Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 10:34
Photo publiée sur la page Facebook Les Députés communistes avec le communiqué de Marie-George Buffet sur la présentation de son rapport sur la précarité de la jeunesse

Photo publiée sur la page Facebook Les Députés communistes avec le communiqué de Marie-George Buffet sur la présentation de son rapport sur la précarité de la jeunesse

🔴L’ouverture du RSA pour les moins de 25 ans fait l‘unanimité : le gouvernement doit mettre en place cette mesure d’urgence🔴
A l’initiative de Marie Georges Buffet, députée communiste de Seine Saint-Denis, une commission d’enquête parlementaire sur les conséquences de la covid sur les jeunes a été créée au mois de juillet dernier.
Mouvement des Jeunes Communistes (MJCF)
 
[Communiqué de Marie-George Buffet]
Commission d’enquête sur les effets de la crise du Covid-19 sur les enfants et la jeunesse : le rapport est adopté à l'unanimité
J’ai rendu aujourd’hui mon rapport au nom de la commission d’enquête parlementaire pour mesurer et prévenir les effets de la Covid-19 sur les enfants et la jeunesse, après 4 mois de travaux. Voici brièvement ses conclusions principales, en attendant que le rapport soit rendu public.
Tout d’abord, nous avons été alertés tout le long de nos auditions par les mouvements de jeunesse, les syndicats étudiants, les professionnels de l’enfance sur ce déficit de représentation de la jeunesse dans les débats et dans les politiques publiques.
Pour reprendre le terme d’un des auditionnés, nous devons mettre de l’enfance partout.
Plusieurs propositions du rapport vont dans ce sens : renforcement du collège des jeunes dans plusieurs instances comme le HCVA, création d’une délégation permanente à l’enfance au sein de l’Assemblée, participation d’un pédiatre et d’un pédopsychiatre au sein du Conseil scientifique.
Bien que sensiblement préservés, des effets dramatiques de la Covid-19, les conséquences sanitaires sont réelles pour les enfants et adolescents. En effet, les témoignages recueillis font état d’une dégradation de l’état physique de la jeunesse, à raison de deux grands facteurs de risques : en premier lieu, la sédentarité et les déséquilibres alimentaires ; en second lieu, des retards possibles dans la prévention et le suivi des traitements curatifs.
De plus, notre pays souffre d’un déficit très important en pédopsychiatrie. Le nombre de pédopsychiatres a fortement diminué au cours des dernières années : en 2006, près de 1 200 pédopsychiatres formés exerçaient leur activité en France, contre 600 actuellement, et leur moyenne d’âge atteint entre 61 à 62 ans.
Le rapport propose ainsi plusieurs pistes pour remédier à ce déficit, en agissant notamment au niveau de la spécialisation par sa revalorisation.
De même, le soutien psychologique aux étudiants et à leur santé mentale est extrêmement lacunaire, notre pays est très en retard dans ce domaine. Le ratio du nombre d’étudiants par professionnels de santé est préoccupant : le nombre d’étudiants par équivalent temps pleins de médecin de service de santé universitaire atteint 15 813 et le nombre d’étudiants par équivalent temps plein de psychologue est encore plus élevé, avec 29 882 étudiants. Un psychologue pour près 30 000 étudiants alors que les standards internationaux recommandent un ratio de 1 pour 1500.
Concernant la fermeture des établissements scolaires, le constat partagé est celui du creusement des inégalités que cela a entrainé. Les disparités en termes de dotations matérielles, de connaissance du numérique, de conditions de vie ont eu un impact très significatif sur la possibilité ou non, pour les enfants, de continuer à avoir un lien avec l’école, de connaître une véritable continuité pédagogique bien que les équipes pédagogiques aient déployé l’ensemble des moyens mis à leur disposition pour maintenir ce lien. Le rapport propose ainsi un renforcement des efforts dans l’identification des difficultés des élèves et des familles en termes de matériels mais aussi d’illectronisme.
Nous avons tenu collectivement à ce que nos travaux abordent en profondeur la situation des jeunes les plus vulnérables avec leurs problématiques spécifiques et notamment les questions autour de la protection de l’enfance.
Les témoignages recueillis font d’état d’un fort engagement des personnes de l’aide sociale à l’enfance, notamment de la présence renforcée des éducateurs auprès des enfants pris en charge.
Pour les aider dans leurs missions, le rapport propose de renforcer le pilotage national et territorial de la politique de la protection de l’enfance, en réaffirmant l’impératif d’une prise en charge équivalente des enfants sur l’ensemble des territoires. Cet objectif, suppose de réaffirmer le rôle de l’État dans la définition des orientations de cette politique et dans le contrôle de leur mise en œuvre.
La pauvreté infantile atteint 21% des enfants. La crise aggrave les inégalités mais surtout la pauvreté. Les associations caritatives nous ont alerté sur l’urgence de moyens supplémentaires pour aider les ménages pauvres, amplifier la lutte contre la précarité car les enfants sont les premières victimes de la crise économique.
De même, la précarité étudiante, exacerbée par la perte des jobs étudiants, n’aura de cesse de perdurer si nous n’agissons pas structurellement sur l’accompagnement que proposent l’État et les établissements d’enseignement supérieurs, le système de bourses actuel peine à répondre efficacement.
Enfin, l’absence de filet de sécurité pour notre jeunesse nous a été relatée à toutes les auditions si bien que la question des moyens de l’autonomie des jeunes doit être au cœur de notre action et le rapport propose l’engagement d’une réflexion sur les moyens de l’autonomie financière et matérielle des étudiants et l’ouverture du RSA aux moins de 25 ans.
Jeunesse. Le rapport parlementaire qui sonne l’alarme
Vendredi 18 Décembre 2020 - L'Humanité

Marie-George Buffet a remis le 16 décembre un rapport parlementaire inquiétant sur les conséquences de la crise sanitaire sur les enfants et les jeunes. La députée communiste fait également 80 propositions dont certaines applicables en urgence.

 

Le rapport d’enquête parlementaire remis par la députée (PCF) Marie-George Buffet le 16 décembre donne l’alerte. La jeunesse du pays est durement touchée par la crise du Covid et ses conséquences. « Ils sont au cœur de l’épidémie », prévient la parlementaire : « Ce n’est pas la maladie en elle-même, mais toutes ses conséquences ». Marie-George Buffet explique notamment que lors des auditions menées par la commission d’enquête parlementaire, « les pédiatres ont constaté des prises de poids, de masse graisseuse, une baisse de la capacité physique des enfants. On connaît des cas de malnutrition dans les familles les plus précaires, et chez les étudiants ».

Mais ce qui est encore plus inquiétant selon elle, ce sont les conséquences psychiques. Ces dernières ont déjà été mesurées en pleine augmentation dans la population générale, mais répondent à des problématiques plus spécifiques chez les jeunes. « On ne tient pas compte de la santé mentale dans ce pays », déplore Marie-George Buffet. « Avec le confinement, des enfants sont devant les chaînes d’information en continu, et entendent s’égrener le nombre de morts tous les jours ».

La députée de Seine-Saint-Denis souligne également le problème du rapport au masque : « Des parents d’élève et des enseignants ont attiré notre attention sur le rapport entre l’apprentissage de la parole et les masques. Et au-delà du langage, de la difficulté à appréhender le caractère sérieux ou ironique de celui qui leur parle. Un enfant reconnaît ces choses-là au visage », indique également Marie-George Buffet.

Au-delà de ces constats, son rapport dresse une liste de quelque 80 propositions en faveur de la jeunesse. Certaines sont des mesures d’urgence. « Les vaccinations ont pris du retard, et il va falloir le rattraper chez les jeunes enfants. Nous proposons de débloquer tout de suite 100 millions d’euros pour les PMI dans cet objectif », explique Marie-George Buffet. Mais aussi, « tout de suite, il faut des lieux de parole, où les enfants et les jeunes puissent être accueillis, entendus ». La députée appelle également à « faire très attention aux campagnes de communication, qui ont été très culpabilisantes envers les enfants et les jeunes ».

La commission a également voté à l’unanimité le déblocage en urgence du RSA pour les moins de 25 ans, et demande la création d’un observatoire de la jeunesse alors que les experts auditionnés ont souvent souligné manquer de données chiffrées. La commission a voté, également à l’unanimité, l’interdiction des expulsions de familles avec enfants mineurs, l’augmentation du nombre de médiateurs scolaires auprès des familles les plus isolées, « notamment celles logées par le 115 dans des hôtels sociaux ». Marie-George Buffet a également pointé la « fracture numérique » qui a entraîné un décrochage scolaire. « Distribuer du matériel ne suffit pas », nous explique-t-elle. « On a besoin, sur le long terme, de former à la fois les élèves mais aussi les familles. Si l’on connaît un nouveau confinement en janvier ou en février, les familles démunies seront à nouveau en rupture avec le système éducatif ». Le rapport parlementaire présenté par Marie-George Buffet propose également de « faire entrer un pédopsychiatre dans le Conseil scientifique ».

Diego Chauvet

Partager cet article
Repost0
20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 10:34
Centenaire du PCF. Fabien Roussel : « Le communisme, c’est la jeunesse du monde »
Vendredi 18 Décembre 2020 - L'Humanité

À quelques jours du 100e anniversaire du congrès de Tours, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a livré ce jeudi sur la Toile un discours pour célébrer la riche histoire de son parti « avec les yeux braqués sur le présent et vers l’avenir ».

 

Souffler sa centième bougie est une occasion qui ne se manque pas. Malgré la pandémie, le PCF s’organise pour célébrer comme il se doit les 100 ans du congrès de Tours, qui lui a donné naissance sous le nom alors de Section française de l’Internationale communiste. Avec un peu d’avance, le rendez-vous de 1920 ayant eu lieu du 25 au 30 décembre, son secrétaire national, Fabien Roussel, a prononcé un discours ce jeudi, estimant qu’au-delà du siècle écoulé, « cette fête est celle d’un commencement ». « En 2020 comme il y a cent ans, le communisme, c’est la jeunesse du monde. Et face au vieux système capitaliste, nous avons besoin d’idées radicalement nouvelles », a-t-il lancé lors d’une allocution depuis le siège de la place du Colonel-Fabien retransmise – Covid oblige – sur les réseaux sociaux. Une fête « avec les yeux non pas tournés vers le passé, mais braqués sur le présent et vers l’avenir », a-t-il insisté dans la foulée.

Un engagement internationaliste bien de notre temps

Qui dit anniversaire dit néanmoins détour par l’histoire, surtout lorsque, comme celle du PCF, elle est faite de combats emblématiques et de conquêtes sociales qui ont marqué la France au fil des décennies. « C’était déjà l’urgence du présent qui présidait le congrès de Tours, quand le Parti communiste s’est créé sous la banderole “Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !” », a ainsi estimé Fabien Roussel, rappelant qu’après « l’horreur de la Première Guerre mondiale, il s’agissait de garantir pour de bon la paix entre des peuples que l’impérialisme montait les uns contre les autres, de tourner la page d’un capitalisme broyant les vies humaines ». D’une guerre à l’autre, « c’est cette volonté de changer le cours du monde, d’être tout simplement utile qui hante encore le jeune Guy Môquet, lycéen de 17 ans, à la veille de son exécution par les nazis, le 22 octobre 1941, dans sa dernière lettre », note le député du Nord. Parmi ces grandes conquêtes, sont égrenés les congés payés de 1936, la création de la Sécurité sociale portée par le ministre communiste Ambroise Croizat ou encore le droit de vote des femmes inscrit dans la loi en 1944 par un amendement de Fernand Grenier. « C’est Étienne Fajon, autre député communiste, qui proposera en 1946 de graver dans le marbre de notre Constitution la laïcité », ajoute Fabien Roussel en écho aux débats des dernières semaines autour de la loi « confortant les principes républicains », au cours desquels le PCF a dû essuyer des accusations en complicité avec les tenants de l’islamisme. Mais ce sont aussi « 1968 et le rôle majeur des communistes, au côté des syndicats et de la jeunesse, dans les conquêtes sociales du printemps dont une hausse du Smic de 35 % » et « 1981 et la victoire de la gauche grâce au score de 15 % de Georges Marchais avec un projet ambitieux pour le monde du travail » qu’évoque également Fabien Roussel, retraçant l’histoire de son parti.

Le communisme municipal à la pointe du progrès social

Une centaine d’années par ailleurs marquée par un engagement internationaliste à travers la lutte pour la décolonisation et les indépendances ou encore contre l’apartheid. Des combats eux aussi bien de notre temps : « C’est le même engagement que nous avons aujourd’hui pour demander la libération de Marwan Barghouti, le député palestinien enfermé dans les geôles israéliennes, ou pour mettre fin au blocus contre le peuple cubain », a expliqué le parlementaire, soulignant au passage les batailles livrées contre l’Europe du fric, et notamment celle, victorieuse en 2005, contre le traité constitutionnel.

Autre pilier de l’histoire du PCF : le communisme municipal. « Notre honneur, hier comme aujourd’hui, c’est l’engagement des maires communistes, à la pointe du combat pour créer des logements sociaux de qualité ou des centres médicaux de santé, pour développer la culture et l’éducation populaire, pour favoriser la diversité et la mixité sociale, pour permettre à tous les enfants de partir en vacances, pour garantir à chaque citoyen les mêmes droits », a salué l’élu du Nord. « Rien que dans la période qui s’étend de 1965 à aujourd’hui, environ 2 900 communes ont eu à un moment ou un autre un maire communiste ou apparenté, ce qui représente 10 millions d’habitants », selon les calculs de l’historien Roger Martelli. Aujourd’hui encore, l’une des forces du PCF réside dans son réseau de militants et d’élus, avec 50 000 adhérents, 660 maires à l’issue du dernier scrutin municipal et des « milliers d’élu-es locaux, départementaux, régionaux ».

À l’heure où les lieux de culture ont porte close, c’est en pointant les liens entretenus par son parti avec le monde de la création – de Picasso à Éluard en passant par Ferrat – que Fabien Roussel a saisi l’occasion de dénoncer les décisions de l’exécutif en la matière. « Quelle honte de voir le gouvernement décréter, lorsque des mesures de restriction sanitaire s’imposent, que la culture n’est pas indispensable », a-t-il taclé.

« Nous portons l’objectif d’éradiquer le chômage et la pauvreté »

Au-delà de la culture, la crise sanitaire met en relief « l’actualité » du communisme sur bien d’autres terrains, a encore assuré Fabien Roussel – arrivé à la tête de son parti en 2018 sur le thème « PCF is back », un slogan décliné lors des européennes de 2019 en « Red is the new green ». « Jamais les inégalités, les injustices, les espoirs d’un monde de justice, de paix, de fraternité, écartant les menaces climatiques, préservant la planète, jamais ces colères et ces espoirs n’ont été aussi forts », a-t-il martelé, voyant dans le communisme « la réponse pertinente à un système économique qui menace la civilisation humaine comme le climat ». Face aux « centaines de milliers de salariés qui reçoivent en ce moment même leur lettre de licenciement », a-t-il poursuivi, « nous portons l’objectif pour notre pays d’éradiquer le chômage et la pauvreté, de garantir à chacun un emploi, une formation, un salaire tout au long de sa vie » et de « donner plus de pouvoir, plus de droits à tous ceux et toutes celles qui créent les richesses par leur travail, quand une minorité les accapare ». Fustigeant les « authentiques vieillards » que sont « les Bernard Arnault, les Jeff Bezos et autres Bill Gates », c’est à leur reprendre le pouvoir qu’appelle le secrétaire national du PCF, dans une lutte des classes des plus acharnées, malgré tous les discours aimant à faire croire à sa disparition. En somme, conclut Roussel : « C’est le capitalisme qui a fait son temps. Une nouvelle ère doit s’ouvrir. Et le communisme est le nom de cet espoir pour l’humanité. »

À l'occasion du centenaire du congrès de Tours et de la création du PCF, l’Humanité publie Besoin de communisme, un hors-série qui explore le passé, le présent et l’avenir de cette visée « commune », plus que jamais nécessaire face aux crises sociales et environnementales. Un numéro exceptionnel à commander ici.

Partager cet article
Repost0
20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 08:32
Marcel Paul, ministre communiste à l'origine d'EDF-GDF et de la nationalisation de l'énergie: l’énergie ouvrière chevillée au corps (Alexandre Courban, L'Humanité, samedi 19 décembre)
Marcel Paul, l’énergie ouvrière chevillée au corps
Samedi 19 Décembre 2020

Abandonné par une mère dans l’indigence, le jeune pupille, décidé à s’extirper de sa condition de valet de ferme, embrasse la carrière d’électricien. Et la cause ouvrière. Communiste, syndiqué, résistant... En 1945, le « pitau » devenu ministre nationalise l’énergie française. Ainsi naquit EDF-GDF.

 

On a longtemps imaginé que Marcel Paul est né le jour de l’anniversaire de la prise de la Bastille. Sa mère l’aurait abandonné parce qu’elle était célibataire, contrainte d’agir ainsi pour survivre dans une société masculine profondément inégalitaire. Sa mort, survenue le 11 novembre 1982, jour de la commémoration de la Première Guerre mondiale, quelques heures après qu’il a participé avec le président de la République, François Mitterrand, à la cérémonie officielle à l’Arc de triomphe – bien qu’éclipsée par celle du dirigeant soviétique Leonid Brejnev –, contribua à nourrir la légende de l’homme. Celle d’un ouvrier devenu ministre à la Libération, légitimé par son action dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, considéré – à raison – comme le père de la nationalisation du gaz et de l’électricité et du statut national personnel des industries électriques et gazières.

L’accès à de nouvelles archives, publiques et privées, a permis de régénérer les travaux pionniers de Pierre Durand (1) et de René Gaudy (2), et de renouveler l’approche biographique de ce militant parmi les militants.

Confié à l'Assistance publique

L’ouverture des archives de l’Assistance publique de l’ancien département de la Seine permet de mieux connaître son enfance. Marcel Paul est né le 12 juillet 1900. Son père, qui se prénomme également Marcel, est originaire de l’ouest de la France, il est né en Dordogne en 1878. Sa mère, Marie Dubois, est également originaire de l’ouest de la France, née en 1877 en Ille-et-Vilaine. On ignore tout de leur rencontre. La jeune couturière déclare être arrivée à Paris en 1898. Le concierge de l’immeuble atteste dans les semaines qui suivent la naissance de Marcel Paul qu’elle a toujours eu une très bonne conduite.

 

Toujours est-il que Marie Dubois accouche seule à la maternité du boulevard de Port-Royal. Son compagnon est alors sous les drapeaux depuis huit mois. Ils ne sont pas mariés. Les parents du jeune conscrit se ­seraient opposés pendant plusieurs années à leur union. Ce n’est qu’en 1905 que Marcel Paul et Marie Dubois se marient à Paris, trois ans après le décès du père de Marcel Paul, un an après avoir obtenu le consentement de leurs mères respectives. Trois jours après la naissance de son fils, Marie Dubois explique à un employé du service des enfants assistés du département de la Seine qu’elle ne gagne pas suffisamment d’argent pour placer son fils en nourrice, ce qui l’oblige à le confier à l’Assistance publique. Elle aurait été informée que « l’admission d’un enfant à l’hospice des enfants assistés ne constituait pas un placement temporaire, mais bien un abandon, et que les conséquences de cet abandon étaient les suivantes : ignorance absolue des lieux où l’enfant serait mis en nourrice ou placé ; absence de toute communication, même indirecte, avec lui ; nouvelles de l’enfant données tous les trois mois seulement et ne répondant qu’à la question de l’existence ou du décès ».

Un petit valet de ferme qui rêve d'aviation

Marcel Paul est alors envoyé dans le département de la Sarthe. Il est d’abord placé chez un couple de journaliers, puis chez une autre nourrice, veuve, dans le village de Moncé-en-Belin, où une plaque commémorative apposée depuis sur une façade rappelle sa présence en ce lieu. Marcel Paul semble avoir considéré et aimé sa nourrice comme sa mère. Quant à sa mère biologique, elle regrette presque immédiatement son geste. Pendant vingt ans – ce que nous ignorions jusqu’à présent –, Marie Dubois s’est battue pour retrouver son fils, quand bien même ses multiples démarches ont été compliquées. Il est facile d’imaginer ce que peut représenter pour quelqu’un ne maîtrisant pas correctement la langue française à l’écrit – comme le montrent les lettres conservées dans les archives – de contacter l’administration, et qui plus est pour une femme confrontée au regard d’une décision forcément masculine.

Marcel Paul aspire à devenir typographe. La déclaration de guerre, en août 1914, bouleverse son projet.

Comme l’a écrit René Gaudy dans la notice biographique rédigée pour le Maitron en ligne, « le petit pupille de l’Assistance publique prend goût à l’école grâce à son instituteur » (2). En juin 1913, Marcel Paul passe avec succès les épreuves du certificat d’études primaires. Il est même reçu parmi les premiers, ce qui aurait causé médisance et jalousie de la part de quelques notables du village. Marcel Paul aspire alors à devenir typographe. La déclaration de guerre, en août 1914, bouleverse son projet. Âgé de 13 ans, il devient valet de ferme. Pendant quatre ans, il travaille dans différentes exploitations agricoles, tout en caressant à plusieurs reprises le rêve d’intégrer une école d’aviation pour devenir mécanicien.

Engagé dans la Grande Guerre

En avril 1919, Marcel Paul change radicalement d’existence. Contrairement à ce qui a été écrit jusqu’à présent, le jeune pupille décide de son propre chef de s’engager dans l’armée pour quatre ans. Il se rend à la mairie du Mans pour signer son engagement, puis il rejoint le 2e dépôt des équipages de la flotte à Brest. Cette caserne est à la fois un lieu de transit pour les marins en attente d’une affectation ou d’un embarquement et un centre de formation de la marine. Marcel Paul témoignera par la suite avoir pris part à la deuxième vague de mutinerie qui touche, en juin 1919, les ports et arsenaux français, en écho à la révolte des marins français de la mer Noire, entre autres hostiles à l’intervention militaire française contre les bolcheviks et la révolution russe.

Membre du Parti communiste, il exerce successivement différentes responsabilités syndicales durant l’entre-deux-guerres.

En avril 1922, Marcel Paul est démobilisé. Titulaire du brevet élémentaire d’électricien, il se rend aussitôt à Paris pour toucher son compte de pupille. Il travaille d’abord dans une entreprise de travaux publics. Il se syndique alors à la Confédération générale du travail unitaire (CGTU). Il est ensuite embauché à la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP). Il travaille quelques mois comme monteur au sein du service électrique, où il est chargé de l’entretien des lignes aériennes du tramway. Il est par la suite recruté comme électricien à la Compagnie des compteurs, à Montrouge. Il intègre enfin la Compagnie parisienne de distribution électrique (CPDE), en 1924, comme releveur de compteurs. Membre du Parti communiste, il exerce successivement différentes responsabilités syndicales durant l’entre-deux-guerres, jusqu’à devenir à l’époque du Front populaire secrétaire général de la fédération de l’éclairage de la CGT réunifiée, jusqu’à la signature du pacte germano-soviétique et au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

De Buchenwald au Comité central

Marcel Paul est l’un des pionniers de la Résistance. Il déploie une ligne d’union populaire à laquelle il restera attaché toute sa vie, indépendamment des vicissitudes idéologiques. En novembre 1941, il est arrêté par la police française à la suite d’une dénonciation qui le conduit des prisons de Vichy au camp de Buchenwald, où il est déporté en avril 1944. Très vite, il participe à l’organisation de la Résistance dans ce camp de travail forcé, aux côtés du colonel Henri Manhès, l’ancien adjoint de Jean Moulin en zone nord. Tout porte à croire que, par son action rassembleuse, Marcel Paul a contribué à inclure à la fois des individus considérés comme des « ennemis du parti », à l’image des militants trotskystes, ou des « adversaires du parti », comme les francs-maçons, sans même parler de dirigeants patronaux, tel l’ingénieur Marcel Bloch qui prendra après la guerre le nom de Marcel Dassault.

La libération de Buchenwald inaugure pour Marcel Paul une période d’activité intense. Cette soudaine notoriété le conduit à être élu au comité central du Parti communiste, lors du Xe congrès, réuni à Paris en juin 1945. Il intègre dans la foulée l’Assemblée consultative, avant d’être élu député de la Haute-Vienne en octobre 1945.

La bataille de la nationalisation

Un mois plus tard, l’ancien secrétaire de la fédération CGT de l’éclairage devient ministre de la Production industrielle du gouvernement formé par le général de Gaulle – qui comprend quatre autres ministres communistes : Maurice Thorez, Ambroise Croizat, François Billoux et Charles Tillon. Marcel Paul s’engage dans une nouvelle bataille : celle de la nationalisation du gaz et de l’électricité, conformément au programme du Conseil national de la Résistance. Si les actionnaires des anciennes sociétés privées sont indemnisés à hauteur de 1 % des recettes annuelles de la future entreprise publique, les salariés du nouveau groupe industriel public disposeront également de la même somme pour développer leurs œuvres sociales dans un futur organisme à mettre en place. La loi est promulguée le 8 avril 1946.

Par ailleurs, Marcel Paul parvient deux mois plus tard à signer le décret approuvant le statut national du personnel des industries électriques et gazières, qui prévoit la création du Conseil central des œuvres sociales (CCOS), qu’il est amené à présider début 1947, après son départ du gouvernement.

Syndicalisme à bases  multiples

En quelques mois, ce comité d’entreprise hors normes, mis en place en janvier 1947 – uniquement géré par les représentants du personnel –, met en œuvre ce que le secrétaire de la CGT Benoît Frachon avait défendu plus d’une fois durant l’entre-deux-guerres : le syndicalisme à bases multiples. Il s’agissait alors d’être utile, au quotidien, aux ouvriers, en leur proposant des services souvent inexistants dans le domaine de la formation, de la santé ou de la culture, sans pour autant renoncer à la lutte revendicative (3). La priorité est alors donnée aux enfants de 6 à 14 ans, qui ont la possibilité de partir un mois en vacances à la campagne, à la mer ou à la montagne. Renouant avec la tradition des coopératives de consommation, le CCOS affirme sa volonté de donner accès aux produits de première nécessité, alors même que la France connaît encore des restrictions importantes. Enfin, dans la lignée du mouvement mutualiste, le CCOS accompagne la création et la mise en place de la Sécurité sociale portée par Ambroise Croizat, autre ministre communiste issu des rangs de la CGT. Par ailleurs, Marcel Paul n’hésite pas à engager le CCOS dans la cogestion de l’appareil de production énergétique français, contribuant à verser en 1950 le reliquat des sommes non dépensées pour la construction de barrages.

Face aux manœuvres droitières

Les activités sociales de l’énergie sont rapidement mises sur la sellette, ne serait-ce que pour la capacité d’entraînement que représente ce modèle aux yeux des adversaires des conquêtes ouvrières et du progrès social. Les forces de droite – politiques et économiques –, dans le contexte de la guerre froide, manœuvrent pour mettre un terme à cette expérience concrète visant à l’émancipation des ouvriers et de leurs familles. Le 17 février 1951, le gouvernement de René Pleven dissout le CCOS.

Par la suite, Marcel Paul redevient secrétaire de la fédération CGT du personnel de l’énergie électrique, nucléaire et gazière, qui s’avère incontournable au sein d’EDF-GDF. Mais la guerre d’Algérie, qui éclate le 1er novembre 1954, l’entraîne dans une nouvelle crise qui se soldera neuf ans plus tard par le départ de Marcel Paul, évincé par une équipe de quadragénaires comprenant Roger Pauwels, René Le Guen, Pierre Delplanque et Claude Flandre.

Marcel Paul consacre alors la fin de sa vie à une autre fédération : celle des déportés, internés, résistants et patriotes (FNDIRP), dont il est cofondateur.

(1) « Marcel Paul. Vie d’un “pitau” », de Pierre Durand. Temps actuels, 1983. (2) Notice Marcel Paul par René Gaudy sur le site du Maitron : https://maitron.fr/spip.php?article50530. Version mise en ligne le 6 juin 2009, dernière modification le 11 novembre 2020. (3) Voir l’exemple des métallurgistes de la région parisienne dans « Solidarité ! », le livre-DVD retraçant l’histoire de l’Union fraternelle des métallurgistes, de Mathilde de Romefort et Alexandre Courban. UFM-CGT, 2015.
Partager cet article
Repost0
16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 12:21
Atteintes aux libertés publiques. Acte II: le retour d'Edwige - Par Jeremy Bacchi, sénateur communiste des Bouches du Rhône
Partager cet article
Repost0
13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 08:28
Un candidat PCF à la présidentielle ? Les adhérents trancheront en mai - Julia Hamlaoui, L'Humanité, 12 décembre 2020 - et Ouest-France, 12 décembre 2020
Un candidat PCF à la présidentielle ? Les adhérents trancheront en mai
Samedi 12 Décembre 2020 - L'Humanité

Le conseil national du PCF a défini ce samedi son calendrier en vue des échéances de 2022. Une conférence nationale les 10 et 11 avril puis un vote des adhérents du 7 au 9 mai détermineront qui sera le candidat des communistes à la présidentielle.

 

Une décision rapide mais pas précipitée. C’est l’équilibre vers lequel espèrent tendre les communistes avec le calendrier qu’ils ont arrêté, lors de leur Conseil national ce samedi, pour les décisions relatives aux législatives et à la présidentielle de 2022. Tandis que les socialistes patientent, que les écologistes devraient laisser passer les régionales, que les insoumis ont déjà leur candidat Jean-Luc Mélenchon, les adhérents du PCF seront appelés à faire leur choix au printemps prochain.

La situation de crise appelle « non seulement à montrer que le changement est possible mais qu’il est indispensable de rompre avec le système capitaliste », a jugé samedi le secrétaire national du PCF Fabien Roussel avant d’entrer dans le vif du sujet. « Une attente forte s’est exprimée d’avoir une parole, une visée, un programme communiste à l’occasion de ces élections et nous avons mis en débat la possibilité de proposer une candidature communiste ouverte et rassembleuse. Pour cela nous avons défini un calendrier pour instruire ce débat », a-t-il résumé, insistant sur la volonté de « lier intimement élections présidentielle et législatives, avec l’objectif d’avoir le plus de députés communistes à l’Assemblée nationale ».

« Jean-Luc Mélenchon ou un candidat communiste »

Concrètement, une conférence nationale avec des délégués de chaque département se réunira les 10 et 11 avril pour adopter le projet que défendra le PCF et définir si celui-ci doit être incarné lors de la présidentielle par un communiste ou un candidat issu d’autres rangs. Mais ce sont les militants qui arrêteront le choix définitif par un vote organisé entre les 7 et 9 mai. Ce choix mettra en balance des noms définis après un appel à candidature interne, probablement « Jean-Luc Mélenchon ou un candidat communiste », selon Fabien Roussel. « Cette conférence nationale aura à son ordre du jour l’adoption d’abord d’un projet pour notre pays, et ensuite nous voulons lier élections législatives et présidentielle. Pour porter ce combat nous poserons la question de l’utilité ou pas d’avoir un candidat communiste lors de la présidentielle 2022 », a encore détaillé le député du Nord samedi à l’occasion d’une conférence de presse aux côtés du président du Conseil national de la formation, Pierre Laurent. « Quelles que soient les opinions sur le choix final, il y a une volonté unanime d’éclaircir ce débat relativement rapidement », a souligné ce dernier tout en précisant que « c’est maintenant que va s’engager la discussion sur le fond du choix et du sens d’une éventuelle candidature ». Un débat qui lors de la dernière présidentielle avait créé de nombreuses tensions.

Un projet présenté en mars

Lors du dernier congrès en 2018, Fabien Roussel a été élu à la tête du PCF en partie sur l’idée que des candidatures communistes sont nécessaires lors des scrutins nationaux. Pour l’instant, il n’a pas souhaité faire part de sa position. « Je m’exprimerai le moment venu », a-t-il déclaré refusant également de se prononcer sur son souhait éventuel de se présenter lui-même. « Je fais le choix pour l’instant de me préoccuper du contenu, du projet », a-t-il expliqué. Pour élaborer ce texte appelé à devenir le programme du PCF, une commission d’une vingtaine de membres « assez représentatifs de la diversité » du PCF, selon l’expression de Pierre Laurent, a été élue ce week-end et sera codirigée par Éliane Assassi, sénatrice de Seine-Saint-Denis, et Christian Picquet, membre de l’exécutif national. « Ce projet sera soumis aux communistes au mois de mars et il viendra enrichir la plateforme de propositions que nous avons mise en place depuis quelques semaines », a également précisé Fabien Roussel qui assure à propos de la candidature que, quel que soit le choix retenu, il sera « conduit jusqu’au bout ».

Quant au congrès initialement prévu au printemps, jugé trop lourd à organiser dans un contexte sanitaire incertain et alors que les régionales et départementales auront très certainement lieu en juin, il serait reporté à l’automne. Mais, a prévenu Fabien Roussel, « nous avons prévu une clause de revoyure au premier semestre 2021 pour dire si nous le tiendrons bien à l’automne ou si on le repousse un peu plus tard, voire après 2022 ».

Présidentielle. Les communistes se préparent pour 2022

Ouest-France, Yves-Marie Robin, 11 décembre

Le PCF devrait présenter un(e) candidat(e) à la prochaine présidentielle. Le secret est bien gardé, mais il est de polichinelle.

Ils n’ont plus présenté de candidat attitré depuis 2007 et la participation de l’ancienne ministre des Sports Marie-George Buffet. Quinze ans plus tard, les communistes pourraient prendre part à l’élection présidentielle de 2022. Le sujet est d’ailleurs à l’ordre du jour d’une réunion du parti ce samedi. « Nous allons arrêter un calendrier. Le choix de présenter ou de ne pas présenter un candidat se fera au printemps », indique Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF

Leur propre candidat

Pas de décision donc avant plusieurs mois. Du moins officiellement. Les communistes ont envie d’avoir leur propre candidat à la prochaine présidentielle et ils ne se privent pas de l’annoncer. « Je sens une colère très forte, une pauvreté qui monte comme jamais, des licenciements insupportables… Oui, ça pousse pour qu’il y ait une candidature communiste », note Fabien Roussel.

 

Après celle de Jean-Luc Mélenchon et celle attendue chez les écologistes, la candidature du PCF sonnera donc le glas de l’idée de gauche unie au premier tour face à Emmanuel Macron et Marine Le Pen. « Il est important que chaque force politique de gauche reconquière son propre électorat, poursuit Fabien Roussel. Nous voulons reconstruire un parti communiste fort. »

 

« Besoin d’union en vue des élections »

Au détriment de l’union de la gauche ? « Le dialogue doit se poursuivre avec les Verts, le PS et LFI. Nous aurons besoin d’union en vue des élections suivantes. » À commencer par les législatives, l’autre échéance importante pour Fabien Roussel, si ce n’est la majeure. Le patron du PCF entend reconstituer un groupe communiste fort au Palais Bourbon. Entre LFI et le PCF, le duel s’annonce serré pour conquérir l’électorat ouvrier.

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 08:21
Nous avions un conseil national du PCF ce 12 décembre à distance et en viseo conférence, auquel ont participé environ 160 camarades de toute la France, membres du CN et secrétaires départementaux.
La conférence nationale sur la séquence Présidentielles et Législatives, notre projet et notre stratégie, est fixée les 10-11 avril, avec vote des communistes du 7 au 9 mai sur l'option retenue pour les présidentielles par les délégués de la conférence nationale (stratégie, choix d'avoir un candidat ou non, choix du candidat). Pour le congrès national, le 39e congrès du PCF, 3 ans après le 38e congrès clôture en novembre 2018, il devrait avoir lieu du 5 au 7 novembre 2021, avec un vote de la base commune les 3 et 4 juillet au CN, et une date limite d'éventuels textes alternatifs le 8 août.
Les congrès de section seraient à organiser entre le 9-10 octobre et le 16-17 octobre 2021.
Les congrès de fédérations entre les 23-24 octobre et 30-31 octobre 2021.
Toutes ces dates sont posées sous réserve de l'évolution de la situation sanitaire et d'un éventuel décalage des élections départementales et régionales qui devraient avoir lieu selon toute vraisemblance fin juin 2021.
J'ai eu l'honneur que l'on me propose de participer à la commission de transparence des débats du 39e congrès au côté de Marie-Jeanne Gobet, Emilie Le Croq, Véronique Mahé, Elisabeth Margars, Sarah Misslin, Nicolas Cossange, Denis Durand, Yann Le Pollotec, Yannick Monnet. 
Je suis intervenu hier midi à ce CN en viseo conférence (juste après la prise de parole de Fabien Roussel).
Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF, membre du Conseil National 
***
Intervention Ismaël Dupont(CN du 12 décembre 2020)
"Je voulais d’abord exprimer le fait que j’apprécie le rapport présenté par Marie-Jeanne Gobert et le travail réalisé pour y aboutir qui restitue bien les échanges avec les secrétaires départementaux, du moins celui organisé avec ceux de Bretagne auquel j’ai pu assister, et que je suis d’accord avec la proposition de calendrier, prévoyant une conférence nationale et un choix d’orientation assez proche sur les présidentielles et les législatives, et un congrès en novembre 2021. Cela me semble important que notre congrès ait lieu en 2021, l’année de notre centenaire, même si le calendrier est serré. Je pense que cela n’exclut pas une mise en dynamique du parti dans un contexte de pré-campagne. Il est souhaitable et logique dans la période que nous vivons de rendre possible une candidature communiste aux élections présidentielles. Nous ne devons pas à nouveau subir en spectateurs les évènements, cette séquence politique qui est celle où les Français sont les plus réceptifs aux enjeux politiques et où ils peuvent se mettre en mouvement, adhérer, être acteurs. Une candidature communiste aux présidentielles donnerait de la visibilité et de l’incarnation à nos idées, ce pourrait être un moment d’éducation populaire, de sensibilisation au fait qu’une alternative existe à cette société là, où la xénophobie se renforce, comme le recul des libertés, la casse des services publics et des droits sociaux, l’atomisation de la société, le développement des inégalités et de la pauvreté. 1 million de chômeurs en plus, 1 million de pauvres en plus, depuis le début de la Covid, et pendant ce temps, les actionnaires du CAC 40 voient leurs profits grimper comme jamais, les 25 milliardaires les plus riches de la planète ont gagné en moyenne chacun 10 milliards d’euros en à peine 3 mois de pandémie entre avril et juillet. L’état du monde et de la société française exigent un PCF et un mouvement communiste qui redevienne un repère politique et moral, qui mette en marche son organisation, mobilise autour de lui et se renforce. Une victoire de la droite et une progression de l’extrême-droite, dans le pire des scénarios, rendraient notre présence bien identifiée et notre force militante tout aussi nécessaires. Seule notre organisation, et non les autres forces de gauche, de nature sociale-démocrates, et qui poursuivent d’autres objectifs, fait de la lutte contre le capitalisme et de son dépassement la mère de toutes les batailles. Or, c’est bien l’origine des crises multiples que nous subissons. Fabien Roussel, qui a été encore excellent ce matin sur France Inter, ferait un très bon candidat, incisif avec calme, humour et détermination, capable de parler aux cœurs. Autour de moi, j’ai plusieurs amis ou proches qui, sans être communistes ou voter le plus fréquemment pour nous, m’ont dit qu’ils voteraient cette fois-ci pour notre candidat si nous en avons un, et qu’ils ne se revoyaient pas voter Mélenchon. La donne a changé depuis 2017. Dans le même temps, je pense que lancer une candidature communiste n’exclut pas de continuer à faire des gestes politiques pour construire du rassemblement aux législatives, et de se déclarer disponibles pour bâtir les bases d’un contrat de majorité et de gouvernement avec l’ensemble de la gauche et des écologistes, démarche qui si elle aboutissait à un projet satisfaisant, et pour pour donner une chance à une victoire de la gauche en 2022, justifierait qu’on puisse revoir notre position en cours de route."
Retour sur le Conseil National du PCF du 12 décembre 2020 - Lancement des travaux du 39e congrès (novembre 2021) et du processus de décision de notre stratégie pour les présidentielles 2022 (avril et mai 2021)
Partager cet article
Repost0
12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 06:31
L'Humanité publie un hors-série "Besoin de communisme" à l'occasion des 100 ans de la création du Parti communiste (SFIC) à la suite du Congrès de Tours
A l'occasion du centenaire du congrès de Tours et des cent ans du PCF, propose un hors-série exceptionnel "Besoin de communisme" avec un extrait inédit du philosophe Lucien Sève, des entretiens, des rencontres et plus de quarante contributions et expériences alternatives...
 
Le communisme, toujours aussi indispensable
Vendredi 11 Décembre 2020
À l’occasion des 100 ans du congrès de Tours et de la création du PCF, l’Humanité publie un hors-série exceptionnel qui explore le passé, le présent et l’avenir de cette visée « commune », plus que jamais nécessaire face aux crises sociales et environnementales.
 

Besoin de communisme. Cent ans après le fameux congrès de Tours, qui entérina la scission de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) et la création, de fait, du PCF, l’affirmation garde toute sa pertinence. À l’époque, l’adhésion à la IIIe Internationale l’emporta face à la décomposition de socialistes qui s’étaient compromis dans la boucherie de 14-18. Un siècle plus tard, les boutefeux n’ont pas disparu. Et ce besoin de communisme encore moins. Aujourd’hui, d’autres guerres ont succédé aux conflits sanguinolents dans les tranchées boueuses. Un capitalisme exploiteur, prédateur et destructeur étend le domaine marchand, fait régner l’argent-roi, individualise les rapports humains, exacerbe les inégalités sociales, attise les démons nationalistes et nourrit, par son avidité, une crise environnementale aux conséquences incalculables.

Il y a urgence à résister, urgence à réfléchir à d’autres perspectives qui mettent en avant le bien commun, la solidarité, l’émancipation de chacun. Il y a urgence à comprendre que le communisme, contrairement à ce que certains s’échinent à répéter, n’est pas une vieille lune utopiste ou un modèle politique totalitaire. Il n’est pas une idée qui s’impose mais une visée dont on dispose. Et sans doute une partie de la réponse aux crises sociales et écologiques qui menacent le monde. C’est toute l’ambition de ce hors-série « Besoin de communisme » que publie  l’Humanité à partir de ce vendredi. Une parution qui balaie le passé, le présent et l’avenir de cette idée « commune » dont on ne cesse de constater l’urgente nécessité.

Une visée universelle et d’espoir

Un premier chapitre revisite cette histoire tumultueuse. De quand date le communisme ? De Marx, répondront beaucoup. De toujours, pourraient rétorquer d’autres, tant les idées fondatrices de propriété partagée, de mutualisation, de lutte contre l’exploitation ont traversé les siècles. Dès la préhistoire, des formes d’organisations collectivistes, basées sur l’entraide, s’imposent face à l’adversité de la nature. L’idée communiste a irrigué autant qu’elle s’est nourrie du siècle des Lumières, pour finalement être élevée par Marx et Engels au rang de visée politique universelle et d’espoir inédit pour la classe ouvrière. Elle fut, au XXe siècle, à la fois une lueur pour des peuples opprimés, un combat contre le fascisme, une source de progrès sociaux, mais aussi un prétexte à des dérives dictatoriales qui ont marqué au fer le mot même de communisme.

D’aucuns aiment « dater » la fin du communisme en pointant 1989 et l’écroulement du régime soviétique. Mort le communisme ? Ben voyons. En vérité, l’idée communiste reste bien vivante. Elle a profondément marqué – et marque encore tous les jours – de son empreinte nos sociétés. Le deuxième chapitre de ce hors-série raconte ce « communisme en actes » qui inspire, parfois à l’insu de ceux qui les réalisent, de multiples initiatives et pratiques politiques. Il irrigue la lutte contre le capitalisme et l’écrasement des peuples que portent les mouvements altermondialistes depuis une vingtaine d’années. Il vit dans ces démarches d’élus qui municipalisent la gestion de l’eau, promeuvent la gratuité, entraînent leurs concitoyens dans la lutte contre les emprunts toxiques. Il prend sens avec ces paysans refusant le système consumériste, avec ces organisations d’entreprise basées sur le pouvoir des salariés. Il perdure dans la Sécurité sociale et ces autres conquis que les néolibéraux s’échinent à détruire.

Ce hors-série ouvre aussi des perspectives. Que pense la jeunesse du mot « communiste » ? Comment les militants du PCF vivent-ils leur engagement ? Le troisième chapitre explore, avec ses tables rondes, ses contributions et un texte inédit du philosophe Lucien Sève, l’avenir de l’idée communiste, sa capacité à représenter une solution face aux défis environnementaux, économiques et démocratiques. Un besoin, aussi pressant que présent.

Partager cet article
Repost0
12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 06:26
Le PCF s'insurge contre la reconnaissance de l'annexion du Saraha Occidental par le Maroc par Trump en échange d'un accord entre l'Israël de Netanyahou et le Maroc de Mohamed VI
Communiqué de presse de Jean-Paul Lecoq, député communiste de Seine Maritime, commission Défense-Affaires Internationales du Parlement
 
Donald Trump plante un dernier coup de couteau dans le dos du multilatéralisme, et il a choisi les Sahraouis comme victime.
Dans un élan toujours aussi insupportable, Donald Trump a choisi hier de reconnaitre la marocanité du Sahara occidental en échange de la normalisation des relations entre le Maroc et Israël.
Si cette décision est absolument dramatique pour le multilatéralisme, elle permet au moins de faire tomber les masques et de démontrer au grand jour l’alliance des oppresseurs des peuples.
Israël et le Maroc, ces deux pays qui bafouent quotidiennement le droit international sont enfin unis par Trump, ce Président américain qui aura tout fait pour détruire la solidarité internationale durant son mandat.
Il aura laminé les espoirs de voir un jour un État palestinien en acceptant tous les désirs, même les plus fous du gouvernement d’extrême droite de Benjamin Netanyahou, il a coupé les vivres de l’UNESCO parce que cette institution a reconnu la Palestine comme État membre, il a coupé les vivres de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, il a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, sans compter ce « deal du siècle » qui consistait uniquement à vendre la Palestine à Netanyahou et aux colons ultra-orthodoxes, à découper le territoire de la Palestine pour le rendre muet, et à faire valider cela par des États arabes à sa botte, au premier rang duquel trône le petit prince d’Arabie Saoudite, Mohamed Ben Salman, tortionnaire du peuple yéménite.
Aujourd’hui, il poursuit cette politique en invitant le roi Mohamed VI à faire de même. Le chef de l’État marocain se couvre donc de ridicule en rétablissant ses liens avec Israël. Il réussit le tour de force de cracher à la fois au visage du peuple palestinien et au visage du peuple sahraoui.
Le dernier espoir de voir cette situation changer réside dans l’équipe de Joe Biden, qui ne doit pas entériner cette ultime violation du droit international par Donald Trump.
Le Président élu doit réagir fermement à cette proposition et revenir en arrière. Il n’est pas possible qu’un membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies valide une théorie marocaine en violation avec le droit international.
J’appelle donc la France et tous les États membres du Conseil de Sécurité des Nations-Unies de se réunir en urgence pour demander des explications à l’Ambassadeur des États-Unis à l’ONU et à mettre fin à cette injustice en exigeant du Maroc qu’il respecte le droit international et mette en place en urgence un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui, dernier peuple colonisé d’Afrique.
Jean-Paul LECOQ
Partager cet article
Repost0
11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 07:24

Émission spéciale avec Nguyen Thiep SEM l'Ambassadeur du Vietnam en France Alain Ruscio, historien Dominique Bari, journaliste

Partager cet article
Repost0
10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 07:33

 

D’abord, nous ne pourrons pas nous adresser au ministre Le Maire pourtant en charge de l’Economie et de la relance, il en été de même pour le ministre Véran sur le PLFSS. Les gestes barrière sont importants mais quand même… ». Finalement, on ne propose plus au Parlement de s’exprimer, mais de participer. Merci à M. le ministre Dussopt pour sa participation et son comportement politique, même si je regrette la présomption d’avis défavorable sur nos amendements.

Ce budget est davantage celui d’un fidèle serviteur de l’accumulation du capital que d’un État souverain où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous.

Mes chers collègues, je me permets simplement de vous le rappeler en toute solennité : le bon sens voudrait que nous ne répondions pas à une crise qui accroît drastiquement nos dépenses par d’autres dépenses.

Notre groupe CRCE, n’a eu de cesse de vous proposer des nouvelles ressources fondées sur l’équité fiscale afin d’entraver l’accroissement des inégalités que la crise sanitaire continue de renforcer.

Et alors que nous avons débuté les débats autour de ce budget il y a maintenant plus d’un mois, nous avons beau chercher, nous ne trouvons pas :

-  Nous ne trouvons pas vos propositions visant à rétablir l’équité fiscale entre les petites et les grandes entreprises ;

-  Nous ne trouvons pas non plus vos mesures garantissant l’égalité entre les commerces de proximité et les géants du commerce en ligne qui se sont largement enrichis pendant la crise ;

Nous vous avons bien proposé une meilleure progressivité de l’impôt sur les sociétés avec à la clé une baisse d’imposition pour les petites entreprises, une contribution pour les géants du numérique, un accroissement de la taxe sur les marchés financiers et sur les versements de dividendes. Mais vous n’en voulez pas ! AUCUNE taxe, AUCUN nouvel impôt !

Il n’y a pas « d’argent magique », mais des décisions magiques, il n’en y a pas non plus. Non, le véritable problème est moins l’argent que sa redistribution. Trop souvent vous pensez aux réductions d’impôts. Crédits d’impôts par-ci ! Crédits d’impôts par-là ! Mais supprimer tous les impôts aux entreprises que diable !

Ça ne marche pas. Tout le monde le sait. Mais on continue ! Arrêtons de vouloir installer le pays dans le cercle infernal de la relance par la dette, et de la dette pour la relance !

Entre la majorité à l’Assemblée nationale et celle du Sénat, il y a certes des différences mais il y a un point commun : rester à l’intérieur de l’économie telle qu’elle est, c’est-à-dire du capitalisme qu’on évoque sous son nom d’emprunt « économie de marché ».

Et que dire des collectivités, ces grandes perdantes ? La réduction des impôts dits de production, suite logique des cadeaux faits aux grandes entreprises sur le dos des budgets locaux, produira des effets de bord renforçant son injustice. Les collectivités ne sont pas traitées à égalité face aux conséquences de la crise, et surtout ne sont pas assez soutenues.

Nous avions bien fait des propositions, qui permettaient de réellement les soutenir au regard des milliards de pertes engendrées par la baisse de leurs recettes et la hausse de leurs dépenses. Mais la majorité a préféré les décortiquer, révélant ainsi des contradictions, voir des antagonismes entre les beaux mots et les actes.

Le choix est clair et assumé : entre le levier d’action publique à la légitimité démocratique, l’expérience locale, on préfère les logiques du marché privé. Fabriquer des clients/consommateurs et non pas des usagers/citoyens.

Le Général De Gaulle, qui est souvent cité, nous rappelle ce qu’est un véritable plan : « Il embrasse l’ensemble, fixe les objectifs, établit une hiérarchie des urgences et des importances, introduit parmi les responsables et même dans l’esprit public le sens de ce qui est global, ordonné et continu, compense l’inconvénient de la liberté sans en perdre l’avantage ».

Mes chers collègues, ce n’est pas un plan que vous allez voter : où sont les véritables objectifs ? Quelle est la priorité ? 7 milliards pour l’énergie en voie de nouvelle marchandisation, contre 800 millions pour les plus pauvres. C’est « se mettre une balle dans le pied » d’acter que le développement durable soit mieux doté que la lutte contre la pauvreté. Une aide de 150 euros pour les allocataires des minimas sociaux, une fois, sur un mois, ni plus ni moins.
Nous avions pourtant proposé de baisser la TVA sur les biens de première nécessité pour contrer cette pauvreté galopante, mais vous vous êtes caché derrière la fatalité de l’« harmonisation européenne » : comme si nous n’en faisions pas partie, de l’Europe !

Mes chers collègues, ce budget manque cruellement de vision, d’espoir et de créativité. Ce gouvernement promettait un nouveau monde, nous récoltons finalement les mêmes recettes, inlassablement. L’Institut des politiques publiques confirme d’ailleurs que dans votre budget, je cite « les entreprises qui ont le plus pâti de la crise ne bénéficieront pas particulièrement du plan de relance ».

Une crise sanitaire ? Vite, baissons les impôts des entreprises de 10 milliards ! Sur les 10 prochaines années, 100 milliards échapperont à l’État pour financer la santé, les transports en commun, une politique sociale ambitieuse, les projets des collectivités…A croire que notre pays est devenu un régime de faveur, ou seuls ceux qui participent au capital productif méritent des droits.

Vous refusez de constater que ce plan constitue une : « confiance aveugle dans les politiques structurelles et de l’offre (…) une sorte de suicide » (IPP).
La relance n’existera pas mes chers collègues, tant que la diminution de l’investissement public, qui s’est effondré de 26 % au premier semestre, ne sera pas compensé. Si les finances des collectivités sont en bernes, la relance de la croissance le sera aussi.

J’avais abordé en introduction de ce budget la nécessité d’ouvrir des perspectives, de donner un horizon du fait de cette situation difficile pour notre économie mais surtout pour les gens. Pourtant, vous vous entêtez dans une politique de l’offre aussi injuste qu’inefficace car non ciblée sur les vrais perdants de cette crise.

Les françaises et les français, en contrepartie de la dette, ont le droit à un chantage aux réformes dites structurelles : réforme des retraites, baisse des dépenses et des services publics, réforme de l’assurance chômage. Ce plan ne relance rien, il signifie une politique sans partage des pouvoirs et des richesses, autoritaire et régressif.

Nous sommes convaincus que ce budget n’est pas un budget de crise face à la crise ! Il vient une fois de plus déléguer la souveraineté de l’État à la technoscience et au marché. Nous nous y opposons donc.

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011