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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 06:13

Syrie: 5 ans de combats, 5 ans de massacres le témoignage...

Entretien avec Pierre Barbancey, grand reporter au quotidien
« L’Humanité ».Syrie, 5 ans de combats... 5 Ans de massacres. Notre invité revient d'un nouveau séjour en Syrie ( TV 5 MONDE).

https://youtu.be/A2fokfX5XdE

(Pierre Barbancey défend depuis le début du conflit un point de vue qui met en avant le danger islamiste en Syrie et les visées stratégiques des pays arabes conservateurs alliés des Etats-Unis sans focaliser sur la criminalité intrinsèque d'une ampleur stupéfiante du régime de Bachar-al-Assad.

Un point de vue intéressant du point de vue de la géostratégie du Proche-Orient mais contestable sur un plan politique et moral qui, selon moi, ne fait pas justice à la réalité de l'insurrection populaire laïque et démocratique de départ contre la tyrannie de Bachar-al-Assad, qui n'est soutenue que par 20% de la population syrienne environ et qui fait une guerre à base de crimes contre les civils et l'humanité aux Syriens des territoires libérés de l'emprise du dictateur, même si depuis la rébellion s'est faite en grande partie phagocytée depuis 2012-2013 par les islamistes de différentes tendances soutenus de l'étranger.

Ismaël Dupont )

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 14:06

Marwan Barghouti, citoyen d'honneur de Stains : Soutien à Azzedine Taibi (PCF)

En 2009, le conseil municipal de Stains (93) a élevé Marwan Barghouti au rang de citoyen d’honneur de la ville et installé au fronton de l’hôtel-de-ville une banderole pour demander sa libération.

Stains fait partie du réseau des villes et collectivités pour la libération de Marwan Barghouti comme vingt-deux autres municipalités dont les maires s’apprêtent d'ailleurs à lui rendre une visite de solidarité en ce mois de juin.

Soutenir Marwan Barghouti, c'est soutenir la paix.

Partisan d’une solution politique basée sur le respect du droit international avec la création d'un État palestinien aux côtés de l’État israélien, il est détenu illégalement dans les geôles israéliennes depuis 2002. Marwan Barghouti, député et président du groupe d’amitié Palestine-France au parlement palestinien n'est pas plus terroriste que ne l'était Nelson Mandela. D'ailleurs, une campagne internationale pour sa libération et celle de tous les prisonniers politiques palestiniens a été lancée depuis Robben Island et a recueilli de nombreux soutiens au-dessus de tout soupçon : huit prix Nobel, dont Jimmy Carter et Desmond Tutu, et de prestigieuses personnalités parmi lesquelles le regretté Stéphane Hessel, Michel Rocard, Jack Ralite, Christian Sautter, Guy Bedos, Rony Brauman, Gisèle Halimi, Eva Joly, ou encore Pierre Tartakowski, alors président de la Ligue des droits de l’Homme et Jean Ziegler, membre du Comité consultatif du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.

Récemment, des parlementaires britanniques ont demandé au parlement israélien la libération de Marwan Barghouti ; cette demande a été reprise par l'Egypte. Le prix Nobel de la paix argentin, Adolfo Perez Esquivel, et des parlementaires belges ont proposé d’attribuer cette année le prix Nobel de la paix à Marwan Barghouti. Quant au quatuor tunisien récipiendaire du prix Nobel de la paix 2015, il lui a dédié il y a quelques mois son prix Nobel. Tous sont conscients du rôle positif que peut jouer Marwan Barghouti pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens.

Mais pour le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), toutes les critiques de la politique menée par l’État d'Israël sont systématiquement définies comme de l'antisémitisme et il entend poursuivre tous ceux qui s'y opposent.

En 2015, le BNVCA décide de faire annuler le titre de citoyen d’honneur de Marwan Barghouti que lui avait donné la ville d'Aubervilliers. Aujourd'hui, c'est contre le maire communiste de Stains, Azzédine Taïbi, que le BNVCA porte plainte pour « apologie publique d’un acte terroriste ». Il s'agit d'une pure forfaiture et d'une insulte au maire et aux habitant-e-s de Stains.

Le Parti communiste français assure de toute sa solidarité et de tout son soutien au maire, Azzédine Taïbi, et aux habitant-e-s de Stains, et appelle tous les militant-e-s de la paix à se rendre au rassemblement le mardi 14 juin à 9h devant le tribunal administratif de Montreuil lors de sa comparution.

Marwan Barghouti, citoyen d'honneur de Stains: soutien à Azzedine Taibi (PCF)
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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 13:09

Le compte rendu complet du 37e Congrès du PCF du 2 au 5 juin à Aubervilliers-St Denis.

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 12:58

AFPS, vendredi 10 juin 2016

Quatre civils israéliens ont été tués dans un attentat à la terrasse d’un café, victimes collatérales d’une politique dont leur gouvernement porte l’entière responsabilité.

Nous déplorons cette situation dans laquelle des civils tuent d’autres civils tandis que les fauteurs de haine paradent au cœur du pouvoir israélien.

L’attentat commis par deux jeunes de Yatta n’aura surpris que ceux qui veulent fermer les yeux sur la situation qui prévaut aujourd’hui en Palestine occupée et le niveau de désespoir et de colère qui est celui de la population.

Le village de Yatta, au sud d’Hébron, dont sont originaires les deux jeunes, est depuis des années sous la pression constante des colons qui cherchent à vider la région de la présence palestinienne.

De tels actes ne manqueront pas de se reproduire si rien n’est fait pour arrêter cette infernale course à l’abîme, résultat d’une politique choisie en toute conscience par le gouvernement israélien. C’est ce qu’a dit à sa façon le maire de Tel-Aviv en pointant la responsabilité de l’occupation et de la colonisation.

Face au drame, on comprend bien sûr que le Président de la République ait condamné un attentat contre des civils, mais il l’a fait en assurant Israël de sa solidarité contre le terrorisme, comme si Israël n’était pas un acteur direct de ce terrorisme. Il s’était d’ailleurs bien gardé de réagir de même lors de l’assassinat le 24 mars dernier d’ Abdel Fattah Al-Sharif par un soldat franco-israélien.

La « riposte » annoncée, avant même la réunion du cabinet de guerre, suppression des permis de travail en Israël pour toutes les personnes portant le même nom que les auteurs de l’attentat, suspension des permis de visite familiale pour 83000 Palestiniens pendant le ramadan, interdictions jusqu’à dimanche soir d’accéder à Jérusalem et en Israël, bouclage et destructions programmées à Yatta ne feront que rajouter au désespoir.

Il est du devoir de la communauté internationale de s’opposer à ces punitions collectives qui alimentent la mécanique infernale de la violence et du désespoir et de faire échec au scénario du pire en imposant le respect du droit.

Quatre civils tués dans un attentat à Tel Aviv, le sinistre résultat d'une logique d'oppression coloniale (AFPS)
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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 06:07

Pourquoi les désertions se multiplient au sein de Daech
http://www.huffingtonpost.fr/2016/06/09/desertions-daech-etat-islamique-terrorisme_n_10370152.html

TERRORISME – Les défections, notamment de jihadistes occidentaux, se multiplient dans les rangs de Daech, et leur retour dans leurs pays d'origine est un casse-tête pour les services antiterroristes, selon des sources concordantes.

En recul en Syrie et Irak, soumise aux bombardements incessants de dizaines de chasseurs-bombardiers, l'organisation peine à empêcher certains des milliers de volontaires étrangers qui l'ont rejointe depuis 2014 de quitter les terres du califat autoproclamé pour rentrer chez eux.

Leurs motivations sont multiples. Les principales sont la peur des raids aériens, la déception par rapport à ce qu'ils avaient imaginé, la corruption des dirigeants locaux, les exactions envers d'autres musulmans sunnites ou tout simplement l'ennui, précise une étude menée sur soixante d'entre eux par l'International centre for the study of radicalisation (ICSR) du King's College de Londres.

"Ils sentent que la phase finale a commencé, beaucoup commencent à nous envoyer des messages pour savoir comment rentrer", confie à l'AFP le coordonnateur national du renseignement en France, Didier Le Bret. "Il n'est plus question d'expansion du glorieux califat, et nous savons que certains se font tuer quand ils tentent de fuir".

"D'ailleurs, étant donné que les services de sécurité de Daech sont très soupçonneux, ça nous inquiète quand on récupère quelqu'un: comment savoir s'il est sincère ou en mission?", ajoute-t-il.

Selon le directeur général de la sécurité intérieure française (DGSI), Patrick Calvar, à la mi-mai "244 personnes étaient revenues de la zone syro-irakienne en France". "On assiste à davantage d'intentions de retour sur notre sol", a-t-il précisé lors d'une audition à l'Assemblée nationale. Mais elles "sont entravées par la politique de Daech qui, dès lors qu'ils souhaitent quitter la Syrie, considère les intéressés comme des traîtres à exécuter immédiatement".

"Du simple massacre"

Dès janvier 2014, avant même la proclamation officielle de la création du califat, l'ICSR a créé une base de données à partir des interviews que ses chercheurs ont pu mener avec des déserteurs de Daech, pour tenter de comprendre leurs motivations. Elle comprend aujourd'hui 60 noms.

"Les raisons pour lesquelles ils ont fui sont aussi complexes que celles qui les ont poussés à y aller" écrit dans un rapport Peter Neumann, directeur de l'ICSR. "Ils ne sont pas tous devenus de fervents partisans de la démocratie à l'occidentale. Certains ont commis des crimes".

"Dans leurs récits, quatre reproches reviennent: 'l'EI cherche davantage à combattre d'autres musulmans que le gouvernement Assad, l'EI commet des atrocités envers des musulmans, l'EI est corrompue et ne suit pas les préceptes de l'islam, la vie sous le joug de l'EI est dure et décevante'", poursuit-il.

Shiraz Maher, membre de l'ICSR, est l'un des chercheurs qui a interrogé les déserteurs. "La plupart nous disent: 'Nous n'étions pas venus pour ça'", confie-t-il, lors d'une visite à Paris. "L'un d'eux m'a dit: 'Je voudrais dire à tous les moudjahidines de ne pas aller en Syrie. Ce n'est pas ça le jihad. Vous allez vous retrouver à tuer des musulmans'".

Partis parfois sur un coup de tête, parfois persuadés qu'ils allaient rejoindre une utopie, une société idéale régie par la charia, parfois à la recherche d'adrénaline, de camaraderie, d'un rôle de chevalier blanc, les apprentis-jihadistes sont souvent confrontés, selon le récit des déserteurs, à un quotidien fait de violence, de barbarie, de peur, de privations, d'ennui, d'incompréhensions, de discriminations basées sur le pays d'origine.

"L'un d'eux m'a dit", ajoute Shiraz Maher "que les chefs de l'EI n'hésiteront pas à raser un immeuble, avec des femmes et des enfants à l'intérieur, pour tuer une seule personne. Ce n'est pas le jihad révolutionnaire, c'est du simple massacre". "Un combattant indien a tout résumé en disant: 'Ce n'est pas ça, le jihad. Ils m'ont fait nettoyer les toilettes...'"

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 05:44
Arnaud Mimran et Netanyahou à Monaco (Médiapart)

Arnaud Mimran et Netanyahou à Monaco (Médiapart)

Mafia du CO2: les nouvelles connexions d'Arnaud Mimran avec le clan Netanyahou

9 JUIN 2016 | PAR FABRICE ARFI

Des documents officiels montrent que le sulfureux millionnaire Arnaud Mimran a créé en Israël une société avec le député français Meyer Habib, homme de confiance de longue date de Benyamin Netanyahou. L'entreprise a été constituée juridiquement et domiciliée par le cabinet de l'avocat et confident du premier ministre israélien.

Ce n’est plus une relation, c’est un système. Des documents obtenus par Mediapart et Haaretz mettent en lumière des connexions nouvelles entre Arnaud Mimran et le clan du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, embourbé depuis plusieurs semaines dans le scandale de ses liens financiers et amicaux avec le millionnaire français.

Mimran est notamment soupçonné par la justice française d’être l’un des organisateurs du “casse du siècle”, la fraude aux quotas carbone, qui porte sur 283 millions d’euros le concernant avec ses complices présumés – le montant total de l’escroquerie s’élève à 1,7 milliard d’euros (au bas mot) détournés en moins de huit mois au nez et à la barbe de l’État.

Arnaud Mimran, contre lequel le procureur de la République a requis fin mai dix ans de prison ferme lors du procès du CO2 – jugement le 7 juillet –, est par ailleurs mis en examen à Paris dans un dossier criminel d’enlèvement, séquestration et extorsion de fonds en bande organisée ; et son nom est également cité dans plusieurs affaires de meurtre liées directement ou non au CO2, sans aucune mise en cause judiciaire à ce jour.

Depuis les premières révélations de Mediapart et Haaretz au mois de mars sur les liens entre Mimran et Netanyahou, le chef du gouvernement israélien a changé à trois reprises de version, montrant une extrême fébrilité sur le sujet. Ainsi, après avoir d’abord démenti bien connaître l’escroc présumé (malgré la publication de photos dévoilant leur proximité en vacances à Monaco), puis après avoir démenti la moindre relation d’argent entre eux, Netanyahou a fini par reconnaître avoir perçu 40 000 dollars de sa part au début des années 2000.

Mimran, qui a lui aussi varié dans ses déclarations au fil du temps, a d’abord parlé d’un versement d’un million d’euros puis, à la suite des démentis gênés de Netanyahou, a évoqué la somme de 170 000 euros et le paiement de voyages et vacances en France, à hauteur de 150 000 euros supplémentaires.

Une chose, en revanche, est certaine : Mimran apparaissait sous son seul prénom, dès 2002, dans le carnet secret des grands donateurs internationaux de Netanyahou, rédigé par l’actuel premier ministre en personne.

Mais les liens entre Mimran et la galaxie Netanyahou ne s’arrêtent en réalité pas là : Arnaud Mimran a créé en 2006, en Israël, une société baptisée Track Performance Ltd, dont il est l’unique dirigeant. Or des documents issus du registre israélien des sociétés concernant Track Performance dévoilent de nouvelles ramifications embarrassantes pour le premier ministre d’Israël, qui viennent confirmer et amplifier de premières informations diffusées en Israël par le quotidien économique Globes.

Au capital de cette société figure en effet le député français Meyer Habib (25 % des parts), à la fois ami d’Arnaud Mimran et intime du chef du gouvernement israélien dont il est, en France, le représentant personnel.

La société Track Performance Ltd, dont l’objet social est très flou (« agir dans toute activité légale »), a par ailleurs été montée juridiquement par le cabinet de l’avocat David Shimron, conseil et confident de longue date de Netanyahou. C’est d’ailleurs à son cabinet de Tel Aviv que l’entreprise est domiciliée. Interrogé, l’avocat affirme, sans autre forme de précision, qu’« il est possible qu’un ancien partenaire de notre cabinet ait fourni à Mimran des services juridiques ». « Mais cela n’a rien à voir avec M. Netanyahou », assure-t-il.

Parmi la liste des actionnaires de cette mystérieuse société se trouve également un certain Pierre Denain (10 % des parts), un autre ami d’Arnaud Mimran, dont le nom a, lui aussi, été cité dans la monumentale escroquerie au CO2. D’après les éléments bancaires découverts par la douane judiciaire française, Denain avait en effet versé depuis son compte HSBC aux États-Unis, le 9 janvier 2009, 350 000 dollars à Mimran, sur un compte ouvert à la Safra Bank.

Cette somme avait ensuite été investie directement par Mimran dans la fraude au CO2, d’après plusieurs documents judiciaires. Denain, qui a échappé à des poursuites, avait assuré aux enquêteurs avoir prêté de l’argent à Mimran pour le « dépanner », « à l’amitié », sans contrat ni garantie. Sollicité à plusieurs reprises, il n’a pas retourné nos appels.

Netanyahou dénonce une « persécution politique »

L’ex-femme d’Arnaud Mimran, Anna Dray, dont le père milliardaire, Claude, a été mystérieusement assassiné en octobre 2011 dans sa villa ultrasécurisée de Neuilly-sur-Seine, apparaît également dans le pacte d’actionnaires de Track Performance Ltd, à hauteur de 10 %.

Contactée, elle affirme pourtant n’avoir aucun lien avec cette société. « C’est très grave ! Je n’ai jamais rien signé. Je ne sais rien de cette entreprise », s’étouffe-t-elle à la découverte des documents. Anna Dray affirme réfléchir à d’éventuelles poursuites en Israël pour comprendre comment son nom a pu atterrir dans les statuts de Track Performance. Détail surprenant : d’après les éléments déposés au registre du commerce israélien, Anna Dray serait domiciliée au… Chili. « C’est bien simple : je n’y ai jamais mis les pieds », jure-t-elle.

Également interrogé au sujet de Track Performance, le député français Meyer Habib affirme qu’Arnaud Mimran« souhaitait [le] faire figurer dans cette société parce qu’[il] connaissait bien Israël ». « Mais, à ma connaissance, cette société n’a jamais eu la moindre activité, n’a jamais fait le moindre chiffre d’affaires, n’a jamais eu de compte en banque et, en toute certitude, ne m’a jamais rapporté le moindre centime », ajoute-t-il. Pas d’activité, pas d’objet social, pas de compte en banque, pas de chiffre d’affaires et encore moins de dividendes : c’est à se demander pourquoi Track Performance, qui n’a plus déposé aucun rapport d’activité depuis 2009 et n’a pas payé sa taxe annuelle, a été créée…

« Arnaud Mimran, qui, comme vous le savez était un ami, est issu d’une très honorable famille dont le père a été décoré en 2006 par le ministre du budget en personne à Bercy [Jean-François Copé – ndlr] », ajoute encore le député UDI. Le parlementaire franco-israélien oublie seulement de préciser que le père en question, Jacques Mimran, ancien numéro 3 du groupe Vinci, avait été le principal condamné en 2002 d’une affaire de corruption concernant le chantier du TGV Nord et qu’il a été, de ce fait, déchu en 2009 de l’ordre de la Légion d’honneur, reçue en effet des mains de Jean-François Copé trois ans plus tôt sous les ors de la République.

Proche de Mimran, qu’il a côtoyé de près pendant des années, Meyer Habib est depuis de longues années indissociable de Benyamin Netanyahou (voir ci-dessous la vidéo de soutien du second pour la campagne législative de 2013 du premier). Il est, pour la France, son double, son ambassadeur personnel. Et aussi l’un de ses généreux financeurs. Dans le carnet secret de ses donateurs, révélé dès 2011 par le journaliste israélien Raviv Drucker, Netanyahou avait également fait figurer aux côtés du nom d’Arnaud Mimran celui de Meyer Habib, bijoutier de profession. D’après ce document et des factures retrouvées par la presse israélienne, la société du député, le groupe Vendôme, avait même pris à sa charge au début des années 2000 d’onéreux déplacements et séjours de Benyamin Netanyhaou et sa famille en France. Ce que Habib dément.

Il ne dément pas en revanche être un point de contact important entre Mimran et Netanyahou. Selon des déclarations faites par Arnaud Mimran lui-même lors du procès du CO2 à Paris, puis à la télévision israélienne, l’organisateur présumé du “casse du siècle” avait ainsi fêté en 2009, dans un hôtel, avec Meyer Habib et Benyamin Netanyahou l’accession à la tête de l’État de ce dernier. Ni l’un ni l’autre n’ont infirmé à ce jour ces informations.

D’après des témoignages recueillis ces derniers jours par Mediapart, Mimran et Netanyahou se seraient à nouveau croisés en 2010 à Jérusalem à l’occasion de la bar-mitsva d’un fils de Meyer Habib. Interrogé sur ce point, le député français n’a pas souhaité répondre.

L’affaire Mimran est devenue en Israël un poison pour le chef du gouvernement, déjà très affaibli politiquement. Elle fait l’ouverture des journaux télévisés et des radios, elle est à la une de toute la presse. Sous la pression de députés d’opposition, le procureur général d’Israël a également décidé d’examiner le dossier pour voir s’il y a lieu d’ouvrir une enquête criminelle.

Lors d’un déplacement en Russie le 7 juin, Benyamin Netanyahou a été interrogé sur l’affaire, sous le regard presque amusé de Vladimir Poutine. Le premier ministre israélien a qualifié les révélations de la presse, en premier lieu de Mediapart et deHaaretz, de « persécution politique systématique ». « La montagne accouche d’une souris », a voulu convaincre Netanyahou qui, cerné par les affaires, ressemble de plus en plus à un Berlusconi ou un Sarkozy israélien.

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 06:19

Migrants : 320 morts dans le naufrage au large de la Crète

Le bilan du naufrage d'un bateau transportant plusieurs centaines de migrants et réfugiés la semaine dernière au large de la Crète s'est alourdi à 320 morts, selon une nouvelle estimation fournie le mardi 7 juin par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Au total, selon les autorités grecques, 342 personnes ont été sauvées en mer lors d'une opération menée vendredi matin à 75 milles au sud de la côte crétoise, et une dizaine de corps ont été repêchés.

Dans un premier temps, les témoignages de rescapés recueillis par la Grèce faisaient état d'un nombre total de 350 passagers environ. Mais d'après les récits recueillis par l'OIM auprès de survivants qui ont été conduits vers le port italien d'Augusta, 650 personnes environ avaient pris place à bord d’un bateau de 25 mètres parti d’Alexandrie en Égypte.

10 000 morts depuis 2014

Au mois d'avril, un bateau de migrants parti semble-t-il de Tobrouk en Libye avait déjà fait naufrage dans la même zone. Sur la base du récit des survivants, le nombre de victimes avaient été évalué à 500 morts et disparus. Quarante-et-un rescapés avaient été recueillis, originaires de Somalie, d'Éthiopie, d'Égypte et du Soudan.

Selon l'OIM, environ 206 000 migrants et réfugiés ont franchi la Méditerranée depuis le début de l'année, mais 2 809 sont morts noyés en tentant la traversée, contre 1 838 durant la même période de 2015. « L'année dernière était déjà la plus meurtrière jamais enregistrée », a souligné Joel Millman, un responsable de l’OIM. Cette année, la majeure partie des migrants décédés étaient partis des côtes nord-africaines, principalement de Libye mais aussi d'Égypte, a-t-il dit, alors que 376 décès ont été comptabilisés en mer Égée, entre la Turquie et la Grèce.

« Nous avons désormais enregistré 10 000 morts depuis le début 2014, quand ce phénomène de hausse des migrations par la Méditerranée a commencé. Ce seuil a été franchi ces derniers jours, ce qui est extrêmement perturbant », a déclaré pour sa part le porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) Adrian Edwards.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 11:37
Jérusalem, porte de Damas

Jérusalem, porte de Damas

Proche-Orient. Une conférence aux résultats mitigés

Pierre Barbancey, L’Humanité, lundi 6 juin 2016

L’absence de mécanismes coercitifs, le refus israélien et l’ambiguïté américaine jettent le doute sur les suites de la conférence de Paris sur le conflit israélo-palestinien. Une solution à deux États a été réaffirmée.

À l’issue de la Conférence internationale sur le Proche-Orient qui s’est tenue vendredi à l’initiative de la France, la communauté internationale a donc réaffirmé son soutien à la solution à deux États, israélien et palestinien, et a promis de tenter de convaincre les deux parties de reprendre les négociations.

Voilà pour l’affichage public. Car, en réalité, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a beau affirmer que « la perspective de deux États est en grave danger », que « nous approchons d’un point de non-retour au-delà duquel elle ne sera plus possible », l’initiative française paraît faible face aux enjeux et alors que l’occupation des territoires palestiniens est entrée dans sa cinquantième année.

Bien sûr, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a qualifié la réunion « d’étape très importante » et y voit un message clair. « Si l’on permet à Israël de poursuivre ses politiques de colonisation et d’apartheid en Palestine occupée, l’avenir sera à plus d’extrémisme et de sang versé, plutôt qu’à la coexistence et à la paix », a affirmé son secrétaire général, Saab Erekat.Mais Hanane Ashraoui, membre du comité exécutif de l’OLP, a été plus explicite. « La communauté internationale, si elle veut “établir une paix durable”, doit traiter les questions réelles que sont l’occupation militaire israélienne continue, l’impunité d’Israël, l’exceptionnalisme et le droit qui lui sont octroyés, le processus de colonisation qui s’intensifie, l’annexion continue et la colonisation de la terre et des ressources palestiniennes, et enfin le déni du droit à l’autodétermination, à la liberté et la justice du peuple palestinien. Faire porter également à chacun les responsabilités, c’est oublier la dissymétrie des forces entre le belligérant qui occupe et le peuple qui est occupé. C’est Israël qui est responsable de l’échec de la solution à deux États et il convient de traiter la question de cet unilatéralisme et de l’impunité dont il jouit. C’est un plan d’action global et efficace qu’il faut mettre en place, par étapes concrètes clairement définies, avec des termes de référence clairs qui garantissent la liberté et la souveraineté de la Palestine dans un cadre spécifique contraignant, avec l’objectif réel de mettre fin à l’occupation, ainsi que des mécanismes d’arbitrage, de surveillance et d’évaluation. Il faut aussi la volonté politique d’intervenir », dit-elle.

Le mépris affiché par le gouvernement israélien

Bref, sans réelles mesures coercitives, rien ne se fera. D’ailleurs, le mépris affiché par le gouvernement israélien est de bien mauvais augure pour la suite. « La réunion de Paris restera dans l’histoire comme n’ayant d’autre effet que de durcir les positions palestiniennes et d’éloigner les perspectives de paix », a lancé le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon. Comment ne pas voir que Tel-Aviv s’appuie également sur le flou de l’attitude états-unienne en la matière ? Interrogé sur l’appui qu’il apporterait à la conférence à la fin 2016, le secrétaire d’État américain, John Kerry, a répondu : « Je n’en ai encore aucune idée (...) je crois qu’il est bon de laisser des options ouvertes. » Très réservé sur le principe d’internationaliser le règlement du conflit, il a affirmé que « nous ne pouvons pas imposer une solution de l’extérieur, nous devons avoir des négociations directes et je vais continuer à encourager cela ». Ce qui n’est rien d’autre que la position israélienne et celle d’un gouvernement dominé par les colons et l’extrême droite.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 11:34
Marwan Barghouti: lettre de Desmond Tutu au comité Nobel de Norvège

Marwan Barghouthi : lettre de Desmond Tutu au Comité Nobel de Norvège

Desmond Tutu, mercredi 8 juin 2016

Au Comité Nobel de Norvège
Henrik Ibsens gate 51 0255
O
slo, NORVEGE

Par la présente, je propose la nomination de Marwan Barghouthi, dirigeant palestinien emprisonné, pour le Prix Nobel de la Paix.

Emprisonné une première fois à l’âge de 15 ans, Marwan Barghouthi a passé plus de 20 ans de sa vie dans les prisons israéliennes. Il fut le premier parlementaire palestinien à être kidnappé, en 2002. Nombre de ses collègues devaient suivre, presque la moitié du Conseil législatif palestinien ayant été arrêté ces dix dernières années.

L’arrestation de ces élus constitue une attaque flagrante contre la nation palestinienne, la démocratie et le droit. Depuis 1967, Israël a arrêté plus de 850 000 Palestiniens. C’est l’exemple le plus frappant dans l’histoire contemporaine d’arrestations arbitraires de masse. Dans sa volonté de briser un peuple qui, tout entier, réclame la liberté et l’indépendance, il a arrêté des dirigeants, des militants, des universitaires, des journalistes, des femmes et des enfants, des personnes âgées, des défenseurs des droits humains.

Les 7000 Palestiniens détenus aujourd’hui par Israël sont le reflet de l’emprisonnement de toute la nation et de la négation de ses droits par l’occupation, l’oppression et le blocus.

La libération des prisonniers palestiniens est un pré-requis pour la liberté du peuple palestinien.

La nomination de Marwan Barghouthi, symbole de la lutte du peuple palestinien pour la liberté, est un signal fort en faveur de la réalisation des droits inaliénables du peuple palestinien, y compris l’auto-détermination.

Il existe un consensus international autour de ces droits mais ils doivent être soutenus par des actes symboliques et pratiques qui entraîneront la fin de l’occupation comme étape indispensable pour accéder à la paix.

Marwan Barghouthi s’est battu pour la liberté et pour la paix. Il a émis une corrélation entre ces deux combats en déclarant que le dernier jour de l’occupation serait le premier jour de la paix.

Du fond de sa cellule il a initié le document des prisonniers, signé par les dirigeants palestiniens de tous bords politiques, qui constitue aujourd’hui encore la base des efforts déployés pour la réconciliation nationale et qui est le programme politique permettant d’atteindre l’unité, la liberté et la paix.

Marwan est aussi un partisan de la démocratie et des droits de l’Homme qu’il défend activement, y compris les droits des femmes, tout comme il défend le pluralisme, politique et religieux, dans une région et un monde qui manquent cruellement de tels partisans.

Bientôt la Palestine commémorera la Nakba qui, 70 ans plus tôt, entraina la dépossession et le déplacement du peuple palestinien et la négation de ses droits. La Palestine demeure aujourd’hui le symbole de l’échec de la communauté internationale à assumer ses obligations, à savoir respecter et faire respecter le droit international et établir la paix et la sécurité du monde.

J’en appelle aux membres du Comité Nobel norvégien afin qu’ils saisissent cette occasion de remettre sur le devant de la scène la question de Palestine et tous les appels pour une paix juste et durable. C’est un avenir que Marwan Barghouthi continue de prôner et pour lequel il agit malgré des années d’emprisonnement et d’isolement.

En 2013, une Campagne internationale pour la Libération de Marwan Barghouthi et de tous les prisonniers palestiniens fut lancée à Robben island par l’une des icones de notre lutte contre l’apartheid, Ahmed Kathrada, depuis la cellule du symbole universel de paix qu’est Nelson Mandela.

Avec 7 autres lauréats du prix Nobel de la Paix, j’ai décidé de soutenir cette campagne car elle reflète bien notre conviction que la liberté est le seul chemin vers la paix.

La Campagne est soutenue par 115 gouvernements un peu partout dans le monde, par 15 anciens chefs d’Etats ou de gouvernements, des parlementaires, des artistes et des intellectuels, des universitaires, des organisations qui défendent les droits humains, de même que par des milliers de citoyens sur la planète. Ce vaste soutien international connaîtra un essor encore plus grand si Marwan obtient le Prix Nobel de la paix.

J’espère que le Comité Nobel va prendre une décision courageuse qui nous rapprochera du jour où cette terre sainte, chargée d’une valeur symbolique absolument unique, cessera d’être le témoin vivant de l’injustice et de l’impunité, de l’occupation et de l’apartheid, et deviendra enfin le phare de la liberté, de l’espoir et de la paix.

Que Dieu vous bénisse.

Archevêque émérite Desmond Tutu Le Cap, Afrique du Sud, 6 juin 2016

Lu sur la lettre d'info de l'AFPS

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Marwan Barghouti : un destin à la Mandela ?

Sept députés belges ont appuyé la candidature au prix Nobel de la paix du leader palestinien emprisonné depuis 14 ans par Israël.

Caroline Hayek, L’Orient le Jour, mardi 7 juin 2016

On le surnomme le Mandela palestinien. Parce que cela fait déjà vingt ans qu’il est incarcéré dans les geôles israéliennes, dont les quatorze dernières années sans discontinuer, et trois en isolement, Marwan Barghouti est devenu l’incarnation de la résistance palestinienne et le premier parlementaire palestinien détenu par l’État hébreu. En octobre 2013, a été lancée la campagne internationale pour sa libération ainsi que celle des 7 000 autres prisonniers, dont 7 parlementaires, 400 enfants, 30 prisonniers pré-Oslo, 67 femmes, 20 journalistes, 750 détenus administratifs et des centaines de prisonniers malades.

Défenseur des droits de l’homme, avocat acharné du pluralisme palestinien, tant religieux que politique, Marwan Barghouti a été la figure d’un combat politique, durant toutes ces années en tant que parlementaire, depuis son élection en 1996 jusqu’à son arrestation en 2002. Il est apparu comme « une composante essentielle de notre identité et de notre destin », estime le diplomate palestinien, Majed Bamya, coordinateur général de la Campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens, interrogé par L’Orient-Le Jour. Le 18 mai dernier, sept parlementaires belges, appartenant à cinq partis différents, ont présenté la candidature du leader palestinien au prix Nobel de la paix. Cette première nomination européenne vient appuyer davantage la campagne en faveur de sa libération.

Marwan Barghouti, enfant de Kobar, près de Ramallah, naît en 1959. Alors adolescent, il s’engage dans le Fateh et cofonde le mouvement des jeunes du parti, les Chabiba, en Cisjordanie. À l’instar de Nelson Mandela, qui avait également formé le mouvement de la jeunesse au sein de sa faction politique, l’ANC.

Cette nouvelle nomination au prix Nobel de la paix, par des parlementaires belges, vient s’ajouter à plusieurs autres. En janvier dernier, Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la paix argentin, icône de la lutte pour la liberté contre les dictatures en Amérique latine et ancien prisonnier politique, a proposé le nom du leader palestinien. Le Parlement arabe a suivi, à l’unanimité, ainsi que le président de l’Union interparlementaire arabe et chef du législatif libanais, Nabih Berry.

« Personnage emblématique »

Ces soutiens sont le fruit du travail acharné des meneurs de la campagne internationale pour la liberté de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens. Cette campagne a été lancée le 27 octobre 2013 depuis la cellule de Nelson Mandela, par l’homme qui qui était à l’origine de la campagne Free Mandela, Ahmad Kathrada, avant de passer lui-même 26 ans dans les geôles de l’apartheid. Elle a, depuis, reçu le soutien de 8 prix Nobel de la paix (Jimmy Carter, Adolfo Perez Esquivel, José Ramos Horta, Desmond Tutu, Mairead Maguire, Jody Williams, Sherin Ebadi, Rigoberta Menchú Tum), 115 gouvernements et 15 anciens chefs d’État. Le soutien est notamment venu de centaines de parlementaires, d’artistes et d’intellectuels du monde entier. De leur côté, les lauréats tunisiens du Nobel 2015 lui ont remis symboliquement leur prix.

Gwenaëlle Grovonius, députée fédérale belge et présidente de la section Palestine de l’Union interparlementaire, est l’une des sept signataires ayant appuyé la candidature de Marwan Barghouti. « Pour moi, c’est un personnage emblématique de la résistance du peuple palestinien et tout à fait représentatif de la question plus large des prisonniers palestiniens », confie-t-elle à L’Orient-Le Jour. Engagée durant ses années d’étudiante en faveur de la cause palestinienne, Gwenaëlle Grovonius a, depuis son élection au Parlement belge en 2014, mené plusieurs actions en ce sens. « Pour l’instant, nous n’avons pas encore reçu de réaction de la part du Comité Nobel norvégien, mais même si cette candidature n’aboutit pas, le seul fait d’avoir réussi à mettre cette question en lumière et d’avoir mobilisé un grand nombre de parlementaires, tous partis confondus, pour soutenir cette action, est déjà un succès en soi », estime-t-elle.

Criminaliser la lutte

Figure de proue de la première intifada en 1987, pour laquelle il sera expulsé en Jordanie jusqu’en 1994 jusqu’à la signature des accords d’Oslo, puis de la seconde intifada en 2000, Marwan Barghouti devient l’une des personnalités politiques à abattre. Alors secrétaire général du Fateh en Cisjordanie, il est arrêté en 2002 par les forces israéliennes et il est condamné le 20 mai 2004 pour cinq meurtres, y compris pour avoir organisé l’attentat du Sea Food Market à Tel-Aviv en 2002, dans lequel trois civils ont été tués. Le 6 juin, Barghouti est condamné à cinq peines de réclusion à perpétuité pour les cinq meurtres et à 40 ans d’emprisonnement pour tentative de meurtre. Le président sud-africain a, lui aussi, dirigé l’aile armée de son parti lors de son arrestation et a toujours prôné le droit à la résistance, même par le biais des armes.

Pour Majed Bamya, Israël a arrêté Marwan Barghouti dans l’espoir de criminaliser la lutte du peuple palestinien. Refusant de se défendre, il a toujours clamé son innocence et a refusé de reconnaître la légitimité du tribunal israélien. Tout comme Mandela à l’époque. « Marwan a réussi à transformer son procès en procès de la puissance occupante », estime Majed Bamya.

Fort du soutien de la population, mais également d’une partie de la communauté internationale, le prisonnier le plus célèbre de Palestine est devenu au fil de ses années d’incarcération un artisan de l’unité, de la liberté et de la paix. La campagne de dénigrement menée par le gouvernement israélien n’a su empêcher la montée en puissance de ce personnage politique, considéré par certains comme le nouvel Arafat.

Alors que les chances de se voir remettre le prix Nobel de la paix augmentent au fil des semaines, le gouvernement israélien pourrait s’inquiéter de la popularité grandissante de son prisonnier numéro 1. Après dix années passées dans la cellule 28 de la prison de Hadarim, Marwan Barghouti a été transféré il y a deux semaines dans celle de Ramon, où il aurait été accueilli en héros par les autres détenus. Mais cinq jours plus tard, ses proches étaient sans nouvelles de lui, après un second transfert vers un lieu inconnu. Selon les informations recueillies par L’Orient-Le Jour, il serait désormais détenu dans la prison de Galbou, sous haute sécurité, et aurait été victime d’un transfert punitif.

Futur leader ? Dans le dernier sondage d’Awrad, l’un des instituts les plus importants de Palestine, Marwan Barghouti a été crédité d’une popularité inégalée et sans précédent de 82 % dans le territoire palestinien occupé, avec un taux de popularité plus fort à Gaza qu’en Cisjordanie. Toujours selon le sondage, « Marwan Barghouti est le leader le plus éligible, suivi de Mahmoud Abbas et d’Ismaïl Haniyé. Preuve que loin de l’avoir coupé de ses soutiens, l’emprisonnement de M. Barghouti a eu exactement l’effet inverse puisqu’il a renforcé sa légitimité aux yeux de la population palestinienne ».

« Marwan est en ces temps de division le symbole de l’unité palestinienne ; en ces temps où l’occupation semble invincible, un espoir de liberté ; en ces temps de fanatisme, d’extrémisme et de terrorisme, un artisan de paix, de pluralisme, de coexistence », estime Majed Bamya, selon qui Marwan Barghouti peut être le catalyseur d’une nouvelle ère du projet national palestinien. Ce dernier serait le seul capable de reconstituer une unité palestinienne à même de réconcilier Ramallah et Gaza.

La mobilisation des proches et des scènes nationale et internationale en faveur de la libération du leader palestinien fera-t-elle plier un jour où l’autre Israël, à l’heure où le gouvernement est plus à droite que jamais ? Sa détention arrangerait-elle certains hauts cadres du Fateh qui voient d’un mauvais œil les nominations au prix Nobel déferler ? Selon une source proche de l’Autorité palestinienne, même les concurrents de Marwan Barghouti, qui pensaient que sa présence en prison l’éliminerait de tout destin national, ont désormais compris qu’il est le choix du peuple. « Ils ont désormais commencé à se rallier à lui. Soit par conviction, soit par calcul », confie-t-elle.

Marwan Barghouti: lettre de Desmond Tutu au comité Nobel de Norvège
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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 16:32
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