Lisez le dossier spécial de l'Humanité: Opération vérité sur la casse du code du travail (dossier PDF)
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Lisez le dossier spécial de l'Humanité: Opération vérité sur la casse du code du travail (dossier PDF)
Les Echos | 17/02/2016
Solveig Godeluck
Le think tank libéral suggère de porter l'âge légal de départ à 63 ans et d'arriver plus vite à 43 années de cotisation.
Pas de répit sur les retraites. Alors que la dernière réforme date de janvier 2014, à l'Institut Montaigne, on prépare déjà le prochain round, qui se tiendra vraisemblablement après la présidentielle de 2017. A l'horizon 2040, la dette cumulée des régimes de retraite par répartition représentera 18 % du PIB si rien n'est fait, alerte le think tank libéral. « Nous y consacrons une part de nos ressources plus importante que nos partenaires européens, ce qui revient à privilégier les personnes âgées par rapport aux jeunes », déplore Laurent Bigorgne, le directeur de l'Institut, qui présente ce mercredi ses propositions pour redresser les régimes. Il faut viser l'équilibre, exhorte-t-il, « sans hausse nouvelle des prélèvements ni des ressources publiques consacrées à ces régimes ».
Mais attention à ne pas ouvrir de faux chantiers, prévient-il : « La retraite par points, les fonds de pension, c'est bien, mais il n'y a que trois leviers qui permettront de redresser le système : l'âge, la durée de cotisation, le montant des pensions. » Pour l'Institut Montaigne, la priorité, c'est de repousser l'âge légal du départ en retraite d'un an, à 63 ans, en 2025, car cette mesure « a aujourd'hui des effets plus importants qu'une augmentation de même niveau de la durée de cotisation ». C'est une proposition plutôt modérée, alors que les candidats à la primaire de la droite visent 64 ou 65 ans à la même date. De plus, l'accord sur les régimes complémentaires des salariés (Agirc-Arrco), signé en octobre, devrait inciter les assurés à partir à la retraite à 63 ans pour conserver leur niveau de pension.
Selon l'Institut, il faudra aussi jouer sur la durée de cotisation pour ne pas trop favoriser ceux qui ont fait des études longues. L'Institut propose de passer à 43 annuités dès 2025 plutôt que d'attendre 2035. D'accord pour épargner les générations proches de la retraite, convient-il, mais il faut « appliquer intégralement et sans transition les nouvelles règles aux assurés plus éloignés de la retraite d'au moins sept ans ». Ensuite, il faudra continuer de jouer sur l'âge et la durée pour s'adapter à l'augmentation de l'espérance de vie, par exemple en ajoutant « un an tous les cinq à six ans ». Une étude de 2013 a chiffré les économies à 15 milliards à l'horizon 2021 si l'on actionne ces deux leviers.
Même si les pensions des retraités subissent une érosion par rapport aux salaires du fait de leur indexation sur l'inflation, leur niveau pourrait être ajusté mécaniquement « pour tenir compte du rythme effectif de rééquilibrage des régimes », à l'allemande. Par ailleurs, le think tank redit son attachement à la convergence des régimes publics et privés, que Nicolas Sarkozy n'a pas menée assez loin à son goût. Et il relance la charge contre la pénibilité : « Il faudrait avoir le courage d'y renoncer purement et simplement », écrit-il.
Retraites: travailler jusqu'à 63 ans en 2025
http://www.ouest-france.fr/economie/retraites/retraites-travailler-jusqua-63-ans-en-2025-4041214
Après la dénonciation par la Fédération PS du Finistère des propos de Gérard Filoche sur le rapport Badinter :
Fédération du Parti Communiste/ 5 rue Henri Moreau 29 200 Brest / 02 98 43 47 78/ 06 20 90 10 52
A Brest, le 16 février 2016
Le Parti Socialiste du Finistère, dans le sillage du premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, estime que Gérard Filoche "a franchi la ligne jaune" en accusant dans des propos véhéments lors d'un entretien à Ouest-France lundi dernier Robert Badinter de ne rien connaître au Code du travail qu'il entend « simplifier » et élaguer au préjudice des salariés et au bénéfice du patronat.
Indignation bien sélective... En réalité Gérard Filoche est un des seuls au Parti Socialiste à dénoncer avec constance depuis quatre ans la dérive néo-libérale du gouvernement et de la présidence socialiste et à proposer des alternatives pour indiquer ce que seraient des réformes de gauche du droit du travail et en faveur des travailleurs
Quand le rapport Badinter voudrait décapiter en un tour de main des acquis sociaux essentiels que les luttes sociales et ouvrières ont mis des décennies à conquérir, l'inspecteur du travail Gérard Filoche, qui est confronté quotidiennement à la détresse des salariés face à un patronat de plus en plus décomplexé, a le droit d'être en colère. C'est même son devoir de dénoncer ces projets de remise en cause du droit du travail que la droite même n'a jamais osé entreprendre jusqu'ici.
Le rapport Badinter ne prévoit rien pour réduire la précarité du travail, empêcher les licenciements boursiers, réguler la sous-traitance, redévelopper la démocratie syndicale et sociale, renforcer le pouvoir des instances représentatives du personnel dans l'entreprise, développer une vraie sécurité sociale professionnelle et les moyens de l'inspection du travail.
Au contraire, Badinter, sous l'inspiration du trio Hollande-Valls-Macron et du MEDEF, entend supprimer la durée légale du travail fixée à 35 heures au profit d'une « durée normale » ouvrant droit à toutes les exceptions. Il voudrait affirmer la priorité des accords d'entreprise sur la loi dans la hiérarchie des normes, ouvrant de nouvelles perspectives au chantage à l'emploi des patrons et actionnaires pour faire accepter des régressions sociales.
En définissant le droit du travail comme «la volonté d'assurer le respect des droits fondamentaux de la personne humaine au travail » et en passant sous silence le lien de subordination du salarié à l'employeur, Robert Badinter efface le rapport de domination et d'exploitation, dont la reconnaissance est un des fondements du droit du travail actuel.
L'article 57 du projet de Code du travail simplifié écrit par Badinter prévoit que « les clauses d'une convention ou d'un accord collectif s'appliquent aux contrats de travail » sans que le salarié n'ait son mot à dire, Myriam El Khomri proposant même que des référendums d'entreprise puissent être instaurés pour contourner l'opposition de syndicats majoritaires. Avec le chantage à l'emploi et au chômage, et la carotte d'une légère augmentation de rémunération en cas d'acceptation d'un temps de travail plus important et d'une flexibilité plus grande, on imagine ce que cela peut donner.
Les communistes du Finistère sont solidaires du fond de l'interpellation de Gérard Filoche qui ne se résigne pas à ce qu'un gouvernement prétendument de gauche face le jeu des patrons et réduise les droits des salariés, quand il n'envoie pas carrément des syndicalistes en prison pour les punir de défendre leurs emplois.
Avec tous les hommes de gauche sincères qui veulent étendre les droits des salariés et non les dynamiter, nous nous battrons pour que le rapport Badinter ne serve pas de prétexte à une nouvelle casse du droit du travail, après l'ANI et la loi Macron, à partir de sa transformation en projet de loi au Conseil des Ministres du 9 mars prochain.
Ah Valls ça c'est pas bon! On en a déjà goûté de la sauce hollandaise, mais elle n'avait jamais eu un goût aussi dégueulasse.
Mercredi 10 février, 119 députés socialistes - soit près de la moitié du groupe - ont refusé d'approuver un projet de loi majeur du quinquennat, et 83 députés ont même voté clairement contre le texte qui prévoit d'inscrire l'état d'urgence et la déchéance de nationalité dans la Constitution.
Le texte a tout de même été approuvé par 317 voix contre 199 grâce à l'appui de la majorité des députés de droite (111 pour, 74 contre, 8 abstentions) et des ex-EELV François de Rugy et Barbara Pompili, reconvertis dans l'écolo-pétainisme de carrière.
Le vote, le mardi, de 92 députés socialistes, dont Gwenegan Bui, contre l'article 2 sur la déchéance de nationalité avait été un avertissement, mais il était difficile de savoir combien approuverait l'ensemble du texte le lendemain, en soutien à l'article 1 sur l'état d'urgence. Les 3/4 de ces 92 élus n'ont pas fait de concession et ont voté contre tout le texte quand les autres se sont presque tous abstenus.
La contestation va bien au-delà des habituels fraudeurs, 30 à 40 députés socialistes opposés à la politique économique néo-libérale et de régression sociale du gouvernement.
Madame la ministre du travail, les règles d’indemnisation du chômage seront renégociées dans les prochains jours par les syndicats de salariés et le patronat. Début 2014, le Président de la République avait affirmé : « Ce n’est pas à un moment où il y a un taux de chômage élevé qu’il faut réduire les droits des chômeurs ». C’était une bonne intention. Mais alors, la courbe du chômage se serait-elle inversée à notre insu pour que vous plaidiez en faveur de la dégressivité des allocations chômage ?
Hélas non ! Au contraire, le chômage a atteint depuis le début de ce quinquennat un niveau record, et ne cesse d’augmenter. L’argument selon lequel la dégressivité des allocations chômage encouragerait les chômeurs à chercher un emploi est faux. Vous l’avez vous-même reconnu, et toutes les études le démontrent.
Si le but recherché par le Gouvernement est uniquement de réduire les déficits sur le dos des demandeurs d’emploi, ne faites pas croire à nos concitoyens qu’il s’agit de faire baisser le chômage !
Et s’il s’agit de réaliser des économies, pourquoi ne pas remettre en cause le CICE, qui a largement démontré son inefficacité et qui coûte chaque année 20 milliards d’euros d’argent public, sans que la promesse patronale de créer un million d’emplois ait jamais été tenue ?
Vous avez beau demander que l’on regarde les choses de manière dépassionnée, il n’en reste pas moins qu’avec cette mesure, vous cultivez l’idée inacceptable qu’une partie de nos concitoyens bénéficieraient d’une assurance chômage trop généreuse quand, je le rappelle, un demandeur d’emploi qui gagnait le SMIC perçoit 890 euros par mois pour vivre.
Madame la ministre, allez-vous abandonner l’hypothèse de la dégressivité des allocations chômage, inefficace en matière de retour à l’emploi et extrêmement pénalisante pour les intéressés ? (Applaudissements sur les bancs du groupe de la Gauche démocrate et républicaine et sur quelques bancs du groupe écologiste.)
M. le président. La parole est à Mme la ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social.
Mme Myriam El Khomri, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social. Monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, madame la députée, comme vous l’avez dit, la négociation sur l’assurance chômage relève des partenaires sociaux. La convention qui a été signée en 2014 arrivera à son terme le 30 juin, et c’est aux partenaires sociaux, qui commenceront les négociations à la fin du mois, qu’il reviendra de fixer les conditions d’affiliation et d’indemnisation des demandeurs d’emploi.
Il est important de rappeler ici qu’il n’y a pas de coupable désigné. Depuis le début de la crise en 2008, les recettes diminuent tandis que les dépenses d’indemnisation augmentent. Cette situation financière est connue de tous, y compris des partenaires sociaux. Je leur fais pleinement confiance pour trouver des modalités permettant d’assurer la pérennité financière du système. Mais la logique budgétaire ou financière ne saurait être la seule à guider la négociation. Je souhaite, et je le répète devant vous, que le dialogue social débouche sur un accord.
Permettez-moi aussi de dire à cette assemblée qu’en 2014, les partenaires sociaux ont réussi à faire des économies en matière d’assurance chômage tout en accomplissant une avancée sociale, avec les droits rechargeables, conjuguée à l’accélération du retour à l’emploi. C’est aussi cela le dialogue social, et il est important de le souligner.
Quelles sont les attentes en ce qui concerne la convention d’assurance chômage ? Le premier objectif est de maintenir la fonction protectrice de l’assurance chômage : les chômeurs doivent conserver un niveau de vie décent. Le deuxième objectif est d’accélérer le retour à l’emploi et d’encourager les comportements favorables à l’emploi des employeurs. Vous l’avez dit, la dégressivité n’a pas apporté satisfaction.
Patrick Rambaud avait utilisé la satire entre 2007 et 2012 pour décrire le règne de "Nicolas 1er"."François le petit" est un ouvrage réjouissant sur la forme mais implacable sur le fond, dépeignant une vie politique qui glisse inexorablement vers la médiocrité.
En refermant votre livre, on hésite entre le rire et la consternation.
C'est justement parce que j'étais consterné que j'ai recommencé. Quand Sarkozy a été élu, je me suis dit "C'est pas possible, il faut faire quelque chose!" J'ai fait un livre (Chronique du règne de Nicolas 1er) et puis finalement, j'en ai écrit six. Au-delà de la chronique politique, ces bouquins sont aussi des panoramas de l'époque. Et il faut bien reconnaître que notre époque, en plus des horreurs qu'elle charrie, est passablement ridicule.
Pourquoi avoir choisi cette forme littéraire si particulière?
C'est de la satire, dans la vieille tradition latine qui existe depuis des siècles, depuis Horace en fait. Si vous lisez Horace aujourd'hui, vous allez être étonnés. A 21 siècles de distance, il est capable de vous dresser le portrait d'un emmerdeur comme on en connaît tous. C'est exactement le même! Le type qui vous accroche et dont on ne peut plus se dépêtrer. C'est ce que dira plus tard La Bruyère, en expliquant que les gens sont tous les mêmes, qu'on les retrouve partout, de tout temps.
Vous décrivez François Hollande comme quelqu'un de froid et calculateur, ce que l'on savait déjà. Mais vous évoquez aussi son absence totale de culture littéraire, son désintérêt pour le roman. Qu'est-ce que cela veut dire de lui?
Léon Blum travaillait le matin au ministère. L'après-midi, il lisait. Mitterrand était un homme cultivé. Avant lui, Giscard lisait Maupassant. De Gaulle aussi était un grand lecteur. Certes, c'était une autre époque, mais quand même... Depuis Sarkozy, on a des analphabètes? Hollande, en plus, est un énarque. Or, il y a deux choses qui n'intéressent absolument pas les énarques: l'histoire et la littérature. Alors que ce sont quand même les deux sujets qui font un bonhomme, qui lui donnent du volume, une possibilité de mieux comprendre les choses.
C'est vrai que les énarques en prennent pour leur grade dans votre livre...
On parle de gamins de 25 ans qui n'ont jamais bossé et qui décrochent tout de suite de gros postes dans l'administration alors qu'ils n'ont jamais rien vécu. C'est terrible! Pour moi, ce sont des zombies. Et il y en a partout, dans tous les couloirs...
On sent que vous prenez énormément de plaisir à brosser des portraits. Par exemple, celui de Laurent Wauquiez, énarque lui aussi, qui apparaît comme l'archétype du félon...
Ce n'est pas moi qui le dis. Ce sont ses amis! Quand je regarde le dossier que j'ai sur Wauquiez, toutes ces coupures de journaux, tout le monde dit que c'est un traître! Pour faire un portrait, il faut un trait de caractère. Là, je l'avais.
Vous attendiez-vous à ce que François Hollande soit un aussi bon sujet de livre?
Au début, je me suis dit: "On en a fini avec Sarkozy, je vais pouvoir passer à autre chose". Et puis, en voyant le résultat catastrophique des débuts de Hollande, je me suis dit: "C'est pas possible, il est trop con!". En fait, tous ces gens ne pensent qu'à leur réélection.
Vous dites qu'il s'inspire du "Bréviaire des politiciens" du cardinal Mazarin. N'est-ce pas là la marque d'un profond cynisme?
Hollande ressemble à Mazarin d'une façon tragique. Dans son Bréviaire, Mazarin dit notamment que, pour régner, il faut s'entourer de caractères complètement différents. Hollande ne fait que ça. Il prend comme conseillers Aquilino Morelle et Emmanuel Macron, qui n'ont absolument rien à voir, il associe dans son gouvernement Valls et Taubira... On appelle ça la synthèse? Je n'y vois que du calcul.
François Mitterrand aussi était comparé à Mazarin...
Oui, mais Mitterrand avait du charisme, de la hauteur, une épaisseur réelle. On le sentait quand il entrait dans une pièce. Aujourd'hui, ils n'ont plus que la carcasse.
L'omniprésence de la vie privée nourrit aussi votre livre. Comment voyez-vous cette évolution?
Cela a commencé avec Giscard, qui a fait entrer la vie privée à l'Elysée. Avec Sarkozy, c'est Closer qui y est entré... Et Hollande continue. Cela commence avec le premier tweet de Valérie Trierweiler, à peine un mois après son élection. Après ça, on poursuit sur le mode grotesque, avec la Vespa et le casque... C'est complètement tocard!
L'environnement a aussi beaucoup changé...
Bien sûr! La pression populaire est énorme. Il y a internet, les chaînes d'info en continu, les sondages. Vous avez quinze sondages tous les jours. Ces gens nous disent qu'ils ne les regardent pas mais c'est faux: ils passent leur temps à les interpréter pour savoir comment manœuvrer en vue de gagner les prochaines élections. Cela devient un jeu de société mais ce n'est plus une méthode de gouvernement.
Derrière la forme, votre livre contient aussi une fine analyse politique. Comment travaillez-vous?
Je lis les journaux tous les matins, du Monde à Closer. Une documentaliste m'aide également en constituant des dossiers. Une fois qu'on a tout ça, on prend un grand tamis, on secoue au-dessus et on voit ce qu'il reste. Le livre sur Hollande ne s'est pas fait sur le même rythme que les chroniques de la présidence Sarkozy. Sarkozy, c'était à chaque fois sur un an. Là, c'est sur deux ans et demi, il y a donc beaucoup plus de choses à brasser. Et il y en aura encore dans deux ans.
D'autant que ça repart fort, avec, par exemple, le débat sur la déchéance de nationalité...
Alors ça, c'est un fumigène absolument génial. Tu jettes ça et derrière, on ne voit plus rien. Alors que c'est complètement idiot, c'est un sujet complètement con. S'empailler là-dessus, c'est ridicule... Ce ne sont que des calculs, des manœuvres, des manipulations qu'on voit venir à 300 mètres.
Propos de Patrick Rambaud recueillis par Samuel Ribot, ALP.
Voici une tribune que nous a signalée notre camarade Jean Dréan qui montre bien que la réduction du chômage n'est qu'affaire de volontarisme politique et de renonciation aux politiques libérales de préservation des intérêts de la finance pour mettre l'humain au centre des choix économiques. Seul le peuple peut imposer cette réorientation.
Contre le chômage, "ils" essaient tout sauf... ce qui le réduirait vraiment. La raison est simple: "Ils" restent dans la logique de la mondialisation néolibérale, de la course effrénée à la compétitivité par les bas coûts salariaux et les bas coûts de l'Etat, de l'austérité pour le plus grand nombre.
Cette course est un mauvais jeu à somme négative pour l'emploi, et même les pays ou le chômage semble faible voient croître la pauvreté salariale et la pauvreté tout court, parce qu'on y encourage les petits et mauvais boulots en détruisant des protections sociales.
On peut pourtant créer et sauvegarder des millions d'emplois utiles et décents en France dans la période à venir en menant des politiques réalistes, répondant aux besoins urgents, pour lesquelles les moyens existent, sans qu'il y ait besoin d'attendre pour cela le retour d'une croissance qui ne reviendra probablement pas, ou seulement à de faibles niveaux. Plusieurs volets doivent être combinés, chacun correspondant à un potentiel d'emplois utiles.
Le premier est celui des besoins de services du bien-vivre associés à des droits actuellement en deshérence: pour les personnes âgées ayant besoin d'accompagnement, pour la petite enfance, pour les personnes handicapées, pour l'éducation, la santé, la culture et les services publics qui souffrent de l'austérité alors que l'évasion fiscale fait perdre chaque année des dizaines de milliards d'euros aux recettes publiques.
Le second volet est celui de la RTT sans perte de revenu pour 90% des personnes: le partage du travail lié à celui des revenus (la réduction des inégalités). Pas seulement la réduction hebdomadaire (par exemple les 32 heures), mais aussi la RTT tout au long de la vie. Le mouvement historique de RTT a permis dans le passé de créer ou sauvegarder des millions d'emplois. Si on en était encore aux 1900 heures moyennes annuelles des années 1960, on aurait environ 5 millions de chômeurs s'ajoutant aux 5 millions actuels! Or, ce mouvement historique a pris fin en 2002, ce qui a amplifié la hausse du chômage.
Le troisième volet est celui des emplois d'une transition écologique socialement juste. On commence à disposer de scénarios solides. L'enjeu, de type humanitaire, est urgent, pour le climat, la biodiversité, etc. Des centaines de milliers d'emplois, dans leur grande majorité non délocalisables, peuvent - et doivent - être ajoutés pour y faire face.
Dans l'agriculture et dans l'industrie, la chute dramatique des emplois depuis plusieurs décennies pourrait être stoppée ou au moins fortement ralentie si le productivisme était battu en brèche au bénéfice d'une transition vers la qualité et la soutenabilité écologiques, si cette transition s'appuyait sur une sécurité sociale professionnelle, et sur un vrai droit de préemption des salariés lorsque le capital déserte des entreprises viables. Lorsqu'on fait le bilan chiffré de ces volets de création et sauvegarde d'emplois répondant à des besoins d'avenir, on s'aperçoit, comme nous avons pu le faire dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie dans un "manifeste" pour l'emploi, que le chômage pourrait être réduit d'un tiers en 5 ans et de plus de la moitié en 10 ans.
Cela implique toutefois d'en finir avec une politique économique plus ou moins dictée par le Medef et les lobbies bancaires.
Pour aller plus loin, le blog de Jean Gadrey: http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey
Dans un communiqué, le PCF a qualifié cette nouvelle appellation de "goutte d'eau supplémentaire contre les droits des femmes et de faute politique". "Comment le gouvernement peut-il renoncer à l'égalité pleine et entière des femmes dans tous les domaines de la vie '" s'est interrogé le parti.
"Après avoir en début de quinquennat créé un ministère des Droits des femmes, de plein exercice, puis avoir au milieu de mandat réduit ce ministère à un secrétariat d'État, voici à présent le retour des stéréotypes les plus rétrogrades", a fustigé Laurence Cohen, responsable nationale Droits des femmes/féminisme du PCF, qui signe le communiqué.
"Le champ de la famille et de l'enfance est-il donc définitivement et exclusivement l'apanage des femmes'" a-t-elle demandé, s'indignant d'un "retour en arrière" et d'un "affront fait aux femmes".
"À quelles sirènes le gouvernement est-il sensible, si ce n'est à celles des partisan-e-s de la manif pour tous '" a-t-elle regretté.
Le PCF a averti: "À quelques semaines du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, les communistes continueront à montrer que les combats féministes sont toujours d'actualité".
Jeudi, l'ex-ministre communiste des Sports Marie-Georges Buffet s'était déjà émue sur Facebook: "On croit rêver", avait-elle écrit après l'annonce du remaniement ministériel.
La députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet a également dénoncé le rattachement du secrétariat d'Etat aux Droits des femmes à la Famille et à l'Enfance: "Création d'un ministère de la Famille de l'Enfance et des Droits des femmes: Hollande a oublié la couture et le repassage", a-t-elle ironisé dans un tweet.
(site Internet de l'express)
le communiqué complet de Laurence Cohen, pour le PCF:
Goutte d’eau supplémentaire contre les droits des femmes et faute politique ! Comment le gouvernement peut-il renoncer à l'égalité pleine et entière des femmes dans tous les domaines de la vie? Après avoir en début de quinquennat, créé un ministère des Droits des femmes, de plein exercice, puis avoir au milieu de mandat, réduit ce ministère à un secrétariat d’État, voici à présent le retour des stéréotypes les plus rétrogrades.
Droits des femmes = famille = enfance ! Le champ de la famille et de l’enfance est-il donc définitivement et exclusivement l’apanage des femmes ? Quel retour en arrière, quel affront fait aux femmes qui luttent au quotidien pour changer la société, pour en finir avec le patriarcat. À quelles sirènes le gouvernement est-il sensible, si ce n'est à celles des partisan-ne-s de la manif pour tous ?
À quelques semaines du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, les communistes continueront à montrer que les combats féministes sont toujours d’actualité, pour libérer la société des aliénations qui empêchent l’émancipation humaine.
Laurence Cohen, responsable nationale Droits des femmes/féminisme du PCF
La gauche ? Son futur vient de loin
Le capitalisme agressif et destructeur. Boursouflée de profits, la finance internationale tente d’imposer dans le dos des peuples le TAFTA ou TTIP. Ce partenariat de commerce et d'investissement entre les Etats-Unis et l’Europe ambitionne d’anéantir les velléités de souveraineté, d’émancipation et d’indépendance des peuples. Aux prises avec leurs contradictions, les Occidentaux otanisés poussent leur agressivité jusqu’à l’horreur. Ils bombardent ou laissent bombarder (Syrie) à tous vents. Au nom de la protection de « nos intérêts vitaux », ils se partagent les espaces pour l’exclusive jouissance des super-milliardaires, néo-colonialistes, nationalistes et autres dictateurs. Des kilomètres de murs, de barbelés et de portails sécuritaires sont érigés. Le « Non » rejette le traité établissant une Constitution pour l'Europe au référendum du 29 mai 2005 ? Le Traité est signé. Puis, familier des reniements et remaniements, François Hollande entérine les désiratas de la finance internationale prédatrice… Libéraux et prédicateurs assènent « libérons l’entreprise, l’époque a changé ». Grassement appointés, experts, idéologues et médias veulent achever le droit au travail, le code du travail, la sécurité sociale, l’école laïque, la démocratie, la paix. Après les avoir créés, les supermultinationales entretiennent le chômage de masse et « la dette ». A leurs bottes, leurs valets exacerbent le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. « Ils » inventent l’islamophobie dans le but de dresser leurs victimes « les unes contre les autres ». Macronisés, leurs commis d’Etat rabaissent les Services publics, éducation, formation, santé, transport, logement, le sport et la culture, au rang des marchandises. Au diable les besoins et aspirations des classes populaires, la loi du profit et du marché est leur seule boussole. Vive le commerce des armes. Les guerres d’assaut deviennent un marché en rafales. « Ils » nourrissent leur domination de l’instrumentalisation des peurs, violences et terrorismes. Dotés d’un outillage sophistiqué, les services de renseignements justifient les guerres et interventions policières en voie de privatisation. Politique canonnière, état d’urgence, surveillance et destruction sociale confortent l’exploitation et l’oppression de l’immense majorité par une infime minorité. Mondialisation capitaliste, désenchantement européen, technologie et automatisation engendrent l’accroissement des inégalités et génèrent une anxiété massive et de dangereux « replis ».
La force motrice de la transformation ? En 2007, Marie George Buffet recueille l’insignifiant 1,93% aux présidentielles. Les législatives sont à peine moins moches. A la Libération, le PCF recueillait 28,6% aux législatives de 1946 ! Le Front de Gauche surgit des phénomènes qui ont conduit à l’échec. Donc, apparition du Front de Gauche en janvier 2009. Ses initiateurs rassemblent les militants au Zénith. L’appel du PCF, du Parti de Gauche et de la Gauche unitaire est entendu. Après son relatif succès aux présidentielles de 2012, le Front de Gauche patine et ne parvient pas à ouvrir une perspective de transformation favorable à l’engagement du monde du travail et du peuple. Las, les mauvaises régionales à peine digérées, les regards empressés se tournent vers les échéances électorales de 2017. Cela, sans avoir pris le temps d’analyser les causes de la panne endémique. A la vérité, les composantes du Front de Gauche ne professent ni la même conception ni le même processus à développer. Ses fondateurs vivent le FdG comme un cartel électoral susceptible de conforter leur propre existence tandis que nombre de leurs partenaires le vivent comme un pas vers la création d’une « nouvelle force politique motrice ». Historiquement, la gauche s’est déployée à partir d’un courant réformiste et d’un courant révolutionnaire. Ces deux courants sont eux-mêmes traversés par diverses « écoles de pensée ». Depuis le siècle dernier, le Parti communiste incarnait le courant révolutionnaire. Cette phase est-elle achevée ? Cette question doit s’inscrire dans le débat. Si la « gauche » est au plus mal, ses deux courants, réformiste et révolutionnaire, continuent d’irriguer le peuple déçu, sceptique et plus que désorienté. Il se sent bafoué par les dominants du Parti socialiste convertis au libéralisme. Porosité de la vie oblige, le courant révolutionnaire pâtit lui-même de cette conversion. D’autant qu’il vasouille depuis longtemps et qu’il ne parvient pas à se constituer en force motrice, dynamique, autonome, créatrice, unitaire et attractive. Sa (re)constitution ne serait-elle pas la tâche prioritaire de notre temps ? A cette étape, le Front de Gauche génère toujours de l’espoir. L’éclosion du nouveau surgira de la convergence « des luttes et mouvements sociaux et de l’action politique ».
Les classes populaires ? Les chômeurs et précaires, les salariés en sursis ne supporteraient pas « les parlotes des politiques de tous bords ». Les jeunes adeptes du système D, « un p’tit job et un p’tit truc à côté », n’y croiraient pas davantage. Aussi, les diagnostics, thèses et hypothèses des penseurs, marxistes et amis, demeurent à « exploiter ». Les solutions se nichent dans un va-et-vient dynamique avec le salariat et le peuple. Elles se nichent dans une transformation radicale de nos pratiques trop souvent conduites d’en haut. Les primaires à gauche ? Riposte positive ou complaisance au système ? Rustine démocratique, compassion culpabilisatrice ou exclusion du peuple lui-même ? Un peu de tout ça ? Avons-nous essayé l’essentiel ? Non. C’est pourquoi vit l’espoir. Pain, liberté, paix, ce triptyque a fondé les combats populaires et démocratiques. Bizarrerie, la COP21 n’inscrit pas les activités des forces armées, guerres, essais nucléaires, militarisation des économies, dans les causes de la détérioration des écosystèmes et du déréglement climatique. Pour le poète, « il n’y a pas de modèle pour qui cherche ce qu’il n’a jamais vu ». Certes, mais nous ne partons pas du néant. Fussent-elles perfectibles, les analyses des avancées et échecs, les expériences sociales et démocratiques, les « connaissances scientifiques » des évolutions du monde sont disponibles. La difficulté à surmonter réside dans leur mise en cohérence politique.
La prise en compte de tous les phénomènes est l’art de la politique. La reconnaissance de la complexité ne signifie nullement l’acceptation du réel, tel qu’il est, ad vitam aeternam. C’est l’inverse. Le réel ? La politique invite à dénouer ses fils enchevêtrés. La dialectique et le mouvement contre le binaire et ses platitudes. Le combat de la Grèce le confirme, plus d’épines que de roses bordent la route du changement. Pourtant, si le capitalisme phagocyte la société, il n’est pas toute la société. Entravée, elle développe de l’espérance. Le capitalisme étant inamendable, il s’agit de créer le nouveau rapport de forces susceptible d’ouvrir le processus « démocratique-révolutionnaire », souhaitable et libérateur. Nous apprenons des échecs ? Apprenons des réalisations moins visibles des producteurs, créateurs et gens de peu. Inventons une autre dimension conceptuelle du « communisme vivant et de nouvelle génération ». Valorisons l’émancipation, expérimentons l’appropriation sociale et démocratique des leviers économiques, partageons les savoirs. Faisons vivre l’égalité, la citoyenneté, la solidarité et la démocratie sur le terrain, à tous les niveaux et dans les entreprises. Changeons d’échelle, de visée et de méthodologie. En recherche, la proposition de transformation sociale, démocratique et écolgique, est vivante. Pas à pas, elles retrouvera sa crédibilité pour peu qu’elle soit, d’abord, l’œuvre des premiers intéressés eux-mêmes. Laissons les remaniements de la soumission, les coups et opérations médiatiques aux guides et rabat-joie éternellement frustrés. Regardons devant. Dégageons-nous du somnambulisme ambiant et décorticons la complexité des phénomènes à considérer dans leur totalité. Les immondes réalités sociales et périls encourus par les humains, notre planète, nos terres et océans, nous pressent de dessiner un autre chemin, un autre futur. La France en commun ? Oui, en élargissant notre action au monde, en appui sur les forces sociales travailleuses les plus déterminées. Les probabilités de catastrophes sont palpables ? Les voies qui conduisent à un autre monde ne le sont pas moins. Posons nos vieilles lunettes. Ensemble, véritablement ensemble, nous verrons plus clair.
Louis Aminot Brest le, 12 février 2016
Technicien à statut ouvier à la retraite Membre de l’Association des Communistes Unitaires et d’Ensemble!