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28 août 2021 6 28 /08 /août /2021 06:03

 

Dans un entretien à nos confrères du Monde, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, dit tout de la stratégie du « président-candidat » dans la perspective des élections présidentielle et législatives. Homme d’expériences diverses, car passé du cabinet de Jean Marc Ayrault à celui de l’Elysée avant d’être nommé au gouvernement, il mérite d’être entendu.

Après avoir justifié la « verticalité » qui a présidé aux décisions sur le passe-sanitaire, les contre-réformes de l’assurance chômage et de la fonction publique, « le plan de relance » sans contreparties, la loi « climat » critiquée par les membres de la convention citoyenne pour ses graves insuffisances, il a confirmé la stratégie du président pour rester à L’Elysée : « Incarner le camp de la République, de la raison et de l’équilibre de la société ». Autrement dit, celui qui n’a obtenu que 18 % des inscrits lors de la dernière présidentielle serait le rassembleur après avoir connu le fiasco que l’on connait lors des dernières élections régionales. Le secrétaire d’Etat a aussi glorifié l’insupportable parole présidentielle sur le freinage « des flux migratoires » venant d’Afghanistan où règnent la terreur et la dictature. Enfin, il a confirmé : « En 2022, la présidentielle et les législatives vont se jouer sur un clivage entre ceux qui assument la complexité, la raison ; la science, une forme de modération verbale et ceux qui jouent des effets de la polémique et des divisions ». Guizot disait déjà, en son temps, que seuls pouvait participer ceux qui sont « éclairés par raison critique supérieure » ! La stratégie est bien d’incarner le programme économique et social, sécuritaire et de chasse aux réfugiés, de la droite, le tout présenté comme rempart à l’extrême droite !

Pourtant « le clivage » a bien été porté à plusieurs reprises par le président lui-même : celui qui existe entre ceux, « les premiers de cordée, » qui accumulent des fortunes et les premiers de corvée, « ceux qui ne sont rien » mais qui, pourtant, sont en première ligne. Tout est bon pour empêcher le débat fondamental sur l’antagonisme entre les détenteurs du capital et celles et ceux qui n’ont que leur travail manuel, intellectuel pour vivre et trop souvent…survivre. Si l’on veut bien écouter le secrétaire d’Etat, bon sens et pragmatisme s’opposeraient au chaos. Déporter ainsi le débat public, c’est vouloir diviser la société et associer les forces progressistes au camp de la déraison, à côtés de celles qui transpirent le racisme et la xénophobie. C’est la confirmation de la stratégie visant à faire de l’extrême droite la seule force opposante, celle susceptible d’être au second tour de l’élection présidentielle. Voilà pourquoi ministres et caméras ne valorisent, lors des manifestations du samedi, que le plus nauséabond, notamment l’infecte antisémitisme, les abominables destructions de centre de vaccination ou de pharmacies. Ceci permet de cacher les enjeux autour de la refondation de notre système de santé et les moyens à donner à l’hôpital public. Ajoutons qu’un simple soupçon sur un réfugié afghan aura été le prétexte pour occuper les radios et les télévisions dès le petit matin, mardi dernier, par des cadres de l’extrême-droite qui, une fois de plus, nous ont montré que leur poitrine de fer était dépourvue de cœur.

Si cette stratégie réussissait, l’homme qui, seul, décide de tout, aurait les mains libres, encore plus libres, pour, pendant cinq années supplémentaires, amplifier les destructions de conquis sociaux en mettant toujours plus l’Etat au services du capital, en déformant encore plus la République, en allant plus loin et plus vite dans les contre-réformes des retraites et vraisemblablement de la sécurité sociale. La voix de celles et ceux - et ils sont la majorité sociale – qui veulent reprendre « le contrôle de leur vie », celle qui appelle à plus de justice, de respect, de libertés, de solidarité, ne doit pas se laisser étouffer. Elle doit exprimer ses exigences de progrès social, démocratique et écologique. Par sa détermination et son rassemblement, cette majorité peut contribuer à ce que s’ouvrent des voies alternatives au capitalisme qui fait chaque jour, en tous domaines, la preuve de son inefficacité sociale, écologique et économique. C’est dire à quel point la riposte politique et idéologique est à l’ordre du jour !

 

 

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27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 07:52

 

« Surprenant petit bonhomme », personnage hors du commun, symbole de la lutte pour la justice, le Paraguayen dont le journaliste et écrivain Pablo Daniel Magee retrace l’histoire dans un livre passionnant s’appelle Martín Almada. Inconnu du grand public, celui-ci a pourtant reçu en 2002 le prix Nobel alternatif de la paix pour avoir mis à jour, preuves à l’appui, après en avoir lui-même été victime, l’une des entreprises criminelles les plus abjectes de l’histoire de l’Amérique latine : le plan Condor.

1964 : l’armée brésilienne renverse le président João Goulart. Le « golpe » marque le coup d’envoi de la période mortifère qui va affecter la Bolivie (1971), le Chili, l’Uruguay et le Pérou (1973), l’Argentine (1976) et le Paraguay (depuis 1954 sous la botte de l’« Honorablissime commandant en chef des Forces armées de la Nation » et Président de la République Alfredo Stroessner). Celui que, venu en 1958 inaugurer les installations de la CIA dans l’ambassade des Etats-Unis à Asunción, le vice-président étatsunien Richard Nixon a surnommé « Our man in Paraguay ».

 

 

Depuis 1959, la Révolution cubaine a placé l’île et, dans chaque pays, l’ « ennemi interne », au centre des préoccupations. La longue tradition de coopération souterraine entre les polices et les armées d’Amérique du sud est systématisée le 26 novembre 1975 lorsque, directement placé sous l’autorité du général Augusto Pinochet, le colonel Manuel Contreras, patron de la Direction du renseignement national (DINA), reçoit secrètement ses « collègues » à Santiago du Chili. Ainsi naît l’Opération Condor. Un système clandestin de coordination des différents services de sécurité. Chaque pays membre – Chili, Argentine, Uruguay, Paraguay, Brésil, Bolivie – espionne ses opposants, les neutralise, mais autorise aussi les « services » des autres nations à intervenir sur son territoire pour enlever des exilés, les ramener dans leur pays d’origine, les interroger, les torturer ou les assassiner.

Membre du Parti Colorado (au pouvoir), Martín Almada n’a a priori rien à craindre d’une telle multinationale de la répression, dont, d’ailleurs, nul ne connaît l’existence. Il n’empêche que ce professeur, directeur à San Lorenzo du collège « Juan Bautista Alberdi », attire rapidement l’attention. Adepte de l’éducateur brésilien Paulo Freire et de sa « pédagogie des opprimés », président du Congrès national des enseignants paraguayens, ne flirterait-il pas avec les communistes – ces « monstres fous qui s’habillent tout en rouge » – s’interrogent les « pyragues » (« collabos ») ? Parti en Argentine pour étudier à l’Université nationale de La Plata, Almada en revient avec un doctorat en éducation après avoir soutenu une thèse intitulée « Paraguay : éducation et dépendance ». Du « radical », mais rien de vraiment subversif. Toutefois, l’important n’est pas ce que vous avez voulu dire, mais la manière dont cela est perçu.

Stroessner est alors au sommet de sa gloire. Il vient d’être réélu au terme d’une énième mascarade démocratique et rentre d’une tournée triomphale de l’autre côté de l’Atlantique. « Tout le monde l’a reçu, rapporte Magee, du général Franco au Pape, en passant par Georges Pompidou et le roi du Maroc. » Sise au carrefour de l’avenue Presidente Franco et de la rue Nuestra Señora de Asunción, la Direction nationale des questions techniques (dite « La Técnica ») tourne à plein régime. Il est rare que ceux qui y entrent en ressortent entiers ou vivants. Envoyé par la CIA, c’est le lieutenant-colonel américain Robert K. Thierry qui, dès 1956, y a formé les premiers militaires aux techniques de torture les plus avancées.


 Arrêté le 24 novembre 1974, livré à la rage des bourreaux que dirige Pastor Coronel, le chef redouté de la police politique, Almada y subit trente jours d’interrogatoires, de torture physique et psychologique, de supplice du «  tejurugudi » – fouet dont on pare les lanières d’embouts métalliques. Et le verdict tombe : « terroriste intellectuel ». Double peine, double tragédie : l’épouse du prisonnier, Celestina, 33 ans, est décédée d’un arrêt cardiaque dans les jours qui ont suivi l’arrestation. Après qu’elle ait reçu ses vêtements tachés de sang, un pervers appel téléphonique lui a annoncé la mort de son mari.


 La dictature transfère Almada au Camp de concentration d’Emboscada. Son directeur, le colonel Grau, a été surnommé « le Boucher de la mort ». Le « profesor subversivo » va y moisir pendant trois ans. C’est là que, pour la première fois, il entend parler d’un mystérieux plan Condor. Avant de mourir assassiné, un colonel emprisonné, Eduardo Corrales, ex-responsable des communications « secret-défense » du ministère de l’intérieur, lui dévoile le secret : « Vous êtes le premier détenu que je reconnaisse, en qui je puisse avoir confiance. Je dois vous raconter : je ne sortirai pas vivant d’ici, mais vous, vous avez peut-être une chance… Il faut que quelqu’un sache ce qui se passe. »

Libéré en 1977, Almada parvient à s’enfuir au Panamá avec sa mère et ses trois enfants. Ayant gagné la France et trouvé un poste à l’Unesco, il enquête, se procure et épluche les bulletins de la police paraguayenne, traque le Condor. En 1992, après quinze ans d’exil, il rentre enfin au Paraguay. Mené par le général Andrés Rodríguez, surnommé « général cocaïne », un coup d’Etat vient de renverser Stroessner, devenu encombrant. Dans la semi-démocratie qui vient d’être restaurée, Almada n’a de cesse de faire émerger les crimes des dictatures. De nombreuses plaintes contre l’Etat s’accumulent. Les forces de l’ordre rendent toute enquête impossible. Très cyniquement, elles font valoir une absence de preuves ou de quelconques archives appuyant les dénonciations. Jusqu’au 22 décembre 1992...

Ce jour-là, quelques complicités – dont celles de deux anciens agents des renseignements paraguayens – amènent Almada devant une bâtisse de béton qui héberge une annexe de la police politique, dans la banlieue d’Asunción. Jackpot ! La longue traque se termine. Quatre tonnes et demies, 700 000 feuillets, les « archives de la terreur » sont exhumées. Portant à bout de bras la plainte d’Almada, un juge courageux, Agustín Fernández, résiste aux pressions des autorités et prend la décision qu’aucun document ne devra rester secret.

Tout au long de ce récit que Magee rend haletant comme un roman d’espionnage, le lecteur croisera, parfois avec surprise, une cohorte de personnages et d’institutions. La ténébreuse Ecole des Amériques qui, à l’ombre de la bannière étoilée, a formé au Panamá des milliers de militaires répresseurs latinos. La Ligue anticommuniste mondiale, créée en 1949 par Tchang Kaï-chek. Bien entendu la CIA. Tout comme le FBI. Le bon « docteur » Henry Kissinger (s’il trouve « utile » le plan Condor, ce grand humaniste s’inquiète de ce que « ce type d’activité de contre-terrorisme » ne fasse « qu’exacerber plus encore la condamnation internationale des pays impliqués »)Le général de Gaulle, en visite en octobre 1964 au Paraguay. Des instructeurs militaires français, animant à Buenos Aires le premier cours interaméricain de guerre contre-révolutionnaire. Valéry Giscard d’Estaing et les échanges d’informations avec les services secrets argentins et chiliens de son ministre de la Défense Michel Poniatowski. Le général panaméen Omar Torijos luttant pour arracher « le canal » aux Etats-Unis. Le Pape François, Daniel Balavoine et même… Pierre Rabhi.

Le 20 décembre 2019, quarante-cinq ans après les faits, la justice paraguayenne a reconnu la détention et la torture de Martín Almada ainsi que l’assassinat de sa femme Celestina par les forces de la dictature, dans le cadre de l’opération Condor. On estime que, tous pays confondus, la terreur d’Etat a été, en Amérique du Sud, responsable d’au moins cinquante mille assassinats, plus de trente-cinq mille disparus, quatre cent mille emprisonnements arbitraires – sans parler des dizaines de milliers d’exilés, ni du cas de la Colombie où le massacre des opposants se déroulera (et se déroule toujours) dans le cadre d’une démocratie formelle.

Lointain passé ? « Le Condor vole toujours », ne cesse de rappeler Almada, 84 ans aujourd’hui, au vu des événements qui agitent Amérique latine. Il ne s’agit pas là d’une formule lancée à l’emporte-pièce. En effet, autant le récit de Magee fourmille de détails, autant il demeure très succinct sur un moment clé de l’épopée d’Almada : celui où, après son retour au Paraguay, quelques complicités souterraines lui ont permis de localiser les « archives de la terreur ». Interrogé par nos soins sur ce qui pourrait apparaître comme un oubli ou un relatif déficit d’informations, Magee explique : « Martín m’a expressément demandé de ne pas donner plus d’éléments sur cet aspect de l’histoire, pour le moment, afin de protéger des gens encore vivants. Il m’a donné un délai à respecter après sa propre mort. C’était notre “deal” dès le départ, le régime paraguayen demeurant particulièrement… vorace. » Victime en 2012 d’un coup d’Etat, l’ex-président de centre gauche Fernando Lugo pourrait effectivement en témoigner.

L’Histoire ne se répète jamais à l’identique. Les méthodes du Condor et le nombre effrayant de ses victimes n’ont depuis, et fort heureusement, pas été égalés (sauf en Colombie). Pourtant, comment ne pas évoquer quelques données préoccupantes ? Sous des formes certes moins brutales, les coups d’Etat se sont multipliés ces derniers temps – Haïti (1991 et 2004), Venezuela (2002), Honduras (2009), Paraguay (2012), Brésil (2016), Bolivie (2019). Sous l’égide de Washington, des systèmes d’alliance continuent à se liguer contre les gouvernements qui « dérangent », à l’image du Groupe de Lima (en voie de disparition) s’acharnant sur le Venezuela. Révélée en 2013 par Edward Snowden lorsqu’il mit en cause la National Security Agency (NSA) étatsunienne, la surveillance étroite de personnes et de personnalités a été confirmée par la récente découverte du logiciel Pegasus vendu à nombre de gouvernements et de « services » par la société israélienne NSO pour espionner les téléphones de dizaines de milliers de citoyens [1].

Sans que la « communauté internationale » et les supposées organisations de « défense des droits humains » ne s’en émeuvent, le président vénézuélien Nicolás Maduro vit en permanence sous la menace d’un assassinat (de même que les dirigeants chavistes Diosdado Cabello et Tareck El Aissami). En mettant leur tête à prix (15 millions de dollars pour le chef de l’Etat, 10 millions pour les deux autres), le gouvernement des Etats-Unis encourage implicitement et explicitement le passage à l’acte de toutes sortes de spadassins et d’aventuriers. Il n’en manque guère. En a témoigné, en 2020, l’Opération Gedeon, menée depuis la Colombie et destinée à « capturer / arrêter / éliminer Maduro », selon les termes d’un contrat de 212,9 millions de dollars signé entre le mercenaire américain Jordan Goudreau et Juan Guaido, président auto-proclamé adoubé et protégé par les Etats-Unis, le Canada, l’Union européenne et leurs satellites. L’opération a certes échoué [2]. Malgré l’ouverture de négociations, au Mexique, entre le pouvoir chaviste et ses oppositions (l’une à vocation démocratique, l’autre au caractère putschiste), l’offensive criminelle ne s’en poursuit pas moins [3].

En juillet 2021, Craig Faller, chef du Commandement sud de l’armée des Etats-Unis, et William J. Burns, patron de la CIA, se déplaçaient conjointement en Colombie et au Brésil. Tandis que Faller se donnait pour objectif de renforcer les relations « en matière de défense et de sécurité », Burns, à Bogotá, devait évoquer avec le président Iván Duque une « mission délicate » en matière de renseignement. Avec en mode subliminal, le mot « Venezuela » ?

En Bolivie, le coup d’Etat d’octobre 2019 contre Evo Morales a été préparé par le secrétaire général de l’organisation des Etats américains (OEA) Luis Almagro, appuyé et entériné par les Etats-Unis et l’Union européenne. Comme au bon vieux temps du « Condor », l’Argentine (de Mauricio Macri) et l’Equateur (de Lenín Moreno) ont livré en toute hâte de l’armement à la dictature de Janine Añez pour lui permettre de réprimer les manifestations. D’après le porte-parole du gouvernement bolivien Jorge Richter (8 août 2021), l’investigation s’élargit, de forts indices attirant les regards des enquêteurs en direction d’une participation à cette « internationale putschiste » du Brésil et du Chili.

On ne parlera pas là d’un retour du « Grand Condor ». Mais l’oiseau de proie, à l’évidence, est toujours disposé à faire des petits. D’ou l’intérêt de replonger dans la vie de Martín Almada grâce à l’impressionnant travail – sept années d’enquête, 200 heures d’entretiens avec des témoins d’époque, quelques 800 heures avec le protagoniste – de Pablo Daniel Magee.

 

Pablo Daniel Magee, Opération Condor. Un homme face à la terreur en Amérique latinepréface de Costa-Gavras, Saint-Simon, Paris, octobre 2020, 380 pages, 22 euros.

Maurice LEMOINE

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27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 05:55

Dans l'imaginaire collectif, un résistant est un homme qui combat mais en Palestine, la résistance ne se réduit pas à cette image

 

« Exister, c'est résister » est un slogan qu'on retrouve sur beaucoup de murs en Palestine et en effet la résistance palestinienne commence en restant sur sa terre et Jérusalem-Est est aujourd'hui le visage de cette résistance non violente comme d'autres lieux avant elle (Bil 'in, les villages de la vallée du Jourdain, Hébron, Gaza...).

Depuis l'annexion en 1967 de Jérusalem-Est par Israël au mépris du droit international, l'objectif du gouvernement israélien est d'empêcher que Jérusalem-Est ne devienne la capitale de l'État de Palestine. Pour cela, le nouveau Premier ministre impulse une politique de colonisation très agressive dans la continuité de son prédécesseur.

Les habitants de quartiers entiers sont menacés d'expulsion. A Silwan, les maisons de 1000 personnes sont menacées de destruction ou d'expulsion. A Cheikh Jarrah, ce sont les 27 maisons de quelque 300 Palestiniens que le gouvernement veut expulser au profit de colons israéliens. Devant la mobilisation qui va au-delà de Jérusalem, la Cour suprême israélienne a reporté cette décision, cette menace plane toujours. Par ailleurs, toutes les manifestations pacifiques qui se sont déroulées dans ces quartiers ont été réprimées par l'armée israélienne dans une grande violence. Le député communiste israélien Ayman Odeh venu manifester son soutien à ces familles avait été brutalisé par des soldats en mai dernier. Des colons viennent, régulièrement, provoquer en agressant et en proférant des slogans racistes.

Ce que certains soutiens inconditionnels de la politique de l'État d'Israël ont qualifié d'« un désaccord foncier » est en fait la mise en œuvre de ce que, en 1967, les vainqueurs de la guerre des 6 Jours avait déclaré « Jérusalem, capitale éternelle et indivisible d'Israël et du peuple juif ». Cette décision sera de nombreuses fois condamnée par la communauté internationale (en 1967 par le Conseil de sécurité de l'ONU, en juin 1980 par le Conseil européen). Israël persiste et en juillet 1980, c'est la Knesset qui proclame Jérusalem « une et indivisible, capitale éternelle de l’État d'Israël ». En réaction, les quelques pays dont l'ambassade était installée à Jérusalem la transfèrent à Tel Aviv où se trouvaient déjà les représentations de la grande majorité des États. Il faudra attendre, en 2017, la provocation de Donald Trump pour que l'ambassade des États-Unis soit transférée à Jérusalem, d'autre pays suivront cet exemple au mépris des droits du peuple palestinien.

Les Palestiniens de Jérusalem-Est subissent une double peine puisqu'ils sont soumis à l'arbitraire de la politique israélienne et que leur séparation du reste de la Palestine par le mur de même que l'interdiction faite aux Palestiniens de Cisjordanie de se rendre à Jérusalem les isolent de leur gouvernement. Pendant la campagne électorale, prévue en juin 2021, Israël avait empêché des candidats de faire campagne, procédant même à des arrestations.

Le statut même de ces Palestiniens tend à imposer la judaïsation totale de la ville mais aussi soumet leur quotidien à l'arbitraire. Ils sont soumis au statut de "résidents" et peuvent donc être expulsés à tout moment. Ce statut est temporaire, ils doivent prouver que Jérusalem est leur « centre de vie » principal, ce qui notamment les empêche de faire des études à l'étranger, rend un mariage avec un Palestinien de Cisjordanie quasi impossible... Le but de cet acharnement quotidien est de débarrasser la ville de toute présence palestinienne, présence qui, au cours des siècles, a façonné Jérusalem.

Toute expression de l'identité palestinienne est interdite et beaucoup de militants sont arrêtés.

C'est d'ailleurs de Jérusalem que la révolte contre l'occupation et les agressions de colons a débuté en mai et a eu des répercutions dans toute la Palestine mais aussi en Israël où pour la première fois depuis octobre 2000 les Palestiniens d'Israël sont massivement descendus dans les rues, malgré les provocations menées par des milices juives racistes. Des mouvements de protestation des deux côtés de la « Ligne verte » ont eu lieu comme la grève générale du 18 mai.

En effet, même si la question de Jérusalem reste centrale, partout en Palestine, chaque jour, des Palestiniens se font assassiner, des bombardements sur Gaza ont lieu, les arrestations continuent alors que déjà 4750 prisonniers politiques sont détenus, la colonisation continue, la brutalité et la violence des colons continuent.

Le PCF entend briser le silence dont s'entoure le gouvernement français mais aussi l'Union européenne et contribuer à créer le rapport de forces indispensable pour qu'Israël se conforme enfin au droit international qu'il bafoue aujourd'hui avec arrogance, conforté dans la légitimité de sa politique par l'impunité dont il jouit.

Les députés communistes ont interpelé le ministre des Affaires étrangères et européennes sur la nécessité « d'imposer aux autorités d'occupation israéliennes le droit aux Palestiniens de vivre à Jérusalem Est dans le respect des conventions internationales ».

La France doit sans attendre reconnaître de l'État de Palestine et imposer des sanctions au gouvernement israélien.

Une pétition circule : https://www.change.org/p/occupation-continues-sheikh-jarrah-palestine

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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 08:05
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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 07:48

Voici un texte d’une universitaire de Glasgow qui dit quelques vérités que l’on trouve rarement dans la presse occidentale. Elle décrit avec simplicité tout ce que les Etats-Unis ont inventé pour asphyxier Cuba.

Se trouvant dans l’île le 11 juillet elle tente de rétablir les faits, rien que les faits. Bien sûr j’aimerais dire ce que vient de me raconter Wilma qui revient de Cuba. L’extraordinaire solidarité, rien ne doit manquer aux vieillards, aux enfants et chacun met tout en œuvre pour le partage. Le moins que nous puissions faire c’est de les aider dans ce partage. A Marseille, nous continuons … (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et societe)

Hélène Yaffe

Les critiques rejettent Cuba comme un État en déliquescence, mais n’acceptent pas à quel point il est paralysé par le blocus américain

4 août 2021

Les violentes manifestations qui ont éclaté à Cuba début juillet ont été les premiers troubles sociaux graves depuis le « Maleconazo » de 1994, il y a 27 ans. Ces deux périodes ont été caractérisées par de profondes crises économiques. Je vivais à La Havane au milieu des années 90 et j’ai été témoin des conditions qui ont déclenché le soulèvement : marchés alimentaires vides, magasins et rayons de pharmacie, coupures régulières d’électricité, production et transport au sol à l’arrêt. Telles sont les conséquences de l’effondrement du bloc socialiste, qui représente environ 90 % du commerce de l’île.

Pariant sur l’effondrement du socialisme cubain, les États-Unis ont approuvé la loi Torricelli de 1992 et la loi Helms-Burton de 1996 pour entraver les relations commerciales et financières de l’île avec le reste du monde.

Pendant ce temps, des programmes plus sophistiqués et multiformes de « changement de régime » ont été développés, des programmes interpersonnels de Clinton à la Commission de Bush pour un Cuba libre. Du milieu des années 1990 à 2015, le Congrès américain a investi quelques 284 millions de dollars pour promouvoir la démocratie (capitaliste).

L’histoire de la façon dont, contre toute attente, la révolution cubaine a survécu au cours des trois dernières décennies est au centre de mon livre. Dans certains domaines, comme la biotechnologie et l’internationalisme médical, elle a prospéré.

Depuis 2019, cependant, des conditions rappelant la « période spéciale » sont de retour à Cuba, conséquence directe des sanctions américaines. L’administration Trump a mis en œuvre 243 nouvelles mesures coercitives contre Cuba, bloquant son accès au commerce international, au financement et aux investissements à un moment où les capitaux étrangers s’étaient vu attribuer un rôle central dans la stratégie de développement de l’île.

Le résultat inévitable et escompté a été des pénuries de nourriture, de carburant, de produits de base et de fournitures médicales. Ainsi, bien que Cuba dispose de vaccins contre le Covid-19, elle ne peut pas acheter suffisamment de seringues pour les administrer, ni de ventilateurs médicaux pour ses unités de soins intensifs.

Des restrictions sanitaires strictes, imposées par les autorités cubaines en réponse à la pandémie, ont entravé la capacité des Cubains à «résoudre» (résoudre les problèmes par d’autres canaux) et à socialiser. Les cas de Covid continuent d’augmenter, générant de l’anxiété chez les Cubains, même si les taux d’infection et de mortalité restent faibles par rapport à la région. Dans chaque foyer cubain, les gens se relaient pour se lever à l’aube afin de rejoindre les files d’attente en quête de produits de base. Personne ne devrait s’étonner qu’il y ait de la frustration et du mécontentement.

Les détracteurs de Cuba blâment le gouvernement pour les difficultés quotidiennes auxquelles les Cubains sont confrontés, rejetant les sanctions américaines comme excuse. C’est comme blâmer une personne de ne pas bien nager quand ils sont enchaînés au sol. Le blocus américain de Cuba est réel. Il s’agit du système le plus long et le plus étendu de sanctions unilatérales appliquées contre un pays de l’histoire moderne. Cela touche tous les aspects de la vie cubaine.

Lors de l’assemblée générale de l’ONU le 23 juin, un total de 184 pays ont soutenu la motion de Cuba pour la fin du blocus américain.

C’était la 29e année que le vote de Cuba l’avait emporté. Le représentant américain, Rodney Hunter, a affirmé que les sanctions étaient « un moyen légitime de réaliser la politique étrangère, la sécurité nationale et d’autres objectifs nationaux et internationaux ». Il les a également décrits comme « un ensemble d’outils dans notre effort plus large à l’égard de Cuba ».

Un autre outil clé de ces dernières années a été les médias sociaux. En 2018, Trump a mis en place un groupe de travail sur Internet pour promouvoir « la circulation libre et non réglementée de l’information » vers Cuba, tout comme le pays a élargi les installations permettant aux Cubains d’accéder à Internet via leurs téléphones. Au cours de cet été, la campagne sur les réseaux sociaux, qui voit des influenceurs et des YouTubers basés à Miami encourager les Cubains de l’île à descendre dans la rue, a été intensifiée. Aussi spontané et authentique que cela puisse paraître, derrière cela se cachent le financement et la coordination américains.

Le 11 juillet, j’étais à La Havane pour regarder la finale de l’Euro dans une maison cubaine lorsque l’émission a été interrompue par une annonce du président, Miguel Díaz-Canel. Il s’était rendu à San Antonio de los Banos, dans la banlieue de la capitale, où une manifestation s’était transformée en émeute, avec des magasins pillés, des voitures de police renversées et des pierres jetées. Des manifestations simultanées avaient eu lieu dans des dizaines d’endroits autour de l’île. À Matanzas, où les cas de Covid-19 ont grimpé en flèche, il y a eu d’importantes destructions. Díaz-Canel a terminé l’émission en appelant les révolutionnaires à aller dans la rue. Des milliers de Cubains ont répondu à son appel.

Pendant ce temps, le maire de Miami a demandé à Biden d’envisager des frappes aériennes sur Cuba, alors qu’il y avait des plans en demi-teinte pour une flottille navale de Floride.

Les médias internationaux ont dépeint l’opposition de masse à un gouvernement incompétent, les manifestations pacifiques violemment réprimées et un régime en crise. Ce récit a compté sur des exagérations et des manipulations. Des images ont été partagées dans la presse et les médias sociaux prétendant montrer des manifestations anti-gouvernementales qui ont, en fait, été le contraireDes photos de manifestations en Égypte et de célébrations sportives en Argentine ont été attribuées aux manifestations cubaines du 11 juillet.

Depuis les États-Unis, où de violentes manifestations et des meurtres policiers se produisent avec une régularité tragique, et où une insurrection de droite a tenté de renverser le résultat des élections de 2020, le nouveau président Joe Biden a décrit Cuba comme un « État en déliquescence ». Le 30 juillet, il avait déjà imposé de nouvelles sanctions, malgré les promesses de campagne de les annuler.

Depuis les manifestations du 11 juillet, j’ai parcouru La Havane pour mon travail. Les seules manifestations importantes que j’ai vues dans la capitale ont été celles de soutien au gouvernement, y compris un rassemblement de 200 000 personnes à La Havane le 17 juillet.

Les Cubains à qui je parle rejettent la violence et l’ingérence américaine. Ils sont convaincus que les Cubains savent nager, mais ils ont besoin que les chaînes du blocus américain soient coupées.

Helen Yaffe

Maître de conférences en histoire économique et sociale à l’Université de Glasgow

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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 06:07
Afghanistan. Les talibans, nos meilleurs ennemis - Par Marc de Miramon, L'Humanité, 24 août 2021
Afghanistan. Les talibans, nos meilleurs ennemis
Mardi 24 Août 2021 - L'Humanité

La politique des États-Unis a favorisé l’émergence des fondamentalistes à Kaboul. Une implication qui a débuté en juillet 1979, six mois avant l’entrée des chars soviétiques.

 

Il aura fallu près de vingt ans pour que le secret de polichinelle soit officiellement éventé. Oui, les États-Unis ont bien commencé à aider militairement les moudjahidines afghans dès le début du mois de juillet 1979, soit près de six mois avant l’entrée des chars soviétiques à Kaboul. L’ancien directeur de la CIA (1990-1993) Robert Gates le reconnaîtra dans son premier livre paru en 1997, et Zbigniew Brzezinski, conseiller du président démocrate Jimmy Carter au moment de la crise afghane, le confirmera un an plus tard dans un entretien accordé au Nouvel Observateur : « C’est en effet le 3 juillet 1979 (que Carter) a signé la première directive sur l’assistance clandestine aux opposants du régime pro-soviétique de Kaboul. Et ce jour-là, j’ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu’à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques.»

« Attirer les Russes dans le piège afghan »

Zbigniew Brzezinski effectue alors une tournée promotionnelle de son maître ouvrage, le Grand échiquier, publié en France par ­Hachette, dans lequel il assume franchement le soutien américain aux fondamentalistes musulmans afghans, ancêtres du mouvement taliban. « Regretter quoi ? » répond-il au Nouvel Observateur : « Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège afghan et vous voulez que je le regrette ? De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l’éclatement de l’empire soviétique ». Puis il ajoute : « Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ? »

Quelques mois plus tôt, le 27 septembre 1996, les talibans sont entrés victorieux dans Kaboul. Les moudjahidines soutenus jusqu’au retrait soviétique par la CIA sortent eux-mêmes d’une épouvantable guerre civile qui a détruit la capitale afghane. Les factions islamistes se sont déchirées entre les Tadjiks du commandant Massoud (Jamiat-e Islami), le chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar, proche des Frères musulmans, et les talibans issus de l’ethnie pachtoune, qui sont toujours appuyés par l’ISI (Inter-Services Intelligence), les ­redoutables services secrets pakistanais. Mais depuis la dislocation de l’Union soviétique, l’Afghanistan n’intéresse plus guère ni la presse occidentale ni les intellectuels organiques de l’empire états-unien.

Une étrange amnésie

Quelques reportages glorifient certes la résistance d’Ahmed Chah Massoud dans sa vallée du Pandjchir, quand d’autres rapportent sporadiquement les « exploits » des nouveaux « mabouls de Kaboul » : interdiction des cerfs-volants, burqa obligatoire, lapidation des femmes adultères ou destruction des trois bouddhas géants de la vallée de Bâmiyân. Une étrange amnésie, tant l’islam fondamentaliste désormais au pouvoir en Afghanistan fut admiré, encouragé, et glorifié. « Le monde est fantastique. Leur âme se lit sur leur visage », se pâment les écrivains Pascal Bruckner et Guy Sorman ( le Figaro Magazine, 20 septembre 1986) à l’occasion d’un photoreportage sur les moudjahidines posant fièrement avec turbans noirs et kalachnikovs.

Cette année-là, sous l’œil bienveillant de la CIA – dont le chef, William Casey, anticommuniste forcené, a autorisé la livraison des fameux missiles Stinger qui vont abattre des dizaines d’hélicoptères soviétiques et provoquer un tournant dans la guerre –, les journalistes et autres philosophes engagés se pressent encore sur les sentiers de la guerre afghans, indifférents au sort des femmes, des progressistes, des athées, comme du jour d’après. Faisant fi de la logistique pakistanaise, des pétrodollars saoudiens comme de l’appui politique américain, les petits télégraphistes de Washington persistent à dépeindre des combattants en guenilles et vieilles pétoires, seuls face à l’armada russe. Et « le caractère islamique de cette résistance peut effrayer mais, à de rares exceptions près, on ne leur connaît pas de forme fanatique », résume le Figaro Magazine dans son édition du 5 décembre 1987 (1).

Quelques menus services

Cette cause si ardemment défendue des moudjahidines afghans n’aura pas pour seule conséquence tragique la prise de Kaboul en 1996 par les talibans. Les supplétifs étrangers du mouvement, persuadés par la presse occidentale et son parrain américain d’avoir à eux seuls gagné la guerre, vont bientôt rentrer l’exporter dans leur propre pays, en particulier en Algérie. D’autres vétérans du djihad, à l’instar du Saoudien d’origine yéménite Oussama Ben Laden, expulsé du Soudan, se réfugient à leur tour en Afghanistan. Les « quelques excités islamistes », pour reprendre la formule de Brzezinski, abandonnés par leurs sponsors à l’exception du Pakistan et de quelques franges de la famille royale saoudienne, ne vont pourtant pas tarder à se rappeler au bon souvenir de l’Oncle Sam, et même lui rendre involontairement quelques menus services.

Au moment des attentats du 11 septembre 2001, les néoconservateurs à la Maison-Blanche recherchent désespérément un prétexte pour opérer un redéploiement militaire et garantir la suprématie des États-Unis. Côté démocrate, Brzezinski, futur conseiller de Barack Obama, milite pour une politique agressive de son pays en Asie centrale, autour de la mer Caspienne, pour faire main basse sur les gigantesques réserves de gaz et de pétrole détectées dans les anciennes républiques soviétiques. Aux frontières de l’Afghanistan.

(1) Lire « Quand les djihadistes étaient nos amis », le Monde diplomatique, février 2016
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19 août 2021 4 19 /08 /août /2021 15:04

 

Le chef de l'Etat, hier, s'est fait l'écho des inquiétudes profondes que provoquent, chez nos concitoyennes et concitoyens, l'offensive militaire et la prise de pouvoir des Talibans en Afghanistan, et de la sympathie qu’ils éprouvent pour la population afghane. Des dizaines de milliers de femmes et d'hommes, souvent jeunes, sont directement menacés de mort par l’instauration d’une féroce dictature théocratique. Nous leur devons solidarité et soutien.

 

 

Depuis ce week-end, les autorités françaises finissent d'évacuer nos ressortissant·e·s et évoquent le nombre de 600 Afghan·e·s accueillis dans notre pays. Nous ne pouvons que nous en féliciter, mais c'est bien à toutes celles et tous ceux qui chercheront asile dans un pays de l'Union européenne et en France que ce droit devra être garanti, en application des conventions internationales, à commencer par la Convention de Genève. C’est ce que la France doit affirmer solennellement, plutôt que de brandir, comme vient de le faire le président de la République, le spectre des « flux migratoires ». Il n’est, de ce point de vue,  pas admissible que le gouvernement souscrive au projet d'inclure les réfugié·e·s afghan·e·s dans l'odieux accord UE-Turquie sur les réfugiés syriens dont il bafoue déjà les droits fondamentaux.

 

Cinquante ans de guerre et d'interventions militaires étrangères, auxquels les gouvernements français successifs ont participé, ont fait de l'Afghanistan un pays ruiné et dépendant. En laissant ce dernier aux mains d’élites corrompues, plutôt que d’aider la population à construire une véritable démocratie, ils ont poussé 2,6 millions d'Afghan·e·s à se réfugier dans les pires conditions hors des frontières, le plus souvent en Iran, en Turquie ou en Asie centrale. La prise de pouvoir des Talibans chasse de nouveau des dizaines de milliers d'entre eux. Notre devoir est, sans hésiter, d'accueillir toutes celles et tous ceux qui le souhaitent. 

 

Aujourd’hui les États-Unis abandonnent cyniquement l’Afghanistan aux Talibans, organisant le chaos dans toute cette région, au mépris des conséquences que cette attitude ne manquera pas d’avoir sur la sécurité et la paix du monde. L’heure n’est pas aux discours convenus, aux promesses de circonstances, aux exercices d’autosatisfaction.  

 

C'est dans l'urgence qu'il faut agir pour sauver des vies ! L'accord signé entre le président Trump et les Talibans, sans la participation aux discussions d'aucun autre représentant afghan, date de février 2020 et c'est en avril de cette année que son successeur, Joe Biden, a annoncé le retrait des troupes étasuniennes et de l'Otan pour cet été. Que de temps perdu,depuis 2020, à observer sans agir les Talibans fouler aux pieds le prétendu « accord de paix » et, depuis plusieurs mois, engager leurs troupes dans la reconquête militaire du pays. 

 

Quelles ont été, et quelles seront, les initiatives diplomatiques de la France pour empêcher la violence revancharde des Talibans de se déployer ? Quelles actions notre pays compte-t-il proposer pour isoler un régime aux prétentions tyranniques de la communauté internationale, en s’attaquant notamment à ses sources de financement et à ses trafics ? Comment, au-delà des déclarations d’intention, seront appuyées les forces démocratiques afghanes ? Quelle attitude, et quelles sanctions, notre diplomatie compte-t-elle proposer vis-à-vis du Pakistan et des États soutenant de près ou de loin les Talibans ?

C'est avec l'ONU, son Conseil de sécurité et son Assemblée générale, son Comité des droits de l'homme, son Haut commissariat aux réfugiés, que toutes ces questions doivent être traitées sans plus tarder en présence de représentant-e-s des forces démocratiques et de la société civile afghanes.

 

Tout doit être fait pour aider les Afghan-e-s à reprendre le contrôle de leur destinée, à vivre en pays et en sécurité, dans une société pluraliste et démocratique. 

 


 

 

Parti communiste français,

 

Paris, le 17 août 2021.

 

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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 05:33

 

 

Vidéo de la 3e visioconférence (3 juillet 2021)

En Afrique, si la catastrophe épidémique annoncée par quelques Cassandre n’a pas eu lieu, les conséquences socioéconomiques de la COVID-19 sont bien préoccupantes. Le continent a connu en 2020 sa première récession depuis 25 ans. La France qui au cours des dernières années a été conspuée, comme jamais, en Afrique francophone, tente de rétablir son image en multipliant les initiatives et les annonces. De la promesse de réforme du franc CFA au « New Deal » pour « relancer les économies africaines », elle veut montrer qu’elle se tient aux côtés de l’Afrique et des Africains. Les propositions françaises peuvent-elles répondre aux préoccupations africaines ? Quelle place pour l’annonce de changements dans la relation France — Afrique, tant critiquée par les Africains dans les initiatives d’Emmanuel Macron ? Peut-on parler de continuité avec le paradigme néolibéral en cours depuis plusieurs décennies ?

Troisième panel organisé dans le cadre de la préparation du colloque Amath Dansokho, avec :

  • Félix Atchadé, chargé des questions africaines au Parti de la gauche européenne,
  • Jibrin Ibrahim, politiste, membre du Centre pour la démocratie et le développement (CDD), Nigéria,
  • Kako Nubukpo, économiste, professeur titulaire à la faculté de sciences économiques et de gestion de l’université de Lomé, directeur du rapport « Du Franc CFA à l’Eco : quelle monnaie pour quel développement en Afrique de l’ouest? » (mai 2021),
  • Anne-Cécile Robert, journaliste, directrice des éditions et relations internationales au Monde diplomatique, professeure associée à l’université Paris 8,
  • Ndongo Samba Sylla, économiste, auteur avec Fanny Pigeaud de L’arme invisible de la Françafrique (La Découverte, 2018).
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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 05:30

 

 

 

 

 

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14 août 2021 6 14 /08 /août /2021 05:44

 

Réforme de la Constitution, justice sociale… Dans son discours d’investiture, le 28 juillet, Pedro Castillo a dévoilé les objectifs de son mandat.

Le nouveau président du Pérou, Pedro Castillo, a prêté serment lors de son investiture, le 28 juillet. Dix jours plus tôt, il était déclaré vainqueur du second tour du scrutin qui a eu lieu le 9 juin dernier, avec 50,13 % des voix, face à la candidate de la droite ­populiste, Keiko Fujimori. Une victoire tardive, car sa rivale multipliait les recours depuis l’annonce des résultats.

Lors des premières minutes de son discours d’in­vestiture, Pedro Castillo s’est adressé aux peuples originaires et a rappelé les dis­criminations qu’ils avaient vécues et qu’ils vivaient aujourd’hui encore. Il a également exprimé sa volonté de mettre en place «  un gouvernement du peu­ple », qui gouverne «  avec le peuple et pour le peuple ». «  C’est la première fois que notre pays est gouverné par un paysan, une personne qui appartient aux secteurs ­opprimés depuis longtemps », a souligné l’ancien instituteur de campagne.

Rompre avec les symboles de l’ère coloniale

Le discours d’investiture a aussi été l’occasion pour Pedro Castillo de dévoiler les grandes lignes de son mandat. Des objectifs sanitaires d’abord, puisqu’il prévoit entre autres la mise en place d’un système de santé universel et gratuit et l’accélération de la vaccination contre le Covid, qui touche durement le pays. Le nouveau président s’engage également à mettre fin à la monopolisation des services élémentaires et à la corruption qui gangrène le pays. «  Nous devons disposer d’une législation qui décourage la criminalité sous toutes ses formes, et non comme la législation actuelle qui l’encourage », a-t-il estimé.

Alors que le Pérou fait face aux disparitions inquiétantes de 915 femmes entre les mois de mars et juin, Pedro Castillo aspire à «  renforcer le système ­national spécialisé de justice pour la protection des femmes et la répression de la violence à leur égard ».

Avant de conclure son discours en annonçant vouloir rompre avec les symboles de l’ère coloniale, Pedro Castillo a ré­affirmé sa volonté de convoquer une assemblée constituante, afin ­d’établir une nouvelle Constitution. «  Elle doit être plurinationale, populaire et paritaire. Sa composition doit comprendre, outre les candidats proposés par les organisations ­politiques, des pourcentages de candidats issus des peuples autochtones et originaires, du peuple afro-­péruvien, des associations, des ­organisations populaires et de la société civile. »

Tout un programme dans un Pérou ravagé par le fujimorisme.

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