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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 14:31

CGT – CFDT – FSU – Solidaires – CFTC – UNSA – CFE CGC

Depuis des années, les organisations syndicales se mobilisent et travaillent à une prise de conscience collective des causes de la crise systémique, financière, économique, sociale et environnementale, aggravée par les politiques d’austérité. Aujourd’hui, l’ampleur des drames sociaux, leur concentration sur les filières fondamentales, menacent l’équilibre et l’avenir de nos territoires. A la hauteur de ces enjeux, les organisations syndicales de Bretagne, CFDT, CGT, Solidaires, CFTC, UNSA, CFE-CGC, FSU, entendent prendre leurs responsabilités dans l’intérêt des salariés par la démarche unitaire d’une action syndicale pour l’avenir des salariés et de l’emploi en Bretagne.

Représentant les salariés, elles s’engagent dans le dialogue social tant dans les entreprises, face au gouvernement pour exiger la prise en compte de nos revendications.

 

Le pacte d’avenir est insuffisant !

Aux propositions économiques qu’il contient, il faut ajouter un volet social conséquent qui prenne en compte l’urgence des situations. Ce pacte doit dessiner un avenir pour l’ensemble des filières et des territoires, ce qui passe également par un engagement fort des pouvoirs publics et des entreprises  vis-à-vis des salariés.

Une réponse conjoncturelle ne peut suffire à une crise structurelle.

L’effort collectif qui permettra le soutien au territoire breton, ne saurait être engagé sans garanties formelles et transparentes des entreprises, quant à l’utilisation de ces moyens, en termes d’anticipation, d’innovation, et de politique social Il faut en finir avec ces méthodes de gestion de trop d’entreprises irresponsables et arrogantes, détournant et gaspillant subventions et force de travail, détruisant impunément le bien public, méprisant la santé des salariés sans aucune volonté de préparer l’avenir.

Il en découle pour l’Etat la mission impérative de s’assurer que les employeurs mettent en œuvre leurs obligations et que les droits des salariés soient effectivement respectés.

Le contexte nécessite de nouveaux modèles articulant les exigences économiques, sociales pour sortir d’une crise dont les salariés ne sont pas responsables.

Les mesures de soutien pour maintenir l’emploi s’imposent. Il faut combattre les suppressions d’emploi et la destruction d’un tissu industriel des territoires dont nous pensons qu’ils peuvent rebondir

 

Les mutations industrielles, quand il est démontré qu’elles sont inévitables, doivent être anticipées pour permettre aux salariés de se réorienter et se former dans un parcours sécurisé et ainsi éviter les suppressions d’emploi. La mobilité des salariés doit être accompagnée par des droits importants et pérennes.

A la lumière de la crise actuelle, un effort considérable de formation et qualification s’impose. C’est de la responsabilité particulière des employeurs. Les salariés constituent la première richesse de notre territoire.

Des mesures d’accompagnement dépassant le cadre administratif actuel pour les salariés touchés par les suppressions d’emploi ont été obtenues pour certaines situations. Elles doivent être améliorées et étendues à l’ensemble des salariés notamment des TPE et PME souvent oubliés, et bien au-delà de la seule filière agroalimentaire.

Nos organisations sont pleinement solidaires des salariés actuellement victimes des licenciements et partagent leur colère, l’angoisse de leur famille et de leur entourage Pour autant, face aux manœuvres de récupération de cette détresse, nos organisations dénoncent les discours et postures réactionnaires et affirment leur refus de la violence et du vandalisme, de la destruction de biens publics à ce jour impunie.

Elles appellent à une expression claire des salariés et agiront pour faire entendre leurs voix dans les groupes de travail, dans la construction du plan breton, sur les lieux de travail.

C’est pourquoi nous appelons à la mobilisation
pour porter haut et fort nos revendications:

En permettant l’émergence de mobilisations dans les territoires pour favoriser les solidarités autour des entreprises en difficultés

En appelant les salariés à se mobiliser sur les lieux de travail,

En appelant à une mobilisation régionale le 23 Novembre 2013 dans chaque département breton.

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 08:30
Douarnenez. Municipales : deux listes à gauche

C'est désormais décidé : il y aura deux listes à gauche pour les prochaines municipales. Ce mardi soir, la liste de gauche composée du PS, d'Europe Ecologie-Les Verts et de l'UDB, officiellement conduite par le socialiste Tangi Youinou, a rencontré une délégation du Collectif citoyen et du Front de Gauche. A l'issue de cet échange, le Collectif et le FG se sont réunis et ont pris la décision de ne pas s'unir pour les prochaines municipales et de conduire une liste de leur côté. Le paysage politique douarneniste est désormais plus clair : deux listes à droite et deux listes à gauche. En lice à droite : sans doute la majorité municipale actuelle du sénateur-maire UMP Philippe Paul (qui ne s'est pourtant pas encore déclaré) et en face, celle conduite par William Boulic qui se revendique "sans étiquette". A gauche, deux listes également : celle du PS-EELV et UDB d'un côté et désormais celle du Collectif citoyen et Front de Gauche de l'autre.

 

Source: Le Télégramme, 6 novembre

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 20:03

 

Manif Carhaix défense emploi 2 nov 2013 001

Manif Carhaix défense emploi 2 nov 2013 002 

Manif Carhaix défense emploi 2 nov 2013 003 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Manif Carhaix défense emploi 2 nov 2013 019

 

 

S'il n'est certainement pas le plus à blâmer dans cette histoire, Jean-Luc Mélenchon a dérapé dans sa recherche habituelle des formules chocs lors de son commentaire d'avant mobilisation en Bretagne ce samedi 2 novembre.

Il a d'abord souligné à juste titre après beaucoup d'autres les contradictions de la manifestation "Bretons en colère" de Quimper - colère (plus ou moins surjouée suivant les partis considérés) contre l'écotaxe, les taxes et impôts en général, le déclin économique de la Bretagne, les licenciements en série dans l'agro-alimentaire - qui rassemblait de manière inédite et improbable le patronat, les tenants de l'agriculture productiviste, la droite et l'extrême-droite, des poujadistes, des régionalistes et indépendantistes, des militants de gauche et d'extrême-gauche comme des salariés de l'agro-alimentaire sur le point de perdre leur emploi, et d'autres salariés et citoyens émus et extrêmement inquiets par les drames collectifs qui secouent la Bretagne aujourd'hui.

Mais de quel droit prendrait-il de haut des ouvriers en lutte dans des conditions difficiles en les qualifiant bien rapidement de "nigauds" ou d'"esclaves défendant les droits de leurs maîtres" parce qu'ils seraient conduits par des curés et des vendeurs d'illusions réactionnaires?

On a connu notre candidat du Front de Gauche des présidentielles de 2012 mieux inspiré... même si ce n'est pas la première fois qu'on le prend en flagrant délit de vision caricaturale des bretons...

On peut exprimer un désaccord et une analyse sur l'instrumentalisation de la lutte des salariés par la droite et le patronat local sans irriter par des qualificatifs arrogants et insultants des habitants de toute sensibilité qui s'émeuvent à bon droit des suppressions d'emploi touchant leurs voisins et leurs proches et plus encore des ouvriers - ceux de Doux et de GAD notamment, qui luttent depuis des mois pour la défense de leur emploi et de leur outil de travail.

 

Ceci dit, il est vrai que la droite politique et sociale de Bretagne avait mis le paquet pour récupérer ce mouvement spontané et en faire une démonstration anti "éco-taxe", "pro-patronale", et surtout "anti-Hollande", dissimulant la divergence évidente des intérêts de classe derrière la très illusoire "union sacrée pour la Bretagne" et encourageant à continuer sans état d'âme le modèle agro-industriel capitaliste et productiviste qui a causé beaucoup de dégâts déjà en Bretagne, tant au niveau de l'emploi, que des conditions de travail et de l'environnement. Comment le dumping social lié à l'Europe ultra-libérale et les logiques de profit financier maximal de la grande distribution et des gros groupes de l'agro-industrie pouvaient être dénoncés par l'UMP, le patronat ou la FDSEA qui appelaient tous à la fronde contre le pouvoir en annexant dans une récupération historique lamentable le symbole de la révolte des bonnets rouges, révolte d'inspiration égalitariste faut-il le rappeler qui s'attaqua aux Seigneurs, au Clergé privilégié, aux augmentations - écrasantes pour le petit peuple - des prélèvements royaux destinés à financer des guerres et le train de vie de toute une cour de parasites?

 

Les vrais héritiers des bonnets rouges, ce ne sont pas ceux qu'une affiche humoristique portée dans la manif avec un dessin de Goutal appelait les "Gros Bonnets Rouges", car en voilà des "Beaux Nez Rouges" de clowns menteurs, ce sont les ouvriers et petits paysans conscients de leurs intérêts de classe, les salariés soumis à l'exploitation, les précaires victimes du consentement libéral au chômage pour maximiser les profits, les opposants au désordre inégalitaire du néo-libéralisme et du capitalisme.

 

De ce fait, on ne peut que se féliciter du succès de la manifestation pour l'emploi en Bretagne de Carhaix organisée à l'initiative notamment de la CGT, de Solidaires, de la FSU, du Front de Gauche, du Parti Communiste, de EELV.

 

Cette manifestation a réuni entre 2500 et 3000 personnes, alors qu'elle a été décidée dans la semaine sans guère de publicicité des médias locaux, en constatant les récupérations et les liaisons dangereuses associées à la manif de Quimper, à laquelle avait appelé dans un premier temps le Front de Gauche du Finistère suite au rassemblement pour l'emploi et les salariés de Marine Harvest, avant de se raviser en soutenant l'initiative courageuse de la CGT et en voyant qu'elle devenait une manif anti éco-taxe anti-impôts instrumentalisée par le MEDEF.

 

Dans cette manif colorée et animée de Carhaix qui avait une véritable unité d'intention et de revendication, il y avait des employés de Tilly Sapco Guerlesquin (qui ont appris par les médias que l'activité allait être suspendue à partir de janvier: bel exemple de respect du personnel...), de Marine Harvest, de Triskallia, beaucoup de syndicalistes CGT, de nombreux militants du PCF et du Front de Gauche...   

 

Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y avait pas des ouvriers et syndicalistes, des militants et citoyens de gauche et du Front de Gauche dans le rassemblement de Quimper, essentiellement composé de gens qui voulaient mettre fin à la casse de l'emploi industriel et agricole en Bretagne et dénoncer aussi la dégradation des conditions de vie liée à l'austérité. 

 

Non, Jean-Luc, il ne faut pas tomber dans le jeu des simplifications et de la division des travailleurs et citoyens en lutte alors que le patronat, le milieu paysan conservateur et productiviste et la droite mettent déjà beaucoup de chausse-trappes pour piéger les salariés et détourner leur colère et leurs volontés transformatrices d'objectifs efficaces.

 

Ismaël Dupont.

 

 

 

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 09:29

Pour l’emploi et les salaires, Pour une vie digne, Pour l’humain d’abord,

Tous à Carhaix, samedi 2 novembre

 

Souffrance, colère et révolte face à la succession de plans sociaux, des suppressions d’emplois qui touchent des pans entiers de notre économie dans le Finistère, en Bretagne et en France : les activités agricoles et agroalimentaires : Boutet-Nicolas, Gad, Doux, Marine Harvest, Tilly Sabco, l’industrie, les petites entreprises, les artisans, les commerçants…

Nous « payons » là, concrètement, la concurrence « libre et non faussée », illustrée par l’exploitation de salarié-e-s à l’échelle de la planète, au seul profit de la finance. Cette stratégie ahurissante, conduit à la constitution de gigantesques propriétés concentrées entre les mains des plus puissants. Cette dérive interpelle et ce libéralisme autoritaire alimente des dérives populistes de plus en plus dangereuses. Il y a urgence à relever le défi de conquêtes et d'avancées progressistes, avec une ambition publique nouvelle, afin de favoriser une autre organisation des filières de production, en posant d'emblée «le juste prix» de la rémunération des producteurs et des salariés, des ambitions de développement pour les territoires et un devoir d’exemplarité sociale.

Une suspension de l’écotaxe est annoncée! Cette taxe, dont le décret à été signé par le 1er ministre de Sarkozy le jour du 2ème tour de l’élection présidentielle, n’est pas la raison première de la crise actuelle, mais son application ajouterait à la fragilité économique du moment. Ce moratoire obtenu, comme le réclamaient entre-autres les élus communistes, doit permettre de travailler une issue, tenant compte de la situation de régions périphérique et péninsulaire en y associant toutes les parties.

Le PCF soutient avec force la lutte des salarié-e-s et invite à participer massivement à la manifestation à l’appel des syndicats CGT, Solidaires, FSU, le :

 

Samedi 2 novembre 2013

à 15h, Carhaix

 

Ensemble, continuons à lutter pour une société débarrassée de la domination des marchés financiers, une société de l’humain d’abord. C’est une autre féodalité qu’il s’agit d’abattre aujourd’hui, celle de la finance, comme l’avait promis François Hollande dans son discours du Bourget.

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 09:26

La Bretagne souffre du fait de sa situation économique et sociale. Les pans industriels de la région sont mis à mal par des restructurations et des suppressions massives d’emplois dans tous les secteurs.

Les organisations syndicales participent, à leur niveau, à freiner les conséquences de cette catastrophe.

Ce gâchis engendre colère, désespoir et mécontentement.

Cette détresse monte partout en France et doit alerter les pouvoirs publics sur la réalité sociale du pays.

Pour les organisations syndicales, c'est le signal d’alarme d’une situation qui ne peut plus durer, et dans laquelle, le gouvernement devrait avoir un rôle majeur pour redonner confiance, par des actes, aux salariés licenciés et ceux qui ont un emploi.

La Bretagne n’est pas en dehors de l’augmentation du chômage et de la misère. Cette restructuration de l’industrie est d’autant plus grave qu’il n’est rien prévu, ni par les licencieurs, ni par les pouvoirs publics, pour permettre aux salariés de continuer à vivre d’un travail.

Les politiques d’austérité imposées par l’Europe, ses pays membres, en rajoutent à la situation dans cette crise dont les conséquences sont déjà bien lourdes pour les salariés, les retraités et les privés d’emploi.

C’est pour cela que les organisations syndicales de salariés mobilisent pour le maintien de l’emploi industriel, au quotidien, mais aussi lors de manifestations interprofessionnelles.

Le discours antifiscal de certains acteurs des mobilisations en cours s’appuie sur des réalités. Au lieu d’une urgente réforme fiscale, le gouvernement impose de plus en plus les ménages, d’où une légitime incompréhension. Pour autant, les actions violentes sur médiatisées ne relèvent pas d’un mouvement social de salariés.

Le détournement du mécontentement, réel, d’une grande partie de la population à des fins politiciennes met en cause l’intégrité et l’indépendance des salariés dans un combat qui n’est pas le leur.

Les « bourreaux » sont aux commandes de cette manœuvre et se servent de leurs victimes pour faire en même temps bouclier et bélier.

Ils voudraient que les salariés oublient qu’ils ont toujours soutenu les politiques néolibérales responsables de la crise actuelle et que leur « modèle agricole breton » est aujourd’hui une faillite économique, sociale et environnementale.

Les manipulations sont lourdes puisque ce sont les « seigneurs de jadis » qui portent maintenant le bonnet rouge contre le peuple.

Les initiateurs de la manifestation du 2 novembre à Quimper ne portent pas les revendications des salariés.

La casse industrielle est un gâchis pour l’économie, mais aussi et surtout pour les femmes et les hommes.

 

Aujourd’hui ce sont ceux qui licencient qui veulent en découdre avec le gouvernement.

Ce combat n’est pas celui des salariés, non pas parce que le gouvernement ferait bien son travail, mais parce que ce qu’exigent les meneurs de cette manifestation, c’est d’aller encore plus loin dans leur stratégie de destruction sociale.

Rares sont les moments d’histoire où les patrons cassent, manifestent et refusent le dialogue. C’est aussi un signe fort que cette agitation porte en lui des germes qui dépassent largement l’écotaxe, même suspendue.

Pour permettre aux salariés de se retrouver, pour faire valoir leurs exigences, pour s’opposer aux fermetures des entreprises, à la casse des services publics et de la protection sociale qui ont comme conséquence des suppressions d’emplois, les organisations syndicales de la région Bretagne C.G.T., Solidaires et F.S.U. appellent l’ensemble des salariés, et ceux qui s’associent à leurs combats, à se rassembler :

le samedi 2 novembre à 15 heures place du Champ de Foire à Carhaix.

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 08:22

Humanité du 29 Octobre 2013 : éditorial de Michel Guilloux

Il est pour le moins singulier de voir un chef du Medef breton porter le «bonnet rouge» devant des caméras, tandis que d’autres de ses amis patrons, du transport ou de l’agriculture, applaudissent à la casse de barrières de sécurité d’une quatre-voies. Il en va de même, à entendre un édile, dont la circonscription est au cœur du désastre actuel dans le secteur agroalimentaire breton, se dire un jour ému par la «détresse» d’un des patrons de Doux, dont les salariés ont été sacrifiés par l’appât du gain, un autre jour dénoncer les licenciements boursiers de Marine Harvest, avant de transformer un appel à défendre l’emploi en Bretagne en rassemblement contre l’écotaxe, qualifiée de «gabelle» – dont la région fut toujours exemptée et que la Révolution française supprima…

Il est tout aussi surprenant de voir un groupement « Produit en Bretagne »– expression fun et d’avant-garde là où « Produisons français » était évidemment xénophobe… – soutenir de tout son poids le rassemblement appelé à Quimper samedi, de tout son poids de lobby d’entreprises « bretonnes », au premier rang desquels tous les grands groupes de distribution – sans exception –, ceux-là mêmes qui contribuent à étrangler les producteurs agricoles, de Bretagne et d’ailleurs.

Il est tout aussi singulier d’entendre des voix à droite user d’un langage d’émeute et de guerre, si ce n’est de guerre civile, de Jean-Louis Borloo à Bruno Le Maire en passant par Jean-François Copé, dont c’est la majorité, si ce n’est le ministre au pouvoir alors, qui a fait adopter ou voter la mesure tant décriée aujourd’hui. Voir l’UMP et le patronat les plus néolibéraux récupérer sans vergogne un désarroi populaire pour alimenter sa campagne démagogue sur le « ras-le-bol fiscal » relève du bonneteau idéologique. Mais qu’ils puissent se le permettre en dit long sur l’indulgence, au bas mot, du pouvoir actuel vis-à-vis de la fortune et de la rente, de quelque région qu’elles soient. Voir, dernier exemple en date, la tentative, avortée, de taxer l’épargne populaire à proportion de l’exonération dont bénéficient les revenus financiers. Et pendant ce temps, profitant de digues rompues depuis les dernières cantonales, Marine Le Pen soutient avec gourmandise toutes les manifestations de désespoir en Bretagne et celle, plus confuse dans ses buts, de samedi prochain.

La Bretagne, comme toute région française, mérite mieux qu’un «plan de sauvetage» rédigé sur un « Post-it », des aménagements d’une taxe qui laissent intacts, là comme ailleurs, le sinistre social ou, enfin, des appels à une « union sacrée » qui confond victimes et fauteurs de crise. Les abattoirs fermés ne le sont pas à cause de l’écotaxe, mais bien des stratégies financières dignes de fonds de pension qui ont présidé à la gestion de « coopératives » qui n’en ont guère plus que le nom. Et que penser du dumping allemand, alimenté par les mêmes, ce qui nourrit la première place d’exportateur vers cette région de notre voisin d’outre-Rhin ? Le massacre en cours vient après une hausse de plus de 50 % du chômage sous la droite, de 2009 à 2011, le sacrifice du travail intérimaire, prélude, là comme ailleurs, au saccage industriel, pour, comme en témoignent ces autres licenciements boursiers ou sous contrainte de rentabilité financière que sont les plans de licenciement d’Alcatel-Lucent ou de PSA, affaiblir une région qui, jusqu’alors, pouvait se targuer d’un taux de chômage plus bas que la moyenne nationale et d’un taux de bacheliers supérieur. C’est peu dire que cette région mérite mieux que des « visions » sans concret : de l’ambition ; et ses salariés, de la solidarité plutôt que des discours et des actes de repli. Là comme ailleurs.

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 12:16

Au mois de décembre, les salariés de l'abattoir Tilly Sapco de Guerlesquin vont travailler 7 jours seulement, avec 80% du salaire de base sans les primes évidemment, ce qui fait que les salariés de nuit peuvent perdre entre 300 et 400€ par mois. Les rotations effectués dans les postes font que beaucoup d'ouvriers et d'ouvrières retrouvent des postes qu'ils avaient choisi de quitter.

Le gouvernement ne s'est pas engagé à compenser d'une manière ou d'une autre (et surtout pas pour Doux... et pour Tilly) la suppression des restitutions à l'exportation de poulet congelé (19,3 millions d'euros pour Tilly Sapco en 2012). Pas plus qu'il n'a engagé de démarche très forte pour instaurer une régulation agricole et sociale européenne et mondiale limitant le dumping.

Dans ces conditions, les ouvriers craignent une faillite prochaine et la fermeture du site.

Les ministres venant dans le Finistère cette semaine auront-ils des réponses garantissant un avenir à cette usine qui emploie 380 personnes (345 personnes en CDI)?    

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 11:19

Ce mardi 22 octobre au matin, cinquante salariés de GAD Lampaul Guimiliau sont arrivés devant l'abattoir de Josselin pour empêcher les camions de passer afin de protester contre le choix délibéré de la CECAB de les couler et de supprimer 1000 emplois en les jetant comme des malpropres.

La fois précédente, le blocus de l'abattoir de Josselin n'avait pas donné lieu à des échanges hostiles entre les salariés de Lampaul et ceux de Josselin mais, cette fois-ci, la direction et peut-être aussi des responsables de la CFDT qui ont signé sans problème de conscience le licenciement de 1000 salariés pour espérer sauver les emplois à Josselin, ont dû faire un gros travail d'intoxication pour que 200 salariés morbihanais sortent intimider ceux de Lampaul, se conduisant tels une "milice patronale" pour évacuer les salariés allongés par terre, de sorte que des coups ont été échangés et que quatre camions ont pu passer. Malgré tout, le sit-in face à l'abattoir de Josselin se poursuit et les salariés licenciés de Lampaul vont recevoir du renfort.

C'est tout ensemble que les salariés doivent lutter pour défendre leurs emplois et leurs conditions de travail en veillant à se prémunir contre l'instrumentalisation patronale et des divisions artificiellement créées pour servir les intérêts de ceux qui les ont préssurés avant de les traiter comme quantité négligeable.   

 

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page du Télégramme. Les commentaires aussi valent le détour, certains précisant avec lucidité le sens des choses, d'autres tombant dans le délire ultra-libéral:  

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 09:30

 

Lettre de Gérard Lahellec au Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault

 

Vous avez bien voulu réunir sous votre haute autorité, le 16 octobre 2013, les principaux ministres engagés dans l’action économique et sociale de l'État en faveur de la Bretagne. A cette occasion, vous avez réaffirmé la mobilisation du Gouvernement pour répondre aux situations d’urgence sociale et territoriale. Avec une diversité d'élu-e-s et de représentants du monde économique, associatif et syndical, nous voulons y voir le signe de votre détermination à aider la Bretagne à surmonter ses difficultés actuelles et à préparer son avenir économique et social.

 

1 – Il est important de comprendre l'extrême souffrance et la colère des salariés

En premier lieu, Monsieur le Premier Ministre, nous vous demandons de considérer que la multitude des actions et manifestations en cours en Bretagne sont en premier lieu l'expression d'une souffrance extrême et d'un désarroi devant l'ampleur des restructurations en cours affectant massivement la situation de l'emploi dans un secteur vital pour notre économie. Ces souffrances, ajoutées à l'absence totale de perspective pour retrouver un emploi, appellent vraiment une prise en compte exceptionnelle et immédiate. Car la réponse à cette situation d'exception ne peut pas attendre les premiers effets que pourraient produire divers plans structurels qui doivent être mis en oeuvre mais dont la concrétisation ne pourra se vérifier que dans plusieurs mois.

 

C'est la raison pour laquelle nous vous demandons, Monsieur le Premier Ministre, une prise en considération exceptionnelle de la situation faite aux salariés de Gad et de Doux, en liaison étroite avec les collectivités locales directement touchées par ce véritable séisme mettant à mal la vie même de nos territoires. Si l'engagement du Gouvernement à accompagner personnellement chaque salarié mérite d'être apprécié à sa juste mesure, tout comme l'annonce du contrat de sécurisation professionnelle renforcé permettant un quasi-maintien du salaire net pendant 12 mois, il nous semble que ce dispositif se doit d'être complété et renforcé. Nous nous permettons donc de vous suggérer ici l'engagement de négociations spécifiques associant les organisations syndicales représentatives des salariés afin d'examiner avec elles la possibilité de mettre en place un plan de sécurisation associant à la fois des dispositifs de nature à sécuriser au mieux les ressources des personnes concernées et la mise en oeuvre de mesures permettant de cheminer vers une sécurisation professionnelle.

Pour y parvenir, il y a lieu aussi de soutenir et d’encourager une ambition industrielle en utilisant tous les leviers de nature à favoriser des nouvelles implantations et l’implication des acteurs industriels dans de nouveaux projets émergents sur le territoire breton.

 

2 – Il convient désormais de soutenir le développement d'une agriculture vivrière de production en Bretagne

 

Ici, toutes les filières sont atteintes par le libéralisme destructeur encouragé par les orientations européennes et par la tension tout aussi destructrice orchestrée par les enseignes de la «grande distribution». En effet, pour ne nous en tenir qu'aux seules conséquences de la Loi de Modernisation de l'Économie (LME), réputée procurer un avantage aux consommateurs, force est de constater que la «grande distribution» en a saisi l'occasion, d'une part pour maximiser sa logistique en faisant supporter aux transporteurs et aux chargeurs la livraison à date (ce qui multiplie les fréquences des transports et accentue une tension sur la production) et, d'autre part, que celle-ci a capté l'essentiel de l'avantage procuré par la généralisation de l'autorisation du 44 tonnes routier.

 

Cette situation appelle une grande ambition publique pour ouvrir une perspective nouvelle de développement de nos activités productives agricoles tendant à nous permettre de nous affranchir des donneurs d'ordre exclusifs que sont certains industriels et certaines enseignes. En outre, un certain nombre de dispositions méritent d'être reconsidérée; cela est notamment le cas pour la LME (loi de modernisation de l'économie) et pour le dispositif Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi (CICE) dont les bénéficiaires principaux ne semblent pas être les secteurs ou branches s'engageant le plus dans une démarche vertueuse de développement. S'agissant de la situation particulière de la Bretagne, nous proposons qu'une priorité immédiate soit accordée aux filières avicole et porcine.

 

a) Concernant la filière avicole, nous suggérons, après l'abandon des restitutions européennes, qu'une évaluation globale du manque à gagner généré par cet abandon sur une durée de 5 à 7 ans soit établie et que ce montant serve de base de référence pour engager un plan d'investissement de nature à pérenniser l'outil de production. Ce dispositif pourrait être complété d'un appel à projet qui permettrait d'ouvrir la perspective à l'implantation de nouveaux opérateurs de la filière, la France important 50% de la viande de volaille qu'elle consomme.

b) Concernant la filière porcine, une approche globale s'impose. Ce dont la filière a besoin, c'est d'une stratégie de long terme avec des prix rémunérateurs pour les producteurs. Certes, depuis 2004, les groupements de producteurs ont opéré des rapprochements. Mais, du côté de l'abattage-découpe, la surcapacité industrielle s'est accrue et désormais le dumping social orchestré par l'Allemagne attire les industriels de l'agroalimentaire français et met en péril la filière porcine française dans son ensemble. Après certains pays du nord de l'Europe qui ont fait le choix de concentrer leur activité industrielle par l'acquisition d'abattoirs allemands, ce sont désormais plusieurs centaines de camions qui quittent chaque jour notre pays pour emmener les porcs se faire découper outre-Rhin. Dans cet emballement de la concurrence mondialisée, on s'achemine vers une concentration inédite des unités de production agroalimentaires. Sur les 180 abattoirs environ que compte la France, seulement 10 d'entre eux produisent plus d'un million de tonnes par an. L'Allemagne, le Danemark et l'Espagne qui sont les plus grands producteurs d'Europe ont déjà affaibli toute la filière française en raison de leurs abattoirs géants. Il est donc clair que dans un marché de plus en plus ultralibéralisé, symbole d'une mondialisation où la concurrence est terrible, le modèle productif breton paraît bien petit tandis que dans les zones de France, plus montagneuses et à plus faible densité, tel que le Massif Central par exemple, la production a aussi chuté d'un quart en dix ans. Mais à l'heure où ces lignes sont écrites, nous apprenons qu'un accord vient d'être conclu entre l'Union Européenne et le Canada. 

 

Cet accord prévoit notamment une facilitation de la pénétration du marché européen pour les viandes bovines et porcines d'origine canadienne. Un tel accord viendra, assurément, accentuer encore la tension sur nos productions et c'est la raison pour laquelle il nous semble important d'engager au plus vite les démarches les plus solennelles auprès de l'Europe.

 

3 – Concernant le pacte d'avenir Bretagne

 

qui devrait être finalisé d'ici à la fin de l'année 2013, décliné en 5 axes, la question des mobilités multimodales ont particulièrement retenu notre attention.

a) Il convient de sanctuariser effectivement le bouclage du financement de la réalisation de la mise à 2X2 voies de la RN 164 sur la totalité de son axe. L'annonce des 100 Millions d’euros qu'apportera l'État se doit d'être confirmée, étant entendu que ces 100 Millions d’euros ne doivent donc pas être considérés comme pouvant être affectés à des opérations d'ores et déjà en cours.

b) La Région Bretagne, en collaboration étroite avec les filières économiques et notamment celles de l'agroalimentaire a élaboré son projet de schéma logistique et de redéploiement pérenne du fret ferroviaire qui sera présenté à la session de décembre du Conseil régional. Cette politique nouvelle, vitale pour le territoire breton, appelle des soutiens importants pour fiabiliser les services en cours et conforter le report modal de la route vers le train ou le maritime. Il serait important d'explorer de manière très précise les modalités partenariales qui pourraient être envisagées pour accompagner ce dispositif dans lequel se reconnaissent la quasi-totalité des filières agricoles et agroalimentaires de Bretagne. La même attention devrait être apportée aux filières de transport maritime et aux conditions faites aux opérateurs de transports, contraints de se mettre aux normes européennes, notamment en matière d'émission de souffre. Cette dernière disposition oblige à reconsidérer l'ensemble des investissements et à configurer des stratégies de repositionnement des navires sur des routes nouvelles, ce qui oblige les collectivités bretonnes à pourvoir à des investissements nouveaux. Enfin, il conviendrait aussi de confirmer la deuxième phase des travaux ferroviaires consistant à mettre la pointe bretonne à 3 heures de train de Paris.

 

4 – Le Programme d’investissements d’avenir

 

doit par ailleurs accompagner les projets nouveaux du territoire breton. De ce point de vue, les investissements de développement des ports bretons devraient être confortés et, notamment le projet de développement du port de Brest pour accueillir les industries tournées vers la construction et la pose des équipements pour les énergies marines.

 

5 – Il est urgent d'instaurer un moratoire sur l'écotaxe,

 

très pénalisante pour notre l'économie bretonne en raison de son éloignement géographique et de sa péninsularité. Tel que prévu par le gouvernement, le dispositif de répercussion de l'écotaxe par l'application d'une taxe forfaitaire appliquée sur chaque facture de transport cristallise toutes les craintes des acteurs et en particulier ceux du monde de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Les chargeurs voient que l’écotaxe se traduit en fait, pour eux, par une simple taxe sur les prestations de transport, comme si avait été créé un taux spécifique majoré de TVA sur l’activité transport. (Cette taxation forfaitaire a été portée à 3,7% en intra régional et à 5,2% en inter régional par le décret de juillet 2013). Dans une région productive, pour un secteur agroalimentaire dont le transport représente un poste conséquent du fait des échanges entre les différents stades de transformation, le dispositif aujourd’hui envisagé ne peut que générer des fortes craintes de perte de compétitivité, et cet argument est très fortement repris par les milieux économiques.

 

La situation actuelle nécessite une prise d’initiative très forte de la part du gouvernement. Sans modification profonde du dispositif de répercussion c’est tout le dispositif de l’écotaxe qui doit être remis en cause. Monsieur le Premier Ministre, voici les quelques éléments et propositions que je souhaitais apporter à votre attention. Sortir la Bretagne de cette grave crise demandera en effet une implication exceptionnelle des pouvoirspublics: des élu-e-s locaux comme du Gouvernement. Je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'assurance de ma considération distinguée.

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 06:54

C'était le semaine dernière, la colère des salariés de l'agro face à l'impuissance et à l'abandon des pouvoirs publics.  

 

Philippe Loos et Agnès Le Brun se justifient face aux manifestants

 

Agnès Le Brun face à Nadine Hourmant

 

Olivier Le Bras et Nadine Hourmant au Grand Journal de Canal +

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