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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 11:37
Jérusalem, porte de Damas

Jérusalem, porte de Damas

Proche-Orient. Une conférence aux résultats mitigés

Pierre Barbancey, L’Humanité, lundi 6 juin 2016

L’absence de mécanismes coercitifs, le refus israélien et l’ambiguïté américaine jettent le doute sur les suites de la conférence de Paris sur le conflit israélo-palestinien. Une solution à deux États a été réaffirmée.

À l’issue de la Conférence internationale sur le Proche-Orient qui s’est tenue vendredi à l’initiative de la France, la communauté internationale a donc réaffirmé son soutien à la solution à deux États, israélien et palestinien, et a promis de tenter de convaincre les deux parties de reprendre les négociations.

Voilà pour l’affichage public. Car, en réalité, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a beau affirmer que « la perspective de deux États est en grave danger », que « nous approchons d’un point de non-retour au-delà duquel elle ne sera plus possible », l’initiative française paraît faible face aux enjeux et alors que l’occupation des territoires palestiniens est entrée dans sa cinquantième année.

Bien sûr, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a qualifié la réunion « d’étape très importante » et y voit un message clair. « Si l’on permet à Israël de poursuivre ses politiques de colonisation et d’apartheid en Palestine occupée, l’avenir sera à plus d’extrémisme et de sang versé, plutôt qu’à la coexistence et à la paix », a affirmé son secrétaire général, Saab Erekat.Mais Hanane Ashraoui, membre du comité exécutif de l’OLP, a été plus explicite. « La communauté internationale, si elle veut “établir une paix durable”, doit traiter les questions réelles que sont l’occupation militaire israélienne continue, l’impunité d’Israël, l’exceptionnalisme et le droit qui lui sont octroyés, le processus de colonisation qui s’intensifie, l’annexion continue et la colonisation de la terre et des ressources palestiniennes, et enfin le déni du droit à l’autodétermination, à la liberté et la justice du peuple palestinien. Faire porter également à chacun les responsabilités, c’est oublier la dissymétrie des forces entre le belligérant qui occupe et le peuple qui est occupé. C’est Israël qui est responsable de l’échec de la solution à deux États et il convient de traiter la question de cet unilatéralisme et de l’impunité dont il jouit. C’est un plan d’action global et efficace qu’il faut mettre en place, par étapes concrètes clairement définies, avec des termes de référence clairs qui garantissent la liberté et la souveraineté de la Palestine dans un cadre spécifique contraignant, avec l’objectif réel de mettre fin à l’occupation, ainsi que des mécanismes d’arbitrage, de surveillance et d’évaluation. Il faut aussi la volonté politique d’intervenir », dit-elle.

Le mépris affiché par le gouvernement israélien

Bref, sans réelles mesures coercitives, rien ne se fera. D’ailleurs, le mépris affiché par le gouvernement israélien est de bien mauvais augure pour la suite. « La réunion de Paris restera dans l’histoire comme n’ayant d’autre effet que de durcir les positions palestiniennes et d’éloigner les perspectives de paix », a lancé le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon. Comment ne pas voir que Tel-Aviv s’appuie également sur le flou de l’attitude états-unienne en la matière ? Interrogé sur l’appui qu’il apporterait à la conférence à la fin 2016, le secrétaire d’État américain, John Kerry, a répondu : « Je n’en ai encore aucune idée (...) je crois qu’il est bon de laisser des options ouvertes. » Très réservé sur le principe d’internationaliser le règlement du conflit, il a affirmé que « nous ne pouvons pas imposer une solution de l’extérieur, nous devons avoir des négociations directes et je vais continuer à encourager cela ». Ce qui n’est rien d’autre que la position israélienne et celle d’un gouvernement dominé par les colons et l’extrême droite.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 11:34
Marwan Barghouti: lettre de Desmond Tutu au comité Nobel de Norvège

Marwan Barghouthi : lettre de Desmond Tutu au Comité Nobel de Norvège

Desmond Tutu, mercredi 8 juin 2016

Au Comité Nobel de Norvège
Henrik Ibsens gate 51 0255
O
slo, NORVEGE

Par la présente, je propose la nomination de Marwan Barghouthi, dirigeant palestinien emprisonné, pour le Prix Nobel de la Paix.

Emprisonné une première fois à l’âge de 15 ans, Marwan Barghouthi a passé plus de 20 ans de sa vie dans les prisons israéliennes. Il fut le premier parlementaire palestinien à être kidnappé, en 2002. Nombre de ses collègues devaient suivre, presque la moitié du Conseil législatif palestinien ayant été arrêté ces dix dernières années.

L’arrestation de ces élus constitue une attaque flagrante contre la nation palestinienne, la démocratie et le droit. Depuis 1967, Israël a arrêté plus de 850 000 Palestiniens. C’est l’exemple le plus frappant dans l’histoire contemporaine d’arrestations arbitraires de masse. Dans sa volonté de briser un peuple qui, tout entier, réclame la liberté et l’indépendance, il a arrêté des dirigeants, des militants, des universitaires, des journalistes, des femmes et des enfants, des personnes âgées, des défenseurs des droits humains.

Les 7000 Palestiniens détenus aujourd’hui par Israël sont le reflet de l’emprisonnement de toute la nation et de la négation de ses droits par l’occupation, l’oppression et le blocus.

La libération des prisonniers palestiniens est un pré-requis pour la liberté du peuple palestinien.

La nomination de Marwan Barghouthi, symbole de la lutte du peuple palestinien pour la liberté, est un signal fort en faveur de la réalisation des droits inaliénables du peuple palestinien, y compris l’auto-détermination.

Il existe un consensus international autour de ces droits mais ils doivent être soutenus par des actes symboliques et pratiques qui entraîneront la fin de l’occupation comme étape indispensable pour accéder à la paix.

Marwan Barghouthi s’est battu pour la liberté et pour la paix. Il a émis une corrélation entre ces deux combats en déclarant que le dernier jour de l’occupation serait le premier jour de la paix.

Du fond de sa cellule il a initié le document des prisonniers, signé par les dirigeants palestiniens de tous bords politiques, qui constitue aujourd’hui encore la base des efforts déployés pour la réconciliation nationale et qui est le programme politique permettant d’atteindre l’unité, la liberté et la paix.

Marwan est aussi un partisan de la démocratie et des droits de l’Homme qu’il défend activement, y compris les droits des femmes, tout comme il défend le pluralisme, politique et religieux, dans une région et un monde qui manquent cruellement de tels partisans.

Bientôt la Palestine commémorera la Nakba qui, 70 ans plus tôt, entraina la dépossession et le déplacement du peuple palestinien et la négation de ses droits. La Palestine demeure aujourd’hui le symbole de l’échec de la communauté internationale à assumer ses obligations, à savoir respecter et faire respecter le droit international et établir la paix et la sécurité du monde.

J’en appelle aux membres du Comité Nobel norvégien afin qu’ils saisissent cette occasion de remettre sur le devant de la scène la question de Palestine et tous les appels pour une paix juste et durable. C’est un avenir que Marwan Barghouthi continue de prôner et pour lequel il agit malgré des années d’emprisonnement et d’isolement.

En 2013, une Campagne internationale pour la Libération de Marwan Barghouthi et de tous les prisonniers palestiniens fut lancée à Robben island par l’une des icones de notre lutte contre l’apartheid, Ahmed Kathrada, depuis la cellule du symbole universel de paix qu’est Nelson Mandela.

Avec 7 autres lauréats du prix Nobel de la Paix, j’ai décidé de soutenir cette campagne car elle reflète bien notre conviction que la liberté est le seul chemin vers la paix.

La Campagne est soutenue par 115 gouvernements un peu partout dans le monde, par 15 anciens chefs d’Etats ou de gouvernements, des parlementaires, des artistes et des intellectuels, des universitaires, des organisations qui défendent les droits humains, de même que par des milliers de citoyens sur la planète. Ce vaste soutien international connaîtra un essor encore plus grand si Marwan obtient le Prix Nobel de la paix.

J’espère que le Comité Nobel va prendre une décision courageuse qui nous rapprochera du jour où cette terre sainte, chargée d’une valeur symbolique absolument unique, cessera d’être le témoin vivant de l’injustice et de l’impunité, de l’occupation et de l’apartheid, et deviendra enfin le phare de la liberté, de l’espoir et de la paix.

Que Dieu vous bénisse.

Archevêque émérite Desmond Tutu Le Cap, Afrique du Sud, 6 juin 2016

Lu sur la lettre d'info de l'AFPS

Lire aussi sur L'Orient le jour:

Marwan Barghouti : un destin à la Mandela ?

Sept députés belges ont appuyé la candidature au prix Nobel de la paix du leader palestinien emprisonné depuis 14 ans par Israël.

Caroline Hayek, L’Orient le Jour, mardi 7 juin 2016

On le surnomme le Mandela palestinien. Parce que cela fait déjà vingt ans qu’il est incarcéré dans les geôles israéliennes, dont les quatorze dernières années sans discontinuer, et trois en isolement, Marwan Barghouti est devenu l’incarnation de la résistance palestinienne et le premier parlementaire palestinien détenu par l’État hébreu. En octobre 2013, a été lancée la campagne internationale pour sa libération ainsi que celle des 7 000 autres prisonniers, dont 7 parlementaires, 400 enfants, 30 prisonniers pré-Oslo, 67 femmes, 20 journalistes, 750 détenus administratifs et des centaines de prisonniers malades.

Défenseur des droits de l’homme, avocat acharné du pluralisme palestinien, tant religieux que politique, Marwan Barghouti a été la figure d’un combat politique, durant toutes ces années en tant que parlementaire, depuis son élection en 1996 jusqu’à son arrestation en 2002. Il est apparu comme « une composante essentielle de notre identité et de notre destin », estime le diplomate palestinien, Majed Bamya, coordinateur général de la Campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens, interrogé par L’Orient-Le Jour. Le 18 mai dernier, sept parlementaires belges, appartenant à cinq partis différents, ont présenté la candidature du leader palestinien au prix Nobel de la paix. Cette première nomination européenne vient appuyer davantage la campagne en faveur de sa libération.

Marwan Barghouti, enfant de Kobar, près de Ramallah, naît en 1959. Alors adolescent, il s’engage dans le Fateh et cofonde le mouvement des jeunes du parti, les Chabiba, en Cisjordanie. À l’instar de Nelson Mandela, qui avait également formé le mouvement de la jeunesse au sein de sa faction politique, l’ANC.

Cette nouvelle nomination au prix Nobel de la paix, par des parlementaires belges, vient s’ajouter à plusieurs autres. En janvier dernier, Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la paix argentin, icône de la lutte pour la liberté contre les dictatures en Amérique latine et ancien prisonnier politique, a proposé le nom du leader palestinien. Le Parlement arabe a suivi, à l’unanimité, ainsi que le président de l’Union interparlementaire arabe et chef du législatif libanais, Nabih Berry.

« Personnage emblématique »

Ces soutiens sont le fruit du travail acharné des meneurs de la campagne internationale pour la liberté de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens. Cette campagne a été lancée le 27 octobre 2013 depuis la cellule de Nelson Mandela, par l’homme qui qui était à l’origine de la campagne Free Mandela, Ahmad Kathrada, avant de passer lui-même 26 ans dans les geôles de l’apartheid. Elle a, depuis, reçu le soutien de 8 prix Nobel de la paix (Jimmy Carter, Adolfo Perez Esquivel, José Ramos Horta, Desmond Tutu, Mairead Maguire, Jody Williams, Sherin Ebadi, Rigoberta Menchú Tum), 115 gouvernements et 15 anciens chefs d’État. Le soutien est notamment venu de centaines de parlementaires, d’artistes et d’intellectuels du monde entier. De leur côté, les lauréats tunisiens du Nobel 2015 lui ont remis symboliquement leur prix.

Gwenaëlle Grovonius, députée fédérale belge et présidente de la section Palestine de l’Union interparlementaire, est l’une des sept signataires ayant appuyé la candidature de Marwan Barghouti. « Pour moi, c’est un personnage emblématique de la résistance du peuple palestinien et tout à fait représentatif de la question plus large des prisonniers palestiniens », confie-t-elle à L’Orient-Le Jour. Engagée durant ses années d’étudiante en faveur de la cause palestinienne, Gwenaëlle Grovonius a, depuis son élection au Parlement belge en 2014, mené plusieurs actions en ce sens. « Pour l’instant, nous n’avons pas encore reçu de réaction de la part du Comité Nobel norvégien, mais même si cette candidature n’aboutit pas, le seul fait d’avoir réussi à mettre cette question en lumière et d’avoir mobilisé un grand nombre de parlementaires, tous partis confondus, pour soutenir cette action, est déjà un succès en soi », estime-t-elle.

Criminaliser la lutte

Figure de proue de la première intifada en 1987, pour laquelle il sera expulsé en Jordanie jusqu’en 1994 jusqu’à la signature des accords d’Oslo, puis de la seconde intifada en 2000, Marwan Barghouti devient l’une des personnalités politiques à abattre. Alors secrétaire général du Fateh en Cisjordanie, il est arrêté en 2002 par les forces israéliennes et il est condamné le 20 mai 2004 pour cinq meurtres, y compris pour avoir organisé l’attentat du Sea Food Market à Tel-Aviv en 2002, dans lequel trois civils ont été tués. Le 6 juin, Barghouti est condamné à cinq peines de réclusion à perpétuité pour les cinq meurtres et à 40 ans d’emprisonnement pour tentative de meurtre. Le président sud-africain a, lui aussi, dirigé l’aile armée de son parti lors de son arrestation et a toujours prôné le droit à la résistance, même par le biais des armes.

Pour Majed Bamya, Israël a arrêté Marwan Barghouti dans l’espoir de criminaliser la lutte du peuple palestinien. Refusant de se défendre, il a toujours clamé son innocence et a refusé de reconnaître la légitimité du tribunal israélien. Tout comme Mandela à l’époque. « Marwan a réussi à transformer son procès en procès de la puissance occupante », estime Majed Bamya.

Fort du soutien de la population, mais également d’une partie de la communauté internationale, le prisonnier le plus célèbre de Palestine est devenu au fil de ses années d’incarcération un artisan de l’unité, de la liberté et de la paix. La campagne de dénigrement menée par le gouvernement israélien n’a su empêcher la montée en puissance de ce personnage politique, considéré par certains comme le nouvel Arafat.

Alors que les chances de se voir remettre le prix Nobel de la paix augmentent au fil des semaines, le gouvernement israélien pourrait s’inquiéter de la popularité grandissante de son prisonnier numéro 1. Après dix années passées dans la cellule 28 de la prison de Hadarim, Marwan Barghouti a été transféré il y a deux semaines dans celle de Ramon, où il aurait été accueilli en héros par les autres détenus. Mais cinq jours plus tard, ses proches étaient sans nouvelles de lui, après un second transfert vers un lieu inconnu. Selon les informations recueillies par L’Orient-Le Jour, il serait désormais détenu dans la prison de Galbou, sous haute sécurité, et aurait été victime d’un transfert punitif.

Futur leader ? Dans le dernier sondage d’Awrad, l’un des instituts les plus importants de Palestine, Marwan Barghouti a été crédité d’une popularité inégalée et sans précédent de 82 % dans le territoire palestinien occupé, avec un taux de popularité plus fort à Gaza qu’en Cisjordanie. Toujours selon le sondage, « Marwan Barghouti est le leader le plus éligible, suivi de Mahmoud Abbas et d’Ismaïl Haniyé. Preuve que loin de l’avoir coupé de ses soutiens, l’emprisonnement de M. Barghouti a eu exactement l’effet inverse puisqu’il a renforcé sa légitimité aux yeux de la population palestinienne ».

« Marwan est en ces temps de division le symbole de l’unité palestinienne ; en ces temps où l’occupation semble invincible, un espoir de liberté ; en ces temps de fanatisme, d’extrémisme et de terrorisme, un artisan de paix, de pluralisme, de coexistence », estime Majed Bamya, selon qui Marwan Barghouti peut être le catalyseur d’une nouvelle ère du projet national palestinien. Ce dernier serait le seul capable de reconstituer une unité palestinienne à même de réconcilier Ramallah et Gaza.

La mobilisation des proches et des scènes nationale et internationale en faveur de la libération du leader palestinien fera-t-elle plier un jour où l’autre Israël, à l’heure où le gouvernement est plus à droite que jamais ? Sa détention arrangerait-elle certains hauts cadres du Fateh qui voient d’un mauvais œil les nominations au prix Nobel déferler ? Selon une source proche de l’Autorité palestinienne, même les concurrents de Marwan Barghouti, qui pensaient que sa présence en prison l’éliminerait de tout destin national, ont désormais compris qu’il est le choix du peuple. « Ils ont désormais commencé à se rallier à lui. Soit par conviction, soit par calcul », confie-t-elle.

Marwan Barghouti: lettre de Desmond Tutu au comité Nobel de Norvège
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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 16:32
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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 05:30
fresque à Béthléem

fresque à Béthléem

Israël/Palestine : les enjeux de la conférence de Paris

Le vendredi 3 juin, Paris accueillera une conférence internationale afin de tenter de débloquer le processus de paix - mais peut-on encore employer ce terme ? - entre Israéliens et Palestiniens. Le but premier de cette conférence est de préparer le terrain, sur fond de promesses d’aide financière et de garanties sécuritaires, à des négociations directes entre Palestiniens et Israéliens.

Pascal Boniface, Mediapart, mardi 31 mai 2016

Seront ainsi présents John Kerry et Sergueï Lavrov, ministres américain et russe des Affaires étrangères, Federica Mogherini, en charge de la diplomatie de l’Union européenne, Ban Ki Moon, Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, ainsi que les ministres des principaux pays européens et arabes. Bref, un bel aéropage. Mais la réunion de toutes ces personnalités, représentants des plus grandes puissances, risque d’aboutir à un constat supplémentaire d’impuissance.

La tenue de cette conférence donne lieu à des sentiments ambivalents. On peut se féliciter de l’initiative française, qui refuse de laisser au point mort, dans une zone d’ombre, le dossier israélo-palestinien. Certes, la guerre civile en Syrie et l’État islamique sont des défis stratégiques plus brûlants et engendrant plus de victimes. Mais, contrairement à ce qu’essaie de faire croire le Gouvernement israélien et ses soutiens, la question israélo-palestinienne reste un sujet stratégique central dont l’importance dépasse largement le cadre régional.

La diplomatie française est moins active sur ce sujet qu’elle ne le fut dans le passé. Ce changement n’est d’ailleurs pas ultérieur à l’élection de Nicolas Sarkozy, qui revendiquait haut et fort son amitié pour Israël, ou de François Hollande, qui est revenu sur son engagement électoral de reconnaître l’État de Palestine, mais date de la fin du mandat de Jacques Chirac. Presque surpris par sa propre audace de s’opposer à la guerre d’Irak de 2003, la France avait adopté un profil bas dans les relations, tant avec les États-Unis qu’avec Israël, craignant les effets de la poursuite du French bashing aux États-Unis. Être moins actif qu’auparavant sur la question palestinienne faisait partie de cette stratégie. Mais, si la France est moins militante qu’auparavant, elle reste le pays occidental le moins inactif sur le sujet.

Il reste que cette conférence a peu de chances d’aboutir. La cruelle réalité est que Benyamin Netanyahou a affirmé très ouvertement à Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls, ministre des Affaires étrangères et Premier ministre français qui se sont rendus en Israël à deux semaines d’intervalle, qu’il s’opposait à l’initiative française. À la place, il propose des négociations directes entre Palestiniens et Israéliens. C’est un moyen de ne pas avancer, vu la disproportion des forces. Le Gouvernement israélien pense que le temps joue en sa faveur, que les Palestiniens s’habitueront à l’occupation et que la poursuite de la colonisation permet de grignoter les territoires palestiniens, rendant de fait impossible la solution à deux États. Netanyahou, à la tête du Gouvernement le plus à droite de l’Histoire Israël, dont de nombreux membres ont ouvertement affirmé qu’ils s’opposeraient à tout accord avec les Palestiniens, dit refuser tout « diktat international ».

Or, ni la France, ni la « communauté internationale », n’est prête à faire payer un quelconque prix de ce refus à Israël. Pourquoi, dès lors, changerait-il sa position intransigeante dont il ne subit aucune conséquence négative ? Netanyahou n’éprouve aucune crainte face aux autres puissances, et l’examen des évènements depuis qu’il est au pouvoir lui donne raison. Sa seule crainte provient des mouvements de l’opinion interne et notamment « Boycott DésinvestissementSanction », qui prend de l’ampleur.

En face, les Palestiniens, qui sont politiquement et géographiquement divisés, semblent démunis et désemparés. Les Israéliens continuent, année après année, de mettre en œuvre le principe de l’ancien Premier ministre, Yitzhak Shamir, au début des années 90 : nous sommes prêts à négocier le temps nécessaire, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à négocier.

Israël-Palestine: les enjeux de la conférence de Paris (Pascal Boniface, Médiapart - 31 mai 2016)
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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 05:20
Israël: le leader d'extrême-droite Avigdor Lieberman devient ministre de la défense (Le Monde)

L’ultranationaliste Avigdor Lieberman a été investi lundi 30 mai par le Parlement israélien comme ministre de la défense, un poste où il supervisera l’action dans les territoires palestiniens et où il a promis de se montrer « raisonnable » après des années de rhétorique agressive. Avec l’entrée de M. Lieberman, ce gouvernement est le plus à droite de l’histoire d’Israël selon les commentateurs.

La nomination du chef du parti d’extrême droite Israël Beitenou (« Israël notre maison »), et celle de Sofa Landver – membre de la même formation – au poste de ministre de l’intégration, a été approuvée par 55 voix contre 43 et une abstention, les 21 autres députés étant absents lors du vote.

Une coalition renforcée au Parlement

Après presque deux semaines de tractations et de revirements, le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a donc réussi, en intégrant Israël Beitenou dans la coalition gouvernementale, à porter de 61 à 66 voix la majorité ténue dont il dispose au Parlement (120 sièges).

M. Lieberman, malgré son manque d’expérience militaire, remplace donc à la défense Moshé Yaalon, considéré en Israël comme un avocat de la retenue envers les Palestiniens, qui vient de démissionner avec fracas. Connu pour ses diatribes anti-arabes et son populisme belliqueux, il se retrouve en position de numéro deux du gouvernement, avec une voix prépondérante sur le déclenchement des guerres, le conflit israélo-palestinien et l’administration des territoires occupés.

Avant ses négociations avec M. Nétanyahou, il accusait notamment le gouvernement de manquer de fermeté face aux attaques palestiniennes et lui reprochait de ne pas construire dans les colonies de Cisjordanie occupée.

Le premier ministre s’est voulu rassurant lundi, assurant que le retour de celui qui fut son mentor puis son ministre des affaires étrangères (2009-2012, 2013-2015) ne changerait pas les orientations gouvernementales.

L’Autorité palestinienne a dit voir dans le gouvernement israélien en gestation « une vraie menace d’instabilité et d’extrémisme dans la région ».

Lire aussi dans

la Tribune de Genève:

"La dérive ultranationaliste met Israël en ébullition" (Andrès Allemand, 30 mai 2016): démission de 2 ministres, un ancien général qui voit des similarités avec l'Allemagne Nazie. Séisme politique?

Coup sur coup, deux ministres israéliens viennent de démissionner en l’espace d’une semaine. Le second, Avi Gabbay, a annoncé ce vendredi matin qu’il quittait le cabinet de Benjamin Netanyahou, trop « extrémiste » après la nomination mercredi de l’ultranationaliste Avigdor Lieberman à la Défense. Une nomination pour élargir la coalition et ainsi disposer d’une majorité plus large au Parlement. Ainsi s’en va un représentant de Koulanou, unique parti centriste du gouvernement.

Le vendredi précédent, c’est Moshe Ya’alon qui claquait la porte pour les mêmes raisons. Ancien chef d’état-major, ce politicien conservateur, membre du Likoud comme Netanyahou, était outré de devoir laisser la Défense à un civil inexpérimenté et incendiaire. « Des éléments extrémistes et dangereux ont pris le pouvoir », a-t-il prévenu dans un discours au QG de l’armée à Tel-Aviv. Il dit avoir « peur pour l’avenir ».

« Graines de fascisme »

Ce n’est pas le seul. Soldat le plus décoré d’Israël, l’ancien premier ministre travailliste Ehoud Barak, qui fut aussi ministre de la Défense sous Netanyahou, estime que « le gouvernement a été infecté avec des graines de fascisme ». Quant à Moshe Arens, qui pour sa part fut en charge des armées à trois reprises, il voit un tournant majeur dans la politique israélienne : « Un séisme est en vue. Cela prendra peut-être un peu de temps, mais il arrive. »

Le très controversé Avigdor Lieberman vit dans une implantation illégale en Cisjordanie. Il veut réintroduire la peine de mort pour les terroristes palestiniens et appelle à décapiter les Arabes israéliens déloyaux. D’ailleurs, il estime que les Arabes citoyens d’Israël (20% de la population) forment une « cinquième colonne » et qu’il faudra qu’une partie soit transférée en territoire palestinien en cas d’accord de paix.

Ce n’est certes pas la première fois que le chef du parti Israël Beytenou (Notre Maison Israël) entre au gouvernement. Lieberman fut même en charge de la diplomatie israélienne entre 2009 et 2015. Mais à présent, il intègre une coalition déjà très à droite, le Likoud s’appuyant sur les ultraorthodoxes et les ultranationalistes. Par ailleurs, la Défense est le poste le plus important (et le plus sensible) après celui du premier ministre. Traditionnellement, il est confié à un ancien militaire expérimenté.

« Procédés nazis »

Mais il y a pire. Le retour spectaculaire de Lieberman ne ferait que confirmer la dérive ultranationaliste en Israël. Une dérive si inquiétante qu’elle rappelle à certains les débuts du nazisme. Le 5 mai, Journée de commémoration de l’Holocauste, le général Yair Golan, adjoint du chef d’état-major de l’armée, a osé la comparaison : « Ce qui m’effraie en repensant à l’Holocauste, c’est de connaître les procédés abjects utilisés en Europe en général - et en Allemagne en particulier - il y a 70, 80, 90 ans… et d’en voir des traces ici au milieu de nous, en 2016 ! »

Désavoué par le premier ministre, le général a été soutenu par Moshe Ya’alon (avant sa démission). L’ex-ministre de la Défense s’est déjà trouvé en porte-à-faux en mars quand il a condamné un soldat qui avait abattu d’une balle dans la tête un assaillant palestinien blessé qui ne représentait plus de menace. Netanyahou, lui, avait appelé le père pour lui assurer que son fils serait jugé équitablement. Et Lieberman ? Il n’y voyait pas du tout un crime.

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 19:21
Migrants/drames humains en Méditerranée: l'UE et les Etats-membres doivent respecter les droits humains (PCF)

Lettre des relations internationales du PCF - Spécial Migrants, mars 2016

Migrants/drame en Méditerranée : L'UE et les États-membres doivent respecter les droits humains

C'est une tragédie de plus qui s'est déroulée ces derniers jours en Méditerranée.

Des centaines de migrants dont au moins 40 enfants qui voulaient rejoindre les côtes italiennes en provenance de Libye ont disparu dans trois naufrages.

Le porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a déclaré : « la situation est chaotique, nous ne sommes pas sûrs des chiffres, mais nous craignons que jusqu'à 700 personnes se soient noyées, cette semaine ».

Les récits des survivants sont bouleversants. Ces nouveaux drames suscitent un profond sentiment de colère et de honte.

Les mesures prises de surveillance aéronavale se montrent impuissantes à éviter de tels drames, même si l'intervention de sauvetage de la marine italienne, de l'opération européenne Sofia, des ONG, et même des garde-côtes libyens, ont permis de sauver 5600 migrants la semaine dernière.

La seule réponse véritable pour préserver ces vies de femmes, d'hommes et d'enfants qui fuient guerres, violence et misère, et « casser » le trafic organisé par les passeurs, c'est, comme le réclament les ONG, d'ouvrir des voies légales et sécurisées pour leur passage des côtes libyennes vers l'Europe.

Jusqu'à quand, et jusqu'à combien de disparitions, l'UE et les États-membres persisteront-ils dans ce refus criminel qui conduit à de tels drames et à faire le lit des passeurs ?

La fermeture de la route des Balkans et l'accord honteux UE-Turquie de bloquer toute entrée par ces voies, multiplient les drames.

Le PCF réaffirme que l'UE et les États-membres se doivent d'abandonner cette politique d'Europe-forteresse et de s'engager au respect du droit international et droits humains pour accueillir ces réfugiés, mais également de ses propres valeurs fondatrices de solidarité, de respect de la dignité humaine. Les migrants ne sont pas des criminels.

Dans les pays du Sud de l'Europe comme la France, l'Italie, l'Espagne, de grandes et petites associations, des élus des villes et villages, des citoyens, sont prêts à accueillir des migrants… Leurs États doivent assumer leur responsabilité d'accueil et la France, parmi les premiers, lever tous les obstacles mis à leur venue.

Le PCF, le 31 mai 2016

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 05:10

"Libre-échange: avec TISA, les multinationales réclament un droit de veto sur les Etats"
WikiLeaks rend publics de nouveaux documents sur les négociations secrètes d'un accord sur les services (TISA). Ils révèlent comment les grands groupes cherchent à organiser leur irresponsabilité juridique et financière. Ils font pression pour obtenir la suppression de toute réglementation contraignante et avoir un droit de veto à l’avenir sur toutes les lois nationales.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 07:28
L'élection présidentielle en Autriche sonne comme un dernier avertissement (PCF)

L'élection présidentielle en Autriche sonne comme un dernier avertissement

Le candidat indépendant écologiste Alexander Van der Bellen remporte dans un mouchoir de poche les élections présidentielles en Autriche, contre le candidat d’extrême-droite Norbert Hofer. Le PCF salue le choix du peuple autrichien et la victoire de Van der Bellen contre le candidat du FPÖ.

Il partage le soulagement des progressistes en Autriche et en Europe d’éviter, in extremis, l’accession de l’extrême-droite à la tête d’un État pour la première fois en Europe depuis 1945.

Ce résultat du FPÖ ne peut être banalisé.

Ce scrutin est peut-être le dernier avertissement avant que l’extrême-droite ne soit en mesure de s’emparer de leviers de pouvoirs décisifs en Europe.

Après la percée d’afD aux élections régionales allemandes, et celle de l’extrême-droite aux élections législatives slovaques, et vu le niveau du Front national en France, ces élections montrent que les sentiments xénophobes et de repli identitaire travaillent une large part des populations européennes.

L'Union Européenne porte une lourde responsabilité. Il faut rompre avec l'austérité et l'autoritarisme.

L’heure est à la mobilisation de de toutes les forces de progrès pour répondre aux urgences démocratiques et sociales en Europe.

Quand, comme en Autriche, un chancelier social-démocrate gouverne avec la droite pour légitimer le discours de l’extrême-droite, cette dernière en tire des profits immédiats.

L’heure est à la construction de politiques qui s’appuient sur la justice, la solidarité et sur l’impératif de souveraineté des peuples.

Parti communiste français, 23 mai 2016.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 07:16
Eric Hazan

Eric Hazan

D’après Manuel Valls, «l’antisionisme est tout simplement le synonyme d’antisémitisme».

Ce propos n’est pas surprenant de la part d’un homme politique pour lequel «l’état d’urgence, c’est l’Etat de droit», et qui entend lutter contre le chômage en facilitant les licenciements.

Mais sérieusement, qu’est-ce au juste que «l’antisionisme ?»

Il y a deux réponses possibles.

La première, celle des dîners du Crif, repose sur deux assertions successives : l’Etat d’Israël parle au nom des Juifs du monde entier ; par conséquent, être «antisioniste», critiquer la politique israélienne, c’est dénigrer non seulement le gouvernement israélien, mais la population du pays et l’ensemble de tous les Juifs - c’est de l’antisémitisme.

Cette façon de voir occulte deux points essentiels : la grande majorité des Juifs vivent ailleurs qu’en Israël et parmi eux, nombreux sont ceux qui n’approuvent pas sa politique ; d’autre part, critiquer un gouvernement ne signifie nullement que l’on accuse la population du pays.

Non, condamner la politique coloniale d’Israël n’a rien à voir avec l’antisémitisme.

La deuxième réponse à la question qu’est-ce que «l’antisionisme ?» est d’ordre historique. Au début du XXe siècle, quand Theodor Herzl invitait les Juifs d’Europe à partir pour la Palestine, beaucoup d’entre eux s’y opposaient, notamment les ouvriers révolutionnaires polonais du Bund. Ils étaient antisionistes, les seuls peut-être à avoir mérité ce terme qui n’a plus guère de sens aujourd’hui.

Par la suite, dans l’entre-deux-guerres, la présence juive en Palestine étant un fait accompli, plusieurs intellectuels juifs de grand renom comme Hannah Arendt, Martin Buber ou Gershom Scholem dirent et écrivirent que cette présence ne pouvait plus être remise en cause, mais qu’il fallait surtout éviter que s’établisse une souveraineté juive sur la Palestine.

En octobre 1947, alors que le statut de la Palestine était encore en discussion à l’ONU, Arendt prit la parole devant la commission internationale chargée d’éclairer l’Assemblée générale, et plaida en faveur d’une fédération, d’un Etat binational sur le territoire de la Palestine mandataire. Aujourd’hui, les termes du débat sont les mêmes. I

l y a d’un côté ceux qui défendent un Etat juif souverain, le plus puissant et le plus homogène possible, qui travaille à judaïser tout le territoire de la Palestine historique en maintenant en sujétion ses habitants non juifs, les Palestiniens d’Israël et ceux des Territoires occupés.

Et de l’autre côté, il y a ceux pour lesquels les quelque 11 millions d’êtres humains habitant entre le Jourdain et la mer ont tous le droit de vivre en égaux dans un Etat commun. (On peut laisser de côté la solution des deux Etats, fiction destinée à faire accepter le statu quo).

Pour ceux, Juifs ou Arabes, qui soutiennent la création d’un tel Etat, la présence juive en Palestine ne se discute plus depuis longtemps, c’est la souveraineté juive qui est le cœur du litige. Le boycott d’Israël est pour eux un moyen d’en finir avec cette souveraineté. Les accuser de vouloir la «destruction d’Israël», d’être des antisémites, c’est utiliser une fois de plus Auschwitz pour légitimer la politique coloniale du gouvernement israélien.

Le boycott n’est pas une arme contre les Juifs israéliens.

Bien au contraire, il les aide à faire un jour partie intégrante de la région du monde où leurs aînés ont été autrefois conduits, à quitter leurs habits de colons pour devenir des égaux vivant enfin en paix dans un pays réconcilié.

Eric Hazan

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 07:00
Maison dite d'Ariel Shalon, un exemple symbolique de la politique de colonisation israélienne en plein cœur du quartier musulman du vieux Jérusalem

Maison dite d'Ariel Shalon, un exemple symbolique de la politique de colonisation israélienne en plein cœur du quartier musulman du vieux Jérusalem

Report de la conférence internationale sur le Proche-Orient : Une politique sous influence

Comment interpréter le report de la conférence internationale sur le Proche Orient prévue le 31 mai - d'abord à "l'été" puis finalement au 3 juin -, conférence initiée, avant son départ du Quai d’Orsay, par Laurent Fabius qui s’engageait en cas d’échec à ce que la France reconnaisse officiellement l’Etat de Palestine ?

Qu'en penser quand on sait que Jean-Marc Ayrault a annoncé "qu'en cas d'échec, la France renoncerait à la reconnaissance de l'Etat palestinien" dès les premiers jours de son entrée en fonctions.

L’opposition de B. Netanyahou, relayée en France par les fervents soutiens de la politique israélienne, la critique virulente du vote de la France de la résolution de l’UNESCO reprochant à Israël, puissance occupante, ses multiples violations du droits international et des droits humains à l’intérieur de la vieille ville de Jérusalem, les provocations de groupes religieux intégristes ont conduit, rapidement, le premier ministre Manuel Valls a désavoué l'ambassadeur de France à l'UNESCO, et l'Elysée à reporter la conférence.

François Hollande et Manuel Valls se sont donc pliés aux exigences d’un gouvernement d’extrême-droite, celui de Netanyahou. Le chemin vers la paix et la justice ne peut être pavé de renoncements ou de mensonges. Le Parti communiste français demande au gouvernement et au chef de l'Etat de mener au Proche Orient une politique s’appuyant sur le droit international, le respect des résolutions de l’ONU pour qu’enfin les Palestiniens voient leur Etat reconnu dans ses frontières de 1967 et avec Jérusalem Est pour capitale.

C'est la seule véritable façon d’assurer le respect des droits fondamentaux du peuple palestinien et la sécurité d’Israël.

Le PCF, 21 mai 2016

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