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Les femmes font massivement face aux violences sexuelles sur le chemin de l’exil
"À la gare de Presevo en Serbie pour aller en Croatie, le 20 janvier 2016. © Reuters Les femmes fuyant leur pays sont toutes ou presque la cible de violences sexistes le long de leur parcours migratoire. Mediapart a documenté cette réalité qui suscite une relative indifférence. Dans les pays d'accueil, y compris en France, la réaction des pouvoirs publics est quasi inexistante."
http://www.france-palestine.org/Palestine-la-France-muette-jusqu-a-quand
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, vient de critiquer en termes nets la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée, appelant à un gel des constructions. La « frustration de Palestiniens s’accroît sous le poids d’un demi-siècle d’occupation et de paralysie du processus de paix », a-t-il dit en s’adressant au Conseil de sécurité lors d’un débat sur le Proche-Orient. Et de préciser que la poursuite de la colonisation « est un affront fait à la population palestinienne et à la communauté internationale (...) et soulève des questions fondamentales sur l’engagement d’Israël envers une solution à deux États ».
La réaction de B. Netanyahou ne s’est pas fait attendre : « Les commentaires du secrétaire général de l’ONU encouragent le terrorisme ». Et pour qui n’aurait pas compris : « Il n’y a aucune justification au terrorisme. Les assassins palestiniens ne veulent pas bâtir un État, ils veulent détruire un État. »
C’est avec la même arrogance que la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström s’était trouvée le 13 janvier « interdite de séjour » en Israël et en Palestine pour avoir demandé des enquêtes approfondies sur les nombreux décès de Palestiniens qui s’apparentent à des exécutions extrajudiciaires.
Réactions de la France ou des pays européens ? Rien à ce jour. On voit même au contraire des pays européens refuser jusqu’à la décision d’étiquetage des produits des colonies et laisser Netanyahou, sûr de son impunité, jouer la division de l’Europe.
A l’heure où tout semble bon pour donner des gages aux soutiens inconditionnels d’Israël dans notre pays, on aimerait savoir si la France choisit par son silence de désavouer Ban Ki-moon ou si elle se décide enfin à mettre en œuvre l’étiquetage des produits des colonies israéliennes qu’elle réclamait depuis longtemps. Elle ne saurait en rester là et devra, sauf à choisir de laisser pourrir la situation, se poser enfin concrètement la question des sanctions à mettre en œuvre pour éviter le pire que nous prépare l’équipe Netanyahou.
Le Bureau national
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Association France Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris
Syrie: «Ce qui se passe est simplement inimaginable»
"A l'arrivée d'un convoi humanitaire à Madaya, la ville plongée dans les ténèbres. © CICR Des dizaines de personnes sont mortes de faim dans les villes assiégées par diverses forces armées. Quatre villes ont pu être ravitaillées, dont Madaya, encerclée par les forces de Bachar al-Assad. Mais la polémique enfle sur cette opération au compte-gouttes et sur l'impuissance de l'ONU. 4,5 millions de Syriens vivent dans des conditions terribles dans des localités coupées du monde ou difficiles d'accès."
Rapport Oxfam : « Une économie au service des 1% »
http://www.politis.fr/articles/2016/01/rapport-oxfam-une-economie-au-service-des-1-10/
Le droit d’asile remis en question
L’Union européenne a annoncé le 15 décembre dernier la création d’un nouveau corps de police chargé de surveiller les frontières extérieures du continent. Un pas de plus dans une fuite en avant sécuritaire qui ne résoudra pas la crise des migrants.
par Benoît Bréville
" Plus d’un million de demandes d’asile ; des dizaines de bateaux accostant chaque jour sur les plages grecques ou maltaises ; un nombre record de morts en Méditerranée ; des pays qui envoient l’armée pour surveiller leurs frontières… D’une ampleur exceptionnelle, la vague migratoire de 2015 a sérieusement enrayé le fonctionnement de l’Union européenne. Entre les mois d’août et octobre derniers, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie ont toutes rétabli des contrôles à leurs frontières pour bloquer l’arrivée de réfugiés.
Depuis les attentats du 13 novembre à Paris, la France s’est jointe au mouvement, certains responsables politiques ayant fait des accords de Schengen, qui organisent la libre circulation des personnes entre les Etats signataires, l’une des causes de la tuerie.« Schengen est mort », a jugé M. Nicolas Sarkozy, président du parti Les Républicains. « L’absence de frontières nationales représente une folie criminelle », a ajouté Mme Marine Le Pen (Front national), tandis que M. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) réclamait « le rétablissement de nos frontières nationales pour éviter les infiltrations de djihadistes ». « Si l’Europe n’assume pas ses responsabilités, alors c’est tout le système Schengen qui sera remis en cause », a également menacé M. Manuel Valls.
Découverte de 71 cadavres en décomposition dans un camion en Autriche, émoi devant la photographie d’un enfant syrien échoué — parmi beaucoup d’autres — sur une plage turque : plusieurs drames ont émaillé l’année écoulée, semblant déclencher une prise de conscience collective, avant que l’intérêt se porte ailleurs. Les dirigeants politiques se sont indignés, puis ont incriminé les passeurs. Le ministre de l’intérieur français, M. Bernard Cazeneuve, a annoncé un « combat sans merci contre les filières de la traite des êtres humains », tandis que son homologue allemand, M. Thomas de Maizière, promettait de « lutter contre les bandes de passeurs criminelles qui font des affaires avec la misère".
Les frontières européennes ne sont pas fermées à l'immigration. En 2013, par exemple, les 28 Etats membres de l'Union ont accueilli légalement plus de 1,5 millions d'étrangers extracommunautaires. Chaque Etat décide de l'ampleur de ce flux en fonction de la conjoncture économique, de la situation démographique ou encore de la coloration politique du gouvernement.
En France, 209 782 titres de séjour ont été délivrés en 2014 - au titre du regroupement familial, à des étudiants, des travailleurs qualifiés, des saisonniers, ou encore des réfugiés -, soit seulement 13 000 de plus qu'en 2010.
Entre-temps, plusieurs pays du Proche-Orient et d'Afrique ont pourtant sombré dans des guerres civiles qui ont jeté sur les routes des millions de personnes. Dans l'impossibilité d'obtenir un visa, nombre d'entre elles franchissent illégalement les frontières européennes. Pour cela, elles doivent se cacher dans des camions, trouver des lieux d'hébergement provisoire, traverser la Méditerranée sur des esquifs clandestins, obtenir de faux documents, soudoyer des fonctionnaires corrompus. Autant d'opérations qui requièrent l'intervention de réseaux organisés".
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Statistiques des demandes d'asile en Europe en 2015:
En Serbie, 484 775 demandes
En Allemagne, 370 640 demandes: 42% de satisfaction
En Hongrie, 173 610 demandes: 9% de satisfaction
En Suède, 142 365 demandes: 77% de satisfaction
En Italie, 68 420 demandes: 58% de satisfaction
En Autriche, 66 360 demandes: 30% de satisfaction
En France, 56 290 demandes, 22% de satisfaction
Au Royaume-Uni, environ 35 000 demandes, 39% de satisfaction
En Finlande: 54% de satisfaction
Au Danemark: 68% de satisfaction
En Bulgarie: 94% de satisfaction
En Grèce: 15% de satisfaction
Le nombre de réfugiés arrivant par l'Europe en 2015:
Grèce: 821 000
Italie: 150 300
Bulgarie: 29 950
Espagne: 3850
En un quart de siècle, au moins 25 000 migrants et réfugiés sont morts en tentant de rejoindre l'Europe!
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"Depuis 25 ans, l'Union Européenne a multiplié les dispositifs pour barrer la route à l'immigration clandestine: base de données commune pour les polices européennes (Système d'information Schengen), création en 2000 d'un fichier d'empreintes digitales et lancement, en 2005, de Frontex, l'agence européenne chargée de surveiller les frontières extérieures à grand renfort d'hélicoptères, de drones, de navires militaires, de lunettes de vision nocturne et de détecteurs de battements cardiaques. D'après les calculs du projet Migrants Files (2), depuis 2000, l'immigration clandestine vers l'Europe a généré un chiffre d'affaires d'au moins 16 milliards d'euros pour les réseaux de passeurs. En quatorze ans, les Etats membres de l'Union ont dépensé 11 milliards d'euros pour expulser des sans-papiers et au moins 2 milliards pour renforcer leurs 14 000 kilomètres de frontières extérieures.
Ces chiffres restent très modestes comparés aux moyens mobilisés par les Etats-Unis pour sanctuariser leur territoire: 18 milliards de dollars par an, essentiellement concentrés sur 3140 kilomètres de frontière avec le Mexique, où a été érigé un mur haut de 5 mètres, garni de 1800 tours de surveillance. Derrière lui, s'activent 20 000 agents de sécurité, tous les 150 mètres.
Le politiste américain Peter Andreas a démontré que le perfectionnement des dispositifs de contrôle frontalier aux Etats-Unis avait augmenté le coût et la durée des voyages, le prix des faux papiers et les fonds nécessaires pour corrompre un fonctionnaire. Tout cela a entraîné une criminalisation croissante des réseaux de trafic de migrants, qui, peu à peu, se confondent avec ceux du trafic de drogue. Mais ce contrôle quasi militaire n'a pas dissuadé les candidats à l'exil, dont la motivation dépend essentiellement de la situation dans leur pays d'origine. Chaque année, 300 000 à 400 000 personnes continuent de franchir illégalement la frontière américaine.
Les guerres qui déchirent la Syrie, l'Irak, la Libye, l'Afghanistan, le Yémen, le Nigéria, la Somalie ou le Soudan poussent la population au départ, et ce flux s'intensifie à mesure que les conflits s'enlisent. Ces déplacés s'installent pour l'essentiel dans leur propre pays, ou dans les Etats limitrophes: à eux trois, le Liban, la Turquie, et la Jordanie accueillent près de 4 millions de Syriens. Seule une minorité tente sa chance en Europe. En théorie, ces citoyens de pays en guerre peuvent prétendre au statut de réfugié dans l'un des Etats membres de l'UE, tous signataires de la convention de Genève du 28 juillet 1951. En pratique, il est difficile de l'obtenir".
Ainsi, note Benoît Fréville, depuis les ambassades et consulats de France au Proche-Orient , seuls 712 Syriens ont obtenu en 2014 un "visa au titre de l'asile" pour rejoindre la France légalement et sans passer par les filières de passeurs, au risque de sa vie. "Un habitant de Homs parvenu à se rendre à Beyrouth pour solliciter un visa a très peu de chance de pouvoir quitter le Liban en règle". Depuis les camps gérés par le HCR en Turquie, au Liban, et en Jordanie, seuls 500 Syriens ont été admis en France en 2014.
Les Irakiens que la France devaient accueillir tardent à recevoir leurs papiers dans les ambassades et consulats en Irak alors que tout est près pour les accueillir. Les 24000 syriens qu'Hollande avait promis d'accueillir légalement comme réfugiés ne sont rien par rapport à 4 millions de réfugiés syriens, aux 450 000 Républicains espagnols accueillis entre 1936 et 1939 dans une France encore marquée par la crise de 29, aux 130 000 Vietnamiens, Cambodgiens et Laotiens accueillis dans les années 1970-1980.
" Or, les réfugiés se comptent par millions. La plupart d'entre eux doivent pénétrer clandestinement dans l'Union, au terme d'un voyage qui les aura d'abord menés à la frontière turco-syrienne, où sévissent des groupes djihadistes, ou dans une Libye ravagée par les milices. Seul le recours aux passeurs peut leur permettre de parvenir à bon port. Long, périlleux, physiquement éprouvant, ce parcours induit une sélection des migrants: il faut être jeune, robuste, déterminé, et venir d'un milieu suffisamment aisé pour payer le voyage. Les réfugiés actuels sont urbains et diplômés, 72% sont des hommes, 13% des femmes et 15% des enfants.
" Selon le règlement de Dublin II, adopté en 2003 par l'Union Européenne, ceux qui arrivent en Europe doivent déposer leur demande d'asile dans le premier pays où ils ont mis le pied. Cette disposition ignore la réalité des migrations, puisque nombre d'entre eux ne passent par l'Italie et la Grèce que dans l'espoir de parvenir dans un autre pays. Mais elle condamne aussi à l'illégalité tous ceux qui voudraient par exemple rejoindre un parent ou un ami en Suède, et provoque un profond déséquilibre territorial, l'essentiel des réfugiés arrivant bien sûr dans les Etats périphériques".
D'Espagne dans les années 2000, les flux de réfugiés se sont déplacés vers l'Italie et Malte, puis vers la Grèce, confrontée en même temps à une crise sans précédent liée aux politiques d'austérité imposées par l'UE.
La politique de l'UE vise à ce que les Etats d'Afrique et du Moyen-Orient garde leurs réfugiés contre des accords économiques, politiques, et d'admission facilitée de leurs ressortissants: ainsi l'UE s'est engagée à verser 3 milliards à la Turquie contre une sous-traitance du problème des réfugiés syriens et un contrôle strict empêchant les départs.
Il y a sept ans, le samedi 27 décembre 2008, Israël lançait son attaque contre la bande de Gaza, baptisée “Plomb durci” pour les besoins de sa « com ». Sous le prétexte de répondre à des tirs de roquettes intervenant en réponse à des assassinats « ciblés », l’armée israélienne déclenchait, à l’heure de sortie des écoles, une campagne de bombardements de grande ampleur qui faisaient dans la seule première journée 230 morts palestiniens. Cette attaque, doublée à partir du 3 janvier 2009 d’une opération terrestre, s’acheva le 18 janvier sur un bilan de 1 315 Palestiniens tués (dont 410 enfants) et 5 285 blessés, avec, côté israélien, 13 tués (dont 10 militaires) et 197 blessés (dont 103 militaires).
La résolution 1860 du Conseil de sécurité votée le 8 janvier appelant au cessez-le-feu demandait notamment que « l’aide humanitaire, y compris les vivres, le carburant et les traitements médicaux, puisse être distribuée sans entrave dans tout Gaza » et de « faire en sorte que les biens et les personnes puissent emprunter régulièrement et durablement les points de passage de Gaza ».
Elle ne fut jamais réellement appliquée.
Aux mêmes prétextes sécuritaires, une nouvelle opération “Pilier de défense” fut lancée le 14 novembre 2012 qui s’acheva le 21 novembre sur un bilan de 161 Palestiniens et 6 Israéliens tués. Là encore sans que le blocus ne soit levé.
Enfin, le 8 juillet 2014 une nouvelle opération “Bordure protectrice” fut lancée par Israël, la plus longue et la plus meurtrière, puisqu’elle se termina le 26 août par un cessez le feu et un bilan de 2 100 palestiniens tués (dont 75 % de civils), 76 israéliens tués (dont 73 militaires).
Seize mois après cette dernière opération, le blocus n’a toujours pas été levé et il empêche l’entrée dans la bande de Gaza des matériaux indispensables à la reconstruction des 19 000 immeubles d’habitation détruits en 2014.
Cela fait plus de huit ans que le peuple palestinien de Gaza, lui-même déjà composé d’une majorité de réfugiés, est soumis à un blocus inhumain. Un blocus qui pousse au désespoir une population active, éduquée, inventive, qui demande la liberté de vivre et se trouve enfermée sans même que nous puissions lui rendre visite. Un blocus qui impacte tous les aspects de la vie quotidienne, qui ruine l’économie, qui empêche les étudiants de poursuivre leurs études à l’étranger et les malades les plus gravement atteints de se faire soigner. Une politique qui sépare les familles palestiniennes depuis plus longtemps encore.
La population de Gaza a le droit de vivre, de se déplacer, d’échanger avec le reste du monde, et spécialement avec le reste du territoire palestinien dont elle est partie intégrante.
A l’opposé, le rapport 2015 de la Conférence des Nations unies sur le Commerce et le développement (Cnuced) à partir d’une analyse précise des données démographiques, économiques, sociales et politiques aboutit à la conclusion que Gaza sera invivable d’ici 2020 si rien ne change.
C’est dire l’urgence d’imposer à Israël la fin de ce blocus inhumain et désespérant. Au nom des principes élémentaires d’humanité, mais aussi dans leur propre intérêt, la France et les pays de l’UE doivent aujourd’hui se donner les moyens de l’exiger. Gaza doit enfin prendre toute sa place dans l’Etat de Palestine dont la reconnaissance par la France s’impose d’urgence.
Le Bureau national de l'AFPS