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15 avril 2022 5 15 /04 /avril /2022 16:36

 

Le CEN a commencé l’analyse des résultats du premier tour de l’élection présidentielle. De premières réflexions sont présentées ci-après.

D’ores et déjà le CEN appelle à engager trois batailles politiques majeures :

1) Élever le débat public sur le sens politique des résultats du premier tour

2) Mobiliser largement pour battre l’extrême droite dimanche 24 avril

3) Préparer avec une grande ambition pour la gauche et le PCF les élections législatives

 

Le CEN appelle à la tenue, dans cet entre-deux tours, d’assemblée s générales des communistes, partout en France, pour débattre et décider d’expressions et d’initiatives sur ces batailles politiques.

Le conseil national de ce jeudi 14 avril approfondira l’analyse des résultats et décidera des initiatives nationales à prendre.

Les réflexions présentées ci-après ne sont ni une analyse exhaustive du scrutin, ni des assertions indiscutables mais visent, au contraire, à permettre aux communistes d’initier un profond débat sur les résultats de ce premier tour, leur signification, les problématiques qui se posent.

1) Sur notre campagne

  • Le CEN a salué Fabien Roussel pour la campagne menée et remercie tous les communistes pour leur engagement dans la campagne ces derniers mois.
  • Le résultat, 802 588 voix et 2,28 %, forcément décevant, doit être regardé lucidement, tout en mesurant qu’il ne peut résumer notre campagne. Notre score ne doit surtout pas nous conduire à nous replier sur nous-mêmes ou à nous diviser dans un moment clé pour battre l’extrême droite et réussir les législatives.
  • Points marqués par notre candidature dans le pays :
    • Nous avons installé Fabien Roussel comme une personnalité de la gauche française, connue par des millions de nos concitoyens, qui ont aussi découvert avec lui l’ambition communiste et notre parti.
    • Nous avons porté une conception originale du travail et de l’emploi, de la République, de la France, en plaçant le projet d’une France des Jours heureux au cœur du débat politique national.
    • Fort de cette campagne, les centaines de milliers d’électrices et d’électeurs et les forces que nous avons rassemblés compteront pour l’avenir de la gauche.
  • Plusieurs facteurs peuvent expliquer la faiblesse de notre résultat :
    • Comme lors d’autres élections présidentielles, notre candidature a pâti d’un vote dit « utile », marqué cette fois-ci par un contexte de forte recomposition politique et l’habitude créée dans notre électorat au vote pour Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, au regard de notre soutien à sa candidature aux deux précédents scrutins.
    • Le besoin de progresser encore sur la vision et le projet de société que l’on oppose au capitalisme mondialisé et financiarisé.
    • Des difficultés persistantes à être en prise avec une partie de l’électorat, tant dans le monde du travail que par rapport aux attentes de l’électorat jeune, ou au besoin de montrer l’efficacité de notre projet pour répondre à la légitime peur du RN de la part d’un électorat subissant le racisme.
    • Le besoin de montrer le rôle des institutions actuelles dans la crise démocratique, les problèmes de la présidentialisation et des logiques qui l’accompagnent et restreignent le pluralisme politique.
  • Besoin d’approfondir nationalement et avec les fédérations l’analyse de notre score à tous les niveaux pour mesurer les points d’appui (nouveaux électeurs.trices rassemblés) et les difficultés (scores faibles dans beaucoup de villes que nous dirigeons).

 

2) Sur l’analyse globale des résultats

  • Résultats définitifs

 

Candidats

Voix

% Inscrits

% Exprimés

M. Emmanuel MACRON

9 785 584

20,07

27,84

Mme Marine LE PEN

8 136 375

16,69

23,15

M. Jean-Luc MÉLENCHON

7 714 959

15,83

21,95

M. Éric ZEMMOUR

2 485 937

5,1

7,07

Mme Valérie PÉCRESSE

1 679 473

3,45

4,78

M. Yannick JADOT

1 628 338

3,34

4,63

M. Jean LASSALLE

1 101 690

2,26

3,13

M. Fabien ROUSSEL

802 588

1,65

2,28

M. Nicolas DUPONT- AIGNAN

725 357

1,49

2,06

Mme Anne HIDALGO

616 651

1,26

1,75

M. Philippe POUTOU

268 986

0,55

0,77

Mme Nathalie ARTHAUD

197 171

0,4

0,56

  • Rapport de force politique

 

Évolutions des forces

 

MACRON

+3,83

LE PEN

+1,85

MÉLENCHON

+2,37

PÉCRESSE - FILLON

-15,22

JADOT + HIDALGO - HAMON

+0,02

HIDALGO - HAMON

-4,61

POUTOU

-0,32

ARTHAUD

-0,08

DUPONT-AIGNAN

-2,64

 

Évolutions des blocs

 

TOTAL GAUCHE

31,94

+4,27

TOTAL DROITE DONT MACRON

35,75

-10,39

TOTAL EXT. DROITE

32,28

+6,28

 

Poursuite de la recomposition politique : on passe de 4 forces dominant le champ politique en 2017 (LREM, RN, LR, LFI) à 3 forces (LREM, RN, LFI) dont les candidats sont tous en progression par rapport à 2017.

Faits principaux :

  • La domination du champ politique par 3 forces totalisant 72,9 % des voix.
  • Après l’écroulement du PS en 2017, c’est désormais l’écroulement de LR au profit de LREM, du RN et de Zemmour.
  • Le score historique de l’extrême droite, qui atteint son plus haut sous la Ve République, en progressant encore au détriment de LR
  • La progression de la gauche portée par JLM (+2,37) et Roussel (2,28)
  • La poursuite de l’écroulement du PS principalement au profit de LFI, mais également du PCF, d’EELV et toujours de LREM.

 

  • L'abstention : elle atteint 26,31 % des inscrits, soit plus de 12 millions de nos concitoyens (12 824 149 personnes).

Cette abstention marque la poursuite d’une forte crise démocratique, mais elle n’atteint pas le record historique de 2002 (28,4 %). Les abstentionnistes évoquent un faisceau de raisons dans l’enquete IPSOS. Pour 28 %, notamment les plus âgés, "les candidats disent les mêmes choses que lors des élections précédentes, il n'y a rien de nouveau dans leurs propositions". Environ un

sur quatre regrette que "les candidats ne soient pas à la hauteur de la fonction" (26 %), que "les jeux sont déjà faits, il n'y a pas de suspens sur le résultat" (26 %), ou "qu'aucun candidat ne correspond à leurs idées" (24 %).

 

  • Les motivations du vote

Les deux tiers des votants ont choisi leur candidat "avant tout par adhésion" (66 %), pour un tiers de vote "par défaut" (34 %). Le vote par adhésion a tout particulièrement concerné l'électorat d'Éric Zemmour (81 % de vote d'adhésion pour 19 % de vote par défaut), un peu moins celui de Jean-Luc Mélenchon (59 % / 41 %). Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon sont d'ailleurs avec ceux de Yannick Jadot les plus nombreux à s'être décidés dans les derniers jours, pour respectivement 29 % et 33 % d'entre eux. Si les électeurs ont majoritairement voté pour soutenir le candidat de leur choix, ils l'ont souvent fait en pensant au pouvoir d'achat. Cité par six personnes sur dix (58 %) comme l'un des trois enjeux qui a le plus compté au moment de choisir pour qui voter.

  • La géographie du vote

- MACRON en tête dans 49 départements (38 en 2017) + 3 Outre-Mer (Wallis, N. Calédonie, Polynésie) et dans 7 régions (Nouvelle-Aquitaine, Centre, AURA, Occitanie, Normandie, Pays-de- la-Loire, Bretagne).

- LE PEN en tête dans 41 départements (47 en 2017) +1 Outre-Mer (Mayotte) et dans 5 régions

(Corse, PACA, BFC, Grand-Est, Hauts-de-France).

- MÉLENCHON en tête dans 6 départements (5 en 2017) dont 5 en IDF et l’Ariège + 6 Outre-Mer. Il arrive de justesse en tête de la région IDF.

 

  • Sur le débat sur la non-accession de Jean-Luc Mélenchon au second tour

JLM fait plus de voix qu'en 2017. Donc la présence de Fabien Roussel ne l'empêche pas de progresser. Qu'est-ce qui empêche que cette progression lui permette d'accéder au second tour ? Le problème est d’abord la force de LREM et du RN.

Et il y a 12 millions d'abstentionnistes et plus de 500 000 bulletins blancs ! Il est un peu facile de rejeter la faute sur les 800 000 électeurs qui ont voté pour notre candidat.

Dans les derniers jours de la campagne, nous connaissons tous des électeurs qui étaient prêts à voter Fabien Roussel qui ont voté JLM sous la pression du vote dit utile. Ceux qui ont finalement voté pour FR n'auraient pas voté pour un autre candidat de gauche, ou, à tout le moins pas forcément pour JLM.

Au-delà de l’enjeu du premier tour, le problème est que l’échec du quinquennat Hollande conjugué à la démarche hégémonique de LFI, réduit considérablement la capacité de rassemblement de la gauche et la prive de toute victoire possible à la présidentielle.

Quelles que soient les attaques de la part de certains membres de LFI contre notre campagne, nous ne devons pas répondre à des invectives qui n’ont pas leur place dans le débat politique. Nous n’avons quant à nous pas d’adversaire à gauche et, même si nous ne partageons pas le choix des électeurs de voter pour Jean-Luc Mélenchon, nous comprenons à la fois la peur et l’espoir qui ont motivé leur vote. Pour une part importante d’entre eux, dans les villes que nous dirigeons, ce sont des électeurs qui ont régulièrement voté pour nos candidats aux élections locales. Dans les jours qui viennent, continuons à agir dans une démarche positive, à l’image de la campagne menée.

 

3) Mobiliser largement pour battre l’extrême droite, dimanche 24 avril

La situation est bien plus inquiétante qu’en 2017 et la possibilité d’une victoire de Marine Le Pen est réelle.

Les premières enquêtes, au soir du premier tour, en témoignent. En outre, chacun a pu constater le ripolinage, la banalisation de la candidate RN et de son projet. Conjuguée au rejet du président de la République et de son projet de casse sociale aggravée, le risque est maximum.

Le CEN appelle à la mobilisation de tous les communistes pour faire la clarté sur l’enjeu du second tour et la nécessité de battre Marine Le Pen, candidate de l’extrême droite française et européenne raciste, xénophobe, fascisante, soutenue par les pires dirigeants de ce courant à l’échelle européenne.

Fidèle à toute l’histoire de notre famille politique, jamais nous ne permettrons qu’un tel projet soit mis en œuvre à la tête de l’État, ni que le RN puisse utiliser nos institutions au service de son entreprise de haine et de division. Nous appelons à utiliser le seul bulletin de vote à notre disposition pour la battre le 24 avril prochain. Ces 5 dernières années, nous avons combattu la politique du gouvernement et de son candidat. En faisant ce choix, nous affirmons aussi que nous serons toujours ses adversaires résolus.

Nous pouvons organiser des initiatives locales dans les départements, avec toutes les forces sociales et les forces de gauche prêtes à le faire avec nous, pour mobiliser largement pour battre l’extrême droite.

 

4) Préparer les élections législatives avec une grande ambition pour la gauche et le PCF

Nous appelons toutes les composantes de la gauche, Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis, Anne Hidalgo et les socialistes, Yannick Jadot et les écologistes, à nous réunir dans les tous prochains jours pour que les élections législatives nous permettent d’empêcher l’élection de députés d’extrême droite et de droite et d’envoyer le plus grand nombre possible de députés de gauche à l’Assemblée nationale.

Dans un contexte de forte menace sur la représentation de la gauche à l’Assemblée, nous voulons à la fois garantir la réélection de tous les sortants des forces de gauche, tout en mesurant les conquêtes possibles ce qui nécessite de donner un contenu, une ambition à la victoire de la gauche dans le maximum de circonscriptions, comme nous le portons depuis des mois avec notre proposition d’un pacte d’engagements communs.

Des possibilités existent, il faut les mettre à profit, être utiles à nos concitoyens. Nous prenons nos responsabilités et Fabien Roussel, dès dimanche soir par sa déclaration publique, et dès le lendemain de l’élection s’est adressé en ce sens aux candidats de gauche.

Simultanément, nous travaillons bien sûr à être présents dans la très grande majorité des circonscriptions pour faire vivre les idées que nous avons portées dans cette campagne, et soutenir et développer les luttes indispensables à la résistance aux projets réactionnaires et à la construction de l’alternative. Aussi, nous devons accélérer encore la désignation de nos candidats.

 

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15 avril 2022 5 15 /04 /avril /2022 16:35

 

Remercier le travail des journalistes qui ont tout fait pour faire vivre cette présidentielle malgré une actualité forte, l’absence du débat, l’entrée tardive et très faible du candidat Macron alors que le ressentiment à son égard est fort.

 

J’espère que vous avez vécu une campagne heureuse avec nous. En tout cas, c’est le cas pour moi.

Je savais que cette campagne demandait beaucoup au candidat, aux équipes, avec des coups durs, des surprises, de la fatigue.

 

Nous n’avons pas été déçus pour cela. Cette campagne a été aussi marquée par beaucoup de belles rencontres, de moments forts, heureux et je garderai donc aussi tous les sourires rencontrés.

 

Le résultat final, à l’issue de cette belle campagne est donc décevant, malgré tous les points marqués.

Ce qui est dur, c’est le résultat très élevé de l’extrême droite qui progresse encore malgré une abstention plus forte.

 

Depuis sa 1ère campagne, en 2012, elle progresse de 1,6 millions de voix avec une abstention supplémentaire.

Il faut tout faire pour la battre, en utilisant le bulletin Macron et non pas en s’abstenant.

C’est de plus en plus difficile de le faire car Macron porte une grande responsabilité dans cette situation, à cause de sa politique qui a tellement appauvri les français, affaibli notre pays, nos services publics.

 

Ce qui est dur, c’est aussi l’ampleur du vote prétendument utile. Il a fonctionné de manière exceptionnelle, spectaculaire.

Beaucoup qui auraient voulu voter davantage pour les idées dont ils sont les plus proches, ont voté pour qualifier celui qui, à gauche, à droite, à l’extrême droite, avaient le plus de chances d’être qualifié au second tour. Il y a un dégagisme puissant qui s’exprime au 1er tour de cette élection présidentielle.

 

Cela est dû au mode de scrutin présidentiel, le seul qui qualifie au 2nd tour seulement les 2 premiers arrivés en tête.

Cela tue le débat, et le vote pour ses idées.

Notre Vème République est à bout de souffle.

 

Je n’en veux absolument pas à ceux qui, au final, ont changé leur bulletin de vote « Fabien Roussel » en bulletin de vote « Jean-Luc Mélenchon ». Ils ont sincèrement voté pour éviter d’abord le duel Macron/LePen.

 

Cela donne encore plus de valeur, plus d’importance à ce que nous avons réussi à rassembler, à faire vivre :

Rassembler 802 000 voix et faire 2,28 % relève presque de l’exploit quand on a été absent pendant 15 ans et face au dégagisme.

Je félicite et salue encore une fois nos électeurs et tous les soutiens. On est parti de si loin.

 

Nous avons participé au débat, apporté du neuf, des propositions utiles au pays : faire passer le travail avant les dividendes, obtenir l’augmentation des salaires, des retraites et du pouvoir d’achat, rebâtir une République sociale, laïque et universaliste, forte contre les discriminations,  le racisme et l’antisémitisme,  agir pour la souveraineté énergétique,  industrielle,  alimentaire de notre pays, faire grandir une voix indépendante de la France pour la paix et la coopération en Europe et dans le monde, voilà notre boussole.

 

C’est un point d’appui, une force, un capital politique qui compte tout de suite et qui comptera pour la suite.

C’est une force qui doit compter pour les élections législatives à venir.

Si cette présidentielle est un piège, il est possible, pour la Gauche, pour le monde du travail, pour la jeunesse, d’en sortir avec ces élections.

Il faut aujourd’hui donner cet espoir et dire que c’est à portée de main.

 

Avec 32 %, +4,3 %, la gauche progresse. Elle pourrait l’emporter dans 150 circonscriptions contre 60 aujourd’hui avec des députés sortants.

 

Il faut donner cet espoir que la Gauche pourrait gagner les élections législatives et mettre en place une tout autre politique pour les français.

 

Bien sur, Jean-Luc Mélenchon, que j’ai félicité pour son résultat (22 %), est celui qui peut envoyer ce signal et permettre de faire gagner beaucoup, beaucoup de députés de gauche. Je lui redis aujourd’hui l’entière disponibilité du PCF et de moi-même pour trouver cet accord.

 

Je fais cette proposition à Jean-Luc Mélenchon : voyons-nous, discutons comme nous l’avons fait jusqu’à maintenant.

Je suis disponible pour discuter de toute proposition qu’il mettrait sur la table. Soyons ambitieux !

Identifions, ensemble, toutes les circonscriptions où la Gauche est en capacité de l’emporter.

Je lui fais la proposition d’additionner nos voix, nos programmes, nos idées, tout en respectant nos différences.

Soutenons les sortants et faisons élire le plus de députés communistes, insoumis, et adressons-nous, dans le même esprit, aux autres forces de gauche.

 

J’espère que nous trouverons les voies de cette discussion.

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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 07:07
Fabien Roussel – Élection présidentielle - Déclaration à l’issue du 1er tour  – 10 avril 2022, 20h15
Fabien Roussel – Élection présidentielle
 
Déclaration à l’issue du 1er tour  – 10 avril 2022, 20h15
 
Mesdames et Messieurs, Mes chers amis,
Je veux avant tout remercier les électrices et électeurs qui m’ont soutenu à l’occasion de ce premier tour de l’élection présidentielle, d’avoir voté pour la France des Jours heureux, pour une France heureuse, solidaire et digne. Chacune de vos voix est importante et doit être respectée.
Ce premier tour est encore marquée par une abstention forte qui révèle autant les fractures de notre société qu’un malaise profond.
L’extrême droite, représentée par plusieurs candidats, n’a jamais été aussi forte dans notre République. L’heure est grave.
Le vote dit « utile » a largement servi les 3 candidats arrivés en tête ,au détriment de tous les autres.
Face à cette lame de fond, je tiens à saluer les centaines de milliers d’électeurs et les dizaines de milliers de militantes et de militants communistes, et de tous les partenaires qui se sont engagés dans cette campagne.
Vous avez mené une campagne remarquable, vous avez été incroyables. Soyez fiers de ce que vous avez fait, car vous avez semé beaucoup de graines et elles seront utiles pour la suite.
Chacune des voix portées sur ma candidature m’engage donc. Elles seront toujours demain un point d’appui pour faire gagner la justice sociale et l’égalité, pour unir nos forces, au service du monde du travail et de la jeunesse.
Car la gauche, à l’issue de ce premier tour, reste historiquement faible. Pour la première fois, le total des voix de gauche est même inférieur au total des voix d’extrême droite.
L’enjeu, et cela restera le mien, sera donc de reconstruire un gauche forte, nouvelle, populaire mais surtout en capacité de l’emporter demain.
Mon ambition, ma détermination sont d’autant plus fortes que, ce soir, le pays affronte un défi redoutable.
Car l’extrême droite accède au second tour, avec une réserve de voix faisant peser une menace majeure sur l’avenir de la République.
Le président-candidat est le premier responsable de cette situation.
Après un quinquennat où notre peuple a vu se dégrader son pouvoir d’achat, ses conditions de travail, ses services publics, sa souveraineté industrielle ou énergétique, il a refusé le débat devant les Françaises et les Français. Pour tout programme, il n’a présenté que des mesures de casse sociale aggravée, à commencer par le passage à 65 ans de l’âge du départ à la retraite.
Une large partie de la France vient de lui dire qu’elle ne supportait plus son comportement méprisant et sa volonté d’enrichir les plus riches.
Il appartient maintenant à Emmanuel Macron de dire qu’il a entendu le message. C’est à lui de parler !
 
Il doit dire, aujourd’hui, clairement qu’il renoncera à ses réformes insensées.
Sauf à faire courir à la France le risque d’une catastrophe démocratique, il doit renoncer à infliger à nos compatriotes une nouvelle cure de souffrance, et il doit d’ores et déjà retirer son projet d’allongement d’âge de départ à la retraite, de casse de l’hôpital public, de privatisation de l’école publique, que le pays rejette.
Pour ma part, dimanche 24 avril, je ferai le choix de la responsabilité.
Fidèle à toute l’histoire de ma famille politique, je ne permettrai jamais qu’un projet raciste et xénophobe soit mis en œuvre à la tête de l’État. Je ne me résoudrai jamais à ce que Madame Le Pen puisse utiliser nos institutions au service de son entreprise de haine et de division.
Jamais nous ne banaliserons l’extrême droite et ses idées.
C’est pourquoi, j’appelle à battre l’extrême droite, à la mettre en échec en se servant du seul bulletin qui sera à disposition.
Je fais ce choix, je sais qu’il est de plus en plus difficile, car de plus en plus de Français, d’hommes et de femmes de progrès, de gauche, n’en peuvent plus d’avoir à choisir entre la droite et l’extrême droite !
Ces 5 dernières années, nous avons combattu la politique de ce gouvernement et de son candidat. Nous serons toujours ses adversaires résolus.
J’appelle ce soir tous les candidats et toutes les composantes de la gauche, Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis, Anne Hidalgo et les socialistes, Yannick Jadot et les écologistes, à préparer ensemble les initiatives qui permettront de battre l’extrême droite.
Je les invite aussi à nous réunir dans les tous prochains jours pour que les élections législatives nous permettent d’envoyer le plus grand nombre possible de députés de gauche à l’Assemblée nationale.
Car c’est à l’Assemblée qu’il faudra commencer à résister aux projets dangereux de la droite et de l’extrême droite, à arracher des avancées pour les Français.
A l’heure où le pays fait face aux plus grands dangers, à un monde plongé dans la guerre et le chaos, la gauche doit se reconstruire pour recréer l’espoir.
Nous continuerons de nous battre pour passer le travail avant les dividendes, arracher l’augmentation des salaires, des retraites et du pouvoir d’achat, rebâtir une République sociale, laïque et universaliste, d’agir pour la souveraineté énergétique, industrielle, alimentaire de notre pays, de faire grandir une voix indépendante de la France en Europe et dans le monde.
Avec les forces et les personnalités rassemblées pour porter la campagne des Jours Heureux, nous lancerons un Conseil national pour la République.
Nous voulons ainsi contribuer au sursaut collectif indispensable, pour la France, pour la gauche.
Une nouvelle page de l’histoire française doit s’écrire.
Vous pouvez compter sur moi pour y prendre toute ma part, avec toujours autant d’enthousiasme et d’engagement au service de tous les Français.
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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 05:50
Elections Présidentielles, 10 avril 2022 - 1er tour: Les résultats sur la commune de Morlaix

Au 1er tour des présidentielles, ce 10 avril, il y a eu 74,2% de participation à Morlaix, 7740 votants, sur 10 423 inscrits, dont 7612 suffrages exprimés.

Les candidats qui ont obtenu le plus de suffrage dans l'ordre:

Jean-Luc Mélenchon - 30,37% - 2312 voix

Emmanuel Macron - 29,8% - 2269 voix

Marine Le Pen - 13,49% - 1027 voix

Yannick Jadot - 6,27% - 477 voix

Valérie Pécresse - 4,22% - 321 voix

Eric Zemmour - 3,81% - 290 voix

Fabien Roussel - 3,66% - 279 voix

Anne Hidalgo - 3,14% - 239 voix

Jean Lassale - 2,05% - 165 voix

Nicolas Dupont-Aignan - 1,43% - 109 voix

Philippe Poutou - 1,21% - 92 voix

Nathalie Arthaud - 0,43% - 41 voix

 

Et les résultats de Fabien Roussel par bureau:

Bureau 1 - Mairie, Charles Cornic: 3,16% (23 voix)

Bureau 2 - Mairie, Ange de Guernisac: 3,78% (26 voix)

Bureau 3 - Poan Ben: 4,40% (31 voix)

Bureau 4 - Gambetta: 3,99% (25 voix)

Bureau 5 - Services Techniques, Kernegues: 3,28% (21 voix)

Bureau 6 - Troudousten: 2,84% (21 voix)

Bureau 7 - Ploujean: 2,28% (21 voix)

Bureau 8 - La Boissière, Jean Jaurès : 5,28% (27 voix)

Bureau 9 - Mille Club La Madeleine: 3,44% (23 voix)

Bureau 10 - Zoé Puyo, Vierge Noire: 3,38% (19 voix)

Bureau 11 - Jean Piaget, Kerfraval: 5,12% (42 voix)

Total pour Fabien Roussel: 279 voix (3,66%)

 

 

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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 05:49

 

 

Avec la sortie du dernier rapport du GIEC, on a voulu s’intéresser au classement du candidat des Jours Heureux, Fabien Roussel, dans les différents questionnaires environnementaux qui ont jalonné cette fin de campagne, en faisant un focus sur les transports, secteur majeur des émissions de GES en France.

 

140 milliards d’euros dont 26 milliards pour les transports

Avant de commencer, rappelons que le GIEC requiert que les différents pays consacrent 6% du PIB à la lutte contre le réchauffement climatique, pour contenir la hausse des températures sous les 1,5 degrés. Ceci représente, pour la France, 140 Milliards d’euros chaque année. La lecture des programmes des 12 candidats à la présidentielle montre que seul Fabien Roussel met une telle ambition financière sur la table. On comprend aisément que la philosophie de partage et de mise en commun d’un candidat communiste facilite ce positionnement, dont le corollaire est un interventionnisme public très marqué, tant il est évident que le marché n’a pas et ne peut pas avoir cette nécessaire vision de long terme.

Parmi ces 140Md€, 26Md€/an sont consacrés aux transports dans l’objectif de sortir de la voiture et du camion fossile. Dans le détail il s’agit, par an, de :

  • 5Md€ supplémentaire pour le réseau ferroviaire (régénération et modernisation du réseau structurant, sauvetage et réouverture de petites lignes, grands projets ferroviaires interurbain type LGV)
  • 4Md€ pour le fret ferroviaire
  • 3Md€ pour les transports en commun des agglomérations en soutien aux investissements des collectivités (pour de nouvelles lignes de métro, tram, BHNS… )
  • 1Md€ pour le vélo, avec l’objectif de 100 000km de réseau cyclable en 10 ans, et les services associés (stationnements sécurisés, intermodalité avec les transports collectifs…)
  • 3Md€ pour une prime à la conversion de 10 000€ pour les propriétaire modestes de voitures crit’air 3, 4 ou 5 prochainement interdites dans les ZFEm (Zone à Faible Emissions mobilités) : ces ZFEm sont une véritable bombe sociale qui condamnerait à l’immobilité de nombreux ménages s’il n’est pas prévu de solution alternatives. A noter que le candidat a précisé que cette prime à la conversion serait aussi accessible à l’acquisition de vélos, notamment à haut niveau de service (vélo électrique, vélo cargo…)
  • 5Md€ pour la gratuité des transports collectifs urbains
  • 2Md€ pour la gratuité des abonnements TER des salariés entre leur domicile et travail (via la prise en charge par l’Etat de la part de 50% non prise en charge par l’employeur), et pour les jeunes
  • 3Md€ consacrés à une baisse de 30% des prix des billets de trains et une forte hausse de l’offre, en service public

L’ensemble des dépenses en faveur du train est ainsi de 14Md€ par an dans le programme de Fabien Roussel.

 

Comparaison avec les autres candidats

  • Le programme de Jean Luc Melenchon prévoit 200Md€ pour le climat sur le quinquennat soit 40Md€ par an, dont 8,8Md€ pour les transports (dont 6,25Md€ en faveur du train)
  • Le programme de Yannick Jadot prévoit 35Md€ par an pour le climat, dont 4Md€ pour le train et 0.5Md€ pour le vélo

Dès lors, on aurait pu s’attendre à un bon classement du candidat Fabien Roussel, au titre des engagements financiers, et à minima sur la thématique transport. On constate que non, et on va regarder comment sont établis ces classements.

 

L’évaluation du Réseau Action Climat

Passons rapidement sur le Réseau Action Climat (RAC), dont il est légitime de se demander si le combat est le climat ou la sortie du nucléaire, énergie pourtant décarbonée. Fabien Roussel n’étant pas partisan du 100% renouvelable, mais du 100% décarboné (et 100% public) incluant donc une large part de nucléaire dans la production d’électricité, on comprend vite le classement totalement subjectif de ce réseau, qui, surprise, considère Yannick Jadot comme le meilleur candidat. D’aucuns considéreront qu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ! Le RAC déplore que les nouveaux réacteurs nucléaires ne seront pas mis en service avant 2030, mais il oublie que l’EPR de Flamanville pourra l’être avant : sa production électrique annuelle, 13 TWh, correspondra à celle de tout le parc solaire installé en 2020 et en évitant le recours aux centrales à charbon en France ou en Europe, permettra d’éviter l’émission de 10 Millions de tonnes de CO2, c’est à dire environ 2% des émissions françaises, et 5% de l’effort à fournir par la France d’ici à 2030 pour atteindre ses objectifs de réduction de -55% d’émissions de CO2 par rapport à 1990. Le RAC oublie également que le rehaussement des ambitions climat de la France à -55% des émissions CO2 en 2030 par rapport à 1990 au lieu de -40% implique selon le gestionnaire du réseau électrique RTE de ne fermer aucun réacteur nucléaire d’ici 2030, ce qui rends caduc les scénarios 100% ENR à court et moyen terme. Le RAC se garde bien, évidemment de mal noter les candidats qui prévoient de tels scénarios.

 

Les « Shifters » et leur approche

“Les Shifters”, association liée au Shift Project (dirigé par Jean Marc Jancovici) qui travaille un Plan de Transformation de l'Économie Française (PTEF) a également procédé à une évaluation des candidats. Un raccourci médiatique un peu rapide en a dit que Jean Luc Mélenchon était le mieux classé. Mais c’est sans comprendre la méthodologie des Shifters ni les documents utilisés concernant Fabien Roussel. Les Shifters disent eux-même n’avoir pas classé les candidats, mais seulement analysé leur programme au prisme de la SNBC (Stratégie Nationale Bas Carbone) pour voir “quelles cases étaient cochées” (selon l’expression de Jean Marc Jancovici), sans hiérarchie entre les secteurs, ni vérification de la cohérence avec le reste du programme (économique, social…).

Faisons un focus sur l’évaluation transports de Fabien Roussel. Les Shifters écrivent, comme lacune par rapport à la SNBC que « La question du transport aérien n’est pas traitée. ». Cela n’est pas factuel. D’une part car Fabien Roussel reprend la mesure de la CCC (Convention Citoyenne pour le Climat) d’interdiction des vols aériens quand une alternative en train de moins de 4h existe. Et qu’en outre, il propose de finir le maillage TGV du pays (détail des liaisons https://www.pcf.fr/pour_f_ter_les_40_ans_du_tgv_lan_ons_un_programme_d_investissements_de_40_milliards_fabien_roussel ), ce qui ferait tomber les plus grosses liaisons aériennes intérieures sous le seuil d’interdiction. Et d’augmenter la fréquence des trains, avec de nouvelles liaisons de jour comme de nuit, notamment sur les relations transversales. Cumulé avec la baisse de -30% du prix des billets de train, un report modal massif est attendu.

De surcroît, il propose le renforcement des taxes d’aéroport pour les jets privés et les classes affaires.

Le reproche fait à Fabien Roussel est donc très curieux, sinon étrange, d’autant plus qu’au niveau transports, 2 autres candidats (Jean Luc Melenchon et Yannick Jadot) sont mieux “notés”, alors que leurs propositions pour les transports sont financièrement moindres (d’un rapport 2 à 3, voir ci-dessus), et qu’ils sont par exemple notoirement contre les grands projets de nouvelles lignes ferroviaire. Exemples emblématiques : Lyon Turin, ou la LGV GPSO Bordeaux Toulouse (https://fi33.fr/gpso-et-lgv-bordeaux-toulouse-cest-toujours-non/ et dans le programme de Yannick Jadot : “Nous arrêterons les grands projets inutiles (Lyon-Turin, LGV Rhin-Rhône, LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax-frontière espagnole)”) ou encore le la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur qui prévoit une nouvelle gare souterraine à Marseille pour correctement relier la ligne existante vers Toulon et Nice au réseau national… dans la 4è circonscription des Bouches du Rhône (englobant la gare Marseille St Charles) du député Jean Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle, qui n’aura jamais donné un avis sur en 5 ans de mandat sur un projet national concernant sa circonscription (et dont le financement nécessitera des votes au Parlement) !

 

Sur ce tableau (issu des travaux du Shift Project) sont repris en colonne de droite les trafics des mobilités longue distance. On constate que le trafic longue distance en mode carboné, c’est à dire, avion, voiture et cars macron (351 Mds vk) (le vk est l’unité de mesure du trafic, pour 1 voyageur se déplaçant sur 1 km) représente 5,5 fois le trafic ferroviaire de longue distance existant (64 Mds vk). Il faut dès lors bien voir qu’un report modal significatif est possible, mais qu’il ne pourra pas être obtenu “à réseau constant”. Davantage de trains, c’est davantage de voies pour faire circuler les trains, et sur les axes principaux, cela signifie de nouvelles lignes, puisque l’ensemble des trafics fret et voyageurs courtes et longues distances s’y cumulent. Le PDG de la SNCF Jean Pierre Farandou ne s’y trompe pas, et dans sa publication “le fer contre le carbone” ( https://www.jean-jaures.org/wp-content/uploads/2022/02/fer-carbone.pdf ) considère nécessaire, pour seulement doubler les trafics ferroviaires, de réaliser les projets Bordeaux-Toulouse/Dax, Montpellier Perpignan et Provence Côte d’Azur.

Les Shifters écrivent également : “De plus, à aucun moment il n’est question de la sortie des énergies fossiles pour les transports.”. Au vu du choc tarifaire et d’infrastructure sur les transports collectifs proposé par Fabien Roussel, ainsi que de la prime à la conversion, et d’un financement qui participe à la démotropolisation (taxe sur les bureaux dans les zones très denses, notamment en Ile de France pour financer les transports dans tout le pays), cette affirmation n’est pas fondée. La question se pose par contre de savoir quel autre candidat en propose autant pour sortir des énergies fossiles dans les transports, sans recourir à l’immobilité contrainte, à laquelle les communistes se refusent car se déplacer est un droit.

Les Shifters notent aussi : “mesures allant à l’encontre de la SNBC : La baisse de la TVA et de la TICPE sur l’énergie”. Cela participe effectivement d’une vision qui n’est pas celle des communistes puisqu’elle consiste à accroître le poids de la fiscalité indirecte qui pèse davantage sur les ménages modestes, et peut les enfermer dans un piège si des solutions alternatives ne sont pas proposées. Toutefois, ces baisses proposées par Fabien Roussel visent à bloquer à 1,70€ le litre de carburant, et participent d’une TICPE flottante, de sorte que l’Etat agit comme un amortisseur des mouvements erratiques du marché. C’est la responsabilité des Shifters de noter négativement cet aspect, mais on notera que le candidat Jean Luc Mélenchon qui propose un blocage du prix du carburant à 1,40€, donc contrevenant encore plus à la logique des Shifters n’est pas noté négativement sur ce critère… car il a annoncé cette mesure après l’évaluation des Shifters.

Tout ceci montre tout le recul qu’il faut prendre sur ce que les Shifters eux-mêmes n’appellent pas un classement.

 

L’Affaire du Siècle et leur classement

Terminons ce panorama des “classements écologiques” par celui de “l’Affaire du Siècle” : il s’agit du collectif d’associations qui a porté plainte contre l’Etat pour inaction climatique, et juge le programme des candidats qui selon ce collectif, permettra à la France de sortir de l’illégalité. Le collectif juge entre 60 et 80% les chances de Fabien Roussel de sortir la France de l’illégalité, tout comme pour la candidate Anne Hidalgo. Deux candidats auraient des chances supérieures à 80% : Yannick Jadot et Jean Luc Mélenchon. Le jugement le plus sévère pour Fabien Roussel est sur l’industrie, mais est sans doute lié à une volonté de fortement réindustrialiser la France, et ainsi diminuer l’empreinte carbone des importations, ce qui a pu heurter les attendus du collectif. Globalement l’Affaire du siècle juge que “Son programme comporte de l’ambition pour le climat, avec des investissements financiers très significatifs”. Faisons là aussi un focus sur l’évaluation transports. Sur tous les aspects liés à la croissance du trafic ferroviaire, le collectif attribue la note maximale à Fabien Roussel et considère même que son programme va au-delà des objectifs de la SNBC (avec 3 fois + d’investissements ferroviaires et une croissance de 80% en 2030 au lieu de 27%). Il y a en fait lieu de penser que c’est la SNBC qui manque d’ambition, et ainsi qu’il faudrait moins bien noter les candidats qui s’en contentent. Le collectif a par ailleurs renoncé à évaluer la proposition de baisse de 30% des billets de trains, dont l’effet serait pourtant significatif.  Le plan vélo est lui aussi salué d’un montant double de celui estimé dans la SNBC. Pour autant le collectif juge non crédible l’objectif de part modale de 12% fixé par Fabien Roussel, là encore comme s’il fallait se contenter de la faible ambition de la SNBC : les investissements pour le vélo sont pourtant reconnus comme efficaces pour permettre un report modal en sécurisant les cyclistes, les moins coûteux pour un effet immédiat et générant le maximum de co-bénéfices. Là aussi, il conviendrait de moins bien noter les candidats aux ambitions moindres plutôt que de plafonner les objectifs du 1er secteur d’émissions de CO2 : les transports. Les mesures en faveur des véhicules particuliers à faible émission recueillent également la note maximale, en dépassant de nouveau les objectifs, notamment l’obligation de flotte d’entreprise 100% propre lors des renouvellements en 2030, et le dispositif de prime à la conversion. Le candidat est moins bien jugé pour le covoiturage : ce jugement est contestable, mais surtout on comprend mal pourquoi les dépassements d’objectifs sur les précédents critères ne compense pas celui-ci pour arriver au même résultat. On relève que le collectif ne note même pas la mesure de gratuité des TER et transports collectifs urbain, ni celle de l’investissement massif proposé par Fabien Roussel dans les métros, tram et BHNS des agglomérations : l’impact attendu sur la diminution des trajets routiers et la moindre dépendance à la voiture est pourtant décisif. Enfin, Fabien Roussel est curieusement mal noté s’agissant du trafic aérien. On retrouve ici l’absence d’évaluation de la mesure de baisse des tarifs ferroviaires de -30%, alors même que l’augmentation des tarifs aériens pour d'autres candidats est positivement notée. La proposition de taxes d’aéroport renforcées sur les jets privés et taxes sur les classes affaires n’est même pas mentionnée. Enfin, l'impact d’un maillage TGV plus complet du pays et d’un renforcement des liaisons transversales de jour comme de nuit semble sans impact pour le collectif, qui ne crédite positivement que les mesures d’interdiction. On retrouve là encore l’originalité du candidat des jours heureux pour défendre le droit pour tous aux transports et aux déplacements, et le refus de l’immobilité contrainte.

 

Conclusion

Retenons de tous ces classements que les catalogues de bonnes intentions sans financement correspondant ne sont pas très engageants. Ce qui est attendu d’un candidat à la Présidentielle est de fixer le cap des priorités, et notamment les engagements financiers. L’argent est le nerf de la bataille. Discuter du contenu précis du catalogue relève bien davantage du rôle du Parlement.

Le candidat des jours heureux développe où il prendra l’argent, tant pour la priorité climatique que pour les autres priorités de son projet de redistribution des richesses, indissociable des combats environnementaux pour l’avenir de la planète qui est notre bien commun : il assume pour cela un interventionnisme public fort, avec un Etat stratège et la planification.

(*) Rémi QUINTON est militant pour le climat dans le domaine des transports.

 

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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 05:40
Présidentielle. Pour Fabien Roussel, «les gens ont besoin de retrouver de l’espoir »  - L'Humanité, 7 avril 2022 (Interview avec Julia Hamlaoui et Cédric Clérin)
Présidentielle. Pour Fabien Roussel, «les gens ont besoin de retrouver de l’espoir »

Après un an à arpenter le pays, le député du Nord a réussi à creuser son sillon dans la présidentielle. Le candidat communiste a marqué la campagne, fort d’un projet positif qui s’attaque à la finance et redonne du pouvoir aux salariés. Rencontre avec Fabien Roussel heureux et fier de défendre les classes populaires.

Publié le Jeudi 7 Avril 2022 - Julia Hamlaoui - Cédric Clérin

À la veille du premier tour de l’élection présidentielle, le 10 avril, Fabien Roussel nous a reçus, entre un déplacement à Besançon, dans le Doubs, et un plateau télé. Le candidat communiste n’en démord pas ; il veut s’adresser à cette France populaire, encore indécise : « Je souhaite les convaincre, comme ceux qui ont voté à droite ou à l’extrême droite, ou qui ont été abstentionnistes», affirme le député du Nord, fier du chemin parcouru depuis le lancement de sa campagne pour des « Jours heureux ».

Le premier tour n’est plus qu’à quelques jours, dans quel état d’esprit êtes-vous alors que cette campagne présidentielle – la première avec un candidat PCF depuis quinze ans – arrive à son terme ?

D’abord, je mesure le chemin parcouru. Depuis son lancement, il y a presque un an, notre campagne s’est élargie, nous rassemblons bien au-delà des communistes. Nous finissons avec de nouvelles forces à nos côtés, d’anciens socialistes, les Radicaux de gauche, la Gauche républicaine et socialiste, le Mouvement républicain et citoyen, etc. J’ai aussi mesuré combien les Français s’attachent autant aux contenus qu’à la personne qui les porte. C’est une élection qui reste très personnalisée. J’ai aussi un regret : l’absence de débat entre candidats, projet contre projet. J’aurais souhaité notamment débattre avec le candidat Macron de la fraude fiscale, de la vie des salariés, des retraités… C’est grave qu’il ait refusé. Surtout si c’est ensuite pour verser des larmes de crocodile en cas de forte abstention. C’est un risque, car on a vécu une campagne sous Pfizer, on la finit sous morphine. A contrario, j’ai été frappé par le fait que les gens ont besoin de retrouver de l’espoir, qu’on les respecte, qu’on les défende. C’est pour cela que j’ai jusqu’au bout mis ma campagne aux couleurs des « Jours heureux ». On en a tellement besoin.

J’ai un regret : l’absence de débat entre candidats, projet contre projet. J’aurais souhaité notamment débattre avec le candidat Macron de la fraude fiscale, de la vie des salariés, des retraités… C’est grave qu’il ait refusé. Surtout si c’est ensuite pour verser des larmes de crocodile en cas de forte abstention.

Ce parcours est-il conforme à ce que vous imaginiez au départ ?

Nous savions que ce serait un immense défi, un chemin parsemé d’embûches. On n’a pas été déçu.Mais je n’avais pas imaginé non plus à quel point ce serait une campagne enthousiaste. En réalité, j’aimerais que ça continue : j’ai cet appétit des rencontres avec les Français. Je pense aux salariés des Fonderies du Poitou, qui n’ont pas de repreneur, à ceux de la SAM auxquels on demande de dégager, aux étudiants pour lesquels Macron estime que le stress de Parcoursup est salutaire. Je veux continuer de les défendre, me battre à leurs côtés, faire respecter leur boulot.

Après le Covid, la guerre en Ukraine a bouleversé la campagne. Face à une telle crise, quelles seraient vos premières décisions à l’Élysée ?

La situation évolue très vite, mais je serais guidé par deux priorités. La première, c’est donner toute sa force à la diplomatie pour un cessez-le-feu le plus rapide possible. Tout doit être fait pour peser sur Vladimir Poutine, obtenir un cessez-le-feu, et éviter l’embrasement. Il faut renforcer les sanctions contre les oligarques. Elles s’appliquent aux patrimoines d’au moins 5 milliards d’euros. Au début, c’était même 10 milliards. À ce tarif, ils ont de quoi voir venir. Ma deuxième priorité serait de mesurer l’impact de chaque décision sur la vie des Français. Parce que je n’accepterais pas davantage de dégradation de leur pouvoir d’achat ou de l’emploi.

Je mettrais en œuvre immédiatement l’augmentation du Smic à 1923 euros brut, des pensions à un minimum de 1 200 euros. Puis je lancerais une grande concertation avec l’ensemble des filières pour une hausse générale des salaires.

Dès le départ, vous avez fait de la lutte contre la vie chère un enjeu majeur de votre campagne. Alors que la plupart des candidats – parfois contraints et forcés par l’actualité – se sont saisis de la question du pouvoir d’achat, en quoi faites-vous la différence ?

Je mets en première ligne l’augmentation des salaires et des pensions. C’est tellement urgent que même la droite a été obligée de s’y mettre. Mais, attention, certains la proposent à la mode des assureurs, avec un petit astérisque « sans hausse des cotisations », voire « avec baisse des cotisations ». Bien sûr ils ne le précisent jamais, mais cela signifie en vrai, « demain, sans Sécurité sociale ». J’alerte donc sur ces arnaqueurs. À gauche, l’une des différences que j’ai revendiquées, c’est que nous voulons non seulement mieux répartir les richesses, mais aussi décider comment nous les produisons. Pour cela, il faut se réapproprier nos moyens de production en partageant le pouvoir dans les entreprises. Ce n’est pas une mesure fiscale, mais démocratique. Elle consiste à prendre le pouvoir sur la finance. C’est le cœur de mon projet pour la France.

Ça ne coûte rien – au-delà d’abroger les lois El Khomri et les ordonnances Macron – de donner du pouvoir aux salariés dans les comités d’entreprise, dans les conseils d’administration pour décider de produire mieux en respectant les êtres humains, les ressources naturelles, la biodiversité, l’égalité salariale... L’autre volet, c’est la défense et le développement de nos services publics. En cinq ans, nous proposons 500 000 créations d’emplois dans la santé, l’enseignement, les douanes, la justice, etc. Il s’agit même d’en créer un nouveau : un service public du lien pour tous ces métiers en contact avec les aînés ou la petite enfance. À 80 %, ce sont des emplois féminins avec des horaires décalés, sous-payés, alors qu’ils sont essentiels.

Au-delà de ces profonds changements, comment, au lendemain de l’élection, si vous étiez au pouvoir, les Français pourraient-ils finir leur mois plus facilement ?

Pour tout de suite donner un coup de fouet au pouvoir d’achat des Français par la loi, je mettrais en œuvre immédiatement l’augmentation du Smic à 1923 euros brut, des pensions à un minimum de 1 200 euros. Puis je lancerais une grande concertation avec l’ensemble des filières pour une hausse générale des salaires. Si nous n’y parvenons pas par le dialogue, je mettrai en place un mécanisme, qui a existé dans les années 1980 : l’échelle mobile des salaires, pour les indexer sur l’évolution du Smic. Nous nous engagerons aussi sans tarder dans la relocalisation de notre production. C’est déterminant, parce que si les gains de pouvoir d’achat servent à acheter des produits venus de l’étranger, ça ne marche pas. C’est ce qu’on a appris des années 1980. Il faut à la fois un choc de la demande et de l’offre locale.

Nous augmenterons le budget de l’État en allant chercher l’argent là où il est avec la lutte contre la fraude fiscale, la taxation du capital, le rétablissement et le triplement de l’ISF, le prélèvement à la source des bénéfices des multinationales, etc. Dès la première année, 30 milliards d’euros peuvent entrer dans les caisses de l’État.

Emmanuel Macron, en tête dans les sondages, promet retraite à 65 ans et RSA conditionné à des heures d’activité. Vous y opposez des « Jours heureux », des « réformes positives », dont la retraite à 60 ans et l’augmentation des minima sociaux. Où en trouvez-vous les moyens ?

D’abord, nous dépenserons mieux l’argent public. Le plan de relance d’Emmanuel Macron, c’est 100 milliards d’euros. Donner gratis à des multinationales comme Amazon ou Total, qui viennent de faire 160 milliards d’euros de bénéfices, c’est hors de question. Nous conditionnerons les versements à des investissements, au respect de règles climatiques et sociales. Second levier : nous augmenterons le budget de l’État en allant chercher l’argent là où il est avec la lutte contre la fraude fiscale, la taxation du capital plutôt que du travail, le rétablissement et le triplement de l’ISF, le prélèvement à la source des bénéfices des multinationales, etc. Dès la première année, 30 milliards d’euros peuvent entrer dans les caisses de l’État. La Banque centrale européenne doit aussi jouer un tout autre rôle. Le pacte de stabilité est mort, et nous voulons faire définitivement sauter le verrou budgétaire pour investir, non pas principalement dans des dépenses d’armement, mais dans des politiques sanitaires, les services publics, la formation, l’école. Enfin, créer des emplois bien rémunérés dans les services publics ou avec la relocalisation de la production, sécuriser l’emploi et la formation tout au long de la vie afin d’éradiquer le chômage de masse, ça produit des ressources tout de suite avec les cotisations sociales, la TVA, les impôts… Avec une France où les salariés sont bien payés, heureux au travail comme dans leur vie, respectés, on est beaucoup plus efficace économiquement, malgré ce que prétendent les libéraux et le Medef.

L’extrême droite est historiquement forte et occupe le débat public avec des saillies racistes, notamment de Zemmour, encore inimaginables il y a quelques années. La gauche a-t-elle été à la hauteur de cette menace ?

Ces dernières années, on a trompé les Français en leur faisant croire que leurs problèmes de salaire, de travail, du quotidien étaient liés à l’immigration. C’est une honte : tout a été fait pour les diviser en fonction de leurs origines, de leur couleur, de leur religion, même de leur prénom. Cela a aussi permis de ne pas parler des vrais sujets, des questions sociales. C’est dans un tel contexte qu’une partie de la gauche s’est détournée des classes populaires, qu’elle n’a pas su ou voulu répondre à leurs attentes, y compris la sécurité et la tranquillité publiques. On m’a aussi reproché de parler de souveraineté, d’alimentation, de « bonnes bouffes ». Or, ce sont des questions qui comptent. Je souhaite parler aux classes populaires, aux classes moyennes, des banlieues comme de la campagne, sans distinction. Parler de justice sociale, de justice fiscale, de tranquillité publique… sans complexes. Par ailleurs, tout le monde joue avec l’extrême droite en la mettant au centre du débat. Depuis un an, on nous dit que l’élection est pliée et que ce sera un duel Macron-Le Pen. Combien de fois l’ai-je dénoncé ? On récolte ce que l’on sème.

Vous avez en effet été attaqué au fil des semaines. Qu’est-ce qui vous a paru le plus injuste ?

J’en retiens deux. Lorsque j’ai défendu le droit de manger une bonne viande, tout en précisant qu’il fallait en manger moins, mais mieux. Je le répète une nouvelle fois : je suis pour la réduction de 20 % de la consommation de viande et pour qu’elle soit produite en France, alors qu’elle vient aujourd’hui à 50 % de l’étranger. Cela m’a valu une déferlante sur les réseaux sociaux. Comme lorsque j’ai plaidé pour le mix énergétique et la nécessité d’investir dans le nucléaire. Avec la même réaction en chaîne. Mais, cela est davantage passé sous les radars médiatiques, j’ai surtout été beaucoup soutenu, énormément même. Au-delà de ma famille politique.

Une de mes priorités, c’est la défense et le développement de nos services publics. En cinq ans, nous proposons 500 000 créations d’emplois dans la santé, l’enseignement, les douanes, la justice, etc. Il s’agit même d’en créer un nouveau : un service public du lien pour tous ces métiers en contact avec les aînés ou la petite enfance.

Vous plaidez pour une écologie qui « ne culpabilise pas les classes populaires », dites-vous, notamment sur l’alimentation ou l’usage de la voiture, mais un changement des modes de consommation n’est-il pas nécessaire face à l’urgence climatique ?

Justement, je défends une vraie révolution de nos modes de production, de déplacement, de consommation. Mais de manière positive, heureuse. Prenons l’exemple de la mobilité : je veux rendre accessibles les transports non polluants avec la gratuité la plus étendue possible des transports en commun, avec un investissement massif dans le rail, ou encore dans 100 000 kilomètres de pistes cyclables. Néanmoins, ceux qui n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur voiture doivent pouvoir la changer pour un véhicule propre avec une prime à la conversion, plutôt que de se voir interdire l’accès aux grandes villes. Moi, je ne demanderai pas à ceux qui ont déjà des petits salaires et des petites retraites de payer en plus. Je suis le seul à proposer cette économie positive, à mettre sur la table 65 milliards d’euros d’investissements publics, pour les transports, les logements, l’agriculture.

Une femme meurt sous les coups de son conjoint tous les deux jours et demi, et on ne devrait rien dire ? Nous devons former des agents, mettre des moyens dans les commissariats pour non seulement recueillir les plaintes, mais aussi écouter les femmes et les protéger.

Pourquoi jugez-vous nécessaire de porter le fer sur le terrain de la sécurité, d’ordinaire terrain privilégié de la droite et de l’extrême droite ?

Parce que c’est un droit fondamental. Et, avec le pouvoir d’achat, c’est l’une des principales préoccupations des Français. Quand j’entends la droite ériger ce sujet en étendard tout en disant qu’il faut privatiser la police ou développer les polices municipales, je dis qu’ils sont dangereux ! C’est un terrain de combat idéologique avec la droite et l’extrême droite que je veux assumer. D’autant que ce sont eux les responsables. On a fermé des commissariats, des gendarmeries, on a réduit les services publics et affaibli nos communes. Cela pose des questions réelles pour la tranquillité publique comme pour la lutte contre les trafics. Par exemple, on continue de supprimer des postes de douaniers alors que la drogue arrive par conteneurs entiers au Havre ou à Marseille. S’y ajoutent la prostitution, les trafics d’êtres humains… Et on n’aurait pas le droit de parler de tout ça ? Une femme meurt sous les coups de son conjoint tous les deux jours et demi, et on ne devrait rien dire ? Nous devons former des agents, mettre des moyens dans les commissariats pour non seulement recueillir les plaintes, mais aussi écouter les femmes et les protéger, permettre aux quartiers populaires de vivre paisiblement, sauver la justice du sinistre actuel. Une politique de gauche, de progrès social, portée par l’État en matière de tranquillité publique est indispensable. Ce n’est d’ailleurs pas qu’une question de police et de gendarmerie – au passage, les bleus ont des petits salaires, ce sont des ouvriers de la sécurité –, c’est aussi une question de République, de services publics, de moyens pour nos communes, nos écoles, nos transports publics…

Vous avez défendu tout au long de cette campagne une « République sociale et laïque ». En quoi consiste-t-elle ?

Les deux vont de pair. « La République sera sociale si elle est laïque », disait Jaurès. Et c’est un combat qui prend tout son sens aujourd’hui. D’abord, parce que tout a été fait pour qu’on évite de parler des questions sociales, du pouvoir d’achat. Et, d’autre part, parce que la laïcité a été dévoyée, utilisée notamment pour stigmatiser une partie de la population – je pense aux personnes de confession musulmane. Je souhaite pour ma part porter une République qui garantisse l’égalité des droits, l’égalité de tous les citoyens, la paix sociale. Et donc une République à la fois sociale et laïque. Sans y ajouter d’adjectifs : toute la laïcité, rien que la laïcité, celle contenue dans notre belle et grande loi de 1905.

Une présidentielle est une élection à deux tours. Il faut donc arrêter de nous jouer sans cesse le second avant que le premier ait eu lieu. Cela fait vingt ans qu’on nous demande de voter par défaut, de voter au premier tour pour éliminer un candidat prévu au second. On a vu à quelles impasses cela a mené en 2012 et en 2017. Il y en a marre. Au premier tour, on vote pour ses idées, on vote pour soi.

Une partie des autres candidats évoque un vote utile en leur faveur. Quel rôle peut jouer le bulletin de vote à votre nom, au vu des rapports de forces de cette présidentielle ?

D’abord, une présidentielle est une élection à deux tours. Il faut donc arrêter de nous jouer sans cesse le second avant que le premier ait eu lieu. Cela fait vingt ans qu’on nous demande de voter par défaut, de voter au premier tour pour éliminer un candidat prévu au second. On a vu à quels échecs, à quelles impasses cela a mené en 2012 et en 2017. Il y en a marre. Au premier tour, on vote pour ses idées, on vote pour soi. Il n’y a pas de vote inutile. D’ailleurs, j’entends tout le monde le dire à gauche. Je sais que des électeurs resteront indécis jusqu’au jour J. Je veux jusqu’au bout m’adresser à ceux qui doutent, qui hésitent, qui ont voté un coup à gauche, un coup à droite. Je leur demande de voter pour eux, pour leur porte-monnaie, l’avenir de leurs enfants. Je leur dis qu’avec ma candidature ils votent pour un projet de rassemblement et de reconstruction d’une gauche qui retrouvera le chemin du pouvoir parce qu’elle tournera la page du passé. Ils peuvent être assurés de mon engagement et de ma sincérité, pleine et entière.

Présidentielle. Pour Fabien Roussel, «les gens ont besoin de retrouver de l’espoir »  - L'Humanité, 7 avril 2022 (Interview avec Julia Hamlaoui et Cédric Clérin)
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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 05:37
« Pourquoi nous avons choisi les Jours heureux » (L'Humanité, Julia Hamlaoui, 8 avril 2022)
« Pourquoi nous avons choisi les Jours heureux »

Présidentielle Salariés dans le privé ou le public, venus du monde de la culture, du mouvement social, habitants de la ville ou de la campagne, ils soutiennent Fabien Roussel.

Publié le Vendredi 8 Avril 2022 - Julia Hamlaoui
 

C’est la grande crainte pour le premier tour de la présidentielle. L’abstention pourrait atteindre des sommets dimanche, peut-être même frôler le record de 2002 (28,4 %). Ce sont ces classes populaires qui, en général, sont celles qui boudent le plus les urnes que le candidat communiste, Fabien Roussel, a tenté de convaincre au fil des mois.

« Je veux être le candidat de la dignité retrouvée », a-t-il répété, multipliant les appels à reprendre le chemin des urnes. Face aux crises, alors que le « there is no alternative » si cher aux libéraux guette, le communiste a pris le parti de « redonner espoir », choisissant les « Jours heureux » comme slogan et nom de son programme. « Nous avons aussi besoin d’un horizon positif », explique-t-il encore ce jeudi, à quelques heures de son dernier meeting à Lille, sur ses terres du Nord.

Au menu, la lutte contre la vie chère : hausse du Smic à 1 500 euros net, des salaires et pensions, accès à une alimentation de qualité pour tous, baisse des taxes sur l’essence… Et qu’on ne vienne pas lui dire que c’est « trop cher » : « Ce sont les riches qui nous coûtent cher », réplique du tac au tac celui qui a donné un nom à sa contre-théorie du ruissellement : le « roussellement ». Prélèvement à la source des bénéfices des multinationales, retour et triplement de l’ISF, partage du pouvoir dans les entreprises, nationalisation de banques pour baisser les « vraies charges des entreprises, celles de la finance »… Là aussi, les propositions sont pléthore.

Alors, face à la pression du « vote utile », Fabien Roussel en est persuadé : « Il n’y a pas d’électeurs inutiles, je dis aux indécis : Votez pour vos idées. » Eux ont entendu son appel. Infirmière, ouvrier agricole, étudiant, enseignante, cuisinière, écrivain, économiste, militants bien connus… ils nous livrent les raisons de leur choix de dimanche pour des « Jours heureux ».

« Il faut inverser la priorité entre revenu du capital et du travail »

« C’est le moment de rappeler que, dans notre histoire, le Parti communiste et ses élus ont joué un rôle essentiel à chaque fois que des avancées sociales ont été obtenues. C’est lorsqu’il était le plus influent que les droits des salariés ont progressé, que des mesures économiques ont été prises en leur faveur. Il me semble opportun de rappeler cette évidence à l’heure du choix, même si j’aurais préféré, comme beaucoup, que la gauche soit plus rassemblée pour cette élection.

Je me réjouis aussi de voir la gauche porter l’idée de “Jours heureux”. La formule, au-delà du slogan qui attire l’attention, est un rappel de l’histoire. Mais elle nous permet de nous projeter dans l’avenir de manière tout à fait différente de tous ceux – et ils sont nombreux, singulièrement à droite mais aussi à l’extrême droite – qui assombrissent notre paysage chaque jour un peu plus.

Face à la très longue période que nous vivons, où les revenus du capital sont prioritaires sur les revenus du travail, il faut absolument trouver les moyens d’inverser la situation. C’est ce que propose Fabien Roussel. Il réaffirme notamment la nécessité de renforcer les prérogatives d’institutions comme l’Organisation internationale du travail quand 6 emplois sur 10 dans le monde sont aujourd’hui informels. Cela compte pour chacun de nous. Car, quand on nous parle de compétitivité, cela signifie en réalité compétition entre les travailleurs, ce qui se traduit par du moins-disant social pour tous. »

BERNARD THIBAULT Syndicaliste

« La fin des devoirs à la maison, c’est s’attaquer aux inégalités »

« Pour nous, le quinquennat qui s’achève a été rude. Je travaille en zone d’éducation prioritaire, ce gouvernement a promis monts et merveilles, mais l’objectif n’a jamais vraiment été que les élèves des milieux populaires puissent réussir comme les autres. Malgré une communication omniprésente, le ministre ne nous a jamais entendus, affichant en permanence son mépris. Pendant la période de confinement, par exemple, il a commencé par promettre une école à distance dont nous n’avions pas du tout les moyens. Quand on est revenus, l’institution a fait comme si rien ne s’était passé, une catastrophe pour les enfants les plus éloignés de l’école. Et ce alors que, depuis Sarkozy, de nombreuses heures ont été supprimées : on a externalisé les difficultés, demandé aux parents de prendre en charge ce qui relève de l’école.

À la clé, ce sont toujours plus d’inégalités. Et c’est à cela que s’attaque Fabien Roussel en proposant d’allonger le temps scolaire et la fin des devoirs à la maison : remettre l’école au centre des apprentissages. Cela va, bien sûr, de pair non pas avec l’allongement du temps de travail des enseignants ou le recours à toujours plus de contractuels, mais avec le recrutement, la formation de professeurs et du temps pour le travail en équipe. Évidemment, comme pour les autres fonctionnaires, le gel des salaires nous met aussi à mal depuis bien trop longtemps. Au milieu de ce marasme, sortir de cette dynamique de dépression et aller vers un projet optimiste, qui vise du mieux pour tous au lieu de se contenter de s’opposer, fait beaucoup de bien. »

Claire Bordachar Enseignante

« Hausse du Smic et 32 heures nous changeraient la vie »

« Dans l’hôtellerie-restauration, on n’imagine pas l’avancée que représenterait, pour tous les employés, le passage aux 32 heures couplé à une hausse du Smic, comme le propose Fabien Roussel. Au contraire, nous avons tendance à ne pas compter nos journées, sans pour autant être rémunérés de nos heures supplémentaires, avec des horaires décalés.

C’est d’autant plus vrai pour les saisonniers comme moi, où l’embauche se fait avec un salaire le plus bas possible. Des conditions de travail qui rendent difficile une vie privée épanouie. D’ailleurs, depuis le confinement, mon milieu professionnel a du mal à recruter. Des collègues ont pu goûter à la vie de famille et aux loisirs, et ont fait le choix d’arrêter ces métiers. Le programme des “Jours heureux” nous changerait donc la vie. Je pense aussi à ma sœur, qui a du mal à financer ses études. Le revenu étudiant est une réponse convaincante. Autant de propositions qui m’ont poussée à m’engager au PCF. »

Nora Flacelière Cuisinière

« Quand j’entends parler du report de l’âge de la retraite, je vois rouge »

« Depuis des années, je désespérais d’entendre une voix sincèrement de gauche. Mais avec Fabien Roussel, nous avons un discours qui revient aux fondamentaux de la gauche, axé sur les luttes sociales traditionnelles. Issu d’une famille d’ouvriers et de petits employés, j’ai vu l’usure précoce provoquée par le travail. Dans ma famille, ceux qui ont pu atteindre la retraite n’ont vécu, au mieux, que deux ou trois ans au-delà. Alors, quand j’entends parler du ­report de l’âge de départ, je vois rouge. La retraite à 60 ans proposée par Fabien Roussel est un marqueur important de mon soutien, tout comme son engagement en faveur de l’éducation nationale. Sans les professeurs du collège à Bagneux, jamais je ne serais arrivé là où j’en suis. Je le vois autour de moi, les enseignants sont épuisés, démoralisés et ont l’impression d’être pris pour rien. C’est contre cette maltraitance que la gauche d’habitude agit. On est heureux si les conditions matérielles de notre existence permettent d’accéder au bonheur. Il était temps de rompre avec les discours sociaux-démocrates. Ils ont complètement failli, au point de se fondre avec Emmanuel Macron. Le désespoir profite aux puissants, aux cyniques, les “Jours heureux” redonnent un espoir consistant, loin des vaines paroles. Enfin, je suis frappé que le mot “fraternité” ait disparu du langage politique. La liberté et l’égalité, tout le monde les revendique, mais la fraternité, beaucoup plus ancrée à gauche, me semble nécessaire ces jours-ci. »

« Des droits et une protection pour tous les réfugiés »

« Face à la véritable imposture sociale de Marine Le Pen, qui se moque du monde puisqu’elle défend l’exclusion et le chacun-pour-soi, un discours clair, qui s’attaque sans démagogie aux problèmes de notre société, est indispensable. C’est ce que j’ai trouvé dans cette campagne des “Jours heureux”, que j’ai vu monter en puissance : percer le mur du silence avec un discours qui redonne de l’espoir en un autre monde. Parler des réalités du quotidien, de ce que vivent tous les laissés-pour-compte, d’augmenter les salaires, d’améliorer les conditions de travail, de permettre l’accès à un logement digne, à la culture… c’est complètement à contre-courant du discours ambiant et c’est ouvrir la possibilité de penser qu’on peut faire autrement. Un autre message essentiel porte sur le sort des réfugiés, mis en lumière par la guerre en Ukraine. Tous – ceux qui fuient ce conflit mais aussi tous les autres – doivent bénéficier de droits et de protection quand ils arrivent dans notre pays. La hiérarchie et le tri sont insupportables. En ce ­domaine, comme pour la préservation de nos libertés, nous ­devons faire vivre les grands principes de notre République. C’est une graine semée qui doit continuer à germer parce que je suis convaincue qu’un autre monde – un monde qui ne serait pas complètement soumis à la finance – est possible. »

Dominique Noguères Militante des droits humains Gilles Leroy Écrivain, Prix goncourt 2007

« Le revenu étudiant résoudrait mes problèmes »

« En 2017, j’avais voté pour Emmanuel Macron… mais c’était avant d’être obligé de prendre un boulot pour financer mes études. À force d’enchaîner les petits jobs, j’ai réalisé que la vie comme les fins de mois sont parfois ­difficiles. Avec mon premier appartement étudiant, j’ai été contraint de payer l’électricité, en plus de l’assurance de ma voiture et son essence. Fabien Roussel a commencé à me convaincre, il y a six mois. Sa proposition d’un revenu étudiant de 850 euros au minimum résoudrait nombre de mes problèmes. Dans cette campagne, je prends énormément de plaisir à m’engager. Non pas comme communiste, car je ne souhaite pas m’investir dans un parti politique, mais comme “rousseliste”. Dans son programme, je retiens également son engagement en faveur du nucléaire, la mise en place des 32 heures de façon négociée dans les branches professionnelles, ou encore la retraite à 60 ans. Ce sont des marqueurs déterminants dans mon choix. La campagne des “Jours heureux” permet de tourner le dos aux quinze dernières années et leurs discours politiques déprimants. Revendiquer le droit au bonheur devrait être un élan national ! »

Baptiste Durand Étudiant

« Les 100 milliards d’évasion fiscale seraient mieux employés pour nos écoles »

« Dans sa lutte contre l’évasion fiscale, Fabien Roussel a pleinement le soutien du gaulliste social que je suis, quand bien même nous ne portons pas forcément les mêmes regards sur d’autres enjeux économiques. Comme lanceur d’alerte de l’affaire UBS, j’ai toujours reçu le soutien des communistes. Il faut en avoir du courage pour aller chercher cet argent, même caché dans des pays européens comme le Luxembourg. Dans cette campagne, il a été le seul à crier haut et fort que les 80 à 100 milliards qui s’évaporent chaque année dans les paradis fiscaux seraient mieux employés dans nos écoles ou pour nos hôpitaux.

D’ailleurs, face au Covid, on pourrait penser que, si on avait eu ces sommes, nous aurions eu plus de lits, que les soignants auraient été épargnés, que Sanofi aurait pu mettre sur pied un vaccin…

Un certain nombre de candidats ont ajouté cette lutte dans leurs projets. Mais, dès le départ, Fabien Roussel a proposé un ministère dédié à la lutte contre l’évasion et les fraudes fiscales. Grâce à un discours franc et sincère sur ces valeurs, il est la révélation de cette campagne, sans transiger sur les sujets transpartisans et régaliens. Comme Fabien Roussel, j’appelle à la reconstitution d’un Conseil national de la Résistance de notre temps. Quand il s’agit de l’intérêt supérieur de la nation, les idées priment. La lutte contre l’évasion fiscale fait partie de ces intérêts-là. »

Nicolas Forissier Lanceur d’alerte UBS

« Les classes populaires doivent prendre les commandes  »

« La France, les travailleuses et les travailleurs, les classes populaires ont besoin d’un grand parti démocratique qui représente les classes populaires, qui défend résolument les principes de la République et la laïcité. Un parti qui se bat pour l’augmentation des salaires, pour la défense et l’extension de la protection sociale, du service public et du droit du travail. Un parti qui se bat pour la transition écologique, mais qui veut que celle-ci ne pèse pas sur les classes populaires. Un parti qui sait que rien ne pourra être fait sans la mise en cause de la propriété privée des moyens de production, sans la socialisation des grandes entreprises et des institutions financières.

Le régime actuel, où l’évolution de l’économie est décidée par les grandes entreprises capitalistes, où ces dernières comme les institutions financières sont gérées dans l’intérêt de leurs actionnaires, où l’État se donne comme objectif d’assurer leur rentabilité, prétend améliorer l’attractivité du pays en faisant pression sur les salaires et la protection sociale, en dégradant le service public.

Face à ces logiques qui conduisent à l’explosion des inégalités sociales, à l’instabilité financière, à la catastrophe écologique, un tournant est nécessaire et urgent vers une société sobre, solidaire, égalitaire, socialiste. Les classes populaires doivent prendre les commandes de l’État, des grandes entreprises, des institutions financières. C’est ce programme que porte en France le Parti communiste. Le 10 avril, je voterai pour Fabien Roussel, qui incarne son combat. »

Henri Sterdyniak Économiste

« Je suis révoltée par le traitement indigne des enfants handicapés »

« Je suis AESH depuis 2018. Je travaille 21 heures par semaine, sur deux villes. Je n’ai jamais reçu de formation pour l’accompagnement d’enfants handicapés dans leur scolarité. Heureusement que j’avais effectué un stage au sein d’un institut médico-éducatif avant d’être embauchée dans les écoles. Les enfants dont je m’occupe ne bénéficient pas de toutes les heures auxquelles ils ont droit. Je suis très impliquée auprès des élèves dont j’ai la charge, et révoltée par cette façon indigne dont ils sont traités par le gouvernement. J’ai été scandalisée d’entendre Emmanuel Macron dire que les AESH avaient été “titularisées” : ce n’est pas le cas, il s’agit au mieux de CDI ! Nous ne sommes ni formées ni intégrées dans l’éducation nationale.

Le programme des “Jours heureux” y répond avec un service public des métiers du lien. Les communistes sont les premiers à nous défendre lors des débats à l’Assemblée nationale et sont parmi les seuls à proposer que nous bénéficiions d’une vraie formation qui nous permettrait d’être titularisées. Et au-delà de notre cas, Fabien Roussel est sensible aux discriminations subies par les porteurs de handicap. Il est pour la déconjugalisation et l’augmentation de l’allocation aux adultes handicapés. J’aime son programme, les valeurs qu’il porte, l’être humain qu’il est. Alors que dans notre société, il n’y a plus beaucoup d’écoute, c’est aussi ce côté fraternel, qui me pousse à voter pour lui le 10 avril. »

Lauranne Esseul Accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH)

« Enfin un responsable politique de gauche qui ne nous fait pas la morale »

« Après les cinq années ­d’Emmanuel Macron à l’Élysée, c’était important que quelqu’un, à gauche, soit pleinement aux côtés des habitants des zones rurales. Les enjeux y sont nombreux, de la défense du service public aux déserts médicaux, en passant par les fermetures d’écoles. Fabien Roussel propose d’ailleurs de recruter 100 000 soignants et 90 000 enseignants. Plus largement, étant un jeune ouvrier agricole, sa candidature m’a convaincu d’abord parce que c’est un responsable politique de gauche qui ne nous fait pas la morale sur nos modes de consommation ou de transport. Ici, prendre sa voiture n’est souvent pas un choix mais une nécessité. Ensuite, parce que l’augmentation des salaires ne peut plus attendre. Porter le Smic à 1 923 euros brut par mois est une urgence absolue face à l’augmentation des prix de l’essence ou des aliments. Les “Jours heureux” font référence à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, où la France a mis en place la Sécurité sociale. Alors, comme syndicaliste, cela me parle forcément. »

Nicolas Chanudet Ouvrier agricole

« Pour les soignants, il y a urgence »

« Infirmière, j’ai fait toute ma carrière à l’hôpital public. Au fil des ans, j’ai pu constater à quel point les conditions de travail se sont dégradées : stress, heures supplémentaires non rémunérées, vie de famille hachée… Et ce sont, au final, les patients qui en paient le prix. Le recrutement de 100 000 personnels soignants, tout comme la hausse de 30 % des salaires dans la fonction publique comptent ainsi à mes yeux parmi les mesures indispensables du programme des “Jours heureux”. D’autant qu’il y a urgence : avec le gel du point d’indice, nos rémunérations sont bloquées depuis dix ans. De longue date, Fabien Roussel fait preuve d’un soutien sans faille aux soignants et plus généralement au service public. Je n’oublie pas le tour de France des hôpitaux, initié par les parlementaires communistes lors de ce quinquennat, avant même la crise du Covid. Un vrai point d’appui pour nos luttes, alors qu’avant la pandémie, les soignants étaient dénigrés, vus comme une charge pour le pays. C’est une candidature qui porte la lutte des classes, et nous en avons besoin ! »

Aglawen Véga Infirmière à l’hôpital Cochin

« La défense des services publics est centrale »

« Dès juillet 2022, si rien ne change, nos conditions de travail se dégraderont. Notre temps de travail sera allongé, des primes comme des jours de repos seront supprimés. Il est prévu de nous imposer tout ça afin d’être prêts pour l’ouverture à la concurrence, en 2025.

Ce sont les politiques libérales qui sont responsables de ces attaques, qui auront des répercussions sur la qualité du service pour les usagers. Fabien Roussel veut mettre fin à la privatisation à tout-va du service public, sans lequel aucune société ne peut bien se porter. Qu’il s’agisse de la santé, des transports, de l’éducation ou de la sécurité, leur place est centrale. Il faut les développer, c’est vrai pour le fret ou la gratuité des transports en commun. Et surtout, arrêter de dire que ça nous coûte trop cher.

L’argent existe bel et bien, encore faut-il aller le chercher. C’est une conception du vivre-ensemble en société. Les “Jours heureux”, pour moi, c’est prendre le temps de vivre sans être pressé par le temps, l’argent, la crainte de ne pas être à la hauteur dans la société. »

Linda Chakatill Conductrice de bus à la RATP

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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 05:33
5000 personnes et immense ambiance pour le meeting de Lille de Fabien Roussel ce jeudi 7 avril
5000 personnes et immense ambiance pour le meeting de Lille de Fabien Roussel ce jeudi 7 avril
5000 personnes et immense ambiance pour le meeting de Lille de Fabien Roussel ce jeudi 7 avril
5000 personnes et immense ambiance pour le meeting de Lille de Fabien Roussel ce jeudi 7 avril
5000 personnes et immense ambiance pour le meeting de Lille de Fabien Roussel ce jeudi 7 avril
5000 personnes et immense ambiance pour le meeting de Lille de Fabien Roussel ce jeudi 7 avril
5000 personnes et immense ambiance pour le meeting de Lille de Fabien Roussel ce jeudi 7 avril
5000 personnes et immense ambiance pour le meeting de Lille de Fabien Roussel ce jeudi 7 avril
5000 personnes et immense ambiance pour le meeting de Lille de Fabien Roussel ce jeudi 7 avril
Grand meeting des jours heureux à Lille.
Une foule des grands soirs, un Fabien Roussel plus en forme que jamais, une même et unique envie de construire la France du bonheur 🇫🇷
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7 avril 2022 4 07 /04 /avril /2022 08:13

 

Un rapport qui sonne à nouveau la sonnette d'alarme. Nous avons voulu voir si le programme du candidat Fabien Roussel résiste bien et répond à l'urgence pointé par les scientifiques du GIEC. Décryptage.

Un rapport qui rappelle l’urgence de l’action

Le rapport du 3e groupe de travail du GIEC associé au 6e rapport d’évaluation de cet organe lié à l’ONU a été publié aujourd’hui par approbation des 195 pays membres. Après celui consacré aux bases physique du changement climatique d’août 2021, et celui sur les impacts du changement climatique et l’adaptation à ceux-ci publié en février 2022, ce dernier rapport est consacré à l’atténuation du changement climatique, c’est-à-dire sur les moyens de lutter à la racine contre la catastrophe planétaire qui nous menace si nous ne décarbonons pas rapidement nos économies.

La piste pour respecter les accords de Paris est désormais de plus en plus étroite et de plus en plus exigeante, car les émissions de gaz à effet de serre continue d’augmenter. Les émissions augmentent dans presque toutes les régions du monde, et dans tous les domaines. Contenir le réchauffement à 1,5°C suppose d’atteindre le pic des émissions de gaz à effet de serre avant 2025 au plus tard, et de les réduire de plus de 40 % d’ici 2030, et être quasi nulles en 2050 ; pour rester sous les 2°C, aux, il faut atteindre le pic d’émission avant 2025, les réduire d’un quart d’ici 2030, et être quasi nulles en 2070. Un accent particulier est à mettre sur la réduction des émissions de méthane, dont le pouvoir réchauffant est bien plus fort que celui du dioxyde de carbone, mais dont la durée de vie est aussi plus faible. L’atténuation du changement climatique passe donc par une baisse immédiate et généralisée des émissions de gaz à effet de serre, le cas échéant avec le développement de la capture et du stockage de carbone, qui accéléreront l’atteinte des objectifs climatiques. Il faut, en tout état de cause, réduire substantiellement le recours aux combustibles fossiles (pétrole, gaz), quel qu’en soit l’usage. Le risque est que des politiques d’aujourd’hui, en termes d’infrastructures énergétiques ou de transports, ou de politiques de l’urbanisme et de la construction, ne bloquent l’évolution socio-économique des décennies à venir dans un mode de fonctionnement qui rende impossible la nécessaire décarbonation.

L’heure est donc à une action urgente ; malheureusement, le rapport constate que les investissements sont trois à six fois inférieurs à ce qui est nécessaire pour atteindre cet objectif. Pire : les politiques climatiques actuelles continuent d’amener une hausse des émissions de gaz à effet de serre, qui nous conduisent à une désastreuse hausse de température de 3,2°C en moyenne en 2100, voire plus si le système climatique finit par ne plus pouvoir absorber ce que nos émissions de gaz à effet de serre lui imposent, alors que le rapport du 1er groupe de travail a montré qu’à de telles températures, certaines régions du monde deviendront invivables, et que le rapport du 2e groupe de travail a montré l’étendu catastrophique des conséquences du changement climatique à de tels niveaux de réchauffement. Chaque dixième de degré gagné compte ! Sinon ce sont les générations futurs qui le paieront chers, non pas pour des décennies, mais pour les siècles à venir : la montée des océan et la température élevée seront en effet persistants pour des siècles, et ce sera impossible de revenir en arrière.

Le rapport rappelle que le coût de l’inaction sera à terme plus élevé que celui de l’action ; pourtant, les options disponibles pour diviser par deux les émissions d’ici 2030 existent, avec de nombreuses options dont le coût est inférieur à 100 dollars par tonne équivalente de CO2. Enfin, le rapport invite à lier les politiques d’atténuation et d’adaptation, en prenant appui sur les 17 Objectifs de développement durable adopté par l’ONU dans son Agenda 2030.

Fabien Roussel et l’action climatique

Fabien Roussel réaffirme son objectif de s’appuyer sur l’expertise scientifique nationale et internationale pour répondre à l’enjeu climatique de décarbonation totale de la France en 2050. La stratégie préconisée par Fabien Roussel s’appuie sur les conclusions des précédents rapports du GIEC et confirmés par celui-ci : il faut augmenter l’électrification propre des usages finaux ; pour y parvenir, à court terme et sur le plan local, les efforts de décarbonation doivent être menés avec les énergies renouvelables (éolien et solaire notamment), dont les coûts sont désormais faibles et, à plus long terme et à plus grande échelle, par les solutions techniques comme l’électricité nucléaire et la capture et le stockage de carbone. Les moyens techniques et financiers pour laisser une Terre vivable à nos enfants existent ! Fabien Roussel propose en particulier un fonds de 140 milliards d’euros annuel pour le climat et l’emploi.

Pour ce qui est de la France, les émissions de gaz à effet de serre étant majoritairement le fait des transports (31 % des émissions, chiffre 2019 du Haut Conseil pour le climat), Fabien Roussel propose un vaste plan d’investissements dans les transports collectifs, notamment les trains du quotidien ; la gratuité des transports urbains est un objectif prioritaire pour diminuer l’usage de la voiture individuelle en ville. Concernant le fret, Fabien Roussel préconise la diminution du fret routier et, à l’inverse, le développement massif du fret ferroviaire et fluvial. Pour ce faire, le monopole national de la SNCF sera reformé.

Le deuxième poste d’émission incombe à l’industrie. Les exigences de souveraineté, d’emploi et de réduction des émissions de carbone liées aux importation incitant à la relocalisation industrielle, il est nécessaire de produire plus d’électricité, et que celle-ci soit décarbonée. C’est pour cette raison que Fabien Roussel est favorable à une relance massive de la construction de centrales nucléaires, complétée par un développement des énergies renouvelables, pour que la France s’engage dans un scénario proche du scénario N3 de RTE, qui est plus économe en CO2, en matériaux et en artificialisation des sols ; cette relance est consubstantielle d’un service public de l’énergie intégralement public, qui suppose la nationalisation des grands acteurs du secteur. Pour que les prix de l’électricité demeurent régulés et que les Français bénéficient d’une l’électricité bon marché telle que le permet le nucléaire, la France exigera devant l’Union européenne la fin du marché actuel de l’électricité, afin que les pays membres redeviennent souverains en la matière. Fabien Roussel propose une puissante impulsion en faveur de la recherche pour actionner tous les leviers de décarbonation possibles, qu’ils soient immédiats ou de plus long terme, en particulier en faveur de l’hydrogène, de la fermeture du cycle du combustible nucléaire (avec le projet Astrid), et en faveur de la fusion nucléaire (avec ITER), l’enjeu étant de produire autant d’énergie que nécessaire pour la société française avec le moins de moyens requis.

Concernant l’agriculture qui est le troisième poste d’émissions de CO2, Fabien Roussel préconise l’encouragement à une transition agro-écologique compatible avec les objectifs de réduction des émissions de CO2, favorisant la qualité des produits, et plus résiliente aux aléas climatiques. Au regard de leur rôle dans la capture de carbone, la qualité des sols doit être préservée et restaurée, et leur artificialisation stoppée ; la politique forestière doit encourager la mixité des essences, qui a un impact climatique et biologique positif, tout en adaptant les plantation au changement climatique attendu pour les décennies à venir. La France portera une réforme de la PAC qui favorise les petits exploitants et les objectifs écologiques.

Concernant le bâtiment, qui est le quatrième poste d’émission, Fabien Roussel propose la création d’un service public de l’efficacité énergétique, et de consacrer 100 milliards par an à la rénovation énergétique des logements (avec un objectif de 700000 logements rénovés par an) et des bâtiments publics.

Par ailleurs Fabien Roussel affirme qu'il est possible de vivre en bonne entente dans une planète comptant 9 milliards d'habitants en 2050 , tout en préservant le climat, les ressources, mais selon lui il faut d'autres bases, un autre système économique sortant du critère du profit immédiat mais au service des peuples : de la coopération, moins de dépense d'armement, arrêt des armes nucléaire et réorientation des crédits, 1 000 milliards de dollars par an d'aide aux pays pauvres comme demandé à la COP26, une banque du climat pourrait jouer ce rôle de faire des prêts massifs dans ce sens, réorienter les accords commerciaux et de libre échange pour qu'ils intègrent les contraintes climatique, garantir  la diffusion des brevets des meilleurs technologie bas carbone existantes.

Comme la paix, le climat doit être une grande cause mondiale !

L’intégralité du programme des Jours heureux de Fabien Roussel sur les questions climatiques est disponible à l’adresse https://www.fabienroussel2022.fr/le_programme

 

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7 avril 2022 4 07 /04 /avril /2022 08:09

De gauche à droite : Maël Guéguen soutient Éric Zemmour ; Loïc Bald et Maëlvin Daniel militent pour le parti communiste ; Kilian Berthou est adhérent au parti Les Républicains. (Montage photo Le Télégramme)

 

Dans la dernière ligne droite avant le premier tour de l’élection présidentielle, la rédaction du Télégramme est allée à la rencontre de jeunes militants du pays de Morlaix.

Selon un sondage Ipsos - Sopra Steria réalisé en début d’année pour la Fage (Fédération des associations générales étudiantes), 80 % des moins de 30 ans envisagent de voter à la présidentielle. Contrairement à une idée reçue, ils ne se détourneraient donc pas tous de la politique. Chez certains jeunes, l’intérêt est même tel qu’ils se sont engagés à l’approche du scrutin.
 

« Alternative à la société de surconsommation »

C’est le cas de Maëlvin Daniel et Loïc Bald, militants communistes âgés de 21 ans. Étudiants en BTS Gestion et protection de la nature au lycée de Suscinio, à Morlaix, ils soutiennent Fabien Roussel. Le duo s’est engagé dans la campagne du PCF il y a plusieurs mois.

Loïc Bald, « simple sympathisant », a choisi de faire du « boîtage, sans contact direct avec les gens ». Maëlvin Daniel, lui, a adhéré au parti en janvier. Depuis, il multiplie les tractages sur le marché de Morlaix. L’occasion de « partager ses idées » avec le plus grand nombre.

Il occupe aussi l’un des deux postes officiels de colleur d’affiches. Une mission importante, menée avec sérieux : les portraits de Fabien Roussel ont fleuri un peu partout dans le secteur. Les deux étudiants ont développé une appétence pour la politique et le communisme depuis « le programme de troisième en histoire » (Loïc Bald) et « depuis les élections présidentielles de 2017 » (Maëlvin Daniel).

Ni l’un ni l’autre ne porte d’« héritage communiste familial ». Ils rêvent seulement « d’une alternative à cette société de surconsommation qui a épuisé la terre et les hommes ». Ils rêvent « d’une France des jours heureux », réclamant la semaine de travail à 32 h, le Smic à 1 500 € net ou encore la retraite à 60 ans à taux plein.

 

« Beaucoup de candidats dans la démagogie »

Kilian Berthou souhaite, au contraire, une économie encore plus libérale. Originaire de Plouzévédé, cet étudiant en école de commerce, âgé de 22 ans, se présente comme conservateur. Il défend la « méritocratie » et la candidature de Valérie Pécresse. « Je n’ai pas voté pour elle lors de la primaire. Mais je l’ai vue lors de son meeting au Zénith. Elle a été convaincante », indique celui qui a pris sa carte LR à l’âge de 18 ans.

« C’est un parti dans lequel je retrouve mes valeurs. J’y ai d’abord adhéré un an. J’y suis revenu un peu avant le congrès de décembre pour pouvoir voter. »

Issu d’une famille plutôt de droite, Kilian Berthou s’est construit son opinion tout seul, « en lisant, en écoutant ». Ce sera la première fois qu’il vote à une élection présidentielle. Il n’a pas le temps de tracter mais essaye de convaincre autour de lui. « Beaucoup de candidats sont dans la démagogie, estime celui qui aimerait s’investir davantage, à terme. Pécresse est la seule qui a un programme réaliste : hausse du salaire net de 3 %, banque pour les jeunes… Le problème est que cette élection est biaisée, parasitée par ce qui se passe en Ukraine. On ne parle pas des sujets qui intéressent vraiment les Français : le pouvoir d’achat, l’ordre et la sécurité. »

 

« Je ne suis ni haineux ni raciste »

Ce à quoi Maël Guéguen, 17 ans, élève en terminale au lycée du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon, ajoute l’immigration et la jeunesse. « Ce sont des sujets importants dont on ne parle pas assez », confie celui qui a très tôt adhéré à Reconquête !, le parti d’Éric Zemmour.

Intéressé par la politique depuis ses 12 ans, il a longtemps été proche des idées de Marine Le Pen, qu’il trouve désormais « trop à gauche ». Défendant « des valeurs traditionnelles, judéo-chrétiennes, afin de préserver la France en tant que nation influente », il a été conquis par le franc-parler du polémiste. « Il soulève des sujets que les autres candidats n’abordent pas, voire nient complètement. »

Sa famille ne partage pas ses idées. Qu’importe. Il assume. « Je ne suis ni haineux ni raciste, contrairement à la caricature que l’on fait des adhérents de Reconquête ! », assure celui qui ne sera pas en âge de voter le 10 avril. « J’espère vraiment que Zemmour sera au second tour. Il défend la culture française, est pronucléaire… Il augmentera le Smic indirectement, en réduisant les charges patronales. » Craint-il une forte abstention ? « Ce n’est pas plus mal que les gens qui ne comprennent rien à la politique n’aillent pas voter. »

À noter

Nous avons contacté tous les relais locaux des candidats à la présidentielle. Seuls le PCF, Reconquête ! et LR nous ont transmis le nom d’un adhérent du pays de Morlaix âgé de moins de 25 ans.

 

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