec-force-la-demission-de-frederique-vidal

 

 

 

Et voilà que quelques jours plus tard, un site recensait les noms de ces signataires, les traitant de « gauchistes complices de l'islam radical », en renvoyant pour les premiers de la liste vers leur page web institutionnelle, permettant d'aller les trouver sur leur lieu de travail.

Quel est le but de ce fichage ? Intimider des universitaires, qui depuis leur résistance à Napoléon III, ont obtenu la liberté de parole, et qui ont dû se battre pour la conserver, durant l'affaire Dreyfus, sous l'Occupation et le régime de Vichy ?

 

Les propos de la ministre, savamment flous dans l'injure, sont ici repris en portant la calomnie sur des personnes nominalement désignées. Elle en porte la responsabilité. En voulant détourner l'attention de la Loi de Programmation de la Recherche, qui va affaiblir les capacités de productions de connaissance de notre pays alors que la crise COVID montre que nous en avons tant besoin, elle alimente les fantasmes de tous les extrémistes.

Le comportement de Madame Vidal fait écho à la dérive autoritaire d'un pouvoir qui, ces derniers mois, a multiplié les lois et mesures portant sérieusement atteinte aux libertés publiques. Tout cela devient intolérable. 

Derrière les chercheurs et enseignants en première ligne, toutes les forces démocratiques et républicaines, le PCF propose aux associations, syndicats et partis de gauche et de progrès, de faire front pour défendre l'université publique française.

 

Parti communiste français,

 

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 10:22

Après les JC sur le marché de Morlaix samedi 1er mars, les camarades de la section PCF du Pays de Morlaix distribueront "A cœur ouvert" n°6, le journal santé du PCF Bretagne, en début d'après-midi ce jeudi 4 mars à l'hôpital de Morlaix. L'urgence est à la mobilisation pour notre système de santé qui malgré le professionnalisme et le dévouement des personnels se détraque de partout faute de moyens et de vision de long terme et d'intérêt général de l’État et des gouvernements successifs. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 06:47
https://conference2022.pcf.fr - Un atout pour le débat des communistes sur nos choix pour les échéances de 2022 !
Un atout pour le débat des communistes sur nos choix pour les échéances de 2022 !

Le rythme des contributions publiées sur le site réservé à la conférence nationale s’accélère avec déjà plus de 70 contributions individuelles ou collectives, témoignant ainsi de l’intérêt des adhérent·e·s à participer au débat et à se saisir des enjeux des échéances présidentielle et législatives de 2022. La qualité de ces premières contributions, la richesse des enjeux abordés, constituent un véritable atout pour le débat des communistes.

 

Quelles caractéristiques de la situation politique ?

La domination, et simultanément la profondeur de la crise, du capitalisme qui a atteint les limites historiques de son efficacité, tant pour l’être humain que pour la planète, est largement partagée comme l’idée que cette crise est catalysée par la pandémie mondiale du Covid-19 produisant des épreuves très éprouvantes pour les peuples, conduisant contradictoirement à la perte de repères et à la prise de conscience de la nocivité de ce système, de sa responsabilité dans les immenses régressions en cours, l’explosion de la pauvreté et des inégalités, la casse des services publics, en particulier celui de la santé.

Aucun Président, aucun gouvernement de notre pays ne se sont autant mis au service de la domination du capital que l’exécutif actuel. Des contributions pointent ainsi l’urgence de mettre en lumière le scandale de l’enrichissement d’une minorité d’ultra-riches et d’actionnaires qui tirent profit de la pandémie et de s’attaquer au pouvoir du capital. Car la colère à l’encontre de l’exécutif ne remet pas en cause automatiquement cette domination. À cela s’ajoute une crise démocratique majeure, une rupture de confiance envers les institutions et la représentation politique.

Alors que nous vivons un affaiblissement du mouvement social, nombreux sont les camarades qui insistent sur les potentiels des mouvements récents : mouvement des gilets jaunes, contre la réforme des retraites, pour la défense des services publics, notamment de la santé et de l’école, la défense des libertés, les luttes contre les PSE, mouvements féministes, mobilisations pour le climat, mobilisation de jeunes et étudiant·e·s contre la précarité...

Si des divergences s’affirment sur l’appréciation des contenus portés par les différentes forces de gauche et le niveau de convergence de leurs projets respectifs avec le nôtre, le fait que le PCF est une force centrale à gauche, qui parle à toutes et tous, est largement partagé.

De nombreux camarades pointent le danger des glissements réactionnaire et autoritaire actuels. Pour certains la situation politique est plus instable que jamais et il ne faut pas conditionner nos choix au risque d’un duo Macron-Le Pen au second tour, duo rejeté par une majorité de Français. D’autres considèrent à l’inverse que nous ne pouvons pas nous déterminer sans prendre en compte le fait qu’un tel duo au second tour est le scénario le plus probable, malgré ce rejet, l’une comme l’autre dispose d’un socle électoral solide.

Quels objectifs pour les échéances de 2022 ?

L’enjeu de faire reculer l’abstention et de remobiliser les catégories populaires et le monde du travail est partagé.

L’ambition également de porter un message d’espoir aux échéances de 2022. De quelle nature ?

Un message qui batte en brèche l’idée que veulent imposer les puissants de l’impossibilité d’une alternative au capitalisme, s’opposant à la soumission des peuples et à des aménagements qui ne visent qu’à maintenir l’exploitation et la domination.

Un message qui contribue à nourrir les luttes d’une visée d’avenir, porte l’ambition d’une sortie du capitalisme et dessine un post-capitalisme, le communisme que nous voulons, en faisant progresser un projet en rupture avec les logiques capitalistes, marqué par des transformations radicales.

Et un message qui affirme le besoin d’une alternative à Emmanuel Macron pour notre pays, l’Europe et le monde, le refus des solutions de droite et d’extrême droite, le besoin qu’une gauche combative l’emporte à la présidentielle et aux législatives avec un PCF renforcé et la nécessité d’une nouvelle majorité politique de gauche.

Comment mettre en œuvre ces objectifs ? L’heure des choix !

Sur la démarche stratégique, il y a convergence sur plusieurs idées fortes : l’importance du projet et la nécessité de ne pas se rallier ou s’allier autour du plus petit dénominateur commun ; l’exigence d’une démarche collective qui n’alimente pas l’idée d’hommes ou de femmes providentiel·le·s mais s’ancre dans les exigences populaires et les luttes ; faire que les candidatures présentées par le PCF soient irriguées par les mouvements sociaux et citoyens.

Le débat montre cependant différentes appréciations du rôle que doit jouer le PCF dans la bataille politique et idéologique et de sa capacité à peser dans le débat public, des grands axes du projet qu’il doit porter, ou encore du sens de la nouvelle majorité politique à construire.

Aussi des divergences s’affirment naturellement sur le choix à faire pour l’élection présidentielle. Des camarades affirment l’atout que constituerait une candidature communiste à l’élection présidentielle pour porter les objectifs précités et une démarche qui renforce l’influence du PCF et la possibilité d’une victoire de la gauche, quand d’autres pensent qu’elle serait un obstacle à rassembler tout ou partie de ses forces sur un programme de rupture, seule condition possible à leur avis d’une victoire. Dans l’un ou l’autre choix, la difficulté de faire progresser la gauche est pointée, soit dans la concurrence des candidatures qui serait rejetée par les électeurs de gauche, soit dans l’absence de candidature communiste et donc de point d’appui dans le débat public sur le projet d’une alliance qui ne serait pas en capacité de mobiliser.

Sur la question gouvernementale, un camarade porte l’idée d’un gouvernement de transition pour aller vers une 6e République, issue d’une réflexion commune d’acteurs politiques et sociaux, composé de personnalités de toutes les forces auxquelles ils ou elles adhèrent, fondé sur le respect de chaque partie prenante, pour sauver et réinventer le modèle de société qu’ont porté des femmes et des hommes ayant œuvré à de grandes conquêtes tel Ambroise Croizat.

Concernant les législatives, les camarades pointent l’importance de lier cette échéance à notre choix, pour la présidentielle, car les législatives sont une échéance également décisive pour la politique du pays, l’identification et la perception de l’utilité de notre parti à l’échelle nationale. Le besoin aussi de faire grandir l’idée que l’élaboration des lois doit se faire avec l’implication populaire. L’idée enfin que nous pourrions engager dès maintenant le travail sur un contrat de majorité de gauche, en initiant les constructions politiques nécessaires dans chaque circonscription législative et travailler à ce que les rassemblements qui en résultent soient mis en avant dans la campagne présidentielle.

Le débat est en cours et d’autres avis se font jour. Concernant les échéances de 2022, la résolution votée au Conseil national du 30 janvier appelle « les communistes à s’emparer des enjeux de ce rendez-vous politique, qui sera décisif pour notre parti ».

À nous, collectivement, de poursuivre le débat et d’élargir le nombre de communistes parti-prenant de celui-ci. La décision - le positionnement final de la conférence nationale puis de tous les communistes - doit reposer sur un effort de démocratie interne inégalé. 

Marie-Jeanne Gobert, membre du CEN

 

Les contributions à la conférence nationale des 10 et 11 avril 2021 peuvent être déposées dans l'Espace contributions du site de la conférence nationale : https://conference2022.pcf.fr ou adressées par courriel à conference2022@pcf.fr

Toutes les contributions seront transmises à la Commission du texte et seront publiées sous la responsabilité de la Commission de transparence des débats.

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4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 06:35
Enseignement et recherche. Pourquoi faut-il s’inquiéter de la polémique sur l’islamo-gauchisme ? - Débats de l'Humanité: Fabienne Halaoui, Nicolas Offenstadt, Sandra Laugier, Lionel Ruffel
Enseignement et recherche. Pourquoi faut-il s’inquiéter de la polémique sur l’islamo-gauchisme  ?
Mercredi 3 Mars 2021

 Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, veut lancer une enquête dans les universités pour distinguer « ce qui relève du militantisme et de l’opinion » . 

 

Cela vise à disqualifier la gauche et à normaliser l’extrême droite

Fabienne Haloui Conseillère municipale et communautaire (Orange, Vaucluse), membre du conseil national du PCF

Dans le Dauphiné libéré du 25 février, Julien Aubert, député vauclusien LR, déclare, lui aussi, vouloir enquêter sur l’endoctrinement islamo-gauchiste en milieu universitaire tout en pointant les théories intersectionnelles qu’il assimile «  à un danger totalitaire, voire fasciste ».

Ce discours emprunté à l’extrême droite et relayé jusqu’au sein du gouvernement accrédite une proximité idéologique entre la gauche et l’islamisme en présentant l’intersectionnalité comme une théorie racialiste. Ces amalgames sont insupportables. C’est une insulte pour la femme de gauche et la communiste que je suis. Je combats toutes les formes de racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie. Je combats aussi l’idéologie islamiste sans complaisance aucune. Utiliser des termes sociologiques dont la majorité de l’opinion ne connaît pas le sens relève de procédés manipulatoires. L’intersectionnalité est une grille d’analyse pour démontrer que Myriam, femme noire homosexuelle et ouvrière, multiplie les chances d’être discriminée face à Maurice, homme blanc, hétérosexuel et chef d’entreprise. Démontrer que Myriam est à l’intersection de 4 discriminations, c’est seulement faire apparaître la nécessité de faire converger les luttes pour faire reculer les discriminations et conquérir l’égalité réelle. Alors, cessons d’accuser de racisme celles et ceux qui le subissent, accusons plutôt la République qui ne tient plus ses promesses d’égalité pour tous ses enfants.

Le séparatisme prôné par l’extrême droite qu’elle soit occidentaliste ou islamiste prend en tenailles des citoyens français de culture ou de religion musulmane. À leur sujet, Marine Le Pen déclare : « On n’est plus chez nous et ça se voit. » Avec l’extrême droite, c’est la construction de l’éternel immigré : si tu es « issu·e de », d’autres sont de « souche », ta couleur de peau, ton patronyme, ton origine vraie ou supposée, ta religion ne font pas de toi un Français : c’est le déni de francité. Avec l’extrémisme islamiste, c’est aussi la construction du eux et du nous, dans l’autre sens, c’est la hiérarchie victimaire des damnés de la terre : « Vous ne serez jamais français, ils ne veulent pas de vous, vous comptez moins que les juifs… » L’extrémisme islamiste joue la laïcité contre l’islam, il instrumentalise les interventions militaires occidentales qui ont dévasté des pays musulmans comme la Libye ou l’Irak mais aussi la Palestine occupée, les musulmans persécutés en Chine, en Birmanie, en Inde… L’islamo-gauchisme est un mot épouvantail brandi pour faire diversion pour disqualifier la gauche et normaliser les discours d’extrême droite. Il est urgent de dire stop à cette surenchère, il est urgent de « désislamiser » le débat, de résister à l’offensive réactionnaire. Le sursaut ne peut venir que des forces de gauche, des progressistes et des démocrates pour conjurer les ténèbres qui menacent. Nous devons trouver les ressources afin de promouvoir un ordre social de liberté, d’égalité, de préservation de la planète, de justice et de paix pour faire reculer durablement tous les extrémismes. Il y a urgence !

Des concepts de combat qui rendent tout débat impossible

Nicolas Offenstadt Historien, université de Paris-I, IHMC

La ministre des Universités a jeté le soupçon sur tout un ensemble de recherches, en souhaitant une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à l’université, qui la « gangrène », évoquant également ses inquiétudes quant au domaine des études postcoloniales. D’autres commentateurs ont rajouté comme champs problématiques l’« intersectionnalité » et le « genre », voire même l’écriture inclusive. Ce qui est particulièrement dommageable dans ces discussions, c’est que l’on confond différents registres, rendant tout débat sérieux impossible. La confusion est encore plus grande lorsque l’on assimile des événements qui se déroulent dans les murs universitaires – et à ce titre qui peuvent être organisés par différents groupes et associations – à ce qui relève de l’enseignement et de la recherche. Un débat associatif n’est en rien lié à un cursus universitaire, ni n’est comparable à un cours d’amphi. On le voit, la quête/enquête apparente de clarté était en fait un mélange des genres bien compris. Il fallait ces amalgames et surenchères pour que l’épouvantail soit suffisamment visible.

Les études postcoloniales sont un champ de recherches extrêmement actif dans le monde, avec différentes orientations – par exemple mesurer la place de la matrice coloniale dans le monde contemporain –, dont certaines peuvent paraître plus ou moins convaincantes, mais c’est le propre de la recherche que d’ouvrir des voies nouvelles et qu’elles soient aussi discutées, voire invalidées. Il y a ensuite des outils d’analyse, dont le « genre » – le sexe dans sa dimension sociale pour aller vite – qui a permis de grands progrès sur de multiples terrains de recherche. Il y a des pratiques militantes réfléchies comme l’écriture inclusive qui entend promouvoir l’égalité entre les sexes dans le langage, et qui, bien sûr, ouvre à des discussions. Il y a enfin un terme polémique, « islamo-gauchisme », sur un tout autre terrain, qui joue du flou de sa composition : s’agit-il d’abord d’islam, ici compris comme religion des dominés ? D’islamisme, voire de terreur islamiste ? Le mot cherche à cumuler deux stigmatisations, le radicalisme religieux et ses violences et une position politique considérée comme incontrôlable. Voilà donc qu’un concept de combat – « Kampfbegriff » – dirait l’histoire des concepts, selon Reinhart Koselleck. C’est-à-dire qu’il a pour but de mener une lutte ou de faire advenir ce dont il parle. S’il s’agit de dénoncer des complaisances ou des alliances, à gauche, réelles ou supposées, avec l’islam radical, voire avec la terreur islamiste, cela ne fait pas une doctrine, ni un ensemble consistant, bien identifié. Comme l’écrit l’Académie française, le suffixe « isme » « entre dans la composition de mots désignant des courants de pensée philosophiques ou politiques. (…) L’abus de ce suffixe pour former des néologismes peu clairs témoigne le plus souvent de paresse dans la recherche de l’expression juste ». Surtout, le terme ne correspond à rien dans la recherche universitaire. Ce n’est pas un champ thématique, ce n’est pas une approche de sciences sociales (on se demanderait bien ici ce qu’elle pourrait être), et les engagements militants qu’il supposerait ne peuvent relever que de propos tout à fait marginaux dans les cursus universitaires. La « gangrène » est ici une pure et folle invention. Que des polémistes forgent des concepts de combat, c’est le propre même de leur action, mais que des responsables politiques, en particulier en charge de l’enseignement, les construisent en problème public sans aucun travail de clarification et au mépris des logiques de fonctionnement du monde universitaire est une véritable forfaiture.

Une convergence du champ politique et intellectuel

Sandra Laugier Professeure de philosophie à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France

Nous assistons à la radicalisation d’un phénomène que j’ai, pour ma part, connu de longue date : la volonté politique de déconsidérer, voire de criminaliser des recherches – qui sont parfaitement légitimes dans tous les pays démocratiques. Cette rhétorique réactionnaire s’est exercée contre les études de genre, par exemple, depuis une dizaine d’années, les accusant d’être « militantes ». Il en est de même des recherches sur l’intersectionnalité, qui ont été développées, dans les années 1980, à partir de l’œuvre d’une juriste respectée, Kimberlé Crenshaw. L’intersectionnalité est un concept nécessaire et un outil de pensée qui a fait voir des formes extrêmes de discrimination et de vulnérabilité ; celles subies par les femmes noires aux États-Unis, apparues récemment au grand jour avec le Covid. Toutes ces recherches, d’une grande richesse, attirent les nouvelles générations d’étudiant·e·s, ce qui probablement fait réagir quelques académiques qui se sentent menacés. Mais le fantasme d’une « invasion » est grotesque. Les recherches sur le genre, la race, le décolonial… sont très minoritaires et c’est toujours un combat pour arriver à obtenir des postes ou des financements sur ces thèmes. Il suffit de regarder le très faible nombre de programmes d’enseignement, de centres de recherche, ou de postes d’enseignants-chercheurs ou chercheurs affichés « genre ». Alors, pourquoi tant de haine ? Genre, race, intersectionnalité, décolonial… sont des concepts critiques, des outils qui servent à voir et analyser les inégalités présentes dans les sociétés. Ce qui en fait des concepts perturbants pour toute pensée conservatrice. De fait, ces recherches et idées ont toujours été honnies par l’extrême droite. Mais, aujourd’hui, c’est le gouvernement macronien qui drague l’extrême droite et radicalise son discours, dans sa quête des votes de la droite. Une radicalisation qui s’apparente à la façon dont Trump s’en prenait aux « antifas » pour satisfaire ses troupes.

La rhétorique d’une faction du monde intellectuel et académique, qui a une place bien installée dans les médias, et l’oreille du pouvoir macroniste, comme on l’a vu lors de la production des lois sécurité globale, croise le champ politique. Parce qu’elle ne domine pas dans les universités, ni dans les organismes de recherche, elle va se sentir des ailes avec les attaques violentes du pouvoir contre leurs collègues, et donc en rajouter. C’est cette convergence qui est nouvelle et inquiétante. Certains intellectuels qui ont une image de gauche, mais ont opéré un virage à droite, se crispent sur des idées prétendument « républicaines » ou une « laïcité » qui les conduit à rejoindre et conforter, parfois « involontairement », la réaction.

Ceux qui dénoncent l’islamo-gauchisme dans certaines universités, le caractère non scientifique de telles recherches… sont souvent soit des retraités, soit des personnes dans des positions protégées où ils ou elles n’enseignent pas ou très peu, et n’ont quasi pas de jeunes chercheurs avec eux… Bref, ils ont en réalité un rayonnement très faible dans la vie intellectuelle réelle et dans la recherche avancée. Même s’ils ont un fort capital social, par leur position dans les médias ou leur proximité du pouvoir. Leur seule chance d’exister dans un monde universitaire largement internationalisé est donc de déconsidérer leurs collègues, voire de tenter de les priver de ressources, par exemple en prenant le contrôle des outils d’évaluation (d’où leur récente obsession du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur. Qui sait ce que le ressentiment va leur faire encore inventer ?

le séparatisme est à l’œuvre

Lionel Ruffel Professeur de littérature à l’université Paris-VIII Saint-Denis

 
Sept sur dix, nous y sommes enfin. Sept Français sur dix estiment qu’il y a un problème d’islamo-gauchisme en France. Il aura donc fallu une petite dizaine d’années pour convertir en sondage (était-ce l’objectif principal ?) un processus initié par une petite bande de publicistes et d’agitateurs, relayé par des ministres et quelques notables du demi-monde intellectuel.

Une semaine après que Frédérique Vidal a appuyé sur la détente, on aimerait pouvoir en rire tant on connaît ça par cœur, depuis la propagande de l’entre-deux-guerres jusqu’au chef-d’œuvre Trump. On aimerait penser que la ficelle est un peu grosse, lorsque cette même ministre a fait passer en force, en pleine pandémie et sans le début d’un soupçon de considération pour ce que les universités et les étudiants vivent depuis un an (une survie précaire), la réforme structurelle la plus dévastatrice de l’ère contemporaine, contre laquelle à peu près tout le monde dans l’université française s’est prononcé. Et d’ailleurs n’est-ce pas cet « à peu près tout le monde » qui était visé et qu’il s’agissait de « fracturer » ? Un rêve séparatiste en quelque sorte. On aimerait penser que la ficelle est un peu grosse, et donc grossièrement ridicule. Mais, cette fois-ci, on n’y arrive plus car on sent bien que des digues ont sauté depuis que Jean-Michel Blanquer a allumé la première mèche de cette mandature (mais rendons à Manuel Valls l’initiative politique de la « question »), laissant à sa collègue, dans une répartition des genres somme toute classique, le soin de faire le sale boulot. Des digues ont sauté dans l’ordre du symbolique et, en la matière, le symbolique compte. La ministre Vidal a transgressé toutes les lois qu’elle est censée incarner.

En commençant par la loi de représentation : elle occupe un ministère, ce qui suppose qu’elle représente un corps social d’administrés qu’elle fracture pourtant en direct à la télévision en sacrifiant une partie de ses représentés. Elle transgresse la loi administrative qu’elle doit rigoureusement appliquer en troublant volontairement l’ordre des composantes de son administration. Le CNRS devient ainsi à ses yeux non plus un organisme de recherche, mais une police politique des savoirs.

Elle transgresse la raison même de son ministère, gardien et laboratoire des connaissances et des savoirs, en disant sur la science littéralement n’importe quoi et, ce faisant, participe à un effondrement du sens.

Cette transgression de la loi par celles et ceux qui sont supposé·e·s en faire respecter l’ordre symbolique est dévastatrice. Les pulsions qu’elle libère sont incontrôlables. On peut appeler cela fascisation. Mais, au fond, ce rêve séparatiste, dévoilé comme en un lapsus, n’est peut-être qu’une image écran posée sur un séparatisme plus profond, déjà à l’œuvre, et dont il convient, par tous les moyens, de taire la réalité : la « balkanisation » de l’université française. Mener à terme cette reconfiguration « balkanisée » de « l’université républicaine » qui sépare riches et pauvres est la mission que la ministre Vidal a endossée, comme avant elle tous les ministres depuis au moins 2007.

Depuis hier sur Twitter, les (surtout) jeunes enseignants-chercheurs ne se soucient déjà plus de la question islamo-gauchiste, mais se révoltent contre le niveau dramatiquement bas des postes de titulaire mis au concours cette année. Le cœur de notre combat est là, même si nous ne devons rien lâcher sur la « question ».

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 06:54

 

Malgré la crise actuelle, l’exécutif s’obstine à sceller sa réforme visant à faire des économies sur le dos des sans-emploi et des travailleurs précaires. Les syndicats, unanimes contre ce texte, exprimeront une dernière fois leur désaccord à la ministre du Travail, ce mardi.

Trois reports du fait de la crise économique et un coup d’arrêt de la part du Conseil d’État n’auront pas convaincu le gouvernement d’abandonner son projet de réforme de l’assurance-chômage, décriée de toutes parts depuis sa présentation en 2018. Bien décidée à boucler le dossier rapidement, la ministre du Travail reçoit, ce mardi, les organisations syndicales pour un dernier round de consultation avant l’entrée en vigueur des premières mesures.

À l’ordre du jour, la présentation du décret, qui devrait être pris dans la foulée, en mars. Si les représentants syndicaux sont invités à exprimer leur avis pendant un tour de parole virtuel, aucun n’est dupe. « Cette concertation n’en a que le nom, le projet n’a pas bougé depuis octobre dernier ! » assène Denis Gravouil, négociateur de la CGT. « Ça fait des mois qu’on le répète : ce projet n’est pas le bon. Il faut remettre tout à plat et développer une réforme qui augmente les droits des demandeurs d’emploi et couvre plus de chômeurs », ajoute Michel Beaugas, secrétaire confédéral de FO.

Jusqu’au-boutisme

Alors que le gouvernement a dû retarder l’application de certaines mesures et en suspendre d’autres face à la vigueur de la crise sanitaire, le projet de réforme continue de faire l’unanimité contre lui. Il y a une semaine, les cinq centrales syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO) se sont ainsi fendues d’un communiqué commun, fustigeant le jusqu’au-boutisme du gouvernement. « Nos organisations demeurent en profond désaccord avec le principe fondateur de cette réforme selon lequel la baisse des allocations-chômage inciterait à un retour plus rapide à l’emploi. Cette loi est d’abord l’occasion de faire d’importantes économies budgétaires aux seuls dépens des demandeurs d’emploi », notent-elles. Selon une étude de l’Unédic de novembre 2020, les mesures gouvernementales « à leur rythme de croisière » économiseraient au régime 1,5 milliard d’euros.

Une pernicieuse refonte du calcul du salaire journalier de référence

Une indécence pour les cinq organisations syndicales, alors que la pandémie a lourdement aggravé la précarité de la population. « Le gouvernement va baisser les droits des personnes les plus précaires, qui enchaînent des contrats courts, après leur avoir accordé pour certaines une prime exceptionnelle de 900 euros. C’est un non-sens », dénonce Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT.

 

 

 

Car, si le ministère du Travail compte conditionner la moitié des mesures envisagées par la réforme (le durcissement des conditions d’éligibilité et la dégressivité des indemnités des cadres) à une baisse future du chômage, la plus pernicieuse des dispositions devrait bel et bien voir le jour pas plus tard que cet été. Il s’agit de la refonte du calcul du salaire journalier de référence, qui sert de base à la définition du montant des allocations. Au lieu de prendre en compte uniquement les jours travaillés, cette nouvelle équation s’étendra sur l’ensemble des jours de la période, y compris ceux non travaillés.

 

Une « rupture d’égalité », selon le Conseil d’état

Ces détails sont techniques. Mais les effets d’une telle mesure sont limpides : selon l’Unédic, environ un nouvel allocataire sur trois verrait le montant de son indemnité baisser de 24 % en moyenne. Et même si la décision du Conseil d’État de novembre 2020, qui jugeait la mesure porteuse d’une « rupture d’égalité », a en partie forcé le gouvernement à faire marche arrière en instaurant un taux d’indemnisation plancher, certains demandeurs d’emploi devront se passer de plus de 300 euros d’indemnités mensuelles (voir infographie). Avec en première ligne, les plus précaires. « À salaire égal et temps de travail égal, c’est le salarié qui aura eu la période d’emploi la plus discontinue qui sera le plus défavorisé », détaille Denis Gravouil.

 

Les syndicats peinent à avaler la pilule

Pour compenser cette mesure hautement discréditée, le gouvernement a bien assuré mettre en œuvre, dès cet été, un système de bonus-malus pour les employeurs recourant trop régulièrement à des contrats précaires. Mais, là encore, les syndicats peinent à avaler la pilule. « Nous pensons que ce bonus-malus n’éradiquera pas les contrats courts. Son but devrait être d’équilibrer le coût de ces contrats en mettant à contribution les employeurs, mais ce n’est pas fait de manière équitable », tempère Jean-François Foucard, secrétaire national de la CFE-CGC. « Tous les secteurs ne seront pas concernés », abonde son homologue à la CFDT, Marylise Léon.

Toutes ces objections n’entament pas l’entrain sans faille du gouvernement pour sa réforme. Qu’importe le marasme économique, l’agenda politique doit être tenu. « Le président avait annoncé deux réformes pour la fin de son mandat. Pour celle des retraites, tout le monde sait que la période électorale préprésidentielle ne s’y prête pas, d’autant plus que nous avions mobilisé des milliers de personnes dans la rue. Donc, on se concentre sur la réforme de l’assurance-chômage », analyse Michel Beaugas, de FO.

Si la rencontre de ce mardi au ministère du Travail est la dernière avant l’entrée en vigueur des premières dispositions de la réforme, les organisations n’ont pas l’intention de se contenter de cette saignée des droits des chômeurs. « On ne va pas s’arrêter là, on se retournera vers le Conseil d’État s’il le faut. Car, pour nous, il y a toujours rupture d’égalité », assure Denis Gravouil, de la CGT.

 

Fin de partie pour la prolongation des droits ?

La ministre du Travail l’a annoncé comme une main tendue aux chômeurs, mais les syndicats refusent de se laisser berner. Élisabeth Borne a indiqué, ce dimanche, que les chômeurs en fin de droits verront leur indemnisation à nouveau prolongée jusqu’à la fin du mois de mars, pour faire face à la crise du Covid. Une telle disposition avait déjà été prise pendant le premier confinement, et les indemnités des demandeurs d’emploi ont été prolongées deux fois depuis novembre 2020. Mais, alors que la ministre boucle dans le même temps la réforme de l’assurance-chômage, la manœuvre interroge. « Et après ? » demande Denis Gravouil, chargé des questions d’emploi pour la CGT. Pour le syndicaliste, tout laisserait à penser que ces chômeurs ne pourront plus compter sur le soutien du gouvernement à la fin du mois.

 

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 06:47

 

Gérard Araud, ancien ambassadeur aux États-Unis, et Étienne de Poncins, qui représente la France en Ukraine, s’en prennent à la révolution de 1871 sur Twitter, au plus grand mépris de l'histoire. Cent-cinquante ans après, l'esprit versaillais est toujours là...

La Commune de Paris reste une période méconnue. Même les plus hauts diplomates en ont une vision, disons, erronnée. Pour les 150 ans de cette révolution, voilà que l’ancien ambassadeur de la France aux États-Unis, Gérard Araud, la qualifie d’« insurrection armée contre une Assemblée qui vient juste d’être élue au suffrage universel, qui incendie par esprit de destruction les monuments de la ville, le tout sous l’œil de l’ennemi qui sable le champagne ».

 

Un tweet que notre ambassadeur en Ukraine, Étienne de Poncins, commente ainsi : « La Commune est aussi une préfiguration du totalitarisme communiste soviétique par la terreur et les massacres accomplis. Sur le plan politique, c’était une référence permanente de Lénine pour 1917. »

Seule la dernière phrase tombe juste. Pour le reste, il conviendrait de traiter cette période avec plus de rigueur et moins de mépris.

  • Un : la Commune s’est insurgée le 18 mars 1871 car Thiers tentait de s’emparer des 227 canons de la garde nationale.
  • Deux : l’Assemblée élue en février l’a été lors de législatives réclamées par l’Empire allemand, dont l’armée occupait plus de 40 départements français et retenait près de 400 000 prisonniers. Le Journal officiel ne publie d’ailleurs ni le nombre d’inscrits, ni celui de votants. Et les monarchistes remportent l’élection non pas car les citoyens adhèrent à leur régime, mais parce qu’ils apparaissent comme les garants de la paix (en échange de 5 milliards de francs-or, et de la session de l’Alsace-Moselle).
  • Trois : Paris se révolte, et la Commune adopte en 72 jours toute une série de mesures progressistes.
  • Quatre : Thiers la fait massacrer, après avoir demandé à Bismarck la libération de soldats uniquement dans ce but. L’ennemi peut sabler le champagne !
  • Cinq : les versaillais font bombarder la capitale et liquider plus de 17 000 personnes. Dans le chaos, des communards, sans l’aval de leur gouvernement, exécutent une centaine d’otages et brûlent des monuments. C’était une faute. Mais que dire des versaillais…

 

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