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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 05:35

 

Le régime de Nicolas Maduro ne reculerait ni devant le mensonge, ni devant les tripatouillages médiatiques, ni devant les manipulations multiples, nous assène-t-on quotidiennement. Un festival de « fake news » se tiendra même le 7 novembre prochain à Caracas. Le jury sera placé sous la présidence du quotidien espagnol « El País », celui-là même qui contrôle les éditions latino-américaines « Santillana », cette même entreprise qui fournit les manuels scolaires aux jeunes chiliens.

« El País », réticent depuis longtemps aux « fake news », préfère désormais s’impliquer et apporter une aide humanitaire aux peuples dans la misère. Le journal « El País » est en période d’apprentissage. Il a eu besoin de 7 mois pour publier une autocritique dans les médias de Tlaxcala. Le directeur espagnol du « País » a publié le 29 septembre 2019 (selon le site « Politika ») que l’information envoyée de Mexico était relative à une fausse nouvelle diffusée (à l’insu de son plein gré, sans doute) par « El País » en février dernier, il affirmait que le gouvernement vénézuélien « avait brûlé des camions d’aide humanitaire » à la frontière avec la Colombie. Cela nous rappelle les bébés roumains et le massacre de Timisoara.

L’information, envoyée depuis les bureaux mexicains du « País », fut légitimée par un éditorial du 25 février au sujet de « l’aide humanitaire au Venezuela ». « El País » affirmait : « Le régime a tombé le masque et montre son visage le plus répugnant, en brûlant des camions chargés de médicaments et d’aliments. » Le « Défenseur du lecteur », dans sa réponse, 7 mois plus tard, frise l’indécence et le ridicule en prétendant que les journalistes « étaient pris par d’autres informations d’importance », comme les coupures d’électricité au mois de mars dans ce même Venezuela. Le « Défenseur du lecteur » doit quand même présenter ses excuses au lectorat.

Le journal « El País », issu de l’antifranquisme tardif et de la « Transition » est aujourd’hui une sorte d’organe du PSOE, défenseur acharné du « système libéral ». Et tant pis si pour cela, il lui faut de nombreuses « fake news »... La liberté d’information fiable reste encore à conquérir. En Espagne comme en France.

 

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 05:23
Patrick le Hyaric avec Cindérella Bernard, Glenn Le Saoût, Vincent Doucet, le patron du bar restaurant C'est Ici sur le port de plaisance de Roscoff pour une réunion publique de campagne européenne sur les enjeux du Brexit en mars 2019

Patrick le Hyaric avec Cindérella Bernard, Glenn Le Saoût, Vincent Doucet, le patron du bar restaurant C'est Ici sur le port de plaisance de Roscoff pour une réunion publique de campagne européenne sur les enjeux du Brexit en mars 2019

Révisionnisme historique. Le déshonneur du Parlement européen
Jeudi, 26 Septembre, 2019

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.

 

Le Parlement européen a voté il y a quelques jours une résolution scélérate censée souligner l’« importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe ». En réalité, cette mémoire est bafouée ligne par ligne, laissant présager un « avenir » sombre pour l’Europe. Visant à mettre un trait d’égalité entre communisme et nazisme, ce texte mobilise des considérants qui sont chacun des modèles de propagande et de révisionnisme historique.

La signature du pacte germano-soviétique est ainsi obsessionnellement désignée comme cause principale du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Ce grossier raccourci historique permet d’absoudre cyniquement aussi bien le national-socialisme, son idéologie de mort et les régimes fascistes des années 1930 que l’atermoiement meurtrier et parfois connivent des chancelleries occidentales avec le nazisme, et la complicité active de puissances d’argent avec les régimes fascistes et nazi.

Silence est fait sur le traité de Versailles et ses conséquences. Aucun mot n’est consacré aux accords de Munich d’octobre 1938, ce « Sedan diplomatique » qui a livré les peuples européens au « couteau de l’égorgeur », ce « début d’un grand effondrement, la première étape du glissement vers la mise au pas », comme l’écrivait dans l’Humanité le journaliste et député communiste Gabriel Péri, fusillé par les nazis.

Tout le faisceau de causes mobilisées par des générations d’historiens pour tenter d’expliquer le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale est bazardé au profit d’une bouillie antirusse sans aucun égard pour le sacrifice immense des Soviétiques dans l’éradication du nazisme.

S’il ne fait aucun doute que le régime stalinien fut bel et bien un régime sanglant et criminel, il est moralement et historiquement inconcevable de faire de l’Union soviétique, de son armée et de tous ceux qui s’engagèrent avec elle, communistes de tous pays acteurs décisifs du combat libérateur, des équivalents des nazis et de leurs supplétifs collaborateurs, sauf à sombrer dans « l’obsession comparatiste », névrose idéologique dénoncée par l’historien Marc Ferro. Les communistes furent, dans de nombreux pays et avec l’appui de différentes forces, gaullistes et socialistes en France, les artisans du redressement national, créant un rapport de force qui permit l’édification d’institutions républicaines et sociales sur les cendres du nazisme et des collaborations. Est-ce un hasard si cet héritage fait parallèlement l’objet de violentes attaques dans tous les pays de l’Union européenne ?

Les pays d’Europe orientale furent, quant à eux, des points d’appui décisifs dans les combats anticoloniaux qui essaimèrent après guerre. Noyer dans le concept de totalitarisme des réalités historiques aussi dissemblables ne peut apparaître que comme une escroquerie intellectuelle. Une telle entreprise ne sert en aucun cas à poser un regard lucide et apaisé, pourtant indispensable, sur les contradictions, crimes et fautes des régimes influencés par le soviétisme et qui ont pris le nom de socialisme.

Cette résolution s’appuie sur un considérant aussi grotesque que l’interdiction formulée dans certains pays de l’Union de « l’idéologie communiste », semblant acter des dérives revanchardes des extrêmes droites du continent en incitant tous les États membres à s’y plier. Signe qui ne trompe pas, l’inféodation à l’Otan est ici désignée comme gage de liberté pour les peuples de l’Est européen.

Cette résolution fait la part belle au révisionnisme d’extrême droite quand les pays baltes sont désignés comme ayant été « neutres », alors que ces derniers ont mis en place bien avant le pacte germano-soviétique des régimes de type fasciste laissés aux mains de « ligues patriotiques » et autres « loups de fer », suscitant un antisémitisme viscéral qui connaîtra son apogée sanglant dans ces pays lors de la Seconde Guerre mondiale.

Incidemment, la Shoah, sa singularité intrinsèque, et les logiques d’extermination méticuleuses et industrielles du régime nazi sont fondues dans le magma des meurtres du XXe siècle et ainsi relativisées. L’odieuse équivalence entre nazisme et communisme permet d’exonérer les régimes nationalistes d’inspiration fasciste des années 1930 que des gouvernements et ministres actuels d’États membres de l’Union européenne célèbrent ardemment.

Viserait-on, par ce texte politicien, à réhabiliter ces régimes qui gouvernèrent de nombreux pays d’Europe orientale avant de sombrer dans la collaboration en nourrissant l’effort de guerre nazi et son projet d’extermination des juifs d’Europe ? Ce texte est une insulte faite aux 20 millions de Soviétiques morts pour libérer l’Europe du joug nazi, aux millions de communistes européens engagés dans la Résistance et les combats libérateurs, un affront fait aux démocrates alliés aux mouvements communistes contre nazis et fascistes, avant et après la Seconde Guerre mondiale.

Au moment où Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, propose de nommer un commissaire à la « protection du mode de vie européen », célébrant un culte que l’on croyait révolu à la pureté continentale, les thèses historiques révisionnistes des droites extrêmes et réactionnaires, qui ont de toute évidence inspiré ce texte, font leur entrée fracassante au Parlement européen. Pendant ce temps, aucun commissaire n’est nommé sur les questions d’éducation ou de culture…

Thomas Mann, vigie morale d’une Europe décomposée, écrivait : « Placer sur le même plan moral le communisme russe et le nazi-fascisme, en tant que tous les deux seraient totalitaires, est dans le meilleur des cas de la superficialité, dans le pire c’est du fascisme. Ceux qui insistent sur cette équivalence peuvent bien se targuer d’être démocrates, en vérité, et au fond de leur cœur, ils sont déjà fascistes ; et à coup sûr ils ne combattront le fascisme qu’en apparence et de façon non sincère, mais réserveront toute leur haine au communisme. »

Si l’expérience qui a pris le nom de communiste au XXe siècle ne peut être, pour tout esprit honnête, résumée à la personne de Staline ou à une forme étatique, tel n’est pas le cas du nazisme, intrinsèquement lié à un homme, à un régime. Et si le communisme propose un horizon d’émancipation universelle, quoi qu’on pense des expériences qui s’en sont réclamées, tel n’est pas le cas de l’idéologie nazie, qui se revendique raciste, réactionnaire et exclusive, portant la mort en étendard. Ces simples arguments de bon sens disqualifient l’odieuse comparaison de cette résolution.

C’est bien la visée communiste, dont nous maintenons qu’elle ne fut jamais mise en pratique dans les pays du bloc soviétique, qui est la cible de ce texte indigne et inculte, et avec elle, la possibilité d’une autre société. Que des voix sociales-démocrates et écologistes aient pu soutenir pareille résolution, mêlant leurs voix au Rassemblement national (ex-FN) et aux extrêmes droites continentales, est le signe désolant de la lente dérive d’une frange trop importante de la gauche européenne qui largue les amarres d’une histoire et d’un courant, ceux du mouvement ouvrier, dans lesquels elle fut elle aussi forgée, qui prête également le flanc aux pires tendances qui s’expriment dans le continent.

Demain, un maire, un élu, un député pourra-t-il se dire communiste sans enfreindre la docte délibération du Parlement européen ? Et l’Humanité pourrait-elle un jour passer sous les fourches Caudines de la censure imposée des droites extrêmes coalisées ? Ne plane-t-il pas là comme un parfum munichois, justement, face à une offensive idéologique dont certains pensent pouvoir se satisfaire en rasant les murs ?

Tous les démocrates, toutes les personnes attachés à la libre expression des courants qui se réclament du communisme et d’une alternative au système capitaliste devraient au contraire se lever contre cette inquiétante dérive qui nous concerne tous. Au risque d’y laisser eux aussi un jour leur peau.

Patrick Le Hyaric
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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 05:53
La guerre nucléaire est impossible. Vraiment ? (Jean-Pierre Tuquoi (Reporterre)

La possibilité d’une guerre nucléaire ? Personne n’y croit aujourd’hui, estime le philosophe Jean-Pierre Dupuy. Pourtant, dans « La guerre qui ne peut pas avoir lieu », il démontre que rien de solide n’empêchera le monde de sombrer dans une telle catastrophe.

L’auteur a eu la charité de prévenir son éditeur : le livre, son livre, « ne marchera pas ». Il ne figurera jamais parmi les bestsellers ; les ventes sont condamnées à rester confidentielles et l’on comptera sur les doigts de la main les comptes rendus. On n’invitera pas l’auteur à la télévision. Pourquoi ? Non pas que l’ouvrage soit mal écrit, verbeux, incompréhensible, trop long, trop court… C’est le contraire. Simplement, le sujet traité, la possibilité d’une guerre nucléaire, dans le monde actuel, « tout le monde s’en fout », estime le philosophe Jean-Pierre Dupuy. « Le sujet dont je traite ne passionne pas les foules », ajoute-t-il, parce que chacun est convaincu que la probabilité d’une guerre nucléaire est voisine de zéro. La bombe atomique n’a pas été utilisée pendant la guerre froide, une période d’affrontement idéologique extrême entre grandes puissances. Pourquoi le serait-elle aujourd’hui ? C’est une arme trop dévastatrice, est-on tenté de répondre. L’humanité n’a pas envie de se suicider. Dans les années soixante, des études étasuniennes évaluaient à 600 millions le nombre de morts qu’elle provoquerait. C’était avant l’entrée dans l’arsenal nucléaire de la bombe à hydrogène autrement plus puissante. Désormais, c’est en milliards qu’il faudrait compter. « Les chiffres sont si énormes qu’ils ne disent rien à personne », observe l’auteur avant de renvoyer à la « banalité du mal » d’Anna Arendt.

Les dirigeants politiques connaissent le prix d’un conflit nucléaire. Et les stratèges également, qui ont créé le concept de dissuasion sur lequel repose la paix mondiale depuis Hiroshima. En gros, le détenteur de la bombe atomique sait que s’il utilise l’arme atomique, il sera forcément la cible d’une riposte du pays agressé aussi dévastatrice sinon davantage. Donc, il s’abstient d’employer l’arme nucléaire. Le monde peut dormir tranquille.

L’histoire récente fourmille de ces escalades hasardeuses maîtrisées par miracle

Jean-Pierre Dupuy entend démontrer qu’aucun de ces arguments ne tient la route. À ses yeux, la menace d’une guerre nucléaire, loin d’avoir disparu, est « la plus importante » à laquelle nous restons confrontés. Donald Trump, qu’il cite avec gourmandise en exergue du livre, ne dit pas autre chose :

« Le monde n’a pas de défi plus important à relever (…). Personne ne veut en parler. Je crois, affirmait Trump dans une interview (mais le Trump du début des années 1990, bien avant son élection), qu’il n’y a rien de plus stupide que de croire que cela n’arrivera jamais juste parce que tout le monde sait que les armes nucléaires ont un immense pouvoir de destruction et qu’on va donc se garder de les utiliser. Quelle connerie [bullshit] ! »

Si une guerre nucléaire est déclenchée, prévient Jean-Pierre Dupuy, il ne faut pas croire que ce sera le fruit empoisonné de la décision d’un chef d’État. Aucun n’est assez fou pour désirer l’apocalypse. Lors de la crise de Cuba, qui vit les États-Unis et l’Union soviétique à deux doigts de s’affronter au début des années soixante, ni le président John Kennedy ni Nikita Khrouchtchev ne voulait d’un conflit nucléaire. Aujourd’hui, ni Donald Trump ni son homologue nord-coréen Kim Jong-un ne souhaite en venir au pire. Ils peuvent se traiter de « vieillard gâteux et impuissant » pour l’un, de « petit homme fusée » pour l’autre, ils savent jusqu’où ne pas aller.

Ce sera « par hasard », à la suite de la mauvaise interprétation d’un phénomène, ou d’un incident mineur déclenchant une cascade de conséquences non maîtrisées, que l’arme nucléaire sera utilisée. L’histoire récente fourmille de ces escalades hasardeuses maîtrisées par miracle. Jean-Pierre Dupuy en rappelle quelques-unes, dont certaines peu connues. En 1962, par exemple, un sous-marin soviétique croisant au large des côtes de Cuba fut repéré et encerclé par des bâtiments étasuniens — qui ignoraient qu’il était porteur d’engins nucléaires. Pour le contraindre à faire surface, ils lui envoyèrent des grenades sous-marines, conformément à un protocole de crise conclu entre les deux superpuissances. Sauf que le commandant du sous-marin ignorait tout du deal et que les communications avec Moscou étaient interrompues. Dans sa coque, où la température dépassait maintenant les 50 C, le commandant pouvait riposter en lançant ses engins nucléaires contre la flottille. Le commissaire politique donna son feu vert. Mais pas un troisième personnage, un officier d’un rang un peu moins élevé que le commissaire mais qui, hiérarchiquement, était au-dessus du commandant du sous-marin (il était chef d’état-major d’une flottille de sous-marins). Le submersible fit donc surface et l’incident en resta là. Que se serait-il passé en l’absence du troisième homme, qui se trouvait là un peu par hasard ? Peut-être a-t-on échappé à une guerre nucléaire ce jour-là.

Peut-on laisser des logiciels et des processus automatisés décider de l’avenir de milliards d’individus ?

Plus près de nous, il y a un an, un autre incident a manqué se terminer en catastrophe. Le 13 janvier 2018, les habitants de l’archipel d’Hawaï ont vécu 38 minutes d’enfer lorsqu’un message d’alerte a été diffusé (radio, internet…) leur annonçant qu’un missile balistique se dirigeait vers eux et qu’il ne s’agissait pas d’un exercice d’alerte. On imagine l’angoisse des habitants au fur et à mesure que les secondes s’égrenaient. Il s’est avéré plus tard que le déclenchement de l’alerte ne résultait pas d’une erreur grossière. Il avait été pris sur le fondement de vidéos mal interprétées. On était passé à deux doigts d’une catastrophe ! « On s’en est sorti grâce à la chance », a résumé à propos de ce type d’incidents l’ancien secrétaire étasunien à la Défense Robert McNamara, qui n’était pourtant pas un pacifiste.

Peut-on laisser des logiciels et des processus automatisés décider de l’avenir de milliards d’individus ? La doctrine nucléaire est à bout de souffle, conclut Dupuy et, de la même façon que les systèmes de déclenchement du feu nucléaire échappent de plus en plus à l’homme, la doctrine qui les sous-tend se délite peu à peu. Croit-on vraiment qu’un chef d’État dont le pays vient de subir une attaque nucléaire va riposter et ajouter du malheur au malheur ? Imagine-t-on qu’un bouclier antimissile peut sérieusement stopper 100 % des attaques de missiles alors qu’un seul d’entre eux peut rayer une capitale de la carte ?

Autant de questions embarrassantes qui passionnent le philosophe. Et qui devraient interpeller le citoyen. Le livre sera peut-être un succès — malgré le pessimisme de son auteur.

Jean-Pierre Tuquoi (Reporterre)

Source : https://reporterre.net/La-guerre-nucleaire-est-impossible-Vraiment

 

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24 septembre 2019 2 24 /09 /septembre /2019 14:50

L'EUROPE CONSERVATRICE FABRIQUE SA LÉGENDE

En fabricant artificiellement un véritable bréviaire de la mémoire historique, telle qu'elle l'entend, la majorité de l'Assemblée européenne annonce une chasse aux sorcières d'un type nouveau, pour faire simple, contre l'idéologie nazie et l'idéologie dite "communiste" inspirée de l'URSS d'hier en les mettant sur le même plan de rejet et de surveillance.

Qui remettait en cause les forfaits du stalinisme des années de plomb qui ont dévoyé l'idéal communiste ? Peu de gens, et surtout pas les communistes d'aujourd'hui. Mais cette façon de mélanger deux idéologies a pour but de créer la confusion et, surtout, de donner une interprétation négationniste de l'histoire.

Qu'on le veuille ou non ce sont les troupes soviétiques qui ont libéré Auschwitz et ce sont aussi elles qui ont changé le cours de l'histoire à Stalingrad en stoppant les troupes allemandes qui ont assassiné plus de 20 millions de soviétiques. Qu'on le veuille ou non ce sont les communistes allemands, et ensuite les autres, qui ont rempli les camps d'extermination nazis, ne l'oublions pas, et ce souvent aussi des communistes qui ont fait les frais des camps de Staline en Sibérie, sans compter des compagnons de Lénine qui ont été exécutés par le tyran.

Nous n'avons pas fini de décrypter les raisons qui ont permis le dévoiement de la révolution d'octobre mais nous avons fait le tour des horreurs nazies qui ont provoqué des dizaines de millions de morts dans le monde entier.

Cette manière expéditive de mettre dans le même sac deux idéologies bien différentes, particulièrement opposées, en les classant dans le pot du "totalitarisme" a pour but de créer en Europe un relais d'une guerre froide que Trump a déjà bien engagé aux USA.

En essayant de laver le cerveau des nouvelles générations, l'Assemblée européenne se livre à une entreprise de falsification grave de l'histoire.

Pour sauver le marché capitaliste, tout est bon, y compris la chasse aux communistes, en faisant semblant de s'attaquer aux résurgences du nazisme qui revient à la mode, au cœur même de l'Allemagne et dans toute l'Europe, notamment dans des pays comme la Pologne où le le Parti communiste et pourchassé et où les quelques israélites qui restent dans le pays ne sont pas à la fête.

S'acharner contre la mémoire communiste en prenant en exemple l'épouvantail des moustaches de Staline alors que partout ce sont les enfants plus ou moins directs du nazisme qui bousculent la démocratie parlementaire dans toute l'Europe, c'est déclarer la guerre tant à la vérité historique qu'à la liberté conscience dans une Europe qui n'est pas à l'abri du retour des monstres qui n'ont rien de communiste.

L’ARAC DENONCE UN VOTE DANGEREUX AU PARLEMENT EUROPEEN QUI MANIPULE L’HISTOIRE ET LA MEMOIRE

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Le Parlement européen a adopté (pour : 535 – contre : 66 –abstentions : 52), le 19 septembre 2019, une résolution sur« l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe ».
Cette résolution est grave et abjecte. Elle constitue l’aboutissement de la stratégie de révisionnisme historique prônée par l’Union Européenne.

Ce texte assimile fascisme et communisme. Il explique que l’origine de la seconde guerre mondiale serait… le pacte germano-soviétique.

Non le pacte germano-soviétique n’est pas la cause de la seconde guerre mondiale.

Les causes de la seconde guerre mondiale doivent être recherchées dans la complicité silencieuse qui a permis le développement du fascisme et du national-socialisme contre le mouvement ouvrier, la collusion des grands monopoles allemands avec Hitler. Elles sont à chercher dans le silence assourdissant qui a conduit les états d’Europe à abandonner l’Espagne Républicaine aux mains du fascisme, dans la lâcheté qui a conduit aux accords de Munich le 28 septembre 1938 entre Daladier, Chamberlain, Hitler et
Mussolini.

Cette résolution cherche à effacer la contribution décisive des communistes et des peuples de l’Union Soviétique à la défaite du fascisme nazi.

Cette résolution occulte la gravité de la barbarie nazie et la renaissance du fascisme aujourd’hui.

Il est important d’avoir une rigueur historique, nous la devons aux millions de victimes, à tous ceux et avant tout les communistes et le peuple Russe qui se sont battus pour arrêter et vaincre Hitler.

Mettre  sur le même plan et en les assimilant, le fascisme, le nazisme, le stalinisme et le communisme est une grossière simplification de la réalité.

Le fascisme favorisé et mis en avant a été le moyen trouvé par les capitalistes pour écraser les mouvements révolutionnaires des années 30 et sauver leurs systèmes. Le fascisme est la créature du capitalisme,
le moyen du repartage entre impérialistes du monde dans la guerre la plus violente de l'histoire.

Les communistes, au contraire, dans chaque pays d’Europe, ont organisé et animé une résistance héroïque contre le fascisme. Ils ont pu le faire grâce au large soutien populaire dont ils disposaient.

Présenter la Russie comme n’ayant souffert que du stalinisme (point 15 de la résolution), c’est nier l’ampleur des souffrances et des pertes subies par ce peuple, et par les soldats de l’Armée rouge (21 millions de morts), pour arrêter l’expansion nazie et permettre la libération de l’Europe.

Cette résolution, d’une extrême gravité, vise à ouvrir la voie l’interdiction des partis communistes, des forces progressistes et du mouvement syndical comme ce fut cas dès 1933 en Allemagne.

Avec
ce texte, le Parlement Européen veut empêcher toute révolte, toute contestation démocratique.

Le vote de ce texte est scandaleux et dangereux. Ceux qui l’ont voté portent une lourde responsabilité devant l’Histoire, ils font comme dans les années 30 le lit du fascisme.

Nous
n’acceptons pas la réécriture de l’Histoire sous peine de voir se reproduire les mêmes dangers. Réfléchir au passé pour construire le présent, implique d’avoir le courage et l’intelligence de regarder l’histoire de chaque peuple.

Villejuif, le 23 septembre 2019

Le texte
adopté par le Parlement européen : http://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2019-0021_FR

 

source : lettre électronique ARAC

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24 septembre 2019 2 24 /09 /septembre /2019 12:39

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les représentants des Etats, des journaux et des organisations progressistes du monde entier

Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,

Bienvenue à cette 84ème édition de la fête de la fête de l’Humanité dans cet espace dédié au dialogue et au débat entre les peuples du monde. 

Merci à vous d’honorer ce rendez-vous si précieux qui vise à consolider les liens qui nous unissent par delà les pays et les continents, par delà nos langues, nos coutumes et nos singularités. 

Des liens forgés au fil d’une formidable histoire qui n’a pas dit son dernier mot, celle de l’internationalisme bâti aux cours des deux derniers siècles entre les organisations ouvrières, progressistes, socialistes et communistes qui ont essaimé dans chaque recoin du globe.

Un internationalisme qui vise comme l’écrivait Jean Jaurès, l’illustre fondateur de notre journal,  à « réconcilier tous les peuples par l’universelle justice sociale ». « Alors vraiment, mais seulement alors, précisait-il, il y aura une humanité réfléchissant à son unité supérieure dans la diversité vivante des nations amies et libres. »

Alors que l’égoïsme des nations rivales s’affirme partout, nos journaux, l’Humanité chaque jour, l’Humanité Dimanche chaque semaine et notre site internet, font entendre une toute autre voix, celle de la solidarité, des luttes mondiales pour la paix, la démocratie, la justice sociale et environnementale.

Ces combats mis bout à bout forment la cohérence d’un monde de fraternité qu’il nous tarde de voir accoucher et pour lequel nous œuvrons inlassablement. 

Nos journaux vont vivre la voix des peuples du monde, loin des regards ethno-centrés ; font entendre la complexité des points de vue, à rebours des facilités répandues qui masquent souvent mal le sentiment de supériorité occidental. Ils refusent de suivre les injonctions diplomatiques pour faire vivre une voix indépendante, solidaire, combattive. 

Je tiens devant vous à remercier les journalistes des services internationaux de L’Humanité qui sont chacune, chacun, des ambassadeurs de nos titres, des journalistes aussi méticuleux dans leur travail qu’engagés à faire vivre la solidarité internationaliste.

Que vive est se développe des journaux comme les nôtres, que vive avec eux la fête que nous organisons chaque année, est un enjeu qui dépasse le cadre de nos lecteurs, amis et sympathisants. Je sais combien dans vos pays respectifs l’Humanité est lue, observée, attendue pour mener, avec sa spécificité de journal, les grands combats qui sont devant chacun d’entre nous. 

Permettez-moi tout d’abord d’avoir avec vous une pensée pour un ami, un camarade cher à nos cœurs, cher au cœur de millions d’africains qui nous a quittés il y a quelques semaines, Amath Dansoko. Le Mandela sénégalais comme on l’appelait là-bas, personnage central de la vie politique sénégalaise, dirigeant communiste et homme d’Etat, aura consacré son existence à la défense des intérêts de son peuple. Amath était un visiteur régulier de la fête de l’Humanité où il s’attachait à nouer des liens avec les militants communistes français et les organisations sœurs de nombreux pays. C’est avec émotion que nous célébrons aujourd’hui son souvenir en saluant l’ensemble de ses camarades du Parti de l’indépendance et du travail du Sénégal. 

Chers amis, 

Nous sommes, en quelque sorte, rattrapés par notre ambition internationaliste. Le capitalisme s’est depuis plusieurs décennies globalisé, fixant les enjeux de son dépassement à un niveau mondial.

Son emprise s’accélère à une vitesse inédite, et avec elle les désordres, les inégalités, les injustices.

Les entreprises transnationales d’une puissance de frappe supérieure à bien des Etats, dont les fameux ogres numériques à base nord américaine, répondent aujourd’hui d’un impérialisme économique violent et destructeur, adossé à des puissances étatiques dont la principale, les Etats-Unis, redouble d’ardeur, sous la présidence de M. Trump, dans sa volonté hégémonique. 

Le capitalisme est entré dans une nouvelle phase de son développement, qui génère de nouvelles contradictions. Il porte plus que jamais en lui la nuée qui menace de se transformer en orage. 

Financiarisé à l’extrême, profitant des paradis fiscaux qui pullulent pour voler les richesses produites par le travail, il ne veut plus répondre d’aucun des compromis que les peuples, avec et grâce à nos organisations respectives, étaient parvenus à lui imposer.

Dans sa folle dynamique, il saccage absolument tout, jusqu’à désormais menacer les conditions d’existence mêmes de notre commune humanité.

Les puissances rivales se réengagent dans une course frénétique aux armements, dont l’armement nucléaire, et les Etats-Unis poussent à l’escalade en sortant unilatéralement des traités qui encadraient depuis la guerre froide leur production.

Dans un même mouvement, la biodiversité s’effondre, le réchauffement climatique s’abat sur la planète, ses glaciers  se décomposent et provoquent une montée spectaculaire des eaux, les villes deviennent suffocantes, et les forêts s’exposent aux flammes destructrices. Ce sont désormais des cyclones d’une intensité toujours plus forte qui ravagent des pays entiers. Le dernier Dorian, a littéralement dévasté l’archipel des Bahamas avant de menacer la Caroline du Sud.  Et ce sont toujours les populations les plus fragiles qui subissent les terribles conséquences de ces phénomènes directement liés au réchauffement climatique. 2500 personnes sont à l’heure actuelle ont portées disparues aux Bahamas. Notre solidarité à leur égard est total et nous saluons les équipes de Secours Populaire français et des  autres associations humanitaire qui se ont immédiatement déployées sur place. 

En arrière plan s’étend la nébuleuse des extrême droites coalisées, accélérant la course aux armements comme le saccage de notre environnement, amplifiant partout la double exploitation de l’homme et de la nature.

Additionnées ces menaces n’en forment qu’une qui pèse sur la possibilité que se réalise un jour l’humanité. 

Face à l’urgence de la situation et l’extrême gravité des périls, il est vain de vouloir prioriser nos combats. J’ai la conviction qu’il faut, avec nos organisations respectives, les mener tous de front, lier le combat pour la paix à celui pour la dignité humaine, le combat pour la justice sociale au combat pour la justice environnementale.  

Karl Marx écrivait dans le Capital, je le cite, que « chaque progrès de l’agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses ressources durables de fertilité ».

Oui, nous l’affirmons, la lutte pour la défense de notre environnement et contre le réchauffement climatique est indissociablement lutte pour libérer les individus de l’emprise du capital, pour libérer les travailleurs de leur asservissement.

Lutter efficacement contre le réchauffement climatique, c’est mettre cet enjeu au cœur de nos réflexions, de nos actions pour la justice sociale, c’est démontrer dans nos actes que justice sociale et environnementale sont indissociablement liées, s’est faire surgir la dimension de clase des injustices environnementales et des effets du réchauffement climatique. 

Observons comment la jeunesse du monde s’empare de la lutte contre le réchauffement climatique, multipliant les initiatives qui, peu à peu, l’une après l’autre, interrogent les modes de productions et d’échanges, jusqu’à mettre en procès le capitalisme lui même.

Ici même, hier, une grande marche réunissant de nombreux collectifs, de nombreux jeunes, a déferlé dans les allées de la fête pour appeler au respect des conclusions de l’accord de Paris et des recommandations du GIEC.

Non, il n’y aura pas de lutte sérieuse contre le réchauffement climatique sans solidarité internationaliste des peuples. 

Il n’y aura pas de lutte conséquente contre le réchauffement climatique sans transferts de technologies des pays riches vers les pays les plus pauvres, des anciennes puissances colonisatrices vers les anciens pays colonisés, pour qu’ils puissent assurer souverainement leur développement sans être contraints à recourir massivement à la combustion des énergies fossiles.

Il est urgent et nécessaire de conjurer la menace en exigeant collectivement que les sommes colossales englouties par le surarmement soient utilisées pour assurer la transition énergétique et écologique. C’est nécessaire, c’est vital ! 

Chers amis, chers camarades,

Les traditions politiques et philosophiques qui nous unissent aujourd’hui comme chaque jour dans nos causes communes, font face à l’offensive mondiale des extrêmes-droites et des obscurantismes fanatiques.

Pas un continent n’est aujourd’hui épargné par  la contagion infectieuse des idées nationalistes, xénophobes et inégalitaires qui s‘enracinent dans le terreau des inégalités sociales et des mutilations démocratiques.  

Les puissances d’argent s’accommodent évidemment partout de cette tendance nouvelle, pariant parfois sur leur développement pour conserver leurs privilèges.  

La vieille Europe inquiète. Chaque année qui passe confirme la virulence du virus nationaliste, et chaque scrutin l’implantation des forces d’extrême-droite qui gouvernent désormais des puissances majeures du continent. Les résultats des dernières élections locales en Allemagne qui ont vu ressurgir les monstres du passé sonnent comme un dernier avertissement.

Malgré leurs contradictions, les forces d’extrême-droite discutent, s’entre-aident, construisent un projet politique appuyé par une frange toujours plus large des classes possédantes, appuyée par un redoutable appareil médiatique. 

Nous ne pouvons plus aujourd’hui laisser le venin néo fasciste s’emparer des classes populaires, de la jeunesse, paralyser ainsi l’ensemble de la société et condamner la perspective d’une unité populaire. 

C’est à la riposte que l’actualité nous oblige, chacune, chacun, individuellement et collectivement.

Une riposte contre tous les actes et propos racistes ou antisémites ; une riposte contre le nationalisme qui pervertit l’idée même de nation ; une riposte pour promouvoir l’égalité entre les êtres humains, entre les femmes et les hommes ; Une riposte pour fédérer le monde du travail et de la création, unir les forces sociales qui œuvrent au dépassement du capitalisme.  

Mais nous l’affirmons : le combat contre les extrêmes droites et obscurantismes ne pourra faire l’économie d’un combat résolu contre ses causes.  

Elles trouvent leur force propulsive dans le désarroi général que le capital en marche provoque en broyant les existences, en bloquant les perspectives politiques, en humiliant les peuples.

Cette offensive ne tombe pas du ciel. Elle s’appuie sur des structures et institutions que le capital s’est taillé sur mesure, au premier rang desquelles l’Union européenne telle qu’elle a été ficelée par les traités de Maastricht et de Lisbonne.

Mettant toute son énergie à imposer de violentes cures d’austérité dans tous les pays pour préserver les intérêts du capital, refusant la délibération démocratique des peuples qui la compose, instillant la concurrence entre nations et rejetant violemment toute forme de propriété sociale ou de service public, elle porte en elle la violence qui s’exprime dans toutes les sociétés européennes.

Cette construction européenne n’est au fond que l’expression des intérêts conjugués des classes possédantes de chacun des états qui composent l’Union, une machine à dépasser leurs contradictions pour garantir l’hégémonie des doctrines libérales les plus bornées. 

Il y a pourtant urgence à dépasser cette funeste construction oligarchique pour fonder une Union des peuples et des nations libres, souverains et associés, mettant en partage leurs savoirs, leurs potentiels industriels, leur capacité d’accueil des réfugiés. Une union promouvant avec les peuples du monde des accords commerciaux coopératifs et égalitaires, indexés non pas sur le taux de profit des multinationales mais sur l’emploi, le travail, les salaires, la défense de l’environnement, les droits sociaux, l’éducation et la formation. 

Oui la lutte contre les droites extrêmes et les obscurantismes est une urgente obligation.

Elle l’est ici comme elle l’est en Amérique latine où l’impérialisme américain n’hésite plus à renouer, comme il ya cinquante ans, avec les pires forces factieuses pour continuer de plier les peuples du continent  à son emprise, en Colombie où le fragile accord de paix a été déchiré par le nouveau président Ivan Duqué et où les progressistes et militants syndicaux sont à nouveaux pourchassés et assassinés. Au Brésil bien sûr qui vit des heures sombres, où on brûle la forêt comme on jette libertés et droits sociaux au feu.

Cette fête de l’Humanité avec ses dizaines de milliers de participants s’affirme comme un puissant maillon de la chaine internationale de solidarité pour libérer notre camarade Lula. 

Avec vous, nous crions, nous crierons : Lula livre !

Oui, libérez Lula pour libérer le peuple brésilien du sinistre Bolsonaro, nostalgique du fascisme et vulgaire provocateur ; pour libérer l’Amazonie des griffes de l’agro-business et de la bourgeoisie compradore, pour donner aux paysans sans terre, aux habitants des favelas l’avenir auquel ils ont droit.

Nous sommes fiers et honorés d’offrir avec cette fête de l’Humanité une puissante caisse de résonnance à ce combat décisif en accueillant cet après midi notre amie Dilma Roussef, la présidente du Brésil renversée par un complot mafieux, par l’alliance d’une justice corrompue et des intérêts des grands groupes capitalistes sous férule nord américaine.

Non l’Amérique latine n’est pas à vendre et ses peuples résistent avec vaillance à la contre offensive impérialiste. Ils résistent au Venezuela que d’aucun jurait perdu, mais dont le peuple refuse de tourner la page de la révolution bolivarienne et de s’offrir à l’oligarchie locale. 

Ils résistent à Cuba, cette vaillante île dont nous célébrons cette année les 60 ans de la libération. 60 ans de combats internationalistes, 60 années de résistance du David des Caraïbes face au Goliath nord-américain. Cuba qui continue d’écrire son histoire à l’encre du socialisme, de l’impertinence, du courage,  et continue de faire vivre, dans tout le continent sud américain, la voix de la paix et du dialogue, de l’écologie comme du droit à l’éducation, à la santé, à la culture. Nous sommes honorés d’accueillir parmi nous celui qui fut son ministre de la culture, dans un pays qui en regorge, pendant plus d‘une décennie, notre ami Abel Prieto. Et avec lui, avec vous, nous exigeons la fin de l’infâme blocus qui pèse toujours sur Cuba alors que M. Trump en promet un nouveau, plus dur, plus violent qui viserait à étouffer littéralement le peuple cubain et sa souveraineté.

Oui l’offensive des extrême-droite est une plaie mondiale qui trouve des ramifications jusqu’au Proche-Orient où le gouvernement israélien s’enfonce chaque jour dans la compromission avec l’obscurantisme, le suprématisme et le racisme. 

La manière dont le silence fut entretenu durant tout l’été en France sur les nombreux raids meurtriers des forces israéliennes à Gaza et en Cisjordanie nous fait honte.

Ce silence est une carte blanche laissée à M. Netanyahu pour amplifier l’ignoble colonisation des terres palestiniennes l’expropriation des paysans et habitants, espérant mettre un terme définitif à une solution à deux Etats en voulant annexer désormais le tiers de la Cisjordanie en la purgeant de sa population.

Les quelques officines qui exercent un chantage à l’antisémitisme sans relâche sur nos journaux et sur notre fête en raison de leur soutien à la cause palestinienne, devraient se faire modeste et rougir de honte. 

C’est bien M. Netanyahou qui pactise avec les évangélistes millénaristes et nord américains qui rêvent d’une terre sans juifs, avec les gouvernements européens, dont celui de M. Orban en Hongrie, portés par un antisémitisme viscéral qu’ils continuent de prodiguer à haute dose dans leur société, avec les monarchies théocratiques et islamistes du Golfe. 

Nous l’affirmons ici, l’ami des juifs comme des arabes, des israéliens comme des palestiniens c’est la paix, la seule paix adossée au droit international. 

Une inaccessible paix tant que continueront à croupir dans les geôles israéliennes les milliers de prisonniers politiques palestiniens, tant que notre ami Marwan Barghouti restera embastillé.

Nous avons l’honneur d’accueillir parmi nous M. Walid Assaf, Président de la commission de résistance contre la colonisation et le mur de séparation. Soyez assurés, M. le Ministre de notre totale et irréductible engagement aux cotés de votre peuple. 

Chers amis, 

Au cœur des actuelles contradictions s’affirment de nouvelles voix, de nouveau choix. Ces contradictions sont autant d’interstices dans lesquelles s’écrivent l’histoire, se cimentent les luttes. 

Les puissances capitalistes occidentales redoublent d’agressivité à mesure qu’est contestée leur hégémonie. Les peuples du monde aspirent partout à décider souverainement de leur destin, à un monde multipolaire dont l’Assemblée générale des Nations Unies forme l’embryon.

Ce sont ces peuples et ces nations qui ont approuvé il y a deux ans le Traité visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète, signé par 133 états. Ils tracent ainsi un chemin d’humanité alors que les braises du conflit entre l’Inde et les Pakistan, deux puissances nucléaires, reprennent feu, alors que l’Iran est poussé par l’incurie diplomatique des pays occidentaux à renouer avec l’enrichissement d’uranium au-delà des limites fixées et adoptées à Vienne il ya quatre ans. 

Dans ce monde nouveau est observé, jalousé, contesté l’incroyable développement de la Chine qui a produit des efforts surhumains pour permettre à plus d’un milliard d’êtres humains de sortir en quelques années de la grande pauvreté.

Oui la Chine est indispensable à l’existence d’un monde multipolaire, à un équilibre des forces gage de paix et de stabilité mondiale. Elle trace sa route en relevant de nombreux et colossaux défis, dont celui de la transition écologique d’un modèle de développement unique. 

Si des débats, des désaccords parfois, peuvent voir le jour, ils ne sauraient gommer l’estime pour un peuple qui a su vaillamment tourner la page de plusieurs siècles d’humiliation par les puissances occidentales. Nous sommes très attentifs au projet de route de la soie et vigilants à ce qu’il soit l’indispensable projet de coopération, respectueux de l’environnement et des peuples souverains dont le monde a besoin et que nous appelons de nos vœux.

Chers amis, chers camarades, 

Dans les désordres du monde, les plus fragiles, les plus vulnérables, les plus exploités font l’objet de toutes les humiliations et vexations. Ce sont ces exilés qui parcourent le globe, poussés par la seule et invincible volonté de vivre et qui, pour une infime minorité d’entre eux, demandent refuge à des pays européens qui tournent le dos aux principes moraux et politiques les plus élémentaires.

L’ONU prévoit le déplacement de 280 millions d’êtres humains liés à la montée des eaux d’ici quelques années si rien n’est fait pour conjurer le réchauffement climatique. A ceux là s’ajoutent les millions de déplacés par les guerres de proie atroces qui ravagent les pays africains comme le Proche et Moyen-Orient

Les démagogues de France et de toute l’Europe jouent sur les manipulations et les peurs au sujet des migrants.

Le cas du continent africain est éclairant à ce sujet. Les causes principales qui poussent des familles ou des jeunes sur les routes de l’exil sont connues : conflits, dictatures, chômage et absence de perspective. 

Mais savez-vous qu’il n’y a pas plus de migrations en Afrique que dans le reste du monde ? La migration touche moins de 3 % de la population du continent. Et l’immense majorité, plus de 90 % des migrants africains reste en Afrique ! Voilà la réalité située bien loin des idées reçues !

L’Afrique est un continent qui est confronté à des défis immenses bien sûr, mais qui bouge, qui lutte avec de formidables atouts, à commencer par sa jeunesse. 

C’est elle qui bouscule les scénarios établis, comme en Algérie ou au Soudan. Qui aurait pu croire il y a quelques mois encore que Bouteflika seraient démis par leurs peuples ? Que le peuple algérien se fédérerait au-delà de ses particularismes, de ses divisions entretenues, pour ébranler un système de pouvoir jugé confiscatoire ? Oui nous saluons de cette fête de l’Humanité le peuple algérien et toutes les forces démocratiques qui concourent à écrire les nouvelles pages d’un peuple vaillant, libre, déterminé à faire vivre la justice sociale et l’égalité. 

Nous saluons le peuple soudanais parvenu à s’extirper des griffes de son dictateur sanguinaire et soutenons de toutes nos forces son aspiration à la liberté. Cette si fragile aspiration au moment où le pouvoir militaire cherche avec l’appui des monarchies du Golfe à rejouer la partie.  

Ces deux événements majeurs sont le signe d’une profonde aspiration à gagner des espaces de liberté, de démocratie et de droits en Afrique, des jeunesses africaine à prendre la main sur leur destin. Les dictateurs peuvent s’en inquiéter et les progressistes se solidariser pour chasser les autocrates au Togo, au Cameroun, en Côte d’ivoire au Tchad, au Congo ou à Djibouti… 

A ce propos, permettez-moi de  faire un salut fraternel à notre ami et camarade Mohamed Kadamy, ici présent, leader du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie à Djibouti, réfugié politique en France depuis deux décennies. Il a été mis en examen ici même le 13 février dernier, à la demande des autorités Djiboutiennes. Pour d’obscures raisons, les autorités françaises seraient tentées de livrer un opposant, protégé par le statut de réfugié politique. Ce serait un insupportable coup porté aux droits humains et au statut de réfugié. Notre solidarité doit s’amplifier avec Mohamed Kadamy pour le protéger face à un régime dictatorial. 

Chers amis,

L’Afrique est au carrefour de l’impérialisme mondial et victime du libre-échange imposé à marche forcée. Les fameux Accords de Partenariats Economiques mis en place par l’Union européenne vont fragiliser toujours plus les économies locales, laissant libre court à la loi du plus fort.

Il faut faire face à ce chaos libéral qui déstructure les sociétés africaines, et qui impose un modèle économique cruel, de pillage du sol et du sous-sol, de prédation des ressources et d’exploitation des hommes. Il favorise la pauvreté, les inégalités et amplifie les maux que nous connaissons ici, et qui en Afrique s’en trouvent démultipliés, avec la destruction des écosystèmes, de la biodiversité, et des niveaux de pollutions jamais atteints. Dorénavant, sur le continent africain on meurt davantage des conséquences de la pollution de l’air que de la faim.

Le chaos libéral vient nourrir un terreau favorable aux conflits et aux déstabilisations. Il est le terrain de jeu des multiples entrepreneurs de la violence qui essaiment, de la Centrafrique à la République Démocratique du Congo, de la Libye au Golfe de Guinée.

Le Sahel en est le symptôme le plus évident. Après la guerre destructrice contre la Libye, l’intervention militaire française comme seule réponse au Mali et dans la sous-région tourne à l’échec. Certes, la présence militaire vise une domination politique et donc économique. Mais à quel prix ! Le Mali se fragilise de plus en plus, le Burkina est dans la tourmente. 

Il apparaît évident que l’opération Barkhane ne peut être la solution. Des voix diverses et de plus en plus nombreuses s’élèvent pour demander de créer les conditions du départ de la présence militaire française. Les solutions sont ailleurs, singulièrement dans la réponse aux immenses défis sociaux, économiques, environnementaux.

Oui, les pays de la bande sahélienne ont besoin de sécurité. Il faut pour cela sécuriser la vie, mettre en place une protection sociale solidaire et un système de retraites adaptés aux réalités africaines, un nouveau modèle agricole, lutter contre l’évasion fiscale, développer des services publics, développer des industries qui bénéficient du transfert de technologies pour pouvoir répondre aux immenses besoins des populations.

Pour que les pays et les peuples africains aient les moyens concrets d’atteindre ces objectifs il s’agit, ici comme là-bas, de mettre en œuvre des logiques de coopérations radicalement différentes à celles qui prévalent aujourd’hui.

Chers amis, chers camarades

Je crois, à travers ces quelques mots, avoir tracé avec vous de nouveaux chemins d’humanité. Les enjeux soulevés sont nombreux, colossaux, inquiétants. Mais dans ses contradictions, le moment fait naître de nouveaux terrains de batailles et ouvre de nouveaux possibles. Ils s’ouvrent aux Etats-Unis avec de nouvelles forces démocratiques, ils s’ouvrent au Maghreb,  en Afrique.

Ils s‘ouvrent par le dialogue qui s‘instaure au sein de l’assemblée générale des Nations-Unies, cette conquête décisive qui doit être protégée malgré ses failles et insuffisances. 

C’est à l’indépassable unité populaire dans nos pays respectifs qu’il nous faut œuvrer face à la prédation oligarchique, aux prébendes actionnariales, aux désastres environnementaux.

C’est par le combat universel pour la liberté et la justice sociale, pour l’égalité que se fraieront les nouveaux chemins d’humanité.

C’est par la solidarisation patiente des travailleurs du monde entier que s’évanouiront les divisons instillées par le grand patronat et les forces d’argent.

Nous formulons le vœu que cette fête de l’Humanité puisse permettre de raffermir vos liens, nos liens pour qu’ensemble, nous pussions œuvrer à l’émergence du monde de justice, de paix, de fraternité qu’attendent de si nombreux peuples de notre commune humanité.

Je vous remercie de votre attention. 

 

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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 06:57

ESPAGNE
LE BATEAU IVRE ?

La situation espagnole m'inspire une pensée qui n'engage que moi. Sanchez, leader du PSOE, a, en fait, refusé de créer, contrairement aux socialistes portugais, dans un autre contexte, une coalition de gauche avec IU-Podemos. C'est clair, parce qu'il avait toutes les cartes en mains pour trouver une solution.

C'est un choix politique qui en dit long sur les pressions de la finance sur les gouvernances, dans toute l'Europe. Sanchez a pris un risque en faisant le pari de se retrouver seul à pouvoir gouverner l'Espagne en soufflant le chaud et le froid sur tous les dossiers, régionaux et sociaux. En fait il tente de faire en sorte qu'en Espagne on ait à choisir uniquement entre les conservateurs nostalgiques du Franquisme et lui. Cela rappelle ce que nous connaissons en France.

Bien sûr, il est hors de question de comparer, au-delà de cette constatation, la situation espagnole et française. Cela dit, l'Espagne n'est pas prête d'être gouvernée à gauche et les Catalans risquent bien de se retrouver bientôt avec un article 155 version Sanchez, si on se réfère à son dernier discours où il fustige les "privilégiés" de Barcelone.

C'est mal connaître cette région où le salaire moyen est à moins de 1000 euros. Bien sûr, il y a de la richesse, mais elle vient d'un patronat puissant et dominateur, à l'image de celle qui assiste au mariage de Valls, de capitaux étrangers qui se déversent sur Barcelone et la Costa Brava pour concentrer à la fois le luxe et la spéculation immobilière touristique et affairiste. Les Catalans n'en voient que peu de retombées qui sont partagées sans heurt avec ceux qui viennent du reste de l'Espagne pour survivre avec les miettes précaires en étant obligés, comme dans toute l'Espagne, de faire plusieurs petits boulots pour ne pas tomber dans la grande misère.

Ce que l'on peut espérer, c'est que la droite ne profite pas de la situation pour reprendre le pouvoir et que l'opposition de la gauche dite "radicale" renforce ses positions. C'est loin d'être gagné mais c'est la seule solution pour que l'Espagne ne rejoigne pas la cohorte des pouvoirs qui imposent aux citoyens la soupe libérale décomplexée et autoritaire.

Un petite lumière dans le paysage. Les Catalans indépendantistes, qui redoutent l'isolement, commencent à comprendre qu'il serait temps de s'intéresser à la situation sociale de la région et sortir d'une vision contreproductive de leur propagande (ici on est mieux que dans le pays d'à côté, entendu l'Espagne...).

Ils semblent vouloir donner un contenu plus réceptif aux aspirations populaires dans leur lutte pour une République qu'ils rêvent indépendante. Il n'est jamais trop tard pour bien faire.

On pourrait rêver dans la foulée d'un rapprochement entre toutes les gauches catalanes qui sont, ne l'oublions pas, les héritières d'un riche passé révolutionnaire, mais on n'en est encore très loin. En Espagne comme dans toute l'Europe, le temps des cerises est encore une vue de l'esprit, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas continuer à cultiver le jardin de cette belle idée partageuse qui n'aime ni les frontières ni les murs, fussent-ils virtuels.

Yvon Huet, 21 septembre 2019

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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 06:46
Fabien Roussel et Raoul Hedebouw

Fabien Roussel et Raoul Hedebouw

Le PCF et le PTB de Raoul Hedebouw unis pour une Europe des gens contre l'Europe du capital et de la xénophobie
Le PCF et le PTB de Raoul Hedebouw unis pour une Europe des gens contre l'Europe du capital et de la xénophobie

Le PCF et le PTB, Parti des Travailleurs Belges, en pleine phase ascendante, entretiennent des relations très suivies. Le parlementaire charismatique du PTB, Raoul Hedebouw, était en meeting contre l'évasion fiscale avec Ian Brossat et Fabien Roussel à la frontière franco-belge avant les Européennes, il était présent à la fête de l'Humanité et a pu débattre avec les communistes, comme d'autres dirigeants du PTB. Et ce week-end, c'était Fabien Roussel qui étaient en déplacement en Belgique pour la "Manifiesta".    

Ces échanges et cette relation de camaraderie entre les partis marxistes européens sont essentiels pour faire face à la double vague destructrice de l'ultra-libéralisme et du populisme d'extrême-droite.

Publication PCF Europe:

Fabien Roussel à la #Manifiesta en Belgique au côté de nos camarades du #PTB pour discuter des convergences entre la France et la Belgique notamment sur la lutte contre l'évasion fiscale, les retraites, le référendum aeroport de Paris, les services publics, les luttes sociales et écologiques... Bref des la nécessité de lutter ensemble contre ce système capitaliste pour remettre l'humain au coeur de la société ! #solidaritéinterntionale #PCFisback #convergencedesluttes

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20 septembre 2019 5 20 /09 /septembre /2019 14:37

 

Pour la première fois depuis 2009, la Réserve fédérale a dû intervenir en urgence sur le marché monétaire, en y injectant 130 milliards de dollars. Les responsables tentent de rassurer en expliquant qu’il s’agit d’un mauvais concours de circonstances. Les raisons semblent beaucoup plus profondes : le système financier croule sous trop de dettes à court terme.

Tous y pensent. Forcément. L’intervention en urgence de la Réserve fédérale américaine mardi 17 septembre sur le marché monétaire a ravivé de mauvais souvenirs. « Cela ressemble au scénario d’août 2007, quand les banques n’arrivaient plus à trouver d’argent sur les marchés », relève l’économiste spécialiste du monde financier, Laurence Scialom, professeur à l’université Paris Ouest.

Spontanément, l’ancien banquier Jean-Michel Naulot fait lui aussi le rapprochement avec août 2007, considéré désormais comme le début de la crise financière. « Jean-Claude Trichet [alors président de la BCE – ndlr] s’était félicité par la suite des interventions spectaculaires mises en œuvre pour enrayer la crise de liquidité. Il avait débloqué alors 90 milliards d’euros », se rappelle-t-il.

La FED a décidé d’agir de façon encore plus spectaculaire mardi. En une seule journée, elle a débloqué 53 milliards de dollars pour assurer les financements sur le marché monétaire. Dans la soirée, elle a annoncé qu’elle allait remettre 75 milliards de dollars mercredi pour stabiliser le marché.

C’est la première fois depuis l’automne 2009 que la banque centrale américaine est obligée de s’engager sur le marché monétaire pour ramener les taux d’intérêts à des niveaux plus supportables sur le marché du « repo » (repurchase agreement). Ce marché permet aux intervenants financiers (banques, fonds, hedge funds) de trouver l’argent dont ils ont besoin le temps d’une nuit. En échange des fonds prêtés, ils déposent des titres en garantie, le plus souvent des bons du Trésor ou des obligations d’État. Considérés comme très peu risqués car à très court terme et garantis, ces prêts sur le marché du « repo » évoluent à des taux avoisinants ceux de la FED, autour de 2-2,25 %.

Sauf que mardi, tout s’est déréglé. Dès l’ouverture, les signaux rouges ont commencé à clignoter : les taux étaient à plus de 4 % et ont continué à s’envoler pour aller jusqu’à 10 %. Jusqu’à ce que la Fed annonce en catastrophe qu’elle apportait les liquidités nécessaires pour assurer les opérations de refinancement et prévenir une contagion qui commençait à gagner d’autres marchés, notamment celui des créances commerciales.

L’effet de son intervention n’a tenu que quelques heures. À la clôture, les taux sur le « repo » étaient à nouveau à plus de 4 %, obligeant la Réserve fédérale à faire une nouvelle annonce d’apport de 75 milliards de dollars de liquidités supplémentaires pour mercredi.

Une intervention d’une banque centrale sur les marchés, et encore plus quand il s’agit de la FED, est porteuse de doutes et d’inquiétudes. Les premiers messages envoyés se sont donc voulus très rassurants. Ce qui s’était passé mardi n’était lié qu’à une addition de facteurs techniques, un malheureux concours de circonstances, à en croire certains analystes.

Le 15 septembre, les entreprises américaines devaient payer leurs impôts, ce qui a réduit le volume des financements disponibles sur le marché, expliquent-ils. Dans le même temps, le Trésor américain a lancé de nouvelles émissions correspondant à 78 milliards de dollars, qui devaient être payées en début de semaine, ce qui a participé au siphonnage des liquidités existantes. De plus, le même Trésor américain aurait souhaité augmenter ses réserves, jugées trop basses, auprès de la Fed, ce qui aurait contribué à encore diminuer l’argent. Enfin, les attaques contre les infrastructures saoudiennes auraient provoqué un choc en retour sur les marchés.

L’ennui de toutes ces explications circonstanciées est qu’elles résistent mal aux faits : les tensions sur le marché monétaire n’ont pas commencé mardi ni même lundi. Depuis août, des observateurs commencent à s’inquiéter des problèmes de liquidités sur les marchés. Dès la semaine dernière – c’est-à-dire avant la date d’échéance des impôts pour les sociétés, les enchères du Trésor américain, ou les attaques contre l’Arabie saoudite –, des alertes clignotaient ici et là, des traders parlaient des difficultés rencontrées pour trouver des refinancements.

Les responsables politiques et nombre d’observateurs n’ont pas pris conscience de ce qui se joue actuellement. Pour eux, le critère de la bonne santé économique et financière se limite aux marchés actions. Or, ceux-ci volent de record en record, affichant « la plus grande déconnexion avec l’économie réelle depuis 2007 », comme le souligne Saxobank dans son dernier rapport trimestriel. Mais sur les autres marchés – monétaires, obligataires, des changes… – des frictions se nouent, loin du regard du public, et commencent à émerger, se traduisant par des volatilités accrues.

« Il semble qu’il y a quelque chose de sous-jacent dont on ne sait rien encore », confie Scott Skyrm, trader sur les marchés des « repos » au Wall Street Journal. « Les crises de liquidités, compte tenu de leur effet déflagrateur, se gèrent dans le plus secret. Ce n’est qu’après que l’on apprend ce qui s’est passé. Mais je pense que la Réserve fédérale, qui s'était engagée dans un resserrement monétaire, a eu des signaux de tensions dès décembre. D’où sa volte-face sur sa politique monétaire en janvier », poursuit Jean-Michel Naulot.

Alors que les banques centrales ont déversé plus de 6 000 milliards de dollars dans le système financier, que les marchés croulent littéralement sous l’argent, comment est-il possible que la liquidité vienne à manquer ? « Le problème, ce n’est pas un manque de liquidités, mais la question de sa circulation, de son affectation. Trop d’argent a été alloué à de mauvais endroits », relève Laurence Scialom.

Ce sont les raisons profondes des soubresauts actuels : la création monétaire laissée à la disposition du monde financier, totalement en roue libre, a conduit à un système basé sur la dette. Une dette, notamment privée, qui a pris des proportions encore plus astronomiques depuis la crise financière. Dans tous les secteurs, sur tous les marchés, des positions de plus en plus risquées ont été prises, en s’appuyant sur des effets de levier gigantesques. « Et c’est de la dette à très court terme », relève Laurence Scialom. C’est ce que traduisent aussi les difficultés sur le marché du « repo » : il s’agit de positions financières prises à très court terme, pouvant se déboucler très rapidement, et qui sont refinancées au jour le jour sur le marché, pas d’investissements « durs » dans l’économie réelle.

« L’augmentation des “repos” et des autres taux à court terme est révélatrice de la réduction du montant du bilan que les intermédiaires financiers souhaitent ou sont capables de fournir à ceux qui recherchent un financement à court terme », avertit Tony Crescenzi de la société de gestion Pacific Investment Management. D’autant qu’au même moment, ajoute Jean-Michel Naulot, « l’accroissement du déficit budgétaire américain, qui risque de dépasser les 1 000 milliards de dollars, crée des besoins de financement extraordinaires ».

Alors que les incertitudes sur l’économie mondiale grandissent, le choix des intermédiaires financiers qui ont de l’argent à placer est vite fait : ils achètent des bons du trésor et autres titres souverains américains, considérés comme le meilleur placement sans risque dans les temps compliqués. Ce qui participe à raréfier les possibilités de refinancement.

Ces convulsions sur le marché monétaire tombent au pire moment pour la FED. Mercredi et jeudi, les membres de la Réserve fédérale se réunissent pour définir la politique monétaire dans les mois à venir. Mis sous pression par Donald Trump depuis des mois, le président de la FED, Jerome Powell, avait déjà évoqué la possibilité de renouer avec une politique monétaire plus accommodante, et d’abaisser les taux afin de soutenir l’économie américaine dans ces temps incertains. Mais il va peut-être être condamné à faire plus, beaucoup plus.  

Car l’intervention de la FED pour calmer la fièvre sur le marché monétaire a jeté le doute et le trouble dans les esprits. Inévitablement, la question de la confiance va se poser sur les marchés. Les investisseurs risquent de recommencer à traquer les actifs les plus risqués, les acteurs ou les sociétés jugées les faibles, au risque de provoquer une crise qu’ils redoutent.

Pour rétablir la confiance, la FED va devoir mettre tout son crédit dans la balance. Déjà certains prédisent le retour prochain – avant la fin de l’année, disent-ils – et inévitable du quantitative easing (programme de rachats de titres), seul moyen, selon eux, d’assurer la liquidité nécessaire pour refinancer les risques fous pris depuis des années et de préserver la stabilité du système financier. Mais il n’est pas sûr cette fois que cela suffise.   

 

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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 05:14
L’Union européenne pense son « mode de vie » par l’exclusion
Mercredi, 18 Septembre, 2019

En créant l’amalgame entre la « protection du mode de vie européen » et les migrations, la future présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, donne des gages à l’extrême droite.

 

Qu’est-ce que le « mode de vie européen » ? De la Finlande à la Grèce, la pente est assurément glissante. Dans une tribune publiée lundi par plusieurs quotidiens du continent, la future présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, soutenue par les trois principaux groupes de l’Assemblée – le Parti populaire européen (PPE), les sociaux-démocrates (S&D) et les libéraux de Renew Europe (RE) –, a justifié la création d’un poste de commissaire européen en charge de « protéger notre mode de vie européen ». Sous-entendu, des réfugiés et des migrants.

Les « adversaires de l’Europe » ?

 Le portefeuille, qui revient au Grec Margaritis Schinas, est depuis sous le feu des critiques. Pourtant, se défend Ursula von der Leyen, « chaque jour ce mode de vie est contesté par des adversaires de l’Europe venant aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur de nos frontières ». Et de soutenir : « Nous ne devons pas laisser ces forces détourner à leur profit la définition du mode de vie européen. Elles veulent qu’on lui donne un sens opposé à son sens véritable, miner peu à peu nos fondations et semer la discorde entre nous. » Dans une tentative de corriger le tir, Ursula von der Leyen a brandi l’article 2 du traité de Lisbonne, qui définirait, selon elle, ce « mode de vie européen » par le respect de la dignité de la vie humaine, l’égalité, la solidarité, le pluralisme ou encore la tolérance… On ne sait, dans son esprit, si la concurrence libre et non faussée, le pacte de stabilité et le dumping social sont également constitutifs de l’identité continentale.

Ces dernières années, la montée progressive des extrêmes droites est allée de pair avec une remise en cause progressive du droit d’asile et une approche exclusivement sécuritaire de la question par les soi-disant gardiens du temple démocratique. Pourtant, même parmi les soutiens d’Ursula von der Leyen, il se trouve des voix pour demander la sortie de la politique migratoire du portefeuille de Margaritis Schinas afin d’« éviter les associations malheureuses », selon le Roumain Dacian Ciolos, président du groupe Renew Europe, ou à ce que le nom du poste soit modifié. Ne reculant devant rien, Jean-Claude Juncker, auquel Ursula von der Leyen doit succéder le 1er novembre, a pour sa part estimé qu’il « faudra changer (ce nom) » alors même que son mandat n’a cessé de valider l’idée d’une « crise migratoire » et d’une nécessaire protection des frontières. À gauche, l’eurodéputée écologiste Karima Delli juge que « cette nouvelle Commission ne peut pas faire ses premiers pas entachée par une sémantique d’extrême droite ». De fait, depuis la fin du XIXe siècle, l’extrême droite nourrit l’idée d’une protection des modes de vie ou des « écosystèmes humains que sont les nations », étant entendu que, de ce côté de l’échiquier, l’immigration est perçue comme un facteur de déséquilibre culturel. 

Lina Sankari
L'Union européenne pense son mode de vie par l'exclusion (Lina Sankari, L'Humanité, mercredi 18 septembre 2019)
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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 05:11
Ces élections ont lieu de manière anticipée suite à l'échec de la formation d'un gouvernement de coalition après les élections organisées cinq mois plus tôt. A l'issue de ce scrutin, Benyamin Netanyahu sort battu des élections et en difficulté pour trouver une majorité - article et traduction Nico Maury
 
 
La Liste Unifiée (Communistes et partis arabes) s'impose comme troisième force politique en Israël
 
Voici les résultats portant sur 63,10% des bulletins.

La coalition kakhol lavan (Blanc-bleu) de l'ancien général de Tsahal, Benny Gantz, arrive en tête des élections avec 25,66% (-0,47) des suffrages et 32 sièges (-3). Pour être très clair sur les intentions de Benny Gantz, ce dernier a appelé le Likoud à créer avec sa formation une coalition - sans Netanyahu.

Pour le Likoud de Netanyahu c'est la douche froide avec un score de 25,03% des voix (-1.43) et 31 sièges (-4). Avec ses partis alliée, il ne disposerait que de 55 sièges, un seuil insuffisant puisqu'il en faut 61 pour disposer d'une majorité à la Knesset. Il devra faire appel a un parti d'extrême droite pour disposer de cette majorité.

Pour les partis partenaires du Likoud, nous avons : le Shas (religieux) avec 7,65% des voix et 9 sièges (+1), le Yahadout HaTorah (religieux) avec 6,25% des voix et 8 sièges (=), Yamina (extrême droite) avec 5,73% et 7 sièges (+7).

Yisrael Beytenu (extrême droite) d'Avidgor Lieberman remporte 7,11% des voix et 9 sièges (+4). Ce parti se retrouve dans la situation de faiseur de rois.

Le Hadash moteur du rassemblement et de la gauche

La belle surprise vient de la Liste unifiée qui s'impose comme troisième force du pays et surtout, via le Hadash - leader de ce rassemblement - première force de la gauche en Israël.

La Liste unifiée, conduite par le député communiste Ayman Odeh, remporte 10,71% des voix et 13 sièges (+3). rappelons que lors des élections d'avril, cette liste était scindée en deux et n'avait remportée que 6 sièges pour le Hadash-Ta'al et 4 sièges pour le Ra'am et Balad. La dynamique semble être de nouveau au rendez-vous. Ainsi, unie, cette liste passe de 7,82% des voix à 10,71%.

Du côté des autres forces de gauche-centre-gauche. Le Parti travailliste, jadis principale force du pays, continue a être faible avec seulement 4,81% des voix et 6 sièges (=). Il était allié au parti Gesher (centre).

Du côté du Meretz, au sein de l'Union démocratique, il recueille 4,30% des suffrages et 5 sièges (+1). Le Meretz parvient à reprendre des couleurs puisqu'il passe de 3,63% en avril à 4,30%.

La gauche israélienne dispose de 24 sièges sur 120 à la Knesset et a reçu un soutien populaire de 19,82%. Un score alarmant.
 
Nicolas Maury
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