Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 05:46
Censure partielle de la loi relative à la sécurité globale : une victoire pour nos libertés publiques et notre démocratie (groupe communiste CRCE au Sénat, 21 mai 2021)
Censure partielle de la loi relative à la sécurité globale : une victoire pour nos libertés publiques et notre démocratie
Pour calmer la verve sociale qui s’était exprimée contre le très controversé article 24 de la loi « Sécurité globale », Jean Castex voulait s’assurer de sa conformité aux principes garantis par notre Constitution… C’est désormais chose faite.
Suite à la saisine du Premier ministre et, en parallèle, de 120 parlementaires, parmi lesquels députés et sénatrices et sénateurs communistes, le Conseil constitutionnel vient de juger « contraires à la Constitution » l’article 24, devenu l’article 52 après sa réécriture par le Gouvernement pour le rendre plus acceptable sur la forme (mais qui reprenait sur le fond le dispositif initial).
Dictée par certains syndicats de police, supposés protéger les forces de l’ordre en opération en pénalisant « la diffusion malveillante » de leur image, cette disposition mettait en réalité à mal toute contestation de l’emploi de la force par les autorités publiques (l’on sait pourtant tout l’usage contestable qu’il en a été fait ces dernières années).
Comme nous l’avions nous-mêmes dénoncé dans notre motion de rejet préalable au texte de « sécurité globale », ainsi que dans notre saisine commune au Conseil constitutionnel, cet article n’assure pas une conciliation équilibrée « entre les objectifs de valeur constitutionnelle de prévention des atteintes à l’ordre public et de recherche des auteurs d’infractions et le droit au respect de la vie privée ». Pire il portait une atteinte presque délibérée au droit d’informer et de dénoncer.
Le même jugement est tombé pour ce qui concerne l’usage des drones, dont le cadre juridique inédit créé par le même texte nous laissait craindre les pires dérives en matière de surveillance de masse des populations…
À l’heure où une atmosphère sombre et inquiétante en matière de sécurité publique flotte sur nos institutions et menace les principes fondamentaux de notre démocratie, cette décision du Conseil constitutionnel arrive à point nommé. Nous nous en félicitons.
Il s’agit également, à notre sens, d’une indication des Sages pour signifier clairement que la police (et certains syndicats de police) n’ont pas pour vocation à être une force autonome, mais bien une force publique au service de l’intérêt général et donc de nos concitoyennes et concitoyens.
Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE continueront à veiller à ce que ces mesures restent jugées pour ce qu’elles sont : porteuses de graves atteintes à nos libertés publiques et pourvoyeuses d’une vision de la société répressive, autoritaire et régressive contre laquelle il nous faut lutter.
Partager cet article
Repost0
21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 05:35

 

Conférence en ligne en date du 11 mars 2021, organisée dans le cadre du cycle de conférences "Urgence Climatique : un défi scientifique, politique et social". Céline Guivarch est membre du Haut conseil pour le climat, ingénieure diplômée de l'École Polytechnique et directrice de recherche au CIRED

Partager cet article
Repost0
20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 05:33

 

Conférence en ligne en date du 4 février 2021, organisée dans le cadre du cycle de conférences "Urgence Climatique : un défi scientifique, politique et social". François-Marie Bréon est climatologue, ancien auteur du GIEC et auteur du livre Réchauffement climatique, éditions Humensciences, 2020.

Partager cet article
Repost0
20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 05:30

 

 

L’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Gita Gopinath, souligne dans un avant-propos aux « Perspectives Economiques mondiales », rendues publiques le 4 avril dernier[1], que la reprise mondiale accélère, « mais dans un monde rendu de plus en plus contradictoire par des trajectoires de croissance désynchronisées, et par un creusement des inégalités ».

Elle alerte, en particulier, sur les « défis colossaux posés par des reprises qui divergent à la fois à l’intérieur des pays et entre eux, ainsi que par les dégâts persistants » engendrés par la pandémie et la profonde récession mondiale dont elle a précipité la survenance et accru la profondeur en 2020, hors la Chine notamment. Dans ce contexte, les États-Unis mettent le monde entier sous pression avec une relance sans précédent d’un nouveau type, pour dominer.

 

Reprise mondiale à plusieurs vitesses

Le FMI prévoit, désormais, une reprise plus forte en 2021 et 2022 que dans ses précédentes projections[2] : la croissance mondiale atteindrait 6 % en 2021 et fléchirait à 4,4 % en 2022, contre 5,5 % et 4,2 % antérieurement. Mais, à la différence de celle initiée en 2009 par une forte relance chinoise, ce sont les États-Unis qui cherchent à mener la danse.

Mais l’écho renvoyé s’annonce différent, alors même que remontent les prix du pétrole et des matières premières, tandis que surviennent des pénuries comme dans les microprocesseurs ou en matière de logistique.

Dans les régions, comme dans les différentes catégories de pays selon leur revenu, des « reprises à plusieurs vitesses » sont engagées. Cela tiendrait aux contrastes entre les programmes de vaccinations contre la Covid-19, à l’amplitude très variable des moyens de soutien économique ayant pu être mobilisés par chaque État, et à des facteurs, notamment la dépendance à des secteurs comme le tourisme.

L’ampleur du soutien monétaire et fiscal de l’activité a été sans précédent en temps de paix. Le FMI a calculé que les seules mesures fiscales adoptées par les pays du G-20 se seraient élevées à 12 700 milliards de dollars (6 % du PIB en 2021), auxquels il faudrait rajouter désormais un plan d’investissement récemment annoncé par le Président des États-Unis de 2250 milliards de dollars.

Ce soutien massif, assorti de baisses de recettes, a creusé les déficits et les dettes publics à des niveaux inédits partout. En 2020, les déficits globaux moyens ont atteint 11,7 % du PIB pour les pays riches, 9,8 % pour les pays émergents et 5,5 % pour les pays en développement à faible revenu. La dette publique moyenne atteint 97 % du PIB à l’échelle mondiale[3].

L’effort est donc colossal mais son efficacité sociale pose des questions d’autant plus lourdes qu’il va falloir le financer. Or, pour l’heure, c’est sur les marchés financiers que les États et zones régionales rivalisent pour se procurer les fonds prêtables.

 

La monnaie gâchée pour la finance

Les conditions financières risquent donc de se resserrer, notamment dans les pays émergents, en particulier si les pays avancés s’engagent dans un effort de « normalisation » des politiques économiques. Un contexte financier plus difficile pourrait alors engendrer des sorties massives d’investissements de portefeuille et mettre en difficulté certains pays émergents, compte tenu de leurs immenses besoins de financement cette année[4].

Cette expansion considérable pour contenir la déflation a été rendu possible par un soutien sans faille des banques centrales : elles ont réduit les taux directeurs et acheté massivement des obligations souveraines (mais aussi d’entreprises), achats sans lesquels les États n’auraient pas pu riposter à la pandémie du fait d’une envolée des taux d’intérêt à long terme. Au contraire, ils sont même devenus négatifs pour les emprunteurs les mieux notés.

Le bilan des principales banques centrales (Fed, BCE, Banque du Japon et Banque populaire de Chine) est passé de 20 000 milliards de dollars, juste avant la pandémie, à 29 000 milliards en février 2021, alors qu’il ne se montait qu’à 5 000 milliards de dollars fin 2007[5].

Mais, avant-même la pandémie, la période avait été aussi marquée par une envolée de l’endettement des grandes sociétés qui ont profité des faibles taux d’intérêts pour racheter leurs actions et accroitre les dividendes ou faire des opérations financières [6].

L’arrivée des vaccins a enflammé le pari d’une reprise forte et durable des profits. Cela se traduit par des flambées boursières qui, contradictoirement[7], marchent de pair, pour l’heure, avec une remontée des taux d’intérêt et une réappréciation des risques d’inflation. Cela, alors que le chômage hypermassif, l’insuffisance des revenus salariaux et celle des services publics continuent d’entraver dangereusement la demande mondiale où la concurrence fait rage.

 

Les États-Unis veulent mener la danse…

Parmi les pays les plus riches, les États-Unis devraient dépasser le niveau de PIB qu’ils connaissaient avant la pandémie. Selon les projections du FMI, les États-Unis connaîtraient une croissance de 6,4 % cette année et 3,5 % en 2022. Mais beaucoup d’autres, en particulier en Europe, ne devraient retrouver leur niveau pré-Covid qu’en 2022. En zone euro, le PIB ne croitrait que de 4,4 % en 2020 et 3,8 % en 2021.

La Chine, qui avait retrouvé son niveau de PIB pré-pandémie dès 2020, enregistrerait, cette année, une croissance de 8,4 % et de 5,6 % en 2022. Mais nombre de pays émergents ou en développement n’y parviendraient pas avant le courant 2023.

On peut donc s’attendre à une accentuation des écarts de niveau de vie et d’activité entre nombre de pays européens et les États-Unis, d’une part, et entre les pays en développement et les autres, d’autre part.

Car les dégâts sont d’ores et déjà immenses. Le FMI estime que les pertes de production cumulées de 2020 et 2021, relativement aux projections pré-pandémie, représentent 20 % du PIB par habitant en 2019 dans les pays émergents et en développement (hors Chine). Dans les pays avancés, elles devraient s’établir à 11 %.

Ces disparités s’observent aussi à l’intérieur de chaque pays avec l’explosion du chômage, de la précarité et de la pauvreté touchant les travailleurs jeunes et les moins qualifiés, les femmes, sans parler des étudiants.

Rappelons que 2020 a été une année noire pour l’emploi mondial, malgré les dispositifs de chômage partiel en Europe. Selon l’OIT, 8,8 % des heures de travail dans le monde ont été perdues (par rapport au quatrième trimestre 2019), l’équivalent de 255 millions d’emplois à temps plein. Cela représente quatre fois le nombre des heures perdues pendant la crise de 2008[8].

Or, on sait que la pandémie a été l’occasion pour nombre d’entreprises d’accélérer le recours aux technologies informationnelles et au télétravail qui, sous exigence de rentabilité financière, accroissent les économies de travail au détriment de l’emploi, des masses salariales et du temps libre des salariés.

Mais, alors qu’en Europe une troisième vague de la pandémie de Covid-19 contraint les États à réintroduire des restrictions pesant sur l’activité, les marchés financiers volent de records en records, surtout aux États-Unis après les eaux basses de mars 2020[9].

Ainsi, à la différence de l’épisode de crise de 2007-200, l’actuel n’a entrainé, pour l’heure, aucune menace pour la « stabilité financière mondiale », l’inflation boursière redoublant. Et ce sont les États-Unis qui sont en pole-position, cette fois-ci, la Chine veillant à contenir tout risque de surchauffe sans rien céder de ses acquis.

 

…au-dessus du volcan

Le retour à la situation pré-pandémie est encore assez lointain voire illusoire. Selon le FMI, « la réaffectation des ressources pour s’adapter à la nouvelle donne pourrait être plus marquée que lors des recessions précédentes et peser sur la croissance de la productivité à l’avenir (..) malgré une croissance plus forte que prévu à mesure que l’économie mondiale se remet du choc de la Covid-19, la production mondiale devrait être inférieure aux projections d’avant la pandémie d’environ 3 % »[10] .

Autrement dit, les tensions vont s’accentuer sur le partage de la valeur ajoutée mondiale. Or, les hausses boursières, accompagnant cette fois-ci le relèvement des taux d’intérêt à long terme, malgré le contrôle des Banques centrales, et les anticipations d’inflation des prix des biens et services exigent une vive et durable hausse des profits. Et cela, en contradiction avec la nécessité absolue de se préoccuper plus, malgré tout, du facteur humain, via en particulier les enjeux de l’emploi, des services publics (santé, éducation…), des infrastructures et de l’écologie dans chaque pays comme à l’échelle mondiale.

Peut-être que cette contradiction est devenue si explosive qu’elle rendrait nécessaire un certain desserrement des contraintes devenues folles de la compétition fiscale entre les États paupérisés par l’optimisation des multinationales et des grands gérants de portefeuilles. Est-ce cela que pourrait indiquer la proposition, formulée par la secrétaire américaine au Trésor, de fixer un seuil minimal de 21 % pour taxer les bénéfices réalisés en dehors des États-Unis par des firmes américaines, et par là même de taxer au moins à ce taux les bénéfices des sociétés du monde entier ? Après tout, n’est-ce pas aux États-Unis que le bâtiment qui sert de siège au pouvoir législatif, le Capitole, a été pris d’assaut par des émeutiers ?

On peut alors penser que vont grandir, dans chaque pays, les antagonismes sociaux et, entre les États, les rivalités pour la localisation de la valeur ajoutée et l’attraction des capitaux financiers.

La reprise mondiale à l’œuvre est donc extrêmement contradictoire, inégale et, de fait, dangereuse, y compris avec les risques de krach financier jusqu’ici contenus.

Le FMI alerte sur la fragilité de ces processus, le besoin de « coopération internationale » et sur le risque d’une « aggravation des troubles sociaux (…) en particulier dans les pays où les progrès sur les plans social et politique sous-jacents sont au point mort et où la crise a mis en lumière ou exacerbé des problèmes préexistants »[11].

Un « nouveau paradigme » ?

Une fois élu, le nouveau Président a annoncé deux plans engageant des masses considérables de financement sur plusieurs années qu’il a présentés comme procédant d’un « nouveau paradigme ». Il place sous pression le reste du monde.

Le premier, baptisé « plan de sauvetage américain » (American Rescue Plan) comprend des aides totalisant 1900 milliards de dollars, soit environ 9 % du PIB[12].

Les ménages, en particulier ceux à faibles revenus, en sont les premiers bénéficiaires, avec des aides totalisant plus de 900 milliards de dollars : versements directs de 1 400 dollars pour chaque personne gagnant moins de 75 000 dollars par an et les couples mariés gagnant moins de 150 000 dollars , prolongement du complément hebdomadaire d’allocation chômage de 300 dollars, crédits d’impôt liés aux enfants, aides pour la santé, pour le paiement des loyers/crédits immobiliers, aides alimentaires, etc..

On note aussi un soutien de 350 milliards de dollars aux collectivités infra-fédérales, 220 Milliards d’aides au secteur de l’éducation et 140 milliards à la lutte contre la pandémie.

En revanche, contrairement aux précédents plans de soutien, l’aide aux entreprises est plus limitée et plus ciblée (restaurateurs, transports, prêts garantis aux TPE, etc…).

Ce troisième programme de lutte contre les effets de la pandémie, après deux plans totalisant 3100 milliards de dollars adoptés sous Trump, devrait avoir un impact sur le déficit concentré sur 2021 avec des dépenses estimées à 1 100 milliards, le reste étant réparti jusqu’à 2031.

Les États-Unis, sont en effet contraints de commencer à panser dans l’urgence les profondes plaies occasionnées dans le tissus sanitaire, social, culturel, infrastructurel et écologique par les politiques conduites de Reagan à Trump, jusqu’au bord de la guerre civile. Ils sont contraints de tenter de relancer la demande interne ligotée par le chômage et la faiblesse des services publics.

Mais ils sont aussi contraints d’essayer de refaçonner l’offre monopolisée par de gigantesques groupes dont la domination devient accablante, aussi outre-Atlantique, avec le prélèvement de rentes formidables, une destruction du tissu de PME et un freinage de l’innovation. Cette offre se heurte, de plus, à des goulots d’efficacité dus à l’état déplorable des infrastructures publiques et sociales, à l’insuffisance de formation, à la dégradation de l’environnement, à l’état de l’espace public, à la criminalité…

Tout cela a contribué à faire chuter l’efficacité du capital de 0,6 % entre 2000 et 2007, de 0,4 % entre 2007 et 2019 et de 6,4 % entre 2019 et 2020. Aussi, l’an dernier, la productivité globale des facteurs a-t-elle plongé de 1,7 %, malgré une progression de 2,5 % de la productivité apparente du travail[13]. De quoi inquiéter nombre de capitalistes dans le pays le plus capitaliste du monde !

Précisément, un deuxième plan d’investissement massif, dévoilé le 31 mars dernier par J. Biden, vise à accroître la productivité globale et l’attractivité du site national de production.

Ce projet de 2 250 milliards de dollars d’investissement sur huit ans, s’intitule « The American Jobs Plan« . Il a été pensé dans le contexte d’une forte rivalité stratégique avec la Chine et face au besoin d’attirer massivement les capitaux, y compris parce que « les États-Unis doivent être leaders » en matière climatique[14]. Il comprend un volet industriel important mais également un volet social significatif[15]

Un premier volet de 620 milliards de dollars porte effectivement sur la rénovation des infrastructures publiques et sociales mais prévoit également un coup de pouce aux véhicules électriques.

Un second volet, de 650 milliards de dollars, porte sur l’amélioration des lieux de vie. Un troisième, de 580 milliards de dollars, est tourné vers l’industrie américaine. Un quatrième, enfin, est constitué d’une enveloppe de 400 milliards de dollars à destination des plus âgés et des plus vulnérables,

Fait remarquable, le financement sera assuré essentiellement par une augmentation de 21 % à 28 % du taux d’imposition des entreprises, sachant que le taux d’imposition minimal des activités à l’international passerait de 13 % à 21 %.

On peut mesurer aussi l’ambition intégratrice d’union nationale de ce plan quand on lit, parmi ses objectifs officiels, qu’il « veillera à ce que nos travailleurs soient formés pour des emplois bien rémunérés de la classe moyenne de l’avenir. Il veillera à ce que l’argent des contribuables américains profite aux familles qui travaillent et à leurs collectivités, et non aux multinationales ou aux gouvernements étrangers »[16].

Certes, il faut encore que ce plan arrive à être voté par le Congrès, ce qui n’est pas du tout assuré, tant les Républicains demeurent arrimés au modèle Reagan-Trump.

S’affiche ainsi une volonté nouvelle de tenter de transformer la façon dont le capital doit chercher à faire plus de profits en Amérique, pour continuer de dominer le monde, du fait de l’exacerbation de toutes les dimensions de la crise systémique et en écho à ce qui est devenu le défi chinois. D’où une course de vitesse dans la conjoncture.

 

 

 

L’Europe et le monde sous pression

L’annonce même de ces plans, se conjuguant avec une accélération des vaccinations, a donné un vif coup de fouet à la conjoncture américaine.

L’indice PMI manufacturier américain IHS Markit s’est établi à 59,1 en mars 2021, soit le deuxième plus haut taux d’activité des usines jamais enregistré[17]. L’expansion globale a été soutenue une hausse des commandes nouvelles sans précédent depuis juin 2014, y compris à l’exportation, même si la production a été freinée par des pénuries d’approvisionnement. Les attentes en matière de production se sont renforcées pour atteindre le deuxième niveau le plus haut depuis plus de six ans.

Cependant, les pressions inflationnistes se sont intensifiées, les coûts augmentant au rythme le plus rapide depuis une décennie et les entreprises les répercutant partiellement sur leurs clients avec la plus forte augmentation des frais de production depuis que l’enquête existe.

L’indice PMI des services américains IHS Markit, corrigé des variations saisonnières, s’est inscrit à 60,4 en mars, contre 59,8 en février[18]. Selon C. Williamson, économiste en chef des affaires chez IHS Markit, « la récente poussée de la croissance du secteur des services ne montre aucun signe de baisse, (..) les enquêtes PMI indiquent que l’économie a progressé à un rythme annualisé d’environ 5 % ».

Bref, la confiance semble revenir et suscite des frottements. Mais qu’en est-il de l’emploi ?

En mars, le nombre total d’emplois non agricoles a augmenté de 916 000. Mais si le taux de chômage officiel (6 %) marque une baisse notable par rapport à son sommet d’avril 2020 (14,7 %), il demeure supérieur de 2,5 points de pourcentage à ce qu’il était en février 2020.

Le nombre officiel de chômeurs (9,7 millions) a donc continué de baisser en mars, mais demeure supérieur de 4 millions à celui de février 2020. Il faut noter l’ampleur du chômage de longue durée (27 semaines ou plus) qui, à, est en hausse, lui, de 3,1 millions sur février 2020.Les chômeurs de longue durée (4,2 millions) représentaient 43,4 % du nombre total des privés d’emploi.

Le nombre d’ employé.e.s à « temps partiel subi » (5,8 millions) est supérieur de 1,4 million à celui de février 2020, tandis que les personnes non comptées comme chômeurs et qui veulent actuellement un emploi (6,9 millions) est en hausse de 1,8 million sur un mois.

C’est dire si le volant de chômage demeure considérable Outre-Atlantique, ce qui permet à nombre d’observateurs de relativiser les tensions inflationnistes à l’œuvre, du fait du poids toujours considérable de ce facteur déflationniste.

Ce pourrait être là la marque d’une dévalorisation conjoncturelle de capital qui, aux États-Unis, aurait pu être plus prononcée qu’en Europe, en liaison avec une législation du travail beaucoup moins protectrice.

Cependant, le taux d’utilisation des capacités de production outre-Atlantique en mars (73,8 %) est, certes, remonté depuis le creux de juin 2020 (64,8 %), mais il a reculé par rapport à février (75,6 %) et demeure très inférieur à sa moyenne de 77,4 % enregistrée de mai 2019 à mars 2020.

Cette reprise va propulser, dans l’immédiat, les importations américaines et donc le déficit commercial, ce qui laisse ouverte la relance du protectionnisme, en tout cas vis-à-vis de la Chine, les pénalités vis-à-vis de l’Europe ayant été pour une part suspendue.

La hausse des taux d’intérêt à long terme, malgré le contrôle de la FED, et la hausse de l’inflation peuvent-elles interrompre cette reprise rapide, alors que, pour l’heure, les indices de Wall-Street engrangent des performances records ?

Tout semble se passer comme si la FED restait de marbre devant ces signaux. Le 17 mars, dans une conférence de presse, J. Powell, président du conseil des gouverneurs, a déclaré : « Si nous voyions les anticipations d’inflation dépasser nettement le seuil de 2 % nous ferions, bien sûr, en sorte de mener une politique monétaire permettant de nous assurer que cela n’arrivera pas. Nous nous sommes engagés à ancrer les anticipations d’inflation à 2 %, ni nettement au-dessus, ni au-dessous de 2 % »[19].

Beaucoup va donc dépendre des entrés nettes de capitaux à long terme aux États-Unis, alors même que, pour la première fois l’an dernier, la Chine a accueilli plus d’investissements directs étrangers que les États-Unis en 2020 (163 milliards de dollars contre 134 milliards).

Les États-Unis ont enregistré un excédent du compte de capital et financier de 106,3 milliards de dollars en janvier 2021, après 8 milliards en décembre 2020. Dans le même temps, les investissements en obligations étrangères ont diminué de 49 milliards de dollars nets en janvier, comparativement à 20,7 milliards de dollars le mois précédent[20].

Sans doute la hausse des taux d’intérêt à long terme et les anticipations de forte hausse des profits vont-elles améliorer ses performances. Mais elles demeurent prisonnières de la marge de relèvement des taux longs que peut se permettre la Fed et de la confiance des investisseurs étrangers dans la réussite des plans Biden.

On peut relever une certaine préoccupation de Washington, puisque, pour la première fois, les États-Unis, en prévision d’une réunion du G-20, se sont montrés d’emblée favorables à une nouvelle émission de 500 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS)[21], la monnaie du FMI dont ils ont toujours tenté d’entraver l’essor, y voyant un rival du dollar. Cela se fera bien sûr au nom de l’aide à apporter aux pays pauvres, mais, en pratique, cette manne monétaire viendra renforcer les réserves des pays les plus riches, à proportion des parts qu’ils détiennent dans le FMI, les États-Unis arrivant loin devant. Redistribueront-ils ensuite aux pays les plus en difficulté et lesquels ?

La Chine et la Russie freinent beaucoup leurs achats de dollar depuis 2010 et le Japon continue d’y participer périodiquement. Donc, beaucoup va dépendre de ce que va faire la Chine, deuxième détentrice de bons du Trésor US en ce domaine, mais aussi du soutien qu’accorderont les États, la BCE et les investisseurs européens.

L’Union européenne et la zone euro sont confrontées à un dilemme. La BCE est contrainte de laisser à très bas niveau ses taux directeurs et de racheter massivement des obligations d’État, alors que la croissance demeure handicapée par une troisième vague Covid, tandis que que le plan de relance de 750 milliards d’euros prévus pour y faire face demeure embourbé dans un bras de fer entre pays membres. Celui-ci, pour la première fois, va faire appel ponctuellement à des emprunts communautaires sur les marchés, en rivalité fédéraliste donc avec les besoins d’emprunt américains.

L’Europe espère pouvoir bénéficier de la croissance américaine, via les exportations. Mais cela d’accentuer l’hétérogénéité entre les pays du nord, l’Allemagne en particulier, et ceux du sud, dont la France. Et cela sans parler des divergences à l’intérieur de chacun de ces pays.

Les « alliés » européens sont directement placés sous pression par les plans Biden et les perspectives américaines de croissance, ce qui pourrait se traduire par une hausse des sorties de capitaux vers les États-Unis et le besoin d’une intervention plus forte de la BCE, y compris pour contrôler la hausse des taux longs.

Mais Washington compte faire plier tout le monde en poussant ses partenaires et ses rivaux aux limites, à la fois par une politique beaucoup plus interventionniste à l’extérieur au nom de la défense de « l’Amérique des valeurs » et du « camp de la démocratie », et à la fois en bénéficiant du fait que pour l’heure, il n’y a pas de monnaie commune mondiale alternative au dollar. Ce qui en souligne le besoin.


[1] PEM : « Reprise : des situations divergentes à gérer », avril 2021. www.ifm.org.

[2] PEM : « Mise à jour des perspectives économiques mondiales », janvier 2021., www.ifm.org.

[3] FMI : Moniteur des finances publiques, avril 2021.

[4] FMI : « Prévenir l’accumulation de facteurs de vulnérabilité », Rapport sur la stabilité financière dans le monde, avril 2021.

[5] Yardeni E. and M. Quintana:” Central Banks: Monthly Balance Sheets”, Yardeni Research, INC., April 9, 2021,        

www.yardeni.com ).

[6] Fin 2019 déjà, les sociétés non financières du monde entier ont dû rembourser ou refinancer une dette obligataire d’entreprise de 4 400 milliards de dollars en 3 ans. Il s’agit là d’un montant record de 32,4% de l’encours total des obligations de sociétés, contre environ 25% il y a dix ans (OCDE).

[7] Quand les taux d’intérêt montent, les indices boursiers, traditionnellement, reculent et inversement.

[8] COVID-19 : Observatoire de l’OIT – 7e édition –  www.ilo.org .

[9] Ainsi, le S&P 500, l’indice des 500 plus grandes sociétés américaines cotées, a franchi la barre des 4 000 points le 1er avril. Jamais, depuis sa création en mars 1957, il n’avait grimpé aussi haut, euphorisé par l’annonce d’un second plan de relance aux Etats-Unis et une accélération forte des vaccinations. Mais ce phénomène s’est produit aussi en Europe, en France notamment où l’abîme se creuse encore plus en réel et financier.

[10]  Das S. & P. Wingender: “Slow-Heading Sears: The Pandemic’s Legacy”, IFM Blog, 31 mars 2021, blogs.imf.org.

[11] FMI, Op.cit. p.15.

[12] Nazarova S. : « Etats-Unis : un plan de sauvetage au-delà des attentes », Perspectives, N° 21/084, 16 mars 2021.

[13] US Bureau of Labor Statistics: “Multifactor Productivity Trends – 2020” 23/03/2021, ( www.bls.gov ).

[14] Interview de J. Kerry au journal Le Monde, 14-15 mars 2021.

[15] Les Echos investir – 09/04/2021 ( investir.lesechos.fr ).

[16] The White House : American Jobs plan” ( www.whitehouse.gov).

[17] IHS Markit U.S. Sector PMI: “Output growth driven by financial services and technology in March”, 5 April 2021.

[18] IHS Markit U.S. Services PMI™:” Fastest rise in business activity since July 2014 as new order growth reaches six-year high”, 5 April 2021.

[19] Cité par De Vijlder W. : « Etats-Unis : lire dans les pensées de la réserve fédérale », Eco Week 21-11 :22 March 2021.

[20] tradingeconomics.com.

[21] Une nouvelle émission de cet actif de réserve international est similaire à l’impression par une banque centrale de monnaie, car les nouveaux DTS donnent à chaque membre du FMI plus de réserves à utiliser proportionnellement à leur participation dans le fonds

 

Partager cet article
Repost0
20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 05:15
Droit à la sécurité : Fabien Roussel défend "une police nationale de proximité - L'Humanité, 19 mai 2021
Droit à la sécurité : Fabien Roussel défend "une police nationale de proximité"
Mercredi 19 Mai 2021 - L'Humanité

Dans une tribune adressée à l'Humanité, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français et candidat à la présidentielle, estime que la gauche "doit prendre à bras-le-corps les questions d’insécurité qui gangrènent l’existence de tant de villes et quartiers populaires".

J’ai défendu l’idée que la gauche devait prendre à bras-le-corps les questions d’insécurité qui gangrènent l’existence de tant de villes et quartiers populaires. C’est la raison pour laquelle j’ai participé, avec d’autres parlementaires et élus du PCF au rassemblement des syndicats de policiers, le 19 mai, devant l’Assemblée nationale. Oui, il y a des fonctionnaires de police qui espèrent voir la gauche à leurs côtés. Nous ne laisserons jamais les questions de sécurité aux mains d’incendiaires qui ne cessent de nourrir une très dangereuse instrumentalisation avec des surenchères liberticides.

Je propose une réponse progressiste et républicaine offrant à la fois la sécurité et l’égalité, la tranquillité pour toutes et tous, et de nouveaux progrès sociaux.

"Oui, il y a des fonctionnaires de police qui espèrent voir la gauche à leurs côtés".

Partout dans le pays, les élus locaux des quartiers et des villes populaires savent combien les problèmes d’insécurité, de délinquance, de trafic sont un véritable poison.  La sécurité est un droit fondamental qui doit être garanti à tous nos concitoyens, quel que soit leur lieu d’habitation. C’est un service public qui ne peut pas être vendu à des sociétés privées comme le prévoit la loi « sécurité globale » du gouvernement. Nous proposons la création d’une véritable police nationale de proximité, avec le recrutement de 30 000 agents, formés, bien encadrés, correctement rémunérés. Nous contestons la politique du chiffre imposée par ce gouvernement comme les choix faits en matière de maintien de l’ordre. Le procès sur le prétendu laxisme de la réponse judiciaire sert aujourd’hui de prétexte pour ne plus parler de l’indigence des moyens accordés à notre Justice.  Ce gouvernement, comme les précédents, a provoqué de véritables déserts judiciaires ! Je garde en mémoire ces rassemblements des robes noires, avec tous ces avocats qui dénonçaient la fusion des tribunaux et la réforme Belloubet. Nous sommes les baudets de l’Union européenne avec 11 juges pour 100 000 habitants soit deux fois moins que la moyenne européenne (rapport publié par la commission européenne en octobre 2020) ! Quant au code pénal, il n’a cessé d’être durci au cours dernières années : il ne saurait satisfaire un désir de vengeance, il doit sanctionner justement les délits et les crimes tout en visant à la réinsertion du maximum de condamnés.

Cette démarche, pour permettre à la Police et à la Justice d’exercer pleinement leurs missions au service des principes de la République et de l’État de droit, ne saurait être dissociée d’une réponse forte et claire en matière d’éducation, de justice sociale, d’insertion sociale et professionnelle, d’égalité réelle.

Des territoires de notre République ne sont pas « perdus ». Ils ont été délaissés et même abandonnés du fait des politiques d’austérité menées au fil des derniers quinquennats et aggravées par l’actuel pouvoir alors que les populations qui y vivent ont justement besoin de plus de politiques publiques pour affronter les conséquences du chômage, des bas salaires et de la précarité. Ce qui tient encore est le résultat d’une combativité intacte et d’un courage exceptionnel d’élus locaux, de bénévoles associatifs, d’agents des services publics, de familles, de citoyennes et citoyens qui sont la richesse de notre pays. Ils sont les experts de leur territoire. Ils savent comment faire. A chacune de mes rencontres, ils me disent combien des solutions sont à portée de main. A chaque fois, il est question de service public, de leur indispensable retour et de leur développement, de réponse au plus près des populations, en prenant à bras le corps l’ensemble des problématiques de vie. Un exemple : on parle en ce moment des enjeux démographiques. Eh bien, nous avons besoin de crèches publiques, d’une grande politique publique de la petite enfance.

Il n’y a pas d’un côté, les questions de sécurité et de l’autre, les revendications sociales car, on le sait bien, à ce jeu-là, c’est insécurité générale qui progresse et l’horizon qui s’obscurcit avec de lourdes menaces pour notre vie démocratique.

La République doit, par conséquent, sécuriser toutes les dimensions et tous les âges de la vie. C’est ainsi que nous relèverons le défi des jours heureux.

Partager cet article
Repost0
19 mai 2021 3 19 /05 /mai /2021 09:15

 

*Muriel Ternant est membre du comité de rédaction de Progressistes.

Le 29 mars 2021, dans un entretien exclusif accordé au journal l’Est républicain, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire annonçait en fanfare une nouvelle souveraineté française à venir pour la turbine Arabelle équipant les centrales nucléaires. Elle est en effet états-unienne depuis 2015 et le rachat de la branche énergie d’Alstom par General Electric, organisé par un certain... Emmanuel Macron.

Mais la volonté affichée d’une relance nucléaire en France et la préparation discrète d’un programme de construction de réacteurs EPR ne font pas une stratégie industrielle.

La filière électronucléaire française, qui structure la production d’électricité en France et en Europe, est affaiblie au point qu’elle est arrivée à la croisée des chemins.

Libéralisation du marché de l’électricité et mise en concurrence,mondialisation des chaînes de valeurs et recherche du moindre coût, réorganisation des collectifs de travail et conception gestionnaire plutôt que technologique des activités, prégnance des associations antinucléaires sur le débat public et abandon des programmes de recherche et d’innovation ont entraîné une perte de maîtrise industrielle pourtant indispensable à toute souveraineté.

Ce constat ne doit pas conduire à l’inaction, au contraire. Les atouts français demeurent nombreux et la question énergétique devient centrale dans le débat public avec la prise de conscience de l’urgence climatique, offrant l’opportunité de rencontres nouvelles entre les mobilisations diverses des salariés et les aspirations citoyennes.

Ce dossier se propose de prendre à bras le corps la question énergétique en esquissant des pistes concrètes pour la remettre au service des besoins humains, du progrès social et de la préservation de la planète.

Il s’agit d’abord de reconstruire une filière industrielle cohérente et robuste, apte à relever l’ensemble des défis nouveaux posés par l’énergie, comme le pointe Bernard Devert. Parmi les acteurs industriels majeurs de la filière, il y a l’emblématique General Electric, dont les compétences détenues et la stratégie doivent être auscultées pour saisir l’urgence à les sortir des aléas d’une gestion financière court-termiste, comme le relèvent Olivier Morvan et Muriel Ternant. Comme le démontre en effet Sébastien Ménesplier en brossant une histoire d’EDF depuis sa création,c’est la logique de service public qui seule peut faire de l’énergie un bien commun.

Mais pour construire démocratiquement la politique énergétique de notre pays afin qu’elle rencontre l’adhésion populaire, comme le souligne Hélène Lepont, il y a à remettre le débat public dans le bon sens en le sortant du « pour ou contre » le nucléaire. C’est à quoi s’emploie François Dos Santos. Frédéric Mellier esquisse, lui, les contours d’une nouvelle planification démocratique et décentralisée des besoins.

Pour terminer, les analyses croisées de Jean Barra et Michel Vakaloulis sur les difficultés rencontrées par le chantier de Flammanville proposent un regard novateur sur le rôle de l’organisation du travail et des droits des salariés dans les réussites technologiques, réel chemin d’espoir et d’action pour l’ensemble des salariés de la filière de l’énergie.

Partager cet article
Repost0
19 mai 2021 3 19 /05 /mai /2021 05:27

 

Les communistes ont donc décidé de présenter une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2022. Enfin ce retour. Pour quelle raison ? Parce que la profondeur de la crise exige d’avancer de façon créative les idées communistes novatrices avec la posture communiste de contestation et de construction, de luttes et de conquêtes de pouvoirs, d’avancées réalistes et révolutionnaires. 

  • Face à la précarité de masse et aux interrogations immenses sur la perte de sens du travail, voire des activités humaines, il y a besoin de refonder notre pays, voire le monde, et singulièrement la gauche, sur un projet émancipateur et de transformation sociale radicale. Il y a besoin de faire connaître, et progresser dans les luttes et les votes, les propositions constitutives d’un tel projet. En ce sens, nous avançons le projet d’une sécurité d’emploi et de formation pour chacune et chacun, jumelée avec un nouvel âge des services publics, afin de conjuguer vie émancipatrice sécurisée et construction d’un nouveau mode de production écologique. Il s’agirait de viser l’éradication du chômage, le dépassement du marché du travail, le partage des savoirs et une nouvelle efficacité, pour une société de liberté et de rotation des rôles.  

Cela répond au mûrissement accéléré des consciences comme au mûrissement de la réalité travaillée par de véritables révolutions inédites dans l’histoire du genre humain, telles la révolution informationnelle – dont la dimension anthropologique est fondamentale – ou celle de la maîtrise démographique et de la sénescence, et bien d’autres encore comme la révolution monétaire.  

– Il y a besoin de porter le débat, face aux renoncements incessants depuis 1983-84, sur la nécessité de moyens financiers et de pouvoirs démocratiques à l’appui d’objectifs sociaux-écologiques ambitieux qui, sinon, resteront lettre morte. Nous mettons au cœur de nos propositions un nouveau rôle des banques, pour une tout autre utilisation du crédit et de la monnaie, et un nouveau rôle des entreprises avec de nouveaux critères de gestion. Tous deux exigent de nouveaux pouvoirs populaires et des travailleur.se.s. Dans ces temps où des milliards sont déversés sur notre économie par la BCE plus que par les recettes fiscales des États, mais en armant les marchés financiers, nous proposons le chemin d’un combat de classe pour que cet argent, bien commun de tous les peuples d’Europe, soit utilisé pour l’emploi, les services publics et le climat, pas pour le capital. Dans ce temps où monte de partout l’idée d’une intervention de l’État dans l’économie (comme s’il n’y intervenait pas déjà massivement 1

C’est autrement plus ambitieux, et donc réaliste, que les vagues propositions, de gauche comme du centre, sur « la finance » qu’il suffirait de taxer, ou pour annuler la dette comme une réponse magique à tous les problèmes posés par la domination du capital, ou encore pour nier que la dette publique puisse poser un problème, empêchant alors de voir tout le combat de classe à mener face aux marchés financiers et à leur logique sur l’utilisation de la dette et son financement. Nous ne sommes ni suivistes, ni annulationnistes, ni négationnistes. Pour appuyer toutes les luttes sectorielles pour une autre utilisation de la dette publique et un autre financement, nous avançons une proposition précise qui généralise la réponse à ces besoins : celle d’un Fonds national pour l’emploi, la formation et la transformation productive. Il vise l’exercice d’un pouvoir démocratique nouveau sur la création monétaire et sur les entreprises. Cette proposition se doublerait de celle d’un Fonds européen. 

  • Portons notre conception d’une nouvelle démocratie, en contestant le régime existant et ses évolutions. Portons l’idée de nouvelles institutions avec d’autres relations entre élus et citoyens et à visée autogestionnaire, dont notamment des conférences territoriales (des communes et de leurs communautés aux départements), régionales et nationales pour l’emploi, la formation et la transformation productive. Cela ouvrirait un chemin vers de nouveaux pouvoirs ne séparant pas le politique, du social, de l’économique. Il faut en effet relever le défi des réponses réactionnaires et autoritaires, voire dictatoriales, de toutes sortes mais aussi du simplisme d’une VIème République réduite à une république parlementaire classique, amendée d’un référendum citoyen. Nous avons l’ambition de changer de régime politique, social, économique et même international ! 
  • Portons l’exigence de nouveaux rapports des humains à tout le système du vivant, à leur niche écologique, la terre. Il s’agit de transformer très profondément nos rapports sociaux et technologiques de production, de distribution, nos modes de consommation, nos institutions et rapports de pouvoir, à l’entreprise en particulier. Le « capitalisme vert » est un oxymore, une contradiction dans les termes, une illusion dangereuse, car la défense et la promotion de l’écologie exigent de donner la priorité aux capacités et à la créativité humaines. Ils ne peuvent se conjuguer avec une priorité à l’accumulation, les critères de rentabilité, les pouvoirs et la culture du capital. Libérer l’écologie de la logique de profit et de la dictature de l’argent exige une tout autre économie et de tout autres institutions démocratiques. Loin du mirage mortifère de la « décroissance », agissons pour construire un nouveau type de croissance et de développement. 
  • Portons l’exigence d’une tout autre mondialisation, pour un monde de paix, de désarmement, de partage, de culture plurielle et commune, de développement des biens qui devraient être communs (emploi, santé, climat, connaissances et résultats des recherches…). Portons-la pour une contribution internationaliste de la France face à la fuite en avant dans l’intégration européenne et dans la folie d’un partage impérialiste du monde sous la coupe du dollar, de l’ordre de Wall Street et de ses supplétifs dont l’OTAN. Portons-la, pour une transformation radicale, une refondation de toute cette construction européenne mais aussi des institutions mondiales – alors qu’il y a tant besoin de coopérations nouvelles et intimes. Portons-la face à la violence des délocalisations comme face à la montée des nationalismes, des souverainismes. Portons-la face au besoin de réponses communes, de souveraineté populaire, face à des défis qui, comme le climat et les pandémies, ne connaissent pas de frontières. Portons-la en tendant la main à cette recherche de tant de peuples du Sud et des émergents pour de tout autres institutions mondiales, pour une mondialisation gagnant-gagnant face à l’ennemi commun : le grand capital financier. De nombreuses forces politiques et sociales dans le monde y sont disposées, tout particulièrement les communistes de tous les pays. 

Faisons vivre notre solidarité avec les peuples qui résistent et luttent. Les marches en avant vers un dépassement du capitalisme pour une civilisation de partage de toute l’humanité et d’émancipation de chacun.e, le communisme, sont en pratique des luttes acharnées. L’ordre existant, en crise profonde, entend rester dominant, tandis que grandit l’appel à des règles, principes, critères d’une civilisation supérieure. C’est la recherche d’une société supérieure qui n’est pas encore communiste, dans un long affrontement historique partout dans le monde, un processus de transition socialiste. 

  • Pour une société de l’émancipation de toutes et tous, contre l’enfermement dans un rôle, un genre, une origine supposée, une religion ou une apparence… une société du droit à l’intervention pour toutes et tous. Portons l’idée d’une société qui allie développement de soi, dans sa singularité, et faire société. Une société de liberté et de dignité pour dépasser dans un même mouvement l’exploitation capitaliste et les dominations (patriarcale, raciste, LGBTIphobes, d’âge, ou culturelles), car exploitation et dominations se renforcent l’une l’autre. 

Face aux forces conservatrices qui veulent masquer la lutte des classes et imposer une guerre de civilisations enfermées dans le capitalisme, la candidature PCF portera l’affirmation de notre refus des divisions racistes, de genre ou LGBTIphobes. 

Une société où les définitions sociales ou sociétale de chacun-e ne pré-déterminent pas son parcours, sa place dans la société mais permettent de se construire soi-même avec les autres dans une universalité nouvelle. 

*** 

Au cœur de ces questions se situe l’exigence de conquérir des pouvoirs « sur l’économie » pour s’en libérer. Elle est objectivement incontournable. Mais elle se heurte à des contre-tendances délégataires, vers l’État ou vers les patrons, renforcées par la crise et par un certain désarroi des plus fragiles. De l’autre côté, voyons comment l’idée de pouvoirs nouveaux peut monter de la société à partir d’un souci éthique et anthroponomique sur l’économie (sens du travail, écologie, domination des GAFAM contre les libertés, évasion fiscale face au besoin de services publics…) à condition qu’il ne soit pas dévié vers de fausses pistes du « dé », comme la décroissance généralisée ou la démondialisation, ou encore du keynésianisme et de la sur-délégation vers un État « régulateur éthique ». Il s’agit d’aider à identifier les lieux (entreprises, banques) et la logique (rentabilité financière). Une piste majeure se situe du côté de la jonction avec les couches salariales non ouvrières – cadres, chercheurs, techniciens, enseignants, soignants – ou avec la jeunesse. Il s’agit aussi de conforter la prise de conscience du monde du travail dans ses capacités d’exercer des pouvoirs nouveaux. 

Cette exigence concerne des luttes concrètes envers les entreprises, les banques, les services publics avec des contre-propositions. Elle exige des prises de pouvoir politiques (État, mais aussi départements ou régions) pour que ceux-ci créent des pouvoirs démocratiques nouveaux sur les entreprises, les banques et l’utilisation de l’argent. Elle exige des idées et une culture nouvelle. 

Car ce n’est pas qu’une question de « volonté » ou d’une gauche qui « ne renonce pas ». C’est une question de fond. Exercer le pouvoir, c’est ne pas reproduire la logique du capital, même malgré soi. Nous connaissons l’exemple des nationalisations de 1982-83 qui, sans changer les critères de gestion des entreprises ni conférer de pouvoirs effectifs aux salariés sur la gestion, ont conforté la domination du capital. Nous savons aussi l’exemple de l’Union soviétique qui, à partir de son socialisme de rattrapage étatique autoritaire (SRE), nécessité par l’arriération russe, n’a pas su, pas pu ensuite inventer le chemin d’un développement véritablement alternatif à l’accumulation du capital, avec des critères d’efficacité nouveaux, décentralisés aux mains des travailleurs et des populations. Elle s’est trouvée vaincue, pour une large part, par sa propre crise d’efficacité économique inséparable de sa faillite démocratique. 

Bref, un autre pouvoir, c’est bien plus que de dire « l’État est propriétaire ». Et d’ailleurs, dans la conjoncture actuelle, un bras de fer se profile où les dominants actuels cherchent à renforcer encore la pénétration de l’État dans l’économie et son appui au service du capital et de sa rentabilité. Ce que j’ai pu appeler la recherche d’une impossible nouvelle alliance État-capital, impossible, non pas comme alliance, mais comme nouveauté et comme issue à la crise. Ni super-CMES (capitalisme monopoliste d’État social), ni CME international. Mais plutôt toujours une hypothèse de nouvelles institutions de crise du CME. Des réformes conservatrices, plus encore que Necker et Turgot sous Louis XVI : changer pour ne rien changer ! Il faudra de ce point de vue poursuivre l’analyse de ce qui se cherche et se construit par le gouvernement Biden et par les institutions internationales (OCDE, FMI, etc.), notamment en matière de multinationales. Quelle conservation se cherche derrière ces changements ? Quelle pression sociale tellurique exprime-t-elle ? Quels obstacles vont être rencontrés ? 

Or, face à la culture du capital et de sa rentabilité il faut du nouveau ! Et il faut faire le poids, en idées et dans les luttes. N’opposons pas les deux : les idées arment les luttes. Et la perspective peut donner passion, envie et donc courage aux luttes. 

C’est dire l’importance que peut prendre cette revue, si cette question de prendre le pouvoir sur l’argent – et plus généralement sur l’économie, sur les banques et les entreprises – devient effectivement centrale. En lien avec la nouveauté du monde, que nous assumons pleinement ! Il va s’agir de donner chair à cette idée, qui n’est pas si neuve pour nos lecteurs mais qui l’est tant dans notre société. Il va s’agir de la populariser, d’en faire la pédagogie, de donner à voir les luttes qui cherchent dans ce sens. 

L’économie, c’est très politique, comme le dit le nom de notre revue – sans s’y réduire bien sûr ! l’économie, ce sont des pouvoirs. C’est aussi le besoin d’une confluence de valeurs, de subjectivités, de règles communes, portées par des institutions et une culture.  

Entrons dans cette bataille en étant nous-mêmes, en développant notre originalité, en étant porteurs de ces idées et de cette posture, originales. En écho, en dialogue et en appui aux idées de recherche d’alternative qui germent et aux luttes qui se construisent. 

Non pas pour une quelconque affirmation identitaire mais à cause de la profondeur de la crise de civilisation qui ébranle le monde, une crise économique, sanitaire, écologique, morale, institutionnelle. Face à cette crise, face aux solutions illusoires, face à l’alliance Etat-capital exacerbée que construit le pouvoir macronien, pour battre la droite et l’extrême-droite, il y a besoin de faire lever une ambition de transformation profonde, une force de résistance et de construction, de portée révolutionnaire, un espoir raisonné. 

C’est sur la domination de la rentabilité financière et de ses critères que se sont fracassées les expériences de gauche de 1981 comme celle de 1997-2002, alors qu’il s’agissait d’imposer, par la lutte et par des mesures institutionnelles sur l’utilisation de l’argent, d’autres critères de gestion, tout particulièrement dans les entreprises nationalisées. Ces échecs ont nourri le désarroi et ouvert un champ au vote lepéniste. On ne peut faire le silence là-dessus. 

Elles se sont fracassées sur l’incohérence entre des objectifs sociaux explicites (retraite à 60 ans, réduction du temps de travail, lutte contre le chômage) et des pouvoirs et moyens qui n’étaient pas à la hauteur, voire contradictoires (les baisses des cotisations sociales et privatisations du gouvernement Jospin, jusqu’au naufrage Hollandais dans le CICE et le pacte de stabilité européen).  

La question de la cohérence entre objectifs, moyens et pouvoirs est fondamentale au moins autant que celle d’objectifs socio-écologiques hardis. 

Sur ces différents domaines, l’élaboration originale de la pensée communiste, du collectif national que forme le PCF, constituent des alternatives à mettre en débat pour faire grandir les rassemblements. Pendant des années, elles ont été mises de côté pour réaliser des alliances sur un contenu minimal, qui s’est avéré désarmé face aux problèmes. La campagne présidentielle doit être l’occasion de faire fructifier toute la richesse de l’apport intellectuel marxiste et l’apport militant des communistes.  

Discuter, faire discuter de tous ces enjeux, c’est déjà engager la bataille de l’élection présidentielle. Cela s’enracine dans les luttes actuelles, et le déploiement de notre campagne pour l’emploi, pour un autre projet de société à travers une tout autre conception de l’emploi, alliant travail plus épanouissant et utile avec une émancipation hors travail et un développement de chacune et chacun dans sa personne humaine singulière et commune, bien au-delà du travail.  

 

 

Partager cet article
Repost0
18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 09:13

 

*Bernard Devert est responsable de la CGT Métallurgie.

 

La crise sanitaire a mis en évidence les conséquences délétères de la désindustrialisation et de l’absence de contrôle démocratique sur la stratégie industrielle. Une révolution à tous les niveaux, des pouvoirs locaux à la coopération internationale, est nécessaire pour répondre aux défis économiques, écologiques, démocratiques et sanitaires.

LA FRAGILITÉ DU TISSU INDUSTRIEL RÉVÉLÉE

La crise sanitaire a mis en évidence le fait que notre pays n’était plus en capacité de produire du matériel essentiel à la lutte contre le virus et de soigner la population : masques, respirateurs, tests, vaccins, 2450 médicaments en situation de rupture de stock. Dans un domaine aussi stratégique que la santé, nous sommes devenus dépendants des choix politiques d’autres pays ainsi que des stratégies des multinationales.

L’exemple de la pénurie des masques est révélateur : une entreprise en Bretagne qui avait une capacité de production de masques pouvant aller jusqu’à 200 millions d’unités par an fut fermée en 2018 par le groupe états-unien Honeywell, qui l’avait rachetée huit ans plus tôt. Un autre exemple : après avoir supprimé 1700 postes de chercheurs et fermé plusieurs laboratoires, Sanofi veut supprimer encore 400 emplois dans la recherche, alors que le groupe se trouve en difficulté pour élaborer un vaccin contre la covid-19.

Cette situation a créé de fortes interrogations parmi la population sur l’état de l’industrie et du service public dans notre pays. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans son dernier avis l’a mise en évidence et a souligné que « La crise sanitaire a montré l’importance pour notre pays de recouvrer son indépendance, sa souveraineté et sa maîtrise de filières stratégiques face aux bouleversements économique, sociaux et environnementaux ».

L’EPR de Flamanville est un prototype. S’il a rencontré des difficultés, c’est dû aux pertes de compétences et de capacités industrielles après plusieurs années de moratoire sur les commandes et de suppressions d’emplois.

PRODUCTION D’ÉNERGIE ET AUTRES FILIÈRES INDUSTRIELLES

Comme la santé et l’eau, par exemple, l’énergie doit être considérée comme stratégique, nécessaire à la vie, au bien commun de la nation. Ne devrions-nous pas exiger qu’elle ne soit pas mise dans les mains des marchés financiers et d’investisseurs privés mais au sein d’un pôle public ? L’industrie a besoin d’énergie, entre autres électrique, pour produire les biens et services. Le fait de disposer d’une énergie de qualité, fortement décarbonée, à un prix bon marché, délivrée de manière continue, est un levier potentiel pour réindustrialiser l’économie du pays. L’énergie et l’activité économique forment un système couplé.

En retour, l’industrie est aussi un facteur déterminant pour maîtriser et innover les technologies nécessaires au développement des capacités de production électrique. Cela implique de remettre sur pied une véritable filière industrielle, cohérente entre les entreprises et en lien avec le secteur public, avec le levier incontournable de la commande publique.

L’énergie est la 3e filière industrielle en France ; elle représente plus de 300000 travailleurs (près de 80000 d’entre eux dans l’industrie manufacturière) et 2800 entreprises, dont 80 % de PME et TPE. Avec des emplois très qualifiés et un niveau de recherche et de laboratoires important, avec une proportion d’ingénieurs importante, surtout dans les grandes entre-prises, cette filière prouve qu’elle est au cœur de l’innovation technique. On y trouve des multinationales comme General Electric, Framatome, Arcelor-Mittal, Vallourec, Auber-Duval, Schneider Electric, Rolls-Royce, Man, Jeumont Electric, etc.

 

EXIGENCES DE RENTABILITÉ ET MANQUE DE STRATÉGIE DE L’ÉTAT

La France a une situation atypique en Europe, avec un mix énergétique adossé au nucléaire et associé aux énergies hydraulique et renouvelables, permettant d’avoir une électricité à 84 % bas carbone et des capacités d’ingénierie, de production dans l’ensemble des domaines que comprend le mix énergétique. Mais aujourd’hui cette filière est fragilisée. Dans le nucléaire, depuis quinze ans pas un seul chantier n’a été lancé en dehors de l’EPR, un prototype qui a rencontré des difficultés du fait de pertes de compétences et de capacités industrielles après plusieurs années de moratoire sur les commandes et de suppressions d’emplois, qui ont déstructuré les collectifs de travail. Le gouvernement semble vouloir lancer six EPR2 tout en recherchant des économies et la réduction des coûts.

Dans l’hydraulique, alors que la France était reconnue dans le monde, les capacités de production d’équipements sont limitées à deux sites. Par ailleurs, malgré les 150 milliards d’euros d’aides au développement de l’éolien, seuls quelques établissements, essentiellement d’assemblage, ont vu le jour. Le solaire s’est également soldé par un échec.

Cette situation montre qu’il ne suffit pas de financer des activités à coups de milliards d’aides publiques pour gagner sur le long terme une maîtrise technologique, des compétences et des savoir-faire. Ce choix a conduit à financer plutôt des entreprises privées, qui ont préféré importer plutôt que d’enraciner des activités sur nos territoires. C’est malheureusement le résultat d’une absence de politique industrielle depuis des années, issue du concept « entreprises sans usine » et d’un État sans vision et sans aucune planification à long terme.

D’un point de vue global, l’industrie en France, comme en Europe, se vassalise, se plie aux stratégies des multinationales qui construisent et pilotent des chaînes de production éclatées dans le monde, accentuant le dumping social et la financiarisation, et imposant aux collectifs de travail une réorganisation permanente. Aujourd’hui, la filière énergie est de plus en plus confrontée à cette situation, avec des entreprises fragilisées financièrement. Les critères financiers imposés par les groupes à leurs filiales et à leur réseau de PME conduisent à déstabiliser l’ensemble de la filière, tuent de nombreuses entreprises sous-traitantes, suppriment des savoirs, des savoir-faire, des compétences collectives pourtant nécessaires dans bien des domaines dans le futur. Conséquemment, ce dysfonctionnement de l’entreprise industrielle engendre des coûts élevés du fait de la non-qualité des produits, du développement des pénalités pour retard de livraison ou non-respect des cahiers des charges.

La filière gaz représente 130 000 emplois au cœur des territoires.

 

DES CONSÉQUENCES NÉFASTES POUR LES TRAVAILLEURS

Le travail est malade. La plupart des salariés se retrouvent en situation d’incertitude du fait de la multiplication des restructurations, la mise en vente de leur entreprise, les délocalisations, l’absence de reconnaissance de leur travail et de leurs qualifications. Démotivation, démission, sensation d’être dans une machine à broyer, émiettant les tâches... : il y a un malaise profond, avec un véritable danger de dégradation des collectifs de travail, qui risquent de faire défaut pour développer des projets. Malgré cela, bon nombre de salariés sont attachés a leur travail, à leur savoir-faire, à leur activité, à leur entreprise, comme l’attestent les mobilisations qui se font sur l’emploi, la pérennité de l’activité, les salaires, les garanties collectives.

 

MARGINALISATION OU SOUVERAINETÉ NATIONALE ET DÉMOCRATIQUE ?

L’industrie de l’énergie est à un moment charnière. Elle est financièrement fragilisée, confrontée à une Europe qui cherche à se désengager de la recherche et des nouveaux types de réacteurs à fission nucléaire, alors que seize pays européens ont des capacités et des compétences dans l’énergie nucléaire. Comme l’a fait la France, l’Europe risque de rater un rendez-vous technologique, au risque de se voir marginaliser en termes d’indépendance, alors que la Chine, la Russie et les États-Unis investissent massivement.

La réindustrialisation de la filière énergétique pour une réelle ambition écologique et pour une souveraineté énergétique pose l’urgence d’arrêter cette casse d’emploi et des qualifications. Le temps presse, certes, mais il s’agit de réaliser un ensemble de projets industriels interdépendants,ce qui nécessite du temps et des moyens humains, dans le domaine de la recherche, de la maîtrise des technologies, de l’élévation du niveau des compétences des collectifs de travail, du renouvellement des infrastructures et du parc de machines. Les investissements doivent être placés sous contrôle des salariés et des usagers pour qu’ils soient effectivement au service de ce nouveau développement. La question de la formation, qu’elle soit continue ou initiale, doit devenir un vecteur dynamique, sachant que l’expérience acquise demande là aussi du temps pour bâtir des collectifs de travail. Le besoin d’un autre modèle de développement nécessite de s’attaquer à la manière dont se créent les richesses, et donc de redéfinir la place, la finalité et les pouvoirs du travail.

Dans le contexte de la diversité de la filière industrielle et du secteur public, la question de la souveraineté du pays en termes d’énergie doit être mise en débat. Souveraineté ne veut pas dire vie en autarcie ; en effet, l’indépendance économique n’empêche pas coopération entre les pays. Aujourd’hui, les chaînes de valeur sont largement internationalisées sous l’impulsion des multinationales et des politiques des gouvernements qui ont favorisé compétitivité, concurrence et dumping social à l’échelle européenne et mondiale. Ne faut-il pas s’atteler à la reconstruction de la filière industrielle complète, sociale et écologique, en réduisant les chaînes de valeur à l’occasion de nouveaux projets donnant lieu à des commandes publiques réalisées dans le pays ?

Malgré tout, la France possède des compétences précieuses ainsi qu’un niveau technologique et de recherche important qui lui valent une place non négligeable en Europe et dans le monde. Sa situation de premier exportateur d’électricité en Europe lui donne la principale responsabilité pour gagner une cohérence et des coopérations. Son mix énergétique peut être considéré comme un modèle, avec au centre une entreprise comme EDF, qui doit rester intégrée et publique.

La question de la propriété pour reprendre la main sur les actionnaires et les multinationales afin d’extraire les salariés et les stratégies de la financiarisation et de la Bourse se pose parmi les travailleurs et les syndicats. Il faut conquérir une réappropriation publique et démocratique, avec des droits nouveaux pour les représentants des salariés et des élus locaux dans les entreprises. L’objectif est la mise en place d’un pôle public de la filière au niveau national composé des principales entreprises.

En s’appuyant sur les atouts existants dans les territoires, il est possible de gagner un réseau de coopération entre les entreprises, de définir les besoins, d’investir, de contrôler l’investissement et de développer les formations en lien avec l’éducation nationale. Mais l’essentiel sera la mise en mouvement de l’ensemble des travailleurs et des forces politiques en France et en Europe.

Partager cet article
Repost0
16 mai 2021 7 16 /05 /mai /2021 08:00
Fabien Roussel à Caudan pour défendre les ouvriers des Fonderies de Bretagne (photo PCF 29)

Fabien Roussel à Caudan pour défendre les ouvriers des Fonderies de Bretagne (photo PCF 29)

Fabien Roussel : « reprendre le pouvoir sur la finance est tout à fait réalisable »
Samedi 15 Mai 2021

Fabien Roussel entre pour de bon dans l’arène présidentielle après le vote des adhérents du PCF le 9 mai. Déterminé à être « le candidat du monde du travail, des classes populaires comme des classes moyennes », le député communiste du Nord veut, face aux droites LR, LaREM et à l’extrême droite, imposer les questions sociales, l’humain et la planète au centre des débats. Entretien.

Vous venez d’être investi pour la présidentielle par les adhérents du PCF. Vous serez le premier candidat communiste depuis quinze ans. Comment comptez-vous peser dans ce scrutin essentiel aux yeux des Français ?

Fabien Roussel D’abord, en mobilisant l’incroyable force que nous représentons toutes et tous. Ceux qui ont participé à ce choix, comme ceux qui ne l’ont pas fait mais qui veulent bousculer ce scénario qu’on veut nous imposer, en 2022, entre le président sortant et l’extrême droite. Au Parti communiste, nous venons de débattre pendant plusieurs mois et nous avons voté trois fois : c’est un exercice démocratique sans précédent dans d’autres forces politiques. Mais nous ne nous arrêterons pas là.

Emploi, industrie, jeunesse, santé, climat… nous voulons ouvrir tous ces chantiers et bien d’autres avec le plus de Françaises et de Français possible, dans les mois qui viennent, pour écrire avec eux un pacte pour la France. Nous voulons que des millions d’entre eux s’engagent avec nous sur toutes ces questions, pour les mettre au cœur de la campagne, les rendre incontournables. Et faire en sorte que tous les autres candidats se prononcent sur les propositions indispensables au changement tant attendu par nos concitoyens.

Icon Quote Je veux contribuer à refonder une gauche qui porte un nouvel espoir pour reconquérir tousnos concitoyens qui n’y croient plus. C’est ainsi que la gauche pourra redevenir majoritaire. 

Alors que la Macronie est décidée à rester au pouvoir et que l’extrême droite pourrait le conquérir, comment éviter un nouveau duel droite-extrême droite en 2022 ?

Fabien Roussel D’abord ça bouge ! Je suis heureux de voir qu’enfin des commentateurs de la vie politique commencent à dire que tout est possible. Il existe un tel rejet du scénario Macron-Le Pen que des surprises pourraient apparaître. L’enjeu pour nous, à gauche, c’est de faire surgir dans cette campagne toutes celles et tous ceux qui ont soif de changement, de rupture, qui veulent en finir avec le chômage et la pauvreté, défendre leur pouvoir d’achat, leurs emplois, leurs services publics. Du côté de la finance, ils sont ultraminoritaires en nombre de voix, il est possible de leur reprendre le pouvoir.

Mais, pour éviter un second tour opposant la droite – LR ou LaREM – à l’extrême droite, il faut qualifier un candidat de gauche…

Fabien Roussel Bien sûr, il faut créer cet espoir. Mais il est quand même plus ambitieux que chacun d’entre nous, à gauche, se fixe l’objectif d’être au second tour, non pas pour soustraire des voix aux autres, mais pour en conquérir de nouvelles. Nous ne sommes pas identiques, nous ne proposons pas la même ambition pour le pays, les mêmes priorités pour le changement, ni les mêmes moyens pour y parvenir. Je veux contribuer à refonder une gauche de rupture avec le capitalisme en plaçant l’humain et la planète au cœur de tous les choix, une gauche qui porte le projet d’une nouvelle République sociale, démocratique, écologiste, féministe, antiraciste, un nouvel espoir pour reconquérir tous nos concitoyens qui n’y croient plus. C’est ainsi que la gauche pourra redevenir majoritaire.

Icon QuoteDoubler le budget de l’éducation nationale, augmenter de 50 % celui des universités, mettre fin à la sélection, financer un revenu étudiant autour de 850 euros. Il faut des moyens énormes pour notre jeunesse. 

Le rassemblement à gauche a occupé le débat ces dernières semaines. Votre candidature lui ferme-t-elle la porte ? Qu’en est-il pour les législatives ?

Fabien Roussel Cette candidature vise à faire émerger des idées, des propositions, à les faire gagner, et donc à redonner du sens à un vote de gauche sincère et authentique. Cela ne ferme pas de portes, ça en ouvre. C’est dans le même esprit que j’affiche dès maintenant l’objectif qu’il y ait le maximum de députés de gauche à l’Assemblée nationale et, parmi eux, de députés communistes. Nous menons continuellement le débat à gauche, comme en ce moment pour les élections départementales et régionales, ce qui nous conduit d’ailleurs à être unis dans beaucoup d’endroits. Les législatives comptent 577 circonscriptions avec des contextes très différents, nous avons un immense travail à organiser avec nos concitoyens, localement, pour faire en sorte que, partout, la gauche sorte renforcée.

Vous êtes, pour l’heure, crédité de 2 % dans les sondages, quel objectif espérez-vous atteindre d’ici à avril 2022 ?

Fabien Roussel Je ne vais pas mener campagne avec le nez sur les sondages. L’objectif, c’est de faire le score le plus élevé possible, mais aussi de rendre incontournables les idées que nous défendons, et de créer les conditions de nouvelles avancées sociales et démocratiques. Tout comme le score de Georges Marchais en 1981 avait non seulement permis la victoire de la gauche au second tour, mais avait aussi imposé un certain nombre de conquêtes sociales.

Désindustrialisation, évasion fiscale, chômage, crise sociale… les chantiers sont nombreux, quelles réponses à la crise historique que nous vivons entendez-vous proposer ?

Fabien Roussel À l’élection présidentielle comme aux législatives, nous voulons être les candidats du monde du travail, des classes populaires comme des classes moyennes. Et de la jeunesse ! Cette campagne ne doit pas n’être qu’un moment où l’on vote, elle doit aussi être un moment où l’on lutte. N’attendons pas avril 2022 pour imposer l’arrêt des délocalisations qui suppriment des emplois et menacent le climat avec pour seul objectif la rentabilité pour les actionnaires. Pour développer les services publics, sortir la santé des mains du marché et des laboratoires pharmaceutiques.

Lançons une grande campagne pour nous libérer du poids de la finance, faire jouer un autre rôle aux banques et aux assurances, obtenir des prérecrutements dans la santé, l’éducation nationale. Permettons ainsi à des centaines de milliers de jeunes de se former et d’avoir une perspective d’emploi. Il s’agit aussi de répondre à cette aspiration à pouvoir vivre de son travail, d’obtenir la baisse des factures de gaz et d’électricité, des loyers, l’augmentation générale des salaires, depuis trop longtemps gelés, brimés, mis sous l’éteignoir. N’attendons pas 2022, ces idées doivent devenir incontournables.

Icon QuoteCette crise a montré que la question n’est plus “où est l’argent ?”, mais “à quoi est-il utilisé ?”. Il doit être investi dans l’emploi, l’enseignement l’écologie... Cela créera de nouvelles richesses.

Emmanuel Macron et son gouvernement préparent le terrain à de nouveaux sacrifices sociaux – à commencer par la réforme de l’assurance-chômage – au prétexte du remboursement de la dette. Comment imposer les ruptures que vous évoquez dans une économie mondialisée ?

Fabien Roussel La question de « l’argent magique », du manque de moyens, a été complètement battue en brèche par la pandémie. Le gouvernement et l’Union européenne ont remis en cause pour partie leurs propres dogmes dans une situation d’urgence comme celle que nous vivons. La planche à billets a tourné. Mais, pour eux, cela doit conduire à plus d’austérité demain ! La droite, Macron, l’extrême droite vont nous dire qu’il faut payer la dette en travaillant plus, en faisant des économies sur nos services publics, en continuant à privatiser.

Pourtant cette crise a montré que la question n’est plus « où est l’argent ? », mais « à quoi est-il utilisé ? ». Il doit être employé pour investir dans l’enseignement, la formation et l’emploi, dans la transition écologique. Cela créera de nouvelles richesses ! La dette liée au Covid doit être annulée. Au-delà, un autre partage des richesses, aujourd’hui très majoritairement au service des plus riches et du capital, est indispensable. C’est possible notamment par une autre utilisation de l’argent des banques, des entreprises et de l’argent public. Je porterai une réforme de la fiscalité sur les multinationales, sur le capital, sur les grandes fortunes, sur les transactions boursières. Je mènerai aussi le combat pour un président de la République et un gouvernement incorruptibles face à l’évasion fiscale. Je souhaite être l’Eliot Ness de la lutte contre ce fléau, celui qui ne négociera pas avec les voleurs et les tricheurs.

Vous avez participé à la dernière marche pour le climat, le 9 mai. Le PCF a eu longtemps une image assez peu écolo-compatible, notamment sur la question nucléaire, pensez-vous avoir suffisamment renversé la donne ?

Fabien Roussel C’est la donne qui a changé naturellement, par pragmatisme. Parce que si nous voulons lutter contre les énergies fossiles et les réduire le plus possible, il nous faut augmenter la production d’énergies renouvelables, mais aussi la production d’énergies pilotables et décarbonées. Une grande majorité de nos concitoyens, d’acteurs des ONG que j’ai rencontrés, des chercheurs, des salariés, des syndicats estiment aujourd’hui que, face à l’urgence climatique, nous allons avoir encore besoin de l’énergie nucléaire.

Mais surtout nous avons besoin d’une maîtrise publique, seule garante, même pour les renouvelables, du respect de la planète. Quant à notre image, en réa­lité, les communistes ont souvent été à la pointe de ces combats, en particulier dans les politiques des communes et du département du Val-de-Marne que nous dirigeons, où nous sommes en tête de l’action pour la production d’énergies décarbonées, sur le développement des transports en commun écologiques et de la lutte pour leur gratuité.

Face à la grande précarité, encore amplifiée par la crise sanitaire, vous préparez un « pacte pour la jeunesse ». En quoi consiste votre démarche ?

Fabien Roussel La jeunesse était déjà particulièrement en difficulté, mais la crise a montré que le gouvernement l’a définitivement abandonnée. Or, les séquelles de cette crise seront profondes. Six jeunes sur dix sont en détresse psychologique. La jeunesse de France est sous antidépresseurs. C’est pourtant l’avenir de notre pays, ce sont nos enfants. Nous voulons leur garantir les meilleures conditions de formation, de la primaire à l’enseignement supérieur ; la liberté d’avoir un travail à temps plein et bien payé en fonction de leurs diplômes.

Pour cela, c’est incontournable, il va falloir y consacrer des moyens énormes : quasiment doubler le budget de l’éducation nationale, augmenter de 50 % celui des universités, mettre fin définitivement à la sélection, financer un revenu étudiant autour de 850 euros pour que chacune et chacun puisse apprendre à égalité, quels que soient son origine sociale et son lieu d’habitation…

Ces propositions, nous voulons leur soumettre, que les jeunes, dans toutes les villes et les villages, prennent le stylo et qu’ils soient les auteurs de ce que la France doit mettre en œuvre pour eux et avec eux. Nous ouvrirons aussi ces espaces de discussion aux enseignants, aux élus locaux, aux syndicats, à la vie associative, à l’éducation populaire… Nous devons avoir une ambition démesurée pour notre jeunesse.

Icon QuoteC’est trop facile de la part du président de dire que la levée des brevets ne sert à rien.

Sur le terrain du féminisme, de la laïcité, ou encore de l’antiracisme, une partie de la gauche renvoie l’autre au rang d’islamo-gauchiste. Où vous situez-vous dans ce débat ?

Fabien Roussel Je veux engager une révolution féministe de la société, placer la laïcité au cœur d’une nouvelle République et en finir avec le racisme, l’antisémitisme et toutes les discriminations. Le combat pour l’égalité des droits devrait rassembler la gauche. Je fais une différence entre les débats et les invectives. Et je regrette que certains y cèdent. Ce procès en islamo-gauchisme n’a pas à exister à gauche.

Ces mots sont les mêmes que ceux qu’employait déjà l’extrême droite soixante-quinze ans en arrière, en parlant de judéo-bolchevisme. Nous aurions plutôt intérêt à conserver l’esprit de fraternité. Ces débats ont toujours existé, y compris aux États-Unis et au sein de ce grand mouvement des années 1970 pour les droits civiques.

Vous vous êtes mobilisé ces derniers mois pour la levée des brevets sur les vaccins. Quel regard portez-vous sur la prise de position de l’administration Biden en ce sens et le retournement d’Emmanuel Macron dans la foulée ?

Fabien Roussel Je me félicite du changement de braquet total du président de la République. La campagne que nous avons menée en France avec d’autres organisations, associations, syndicats, chercheurs n’y est pas pour rien. Elle a fait écho à la mobilisation internationale. Emmanuel Macron a bougé sous la pression mais, comme ce n’est pas sa conviction, soyons exigeants notamment sur l’attitude de la France à l’OMC, les 8 et 9 juin, lorsque cette décision devra être prise à l’unanimité.

Une autre question doit aussi nous mobiliser : celle des investissements pour former et adapter les outils de production pharmaceutiques en France et dans le monde. C’est trop facile de la part du président de dire que la levée des brevets ne sert à rien puisqu’on ne sait pas fabriquer les vaccins. Quel défaitisme ! Au contraire, mobilisons-nous pour former et embaucher, pour adapter les outils de production et être en capacité de produire les vaccins en France car ce combat contre la pandémie va durer des années.

CONSULTATION DES ADHÉRENTS DU PCF SUR LA STRATÉGIE PRÉSIDENTIELLE

Inscrits : 43 473  Votants : 30 190 (69,45 % de participation)    Exprimés : 29 617

---------
Choix des options 
Option 1
Présenter un candidat communiste : 21 337 voix, 72,40 %
Option 2
Travailler un processus commun avec les autres forces de gauche : 6 817 voix, 23,13 %
Abstention : 1 317, 4,46 %

---------
Choix du candidat 
Fabien Roussel : 23 225 voix, 82,32 %
Emmanuel Dang Tran : 512 voix, 1,81 %
Grégoire Munck : 46 voix, 0,16 %
Abstention : 4 431, 15,70 %

Fabien Roussel : reprendre le pouvoir sur la finance est tout à fait réalisable - La grande interview du candidat communiste aux Présidentielles dans L'Humanité, 15 mai 2021 
Partager cet article
Repost0
13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 08:38
Résultats du vote des communistes dans le Finistère pour la stratégie des présidentielles et le candidat proposé par le PCF - 7, 8, 9 mai 2021

Résultats du scrutin interne des communistes dans la fédération du Finistère: 

Nous sommes la 20 ème fédération de France en nombre de votants (après dans l'ordre du nombre de votants: le Nord, les Bouches-du-Rhône, le Val-de-Marne, la Seine Saint-Denis, le Pas-de-Calais, Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Maritime, le Rhône, la Haute-Garonne, la Gironde, l'Essonne, l'Hérault, la Dordogne, , l'Isère, les Alpes Maritimes, les Pyrénées Orientales) et la 23e fédération de France en nombre d'adhérents à jour de cotisation.  

525 cotisants à jour (sur 860 adhérents): 379 votants (72 % de participation).

70,58 % pour option 1 (264 voix) défendue par la conférence nationale - Une candidature communiste aux Présidentielles

25 % pour option 2 alternative (94 voix)

4 % d'abstentions.

Sur le choix du candidat 308 voix pour Fabien Roussel (82,7 %), 1 voix pour Dang Tran, et 63 abstentions (16%).

On ne peut que se féliciter du niveau de participation.

Le PCF présente donc Fabien Roussel pour 2022 !

Maintenant, nous sommes prêts à relever le défi de la campagne présidentielle pour Fabien Roussel.

Félicitations à tous nos camarades pour cette démonstration démocratique sans aucun équivalent dans la vie politique française!

Lien vers le site de campagne de Fabien Roussel

Merci à tous les adhérents qui ont voté, aux sections qui ont bien organisé ce vote, à Jean-Paul Cam, secrétaire à l'organisation, qui a rassemblé les résultats pour le bureau exécutif du PCF 29.

Les votes dans les sections du Finistère:

Audierne Cap Sizun - 7 votants (sur 7) / 5 voix Option 1 - 2 voix Option 2 / 5 voix Fabien Roussel - 2 abstentions sur le candidat

Pays Bigouden - 50 votants (sur 66) / 30 voix Option 1/ 14 voix Option 2/ 6 abstentions / 37 voix pour Fabien Roussel / 3 abstentions sur le candidat

Brest - 72 votants (sur 136)/ 44 voix Option 1/ 23 voix Option 2/ 5 abstentions/ 55 voix Fabien Roussel / 17 abstentions sur le candidat

Carhaix-Huelgoat - 20 votants (sur 23) / 14 voix Option 1 - 6 voix Option 2/ 14 voix Fabien Roussel

Concarneau - 15 votants (sur 18)/ 14 voix Option 1 - 1 voix Option 2/ 15 voix Fabien Roussel (100%)

Crozon-Châteaulin - 13 votants / 10 voix Option 1 - 3 voix Option 2/ 10 voix pour Fabien Roussel/ 3 abstentions sur le candidat

Douarnenez - 7 votants (sur 10) / 7 voix Option 2/ 1 voix Fabien Roussel/ 6 abstentions

Fouesnant - 8 votants / 4 voix Option 1/ 4 voix Option 2/ 4 voix pour Fabien Roussel / 4 abstentions

Lanmeur - 13 votants (sur 17)/ 11 voix Option 1/ 2 voix Option 2/ 13 voix Fabien Roussel (100%)

Le Relecq-Kerhuon - 22 votants (sur 30) / 14 Option 1/ 7 Option 2/ 1 abstention/ 21 voix Fabien Roussel / 1 voix Emmanuel Dan Drang

Morlaix - 70 votants (sur 85)/ 58 voix option 1 / 8 voix Option 2/ 65 voix Fabien Roussel/ 4 abstentions

Quimper - 27 votants (sur 29)/ 25 voix option 1/ 2 voix Option 2/ 26 voix Fabien Roussel / 1 abstention

Quimperlé - 21 votants / 14 voix Option 1/ 6 voix Option 2 / 1 abstention/ 17 voix Fabien Roussel / 4 abstentions sur le candidat

Roscoff - 7 votants / 7 voix Option 1/ 6 voix Fabien Roussel/ 1 abstention sur le candidat

Rosporden - 17 votants / 11 voix Option 1/ 5 voix Option 2/ 1 abstention/ 14 voix Fabien Roussel/ 3 absentions sur le candidat

Scaër - 10 votants (sur 13) / 3 voix Option 1 / 4 voix Option 2 / 3 abstentions / 5 voix Fabien Roussel/ 5 abstentions sur le candidat

Résultats du vote des communistes dans le Finistère pour la stratégie des présidentielles et le candidat proposé par le PCF - 7, 8, 9 mai 2021
Vote des communistes des 7, 8 et 9 mai 2021 sur les choix du PCF pour les élections de 2022

Les 7, 8 et 9 mai 2021, 43 888 communistes à jour de leurs cotisations et ayant adhéré au PCF il y a plus de trois mois, étaient appelé·e·s à se prononcer sur les choix du PCF pour les échéances électorales de 2022.

30 217 de ces électrices et électeurs inscrit·e·s ont voté, soit 68,85 % des inscrit·e·s. Il y a eu 428 bulletins blancs ou nuls, et 29 789 suffrages exprimés.

Cette participation montre la vitalité militante et démocratique du PCF.

Concernant le choix stratégique pour ces échéances, deux options étaient soumises au vote :
l’option 1 qui propose de présenter une candidature communiste à la présidentielle et de travailler à construire un pacte d’engagements communs pour les élections législatives ;
l’option 2 qui propose de travailler un processus commun avec les autres forces de gauche et de réunir une nouvelle conférence nationale au second semestre pour se prononcer sur les résultats de cette démarche.

Sur le choix stratégique, il y a eu 29468 exprimés. L’option 1 est majoritaire dans le vote en recueillant 21 356 voix (72,47 %). L’option 2 obtient quant à elle 6 822 voix (23,15 %). 1 290 votant·e·s se sont abstenu·e·s (4,38 %).

Concernant le choix du candidat à l’élection présidentielle, trois candidatures étaient soumises au vote :
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF
Emmanuel Dang Tran
Grégoire Munck

Sur le choix de la candidature, il y a eu 28238 exprimés. La candidature de Fabien Roussel est majoritaire avec 23 245 voix (82,32 %). Celle d’Emmanuel Dang Tran recueille 514 voix (1,82 %). Et celle de Grégoire Munck recueille 46 voix (0,16 %). 4 433 votant·e·s se sont abstenu·e·s (15,70 %).

En application de ses statuts, le PCF propose donc la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle de 2022 et travaillera à construire un pacte d’engagements communs pour les élections législatives.

Après la conférence nationale du PCF dont les choix sont aujourd’hui confirmés par les adhérent·e·s, une nouvelle étape de l’engagement des communistes pour les échéances de 2022 est franchie. Il revient désormais au conseil national du PCF, ainsi qu’aux conseils départementaux, de travailler à la mise en œuvre de ces choix avec les adhérent·e·s.

Paris, le 9 mai 2021.

Commission nationale du vote
Parti communiste français

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011