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L'accord a été validé le mardi 3 mai par le comité exécutif national du PCF, puis par le Conseil National du PCF avec une majorité de 80% des votants (Pour: 120 voix; Contre:25 voix; Abstention: 13 voix).
Cet accord implique de la part des partis et mouvements qui composent la NUPES un soutien à nos onze députés sortants des forces politiques de la Nouvelle Union Populaire écologique et sociale, et accorde aux communistes quatre autres circonscriptions jugées gagnables et que nous souhaitions: Bourges Ouest-Vierzon, Dax-Tarnos, Denain, Creil-Nogent, Lens-Avion. Il comporte en tout 50 circonscriptions où les communistes présenteront des candidats, dont une seule en Bretagne, à Ploërmel dans le Morbihan (un candidat communiste dans une région de 3,5 millions d'habitants, avec 27 circonscriptions: les communistes bretons sont pourtant la principale force politique militante de Bretagne, avec 2400 adhérents, et ont aussi de nombreux élus, des maires, notamment dans les Côtes d'Armor).
Dans un rapport de force qui nous était très défavorable, et face à des conditions extrêmement dures imposées par la FI qui avait déjà gagné la bataille de la communication, à la seule considération du rapport de force des Présidentielles, à l'exclusion de toute autre considération d'implantation locale, de nombre d'adhérents et d'élus, de résultats des élections locales antérieures, les communistes ont accepté pour la première fois de leur histoire de ne présenter que moins de candidats communistes à l'élection législative, la plus politique qui soit, et la plus importante à nos yeux, dans moins de 10% des circonscriptions, avec le but de répondre à l'aspiration unitaire de l'électorat de gauche et de l'électorat populaire, de résister à l'extrême-droite et à Macron, de tenter de conquérir une majorité de gauche à l'Assemblée Nationale et tout du moins de faire élire un maximum de députés de gauche, toutes sensibilités confondues, tout en ayant les moyens, grâce à cette dynamique de rassemblement, de constituer à nouveau un groupe communiste à l'Assemblée Nationale.
Ismaël Dupont
Interview de Fabien Roussel dans l'Humanité:
Communistes, insoumis et écologistes ont signé un accord historique en vue des législatives. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, expose les objectifs de cette alliance, qui vise la conquête du pouvoir.
Prendre des mesures pour améliorer tout de suite la vie des gens, battre Emmanuel Macron, battre le RN, et faire reculer l’abstention. C’est l’ambition que se sont fixée le PCF, la FI et EELV à travers la Nouvelle Union populaire écologique et sociale. Pour y parvenir, le dirigeant communiste entend mener une campagne commune tambour battant.
Quel est le sens de cet accord à gauche ? Est-il possible d’aller conquérir une majorité à l’Assemblée nationale ?
Fabien Roussel:
Nous devons répondre à cet immense espoir que l’ensemble des forces de gauche a pu soulever à l’occasion de l’élection présidentielle : même si le second tour a été terrible, car il n’y avait pas d’autre choix que de voter Emmanuel Macron face à Marine Le Pen, le premier tour a montré que la gauche s’est renforcée au plan national. Pour les législatives, nous avons donc l’obligation d’y aller tous ensemble, rassemblés, pour concrétiser cette incroyable espérance : il est possible de battre Macron et de lui imposer une cohabitation. Le 1er juillet 2022, il est possible d’avoir un gouvernement de gauche qui dans l’urgence augmente le Smic à 1 400 euros net pour tous les salariés. Il est possible de repousser définitivement le projet de retraite à 65 ans de Macron pour remettre la retraite à 60 ans. C’est une occasion historique pour les Français, mais il faut que les citoyens s’en saisissent parfaitement. On sait que le risque d’abstention est fort aux législatives. Il faudra donc mener une campagne très efficace pour mobiliser sur le terrain. J’appelle aussi les électeurs de Le Pen, ceux qui par colère ont choisi ce bulletin de vote pour battre Macron, à regarder ce que nous proposons à gauche et ce que nous allons porter aux législatives, car c’est bien ce programme-là qui va changer leur vie.
Quel programme partagé vont porter ensemble EELV, la FI et le PCF ? Qu’est-ce que les communistes ont apporté ?
Fabien Roussel:
Il y a un contrat de législature sur lequel nous nous sommes mis d’accord, une série de mesures qui vont tout de suite améliorer la vie des gens : hausse des salaires, retraite à 60 ans, blocage des prix des produits de première nécessité, embauches dans nos services publics, nos écoles et nos hôpitaux. Les communistes ont notamment mis l’accent sur les moyens à mettre en œuvre pour mobiliser le capital au service de grandes conquêtes sociales. Nous portons aussi l’abrogation de la loi El Khomri et des ordonnances Macron, nous voulons mettre fin aux délocalisations, et nous entendons nous donner les moyens de notre politique en créant un grand pôle public bancaire. Nous avons encore quelques divergences sur les questions économiques : je pense au financement de la Sécurité sociale et au fait que nous voulons supprimer la CSG. Nous avons aussi des différences sur la question énergétique, principalement sur le nucléaire. Mais ces sensibilités, nous allons continuer de les défendre, notamment via notre groupe communiste à l’Assemblée nationale. C’est tout l’intérêt de l’accord passé : il permet de construire une coalition des forces de gauche et écologiques dans laquelle chaque composante conserve son autonomie et sa liberté de parole. C’est important.
Pourquoi un tel accord à gauche, impossible avant la campagne présidentielle, est-il devenu possible pour les législatives ?
Fabien Roussel:
Tout simplement parce que cette campagne présidentielle a été l’occasion de présenter pour chaque force de gauche son projet pour la France, en montrant les différences et les points de convergence. Elle a surtout prouvé que la diversité de la gauche est une richesse, en mobilisant 11 millions d’électeurs. Environ 7,5 millions pour Jean-Luc Mélenchon, et 3,5 millions pour les autres. Ces projets différents ont pleinement le droit d’exister, pour faire vivre le débat d’idées. Ce qui est important, c’est de savoir ensuite se réunir aux législatives, qui dans les 577 circonscriptions de France vont permettre de faire vivre ces différences et d’en faire un atout. La campagne présidentielle a aussi permis aux communistes de défendre la France des Jours heureux. Cette mobilisation, nous allons la mettre au service des législatives. Je pense notamment à tous ces départements qui n’auront pas de candidats communistes mais qui pourront faire vivre notre programme quand même.
Le PCF a signé un accord autour de 54 circonscriptions, dont les onze où il y a des députés communistes sortants. Est-ce un bon accord ?
Fabien Roussel:
C’est un accord avec de nombreuses circonscriptions gagnables qui offre la possibilité d’avoir un groupe à l’Assemblée. Nous n’aurions pas pu nous satisfaire d’un simple soutien aux onze députés PCF sortants, car le seuil pour constituer un groupe est de quinze élus. Trouver un accord qui nous permette de gagner au minimum une quinzaine d’élus était pour nous la condition sine qua non d’une signature. Mais nous espérons en gagner plus ! Et les communistes feront campagne dans tout le pays, pour aller convaincre un maximum de Français qu’il est possible d’obtenir une majorité de gauche. Nous avons un rôle important à jouer pour aller chercher la victoire.
Il manque aujourd’hui le PS. Souhaitez-vous qu’il rejoigne la coalition de gauche ?
Fabien Roussel:
Cet accord n’est en réalité valable et n’aura de sens que si toutes les forces de gauche y participent. Je me féliciterai donc que le PS soit là pour l’emporter avec nous. Il ne doit y avoir aucune division à gauche. Nous devons être à 100 % unis plutôt que de nous faire perdre mutuellement dans de nombreuses circonscriptions. Le rassemblement est indispensable.
Législatives Après EELV et avant le PS, le PCF s’est entendu avec la FI pour les élections de juin. Sous l’influence des communistes, la base programmatique de cet accord a été étoffée de nombreuses propositions sociales, antilibérales et écologiques.
La gauche peut conquérir le pouvoir. Avec un rassemblement inédit, sur un programme de rupture, ambitieux et émancipateur, elle se donne en tout cas toutes les raisons d’y croire. Ce fol espoir, impensable il y a peu, a encore grandi mardi 3 mai, jour anniversaire de la victoire du Front populaire en 1936. Le PCF a ainsi rejoint l’accord déjà acté entre Europe Écologie-les Verts et la France insoumise, dimanche soir. « Nous sommes heureux de voir ce rassemblement se renforcer et la perspective d’une majorité en juin se dessiner, a salué la députée FI Clémentine Autain. Nous vivons un tournant historique et il était impensable que les communistes n’aient pas leur pleine place dans cette Nouvelle Union populaire. » « C’est une excellente nouvelle qui peut aboutir à un événement historique et essentiel pour les Français, se réjouit son homologue communiste Stéphane Peu. Je vois aussi cet accord comme la création d’une union durable, au moins pour les cinq ans qui viennent, afin de construire ensemble une véritable alternance de gauche. »
En attendant le PS, voire le NPA (avec qui les négociations sont toujours en cours à l’heure où nous bouclions ces pages), cette alliance entre PCF, FI et EELV constitue une avancée décisive pour cette coalition en cours de construction. Le conseil national du PCF, après consultation des fédérations départementales, a validé cet accord dans l’après-midi du mardi 3 mai, avec 120 votes pour, 25 contre et 13 abstentions. Selon nos informations, celui-ci prévoit que des candidats communistes, représentants de cette « Nouvelle Union populaire écologique et sociale » (Nupes) soient investis dans 54 circonscriptions (les écologistes ont signé dimanche soir pour 100 candidatures). Ce qui devrait garantir au PCF le droit au remboursement et au financement prévus dans le cadre de ces élections, ainsi que la création d’un groupe parlementaire. Surtout, communistes, insoumis et écologistes se sont accordés sur la base d’un projet de gouvernement, déjà avancé avec l’entente FI-EELV.
La hausse « immédiate » du Smic à 1 400 euros, la retraite à 60 ans, la garantie d’autonomie pour les jeunes, le blocage des prix sur les produits de première nécessité, la planification écologique et « l’éradication de la pauvreté », objectifs déjà fixés avec les écologistes, restent d’actualité. « C’est un programme pour améliorer immédiatement la vie des gens, se félicite Stéphane Peu. Très concrètement, le pouvoir d’achat va augmenter très rapidement avec le blocage des prix notamment, les salaires vont augmenter, les services publics seront redynamisés… »
À l’issue de deux semaines de négociations, les communistes ont obtenu de la FI et d’EELV une série de nouvelles propositions que portera cette Nupes. L’accord comprend ainsi « la reconquête des services publics et de nouvelles créations d’emplois publics », dans la santé, l’éducation, le transport et le fret ferroviaire. La construction de logements publics, l’encadrement des loyers à la baisse sont aussi avancés. De nombreuses mesures portées par le PCF depuis plusieurs années pourraient aboutir grâce à ce rassemblement, comme la « renationalisation d’EDF, d’Engie, des autoroutes, des aéroports », et de banques généralistes ; des « nouveaux droits d’intervention et de décision des salariés dans les entreprises », ou encore la lutte contre l’évasion fiscale, la « taxation du capital au même niveau que le travail » et le rétablissement de l’ISF. La VIe République est aussi au programme. Point de discorde entre les formations, la question du nucléaire n’a visiblement pas été tranchée, elle pourrait l’être au sein même du Parlement. « L’Assemblée nationale est faite pour cela, il faut que nos différentes visions vivent au sein d’une même majorité », estime l’écologiste Sandra Regol, qui se réjouit de l’arrivée des communistes dans l’accord.
Avec un rassemblement basé sur ces mesures et non un simple découpage électoral, « nous nous sommes donné les moyens d’être crédibles aux yeux des Français, et c’est ce qui affole le pouvoir en place », estime Clémentine Autain. Car l’objectif est clair : obtenir une majorité à l’Assemblée nationale pour gouverner le pays. La gueule de bois de la présidentielle a vite laissé place à l’ivresse du rassemblement, qui crée une dynamique inédite pour une force qui apparaissait vaincue quelques jours plus tôt.
« La victoire est possible. Macron a été mal élu, beaucoup ne voulaient pas de ce second tour et l’aspiration à l’unité est très grande. Il y a tout pour créer une dynamique qui renforce notre bloc par rapport à la présidentielle. Ce rassemblement peut générer beaucoup d’espérance et une grande mobilisation des électeurs de gauche qui sera, j’en suis sûr, sans commune mesure avec celle des précéde ntes législatives », s’enthousiasme Stéphane Peu . « Nous avons pour nous la dynamique, grâce à cette coalition, au fait que nous imposons un 3e tour de la présidentielle, avec Jean-Luc Mélenchon qui se propose d’être premier ministre et surtout un programme dans lequel les gens fondent beaucoup d’espoir », ajoute le député FI Éric Coquerel. Côté écologiste, Sandra Regol, numéro 2 d’EELV, considère que « la force de cette coalition est d’avoir à la fois un socle de propositions communes très fortes et nombreuses tout en gardant nos spécificités, en ayant chacun nos propositions propres ».
L’accord avec les communistes prévoit lui aussi une « majorité pluraliste » et l’objectif que le PCF puisse former un groupe parlementaire d’au moins 15 élus. Raisonnablement, les communistes peuvent espérer conserver leurs onze sièges sortants, même si les batailles ne sont pas gagnées d’avance. Pour se renforcer, le PCF et ses militants viseront la victoire dans les 43 autres circonscriptions. Selon nos informations, cinq d’entre elles seraient particulièrement désignées comme des territoires de conquête. Celle de Dax et Tarnos (Landes), ville dirigée par Jean-Marc Lespade. À Bourges Ouest-Vierzon (Cher), chez le maire communiste Nicolas Sansu. Dans la circonscription menée par le RN Sébastien Chenu, Denain-Trith-Saint-Léger (Nord), où Patrick Soloch est parti pour représenter la gauche. À Creil-Nogent-Clermont (Oise), où le médecin Loïc Pen pourrait être candidat, comme en 2012. Et Lens-Avion (Pas-de-Calais), qui devrait voir le maire avionnais Jean-Marc Tellier être investi. Les candidatures pressenties de ces cinq responsables communistes devraient être confirmées dans les prochains jours.
Cette Nouvelle Union populaire écologique et sociale espère présenter ses 577 candidats le 7 mai, après la signature possible et espérée du PS, pour un lancement de campagne commun. Une étape supplémentaire dans « cette union qui répond aux grands enjeux d’aujourd’hui, estime Stéphane Peu. Cet espoir, à un moment où l’histoire s’accélère, peut créer un mouvement de grande puissance, y compris dans la rue ». Car la victoire aux législatives qui semble aujourd’hui possible ne sera pas une fin en soi. « Même si nous avons la majorité, ce sera difficile, avoue Clémentine Autain. La clé, c’est la mobilisation populaire, qui doit accompagner et rendre possibles les transformations profondes que nous proposons. » Comme il y a quatre-vingt-six ans, du temps du Front populaire…
Cela a toujours été comme ça depuis 1921. Les élus communistes travaillent pour la cause de la transformation sociale, et reversent leurs indemnités à leur parti. Le Parti communiste français, parti du désintéressement des élus qui reversent leurs indemnités à leur organisation politique pour le bien commun. Et parti le mieux financé par ses élus. Ouest-France, 3 mai 2022. Grâce aux cotisations, aux souscriptions, aux reversements d'indemnités d'élus, à ses nombreuses initiatives politiques et financières (fêtes, vente du muguet, repas républicains, etc) grâce à son nombre de militants, le plus élevé en France, le parti communiste est le 2e parti avec le plus de ressource en France, juste derrière LREM mais son financement ne dépend qu'à 8,7% de l'argent public, contre 89% pour la LREM, 80% pour FI, 60% pour les Républicains.
La jeune femme se bat au quotidien pour obtenir la libération de son époux, avocat franco-palestinien emprisonné en Israël, que leurs deux enfants n’ont pas vu depuis le mois de mai 2021.
Ce 25 avril est une journée particulière pour Elsa Lefort. Son époux, Salah Hamouri, fête ses 37 ans. Une journée particulière, certes, mais bien triste aussi. Elle est seule avec leurs deux enfants. Salah, lui, est emprisonné en Israël depuis le 4 mars. Il a été condamné, le 10, à quatre mois de détention administrative, ce qui signifie que ni lui, ni ses avocats et encore moins sa famille ne peuvent connaître les faits qui lui sont reprochés. Pis, cette détention administrative est renouvelable. « La campagne pour la libération de Salah et la non-révocation de sa carte de résident à Jérusalem m’occupent tous les jours », explique Elsa, qui travaille à temps plein dans une collectivité territoriale.
La jeune femme a elle-même subi le harcèlement des autorités israéliennes. Il y a quelques années, enceinte, elle avait été placée en détention à l’aéroport de Tel-Aviv, avant d’être refoulée. Mais elle n’entend surtout pas baisser les bras. « En France, l’enjeu est d’élargir la campagne et le soutien à des personnes, qui ne sont habituellement pas impliquées, pour Salah. On peut compter sur des soutiens fidèles qui, au fil des années, ont suivi les précédentes campagnes et qui s’engagent spontanément, je pense à des élus et collectivités qui, par le passé, ont déjà écrit au ministère des Affaires étrangères ou fait Salah citoyen d’ho nneur, aux partis politiques, essentiellement à gauche dont le PCF, aux organisations syndicales ou associations, dont les associations de défense du peuple palestinien comme l’Association France Palestine Solidarité ou l’Union juive française pour la paix et d’autres encore. »
Elle se félicite ainsi que des ONG comme Amnesty International, la Fédération internationale des droits humains ou l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture se soient emparées du cas de Salah Hamouri, figure emblématique des prisonniers politiques palestiniens, surveillé par le logiciel espion Pegasus, développé par la société israélienne NSO, maintenant sous le coup d’une plainte. « Plus nous serons nombreux, citoyens, élus, associations, partis, ONG, à soutenir Salah, plus la diplomatie française devra intensifier son action. Concernant les élus, la plupart sont de gauche, mais je travaille aussi à ouvrir le soutien à toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la défense d’un Français arbitrairement incarcéré et harcelé depuis une vingtaine d’années. »
Il y a un mois, le Quai d’Orsay affirmait avoir demandé des explications à Tel-Aviv. Interrogé vendredi par l’Humanité, le ministère des Affaires étrangères assure rester « pleinement mobilisé pour obtenir des explications sur les raisons de sa détention » et réitère le souhait « qu’il soit libéré et qu’il puisse mener une vie normale à Jérusalem ». Elsa est en contact régulier avec les diplomates français sur place, mais ces derniers n’ont toujours pas obtenu un droit de visite pour l’épouse de Salah et ses enfants. Elle ne décolère pas : « Ils me disent être mobilisés et agir, mais je ne vois pas de résultats de cette mobilisation : Salah est toujours en prison, il est toujours menacé d’expulsion définitive de Palestine, et nous n’avons pas pu lui parler. La diplomatie française se fait humilier par les autorités israéliennes, et c’est assez inquiétant. »
Pour Elsa, il faut aussi gérer cette situation avec leur garçon de 6 ans et leur fille de 1 an. « Depuis qu’il est né, le grand vit loin de son père. Je lui ai expliqué les choses. Il comprend que Salah est en prison parce qu’il se bat pour la liberté des Palestiniens. Il en est fier », confie-t-elle. Ce n’est évidemment pas facile. « Dans ses jeux, il imagine Harry Potter qui vient délivrer son papa et ses codétenus. » Mais l’enfant est aussi confronté à la réalité pénitentiaire. Il avait réalisé un dessin et l’avait envoyé à Salah. Celui-ci ne l’a jamais reçu, la direction de la prison estimant que le sujet dessiné était trop politique ! « La petite, je lui montre des vidéos où elle peut voir Salah. Elle ne le connaît quasiment qu’ainsi. La dernière fois qu’elle l’a vu, elle n’avait que dix jours, explique Elsa, qui gère tout ça avec patience. Mais ne pas pouvoir se projeter dans l’avenir, c’est vraiment le plus dur. Je ne peux pas dire aux enfants : “Courage, dans cinq ou dix jours vous serez dans les bras de votre père.” Parce qu’on ne sait pas s’ils vont prolonger sa détention. Leur but est de briser des êtres humains. Il faut donc puiser dans ses propres forces pour que leur but ne soit jamais atteint. »
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Occultée par la campagne électorale de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, la hausse des prix sera forte en France d’ici les élections législatives des 12 et 19 juin prochains. Outre la flambée des prix du pétrole et du gaz, ceux des matières premières d’origine agricole sont aussi en forte hausse et le seront encore dans les prochaines semaines.
Réélu hier soir président de la République avec 58,54 % des suffrages exprimés contre 41,46 % à Marine Le Pen, Emmanuel Macron a soigné la mise en scène précédant sa prise de parole hier soir à Paris. Mais ce fut pour en dire le moins possible sur la politique qu’il entend conduire durant ce second mandat de cinq ans. Il s’est déclaré « dépositaire des divisions et des différences qui se sont exprimées » à travers ce scrutin. Puis il a ajouté que « nul ne sera laissé au bord du chemin », grâce à « une méthode refondée sur cinq années de mieux que celles que nous venons de vivre ». Voilà qui est clair comme du jus de chique.
En attendant d’en savoir plus sur les intentions du chef de l’État, les chiffres fournis la semaine dernière par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) indiquent que le prix du pétrole en euros a augmenté de 24,7 % au mois de mars après une hausse de 11,6 % en février. Durant ce même mois de mars, les prix des autres matières premières importées étaient en hausse de 9,3 % et ceux des matières premières agricoles continuaient d’augmenter avec une moyenne de +7,7 % sur le mois, tous produits confondus. Concernant les céréales et les oléagineux, le pire est peut-être à venir dans les prochains mois, une fois connue la récolte mondiale de l’été 2022 en volume et en qualité dans l’hémisphère nord.
Le prix de la tonne de colza a doublé en deux ans
En France, quelques semaines seulement après l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, des reportages télévisés montraient des pénuries d’huile de tournesol dans les rayons de la grande distribution. En 2020-2021 la part de l’Ukraine dans les exportations mondiales de tournesol était de 46,7 % et celle de la Russie atteignait 28,7 %. La spéculation, favorisée par la guerre, est donc la principale explication de la nouvelle flambée des prix, sachant que les semis se font au printemps et qu’ils sont très perturbés en Ukraine en raison des bombardements, du manque de carburants pour labourer, du manque de graines pour les semis, du manque d’engrais pour faire pousser les plantes dans un contexte de désorganisation de l’économie par la guerre.
En avril 2020, le prix de la tonne de blé français rendue au port de Rouen pour l’exportation était de 180 €. Ce prix fut tout le temps sous la barre des 200 € la tonne durant toute cette année 2020, ce qui rendait difficile la situation des producteurs. À partir d’octobre 2021, le prix de la tonne de blé tendre atteignait 270 € en moyenne avec des fluctuations de semaine en semaine. Le 19 avril dernier, cette tonne de blé cotait 398 € au port du Havre et on signalait que les derniers achats de l’Égypte qui venaient d’être chargés dans ce même port sur plusieurs bateaux coûtaient 492 dollars la tonne au pays importateur. Jusque-là, l’Égypte achetait surtout des blés produits en Ukraine et en Russie car leurs taux de protéines sont globalement plus élevés que ceux des blés français.
Des «stocks report» en baisse au moment de la récolte
Stagnant à 160 € en moyenne en 2020, le prix de la tonne de maïs dépassait 250 € entre septembre 2021 et février 2022. Il atteignait 335 € à Creil le 19 avril dernier. En 2020-2021, 13,1 % des volumes de maïs exportés dans le monde provenaient d’Ukraine et 38,4 % des États-Unis. Actuellement, alors que les semis ukrainiens de maïs sont perturbés et réduits en superficie, le président des États Unis déclarait récemment vouloir produire toujours plus d’éthanol à partir du maïs et du blé pour moins dépendre du prix mondial du pétrole. Voilà pourquoi de nombreux observateurs redoutent aujourd’hui une flambée spéculative et durable des prix du blé, du maïs, du tournesol, du colza et du soja.
Concernant le blé produit en France, le conseil spécial de FranceAgriMer a tenu sa réunion mensuelle le 13 avril dernier. Il prévoit que le stock de blé tendre sera inférieur à 3 millions de tonnes au 30 juin prochain, un volume inférieur à 10 % de la récolte de 2021 qui était de 35,5 millions de tonnes. Dans les pays exportateurs autres que l’Ukraine et la Russie, les stocks de report de fin de campagne seront plus bas cette année que durant les années précédentes, ce qui est susceptible de faire monter les prix. Voilà pourquoi l’inquiétude est grande dans les pays importateurs nets dont font partie l’Égypte, la Tunisie, le Liban, le Maroc, l’Algérie et de nombreux pays africains. Au Yémen, l’ONU estime que les deux tiers des 29 millions d’habitants pourraient avoir besoin d’une assistance alimentaire au cours du second semestre de 2022. En pages 22 et 23 de « L’Humanité-magazine » du 21 au 27 avril une infographie avec un commentaire de Bruno Odent montre la forte dépendance de 26 pays du continent africain et ses alentours des blés exportés par la Russie et l’Ukraine.
Risque de pénurie mondiale en cas de baisse des récoltes
Il est déjà acquis que la production de céréales et d’oléagineux en Ukraine sera en forte baisse au moment de la moisson cette année en raison des conséquences de la guerre. On sait aussi que la Russie va limiter ses exportations de céréales afin de contenir les prix sur son marché intérieur. De son côté, la Chine saura prendre rapidement des dispositions pour importer en temps voulu ses besoins évalués à près de 10 millions de tonnes de blé par an. Pour toutes ces raisons, une baisse de la récolte mondiale en 2022, probablement aggravée par des sécheresses déjà perceptibles dès ce printemps, risque d’entretenir la spéculation dans les prochains mois sur le prix du blé et des autres céréales. Il y a bien un risque de pénurie mondiale et il pourrait déboucher sur des émeutes de la faim dans un grand nombre de pays.
Réélu président la République tandis qu’il préside aussi l’Union européenne jusqu’au 30 juin prochain, que dira Emmanuel Macron sur un sujet comme la mise en jachère d’une partie des terres agricoles dans les pays membres de l’Union européenne prévue dans la nouvelle réforme de la Politique agricole commune ? Les chiffres montrent déjà qu’une telle politique favoriserait la pénurie et contribuerait à maintenir des prix très élevés, rendant inaccessibles les aliments comme le pain et les pâtes pour les ménages à faible pouvoir d’achat en France et, plus encore, pour les populations pauvres dans un grand nombre de pays importateurs de blé et autres céréales.
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Mesdames et Messieurs,
Ce soir, le pire a été évité à la France.
Grâce à la mobilisation de millions de nos compatriotes, la représentante de l’extrême droite ne pourra pas, à l’Élysée, perpétrer le coup de force institutionnel qu’elle envisageait pour disloquer la République.
Elle ne pourra pas installer un pouvoir autoritaire, mettant en pièces nos principales conquêtes démocratiques, autant que les droits sociaux chèrement conquis par notre peuple.
Dans la clarté politique, sans illusion sur le projet d’Emmanuel Macron, nous avons clairement participé à ce résultat.
La bataille n’est, pour autant, pas achevée. Loin de là.
La représentante de l’extrême droite française a recueilli 42 % des suffrages, soit 8 points de plus qu’au second tour de 2017. Un résultat sans précédents depuis la Libération
Une lourde menace pèse sur notre démocratie.
Et la victoire d’Emmanuel Macron ne peut pas l’évacuer.
Quand 42 % de nos concitoyens utilisent le bulletin de vote de celle qui propose un référendum sur le voile, l’immigration avec la volonté de créer, ce qui n’existe dans nul autre pays au monde, un régime ségrégationniste en fonction de ses origines et de sa religion, c’est grave.
Et quand 28 % font même le choix de s’abstenir, en prenant le risque de son élection, nous mesurons à quel point l’extrême droite et ses idées se sont banalisées dans notre pays.
Le président sortant, s’il est réélu aujourd’hui, l’est uniquement à la faveur d’un rejet de la représentante de l’extrême droite.
Il ne doit pas considérer que ce résultat exprime un soutien à sa politique.
Nous l’avons interpellé publiquement, à plusieurs reprises, afin qu’il entende, avec humilité, la colère qui s’est exprimée lors de ces élections concernant le pouvoir d’achat, ou même son projet de réforme des retraites.
Il a refusé de remettre en cause ses choix, sa politique, avec une pointe d’arrogance que les Français ne supportent plus.
Nous devons maintenant le battre et battre sa politique aux élections législatives les 12 et 19 juin prochains.
C’est tout l’enjeu des semaines à venir.
Les Français, le monde du travail, la jeunesse ont besoin d’une perspective d’espoir.
Ils ont besoin de réformes heureuses, positives; ils ont besoin de progrès social, de justice sociale.
Ils ont besoin de services publics, partout et pour tous.
Ils attendent qu’on mette enfin les formidables richesses que nous avons au service de l’emploi, de l’augmentation des salaires, des pensions et de meilleures conditions de travail.
Pour mettre en œuvre de telles réformes, nous aurons besoin d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, une majorité connectée aux attentes populaires.
Et pour y parvenir, nous devrons d’abord battre l’extrême droite qui progresse dans de nombreuses autres circonscriptions, hormis quelques exceptions dont nous nous félicitons, car nous avons contribué à son recul.
Mais dans une majorité d’entre-elles, la situation reste préoccupante. Créons, partout, toutes les conditions, ensemble, pour offrir une perspective de victoire à gauche dans ces territoires où l’extrême droite pourrait l’emporter.
Il nous faut ensuite enclencher une vraie dynamique d’espoir à gauche et nous adresser aux 11 millions d’électeurs de gauche du 1er tour et aux 12 millions d’abstentionnistes.
Le 10 avril dernier, avec 32,5 % des suffrages exprimés, la diversité des candidatures à gauche a permis de progresser de quatre points par rapport à 2017.
En nous additionnant, dès ce premier tour des élections législatives, nous pouvons par conséquent battre à la fois le bloc raciste de l’extrême droite, comme le bloc libéral de la droite représentée par Macron.
En nous additionnant, en nous rassemblant avec un contrat de législature, avec des engagements communs pour le pays, nous pouvons y parvenir.
C’est le sens de nos discussions avec La France insoumise, Europe-Écologie-Les Verts, le Parti socialiste.
Pour ces élections législatives, faisons tout pour être unis, retrouvons-nous autour d’un contrat de législature répondant à l’aspiration des Français sur le pouvoir d’achat, le droit à la retraite, la transition écologique et la justice climatique, les services publics, une République refondée.
Fixons-nous l’objectif d’un accord global, nous réunissant dans la totalité des circonscriptions, en évitant toute division dans des circonscriptions ayant déjà des députés de gauche, et en allant ensemble à la conquête d’une majorité de députés partout ailleurs.
Faisons-le en respectant bien sûr le rapport de force issus de la présidentielle, mais aussi en tenant compte des ancrages locaux et des différentes sensibilités à gauche.
En se rassemblant et en faisant de nos différences une richesse, toute la gauche peut, non seulement retrouver les 11 millions d’électeurs et électrices du 10 avril, mais elle peut contribuer aussi à remobiliser nombre d’abstentionnistes.
L’heure est trop grave, la menace de l’extrême droite sur de nombreuses circonscriptions trop angoissante, l’arrogance dévastatrice du président de la République trop dangereuse, pour que nous ne fassions pas preuve d’une grande responsabilité.
C’est dans cet esprit que nous discutons depuis plusieurs jours avec toutes les forces de gauche. Créons les conditions d’un tel accord.
Je redis à Jean-Luc Mélenchon, à Julien Bayou, à Olivier Faure ma totale disponibilité pour nous retrouver tous ensemble, le plus rapidement possible, pour atteindre l’objectif ambitieux que nous pourrions nous fixer à gauche.
Les communistes sont déterminés à tout faire pour aboutir et apporter notre contribution avec « La France des Jours heureux » que nous avons défendue pendant la campagne.
Je vous remercie.
Le 10 avril, les candidats Marine Le Pen, Éric Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan ont rassemblé 33 % des suffrages exprimés. Cette fois-ci, le danger est réel pour le second tour.
Odette Nilès Officier de la Légion d’Honneur, ancienne internée du camp de Châteaubriant
Monsieur Macron, dimanche 24 avril, je mettrai un bulletin de vote à votre nom dans l’urne, sans adhésion aucune à votre projet mais par fidélité à mon combat contre le fascisme et pour la jeunesse.
En 1941, à 17 ans, j’ai été arrêtée par des policiers français, lors d’une manifestation anti-Allemands à Paris, sur dénonciation, parce que jeune militante communiste drancéenne. J’ai connu les interrogatoires, l’enfermement, la faim, le froid pour avoir voulu défendre mon pays et mes idées. Mais j’ai aussi eu l’honneur de rencontrer, notamment, Jean-Pierre Timbaud, dirigeant syndicaliste CGT, et Guy Môquet, étudiant de 17 ans comme moi.
Je suis, à 99 ans, la dernière survivante à les avoir vu partir pour la mort, le 22 octobre 1941, en hurlant la Marseillaise. Guy Môquet nous a laissé, du haut de ses 17 printemps, une maxime qui aujourd’hui encore est ma raison d’être : « Les copains, qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui vont mourir. » Témoin et actrice de cette époque douloureuse de l’Occupation où régnaient en maîtres les nazis et leurs serviteurs français, pétainistes, je ne peux accepter que les thèses de l’extrême droite se propagent à nouveau. Je ne veux pas qu’ils s’approprient notre drapeau tricolore et encore moins la Marseillaise, qui a donné le courage à mes camarades d’aller affronter la mort pour notre France. Je ne peux les laisser se présenter en défenseurs de la patrie quand ils font l’apologie des traîtres de tous pays et qu’ils témoignent tant de mépris pour notre devise de la République : « Liberté, Égalité, Fraternité. » Ces valeurs qui rassemblent tous les démocrates et toute notre population, issue de la diversité des migrations, de la décolonisation et des conflits.
Sachez qu’à mon âge, jamais je ne baisserai la garde et ne vous permettrai de prendre mon vote pour acquis. Je veux que ce qui nous animait en 1945, ces« Jours heureux » qui ont forgé la Sécurité sociale, le service public et la reconnaissance du travail, vous les portiez comme un rempart contre la haine et le fascisme. Votre jeunesse ne peut rester sourde à mon parcours et à mes mots qui sauront être une boussole pour les générations à venir.
Carine Picard-Nilès Présidente de l’Amicale de Châteaubriant. Voves-Aincourt-Rouillé
Le racisme et le fascisme ne sont pas des opinions mais des délits punis par la loi. Nous perpétuons, au sein de l’Amicale, la volonté de rassemblement, au-delà des divergences politiques ou religieuses, contre toutes idéologies de haine ou de violence. A-t-on jamais vu des membres des partis d’extrême droite dans les grandes manifestations revendicatives des travailleurs alors qu’ils se targuent de les soutenir ? Eux, dont les dirigeants font partie des premières fortunes de France. Dimanche 24 avril, je m’opposerai donc à un ennemi fasciste en mettant un bulletin pour un adversaire politique dont je ne partage pas les idées libérales, mais que je combattrai fermement. M’abstenir serait un consentement à l’extrême droite.
Bertrand Badie Politiste Dominique Vidal Journaliste
Vous avez voté Mélenchon, Jadot, Roussel, Hidalgo, Arthaud ou Poutou. Vous regrettez que la gauche ne soit pas au second tour. Vous ne déposerez évidemment pas un bulletin Le Pen dans l’urne. Mais vous êtes tenté par l’abstention.
Nous pourrions l’être aussi ! Le bilan de Macron est sans aucun doute des plus négatifs : une manière des plus arrogantes, une politique favorable aux plus riches, la destruction de nombreux acquis sociaux, une répression souvent sauvage des mouvements de contestation, une France mise en échec dans le monde… Rien de tout cela ne donne envie de voter Macron. Mais peut-on pour autant laisser passer Le Pen ? Car s’abstenir, c’est mathématiquement voter pour la candidate du RN qui est aux portes de la victoire ! Car seuls comptent les bulletins exprimés…
Or, l’histoire le montre : entre la droite et l’extrême droite, ce n’est jamais « blanc bonnet et bonnet blanc ». Les Italiens comme les Allemands, dans les années 1920 et 1930, en ont fait l’expérience tragique, et toute l’Europe avec eux. En ce début de XXI e siècle, Américains, Hongrois, Polonais et Brésiliens l’ont aussi appris à leurs dépens…
Il faut lire attentivement le programme de Marine Le Pen : putsch contre la démocratie et l’État de droit, régression sociale, menace sur les libertés, xénophobie d’État, déni du réchauffement climatique, remise en cause de certains droits des femmes, alignement sur Poutine. Bref, la victoire des néofascistes entraînerait un grand bond en arrière dans tous les domaines.
Nous avons en particulier une responsabilité vis-à-vis de nos frères étrangers et descendants d’immigrés. Le référendum que projette Le Pen les vise directement : préférence nationale, restriction du droit du sol, enterrement des lois antiracistes, menaces sur la presse, dénaturalisation de certains Français, voire début de « remigration » – sans oublier le symbole de cette islamophobie qu’est l’interdiction du voile dans l’espace public… Quelle femme, quel homme de gauche pourrait assumer en conscience ce racisme (in)digne de Vichy ?
Demain, après les élections présidentielle et législatives, il faudra reconstruire une vraie gauche moderne, unie et pluraliste. En attendant, dans ce second tour, pour barrer la route au néofascisme à la française, nous n’avons – hélas – qu’un instrument : le bulletin de vote Macron. Utilisons-le toutes et tous.